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C 'est si tu me vois toi encore ! Je veux qu 'on t 'explique !
Il a du Moyen -Âge ce cric là.
Oh non putain,
c 'est pas vrai ! Merde !
Ah le con.
Et que lors, quand vous avez découvert le corps ? Il était environ 8 heures.
Vous êtes arrivé en kayak ? Oui, j 'étais seule, je faisais les
Ah bah quand même ! Ah mais d 'où vous sortez, j 'en sais rien ! Ça fait plus d
'une heure que je vous attends.
On ne vous a pas appris que l 'exactitude, c 'était la politesse des
marée chaussée ? Les rois, la marée chaussée, vous le savez, j 'ai eu un
problème. Un bon jour quand même.
Problème de matériel, je suppose ? À votre avis.
Les bandes -merdes, il ne faut pas abuser. J 'ai toujours vu.
Vous êtes très, très en forme.
Vous êtes remontée aujourd 'hui. Non, non, non, je n 'aime pas attendre.
l 'heure, c 'est l 'heure.
Ça va, il n 'y a plus aux pièces.
Pardon.
Je vous présente mes excuses.
Ça va comme ça ? Ça va, ça va.
Non, mais non.
Mais non plus ! Rien quoi ? Non, rien ! Ok.
On sait qui c 'est ? Oui.
Il s 'appelle Pierre Saint -Florent, 35 ans, divorcé, un enfant, patron d 'une
entreprise de pêche, issue d 'une grande famille de Martigues.
Cause du décès ? Chute de cheval.
C 'est noyé. Enfin, apparemment. C 'est les premières confusions du légif.
On sait quand il est mort ? C 'est assez récent, ce matin, sans doute.
Blanche -Étoile ? A priori.
On a retrouvé son Zodiac vide, au large de la plage.
Bonjour, Foll.
Tu auras les résultats dès demain.
Très vite, au revoir.
Moi aussi, Anaïs.
Madame la procureure ? Anaïs, elle vous
tutoie ? Oui, elle est très compétente. J 'imagine.
Très dangereux de plonger seule.
Et depuis quand vous vous y connaissez en plongée ? 30 ans.
Je regarde Alassane depuis sa création. C 'est quasiment devenu un spécialiste.
Ah, je ne l 'ai pas.
Oui, oui, oui.
Commandant Paul Jansac.
Bonjour, docteur Edmond.
C 'est bien la première fois qu 'un médecin légiste se déplace jusqu 'à
Ce n 'est pas temps, ça. N 'est -ce pas, Jansac ? Oui, ce n 'était pas temps.
Des formations professionnelles, puis surtout médecin de famille à Mardi. Mais
la demande de la préfecture et du parquet, j 'assure un peu le médico
Ça me repose.
Les morts sont des patients moins exigeants que les vivants.
Je connaissais Pierre Saint -Florent.
Je suis un vieil ami de la famille, ça... ça motive.
Pas trop difficile d 'autopsier un ami ? Si, très.
Et quelles sont vos conclusions ? Des choses plutôt intéressantes.
J 'ai relevé sur le corps de Pierre des équimauxes.
Avec des marques bleutées de préhension.
C 'est surtout une plaie à l 'arrière du crâne.
Selon moi, il a subi des violences avant de décéder par noyade.
D 'après moi, c 'est un crime.
T 'es où ? Mais qui te fait l 'amour ? Oui, Lélie.
C 'est à moi que je veux que tu
penses quand t 'es là.
T 'entends ? M 'en veux pas, c 'est pas grave.
C 'est pas grave ? Si c 'est grave.
Je tiens à toi, moi.
Au large de Sainte -Croix, ce matin, entre 6h et 10h.
Voilà.
Il ne va pas y avoir beaucoup de monde à cette heure. Je voudrais les
immatriculations des bateaux en mer à ce moment -là.
Alors là, ça ne va pas être facile.
Il faut que je fasse des recherches.
Ça risque de prendre un moment pour tout se retrouver.
Et puis pas qu 'un peu.
Excusez -moi de vous demander de travailler.
Dites tout de suite que je vous demande. Je ne me le permettrai pas.
Seulement, je veux simplement vous signaler que je suis un brin pressé,
voyez. J 'enquête sur un crime, pas sur un vol de caramel.
Oui, mais pressé ou pas, aujourd 'hui, ça ne va pas être possible.
Voilà, je vous l 'ai dit. On va procéder différemment.
Cette requête est ma priorité, et si c 'est ma priorité, ça va vite devenir la
vôtre, ok ? Ben voilà.
À très bientôt.
Ça va, ta petite soeur ? C 'est bien, ça va.
Je suis juste un peu fatiguée, j 'ai mal dormi.
Alors, comment elles sont, ces courgettes ? Regarde toi -même.
Superbes. Belle couleur et bien en chair.
La prochaine récolte sera encore meilleure que la dernière.
Et c 'est la même pour les aubergines.
Normal, si tu les aimes, c 'est légumes.
Moins que toi, petite soeur.
Moins que toi.
Martine ! Oui, madame ? Vous pouvez accompagner ce monsieur dame, chambre 5,
'il vous plaît ? Bien sûr.
Vous nous suivez ? Oui. Bon séjour. Merci.
Madame ? Madame Catherine Saint -Florent ? Oui ? Je suis
Elisabeth Richard, vice -procureure de la République.
J 'imagine que la gendarmerie vous a appelé.
Là, je... Appelez pourquoi ? Ah...
Je...
Je croyais que... Je suis désolée, votre ex -mari, Pierre Saint -Florent, est
décédé.
Ça va ? Ça va ?
Je suis vraiment désolée.
Je ne pensais pas vous l 'apprendre.
Vous étiez toujours très liée.
Très.
On a un enfant.
Pauline.
Une petite fille.
Notre petite fille.
Pas fameux, non ? J 'ai pas tardé à rejoindre mon fils.
T 'es pas de connerie, Jean -Charles.
T 'es fort comme un taureau.
Pierre aussi l 'était.
On m 'a noyé.
On me l 'a tué.
C 'est pas un accident.
Je sais.
Prends un calment de plus ce soir.
Tu vas voir, ça va te faire du bien.
Sois -moi, Philippe.
Tu me tiens debout encore un peu.
Non, non, je vous dis qu 'elle n 'était pas prévenue.
C 'est dingue, elle ne savait même pas que son ex -mari était mort. J 'ai l
de quoi, moi ? Vous êtes très bien, Elisabeth.
J 'en sais un peu de sérieux.
Docteur, ce que vous faites là, il y a un souci ? Jean -Charles Saint -Florent
fait une grosse poussée de tension.
C 'est qu 'il est veuf et qu 'il vient de perdre son fils unique.
Mais il a des ressources. C 'est une force de la nature.
Qu 'est -ce qu 'il transporte dans ces citernes ? Hydrocarbures et produits
chimiques. Un tiers du raffinage français.
Zone CVO 2.
Ici, interdiction de fumer.
Même après la mort.
Jean -Charles Saint -Florent s 'occupe d 'acheminer les produits raffinés vers
les pompes à essence.
Mais croyez pas qu 'il roule sur l 'or.
Il a même failli fermer sa boîte il y a deux ans.
Avant ? Ben oui, la crise, la baisse des coûts pétroliers.
Mais vu ses convictions, il a tout fait pour sauver ses employés.
C 'est quoi ses convictions ?
catholique, très pratiquant.
Tout contraire des miennes. Faites ce que je te demande.
Tu m 'appelles quand tu as un planning qui tient debout.
Très bien, M. Jean -Charles.
12 heures sans peau, si on se fait contrôler, on plonge, merde ! Eric,
veille aux excès de vitesse, j 'en veux pas.
Bien, monsieur.
Excusez -moi, je vous disais... Non, non, je vous demandais juste si votre
aurait pu avoir des problèmes, des contentieux.
Des ennemis dont vous pourriez nous parler ? Même pas à ma connaissance,
avait plutôt pas mal réussi dans les affaires.
Un petit sérieux, droit, intransigeant.
Bon, ça lui valait sans doute quelques illimités, mais de là à le tuer...
avait l 'âme d 'un chef, madame, comme moi.
Et comme mon père avant moi. Vous avez faim ? Ça n 'empêche pas de traiter mes
gars avec respect.
Ça, c 'est des valeurs sacrées pour moi et Pierre les avait chevillés au corps.
C 'était quelqu 'un de bien, vous savez.
J 'en doute pas, monsieur.
C 'est même plus si j 'ai encore envie de vivre, maintenant qu 'il n 'est plus
là.
Ou alors si, pour une seule et bonne raison, comprendre pourquoi il est mort
qui l 'a tué.
Puis en fait... Oui ? Il s 'est passé quelque chose récemment, mais c 'est
pas... C 'est pas bien facile à dire.
Votre fils a été assassiné, M. Saint -Florent, il faut tout nous dire.
Même s 'il vous paraît insignifiant.
Oui, il y a eu une altercation entre Pierre et mon médecin.
Votre médecin, le docteur Edmond ? Oui.
Et pourquoi ? Le docteur Edmond est aussi un très grand ami de Catherine.
