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(musique douce)
(pépiements)
(♪)
(léger vrombissement de moteur)
(rumeur urbaine)
(♪)
(♪)
(rumeur urbaine)
(coup de klaxon)
(coup de klaxon)
(respiration profonde)
(sonnette)
Salut.
Je t'ai déjà dit d'appeler avant de venir.
Je n'ai plus de téléphone, c'est pour ça.
Tiens. Il y en a un pour toi
et pour les garçons.
Je peux entrer?
Non.
Je te l'ai dit 100 fois, Skender.
Tu débarques pas à l'improviste, comme ça.
Tu leur fais du mal.
Tu déboules sans prévenir, tu dis « À dimanche prochain »,
et puis après, on a pas de nouvelles de toi pendant trois mois.
On sait même pas si tu vis encore.
Tu peux pas faire ça à des gamins.
Tu peux pas.
Je comprends. Désolé.
Tu leur donneras quand même? Il y a leurs noms dessus.
OK.
Salut, Skender.
Salut.
(Elle ferme la porte à clef.)
(propos indistincts à la radio)
(musique rythmée du téléviseur)
Ya!
(tintement de vaisselle)
(rumeur urbaine)
(aboiements au loin)
(reniflement)
(alarme de voiture au loin)
(pépiements)
(grésillement)
(porte qui s'ouvre)
(voix indistinctes)
(portières qui se ferment)
(musique douce)
(vrombissement de moteur)
Salut, camarade.
Sergent.
Il n'y a plus de « sergent ». Monte.
J'y crois pas.
Ça fait combien de temps?
Cinq ans.
T'es devenu général?
Pas vraiment, non. C'est la voiture de ma patronne.
T'as une patronne?
Hum.
Il y a un patron?
Non, pas de patron.
Un couscous, ça te dit?
Entre légionnaires.
T'es devenu chauffeur, alors?
Pas que.
On peut dire.
Hum-hum.
Et je cuisine, aussi.
J'entretiens la maison,
je répare ce qu'il y a à réparer...
Je fais les courses, le ménage...
mais je suis pas un larbin.
T'es quoi?
L'homme de la maison.
(léger rire)
Non, non, non. Je suis pas ça.
C'est pas du genre.
C'est quoi, le genre?
Bourgeois. Tranquille.
- Chiant. - Non.
Confortable.
Moi, je ne suis plus avec Manon.
Elle m'a demandé de partir. Ça fait deux ans.
Trois ans.
Et depuis, je vis dehors.
Je vais pas te faire un dessin.
Mais ça va, je picole pas trop.
Je reste légionnaire, quand même.
On va pas me retrouver crevé sur un trottoir comme un chien.
Je suis libre.
C'est le plus important, non? - Oui.
C'est dingue, le hasard. Ça fait quoi...
cinq ans qu'on s'est pas vus et puis là...
même endroit au même moment.
C'est pas le hasard.
Je t'ai cherché.
Puis c'était pas très compliqué, hein.
Suffisait de trouver l'adresse de Manon et d'attendre.
- Et tu l'as vue? - Non.
C'est toi que je voulais voir.
Je te manquais tant que ça?
Ma patronne cherche quelqu'un comme toi.
Elle a un truc à te proposer.
Quel genre?
Elle t'expliquera.
Moi, je vous présente.
Et la suite, c'est entre vous.
C'est un truc que tu peux pas faire?
Voilà.
Moi, je ne veux plus retourner en prison, Max.
Je t'ai jamais envoyé en prison.
Non, mais les boulots qu'on propose comme ça
à des mecs comme moi, c'est jamais des boulots clean.
À toi de voir.
Ça coûte rien de la rencontrer.
Hum... Ça coûte rien, non.
D'accord. - Bien.
Mais avant, on va aller chez le coiffeur,
et je vais t'acheter des fringues.
Parce que j'ai pas envie de lui ramener un clochard.
(musique douce)
(aboiements)
Bonjour, Madame.
Bonjour, Max.
(aboiements)
Chut.
Bonjour, Skender.
Madame.
Vous avez fait bonne route?
Oui, merci.
Vous avez besoin de quelque chose, Madame?
Non, merci, Max. À toute à l'heure.
À toute à l'heure.
(pas qui s'éloignent)
Asseyez-vous.
(porte qui se ferme)
Vous voulez boire quelque chose? Une bière? Un verre de vin?
Un café, si vous avez.
Bien sûr.
(tintement de verre)
Allez!
(aboiements)
(propos indistincts)
(aboiements)
Ça peut durer des heures.
Les chiens ne se lassent jamais de courir après un bâton.
Après un gibier non plus.
Ils adorent ça. Chasser, traquer, pister...
Je les comprends, moi, c'est pareil.
J'ai chassé tout ce qu'on peut chasser.
Des lions, des ours... des sangliers...
Un éléphant, même. Tous les gibiers.
Et de toutes les manières.
À l'affût, à l'approche, en battue...
C'est ma passion.
Une drogue, presque.
Ouais, on peut dire ça, une drogue.
Du lait, du sucre?
Rien, merci.
Max m'a dit beaucoup de bien de vous.
On est comme des frères. Sans lui, je serais mort.
Il m'avait pas raconté ça.
C'est quand vous étiez légionnaires?
Non, c'était en Iraq.
On travaillait pour les Américains.
Quand vous étiez mercenaires, donc.
Contractant.
C'est la même chose, non?
Pas tout à fait.
Vous étiez payé pour faire la guerre.
Oui.
Donc, c'est la même chose.
Mais on ne va pas jouer sur les mots.
Votre passage en prison, c'était avant ou après l'Iraq?
Je m'y perds un peu. - C'était avant.
J'avais quitté la légion pour vivre avec ma femme, mais...
pour moi, le civil, c'est compliqué.
Et vous avez fait de mauvaises rencontres.
Oui.
Après, quand je suis sorti, Max avait quitté l'armée aussi.
Il bossait pour une boîte américaine qui cherchait des gars pour aller en Iraq.
Et vous faites quoi, en ce moment?
Des chantiers à gauche, à droite.
Au noir, j'imagine?
Oui.
Dur?
Le bâtiment.
(aboiements)
Ça ne vous manque pas, un peu d'action?
Non.
Parce que d'après Max, vous n'êtes pas un homme comme les autres.
Et vous n'étiez pas un soldat comme les autres, non plus.
Un guerrier, plutôt. Un héros.
Au sens grec, je veux dire. Une espèce de demi-dieu.
Vous aimez ça, la guerre?
Non.
- Vraiment? - Vraiment.
Vous pouvez me le dire, vous savez.
Il en faut plus pour me choquer.
- Non, j'aime pas ça. - Et vous battre?
Non plus.
Moi, je pense que si.
C'est votre droit.
(aboiements)
Vous avez des enfants, je crois.
Max a raconté ça aussi?
On a du temps pour parler, vous savez.
Il vous a dit que j'étais pas capable de m'occuper d'eux?
Non, pourquoi? Je ne cherche pas un babysitter.
Mes garçons, c'est ce que j'ai de plus important.
Je pourrais mourir, pour eux.
Hum...
(aboiements)
Paraît que les parents sont prêts à mourir
pour leurs enfants.
Je ne sais pas, je n'en ai jamais eu.
Et je ne suis pas sûre que ma mère serait prête
à mourir pour moi.
Vous seriez réellement prêt à mourir pour eux?
Parce que c'est un peu facile.
