All language subtitles for Surviving.My.Mother.2007.DVDRip_FR

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Original subtitles

Edited at https://subtitletools.com

Des fois, quand je me lĂšve le matin,

je me regarde dans le miroir puis je me dis: Hé, dégage!

J 'ai envie de me tirer une balle dans le ventre,

avaler toutes mes pilules, me mettre la tĂȘte dans le four.

Ensuite, je pense Ă  ma famille puis Ă  toute la peine

que ça leur ferait puis j‘oublie tout ça.

J ‘ai vraiment une famille de fous.

Des mensonges, des trahisons, des doubles vies... On a tout

Notre histoire ferait un beau drame.

C’est dommage, vous la verrez pas.

Parce que c'est pas de moi qu‘on parle ici.

MĂȘme si ma famille et moi, on a un rĂŽle Ă  jouer.

C’est vraiment ! histoire de Clara... et de sa mùre.

- Bianca!

Bianca, tu sais que j‘entends ta musique jusqu'ici.

Tu vas t'arracher les oreilles.

- Richard, laisse-Ia écouter ses disques aussi fort qu'elle veut.

- Quand elle sera sourde, Viens pas t'en plaindre Ă  moi.

- Pourquoi elle s‘en plaindrait à toi? Es-tu un docteur?

- Bianca, as-tu monté le volume

au lieu de le descendre? - Maman...

vous avez pris vos médicaments?

- Non. - Maman, comment vous voulez

aller mieux sans prendre de médicaments?

- Parce que les effets secondaires peuvent inclure

des nausées, des vertiges, des tumeurs, des tremblements,

des poussées de fiÚvre, des pertes de conscience

et une libido hyper active.

Prends-les, toi!

Mais peu importe comment elle se présentait,

jeune mariée rougissante ou divorcée amÚre,

icĂŽne dela mode, mĂšre dĂ©vouĂ©e, jet—setter ou activiste,

tous s‘entendent à reconnaütre

que la princesse Diana a été

une des personnalités les plus fascinantes...

- Bianca, veux-tu te lever?

On sait jamais qui a été dans la chambre avant nous.

- Je trouve que ma mĂšre va pas bien du tout.

- En tout cas, elle est toujours aussi charmante.

- Son estomac Ia dĂ©range. Elle veut juste pas l‘admettre.

- Comment tu sais ça? Est-ce que t‘es dans son estomac?

- Je connais trop ma mĂšre, Richard.

Je le sais tout de suite quand elle essaie de me mentir.

- Savez—vous, à bien y penser,

c‘est pas ! histoire de Clara et de sa mùre.

Bien sûr, ça commence comme ça,

mais c‘est plus ! histoire de Clara et de sa ïŹlle Bianca.

On va y arriver aussitĂŽt que la mĂšre de Clara...

Comment je pourrais dire ça

avec délicatesse?

AussitĂŽt que la mĂšre de Clara...

Bon
 vous verrez bien.

- Pour moi, c‘est le plus bel endroit au monde!

Je suis en paix quand je Viens ici.

Hum?

- J‘aimerais mieux ĂȘtre en ville.

Comment survivre Ă  sa mĂšre

- Salut! - Salut, chérie!

- Maman, je suis allée sur Internet;

j'ai trouvé des nouveaux traitements

qu'on pourrait peut-ĂȘtre essayer. Je les ai imprimĂ©s.

- Bianca, y a un million de choses

que tu pourrais faire sur Internet.

Pourquoi tu fais des recherches sur la maladie de grand-maman?

- Bien, parce qu'on devrait en savoir un maximum sur sa maladie

pour mieux y faire face.

- Bianca, je sais que tu veux bien faire,

mais c‘est pas à toi de l‘affronter.

C‘est moi qui m‘en occupe. Toi, occupe—toi seulement

d'ĂȘtre une fille de 16 ans.

Ah! Toujours pas de fiĂšvre.

Vous allez trĂšs bien, maman.

- C‘est vrai. Si câ€˜Ă©tait pas du cancer qui me ronge,

je serais vraiment radieuse!

Girls say, boys say

Hey, baby Hey, baby

Hey, baby Hey, baby

I'm the kind of girl that hangs with the guys

like a fly on the wall with the secret eyes

- Alors tout Ă  coup, le pharmacien me dit

qu'il ne retrouve plus votre dossier dans l‘ordinateur.

Il commence Ă  se faire tard,

la pharmacie fermait d'un instant à l‘autre,

jâ€˜Ă©tais seule avec lui au comptoir,

alors je lui dis: "Regardez encore."

Alors, il me sourit bĂȘtement

en montrant toutes ses belles... dents jaunes...

et il me demande de vos nouvelles.

Il me fait un clin d'oeil aprĂšs.

Au début, j'ai pas réagi parce que je me disais:

Peut-ĂȘtre que c‘est un tic, il y peut rien.

All the boys say

Hey, baby Hey, baby

Girls say Girls say

Alors moi, je le regarde avec horreur!

Je pense que ça se comprend.

II se... lÚche les lÚvres d'un air sensuel dégoûtant

et c‘est à ce moment-là que j'ai compris

qu'il voulait essayer de me séduire. Pouvez-vous croire ça?

- Non.

- Ah, vraiment, maman!

- Alors, madame Palumbo, est-ce que vous avez hĂąte

de déménager à Vancouver?

- J‘avoue que ça mâ€˜Ă©nerve juste d‘y penser.

C‘est toujours angoissant de changer et...

c‘est un changement majeur! - J‘adore ça, changer!

Heureusement qu'on change!

Essayez d‘imaginer la vie sans changer!

Vaudrait mieux se mettre un fusil dans la bouche,

peser sur la détente

puis se faire exploser la cervelle sur le plancher!

Est-ce que le steak est à votre goût, monsieur Palumbo?

- Ah... oui, c‘est excellent.

- C‘est une recette de notre famille, les Ă©pices.

- Maman, s‘il vous plaüt, essayez de manger

au moins une cuillerée!

Comment vous pensez aller mieux si vous mangez rien?

- Pourquoi t‘es toujours aussi stupide?

Tu le sais que j'irai jamais mieux.

Si tu me donnais un peu de Iasagne, je pourrais manger.

- Maman...

votre estomac ne tolĂšre plus la Iasagne.

- Mon estomac ne tolĂšre plus rien du tout!

Fait que j'aime mieux ne pas digérer Ia Iasagne

que de pas digĂ©rer le vomi que t‘essaies de me faire avaler.

- Écoutez...

c‘est trĂšs nourrissant et c‘est dĂ©licieux, cette purĂ©e—lĂ .

J'ai mis des heures à la préparer.

- C‘est vrai que ce serait triste de Ia gaspiller.

- Excellent.

- Va Ia servir Ă  tes Palumbo.

- Clara, est-ce qu'il y a un problĂšme?

Clara, on a des invités.

- Les Palumbo sont tes invités, pas les miens.

- Câ€˜Ă©tait notre idĂ©e Ă  tous les deux

de leur faire un repas d'adieu. - Bien, adieu!

