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Franck Péry travaille au centre équestre des Brouillères appartenant aux sœurs
Fourcault. Il a perdu tout espoir de conquérir le cœur de Béatrice. La jeune
fille est amoureuse de Walter Picard, son instructeur d 'équitation, lui -même
très lié avec sa sœur Christine.
Il va être beau, ce poulain.
Ah oui.
Je suis bien heureuse pour Sultana.
Ici.
Viens.
Vous l 'aimez, votre jumeau?
Oui.
Je suis allée avec elle jusqu 'à Saint -Jacques -de -Compostelle.
Saint -Jacques -de -Compostelle ? Où est -ce ? En Espagne.
Terrible comme voyage. 1500 kilomètres. Et la traversée des Pyrénées.
Sans elle, je n 'y serais jamais arrivée.
Tous les soirs à l 'étape, elle venait m 'encourager.
Je l 'adore.
Elle avait l 'air de me dire, t 'en fais pas, va, on y arrivera quand même.
C 'est exactement ce que me dit Sirius.
Mais c 'est impossible.
Regardez.
Qu 'est -ce que vous voulez que je vous dise ? C 'est incroyable.
J 'ai cru que vous étiez d 'accord.
Sinon, jamais je n 'aurais rédigé ce projet.
Mais non, non, non.
J 'ignorais tout.
Mais comptez sur moi, je vais m 'en expliquer avec Weber.
Mademoiselle ! Vite, il y a un malheur. Qu 'est -ce qu 'il y a encore ? C 'est
super là. Super.
Excusez -moi, nous reparlerons de tout ça jeudi.
Elle s 'est enfoncée accrochée dans le crâne.
On ne sait pas comment.
Ça a dû se passer cette nuit.
Oh mon Dieu, c 'est horrible.
Walter, regarde.
Voilà.
Bon, il faut prévenir Michaud tout de suite.
Michaud, il a tellement de travail.
Je vais le chercher.
Oui, ma belle, ça va.
Elle
s
'est bien arrangée. L 'os s 'est effondré, l 'encéphale est atteinte.
Elle est perdue.
Vous avez vu la longueur de la mèche que je lui ai enfoncée dans le crâne ? Je
sais que vous y tenez, mademoiselle, mais... Je suis désolé, il n 'y a rien à
faire. Il faudra la battre.
Jamais.
Soignez -la, docteur, je vous en prie.
Combien de chances a -t -elle de s 'en tirer ? Une sur cent.
Soignez -la.
Nous allons la faire souffrir inutilement, je vous assure. Soignez
Je vais rester près d 'elle.
Je coucherai là s 'il le faut.
Mais je veux la sauver.
T 'en fais pas, monsieur Tannin, t 'en fais pas. Ta maîtresse t 'abandonne pas.
On s 'en sortira, va, ma belle.
On s 'en sortira.
Écoutez, je veux bien tenter un traitement, mais je crains que ça n
grand -chose.
Allons, viens.
Allons.
Allons, viens.
Bon, eh bien, je reviendrai ce soir.
S 'il arrivait quelque chose à Sultana, je ne m 'en consolerais pas.
Il le fallait, Chris.
Mais ne reste pas ici, allons, viens. Je sais ce que tu ressens, ma chérie, mais
c 'était bien pire demain quand elle aurait commencé à souffrir.
Non, non, je voulais l 'assommer. Non, Mich, on n 'a pas osé te le dire, mais
n 'y avait aucune chance.
Je t 'en supplie, sois courageuse.
Tu peux tellement avoir de courage quand tu le veux.
Allons.
Beatrice, accompagnez votre soeur et restez avec elle.
Elle a très mal.
J 'ai très mal aussi pour elle.
Allô, je suis bien chez le geyser ? Passez -moi Noblet, s 'il vous plaît.
Allô, Noblet ? Oui, c 'est Walter Picard.
Oui, bonjour.
Dites -moi, j 'ai un cheval à faire enlever.
Non, non, non, pas de maladie, non.
Un accident.