Catherine, c 'est l 'ex -femme de Pierre.
Je me demande même si ce n 'est pas quelque chose entre eux.
Pourquoi j 'aurais fait ça ? Je n 'ai pas dit que vous aviez tué Pierre Saint
-Florent. Je vous ai demandé si vous aviez eu une altercation avec lui.
Une altercation, tout de suite les grands mots.
On s 'est juste engueulé, c 'est tout.
Oui, à quel propos ? C 'est délicat à dire.
Si ça n 'a pas de conséquences, ça ne sortira pas d 'ici, docteur.
C 'est parce que j 'avais pris fait et cause pour Catherine.
Mais encore.
Pierre lui vertait plus sa pension alimentaire. Je trouvais ça inadmissible
je lui ai dit en face.
Catherine, c 'est votre maîtresse ? Pas du tout.
C 'est juste une amie très chère. J 'ai beaucoup de respect et d 'admiration
pour cette femme.
Et le reste ne regarde que moi. Merde !
Il y a aussi le juge des affaires familiales pour régler ce genre de
Vous ne croyez pas ? Enfin bref, après cet échange, il s 'est passé quoi ? Il n
'y a pas eu de suite.
On a eu des mots, c 'est tout. Ça s 'est arrêté là.
Pierre m 'a même promis de régler certains et on s 'est quitté en se
main.
C 'est la vérité.
Ça s 'est passé devant le restaurant de Catherine. Il y avait des témoins, vous
pouvez vérifier.
C 'est ce qu 'on va faire ? Si vous avez du temps à perdre.
Pardon ?
On aurait pu juste une minute, c 'est moi qui ai examiné le corps de Pierre et
qui vous ai signalé des traces suspectes à la tête.
J 'aurais aussi bien pu vous dire qu 'il était mort par une moyade, que tout
était clean, RAS.
Sans moi, il n 'y aurait même pas eu d 'affaire, rien, pas de crime, que dalle.
C 'est pas faux.
Vous nous prenez pour des amateurs ? Vous auriez aussi pu le tuer et vous
derrière cette intégrité qui vous rend si sympathique.
C 'est tordu. Mais possible.
Mais faux.
Merci.
Merci docteur pour votre témoignage.
Excellente cette bouillabaisse.
C 'était une bourride.
Enfin, c 'est du poisson et de la soupe.
Oui, mais avec du poisson blanc.
C 'est sympa d 'apporter de la lecture à table.
Vous aviez peur de vous lasser, déjà.
Pardon ? C 'est quoi votre prose ? Ah, des haïkus.
Vous connaissez ? Ouais, vaguement. C 'est une forme politique japonaise, non
Ouais, mais très codifiée. Ouais, comme tout ce qui est japonais.
Ouais, peut -être. Non, le haïku, c 'est un poème court, très particulier, qui
vise à dire l 'évanescence des choses.
Par exemple, un vieil étang et une grenouille qui plonge, le bloc de l
Le quoi ? Le bloc de l 'eau ? Mais c 'est quoi ça ? C 'est de vous ? Non, c
Bachot, c 'est un grand maître.
Non, moi je dirais Elisabeth Amartig, Filoeil -Fries, Le flic jubile.
Euh, ouais.
Ouais, enfin, c 'est encore un peu laborieux, si je puis me permettre.
Tout comme notre enquête, si je puis me permettre, à mon tour. Ouais, c 'est
vrai que ça commence mal.
Pas d 'indices, pas de pistes. Pas de suspects. Je vous invite ? Non, non,
attendez, on partage.
D 'accord.
Ah bon ? Et combien de fois je m 'iligère, Pierre ? T 'es un excellent
Ok, ok.
Jamais seul, l 'ami, jamais.
Regardez, t 'as la table.
C 'est mon métier, la plongée.
Michel Lecouf, Mimi pour les amis.
Le chasseur que vous êtes.
Tout le monde vous connaît ici.
Et puis Mimi aussi, pour les dames.
Bonjour. J 'ai un petit centre de plongée qui marche sur tout l 'été.
marchotte.
Les touristes sont toujours là, mais ils dépensent moins.
Alors, on l 'aurait assassiné, Pierre ? Il semblerait.
Et pourquoi ? Tout le monde l 'aimait bien ici, non ? Vous le connaissiez ?
Mieux que ça.
Nous étions très amis. On se voyait souvent.
C 'était mon collègue, comme on dit chez nous. Et il ne vous a pas fait part de
problèmes, dernièrement ? Votre collègue ? Des problèmes, Pierre ? Il prenait la
vie du bon côté.
C 'est pas le genre à se mettre la rate au courbouillon, le garçon. Très tard,
sympa, aimant les femmes. Un amoureux de la vie, quoi. Comme moi.
Enfin,
une perte douloureuse.
Croyez -moi, ça va être difficile de se passer de lui.
Bon, on y va ? Bonsoir. Au revoir, Mimi.
Ah, ça rit, ça, ce Mimi.
Ouais, un peu matuvu, baratineur. Non, vous croyez ?
Il nous fait une description de Pierre Saint -Florent aux antipodes de celle
nous a donnée son père. Ça vaudrait le coup de creuser, voir qui baratine.
Regardez, votre ami médecin.
Ah oui, croyant urbain.
Bonsoir. Tiens, bonsoir madame la procureure.
Bonsoir. Je présente mon ami, le père Gaspard Héni, notre curé.
Bienvenue. Les amis.
Bonsoir.
Un curé avec un alarme militant, c 'est pas banal.
Les qualités de cœur dépassent les dogmes et les clivages, commandant.
Alors ? Dites -moi, vous connaissez un certain Michel Lecouffre ? Qui ne
pas le loup blanc ? Drôle de lascar, celui -là.
Joueur invétéré, menteur comme un arracheur de dents, escroi la petite
toujours en quête d 'argent trop facile.
C 'est pas un mauvais bougre, ce Michel Lecouffre. Il n 'est pas bien méchant,
mais disons que je ne lui confierai pas mes économies.
Il était très ami avec Pierre Saint -Florent, non ? Ami ? Vous le voyez peut
-être de temps en temps.
C 'est vrai que le coufre est plutôt bon camarade, mais de là à parler d
'amitié... Il nous a dit que Pierre était un joyeux dris, un gué du rond, un
amoureux de la vie.
Vous en pensez quoi, vous ? Nous sommes tous des amoureux de la vie, commandant.
Des faines gourmets, toujours à la recherche de nouvelles faveurs.
Et appréciant le bon vin.
Toujours avec modération, commandant.
J 'aime bien votre regard sur la religion, mon père.
Mais Pierre était un homme... Comment dire ? Frustré ? C 'est ça.
Tu as raison, Philippe, c 'est le mot, frustré. Ah oui ? Frustré de quoi ? Il
aurait bien voulu reprendre l 'entreprise de son père.
Jean -Charles n 'a jamais voulu lui en confier les rênes.
C 'est un homme dur qui ne fait confiance qu 'à lui -même.
Allez, on va en finir.
Et voilà.
On est deux, treize.
Merci beaucoup.
Merci. Bien joué.
Merci. Au revoir. Au revoir.
Alors, on est parti à 4.
Ça vous tente ? Euh... Non, très peu pour moi. Je ne sais pas jouer.
Ben, moi, je ne dis pas non.
Bonjour Elisabeth.
Alors, ça te fait tant qu 'il repart ? Très vite.
J 'ai fini par un carreau sur place.
Je ne connais rien, mais ça a l 'air formidable.
Pendant la partie, je me suis demandé à qui profitait le crime.
J 'ai fait des recherches.
Catherine Saint -Florent est dans le rouge à la banque. Son hôtel est au bord
la fraîche.
Or, Pierre est le père de Pauline, qui est donc son héritière. Vous me suivez ?
À la trace, oui. Et c 'est Catherine qui assure à la gestion du patrimoine jusqu
'à la majorité de la petite, dans une douzaine d 'années.
C 'est long, douze ans.
Ça ne vous paraît pas un peu tiré par les cheveux, non ?
Ça m 'aurait étonné.
Enfin, elle a failli tourner de l 'œil quand je lui ai annoncé la mort de son
-mari. C 'est une simple hypothèse, mais vous en avez une autre, vous. Ah oui, c
'est parce que vous la voyez estourbir Pierre Saint -Florent avant de le noyer.
Avec un marteau ou une clé de 22, ça me paraît très réaliste. On peut au moins
lui demander ce qu 'elle faisait au moment des fêtes. Mais allez -y, allez
tout seul. Moi, je refuse d 'importuner cette femme sans raison.
Il va venir me chercher à l 'école.
Viens, mon cœur, je vais t 'expliquer.
Bonsoir. Vous êtes les deux, on va parler.
Alors, je ne reverrai plus jamais mon papa.
Il est au ciel maintenant, ma chérie.
Il veille sur toi, ton papa.
Pour toujours.
Il y a un flic qui t 'attend dehors.
Un flic ? Vas -y, je m 'occupe de Pauline.
Surtout, tu ne lui dis rien au sujet de la petite.