Qu‘attendent-iIs pour partir? - Clara...

- Jâ€˜Ă©touffe ici. Veux—tu... transmettre Ă  nos invitĂ©s

mes excuses pour mon comportement?

- Un peu de vin, madame Palumbo?

- Euh... non, merci.

- Clara...

euh... sa...

Je reviens dans une minute.

- Johnny, il faudrait qu'on s‘en aille.

- Ah non... - Non, restez!

Mes parents avaient tellement hĂąte de vous recevoir Ă  souper!

- Mais ils sont sortis, lĂ .

- Ah non, non. Jamais ils partiraient

au milieu d'un souper! Non, vous en faites pas.

Allez, mangez, c‘est chaud!

- Oui, c‘est vraiment dĂ©licieux! - Je suis contente.

C‘est moi qui ai fait le marchĂ©.

J'ha‘l‘s assez ça payer pour un morceau de steak

puis qu'il soit pas tendre!

Je me sens toujours coupable quand ça arrive.

Mais on n'y peut rien.

On a pas le droit de tĂąter Ie steak!

- Clara, t‘es sĂ»re que c‘est une bonne idĂ©e?

- Pourquoi ici? Je comprends pas.

C‘est moi que vous allez regarder

à la place de la télévision?

- Eh, qu'elle est drĂŽle!

- Maman, on pouvait pas mettre le lit Ă  lâ€˜Ă©tage.

Vous serez plus confortable avec nous.

- On va se voir une fois par jour.

On va bien s‘occuper de vous.

- Dis—lui qu'il me faut une vraie garde-malade.

- Ah, si vous saviez, madame...

Les vraie sont plates! Bon, il faut que je parte.

S‘il y a un problĂšme, vous avez mon numĂ©ro.

- Merci, Martin.

II est pas gentil, notre Martin?

- Ouais, c‘est la fille que j'ai toujours voulue!

-Oh


- C‘est trùs gentil, ça, Bianca.

Tu peux y aller, je vais m'occuper de maman.

- Ça va, je peux rester avec toi.

- Non, non, non, vas-y. T'en fais pas pour moi. Ça va.

- Débarrasse-moi de ma soeur.

Je lui ai pas parlé depuis des années.

Tu peux enlever la photo de ton pĂšre aussi.

Je vais aller le rejoindre bientĂŽt

et Dieu sait à quel point ça m'intéresse!

C‘est qui, elle?

- C‘est votre niùce Sonia.

Vous l‘adorez.

- Elle est trop laide. Jette ça!

La photo à cÎté aussi.

- Mais c‘est ma photo prĂ©fĂ©rĂ©e de vous!

- Pfft
 Regarde—moi le petit sourire imbĂ©cile...

Dans le temps,

je croyais que la vie serait remplie de bonheur.

Pauvre idiote! Brûle-Ia!

Celle-lĂ  aussi, tu peux m‘en dĂ©barrasser.

- Notre portrait de famille aussi?

- Je l‘ai jamais aimĂ©, ton mari.

- C‘est tout?

- C‘est une photo de toi ou de Bianca?

- De Bianca.

- Tu peux la laisser.

La Ville de Montréal a été le théùtre

d‘une autre invasion de domicile hier soir.

Deux personnes ùgées de Beaconsfield

ont été retrouvées attachées à leur lit

alors que deux hommes armés avaient pillé leur maison.

Les voleurs ont fait main basse sur des bijoux, de l‘argent

ainsi qu‘un ordinateur.

L'invasion a eu lieu peu aprĂšs 20 h

alors que le couple revenait de sa promenade quotidienne.

- Ma chanson préférée.

- Je le sais.

- J'ai toujours adoré danser.

Ton grand-pÚre détestait ça.

Toute ma vie, j'ai voulu danser.

J'ai jamais eu la chance.

- Je sais que c‘est pas facile.

Mais dans des moments comme ceux—là,

la meilleure chose est toujours de remettre votre foi

entre les mains de Dieu et... tout va aller pour le mieux.

- Maman, voyons, qu'est-ce qui va pas?

Voulez-vous appeler Martin?

Pourquoi vous me regardez comme ça?

- J'ai besoin de te connaĂźtre.

- Besoin de me connaĂźtre? Je comprends pas.

Vous me connaissez de fond en comble!

- Je sais rien du tout de toi.

- Pour m'occuper de vous, j'ai quitté mon emploi.

Je suis 24 heures par jour avec vous

et vous me connaissez pas aprÚs ça?

C‘est vrai, si vous me connaissez pas,

alors personne...

- Mesdames, servez—veus.

Il faudrait que vous les mangiez toutes...

- Vous ĂȘtes chic comme ça, grand-maman.

- HĂ©, salut, Clara! - Salut, Ginetta.

Tu t‘installes chez toi? Puis le quartier, tu t'habitues?

- Ah, la maison est bien, le quartier est bien,

tout va trĂšs bien.

Toi, tiens-tu le coup, toi?

- Ses nouvelles pilules devaient l‘empĂȘcher d‘enfler

pour qu'elle respire mieux, mais maintenant,

elle ne respire plus du tout. Tu veux que je te dise?

Les imbĂ©ciles de mĂ©decins savent pas ce qu‘ils font.

- On devrait tous les descendre. - T'as vu si elle est jaune?

Le cancer s'est répandu à son foie puis à son pancréas;

maintenant, il est partout. La peau, les yeux...

C‘est jaune partout! Je ne la reconnais plus!

Ce n'est plus ma mĂšre!

J'arrĂȘte pas de me demander: C‘est qui la femme jaune?

Qu‘a-t-elle fait à ma mùre?

- Hum... si tu veux mon avis,

elles sont toutes allumées, Clara.

- Bon anniversaire, maman.

- Bon anniversaire. - Bon anniversaire.

- Faites un voeu, grand-maman!

- Ah! Ah oui!

Elle a du souffle!

- Encore une fois, bon anniversaire!

- Si ta belle-mĂšre rĂ©ussit Ă  ĂȘtre exaucĂ©e,

un Ă©clair devrait nous frapper d'un moment Ă  l‘autre.

- Maman?

Maman!

Maman!

- Votre mĂšre est en transition.

Elle chevauche la vie et la mort.

Donc une partie d'elle veut quitter,

une partie d'elle veut rester.

- Je sais qu‘une partie d'elle veut rester.

Je suis sĂ»re que c‘est la femme jaune.

- Pardon? La femme jaune?

- Je sais que c‘est elle qui veut que ma mùre reste

parce que si ma mùre s‘en va, elle va devoir partir aussi!

- Il va peut-ĂȘtre vous falloir du repos.

- Combien de temps? Ça dure combien de temps,

cette... cette transition-lĂ ? - II y a aucune rĂšgle.

Ça peut ĂȘtre des heures, des jours,

des semaines, des mois...

Ça dĂ©pend de chaque patient.

- Maman...

Partez, maman.

Vous avez le droit.

Soyez pas inquiĂšte.

Allez-vous-en.

Maman...

Maman, vous savez que je vous aime de tout mon coeur.

