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Ça m 'avait manqué, hein.
Quoi ? Ben, le grand air, le parfum des fleurs, le chant des oiseaux dans les
arbres, le vent, la liberté.
Mais t 'étais là il y a deux semaines, maman.
Oui, mais que pour le week -end.
Alors que là, je vais pouvoir en profiter pendant trois semaines.
Bye bye Paris, vive les monts du Lyonnais.
J 'en serais pas de tout content, hein.
Mais je t 'en supplie, ne me réveille plus à six du mat' avec ta musique
classique à fond.
Et parle -moi aussi tes articles sur la symétrie du désir dans le couple.
Il était bien, celui -là.
Tu regretteras quand je ne serai plus là.
Non, non, ça, t 'es nulle.
Je déteste quand tu parles de la mort.
Parler de la mort n 'a jamais fait mourir, mon chaton.
Oui, allô ? Oui, bonjour, capitaine.
Désolé de vous déranger, mais... Mais ? Je suis chez Mylène Calbate, là. Oui, et
? Ben, elle est...
L 'adresse ? On est au Clos des Lilas, à Rieux. Ok, j 'arrive.
Très bien.
Maman, vite, si tu me les poses. Il y a une galbate.
Il y a une galbate, la pianiste, tu crois ? Je ne sais pas, maman.
Tu savais que tu n 'avais pas ? Non, je ne sais pas. C 'est pour ça que j 'y
vais.
Tu m 'attends là -bas.
Bonjour,
capitaine. Lieutenant.
Salut. Merci.
C 'est Naomi Lejeune, son assistante, qui a découvert le corps.
À quelle heure ? Dernier midi.
Elle venait la chercher pour l 'emmener faire un concert à Lyon ce soir. Elle a
trois concerts de prévu en région en Alpes.
Elle avait ?
Alors, qu 'est -ce qu 'on a ? Mort par étouffement.
Entre 22h et 23h environ.
Ok.
Un cambriolage qui a mal tourné ? En tout cas, les bijoux de Mme Calvate ont
disparu. Et la porte -fenêtre de la terrasse a été brisée.
Voilà.
Ah oui ? C 'est bizarre qu 'elle n 'ait rien entendu, quand même.
Non ? Si, si, si.
Elle dormait profondément, peut -être.
Et puis, elle a dû entendre le cambrioleur quand il était entré dans sa
et qu 'il était en train de vider le coffre à bijoux.
Ouais, elle s 'est réveillée et il l 'a étouffée.
Impossible.
C 'est très tard.
Tu ne peux pas être là.
J 'étais tellement fan de cette pianiste. C 'est trop tard pour un
-moi, ton adjoint a fait le canon.
C 'est vraiment pas le moment d 'essayer de me caser.
Allez, vous aurez mon rapport en fin de journée.
Dites -moi, est -ce que vous pouvez déterminer si la victime dormait quand
a été étouffée ou bien si elle était réveillée ? Pardon ?
Ça change tout, hein ? Effectivement, mais c 'est impossible à dire, là, tout
suite ? Oh, là, il va falloir attendre.
Allez, on y va.
Merci.
Non, mais maman, vraiment, t 'es pas possible.
J 'ai encore peu, ma chérie.
Capitaine, je vous ramène, non ? Non, non, je m 'en occupe. Catherine Hillman,
et vous ? Lieutenant Pierre Adam, bonjour.
Mariée ? Des enfants ? Non. Pourquoi ? C 'est un rapport avec l 'enquête ?
Aucun. Aucun. Mais je m 'intéresse à l 'environnement professionnel de ma
Parce que déjà, toute petite, elle avait des problèmes pour se cuire.
Lieutenant, vous ouvrez la route, s 'il vous plaît.
Et voilà.
Merci, maman.
Je peux rentrer à la maison ? Parce que j 'ai ma voiture de fonction ici.
Attends, t 'as remarqué que Pierre est l 'impasse pour toi ? N 'importe quoi.
Taille du ciment, yeux qui clignent, mais je te dis, il est amoureux.
Non, mais ça fait deux mois qu 'il est dans la brigade.
Il a impressionné, c 'est tout.
Bisous. À ce soir.
Donc la victime, Mylène Calbat.
Elle est née dans la région, elle a vécu plus de 30 ans à Paris et elle est
revenue s 'installer ici en 2020, au moment du confinement.
Elle a... C 'est... Non, non, continuez, continuez. Tu
sais, j 'avais fait plein de sandwichs pendant la condamnée et je voulais pas
que ça se gaspille quand même.
Allez -y, allez -y.
Hop, voilà.
Soyez pas timides.
Tiens, tiens, les fayas.
Avec gluten.
Sans.
Sans. Sans. Tu dois être morte de faim.
Vous les partagez, parce qu 'il n 'y en a peut -être pas pour tout le monde.
Pardon.
Hop, voilà.
Voilà.
Non, mais, vas -y, vas -y.
Oui, je disais, donc la victime...
Donc Mylène a été retrouvée étouffée à son domicile, le Clos des Lilas. Et c
'est son assistante Naomi qui a découvert le corps.
Donc première piste, un cambriolage qui aurait mal tourné.
Alors on va déjà attendre le rapport de la scientifique pour les ADN et les
empreintes. Et comme on a eu pas mal de cambriolages dans la région, il va
falloir regrouper tous les indices. Je m 'en occupe ça.
Très bonne initiative Pierre.
Bon, allez, on s 'y met. Donc, on fouille tout le passé de la victime. Je
tout savoir.
Ses ennemis potentiels, vous me checkez les réseaux sociaux.
En attendant, moi, je vais aller interroger Claire, la fille unique de
Puisque l 'héritage, c 'est toujours un bon motif.
L 'héritage est toujours un bon motif.
Maman ? On y va, on y va, on y va.
On y va.
Bon, allez, c 'est bon maintenant, maman. Tu peux rentrer chez toi.
Non, mais d 'abord, ce n 'est pas chez moi, c 'est chez toi.
Et puis, je n 'ai pas envie de rester toute seule pendant trois semaines.
Non, mais c 'est une main faute si cette enquête me tombe dessus.
Non, mais je peux t 'accompagner.
Non, pas du tout. Attends, attends, attends.
Tu peux être très utile, mon chaton. Je connais Mylène Calbate sur le bout des
oreilles. Ah ouais ? Tiens, regarde.
Je suis allée la voir il y a quatre jours à Paris en concert.
Si je n 'ai pas un signe, ça.
Et en plus, j 'avais pris des billets pour aller la voir en concert cette
semaine à Lyon.
Regarde.
C 'est une surprise.
Mais tu sais, ça fera un très joli article pour mon journal.
Après, promis, demain, je reste à la maison. Non mais maman, je ne peux pas t
'emmener. Tiens.
C 'est mon anniversaire quand même.
T 'as qu 'à leur dire que tu m 'offres un stage d 'observation en cadeau.
Bon, ok.
Mais tu te tiens le carreau.
Et tu racontes pas ma petite enfance à tous mes collègues. Non, non, non,
sur elle, promis sur elle.
Oh là là, elle arrive.
Bah, on prend pas ma voiture ? Bah non, maman, j 'ai besoin de mon gyro.
Bah, on a qu 'à mettre le gyro dans la voiture, elle est plus jolie quand même,
non ?
Bonjour. Bonjour.
Vous êtes Claire Favin ? Non, je suis Laurence, son épouse. C 'est pourquoi ?
Elle est morte cette nuit ? Hier soir.
J 'avais encore des choses à lui dire.
Vous vous entendiez bien avec votre mère ? Madame Favin ?
J 'ai essayé.
Ma mère aurait aimé que je suis sépa, que je devienne pianiste comme elle,
je n 'avais ni son talent, ni son enthousiasme pour la musique.
Non.
Moi, je suis sûre que vous avez plein d 'autres talents.
Ma mère n 'a jamais compris que je n 'ai pas hérité du sien.
On est toutes différentes.
C 'est vrai.
Vous, par exemple, qu 'est -ce que vous aimez faire ? Moi ? Oui.
J 'adore la décoration florale. Le jardinage.
Mais ma mère trouvait ça sans intérêt.
Pendant des années, j 'ai été son assistante personnelle.
Mais il y a trois ans, j 'ai dû m 'arrêter.
C 'était plus possible.
Ah bon ? Et pourquoi ? C 'est toujours très compliqué de travailler avec sa
mère. C 'est pas faux.
Elle était odieuse.
Avec un caractère de chien.
Et c 'est quand la dernière fois que vous l 'avez vue ? Il y a une dizaine de
jours.
Nos rapports n 'étaient pas au beau fixe.
Au moins, on ne se disputera plus maintenant.
Puis vous devenez sans doute son unique héritière. Qu 'est -ce que vous insinuez
? Je me fous de sa fortune.
