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Le tien, il joue au tennis ? Il ne connaît que le 421.
Nous sommes dans une capitale du Moyen-Orient,
C'est ici, aux frontières du monde occidental,
que les diplomates sont le plus diplomates,
c'est-à -dire le plus mystérieux.
C'est ici que les affaires étrangères sont d'étranges affaires,
oĂą la politesse est exquise
et le savoir-vivre parfois voisin du savoir mourir.
Ici, où la guerre froide se joue par 40° à l'ombre,
une partie de tennis se dispute.
Mais s'agit-il bien d'une manifestation sportive
oĂą des fonctionnaires se renvoient la balle avec nonchalance ?
Ici, comme partout,
des hommes aux nerfs d'acier œuvrent inlassablement
pour défendre les intérêts des puissances rivales.
Mêlés à d'innocents comparses, fréquentant les réunions mondaines,
ces hommes se surveillent,
attentifs à une partie dont l'enjeu est le sort de l'humanité.
*5e set.
L'Américain Wamer mène toujours par 5/4.
Le Russe Gourdine tente d'égaliser. Il mène le jeu par 15/30.
30 partout.
Applaudissements.
40/30.
La balle de match est à l'Américain Warner.
Jeu, set et partie.
Wamer bat Gourdine par 6/2, 4/6, 5/7, 6/3 et 6/4,
remportant ainsi pour la 3e année consécutive
le match final de la 11e coupe d'amateurs
des attachés d'ambassade d'Ankara.
Ils partent anglais.
Ils partent anglais.
Mike, vous connaissez Stéphane Sérail ?
Si je connais Stéph ?
Chaque fois que je me suis frotté au 2e Bureau, il rappliquait.
Tu te rappelles les danseuses de Marrakech ? C'était 1956 ?
Non. En 1958. Quelle mémoire.
M. Sérail ne fait plus partie du 2e Bureau.
Je suis chef de brigade au service de sécurité de l'Otan.
T'es un garçon sérieux. Boulot, boulot.
Méfiance, méfiance.
Très sérieux.
C'est pourquoi je suis venu de Washington pour le voir boxer.
Vous plaisantez, chef ?
Stéphane est plutôt le genre intellectuel.
C'est vrai. Il le dit.
Il parle anglais.
You're the boss.
T'es d'accord, Stéph ?
Puisque c'est un ordre…
Bonjour.
Il va se faire esquinter, le pauvre.
Pas trop de mal, Stéph ? On fait un drôle de métier.
Ça marche pas mal du tout. Maintenant, le 2e round.
Vous plaisantez ?
Courage. En garde pour le 2e round,
Ă titre de revanche.
2e round.
C'est pas possible. Il ne tient plus debout.
Si, c'est possible.
Oh, je tiens debout. Je tiens debout, Mike.
Allez-y, messieurs. Et que le meilleur gagne.
Qu'est-ce qu'il a ? Il est malade ?
Tu as une droite formidable. J'aurais jamais cru.
Moi non plus, Mike.
Alors, de quoi s'agit-il ? D'une arme secrète ?
Monsieur Sérail,
passez-moi la bague, sil vous plaît,
Il y Ă toute une usine lĂ -dedans.
Le transistor microscopique émet des rayons
capables de neutraliser le système nerveux de l'ennemi.
La mallette, Ashley, sil vous plaît,
Évidemment, il y ale double-fond habituel.
Il faut simplement faire attention au réglage.
La puissance du rayon varie suivant la charge reçue.
Elle doit être placée dans son logement.
Cette mallette joue le rĂ´le d'un accumulateur : 4,1, 4,2, 4,3.
Elle est Ă 4,3. C'est la charge maximum.
Le rayon émis provoque une tétanisation de l'organisme.
Ils partent russe.
Il sifflote.
Avouez que c'est génial.
Avoue que c'est fabuleux.
Disons que c'est efficace.
Le génie qui a inventé cette merveille s'est fait kidnapper.
Où ça ? À Madrid, il y a 48 heures.
C'est ton service qui était chargé de sa surveillance ?
Oui. Le Dr Biebitz travaillait pour l'Otan.
Allemand ?
Oui. Le Dr Biebitz est venu passer des vacances Ă Madrid
chez un parent qui possède des usines là -bas.
C'est là que l'enlèvement a eu lieu.
Pourtant, nous avions pris toutes les précautions.
Mike, tu me connais. Oh oui.
Tu as son signalement ? Évidemment.
Taille : 1,70 m, cheveux châtains, yeux noisette, ovale rond,
mâchoire carrée,
cicatrice sur le bras droit, âge : 19 ans.
19 ans, et capable de mettre l'usine dans une bague,
ça ne court pas les rues.
Ă€ Moscou non plus.
Si le Dr Biebitz travaillait dans un laboratoire lĂ -bas,
il n'y aurait plus d'équilibre stratégique.
Ce que j'aime dans ce métier, c'est le côté sportif.
Le matin, tennis Ă Ankara,
et le soir, Madrid, chasse Ă l'homme.
Cri.
Buenos dias.
Le directeur attend M. Wamer Ă la villa.
Il parle russe.
Tu n'as aucune preuve que nos amis l'ont enlevé.
J'en avais repéré deux qui photographiaient la villa.
Tu les as identifiés ? Il y à avait Nicolas Van Dam.
Ah, Nicolas. Comment va-t-il ? C'est pas une lumière.
N'empêche qu'il t'a raflé le petit génie.
Ă€ coup de matraque, moi aussi, je sais le faire.
Qu'est-ce que t'as, à t'agiter comme ça ?
Tu me connais. J'ai l'œil à tout.