On dit ça parce qu'on sait que ça n'arrivera jamais.
Non, on sait ça.
On sent.
Par exemple...
si je vous proposais de mourir pour vos enfants, là,
tout de suite...
est-ce que vous accepteriez?
Oui.
Mais ça n'arrivera pas.
Pourquoi?
Parce qu'il faut une raison aux choses, et je vois pas
ce qu'on y gagnerait. Ni vous ni moi.
Moi, je sais.
Combien?
Vous diriez quoi?
Trois millions.
Ah, quand même.
Vous avez une haute estime de vous.
Non.
Et vous ne me demandez pas ce que j'attends de vous?
À ce prix-là, vous ferez ce que vous voudrez.
Non.
Je veux que vous sachiez à quoi vous vous engagez.
Je vous propose d'être mon gibier pendant un mois.
Si à la fin de ce mois, vous êtes encore vivant,
l'argent sera pour vous.
Si je vous ai tué avant, on le donnera à votre famille.
Est-ce que ça vous tente?
(bruissement de la pluie)
(vibration de cellulaire)
Bien sûr, Madame.
Nous avons fait affaire.
Un peu de champagne pour fêter ça avec nous?
Non, merci, Madame. Je vais prendre de l'eau.
(grognement des chiens)
Vous voulez vraiment pas vous asseoir?
Je préfère rester debout.
Merci, Max.
Que le meilleur gagne.
Max sera notre arbitre.
Il va vous expliquer tout ça en détail.
Ça se passera en Roumanie. Dans les Carpates.
Mon mari a loué une forêt, là-bas, pour chasser l'ours.
Je l'ai gardé. Vous verrez, c'est très joli.
Et assez grand pour ne pas être dérangé.
Ça fait 10 km par 15. C'est montagneux.
Il y a une rivière, des torrents.
Je te donnerai les cartes de la zone avec les coordonnées de trois grottes.
Elles sont séparées de plusieurs kilomètres.
Je les approvisionnerai une fois par semaine.
Dans chacune.
Tu trouveras de quoi tenir deux jours.
T'as pas le droit de chasser, t'as pas le droit de pêcher.
Et ça, c'est important. Parce que c'est à partir de là
qu'on mettra les chiens sur ta piste.
T'auras une balise au pied
qui se déclenchera si t'essayes de sortir du périmètre.
Évidemment, tu n'as pas le droit de t'armer.
Pas de pierres, pas de pieux, pas de gourdins.
Rien.
Mais vous pourrez vous défendre.
Charger, par exemple.
Comme les buffles ou les éléphants.
Et frapper. Avec les poings, la tête,
les pieds...
Jusqu'à ce que mort s'ensuive, si vous voulez.
C'est pas ce qui était prévu, Madame.
Je sais, mais c'est dit.
Et ce qui est dit est dit. N'est-ce pas?
Continuez, Max.
T'auras deux heures d'avance.
Madame ne pourra se déplacer qu'à pied
et n'aura qu'un seul fusil...
à verrou, sans lunette de visée, une seule boîte de munitions.
Et je porterai moi-même mon matériel.
Arme, vivres, tout.
Je serai autonome.
Max n'aura pas le droit de m'aider.
Si je devais intervenir pour une raison quelconque,
la chasse s'interromprait
et tu garderais l'intégralité de l'argent.
Qu'est-ce qui me prouve que vous le donnerez quand je ne serai plus là?
Après tout ce qu'on a vécu ensemble,
tu peux me faire confiance, non?
Je veux une avance.
- Bien sûr. - Un million.
Un million tout de suite,
le deuxième quand la chasse commencera...
et le reste à la fin.
C'est à prendre ou à laisser.
Je prends.
Ça commence quand?
Officiellement, la chasse ouvre dans six mois.
On patientera jusque là.
Vous avez d'autres questions?
Non.
(musique lente)
30 ou 31?
- De quoi? - La chasse.
30 jours ou 31?
Ça change quoi?
Ça change que c'est pas la même chose.
Là, maintenant, oui, mais après des semaines
dans le froid et la pluie, à se faire tirer dessus,
24 heures, ça compte.
Est-ce que tu crois vraiment que tu tiendras des semaines?
On s'en fout de ce que je crois,
je te demande si c'est 30 jours ou 31.
C'est mon droit.
Une semaine, ce serait un miracle, déjà.
Après, tu ne seras même plus capable de compter les jours.
T'en sais rien.
Si elle a envie de faire durer le plaisir 24 heures de plus...
à ce prix-là, elle peut.
Puis il peut se passer plein de choses.
Elle peut se casser une jambe, qu'est-ce qu'on en sait?
Alors, ça doit être carré. C'est 30 jours ou 31,
mais pas « un mois ».
Disons 30, alors.
OK.
30.
On dit 30.
(porte qui s'ouvre)
(Max): Tiens, c'est tes clés.
Quand Madame s'ennuie trop, on vient habiter ici.
On va au théâtre, aux concerts, dans les galeries...
non-stop pendant trois, quatre jours.
Parfois même une semaine.
Et puis, on rentre.
(léger rire)
Qu'est-ce qui t'amuse?
Je t'imagine au théâtre.
Et en plus, maintenant, je lis des bouquins.
Et j'aime ça.
En attendant que tu trouves un appart,
on va t'installer ici.
(grincement du plancher)
Ça, c'est pour toi.
J'ai rentré mon numéro dedans.
T'avais tout prévu.
Tu veux manger un morceau?
Il y a de quoi.
Madame peut débarquer n'importe quand,
elle trouvera toujours ce qu'il faut dans le frigo.
Il y a un mec payé pour ça.
Un ancien légionnaire.
Tu le connais pas. Un Philippin.
Tu le croiseras sûrement.
(respiration saccadée)
(vrombissement d'hélicoptère)
(coups de feu)
(cris indistincts)
Désolé.
J'aurais dû te prévenir.
La première fois, ça m'a fait pareil.
Mais après, tu verras, on s'habitue.
Et on se rend compte que c'est beau.
Comment tu peux trouver ça beau?
T'as oublié nos camarades?
Ils avaient 20 ans, bordel.
Ils sont morts dans nos bras. Ils sont morts, et nous, on vit.
Les mecs qui nous tiraient dessus, ils étaient là.
Derrière les rochers. Toi, tu trouves ça beau?
Et lui, là, il était où?
Qu'est-ce qui te dit qu'il nous tirait pas dessus avec les autres?
Et les gamins, dans 10 ans, ils tireront sur qui?
Ils égorgeront qui?
(soupir)
Comment tu fais pour vivre au milieu de ces putains de photos?
Ces putains de photos, elles me rappellent
qu'après la guerre, il y a la paix.
Les enfants jouent, les fleurs repoussent...
J'ai besoin de ça, moi.
Je veux pas oublier que le temps répare les choses.
Le temps répare rien.
Les enfants grandissent.
Ils arrêtent de jouer à la guerre, ils la font.
Et tes fleurs, ils en ont rien à foutre, ils marchent dessus.
Et ça a toujours été comme ça.
Depuis toujours, c'est comme ça et ce sera toujours comme ça.
Ça changera jamais.
Peut-être...
Mais moi, je vis mieux en le croyant.
Et je préfère ces images-là que celles que j'ai dans la tête.
♪ J'avais un camarade ♪
♪ De meilleurs il n'est pas ♪
À bientôt.
