All language subtitles for Vanina - Meurtres en Sicile - 1x02 - Sable noir - French HDTV H264

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Original subtitles

Je suis désolée que t 'aies dû tout emballer et taper la route jusqu 'ici.

Écoute, c 'est toi qui as décidé qu 'entre nous, ça devait en rester là.

Comme tu le voulais, je t 'ai apporté tout ce que tu avais oublié dans mon

appart.

Genre quoi ? Quelques livres ? Quelques DVD ? Quelques livres ? Quelques DVD ?

On

vous donne un coup de main ? Merci, Nello. C 'est très gentil à vous.

Est -ce qu 'on peut parler de ta lampe en forme de bulldog ? Quoi ? J 'ai géré

le bulldog, un cadeau de mes copines de collège. Très bien, dans ce cas, j 'ai

trouvé aussi le tableau là, avec un type qui mange.

Et quand tu le regardes de côté, il devient énorme. Pipo mange mes lasagnes,

est marrant celui -là par contre. Si on veut.

Très bien, Tom, j 'avoue, je suis une accumulatrice compulsive.

Oui.

La boucle est bouclée.

Tu as récupéré tes affaires, et moi... Bah... J 'ai fait de la place dans mon

appart.

Fais sûr que Pipo mange mes lasagnes, te manquera.

À voir.

Mais pas autant que toi.

Salut Nello.

Qu 'est -ce qui s 'est passé ? Venez, monsieur.

Je vais vous montrer.

Il manquait plus que le sable noir, maintenant.

C 'est par ici, venez. C 'est à l 'étage. Suivez -moi.

Voilà, monsieur Alfio.

L 'arbre était sec depuis longtemps.

Il s 'est brisé et il a cassé la fenêtre. Regarde -moi ce travail, je te

Il manquait plus que ça. Va falloir tout faire nettoyer et réparer.

Va voir s 'il n 'y a pas d 'autres dégâts dans la pièce d 'à côté.

Ok.

Regarde bien.

De ce côté, tout va bien, monsieur Alfio.

C 'est quoi ce truc ?

On va déplacer la statue.

Viens m 'aider, viens.

Qu

'est

-ce que c 'est que ça ? C 'est un mot de charge ?

On va aller voir en bas où il arrive.

Viens, viens.

Il devrait être là.

On va déplacer ce buffet. Viens, donne -moi un coup de main.

T 'as vu ça ? C 'est un monde -charge.

Et tu fais quoi, là ? Aide -moi, tu vois bien que j 'y arrive pas tout seul.

Oh putain ! Merde !

J

'arrive pas à le croire.

Allez, arrête de tirer la tronche comme ça.

Sérieux, laisse -moi te maquiller.

Non, arrête, t 'es ridicule.

Tais -toi, avec une petite touche de blush et un peu de rouge à lèvres, même

fiancée de Frankenstein a l 'air d 'être fraîche.

Je ne sens pas ça.

Je le savais que je n 'aurais pas dû aller à Palerme.

Pas seulement pour Paolo, mais maintenant il y a ma sœur qui va se

me demande d 'être son témoin. Et alors, pourquoi ça ne te réjouit pas ? Je

déteste les mariages, ma vieille. Parce qu 'il y a la famille qui me regarde des

pieds à la tête.

Je les supporte pas.

Oui, et surtout, tu n 'as ni fiancé, ni compagnon. C 'est ça, le vrai problème.

On est d 'accord ? Hein ? Ouais.

Elle y est pour rien, ta sœur, là -dedans. Toi, tu te sens mal à cause de

Ramène ta bouche, allez.

Je sais.

Mais t 'as pensé à donner une seconde chance à votre histoire ? Non, Julie,

Paolo, c 'est fini, point, la ligne.

Et Manfredi, là, ton médecin à moto, raconte. Avec lui, qu 'est -ce qui s

passé ? Vous aviez entamé une relation, ou quoi ?

Oui, il me plaisait bien, Manfredi.

Mais après, Paolo est réapparu. Non, imagine qu 'il se fasse des films et qu

crise au premier texto quand verra Paolo. Attends, Paolo, c 'est non.

Manfredi, c 'est non. On fait quoi, maintenant ? On devient des bonnes sœurs

'en sais rien. Vas -y, dis -moi, toi.

Je veux un Toy Boy.

Mais arrête tes conneries, sérieux. Même toi, tu le sais bien que t 'es trop

bonne et beaucoup trop jeune pour avoir un Toy Boy.

Oh, c 'est pas un peu fini, ce bordel. J 'aimerais bien dormir, là. Et alors ?

Vous avez raison, c 'est à cause d 'elle. Je vous excuse, c 'est mon ami,

Oui, oui, c 'est mon ami, c 'est mon ami, bien sûr.

Pano, dis -moi ce qu 'on a.

Commissaire, il y a des gens qui ont trouvé un cadavre dans une ville, là.

C 'est un meurtre ? Peut -être.

Qu 'est -ce que ça veut dire, peut -être ? C 'est pas facile à dire,

franchement.

J 'arrive.

Je dois y aller.

Mais où tu vas ? Je n 'arrive

pas à le croire. On va bien voir si vous me comprenez maintenant.

Merci.

Je ne peux pas croire qu 'elle a fait ça.

Bien. Mais où tu vas comme ça ?

Le phareau.

Désolé.

Tu fais quoi à part jouer avec ton téléphone ? Je vous attendais,

Vous avez vu le sable noir ? C 'est l 'ETNA qui fait ça.

Quand ça lui chante.

Génial, il manquait plus de ça.

Commissaire, croyez -moi, il faut toujours avoir un parapluie sur soi.

Il faut toujours laisser son portable chez soi en ce qui te concerne.

Oui, l 'entrée, voilà, de ce côté.

Bonsoir. Bonsoir.

Bonsoir. Ah, vous voilà.

Mais pourquoi vous êtes trempé comme ça ? Je te raconterai plus tard. Où il est

? Je vous le montre, venez.

Mais c 'est quoi cet endroit ? Laissez tomber.

On n 'arrive même pas à respirer avec toute la poussière qu 'il y a.

Bah, vous étiez sous la douche quand je vous ai appelé.

Dis -moi où est le cadavre, d 'accord ? Là.

Putain.

Putain, ouais.

J 'en ai vu des macchabées, des éventrés, des ensevelis, des brûlés

Mais un truc de ce genre, c 'est la première fois.

Pour moi aussi.

Martha, il y avait quelque chose d 'autre avec le cadavre ? Oui.

Venez.

Il y avait un sac à main, un Vanity Case, une bouteille de parfum, et aussi

une boîte en métal.

On dirait un petit coffre -fort.

Qui a découvert le cadavre ? C 'est Alfio Burano. La famille Burano est

propriétaire de cette villa depuis toujours.

Où il est ? À côté.

Suivez -moi.

Le voilà.

Commissaire Guarazi.

Commissaire ? Ah, aussi jeune.

Pourquoi, c 'est un problème ? Non, au contraire. En tout cas, félicitations.

Vous vivez ici depuis combien de temps ? Non, je ne suis pas ici, je viens juste

les week -ends.

Et évidemment, jamais dans ces pièces.

Cette partie de la maison, on peut dire que je n 'y suis quasiment jamais venu.

S 'il n 'y avait pas eu cet arbre qui est tombé à travers la fenêtre... Quelle

pièce vous utilisez alors ? L 'aile ouest.

Je l 'ai restructurée avec la permission de ma tante Teresa.

Pourquoi votre tante ? C 'est à elle qu 'appartient la villa.

C 'est donc elle qui habitait là ? Non.

Ma tante Teresa, non.

Elle n 'a jamais vécu ici.

D 'accord, alors qui vivait ici ? Il y a bien quelqu 'un qui y allogait, non ?

Oui, oui, oui.

Son mari, mon oncle Gaetano.

Mais depuis qu 'il est mort, personne n 'a vécu dans la villa.

Il est mort quand, votre oncle ? Quand il est mort ? Il y a au moins 50 ans, je

pense. Je ne l 'ai jamais connu.

Bon, on a fini pour l 'instant.

Excusez -moi pour ma franchise, commissaire.

Ça vous va très bien, les cheveux comme ça.

Avec cet effet un peu mouillé. C 'est cool. C 'est pas un effet mouillé.

Ils sont mouillés.

Papa Lardo.

Il y avait des papiers dans le sac à main ? Non, on n 'a rien trouvé qui

permettre de l 'identifier. Je vous ferai envoyer tous ces objets dès que

possible. Merci.

En revanche, je peux jeter un œil maintenant à ce que contient le coffre

Bien sûr.

Ben merde, ils ont planqué la morte avec tout cet argent.

Qu 'est -ce que vous regardez comme ça

? La date d 'émission.

Février 1970.

Je veux savoir tout ce que vous arriverez à trouver sur les Burano. Le

légiste ? Il devrait arriver dans une demi -heure.

Dites -lui de m 'appeler demain.

D 'accord.

Vous m 'avez prévenu que le cadavre était un peu trop cuit, mais là, vous

pratiquement pu appeler un archéologue.

On a une idée de l 'époque du décès ? Non.

Après un certain nombre d 'années, on ne peut plus déterminer l 'époque avec

précision. De ce que j 'ai vu, ces vêtements pourraient dater du début des

années 70, non ? Oui.

Oui, je suis d 'accord.

Et le fait qu 'on les retrouvait momifiés ? Ça, c 'est dû à la grille en

monde -charge qui a drainé les liquides, parce qu 'autrement, on n 'aurait

retrouvé que ces os.

T 'as vu l 'expression sur son visage ? On dirait comme un cri de terreur.

Oui, c 'est vrai que c 'est impressionnant.

Mais ça ne veut pas forcément dire quelque chose. Ça peut très bien être dû

simplement au relâchement de la mandibule post -mortem. D 'accord, mais

meurtre ou non ? C 'est difficile à dire à ce stade.

Aucune blessure par arme à feu, ni par arme blanche. Elle a très bien pu être

étranglée ou empoisonnée, mais franchement là, c 'est plus possible de

déterminer. En tout cas, une chose est certaine.

Le Mont -de -Charges était fermé de l 'extérieur, donc cette femme n 'a pas pu

'enfermer toute seule là -dedans.

Pour moi, c 'est un homicide.

Autre chose ? Elle devait être assez jeune, entre 25 et 35 ans à vue d 'œil.

'est tout ce que t 'as ? Oui, c 'est tout ce que j 'ai, Vanina.

Mais tu te rends compte qu 'on parle d 'une momie, là ? Je suis médecin

j 'ai pas une boule de cristal, d 'accord ? Spano, t 'as découvert quelque

? Mosse, vous pouvez douter que les étoiles sont des boules de feu, que le

soleil se lève et se couche, que la... T 'es moche et puante, mais vous devez

jamais douter de moi.

D 'accord ? On se voit au bar.

Une boule de clitelle.

Salut, ma beauté.

Benoît, pourquoi tu lis ces trucs -là ?

Oh, c 'est -à -dire que, disons que comme ma femme, quand on était ensemble,

elle disait que je comprenais rien, alors je me suis dit, bon... Tu crois

pouvoir comprendre les femmes grâce à ça ? Ah, vous croyez que ça sert à rien ?

Oui, explique -moi. Pourquoi tu cherches pas une femme pour de vrai ? Qui, moi ?

