All language subtitles for La raison du plus fou 1973 (fr)

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian Download
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Être surveillant dans une maison de repos. À la longue, c'est éprouvant.

D'ailleurs, comment peut-on se reposer dans une maison de repos ?

Avec une directrice si peu reposante.

Qu'est-ce ?

- Encore un fou qui fait des siennes. - C'est notre surveillant.

- Que fait-il ? - Le fou.

Je savais bien qu'il était de leur côté. Il les excite.

Pourvu que tout se passe bien.

À toi, Patrick. Vas-y.

Lancer 2 jeunes gens dans une telle aventure.

Qu'ai-je entreprit là ?

Je me demande si j'ai tout mon bon sens.

Ton sac, vite !

C'est notre voiture qu'ils mettent en route.

Toute seule ?

Voilà qui est étrange.

- Vous avez bien arrêté le moteur hier soir ? - Quelle question !

Il se passe quelque chose d'anormal chez nos fous.

Ah enfin !

Ma mie, ça me rassure.

Je les trouvais bien calmes pour des agités.

Ça sent la fuite.

Ai-je tort ? Ai-je raison ?

C'est difficile à savoir.

Faut pas trop réfléchir.

Madame, 2 de vos jeunes pensionnaires n'ayant jamais vu la mer,

à leur âge, c'est proprement scandaleux,

je me propose de la leur montrer.

Outre que l'air de la mer ne peut avoir qu'un effet thérapeutique

sur 2 jeunes esprits qui, tout bien considéré, ne sont pas plus dérangés

que le vôtre et le mien.

- Et le mien ? - Il n'en parle pas.

Je reste, madame, votre humble et dévoué serviteur. Signé : le surveillant.

J'aurais peut-être dû mettre "mes respects".

Ou "mes salutations distinguées".

Qu'aurais-tu mis à ma place ?

J'aurais mis "au plaisir de ne plus te revoir, vieille peau".

Ouais, c'est un peu familier comme formule.

Mais à la réflexion, c'est assez pertinent.

Et ce post-scriptum : "Je sais que c'est une folie,

"mais comme je crains que dans cette maison de fou, elle ne passe inaperçue,

"j'ai cru de mon devoir de vous prévenir."

Ah, fumier !

Chérie.

"J'emprunte votre voiture le temps d'un aller-retour. Merci et pardon pour le dérangement."

Ce n'est plus de la folie, c'est de l'inconscience.

Ah, c'est plus sérieux.

C'est pourquoi il ne faut pas ébruiter la chose.

Il y va du bon renom de mon établissement.

- Sortez la voiture. - Mais elle est sortie.

Alors, trouvez un moyen de transport. N'importe quoi ! Remuez-vous, bon Dieu !

Il faut absolument les ramener avant que quelqu'un ne s'aperçoive de leur disparition.

- Compris ? - Compris, ma mie.

Ah, je suis paumé.

On est venus par ici.

- Qu'a-t-on fait ? - On a fait ça.

Faudrait sortir d'ici.

Attends, parce que là. Attends, je vais demander.

Pardon, M. l'agent. Pour sortir d'ici, s'il vous plaît.

- D'où ? - D'ici.

Mais Issy, c'est pas dans Paris.

- On n'est pas dans Paris ici ? - Si, Paris est ici, mais Issy est en banlieue.

- Vous parlez bien d'Issy-les-Moulineaux ? - Non. Ici, ici.

- Enfin, où voulez-vous aller ? - Je vais dans le midi, M. l'agent.

Pour aller dans le midi, vous n'avez pas besoin de passer par Issy, prenez par là.

Ah bon, j'ai rien compris.

Alors ?

Mon vieux, on va passer par ailleurs, voilà !

- On vous demande au téléphone. - On me l'a déjà fait, dégage.

Arrêtez, arrêtez !

- C'est bien vous, Antar ? - Oui.

- On vous demande au téléphone. - Qui, moi ?

- Oui. - Personne ne sait où je suis.

Justement, ils s'inquiètent. Ils savent pas où vous joindre en cas d'urgence.

- Où est le téléphone ? - Par ici.

Dites, vous n'avez pas vu sur la route une Cadillac noire avec 3 occupants ?

Si, attendez. Avec 3 hommes dont 1 femme qui lançait des fleurs ?

C'est sûrement ça. Quelle direction ?

C'est simple. Y a qu'à suivre les fleurs.

C'est là.

Merci.

Ma mie.

Je vois pas bien.

Vous n'auriez pas pu trouver quelque chose de plus modeste ?

- J'ai pris ce qui passait à proximité. - Bon, je prends le volant.

Ma mie, vous savez bien que vous ne savez pas conduire.

Évidemment. Je n'ai pas mon permis.

- Moi je l'ai. - Qu'attendez-vous ? Passez-le-moi !

Je crois que j'ai eu tort de voler cette voiture.

Oh, j'ai eu tort. J'avais des raisons.

D'ailleurs, qui a tort ? Qui a raison ?

C'est difficile de savoir.

- Love. - Merci.

- Elle est gentille. - Tiens !

Qu'est-ce qui te prend ? Ça va pas ?

Non mais ça va pas !

Une voiture qui ne m'appartient pas !

- Qu'a-t-elle ? - Elle a rien.

- Ben alors ? - C'est pour le principe, monsieur.

- Oh, les principes ! - I want peace.

- Elle dit qu'elle veut la paix. - Qu'elle commence par nous la foutre.

- I love people. - Que dit-elle ?

Elle dit qu'il faut s'aimer les uns les autres.

- Mais elle est folle ? - Parce qu'elle dit de vous aimer, enfin !

J'aimerai ma femme si je veux. Personne m'y obligera.

S'aimer, mais c'est impossible.

- Si madame, c'est possible. - L'utopie !

- Mais si, c'est possible de s'aimer. - Qu'en sais-tu ?

Je suis sûr qu'au lieu de se battre, on peut s'aimer.

Je suis tellement sûr qu'on peut s'aimer,

que celui qui viendrait me dire le contraire, je le tue.

Parfaitement, elle a raison. I want peace ! I love people !

Regarde qui est dans le camion, là-haut.

- Ils sont là. - Où ?