Mais parce que je vous aime de tout mon coeur...

je suis prĂȘte Ă  vous laisser partir s‘il le faut.

Est-ce que vous voulez de l'aide, maman?

Voulez-vous que je vous aide à vous libérer de la femme jaune?

Si vous voulez que je vous aide

à vous libérer de la femme jaune, serrez-moi la main.

- Et comme nous menons Isabella Ă  son dernier repos,

réconfortons-nous en sachant qu'elle est avec Jésus

ainsi qu'avec le mari qu'elle a tant aimé.

Sachons aussi qu'enfin, ses souffrances sont terminées

et qu'enfin, la maladie,

qui a fait de ses derniers jours une torture,

est chose du passé.

Retenons tous que, malgré la souffrance,

Elle a combattu...

et je suis certain, comme nous tous d‘ailleurs,

qu'Il a su lui dire: "Merci Ă  toi, ma servante fidĂšle..."

six mois plus tard

- Qu'est—ce qu'on sait sur le gars arabe dehors?

- C‘est un gars.

- Quel genre de gars?

- Le genre qui est un gars.

- Explique—moi pourquoi il faut qu'elle aille se dĂ©vergonder

Ă  tous les soirs de la semaine.

- Qu'est—ce que tu dis lĂ , “se dĂ©vergonder"?

Elle sort fĂȘter, c‘est tout. Elle cherche Ă  dĂ©compresser.

As-tu oublié à quel point

c‘est dur, l'universitĂ©? - Non. D‘ailleurs,

câ€˜Ă©tait tellement dur qu'il fallait que je reste Ă  la maison

à tous les soirs pour étudier.

- Peut-ĂȘtre que Bianca a pas besoin dâ€˜Ă©tudier autant.

Elle est brillante, elie.

D‘ailleurs...

elle est à la veille de l‘avoir, son diplîme.

Et je suis sûre qu'elle va devenir

une psychologue incroyable.

- J'ai vraiment le goût de te connaßtre, Bianca.

- Quoi, tu me connais. - Non, non, non.

Pour vrai.

J'ai vraiment besoin de te découvrir,

de passer plus de temps avec toi.

Tu me fais vraiment quelque chose.

- On se calme, on se calme.

Mon martini a décidé de passer tout droit.

Pour les toilettes, c‘est par là?

- Salut. - Salut.

T'as terminĂ© plus tĂŽt que prĂ©vu? - Oui. Heureusement, d‘ailleurs.

- AllĂŽ? - Bianca!

Faut que je te voie. - Non.

- Faut que je te prouve que je suis autre chose

qu'un avocat sans envergure. - C‘est hors de question.

- S'il te plaĂźt. - Non.

- Je suis prĂȘt Ă  changer—- - Pierre, Ă©coute.

- Si tu me le demandes,

je vais quitter ma femme, mon travail...

- Non, non, non, je t‘interdis de quitter ta femme.

- Je veux vivre avec toi!

- Pierre, attends une minute.

- Je vais parler Ă  ma femme demain.

- Non, raconte rien Ă  ta femme. Y a rien entre nous.

- C‘est faux! Y a tout entre nous!

Tu m‘as dit que tu m‘aimais!

- Jamais. Toi, t‘as dit que tu m‘aimais.

J'ai pris bien soin de prĂ©ciser que je t‘ai jamais aimĂ©, O.K.?

- Je veux que tu me dises quand tu m‘as dit ça!

- Quand j'ai dit: ”je t‘aime pas".

Difficile d'ĂȘtre plus claire!

Je vais raccrocher. - Bianca, non, pitié! Non!

- J‘essaierais peut-ĂȘtre les suppositoires, Ă  ta place.

- Ah, salut...

Ginetta. - Tu devrais prendre

les suppositoires que ma soeur achĂšte.

Tu vas devenir une vraie horloge suisse du petit pot!

- Je suis pas une adepte des suppositoires.

- Vaut mieux se mettre un suppositoire dans le bas du dos

que de faire une obstruction de l'intestin.

C‘est arrivĂ© Ă  ma voisine, une obstruction comme ça.

Ils l‘ont traĂźnĂ©e d‘urgence Ă  l‘hĂŽpital

puis je te raconte pas ce qu‘ils lui ont fait.

- Non, t‘as raison, raconte pas.

- Ils lui ont branché une énorme pompe

pour la Vider de ce qu'elle avait. Ça a pris des jours!

Câ€˜Ă©tait pire qu'un tsunami lĂ -dedans!

Je suggĂšre que tu deviennes adepte des suppositoires.

- O.K.

O.K.

Donc... faut... faut prendre quelle marque?

- La marque que ma soeur Fiorella achĂšte.

- Ah, la marque qui va me faire devenir

une vraie horloge suisse du petit pot!

- Ils ont tous Ă©tĂ© vendus. Ça, c‘est de la qualitĂ©!

Les gens qui s'y connaissent

viennent faire la queue Ă  la pharmacie

une bonne heure avant que ça ouvre!

- Je suis pas sĂ»re de vouloir aller jusque—lĂš.

- Bien, je vais le faire pour toi.

- Ah non. C‘est pas sĂ©rieux, pitiĂ©.

Belle photo.

La tienne aussi. C’est toi?

Oui.

Tu Viens chez nous?

Tu perds pas de temps!

Si tu changes d idée.

Bonsoir.

OK... voici ce que tu dois faire.

Vas-y.

Tu laisses ta porte débarrée.

J‘entre et tu m'emmùnes dans ton lit.

On baise pis on dit pas un mot.

Pas un mot?

On a rien Ă  se dire.

On baise et tu m‘oublies...

Ah! Merde!

Ah!

Salut. Hum...

Excuse-moi, je suis... je suis tombée.

La vue du sang, ça me rend nerveuse.

Encore plus quand c‘est le mien.

Je suis maladroite, c‘est vraiment idiot.

Ouch! Ça Ă©lance. Ah...

Je me souviens, quand jâ€˜Ă©tais petite,

si je mâ€˜Ă©corchais le genou,

câ€˜Ă©tait toujours une catastrophe majeure.

Ma mÚre me disait que j'agissais en bébé,

ce qui mâ€˜Ă©nervait encore plus

alors je pleurais encore plus fort.

Alors ma grand—mùre essayait de me consoler

puis ma mùre et elle finissaient par s‘engueuler,

câ€˜Ă©tait inĂ©vitable.

Mon pùre en profitait pour s‘en aller parce qu'il savait

que ça finissait toujours par ĂȘtre de sa faute.

J pensais que t’avais dit: pas un mot!?!

On peut se revoir?

Seulement si tu te tais.

Ça va bien? - Oui, merci.

Je peux grogner quand on baise?

- Eh, que ça va ĂȘtre une belle journĂ©e!

Tu vas grogner, gémir et hurler.

Maman, t‘es chanceuse, toi, tu peux en profiter.

T'habites seule?

Tu vas faire un effort pour profiter de la journée, non?

J ‘ai deux colocs.

Ils sont hot?

Une est folle, l’autre est chauve.

J ‘ai perdu mon Ă©rection.