Monsieur ? Bonjour, je suis Paul Jeanflac, commandant gendarmerie.
J 'ai juste une question à vous poser, mais c 'est pour les besoins de l
'enquête, vous comprenez ? Je vous en prie, allez -y.
Que faisiez -vous hier de 8h à 10h ? Au moment où Pierre a été assassiné ?
Attendez, vous ne me croyez tout de même pas ? Je ne crois rien du tout, je vous
l 'ai dit, j 'ai mené une enquête.
Cette question est purement formelle.
Lundi, j 'étais ici, comme tous les jours.
C 'est l 'heure du petit déjeuner. Je le servais avec Martine, mon employée.
Elle pourra vous le confirmer, ainsi que ses clients qui sont heureux de vous,
si vous les contactez.
C 'est votre fille ? Pierre était son père,
oui.
Ce jour -là, je l 'ai accompagnée à l 'école, si vous voulez tout savoir.
Ah, vous êtes là.
Je vais prendre un... Une menthe à l 'eau, madame.
Une menthe à l 'eau.
Merci, c 'est gentil.
Alors, Catherine Saint -Florent ? Elle était bien dans son hôtel le matin où
ex -mari était tué.
Elle ferait des petits déjeuners.
Voyez, qu 'est -ce que je vous avais dit ? J 'étais sûre qu 'elle y était pour
rien. Faites pas assez confiance à l 'intuition féminine, Jean -Jacques. Vous
foncez toujours comme un bourrin.
Moi, j 'ai peut -être découvert quelque chose d 'intéressant.
Le bourrin vous écoute.
J 'ai épluché les comptes de Saint -Fleurant et contrairement à ce qu 'on
croyait, il était surendetté.
Ce qu 'il n 'a pas empêché de faire il y a trois mois, regardez, un sec acquis à
le coufre et de quoi ? De 20 000 euros.
Somme qui lui a jamais été rendue.
20 000 euros ? Ça peut créer des tensions.
Surtout si Pierre a cherché à récupérer son argent.
Peut -être pour ça aussi qu 'il ne payait pas sa pension alimentaire.
Pour se mettre dans une déchamée de pareil, il doit avoir une bonne raison.
Et je n 'étais pas un prêtre.
Et quoi alors ? Un chantage ? Ça pourrait lui ressembler.
Si c 'est le cas, je le vois mal nous le révéler spontanément.
Oh, en étant un peu persuasif.
Oh, tu me traites comme un bandit, Bordeaux. C 'est pas des manières, ça.
Mais t 'es un bandit, le couvre.
Et je crois que tout le monde mériterait qu 'on ouvre Kayen Ring pour toi.
Avec un bail de 99 ans pour qu 'il cause des cailloux.
Allez, sois courtois.
Merci, Lourdeau. C 'est Bordeaux, moi.
Bien sûr.
Pardon. Ravi de vous revoir, M. Lecoffre. Asseyez -vous, je vous prie.
Les réponses d 'abord.
Pourquoi on m 'arrête comme un malpropre ? Qu 'est -ce que vous me reprochez d
'abord ? Une réputation, moi ? Oui, justement.
Une réputation de menteur.
Quoi ? Pierre, comme vous êtes un peu le seul à nous décrire, Pierre Saint
-Florent, comme un amoureux de la vie, fêtard, coureur de jupons, on voulait
juste vérifier que vous n 'aviez pas une petite tendance à exagérer. C 'est vrai
que j 'ai un peu enjolivé le tableau.
Je me contentais de boire un verre avec lui de temps en temps. On causait, on
refaisait le monde.
C 'était un copain.
Un copain ? Dites -moi.
Pour vous prêter autant d 'argent, moi j 'appellerais plutôt ça un très bon
copain. Il fallait lui rendre.
Mais avec quoi ? Je me suis laissé dire que vous aviez perdu une grosse somme
sur une partie de poker à Marseille l 'autre soir. Vous êtes surendetté. Vous
êtes bien renseigné.
C 'est mon métier.
Il n 'y avait pas de problème entre Pierre et moi.
Il n 'était pas assez après.
Ben voyons, 20 000 euros.
Une pécadille.
Qu 'est -ce que vous insinuez à la fin ? Imaginons que Pierre Saint -Florent
vous ait réclamé le remboursement immédiat de ce prêt.
Vous ne pouvez pas. Il vous harcèle.
Vous cherchez un autre moyen de vous débarrasser du problème, un moyen,
plus radical.
Que faisiez -vous lundi matin entre 8h et 10h ? Je dormais.
Seul ? Eh oui.
Dommage. On ne peut pas séduire tout le temps.
Et puis, vous savez à l 'avance, vous, si vous allez avoir besoin d 'un alibi ?
Bon allez, au lieu de m 'escagasser, vous feriez mieux de chercher du côté
gens qui en voulaient vraiment à Pierre. Qui sont ? Oh, vous n 'êtes vraiment au
courant de rien.
Alors, vous débarquez sans biscuit.
Vous parlez à qui, là ? Bon, les Dos Santos.
Ils ne peuvent pas les blairer, les Saint -Laurent. Ni Pierre, ni son père.
C 'est qui, les Dos Santos ? Les Blangers de Martigues. Tout le monde les
connaît, ici.
Pourquoi ils ne pouvaient pas les blairer ?
Ils ne peuvent pas se voir, c 'est tout.
C 'est de notoriété publique.
Qu 'est -ce que vous voulez que je dise ? Je ne sais pas plus.
C 'est une haine historique.
Et vous n 'en connaissez pas la raison ? Vraiment ? Sur la bonne mère.
Ah ! Il dit sur la bonne mère.
Vous pouvez disposer, monsieur le coufre.
Mais veuillez rester dans les parages.
C 'est une manie chez vous d 'arrêter les interrogatoires en cours de route ?
aurait pu nous en dire plus. Non, sûrement pas.
Si on l 'avait poussé dans ses retranchements, il aurait bluffé. C 'est
menteur professionnel, ce type.
Or, moi, ce que je veux, c 'est l 'obliger à dire la vérité. Et avec un
loustique pareil, ça se joue en plusieurs coups. J 'en sac.
Comme aux échecs. Une partie des chèques.
Seulement, il manque une reine sur votre échec.
Cherchez la femme, moi.
C 'est un peu macho comme stratégie, non ? Faites confiance en l 'intuition
masculine, Elisabeth.
Il manque une femme dans ce crime.
Oui !
Pierre, tu étais un homme de foi et un homme de cœur.
Notre communauté perd un fidèle, mais l 'humanité, elle, perd un juste.
Nous te regretterons la vie, éternellement.
Pauline, viens ma chérie.
Je sais que tu es au ciel maintenant et que tu vas bien veiller sur nous.
Je t 'aimais tellement, papa, et je t 'aimerai toujours.
Tu es dans mon cœur pour la vie.
Tu me manques déjà.
Et toi, ma petite maman.
Papa !
Mes amis, s 'il vous plaît, mes amis, Pauline, continue ma chaîne.
Il va falloir que tu sois bien courageuse.
Comme moi, je te le promets.
C 'est qui la jeune femme qui vient de partir ? Gwendoline, la fille des Dos
Santos, les boulangers de Martigues.
C 'est la dame blonde ? Oui.
Le jeune homme.
Dominique, leur fils.
Les fameux Dos Santos, les ennemis historiques de Saint -Florent.
Il est très très tendu.
C 'est encore pire que ça, il ne peut pas s 'encadrer.
C 'est la guerre ouverte, je vous ai dit. Vous ne nous avez toujours pas dit
pourquoi ? Parce que je n 'en sais pas plus.
Vous aimez bien vos futes de moi, vous.
Pourquoi vous m 'arrêtez ? C 'est une manie ou quoi ? Cinq ans pour chantage,
extorsion de fonds et j 'en passe.
Joli pédigré.
Bah oui, et après ? Hier vous nous avez raconté n 'importe quoi.
Alors maintenant vous nous dites tout ou on vous fait plonger.
Ça vous connaît, la plongée ? Amusant, ça.
Et un séjour au Beaumet, histoire de vous rafraîchir l 'esprit, c 'est
aussi.
Alors, pourquoi les Dos Santos et les Saint -Ferrand se détestent ? C 'est ça
que vous voulez savoir ? Voilà, vous suivez, c 'est déjà ça.
Mais c 'est une histoire de fesses, Barly.
Entre. Il y a eu quelque chose, dans le temps, entre Noémie Dos Santos et Jean
-Charles Saint -Ferrand. Ça remonte à loin.
Ah oui ?
Mais Gwendoline, c 'est bien la fille de Noémie et Francis de Santos ? Oui, la
petite dernière.
Et dites -moi, ça n 'a pas l 'air d 'aller très fort entre les parents et la
fille. Ils n 'étaient même pas assis ensemble à l 'église, pas un mot, pas un
regard. Il arrive que les enfants s 'éloignent des parents, c 'est les
la vie.
Oui, certes, certes.
En général, ces choses ont une raison, cher monsieur.
Et moi, j 'ai trouvé que Gwendoline était particulièrement bouleversée par
décès de Pierre.