Méfiance, méfiance. T'as raison.
Je suis pas méfiant.
Je trouve tout le monde sympathique.
MĂŞme dans notre boulot, je connais des espions charmants.
Comment c'est, Madrid, ces jours-ci ?
C'est plein d'Américains. Il y a aussi des Espagnols.
Et les Espagnoles, toujours aussi volcaniques ?
Moi, quand je suis en service commandé,
c'est boulot, boulot.
Boulot, boulot. Méfiance, méfiance.
Mais le petit docteur, parti, parti.
C'est ça que tu cherchais ?
Un petit pourboire.
Tu vois que j'avais raison.
C'est le tonton du petit génie.
Accent allemand.
Maintenant que je vous vois, je reprends confiance.
Vous permettez ? Directeur Biebitz.
Je vous en prie.
C'est terrible.
Quelle catastrophe. C'est encore un enfant.
Reprenez-vous, monsieur Biebitz.
On va retrouver votre neveu.
J'ai une piste : votre chauffeur.
Manuel ?
Il aurait participé au kidnapping ? Impossible.
9 chances sur 10.
Il faut prévenir la police.
Non. Pour l'instant, je préférerais que vous n'en parliez pas.
Secret d'État. Oui, "secret d'État".
Mais la police, depuis l'enlèvement, elle garde la maison jour et nuit.
Il aurait fallu la garder avant.
Tu oublies que j'étais là . C'est vrai. J'oubliais.
Sa chambre, elle est lĂ , Ă droite.
Depuis la catastrophe,
on n'a touché à rien.
Tout est exactement comme avant...
La catastrophe. Oui, la catastrophe.
Comme vous auriez aimé notre petit Karl.
C'était un enfant très… Comment dit-on ? Très doué.
Tenez… Son violon.
Il en jouait divinement.
Nous avons toujours été très musiciens, dans notre famille.
Musiciens, poètes, service diplomatique,
élite industrielle.
Moi, j'ai été nommé directeur
Ă 32 ans.
Félicitations.
Et puis, la guerre.
À 34 ans, j'étais colonel dans l'armée de Pologne.
Et en Pologne,
vous faisiez des poèmes ou de la musique ?
La guerre, quel malheur. Je déteste la violence.
Et maintenant, cette catastrophe.
Mais dites donc.. Mais dites donc…
Qu'y a-t-il ? On m'avait caché ce violon.
Attention. C'est un stradivarius.
Stradivarius ou pas…
Ces arcades de style mauresque. Je les ai fait construire moi-mĂŞme.
J'aime l'Espagne et l'art espagnol.
J'apprécie.
Malheureusement, la police et l'art font mauvais ménage.
C'est ici même qu'ils me l'ont enlevé il y a 2 jours,
mon petit Karl.
Il faisait quoi, ici ?
Des expériences sur l'énergie "zolaire".
"Zolaire" ? Oui.
Je lui avais installé ce laboratoire.
Ici, la température lui convenait.
Il travaillait à une invention très importante pour la défense.
Mais chut, silence. Secret d’État,
Je vois que vous admirez mes fleurs du Japon.
Subtilia profundilis. Respirez, respirez.
C'est un parfum subtil et envoûtant.
Ton ami, Nicolas le Belge. Ne perds pas la mallette. J'y vais.
Coup de feu.
Xérès 23.
Le directeur Biebitz ne se prive de rien.
C'est le moment ou jamais.
Communiste, espion.
Venga ! Venga !
Communiste peut-ĂŞtre, mais drĂ´lement costaud.
Déjà là ? Comment t'as fait pour arriver si vite ?
En passant par Moscou, petit détour. Avion russe plus rapide.
Ils partent russe.
Cris.
AĂŻe !
Vous êtes touché, camarade Boris ?
Boris n'est jamais touché, camarade. Boris à la baraka, lui.
Zut. Ma chaussure est cassée.
Ça ne va pas ?
Méchants espions font gros bobos.
Accent américain. Mes bagages sont là ?
I'm C. Johnson O'Donnell. Business executive.
Oui. Une personne est venue il y a 15 min.
Il y avait une valise et une mallette.
Nina, je crois qu'on a gagné un gros whisky.
Elle parle espagnol.
Après, il y a eu Tony.
Mais il s'est marié. Et depuis, je suis libre.
Et j'aime la liberté.
Alors vous étiez prisonnière dans la boucherie.
Pardon ?
Depuis quand vous étiez prisonnière dans cette boucherie ?
Depuis ce matin. Et que voulaient ces types ?
Je ne sais pas. C'est sûrement une erreur.
Je travaille pour un coiffeur.
Chez Octavio. Près du Prado.
Moi, je ne me fais jamais faire de mise en plis.
Il y Ă un salon pour hommes. Je fais les shampoings pour hommes.
Je leur caresse la tête comme ça. Vous comprenez ?
C'est agréable. Vous viendrez ?
Peut-ĂŞtre.
Avant, j'étais à Rome. Je préférais.
Rome est une ville pour les femmes.
Mais je préfère New York,
Pour les femmes, il n'y a pas mieux.
Elles meurent Ă 90 ans, et les hommes, Ă 50.
À propos, vous êtes américain ?
Ça s'entend ?
J'ai de l'oreille, moi.
On est très musiciens, dans ma famille.
Votre nom, c'est comment ? C. Johnson O... Quoi ?
O'Donnell. Je suis représentant de viande congelée.
C'est la raison pour laquelle je faisais…
l'inspection de la boucherie.
Avec un revolver ?
Quand je vous ai entendue,
j'ai vu le revolver sur la table du bureau.
C'est un hasard heureux, non ?