Ce soir à 9 h. Je bande déjà !

- Ah, Ginetta! Entre! Viens donc!

- Es-tu sĂ»re que je dĂ©range pas? Dis—moi si je vous dĂ©range.

Je voudrais jamais vous déranger

pendant quelque chose d‘important.

- Je peux-tu m‘asseoir? Mes jambes me font mourir.

- Assieds-toi, Ginetta. Il te faut une permission pour t‘asseoir?

- C‘est trùs impoli de s'asseoir avant qu'on nous l‘offre.

- Tu me dis qu'à moins que je te demande de t'asseoir—-

- Je vais rester debout. - Tu vas rester lĂ ...

- Comme une dinde. -
 jusqu‘à ce que je te dise...

- De m‘asseoir.

- Ginetta, assieds-toi, s‘il te plaüt.

- Es-tu certaine—- - Assis, pour l'amour du ciel!

Assis!

- C‘est ceux—là?

- T'en mets un tous les matins

puis tu manques jamais un matin. - Je manque jamais un matin?

- Tu manques jamais un matin.

Et surtout, tiens-Ie bien en place;

c‘est trùs glissant, ces petites patentes—lù.

Alors tu t‘en mets un et tu serres, tu serres

jusqu‘à ce qu'il soit fondu.

Autrement, ça marche pas. C'est-tu clair?

- Ah oui, c‘est clair. Un peu trop clair pour mon estomac.

- C‘est pour aider que je fais ça.

- Ça va, c‘est pas grave. Alors, je mets ça le matin,

Ă  tous les jours?

- Ils ont mĂȘme pu aider mon fils.

Puis tu sais que c‘est un prĂȘtre.

- Est-ce qu'on va le rencontrer bientĂŽt, ton garçon, le prĂȘtre?

- BientÎt. Il a été nommé curé pour notre paroisse.

- Oh? - Attends de l‘entendre

dire la messe! Il est meilleur que Jésus!

- J'ai pas de doute lĂ -dessus.

- Combien je te dois pour ça? - Rien du tout.

Tout ce que je te demande,

c‘est que tu m‘appelles pour dire:

"Ginetta, grĂące Ă  toi et Ă  tes suppositoires,

depuis ce matin, j'ai la diarrhée."

- À propos, je m'appelle Michael.

- Bianca. Enchantée de faire ta connaissance.

- Oh, respire.

- Qu‘est-ce que tu fais là?

- D‘oĂč est-ce que tu viens?

- Jâ€˜Ă©tais sortie. Change pas de sujet.

- Sortie avec qui? L‘Arabe encore?

- C‘est fini. J'ai dĂ©cidĂ© de ne plus le voir.

- Il y a autre chose que je devrais savoir?

Tiens, c‘est qui, Daniel?

- T'as pas répondu à ma question.

Qu‘est-ce que tu fais dans ma chambre?

- J'ai vraiment faim. Tu veux un sandwich?

T'es sûre que tu veux rien? - Tout ce que je veux,

c‘est des explications.

Maman, qu'est-ce que t'as? T'es pas comme d‘habitude.

- J'ai besoin de te connaĂźtre.

- O.K., mais demande—moi ce que tu veux savoir

au lieu d‘aller fouiller dans mes affaires.

- Fais—moi une promesse, Bianca.

- Quoi?

- Dùs que t‘en as la chance, quitte la maison

et quitte le quartier. - Maman...

- Promets-moi que tu seras pas coincée avec moi

quand je serai Vieille. Je te défends de rester avec moi

quand ma peau sera toute jaune.

J'ai pris le temps d‘aller voir des communautĂ©s de retraitĂ©s.

- Si je décide de rester auprÚs de toi, je le ferai.

- Jamais j‘accepterai! Jamais je te laisserai perdre ta jeunesse!

AprĂšs que je sois morte, qu'est-ce que tu vas faire, toi?

Il va ĂȘtre trop tard

parce que tu vas ĂȘtre trop vieille et trop fatiguĂ©e.

- Maman, calme-toi. - Non, non, non.

Promets-moi qu‘aussitĂŽt que t'auras fini lâ€˜Ă©cole,

tu pars Ă  la conquĂȘte du monde! Et quand tu reviens,

tu te trouves un appartement en pleine ville

et tu vis ce que t‘as à vivre.

Je vais te dire, Bianca... si tu fais comme moi

et que tu te maries en sortant de l'université,

je vais saboter ton mariage!

- Maman! - Promets-le-moi!

- O.K., arrĂȘte, je te le promets.

DÚs que j'ai fini l'université,

je pars à pied faire le tour de l‘Asie.

Ensuite, je reviens ici, sans ĂȘtre mariĂ©e,

je me prends un bel appartement en ville.

Puis dĂšs que je vois un signe de maladie,

je te place dans une maison de vieux. O.K.?

- Merci.

- Salut!

Est-ce que c‘est pour moi?

Es-tu sĂ»r? OĂč est-ce qu'elle est, ta maman?

- Salut, Bianca.

- Pierre, pourquoi t‘es ici?

- Je suis venu pour que tu voies mon garçon.

- Écoute, tu vas arrĂȘter de faire ton harcĂšlement

ou je te promets que je vais aller en cour

puis je vais prendre une injonction contre toi.

- Je voulais juste te montrer Ă  quel point je suis un bon pĂšre!

- On est bien, tous les deux.

- Ah oui.

- Pourquoi est-ce que j‘attire des malades?

- Bien, merci.

- Pas toi.

Ah, Seigneur, pas toi.

You gotta move

You gotta move

Oh you gotta move

Oh people gotta move

You gotta move

- J'en reviens pas que je sois avec toi encore.

- Pourquoi? J'ai dĂ©passĂ© la date d‘expiration?

- Oui. En fait, t‘as survĂ©cu

deux courriels de plus que les autres.

C‘est un dĂ©sastre. - Un cauchemar.

...make you feel

You gotta groove

You gotta groove

No no no

You gotta groove

Hey people gotta move

You gotta move...

- Ça me rappelle des souvenirs.

- Des souvenirs de quoi?

- Le CollĂšge Pie X, le soir de mon bai.

- Ouais. Je me rappelle le moment oĂč t‘es apparu,

les yeux ronds, tout échevelé...

- C‘est normal, vu que j‘avais eu la premiùre pipe de ma vie

avant de rentrer.

- Gracieuseté de ton escorte, Antonnel!a Gianovese.

Une des filles faciles de lâ€˜Ă©cole.

- Une réputation bien surfaite.

Ils disaient qu'elle avalait.

- Est-ce qu'elle l'a fait?

- Non.

Ils disaient qu'on sentait pas ses dents...

- Tu les sentais? - Oh, pas mal, oui.

- Ouch!

- Tâ€˜Ă©tais vraiment magnifique ce soir—lĂ .

Et trĂšs triste.

- C‘est vrai que jâ€˜Ă©tais triste.

Vu que ce soir—lĂ , Mike Amalfi m'avait plaquĂ©e.

Parce que j‘avais pas voulu lui faire une pipe.