Il y avait quelque chose entre eux ? À ma connaissance, non. Ils se
fréquentaient depuis toujours, c 'est tout.
Par contre, il y a bien eu quelque chose entre Pierre Quint -Florent et Simon
Chastain. Une histoire d 'affaires ? Non.
Une belle bâton, il y a un mois.
Qui est Simon Chastain ? L 'amant de Gwendoline Dos Santos.
Ah, c 'est nouveau, ça.
Voyez, monsieur le coufre, vous êtes une mine quand vous voulez.
Avais -je le choix ? Le choix est une illusion, Mimi.
Oui, mais attention, je ne balance pas.
J 'évoque, ok ? Ok, on avait bien compris.
Je vous en prie.
Vraiment, je peux ? Vous devez.
Je sais, je sais, je sais, il ne nous a pas encore tout dit, mais on avance, on
avance. Vous voyez qu 'elle n 'était pas si sotte, ma stratégie. Vous êtes la
meilleure, Elisabeth.
Oh, tout de suite, les débordements, un peu de souveraineté, Jean -Sac, que
diable. Paul, j 'aime pas quand vous m 'appelez Jean -Sac.
Paul. Qu 'est -ce qui vous fait croire qu 'il dit la vérité ? Le contraste avec
ce qu 'il a baratiné hier.
Ça se voit tout de suite quand quelqu 'un dit la vérité.
Paul. Voilà, Paul.
Je veux plus jamais te voir, Simon.
Mais je t 'aime.
Je t 'ai dans la peau, Guaido.
Prête ? Passe -toi, tu me fais mal ! J 'en peux plus de toi ! J 'ai besoin d
'air, tu comprends ? T 'as de l 'air !
Bonjour.
Monsieur Chastain ? Faut pas me laisser bosser tranquille, là.
T 'enquêtes sur la mort de Pierre Saint -Florent ? Ouais.
Eh ben, je bosse, là.
Alors allez -vous faire foutre.
Moi aussi, je bosse, cher monsieur.
Et j 'aimerais bien un minimum de politesse.
Madame a été courtoise. Répondez à nos questions, il n 'y en a pour cinq
minutes.
Vraiment, on va se faire des idées, vous voyez ? Ça va, c 'est bon. La pêche a
été pourrie, j 'ai les nerfs.
Vous vous êtes battus il y a un mois avec Pierre Saint -Florent.
Pour quelle raison ? Victoire de marin.
Il a envoyé ses bateaux sur ma zone de pêche.
Ça m 'a gavé, je suis allé le voir, on s 'est expliqué.
Mais comme ça, nous, on tourne pas autour du pot.
Ça, oui.
Et ça n 'avait aucun rapport avec Gwendoline de Santos ? Aucun rapport ?
-ce que vous allez chercher ? Vous n 'êtes pas totalement inconnue de nos
services, M. Chastain.
C 'est que de trois conneries, et alors ? Votre inscription, non ? Violence,
bagarre à répétition, notamment pour 10 heures de femme. Vous avez le sang chaud
? Ben, j 'ai changé.
J 'essaye, en tout cas.
J 'espère pour vous.
Je vous demanderai de vous tenir à la disposition de la justice et de ne pas
quitter Martigues.
C 'était pas dans mes intentions.
On va se revoir.
Vous voulez pas qu 'une fois, on aille au bout d 'un interrogatoire pour voir ?
Votre teint comparé à l 'astre du jour, Elisabeth, les teints.
Aïkou, vous avez pas remarqué ? Mais merci, c 'est gentil.
Merci du compliment.
Et rassurez -moi, vous n 'avez pas que ça à me dire ? Non, j 'ai passé au
fichier du style tous les gens présents aux obsèques de Pierre Saint -Florent.
Et alors ? Tous sans casier judiciaire, à l 'exception de deux d 'entre eux. D
'abord Michel Lecouf, fichier à la brigade des jeux, il les croquait des
et empruntait de l 'argent à des voyous pour rembourser ses dettes. On le savait
déjà. Et Gwendoline Dos Santos, fichée au grand banditisme, recherchée par
Interpol. J 'attends un appel de la CIA.
Non.
Eh ben non.
En revanche, elle est connue au stup de Marseille. C 'était la copine d 'un
dealer, Mathieu Bidart. Un chipeux genre petite frappe, elle l 'aidait à vendre
cadeaux. Et ça date de quand, toi ? Six ans.
Six ans.
Et après, elle a changé de vie.
Existe le cannabis, bonjour le légume bio. Remarquez, on reste dans la
Dites -moi, rien ne vous amuse, vous, ce matin ? Rien ne vous agace.
Non, non, j 'essaye de rester un peu concentrée.
C 'est quand même intéressant, cette reconversion. Ça prendrait le coup de
demander pourquoi.
Je dirais, vous, que c 'est ce que j 'ai fait dès potre en minet.
Très tôt ce matin.
J 'avais compris, merci.
Et alors ? Elle n 'était pas là.
Mais son frère Dominique m 'a dit que ça lui arrivait souvent de partir sur un
coup de tête.
Alors, j 'ai eu une idée.
Mathieu Dard.
Monsieur Vidard, justement on parlait de vous.
Enchantée. Si je vous dis Gwendoline dos Santos ? Je vous réponds, je ne connais
pas, je ne sais pas ce que vous couchez.
Comment vous gagnez vos dix ? RSA.
RSA, raquettes, stupes ? Arnaques.
C 'est avec le monde républicain que vous payez des montres à 10 000 balles ?
Ah, c 'est vrai qu 'elle est très jolie. Merci.
Maintenant vous nous répondez sérieusement ou on s 'intéresse de près
train de vie ? On épluche vos comptes, on perquisitionne votre campus.
Bref, on vous pourrit la vie.
Gwendoline a débarqué chez moi, elle devait avoir 18 ans, elle venait de s
'embrouiller avec ses parents, elle en avait marre d 'eux.
C 'est un sacré tempérament, la petite, un volcan.
Une coucheuse, l 'autre glacée.
Tu sais jamais si elle va hurler ou te dire qu 'elle t 'aime.
C 'était quoi, les embrouilles avec ses parents ? Que j 'en sais.
Faites un effort, ne me cherchez pas.
Donc ? Je sais pas.
Une histoire de cul, d 'après ce que j 'ai cru comprendre.
Encore ? Non.
C 'est un jour, Martigues.
Une histoire que n 'ont pas accepté ses parents ? Oui.
Non. Je ne sais plus.
Je vous jure.
Le bon Dieu me fout droit si je mens.
Vous croyez en Dieu, vous ? Oui, s 'il me fout droit.
Et alors ? La sympathie, je l 'ai prise sous mon aile. C 'est devenu ma meuf.
Quand elle veut, la Gwendole te mettrait le feu à la garigue.
C 'est joli, on dirait du pagnol.
Vous entendez ça, Jean -Sac ? M.
Vidard s 'est comporté en bienfaiteur de la jeunesse en Beyrouth.
C 'est l 'abbé Pierre du pétard.
Oui, la vérité, c 'est que Gwendoline vous aidait à dîner, point barre.
Les stups de Marseille nous ont fait un topo.
C 'est vrai, c 'était mon business avant, mais c 'est fini tout ça.
Bah, c 'est la crise, hein.
Et comment s 'est terminée votre belle aventure ? Brutalement.
Merci d 'être venu, Dominique.
Tu m 'appelles petite sœur Jacourt.
Il est où le petit emporé qui t 'a cogné ? Je veux juste que tu me ramènes à
Marthe.
J 'ai les parents.
Ils vont être fous de joie. Non, avec toi.
Tu devrais travailler dans mon amap.
Regarde -toi, t 'as rien d 'une belle dame. Aide -moi, Dominique.
C 'est qui, lui ? Tu fais pas les présentations ? Si, si.
Dominique, mon frère.
Qu 'est -ce qu 'il te veut ? Je crois que je vais repartir à Martigues.
Avec ce clown ? C 'est quoi ce connerie ? J 'ai besoin de toi moi aussi. Pour
vendre ta saloperie ? Moi j 'en ai marre, je me tire.
Tu restes ! Je lâche ! Faut que t 'as tes affaires, gamin. Faut que t 'es
Mais qui est Vandaline ? Cloison nasale déviée, deux mois d 'hosto, et elle, je
ne l 'ai plus jamais revue. Vous ne l 'aviez pas volée, non ? Elle a un truc
bizarre dans sa tête cette fille, moi je vous le dis.
Pour moi, le cœur du problème, c 'est ces deux familles.
Dans le temps, il y a eu une histoire passionnelle entre les Dos Santos et les
Saint -Florent. Il y a 7 ans, il se passe quelque chose d 'assez violent
que Gwendoline se fâche définitivement avec son père. Oui ? Et quel est le
rapport avec le meurtre de Pierre Saint -Florent ? Qui pouvait lui en vouloir ?
Gwendoline ? Ils étaient peut -être amants ? Non, il était marié. Bon, ça n
'empêche rien.
Il y a plein d 'hommes mariés qui ont des aventures avec des jolies filles.