Oui, très heureux.
Ce qui m'embĂŞte, c'est ma chaussure.
Je les ai achetées à Rome. Il faut trouver un cordonnier.
Il vaut mieux chercher un cordonnier
qu'un chirurgien.
"Un chirurgien" ? Mon Dieu. Vous croyez ?
C'était Un espion ?
Pas forcément. Il voulait sans doute vous épouser.
Moi, non. Je n'épouserai qu'un Américain.
Pour le tuer Ă 50 ans ?
Non. Ça me fait tourner la tête.
Señor Mike Wamer… Señor Mike Wamer…
Señor Mike Wamer.
Vous avez raison.
Il ne faut jamais se laisser tourner la tĂŞte.
Señor Mike Wamer…
Donne ça, petit. Merci.
Tu es lĂ , Mike ?
Il y à un message pour toi. Tu as déjà fait une connaissance.
Nina, une cousine. Elle cherche un mari américain.
Ah bon ? Bien, mademoiselle.
Je crois que je vais me faire raser. T'as raison, va te faire raser.
On se retrouve dans un quart d'heure.
À propos de cousine, je dois téléphoner à la mienne.
J'habite avec elle. Elle doit être inquiète.
Vous permettez ? Que fait-on après ?
On dîne ensemble ?
OK, mister Mike Wamer.
Il parle russe.
Elle parle espagnol.
La salle de bain
est par ici.
VoilĂ le lavabo.
C'est de l'humour anglo-saxon ?
Normalement, c'est du vitriol, sauf pour une jolie espionne.
Ma robe est foutue.
Une robe, ça se détache.
Oui. Si on l'enlève.
Je n'osais pas vous demander.
Osez donc faire quelque chose. Allez me chercher du lait.
J'aime les femmes qui ne perdent jamais le nord.
Mets ça dans le coffre et garde la clé.
Ça va ? Ça se présente bien.
Il faut se méfier. C'est ça.
Toi, tu te méfies, et moi, je m'occupe.
C'est du lait.
Radin.
On frappe Ă la porte. Entrez.
Il y a longtemps que je n'ai pas vu ça… Euh, ça.
Le lait est bon pour la soie et encore meilleur pour la peau.
Le téléphone sonne.
Qu'est-ce qu'on fait ? On répond ?
On ne répond pas.
Ça ne répond toujours pas.
Décidément, il ne se méfie pas assez.
Excuse me.
Monsieur est pressé ?
Il parle anglais.
Pressé, américain, et de surcroît cow-boy.
Va surveiller ton troupeau, Buffalo Bill
Vous me prenez peut-ĂŞtre pour un Indien.
Si Visage pâle veut la guerre, Visage pâle aura la guerre.
Il parle anglais.
Répétez. Répétez un peu pour voir.
What ?
"Les bons Indiens sont tous morts."
Vous l'avez dit.
Il parle anglais.
Raciste !
What ?
Géronimo !
Qui c'est, le plus fort ?
C'est moi. C'est Stéphane. C'est Stéphane.
Hop !
Perrette, talons plats et court vĂŞtue RĂŞvait au petit pot de lait
Tu connais la suite ? Oui.
Tant va la cruche Ă l'eau
Qu'Ă la fin, elle se casse
Dis donc, Perrette,
parle-moi de tes Popov.
Que voulaient-ils, au juste ?
T'as ouvert ma valise,
tu peux vider ton sac.
Tu ne crois pas ? Alors, Mata-Hari, tu te décides ?
Crois-tu sérieusement que je vais te dire sous la tendresse
ce que je leur ai refusé sous la menace ?
Parfait.
Maintenant, j'ai toutes les raisons pour t'aimer.
Service commandé. Hypocrite.
Non, rusé.
LĂ oĂą tu vas, moi, je vais.
Je me laisse couler au bout du torrent.
Je trouverai ce que je cherche. Le petit docteur ?
Tu es au courant ?
Le téléphone sonne.
Maintenant, tu peux répondre.
Mike, je suis très ennuyé.
Il faut changer d'hĂ´tel.
Les jumelles.
Les jumelles.
C'est bien comme ça ?
Ils partent. Rendez-moi les jumelles.
Aimeriez-vous faire votre autocritique ?
Je n'y vois plus rien.
Bon Dieu…
Il parle russe.
Vous ĂŞtes trop myope, pour un agent secret.
Bon Dieu. Il ne remonte pas. Il va se noyer.
C'est la catastrophe. Vous ĂŞtes vraiment trop myope.
C'est de l'humour. Non. C'est du chloroforme.
Nina calling. Nina calling.
Le rossignol est dans la cage.
Vous avez du feu ?
Señor Mike Warner. Señor Mike Wamer, réveillez-vous.
Señor Wamer, m'entendez-vous ? Vous êtes entre nos mains.
Il n'y Ă pas de doutes.
Nous avons enlevé le Dr Biebitz.
Il parle russe.
On ne comprend pas le russe. On n'a rien Ă voir avec l'Est,
Alors, de quel côté êtes-vous ?
Celui des femmes.
Nous sommes décidées à liquider le Dr Biebitz,
et vous aussi si vous nous trahissez.
En effet. Je vois que vous ne plaisantez pas.
“La princesse Soledad ne plaisante jamais.
Le Dr Karl Friedrich Biebitz ne sera délivré vivant
que contre une rançon.
ĂŠtes-vous prĂŞt Ă transmettre nos conditions Ă Washington ?
Princesse, je suis votre homme.
Greta, Ursula,
faites monter M. Wamer.
On pourrait le détacher.
Très bien.
Détachez-le.
Je prendrais bien un scotch on the rocks.