- Ah, Mike Amalfi... lâ€˜Ă©talon de lâ€˜Ă©cole.

- Hum-hum.

- Est-ce que ça t‘arrive de regretter de pas l'avoir fait?

- Y a pas un jour

oĂč j'y pense pas.

- Bonsoir!

Entrez!

- Je commençais à me demander pourquoi personne me répondait.

Je me demandais si vous aviez oublié

ou si vous faisiez semblant de pas ĂȘtre lĂ .

- Non. On courait à droite et à gauche pour finir le ménage.

- T'as dit 8 h 30, il est 8 h 30.

On peut m‘accuser de bien des choses,

mais pas d'ĂȘtre en retard. - ChĂ©rie!

Nos amis sont arrivés! - C'est-tu normal

que l'air conditionné soit si glacial?

- Richard, va baisser la climatisation un peu.

- Je croyais que la chaleur Ia dérangeait.

- J‘aimerais te rappeler

que si mon mari est au Brésil et pas moi,

ça veut pas dire qu'il m‘a quittĂ©e.

Lui et moi, on s‘aime à la folie.

Il m‘a Ă©crit des lettres.

- Maman... il voulait pas faire référence à ça.

- Je voulais surtout pas faire référence à ça.

- Bonsoir! - Michael...

voici ma grande fille Bianca.

- Content de vous connaĂźtre, Bianca.

- Tout le plaisir est pour moi.

- Votre maison est charmante, Clara.

- Merci.

Aimeriez-vous Visiter?

- Bien sûr. - On commence par la piscine?

Vous allez adorer la piscine... pĂšre Michael.

- Pourquoi il voudrait voir la piscine?

- Je serais ravi de la voir.

- Oui, c‘est ce que je pensais.

On vous revient dans deux secondes.

AprĂšs vous.

- Tout le monde veut avoir deux secondes.

Deux secondes ici, deux secondes lĂ ...

Le temps de le dire, les deux secondes sont passées,

tout le monde est mort.

- Ça fait chaud au coeur.

- Câ€˜Ă©tait quoi, ça?

- Euh... - Câ€˜Ă©tait quoi?

- Il y a un prĂȘtre dans notre piscine.

- Ah, mon Dieu! Michael!

Michael?

Tu dis que t‘as pas vu la piscine?

- Tu prĂ©voyais m‘en parler Ă  quel moment?

- Pas ce soir, en tout cas, pas de cette façon ridicule—là.

- Alors quand? Pour toi, c‘est quand,

le moment, Michael? Ou est-ce que je devrais dire "mon pĂšre"?

- Calme-toi, je vais tout t‘expliquer.

- J'ai pas besoin d‘une explication.

Je l‘ai dĂ©jĂ , l‘explication.

Un jeune Italien veut faire plaisir Ă  sa mĂšre,

alors il devient prĂȘtre.

- La VĂ©ritĂ©, c‘est un jeune Italien qui devient prĂȘtre

parce qu'il a la vocation.

- La vocation! Ça existe pas, ça!

C‘est quoi, une vocation? - Ça existe, la vocation.

C‘est inexplicable Ă  moins que tu l‘aies ressentie toi—mĂ©me.

- lnexplicable? Eh, que c‘est pratique!

- Écoute!

Je dis la messe,

je vais dans les hĂŽpitaux...

les centres jeunesse, les refuges d‘itinĂ©rants.

LĂ -dedans, y a plein de monde

qui cherchent quelque chose de plus dans la vie.

Soit Dieu, soit un miracle...

ou encore le salut.

Pour plusieurs, peut-ĂȘtre juste la paix.

Quand je parle avec eux...

ça leur fait du bien.

Aprùs, ces gens-là ont le coeur d‘affronter

tous les soucis du monde.

C‘est ça qui me fait plaisir, à moi.

D‘avoir pu les aider, ne serait-ce qu'un tout petit peu.

- T'as quand mĂȘme fait un voeu de chastetĂ©.

- J'ai essayĂ© de ne plus faire l‘amour, crois-moi, j'ai essayĂ©.

Mais qui je suis au lit, qui je suis devant l‘autel,

c‘est deux choses diffĂ©rentes.

Ce qui est pareil dans les deux cas,

c‘est que je me donne à 100%.

Je suis totalement impliqué dans ce que je fais.

- Donc t‘as un dĂ©doublement de personnalitĂ©?

- Oui.

Et toi aussi.

- Jamais de la vie! C‘est pas pareil!

- Est-ce que t‘as dit à ta mùre

que tu couchais avec des homme mariés?

- Sois pas ridicule! Connais-tu quelqu'un

qui parle de sa vie sexuelle Ă  table avec ses parents?

- Quand tu manges avec tes parents, le soir,

et qu‘ensuite tu sors pour rencontrer tes hommes,

est-ce que dans chacune des situations,

t‘es moins toi—mĂ©me?

- Non, mais—- - Bien voilà, t‘es comme moi.

On montre tous des cĂŽtĂ©s diffĂ©rents de nous—mĂȘmes

dans des situations différentes.

Parce que je t'assure, Bianca,

y a personne qui est intĂ©ressĂ© Ă  tout voir en mĂȘme temps.

- Qu'est-ce que t‘es en train de dire?

Que tu veux qu'on se revoie, mais en restant prĂȘtre?

- Oui.

Et si je te disais que je suis amoureux de toi, Bianca?

- Et si moi, je te disais

que t‘as choisi un moment pourri pour le dire?

- C‘est quoi, l‘affaire?

- Chut. - Quoi?

Pourquoi on est venus, déjà?

- Bianca a publié un papier

qui parlait de cette... oeuvre d‘art,

et ça m‘a intriguĂ©e.

Elle la trouvait brillante.

C‘est pas bon! -Ah non, non, non, non.

J‘ai... j'ai trouvĂ© ça trĂšs intĂ©ressant.

Je me suis senti interpellĂ©. Ça m‘a fait rĂ©flĂ©chir.

- Réfléchir à quoi?

- Je sais pas.

L‘interpellation?

Pourquoi on aime? Pourquoi on désire?

Je dirais que c‘est une mĂ©taphore sur le mariage.

Tu nous as traßnés jusqu'au centre-ville

pour voir une oeuvre que Bianca aime... C‘est quoi, l'idĂ©e?

- J'ai l‘impression que j‘aurai pas l‘esprit en paix

tant que je connaĂźtrai pas ma fille.

- Clara... - Hum?

- Regarde-moi.

- Je te rends grñce, Ô mon Pùre,

Seigneur du ciel et de la terre,

d‘avoir cachĂ© ces choses

aux yeux des sages et des gens intelligents

et de les avoir révélées aux enfants.

Tout ce que j'ai m‘a Ă©tĂ© donnĂ© par mon PĂšre.

Car le PĂšre est le seul Ă  connaĂźtre vraiment le Fils

et le Fils est le seul Ă  connaĂźtre vraiment le PĂšre.

Et ceux à qui le PÚre a souhaité le révéler.

- Quand j'ai vu tout le monde qui était dans l'église,

jâ€˜Ă©tais tellement contente! - Merci.