Oui, j 'ai dû l 'abattre.
Oui.
Vous ne pourriez pas venir un peu plus tard ? Oui, j 'aimerais que ça se fasse
le plus discrètement possible.
Oui, c 'était le cheval personnel de Mlle Fourcault.
Je ne voudrais pas qu 'elle assiste à ça.
Bravo. Le travail.
Voilà comment il faut réagir.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Ah oui, j 'avais oublié de t 'en parler.
J 'ai demandé à Maître Gaillon de rédiger un projet pour l 'achat des
Encore les consignes ? Ben quoi ? C 'est une mauvaise affaire ? Le père Mathias
a baissé ses prix. C 'est pas ce que tu souhaitais ? La question n 'est pas là.
J 'aimerais que tu n 'entreprendes aucune démarche sans me prévenir.
Tu es bien formaliste. De quoi ai -je l 'air, monsieur le maître Gaillon ? Bon,
enfin, nous étions avant -hier devant chez lui.
Béatrice, en ce qui la concerne, semblait d 'accord. Ça s 'est fait comme
Écoute, Walter.
Il y a un malaise.
Tu as toujours essayé de m 'imposer tes façons de voir.
Et quand tu n 'y parviens pas, froidement, tu cherches à contrer mes
en sous -main.
Il n 'y a donc pas de changement ? Si.
Il y a un changement.
Maintenant, tu ne te donnes même plus la peine de me consulter.
Tu agis comme si je n 'existais pas.
Tu m 'effaces.
Je t 'efface.
Ma pauvre Christine.
Si je ne t 'effaçais pas, tu t 'effacerais de toi -même. C 'est ton
de t 'effacer.
Tu te donnes beaucoup de mal pour être une femme d 'affaires, alors que tu n
qu 'une femme.
Et qu 'au plus profond de toi, tu ne désires pas être autre chose.
Je n 'ai jamais beaucoup aimé ton insolence, Walter.
Mais ton mépris, je ne le supporte pas du tout.
Prends bien garde que je ne m 'en fatigue.
Ne monte pas sur tes grands chevaux dont tu redescendras aussitôt que je t
'aurai menacé de partir.
Autre que cette scène est ridicule, elle est usée.
Moi aussi, il y a des choses qui me fatiguent.
J 'ai peut -être certaines faiblesses.
Ne t 'en excuse pas, c 'est ce que tu as de meilleur.
Pour toi.
Mais ne compte pas trop sur elle.
C 'est moi qui devrais être le maître de ce domaine.
Nous sommes nés ici tous les deux.
Mais toi, tu es la fille du propriétaire. Tu n 'as aucun titre pour
Moi, je suis le fils de ces arbres, de ces prés, de cette maison.
C 'est eux qui m 'ont formé peu à peu, jour après jour.
Ta sœur et toi, vous avez été en pension pendant des années.
Moi, j 'étais là.
Jamais je ne suis parti.
Pas une minute.
Ces arbres, ces pierres n 'ont cessé de me parler, de me faire.
J 'ai pour ce domaine un amour immense.
Et j 'en comprends l 'âme mieux que personne.
Qu 'est -ce qui m 'échappe donc de l 'âme des bruyères ? Christine, quand je
vois discuter avec les comités d 'entreprise pour amener ici des pleins
'ouvriers, j 'ai honte.
Pour une terre aristocratique, telle que celle -ci.
La vulgarité, c 'est la foudre.
Ce domaine est plein de choses sacrées, rares, précieuses.
Il déborde d 'histoires, de souvenirs.
C 'est une terre de seigneurs.
Et il me semble quelquefois que c 'est moi qui en ai recueilli toute la race.
Il y a moyen pour tout arranger.
Tu le connais, nous en avons parlé assez souvent.
Si tu te sens le maître prédestiné des bruyères, eh bien, Marion, à ce moment
-là, je m 'effacerai volontiers. Ce sera plus normal.
Non.
Pourquoi ? Tu sais mon invincible répulsion pour le mariage.
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