♪ Dans la paix dans la guerre ♪
♪ Nous allions comme deux frères ♪
♪ Marchons d'un même pas ♪
♪ Marchons d'un même pas ♪
(vrombissement de moteur)
♪ Mais une balle siffle ♪
♪ Qui de nous sera frappé? ♪
♪ Le voilà qui tombe à terre ♪
♪ Le voilà dans la poussière ♪
♪ Mon coeur est déchiré ♪
(mélodie douce au piano)
Tout s'est bien passé?
Oui.
Il n'a pas changé d'avis?
Non, Madame.
Vous avez dîné?
Oui, merci, Max.
(♪)
Vous regrettez?
Non.
♪ Non ♪
♪ Je ne regrette rien ♪
Ne vous moquez pas.
Je me moque pas.
Au contraire, je sais que ça vous coûte.
Un frère d'armes, ce n'est pas rien.
Vous l'avez entendu comme moi.
Pour lui, c'est une bonne affaire.
Alors, tout le monde est content.
Pas moi.
Vous n'auriez jamais dû lui donner le droit de vous tuer.
Ça rajoute un peu de piment.
Vous savez bien qu'il n'y a pratiquement
aucune chance pour que ça arrive.
« Pratiquement aucune », c'est pas « aucune ».
J'espère bien.
Vous êtes allé le chercher parce qu'il est exceptionnel, non?
C'est comme ça que vous me l'avez vendu.
Le meilleur gibier possible.
Oui.
Et le plus dangereux, aussi.
C'est pour ça qu'il ne faut pas le sous-estimer.
Mais je ne le sous-estime pas.
On ne va pas à la chasse au lion si on a peur de se faire manger.
Faisons quand même en sorte que ça n'arrive pas.
(musique dramatique)
(gémissements de douleur)
(mélodie douce au piano)
En respectant les règles.
Bien sûr, Madame.
Vous n'auriez pas dû m'obliger à le rencontrer.
C'était à vous de lui faire la proposition.
Moi, je ne pouvais pas.
Je sais, je ne vous reproche rien.
Et maintenant, j'ai entendu sa voix,
j'ai vu ses yeux... son visage...
les émotions dessus...
Ce n'est plus la même chose.
Je vais devoir tirer sur un homme que je connais,
avec une histoire, un passé... des sentiments.
Je pensais que c'est ce que vous cherchiez.
Absolument.
Ça ne veut pas dire que ce sera facile.
De toute façon, si j'oubliais que c'est un homme,
ça n'aurait plus aucun intérêt.
Au contraire, je devrais me souvenir qu'il a des enfants,
qu'il les aime... qu'il se sacrifie pour eux.
Me souvenir que c'est un homme, pas seulement un gibier plus malin que les autres.
Ce serait un crime de l'oublier.
Ne vous inquiétez pas.
On n'oublie jamais.
(mélodie douce au piano)
(conversations indistinctes)
(déclics d'appareil photo)
(propos en langue étrangère)
Je peux te prendre en photo?
Photo?
Oui?
(déclic d'appareil photo)
(inspiration profonde)
(rumeur urbaine)
(rumeur urbaine)
(cris d'enfants au loin)
(respiration saccadée)
(Max): T'étais où?
Ça te regarde pas.
Je t'ai appelé 10 fois. Je peux savoir pourquoi tu réponds pas?
Parce que je suis pas un chien.
Je réponds pas quand on me siffle.
Faudra t'y faire.
Qu'est-ce que tu veux?
Tu dois signer ça.
Après, tu seras officiellement conseiller en protection
des unités extérieures du groupe de Madame.
- Parce que Madame a un groupe? - Ouais.
De la chimie et des mines.
Des usines dans le monde entier. Tout ce que t'es censé protéger.
(froissement de papier)
Regarde ça, ça explique tout.
Les pays, ce qu'on y fait, etc.
Tu sauras quoi répondre si on te pose des questions.
T'as toujours les papiers?
Ouais.
On va t'ouvrir un compte en banque...
pour te payer un salaire pendant les six mois qui viennent.
Ça sera pris sur ton avance.
Maintenant, faut que tu te remettes en forme.
Pourquoi je ferais ça si j'ai aucune chance de tenir une semaine?
On sait jamais.
C'est pas ce que tu disais hier soir.
Faut croire que tu m'as convaincu.
Hum...
Ça te ferait chier de fournir de la mauvaise came à ta patronne, surtout.
Mais moi, je vais pas me casser le cul pendant six mois pour lui faire plaisir.
Pendant le temps qu'il me reste, je vais profiter.
Je vais bouffer comme un chancre et dormir comme j'ai jamais dormi de ma vie.
Et si je prends 20 kilos, ça sera le même prix.
Je croyais que tu voudrais mourir comme un homme.
Mais tu fais comme tu veux.
Exactement.
Ce que je veux.
Et à partir d'aujourd'hui, ce sera toujours comme ça.
Mais si t'as encore les couilles, on peut monter tous les deux sur un ring.
Tu verras de quoi je suis encore capable.
Ça ne m'amuse plus de cogner sur des gars.
Prendre des pains dans la gueule non plus.
Je n'ai plus les couilles.
Tu préfères les musées.
Voilà. Je préfère les musées.
Qu'est-ce que tu m'as fait, Max?
Je t'ai présenté ma patronne.
- Tu m'as vendu. - Non.
Je vous ai présentés.
Elle t'a fait une offre, tu l'as acceptée, c'est tout.
Je t'ai pas obligé, moi. Personne.
Pourquoi tu m'as pas donné le boulot du Philippin?
Tu m'aurais sorti de la merde.
Madame veut ce qu'il y a de meilleur.
Pour l'intendant, c'était lui. Pour le combat, c'est toi.
Ça te va comme réponse?
- Non. - Faudra t'en contenter.
Bonjour, madame Suarez.
Je viens prendre votre tension.
Comment ça va, aujourd'hui?
Oh, c'est pas terrible.
Pas terrible?
(bip!)
On va regarder ça.
(sonnerie de cellulaire)
Allô?
Salut.
C'est quoi, ce numéro?
Bien, c'est le mien.
Tu peux l'enregistrer, c'est mon téléphone.
J'ai trouvé un boulot, c'est pour ça.
Et j'ai un appart, aussi. - Ah bon? Où ça?
À Paris.
Je repasse tout à l'heure.
Bien, bravo. C'est super.
Tu voulais quoi?
Je me disais...
Peut-être qu'on pourrait se voir?
Je t'invite à dîner.
J'ai pas envie de dîner avec toi, Sken.
Le soir, je suis crevée, j'ai juste envie de rentrer.
- Et un café? - Si tu veux.
Bon, je te laisse.
Bonjour, monsieur Piedra.
Ça vous plaît?
(tintement de vaisselle)
Salut...
Salut.
Ça y est, t'as trouvé un vrai travail?
Oui.
- Comment t'as fait? - À ton avis?
Je sais pas.
Bien, cherche, c'est pas compliqué.
Max?
Comment j'y ai pas pensé. Il va bien?
Il va bien, oui.
Et toi?
Toujours pareil.
Le boulot, les garçons...
les gardes de nuit, les garçons...
Les week-ends de garde, les garçons...
Ça repart pour un tour.
La routine, un peu.
Mais ça va bien. Ils sont gentils.
Tu leur as dit qu'on se voyait?
J'attendais de t'avoir vu.
C'était pas la peine qu'ils imaginent des trucs
ou qu'ils s'inquiètent pour rien.