- Et son sermon était excellent.

Vous devez ĂȘtre tellement fiĂšre de votre fils!

- Je suis trĂšs fiĂšre. - Avec tout votre charisme,

vous avez ramené la vie dans notre église!

- Merci.

- La messe Ă©tait fantastique, aujourd‘hui, mon pĂšre.

- Merci.

Est-ce que votre mari se sent mieux?

- Ah oui, merci. - Je suis content.

La derniùre fois que je l‘ai vu--

- Un prĂȘtre qui a une vocation trĂšs claire comme la vĂŽtre,

c‘est rare de nos jours, mon pùre.

- Merci.

J'espÚre qu'on va vous voir à la célébration dimanche prochain?

- Je sais que les voies du Seigneur sont inexplicables,

mais...

j'ai rĂ©alisĂ© ce que câ€˜Ă©tait aujourd‘hui.

- C‘est magnifique. - Tellement que maintenant,

je pense que je vais devenir une soeur.

Ça doit vous faire toute une impression

d‘avoir fait une croyante d‘une pauvre pĂ©cheresse comme moi.

Bon bien, je vais aller choisir mon couvent.

Mon pĂšre.

Tu me manques.

Tant mieux! Maman, t‘as vu mon tĂ©lĂ©phone?

J 'veux te voir.

Pas question!

But! thought you know

T'aimes me faire souffrir?

Maman, est-ce que t‘as vu mon tĂ©lĂ©phone?

There ain 't no heaven

On the county road

Pourquoi t‘es venue Ă  lâ€˜Ă©glise?

Don 't talk about it

J 'suis une bonne petite catholique.

Don 't talk about it

If you do, I‘ll cry

Une de mes personnalités.

T'en as combien?

Plusieurs. Veux-tu en rencontrer une autre?

Non, j’veux rencontrer Bianca.

Personne rencontre Bianca.

Oh Lord

There ain 't no heaven

- Je suis trĂšs content que t‘aies dĂ©cidĂ© de venir me voir.

Joli!

Wow!

- Je dirais que ça te plaßt.

- Et t‘aurais raison.

- Ce soir, je vais ĂȘtre ta propre Marie-Madeleine.

- J'aime pas tellement ces petits jeux—là, Bianca.

- Non, c‘est sĂ©rieux, mon pĂšre, c‘est pas un jeu.

- Bianca, dis pas ça. - Ça te ressemble pas

d'ĂȘtre coincĂ© comme ça.

Tu viens? On va s'amuser.

Le saint et la putain.

Je le savais que ça t‘allumerait.

ArrĂȘte, il faut me payer.

- Quoi?

- J'ai dit: Il est temps de me payer maintenant.

- Pourquoi?

- Parce que je suis une putain. On les paie toujours avant.

- Tu sais que t‘es charmante?

- Je suis sérieuse.

- Tiens, je t‘ai payĂ©e.

- Ça compte pas.

Bonsoir. - Mais qu'est-ce que tu fais?

- Je t‘ai dit qu'il fallait me payer.

Puis t‘as refusĂ©, alors...

- Non, O.K.

O.K., je suis prĂȘt Ă  jouer.

Combien?

- J'en veux pas de ton argent.

- O.K.

Comment tu voudrais te faire payer?

- Avec ça.

- OĂč est-ce que t‘as eu ça?

- Je l‘ai eu.

Tiens, porte—le.

- Non, ça va trop loin si je le porte.

- Pourquoi? Le pire est fait.

Un petit pas de plus, qu'est-ce que ça peut faire?

T'es plus dur que je t‘ai jamais vu.

C‘est la derniùre fois.

Ce soir.

Avec une derniĂšre baise.

Tu vas ĂȘtre ce que t‘as toujours Ă©tĂ©,

le prĂȘtre...

et moi...

la pute.

- Seigneur, pardonnez-moi.

- Tu sais qu'Il le fera pas.

- Bianca, arrĂȘte de pleurer. C‘est trop.

Câ€˜Ă©tait une comĂ©die. - Je sais.

Mais quand ils se retrouvent à la fin, c‘est trop triste!

- Mais on est contents de ça, non?

Veux-tu prendre un café,

qu'on parle de ce qui te met Ă  l'envers?

- Y a rien qui me met Ă  l'envers.

- Entre nous, on peut tout se dire.

- Oui, maman, je sais.

- Si tu veux parler de n‘importe quoi,

une histoire d'amour, je sais pas...

Je suis sûre qu'il y a quelque chose

qui doit te rendre aussi triste.

- Pourquoi tu penses qu'il y a quelque chose?

- Ça fait deux heures que tu pleures

en regardant une comédie de Hollywood stupide.

- On rentre chez nous, maman.

- Bianca. - Maman!

- Bianca! C‘est prĂȘt, chĂ©rie!

- J'ai pas trĂšs faim!

- Il va bien falloir que tu manges.

- Ça va aller, j'ai mangĂ©. C‘est bon.

- T'as un drîle d'air, ça m‘inquiùte.

- J'ai l'air que j'ai depuis toujours.

- Non, c‘est diffĂ©rent cette fois—ci.

Je veux savoir ce que t'as. - Je te répÚte que j'ai rien.

J'ai pas trùs faim. C‘est permis, ça?

- Je veux savoir ce qui va pas. - Laisse—mai tranquille.

- Pourquoi vous suivez ma fille? - Bianca, c‘est votre fille?

- Oui. Alors pourquoi vous rÎdez comme ça autour de ma fille?

- J'aime votre fille. C‘est pour ça que je la suivais.

J'ai quitté ma femme pour elle.

À cause d‘elle, ma vie est un drame!

- Je vous conseille de partir.

Apportez vos mensonges avec vous.

Si jamais je vous attrape

Ă  rĂŽder autour de Bianca encore, je vais vous tuer.

- C‘est interdit par la loi de faire des menaces de mort.

- Ah oui? Qui va appeler la police, d'abord? Moi ou vous?

- Non, arrĂȘtez ça. C‘est bon. Stop, s‘il vous plaĂźt.

Mais quand vous la verrez ce soir,

demandez—lui donc pourquoi elle est si fervente catholique

depuis que le nouveau prĂȘtre est arrivĂ©!

- Ciara, si vous voulez que je vous aide,

il faut avoir la foi.

- Ah, je l'ai, la foi.

Il faut avoir foi en Dieu

si on veut comprendre pourquoi

Il a choisi d‘infliger cette torture à ma mùre!

Vous trouvez ça juste, vous, mon pÚre?

- La justice du Seigneur

sera donnée au ciel.

- Y a autre chose qui est pas juste, mon pĂšre.

C‘est qu'on nous Ă©lĂšve en nous forçant Ă  respecter

l'Église catholique et ses dogmes,

mais en mĂȘme temps que vous nous les imposez,

vous y adhĂ©rez mĂȘme pas vous—mĂ©me!

- Pourtant, nous y adhérons tous.

- Oui, bien sûr.

- Je croyais que vous vouliez

demander mon aide; c‘est clair que non.

Alors je pense qu'il faudrait mieux que vous sortiez.