Ça ne vous est jamais arrivé, vous, avant votre divorce ? Je ne vous
pas. Je ne vous parle pas de moi.
Puis dis -donc, on n 'a jamais eu d 'aventure, que je sache. Mettons, Pierre
Gwendoline ont été amants.
Si ce n 'est pas elle qui ? Un autre amant ? Un jaloux ? Bidart ? Bidart, je
'y crois pas.
Puis pour lui, elle multipliait les conquêtes. Alors pourquoi tu es celui
pas un autre ? On n 'avance pas, Elisabeth.
On n 'avance pas.
Non, on n 'avance pas.
Monsieur Dos Santos ? Oui.
Dominique Dos Santos ? Oui, c 'est moi, oui.
Bonjour. Bonjour.
Elisabeth Richard, procureure de la République.
Ils sont beaux, vos légumes.
Oui, on en mangerait. C 'est fait pour.
100 % bio.
Je peux.
Faites.
J 'en prendrais bien quelques -uns, moi, pour l 'instant.
Il aime les légumes, votre fille ? Disons qu 'il n 'a pas trop le choix.
Ah oui, je me disais aussi.
J 'imagine que ce n 'est pas pour me parler de votre régime que vous êtes là
Non.
Plutôt pour parler de vous et de votre sœur.
On travaille ici, non ? 14 heures par jour.
Qu 'est -ce qu 'il faut ? Enfin, pas tous les jours, parce que je suis venu
fois, et deux fois, elle n 'était pas là. Elle t 'enlève raison, là.
Ça rapporte, le bio ? Mais bon, moi, on arrive à se faire l 'équivalent d 'un
RSA chacun.
Oui. Et vous savez pourquoi elle a fui de chez vos parents, à l 'époque ? Elle
'engueulait avec mon père.
Pour quelle raison ? Disons que loin de lui, il a du caractère.
Une battante.
Mon père également, ça a grippé.
Et on nous a parlé de... Comment peut -on dire ? De...
D 'une liaison que vos parents n 'auraient pas acceptée ? Vous racontez
Ah oui, vraiment ? Ce sont des choses qui ne vous concernent pas.
Vous inquiétez sur la mort de Père Saint -Florent, pas sur le passé de ma sœur.
Et si les deux étaient liés ? Vous mettrez quand même un kilo de pêche ?
? Un kilo de pêche.
Ça tiendra bien une semaine, le temps qu 'on trouve l 'assassin. Et quand votre
sœur reviendra, vous lui dites de m 'appeler.
C 'est important.
Oh, c 'est pas vrai encore, toi ? Je t 'ai déjà dit que ça m 'intéressait pas.
Pourtant, c 'était un bon plan sans risque, hein ? Juste une petite
tranquille, là.
Allez, laisse -moi t 'en toucher encore un mot, Simon, s 'il te plaît.
Hein ? Ok, tu rentres.
C 'est seulement pour boire un jaune.
Pareil, si tu veux pas l 'entendre.
Ok. Ouais.
Allez, bois.
À la vie. À l 'amour.
T 'attends quelqu 'un ?
Je vais voir. T 'inquiète, je me fais discrèche.
à m 'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi et regarder les gens tant qu
y en a,
te parler du bon temps qui est mort ou qui reviendra en serrant dans ma main
petits doigts, puis donner à bouffer à des pigeons idiots leur filer des coups
de pied pour de faux, et entendre ton rire qui les arde les murs, qui sait
surtout guérir mes blessures, te raconter un peu comment j 'étais minot
bec fabuleux,
Compliqué chez le marchand, car un sac est minto, caramel à un franc, et
gagnant.
Pas marcher sous la pluie, cinq minutes avec toi, et regarder la vie tant qu 'il
y en a.
Te raconter la terre en te bouffant des yeux.
Un petit coup de main ?
Est -ce que vous me voulez ? Vous aider ? J 'ai besoin de personne.
Surquête sur la mort de Pierre Saint -Florent.
C 'est les gendarmes.
Vous ne direz pas ? Vous n 'avez pas la panoplie ? Non, je supporte mal l
'uniforme. Vous connaissiez Pierre ? Comme ça.
C 'est avec Simon Chastain au moment du meurtre que vous voulez savoir.
C 'est mon amant qui vous intéresse ? Oui.
Écoutez, je vais vous parler cash pour reprendre les mots de votre ami
Je sais qu 'il y a eu quelque chose de grave entre vos parents et les Saint
-Florent et qu 'ils se haïssent toujours.
Et je pense que vous connaissez beaucoup mieux Pierre que comme ça, comme vous
dites. J 'étais à l 'église.
Vous avez eu une aventure avec lui ? Je comprends.
C 'est pour ça que vous êtes lâché avec votre père ? Je le ferai, Gwendoline.
Je suis têtu et quoi qu 'il arrive, je le ferai.
Tiens.
La rivalité, bien pire, oui.
Magnifique.
La véritable haine des Dos Santos pour les Saint -Florent a une origine
passionnelle. Ah oui, mais ça, je le savais, merci.
Ah bon ? Par qui ? Bah, si elle le couvre.
Ah, mais rentable, celui -là.
Et vous savez sans doute pas tout.
Oui, mais je sens que je vais bientôt l 'apprendre.
Noémie Dos Santos a longtemps été la maîtresse de Jean -Charles Saint
Il était fou d 'elle.
Il faut dire qu 'elle était craquante.
Ah oui.
Et elle s 'est finalement mariée avec Francis Dos Santos.
Mais ça ne s 'arrête pas là.
C 'est -à -dire ? Une fois mariée, elle a, disons, continué avec Jean -Charles.
Mais lui aussi était marié. Et sa femme s 'est suicidée.
Par des espoirs amoureux, certainement.
Ah d 'accord.
Alors bien sûr, ils ont rompu. Mais Francis Dos Santos a conçu une haine
définitive envers Jean -Charles.
Nguyen qui n 'a jamais cessé d 'ailleurs. En même temps, je comprends
Merci, merci, merci, oh là là.
Magnifique.
Et pourquoi Francis Dos Santos en veut tant à sa fille, à moins que ce soit sa
fille qui en veuille au père ? Ça, madame le procureur. Là,
là, là, procureur. Si vous y tenez. Ah oui, oui, j 'y tiens, oui.
Il faut demander à Guanolin ou à son père.
On n 'a jamais su.
Tenez, là, avec le bain de cassis.
Ça passe mieux que bien.
Et qu 'est -ce qu 'il faut manger là -dedans ? Uniquement l 'orange.
Avec les doigts ? Oui.
Voilà. En questionnant les témoins, qu 'on récolte les oursins.
Encore faut -il savoir les cuisiner.
Ça pique, ces petites bêtes.
Je comprends mieux l 'animosité entre les deux familles, maintenant.
Le suicide de la mère de Pierre, c 'est terrible.
Je me demande comment il a vécu tout ça.
Ouais, Wendeline aussi.
Elle porte quelque chose de lourd, cette gamine.
Deux enfants qui ont vécu le même drame peuvent -ils s 'aimer malgré les
interdits ? C 'est peut -être ça le vrai secret de famille, Paul.
Ouais.
On a retrouvé la balle qui lui a traversé le cœur.
Angle du tir à vérifier, mais il semblerait qu 'il était plus grand que l
'habitude.
Ah, et le calibre est du 357 Magnum.
Merci Alice.
Je t 'en prie.
On raconte ça un jour pour elle.
C 'est son coéquipier qui a découvert le corps.
C 'est Tourange, c 'est ça ? Affirmatif, ouais. Vous l 'avez trouvé à quelle
heure, monsieur ? Il va être dans les 8h, on va s 'y aller chercher comme tous
les matins.
Putain, je comprends pas.
Pourquoi tu n 'es pas un mec comme ça ? Ah oui, mais on tue aussi des gens comme
ça.
Il est allé ? C 'était la capitaine du port.
Lundi matin, le seul bateau qui était signalé sur la zone où on a retrouvé le
corps de Pierre -François Florent et le chalut de Simon Chastain.
Non, je n 'étais pas avec Simon lundi. Ça m 'a étonné, mais il m 'a dit qu 'on
ne travaillerait pas ce jour -là puisqu 'il avait tout un tas de trucs à régler
à Marseille.
Du coup, j 'en ai profité pour aller chez ma mère et j 'ai dormi là -bas
dimanche soir.
Il habite où, votre mère ? La Puy -l 'Oubier.
C 'est près d 'Aix.
Pas un endroit à la con pour un rendez -vous.
Alors, t 'as mon fric ? J 'ai tout vu.
T 'as pas le choix, je... Faut que tu craches au bassinet, sinon, pour un
meurtre, c 'est 20 ans de placard, mon petit bonhomme.
Très bien.
Je t 'embrasse.
C 'était qui ? Ça avance, ça avance.
En vous, vous jouez au quart.
Ça ? Ah non, ça fait un tarot de Marseille.
C 'est la patronne de l 'hôtel qui m 'a fait une petite démonstration.
Je vous fais un tirage ? Bon, après tout, je patrouille tellement dans cette
enquête, pourquoi pas ? Alors, vous coupez.