Parce qu'ils ont pris l'habitude de s'inquiéter.
D'être souvent déçus, aussi.
Je comprends, ouais.
Non, tu comprends pas.
Tu peux pas, t'étais pas là.
T'es toujours parti sans prévenir.
On restait des semaines sans nouvelles.
Sans savoir si t'allais revenir...
s'il fallait t'attendre ou pas, faire notre deuil.
C'était ça, notre vie avec toi.
On t'en veut pas, hein. T'es comme t'es.
On te changera pas, c'est comme ça.
Mais moi, je dois faire attention à eux.
Alors, même s'ils t'attendent tout le temps, il faut que je les prépare un peu.
J'attendrai, tu me diras.
Déjà, t'as pas déboulé à n'importe quelle heure sans prévenir.
J'apprécie.
J'ai un truc à te dire.
Oui?
Je voudrais te payer une pension alimentaire.
Mais il faut que tu me dises combien, parce que...
moi, je sais pas.
Merci, mais j'ai besoin de rien.
Je me démerde.
Je me suis toujours démerdé.
Je sais. Ça, au moins, je sais.
Mais maintenant, je peux.
Je veux.
Peut-être, mais moi, je veux pas.
Pourquoi?
Je gagne bien.
Je sais, ça rattrape pas, mais...
ce serait plus facile pour toi.
J'ai même pris une assurance vie, s'il m'arrivait un problème.
C'est encore un métier dangereux?
Non... t'inquiète, c'est comme ça.
Comme ça, ouais.
Non, mais je te jure. C'est un...
c'est un vrai boulot dans une vraie boîte. Regarde.
Garde-la, tu montreras aux garçons.
Tu vas faire quoi?
Visiter les usines.
Repérer les problèmes de sécurité, trouver les solutions.
Tu vas aller dans tous ces pays-là?
Pas tous, mais beaucoup, ouais.
Je suis contente pour toi.
(aboiements au loin)
C'est pas mal, un drilling, non?
C'est trop lourd.
Et je vois pas l'intérêt d'avoir deux calibres différents
si vous n'avez que 20 cartouches.
Je sais, mais j'ai toujours bien aimé ce fusil.
À cause du nom, peut-être.
Drilling!
Finalement, je vais prendre le M12.
C'est léger et robuste.
Exactement ce qu'il faut. Vous venez?
(pépiements)
(coup de feu)
(musique lente)
(coups de feu)
Ya! Tching!
(musique rythmée de la console)
Ouf!
Quand est-ce qu'il arrive?
Quand est-ce qu'il arrive?
(eau qui coule)
(raclement de gorge)
(reniflement)
Quand est-ce qu'il arrive?
Ça fait 100 fois que tu demandes.
Je t'ai déjà dit: bientôt. Je sais pas, moi.
Peut-être jamais.
Jordi, sois sympa avec ton frère.
Mais il m'énerve, à force...
Pourquoi on va pas le reconnaître?
Mais si, on va le reconnaître. On reconnaît toujours son père.
Maman a dit qu'on allait pas le reconnaître.
C'est une façon de parler. Ça veut dire qu'il a changé,
mais... on va le reconnaître. Il lui a pas poussé une trompe.
Et lui?
Est-ce qu'il va nous reconnaître?
(sonnette)
(porte qui ouvre)
(Skender): Oh... mais t'as changé!
- Toi aussi! - Je te jure, si je t'avais croisé
dans la rue, je t'aurais pas reconnu.
Salut.
Salut.
(brouhaha)
(propos indistincts)
(musique douce)
(propos indistincts)
(propos indistincts)
(soupir)
(porte qui s'ouvre)
Maman?
Regarde ce qu'il nous a acheté, papa.
C'est bien. Va ranger ça dans ta chambre.
Jordi, tu nous laisses cinq minutes, s'il te plaît.
Ouais.
Ça va pas, non? Il y en a pour combien, là?
C'est pas un problème, je gagne bien.
Si, c'est un problème. Pour moi, c'est un problème.
Tu sais combien de temps je dois bosser pour leur offrir ça?
Je passe mon temps à essayer de leur apprendre la valeur des choses.
Et toi, tu déboules et tu fous tout en l'air.
J'ai pas pensé, je suis désolé.
Tu crois que c'est une excuse?
J'ai jamais pu leur offrir de belles choses.
Ils étaient contents. - Tu m'étonnes.
Si tu veux continuer à les voir, va falloir suivre les règles.
Parce que je te laisserai pas me les pourrir.
C'était pour leur faire plaisir.
Non.
C'est pour te faire plaisir à toi.
Va-t'en, maintenant.
On en reparlera la prochaine fois.
Papa?
C'est moi qui l'ai fait. C'est pour toi.
Ça te plaît?
Ouais. Beaucoup.
Merci.
(rumeur urbaine)
Tu vas me suivre encore longtemps, comme ça?
Tu crois que je t'ai pas vu, depuis ce matin?
Qu'est-ce qu'il y a? Ça t'emmerde que je passe
du temps avec mes enfants? J'ai pas le droit, c'est ça?
- T'as tous les droits. - Parfait.
Maintenant, on va profiter que t'es là pour monter voir Manon.
Comme ça, elle va arrêter de me prendre la tête avec ses questions.
Parce qu'elle croit pas du tout ce que je lui raconte.
C'est pas mon problème.
Si, c'est ton problème.
Parce que si je lui dis que tu veux pas la voir,
elle va penser que c'est à cause de moi.
Elle va me demander ton numéro pour t'appeler elle-même.
Alors, on va monter régler ça tout de suite.
J'ai pas le temps, là. La prochaine fois?
Elle a tellement envie de te remercier
pour tout ce que tu fais pour moi.
Alors, on va se faire une bouffe tous les trois,
comme au bon vieux temps.
Je t'appelle.
(pas qui s'éloignent)
Il va nous planter.
(léger rire)
Qu'est-ce que c'est que cette idée?
Réfléchissez. Vous lui avez donné un million.
C'est énorme.
Pas tant que ça.
Pour lui, si.
En tout cas, c'est assez pour qu'il disparaisse avec sa famille.
Il coupera tous les ponts, on ne le retrouvera plus jamais.
Je crois pas.
D'abord, il faudrait qu'il change de nom.
Et ça, il devra expliquer pourquoi.
Expliquer d'où vient l'argent, aussi.
Vous le voyez expliquer ça à sa femme?
Il ne se passerait pas trois mois avant que les gamins publient des photos
sur les réseaux sociaux.
On les retrouverait en deux temps, trois mouvements.
De toute façon, il n'y pensera même pas.
Pas avec son sens de l'honneur.
(inspiration profonde)
Dans certaines situations, Madame, il n'y a plus d'honneur.
Ça ne compte plus, ça n'existe plus.
Même pour des gars comme lui.
Et comme vous?
Aussi, oui.
(soupir)
Admettons... On oublie l'honneur.
Mais il ne peut pas imaginer de perdre.
Il m'affrontera parce qu'il ne peut pas faire autrement.
Parce qu'il a dit qu'il le ferait...
et que ce qui est dit est dit.
Et ça, ça ne se maîtrise pas.
Ça se passe quelque part, tout au fond du cerveau.
Tout le reste, ce ne sont que des prétextes.
Même l'argent. C'est toujours un prétexte.
Pas quand on a autant manqué que lui.
Alors, on est d'accord.
