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Zulu
Stop ! On va arrêter.
C'est toujours pas ça, désolée.
-Quoi, encore ? Qu'est-ce qu'il y a ?
-Henri, on s'énerve pas, on travaille.
-Ca fait 10 fois qu'on le fait.
-Je sais,
mais c'est pas ma faute. Il faut vraiment l'embrasser.
-J'ai mes lèvres sur sa bouche.
-Oui, mais le problème, c'est l'intention.
Vous voulez fuir ensemble.
Casser ce que vous avez construit pour vous reconstruire.
-Il faut que ce soit plus dément. -Plus intense.
-Ouais, voilà. -OK.
-C'est ça. C'est plus... vla !
Un truc, quoi !
Après, techniquement, ouvre la bouche plus...
Faites des choses labiales, arythmiques, destructurées...
-Labialement destructurées. -OK, on y va.
-Dites-moi franchement.
Qu'est-ce qui vous a fait épouser cet homme ?
-Il est exceptionnel.
-Ne mentez pas.
-Voilà ! Non.
C'est toujours pas ça. -Ca soûle !
-Fais-le toi-même ! -OK, alors...
En fait... Excuse-moi.
Moi, je fais toi, et lui, il fait toi.
D'accord ? Je...
Ne mentez pas.
...
Voilà. Je pense que c'est...
un truc comme ça.
-Ouais, ouais. C'est pas mal.
-T'as senti le... -Ouais.
-Scène suivante ?
-Ouais, carrément.
Pour la scène suivante,
j'ai pensé qu'on pouvait se mettre tous...
-Nora ?
Vous avez pas vu Nora ?
Tu sais où est Nora ? -Non.
Bip de message
-Wouhou !
Générique
...
...
C'est un personnage qui est en dépression, Ivanov.
La dépression, c'est être comme au-dessus de soi.
Avoir un surmoi trop développé. Et ça m'a fait penser
à Marty McFly dans "Retour vers le futur 2",
parce qu'il revient
et il se voit toujours agir.
Plus la phrase de Wittgenstein dont on a parlé :
"Les limites de mon langage limitent mon monde."
Donc voilà, le point de rencontre, c'est Marty McFly/Wittgenstein.
On peut s'arrêter là.
Je sais qu'on manque de temps, mais ça va être beau.
-Merci. -Merci à toi.
-Merci. -Hyper intéressant.
-Dis, t'as 2 minutes ? -Oui, carrément.
-T'as repensé un peu au sol dont je t'ai parlé ?
-Le sol ? C'est hyper beau.
Mais c'est trop cher.
Non, vraiment. -Mais c'est le clou de la scéno.
Brouhaha de gare
...
*-Mesdames, messieurs, dans quelques instants,
nous arrivons en gare de Paris-Est, terminus du train.
-Henri !
C'est un casting important.
J'ai mouillé ma chemise pour t'avoir ce rendez-vous.
Y aura tout Paris. -Ah ouais ?
Bien sûr.
Le 1er long de Noémie était incroyable, engagé, émouvant.
Et puis y a François Grazzani. Tous ses filmscartonnent.
-Je l'ai vu sur une affiche. -Oui, il est partout.
Vous avez pas Internet, en région ? Il rit.
Sans blague, je dis pas que t'auras pas d'autres occasions,
mais t'en auras pas 10. -T'inquiète, je suis motivé.
-Je sais, mais tout le monde est motivé.
C'est plus les années 2000, on perce moins sur le tard.
-"Sur le tard"... t'exagères.
-Je te jure. La trentaine, c'est la nouvelle cinquantaine.
Ouais. -Ben on fait comment, alors ?
-J'ai dit que t'avais 26 ans.
-Tu déconnes ?
-Mais non. Ca change rien.
-Le dis pas, si ça change rien.
-Je vois pas le problème.
-Je sais pas mentir, moi. C'est...
-T'es acteur, je te rappelle.
-François joue un chercheur en socio
qui perd ses financements,
et pour s'en sortir, il va faire
des cambriolages avec son meilleur pote.
-Hmm. C'est une comédie ? -Pas que.
C'est un film social, un film d'aventure,
une histoire d'amitié. -Oui, et ce qu'on veut surtout,
c'est sublimer les personnages et faire ressortir le romanesque.
-Raisin ? -Tu vois ?
-Non, merci. -En fait,
on part d'un constat réaliste... -Goûte.
-Il y a une critique du système,
mais après, faut que ça s'emballe. -C'est délicieux.
-Et les personnages trouvent autre chose que la thune.
-Hmm.
-Un truc impalpable... une transcendance.
Tu me suis ? -Le goût du risque.
-Ca te parle ? -Ben ouais.
Regarde-moi. L'aventure coule dans mes veines.
Ils rient.
Vous vous connaissez depuis longtemps ?
-Un peu, ouais.
-C'est notre 2e film ensemble.
-Ses courts métrages m'ont retourné le cerveau.
-N'importe quoi.
-Je t'ai appelée tout de suite. -Il sait regarder les gens.
Il voit de quoi ils sont capables.
Je mets la caméra ? Ouais.
-Allez.
Talons qui s'éloignent
J'ai vu ton CV.
T'as vachement joué au théâtre, pour 26 ans !
Hein ?
-Oui, oui, parce que j'ai... J'ai commencé jeune.
On a créé la compagnie quand on était étudiants
et on a fait tous nos spectacles ensemble.
-Tu sais, j'ai tout vu.
-Pardon ?
-Vos spectacles avec Nora Kerber. J'ai adoré.
Franchement, incroyable.
-Merci.
-OK, on y va ?
-Ah, d'accord, pardon.
Je me présente, je m'appelle Henri.
Rire -Tes parents aimaient Balavoine ?
Ils rient.
-T'imagines pas. Y avait des photos de lui partout.
Mes potes pensaient que c'était ma tante.
-Oui.
Oui, oui, complètement.
Je sais, je sais. Ca marche.
On bloque ça et on s'organise ensuite.
On se rappelle très vite. Je t'embrasse.
C'était Noémie. Ils t'ont adoré.
-T'es sûr ? -Oui, pourquoi tu dis ça ?
-Je sais pas, ils avaient pas l'air emballés.
-Arrête, je te dis qu'elle veut bosser avec toi.
-Qu'est-ce que t'es en train de me dire ?
-Ben que t'as le rôle.
Il éclate de rire. Il rit.
-Ouah...
-Je suis fier de toi.
-Ah ben là, j'ai rien fait. -C'est là que t'es le meilleur.
Et parles-en à Nora !
Conversations mêlées
-Tiens.
...
-Ouais, ouais. Parfois, c'était aussi des chorés.
-Des chorés ? -Enfin, des chorés...
-Moi, j'ai vu un reportage,
c'est vraiment un truc de... C'est un art martial de prises.
-C'est à la fois symbolique, esthétique, politique,
et... Quoi ?
-C'est que t'as dit "politique".
-Ouais, les chaussures, c'est politique, bien sûr.
-Les chaussures, politique ? -Oui. Ce que je veux dire,
c'est que ce qu'on porte, c'est un choix.
-Y a des chaussures qui votent ?
-Non, mais par exemple, ta tenue, elle est politique. Du coup...
-Entre 6 et 12 ans, t'as fait toutes les sorties.