- Là-dessous.

- Tu crois qu'ils nous ont repérés. - J'en ai peur.

- Que foutent-ils là-dedans ? - Ils nous ont reconnus ?

Probable.

Ça sent le roussi.

- Tu as déjà vu un cheval sur une autoroute ? - Jamais.

- Que vois-tu ? - Du crottin de cheval.

Qui a bien pu faire ça ?

J'ai envie de signaler le fait à la gendarmerie.

- N'oublie pas qu'on est en cavale. - C'est vrai.

- Allô, Antar ?

Que se passe-t-il ?

C'est Alfred.

Ça fait 1h que j'essaie de vous avoir.

Comment ? Rien, je vous appelle.

Parce que vous m'avez appelé.

On a coupé.

- Ce sont des rigolos dans cette maison. - Ne prononcez jamais ce mot-là ici.

D'abord, qui êtes-vous ?

Je suis le chauffeur du camion qui est devant la porte.

- Quel camion ? - Le camion Antar, qui est là.

Je me rappelle plus du numéro.

Allez, prenez le volant.

Plus vite, plus vite !

Pourquoi tu dis des choses comme ça ? Déjà le monde va trop vite.

Tout va trop vite. Tu as remarqué ce que les gens marchent vite dans la rue ?

C'est pas croyable. Ils marchent vite, les gens.

Un jour, j'ai rencontré un monsieur que je connaissais dans la rue.

Je vais pour lui serrer la main. Le temps de faire le geste, il était passé.

Ben j'ai serré la main à un autre monsieur,

qui tendait la sienne à un ami qui était déjà passé depuis 10 minutes.

- Donnez-moi vos papiers. - Oui, oui.

Je vais vous...

- Je vous ai fait peur, hein ? - Ben...

- Je vous ai pas fait peur ? - Si, si.

Mais qu'ai-je fait ?

Vous voyez pas que c'est interdit de stationner ?

- Mais c'est vous qui m'avez fait signe... - Parce que c'est l'heure de la leçon du petit.

Oui, c'est un nouveau. Je lui apprends à verbaliser.

À toi.

M., voulez-vous avoir l'obligeance de nous montrer vos papiers, s'il vous plaît ?

Non, ça va pas du tout.

Tu es beaucoup trop gentil. Tu n'obtiendras jamais rien comme ça.

- N'est-ce pas, monsieur ? - J'avoue qu'il m'a pas incité à montrer...

Tu vois, t'allais nous faire perdre un client. Excusez-le, monsieur.

Je vous en prie. Y a pas de mal.

Recommence. Redemande-lui ses papiers.

Je m'excuse, mais j'ai pas le temps de jouer.

- Vous n'avez pas le temps de jouer ? - Si, j'ai tout le temps.

C'est à qui de faire ?

- C'est à moi de donner ? - Non, c'est au petit de demander.

Allez, à toi.

Monsieur, donnez-moi vos papiers !

S'il vous plaît. Sinon, le chef va encore se fâcher.

Que fais-je ? Je les lui donne ou quoi ?

Non, il les mérite pas.

Ah, les voilà ! Ça y est, on les tient !

Deuxième leçon : allons-y.

On l'a échappée belle.

Parce que les papiers, je les ai pas.

Donnez-moi vos papiers. Je vous ai fait peur, hein ?

Mais puisque je vous dis qu'ils sont dans une voiture volée.

- À qui ? - À moi. Tenez, voici les papiers.

451 KT 75. Note, petit.

- Merci, madame. - Merci.

- Mais dites-moi, ils sont dangereux ? - Ils sont pas dangereux, ils sont fous.

Ah bon !? On va les rattraper vite.

En route ! Troisième leçon.

Si on veut les semer, il faut absolument quitter l'autoroute.

- On a qu'à sortir là. - Oui.

Qu'est-ce qui vous prend, chef ?

Il me prend que j'aime pas les histoires de fous, ça m'a jamais amusé.

- Et alors ? - Alors on va pisser, c'est tout.

Lisa, où vas-tu ?

5 minutes, pas plus.

Lisa, on se retrouve ici.

Alors ?

C'est pas mal, dis donc. Moi je vais te faire un carton.

Elles sont chargées, mon petit ?

Vous visez dans le grand carton.

5 dans le mille. Bravo monsieur.

I want peace !

Si vous avez un volant, essayez de vous en servir ! Tournez, braquez !

Eh ben quoi, on rigole, non ?

Pas moi.

C'est fou ce que les gens conduisent mal !

Acheter des fleurs, ça m'a toujours paru aberrant.

Les fleurs sont comme l'amour, ça devrait jamais se monnayer, ça devrait s'offrir.

- Ça va pas ? - Ben quoi, on rigole !

Je t'aime. On s'aime.

Je suffoque. C'est l'air pur.

Je suis pas habitué. Je manque d'oxyde de carbone.

Contact, contact !

Mais bien sûr.

Lisa, regarde.

Tu jettes des fleurs. "Je t'aime", "tu m'aimes".

Tu sèmes des points de repères, mon coco.

Que sèmé-je ?

Des points de repère. Après, ceux qui suivent... tu comprends.

Voyons, Lisa. Tu connais l'histoire du Petit Poucet ?

Les petits cailloux.

Je suis désolé, mais voilà.

Ce sont eux qu'il faut semer. Tu te rends compte ? Allez hop !

Rouler à cette vitesse, c'est mortel.

Pas la moindre fleur. On a perdu leur trace.

Il pourrait arriver qu'un conducteur de poids lourd,

par temps de brouillard,

la visibilité étant quasiment nulle,

écrase une personne qui marche comme ça,

au milieu de la route devant son camion.

C'est pas exclu.

"Vous l'avez pas vu ?"

"Si, mais trop tard. J'ai bien essayé de..."

Seulement, y a pas de brouillard. Le temps n'est pas favorable.

J'aurais aucune excuse.

Même écrasée, une fleur devrait se voir.

D'autant plus, ma mie, que la visibilité est bonne.

Ah !

I love birds, I love trees, I love you.

On dirait une leçon, mon chéri.

2x1=2, 2x2=4,

2x3=6, 2x4=8,

2x5=10.