- Ne touchez plus jamais Ă  ma fille.

- Pardon? Je comprends pas.

- Je crois que vous comprenez trĂšs bien.

- Votre fille vous a dit quoi?

- Elle m‘a tout dit.

Elle m‘a tout avouĂ©!

- Elle vous a dit qu'on avait dĂ©cidĂ© d‘arrĂȘter de se voir,

que câ€˜Ă©tait terminĂ©?

- Bianca a rien avoué du tout.

- Elle a dit—- - Elle a rien dit.

- Alors, j'ai tout avoué...

- Pour rien du tout.

- Vous avez du front, en tout cas, Clara.

Quelqu'un qui se sert

de la mort de sa mĂšre pour venir me voir...

Maintenant, je sais d‘oĂč ça vient,

le talent pour la manipulation de votre fille.

- Écoutez—mai bien. C‘est pas ma fille qui a fait

de la manipulation ici, Michael, c‘est vous!

C‘est vous qui avez sĂ©duit ma fille!

- Bianca se laisse pas sĂ©duire, c‘est elle qui sĂ©duit!

- Non, non, non!

C‘est vous qui ĂȘtes en position de pouvoir!

- Personne a de pouvoir sur elle

puis vous le savez!

Vous voulez tout savoir sur votre Bianca?

- Taisez-vous! - Etes-vous prĂȘte Ă  tout savoir?

- Taisez-vous! Fermez—la!

- Pariez—lui donc de Johnny Palumbo.

- Michael, as-tu oublié

que t'avais une messe?

- J'ai essayé, maman.

J'ai tout essayé.

Mais j‘arrĂȘte.

Je suis fatigué.

- Voyons donc! Qu'est-ce que tu me racontes?

Va t‘habiller, va dire ta messe!

- C‘est trop, maman.

C‘est trop, deux personnes en mĂȘme temps. Il faut choisir.

- Michael...

- Je suis comme papa, maman. - T'as rien Ă  voir avec ton pĂšre.

Ton pùre, c‘est un malade!

- Papa avait deux Vies, maman.

- Ta messe, Michael.

- Il s'est fait prendre puis il a disparu.

- Ça suffit! - Faut que je choisisse,

sinon tît ou tard, ils vont m‘avoir.

- Non, jamais je les laisserai.

Je vais ĂȘtre lĂ  pour toi.

Je vais t‘aider.

- ArrĂȘte. Tu sais qu‘y a rien que tu peux y faire.

Tu sais que tu y peux rien, exactement comme avec lui.

- Qu'est-ce qui se passe? - Va parler Ă  ta mĂšre.

- Qu'est-ce qui se passe?

- Je veux que tu me parles de Johnny Palumbo.

- J'ai rien Ă  dire sur lui.

- Je sais tout pour toi et... le prĂȘtre.

- Je connais pas de prĂȘtre.

- ArrĂȘte de mentir!

- Qui t'a parlĂ© de ça? - Ça a pas d‘importance.

La seule chose que je veux que tu me dises,

c‘est ce que Johnny t'a fait. - Il a rien fait!

- Es-tu en train de dire que Michael m‘a menti?

Si tu me dis qu'il a menti, je vais me lever de mon fauteuil,

aller Ă  lâ€˜Ă©glise interrompre la messe,

pousser le pùre Michael en bas de l‘autel,

monter Ă  sa place et crier Ă  pleins poumons

que le prĂȘtre de la paroisse a abusĂ© de ma fille!

- Pourquoi est-ce que tu fais ça?

- Qu'est-ce qui est arrivé... avec Johnny Palumbo?

- J'ai voulu t‘en parier, j‘essayais, mais...

y avait pas de place pour ma misĂšre chez nous.

Toi et grand-maman, vous aviez le monopole.

- Dis—moi tout.

- C‘est arrivĂ©, j‘avais 14 ans.

DĂ©jĂ , j‘avais vu que M. Palumbo avait un oeil sur moi

Ă  chaque fois que j'allais faire un tour chez eux.

Je savais qu'il me désirait, mais qu'il se retenait.

Mais c‘est finalement arrivĂ©, un Ă©tĂ©, prĂšs de la piscine.

Ensuite, on se rencontrait Ă  chaque fois qu'on le pouvait.

Jâ€˜Ă©tais bien avec lui, maman.

MĂȘme si au fond, je le savais que c’était mai.

Ça me faisait du bien, à moi. C‘est tout ce qui importait.

- Comment il a osé profiter de toi comme ça?!

- Parce que jâ€˜Ă©tais d‘accord.

Il y en a eu d‘autres, des M. Palumbo.

Beaucoup d'hommes mariés.

MĂȘme les pĂšres de mes amis.

Jusqu‘aux amis de papa.

Ils y sont tous passés.

Ensuite, je suis passée aux rencontres anonymes.

Des amants que je prenais par Internet ou...

mĂȘme juste dans les bars

ou sur la rue.

Câ€˜Ă©tait tellement soulageant.

Câ€˜Ă©tait ma seule façon d'oublier.

- Oublier quoi? - Ici!

Chez moi!

Chaque fois que je mettais le pied dans notre maison,

c‘est la... maladie que je sentais,

c‘est la mort que je sentais!

La maladie, la mort, Ă  14 ans...

moi, c‘est tout ce que je connaissais.

Jâ€˜Ă©tais tellement Ă©puisĂ©e d‘avoir baisĂ©

que jâ€˜Ă©tais prĂȘte Ă  voir la mort en revenant Ă  la maison.

C‘est drĂŽle, ce qui a Ă©tĂ© facile,

ç‘a Ă©tĂ© de t‘empĂȘcher de t‘en apercevoir.

J‘avais qu'à sourire.

Tu voulais tellement que je vive pas

la mĂȘme vie que t'avais vĂ©cue que c‘est toi

qui m‘as pratiquement mise sur le trottoir.

: C‘est ça.

Maintenant, tu me connais pour vrai.

Ta fille a 21 ans et depuis qu'elle en a 14,

elle fait la putain.

Jâ€˜Ă©tais tellement seule au monde pendant tout ce temps—lĂ ...

- Tout ça, câ€˜Ă©tait pour te protĂ©ger...

te protéger de la femme jaune.

- C‘est pas grave, maman.

C‘est terminĂ©.

- Entends-tu ça?

Ce sera jamais terminé.

- Ça va aller, ma chĂ©rie.

Je suis fiùre de toi. - C‘est difficile, maman.

C‘est la chose la plus difficile que j'ai eu à faire.

- C‘est peut-ĂȘtre parce que jâ€˜Ă©tais pas prĂȘte.

- Papa!

Y avait ça sur mon ordinateur!

Je l‘ai mĂȘme pas entendue, je dormais.

- Je t‘en prie, rĂ©ponds aussitĂŽt que t'auras le message, O.K.?

Fais—le, s‘il te plaüt.

- J'arrive pas Ă  croire ce qui se passe.

- Bien, tu ferais mieux!

"J'ai compris qu'il n'y avait pas d‘autre solution pour moi.