-C'est impossible. -Jusqu'à 13 ans et demi.
-T'as fait ça 6 mois. -Elle ment.
-Par exemple, quand tu regardes ça. -Ouah ! En fait, tu les as...
Cri Merde ! Pardon. Merde.
-Ca va, l'ordi ? -Ouais, ça va.
-T'es sûre ? -Je crois que ça va.
-Attends, tu peux me passer la...
-Moi, je m'en fous de l'hygiène.
Conversations en fond
...
Eclats de rire
Gémissements
...
-Oh, putain !
-Quoi ?
Qu'est-ce qui se passe ?
-J'ai vu la lumière.
Pardon. Tu te souviens, à la fin
de l'acte 2, on bloquait ?
Je pense que j'ai une solution.
-Tu bosses, là ?
-Deux secondes. Je note, sinon je vais oublier.
-Tu te souviens que je passais un casting ?
-Oui.
-Ben j'ai eu le rôle.
-Sérieusement ?
-Oui, sérieusement.
-C'est... -C'est quand ?
-C'est là. Maintenant.
-Comment ça ?
On monte un spectacle. T'es le personnage principal.
Je fais comment ?
-On peut faire deux choses en même temps.
Moi, j'ai jamais fait de cinéma, j'ai envie d'essayer.
Je serai pas le premier à cumuler un film et une pièce.
-Ben à les faire bien, si, peut-être.
-Ca va rouler, fais-moi confiance.
-T'as reçu la dernière version ?
-Non, je l'ai pas eue. -On va t'arranger ça.
Mickaël, tu peux trouver un scénario pour Henri, stp ?
-Bonjour.
-C'est pas pour aujourd'hui. C'est la fin que j'ai réécrite.
Y avait quelque chose de trop droit, trop balisé.
Tu me donneras ton avis ? -Oui.
-Voilà, c'est votre salon, avec François.
T'aimes bien ? -Ouais, trop beau.
-Ouais. Je sais pas trop quoi penser de ce canapé...
-Pourquoi, il a quoi ?
-C'est plutôt ce qui lui manque. Tu vois ?
-Ah oui, oui. Ouais, ouais.
Euh... une âme ?
-Ouais, ou juste des coussins. -Hmm.
-On est prêts dans 5 min. -Il faut qu'on y aille.
Aujourd'hui, on est speed, désolée.
Le plan de travail a changé, ça a tout chamboulé.
Va falloir s'y mettre direct. -OK, ça roule.
-Donc t'auras pas trop le temps de te poser.
-Je me suis posé dans le train. -Tu veux des verres ?
-Non, ils boivent à la bouteille. -Bonjour.
-Génial. Ben écoute, je te laisse te changer et on se voit après ?
-Ouais. -A tout à l'heure.
-Hé, ça va ? -Bienvenue, mon gars !
T'as rencontré l'équipe ? -Oui, une partie.
-Tu vas voir, tout le monde est hyper cool.
Sauf Lou. -Commence pas, toi !
-Salut. -Voici Henri, grand acteur.
-Enchantée, Henri-grand-acteur. Tiens,
j'ai préparé tes costumes, tu peux te changer.
-Merci.
-Quel professionnalisme !
-Reste pas dans mes pattes !
On est à la bourre. Viens.
-Te stresse pas, Henri.
Quand tout le monde est en retard, personne ne l'est.
On boit des coups, ce soir ? -Euh ben...
Je peux pas, j'ai un train. -Ah oui, tu répètes.
Vous montez quoi,
en ce moment ? -"Ivanov".
-J'adore cette pièce. -Jamais vue.
-Pourtant, je te l'ai proposée. -On ira voir Henri ensemble.
-Voilà.
-C'est bon ? -C'est bon.
-Merci.
-Police, arrête-toi !
Arrête-toi ! Il halète.
-Pourquoi il va pas plus vite ?
...
-Oh, putain. ...
-Bon. Allez, coupez !
... -C'est coupé.
... Clap de fin.
27 sur 4, sixième clap de fin.
-Alors. -C'est coupé.
-On y croit pas. Vous êtes trop proches.
-On traîne, mais il est lent. -Ca va, pas la peine de...
-On peut faire trembler la caméra, mais il faut un peu de vitesse.
-T'as vu les mecs ? On dirait qu'ils sont aux JO.
Ils courent comme des fous.
-Désolée, mais je change pas le scénario pour te coffrer.
-Non, bien sûr. -Voilà, on est d'accord.
T'en es capable.
-OK. -OK.
Allez, je crois en toi.
-On va se remettre en place, merci.
-Police !
-Avec miroir... comme un miroir.
-Y a pas mieux pour montrer la lâcheté.
Il marmonne son texte.
...
-Allez, silence, merci.
On va lancer le moteur. Moteur demandé.
...
Sonnerie de porte de train
...
-Putain !
...
-Mais tu te rends compte ? On peut pas bosser sans toi.
*-Oui, mais j'étais bloqué, c'était une scène très importante.
-Ah...
OK, ben c'est pas grave...
On se voit demain, c'est ça ?
*-Ouais. Mais on va rattraper le retard, t'inquiète.
-Ouais.
...
-Je pouvais travailler, penser des heures
sans me sentir fatigué...
Maintenant, je ne fais rien.
Ah, putain !
Je pouvais travailler, penser des heures sans me sentir fatigué,
mais maintenant, je fais rien.
Je... Je... Je pense à rien, je... je...
Jour et nuit,
ma conscience me fait mal, je me sens épuisé de corps et d'esprit.
Je me sens profondément coupable.
Il soupire.
-"Mais je ne..." -Mais je ne parviens pas
à comprendre pourquoi.
La maison me fait horreur.
C'est pire que le bagne.
-"Je ne supporte même plus ma femme."
-Putain ! Fait chier, là. Putain.
Elle est pénible, cette scène. Le texte coule pas bien.
Toutes ces années, tu vas me dire que ça a servi à rien ?
-Oui, faut regarder la vérité en face.
-J'ai une idée.
-Quoi ? -Viens.
Tu vas voir. -Coupez !
-C'est coupé, merci ! -François,
c'était super.
Henri, euh... c'est très important
que tu te lèves pile quand la caméra s'arrête sur toi.
-Je la vois pas.
-Tu la regardes pas, mais tu la vois. Si.
Utilise ta vision périphérique.
Regarde, par exemple, là, je te regarde.
-Ouais.
-Mais je sens quand Pierre lève le bras. Vas-y.
Voilà, hop !
Là, je l'ai vu.
Là aussi, j'ai vu.
Tu vois ? T'as compris ?
-OK. -T'es sûr ?
-Ouais, ça va. -J'aurai pas assez de pizza.
-Non, mais c'est bon, on cherche un peu.
-J'en ai encore pour 6 prises. -Ca va aller.
-T'es avec moi ? -Oui.
-Oublie pas qui est ton personnage.
C'est un soleil. C'est un soleil, Marco, hein ?
La chaleur incarnée. -Ouais, je vois.
-Je le sens pas. J'en commande. -Mais c'est bon.
Je vais y arriver. -Concentre-toi.
Je veux de la vie, de l'enthousiasme, de l'euphorie.
Tu m'écoutes ?
Henri, tu m'écoutes ? -Oui, putain, j'ai compris !