Ça y est ! On a retrouvé leur trace.

Nous sommes sur la piste.

C'est le bouquet !

- Je sais pas quoi vous dire. - Ça a été si brutal.

- Comment c'est arrivé ? - Elle marchait au milieu de la route.

Y a un camion qui est arrivé derrière.

- Il l'a vue, mais trop tard. - Tiens.

- Vous savez qui conduisait le camion ? - Le mari !

Il y avait du brouillard, paraît-il.

Oui, le brouillard est le temps idéal. Il pouvait pas la manquer.

- Quoi ? - Le temps s'y prêtait.

Ah, allô Antar ?

C'est Alfred.

Mon camion a disparu.

Ben, dans la nature.

Il était devant la porte... Encore coupé !

C'est pas possible.

Donnez-moi une bière, s'il vous plaît.

- Combien je vous dois ? - 1,20.

- Non, une bière monsieur. - Oui, 1,20.

Alors, donnez-moi un vin.

Vous voulez un vin ou une bière ?

- Je veux une bière. - Eh bien c'est 1,20.

Vous vous foutez de moi, ou quoi ?

Attends, on va te sortir de là !

- Que se passe-t-il ? - Quelqu'un qui s'est jeté à l'eau.

Un homme qui se noie, de nos jours, qu'est-ce ?

Comme un accident en bord de route. On s'arrête pas sans intérêt.

Pour les femmes, c'est autre chose.

Tout le monde se précipite. Moi le premier, d'ailleurs.

Bonjour monsieur. Je suis reporter.

C'est bien vous qui avez sorti une jeune femme tombée à l'eau tout à l'heure ?

C'est moi, mais j'aimerais autant qu'on n'en parle pas.

Si, vous êtes trop modeste. On a besoin de connaître les détails.

- Comment cela s'est-il passé ? - Ben, j'étais en face au café.

- Tout d'un coup, j'ai entendu plouf. - C'était la jeune femme qui s'était jetée à l'eau.

- Elle s'était pas jetée, elle avait glissé. - Ah, et alors ?

- Je me suis rendu là où elle avait disparu. - Et vous avez glissé aussi ?

- Non. Moi j'ai plongé. - Ah, et ensuite ?

- J'aimerais autant qu'on parle pas de ça. - Si, au contraire.

On a besoin de connaître les détails, la suite.

- Elle m'a tendu la main. - Et vous l'avez saisie ?

Dans ces moments-là, on se raccroche à ce qu'on peut.

- Et vous avez nagé ? - Je sais pas nager.

Remarquez, vous n'avez que plus de mérite de l'avoir ramenée à la berge.

Seulement, c'est pas moi, c'est elle qui m'a ramené.

J'aimerais autant qu'on parle pas de ça, parce qu'elle sait nager.

D'accord, très bien. Je vous remercie beaucoup.

Patrick ?

- Vous voulez vous en charger ? - Non, c'est trop de sollicitude.

Ne vous souciez pas de moi.

Là, je pourrais me mettre tout nu, personne ne s'apercevrait de rien.

L'indifférence.

Vous savez pépé, de nos jours, si on veut se faire remarquer,

faut au moins ça.

Eh ben à table, les enfants.

- Je peux me joindre à vous ? - Je vous en prie, monsieur.

Pépé, servez-vous.

- On peut déjeuner, s'il vous plaît ? - À cette heure-ci, monsieur ?

- Mais il est 1h. - Justement, madame.

C'est l'heure du déjeuner.

Eh bien ?

Eh bien, je déjeune, monsieur.

- Mais vous êtes ouvert ! - Oui Mme, mais pas pendant l'heure des repas !

- Vous ne servez pas pendant l'heure des repas ? - Non monsieur.

Pourquoi ?

Parce que pendant l'heure des repas, je fais comme tout le monde : je mange.

Mais en-dehors des heures des repas, les gens travaillent.

Ils n'ont qu'à faire comme moi : manger pendant les heures de travail.

- Excusez-nous. - Je vous en prie, madame.

Mettre les heures des repas aux mêmes heures que les heures des repos,

c'est aberrant.

- Vous ne l'avez pas trouvé bizarre ? - Non pourquoi ?

Il m'a appelé "madame" et vous "monsieur".

C'est normal. Il nous connaît pas.

Je sens que je vais avoir une faim atroce.

Oh non, ma mie.

- On peut dire que vous pensez à tout. - Bien sûr.

- Ça va pas ? - Une migraine infernale.

Comme si j'avais un métro qui me traversait la tête.

Prenez un cachet.

Si je prends de l'aspirine, la migraine s'arrête et le métro aussi.

Rien que les gens qui descendent, ça fait un ram-dam à l'intérieur.

J'ai les oreilles qui sifflent.

Dès que les oreilles sifflent, les portes se referment, le métro repart,

et la migraine revient. C'est infernal.

Prenez l'autobus. Ça fait moins de bruit.

Il a rien compris, pépé.

Je vous demande pardon.

Arrêtez !

Ne faites pas l'imbécile. Allez, revenez.

Vous n'allez tout de même pas vous suicider pour une moto ?

Qui parle de se suicider ?

C'était un accident, tout simplement.

J'étais sur ma moto, j'amorçais un virage...

On vous l'a volée. Je le sais.

Vous ne savez rien du tout. Comprenez-moi. Faut que je fasse un rapport.

On va me dire : "On a volé votre moto ?"

"Dans quelles circonstances ?" "Comment ?"

Que vais-je répondre ?

Que j'étais à la cantine pendant les heures de service ?

C'est la mise à pied immédiate, tandis que là...

- Vous êtes tout mouillé ! - Bien sûr, je suis tombé dans la rivière.

"La moto, elle est restée au fond." "Le moteur. Voyez, chef".

Je vais établir mon rapport.

Et si je récupère votre moto ?

Vous n'avez qu'à la foutre là-dedans.

Cette fois-ci, c'est bien vous qu'avez retiré le motard hors de l'eau ?

C'est moi, monsieur.

Mais si vous en parlez, je vous casse la figure.

- Vous pouvez m'amener ? - Vous n'avez pas de couteau sur vous ?

- Ah non ! - Aucune idée de meurtre ?