Hein ? Non, non, c 'est n 'importe quoi, on travaille beaucoup trop. Non,

laissez tomber, c 'est n 'importe quoi.

Alors, quoi de neuf ? Qu 'est -ce qu 'on a ? Alors, vous vous souvenez qu 'Alfio

Buano nous a raconté qu 'après la mort de son oncle Gaetano, personne n 'a plus

jamais habité dans la villa.

Cet oncle Gaetano, il n 'est pas mort de maladie.

Il a été abattu. Et le meurtre a eu lieu précisément à la Villa Chara.

Pourquoi Burano nous a rien dit ? Excellente question.

La propriétaire Teresa Burano, elle a des enfants ? La famille ? Non, Teresa

Burano n 'a pas eu d 'enfants. Alfio Burano est le seul parent qu 'elle a.

Dans la matinée, j 'irai parler avec elle.

Et cet après -midi, je vais voir la Villa. Il faudra que son neveu soit là.

Oui, mais attendez, votre petit déjeuner.

Pas faux.

Je l 'emporte.

Comment va Cecilia ? Elle va mieux.

Tu sais, l 'autre jour, j 'ai vu que c 'était... Il y avait un petit... Enfin,

'ai vu que c 'était ton anniversaire.

Oui, mais c 'était il y a deux mois.

Et donc, je me suis dit que j 'allais te faire un petit cadeau. Oh, merci.

C 'est gentil.

C 'est un film de guerre.

Magnifique. C 'est un de mes préférés.

Bonjour à tous.

Bonjour, commissaire.

Désolé, je ne vous ai pas entendu arriver.

Lofaro, même un gamin de 5 ans ne regarderait pas ces trucs -là, ce n 'est

vrai. Désolé.

Mais c 'est des génies ces gars -là.

Laisse tomber le concept de génie, ce n 'est vraiment pas pour toi.

Alors voilà ce qu 'on a.

On sait seulement que la femme était jeune, entre 25 et 35 ans. Donc si on

considère la date du billet de banque, il faut remonter à tous les signalements

de disparition entre 69 et 75.

Très bien, c 'est noté.

Nonari, raconte -nous la mort de Burano.

À vos ordres.

Alors, les Burano sont depuis toujours une famille très riche et extrêmement

puissante à Catane.

Gaetano Burano, le dernier à avoir vécu à la Villa Chara, a été tué par balle en

décembre 1970 dans son bureau.

Apparemment, il s 'agissait d 'une affaire mafieuse. C 'est la brigade

criminelle qui s 'en est chargée.

Ils ont arrêté Massino Di Stefano, qui gérait les affaires de Gaetano Burano.

Et qui avait des liens mafieux avec la famille Tsina.

Les Tsina, bien sûr.

Et le mobile ? Apparemment, Gaetano refusait de faire construire un acte duc

ces terres, alors les Tsina l 'ont éliminé.

Bon, vois ce que tu trouves sur le procès. Je vais parler avec Teresa

Martha, tu viens avec moi ? Oui.

Viens par là.

Bonjour.

Vous êtes de la police ? Oui, j 'ai fait appelé. Vous ne devriez pas montrer

votre carte ? Bien sûr, quand on m 'en laisse le temps.

La voilà.

Il y a même la photo.

Commissaire Guarazi.

Très bien.

Vous êtes qui, madame ? Clelia Santandriano, secrétaire personnelle de

Burano. Je souhaiterais toutefois souligner que madame a fait preuve d

grande disponibilité en acceptant cette rencontre. Oui, et alors ? Alors rien du

tout.

Je tenais à le souligner. D 'accord, alors je souligne également que nous

enquêtons sur un meurtre. Madame a un certain âge et des émotions trop fortes

pourraient lui être fatales.

Je le lui avais personnellement déconseillé. Et personnellement, je

parce que je viens à souligner que je ne fais que mon travail.

Figurez -vous.

Veuillez me suivre.

Bonjour, commissaire Guarazi. Asseyez -vous, je vous en prie.

Mon neveu Alfio m 'a déjà tout raconté.

Est -ce que vous connaissiez l 'existence de ce monde -charge ? Non,

villa, je n 'y allais jamais.

Vous fumez ? Oui.

Accompagnez -moi.

Donc, si j 'ai bien compris, votre mari passait beaucoup de temps à la villa.

Vous ne le suiviez jamais ? Non.

Comment ça se fait ?

Je préférais de loin l 'ambiance de la ville.

J 'aimais la vie en société.

Gaetano, si on peut le dire ainsi, lui, il appréciait un autre type de

mondanité.

Bien heureuse de jeunesse.

Écoutez, à mon âge, il ne sert à rien de continuer à être hypocrite.

À cette époque, un homme, et particulièrement un homme riche comme

ne s 'embarrassait absolument pas de l 'obligation d 'être fidèle à son épouse.

Et là, dans cette villa, mon mari menait son existence.

Et moi, j 'en savais mieux je me portais.

Vous savez s 'il y avait beaucoup de femmes autour de votre mari ? Ah oui,

infinité. Si je vous dis un harem, peut -être même plus encore.

Et en dehors des maîtresses de votre mari, qui aurait pu connaître l

de ce fameux Montserge ? À part son administrateur, personne.

Massino di Stefano.

Oui, Massino di Stefano.

C 'était le seul à se rendre régulièrement à Chara.

Le seul à qui mon mari, ce pauvre diable, ait accordé sa confiance.

Le seul qui ne la méritait vraiment pas, d 'ailleurs.

Votre mari aurait été capable de tuer quelqu 'un, selon vous ? Qui ça ? Mon

Gaetano ? Absolument pas, non, ce n 'était pas un homme violent. Oui, c

un véritable coureur de jupons.

Mais pour le reste, non.

Au risque de choquer vos oreilles.

C 'était vraiment une couille molle.

Et à votre connaissance, madame, y a -t -il eu des disparitions dans l

'entourage de votre mari ? Il ne me semble pas, non.

De toute façon, je n 'ai jamais rencontré aucune de ses maîtresses.

Ça ne me disait rien de mettre mon nez dans les saloperies qui se déroulaient à

la villa.

Je vous remercie.

Pour le moment, ce sera tout.

Ah, une dernière petite question.

Votre neveu, Alfio, entre autres choses, nous a dit qu 'après la mort de votre

mari, plus personne n 'avait vécu là -bas.

C 'est vrai ? Oui.

Après que la police a terminé son enquête, j 'ai donné l 'ordre qu 'elle

fermée.

Vous pourrez comprendre, je crois, que je ne voulais plus en entendre parler.

Vous pouvez me suivre.

Au revoir.

Au revoir.

On a six signalements de femmes disparues, parmi lesquelles quatre ont

retrouvées. Trois vivantes et une morte.

Et les deux autres ? Elles ne correspondent malheureusement pas à l

notre cadavre. Donc on cherche une femme dont personne n 'a jamais signalé la

disparition.

Ok. Nonari, t 'as des infos sur le procès ? Affirmatif. J 'ai suivi les

Alors, Massino Di Stefano avait été condamné à perpétuité pour le meurtre de

Gaetano Borrano. Il est mort en taule d 'un infarctus en 1997.

Il a toujours répété qu 'il était innocent.

Mais tous les indices convergeaient vers lui.

Quels indices ? Tout d 'abord, le soir du crime, il n 'y a plus d 'un témoin

dit l 'avoir vu sortir de la villa l 'air agité et contrarié. Ensuite,

la femme de Gaetano, et Arturo Reina, le notaire de la famille, ont déclaré à

cette époque que Gaetano Borrano s 'était opposé depuis toujours à la

terrain au DIN.

Or, Massino di Stefano aurait pu gagner énormément d 'argent avec cette histoire

d 'agduc.

Ça nous fait un mobile assez clair. Et puis, il y a autre chose, boss.

Gaetano possédait à ce moment -là une voiture de luxe, une Mercedes W109.

Et grosse coïncidence, le double des clés de la voiture a été retrouvé chez

Massino di Stefano alors qu 'elle a subitement disparu.

Massino a toujours juré qu 'il n 'était au courant de rien, mais la police a

pensé qu 'il l 'avait volée pour la revendre.

Massino di Stefano aurait volé et revendu la voiture d 'un homme qu 'il

peine de tuer ? C 'est un truc de taglé. Non, boss.

Le fait est que Massino avait pour défaut d 'aimer les jeux de hasard. Tout

monde savait qu 'il était criblé de dettes et qu 'il avait besoin d 'argent.

Commissaire, la scientifique nous a envoyé les effets de la momie.

Je les mets où ? Des bijoux.

Un sac à main.

Une bouteille de parfum vide et dont le bouchon a disparu.

Étrange. Ouais.

Ils les ont comptés, il y en a pour 50 millions de lire.

Combien ? Merde, alors 50 millions, c 'était une sacrée somme à cette époque.

Attendez, j 'ai rien compris. Ce type aurait buté cette jeune femme, et après

aurait laissé l 'argent là -dedans ? Et s 'il voulait juste planquer son pognon

? Non, s 'il avait juste voulu le cacher, il l 'aurait bien repris à un

ou à un autre.

Aujourd 'hui, ce fric est bon pour la déchetterie.

Commissaire Guarazi.

Comment ça va ? C 'est un plaisir de vous voir. Vous allez bien ? C 'est la

première fois que quelqu 'un est content de voir la police. Il faut voir qui est

la policière en question.

Oui, d 'accord. Je vous en prie, venez.

Attention à ne pas glisser. Le sable de l 'étenant envahit tout, on n 'en manque

pas.

C 'est moi qui rêve ou il veut se frotter à notre boss ? Se frotter ?

? Il tente un peu sa chance, quoi.

Martha, Spano, je vous laisse continuer.

Je me permets.

La terrasse est magnifique.

De là, on a une vue spectaculaire.

Pourquoi ne pas m 'avoir dit immédiatement hier que vos troncles

assassinés ? Je ne pensais rien, sincèrement. Je ne pensais pas que c

important. Burano, ne jouez pas à cela.

C 'est à cause de ma tante.

Vous ne savez pas comment elle est.

La façon dont mon oncle est mort...

Tuée par la mafia, ça n 'a pas seulement été un deuil pour elle, mais aussi un

scandale pour toute la famille.

Alors maintenant, avec le cadavre qu 'on vient de retrouver... Pourquoi vous

tenez autant à votre tante ? Pourquoi ? Vous savez à quel point elle est riche,

non ? Eh bien, figurez -vous que je suis le seul héritier.

Il faut que je reste en bon terme avec elle.

De quoi vous vivez exactement ? Tu ne veux pas m 'appeler Alfio et me tutoyer

Il ne faut pas te formaliser.

Je vous écoute.

Je dirige un vignoble.

Un vin fabuleux, surtout la cuvée de cette année.

D 'ailleurs, je vais vous en faire livrer une caisse. Vous m 'en direz des

nouvelles. Il est à vous ? Quoi donc ? Le domaine viticole.

Non.

Lui aussi, malheureusement, il est à ma tante.

Mais dites -moi, je me demandais par hasard un de ces jours. Ça vous dirait

'on est déjà ensemble ? Ça pourrait être l 'occasion de discuter plus

tranquillement.

Et de quoi vous voulez parler tranquillement avec moi, je vous écoute

morte. Je peux peut -être vous être utile d 'une façon ou d 'une autre.