Pardon.
-Baisse d'un ton et concentre-toi.
Tout le monde t'attend, là.
T'es pas sur un spectacle de ta meuf.
Les talons s'éloignent. -Ca va, ça va.
-Elle hurle son texte, surtout quand elle dit :
"Aimer et cesser d'aimer !"
Et après, elle peut rentrer dans la voiture
et là, avoir une qualité intime de parole.
J'avais envie d'essayer ça dehors, dans une voiture,
pour voir ce que ça développe, avec Henri. T'en penses quoi ?
Henri ?
Attends, il dort vraiment, là ?
Attends... sérieusement ?
Henri ?
Claquement Henri ?
-Quoi ? -On arrive.
Il soupire.
-Y a... C'est ta grand-mère qui vient nous chercher à la gare ?
-J'en ai aucune idée.
-Ca va pas ?
-Si, si, très bien.
*-Prochain arrêt : Charleville-Mézières.
-Ne fais aucun bruit, princesse.
On est mal, princesse. On n'aurait jamais dû
passer par ici. -Pourquoi, c'est dangereux ?
-T'es bête ou quoi ? Le sorcier Babybel vit ici.
-Mais tu confonds, c'est le bois de Vincennes.
On craint rien, regarde : Babybel !
Babybel !
-Chut, tu vas le réveiller ! Déjà que tu pues des pieds.
Le public rit.
Gémissement T'entends ?
Il crie. Les enfants hurlent.
-C'est lui ! -Qu'est-ce que j'entends ?
... Vous êtes ici
chez moi.
Je vais vous dévorer ! ...
Ah ! Je vais vous manger ! ...
Courez le plus vite que vous le pouvez !
Il hurle.
...
Tremblez !
Misérables cloportes !
C'est moi, le maître de ce bois magique,
où j'aime me prélasser
et dévorer les petits enfants
en chantant mes chansons préférées.
Il imite un pet. Pardon.
Rires
J'ignore à quelle sauce je vais vous manger, avec un feuilleté...
-Go ! -Un petit roux et de la crème
ou une sauce blanquette. Ouh là !
Cris de douleur -Prends ça !
-Il joue de mieux en mieux, Henri.
Cris hargneux
-Oh, putain. -Il a dit "putain" !
PUTAIN ! PUTAIN ! PUTAIN !
-Tu pleures ? -Bravo !
-C'était pas la peine
de me ramener, j'ai pas trop picolé.
-Tu confondais tes enfants.
-Ta mère et sa soeur se ressemblent.
-Tu comptes m'expliquer ce qui s'est passé avec tes neveux ?
-Je vois pas du tout de quoi tu parles.
Ils étaient très justes. -Ah, ça !
Tout le monde était mort de rire.
-C'est hilarant, de me passer à tabac.
-Par contre, j'ai trouvé que toi, t'étais à côté.
-Pardon ? -Non ?
En même temps, au cinéma, on joue petit,
c'est une mauvaise habitude.
C'est pas méchant, hein.
-Moi, j'ai hâte de voir
votre "Ivanov".
-C'est gentil, mais y a pas de pièce pour l'instant.
-Ah ? Qu'est-ce que vous attendez pour vous y remettre, alors ?
-Ca, je suis bien d'accord.
On devrait tous s'y remettre.
-C'est pour qui, ça ?
-Pas pour moi, en tout cas ! Elle rit.
-Qu'est-ce que t'es énervante, quand tu fais ça... C'est...
-Quand je fais quoi ? -Quand tu prétends te contrôler
alors que c'est faux. Elle pouffe.
-Si. -Il a raison.
Faut que ça sorte, chérie.
C'est bon pour la santé. -Mais ça va très bien.
-"Ca va très bien."
-Au fait, vous avez noté la fête de mon anniversaire ?
-Ouais. -Ouais, comptez sur nous.
-Ah ? On peut compter sur toi ?
-T'as fini ?
-Tu me soûles. Elle freine sec.
Choc -Oh, putain !
Putain, c'est pour décorer, cette ceinture ?
La portière claque. -Faut se calmer !
-Je suis parfaitement calme.
-Tu vas où, là ?
-Pourquoi on fait ce spectacle ?
-C'est quoi, cette question ? -Parce qu'on sait
faire que ça, parce qu'on doit payer les factures...
-Arrête, arrête. -Rembourser notre prêt...
-Parce qu'on est programmés...
-Pour faire quelque chose d'unique !
-Voilà. Exactement.
Quelque chose qui nous ressemble. C'est notre lien à nous.
C'est toi et moi. C'est ça, qu'on doit déployer, qu'on fait.
Sinon, ça sert à rien. Personne ne ressent rien.
-Je suis d'accord.
-Et alors, t'es où ? Il reste deux mois.
On nous attend. Moi, je bosse 18 h par jour,
je dois régler 12 000 questions
de prod, de technique, de sécurité, de com...
Et ça me va. Je suis très heureuse de faire ça.
C'est juste que...
j'aimerais arriver au théâtre et que tu sois là.
Juste là. Mais non.
Et quand enfin, t'es là,
il y a personne.
Et t'as toujours des excuses, c'est toujours la faute des autres.
-Tu crois que c'est facile, pour moi ?
Hein ?
Tu le vois, que je galère.
Je dors pas, je vis dans le train.
-Mais c'est toi qui as voulu faire ça !
C'est toi qui t'es mis
dans cette situation. -Putain, mais tu m'écoutes pas.
-Tu t'es engagé pour que ça marche.
-Je fais de mon mieux ! -Ca suffit pas.
On se doit plus.
Et tu vois, là,
c'est encore moi qui suis en train de gueuler
pour que les choses avancent.
C'est moi qui dois redonner de l'élan, porter toute une équipe.
Et moi, qui me porte ?
Personne.
-T'as raison.
Je pensais qu'y avait de la place pour du nouveau.
J'ai voulu y croire, mais j'avais tort.
-Et ils vont faire quoi ?
-Qui ?
-L'équipe du film.
Si t'arrêtes, ils vont faire quoi ?
-Je vais pas arrêter le film.
C'est important pour moi.
-Tu me quittes ?
-Non, je quitte le spectacle.
-Comment tu peux croire que c'est différent ?
J'aurais dû comprendre ça
depuis bien longtemps.
-Comprendre quoi ?
-Que t'es devenu... Ce qu'on s'était juré de jamais devenir.
-Et c'est quoi, ça ?
-Un opportuniste.
On est en roue libre depuis des mois. Tu l'as dit toi-même.
-J'ai pas dit ça.
-On se comprend plus, on s'aime plus, on...
On s'accompagne, quoi, à la limite, mais...
Mais même pas, regarde.
-J'ai un nouveau rêve. C'est le mien, pas le nôtre.
Et ça, pour toi, c'est insupportable.
Je peux pas passer ma vie à jouer dans tes spectacles, Nora !
Faut que t'acceptes ça.
Elle démarre. Non, mais... Ouvre.
Ouvre cette porte !
Ouvre cette... Putain !
...
Pas qui se rapprochent
-Ca va ?
-Ouais.
-T'es sûr ? -Ouais, ouais.
-Mais qu'est-ce que tu fous ? T'as repris la clope ?
-Boh, on avait arrêté... J'avais arrêté avec Nora.