Tout ce que je veux, moi, c 'est garder cette maison.
Vous étiez où hier soir, vers 21h ? À mon cours de yoga, je suis rentrée à la
maison vers 22h.
Et vous, Laurence ? Je reviens d 'un déplacement pro.
Je suis partie trois jours en Bretagne. Je suis biologiste et j 'ai fait des
prélèvements au milieu maraîcher.
Et regarde, j 'ai fait des photos anglaises en toute discrétion. Regarde,
regarde. En toute discrétion ? Ouais.
Dis donc, c 'est bizarre quand ma main... Claire, elle avait l 'air
soulagée que sa main soit morte, non ? Tu trouves pas ? Qui n 'a jamais eu
de tuer sa mère ? Bah, pas toi, ma chérie.
Surtout pour hériter d 'un joli pactole.
Heureusement que j 'ai faussé comme les blés.
Heureusement, oui.
Ils t 'ont dit qu 'ils en verraient aujourd 'hui ? Pierre ? Oui ? La fille
Mylène Calbac nous a dit qu 'elle était à son cours de yoga à Néron à 21h. Vous
pouvez vérifier ? Oui, bien sûr.
Attendez, votre maman va... Vous allez enquêter avec nous, madame ? Non, mais
juste aujourd 'hui.
C 'est son anniversaire.
Pour Claire, vérifiez bien la Libye, parce qu 'elle me semble pas claire.
Non, non.
Quoi ? Attendez, vous avez trouvé des indices, c 'est ça ? L 'héritage,
l 'héritage. Tout le monde court après le pognon aujourd 'hui, alors. C 'est
triste, hein ? Dramatique.
Vous savez ce que dit le danaï lama ? Non, alors maman, on va pas refaire le
monde maintenant.
Oui. Tu fais ton stage d 'observation et c 'est tout. D 'accord.
Pierre, on a du neuf ? Oui, oui, j 'ai analysé l 'ordinateur de la victime.
Et elle avait envoyé des mails à Marc Fosse, son manager.
Regardez. Ah, et ? Et son manager lui devait une grosse somme d 'argent, donc
Mylène l 'avait menacé de le poursuivre en justice et de renier sa carrière. Et
son manager vit ici ? Non, à Paris. Pourquoi ? Ah bah alors, je sais pas
il aurait pu étouffer Mylène sous un oreiller depuis Paris.
Non, non, mais en fait, il est dans un hôtel à 10 minutes d 'ici. Il suivait la
tournée de Mylène. Ah bah, allez.
On y va. On y va.
Et je vous envoie la drette, alors, du coup. Ouais, ouais.
Je comprends pas.
C 'est vraiment horrible, cette histoire.
Mylène était une virtuose exceptionnelle.
Vous étiez son manager depuis longtemps ? 20 ans.
Oui, Laetitia.
Non, j 'ai pas encore eu le temps de rédiger le communiqué de presse. Arrêtez
m 'emmerder avec ça ! Je suis désolé, c 'est mon assistante.
Je suis tellement sous le choc que je suis incapable de faire quoi que ce
Voulez -vous que je rédige le communiqué de presse ou est -ce que je... Vous
plaisantez ? Vous avez des pistes sur le salaud qui a fait ça ? On est au début
de la... Quoi ?
Vous deviez de l 'argent à Mylène Calbac, on sait tout.
C 'est pas une visite de courtoisie, je vois.
Mais effectivement, j 'ai fait quelques mauvais investissements.
Et alors ? J 'allais la rembourser, on s 'était mis d 'accord.
Elle avait pas l 'air convaincue.
On était en froid.
C 'est même pour ça que j 'organisais une tournée dans la région.
Et que je suis venu ici.
Je voulais lui montrer combien elle comptait pour moi.
Mais peut -être qu 'elle était pas dupe.
Qu 'elle a compris que vous lui rendriez jamais son argent et vous l 'avez
éliminé. Ce n 'est... N 'importe quoi.
Comme si j 'allais tuer la poule aux œufs d 'or.
Très classe.
Je préfère être direct pour que ça ne vous monte pas trop lentement au
Votre grossièreté ne prouve pas que vous n 'avez pas tué.
Il ne vaut pour vous perdre une cliente que fermer votre agent.
Mylène Calbate pouvait ruiner votre réputation en allant porter plainte.
Non ? Bon, qu 'est -ce que vous voulez ? Vous étiez où hier soir entre 22 et 23
heures ? Hier soir, j 'étais dans ma chambre.
J 'ai regardé la télé et je me suis endormi.
C 'est tout ? On l 'attend.
Je m 'intéresserai plutôt à son assistante Naomi, cette petite gare.
Et pourquoi ? Je vous laisse deviner.
À deux, vous devriez y arriver.
Dis donc, il faut être zen. Quand on enquête, j 'avais trop envie de gifler.
Comme tu m 'as dit qu 'il fallait que je me tienne à carreau.
Tu veux une médaille pour bonne conduite ? Eh, je la mérite, là.
Non, mais la piste de Naomi, c 'est sûrement une diversion.
Là, j 'en suis pas sûre.
Oui, Pierre.
Vous pouvez récupérer les vidéos de surveillance de l 'hôtel de Marc Fos, le
manager de Mylène ? Ouais.
On va vérifier son avis.
Ouais, merci, Pierre.
Merci, chère.
Je suis polie, c 'est tout.
Qu 'est -ce que tu vas encore t 'imaginer ? Non, rien.
Attends, je ne comprends pas.
Tu as toujours trouvé mes histoires d 'amour foireuse et là, tu veux me caser
avec le premier venu ? Deux mecs en disant aussi pathétiques l 'un que l
Ce n 'était pas des mecs bien pour toi, je te l 'ai toujours dit.
Tu n 'as pas œuvré pour que ça marche.
À chaque fois que j 'ai voulu partir en week -end avec un mec, je suis tombée
malade. Oui, j 'avais une santé fragile à l 'époque. Mais là, Pierre, je le sens
bien. Mais c 'est à moi de le sentir, maman. Ce n 'est pas à toi.
C 'est pas faux.
Allez, viens.
Bonjour.
Capitaine Anna Lindemann, gendarmerie nationale.
Et Catherine Lindemann, officier de prêt.
Vous le connaissez bien, Marc Pau ? Ouais, malheureusement, ouais.
Est -ce qu 'il pense qu 'on devrait s 'intéresser à vous pour le meurtre de
Mylène Calbat ? Normal.
C 'est moi qui ai découvert ses erreurs de comptabilité.
Il m 'aime pas beaucoup, évidemment.
Vous voulez bien nous expliquer ? 100 000 euros.
Qui aurait dû revenir à Mylène et qui l 'avait oublié.
100 000 euros ! Et vous, comment vous vous entendiez avec Mylène ? J 'ai
commencé à travailler pour Mylène en 2020.
quand elle s 'est fâchée avec sa fille.
Elle cherchait une assistante dans la région, elle venait de s 'y installer.
Elle n 'avait pas pu résister à la migration Covid vers la province.
Et comment ça s 'est passé ? Les six premiers mois, c 'était très excitant.
Mylène était très gentille avec moi, elle me faisait même des cadeaux.
J 'ai eu l 'impression de devenir un peu sa... sa fille de substitution.
Et puis...
Peu à peu, ça s 'est détérioré.
Pourquoi ? Elle a senti que pour moi, ma famille, mon amoureux étaient plus
importants qu 'elle.
Et Mylène, c 'était une femme qui voulait toujours être au centre d
Alors elle a commencé à me malmener.
C 'est -à -dire ? Je subissais des humiliations au quotidien.
Un soir, j 'étais à Lille.
Allô, Mylène ? Naomi, vous pouvez venir chercher des enregistrements chez moi, s
'il vous plaît ? Pardon ? Oui, c 'est très important.
Il faut que vous les apportiez demain en main propre à mon éditeur à Paris.
Mais enfin, Mylène, je suis à Lille, là, pour le mariage de ma sœur.
Oh ? Je vous avais avertie.
Je vous croyais que c 'était le week -end prochain.
De toute manière, ça n 'a aucune importance.
J 'ai besoin de vous, vous venez.
Mais je vais devoir conduire toute la nuit, ça ne peut pas attendre lundi. Ah
ben non, non, non, ça sûrement pas.
Si mon éditeur ne les a pas demain, il risque d 'annuler la sortie de l 'album.
Enfin, vous n 'allez quand même pas me faire courir ce risque.
Non.
Bien sûr que non, Mylène.
J 'arrive.
J 'ai roulé toute la nuit.
Je suis arrivée au petit matin.
Mylène dormait encore.
J 'ai attendu deux heures.
Tiens, Naomi.
Mais qu 'est -ce que vous faites là ? Vous m 'avez demandé de venir pour les
enregistrements. Oh ça, je me suis arrangée autrement pour la livraison.