Le prix que nous demandons
est de 20 millions de dollars.
C'est fou, ce que c'est cher, le whisky, chez vous.
OK, je renonce. Je ne suis pas assez riche.
Je prendrai un Vichy menthe.
Votre gouvernement est très riche.
Peut-ĂŞtre.
Mais l'est-il assez pour soutenir votre train de vie ?
Nous pourrions aussi nous adresser aux gens de l'Est.
Nous n'avons pas de préjugés.
Non. Mais je suis ici parce que vous préférez les dollars.
Les dollars, comme toutes les espèces, sont encombrants,
et de plus, numérotés.
Vous nous prenez pour des petites filles ?
Oui. Qui ont grandi.
Alors, quoi ? Des lingots ?
Trop lourds. Nous sommes de faibles femmes.
Nous accepterons la rançon en diamants, monsieur Warner.
Et bien entendu, pas de bijoux montés.
Uniquement des pierres taillées.
Ah bon ?
Tout cela est très bien, mais j'aimerais voir la marchandise.
On peut ĂŞtre femme du monde
et bluffeuse.
Je vous comprends.
Je crois que c'est Ă vous. Merci.
Un moment, princesse, vous avez oublié notre prime.
En plus des diamants,
nous demandons un manteau de fourrure chacune.
C'est vrai. Les hivers sont froids, en Espagne.
Du vison.
Aucun homme ne nous a jamais offert un manteau de vison.
Ce sera donc un cadeau du Trésor américain.
C'est tout ? Ces dames n'ont rien oublié ?
C'est tout.
Ă€ vous de jouer.
Paco, ouvre.
Docteur Biebitz,
nous avons un invité.
Il joue bien ?
Écoutez.
Violon et piano.
C'est ma nièce Isabelle qui l'accompagne.
Elle le distrait.
Elle est ravissante. Vous ĂŞtes toutes ravissantes.
Quelle prison.
Même en Amérique, on ne trouve pas mieux.
Comment tu t'appelles ? Maggy.
Maggy.
Vous ĂŞtes anglaise ?
Elle parte anglais.
C'est inutile. Pourquoi ?
Nous nous sommes jurés de ne plus jamais être à la merci des hommes.
Au revoir.
Et toi, comment tu t'appelles ?
Estrella.
Ne vous imaginez surtout pas que nous nous laisserons manœuvrer.
Tu es espagnole ? Oui.
Guapa. Guapissima.
Señor Wamer, nous nous sommes jurés...
Je sais, je sais. Mais il ne faut jamais jurer de rien.
Le docteur Ă de la chance.
Si j'étais à sa place, je refuserais de partir.
Je resterais tout près de vous, si j'étais à sa place.
Mais vous n'êtes pas à sa place, señor Warner.
Votre ange gardien, princesse. Mon fidèle ami et serviteur.
Manuel et moi sommes des gitans. Nous avons grandi ensemble.
Vous le connaissez. Oui. C'est le chauffeur de l'oncle.
C'est vous, l'homme de main de ces dames.
Félicitations. C'est un beau métier.
C'est vous qui avez enlevé le petit docteur ?
Il se fait tard. Señor Wamer n'a pas de temps à perdre,
sil doit nous apporter la rançon.
C'est exact, Manuel.
Por aqui, señor.
J'aime pas les armes Ă feu.
Sortez ! Sortez toutes !
Toi aussi, Nina. Toi, surtout.
Monsieur Warner,
Vous vous croyez tout permis.
Je vais vous prouver que vous avez tort.
Manuel.
Encore.
Manuel, encore.
Bon. Ça suffit, maintenant. Sortez.
Sortez !
J'espère que cette leçon atténuera votre orgueil.
Vous n'aimez pas beaucoup les hommes, princesse.
Pas beaucoup. N'approchez pas.
J'aimerais vous faire changer d'avis.
Je vais tirer.
Vous avez besoin de moi. Vous pourriez avoir des surprises.
N'oubliez pas la rançon, cher monsieur Warner.
Dans 8 jours.
Sinon, on perdrait un jeune savant de génie.
Tiens. Tu es lĂ ?
J'ai dĂ» m'endormir.
Ah, j'ai fait un drĂ´le de rĂŞve.
On se baignait, et subitement, 2 hommes-grenouilles me coulent.
Crac, je me suis retrouvé aux Folies-Bergère.
Y avait des jolies filles.
J'ai vu le petit docteur. Il jouait du violon.
Il y avait une belle gitane andalouse qu'on appelait "Princesse".
Elle m'a fait beaucoup d'effet. Une femme ravissante.
Toi, tu étais là , mais tu ne parlais pas.
Ces dames m'ont demandé 20 millions de dollars
en échange du docteur.
Et tout ça à livrer avant 8 jours. Tu te rends compte ?
Si tu veux nous apporter les diamants Ă temps,
tu n'as plus de temps Ă perdre.
Je vous donne connaissance du télégramme
que j'ai reçu de Washington.
"La CIA, considérant que la sécurité du Dr K.F. Biebitz
doit être assurée,
a pris la décision de verser aux individus contactés
"la somme de 20 millions de dollars en échange du physicien.
"Une cassette contenant la rançon arrivera à Madrid le 23 septembre
Ă bord du vol 253 de l'Air Transport Command.
"Amiral Robert E. Claxton."
Je transmets au gouvernement des USA l'expression de ma gratitude.
Je sais que sa décision lui a été dictée par son attachement
aux valeurs traditionnelles de notre culture occidentale.
Permettez-moi, messieurs,
de joindre ce petit don
au versement de cette rançon criminelle et odieuse.