Mais je suis libre, maintenant. Quinte de toux
-Je vois ça.
C'est inspirant.
-Je vais pas te mentir,
c'est pas ce que j'appellerais une transition facile, mais...
je sens que ça peut être une opportunité incroyable.
Un chapitre se ferme, un autre s'ouvre.
-Tant que tu sautes pas de mon balcon. J'ai assez d'ennuis.
Il rit.
Putain, je suis à la bourre.
-On dîne pas ensemble ? -J'ai une projection.
-On se voit tout à l'heure ? -Ouais. A tout'.
Les pas s'éloignent.
La porte claque.
-On fait comment pour monter "Ivanov" sans Ivanov ?
-On en trouve un autre meilleur.
-T'as des noms en tête ?
-Ouais.
On est sur le coup, avec Niels. -Ah oui ? Vous pensez à qui ?
-Euh... -Je sais pas, y en a tellement...
-Dis-m'en un.
-Thibault. Mouette.
-Thibault Mouette ? -Entre autres.
-Il a joué dans quoi ?
-Dans "La Mouette".
-Non, mais c'est bon, là, on va trouver un autre acteur.
Faut nous faire confiance.
-C'est pas une question de confiance.
-De quoi, alors ? -En attendant, on fait du yoga ?
-Eh ben, en attendant, on répète, on est là.
-Henri était dans toutes les scènes.
-Justement, j'y ai réfléchi,
et la meilleure solution, c'est que Esther,
tu donnes la réplique à sa place. -Voilà.
-Moi ? -Ouais.
-Tu plaisantes ?
-Pourquoi pas ?
-J'ai déjà un rôle, en fait. -Ouais. Après,
on peut laisser Anna de côté... -Attends, attends. Tu sais
l'investissement que c'est de jouer Anna.
Demande à Niels de le faire.
-Ah non, moi, je suis pas acteur.
-Ah ça, on l'a bien vu. -Ouais.
-Tout le monde doit y mettre du sien.
Je te demande un service. J'ai besoin de toi.
On a tous besoin de toi.
-C'est juste pour quelques jours ? -Ouais.
La semaine prochaine, c'est réglé, promis.
-C'est bon. C'est installé.
-Génial.
Déjà une bonne nouvelle.
-Attention les yeux.
Vous êtes pas prêts.
-C'est magnifique.
-Je peux ?
-Vas-y, mon pote.
Cri de peur Choc
-Putain. Ca va ?
Il gémit. -Ca va.
-T'as marché où, avant de venir ?
... C'est hyper fragile.
-Putain... -Tiens.
-Oh ! -Ouh là là !
-C'est une patinoire !
-On peut pas jouer là-dessus. -N'exagérez pas, c'est rien.
-Oui, on va trouver une solution.
-On met des crampons ? -Oui, des chaussures adaptées.
-On ne touche pas à mes chaussures.
-Tu peux lâcher un peu tes talons.
-Tu vas le voir de près, mon talon.
-Nora, Juliette me menace physiquement.
-"Nora, ouin, ouin, ouin."
-Mais arrêtez, sérieusement.
-Quelle idée de faire un sol sur lequel on peut pas jouer !
Le ton monte. -Oh !
-Hé oh ! Arrêtez, là ! Calmos, OK ?
D'abord, il est magnifique,
ce sol !
C'est ça, le plus important.
-Merci. -Vous savez qu'y a jamais rien
qui fonctionne parfaitement dès le début,
donc on va travailler avec cette matière.
On va apprendre à rencontrer ce sol
et on va reprendre la scène 2. David...
euh, vas-y, on y va.
S'te plaît.
Il soupire.
-Je vous aime de tout mon coeur.
Conversations en fond
-Ca va, c'était bon ? Tintement de vaisselle
-C'était froid.
-On dit qu'on a un bon et un mauvais profil.
En regardant les rushs, je me suis aperçu que toi, non.
-J'ai deux mauvais profils ? -Non, toi,
t'as un profil triste et un profil joyeux.
C'est ça qui te rend complexe.
T'es heureux ?
-En général, tu veux dire ? -Je parlais du tournage,
mais on peut faire monter les enjeux.
-Pourquoi tu dis ça ? Noémie t'a dit un truc ?
-Regarde-toi, on dirait que tu veux en finir.
T'inquiète pas,
c'est ton 1er tournage, tu dois trouver tes marques. En plus,
tu te débrouilles super bien.
-Tu dis ça pour me faire plaisir.
-T'as les bonnes intuitions. Crois-moi.
T'es fait pour ça, mec.
-Nora m'a quitté.
-Désolé, je savais pas. -Non, mais c'est pas...
C'est la vie, c'est comme ça.
Y a pas mort d'homme.
-Du coup, t'as bougé à Paris ? Tu dors où ?
-Euh, là, je dors chez... mon agent, sur son canapé.
Pas pratique.
Faut que je trouve autre chose. -Viens chez moi.
Il rit. -Je suis sérieux.
J'ai une chambre. Viens. -J'essayais pas de...
-Non, mais j'ai de la place.
Donc ça me fait plaisir. Donc viens.
Je sais ce que tu traverses, j'ai connu ça.
Hé, t'es pas seul.
...
La porte s'ouvre.
-Yo.
-Salut.
-Vous sonnez même plus. -Tu m'as donné une clé.
-En cas d'urgence.
-Il faut urgemment qu'on aille boire des coups.
-Tu viens ? -La France a besoin
de toi.
-C'est pas très passionnant, les mecs qui se sont fait larguer.
On est en boucle.
-Moi, j'adore ça.
Les chagrins d'amour des autres
sont trop intéressants.
-Ah bon ? -Plus que les miens,
en tout cas. -C'est marrant, ça.
-Que ma vie soit chiante ? -Non.
Il rit. L'expression "chagrin d'amour".
Je me l'étais pas formulé comme ça, mais c'est ce que j'ai.
-C'est parce que
c'est un cliché.
T'es plus sophistiqué, Henri-grand-acteur.
Il pouffe. -Ah oui, tu trouves ?
-Absolument.
C'est ton côté théâtreux-je me la pète.
Il éclate de rire.
-Et toi, c'est quoi,
ton chagrin ?
-J'en ai plus.
Personne peut m'atteindre, je suis blindée.
Tiens.
Touche.
Tu sens le pare-balles ?
Sifflements et foule en délire
-On y va. -Où ça ?
Ambiance de boîte de nuit
-On monte par la fenêtre
comme dans le film. -Mais attends,
t'es dans la réalité. -Ca existe pas.
C'est à nous d'écrire notre vie. -Le bar, c'est bien.
-Oublie, on y retourne pas.
Il rit. Allez, viens,
je te fais la courte.
Vas-y, viens.
-Là, comme ça ? -Une ici, l'autre sur mon épaule.
Cri d'effort
Musique électro
Lou.
...
-Ca va ?
...
-Allez !
...
Ca donne envie de prendre un bain, non ?
-On va peut-être dire bonjour.
...
-Ca s'appelle "L'Alpianiste".
-"L'Alpiniste" ? -Non, "L'Alpianiste". L'histoire
d'un pianiste qui a un accident
en montagne. -Hmm.
-T'aimes pas le titre ?
-Ca fait faute de frappe. Il rit.