Mais non, mais non, Nigo, de la main gauche. La droite, ça porte malheur. Ah,
pardon. Nigo, pas très affectueux.
C 'est vrai.
Excusez -moi.
Voilà. Vous tirez quatre cartes et vous vous posez une question.
Est -ce que... Non, intérieur, la question bêta, intérieur, je ne veux pas
connaître.
Bêta, ce n 'est pas beaucoup mieux.
Ça y est, la question ? C 'est bon.
Voilà, alors la réponse.
Ça, c 'est bien.
Ah, ça, c 'est très, très bien. Très, très bien, parce que la dernière carte
vous avez tirée, c 'est le chariot, et le chariot, c 'est très bénéfique. Donc,
la réponse à votre question, normalement, c 'est oui.
Génial. On part quand ?
C 'était quoi la question ? Un week -end à Venise, vous et moi, tous les deux,
ensemble.
À Venise ? Vous êtes sûr que vous préférez pas la baie d 'Along ? Dites
plutôt si vous avez vérifié la libye de Touranche.
Je vois.
Qu 'est -ce que vous voyez ? Rien. Il a bien dormi chez sa mère à Puy -du -Bier,
dimanche soir, et il est rentré lundi après -midi.
Ce qui nous fait un suspens.
Un week -end annulé.
Oui, Lourdeau.
Bordeaux, pardon.
D 'accord.
Très bien.
Justement, on a rendez -vous dans la baie d 'Along.
Madame la procureure, mon commandant, lieutenant, comme toutes, oui.
L 'espace, en fait.
Mon équipe a analysé le bateau de Chastain. On y a retrouvé des fragments
tenue isotherme et des squames humains, notamment sur le bastingage bâbord.
L 'analyse ADN a confirmé qu 'ils appartenaient à Pierre Saint -Florent.
donc été blessé à bord de ce bateau.
Donc, Chastain a pu tuer Saint -Florent.
Sauf si on lui a emprunté son bateau. Ça, je le ferais facilement. On n
'emprunte pas un bateau de pêche comme ça. C 'est pas un vélo.
Et vous avez trouvé quoi comme autre ADN à bord ? Seulement celle de Pierre
Saint -Florent, de Simon Chastain et de son équipier Didier Tourange.
Merci Anaïs. Avec plaisir.
Merci, merci, merci.
Merci lieutenant.
C 'est vous qui avez voulu collaborer avec elle ou c 'est un pur hasard ? Vous
'avez pas vu ça dans vos tarots ? J 'espère qu 'elle est compétente au
Elle l 'est.
Elle doit avoir toutes les vertus vu la façon dont vous la regardez.
Vous avez de beaux yeux quand vous êtes en colère.
Je ne suis pas en colère.
Vous avez de beaux yeux quand même.
On en est où ? Vous aviez raison.
Ça ne peut être que Chastain qui a tué Pierre.
Alors je vois la scène.
Vous savez où il plongeait. Il l 'attend sur son bateau.
Explication, bagarre, la tête de pierre heurte le bastingage, prix de panique,
Chastain balance à la mer.
Vous auriez pu écrire des romans policiers, ou des romans à l 'eau de
dépend.
Mais j 'y songe, Elisabeth, et j 'y songe. Encore que ça me paraît une
tout à fait probable des faits.
Mais il vous manque un élément, le mobile.
Pourquoi est -ce que Chastain et Saint -Florent se sont battus ? C 'est
certainement pas pour ces histoires de zones de pêche.
S 'ils aimaient la même femme, on sait que Chastain était violent.
Ça ne nous dit pas qui a tué Chastain.
Ça pourrait être Jean -Charles Saint -Florent.
Pour quel mobile ? Par vengeance, si Chastain a tué son fils.
Ou Dominique, le frère de Gwendoline. Il a déjà tiré d 'un mauvais pas avec
Vidard. Il a très bien pu récidiver.
Bien sûr que je savais pour ma soeur à Chastain.
Évidemment que je n 'approuvais pas.
Pourquoi ? Parce que ce n 'est pas elle.
Ils n 'ont rien à voir.
Ma petite soeur, c 'est une femme sensible, délicate.
Une petite chose fragile.
Une vraie romantique, mais qui a un faible pour les voyous.
Combien de fois on s 'est pris la tête à ce sujet, tous les deux ? Chastain,
lui, c 'était un bagarreur.
Un abruti avec les proutes apparentes.
Ah non, je l 'ai pas tué, non.
Et j 'ai un alibi.
Toi, Deligne savait ce que je pensais de lui. Que c 'était un petit pourri.
Il valait mille fois mieux que lui, mais j 'avais pas envie qu 'on s 'engueule,
surtout.
Et entre deux, y a rien eu, récemment ?
Vous dites pute, des insultes, des coups ? Par ma connaissance.
Mais je vous dis, je vous mets les pas dehors de l 'affaire.
Il n 'y a mieux pas.
Bon, je vais aller soigner mes légumes maintenant. J 'ai du travail.
Ah ouais ? On se reverra.
Gwendoline version femme délicate, petite chose fragile.
Alors que Bidart la voit comme une bombe sexuelle, moins.
On peut raisonnablement soupçonner Chastain du meurtre de Pierre Saint
Ça me paraît même une certitude.
Oui, mais sans aucune preuve.
Et d 'un autre côté, si on ignore encore le mobile du meurtre de Chastain, on a
des suspects.
Mais aucun lien avec les deux meurtres.
C 'est touchant la façon dont Dominique parlait de sa sœur, non ? Ouais.
Ça m 'intéresse de plus en plus, cette Gwendoline d 'Otantos.
En fait, tout tourne autour de cette fille.
Un peu comme la Terre tourne autour du Soleil.
C 'est un écho, ça ? Non, c 'est une déduction.
Mais peut -être que je poétise sans le savoir.
La Madame Jourdain du parquet.
Tenez.
Allô ? Quoi ? Merde.
On arrive, on arrive.
Qu 'est -ce qui se passe ? Le couvre s 'est fait descendre.
Dites -moi, ça n 'a plus rien d 'une petite ville tranquille ici, hein ?
Bye.
L 'amour a été instantané.
L 'impact, ça ne m 'étonne pas.
Qu 'il ne manquait pas d 'ennemis, les crocs.
Recel, chantage, envie de confiance.
Ce serait plus facile de chercher qui ne lui en voulait pas.
Jean -Tac.
Vous n 'aviez pas parlé d 'une partie de carte qui s 'était mal terminée ? Une
grosse perte dans un cercle privé ? Si, à Marseille, pourquoi ? On fait une
vengeance ? Allô ? D 'après nos renseignements, le couple a remboursé
'ombre. Ah oui ? Comment il a fait ? Il a touché une quinte -floche royale sur
une machine à sous au casino de Cary. 15 000 euros.
Les caissiers s 'en rappellent encore.
On peut éliminer la dette de jeu.
Pour la dette d 'honneur, avec le couvre, on peut se rhabiller.
Il reste le chantage.
C 'était sa spécialité.
Soit il en a trop dit, soit il en a trop vu.
On peut dire ça, ouais.
Café ? Non, merci.
C 'est toi que je viens voir.
C 'est génial, Philippe.
T 'as pas cessé de me soutenir depuis les obsèques.
C 'est bon d 'avoir un ami comme toi.
C 'est normal.
Je sais quelle femme tu es.
Je sais ce que t 'as fait, enduré, et je t 'admire vraiment.
T 'es gentil.
C 'est pas le mot que j 'emploierais, mais... Tu dirais quoi, alors ?
Je ne sais pas.
Je suis amoureux, par exemple.
Donc c 'est carrément une déclaration ? J 'aimerais être beaucoup plus qu 'un
ami pour toi, Catherine.
Avant, il y avait Pierre.
En fait, je n 'osais pas.
On n 'est pas en train de faire une bêtise.
Je pense à une bêtise de tomber amoureux.
Qu 'est -ce que tu veux qui arrive ? Je veux rendre heureuse toi et Pauline, je
te jure.
Tu le mérites.
Qu 'est -ce qui te passe ? Oh, doucement, eh ! J 'ai rien fait, moi ! J
marre d 'obtenir les infos au compte -gouttes.
Alors j 'ai opté pour un moyen plus radical, je vous place en garde à vue.
Je sais pas grand -chose, moi. Vous savez très bien pourquoi votre sœur et
parents ne vous parlent plus.
Moi, ça m 'intéresse.
C 'est une histoire qui ne me concerne pas.
C 'est pas à vous d 'en juger.
Remarquez -le.
Ok, c 'est bon.
Je vais vous dire ce que je sais.
Il y a un peu plus de suivant, ma sœur est tombée enceinte.
Elle a refusé de dire qui était le père.
Papa a doré gandoline, il en a été très martyri.
Nos relations se sont dégradées, ma soeur est partie.
Mon père a appris par un ami où elle était.
Il est allé la trouver.
Gwendoline. Qu 'est -ce que tu fais là ? Allez, tu viens avec moi, faut pas que
tu... Jamais, t 'es trop... T 'as honte de quoi ? Le fait qu 'il t 'a fait ce
petit, ça m 'est égal, je te pardonne.