- Pas d'assassinat en perspective ? - Non, je suis en vacances.

- Si vous voulez vérifier. - Non, non. Allez, montez.

Je vous demandais ça pour la forme.

D'où venez-vous, si ce n'est pas indiscret ?

- Je viens de la mer. - Ah tiens, moi j'y vais, dans le midi.

Moi j'étais dans la mer du Nord, en vacances sur un bateau.

Mais c'était terrifiant.

La mât brisé, le moteur tombé dans l'eau. On n'avait plus aucun contact.

C'était affreux. J'avais peur. Quand je suis arrivée...

Quand j'ai posé mes pieds sur le sol, j'ai embrassé la terre, comme ça.

- Moi j'ai embrassé la mer. - Ah, votre maman est dans le midi ?

Non, la mer. L'eau, la flotte, quoi.

Que faites-vous dans la vie ?

Je suis nageur-sauveteur.

Ah bravo ! Mais vous êtes tout mouillé.

Oui, je suis en tenue de travail. J'ai pas eu le temps de me changer.

J'étais en face au café, et tout d'un coup, j'ai entendu plouf.

- C'est la jeune femme qui s'était jetée à l'eau ? - Elle s'était pas jetée, elle avait glissé.

- Y a pas de doute. C'est sa voix. - Et où sont-ils ?

Nationale 433. On est dans la bonne direction.

- On va être à Avignon dans la soirée. - Oh, Avignon ?

Je connais un hôtel épatant. On pourrait y coucher, non ?

Mais où ils vont ?

- Où allez-vous ? - On a des choses à se dire.

On a envie d'être seuls.

Les enfants, et la mer qui nous attend ?

On s'en fout de ta mère.

- On est venus pour ça. - Vas-y tout seul.

Go away. On a envie d'être seuls, compris ?

Cesse de nous coller au train. Tu fais du paternalisme.

- Vous voulez venir m'aider ? - Oui, bien sûr.

- Ça va ? - Poussez.

Ne vous occupez pas du reste.

Vous aimez l'imprévu. Vous allez être servie.

J'en connais un qui va être surpris.

Chaque chose à sa place. Cherchez pas à comprendre.

Vous pouvez m'emmener ?

Dites donc, vous faites du stop sur n'importe quoi.

Tu fais bien l'amour avec everybody ?

[En anglais] Oui, mais pas avec toi.

Pourquoi ?

[En anglais] J'ai peur.

Peur ?

Le grand amour est trop grand pour moi.

Moi j'aime que les petits amours.

[En anglais] Parce que mon cœur est... comment dit-on ?

...trop fragile.

Tu comprends ?

Plus vite !

Plus vite !

C'est qu'après chaque tournant, il y a un virage.

Imbécile ! Venez voir ce que vous avez fait !

- Y a rien eu. - Rien du tout.

- J'ai mon arrière complètement embouti ! - Votre arrière ?

Vous êtes rentré dans ma propre voiture, homme stupide !

Ben oui, tiens. C'est bien la vôtre.

Sans aucun doute.

Ah, il y a leur itinéraire.

Ils vont jusqu'à Nice. Ils se refusent rien.

- Qu'y a-t-il ? - Mettez-vous là.

- Que se passe-t-il ? - Je vous expliquerai.

Cachez-vous. Ne vous montrez pas.

- Mais pourquoi ? - Parce que.

On n'abandonne pas comme ça une voiture sur le bord de la route.

Si vous ne conduisiez pas si vite !

Je vous affirme, ma mie, que je conduisais d'une façon tout à fait normale.

Écoutez.

Y a une fuite d'huile quelque part.

Lequel de vous deux est propriétaire de cette voiture ?

C'est moi.

C'est donc monsieur qui conduisait le camion ?

Oui.

Évidemment, il n'y a aucun témoin ?

- Si, madame. - Oui, j'ai tout vu.

- De votre voiture ? - Non, du camion.

- Que faisiez-vous dans le camion de M. ? - Je poursuivais ma voiture.

Je vois.

Vous avez les papiers du camion ?

Non, mais j'ai ceux de la voiture.

- De la voiture de madame ? - C'est ça.

- Et les papiers du camion, c'est... ? - ...elle qui les a, oui.

Y a bien quelqu'un pour la conduire, cette voiture !?

Mon surveillant.

- Vous avez un surveillant ? - Oui.

C'est après lui que ma femme coure depuis cette nuit.

Et où est-il ?

Je sais pas. Quelque part par ici dans les environs.

Il doit nous surveiller.

Il est dangereux ?

Surtout qu'il n'est pas seul. Il est avec 2 jeunes fous.

Des fous ? Là dites donc !

Ça va être difficile à retrouver. Des fous, il y en a partout ici. Y a que ça.

C'est un bois qui a très mauvaise réputation.

- Des fous dans la nature. - Y en a plus beaucoup, mais il en reste.

Vous savez, ça reste encore la campagne ici.

Les nôtres vont être complètement dépaysés.

Alors, faut faire une battue.

Que voulez-vous que je vous dise ?

Je comprends rien.

Il pourrait arriver qu'au cours d'une battue,

à la faveur de la pénombre d'un sous-bois,

un rabatteur assomme, d'un coup de gourdin malencontreux,

- Que fait-on ? - Allez m'attendre un peu plus haut.

- Et moi ? - Allez avec eux.

Je vais essayer de récupérer la voiture et je vous reprends en passant.

- Et ma moto ? - Quelle moto ?

Tu n'as jamais eu de moto, c'est compris, oui ? Allez !

Il nous a battu à plates coutures.

Pour une battue, c'est une battue.

Très drôle ! Toujours l'esprit de répartie.

C'est arrivé bêtement.

"- Vous l'avez pas reconnue ?" "- Non."

"J'ai vu des fleurs. J'ai tapé dessus."

"Après, j'ai vu que c'était son chapeau, mais c'était trop tard."

"Le coup était donné."

Il n'est peut-être pas trop tard.

Eh bien mon ami, vous rêvez ?

Il n'est pas interdit, ma mie, que je sache.

Ce n'est guère le moment. Allez, montez.

Je prends le volant.

Regarde ce qui vient derrière.