-T'as raison, c'est naze. Faut qu'on change.
-Ton prochain film ? -Pas comme tu l'imagines.
Je vais le réaliser.
-Non ?
-J'y pensais et là, je sens que c'est le moment.
Il rit. Tu grimpes, toi ?
-Quoi, genre...
l'escalade ? Franchement, non.
J'ai essayé, je me suis fait mal au dos.
-Arrête, je t'ai vu, t'as les bases.
Ca te dit, de passer
les essais ? -Pour jouer qui ?
-Ben, le rôle principal, l'alpianiste.
-Arrête, c'est pas...
-Quoi, t'as pas envie ?
-Non, c'est pas ça, c'est...
C'est toi qui devrais faire ça.
-J'ai 6 films qui sortent,
je dois faire une pause. On va plus me supporter.
-Je suis pas connu. -T'as quelque chose à gagner.
Tu sais quoi ?
Lis le scénar, et si ça te parle, tu m'appelles,
on en discute, OK ? -OK.
-On fait ça ? -Allez.
-Bouge pas, je reviens.
-Henri-grand-acteur, j'ai trouvé un chamane.
Il parle peu, mais il a tout.
-Tu veux quoi, mon ami ?
Il rit.
-Euh...
Nora ?
-Pour ça, je peux rien pour toi.
Par contre, si tu veux, j'ai de la MD.
On frappe. -Allez.
Musique électro
...
-Coupez ! Génial, j'ai tout. Elle est super, celle-là.
Super. -C'était
le dernier plan d'Henri ! Cris et applaudissements
...
... Sifflements
... -Bravo.
Oh... ...
-Ca y est !
Tu vibres. T'es génial.
T'es allé au-delà de mes espérances.
Ce film, c'est d'abord une histoire d'amitié
et c'est toi qui m'as permis de le voir.
Merci.
Bravo.
Merci, merci.
Clé dans la serrure
Tintement de clé
Elle soupire. -Hey !
Cri d'effroi Oh !
Elle halète. -Mais qu'est-ce que tu fais là ?
Putain, tu m'as fait tellement peur !
Ca va ?
Il gémit.
-Je vais vomir, là.
...
-Mais qu'est-ce qui te prend de faire ça ? C'est hyper bizarre.
-Je voulais juste...
être créatif.
...
Je savais pas comment te le dire.
-Me dire quoi ? On frappe à la porte.
-T'attends quelqu'un ?
-Non, non.
Il soupire.
-Henri, euh... En fait...
C'est...
-Qu'est-ce que tu fais là ?
-Vous bossez encore, là ? -Ouais,
on a un truc à voir... 5 minutes. -Non. Non, non...
On bosse pas, non.
-D'accord.
Tu te tapes ton stagiaire ? Ouah.
C'est classe. -Ah ouais, non. Non.
Franchement, je me tape mon stagiaire si je veux, en plus.
-Je suis plus stagiaire, mais assistant à la mise en scène.
-Ah, pardon. Félicitations.
Tu perds pas de temps,
ça fait froid dans le dos. -T'es mal placé
pour me donner des leçons. -J'ai fait quoi,
encore ? -Ce que t'as fait ?
Tu me le demandes ?
Mais tu nous as foutus dans la merde en quittant
la pièce. -Quel rapport ?
-C'est pas elle
l'égoïste. (Ensemble) Te mêle pas de ça.
Tintement
Ben j'ai fait à manger.
A table !
Allez !
A table, les amoureux !
Lasagnes à l'italienne !
-Henri, tu fais quoi, là ? Tu peux m'expliquer ?
-On se met à l'aise, non ?
-Non, mais...
Viens, on le laisse, on va ailleurs.
-Ah non, non, non.
Je suis chez moi, donc je reste. Toi aussi. Assieds-toi.
-Ravi de vous retrouver.
Tu veux une assiette ? T'as faim ?
-Non, merci, ça va aller.
Bon, racontez, un peu. Ca avance ?
Ca baisouille ?
-"Ca baisouille ?" -Quoi, c'est ringard ?
Comment on dit, au lycée ? -T'as pas d'autres vannes ?
C'est pas une insulte, d'être jeune.
-Non, c'est un compliment. -Ah ouais.
-Ouais. Je t'admire.
Les enfants vont sauver le monde.
-T'inquiète, on s'en occupe. -C'est sympa, merci.
-Tu pourras continuer à faire des navets.
-T'as dit quoi, là ? -S'il vous plaît, arrêtez.
C'est pathétique, franchement.
Je... Enfin, moi, je sais pas...
Je démissionne. Putain, démerdez-vous...
-Tu veux dire quoi ?
Tu me mets dans le même sac que lui ?
-Mais oui, on est dans le même sac. Un bon gros sac de pathétique.
Voilà. La porte claque.
-T'as pas dormi là-bas ?
-Ben si, j'ai dormi sur le canapé, pas le choix.
-Y a pas d'hôtel, à Reims ?
-Pas tant que ça.
-Faut passer à autre chose, ça devient malsain.
-C'est facile à dire, ça.
-C'est vrai.
-Tu sais qu'elle m'a pas remplacé ?
-Tu veux reprendre le rôle ?
-J'ai pas dit ça.
-Ben arrête
d'y penser, alors.
-J'y pense pas.
-En fait, t'arrives pas à laisser ta place.
C'est pour ça que t'avances pas.
Alors ?
-C'est un délice.
-Nora ?
Tu te souviens de notre discussion sur l'esprit d'équipe ?
-Euh oui, mais redis-moi.
-Le collectif doit tenir compte des contraintes individuelles
pour en faire des opportunités...
-Ouais, ouais. -Ouais ?
-Eh ben j'ai changé d'avis. -Ah oui ?
-Si Ivan continue de me faire chier avec son sol de merde, je me tire.
-C'est quoi, cette histoire de bottes ?
-Ca dépasse les limites
de l'entendement, t'es d'accord ?
Je laisserai pas un crétin en treillis saloper mon travail.
-Je t'entends, tu sais ?
-C'est temporaire, les bottes ?
-Y a d'autres couleurs, si tu veux. -C'est pas ça.
Est-ce que tu vois ce que j'endure ?
-Attends, deux secondes.
Ivan, on va trouver une solution ? -Oui, oui.
-Voilà. OK. Euh, on reprend ?
-On reprend pas, non.
Il faut qu'on parle.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Désolée, Nora... -On attend les autres, non ?
-Ah, c'est une mutinerie ?
-Je propose juste qu'on attende Niels.
-Niels ? Euh...
Je... sais pas s'il va revenir.
-Oh non, putain, c'est vrai ?
-D'abord, Henri, maintenant Niels ?
-Ils sont pas morts, ça va aller.
-Non, ça va pas.
-On va pas y arriver.
-Arriver à quoi ? -A faire quelque chose de bien.
-Quelque chose de bien ?
Vous vous entendez ?
Il faut pas du tout être dans cet état d'esprit, là.
Faut être dans le travail.
Pas penser au résultat, être dans le présent.
-Le présent ? On a ni Ivanov ni assistant.
La scéno, c'est une patinoire...
-Les costumes, on dirait "Les Bronzés".
-Qu'est-ce que vous êtes snobs !
C'est super, "Les Bronzés" !