Tout ce que je veux, c 'est voir cet enfant.
Je vais m 'en occuper, je vais l 'aimer.
Et puis tu vas revenir à la maison, tout recommencera comme avant. Allez. Mon
enfant ! Mais y a pas d 'enfant, papa ! Quoi ? Y en a plus, je l 'ai pas gardé !
Gwendoline.
Gwendoline, tu viens avec moi ! Non, je viendrai pas ! Qu 'est -ce que tu veux
qu 'on laisse le mec ?
Oh ! Non ! Tu dégages ! Ta gueule, c 'est ma fille. Ah ouais ? Moi, c 'est ma
meuf. Et range -toi, tu vas te blesser. Ah ouais.
Putain !
Papa
! Qu
'est -ce que c 'est, le Gwendoline ? Putain !
T 'es toujours la bienvenue chez nous.
C 'est chez toi.
Ça a été terrible pour mon père, mais ça n 'a jamais remis.
Je crois même qu 'il prend des médocs pour essayer de se vider la tête, mais
marche pas.
Ça fait qui le père du bébé ? Elle a jamais voulu me le dire.
Et votre père, il le fait ?
Je sais même pas de quoi vous me parlez.
Il faut leur dire, Francis.
De toute façon, ils finiront pas à le savoir. Je dirai rien, t 'entends ? On
des gens honnêtes. On n 'a rien fait de mal. On n 'a rien à faire ici.
C 'est Michel Lecoufre qui lui a dit le nom du père d 'enfant. Faut que tu te
poses, hein.
C 'est plus fort que toi.
Lecoufre est venu le voir un peu moins d 'un an après que Gwendoline ne parte d
'ici.
Tu veux vraiment savoir qui est le père du bébé de ta fille, Francis ?
Tu veux combien pour me le dire ?
Mais qui te parle d 'argent ? Avec toi, c 'est toujours une question d 'argent.
Tu vendrais ta mère pour ça.
Ma mère ? Je suis de la nasse.
Combien ? Disons que 4 000 ou 5 000 me dépanneraient bien.
Bon, allez, 10 000 et on n 'en parle plus.
Plus ?
Une petite Gatrion sus. Tu seras pas, non ? Tu la touches pas ! Oh, Francis...
Timide.
Tu les auras.
Ok.
Ok ! La réponse est là.
Et qu 'y avait -il dans l 'enveloppe ? Il y a
huit ans, Gwendoline a fait un stage de plongée avec Michel Gouffre.
Elle avait 17 ans.
Le couvre savait toutes les histoires des gens d 'ici.
Les amours, les haines, et nos
secrets.
Il a fait des photos, une aubaine pour lui, en se disant qu 'il pourrait sans
doute les monnayer un jour.
C 'était un joueur et il s 'arrangeait pour miser sur les uns.
Contre les autres.
Vas -y, voilà !
D 'abord la mère, après la fille, mais qu 'est -ce que vous leur trouvez assez
foutu, Saint -Florent ? Ta fille est comme toi ! Mais qu 'est -ce que vous
dans son nom de Dieu ? La mère de... Pardon.
Gwendoline a été la maîtresse de Pierre.
Gwendoline est tombée enceinte quand Pierre était marié avec Catherine.
Ma fille a jamais dit qui était le père.
On a compris quand on a découvert que c 'était un Saint -Florent.
C 'est le drame de ma vie.
Personne ne s 'en est remis.
Ça ne nous a marqués à jamais.
C 'est ma faute si ça arrive à ma fille, je le sais.
C 'est surtout la faute de ce salopard de Jean -Charles qui croit après.
Comment avez -vous cessé votre relation avec Jean -Charles Saint -Florent,
madame ?
En 1990.
Et Gwendoline est née en ? Deux ans après.
Gwendoline est ma fille, si c 'est la question.
Et elle n 'a jamais parlé ? Non, et ses relations se sont détériorées avec son
père. Elle est partie.
Et depuis, je... J 'arrête pas de ressentir mes fautes.
Je me dis que je suis en train de payer tout le mal que je leur ai fait.
Quand vous avez appris que c 'était Pierre qui avait mis votre fille
vous lui en avez voulu ? Ouais.
Mais si j 'avais voulu le tuer, ça serait déjà fait.
Je ne suis pas là.
Ce que je voulais, c 'était récupérer ma fille.
Occupée de son petit.
Elle n 'avait plus de petit.
Elle n 'a pas voulu revenir.
Elle avait trop honte qu 'elle disait.
Et moi, j 'étais prêt à tout pardonner.
Vous êtes dans ton bureau, Jean -Tac ? Oui, oui.
Paul, j 'ai un scoop.
Gwendoline vient de faire une demande de reconnaissance en maternité de la
petite Pauline Saint -Florent.
Je ne comprends plus rien. Elle n 'a pas avorté, Gwendoline ? Non, mais ça veut
surtout dire qu 'ils nous baladent tous depuis le début, oui. Je ne suis pas
rien, moi.
Oui, pardon, pardon.
Voilà, voilà la pièce manquante sur votre échiquier. Elle a 7 ans, elle t
'appelle Pauline.
Gwendoline est bien la mère de Pauline, c 'est vrai, oui.
Elle était enceinte et elle a voulu voir Pierre.
Il est allé à Marseille lui expliquer qu 'il l 'aimait pas, qu 'entre eux c
'était qu 'une aventure sans lendemain.
Mais pas pour elle.
Ça lui ressemblait à Pierre ? Il a été très marqué par le suicide de sa mère.
Il en a toujours voulu à son père et à Noemi Dos Santos.
Il a assimilé cette brève vision à un moment d 'égarement.
Gondoline est une très belle fille, tous les hommes tombent sous son charme.
Et comment elle a agi ? Elle voulait aborter, mais Pierre a refusé.
On partageait tous les deux ses valeurs, une même éducation très croyante.
A ma demande, il lui a proposé un compromis un peu à part.
Qu 'à la couche sous X, qu 'il reconnaisse l 'enfant.
Comment c 'est possible ça ? Je croyais que quand une femme a couché sous X,
elle abandonnait son enfant. Mais non, que depuis 2006.
Il y a eu un arrêt à la cour de cassation qui dit qu 'un père peut
son enfant et la mère rester anonyme. C 'est exactement ce qui s 'est passé.
Quand tout ça a été réglé, j 'ai divorcé, j 'ai obtenu une pension
Qu 'il a cessé de payer ? Il a eu des problèmes à cause de le couvre qu 'il a
fait chanter.
Il voulait rendre public sa liaison avec Gwendoline.
et le secret de la naissance de Pauline.
Quel fumier, celui -là.
Ça m 'était bien égal.
J 'avais Pauline, c 'était un bébé et une petite fille adorable.
Ça suffisait à mon bonheur.
Enfin l 'enfant que la nature n 'avait pas voulu me donner.
Et puis il y a un an, Gwendolyn est revenue et elle a commencé à tourner
de nous, à nous épier.
Alors je suis allée la trouver.
Tu me suis sans arrêt, tu veux quoi ? Ma fille. Ta fille ? Mais tu voulais
avorter, je te rappelle.
Si on t 'avait laissé faire, elle serait même pas de ce monde.
Elle a rien de toi.
Regarde -la, elle te retombe même pas.
Pauline est ma fille.
C 'est moi qui l 'ai élevée, c 'est moi qui l 'ai aimée. Et je t 'interdis de t
'approcher d 'elle, tu entends ? T 'as rien à m 'interdire.
Pierre m 'avait promis que je pourrais la récupérer quand je voudrais.
T 'étais soi -disant d 'accord.
Vous êtes de menteurs, mais vous me volerez pas ma fille.
Non, tu dégages dans ta voiture ou je te détruis.
Tu dégages ! Tu dégages ! Ça n 'a pas dû être facile pour elle.
Il est quand même un peu limite, ce Pierre Saint -Florent, non ? À mon avis,
réalité est plus contractée que ça.
Je vais en avoir le cœur net.
Bon, il faut que je passe à la gendarmerie, le lieutenant qui m 'a dit
On se retrouve après ? Après quoi ? Bah, après.
Ne vous inquiétez pas, Elisabeth.
J 'ai l 'air inquiète.
Sous -titres par Jérémy Diaz
Je suis contente de te voir.
Tu veux récupérer Pauline ? Elle est bien avec Catherine, une femme comme il
faut. Moi, je le puis pas.
Mais c 'est pas ce que je te dis.
Tu m 'avais promis, Pierre.
Oui, je t 'avais promis, mais... Pourquoi t 'avortes pas ? Tu me prends
'aime ma fille.
Moi aussi, je t 'ai... Je t 'ai... Tu m 'aimes plus ?
Alors on peut essayer.
T 'es libre maintenant, t 'as divorcé.
Et Pauline là -dedans, elle comprendrait pas.
Mais Pauline, elle est petite.
On lui expliquera, elle comprendra.
Mais il y a mon père.
Mon père, il me tuerait. Ton père, on s 'en fout.