Oh, les incorruptibles, dis donc !

- Vous savez que j'ai fait un hold-up un jour ? - Vous ?

Ouais, moi !

Un jour que j'était fauché, je suis rentré dans une épicerie.

J'ai dit à l'épicière : "donnez-moi la caisse".

Elle m'a dit : "vous avez un revolver ?". J'ai dit : "non".

Elle m'a dit : "M., je ne vous donne pas la caisse."

2h plus tard, j'y suis retourné avec un revolver pour gosse.

Je dis : "donnez-moi la caisse".

Elle me dit : "Le revolver est chargé ?". Je dis : "non".

Elle me dit : "M., je vous donne pas la caisse."

Depuis, j'ose plus y retourner.

Elle a perdu un client, c'est tout ce qu'elle a gagné.

- Donnez-moi un baiser. - Vous avez un revolver ?

- Non. - Alors.

- Donnez-moi un baiser. - Il est chargé, votre revolver ?

- Oui. - Alors.

Vaudrait mieux pas trop raconter ces histoires,

parce qu'après, les autres les exploitent,

et puis vous, tintin !

Oh, vous êtes désarmante.

Nom de Dieu !

Vous pouvez m'emmener ?

Dites-moi, cantonnier, vous n'auriez pas vu ma Cadillac ?

J'en ai bien vu passe une là, mais c'était pas la vôtre, madame.

Merci, mon brave.

Dites-moi, vous avez tendance à lever le pied, madame !?

- Qu'entendez-vous par là ? - Que vous avez tendance à...

- Vous êtes en troisième ? - Oh, je n'en sais rien.

J'ai fait ça, et ça, et ça. Il faudrait que je le fasse dans la coulée.

Si je le décompose, je n'y arriverais pas.

- De toute façon, on s'arrête dans la ville. - Ah tiens, Avignon ?

- Je connais un hôtel épatant. - On pourrait y coucher.

Je suis un dégueulasse !

Voleur de bicyclette.

Jamais je ne me serais cru capable d'une aussi vilaine action.

J'en suis assez fier.

Une seconde. Tiens ça.

- Que fais-tu ? - Je veux pas salir mes pantalons.

Écoutez ça : "N'attendez pas pour les résoudre

"que les problèmes s'accumulent et donnent lieu à de multiples complications".

Tu parles d'une révélation ! Qui a dit ça ?

Mao Tsé-Toung.

Et ça : "la défaite est la mère du succès".

C'est exactement ce que dit le curé.

- Qu'était-ce ? - Une échapée.

Allô. Ce sont les réclamations.

J'ai pas demandé les réclamations.

J'ai pas de temps à perdre.

Eh, on n'est pas arrivés.

- Où tu vas ? - J'en ai ma claque !

- On s'arrête là. - Ne t'endors pas.

Ah non ! Mon copain, d'accord, mais pas vous !

Parce que je suis pas ton copain, j'ai pas le droit de te gifler ?

Qu'est-ce que ce prétexte. C'est du racisme ou quoi ?

C'est ça, la justice ? Que t'ont fait ces fleurs ?

J'aime pas qu'on me marche sur les pieds. Que viens-tu faire chez moi, d'abord ?

- Nous voudrions des chambres. - Tu pouvais pas le dire, mon frère !?

Je croyais que tu venais m'agresser. Tu me demandais de dormir chez moi.

J'ai jamais refusé l'hospitalité. Rentre, mon frère. Toi aussi, ma sœur.

Avec ton frère. La maison est à vous.

J'ai giflé mon frère.

Et pourquoi ? Parce qu'il m'abîmait une fleur d'agrément.

Qu'est-ce que l'agrément ? L'agrément, c'est mon frère !

Tiens, la gifle que je t'ai donnée. Ma parole, tu me la redonnes.

- Non, non. - Mais si, puisque je te l'offre !

- Écoute. - Franchement, j'en ai pas envie.

Le client fait ce qu'il veut.

Je force personne.

Allez, j'offre l'apéritif.

- Pourquoi ton frère te giflait ? - Pour m'empêcher de dormir.

- Pourquoi t'empêches ton père de dormir ? - Il fallait bien arriver ici.

Là, tu as bien fait. Ici, on dort tranquille, en famille.

Joseph, monte les bagages au 8 et au 15.

Bonsoir monsieur. Vous avez des chambres ?

- Oui, monsieur. - Merci, monsieur.

- Tu veux boire quelque chose ? Et toi ? - Non merci, on va dormir.

- Excusez-les, mais je crois... - Normal, et vous ?

- Je vais en prendre une. - Je vais la prendre avec vous.

La clef est sur la porte.

Tchin-tchin, mon frère.

Si vous voulez remplir vos fiches.

Oui, j'attends.

Ça, par exemple !

- C'est rigolo. - Assez cocasse, en effet.

- Que fait-on ? - C'est à vous de décider.

Cette poursuite m'amuse. J'ai pas tellement envie qu'elle s'arrête.

- Eh ben, on s'est pas vus. - On s'est pas vus.

- Au fond, on se connaît pas, tous les deux. - C'est vrai, on se connaît pas.

On s'est entrevus entre 2 couloirs 1 ou 2 fois, pas plus.

- Si on faisait plus ample connaissance ? - Qui pourrait nous l'interdire ?

- On va se rencontrer au bar. - Sans se connaître.

S'ignorer est à la portée de tout le monde,

mais faire semblant de pas se connaître... - ...demande un certain raffinement.

De l'élégance, même.

- Whisky. - Il est là !

Et pour vous ?

Je vais prendre la même chose que ce monsieur que je n'ai pas le plaisir de connaître.

Je me présente, monsieur. Antar, les pétroles.

Ah, c'est vous que je vois passer sur la route quelquefois ?

- Je sillonne. - Oui.

Dites, comment se fait-il que vous soyez justement descendu ici ?

C'est une jeune fille que nous avons prise en stop qui nous a indiqué l'adresse.

Dis donc, vous roulez pas vite. On manque de vous rattraper tout le temps.

- On a eu des ennuis de transport. - J'ai vu.

- C'est vous qu'on appelle le routier sympa ? - Oui, je roule pour vous.