C 'est chouette que vous vouliez vous rendre utile, j 'apprécie vraiment le

geste.

Mais utile de quelle manière ? Eh bien, je pensais à certains

souvenirs, certains détails.

J 'ai souvent pas mal de choses qui me reviennent en mémoire, des trucs

importants. Mais on est d 'accord qu 'on parle d 'une époque où...

Vous n 'étiez pas encore né, ou à la rigueur, vous étiez en mode cousculotte,

alors je pense qu 'on est mal parti pour les souvenirs.

En tout cas, merci quand même.

Je vais pouvoir en faire quelque chose, j 'en suis sûre. Oui, oui, je vais les

prendre. Je vais les prendre.

Salut les filles. Salut Vanina.

Bonsoir ma belle. Ça te dit une partie de carte ce soir ? C 'est gentil

mais ce soir je suis exténuée et puis je perds toujours contre vous.

Malheureuse au jeu, heureuse en amour, non ? C 'est vrai.

Eh oui, c 'est comme ça que ça marche.

Pour toi.

Calamare au jus de poisson et sardine farcie à la sicilienne.

C 'est fait maison. On a tous préparé quelque chose, mais à la fin, il reste

peu de tout. C 'est dommage. Prends ça, trésor. C 'est gentil, merci. Tu m

'évites une assiette tristonnette de pâte nature.

C 'est sacrilège, les pâtes nature.

Tu sais bien que tu peux toujours sonner chez moi.

Très bien, d 'accord.

Bon appétit. Merci pour l 'appétit, trésor.

Bonne nuit. Bonne nuit.

Alors, on s 'y remet ? Alors, ça se ramasse.

Pose -les correctement, vas -y. Pose -les bien. Pose -les correctement. La

tempête de sable noir qui s 'abatte sur Qatar ne faiblit pas. Les cendres

volcaniques provenant du cratère de l 'Etat recouvrent depuis plusieurs jours

ville du village limitant.

Salut, mon cœur.

Salut, ma petite fleur sauvage.

Je t 'ai repassé quelques trucs.

Ah, mais il y a Carmelina qui vient exprès pour ça. Mais ça fait rien, ça me

détend. Et puis je repasse mieux que Carmelina. Regarde ça.

On voit même pas un pli.

Je te le dis toujours, tu es un homme parfait.

Et toi, tu es une femme parfaite.

Par contre, tes goûts cinématographiques sont un peu discutables. Pardon, mais c

'est quoi cette horreur ? Jusqu 'à la dernière tranchée ? Oui, c 'est un

de Nunari.

Hein ? Nunari. Pardon ? Le beret vert ? Oui.

Qu 'est -ce qu 'il veut de toi, celui -là ? Rien, c 'est par gentillesse.

Par gentillesse ? Tu te fiches de moi. Le petit soldat, il essaie de te choper,

crois -moi.

Mais tu vas voir, moi, je vais l 'envoyer traquer des voleurs de brebis

montagne, aussi frais que je m 'appelle Tito. Non, mais ça va pas, qu 'est -ce

que tu racontes ? Mais arrête, Martha, y 'a pas besoin d 'être psychanalyste

pour comprendre le message.

Regarde, lui, il se voit comme le soldat super barraqué, et toi, comme la petite

soldate un peu récramponnée à lui, voilà.

Et de quoi t 'as peur, Roger ? Ah non, moi, j 'ai peur de rien.

Mais toi, tu pourrais peut -être lui dire que t 'es prise, non ?

Non, mais on a déjà parlé de tout ça, tous les deux. Si je lui dis que j 'ai

compagnon, t 'imagines un peu les cancans.

Ils sont pires que des comères au poste. D 'accord, mais bon, tu pourrais peut

-être lui faire comprendre d 'une manière ou d 'une autre que la tranchée

impraticable, que le front est bouché. Et alors peut -être que dans son

il finira par comprendre ce gros bourrin, non ? Parce que t 'es un

toi ? Ça n 'a rien à voir. Je fais juste un peu de rétention d 'eau, mais je

suis élancé. Après tout, je suis plutôt pas mal, non ? Ouais, t 'es plutôt pas

mal.

GG.

Tira là -bas.

Bah alors, qu 'est -ce que tu fais là, toi ?

Nina, qu 'est -ce qui se passe ? Paolo, la montre a goussé.

Hein ? Quelle montre ? Celle de ton nono Durlano. Je l 'ai trouvée en triant un

des cartons.

Comment elle a atterri là ? C 'est à moi que tu demandes ça ? T 'as fait les

cartons tout seul.

Je n 'en sais rien, la montre a peut -être fini là au moment où je faisais

cartons. Je ne sais pas, j 'ai dû la mettre dedans par erreur.

Elle est belle la photo en tout cas.

T 'as vu, elle te plaît ? Tu l 'aimais beaucoup.

Oui, je l 'ai mise dedans quand il est mort.

Qu 'est -ce qu 'on fait ? Tu veux que je l 'expédie chez toi ? Que tu me l

'expédies ? Non, tu ne vas pas l 'envoyer par la poste, non.

Écoute, garde -la chez toi. Et tu me la donnes la prochaine fois qu 'on se voit.

Ok.

Je te fais confiance, hein ? Prends -en soin.

Évidemment. La montre de Nono de Jourlano a créé.

Allez, je dois te laisser.

Ciao, Paolo.

Merci, Nina.

Ciao.

Qu 'est -ce que tu fais dans ta tac autrement ? Je me maintiens en forme,

pourquoi ? Toi, tu penses jamais à faire du sport, hein ? Non, c 'est beaucoup

trop fatiguant.

Tu comptes aller en tête d 'autopsy comme ça ? Mais pourquoi ? Qu 'est -ce

'il y a ? J 'ai de quoi me changer dans le sac.

Ah, écoute, ma belle, avec Lucas, on se disait que dimanche, on pourrait tous

aller à un auto. Ça te va ? Oui, c 'est gentil. Bon, t 'en parles aussi à Julie,

hein ? Ouais, d 'accord, je lui dirais, mais je crois que malheureusement, elle

a déjà un truc de prévu.

Elle a un truc de prévu.

Quoi, elle sort avec quelqu 'un ? Tu la connais bien.

Eh, bon, ben, on finira par savoir.

Ciao, trésor.

Ciao.

Et fais pas chavirer trop de cas. Raoul ! Pardon, commissaire.

Bonjour, Raoul.

Il y a un monsieur, là, qui veut vous parler. Il dit qu 'il s 'appelle Patané.

Et qu 'est -ce qu 'il me veut, ce Patané ? Patané ? Mais qui ? Biadjo, Patané ?

Biadjo, il est juste là.

Oh, tu mérites des claques.

Qu 'est -ce que j 'ai fait ? Il n 'a pas voulu me parler.

Il m 'a regardé d 'un air de dire que je devais savoir qui c 'était.

Je vous présente la commissaire, Vanet.

Vous connaissez le grand Patané ? Je devrais ? Commissaire Patané.

Commissaire à la retraite.

C 'est lui qui dirigeait la brigade criminelle, comme vous. C 'était notre

premier chef, quoi.

C 'est un plaisir.

Commissaire Guarazi.

Tout le plaisir est pour moi, vraiment.

Je... Il faudrait que je vous parle, c 'est important.

Bien sûr.

Vous en voulez ? Chocolat de modica fourré aux pistaches chinoisettes.

Merci, oui, j 'aime beaucoup ça.

Le chocolat.

En plus d 'être absolument délicieux, ça aide aussi à penser et à rester

éveillé. Bien, je vois qu 'on se comprend.

Dites -moi tout.

Vous voyez, commissaire, les enquêtes, je les divise en trois grandes

catégories. La première, ce sont les enquêtes qu 'on résout immédiatement dès

les premiers instants.

Ensuite, il y a celles qu 'on résout, mais uniquement après avoir commis

plusieurs erreurs de trajectoire.

Et la dernière catégorie, c 'est celle des enquêtes qu 'on arrive à clore, mais

qui nous laissent un doute monstrueux.

Ce doute continue à nous tourmenter. Il tourne en rond dans notre tête pendant

des années et des années. Et pour moi, l 'enquête qui appartient à cette

troisième catégorie, qui ne m 'a jamais laissé en paix un seul instant, plus que

toutes les autres, c 'est l 'homicide de Gaetano Burano.

Ah oui ? Vous avez travaillé dessus ? Disons qu 'alors, j 'étais un tout jeune

inspecteur. Et tous les autres étaient persuadés que le meurtrier ne pouvait

être que Massino Di Stefano.

Tout sauf vous.

Moi, je comptais pour du beurre.

Disons que j 'étais un bleu, un débutant, je ne valais rien.

Mais ce n 'est pas pour cette raison qu 'au moment où j 'ai lu l 'article sur le

fait qu 'on avait retrouvé un vieux cadavre, j 'ai failli tomber de ma

Je vous écoute, commissaire Patané. C 'était en 1970.

Immédiatement après le meurtre de Burano.

Une jeune femme, une prostituée, m 'a appelé au commissariat et m 'a dit que,

selon elle, il s 'était passé quelque chose de grave et elle voulait que j

'aille la voir chez elle. Alors je me suis rendu et elle a commencé à me

raconter que son amie Maria a disparu. Qui c 'était cette Maria ? Maria Coutot,

elle s 'appelait.

C 'était une prostituée peut -être, mais elle, elle était à un autre niveau.

Aujourd 'hui, c 'est ce qu 'on appellerait une escorte de luxe, disons.

Maria Couto était une femme sublime.

On peut même dire que c 'était la prostituée la plus connue de toute la

parce que la moitié des mâles catanais venaient baver devant sa porte et tous

étaient éperdument amoureux d 'elle.

Mais seuls les plus riches pouvaient s 'offrir sa compagnie. Ils la couvraient

littéralement de cadeaux, d 'argent, de bijoux.

Et concernant sa disparition ? Alors... J 'ai fait quelques recherches et

effectivement, elle avait disparu. Il ne restait plus aucune trace d 'elle.

Sauf qu 'il y eut une petite anomalie. Son ami refusa catégoriquement de venir

faire un signalement pour sa disparition. Et donc, après quelques

Couton finit par tomber dans l 'oubli.

Et nul n 'y pensa plus.

Pourquoi son ami a refusé de faire un signalement, vous croyez ? Eh bien, vous

savez qui était le client le plus fidèle, et ce, pendant des années.

de Maria Couto, c 'était Gaetano Burano. On peut raisonnablement penser que son

ami ne voulait pas que Maria se retrouve tout à coup au cœur de l 'enquête pour

le meurtre de Burano.

Et vous en pensez quoi ? J 'ai toujours pensé, en revanche, que la disparition

de Maria Couto était obligatoirement liée au meurtre de Burano.

Et donc, vous croyez que le cadavre qu 'on vient de trouver pourrait bien être

celui de cette prostituée ? C 'est une hypothèse plausible, commissaire.

Et d 'ailleurs, il me semble bien me souvenir que Maria Couto n 'avait aucune

famille proche et qu 'elle a littéralement disparu de la circulation.

Comment s 'appelait son amie ? Elle se faisait appeler Jasmine, mais...

Celui de sa vie de tous les jours.

Ça fait deux heures que je me creuse la cervelle, mais je n 'arrive vraiment pas

à m 'en souvenir.