Mais pourquoi ? Comment ça, pourquoi ? Je n 'étais pas sûre que vous viendriez.
C 'est de votre faute.
Mais enfin, je vais renoncer au mariage de ma soeur, c 'est ça ? Oh, c 'est pas
grave. De toute manière, tous les mariages finissent par des divorces, non
c 'est là que votre soeur aura vraiment besoin de vous.
Bon, eh bien, maintenant que vous êtes là, autant vous rendre utile.
Venez.
C 'est la liste des courses pour le week -end.
J 'en étais trop.
Je suis tombée en dépression et j 'ai démissionné.
Je m 'étais jurée de plus jamais retravailler pour elle.
Mais pourquoi vous êtes revenue à son service, alors ? Quand j 'ai commencé à
aller mieux, j 'ai recherché du travail.
Et je me suis rendue compte que Mylène me sabotait par vengeance.
Comment ? En appelant mes employeurs potentiels pour me détruire.
J 'ai pas eu d 'autre choix que de revenir travailler pour elle.
C 'était il y a trois mois.
Alors oui, je la détestais.
Je la détestais, mais de là à là -dessus, elle y a quand même un grand
Vous étiez où à l 'heure du crime ? J 'étais au restaurant.
Angelo.
Seule ? Oui.
J 'aime la bonne cuisine, alors je me suis fait un petit plaisir.
Oh, moi qui admirais Milan, je suis déçue.
Ah bah, Naomi a peut -être pété les plombs.
Elle l 'a étouffée dans son sommeil. Ouais.
L 'humiliation trop, hein ? Bon, je te dépose à la maison. Je vais à l 'Angelo
vérifier son allumé.
Hé, c 'est une idée. Tu sais quoi ? Du moment de l 'anniversaire, on va fêter
au restaurant et en même temps, on vérifie l 'allumé de Naomi.
Bah non.
Non. Non, on peut pas faire ça. C 'est pas très pro, tu vois.
Mais pourquoi ? Maman, tu peux pas aller dans un restaurant dîner et poser des
questions à tout le personnel.
Bah, les filles mangent jamais.
Attends, c 'est mon anniversaire, quand même.
OK.
Allez, on ne peut pas que la maison se fasse jolie, parce que... Ah oui, mais
vite fait, alors. On ne se fait pas un ravalement. Je ne suis plus une jeunette
comme toi.
Maman, t 'es un avion de chasse, de quoi tu parles ?
Oh,
comme t 'es jolie, ma chérie.
Ouais, merci maman.
C 'est marrant parce que je me souvenais même pas que je la laissais, celle -là.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ? T 'as vu, c 'est magnifique, hein ? Mais
maintenant que j 'en sais un peu plus sur la femme, j 'ai du mal à apprécier l
'artiste, j 'avoue.
Non mais me dis quoi que t 'as piqué ça ce matin, tu es minime ? Ben, si,
pourquoi ? Non mais, attends, je les ai empruntées.
C 'est comme s 'il n 'allait jamais les rendre.
Non, mais c 'est illégal, maman.
On déplace rien sur les lieux du crime.
On s 'en fout un peu, non ? Non, mais tu te rends pas compte ? C 'est un vice de
procédure. Tu sais ce que je risque avec ça ? Comme tu vas.
Écoutez de la musique, c 'est un vice, maintenant.
Non, mais de procédure, maman.
Ne joue pas sur les mots.
Oh là là.
Faut se dépêcher.
J 'ai réservé pour 20h30.
Allez, allez.
Tu nous mets en retard.
On y va.
Excuse -moi, ma chérie, je recommencerai plus promis.
Bonsoir. Ah, merci.
Écoute -moi, vous étiez au service hier soir ? Comme tous les soirs, oui. Alors,
ma fille est capitaine de gendarmerie. On enquête ensemble.
Mais... Undercover, vous voyez ce que je veux dire ? Oui.
Enfin, non.
Tiens, passe -moi la photo, ma chérie.
Voilà.
Est -ce que vous reconnaissez cette femme ? Oui, oui, elle dînait ici hier
oui. Ah, et vers quelle heure ? Je dirais entre 20h30 et 22h30 environ.
Seule ? Ah oui, seule, oui.
Donc, elle mange lentement, hein ? Parce qu 'elle a pris un menu dégustation.
Cinq plats, c 'est un service long.
Ah oui, oui, oui. Bon, écoutez, nous, on ne va pas prendre le menu dégustation.
On va garder la carte comme les clients normales, mais undercover.
Vous voyez ? Bien sûr.
Merci,
monsieur.
Merci. Voilà, je me suis trompée. C 'est pas Naomi la coupable, voilà.
Mais maman, mais tu regardes trop de films.
Et puis c 'est quoi ça ? Undercover ? Ah zut ! J 'ai oublié mes lunettes dans la
voiture.
Excuse -moi.
Désolé, je pensais pas être en retard.
C 'était bien 21h, non ? Pardon ? Sur votre texto, c 'était bien 21h que vous
disiez.
Le texto ? Oui, le texto où vous me disiez de vous rejoindre ici pour dîner
vous.
C 'est ma mère qui m 'a piqué mon
téléphone et qui vous a envoyé un texto.
Ah.
Bon, ben... Maintenant que je suis là, je peux quand même...
Dîner avec vous ? Euh, non, non, non, je... Non, non, je vais vous laisser
avec ma mère.
Enfin, si... Elle est rentrée.
Elle est rentrée avec la voiture.
Est -ce que je peux me permettre de vous inviter ? Ça me ferait vraiment plaisir
que vous restiez. Pour une fois, je n 'irai pas seul et je vous ramènerai
D 'accord.
Merci.
Elle est vraiment marrante, votre mère.
Ouais.
Elle est surtout très envahissante.
C 'est toujours mieux que des parents qui vous ignorent.
Comme les miens, par exemple.
Ça fait des mois que j 'ai pas eu de nouvelles.
Je suis désolée.
Oui, bon.
Bon, après, c 'est vrai qu 'elle m 'aide beaucoup.
Surtout avec le boulot qu 'on fait.
Et puis elle fait tout ce que j 'aime faire.
Non mais les courses, à manger, le ménage, les courriers administratifs.
Et les invitations que vous n 'auriez jamais faites.
Aussi, visiblement.
D 'accord, vous voulez prendre un verre ?
Merci à
tous.
J 'attends que j 'aie commencé à lire des cours, tu me diras ce qui te manque.
Ouais.
Bien dormi ? Ouais, ouais, ça va.
Bon alors, raconte.
Non mais y 'a rien à raconter. Bah comment ça s 'est passé ? Bah j 'étais
gênée, voilà.
Non mais maman, qu 'est -ce qui t 'a pris ? Tu peux pas interférer dans ma
comme ça. Il est charmant, ou il est charmant.
Ben... Disons qu 'il est très différent du lieutenant timide du boulot. C 'est
-à -dire ? Ben... Il est drôle.
Et attentif.
Et cultivé.
Enfin, charmant, quoi.
Non, j 'étais sûre qu 'il plaisait à moi. Non, mais pas du tout.
C 'est juste que je le connaissais pas comme ça. Non, mais fais -moi confiance.
Tu t 'amères, je te rappelle.
Bon, allez, dépêche -toi, on va être en retard. Et puis alors, change -moi cette
pub, parce que t 'es tout fripée.
Non, maman, je vais être en retard.
On avait dit une journée. Donc, le stage, il est terminé.
C 'est pas réglementaire que tu suives cette enquête ? Ça manque un peu, non ?
Toi, peut -être, mais pas mes supérieurs. Non, n 'insiste pas.
C 'est comme ça, OK ? À ce soir.
Bonjour, Anna.
Pardon,
bonjour, capitaine.
Oui, bonjour, lieutenant.
A propos d 'hier soir, je voulais vous dire... Faut que je vous parle, Edman.
Monsieur le procureur, je vous en prie.
Vous en êtes où avec l 'enquête ? Rien de concret, pour l 'instant.
Mais c 'est très ennuyeux, ça.
La victime était une personnalité publique, très amie du ministre de la
Je suis bombardé de questions par les journalistes.
Oui ? Coucou, Mouchette.
Je t 'ai amené ton bac avec ?
Tu l 'avais oublié, j 'ai vu qu 'il allait pleuvoir.
Merci.
Monsieur le procureur, Catherine, ma mère.
Enchantée. Mes hommages, madame. Vous comprenez, Linman, si je ne donne pas
infos aux journalistes, ils vont inventer n 'importe quoi.
Alors là, je confirme.
C 'est vrai.
J 'ai déjà eu une affaire de ce genre et j 'ai passé mon temps à rectifier les
infos les plus farfelues qui circulaient dans la presse et qui embrouillaient
les pistes. En plus, le cabinet me demande un rapport quotidien. Je peux
une suggestion ? Non, non.