Il ne renoncera pas à deux millions.
Peut-être.
Pas peut-être. Sûrement.
Et ne ruminez pas cette histoire de repas avec sa femme.
Je vous accompagnerai.
On dira que je suis votre fiancée.
Le légionnaire et la Tonkinoise, ça marcherait bien, non?
Non, je crois pas, non.
Ça le ferait pas rire. Et moi non plus.
Vous n'êtes pas drôle. Ni l'un ni l'autre.
Vous irez sans moi, alors. Mais c'est dommage.
(expiration prolongée)
Je n'irai pas.
Mais si, vous irez.
Vous n'avez pas le choix.
Si vous voulez garder le contrôle, il va falloir y aller.
(soupir)
Faut encore que je te remercie, alors.
- Mais non. - Si.
(pépiements)
T'étais déjà venu? - Non.
(tintement de vaisselle)
- C'est beau, hein? - Hum-hum.
En même temps, c'est bizarre. On dirait un décor.
Bien, c'est normal. C'est un meublé.
Il a pas eu le temps de trouver un vrai appart.
T'en as encore fait quatre fois trop.
C'est jamais trop.
Tu prendras les restes pour les garçons.
Il peut vraiment se payer un appart comme ça?
Ouais. Même plus grand, s'il voulait.
J'y crois pas.
Tu passes pas de la rue à un appart comme ça.
C'est impossible, enfin. Ça n'arrive jamais.
Il y a très peu de gars qui ont ses compétences.
Moi, je connais que lui.
Pourtant, j'en connais.
Ces gars-là, ils valent de l'or, c'est comme ça.
J'arrive pas à y croire. J'ai beau faire, j'y arrive pas.
Et pourtant.
Tu verras qu'il va encore réussir à tout foutre en l'air.
Tôt ou tard...
On n'aura plus de nouvelles de lui pendant des mois,
et personne ne saura plus où il est.
Non, je crois pas. Là, c'est un boulot sur mesure.
Tout le temps en train de bouger avec personne sur le dos
pour lui dire ce qu'il a à faire.
J'ai l'impression que tout ce qui est arrivé
de bien dans sa vie, c'est grâce à toi.
Hum...
C'est toi, ce qui lui est arrivé de plus beau.
Et ça, j'y suis pour rien.
J'aurais bien voulu.
Mais je suis pas sûre.
Tu te rappelles?
Je devrais?
C'est toi qui l'as prise.
Vous rentriez de Côte d'Ivoire.
Après ça, vous êtes repartis au Congo.
Tu te souviens pas?
Hum...
Les missions, oui, mais...
Je suis toujours là, non. - Mais si!
On était allés manger de la rouille.
Justement.
À nos retrouvailles.
- À nos retrouvailles. - À nos retrouvailles.
(Manon): Faudrait que tu passes voir les garçons,
un de ces jours.
(Skender): Bonne idée.
Ils vont t'adorer.
Ne mêle pas ta famille à ça.
Pas tes fils.
Tu savais pas que j'avais des enfants
quand t'es venu me chercher?
C'est pas pour eux que je dois mourir?
Joue pas ce jeu-là avec moi.
S'ils sont malheureux, j'y suis pour rien, moi.
C'est pas moi qui les ai abandonnés.
Un billet d'avion.
On part en Roumanie, on va repérer le terrain.
T'es où, là?
Tu crois que tu commandes et que je vais obéir?
Ça ne marche plus comme ça, tu n'es plus mon sergent
et je ne suis plus légionnaire.
Ça se discute pas.
Tu vas m'emmener de force?
Tant que la chasse a pas commencé,
je fais ce que je veux. C'est ça, les règles.
Rien d'autre.
On part mardi.
(pas qui s'éloignent)
Ce que je veux.
(musique lente)
(grondement)
(cris de corneilles)
(chants d'oiseaux)
On se verra pas, le week-end prochain.
Je dois partir pour le boulot.
Pas longtemps, une dizaine de jours.
Tu vas où?
En Inde.
Super! Tu me rapporteras un Ganesh?
Un quoi?
Ganesh, c'est un Dieu avec une tête d'éléphant et quatre bras.
Ça existe un truc pareil?
Bien sûr que ça existe.
T'en sais, des choses. T'as appris ça où?
C'est mes copains tamouls, à l'école.
Tu m'en rapporteras un?
Si je trouve. Mais c'est pas sûr.
Mais si! En Inde, il y en a partout!
C'est puissant, la haine. Ça peut détruire un pays.
Et moi, j'habitais là-bas. Dans une ferme, à la montagne.
Tu nous emmèneras, un jour?
- Ça te plairait? - Ouais.
(bip!)
Tiens, essaie, voir.
(bips)
(soupir)
Tu veux faire quoi, plus tard?
Je sais pas trop.
Cuisinier, peut-être. Ou ichtyologiste.
- Quoi? - Ichtyologiste.
Spécialiste des poissons.
Je savais pas.
De toute façon, t'as le temps de réfléchir.
Mais faut jamais que tu sois soldat.
Ni bandit.
T'étais soldat, toi.
Oui.
Et j'ai été bandit, aussi.
J'ai fait de la prison et... j'en suis pas fier.
C'est pour ça que vous avez été malheureux.
À cause de moi et personne d'autre.
Je te demande pardon.
Et je te jure qu'à partir de maintenant,
tout ce que je ferai, ce sera pour vous.
Et toi, tu me jures que tu seras jamais bandit.
- Je le jure. - Ni soldat.
Oui.
- T'as quel âge? - 11 ans.
T'es un homme, maintenant.
- Je crois pas, non. - Bientôt.
Tu sais, mon métier, c'est un métier dangereux.
Je fais très attention, mais... on sait jamais.
Alors, si un jour, je reviens pas...
faudra que tu racontes tout ça à ton frère.
Pas maintenant, plus tard.
Quand il aura ton âge.
Je peux compter sur toi?
Ouais.
(vrombissement de moteur)
(musique sombre)
(♪)
C'était des cadeaux de son mari.
Elle, elle les portait jamais.
Et lui, bien... il est mort.
Elle vendait ses montres, aussi.
Le mec, il en avait tellement qu'il aurait pu
en porter une différente chaque jour de l'année.
Rien que comme montres, il y en avait au moins pour...
100 fois plus que tout ce que j'ai gagné dans ma vie.
Après la vente,
il y a un type qui allait la coller.
Je m'en suis occupé.
Poliment, mais fermement.
Comme je sais le faire.
Ça a plu à Madame et...
elle m'a proposé de bosser pour elle.
Depuis, ça fait bien--
Ça m'intéresse pas, tes histoires.
Si elle te manque, tu l'appelles.
Mais tu me laisses manger tranquille, je préfère.
6 h, demain.
Traîne pas trop.
(soufflement du vent)
(cris de corneilles)
(musique sombre)
(pépiements)
(musique inquiétante)
Cette nuit.
Si vous voulez.
À ce soir.
(cris d'oiseaux)
(respiration haletante)
(vrombissement)
(pluie abondante)
(grondement de tonnerre)
On ne joue pas, madame.
C'est un soldat.
Il est parti préparer sa défense.
On perd l'avantage du terrain et demain, c'est lui qui l'aura.
C'est très bien. Le gibier a toujours l'avantage du terrain.
Il faut bien qu'il en ait un. C'est normal.
C'est pas ce qu'on avait prévu.
Tant que la chasse n'a pas commencé, il fait ce qu'il veut.