Par contre, je me rappelle où elle habitait. C 'était via Karkashi.

Ça vous dit qu 'on aille jeter un oeil ? Je ne t 'invente pas mieux.

C 'est par là.

C 'est par là. Il me semble que c 'est juste... Ah tiens, il me semble que c

'est cette porte, là.

Voilà, il me semble bien que c 'est là qu 'il habitait.

Il n 'y a qu 'un seul nom, là.

Fresta.

Fresta. Alfonsina.

Fresta Alfonsina. C 'est le vrai nom de Jasmine.

Très bien. On va voir si on a de la chance.

Rien. Il n 'y a personne qui répond.

Mais elle doit être sourde. J 'ai vu son âge. S 'il te plaît, Carmelo. Mais il n

'y a personne, de toute évidence.

Commissaire !

Commissaire Fatané ! Pardonnez -moi, on se connaît, vous et moi ? Eh ben, c 'est

chez moi que vous étiez en train de sonner, commissaire.

Je suis Josué Fichella.

Josué, le guépard ? Oh, mais tu t 'es fait drôlement vieux, dis donc.

Ben, vous aussi, commissaire.

Commissaire, je vous présente une de mes vieilles connaissances.

Enchantée. Vous connaissez Alphontina Presta ? Eh bien sûr.

C 'est mon épouse.

Eh, je vous en prie, entrez.

Bonjour, Madame Presta. Bonjour.

Commissaire, vous êtes en forme ? Je vous en prie, asseyez -vous, allez -y.

Merci.

Nous sommes venus vous poser quelques questions concernant votre amie, Maria

Couto. D 'après ce qu 'on sait, elle a disparu mystérieusement il y a 53 ans, c

'est ça ? Oui, c 'est ça.

Patané m 'a dit que Maria et Gaetano Burano se fréquentaient assidûment.

Qu 'est -ce que vous voulez dire ? Pourquoi cette question ? On a prouvé

hasard le cadavre d 'une femme dans la villa où Gaetano Burano a été tué. Et ce

corps pourrait dater de l 'époque du meurtre.

Vous croyez que c 'est Maria ? On ne le sait pas encore.

Mais on va avoir besoin de votre aide pour le découvrir.

On aimerait vous montrer des vêtements et des objets trouvés à côté du cadavre.

On pourra peut -être vous apporter les photographies un peu plus tard. Par

ailleurs, Patané m 'a dit que Maria habitait ici, dans le même immeuble. Ah

elle était juste à côté.

Et son appartement a été vendu ? Il n 'a pas été vendu. C 'était chez Marie

-Aérienne pour achanger ça. Ah.

Et quelqu 'un y vit maintenant ? Non.

Personne n 'y est jamais venu.

Personne. Avec Josué, de temps en temps, on y va pour vérifier que tout va bien,

que tout est bien en ordre. Mais c 'est tout.

Donc depuis toutes ces années, vous avez conservé l 'appartement d 'une femme

peut -être morte. Mais qu 'est -ce qu 'il y a de bizarre à ça ? On s 'est dit

que si Maria revenait, elle trouverait tout bien rangé, tout bien propre à son

retour. Et que si elle revenait pas, qu 'est -ce qu 'on peut y faire ? Patience,

c 'est comme ça.

J 'aimerais voir l 'appartement.

Allez le voir, oui, je vous en prie.

La lumière fonctionne encore ? Oui, il y a la lumière parce que c 'est le même

compteur que pour notre appartement.

Venez, suivez -moi entrer.

Il est exactement comme il était il y a 50 ans.

Sauf qu 'à l 'époque de la disparition de Maria, je me souviens, j 'ai tout

inspecté, mais je n 'ai rien découvert.

C 'était elle, cette photo.

C 'était Marie à couteau.

Vous aviez raison, elle était vraiment sublime.

Belle à en perdre la tête.

Spano, pendant qu 'on rentre, appelle Nunari et dis -lui de contrôler au

cadastre les documents sur l 'appartement de Maria Couto. Je m 'en

de suite.

Une chose est certaine, Alfonsina ne nous dit pas tout ce qu 'elle sait. Il

manque une bonne partie. Oui, moi aussi j 'ai cette impression.

Quand tu retourneras voir Alfonsina et Josué, t 'apporteras les photos de la

morte et de ses affaires.

Tu les leur montres une par une, surtout les plus affreuses, et t 'observes bien

leurs réactions, d 'accord ? En particulier celle d 'Alfonsina qui

beaucoup Maria.

Vous croyez qu 'ils parleront ? Non, en tout cas pas encore.

Parce que pour eux, c 'est important qu 'elles soient en vie le plus longtemps

possible. Attendez, je comprends pas.

Alfonsina a jamais fait déposition pour la disparition de son amie de peur que

Maria soit morte et que la police vienne à la prendre.

Et il y a une raison à ça.

Bien sûr, c 'est pour l 'appartement.

Je vois que votre flair de policier a pas pris sa retraite. Non.

L 'appartement d 'Alfonsina ne fait qu 'un avec celui de Maria. Ils ont même un

compteur électrique en commun.

Et la propriétaire, évidemment, c 'est Maria.

Sauf que, tant que Maria est présumée encore vivante, ses deux voisins gardent

'appart. Mais du moment où la police la déclarera morte, quelqu 'un d 'autre

prendra la porte et ils finiront sûrement à la rue. Mais oui, c 'est

Nous n 'en avons pas fini avec le sable noir.

Les fréquentes pluies de cendres de l 'Etna continuent de se déverser sur les

différents quartiers de la ville et sur les villages d 'alentour.

La montagne est en colère. Elle crache de la fumée.

Eh oui, Agatino, c 'est vrai.

Alors, c 'est le destin.

Bonjour.

Vous parlez d 'un destin ? Le bar est en face du commissariat.

Je peux ? Histoire que vous ne mangez pas seul.

J 'ai déjà commencé.

Je ne suis pas du genre à me formaliser, il n 'y a pas de souci.

Tu ne veux pas qu 'on se dit toi ? C 'est nécessaire ? Non.

Mais pour faire connaissance, oui.

C 'est vraiment nécessaire ? T 'inquiète, je ne te poserai aucune

la morte.

J 'ai assez avec ma tante. Oui, c 'est -à -dire ? Elle passe ses journées à me

faire chier parce que je suis tombé sur ce cadavre.

Elle est à l 'ancienne. Elle a peur des scandales.

Mais on peut quand même le faire.

Faire quoi ? Connaissance.

Apprendre à mieux se connaître.

On pourrait sortir ensemble un de ces jours, histoire de s 'amuser. Qu 'est

que t 'en dis ? Oui.

T 'as vraiment l 'air d 'un type qui s 'amuse dans la vie.

Ça, c 'est rien de te dire.

Tu sais, j 'aime pas trop me vanter. Moi, je suis plutôt modeste. Mais je

fréquente les meilleurs clubs. Il n 'y en a pas un seul dans toute la ville où

je suis pas invité.

Et c 'est amusant de servir de punching ball à ta tante ? Non. Ça, je dois

avouer que non.

Je le fais juste pour l 'héritage.

Tu fais ça depuis quand ? Pratiquement depuis que je suis né.

Je suis son seul neveu. L 'unique héritier.

C 'est elle qui commande depuis toujours.

Et tes parents, alors ?

Eux, ils l 'ont supporté.

Tu sais à combien c 'est l 'âme le patrimoine de ma tante ? On approche les

millions d 'euros.

Mais elle t 'aime un peu au moins ? Si elle m 'aime, au contraire.

Parce qu 'elle devra tout me laisser, je suis le seul héritier. Un peu comme si

j 'étais son fils.

Mais je ne suis pas son fils, alors pour se défouler, elle me traite comme une

merde.

Et le vignoble, c 'était une excuse pour m 'empêcher de décrocher un diplôme.

Et pourquoi ? Parce qu 'avec un diplôme, j 'aurais pu tracer mon chemin et j

'aurais pu profiter de la vie.

Mais alors, j 'aurais échappé à son contrôle.

Et oui, voilà la situation, ma chère commissaire.

La tante me lèguera tout, mais tant qu 'elle n 'est pas encore morte, elle me

tient d 'une main de fer.

D 'accord, mais tu avais le choix.

Pardon, mais qu 'est -ce que j 'aurais pu faire ? Quand il y a un tel paquet de

pognon en jeu, tu n 'as pas vraiment le choix.

Et donc, laisse -moi au moins m 'amuser, non ? Laisse -moi au moins...

Je suis vraiment désolée, je dois y aller.

Bon, du coup, on fait quoi alors ? Je passe te chercher ce soir ? Non, je

sortirai pas avec toi.

Soldat Nonari, je t 'écoute.

Boss, il y a un truc bizarre avec l 'appart via Carcace.

Il est enregistré sous deux noms.

Enregistré sous deux noms ? Lesquels ?

Maria Couto et Rita Couto.

Et c 'est qui ça, Rita Couto ? Rita est née en 1967.

Elle n 'est autre que la fille de Maria Couto.

Aucune paternité reconnue, par contre.

Elle avait une fille ? Donc quand sa mère a disparu, elle avait trois ans ?

qu 'est -ce qu 'elle est devenue ensuite ? Elle a disparu, elle aussi.

Disparue comme sa mère.

On a d 'elle que son acte de naissance et l 'acte de propriété où figure son

nom, mais à part ça, on n 'a plus rien.

C 'est quand même curieux qu 'Alfonsina nous ait rien dit de la fille de son

ami.

Spano, quand il retournera, demande -leur où est passée la petite.

Je suis sûre qu 'ils s 'attendent pas à ça.

Ouais, je m 'en occupe.

Tu vois qu 'avec du rouge, t 'es tout de suite plus canon.

Maison, de temps en temps. Et puis regarde où je t 'emmène, c 'est cool.

Bordel, plus canon pour le speed dating du Macanouko.

Je plaisante, c 'est le pire bar de toute la ville.

Non, Vanina, commence pas. Fais pas celle qui est revenue de tout.

En plus, je crois que c 'est le seul bar à Catane où j 'ai pas encore mis les

pieds. Tu comprends ? Moi, je dis, on fait un essai. Et après, si tu veux, on

discute. D 'accord ? Mais arrête, ça devait être à la mode quand on jouait

encore aux poupées toutes les deux.

Ben voilà, réponds -lui, toi, si t 'as le courage, cocotte.

Arrête. Mais pourquoi tu t 'inscris pas sur une appli de rencontre ? Ce serait

beaucoup plus simple. Parce que tu crois que j 'ai jamais essayé.

Écoute, chérie, si tu veux vraiment m 'aider ce soir, c 'est une occasion

pour me prouver que t 'es une vraie amie. Et aussi parce que je rentre pas

seule là -dedans. Maintenant, à toi de voir.

Ça marche.

Mais si tu rencontres un tueur en série, pendant que t 'agoniseras dans ton

sang, souviens -toi que je t 'avais prévenue. Où tu vas ? Attends -moi.

viens.

Spano. Bonsoir, boss.

Ça a donné quoi chez Alfonsina et Josué ? Alors, ça s 'est passé exactement

comme vous le disiez.

Ils n 'ont pas reconnu le corps, donc.

Non, ils ne l 'ont pas reconnu.

Pourtant, pardon pour la vulgarité, mais putain, ils étaient impressionnés par

la photo.