-Mon psy est d'accord. -Ben si ton psy est d'accord !
Et il vous a demandé d'arrêter ?
-On arrête la fuite en avant. -On fonce
dans le mur et tu le nies.
-On s'inquiète pour toi parce qu'on t'aime. Tu vois ?
-Vous m'aimez ?
Vous m'aimez ?
Mais qu'est-ce que ça peut me faire ?
Sérieusement ?
Moi, j'ai pas du tout besoin d'être aimée.
J'ai besoin d'être aidée, là.
Vous voulez que je dise quoi ? Que rien ne marche sans Henri ?
Que j'ai le nez dans le guidon, tout me file entre les doigts ?
J'ai même plus d'idées, plus d'élan.
J'arrive plus à trouver de solutions aux problèmes,
alors que c'est ma spécialité.
Quand y a une galère, on appelle Nora et elle règle le problème.
Mais là, vraiment, je suis face à un énorme échec.
Vous êtes contents ?
-Nora ?
Je peux te parler 5 minutes ?
-Qu'est-ce qui se passe ? -J'adore ton travail
et je sais que tu cherches un acteur.
-Je comprends pas, désolée.
-J'aimerais qu'on bosse ensemble.
-Ah.
Elle rit. Et de...
Tu t'es dit que j'allais te prendre comme ça ?
-Non, pas comme ça,
non, mais...
Je pensais qu'on allait discuter.
-Ah, parce que tu sais faire mille pompes
et qu'on te demande des selfies ? -C'est impossible.
-Alors, pourquoi ?
-Parce que je suis prêt. Je connais
la pièce par coeur. Y a que le travail qui m'intéresse.
Je sais que là-dessus, on est pareils.
-T'en sais, des choses. -J'ai besoin
d'émotions, de prendre un risque.
-C'est pas mon problème,
si t'as trop d'énergie.
Fais comme tout le monde, mets-toi au CrossFit ou à la boxe.
-Je fais déjà de la boxe.
-Ben prends du LSD. -OK.
Si tu veux. Mais fais-moi passer des essais.
-Pourquoi des essais ?
Y a plus de spectacle.
On frappe à la porte.
-Hé.
-Merci, j'ai perdu les clés.
Ca va ?
-Ouais.
-Il est là, François ?
Il répond pas. -Euh... non.
Non, non, il... Il m'a pas dit ce qu'il faisait.
-Ah bon ? -Hmm.
-Ben parfait. On a qu'à boire un verre.
Musique douce
...
J'ai jamais vu
une telle collection.
Le mec a un seul disque de tous les groupes
du monde. -Comme si c'était pour les aliens.
-Quoi ? -Quand ils envoient des capsules
pour donner une idée de la vie sur Terre.
Elle éclate de rire.
Oh là !
Ouah !
Ouah !
...
Je suis bourré.
-Y a des soirs où j'ai du mal
à rester seule.
... -Ca te rend triste ?
-Ouais, mais j'y travaille. -Genre tu pars
dans le désert pour t'entraîner ?
-J'aimerais bien, mais non. J'en parle juste à ma psy.
On cherche d'où ça vient. -Vous avez des pistes ?
-Y a mon narcissisme dévorant.
Et puis, la mort brutale de ma mère quand j'avais 6 ans.
Elle marche.
-Je pense que c'est à cause de ta mère morte.
Elle rit.
...
Je peux te poser une question indiscrète ?
-J'ai rien à cacher.
-Vous êtes quoi, François et toi, exactement ?
-Ca t'intrigue ? -Hmm.
-T'aimes être dans les petits secrets.
-Avoue que c'est mystérieux.
-Que te dire ?
François... c'est un soleil.
On peut se chauffer à ses rayons, mais faut pas en attendre plus.
Il appartiendra jamais à personne.
Rythme de batterie
-Ben moi, c'est pareil.
J'appartiens plus à personne.
...
-Ca t'inquiète ?
...
-Un peu.
Cris de rage
...
...
...
...
Déchirement de tissu Cri de rage
-Voilà, putain, voilà !
Elle halète.
Cri de rage
Tintement métallique
Cris d'effort
...
Elle hurle.
-Oh, putain.
Ouh...
Putain... Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Je sais, ça fait peur, mais c'est pas ce que vous croyez.
Pendant la nuit, j'ai eu plein d'idées. Une épiphanie.
J'ai compris que tout est affaire de composition...
-C'est pas possible. -Décomposition, recomposition.
-J'ai dû tout détruire pour m'en rendre compte.
C'est violent à voir,
mais on est pas là pour faire du beau.
On doit trouver quelque chose de juste.
Et là, on était trop loin.
On s'en foutait.
-On fait quoi, alors ?
-Un arbre.
-C'est-à-dire ?
-Un arbre, c'est bien mieux qu'un sol.
Non ?
-Je sais pas... c'est dur de comparer.
-Et pour Ivanov ?
-C'est toi, Ivanov.
-Elle a pas tort.
-Mais il manque un acteur.
-Je me présente, je m'appelle Henri.
J'ai... J'ai trente...
J'ai 26 ans. -OK.
Quand tu veux.
-J'ai... J'ai une fille. Et...
Elle habite à Marseille avec sa mère.
Et... Moi, j'ai un peu... -Il faut que tu conduises.
Ca se passe dans une voiture.
Donc là, t'es au volant.
-OK.
-Voilà.
-Euh... J'ai... J'ai une fille...
Elle habite à Marseille avec sa mère et...
-Tourne à gauche. J'ai un peu d'argent de côté...
-Tourne à gauche. -J'économise pour...
-Mets ton clignotant. -Pour les rejoindre.
Pardon.
Pour essayer de les rejoindre...
Il imite le bruit du clignotant. -Fais pas le bruit.
-OK, insère-toi, maintenant.
Attends, comment tu... Comment tu passes les...
Rassure-moi. T'as le permis, Thierry ?
-Tu peux me trouver autre chose ? Faut vraiment que je bosse, là.
*-Euh... Laisse-moi réfléchir.
-Je peux peut-être revenir dans le spectacle.
*-J'ai un scénario sur un gars qui plaque tout
pour traverser la France à vélo.
*Attends, est-ce que tu sais faire du vélo ?
-Ca m'inquiète, l'image que t'as de moi.
Bip répété
Attends, je te rappelle.
Allô, Nanette ? Tout va bien ?
*-Nora ne répond pas.
-Ben oui, mais qu'est-ce que j'y peux ?
*-C'est toujours pareil. Quand elle répète, j'existe plus.
A se demander si elle préfère sa grand-mère ou son spectacle.
Bip de fermeture des portes
-C'était chaud, là.
Ca va bien ?
Elle rit. -Ouais.
J'ai l'impression d'être dans un train pour il y a 6 mois.
-J'ai pensé pareil quand ta grand-mère
m'a appelé. -Elle t'a appelé ?
-Hmm. -Pourquoi ?
-Elle sait peut-être pas que tu m'as largué.
-C'est pas moi qui t'ai largué. -J'ai joué le jeu.
Et je me suis dit :
autant le jouer jusqu'au bout et venir à l'anniversaire.
Comme ça, t'auras pas besoin
de te justifier.
C'est pas bien ?
Si tu veux, je sors à la prochaine.
Si tu... -Non, si, si, ça va.