Demain matin, ne partez pas trop tôt. Laissez-nous une petite avance.

Il peut se passer des choses d'ici demain matin.

Quoi ?

Imaginez qu'au cours de mon sommeil, en me retournant,

par inadvertance, je donne un coup de coude à qui vous savez,

cette personne serait obligée de garder la chambre.

Vous parlez sérieusement ?

Vous ne me connaissez pas, mon cher.

Je sais pas si je vous connaissais pas, mais après ce que vous venez de dire,

je vous connais plus.

- Je dis ça pour rendre service. - Je n'en ai pas besoin.

Je n'ai jamais fait de mal à personne. C'est pas aujourd'hui que je commencerai.

Et par personne interposée, encore !

Je vais vous dire une bonne chose :

que je vous retrouve jamais sur mon chemin.

- Qu'est-ce qui lui prend ? - Je ne connais pas ce monsieur.

Comment il vous a parlé !

Mlle Greta, quel numéro de chambre ?

Chambre 11.

Bonsoir.

Oh, mon nageur-sauveteur. Ça va ?

- À quoi jouez-vous ? - Je reconstitue mon naufrage.

Vous m'imaginez dans ce petit bateau, attention.

- Je vous imagine très bien. - Vent force 9, ça vous dit quelque chose ?

Vous savez, moi, les chiffres.

Avec des vagues de 10 m de hauteur, comme ça.

J'aurais pu y rester. Couler à pic.

- Qu'est-ce qui vous prend ? - Excusez-moi.

Dès que je vois quelqu'un qui se noie, je me jette à l'eau.

C'est le métier qui reprend le dessus.

- Oh là là, quelle force ! - Force 9. Ça vous dit quelque chose ?

Vous savez, moi, les chiffres.

???

Ça, c'est clair.

Non, je ne quitte pas.

- Qu'est-ce ? - C'est l'heure du réveil.

- Quelle heure est-il ? - Il est 8h, madame.

8h ?

Je vous ai dit de me réveiller à 10h.

Ça fait rien, madame. Je reviendrai.

- Que y a-t-il de si drôle ? - J'adore l'humour noir.

Allô ?

Donnez-moi Paris.

Tu pars ?

Au revoir, mon chéri.

Si tu as besoin d'argent, il y en a dans mon portefeuille.

Par suite d'encombrements, votre demande ne peut pas aboutir.

Veuillez rappeler ultérieurement.

- Bonjour. - Bonjour.

Posez ça là.

L'ultérieurement est passé, je vais essayer d'aboutir.

Je lui ai dit : "Si tu as besoin d'argent, il y en a dans mon portefeuille."

- Et alors ? - Elle l'a emporté.

- Non mais tu réalises ? - Mais je réalise très bien.

Elle m'a emmené en bateau. Elle m'a fait le coup du naufrage.

Force 9 !

- Comment tu vas payer la note ? - T'affole pas. C'est prévu.

Vous passez devant, par la porte, comme tout le monde.

- Et toi ? - Par la fenêtre.

Vous permettez ? Je vous le rends tout de suite.

Le temps de faire ma petite culture physique du matin.

Ne coupez pas. Y a quelqu'un sur la ligne.

- Qui va payer ma note ? - C'est lui.

Vous voulez toujours Paris ? Je vais encore essayer. Allô ?

- C'est difficile, ce qu'il fait. - Penses-tu, c'est un artiste.

La bébête qui monte, qui monte, qui monte.

La grosse bébête est sauvée.

Merci.

Oh, mes enfants !

C'est la recette ?

Merci.

Avec ça, on va payer la note. On ne devra rien à personne.

C'est pour vous, madame.

- À propos de quoi ? - C'est à propos du camion.

On a volé notre camion ? Où ?

Devant la porte. Regardez.

- Attendez. - Non, il est toujours là.

Il est toujours là. Constatez vous-même !

Une seconde.

Mais non, il n'est plus là.

Ça veut dire quoi ? C'est occupé ou pas libre ?

- Ça veut dire qu'ils ont raccroché. - Alors, raccrochons.

Ça doit être quelque mauvais plaisant.

C'est fini pour Paris ?

Merci, madame.

Salope.

Tiens.

C'était Paris.

- Bonjour. - Oh, mon frère.

Je suis passe par... Donnez-moi ma note, s'il vous plaît.

Voilà.

- Vous faites des prix pour les artistes ? - Non, on fait pas.

Alors, vous avez fait une erreur de 100 sous, et à votre désavantage.

J'ai jamais vu ça. C'est beau, l'honnêteté.

Joseph, c'est pas beau, ça ? Rends les boutons de manchette à M.

Et la chemise, et la cravate.

J'insiste.

Qu'est-ce que ça veut dire, Joseph ?

Qu'est-ce que ça veut dire ? À mon frère !

C'est pour vous.

Dites, vous n'auriez pas pris mon portefeuille, par hasard ?

Moi j'aurais pris le portefeuille de mon frère ?

- Tu m'as fait de la peine. - Non, je l'espérais.

Savez-vous où se trouve le commissariat de police, s'il vous plaît ?

- J'en sors. - Est-ce loin d'ici ?

Non, c'est dans la rue à Lulu. Tu connais ?

- Non. - Alors écoute :

tu prends le trottoir à Juliette,

ensuite, là où c'est mal éclairé,

tu verras Irma. Bien des choses de ma part.

Tu continues jusqu'à ce que tu voies la Carmen, tu me suis ?

Je vous suis.

Non, t'évites la Carmen. T'en sortiras pas.

- Alors, la Carmen... - Tu la sautes.

À Irma, tu traverses.

T'arrives au coin de la rue à Cricri, tu la montes.

La rue à Cricri ?

Tu tournes la deuxième à droite.

La première, c'est Jacqueline. Tu t'arrêtes pas, elle va en faire une gueule.

L'autre, c'est Lulu. Tu la suis.

Seulement si elle remonte, elle t'y amène.

- Le commissariat est là. - Elle passe devant.

- Merci. - C'est bête, hein !?

M. le commissaire, c'est un malentendu.

Arracher délibérément une affiche incitant les jeunes au service de leur patrie ?

Mais je vous répète que ce n'est pas celle-là qu'ils voulaient arracher.