Il y a Josué qui était blanc comme un linge et Alfonsina complètement

hallucinée. Et pour l 'histoire de l 'apartement de nom, ils ont dit quoi ?

ont fait semblant de tomber des nus.

Mais je mettrais ma main à couper qu 'ils étaient forcément au courant. On

quoi maintenant ?

On va attendre un peu.

On a lancé une ligne, on va voir si ça marche.

Ça marche, boss. Bonne nuit.

Vanina ! Allez, viens, le patron a lancé le gong.

C 'est quoi ça encore ? Vive l 'amour ! J 'étais... J 'étais... Marco.

Oui, j 'étais... Waouh ! J 'ai jamais vu de fille aussi belle que toi dans le

bar. Tu sais, je viens ici tous les soirs. Et tous les soirs, je repars avec

fille la plus jolie de la soirée.

Et ce soir, je peux te dire que ce sera toi.

Petite Vénarde.

Tu fais quoi comme ça ? Je suis policière, et toi

? Désolé.

Je dois y aller.

Vive l 'amour ! Bonsoir, ça va ? Vive l 'amour, hein ?

Alors, c 'est la première fois que tu viens ici à un speed dating ? Salut.

Mon taf, c 'est d 'être l 'homme de tes rêves.

Je dors jamais.

Salut.

Mais tes pieds, comment ils sont tes pieds ? Ils sont beaux tes pieds.

Ils sont dégueux, tu veux les voir ? Toi et moi toute la vie, t 'en penses quoi

? Vive l 'amour !

C 'est la policière.

Vanina Guarazi, la policière la plus belle de tout Catane.

Qu 'est -ce que tu fais dans un bouche pareil, toi ? J 'accompagne une amie et

toi, qu 'est -ce que tu fais là ? C 'est dingue, ça. J 'accompagne aussi un ami,

je te jure. Cette fois, t 'as aucune excuse. C 'est le destin qui a provoqué

notre rencontre. Un destin défavorable, alors.

Il faut qu 'on sorte ensemble, tu comprends ça ? Allez, on va à la mer, je

'emmène bien. Écoute, Alfiou, ce soir, ça a été une soirée atroce et là, j 'ai

envie que d 'une seule chose, c 'est de rentrer.

Tu ne vas même pas me laisser une petite chance, rien qu 'une seule ? Pour me

mettre dans ton lit, c 'est ça ? Non, non.

N 'exagérons pas.

Pour faire connaissance.

Peut -être que je suis pas si horrible que tu le crois.

Pourquoi ? Je crois quoi, selon toi ? J 'en sais rien. Peut -être que tu penses

que je suis un parasite.

Ou la marionnette de ma tante.

Ou juste un bourrient.

Alfio... Bon, voilà ce qu 'on va faire. Si tu veux me connaître, si tu veux

savoir quelle est la seule chose qui me rend vraiment heureux dans la vie, et

libre, retrouve -moi demain au cloître des Bélédictins.

Vive l 'amour ! Vive l 'amour, mon cul, ouais ! Sérieux, c 'est tous des

débris, je te jure, tu verrais. C 'est un truc hallucinant.

Mais avec qui tu parlais ? C 'est qui, ce type ? Un gars qui veut être mon toy

boy. Ah, le fameux toy boy. C 'est bon, tu l 'as trouvé, alors ? Pourquoi ? T

'as dit quoi ? Qu 'est -ce que j 'en fais ? Il te plaît, à toi ? Ah, il te

plaît, sérieux ? Alors, on va trinquer, ma vieille. Vas -y.

Allez, chine, chine, dans tes bonheurs, à la tienne et à la l 'autre.

Vive l 'amour.

Salut, ma beauté.

Non. Allez, on se barre tout de suite, là, maintenant.

Désolée, hein, je fais de lunettes.

Ouais, et je fais de foulard.

Bonjour tout le monde. Bonjour papa.

Viens, le petit -déj est prêt.

Oui, j 'arrive.

Bonjour tout le monde.

Nonari, qu 'est -ce qu 'il y a ? Alfonsina Fresta vient d 'appeler.

Elle veut vous parler. Elle voudrait que le commissaire Patané vienne aussi.

J 'arrive.

Il n 'est jamais cessé d 'espérer que Maria soit encore vivante.

Et qu 'un beau jour, elle revienne chez elle.

Que savez -vous de Rita Couto ? Rita ? Rita est la fille de

Maria. et de Gaetano Burano.

Et j 'étais la seule à avoir connaissance de son existence.

Sur les photographies, hier, vous avez reconnu quelque chose appartenant à

Couto ? Oui, tout.

J 'ai tout reconnu.

La fourrure, la robe, le foulard, les bijoux, et même son parfum.

Pourquoi ne rien avoir dit hier à Spano ? Eh bien... À cause de l 'appartement.

Avec Alfonsina, on est vieux et on est pauvres. Si on nous enlève notre

maison... Quand le capitaine est venu me montrer les photos, mon sang s 'est

glacé dans mes veines.

Et je n 'ai pas pu fermer l 'œil de la nuit.

Alors j 'ai décidé de tout vous raconter aujourd 'hui.

Bien, on vous écoute.

Gaetano Burano n 'était pas uniquement un vieux client.

Cela faisait des années que Maria ne faisait plus la putain et qu 'il l

'entretenait.

Maria et Gaetano s 'aimaient plus que tout au monde.

Et il était aussi très attaché à Rita, la petite.

À tel point que Maria m 'a dit un jour qu 'ils devaient partir tous les trois

ensemble. La petite, Gaetano et elle. Vraiment ? Oui.

Mais la petite fille avait déjà trois ans.

Comment se fait -il que Gaetano n 'ait décidé de quitter sa femme qu 'à ce

moment -là ? C 'est évident. On était en 1970 et la loi sur le divorce venait

tout juste d 'être votée.

C 'est exact. Le commissaire a raison.

Bourano pouvait enfin divorcer. Alors ils ont décidé de partir pour Naples.

Et pour ça, Rita, la petite, ils lui ont fait quitter le pensionnat où elle

allait. Et ils l 'ont inscrite à celui de Naples.

Et ensuite, ils ont commencé les préparatifs.

Maria, quand j 'y repense, elle était tellement heureuse, mais tellement

heureuse de pouvoir enfin fonder une vraie famille.

Elle, Gaetano et la petite, elle était tellement heureuse.

Trop heureuse, trop heureuse qu 'elle était.

Il s 'est passé quoi ensuite ? Je crois que c 'était le 19 décembre. Le 19

décembre, oui.

Maria est venue me voir et m 'a dit qu 'elle avait déjà tout préparé pour

le lendemain. Elle était accompagnée de Gaetano.

Et puis, ils sont partis passer la nuit à la Villa Chara. Mais Maria m 'avait

promis que le lendemain matin, elle repasserait me voir pour me dire au

avant de partir à Naples.

Sauf que ce soir -là, Burano a été abattu et Maria a disparu aussitôt.

Commissaire, vous devez me promettre une chose. Vous devez me le jurer.

Vous devez découvrir qui est l 'enfant de salaud qui a tué Maria.

Vous me le jurez ? Je vous le promets, oui.

Il me reste une petite question.

Qu 'est -ce qu 'il y a derrière le vieux rideau de fer à côté de votre portail ?

Ce qu 'il y a derrière, c 'est le garage.

Le garage.

Ah, et il est vide, j 'imagine. Comment ça vide ? Il y a la voiture. Je vous l

'ai déjà dit, avec Josué, on a pris soin de ne toucher à rien. La voiture est

toujours là. La voiture de Maria ? Celle de Maria, non. Maria, elle ne savait

pas conduire.

La voiture de Gaetano Burano, oui. La voiture de Burano, oui.

Celle dont tout le monde disait qu 'elle avait été volée par Massino di Stefano.

C 'est une des preuves qui ont mené à sa condamnation pour meurtre. C 'est une

histoire de malade. Oui, une histoire de malade.

Fichez -la. Faites -nous visiter tout de suite ce garage.

C 'est une histoire de malade. C 'est vraiment la voiture de Burano.

Mais pourquoi vous n 'avez jamais rien dit à la police, au moins pour la

? Burano et Maria ont laissé la voiture ici et... ils devaient revenir la

chercher le lendemain matin.

Ouais, mais Burano et Maria ne sont jamais revenus.

Exactement ce que disait Alfonsina.

Ils avaient prévu de partir et de commencer une nouvelle vie.

Comme une vraie famille.

Je m 'en suis toujours douté. Je n 'aurais pas dû écouter ce que disaient

supérieurs.

Vous n 'avez pas de reproches à vous faire.

Comme vous le voyez, en fin de compte, la vérité triomphe toujours.

Oui.

Commissaire Guarazi, vous avez retrouvé la voiture de mon mari ? Où est -elle ?

Madame, s 'il vous plaît, calmez -vous, je vous en prie. Des éléments importants

ont refait surface.

Dans ce cadre, je vous informe que nous allons devoir ouvrir l 'enquête sur la

mort de votre mari. L 'assassin de mon mari a été arrêté il y a longtemps. C

'était son administrateur, Massino Di Stefano. Je regrette, je n 'y crois pas

une seconde.

Pas d 'année.

Vous êtes là aussi. Vous êtes un autre fantôme ? Madame Burano.

Les morts à qui on n 'a pas rendu justice continuent de nous tourmenter.

Et ils n 'ont de cesse de nous faire entendre leur voix.

Écoutez, elle n 'est plus en mesure de subir d 'autres entretiens.

Je vous prierai de vous adresser à son avocat si vous avez d 'autres questions.

Commissaire, les gars ont trouvé quelque chose d 'important là -dedans.

Boss, je crois bien qu 'on a trouvé le gros lot.

Qu 'est -ce que c 'est ? C 'est de la bombe. Un contrat. C 'est le contrat

par Gaetano Burano et par le chef du clan Sina concernant la construction de

'Acduc. Je comprends pas, il disait que Burano avait refusé de signer.

Justement. Mais c 'était le mobile présumé de Di Stefano.

À quoi vous pensez, Boss ? Massino Di Stefano n 'avait rien à voir là -dedans.

Il a été piégé.

Faites immédiatement une recherche sur ce qui est devenu l 'histoire de Lac

après la mort de Burano. Ah, et autre chose.

D 'après le dossier, ceux qui ont témoigné que Gaetano refusait de faire

avec Lipsina n 'étaient que deux.

Teresa Burano... Et le notaire de la famille, Arturo Reina.

Et alors ? Et alors, si ce contrat est authentique, ça veut dire que ces deux

-là ont menti.

Il est encore vivant, ce notaire ? Il est encore vivant, 80 ans, en pleine

forme. C 'est un des notaires les plus célèbres de Catane.

Contacte -le immédiatement, je vais lui parler. Pas bien.

Dans une heure, par contre. Pourquoi ?

Spano, ça me regarde.

Oui, bien sûr. Désolé.

Merci.

Allez,

Marcello !

T 'as pas si peur que ça de moi.

Donc, c 'est ça qui fait de toi un homme libre ? Eh ben, t 'es pas raté.

J 'ai la chance de jouer dans le plus bel endroit du monde, devant une femme

belle comme toi.

Que veux -tu de plus ? T

'es aussi bon danseur que je vois. T 'as encore rien vu.

Les gars, on fait une petite pause, on reprend dans un moment.