Ton père et ma mère, ils se sont aimés.
Ils se sont aimés, ils s 'en foutaient de tout, ils s 'en foutaient des gens.
Nous aussi, on a le droit.
Je veux que tu m 'emmènes.
Je veux que tu m 'emmènes.
Laisse -moi un peu de temps, ok ? Laisse -moi juste un peu de temps.
Si je comprends bien, vous me demandez de briser le secret de la confession.
Oui, c 'est un peu ça, mon père. Mais il s 'agit de Pierre qui a été assassiné.
Alors pensez que vous aidez la justice des hommes en trahissant un tout petit
peu celle de Dieu.
Catherine était hantée par son désir d 'enfant. Et tous ses rapports avec
étaient calculés en fonction de ça.
Sans effet.
Et Lassé, il est allé voir ailleurs ? Même pas.
C 'est seulement quand on a annoncé à Catherine sa stérilité, et que par
elle a décidé de ne plus souffrir à lui, qu 'il a eu, entre guillemets, ce
moment d 'égarement avec Gwendoline.
Qu 'il a aussitôt regretté.
Enfin.
Qu 'il a regretté.
Moi, je crois qu 'il lui a un gros coup de cœur pour elle. Et qu 'il l 'a
vraiment aimée, cette petite.
Merci. Merci, mon père.
Intéressantes les infos du yacht Nankim ? Bon, vous avez l 'air tout chose.
Un peu, ouais.
Elle m 'a dit que le seul portable qui a été localisé au garage à bateau au
moment où Michel Lecouffre a été tué est celui de Jean -Charles Saint -Florent.
Quoi, le père de Pierre ? Et sur la balistique, elle vous a dit quelque
C 'est la même arme qui a tué les deux hommes.
Elle est compétente, finalement.
Qui ? Kim.
Comme quoi ? Quoi ? On peut être jolie et compétente. Comme vous.
Vous pensez ce que vous dites ? A votre avis.
Vous pouvez nous expliquer ?
C 'est Gwendoline qui a voulu me parler.
Gwendoline, il ne faut plus que tu tournes autour de Pauline. Il faut que
laisses tranquille.
Mais c 'est ma fille.
Depuis que je suis revenue, je la vois presque tous les jours.
C 'est insupportable de ne pas la serrer dans mes bras, de ne pas l 'embrasser,
de ne pas lui dire qu 'elle est ma fille. Elle ne le fait pas.
Pour elle, sa mère, c 'est Catherine.
Il ne faut pas déstabiliser une fille comme ça. Ce n 'est pas bien.
Est -ce que vous croyez que ça ne m 'a pas déstabilisé, votre histoire de cul
avec ma mère ? Ça, c 'était autre chose. Ce n 'était pas une histoire de cul.
C 'était une histoire d 'amour sublime avec ta mère, la plus belle de ma vie.
Malheureusement, il y avait ma femme, il y avait ton père.
Moi, j 'aimais Pierre.
Mais il y avait Simon.
Simon Chastain.
C 'est lui qui a tué votre fils.
Quoi ? C 'est lui qui l 'a tué.
Il était violent, jaloux.
Il ne supportait pas que je ne vive que pour Pierre.
Il ne supportait pas qu 'il me manque à ce point. Il ne supportait pas que je
pense à lui jour et nuit.
Même pendant l 'amour.
Chastain.
C 'est lui.
Je leur tire.
Tu vas me conduire chez lui.
Non. Je te l 'ordonne.
Mon père est l 'enfant que tu as porté.
Tu vas me conduire chez lui.
Je te l 'ordonne.
D 'accord.
Mais si je récupère ma fille. C 'est pas ta fille. Si c 'est ma fille, vous le
savez très bien.
Je vous aiderai, mais je la veux.
Je vous en supplie.
Vous avez mangé votre fils ? Oui.
J 'ai piégé Gwendoline.
Je savais que Chastain lui ouvrirait sans se méfier.
Je me suis posté juste derrière elle et j 'ai tiré.
Elle le couvre.
C 'est vous aussi ? Le témoin ? Oui.
Témoin gênant ? C 'est lui qui a voulu vous rencontrer ? Non, c 'est moi.
Il voulait me faire chanter, moi.
Oui, moi, au passé, ça me faisait ni chaud ni froid.
T 'es dur de la feuille, vieux ? Je t 'ai demandé d 'abouler la soudure. T
'auras rien, le couffre. Ok.
Tu préfères finir en taule ? J 'en ai rien à foutre d 'aller en taule. T 'es
'une merde, le couffre. C 'est toi, la merde. Si tu te fais pas taper la jolie
petite Noémie, rien ne serait arrivé.
On va dire qu 'elle était gironde, la garce.
Sinon, à part un meurtre, c 'est 20 ans de placard, mon petit bonhomme.
J 'ai tiré de son regret.
Comme on le tuera.
Venez.
Catherine a téléphoné, Pauline a disparu.
Elle n 'est pas rentrée de l 'école.
Elle
est
partie depuis quand ? Une bonne heure.
Et elle ne t 'a rien dit ? Au début, je n 'ai pas compris, puis j 'ai vu qu
'elle avait oublié ça.
Elle a dit qu 'elle allait rejoindre Pierre.
Pauline, c 'est tous des méchants.
Les gentils, c 'est nous, c 'est moi.
Moi, je suis ta maman.
Non, je suis pas toi, ma maman.
Allez, viens avec maman. Viens avec maman, chérie.
C 'est pas toi. C 'est pas toi, ma maman.
Mon papa, il nous attend. Non. Il nous attend. On va être heureux tous les
trois. Non.
Elle est là.
Elle est seule, non ?
Merde ! Mais elle est où la gamine ? Qu 'est -ce qu 'elle en a fait ?
Gwendoline ! Gwendoline ! Merde !
Qu 'est -ce qu 'elle fait là ? Gwendoline !
Mais Pauline ! Où est -elle ?
Elle est où la petite ? Elle est où, elle est
où votre petite fille ? Elle est où ? Wendeline, elle est où votre petite
? Je ne sais pas.
Pauline ! Parlez -moi,
parlez -moi Wendeline, parlez -moi.
Pierre. Oui.
Pierre, c 'est l 'amour de ma vie.
Le seul homme que j 'ai aimé.
Mais la dernière fois que je l 'ai vu, il n 'a pas été gentil avec moi.
Allez.
Ça va aller.
Oh non.
Pauline ! Pauline ! Ta maman nous attend.
Elle fait du souci, tu sais. Elle vient.
Ma maman ? Oui, ta maman. Pas la mienne.
Elle vient.
Et Catherine, vous n 'avez pas pu lui parler ? Vous n 'avez pas réussi à vous
entendre ? Non.
Elle, je ne l 'aime pas.
Elle m 'a volé Pauline.
Je n 'ai pas supporté Yann, moi, quand elle fêtait son anniversaire.
Pourquoi Chastain a tué Pierre ? Pour vous ? Je ne sais même pas ce qu 'on
faisait ensemble.
Il a rempli le vide.
Il était fou de moi, il m 'avait dans la peau.
Il savait que j 'étais folle de Pierre et il ne le supportait pas.
Il a attendu à Sainte -Croix, soi -disant, pour lui parler de la garde de
Pauline, mais... ça a mal tourné.
Pierre a pris un mauvais coup et...
Il a perdu connaissance.
Simon a paniqué.
Il a jeté son corps dans la mer pour faire croire à une noyade.
Il m 'a avoué tout ça.
Je vais vous faire aider, Gwendolyn.
Vous voulez bien qu 'on s 'occupe de vous.
Comme je m 'occupais bien de ma pompée.
Vous savez comment elle s 'appelle, ma poupée ? Pouline.
Pour filer des coups de pied pour de faux Et entendre ton rire qui les arde
murs Qui sait surtout guérir mes blessures Te raconter un peu comment j
minot Les bons becs fabuleux Compliquer c 'est le marchand Car en sac et
minto Caramel à un franc Et les bistrins
gagnent
Et la petite Pauline dans tout ça ? Le mieux, ce serait qu 'elle reste avec
Catherine.
C 'est elle qui l 'a élevée, non ? Tenez, regardez.
Elle a l 'air heureuse.
Pauline ? Tout le monde a le droit au bonheur ? Non ?
Songez au soleil de Martigues, Paul, et une
pomme. Il a croqué.
Joli projet au départ de Martigues et de la pomme se délecter.
Vous avez reçu une bonne nouvelle ? Jolie.
Très jolie votre haïku.
Il n 'y a qu 'une réponse que vous m 'avez inspirée.
Élisabeth, vous avez raison.
Tout le monde a droit au bonheur.
Et le mien n 'ira pas sans le vôtre. C 'est un haïku ? Non.
C 'est une déclaration.
Parce que là, vous avez loupé le train.
Merci, Lourdeau.
C 'est Bourdeau, moi. Non, là, c 'est Lourdeau.
Soyez pas fâchés, Paul.
Ou vous soyez la pomme frappant la croque.
On va peut -être arrêter avec la poésie japonaise. Mais c 'est pas de la poésie.
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