Oui, mais allez -y, faites.
Alors, je suis journaliste.
Et il se trouve que hier, j 'étais avec ma fille pour le début de l 'enquête.
Oui, parce que j 'étais off en randonnée avec ma mère au moment où on m 'a
appelée pour m 'annoncer. Si vous me donniez l 'exclusivité, ça vous
de répondre à tous les autres journalistes et comme ça, personne ne
raconter n 'importe quoi.
Et puis, je peux me charger de réguler le rapport quotidien pour le cabinet.
C 'est plutôt une bonne idée, ça.
N 'est -ce pas, Liedman ? Non.
Oui, oui, mais non. On est un peu inhabituel, certes. Alors là, vous avez
fait raison.
Comme le disait le général de Gaulle, le plus difficile, ce n 'est pas de sortir
de Polytechnique, mais de sortir de l 'ordinaire.
Mais c 'est... Oui, c 'est pas faux.
Oui, oui. De toute façon, vous pouvez appeler madame la ministre si vous
pour savoir ce qu 'elle en pense.
Moi, j 'ai déjà interviewé plusieurs fois. Non, mais c 'est inutile de se
des signes. A juger.
Vous prenez madame votre mère avec vous et vous vérifiez les comptes rendus. C
'est votre responsabilité, Liedmann.
Madame.
Non mais toi, t 'as interviewé plusieurs fois la ministre.
Si tu crois que je me souviens de tous les journalistes qui l 'ont
interviewée... Bon
alors pour ceux qui ne l 'ont pas encore rencontrée, je vous présente Catherine
Lindemann, journaliste à l 'air du temps. Elle va suivre l 'enquête avec
Fais un ordre du procureur.
Point final. Alors, je suis la mère du capitaine Lindemann, mais undercover.
Soyez bienvenue dans l 'équipe, madame Lindemann. Merci, Pierre.
Bon, on a du neuf ? Oui, oui, oui. Alors, concernant Marc Fauss, le
'attends toujours les caméras de vidéosurveillance de l 'hôtel. OK. Et
Claire ? Claire était effectivement à son cours de yoga, mais j 'ai fait
quelques recherches.
Le centre de yoga est ici, à moins de 10 minutes du Clos des Lillas. À la sortie
du centre, il y a une route en direction de la droite, la maison de Claire, à
environ 20 minutes en voiture.
Et en direction de la gauche, la maison de Mylène.
Et ? Et deux personnes ont confirmé que Claire avait pris la route en direction
de la gauche.
Elle est sûrement allée voir sa mère.
Beau boulot, Pierre. Merci.
Eh ben, on va aller lui rendre visite, à Claire.
Elle n 'est pas là.
Elle avait rendez -vous chez le dentiste, c 'était prévu depuis
Les pratiquants en province, vous savez, c 'est pas toujours évident.
La dernière fois, vous nous avez dit que votre belle -mère avait un caractère de
chien.
Vous pouvez nous en parler un peu plus ? Bon, j 'ai pas tellement eu affaire à
elle. C 'était surtout pour Claire que je disais ça.
Sa mère l 'humilie régulièrement.
Elle la manipulait.
Elle l 'étouffait.
T 'as dû le dire.
Mais par exemple... Le dernier en date, c 'était il y a une dizaine de jours.
Ton assistante Naomi est venue nous voir.
Bonjour Naomi.
Bonjour. Je peux entrer ?
C 'est important.
Voilà, il n 'y a pas mille manières de vous le dire.
Mylène a décidé de mettre en vente votre maison.
Quoi ? Cette maison ? Mais j 'y ai passé toute mon enfance avec mon père.
Oui, mais la maison appartient à votre mère.
Après le divorce, elle vous a laissé y vivre avec votre père par... par bonté d
'âme, alors qu 'il l 'avait quittée du jour au lendemain pour des explications.
Oui, parce qu 'il fallait lui expliquer qu 'elle était insupportable, c 'est ça
? Je suis désolée, elle m 'a demandé de vous rappeler le contexte.
Elle m 'a aussi demandé de vous préciser qu 'après la mort de votre père il y a
10 ans, elle vous a permis de rester dans la maison seule.
Encore une fois, par... Oui, par bonté d 'âme.
C 'est bon, on a compris.
Voilà.
Le fait est qu 'aujourd 'hui, vous n 'êtes plus seule.
Mylène veut vendre.
Si tu veux garder cette maison, tu sais très bien ce que tu dois faire.
C 'est pas loin, c 'est ma maison ! C 'est ma maison, t 'entends ? C
'est ma maison ! Mais qu 'est -ce qu 'elle devait faire ? J 'en sais rien.
Et puis ça va être sûrement aucune importance.
C 'est encore une lubie de Mylène pour humilier sa fille.
Pour bien lui démontrer que sans elle, elle n 'était rien.
Claire a pleuré pendant des jours.
Bon, quand elle rentre, vous pouvez lui demander de passer au plus vite à la
gendarmerie ? Oui, bien sûr.
Ça se complique, hein ? Ça va être très tendu entre elles, hein ? Alors, Claire
aurait tué sa mère pour échapper à son emprise et en même temps, pour récupérer
la maison, hein ? Ben, qu 'est -ce qu 'il y a ? Euh, rien, rien.
Non, mais je me demandais... Qu 'est -ce que t 'aurais fait ?
si j 'avais choisi de vivre avec papa après votre divorce.
Quoi ? Pourquoi tu me demandes ça ? Bah, Mylène, on voulait à Claire d 'avoir
choisi son père.
Toi, t 'aurais compris ? Moi, j 'étais fondue trop quand on s
'est séparées avec ton père, mais oui, bien sûr, j 'aurais compris.
Vraiment ? Mais tout ce que j 'ai toujours voulu, c 'est ton bonheur, mon
chaton. Alors, pourquoi papa, il n 'a pas compris ?
Parce que ton père, quand il est parti, il a juste compris ce qu 'il arrangeait.
Capitaine, ça y est, on a le rapport de la scientifique.
Donc aucun ADN trouvé au Claude et Lilane correspond à ce récolté pour la
de cambriolages dans la région.
Ah, ça veut dire que c 'est bien un crime.
Le meurtrier a brisé la porte -fenêtre et il a volé les bijoux de Ferdinand sur
le tête.
Et c 'est pas tout, la scientifique a trouvé des empreintes de pas dans la
maison. Chaussures masculines, taille 44.
Quelle efficacité, Pierre ! Je n 'ai rien fait, c 'est juste dans le rapport.
Ne soyez pas modeste, c 'est très mauvais pour l 'avancement. Ah, mon
Ah, oui, oui.
Et Marcos, le manager, on a du neuf ? Oui. Alors, j 'ai visionné les caméras
surveillance. Regardez.
Venez voir.
Donc, on voit Marc rentrer dans l 'ascenseur à son étage à 21h35.
Oui. Et ? Et on ne le voit jamais sortir de l 'hôtel par la caméra du lobby. J
'ai vérifié plusieurs fois.
Où est -ce qu 'il est allé alors ? On le retrouve dans l 'ascenseur à 23h23.
Je suis avec ma maîtresse.
Voilà. C 'est pas interdit ? Non, mais donner un faux alibi, ça l 'est.
Et votre maîtresse ? Julia.
Julia, Julia Reber, la pianiste ? Mais vous êtes aussi son manager ? Oui, elle
fait l 'ouverture des concerts de Mylène.
Je suis allé à la tournée aussi un peu pour ça.
Moi, je vais pas vous faire un dessin.
Elle est dans le même hôtel que moi, je fais l 'argent dans sa chambre.
Mais pourquoi vous nous avez menti ? Parce que je me suis embrouillé avec
qu 'elle est capable de mentir pour me foutre dans la merde, ou pire, elle est
tout racontée à ma femme.
C 'est quoi, la raison de votre dispute ? On a passé un moment ensemble et je
lui ai annoncé que j 'avais dû annuler plusieurs de ses concerts et la
par Mylène.
Et qu 'elle ferait l 'ouverture, comme sur cette tournée.
Et Julia l 'a mal pris.
Et j 'avais pas le choix, moi.
Mylène me mettait la pression et je voulais me rabiboucher avec elle.
Oui, et puis rembourser rapidement votre dette.
Oui, voilà. Alors donc, je n 'étais pas dans ma chambre, mais j 'étais à l
'hôtel. Donc c 'est bon, je peux repartir, là ? Ah bah non, à tout de
On va d 'abord vérifier tout ça.
Ah oui, comme on est que deux femmes, ça
risque de prendre un petit peu de temps.
Et t 'as vu, j 'ai fait comme dans les films américains.
Qui est votre maîtresse ? Oui, j 'ai remarqué. T 'as vu ? J 'ai vu, oui.