Vous êtes très doués.

Merci.

On joue ce soir.

Ça fait quelques années qu 'on donne des concerts ensemble, tous les quatre.

Alors ? Là aussi, tu me vois comme la marionnette de ma tante.

Il faut que j 'y réfléchisse.

En tout cas... Oui, c 'est vrai.

C 'est vrai que t 'es bien mieux que ce que tu montres. Là, je gagne des points.

Mais comment t 'as appris à jouer aussi bien ? Tante Teresa a toujours exercé un

contrôle total sur ma vie, je te l 'ai dit.

sur le moindre de mes choix, sur tout ce que j 'ai fait.

La musique a représenté ma seule possibilité de fuir.

C 'est peut -être pour ça que j 'en suis tombé amoureux.

Parce que la musique est une vibration dans l 'air qui... qui ne pèse rien, qui

ne coûte rien, qui te fait sentir tout léger.

Excuse -moi, vieux.

Je t 'assure que pour moi, tu représentes l 'homme idéal. Une histoire

engagement. Sauf que... C 'est pas le moment.

Oh, je te comprends. Et d 'ailleurs, désolé de ne pas avoir réussi à me

mais... J 'ai au moins volé un petit baiser, c 'est déjà ça, non ? Tu te

contentes de peu.

T 'es un sacré type, je t 'assure.

Alphio, allez, on reprend, il est tard.

Hé, j 'arrive, les gars.

Commissaire, ça m 'a fait vraiment plaisir que tu sois venu découvrir un

monde.

Le plaisir est pour moi.

Ce soir, on bouge pas de là.

Allez les gars, on y retourne.

Martha, écoute, ça te dirait d 'aller au ciné ce soir ? Oh, je suis vraiment

désolée, Mimou, mais malheureusement, je peux pas ce soir. Mais peut -être une

autre fois. Bien sûr, aucun souci. D 'ailleurs, ils vont bientôt passer la

bataille des éléments perdus, qui est un vrai petit chef -d 'oeuvre.

Nunari ? Le secrétariat a reçu la circulaire ministérielle. Tu veux bien

me la chercher, s 'il te plaît ? Oui, tout de suite.

Merci.

Alors d 'abord, il y a le DVD dans les tranchées et maintenant, il veut

carrément t 'emmener au ciné, ce gros balourd. Dis -toi, arrête, il fait rien

mal. Comment ça, il fait rien de... Écoute, Martha,

si tu veux vraiment pas dire que t 'as quelqu 'un, au moins, tu peux lui faire

comprendre qu 'il faut qu 'il reste à sa place.

Et comment ? Ben, je sais rien, sois un peu plus direct, un peu plus sèche,

quoi. Comme tu fais avec moi, pareil, mate -le vite fait.

Sérieux, tu lui as carrément dit, peut -être une autre fois. Mais le pauvre

Mimou, c 'est le plus gentil de toute la brigade.

Ouais, je sais pourquoi il est gentil, soldat. Je t 'assure qu 'il a un autre

genre de film en tête, tu peux me croire. Allez, mon cœur.

Et puis demain, c 'est dimanche.

On pourrait faire un petit tour loin de Catane et passer toute la journée

ensemble. Et c 'est toi qui déciderais de tout.

Déciderais de tout ? Tu déciderais de tout, bien sûr.

J 'ai envie qu 'on passe une belle journée ensemble.

Sans se casser, d 'accord ? Vas -y.

Vas -y, on va nous voir.

Eh, demain c 'est dimanche.

On va à la plage à Noto, comme d 'habitude.

À Noto, bien sûr.

J 'ai qu 'une hâte, c 'est d 'être au soleil. D 'ailleurs, j 'ai invité tous

gars du commissariat.

T 'as bien fait.

Ah, bonjour.

Noto ? Noto.

Bonne idée.

Bonjour.

Bonjour.

Arturo Reina. Enchanté. Bonjour.

Enchanté, je vous en prie, entrez par ici.

Merci.

Je vais aller droit au but.

Faites donc.

Lors du procès pour le meurtre de Burano, vous avez témoigné que Gaetano s

'opposait à l 'acte duc contre la famille Tina.

Oui, c 'est pour ça que Gaetano a été tué.

Bien. Aujourd 'hui, on a retrouvé sa voiture. Et ce document était à l

'intérieur.

C 'est le contrat pour l 'acte duc.

Signé de sa main.

Comment c 'est possible ? Gaetano a refusé, c 'est la vérité. Et même

femme, en a témoigné.

Et donc, comment vous expliquez ça ? La signature me paraît authentique. J 'ai

même l 'impression de la reconnaître.

Mais, commissaire, n 'oublions pas une chose importante.

Les Tsina étaient des mafieux de la pire espèce.

Oui, et alors ? Et alors, on voit bien que la signature de Gaetano a été

par la force, ou la menace.

Mais peut -être qu 'ensuite, il s 'est rétracté, et eux, ils ont fait quoi ?

l 'ont éliminé.

Vous saviez que Gaetano et Maria Couto avaient une relation ? Je sais qu 'ils

fréquentaient, mais... relation, ça me paraît un peu excessif.

Gaetano était un homme à femme, très riche, alors qu 'elle, c 'était... une

prostituée. Une putain.

Le cadavre que nous avons retrouvé à Chara, c 'est Maria Couto.

Et on a la preuve que Gaetano et Maria étaient sur le point de quitter la ville

et de commencer une nouvelle vie.

Alors la morte, c 'est Maria Couto ? Ah,

pauvre femme.

Pauvre Maria.

Vous la connaissiez, vous ? Oui, j 'ai été son client une fois, mais j 'étais

gamin alors.

Écoutez, j 'ai du mal à croire qu 'il ait voulu fuir Catane en compagnie de

Maria. Peut -être que Gaetano voulait s 'enfuir, mais ce qu 'il voulait surtout,

c 'était échapper aux menaces de la famille Tsina.

Et quand il fait ?

Ils ont envoyé Massino di Stefano.

Massino di Stefano arrivait à la villa à trouver non seulement Gaetano, mais

aussi Maria.

Donc, il a pris la décision de la tuer afin d 'éliminer un témoin gênant.

Honnêtement, de mon point de vue, c 'est l 'hypothèse la plus évidente. Et de

mon point de vue, pas du tout.

Vous avez eu des nouvelles récentes de Teresa Bourano ? Tous les deux, on se

connaît depuis toujours, alors on s 'appelle. Pourquoi vous me demandez ça ?

Parce que Madame Bourano s 'est montrée inquiète à l 'idée qu 'on rouvre le

procès sur la mort de son défunt mari.

Écoutez, commissaire, je n 'ai aucune idée de ce que vous cherchez.

Mais je vais vous dire une bonne chose.

Teresa, dans toute cette histoire, a toujours été, à mes yeux, une victime.

Pauvre Teresa.

Toute une vie brisée.

Quelle immense tristesse.

Mais comme on dit, c 'est la vie.

Mais théoriquement, Reyna, le notaire, pourrait bien avoir raison.

Non, je crois au contraire que le contrat est authentique.

Et de toute façon, c 'est impossible que ce soit Massino qui ait tué Maria.

Et pourquoi ? Parce que si Reyna avait raison, Massino les aurait tués tous les

deux par balles. Alors qu 'il n 'y a pas de trace de coup de feu sur le corps de

Maria. Et puis pourquoi l 'enfermer dans le monde -charge ?

Avec un coffre plein d 'argent, enfin, ça n 'a pas de sens.

Vous avez trouvé quelque chose sur l 'acte duc ? Quelques mois après la mort

son mari, Teresa a repris l 'affaire. Évidemment, pas avec la société d

mais avec une société piémontaise qui s 'appelle... qui s 'appelle... Hydros.

Et t 'as détecté des irrégularités ou des opérations mafieuses ? Aucune

irrégularité, rien de suspect, rien.

On va s 'en tenir aux faits.

Gaetano s 'apprêtait à partir avec Maria.

Et pour une femme comme Teresa, être abandonnée pour une prostituée, c 'est

situation inacceptable.

Alors, à votre avis, ce serait ça le mobile ? Oui. Je pense que Teresa est

derrière la mort de Gaetano. Oui, mais si c 'est le cas, il faut le prouver

maintenant.

Sauf que le seul qui pourrait nous aider, c 'est Massino Di Stefano.

Sauf que le pauvre bougre est mort.

Peut -être qu 'il a laissé derrière lui un conjoint ? Ou quelqu 'un à qui il

était lié ? Massino Di Stefano avait un cousin, Rosario Calafibeta, qui est

encore vivant.

Et il est où, ce monsieur ? En prison, à Palerme.

D 'après ce qu 'on a découvert, Massino Di Stefano et son cousin étaient très

proches. Kalashibeta pourra avoir des infos à nous donner.

Ok, j 'essaie de vous caler un rendez -vous avec Kalashibeta pour après

On peut pas faire ça demain ? Il y a les délais administratifs, les

autorisations, et puis demain, c 'est dimanche.

Ah oui, c 'est vrai.

Allez Vanina, prends -toi une journée de break, et puis avec tout ce que t 'as

découvert aujourd 'hui, aucun risque qu 'on te reprenne l 'enquête.

De toute façon, cette affaire date d 'il y a mille ans.

Franchement, je t 'adore.

C 'est un génie.

Ben non, c 'est normal. Oui, il protège aussi tout.

Oui, ça protège de tout, oui.

Bonjour,

vous pouvez vous installer là. Merci.

Dis donc, le dimanche, il y a vraiment tout Catane qui vient en auto.

Eh, tu viens, j 'ai envie d 'aller danser, mon cœur. Ah non, non, mais tu

que j 'aime pas ça, non.

Allez. Non. Le mouvement, c 'est la poésie des corps, mon cœur. Écoute, j

vois assez comme ça, des corps en salle d 'autopsie. Non, s 'il te plaît,

insiste pas. Même pas en rêve, non, non.

Et toi, ça te dit de danser ? Hein ? Qui, moi ? Oui, toi.

Allez, d 'accord. En fait, c 'est ma chanson préférée.

Ah ouais ? C 'est ta chanson préférée. Eh ben, ça tombe bien, alors.

Wow ! Mal comme ils sont doués ! Vous le croirez dans Dirty Dancing ? Ils

sont super doués, ouais !

Allez, on va trouver les autres.

Oui.

Les voilà.

Vous êtes fabuleux, tous les deux. T 'as vu ça ? Eh ben, mon vieux. Julie, tu

viens de signer ton arrêt de mort toute seule. À chaque fois qu 'il voudra

danser, je te l 'enverrai direct. T 'es averti. Toi, tu veux jamais. J 'ai pas

le choix. Ouais, t 'as raison.

Allez, viens, Tony Manero, on va boire un coup.

Ah, bordel. J 'ai bien rappelé.

Ah, bravo, mon chou.

T 'as été impressionnant.

Raconte -moi, tu veux savoir ? T 'avais raison. Il faut que je me tienne

éloignée le plus possible de ce gars. Que je l 'aille genre au moins mille

kilomètres entre nous.

Encore dix secondes à tenter et je lui ai sauté dessus en mode panthère.

Non, je n 'y arrive pas, je te le dis, je n 'y arrive pas. Il est vraiment trop

beau gosse.

Allez, tu vas voir, on va s 'en sortir.

Follina, viens.