C'est l'autre, celle de l'opposition. Seulement, le bras a glissé.

Vous voulez me faire croire ça, à moi ?

J'ai essayé, mais je m'aperçois que vous n'êtes pas dupe.

S'il y a une chose que je ne suis pas, c'est dupe.

Moi je ne veux pas discuter avec les gens qui ne sont pas dupes.

J'aime la naïveté.

Je n'ai pas dit que je n'étais pas naïf, j'ai dit que je n'étais pas dupe.

Si vous êtes un tant soit peu naïf, vous devriez comprendre.

Ces jeunes gens sont contre la guerre. Que voulez-vous ?

La guerre pour eux est un épouvantail. Ça fait peur aux oiseaux.

Si la guerre était un épouvantail, les hommes n'y partiraient pas en chantant.

Mais ils chantent parce qu'ils y vont tous.

Tu pars ? Moi aussi ! Bravo, allons-y tous !

Ils défilent la fleur au fusil. Salut ! On les aura !

Supposez qu'il y en ait qu'un qui parte.

Pas besoin de faire tuer tout le monde. On en tire un au sort, et ça tombe sur lui.

Vous le voyez défiler tout seul au milieu de la rue ?

Avec son fusil. La fleur est tombée, forcément.

Les gens aux balcons : "Salut, gars. Défends-nous bien !"

"Oui, oui." "Pourquoi moi, hein ?"

Un sentiment d'injustice, on l'a eu, quoi.

Eux là-haut, ils chantent. Pas lui.

Vous vous voyez partir à la guerre tout seul, vous ?

Pourquoi moi ? Ça pourrait être vous.

Une question de chance, M. le commissaire.

Pile, c'est vous qui partez. Face, c'est moi.

Pile, c'est vous qui partez.

Brigadier, libérez les jeunes.

Allons, mon ami. De la tenue.

Où est le patron ?

Jeanjean, on te demande.

On a volé la chemise de mon mari.

Qui a volé ?

Moi j'ai volé ? Tu m'accuses ?

Je n'ai pas dit que c'était vous. J'ai dit "on".

Qui c'est, "on" ? C'est un pronom indéfini.

Ça peut être toi, lui, tout le monde.

En tous cas, la chemise de mon mari a disparu.

Non seulement sa chemise, mais sa cravate et ses boutons de manchette.

- Et alors, c'est des bricoles. - Je vous signale que je vais porter plainte.

- Où est le commissariat ? - Devant le monument aux morts.

- Où est-ce ? - Tu longes le trottoir.

Tu vas voir un marchand de chemises. C'est un cousin à moi, pas cher.

Si tu veux, tu achètes. Si tu veux pas, tu traverses.

Quand tu traverses, tu vois une enseigne avec un gros bouton de manchette.

Ils vendent des cravates. C'est un cousin à moi aussi.

Si tu veux te faire cravater, tu dis que t'es de la famille.

Ils te font 5% de réduction.

Avec ce que t'as gagné, t'as pas perdu, tu portes pas plainte.

Venez, mon ami.

- Nicolas, Henri. - Mort pour la France.

- Marielle, Jean. - Mort pour la France.

- Vénezé, Gustave. - Mort pour la France.

- Lescure, Édouard. - Mort pour la France.

- Dutilleux, Raymond. - Présent.

Je vous demande pardon, messieurs dames.

Sacqué, Pierre. Mort pour la France.

- Malé, Marcel. - Mort pour la France.

- Que se passe-t-il ici, monsieur ? - C'est l'appel aux morts.

- Pourquoi, on n'est pas le 11 novembre ? - Non, mais il manque quelqu'un.

On récupère le vélo et puis on reprend la route.

Vous êtes sûr que c'est le commissariat de police ?

- Oui, ma mie. Y a un drapeau. - Ah les vandales !

Ils ont dû vous prendre pour quelqu'un de l'armée du salut.

Avec votre côté misérable, ce ne serait pas étonnant.

- Où tu avais laissé ce vélo ? - Là, contre le mur.

Cherche pas. On te l'a volé.

Joseph. Va prévenir la police.

Où tu vas à pieds ? Prends le vélo.

Ma mie, je crains que vous ayez eu tort d'emprunter ce camion.

Mon tort, ma raison. Qui a tort ? Qui a raison ?

C'est difficile de savoir.

Si on en est là, c'est de ta faute.

M. a décidé d'aller voir la mer comme ça, sans précaution.

Une fuite, ça s'organise.

C'est vrai. J'ai jamais su fuir, que veux-tu ?

On ne m'a pas appris, moi. On n'apprend pas aux gens à fuir.

On leur apprend à aller de l'avant, toujours.

Mais pas à fuit dignement, sans honte.

Alors quand ils doivent le faire, les gens sont désorientés, que veux-tu !

Ils fuient en désordre, chacun de son côté. Ça fait débandade.

Ça fait exode.

Nos exodes ne sont pas à citer en exemple.

Des milliers de gens qui fuiraient tous ensemble, au coude-à-coude.

Dans un ordre parfait et dans la même direction, quelle force !

Ce serait déjà une victoire !

Tandis que nous, notre fuite est éperdue.

- Elle est perdue ? - Non, elle est éperdue.

En tous cas, la prochaine fois. Je demanderai des garanties.

Il faudra me signer un papier.

Viens, quoi.

Je suis fatiguée.

- En plus, elle n'a rien mangé. - Ça va, toi ?

- Et où elle va ? - Ça, j'en sais rien.

- Regarde ça. - Tout ça, ça se mange pas.

Tu as vu ce qu'il y a derrière ? Si on allait y faire un tour ?

Que risque-t-on ? On revient.

Rugis !

Ils sont bons, vos melons ?

Ils sont pas mal.

Y a du poids.

Y a un peu de vent.

C'est amusant, non ? Vous permettez que je... ?

Ça vous dérange pas ?

Je complique. J'en jette une.

Avec 3, c'est plus resserré. Il faut un peu plus...

À l'envers. À l'endroit.

À l'envers. À l'endroit.

C'est amusant. C'est un petit truc.

Je vais vous faire une petite série, si vous permettez.

Excusez-moi, j'en ai perdu une.