J 'ai passé une merveilleuse soirée. Je n 'ai pas osé vous le dire devant la
brigade, mais je tenais à ce que vous le sachiez.
Je serais ravi de retourner l 'invitation.
Pierre. Et qu 'est -ce que tu vas lui répondre ? Non mais, maman, mais... T
complète. Ça me dolère. Pas du tout.
De toute façon, c 'est pas le moment, on est en pleine enquête. Bah, ça tombe
bien lui aussi.
Maman, c 'est ma vie et mon téléphone.
De toute façon, c 'est pas la peine de me le repiquer pour lui répondre. J 'ai
changé le code.
Et le mot de passe aussi de mon mail.
Ça, ça va pas être difficile à craquer, hein.
Je parie sur ton grade et l 'année où t 'as été nommée capitaine 2019.
Non.
Non, c 'est pas ça, ça.
C 'est ma mère me casse les pieds 2024.
Tu sais que je t 'adore, mon chaton.
Arrête de m 'appeler mon chaton.
Mais j 'ai l 'air de quoi devant mes collègues. Oui, oui, ma chérie. Bon, on
voir Julia.
C 'était quand la dernière fois que vous avez vu Mylène ? Avant -hier, vers 19h,
à la fin du check -up technique, dans cette salle.
Est -ce que je pourrais avoir un auto ? D 'accord.
D 'accord. Quand ce sera possible, bien sûr.
Et vous avez fait quoi ensuite ? Je suis rentrée à l 'hôtel.
Pourquoi ? Non, non, on vérifiait les emplois du temps de toutes les personnes
qui étaient proches de Mylène.
Alors j 'étais toute proche de cette carte.
C 'est bien que vous ayez le fort tout de même.
Vous aviez la chance d 'ouvrir tous vos concerts.
Est -ce que vous croyez que c 'est grâce à elle ? Elle veut m 'épriser. Elle n
'a fait que me mettre des bâtons dans les roues.
Et c 'est elle qui aurait dû ouvrir mes concerts, si vous voulez mon avis.
Elle ne vous fera plus d 'ombre maintenant.
Vous allez pouvoir prouver votre talent toute seule.
Vous connaissez l 'histoire de Joshua Bell ? Le grand violoniste qui a joué
le métro de Washington ? Non.
Il a passé 45 minutes à interpréter Bach, Schubert, Mahler sur un
'une valeur de plus de 3 millions.
Et bien seulement 7 personnes se sont arrêtées pour l 'écouter jouer.
Et il n 'a récolté que 32 dollars.
Alors qu 'une place pour ses concerts s 'arrache à prix d 'or.
Quand il a fini de jouer, personne n 'a applaudi ni fait attention à lui.
Vous savez pourquoi ? Non.
Parce qu 'il jouait dans le métro.
Les artistes ont besoin d 'un écrin pour briller au -dessus du public.
Et Mylène n 'a eu de cesse que de voler le mien.
Vous vous rendez compte que ce que vous nous racontez fait de vous une suspecte
pour le meurtre de Mylène ? Dans mes rêves, je l 'ai tuée plusieurs fois,
dans la réalité, quelqu 'un s 'en est chargé et je le regrette pas.
Et vous étiez où à l 'heure du crime ? Dans ma chambre, avec mon amant, Marc
Fos. C 'est mon manager, il conservera.
Ben oui.
J 'ai envoyé un texto à Pierre.
Non. Et qu 'est -ce que tu lui as dit ? De vérifier sur les vidéos de
surveillance de l 'hôtel les déplacements de Julia entre 19h et 23h.
T 'as signé avec un petit cœur, quand même.
Évidemment.
Julia rentre à l 'hôtel à 19h33 et elle n 'est pas sortie de toute la soirée, j
'ai bien vérifié. Elle avait bonne raison de se débarrasser de Mylène, mais
je pense que c 'est une fausse piste.
Et si Marc et Julia étaient de neige ? Parce qu 'ils avaient tous les deux
intérêt à faire disparaître Mylène.
Ah mais oui, peut -être, oui.
Le couple d 'amants diaboliques.
L 'amour peut rendre fou, Pierre.
Non mais...
Marc nous a dit qu 'il avait rejoint Julia dans sa chambre. Et Julia a
mais qu 'est -ce qu 'il nous prouve ? Parce qu 'elle a très bien pu sortir de
chambre, prendre des escaliers et la sortie de secours. Il n 'y a pas de
de surveillance.
Et Marc a dit qu 'il était dans sa chambre.
En fait, ils se sont fabriqués un alibi parfait, tous les deux.
Voilà, le hic, c 'est qu 'on ne peut pas le prouver.
Oui, parce que dans une enquête, maman, on a besoin de concret, pas de
supposition. Vous avez compris, Pierre ? Du concret et des réponses, comme un
amour.
Maman ?
Oui ? Tu peux venir dans mon bureau, s 'il te plaît ? J 'aimerais te parler.
Je t 'ai dit, maman, de pas te mêler de ma vie comme ça, ça me met mal à l
'aise.
Et je te parle même pas de Pierre. Ah, tu vois que tu t 'inquiètes pour nous. J
'en reviens pas. Non, mais enfin, écoute, répondre à ton texto, c 'est la
moindre des choses. Mais occupe -toi de tes affaires une fois pour toutes.
Oui, mais mes affaires plus ton bonheur, alors. Mais trouve -toi un mec, fais
pas !
Peut -être parce que tu es seule depuis ton divorce et que ça fait 20 ans. Ce n
'est pas normal.
Si il n 'y a personne dans ma vie, c 'est bien parce que je te consacre tout
amour et aussi tout mon temps libre.
Tu n 'es pas contente que je sois là si souvent pour te tenir compagnie, pour m
'occuper de tout dans la maison, le rangement, la cuisine.
Maman, si je te laisse faire ça, c 'est parce que j 'ai l 'impression que tu te
sentirais seule et malheureuse sans ça.
Malheureuse ?
Mais pourquoi ? Tu veux vraiment que je te dise ? Oui, s 'il te
plaît, oui.
T 'as pas refait ta vie ? Peut -être que depuis ton
divorce, t 'as peur de l 'abandon ? Peur de l 'abandon ?
T 'as pas trouvé ça haut, toi ? Mais maman...
J 'étais petite quand papa est parti, mais... Pardonnez -moi, j 'ai veillé sur
toi. Enfin, j 'étais inquiète.
Oui.
Enfin, j 'ai... J 'aurais été comme j 'ai pu, hein.
Oui, mais tu passais tes journées au lit.
Moi, je venais te voir dans ta chambre quand tu dormais pour te voler tes
somnifères pour pas que t 'en prennes trop.
Et depuis, t 'as jamais laissé un homme t 'approcher.
Et pourtant, des mecs qui draguaient y en avaient.
Justement.
Pardon de vous déranger, mais il y a Claire, la fille de la victime, qui vous
attend.
Je
peux
savoir pourquoi vous m 'avez demandé de venir ? Bien sûr.
Vous nous avez dit être rentrée chez vous après votre cours de yoga le soir
la mort de votre mère.
Oui, exactement.
Nous, on a des témoins qui disent que vous êtes partie en direction de sa
maison.
Ah oui, non, mais c 'est vrai.
J 'avais faim et il y a un Burger Drive à 300 mètres du centre de yoga.
Je suis sûre que j 'ai le ticket dans mon portefeuille.
Oui.
Voilà.
Après, je suis rentrée chez moi, comme je vous l 'ai dit.
Votre épouse nous a parlé de la vente de votre maison.
Qu 'est -ce que votre mère voulait que vous fassiez pour que tout rentre dans l
'ordre ?
Ma mère exigeait que je... que je me sépare de Laurence.
Et pourquoi ? Ma mère ne supportait pas de ne plus être la femme la plus
importante de ma vie.
Quand j 'étais petite, mon père m 'a offert un chiot.
Candy.
Je l 'adorais.
Depuis un jour... Candy !
Chérie, arrête de pleurer comme ça.
Mais maman, Gandhi a disparu.
Ne t 'inquiète pas, il n 'a pas disparu.
Je l 'ai donné à la SPA.
Quoi ? Mais maman, mais pourquoi ? Parce que depuis que ton père te l 'a
offerte, tu délaisses totalement ton piano.
Je t 'avais prévenu.
Votre mère a dit souffrir dans son enfance d 'un manque d 'amour.
Elle a perdu sa mère quand elle avait trois ans.
Son père était un séducteur invétéré, allant de femme en femme, très
autoritaire.
La seule chose qui le satisfaisait, c 'était qu 'elle excelle au piano.
C 'est construit dans le narcissisme extrême grâce à ce talent de pianiste.
Et elle a reporté sur vous ce manque d 'amour.
Je sais pas.
Peut -être qu 'elle m 'aimait.
Elle était difficile, mais...