"La décision ne Vient

“de personne d‘autre que de moi—mĂȘme.

"S'il te plaĂźt, essaie de comprendre

“ce qui me pousse à faire ça, chùre Bianca.

"Tu es mon phare depuis que tu es au monde,

”tu m‘as montrĂ© le chemin

"quand ma vie n'était que mort et ténÚbres.

Je t'aime. Ciara."

- J'ai trouvé celle-ci sur la table de nuit.

Lis—la, toi, c'est...

c‘est trop dur.

- "Je t'aime. Excuse-moi, chéri."

- Elle a un roman fleuve plein de poésie...

Moi, j'ai "Je t'aime. Excuse-moi, chéri".

- Ça vous donne une idĂ©e d‘oĂč elle aurait pu aller?

- On le sait pas vraiment.

- Bien, alors cherchez-Ia partout

si vous le savez pas!

Prenez toute la police!

- Vous avez des chiens pisteurs? - Oui.

- Va chercher une brassiĂšre de ta mĂšre.

- Je comprends que vous soyez inquiets,

mais on peut pas fouiller tous les ponts,

les métros, les chambres de tous les motels

et les parkings de la ville.

- Qu'est-ce qu'on fait, dans ce cas—là?

- On patiente et on espÚre que ça aille bien.

- Maman... il faut que je te parle immédiatement.

Alors je voudrais que t‘arrĂȘtes ce que tu fais

puis que tu m‘appelles tout de suite.

Seigneur, je voudrais ĂȘtre capable de trouver autre chose,

une blague ou quelque chose qui te sortirait de cet Ă©tat—lĂ .

Ah, ça fait chier! Pourquoi est-ce que c‘est si dur?

Ah, c‘est pas vrai! - Qu'est-ce que tu lui as dit?

- C‘est pas important, ce que j'ai dit.

Pourquoi on a juste une voiture?!

- Pourquoi on me dit rien Ă  moi ici?!

Pourquoi je suis le dernier au courant?!

- Pourquoi il faut qu'on aborde ça aujourd'hui?

- Ta mĂšre a disparu!

Bianca, il faut se parler. C‘est maintenant ou jamais.

- O.K., aliens-y!

- Je suis nul lĂ -dedans.

- Ah non.

- Qu'est-ce que t‘attends? Cul sec!

- Tu lui mets des idĂ©es dans la tĂȘte.

- Elle a dĂ©jĂ  trop d‘idĂ©es dans la tĂȘte.

- Si je suis ici, c‘est pour les dĂ©mĂȘler.

- T'as jamais dĂ©mĂȘlĂ© quoi que ce soit dans ta vie.

- ArrĂȘte—moi ça! Ta gueule!

- Hou! Des mots bien forts pour une femme aussi fragile.

- Une personne en fauteuil roulant

si prùs d‘une riviùre devrait pas dire ça.

- Pousse-moi, je voudrais bien voir ça!

- Tu sais que j'aurais pas le courage.

- Non. Mais elle, oui.

Un geste de compassion, mon cul!

- Ah, tais-toi!

Ta gueule! - Aaah!

Bel effort.

L‘eau a l'air benne.

Tu trouves pas?

- Mais dites—moi ce que vous voulez!

- La sonnerie est dans ta tĂȘte.

Personne cherche Ă  te rejoindre.

: Vous avez sept nouveaux messages.

- Éteins ça tout de suite!

Éteins ça tout de suite!

- Maman, je deviens folle.

Dis—moi t‘es oĂč. Appelle—moi dĂšs que t’auras pris le message.

S 'il te plaĂźt.

Maman, il faut que je te parle immédiatement.

Je voudrais que t’arrĂȘtes ce que tu fais

puis que tu m‘appel/es tout de suite.

Ah, ça fait chier!

Pourquoi c‘est si dur? Pourquoi j'arrive pas à trouver les mots

pour te dire ce que j'ai Ă  dire?

que tu m‘aies forcĂ©e Ă  tout avouer, hier.

Ça m’a fait tellement de bien de me libĂ©rer de ce poids—lĂš.

Mais ce que je regrette,

c‘est de l’avoir dit à cause dela colùre.

Tu méritais pas ça.

C’est juste que
 je croyais...

Est-ce que ça a du sens, ce que je dis, maman?

Parce que je suis vraiment contente

de ce que je t‘ai dit dans mon dernier message.

Tu sais, quand je te disais que tu méritais pas la colÚre.

C’était bon, ça, non?

Oui, maman, j'ai eu beaucoup de solitude,

mais j ‘ai jamais doutĂ© que vous m'aimiez.

J ‘ai toujours su que tâ€˜Ă©tais fiĂšre de moi.

DĂšs que tâ€˜Ă©tais la,

je croyais que je rĂ©ussirais n‘importe quoi que j‘essayais.

Maman, j'ai l’intention de te laisser des messages

jusqu‘à ce que ta boite explose.

J ‘ai pas ! intention de te laisser tomber

Je ne sais plus ce que je dis.

Mais il y a une chose que je sais.

Ce que t‘as fait dans les derniers temps pour grand-maman,

c’était tellement beau!

À la fin, tout ce qui lui restait, c’était sa colĂšre.

Puis elle l’a passĂ©e sur toi parce que...

parce qu'elle savait que tu l‘aimais sans condition.

Tu lui as permis d 'ĂȘtre en colĂšre autant qu'elle voulait.

Puis à cause de ça,

pour la premiĂšre fois de toute sa vie,

elle a eu le droit de ne plus faire semblant

d'ĂȘtre une autre femme.

C’est un grand cadeau que tu lui as fait.

Mais t'étais tellement absorbée par la maladie de grand-maman.

ÉpuisĂ©e aussi.

Tu m‘as manquĂ©.

Alors maintenant qu'il n'y a plus rien à régler, maman,

je t‘en supplie...

appelle-moi.

Fin des messages.

Menu dela boĂźte vocale.

Pour réécouter les messages, faites le 1.

Pour les renseignements d 'enveloppe, faites le 5.

Pour en voyer--

- Ils ont l'air heureux.

Quoi qu‘ils ont encore l'air un peu coincĂ©s ensemble.

Tu trouves pas?

Ils ont enlevé les masques et maintenant, ce qui reste,

c‘est la VĂ©ritĂ©. Tu crois que ça va ĂȘtre facile?

Non. Mais tout ça, c‘est quand mĂȘme beau.

J‘appuie de tout mon coeur les gens qui cherchent leur vrai moi

et qui se font chier. Mais le problĂšme,

c‘est qu‘une fois que c‘est fait, tout le monde pense

que la vie va ĂȘtre une farandole

et fais—moi confiance, ils ont tort.

Non, mais regarde—toi donc! T'es dĂ©froquĂ©!

Bon, tu vas ĂȘtre capable de voir Bianca quand tu veux,

mais peux-tu me jurer que c‘est pas

le cÎté clandestin de votre relation

qui t‘excitait avant tout?

As-tu déjà pensé à ça, Michael? - Tais-toi donc, papa!

Sous—titrage: CNST, MontrĂ©al

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