Vous avez vu ?

Maintenant, avec les tomates, faut se concentrer.

Les tomates, c'est autre chose.

C'est pas tellement recommandé, voyez.

Faut pas en faire des kilos.

Prends ça pendant qu'il s'en paye une tranche.

Tiens ça, tiens ça ! Là, voilà.

Le raisin, de plus en plus petit. 3 raisins.

Ça, c'est injonglable.

Combien ça vaut, un cageot de raisins ?

Il faut compter 10 F. le plateau de 1 rang et 20 F. le plateau de 2 rangs.

- Que puis-je avoir pour 3 F. ? - Je peux vous donner une bière.

Alors donnez-moi un vin.

Regardez.

La voilà. La mer !

- On n'en est plus loin. - Eh bien, allons-y.

Maman les petits bateaux qui vont sur l'eau...

C'est curieux. On devrait l'avoir rejointe depuis le temps qu'on marche.

Oh, les amis. On l'a dépassée.

Il faut faire machine arrière.

Ça va mieux.

Elle est bonne.

Allez, venez.

Ben viens, quoi !

Au boulot !

Le contrôleur.

Bon, pas d'affolement.

Vous deux, au bout du couloir.

Dès qu'il sera rentré ici, vous filez à l'autre bout.

Merci.

- Que faites-vous là ? - J'attends.

- Vous attendez quoi ? - Qu'on vienne me retirer.

- Mais qui êtes-vous ? - Je suis une valise, monsieur.

- Dites donc, vous vous portez bien ? - Je me porte comme une valise.

J'ai des hauts et des bas.

Mais avant d'être une valise, vous étiez bien quelqu'un ?

Oui, j'étais un voyageur sans bagage, monsieur.

Et alors ?

Le jour où j'en ai eu assez, j'ai fait la valise.

- Quel jour ? - Le jour où ma femme a fait la malle.

- Vous avez de la famille ? - J'ai une sœur, oui.

Je pourrai peut-être la prévenir. Elle viendrait vous prendre.

Pensez-vous. Elle n'est pas assez grande pour voyager toute seule.

C'est une toute petite valise. Il faut la tenir par la main.

- Que trimbalez-vous ? - Que des effets personnels.

Vous avez votre billet ?

Monsieur, réfléchissez, voyons. Demander son billet à une valise !

Oui, quel ballot je fais !

Vous avez une étiquette ?

Je suis une valise diplomatique. Immunité.

Y a trop de chauffage ici.

Si j'avais besoin d'une valise, c'est pas du tout ce genre de type que je prendrais.

Étiquette, s'il vous plaît ?

Allez, demi-tour. Ramenez ce camion.

- Où ? - Là où vous l'avez pris.

Nous ne pouvons pas faire attendre son chauffeur plus longtemps.

Ce serait discourtois.

De plus, il bloque mon standard.

Et nos fuyards ?

Je les poursuivrai toute seule. Rentrez à la maison, mon ami.

Ma mie ?

Avant de nous séparer, je voudrais vous faire un aveu.

L'idée de vous supprimer m'a maintes fois traversé l'esprit, ma mie.

- Vous me détestez donc ? - Du plus profond de mon être.

Je croyais que vous n'éprouviez aucun sentiment à mon égard.

Je ne vous suis donc pas tout à fait indifférente ?

Je ne crois pas qu'on puisse détester quelqu'un autant que je vous déteste.

Pourquoi ne pas me l'avoir dit plus tôt ?

Vous connaissez ma timidité excessive.

J'attendais l'occasion.

Trop tard, mon ami.

Adieu.

Laissez-moi vous suivre en silence, ma mie.

C'est ma façon à moi de vous désirer.

Allons, soyez raisonnable.

Je vous déteste.

Je vous déteste.

Je vous déteste.

J'attends.

On y est arrivés, les enfants.

On s'est embêtés, mais ça valait pas le coup ?

On a eu des malheurs, mais enfin, on est là.

Excusez-moi. Patrick ? Lisa ?

Où êtes-vous ?

Ils avaient envie d'être seuls.

J'avais pas compris.

"On s'en fout de ta mer."

Allô ? Ça y est, je l'ai !

J'ai la communication. M. Antar, oui.

Oui, c'est Alfred. Le chauffeur.

Mais oui. On m'a volé mon camion.

Dans la nature. Depuis samedi matin.

Mais je l'ai dit. Ça fait 48h que j'essaie d'avoir la communication.

Et vous ?

"L'idée de vous supprimer m'a maintes fois traversé l'esprit, ma mie."

"- Vous me détestez donc ?"

"Je ne crois pas qu'on puisse détester quelqu'un plus que je vous déteste."

"Pourquoi ne pas me l'avoir dit plus tôt ?"

Que fais-je ? Je vais déposer une plainte ?

D'accord.

Je vais déposer une plainte.

- Bonjour, monsieur. - Bonjour, monsieur.

Je peux téléphoner ?

Attendez !

C'est pas la piscine.

- Madame. - Et nos fuyards.

Je les poursuivrai toute seule.

C'est vous qui aviez raison.

J'avais pas tout à fait tort non plus.

C'est difficile de juger.

Qui a tort ? Qui a raison ?

Longtemps, j'ai donné raison à tout le monde, jusqu'au jour où je me suis aperçu

que la plupart des gens à qui je donnais raison avaient tort.

Donc, j'avais raison. Par conséquent, j'avais tort.

Tort de donner raison à des gens qui avaient le tort de croire qu'ils avaient raison.

C'est-à-dire que moi qui n'avais pas tort, j'avais aucune raison de ne pas donner tort

à des gens qui prétendaient avoir raison alors qu'ils avaient tort.

J'ai raison, puisqu'ils avaient tort, et sans raison encore.

J'insiste, parce que moi aussi, il arrive que j'aie tort.

Mais quand j'ai tort, j'ai mes raisons, que je donne pas.

Il m'arrive aussi de donner raison à des gens qui ont raison.

Mais là encore, c'est un tort.

C'est comme si je donnais tort à des gens qui ont tort. Y a pas de raison.

En résumé, je crois qu'on a toujours tort d'essayer d'avoir raison

devant les gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort.

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.