Malheureusement, l'état actuel de mes finances
ne me permet pas de faire davantage.
150 000 dollars.
Le gouvernement des États-Unis sera sensible à votre geste.
Le 23 septembre Ă 22h, c'est ce soir.
Exactement, cher ami.
Vous irez à l'aérodrome réceptionner la cargaison.
Et nos amis de l'Est ?
Boris Gourdine a disparu de Madrid.
Tant mieux.
Je connais mon Boris :
quand il ronge Un os, il ne le lâche pas.
Si vous permettez, j'emmène Stéphane avec la mallette.
Vous êtes armé ?
J'ai l'ordre de vous fouiller. C'est normal.
Ouvrez ça.
Vous n'avez rien à déclarer ? Vous, mesdames, vous, messieurs..
Alors ?
C'est pour le cas oĂą votre petite amie,
la princesse Soledad, nous inviterait pour le week-end.
Ces dames de l'aristocratie
ont leurs caprices. N'est-ce pas, Manuel ?
Ah non. Pas ça, ce soir.
Bon. Ça va.
Et lui ? Il est avec moi.
J'ai des ordres. Moi aussi.
Je vous autorise Ă le fouiller.
Bon. Alors ça va.
Prends la mallette, et monte devant.
Drôle de toilette, pour une infirmière.
C'est Ă l'honneur de nos contribuables ?
Ça fait 8 jours que je cherche à te joindre.
Tu connais mon collègue, Stéphane Sérail ?
Oui, oui.
Stéphane a un mot d'ordre. C'est même 4 mots d'ordre :
méfiance, méfiance, boulot, boulot.
Depuis 8 jours, j'ai adopté son slogan.
Bon. Ne perdons pas de temps. En route.
Prière en latin.
Agent OP 18. Tolède, jonction CIA.
Ambulance repérée. Terminé.
Les phares !
Imbécile !
Mais c'était pourtant un cigare cubain.
On attaque ? Sûrement pas.
Soledad et sa bande seraient capables de nous tuer le docteur.
Nos amis américains sont des humanistes, eux.
Mike Warner ne tuera jamais le jeune génie.
Il vaut mieux qu'on attende la passation de pouvoir.
Camarade Van Dam,
à présent, je ne refuserai pas un de vos cigares cubains.
Comtesse de Landsfeld véritable.
Je ne voulais pas de bijoux montés.
S'ils ne vous plaisent pas, je remballe.
HĂ©, doucement.
Vous n'aimez pas les bijoux ? Ça rend les femmes futiles.
Ça les assujettit aux hommes.
Nina, tu crois que ça me va ?
Elles te vont très bien.
Vous êtes de quelle nationalité ? Anglaise.
Ça ne s'entend pas ? Si, si. Un peu, oui.
Et qu'est-ce que vous faisiez avant ?
Le trottoir. On dit "le trottoir" ?
Ah oui. Oui, ça se dit.
Je n'aurais pas cru, pourtant.
Piccadilly et les boîtes de nuit de Soho, je ne les reverrai plus.
Attendez, attendez… Tenez.
Si ça peut vous consoler…
À côté de vos yeux, ces diamants sont de vulgaires cailloux.
C'est du toc ?
Oh, là , là . Vous pensez… Des diamants du Trésor américain.
Chaud, les visons.
Pour toi… Pour toi…
Et voilĂ .
Heureuse ? Pourquoi pas ?
T'as raison, tu l'as gagné.
Et pour Cendrillon,
le plus petit mais le meilleur.
C'est du vison sauvage.
Quel beau manteau, Isabelle.
Oh, mon petit docteur,
je me moque de leur manteau.
Ils t'échangent comme une marchandise.
Je les déteste.
Ils ont tort, ma chérie. Ils se trompent.
Oui. Mais tu vas partir.
Ils ne pourront pas empĂŞcher que nous nous retrouvions.
Ils ne demanderont pas ton avis.
Ils ne savent pas que Karl Friedrich
finit toujours par faire ce qu'il veut.
Et que veux-tu, Karl Friedrich ?
T'aimer, mon amour. Tout bĂŞtement, tout simplement.
On dit, oui ? "On dit, oui."
“Mon cher docteur. Mon jeune ami.
Le moment est venu de nous séparer. Venez.
Je le confie aux soins de M. Warner et du gouvernement des USA.
Vous ĂŞtes bien bonne.
Prenez l'ambulance pour regagner Madrid.
J'espère, docteur,
que vous aurez goûté notre hospitalité.
Nous avons tout fait pour adoucir votre séjour ici.
Adieu, madame. Mes hommages.
Ă€ bientĂ´t, Isabelle.
Je suis prĂŞt.
N'oubliez pas que pour mes patrons, la chasse commence Ă l'aube.
Ă€ l'aube, agent X 333, nous serons loin.
La CIA ne nous retrouvera pas.
Je vous le souhaite, Nina.
Bonne chance, Mike.
Feu !
Ils partent russe.
Visez les pneus.
La force de frappe.
Descendez de la voiture les mains en l'air.
On ne vous fera rien.
Mike Warner, vous m'entendez ?
"Tintin”. Signé :" Nina”. C'est pas le moment de rigoler.
C'est fini ? Cache-toi.
Mike Warner, vous entendez ? Descendez les mains en l'air.
Allons, dépêchons.
Bien sûr qu'on va descendre.
Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse d'autre ?
C'est le petit docteur qui vous intéresse. Hein, Boris ?
Vous savez combien on l'a payé,
le docteur ?
Plus cher que nous, agent X 333.
Pour la dernière fois :
levez les mains, et avancez doucement.
On vient.
Attrapez-les.