On avait rien prévu.
Il peut même rester ici jusqu'en septembre,
si ça l'amuse.
Je vous assure, madame. Il faut aller ailleurs.
Arrêtez d'avoir peur de tout comme ça.
Est-ce que j'ai peur, moi? - Mais vous devriez.
C'est souvent la peur qui nous garde en vie.
Elle nous empêche de vivre, surtout.
Vous avez encore peur de mourir, vous?
Je ne sais pas.
Je crois, oui.
Moi pas.
(conversations indistinctes)
(paroles en langue étrangère)
(stridulation d'insectes)
(chant du coq)
Viens.
(ouverture de portière)
(respirations haletantes)
(cris d'oiseaux)
(déclic)
(souffle du vent)
(coup de feu)
On y va?
(respiration haletante)
(pépiement)
(cliquetis de vaisselle)
(crépitement)
(soupir)
(coup de feu)
(coup de feu)
(respiration haletante)
(bourdonnement)
(expiration brusque)
Vous croyez que j'ai tué mon mari?
Non, madame.
Je crois ce que vous m'avez raconté.
Et quand je vous ai dit que je voulais chasser un homme,
vous vous êtes pas posé de questions?
Vous vous êtes pas dit qu'il avait été le premier,
et que j'y avais pris goût?
Jamais.
De toute façon, ça changerait rien.
Ça changerait rien pour moi.
Je ne l'ai pas tué.
Je n'en ai jamais douté, madame.
(crépitement)
(respiration lente)
(déclic)
(rugissement de flammes)
(déclic)
Ah!
(cri)
Oh!
Max! Max!
(cris)
Sken!
(cris)
Sken!
(cris)
(gémissements)
(pépiements)
Bonjour, Max.
Bonjour, madame.
Merci, Max.
C'est pas vous?
Non.
(léger rire)
Bravo, Skender!
Bien joué!
(pépiements)
Salut.
Salut.
Bien rentré?
Hum-hum.
Un café?
Je veux bien, oui.
T'avais quelque chose à me dire?
Rien de particulier.
Je voulais débriefer un peu, voir comment t'allais.
Bien. Pleine forme.
En revanche, toi, t'as vieilli, camarade.
En trois jours, t'as pas été foutu
de me repérer une seule fois. (vrombissement léger)
Et pourtant, je vous ai pas lâchés.
Ça sera moins facile quand il y aura les chiens.
Ils ne m'impressionnent pas. Et elle non plus.
Pour m'avoir, va falloir qu'elle soit beaucoup plus forte.
Et même beaucoup plus forte, ce sera pas assez.
Espérons.
C'est quoi?
Je vais offrir une maison à Manon.
Je pars en voir demain.
Pas longtemps, quelques jours.
Pas la peine de t'inquiéter.
Je m'inquiète pas.
Et pourquoi je m'inquiéterais?
(vrombissement)
(musique dramatique au piano)
(ouverture de portière)
(♪)
(pépiements)
(tintement)
(soupir)
Et t'as vu, ils se lavent comme ça,
en même temps que l'éléphant.
(rire)
Parce qu'il y a pas de pommeau de douche, là-bas.
C'est la trompe des éléphants.
- Ah, d'accord! - Voilà. Allez, viens, regarde.
Ouah!
Tu vois, c'est une espèce de, de moine.
Il garde toujours un pied en l'air
pour pas écraser les insectes.
Mais avec l'autre pied, il en écrase quand même.
Ouais, mais deux fois moins qu'avec les deux.
(musique douce au piano)
(vrombissement)
(ouverture de portière)
(fermeture de portière)
(♪)
(souffle du vent)
(pépiements)
Elle t'attendait.
(pépiements)
(soupir)
Tu crois qu'ils seront heureux, ici?
(léger rire)
Ils sont comme les chats.
Une fois qu'il auront tout exploré,
ils ne voudront plus partir.
Il y a du travail, hein.
Ça va être dur d'être prêt pour la rentrée des classes.
On sera prêts.
Tu me dis ce que tu veux, et... moi, je m'occupe de tout.
Toi, tu fais rien. Tu t'inquiètes de rien.
Surtout pas d'argent. C'est pas un souci, l'argent.
Tu m'achètes, en fait.
Tu commences par m'offrir une maison, et après,
tu m'annonceras que tu reviens vivre avec nous, c'est ça?
Tu crois que c'est comme ça que ça marche?
Qu'on achète les gens avec de l'argent?
(cliquetis de clés)
J'en veux pas de ton argent.
J'en veux pas de ta baraque. (choc métallique)
Rien à foutre!
- Hé, hé... - C'est trop tard!
T'as pas compris ça?
Tu rachèteras jamais le mal que tu nous as fait!
Tu croyais quoi?
Qu'il suffisait de revenir riche et d'allonger l'argent?
Plutôt crever!
Et je veux pas entendre tes remords.
Ils nous consoleront jamais.
Nos cicatrices sont plus profondes que les tiennes.
Elles saignent encore, elles font mal!
Ton argent nous guérira jamais.
Je veux pas de ton amour!
Il détruit tout!
Va-t'en.
Va-t'en!
(pleurs)
(stridulation d'insectes)
Tu devais vider ton sac.
C'est fait, il est vide.
Maintenant, tu peux pardonner.
Peut-être, mais je pourrai jamais oublier.
Enfin, tu sais bien que je voulais pas te frapper.
Je dormais.
C'est pas toi que je frappais, c'est les mecs autour.
Mais c'est moi qui prenais les coups.
Maintenant, j'ai peur, Skender.
J'ai peur de toi. J'aurai toujours peur de toi.
Je te fais peur, là.
Non.
Mais je ne pourrais plus dormir à côté de toi.
C'est pas grave, ça.
Juste, t'acceptes la maison et tu me laisses voir les garçons.
Rien d'autre.
Jordi, il le fait super bien.
Il fait parfois qu'une épluchure.
Bien, il fera un bon légionnaire
s'il sait éplucher les patates.
Et toi, tu feras un bon légionnaire?
Oui.
On dirait pas, hein, parce que t'as pas l'air super en patates.
Mais je sais faire d'autres trucs.
Qu'est-ce que tu sais faire?
Tu sais chanter Le Boudin?
Ouais.
Vas-y.
♪ Tiens voilà du boudin voilà du boudin ♪
♪ Voilà du boudin ♪
♪ Tous les Alsaciens les Suisses et les Lorrains ♪
Tadadam!
♪ Pour les Belges y en a plus Pour les Belges y en a plus ♪
♪ Ce sont les tireurs au cul Pour les Belges y en a plus ♪
♪ Pour les Belges y en a plus Ce sont les tireurs au cul ♪
- Salut! - Salut.
Je vous ai fait du café.
(versement de liquide)
- Salut. - Salut.
Merci de me les avoir gardés.
Je suis désolée, cette fois, j'avais vraiment personne.
T'inquiète, ils sont tellement gentils.
Et toi?
T'as trouvé ton bonheur?
Hum. C'est lui qui l'a trouvé pour moi.
Aujourd'hui, il trouve mon bonheur.
Hier, c'était le contraire.
Mais demain, je sais pas.
(léger rire)
On peut pas savoir.
(soupir)
C'est Skender.
(rire d'enfant)
(pluie abondante)
(craquements)
(exclamation indistincte)
(soupir)
(musique douce au piano)
(propos indistincts de Dylan)
Ça te plaît?