Jamais j 'aurais pu la tuer.
Par contre, ce matin, j 'ai croisé un homme qui pourrait être un vrai suspect.
C 'est ça.
Un fan de ma mère qui lui avait bien pourri la vie il y a quelques années.
Et vous connaissez son nom ? Antoine Miron.
Un fan pas comme les autres.
Obsédé par la victime, il lui a juste demandé des autographes au début et puis
un jour, Mylène Calbate a accepté de prendre un verre avec lui.
Mais pourquoi elle a fait ça ? Mais enfin, Pierre...
Milan adorait être admirée par un bel homme qui plus est de 20 ans son cadet.
Un dîner, puis après un échange de textos. Vous connaissez la musique,
Oui, là, ça a très mal tourné. Milan s 'est lassée de ses petites attentions.
Antoine est devenu complètement fou. Il a commencé à la suivre partout, à la
harceler. Tout ça pour un gentleman comme vous, Pierre.
Ah, et Milan avait obtenu une injonction d 'éloignement.
Antoine vit à Paris, mais Claire, la fille de Milan, l 'a vue dans les rues
dans le quartier des Chaumettes.
Le puissant fait de l 'appeler.
Vous pouvez me trouver ses coordonnées, Pierre ? Oui.
Avec l 'invention d 'éloignement, il doit être ici.
Alors, il doit être dans la... Voilà, ici.
Ah oui.
Oui, hello ? Oui, capitaine Anna Lindemann, gendarmerie de Miribel.
J 'aurais souhaité vous poser quelques... Ah, il a quelque chose à te
hein ?
Non ? Il doit sûrement être dans un hôtel du quartier des Chaumettes ou
dans une location temporaire.
Donc je vais faire des recherches.
Belle réactivité, Pierre.
Merci, Catherine.
Qu 'est -ce que tu fais, maman ? J 'ai fermé l 'ampoule.
Putain, ça fait trois jours qu 'elle est grillée. Non, mais ça peut attendre.
Non, surtout pas. En plus, il est hyper instable, celui -là.
Je vais chercher l 'escabeau et je vais le faire.
Maman, ça va ? Maman ? Maman, ça va ? Non, ça va, ça va, ça fait rien.
Oh là là, mais c 'est pas possible d 'être comme ça. Tu pouvais pas attendre.
Aïe, mon épaule ! Ah, putain.
T 'en fais vraiment qu 'à ta tête.
Comme ça, tu sais de qui tu te sens.
J 'ai rien à hésiter de papa.
Que le meilleur, mon chaton.
T 'es sûre ?
C 'est tout ce que j 'ai choisi de me souvenir de lui.
Moi, je me souviens de pas grand -chose.
Si, je le regardais partir et fermer la porte.
Et je te revois expliquer à tout le monde pourquoi il est pas là.
Il a un voyage d 'affaires.
Pour moi, ça voulait rien dire.
À part que je n 'allais pas le voir pendant longtemps.
Et puis un jour, il n 'est plus revenu.
C 'est pour ça qu 'après, tu... Tu criais et tu pleurais sur moi, je t
? Bah sûrement.
Ouais, donc tu vois, la peur de l 'abandon, il n 'y a pas que toi qui l
Mais...
Je l 'ai attendu.
Mais ça sait pas tout le dire.
Comment ça ? Le mot, il est tombé aux affaires.
Et puis, un jour, il a pu donner une nouvelle.
Pardonne -moi.
Puis un matin, je l 'ai croisé dans un magasin avec une autre femme.
Mais pourquoi tu ne m 'as rien dit ? Je voulais
que tu choisisses de rester avec moi par amour, pas par pitié.
Mais j 'aurais fait le même choix, maman.
Je suis certainement trop forte.
Ah, mon épaule !
Maman, tu te dépêches, il est tard, là.
Oui, oui, j 'arrive, j 'arrive. Je finis juste le compte -rendu de la journée d
'hier pour le procurer. J 'arrive, j 'arrive, j 'arrive. Qu 'est -ce que tu
fais, Claire ? J 'étais en train d 'enregistrer. Tu m 'en fous ! Je
affaires et tu me reverras plus jamais. Ça suffit, arrête ces enfantillages.
Dis -toi, je veux plus t 'entendre.
Tout ce qui sort de ta bouche, c 'est pour me faire souffrir.
J 'en peux plus de toi.
Je préfère que tu sois morte.
J 'étais en train d 'enregistrer. Je m 'en fous.
Je récupère des affaires et tu me reverras plus jamais.
Non, écoute, ça suffit. Arrête ces enfantillages. Tais -toi.
Je veux plus t 'entendre.
Tout ce qui sort de ta bouche, c 'est pour me faire souffrir.
Je n 'en peux plus de toi.
Je préfère que tu sois morte.
C 'était il y a deux mois.
Ce jour -là, j 'ai annoncé à ma mère mon mariage avec Laurence. Elle n 'était
pas au courant.
Je ne l 'aurais jamais voulu.
On s 'est mariés en secret.
Elle a jamais accepté votre homosexualité ? Non, c 'est pas ça.
C 'est juste qu 'elle a compris qu 'elle était plus la première dans mon cœur.
Et comment est -ce qu 'elle a réagi quand vous lui avez annoncé votre
Sans surprise.
Elle m 'a encore humiliée.
Elle m 'a dit que j 'étais qu 'une idiote, que Laurence me manipulait, qu
s 'était renseignée et que...
Laurence ne s 'intéressait qu 'à une chose.
À quoi ? Sa fortune.
C 'est ridicule, Laurence était mariée avec moi, pas avec elle.
Qu 'est -ce qui s 'est passé le jour de cet enregistrement ? Je suis allée
récupérer des affaires au Clos des Lilas. J 'étais très énervée, mais
'aurais pu faire du mal à ma mère.
C 'est bien là tout le problème.
Mais votre alibi n 'est pas très fiable. Je suis juste allée m 'acheter un
burger, je vous l 'ai dit. Qu 'est -ce qui nous dit que vous n 'avez pas
continué votre chemin jusqu 'à la maison de votre mère ? Mais fermez, j 'aurais
pu faire du mal à ma mère, c 'est juste que mon seul... Capitaine, on a une
urgence. Excusez -moi.
Bonjour, capitaine.
C 'est par là -bas.
D 'accord.
Qu 'est -ce qu 'on a ? Chute mortelle, nuque brisée.
La mort remonte à hier soir, vers 20h.
Peut -être une chute accidentelle ? Je m 'étonnerais.
C 'est probable que Laurence soit partie faire une balade sur cette falaise à la
tombée de la nuit.
D 'après les traces sur la peau, le corps a été déplacé.
Deuxième meurtre.
Super.
Tu crois que les deux crimes sont liés ? Forcément.
Mais qui pouvait en vouloir à Mylène et à Laurence ? Les deux femmes se
détestaient. Elles se connaissaient à peine.
Et puis Laurence était en déplacement au moment de la mort de Mylène. Oh là là,
la poche claire.
Non mais tu te rends compte, perdre sa mère et sa femme à deux jours d
'intervalle.
Et c 'est moi qui dois lui annoncer.
Tu veux que je vienne avec toi ? Non, non, c 'est bon.
Bon courage, mon chaton. Ma passérie.
Ah, vous êtes là.
Ah, Pierre, mais qu 'est -ce que vous faites ? Rien, j 'ai du neuf. Non, mais
pour ma fille, qu 'est -ce que vous faites ? Il ne faut pas trop le faire
pendant qu 'il est chaud.
Écoutez, Catherine, chacun ses méthodes.
Je ne veux pas la brusquer.
Anna est une femme sensible.
Je la respecte. Je crois que le mieux, c 'est juste d 'attendre.
Oh, Pierre.
Vous me plaisez de plus en plus.
Bon, alors, qu 'est -ce que vous avez de neuf ? Je sais où est Antoine Miron.
Comment vous l 'avez trouvé ? En fait, j 'ai obtenu les relevés téléphoniques de
son portable.
Il y avait un numéro qui correspondait à celui d 'une agence de location
temporaire. Donc, j 'ai appelé et puis voilà.
21 rue Jean -Luc Mathieu à Villeurbanne. Alors là, vous m 'épatez. Ah si, ah si,
si, si.
Il est formidable.
Ça me gêne.
Tu m 'écoutes cette voix ? On y va, on y va.
Il est sorti ! Il est sorti !
Ça va capitaine ? Très bien.
Heureusement que je ne suis pas écoutée.
J 'ai failli me prendre une droite.
Oui, mais ton ange gardien était là.
Voilà,
tenez. Merci.
Je vais récupérer le coup.
Qu 'est -ce que tu fais ? On y va, mon château ? Oui, j 'arrive.