Je ne veux pas qu'on me tue le docteur.
Cri.
Tiens… C'est Balthazar Brodnik.
Je le reconnais Ă son alliance.
Désolé, Boris.
Mes condoléances à Mme Brodnik.
Inutile d'insister, vous ne passerez pas.
On fait quoi ? On attaque ? Non.
On ne peut pas risquer de tuer le petit docteur.
On va les assiéger.
Et Brodnik ? Qu'est-ce qu'on va en faire ?
Récupérez-e.
Transmettez des condoléances à sa veuve.
C'est encore moi.
Boris les attendait Ă la sortie. Ils n'ont pas pu partir.
Monsieur Warner,
vos démêlés avec la bande rivale ne nous intéressent pas.
Si je vous dérange…
Vamos.
Vous avez passé un accord avec Boris ?
Non.
Mais il ne m'est ni plus ni moins sympathique que vous.
Je le connais bien. J'ai travaillé pour lui.
Ses patrons sont moins riches que les vĂ´tres.
Bravo, ma chère. Vous êtes plus forte que moi.
Je crois que la situation vous commence aussi.
Pourquoi, monsieur Wamer ?
Vous croyez qu'on est prises au dépourvu ?
Les issues sont blindées, les murs sont en béton armé.
Notre repaire est une forteresse imprenable.
Une cachette astucieuse.
Mes compliments. Merci.
Les travaux entrepris ont été arrêtés il y a 6 mois pour manque d'argent.
On devait se cacher ici et préparer notre retraite.
Je regrette presque de quitter ces appartements.
Dans 2 heures, nous décollerons d'ici.
Avec mes diamants, bien entendu.
Comment partez-vous ? En fusée ?
Oh non. En hélicoptère.
Maggy, tu es trop bavarde !
L'appareil se posera Ă l'aube. Le pilote est un as.
Il s'agit de mon ex-mari. Un homme charmant.
Un peu brutal mais charmant. N'est-ce pas, Manuel ?
Oui. Un homme très compréhensif.
Et si Boris tirait sur l'hélicoptère ?
Il pensera que nous emmenons le docteur.
Boris ne tirera pas sur nous.
Pourquoi en êtes-vous si sûre ?
Parce que je vais tuer Mike Warner.
Mais ce n'est pas sérieux ?
Réfléchissez, voyons.
Boris nous assiège pour récupérer le docteur.
Eh bien, je vais le lui donner,
et il s'en ira content.
Un téléphone ?
Chapeau. Je peux donner un coup de fil ?
Pour appeler des renforts ?
Désolée, monsieur Warner. J'ai horreur de prendre des risques.
Votre ami d'enfance ne m'est pas tellement sympathique.
Allô ? Allô ? Ils ont coupé les fils.
Le siège commence.
Camarade Gourdine, les fils sont coupés.
Qu'est-ce qu'on fait ?
5 heures 20.
Dans 10 minutes, je vais leur couper la lumière.
La guerre psychologique.
Échec... et mat.
Je ne vois pas d'issue possible, Mike.
Nous serons seuls face aux Russes,
et nous ne sommes pas armés.
Il fallait s'attaquer Ă la reine.
Dans ces cas-lĂ , il faut s'attaquer Ă la reine.
Des conseils… Je voudrais t'y voir.
Allez, chiche.
Vous prendrez bien une tasse de thé, monsieur Warner.
Je n'ai rien d'autre Ă offrir.
Vous en êtes sûre, princesse ?
Certaine. Ne comptez pas sur moi
pour autre chose.
Vous ne pourriez pas nous emmener dans votre hélicoptère ?
Pourquoi voulez-vous qu'on vous emmène ?
Pour de l'argent.
Non. Je suis assez riche, maintenant.
Pour le petit docteur, mais pas pour l'amour.
Je ne suis pas romantique. Trouvez autre chose.
Alors… pour le plaisir.
"Pour le plaisir" ?
Pour le plaisir et pour moi.
Une tasse de thé ? Non.
Cris.
Ni téléphone ni électricité.
Wamer, je voudrais bien vous voir en ce moment,
Il faudra que j'envoie des roses Ă Boris.
Avec sa coupure d'électricité, il m'a bien rendu service.
Que ne ferait-on pas pour ça ?
Et pour le plaisir ?
On est si bien. Pourquoi nous quitter ?
Vous voulez m'épouser ? C'est pas mon genre.
Mais vous pourriez nous emmener dans votre hélicoptère.
Je ne peux pas vous dire non, Mike Warner.
Et je ne veux pas vous dire non.
Comment une femme comme vous Ă pu penser un seul instant
qu'elle détestait les hommes ?
C'est plus facile que vous ne l'imaginez.
Vraiment ?
Je travaillais pour l'Est.
Votre amie Nina était à la solde des Occidentaux.
Il fallait récupérer un document
dont dépendait le sort du monde.
Le document changeait de mains, et je le suivais :
Rome, Barcelone, Stockholm, Venise...
Et puis, par un matin de pluie,
dans le couloir d'un petit hĂ´tel de Lausanne,
je me suis retrouvée en face de Nina.
Elle aussi cherchait ce fameux document.
Comme par hasard, ce matin, je l'avais dans mon sac.
Je venais de le prendre dans les affaires d'un sénateur
obèse, amoureux et ronfleur.
On a décacheté l'enveloppe
pour voir enfin ce qu'il y avait dedans.
Et qu'est-ce qu'il y avait dedans ?
Tenez, le voici. Voyez vous-mĂŞme.
Rien.
Rien. Sur le document, il n'y avait rien.
3 généraux, 2 amiraux,
1 attaché d'ambassade et 1 sénateur obèse,
et tout ça pour rien.