Un ragoût de folie, je te jure. Allez, viens vite, tu ne vas pas le croire.

Allez, dépêche, dépêche. Venez toutes les deux, allez, allez. Quoi ? Il n 'y a

rien ? Allez, dis -moi, je n 'arrive pas à le croire. Tu vas voir, c 'est un

truc de meule.

Désolée, désolée.

Regarde, regarde, regarde.

T 'as vu ça ? Hein ? La végane a chopé le gros carnivore.

Je me disais aussi.

Ça fait plus d 'un an que Martha s 'est installée à Catan et elle avait encore

aucun mec dans sa vie. Eh ben... Ouais, sauf que Tito, par contre... Quoi ?

Pourquoi ? En vrai, il est pas si mal, hein ? Il est assez sexy.

Sexy, Tito ? Allez, les jeunes.

Je vais vous le confister, votre cerf -volant, hein.

Mimmo ? Putain, mais il est là aussi ?

Pauvre soldat Nunari.

Reprends -le.

Et tiens, récupère -le.

Spano, soigne -le.

Attends, quoi ?

On arrive.

C 'est pour nous ? Ouais, on y va.

Bonjour. Bonjour.

Je suis super contente qu 'on soit tous réunis à la plage, sauf qu 'on va devoir

y aller.

Teresa Burano est morte.

Elle est morte ? Ouais, elle s 'est tirée une balle dans la tête

y va tout de suite.

Euh, on est parti alors.

En tout cas, félicitations.

Beau couple.

Merci.

Eh ben, c 'est pas grave. Non, c 'est bon. Ça fait rien.

Et d 'ailleurs, c 'est peut -être même mieux comme ça dans le fond, non ? Oui,

bien sûr. Ça nous enlève une épine du pied au moins.

Hein, ma chérie ?

Vous vous êtes bien amusés ?

On

te voit plus tard. Salut.

Salut.

Attendez, j 'ai mal vu. Ils sont ensemble, ces deux -là ? Spano, je t

Oui, bon, le cadavre a été découvert par Clelia Santandriano. Venez avec moi, c

'est par là.

Mais Marie, c 'est un truc de malade, tu te rends compte ? Notre big boss avec

Martha. Oh, tu vas pas me péter les couilles toi aussi, bordel.

Désolé.

Non, excuse -moi, c 'est juste que...

Beretta 765, et on voit à l 'œil nu que c 'est une antiquité ce truc.

Attendez, Gaetano Burano a été tué avec un Beretta 765 lui aussi.

Possible que ce soit la même arme ? Possible, je dirais même que c 'est sûr.

armes comme ça, on n 'en voit plus.

Et surtout, ça expliquerait des tas de choses.

C 'est -à -dire ? On se demandait si elle avait tué son mari. En se servant

'arme qui a tué Gaetano, c 'est un peu comme si elle signait une confession

écrite.

Elle a peut -être compris qu 'on s 'approchait de la vérité.

C 'est bizarre quand même, c 'était une femme si forte.

Elle était pas du genre à se suicider. Je me souviens qu 'elle arrivait à peine

à tenir sa cigarette.

Et ça, c 'est un Beretta 765 d 'il y a 50 ans. Vous avez une idée du poids et

la puissance de recul de ce truc ? Alors vous croyez qu 'elle ne s 'est pas

suicidée ? Non, je crois vraiment pas, non.

Hé, Palina.

Tu veux me voler mon taf ou quoi ? Hein ? Vas -y.

Merci.

En tout cas, t 'as raison. Ça colle pas avec la brûlure de l 'orifice d 'entrée.

Ce qui veut dire que le coup a été tiré au moins à 30 centimètres de distance.

Comme ça, donc.

Quelque chose dans ce genre, oui.

Et donc, pour moi, il ne s 'agit pas d 'un suicide.

Au contraire, je pense qu 'il s 'agit carrément d 'une mise en scène.

On a pu joindre son neveu, Alfio Burano ? J 'ai essayé une centaine de fois, il

est toujours injoignable.

Clélia, elle est où ? Là, sur la terrasse.

Vous vous sentez de répondre à quelques petites questions ? Comment vous avez

découvert le corps ? J 'étais à la jardinerie à Mascalouchia. Vous étiez

Oui.

Quand je suis rentrée, je l 'ai trouvée comme ça.

Je n 'aurais pas dû la laisser seule. Elle allait mal.

Elle n 'était plus la même.

Pourquoi vous dites qu 'elle allait mal ? Depuis que vous aviez découvert le

cadavre, dans la villa,

Elle ne trouvait plus la paix. Elle était toujours plus agitée, toujours

intraitable. Vous pensez à quelque chose en particulier ? Par exemple, elle s

'en prenait à son neveu sans arrêt, Alfio.

Elle le rabaissait, elle s 'énervait contre lui.

Vous étiez malgré tout attachée à Madame Burano.

Ça fait deux ans que je travaille et que je vis ici.

Alors j 'ai fini par m 'attacher à elle.

Et elle à moi.

Comment vous avez commencé à travailler ici ? Je suis d 'Ancône.

Je travaillais à la réception d 'un hôtel et Madame Pourano était là en

vacances.

Elle venait toujours se plaindre, elle était terrible.

Et puis à un moment, je ne sais plus comment, on a fini par sympathiser.

Si bien qu 'à la fin, avant de partir, elle m 'a proposé de devenir sa

secrétaire.

T 'en fais pas, Martha.

Y a rien de grave.

J 'aurais préféré garder ça pour nous. Mais non, c 'est mieux comme ça.

Au moins, avec Tito, vous ferez votre vie sans devoir vous planquer.

Aie confiance.

Boss, je viens de parler avec la police scientifique et c 'est bien ce qu 'on

disait. Le Beretta est celui qui a servi à tuer Gaetano.

Mais si c 'est vraiment Teresa qui a tué son mari il y a 50 ans, pourquoi elle

aurait voulu garder ce pistolet ? Nunari, la fouille du bureau, ça a donné

?

Bon, Martha, tu me racontes ? Oui, j 'allais vous le dire.

On a trouvé un truc hyper important.

C 'est le testament de Teresa Borano.

Elle ne laisse que le vignoble à son neveu, Alfio. Tout le reste, tout, soit

plus grande partie de son patrimoine, elle le lègue à... A Clelia Santandriano

C 'est ça.

C 'est elle qui hérite.

Mais attendez, c 'est une plaisanterie.

Elle lègue tout son empire à sa secrétaire, c 'est ça ? Je crois

'on tient notre principal souper, non ? Qui ? Son neveu.

Alfio Burano.

Justement, on n 'a pas encore réussi à joindre.

Ce type supporte toute sa vie d 'être humilié par sa tante juste pour

à l 'héritage.

Et en fin de compte, elle laisse tout à sa secrétaire.

Rien. Aucune réponse.

Qu 'est -ce qu 'on fait maintenant ? Continuer à chercher Alfio.

Et de mon côté, demain j 'irai parler à Kalev Shibeta, le cousin de Massino Di

Stefano. Pourquoi ? Vous tenez à lui parler ? Oui, bien sûr.

Si on veut apprendre qui a tué Teresa Burano, il faut d 'abord comprendre

comment se sont passés les meurtres de Gaetano Burano et de Maria Couto. Très

bien. Allez, allons -y.

Regarde qui est là.

Eh ben ça ! Commissaire Guarazi ! Quelle surprise ! Eh, Fofo ! Comment ça va ?

Tout va bien, c 'est gentil. Qu 'est -ce que vous faites là ? Les trucs

habituels. Désolée, faut que j 'aille. Mais après, passez me dire au revoir,

hein ? Oui, bien sûr, Fofo.

Alors, comment ça se fait que la grande Vanina Guarazi me fasse l 'honneur de

venir me rencontrer ? C 'est pour parler de votre cousin, Massino Di Stefano.

Vous devez être au courant pour le cadavre qu 'on a retrouvé à la villa des

Burano.

Vous savez, commissaire, il y a des tas de meurtres de la mafia qu 'on a réussi

à faire passer pour des crimes passionnels.

Kalashibeta, je ne suis pas là pour parler d 'infidélité. Bien sûr que si.

Ce qui s 'est passé, figurez -vous.

C 'est que l 'homme qui a été tué démettrait s 'il en avait par dizaines.

Et au lieu de ça, qui a été intulpé ? Massino.

Mon cousin était innocent.

Mais rien à faire. Ils étaient tous contre lui.

Oui, moi aussi je crois que la condamnation de Massino a été une erreur

judiciaire. Erreur judiciaire, mon cul ! Le pauvre Massino est tombé dans une

embuscade. Et le coupable s 'en est tiré la tête haute. Et il a peut -être même

conclu l 'affaire de l 'Acduc. Oui, justement, Massino a dû vous dire tout

'il savait. Alors c 'est le moment où jamais de parler.

Et qu 'est -ce que je gagne dans tout ça ? C 'est donnant -donnant.

Je vous fais une faveur et vous me renvoyez l 'ascenseur.

Je peux ni donner ni promettre quoi que ce soit.

Alors vous êtes venu me déranger pour rien.

Je ne fais pas la charité et je fais encore moins l 'homono -flic.

Kalashibeta, que les choses soient claires entre nous.

Aujourd 'hui, c 'est le moment de faire payer ceux qui ont bousillé la vie de

votre cousin.

Il n 'y aura pas d 'autre occasion.

S 'ils n 'arrivent à rien, cette affaire tombera définitivement dans l 'oubli.

Alors, on fait quoi ?

Comme

je vous l 'ai dit, Teresa Burano a conclu le marché pour l 'Acduc.

Elle a signé les papiers avec une société du Nord.

Oui. Hydros, on a bien vérifié, il n 'y a eu aucune irrégularité.

Oui, si on regarde que la façade, peut -être qu 'Hydros n 'a rien à se

reprocher.

Et si on creuse un peu derrière, on peut retrouver un nom.

Un nom qui vous dira certainement quelque chose.

Mais vous voulez qu 'on y aille tout de suite ? Non. D 'abord, j 'aimerais

comprendre pourquoi le cadavre de Maria a été caché dans un monde chargé avec

tout cet argent.

D 'accord, vous avez raison. En attendant, vérifiez ce que je t 'ai

Alfio Burano, vous avez de ses nouvelles ? Non, rien de rien. Il répond pas.

Aucune idée d 'où il est. Bon, vous continuez à chercher et toi tu me tiens

courant.

Ok, à plus tard.

Allô ?

J 'étais juste passée pour un interrogatoire.

Tu es venue me rapporter la montre de mon grand -père ? Merde, quel conne.

Ça m 'est sorti de la tête.

T 'en fais pas pour ça, tu me la porteras la prochaine fois.

Tu voulais revoir notre bureau ? On bossait tellement.

Combien d 'heures on y a passé ? Et pas toujours pour le boulot.

Non.

Et quand est -ce que tu vas décider à remplacer ce fauteuil déglingué ? Tu vas

finir par terre un de ces jours. Doucement, attention, tu vas lui

coup de grâce, là.

Pourquoi t 'as encore notre photo sous les yeux ? C 'est mon bureau, c 'est moi

que ça regarde.

Tu te fais du mal, Paolo.

C 'est mon problème.

Tu pourrais pas comprendre.

S 'il te plaît, arrête avec toutes ces conneries.