Ah oui, désolé, en fait, c 'est parce qu 'il voulait une photo avec mon petit
-fils, du coup je me suis perdu. Vous êtes quoi ce soir ? Ce soir, rien de
particulier. Ce soir, chez vous, 20h.
Bien, capitaine.
Pour dîner.
Ça me va très bien.
Ah, parfait.
Et je ne mange pas de viande.
Pas de viande, c 'est noté.
Je ne me pose pas de questions.
Ok. Merci, Maman.
Ok, ok, pas de question.
Je peux savoir ce que vous me voulez ? Oh, dites donc, si vous n 'avez rien à
vous reprocher, pourquoi vous vous enfuyez comme ça ? Vous vivez à Paris,
Oui, et alors ? Mais qu 'est -ce que vous faites à Lyon ? Je suis venu pour
les concerts de Mylène, c 'est pas un crime ! Et vous êtes allé chez Mylène
Calbate ? Non, jamais.
c 'est du combien ? Pardon ? Vos chaussures, c 'est du combien ? Du 44.
On a retrouvé chez Mylène Calbade les empreintes d 'une chaussure taille 44.
Ça prouve rien.
On va faire analyser vos chaussures.
Et puis, on va vous faire patienter un peu en attendant.
D 'accord, d 'accord, je suis allé la voir.
Mais c 'était pour m 'excuser.
J 'ai été un peu incitant avec Mylène il y a quelques années.
Ça, c 'est le moins qu 'on puisse dire pour qu 'elle demande une âge en
surdéloignement.
Vous ne pouvez pas comprendre.
Oh, essayez.
Je voyais son visage à chaque coin de rue.
Dans les magazines, à la télé.
Je connaissais tout sur Mylène.
Mais pour elle, j 'étais juste un inconnu dans la foule qui l 'adule.
Alors le soir, avant de me coucher, je me demandais si c 'était possible de m
'asseoir avec elle, de lui parler, pour qu 'elle comprenne qu 'elle est toute ma
vie, que je pourrais l 'aimer pour toujours.
Et un jour, elle m 'a ouvert sa porte.
Avant de me claquer au nez un mois plus tard ! Alors oui, j 'ai déconné, je suis
devenu fou ! Et avant -hier, j 'étais venu pour m 'excuser, essayer de me
réconcilier avec elle.
Mais quand je suis arrivé près de sa maison...
Et vous avez pu voir qui c 'était ? Non.
J 'ai juste vu une silhouette entrer dans la voiture.
Mais je suis sûr que c 'était une femme.
Et ensuite ? Je voulais voir ce qu 'il se passait.
Je vous jure que c 'est la vérité.
C 'est très difficile à croire. J 'étais au mauvais endroit au mauvais moment.
Vous découvrez le corps de votre idole.
Il n 'y a pas un moment où vous avez la présence d 'esprit d 'appeler la police.
J 'avais une injonction d 'éloignement. Je savais que j 'étais le coupable
idéal. Effectivement. Mais vous pouvez vérifier ce que je dis.
Que la femme qui est sortie, sa voiture, une Clio orange, avec un autocollant
sur le côté, loca facile.
On va regarder.
En attendant, on va vous garder un petit peu au courant.
Tu crois, toi, à ton histoire ? Pas trop.
Mais on va vérifier.
Pierre, vous pouvez contacter l 'agence Le Café Sil et leur demander la liste de
tous les clients qui ont loué une clio orange le jour du meurtre ? Bien,
capitaine. Et à part ça, j 'ai récupéré les caméras de surveillance autour du
burger et sur la route de la Maison Claire. Je vous montre.
Ah, super.
Donc là, elle arrive de son centre de yoga.
Elle passe la commande au burger.
Et on la voit bien repartir en direction de sa maison.
Oui, donc elle dit la vérité.
Et en plus, en fouillant dans sa poubelle, on a bien trouvé les boîtes de
burgers.
Ben, on la libère.
Entendu.
Merci à tous.
Bonsoir Pierre.
Bonsoir. Vous êtes ravissante capitaine. Enfin, Anna.
Je peux entrer ? Oui, pardon. Bien sûr, allez -y, je vous en prie.
Par là, oui.
Je vais prendre votre bête, si vous permettez.
Oui.
Allez -vous, faites comme chez vous, c 'est presque prêt.
J 'imagine que vous ne cuisinez pas très souvent.
Vous n 'avez pas enquêté, c 'est pas par hasard ?
Un
surfeur passionné de littérature ? Je ne m 'attendais pas à ça.
Quand on approche un être humain, on touche à l 'inconnu.
Citation magnifique de... Édouard Estoni.
Exact.
Vous aussi, vous êtes étonnante, Anna.
C 'est ma mère qui m 'a donné le goût de la littérature.
Ah oui ? Et votre père ? Celui de la fuite, peut
-être.
Et pendant combien de temps ? 37 minutes.
Un surfeur brésilien.
Le plus long ride jamais réalisé sur une vague.
Magnifique.
Vraiment, vraiment magnifique.
Vous voulez un autre thé ? Non, merci.
Il est tard.
Vous êtes sûre ? Non,
vraiment.
Il est tard, je... Ok.
Je vais y aller.
D 'accord.
Je comprends.
Je suis pas prête pour une histoire d 'amour.
Je peux pas bouleverser ma vie comme ça.
J 'ai mon boulot, j 'ai mes habitudes.
Votre mère... Je comprends, Anna.
J 'attendrai.
Ce que je ressens pour vous ne va pas disparaître.
Je suis lent, mais je suis persévérant aussi.
À demain ? À demain.
Bonne nuit, Pierre.
Bonne nuit.
Maman, je suis rentrée.
Oui, oui, oui.
Mais t 'inquiète pas, elle va t 'adorer comme moi.
Ah, comment ça tombe ? Alors, ta soirée raconte ?
Non, ça te regarde pas.
Bon, prends -moi comme tu veux.
Tiens, regarde, c 'est le début de mon article.
Tu veux que je t 'ai un oeil ? Non, pas vraiment, non.
J 'attends. Qu 'est -ce qui se passe ? T 'allais me le dire quand t 'avais un
mec ? Comment tu le sais ? Bah, je suis fliquée.
Mais... Qu 'est -ce que ça change ? Mais tout ! Ça change tout ! Mais c 'est pas
parce que j 'ai un amoureux que je t 'aime moi, ma série ! Oui, alors
tu me le caches ? Mais j 'allais te le dire.
Puis en fait... Je vais écourter un peu mon séjour ici parce qu 'on va
partir un petit peu en vacances ensemble.
C 'est pour ça que tu me pousses dans les bras de pierre ? Quoi ? Tu veux te
débarrasser de moi parce que t 'es plus toute seule ? Mais en fait, ça n 'a rien
à voir.
C 'est vrai, c 'est une coïncidence.
Ben oui, ben oui, la vie a l 'effet de ça, de coïncidence.
Mais t 'as aucune raison d 'être jalouse. Moi, tout ce que je veux, c
bonheur, ma chérie.
Pourquoi tu me fais ça ? Je te fais rien du tout. Je t 'attends.
Je te mets à mort et c 'est tout.
Ce changement, ça va nous faire du bien à tous les deux, crois -moi.
Bonjour, Anna.
Bonjour, Pierre.
Ça va ? Bonjour, Catherine.
Bonjour, Pierre.
Comment ça va, Pierre ? On a du neuf ? Oui.
J 'ai appelé son employeur pour vérifier l 'emploi du temps de Laurence.
Elle n 'était pas en déplacement professionnel le jour de la mort de
C 'est bizarre, parce qu 'on l 'a vue rentrer avec son sac de voyage.
Peut -être que Laurence mentait à Claire.
Peut -être qu 'elle cachait quelque chose comme une histoire d 'amour.
Est -ce que ça arrive, maman ? Ah oui, oui, ça peut arriver, oui.
Et si oui, avec qui ? J
'ai également trouvé autre chose.
Laurent était la fille d 'un certain Jean -Luc Herceban, mort dans l
d 'une bouteille de gaz dans son camping -car. Et ?
Et l 'origine de la fuite de gaz n 'a jamais pu être déterminée.
Et Laurence avait été soupçonnée vu qu 'elle héritait des biens de son père.
C 'est très bizarre.
Enfin, le rapport conclut un accident.
Vous avez autre chose ? Non, rien de particulier.
Né à Marseille, scolarité exemplaire, à l 'internat les lauriers.
Et aucun antécédent qui pourrait laisser penser qu 'elle... À l 'internat les
lauriers ? Oui, pourquoi ? Ah bah parce que Julia était à l 'internat les
lauriers. Attends.
Tiens, voilà.
Après ses études à Marseille, à l 'internat, les lauriers, elle rejoint l
de haute musique de Salzbourg.
Et Julia et Laurence sont à peu près le même âge.
Elles se connaissaient.
Ça change tout, hein.