Je sais pas.
Et on rajoute le bout sur 10 centimètres.
Comme ça. Hop.
(propos indistinct)
(sifflement)
Et là, ça tire. Ça tire, et ça les prend.
D'accord?
(stridulation d'insectes)
(musique douce au piano)
(crépitement)
(Manon): Allez, les gars. Au lit.
(soupir)
Bonne nuit.
Bonne nuit, maman.
- Bonne nuit, chéri. - À demain, papa.
À demain.
- À demain. - À demain.
(propos indistincts) (jappement au loin)
♪ Nous sommes des dégourdis nous sommes des lascars ♪
♪ Des types pas ordinaires ♪
♪ Nous avons souvent notre cafard ♪
♪ Nous sommes des légionnaires ♪
♪ Au Tonkin la Légion immortelle ♪
♪ A Tuyên Quang illustra notre drapeau ♪
Allez, les gars. Extinction des feux.
(glissement de fermeture éclair)
(stridulation d'insectes)
(froissement)
(hululement)
(musique inquiétante)
(respiration haletante)
Allez! Allez! (aboiements)
(grognements)
(aboiements)
Allez!
(aboiements)
Non! Ah!
(déchirements)
Ah!
(grognements)
Ah! Stop!
Stop!
(aboiements) (grognements)
(stridulation d'insectes)
OK.
Encore un peu.
Ah, donne le marteau.
Hop, on descend!
(bêlement)
(pépiements)
À l'assaut! - Oh!
- À l'assaut! - Non, non, non, non!
(cris indistincts)
(rires)
J'aurais pu le laisser faire.
(rires)
Je t'avais dit qu'il serait heureux ici.
Fallait juste le temps qu'il découvre.
Alors moi aussi, je suis heureux.
Skender heureux.
J'aurai vu ça au moins une fois dans ma vie.
(rires)
(respirations fortes)
(pluie abondante)
Oh!
(respiration haletante)
(aboiements)
(soupir)
(soupir)
(soupir)
(cliquetis de vaisselle)
Vous voulez pas que je chauffe l'eau?
À partir de maintenant, on mangera froid.
Faudra vous y habituer.
(pluie abondante)
(conversations indistinctes)
Vas-y, vas-y, vas-y, vas-y!
Vous allez trop vite, les gars! Wô, wô, wô, wô.
(conversations indistinctes)
Voilà. Mais non...
(conversations indistinctes)
(pépiements)
(aboiements au loin)
Reste.
Ils vont bientôt se réveiller.
Mais on s'en fout.
Non.
On s'en fout pas.
(gémissement)
(pépiement)
(craquement de branches)
(glissement de fermeture éclair)
Après ça, tu rajoutes un peu d'ail...
du beurre...
de la crème.
Ça va être très, très bon.
(exclamation de surprise)
Oh, là là, Dylan, oh, doucement, doucement,
doucement, doucement, doucement! (rires)
Ça va, mon grand? - Ça va!
Ouah, tu fais ton poids, maintenant.
(léger rire)
Eh bien, ça te va bien, la nature.
On dirait une jeune fille. - Oh, t'es bête!
Mais ça fait plaisir.
J'ai dit ça pour ça.
Salut. - Salut.
Dis donc, c'est une belle surprise que tu nous fais là!
Je te fais visiter? - Ouais.
T'imagines pas le bonheur que c'est de vivre ici.
Chaque matin, c'est comme une nouvelle vie qui commence.
Tu vas revenir habiter avec nous?
Et ma patronne, qu'est-ce qu'elle dirait?
Je dérange pas?
Non, mais tu parles! T'es ici chez toi.
Tu viens quand tu veux et tu restes tant que tu veux.
Allez, on discute pas. - Non? OK.
Bonne nuit.
- Bonne nuit. - Bonne nuit.
- Bonne nuit, Jordi. - Bonne nuit.
- Bonne nuit. - Bonne nuit!
(soupir)
(ouverture de porte)
(Manon): Vous pouvez lire un petit peu,
mais pas trop longtemps, hein.
Promis!
Qu'est-ce que tu viens foutre ici?
Il me reste deux semaines à passer avec eux et toi,
tu viens me les pourrir?
Quand je te vois, j'entends les chiens.
(ouverture de porte)
T'as vu comme ils ont changé?
Et c'est que le début.
Chaque jour, ils sont plus heureux.
Et moi pareil.
Je vois.
J'ai l'impression que c'est pas uniquement l'effet du grand air.
Je me trompe? (léger rire)
- Ça se voit tant que ça? - Hum.
(léger rire)
Si ça se voit tant que ça, les garçons ont forcément compris.
Il serait temps qu'on leur en parle,
tu penses pas?
Non.
Pourquoi?
Parce que c'est pas le moment, c'est tout.
Je comprends.
À demain.
(fermeture de porte)
T'as compris, maintenant?
Je suis venu pour eux. Pour les protéger.
Je veux pas que tu leur laisses croire
qu'ils vont grandir avec leur père.
Tu ne reviendras pas, Sken.
T'as aucune chance.
Madame est encore plus forte que quand tu nous as suivis.
Mais qu'est-ce que tu crois?
Moi aussi, je suis 10 fois plus fort.
100 fois.
Même 1000 fois, ça changerait rien.
Pense à eux.
Maintenant, ils savent que tu les aimes.
Tu leur as donné tout ce que tu pouvais.
Tu peux rien faire de plus.
Demain, je leur dirai qu'on a une urgence
dans une mine au Pérou, et on s'en ira.
Après, on peut tout arrêter, aussi.
(cliquetis de vaisselle)
Parfois, c'est plus courageux de choisir de vivre.
Jusqu'ici, t'as jamais rien choisi.
T'as toujours eu un officier qui décidait pour toi,
et t'obéissais.
Aujourd'hui, tu peux choisir de vivre.
Ça dépend que de toi.
Parce que finalement, elle est là, la question.
Vivre ou mourir, rien d'autre.
Tu veux être un homme qui élève ses enfants,
ou un père qui disparaît en laissant plein de questions
derrière lui?
Et trois millions.
L'argent, on s'en fout.
Non. Toi, tu t'en fous.
De toute façon, t'en as plus rien à foutre de rien.
Tant que Madame est contente, les gens peuvent crever.
Parce que tu sais pas ce que c'est que d'être obligé
de tendre la main.
T'as jamais vu le mépris dans les yeux des gens
qui te filent une pièce.
Tu sais pas ce que c'est, la guerre pour survivre
quand t'as pas un rond et de penser qu'au pognon
tout le temps.
Compter, compter jour et nuit, même en dormant.
Jusqu'au jour où on ne compte plus.
Et qu'on crève sur un trottoir sans que personne ne s'arrête.
Alors non.
Mes enfants tendront jamais la main.
Quoi qu'il arrive.
Et si je dois mourir pour ça, je mourrai pour ça.
Donc tu veux pas comprendre que c'est de toi
dont ils ont le plus besoin?
Trouve un travail.
Si tu trouves pas de travail, fais le ménage,
les courses, le jardin.
La vie de Manon sera plus facile.
C'est ça que tu veux, non?
Vous garderez la maison.
Je m'arrangerai avec Madame.
Tu seras pas millionnaire, mais tu vivras, bordel.
Tu vivras avec eux.
Mais ça te pose un problème que je me fasse flinguer?
Il y a six mois, ça te posait pas de problème.