Pour ceux qui vivent comme moi, ce qui est le plus dangereux, c 'est pas les

menaces, les voitures piégées et les attentats.

Ce qui est le plus dangereux, c 'est de se sentir seul.

Paolo.

Parce que quand on se sent complètement seul...

Il n 'y a plus rien qui nous empêche de nous écrouler.

C 'est pour ça que j 'ai besoin de me dire que tu es encore là.

Même si ce n 'était pas le cas.

J 'ai besoin d 'y croire.

J 'ai besoin de le ressentir.

Évidemment, oui, le parfum.

Le parfum, bien sûr.

Oui, allô ? Adriano ? Salut.

Tu crois que Maria aurait pu mourir de soif ? Comment ça ? Tu penses qu 'elle

aurait pu être enfermée dans le monde -charge vivante et abandonnée à une mort

certaine ? Oui, oui, enfin, c 'est possible, oui.

Mais qu 'est -ce qui te fait penser à ça ?

Dans ses affaires, on a trouvé une bouteille de parfum débouchée et

vide. Quand on meurt de soif, on essaie de boire ce qu 'on a sous la main.

Maria a dû connaître une mort terrible.

Elle a dû agoniser pendant des jours.

Merde ! Et maintenant ? Eh ben, je crois que tout est clair.

Ça veut dire quoi, tout est clair ? Laisse tomber, je te le dirai plus tard.

Rends -toi.

Oui, c 'est la commissaire Guarazi.

Je dois vous parler.

Montez, je vous en prie.

Entrez, entrez.

Bonsoir. Venez, entrez.

La mort de Teresa m 'a profondément accablé.

Je la connaissais depuis toujours.

Oui, je sais.

Vous savez, Maître Rena, même s 'il s 'agit d 'une ancienne affaire, on est

parvenu à découvrir un élément très important.

Ah ? Qui me contient ? Je crois bien, oui.

On a appris qu 'avec Teresa, quand vous étiez jeune, vous étiez amoureux.

C 'était dans une autre vie, vous savez.

Mais c 'est pas tout.

Ah non ? J 'ai découvert aussi que derrière Hydros, La société qui possède

'acte duc figurait votre nom.

Et après la mort de Gaetano, ce contrat vous a permis de vous enrichir

énormément. Et alors ? Il vaut que ce soit moi, Galitzina, ou une société

quelconque liée à la mafia. Vous n 'êtes pas de cet avis ? À l 'origine de cette

histoire, il a dû y avoir un pacte entre vous et Teresa.

Parce que vous étiez amants.

À vrai dire, tout cela me paraît sortir d 'une fable ou d 'un roman, non ? Je

vous en prie, continuez.

Teresa découvre que son mari s 'apprête à partir avec Maria Couto et qu 'il

souhaite divorcer.

Pour elle, c 'est inacceptable et elle se convainc que la seule solution, c

de le tuer.

Alors elle vous demande de l 'aide.

Et en échange, elle vous promet le contrat de l 'actuque.

Continuez.

Gaetano et Maria sont à la villa pour leur dernière nuit passée à Catane.

Maria a pris le coffre -fort avec toutes ces économies qu 'elle veut emporter

avec elle.

Ils vont commencer une nouvelle vie.

Mais quelqu 'un frappe à la porte.

C 'est vous et Teresa.

Gaetano prend peur. Il ne peut pas se permettre que sa femme le découvre avec

maîtresse.

Alors il cache Maria.

Maria se met à crier.

Avec Teresa, vous comprenez que vous n 'aurez même pas besoin de la faire

de sa cachette pour la tuer.

Il vous suffira de faire descendre le monde -charge au rez -de -chaussée.

Là, Maria pourrait crier tant qu 'elle voudra.

Personne ne l 'entendra.

Elle meurt de faim et de soif.

Et elle demeure enfermée là pendant plus de 50 ans.

Qu 'avez -vous à dire ? Je vous l 'ai déjà dit.

Ça m 'a tout l 'air d 'un beau roman à vous écouter, mais vous savez, les

sont le fruit de l 'imagination de l 'auteur, de sa fantaisie.

Je crois au contraire que les romans nous racontent la vérité, Reina.

Alors hier, vous avez tué Teresa.

Et ça, je peux le prouver.

Et comment ?

Quand on emploie une arme à feu, les traces de poudre sont détectables jusqu

plusieurs jours après avoir tiré.

Ça s 'est passé exactement comme vous l 'avez dit.

À une petite différence près.

Je ne savais absolument pas que Maria était aussi dans la villa.

C 'est Teresa qui a fait descendre le monde -charge et qui l 'a laissé mourir

dedans. Je ne comprends pas comment vous avez fait pour ne pas vous rendre

compte de ce que faisait Teresa.

C 'est parce qu 'après avoir tiré sur Gaetano, je suis tout de suite ressorti.

Alors que Teresa est restée un petit moment.

Pourquoi avoir tué Teresa ? Pourquoi ? Elle était

devenue comme folle.

Elle avait compris que vous étiez sur le point de tout découvrir.

Elle répétait sans arrêt qu 'elle était fatiguée, qu 'elle en pouvait plus.

Et que désormais elle avait fait amende honorable pour tout le mal qu 'elle

avait fait par le passé.

Amende honorable ? De quoi il s 'agit ?

Vous n 'avez pas retrouvé le testament ? Si, bien sûr, on l 'a retrouvé. Elle

laisse tout à Clélia Santandriano.

Oui, elle avait fait faire des recherches.

Et en fin de compte, elle était parvenue à découvrir une chose qui l 'avait

tourmentée pendant toute sa vie.

Allez -y, dites -moi tout.

Clélia est née en 67.

Son vrai nom, c 'est pas Clélia.

En réalité, elle s 'appelle Rita.

Clélia est la fille de Maria Couto.

Vous savez, moi, je n 'avais jamais tué personne avant d 'assassiner Gaetano.

C 'est pour cette raison que j 'ai conservé en secret ce pistolet pendant

'années.

Pour ne jamais oublier.

Mais hier, lorsque Teresa m 'a dit qu 'elle avait tout légué à la fille de

Maria, j 'ai enfin compris. J 'ai compris que c 'était là un geste d

ultime et extrême.

Un geste d 'amour pour Gaetano.

J 'ai aimé Teresa pendant toute ma vie, plus que n 'importe qui.

Et à cet instant, j 'ai compris que Teresa ne m 'avait jamais véritablement

aimé. Parce qu 'il n 'y avait eu qu 'un seul homme dans sa vie.

Et c 'était pas moi.

C 'était Gaetano.

Clélia, je souhaiterais vous remettre au moins un de ces jouets.

C 'était les vôtres.

Votre père et votre mère vous aimaient énormément.

Je ne sais pas quoi dire, commissaire.

Merci.

Mais pourquoi tu veux te lutter ? Parce que j 'en ai marre.

Mais moi, je les aime bien, ces tenues.

En plus, je trouve que ça se m 'infuse.

Non.

Ça me donne juste l 'air d 'être un gros con.

Je t 'aide ? Non, je me débrouille.

Allez, je t 'aide. Non, je me débrouille tout seul, maman.

Laisse -moi tranquille, tu veux ?

Ah,

mon cœur.

Bah, qu 'y a ? T 'es un enfoiré. Tu m 'as piégé.

Qu 'est -ce que tu racontes ? Je suis allée chez l 'épicier.

Et j 'ai entendu ce qu 'il disait.

Que le dimanche, tous les catanais se rendaient à la plage à notre dos.

Exactement où tu m 'as emmené. Ah oui ? Ah, je ne savais pas. Je suis de Naples,

tu sais. Non, tu es un gros con.

Tu le savais très bien.

Tu savais parfaitement qu 'on nous verrait à un moment ou à un autre. Tu l

fait exprès. Non, Martha, s 'il te plaît. Là, tu délires. Et comme ça,

histoire ne serait plus un secret pour personne, non ? Laisse -moi t 'expliquer

une seconde. Vraiment, je t 'assure, je te jure que... Mais franchement,

pourquoi on devrait se cacher ? Tu n 'aurais pas dû.

T 'as forcé les choses, t 'avais pas le droit de décider tout seul. Oui, t 'as

raison, mais je supportais plus cette situation, tu comprends ? Va -t 'en !

Comment ça ? Va -t 'en ! Attends, tu me chasses ? Tu t 'en vas ! Mais...

Tito, va -t 'en.

Je... tu... Je veux rester seule, sors.

Pour être belle, elle est belle.

Mais il y a un truc qui ne me convainc pas tout à fait. Moi, elle me plaît.

Je ne sais pas, elle me paraît un peu longue.

Tu as de belles jambes. Pourquoi tu ne veux pas montrer tes jambes ? Attends,

dois juste être témoin. Il n 'est pas question que je me pointe et qu 'on voit

le haut de mes cuisses.

Ah non ? Non, je ne suis pas convaincue. On ira la rapporter demain. Je te dis

qu 'elle est parfaite.

Regarde.

Tu vois qu 'elle est parfaite ? Mais tu es malade. Ça ne se voit même pas.

Attends, même au mariage de ta sœur, tu comptes être armée ? On pourrait éviter

d 'avoir des discussions inutiles. T 'es vraiment trop flic.

Je m 'en vais parce que demain, j 'ai trois audiences.

Ciao.

Et merci pour tes conseils avisés.

Tu rigoles ? Avec toi, les blogueurs de mode peuvent se faire... un requiri.

Alfio ? Très jolie robe, elle vous va bien, commissaire.

Qu 'est -ce que tu fais là ? La maîtresse de maison m 'a dit que t

Viens, monte ! Je voulais te remercier.

Si tu n 'avais pas été là, j 'aurais été le suspect numéro un.

Tu sais, j 'ai fait que mon boulot.

T 'étais passé où, d 'ailleurs ? Ça fait deux jours qu 'on te cherche partout.

J 'étais...

Sur un bateau.

Avec une amie.

Ah.

Mais pourtant, tu jouais les dénamourés avec moi, non ? Une de perdue, une de

retrouvée.

Comment t 'as pris l 'annonce du testament, alors ? Tu sais, mieux que ce

pensais, en fait.

Je m 'attendais un peu à ce que ma tante se foute de moi, même morte.

Toute ma vie, j 'ai attendu qu 'elle crève pour pouvoir toucher l 'héritage.

Et le fait d 'avoir perdu cette montagne d 'argent, finalement...

Ça me pèse pas tant que ça.

Tu rigoles ? Non.

Ma tante décédée, je me suis senti immédiatement mieux et complètement

Je comprends. Tu sais ce que je me dis ? Je vais tout vendre.

Je vais partir à New York.

À New York ? À New York, avec mon groupe pour ouvrir un club de musique.

Et comme ça, on pourrait jouer tous les jours.

Ça peut marcher, tu crois ? Je crois surtout qu 'il n 'y a plus personne pour

'en empêcher.

Tu te jettes dans la gueule du loup, alors ? Tant pis pour lui.

Voilà ce qu 'il faut faire. Tout envoyer balader et puis se lancer. Faut pas

trop réfléchir.

Commissaire, à bientôt.

Merci. Allez, à demain, maître. À demain.

Commissaire.

Tu pourras donner ça à Malfitano quand tu le verras.

C 'est important.

Je peux compter sur toi.

Vous en faites pas, commissaire. Je m 'en occupe.

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