C'était un passe-temps des services secrets.
Nina et moi, nous en faisions les frais.
Ce matin-là , dans le café de Lausanne,
nous avons décidé que nous nous vengerions.
C'est maintenant chose faite.
Calling 3X2.
Ci princesse… Ici princesse.
Come in, 3X2.
Ici 3X2. 3X2, contact. Je vous entends. Over.
Ici 3X2, Over.
Dans quelques minutes, l'hélicoptère va se poser.
Réflexion faite, señor Warner,
je ne pense pas que vous viendrez avec nous.
Vous changerez d'avis, Soledad.
Plus maintenant, Mike.
Plus jamais.
Ici 3X2, Je vais atterrir. Tout va bien ?
Je ne vous entends plus. Est-ce que vous me recevez ?
Nicolas, tirez, tirez. Mike Ă dĂ» alerter Madrid.
Nicolas !
Téléphonez à l'aéroport. Il faut passer à l'attaque.
AllĂ´, princesse.
Vous pouvez m'aider ?
“On me tire dessus. Qu'est-ce qui se passe ?
Répondez !
En voilĂ assez. Taisez-vous !
Si vous ne pouvez pas sur le terrain, posez-vous sur le toit.
On voit bien que le pilote est votre mari.
Il n'a qu'Ă bien se tenir.
Il est cruel et dangereux, mais je le tiens.
Par les liens du mariage. Par les liens du passé.
Oui. Un autre document.
Oui. Mais celui-ci, croyez-moi, n'est pas vierge.
Princesse, vous ĂŞtes redoutable.
Je vous adore. Moi,
je vous hais.
Excusez-moi, mais j'étais inquiète.
Je cherchais la mallette.
Mais je vois que M. Wamer l'a retrouvée.
Allez-vous-en. Laissez-nous.
Manuel, tu m'entends ? Laisse-nous.
Viens m'aider. Je suis mal attachée.
Les hommes ne s'y connaissent pas.
Ne touche pas à ça, gitane de music-hall !
Calling princesse.
Je n'ai plus de… Je ne tiendrai pas.
Calling princesse. Qu'est-ce qui se passe ?
Je ne vous entends plus.
Ta gueule, toi !
Allez donc pour le cocu.
Fracas.
Qu'est-ce qui se passe, ici ?
Qu'est-ce que c'est ?
Ce n'est rien. C'est un tremblement de terre.
Ça arrive souvent.
Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
Nos amis passent Ă l'attaque.
Mais qu'est-ce que c'est ?
Les Russes attaquent.
OĂą sont-ils ?
Par ici.
Tiens, prends ça.
Ça risque de chauffer. Merci, Mike.
Jetez vos armes.
Jetez-les ou je le pends.
J'ai qu'Ă sauter.
Fais gaffe.
Réfléchis, mon vieux.
Si tu me descends, ça fera monter le camarade Gourdine.
La coexistence pacifique.
Obéissez-lui. Jetez vos armes.
Allez, les mains en l'air.
Demi-tour.
En avant !
Au pas de gymnastique.
Allez, plus vite.
Une, deux. Une, deux.
Soudard !
Vas-y, vas-y.
Au secours. Ne le tuez pas.
Ne tuez pas mon Karlchen.
"Karlchen" ? C'est le petit docteur ?
Merci.
Ne l'emmenez pas.
Je vous en prie, ne le tuez pas.
Allez.
Ils ont emmené Karl.
Qui ? Je ne sais pas.
T'as des hommes dans la maison.
Niet, je te le jure.
Par oĂą sont-ils partis ? Je n'en sais rien.
Par cette porte, je crois.
Tu viens avec moi ?
Je viens.
C'était votre ami, hein ? Oui.
C'était mon fiancé.
"Votre fiancé" ?
Il parle russe.
Ce n'est pas moi. Je le jure.
Je le sais, que ce n'est pas toi.
Maintenant, j'ai tout compris.
Ton numéro avec la princesse,
c'était du grand guignol ?
Lanceur de couteaux.
J'ai travaillé au Star Palace de Düsseldorf.
Soledad était une princesse gitane.
Elle me servait d'assistante.
Malheureusement, elle était ambitieuse.
Elle Ă voulu se marier.
Avec l'homme de l'hélicoptère.
Vous avez eu tort, Warner, de tout vouloir comprendre.
Par ici.
Et toi aussi.
Je prends mon sac.
Tu as raison. Là où tu vas, tu en auras sûrement besoin.
ArrĂŞtez.
Par ici, la sortie.
Dépêche-toi.
Je monte surveiller le coffre-fort.
D'accord.
Tiens, c'est le petit docteur. Vous êtes blessé ?
Ils m'ont assommé, mais ça va.
Comment va-t-on sortir d'ici ?
J'ai peur, Mike.
Ça sent l'essence.
Oui, monsieur. C'est une citerne Ă essence.
Nous allons mourir. N'est-ce pas, Mike ?
Mais non. Pourquoi voulez-vous mourir ?
Parce que nous sommes condamnés à mort.
On est enfermés dans une cuve.
Écoute.
Oui. Ça y est, ils remplissent la citerne.
Exact. On commence Ă barboter.
Mike, nous allons mourir noyés dans l'essence.
C'est une mort originale.
Seulement, moi, je n'ai jamais accepté de mourir.
Ah oui ? Et qu'allez-vous faire ?
Chercher la sortie.
- Dans le noir ? - Oui. Comme un aveugle, à tâtons.
Mike, l'essence monte !
Taisez-vous et nagez.
Tout est prêt, señor. On a mis les cailloux dans le coffre.