Pourtant, moi, j'ai pas changé. Je suis le même homme.
Pourtant, il y a bien quelque chose qui a changé,
et si c'est pas moi, c'est quoi?
C'est qui?
Le sergent que j'ai connu, il lisait pas de livres.
Il allait pas au musée.
Mais il faisait pas de différence
entre un clochard et un bourgeois.
La différence, c'est qu'il y a six mois,
tu n'existais plus.
T'étais un spectre.
T'étais pas un père.
Tu l'as jamais été.
Ça changeait rien pour personne que tu sois vivant ou mort.
Aujourd'hui, ce qui change,
c'est que tes enfants ont un père.
Leur enlève pas.
Tu t'en tireras pas comme ça.
Et elle non plus.
Vous avez sorti l'épée du four,
maintenant, va falloir la tremper dans le sang.
Et je suis pas sûr que ce sera le mien.
T'imagines même pas ce que je suis devenu.
Il y a jamais eu un gibier comme moi.
J'égorgerai ses chiens avec les dents s'il le faut.
J'arracherai leur coeur avec mes mains.
Et elle, elle est capable d'aller jusqu'où, tu le sais?
Non.
Et elle non plus. Ni moi, ni personne.
Mais moi, je vais le savoir.
Il y a que la chasse qui nous le dira.
Je renoncerai pas.
Tu peux aller lui dire.
(soupir)
On s'est engueulés. Il reviendra pas.
Pourquoi?
Qu'est-ce que ça change, il est parti, c'est tout.
Tu me disais les choses, avant.
Tu partais et tu revenais, mais...
tu me faisais confiance.
Tout ça, c'est fini. T'es là...
tu me parles, mais tu dis rien.
Il est pas venu pour le plaisir de nous voir.
Il est venu pour préparer la prochaine mission,
et je lui ai dit que ce serait la dernière fois.
C'est pour ça qu'on s'est engueulés.
Parce qu'il va passer pour un con devant sa patronne.
C'est tout?
C'est tout.
Pourquoi tu veux pas dire aux garçons
qu'on est à nouveau ensemble?
Parce que je veux pas qu'ils soient déçus.
Faut qu'on soit sûrs de nous.
Moi, je suis sûre.
Je sais.
Mais moi, j'ai jamais su rester nulle part.
Je suis toujours parti chercher je sais pas quoi.
Je suis pas sûr de pouvoir rester quelque part
pour toujours, même avec vous.
Je suis pas sûr.
C'est pour ça peut-être que je reviendrai pas.
Si je me sens pas capable de rester avec vous pour toujours,
vaudra mieux que je revienne jamais.
Je ne veux plus vous faire souffrir comme avant.
C'est des conneries, tout ça, c'est n'importe quoi.
Pars, reviens, reviens pas. Fais ce que tu veux,
je m'en fous.
(respiration tremblante)
C'est sûr que je t'aimerai encore.
Skender.
Tant que tu seras là, on fera comme si tout allait bien.
Si ça doit être leur dernier été avec toi,
je veux que ce soit le plus beau de leur vie.
(musique de tension)
(souffle de vent)
(musique sombre)
(grognements d'effort)
(cri)
(craquement)
(grognements d'effort)
(grognements)
(gémissement du chien)
(cri)
(respiration haletante)
(ouverture de porte)
Bonjour, Madame.
(pleurs de chiens)
Bonjour, Max.
(halètement de chiens)
Oui?
Je n'ai rien dit.
Peut-être, mais vous avez quelque chose à me dire.
Il est revenu sur sa décision?
Non.
Alors?
Euh... Je ne pensais pas que vous deviendriez
ce que vous êtes devenue, Madame.
Vous l'avez bien vu.
Même moi, je n'arrive plus à vous suivre.
Et pour lui, c'est pareil.
Il a vieilli.
Vous allez chasser une vieille bête, Madame.
Quand on a fixé les règles,
elles étaient déjà déséquilibrées,
mais maintenant, ça n'a plus d'intérêt.
Vous n'y prendrez aucun plaisir.
(pépiements)
Vous avez raison.
On oublie le Mauser.
La dernière fois, c'était un sanglier
dans les Ardennes.
Même avec une flèche en plein flanc,
il courait comme les autres.
Je l'avais pisté pendant des heures.
J'ai fini par l'achever à la dague.
Une belle chasse.
Vous ne pouvez pas faire ça, Madame.
Pourquoi, s'il vous plaît?
Vous voulez rééquilibrer les chances.
À l'arc, je serai obligée de l'approcher
à moins de 30 m avant de tirer.
Et pour ça, il faudra me passer des chiens.
On multiplie ses chances par 100, au moins.
Où est le problème?
C'est pas la même mort.
Il a pas signé pour être achevé au couteau.
Vous m'avez demandé d'être l'arbitre.
Je vous laisserai pas faire ça, Madame.
Mais ce n'est pas à vous d'en décider.
Ça se joue entre lui et moi.
Vous, vous faites respecter les règles.
Vous ne les écrivez pas.
Alors on va l'appeler pour lui proposer
et on va voir ce qu'il en dit.
Est-ce que ça vous convient?
(déglutition)
S'il accepte, on fera comme vous voudrez, Madame.
Exactement.
(stridulation d'insectes) (pépiements)
(soupir)
Merci, Max. Ce sera tout.
(cognement d'objets)
Vous pouvez aller.
(musique sombre)
(craquement du plancher)
(pépiements)
(cris de corneilles)
(ronflement doux)
(soupir)
(aboiements)
(pépiements)
Là-bas!
Max?
Max!
(halètement)
Max?
(sonnerie de cellulaire)
(sonnerie de cellulaire)
(respiration haletante)
(rumeur urbaine)
(cris d'enfants)
(musique dramatique)
(reniflement de chien)
(rumeur urbaine)
(respiration tremblante)
(vibration de cellulaire)
(stridulation d'insectes) (pépiements)
(soupir)
C'était quoi?
C'était rien.
(soupir)
(soupir)
(lapement)
(cliquetis)
(halètement de chiens)
(pépiements)
(halètement de chiens)
(inspiration profonde)
(respiration tremblante)
(aboiement)
(geignement de chien)
(cognement sourd)
(ding-dong!)
(ding-dong!) (ding-dong!)
(geignements de chien)
(frottement métallique)
(halètement de chiens)
(geignements de chiens)
(halètement de chiens)
Ne dites rien.
Vous m'avez manqué.
Vous aussi, Madame.
(léger rire)
(pleurs)
Mais laissez pas.
Me laissez pas. - Je reviens.
Je reviens tout de suite.
(pleurs)
Je reviens.
(respiration tremblante)
Ah...
Doucement, doucement.
Doucement, Madame.
(déglutition difficile)
(toux)
Doucement.
(déglutition)
(haut-le-coeur)
(toux)
(respiration haletante)
Vous ne repartirez plus.
Non.
Plus jamais.
Plus jamais, Madame.
Jurez-le-moi.
Je sais si vous jurez...
vous ne m'abandonnerez pas.
Je vous le jure.
(stridulations d'insectes)
(pépiements)
(vibration de cellulaire)
(aboiements au loin)
(musique douce au piano)
(Skender): La veille de mon départ,
un message est arrivé,
me prévenant qu'il n'y aurait pas de chasse cette année.
Ni la prochaine. Ni jamais.
Je n'ai plus jamais revu Max...
ni Madame.
(♪)
Sous-titrage: difuze
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