C'est plus doux. L'interrogatoire,
j'ai pas trop la force.
-Tu me connais, donner plus, c'est mon principe
de vie.
-Toujours aussi modeste.
-Je l'adore, Nanette.
Vraiment, je l'adore. -A ce point-là ?
-Les 2-3 dernières années,
c'est vraiment pour elle que je suis resté avec toi.
Elle éclate de rire.
-C'est dire si je l'adore. ...
C'est ma personne préférée.
Il rit.
Cris et applaudissements
-Mamma mia !
-Tu vas tenir ?
-Ouais, pourquoi ?
-T'as pas l'air très à l'aise.
-Ben, si.
Le rôle de l'amoureux parfait, c'est dans mes cordes.
-Pourquoi "parfait" ?
Ils vont remarquer le changement. Il pouffe.
-Non.
Conversations en fond
Faut jouer le jeu, sinon on va se faire griller.
-Ben oui, mais tu me touches pas, c'est hyper bizarre.
-Tu veux que je te touche ?
-Oui.
-Comme ça ?
-C'est light, hein.
-Comme ça ?
Je vais pas te tripoter les seins, non plus.
-Ca te fait flipper ?
-Non, ça me fait pas flipper, ça m'inspire du respect.
Rires
Je sais, tu pourrais éclater de rire.
-Dans quel but ? -Y a pas de but, c'est juste...
Je te faisais rire, quand on était ensemble.
-Aucun souvenir. Il rit.
-Regarde. Il simule un rire.
-Oh ouah ! Elle éclate de rire.
Attends, ça démarre pas.
-J'avais oublié le bruit de ce lit.
Elle rit. Il halète.
-Ouais, t'as raison, faut aller jusqu'au bout.
Elle gémit.
Ils simulent des gémissements.
-Je pense que le son, il est mieux là.
...
...
-Oh, putain ! -Putain !
Elle rit.
Il tousse.
-Tu m'as défoncé.
-Je regarde ? -Regarde si ça saigne.
-C'est où ?
C'est où ?
(Elle hurle) C'est où ? Ils rient très fort.
Arrête, attends. Tu devrais faire ça.
C'est complètement nul. Attends. Putain, tu vas morfler.
...
Arrête...
Elle rit.
Elle gémit.
...
Pas au loin
...
-Bonjour. -Bonjour, Henri !
-Bonjour.
-Bonjour !
-Ca va ? -Ouais.
-Je me disais qu'on pourrait rentrer ensemble.
-On pourrait, ouais.
-C'est une idée comme ça. -Oui. Une idée...
Ouais.
Y a quelqu'un qui t'attend ?
-Toi non plus ?
-Les enfants ? -Ouais ?
-Ca avance bien, "Ivanov", au fait ?
-Euh, ouais.
-Ben c'est tout ?
-Quoi ? -Tu racontes jamais rien.
Faut te tirer les vers du nez. -Oh non. Non, Nanette.
Arrête ! Elle soupire.
T'exagères, je te raconte plein de trucs.
J'allais t'en parler !
-J'ai envie de savoir où tu en es, tu comprends ?
-Ca s'annonce très différent de mes autres spectacles.
-Ah.
Comment ça, différent ?
-Différent, déjà, parce que sans Henri.
-Oh non ! -Il sera pas dedans.
-C'est pas grave. -Justement, faut qu'on en parle.
-Quoi, tu t'es fait virer ? -Non, j'ai rien fait.
-Il fait autre chose. -Faut qu'on parle.
-Hmm. Et vraiment, c'est mieux.
Nanette râle. Vraiment.
Je pense que moi aussi, j'avais besoin de nouveauté.
-Quelle nouveauté ?
-Eh ben... j'ai redistribué les rôles.
Et j'ai engagé un nouvel acteur. -Qui ça ?
-Ben tu sais.
-Non, je sais pas.
-Ben François. -François
Cluzet ?
Nora éclate de rire. -Non, pas François Cluzet.
-Ben je sais pas, moi.
Je l'aime bien.
-Tu savais pas ? Je pensais qu'il te l'avait dit,
comme vous êtes potes. -Ben non, il m'a pas dit.
Mais c'est pas...
-Je te l'aurais pas dit comme ça.
-Non, mais c'est super. Vraiment.
-T'es sûr ?
-Carrément, ouais.
...
Zip de fermeture éclair
Radio en fond
...
-Tu fais quoi, avec ton sac ?
-Je pars d'ici, je me casse.
-Quoi, t'en as marre de moi ? -Arrête.
... Je suis au courant pour Nora.
-Soigne ta formulation, ça peut induire en erreur.
-Ouah.
-On peut discuter, non ?
-J'ai rien à te dire.
-Je joue dans une pièce que t'as quittée
et tu joues dans mon film. Tout le monde avance.
-Putain, mais tu t'entends ?
Non, on avance pas, non.
Tu savais que ça me ferait chier.
Mais tu t'en fous, tu penses pas aux gens autour de toi, putain.
-T'en as pas marre
de remettre la faute sur les autres ? Assume !
Réfléchis, c'est tes conneries
qui te mettent dans la merde.
-T'as raison, je récolte ce que je sème,
mais rester avec toi
n'aide pas. -En plus d'être lâche, t'es ingrat.
Je te présente à mes amis et tu me remercies comme ça ?
-Parce que ça a un coût ? Je te dois combien ?
-J'ai pas dit ça.
-J'ai très bien compris.
-Pour tout te dire,
c'est moi qui ai poussé pour que t'aies le film.
T'y penseras, dans ta vie d'acteur parisien.
-Je te suis très reconnaissant. -Ah ouais ?
-Mais te raconte pas d'histoires.
Tu prends plus que tu ne donnes.
Radio en fond
-Vas-y, casse-toi, alors.
La porte s'ouvre et claque.
-Je vous aime à la folie.
-Sacha, il ne faut pas.
-Je vous aime à la folie. -Il ne faut pas.
-Sans vous, la vie... -Il ne faut pas.
-... n'a plus de sens, ni de besoins, ni de joie.
Quand j'étais petit, dans mon enfance,
je vous aimais, vous.
Votre âme. -C'est bien, ça.
Continuez. -Pendant mon enfance,
je vous aimais. Votre âme,
comme moi-même, et maintenant,
je vous aime, Nikolaï Alexeïévitch.
Elle rit. Pour vous,
j'irais... -Répète "Il ne faut pas."
-Oui. Il ne faut pas.
Il ne faut pas.
-L'espace entre vous est dangereux.
Il est pas facile à franchir. -Il ne faut pas.
-J'irais au bout du monde. -Il ne faut pas.
-Il ne faut pas. -Faites vite, sinon j'étoufferai.
-Ca veut dire recommencer la vie depuis le début, c'est ça ?
Le bonheur, la jeunesse, la fraîcheur.
Ca veut dire vivre !
Recommencer tout. -Oui.
Elle hurle.
-C'était mieux, non ? -C'était un peu mou.
-Sympa. -Pas toi, nous. Enfin, moi.
La scène. -Ton ressenti ?
-J'ai trouvé ça plus naturel, mais j'étais en retard. Pardon.
-J'ai une idée, on va couper ton entrée.
-Comment ça ? -Eh ben, euh...
J'aimerais voir ce qui se passe si t'es déjà là.