“Faites monter la cargaison ! Phrase en allemand.
Ils partent espagnol.
On n'a pas de temps à perdre. Dépêchez-vous.
Allez, rassemblez-vous vite, et ne bougez plus.
Le coffre est attaché. Tout est prêt.
Coups de feu.
Ne bouge pas, Manuel. Vas-y, petit.
Répondez-moi. Come over.
Mais qu'est-ce qui se passe ?
Karl !
Mais qu'est-ce que c'est ?
Qu'est-ce que vous voulez ? Mais laissez-moi ! Au secours !
Karl ! Isa, mon amour.
Mais qu'est-ce qu'ils me veulent ?
Au secours !
Au secours !
Comment ça marche ? Quel bouton ?
Karl parle russe.
Mon Dieu, quel bouton ?
Vous ne pensiez pas me revoir de sitĂ´t ?
Ça fait 20 minutes que j'ai compris. Vous sous-estimez vos adversaires.
Que voulez-vous ?
Il y Ă toujours une revanche pour les ĂŞtres exceptionnels.
12 balles.
12 balles à bout portant. On dit ça ?
Heureusement que vous aimez la musique.
Je vois, monsieur Wamer. Vous ĂŞtes sarcastique.
Mais on peut aimer les arts, et ĂŞtre un homme d'action.
Je pense que vous me connaissez bien mal.
Nous n'aurons pas l'occasion de nous mieux connaître.
Je vous connais très bien.
Ah oui ? Vraiment ?
C'est vous, le propriétaire de ce chantier.
Juste.
Vous financez ces dames.
Exact.
Elles vous faisaient chanter.
Ma petite princesse gitane n'était pas très raisonnable.
C'est pour ça que vous l'avez fait tuer.
Elle portait toujours dans son sac un document, pour moi, très…
Comment dit-on ? Com-pro-me-ttant.
J'ai attendu la remise de la rançon, et j'ai fait d'une pierre deux coups.
D'une pierre précieuse deux coups.
Vous ĂŞtes un homme extraordinaire : chef d'entreprise, musicien,
et… un rigolo.
Oui.
Bourreau, tortionnaire, criminel de guerre…
Si vous voulez.
Assassin par personne interposée.
Pourquoi pas ?
Et surtout…
vous ĂŞtes glorieusement cocu.
Vociférations en russe.
OĂą m'emmenez-vous ?
Nous partons pour un pays oĂą vous serez heureuse,
oĂą le bonheur est pour tous.
Je ne peux pas ĂŞtre heureuse sans Karl.
Vous le reverrez bientĂ´t.
Grâce à vous, il finira par venir chez nous.
On aime les savants, Ă Moscou.
Et encore bien plus les amoureux.
Pourquoi me l'a-t-on enlevée ?
Ne t'inquiète pas. Tu reverras ton Isabelle.
Chez nous, on adore les savants, mais on aime aussi les amoureux.
Vous ne trouvez pas qu'il fait très froid ?
Heureusement qu'il nous à laissé les fourrures.
Ça tient chaud.
Il m'a chargé de vous faire quitter Madrid.
M. Warner est un vainqueur généreux.
Adieu, Mike Warner.
Ses réflexes sont absolument normaux.
D'ailleurs, vous allez voir.
Vous pouvez le constater vous-mĂŞmes,
tout est parfaitement satisfaisant.
Les réactions sont bonnes.
J'ai soumis le sujet Ă tous les tests habituels :
le test de Rorschach,
le test de quotient d'intelligence,
le test de personnalité… et tout est absolument normal.
Génie "kaputt" … envolé.
Bien fait pour eux.
C'est Ă ne rien y comprendre.
Sports, vitamines, psychanalyse… Pas le moindre résultat.
Le Dr Biebitz est devenu un jeune homme comme les autres.
Il ne sert plus Ă rien.
Mes confrères et moi sommes arrivés à la conclusion
qu'il s'est opéré Un transfert du potentiel créateur du malade
provoquant une carence affective inconsciente
de ses capacités d'élaboration psychique.
Ça veut dire ?
Le docteur n'a plus de génie car il est malheureux en amour.
"Plus de génie" ? “Malheureux en amour“ ?
Évidemment, si on retrouvait Isabelle…
Vous pouvez me croire, nous avons tout essayé.
Nous avons essayé la littérature.
Nous avons essayé la…
Nous avons tout essayé.
Il ne joue mĂŞme plus du violon.
Et le tennis ? "Le tennis" ?
Le petit docteur n'y joue pas. Mais moi, je joue au tennis.
Il parle russe.
30/5.
40/5.
L'Américain Mike Warner a la balle de match.
Jeu et match.
Mike Warner gagne la partie par 7-5, 6-2, 6-4,
Tu as gagné, Mike. Chose promise, chose due.
Nicolas ?
Viens vite.
Allez, laisse-moi ta place. Et dépêche-toi.
Ne te fatigue pas, vieux.
Nous avons un rapport ici de 3 experts psychiatres :
un Suisse, un Suédois et un Yougoslave.
Ils sont rigoureusement neutres.
"Libération de la frustration sexuelle."
"Retournement du transfert potentiel créateur" ?
Ça veut dire quoi ? C'est simple.
Je n'ai plus de génie parce que je suis heureux en amour.
Chauffeur, direction Venise. Tchao.
Ă€ la prochaine. Tchao.
Tu as la mallette ? Bravo. Attends-moi.
Il nous reste la bague.
Et la mallette ? Qu'est-ce que t'en as fait ?
La m...?
Oh, les vaches.
De la part du Trésor américain.
Oh, Mike, comme elle est belle.
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