Hein ? C
'est
quoi cette mascarade ? Vous allez avoir affaire à mon avocat.
Vous connaissez cette femme ? Oui, c 'est Laurence Esteban, on était à l
'internat ensemble.
Et vous l 'avez revue depuis l 'internat ? Non, jamais.
Pourquoi ? Je peux savoir pourquoi je suis là ou...
On l 'a retrouvée morte au pied d 'une falaise.
Quoi ? Ça commence à faire beaucoup de coïncidences quand même.
Vous aviez toutes les raisons de faire disparaître Mylène.
Et vous connaissiez Laurence.
N 'importe quoi. Alors juste parce que je l 'ai connue à dos, ça fait de moins
de suspect.
On pense que Laurence cachait une liaison amoureuse. Et comme par hasard,
arrivez dans la région.
Et elle, elle prétend qu 'elle était en déplacement professionnel. Peut -être qu
'elle avait une liaison avec vous.
Qu 'elle a découvert que vous avez tué Milan et vous en êtes débarrassée.
Mais vous avez beaucoup trop d 'imagination, vous.
En plus, vous connaissez mon amant.
Et puis pas de chance, je suis pas bise.
Donc vous êtes sûre que vous ne l 'avez pas revue depuis l 'internat ? Oui, je
suis sûre que je ne l 'ai jamais revue et que je ne l 'ai pas tuée non plus.
C 'était une fille sympa et parfois fragile, si vous voulez tout savoir.
Fragile. Oui.
Tout l 'internat savait qu 'elle avait des relations très violentes avec son
père.
Qu 'il la brutalisait et on disait même qu 'il abusait d 'elle.
Laurence a été tuée aux alentours de 20h.
C 'est pas de chance, hein. On va sortir de votre hôtel à 19h32.
Vous êtes allée où ? Quelque chose a changé.
De toute façon, on ne croirait pas.
Bon, essayez toujours, hein.
Eh bien, je suis sortie me balader et voir le coucher de soleil, voilà.
Toute seule.
C 'était bon ?
Vous avez pas pris une petite photo ? Bon, maintenant que ça commence à bien
faire, je refuse de répondre à vos questions sur la présence de mon avocat.
'est clair ? Très clair.
On y va.
Elle dira rien de plus, hein ? Mais on n 'a aucune preuve.
Non, mais c 'est possible que Laurent s 'est tué son père.
Parce qu 'il a mis Zéden, mais ça résout pas notre enquête. Hein ? Un moucheton.
Ça y est, capitaine, j 'ai la liste des personnes qui ont loué une Clio orange.
OK.
D 'accord.
T 'es pas bavarde aujourd 'hui, là.
J 'ai rien à te dire.
Oui, j 'ai bien loué une Clio orange.
Ma voiture était au garage, une panne d 'injection.
Mais pourquoi vous êtes allée chez Mylène ? J 'avais oublié mon ordi au
lilas. Et puis je devais préparer un dossier pour Mylène avec ses dates de
concert, l 'organisation des voyages, tout ça pour le lendemain.
Donc comme sa maison n 'était pas loin du resto, j 'y suis passée après avoir
dîné. Mais ça explique pas pourquoi vous avez fouillé au rez -de -chaussée à la
lampe de poche.
Quand je suis arrivée, tout était déjà éteint.
Ah.
Mylène se couche tôt, souvent elle prend un somnifère, je voulais pas la
réveiller, c 'est tout. Mais comment vous êtes entrée ? Bah j 'ai les clés.
C 'est moi qui gère tout, entretien, réparation.
Vous avez pas vu que la vitre de la piscine était cassée ? Non, j 'y suis
allée. Mon ordi était dans le salon.
C 'est dommage, vous auriez dû nous parler de votre petite escapade nocturne
chez Mylène.
Je suis.
Mais vu ma présence, vers l 'heure de sa mort, vous mourriez tout de suite pour
le sonner. Et je vous jure que j 'ai rien fait.
Mais maintenant, c 'est pire.
Vous êtes doublement suspecte.
Je vais pas vous placer en garde à vue.
C 'est difficile de croire à son histoire d 'ordinateur, mais... C 'est
possible.
Elle avait toutes les raisons d 'en vouloir à Mylène, mais pourquoi s 'en
prendre à Laurence ? Il y a un truc qui cloche.
Il y a un truc qui cloche... Comme entre nous, mon chaton.
J 'ai pas envie d 'en parler.
Dès que l 'enquête est terminée, tu peux rentrer à Paris pour retrouver ton mec.
Alors ?
Bah non, mais on est au point mort.
C 'est dire que j 'ai fait un selfie avec Mylène quatre jours avant sa mort.
Tiens, regardez, Pierre.
Ah oui.
Hein ? Oh putain ! Ma maman.
Tu vois ce qu 'on voit ? Regarde.
Oh putain ! Regarde ce qu 'il passe.
J 'allais voir un concert de votre mère la semaine dernière à Paris et j 'ai
fait un selfie.
Oui, et alors ? Ben, ben, ben. Alors ? Voilà.
C 'était il y a une semaine.
Votre mère n 'a pas pu vous donner ce collier avant sa mort. Vous ne l 'aviez
pas revu depuis dix jours.
Collier, c 'est...
C 'est mon père qui lui a offert.
Mon père, j 'adorais.
J 'ai pas pu m 'empêcher de le porter.
Mais pourquoi n 'avoir pris que celui -là, juste après avoir tué votre mère ?
'est pas moi qui l 'ai tué.
Il y a deux mois, quand je me suis disputée avec ma mère,
elle m 'a remis un dossier sur Laurence, juste avant que je parte.
Je l 'avais jamais ouvert.
Mais après sa mort, je l 'ai fait.
J 'ai découvert le passé de Laurence.
Alors je suis allée fouiller dans ses affaires.
J 'ai trouvé un sac.
Il était rempli des bijoux de ma mère.
Quand Laurence est rentrée du travail.
T 'es là ma puce.
Je sais ce que t 'as fait.
Pourquoi Laurence ? Explique -moi.
T 'as tué ma mère.
Mais pourquoi ? Pourquoi ? Pour toi.
Je l 'ai fait pour toi.
Parce que je t 'aime.
Quoi ? Mais qu 'est -ce que tu racontes ? J 'en pouvais plus.
De l 'avoir tout dit comme ça.
Pendant trois ans, je t 'ai vu dépérir à cause d 'elle.
J 'ai trop vécu ça avec mon père.
Je sais que le seul moyen de se libérer de l 'emprise d 'un abuser, c 'est de le
faire disparaître à jamais.
C 'est ma mère qui avait raison, j 'ai épousé une psychopathe ! Claire, écoute
-moi, écoute -moi.
J 'ai fait ça pour toi.
Pour que tu revives, pour qu 'on soit libres.
Me touche pas ! S 'il te plaît, Claire !
Je paniquais.
Je ne savais pas quoi faire.
Et c 'est là que vous avez décidé de faire croire à un accident en jetant son
corps du haut de la falaise ? Non, c 'était vraiment un accident.
Elle a basculé et je... Elle a basculé et je ne voulais pas.
Je n 'ai jamais su me mettre des limites, me protéger, m
'affranchir de l 'emprise de ma mère.
C 'est de ma faute.
J 'ai tout perdu.
Ma mère.
Ma femme.
Et j 'aimerais finir ce récit par une pensée personnelle.
Ria n 'est plus fort que l 'amour d 'humeur pour son enfant.
Si fort qu 'il peut surmonter les pires épreuves.
Mais aussi se transformer en une tempête qui détruit tout sur son chemin.
Même le cœur de son enfant.
en n 'y laissant aucune place, sauf pour elle.
Grâce à ma fille capitaine de gendarmerie, au cours de cette enquête,
appris quelque chose d 'essentiel.
Le cœur de ma fille doit s 'ouvrir à d 'autres amours que le mien.
Ainsi va la vie.
C 'est un très bel article, maman.
C 'est vrai, ça t 'a plu.
Mais tu t 'en vas ? Bah oui, c 'est le moment.
Je vais retrouver mon amoureux.
Puis tu devrais faire la même chose.
Merci.
Tu te rends compte ? Même la ministre de la Culture m 'a félicité pour mon
article. C 'est pas vrai.
Je te l 'ai pas dit ? Ça fait juste 20 fois depuis le début du mois.
Bon, et alors, les bonnes nouvelles, je les partage plusieurs fois.
Bon, Pierre, j 'en peux plus.
Allez, Lucia, ça va aller.
La prochaine fois, on ira faire du surf. Comme ça, au moins, vous pourrez
bronzer tranquillement sur la plage.
Eh, les filles, on fait une pause, là ? J 'en peux plus, moi.
Ça vous dit que c 'est 20 fois depuis le début, non ? Bah, allez.
Venez, on va les rattraper.
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