Est-ce que tu peux faire autre chose que le cri ?
Je pense que c'est ça qui rend le truc un peu banal.
-Ouais, d'accord.
...
-Tu dors ?
-Pas du tout, je me concentre.
-Donne-moi ton bras.
Ouais.
Alors,
tu vas y aller ?
-Où ça ?
-Voir le spectacle.
-Quel spectacle ?
-T'arrêtes, un peu ?
Elle rit.
-Tu l'as vu ?
-Ouais.
François m'a invitée.
-C'était comment ?
... T'as qu'à y aller, tu verras bien.
-Je vous dérange pas ?
-Non, c'est bon, on a fini.
Il soupire.
Le vent souffle.
Il sifflote.
-Tu voulais me dire un truc ?
-Non, rien du tout, non. Il rit.
Quand le réal va voir l'acteur, c'est important.
Du coup, on me fout la paix. Il rit.
-Tu fais semblant de me parler.
-Non. J'ai besoin d'une pause, tu vois pas d'inconvénient ?
-Non, pas du tout. Il soupire.
...
Tant qu'on y est, je te remercie de ta confiance.
-Hmm. Hmm.
C'est toi qui es dans le fossé. -Oui.
Mais pour une bonne raison.
Tu sais où tu vas et ça se voit, et c'est...
très inspirant.
-Ecoute, on a presque fini ce film, je peux te le dire maintenant.
Garde ça pour toi. -Oui, oui.
-Mais...
Je n'ai aucune idée d'où je vais.
-T'es sérieux ? -Ouais.
Il rit. -Et je suis pas le seul, hein.
Je pense que personne ne sait ce qu'il fait.
Et personne n'osera jamais
le dire. -Non, t'es inspiré, ça se voit.
-Tu parles !
C'est sûr, j'ai plein d'idées,
je saute d'idée en idée, mais au final...
on verra bien, je sais pas.
Je sais pas.
-Tu peux pas me dire ça.
-Pourquoi pas ? -Pour plein de raisons.
C'est hyper inquiétant.
-Mais non, au contraire !
Si t'acceptes l'incertitude de lâcher vraiment prise,
tout devient possible.
C'est la meilleure façon de créer quelque chose d'intéressant.
-Il doit bien y avoir quelque chose dont on est à peu près sûrs ?
-Oui, ben...
D'accord, Dieu est mort, le soleil finira par exploser.
Mais d'ici là, il peut se passer n'importe quoi.
Mais vraiment n'importe quoi.
-Nathan,
on est prêts. -Ouais. OK.
Pense à ça pour ta scène, ça peut t'aider.
-Silence !
...
-Bonjour. Merci. -Attention, ça glisse.
-Bonjour.
Le vent souffle.
...
Action !
-Monsieur, ça va ?
Non, faut pas bouger, vous êtes blessé.
Non, vraiment, bougez pas.
Vous savez comment vous vous appelez ?
Monsieur, ça va ?
-Ca va, ça va.
Je dois y aller, je...
Il halète.
...
-Coupez.
Henri, c'est bien, mais c'est de l'autre côté
que ça se passe.
-Ouais, pardon, pardon.
-T'étais génial, dans la scène.
-C'était un petit truc.
-Non, mais c'est bizarre, parce que moi, j'ai vraiment...
Enfin, je croyais te connaître par coeur, comme acteur.
Et... et là, ben je t'ai jamais vu comme ça.
-Dirigé par un autre ? -Aussi, oui.
-Pourquoi t'es là, Nora ?
-Je te l'ai dit, Lou m'a invitée.
-Pourquoi t'es venue ?
Qu'est-ce que tu veux ?
-Ce soir, c'est la dernière de la pièce
et ça m'aurait fait plaisir que tu viennes.
-Non, mais c'est bon.
Tu l'as faite sans moi, faut passer à autre chose.
-T'es sûr ?
OK.
Désolée, je suis crevée, là,
et j'y vois plus clair.
Je retourne au théâtre,
on m'attend.
Ils soupirent.
...
Le vent souffle.
...
...
-Elle est où ?
-Ben elle est partie.
T'aurais fait quoi, toi ? -Moi ?
La même chose que toi, justement.
C'est ça, le problème.
-On est pareils, c'est le gilet pare-balles.
-La vérité,
c'est qu'on se planque.
On se protège pas.
On est lâches.
Et orgueilleux, en plus. -N'importe quoi.
-J'ai pas dit à François que je voulais plus.
J'ai jamais pris le risque et c'est con. Parfois,
faut trahir ce qu'on a pour créer un truc nouveau.
-On s'aime et on se quitte pour les mêmes raisons.
Me regarde pas comme ça. -Comment ?
-Comme ça, là, je t'entends penser.
-C'est fait exprès.
Allez.
Donne-moi ton gilet pare-balles.
Et laisse-moi ranger mon camion.
Klaxons
-Il te reste des voitures ? -Elles sont toutes parties.
Faut attendre leur retour.
...
Il halète.
Voitures à vive allure
...
...
Brouhaha
...
-Henri !
Viens là.
T'es venu, finalement ?
-Qu'est-ce que tu fais là ?
C'est l'heure, non ?
-Ouais, t'as raison.
-C'est quoi, ça ?
Qui a fait ça ?
Tant qu'on n'aura pas retrouvé la personne
ou dénoncé... Le public rit.
C'est une surenchère.
Un fétichiste. ...
Les pieds en l'air, s'il vous plaît.
Alors, ça,
ça, c'est pas possible.
Le spectacle ne commencera pas tant qu'on n'aura pas trouvé
qui me jette... Cris de stupeur suivis de rires
C'est toi !
Espèce de taré ! J'aurais dû m'en douter.
-Ca va, ça va ! -T'as que ça à faire ?
Je lis et tu viens m'emmerder
et salir mon costume.
Vraiment, t'as que ça à faire ?
-Tu serais triste, si je mourais ?
-C'est quoi, cette question ? -Elle est très simple.
-Ce qui me rend triste, c'est que tu pues la vodka.
Rires Franchement, ça me dégoûte.
-Pour certains, l'amour est une chose de troisième plan.
Bavarder
avec la personne qu'on aime,
se promener au jardin avec elle,
verser quelques larmes sur sa tombe, c'est tout.
Mais pour moi, l'amour,
c'est toute la vie.
"Je t'aime"
signifie que je veux dissiper ta tristesse.
Te suivre au bout du monde.
Tu escalades une montagne, je l'escalade avec toi.
Tu descends dans un ravin, je viens avec toi.
Quel bonheur ce serait pour moi
de copier toute la nuit tes papiers,
de veiller à ce que personne ne te réveille
ou de marcher une centaine de kilomètres avec toi.
Je me rappelle un jour,
tu es venue chez nous,
pendant la moisson, couverte de poussière.
Tu as demandé à boire et moi, je t'ai apporté de l'eau,
mais tu étais déjà étendue sur le divan et tu dormais.
T'es restée dormir 12 heures d'affilée chez nous.
Et moi, je montais la garde pour que personne te réveille.
Je me sentais si bien.
Plus il exige d'efforts,
plus l'amour est beau,
et plus on le sent.
Applaudissements
...
Sifflements et acclamations
...
-J'arrive.
...
...
Bip de message
Générique
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