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Original subtitles

Les ordures.

Ça fait une semaine que je ne pense qu 'aux ordures. Je n 'arrive pas à m 'en

empêcher. Mais quel genre de pensée ? Je me dis... Je m 'inquiète vraiment de ce

qui pourrait bien arriver.

Avec toutes ces ordures, ce qu 'il y en a tellement.

Vous comprenez, on finira forcément par ne plus savoir où les mettre.

La dernière fois que...

que j 'ai commencé à éprouver ce sentiment -là, c 'est après que cette

'ordure se soit échouée à Long Island et que personne n 'en voulait plus.

Vous vous rappelez ? Oui, oui, je me rappelle.

Vous avez une idée de ce qui pourrait avoir déclenché ce souci chez vous ?

oui, oui.

C 'était quand l 'autre soir, John a sorti la poubelle et il en a éparpillé

trois quarts du contenu.

Et je me suis mise à...

à imaginer que la boîte à ordures se mettait à en produire. Et ça n 'arrêtait

plus. Ça débordait de plus en plus.

La poubelle se répandait.

Et vous vous dites, mais qu 'est -ce qu 'on peut faire si on veut essayer de s

'opposer à cette chose -là ? Dites -moi, Anne, est -ce que vous discernez un

certain schéma de comportement ? Comment ça ? Voyons.

La semaine dernière, nous parlions de votre obsession des catastrophes

en chaîne.

Et maintenant, c 'est pour les ordures ménagères.

Vous vous en faites.

Oui. Et alors ? Réfléchissez -y.

L 'objet de votre obsession est chaque fois, invariablement, quelque chose de

négatif contre quoi vous ne pouvez rien.

Oui.

Mais combien pensez -vous qu 'il y ait de gens obsédés par l 'idée que tout va

très bien ? Je ne crois pas que... Peut -être qu 'il y en a, mais sans doute pas

en thérapie.

Et puis d 'ailleurs, le bonheur n 'est pas si génial que ça.

Et moi, la dernière fois que j 'ai été heureuse vraiment, j 'ai grossi à une

telle vitesse.

J 'ai pris au moins 10 kilos en un mois.

John était sur le point d 'avoir une attaque.

Dis -moi ce qui t 'embête.

Je voudrais savoir à comment tenir.

Tu crois que c 'est une erreur ? Ça dépend du point de vue, je crois.

En fait, je vais te dire un secret.

Ah oui ? Dès que tu as une alliance, c 'est fou ce que les nanas se montrent

plus entreprenantes avec toi. C 'est spectaculaire.

Tu plaisantes.

Je t 'assure. Je voudrais qu 'on m 'accorde une entrevue avec le pape

fois qu 'une nana m 'aborde sans la plus légère provocation.

C 'est génial.

C 'est merveilleux. Mais toi, c 'était pareil avant ton mariage. Non, non, non,

ça ne m 'arrivait pas avant le mariage. Je t 'assure que si j 'avais su, je me

payais une alliance à 18 ans, ça m 'aurait fait... Ça t 'aurait fait quoi ?

Des tas d 'économies.

Si on m 'avait mis au parfum.

Tu peux me croire.

C 'est inouï.

Merde. On m 'appelle. Alors, d 'accord pour jouer lundi ? 7h, ça te va ?

Parfait. Très bien. D 'accord, au revoir. Salut.

Oui, monsieur ? Jeannette, faites sauter Kirkland jusqu 'à vendredi,

1h30. Bien, monsieur.

Merci.

Vous n 'en parlez toujours pas à John ? Non.

Vous craignez sa réaction ? Vous avez peur qu 'il vous trouve idiote ? Non, c

'est pas ça.

Seulement, voilà, je lui en veux vraiment. Pourquoi ? Eh bien, il a

copain de fac à la maison et...

Il ne m 'a même pas demandé mon avis.

Voilà, alors je vais dire oui, bien sûr, mais ça m 'aurait fait plaisir qu 'il

demande, c 'est tout.

Qu 'est -ce au juste qui vous dérange là -dedans ? Je crois que ça me met en

colère de ne pas avoir de raison pour être en colère.

Il est chez lui, c 'est lui qui paie le crédit.

Oui, mais il vous a fait quitter votre travail et vous faites tout à la maison.

Ah oui, ça c 'est du travail, c 'est vrai.

Et mis à part cette hôte inattendue, comment ça va avec John ? Ça va assez

ça va. Sauf que maintenant, je n 'ai plus envie qu 'il me touche.

Depuis quand vous n 'avez plus envie ? La semaine dernière, je ne sais pas, c

'est que je me suis sentie vraiment bizarre. Je ne sais pas pourquoi.

Je ne voulais pas qu 'il me touche.

Avant ce sentiment, Êtes -vous à l 'aise dans vos contacts physiques avec John ?

Oui, oui, bien sûr.

Oui.

Sauf que... Enfin... Moi, le sexe, je n 'ai jamais trouvé ça...

C 'est -à -dire, j 'aime bien ça et tout, mais... Vous comprenez, je trouve

qu 'il n 'y a pas de quoi en faire une montagne.

C 'est simple, quoi.

Je pourrais m 'en passer, pour ainsi dire.

Mais depuis quelque temps, je commence à me demander comment on a pu en arriver

là.

Peut -être John a -t -il senti votre répugnance au contact et... Oui, peut

-être. Mais ce qui est bizarre, justement, c 'est qu 'il a arrêté de me

avant que je me sente comme ça.

Bon, évidemment, je suis sûre qu 'il aimerait me voir prendre l 'initiative

temps en temps et je ne demande pas mieux.

Seulement, voilà, ça ne me vient jamais naturellement.

Et les rares fois où j 'en ai eu envie, j 'étais toute seule.

Et vous avez fait quelque chose ? Comment ça ?

Vous vous êtes masturbée ?

Non. Non.

Si j 'en juge à votre réaction, vous ne vous masturbez jamais.

J 'ai essayé une fois.

Et ça m 'a paru si bête.

Je trouve que... Je trouve que c 'est d 'une bêtise.

J 'aurais... Beaucoup trop peur que mon grand -père puisse me voir de là -haut.

Oh non, c 'est tellement imbécile.

Et encore plus quand on fait une fixation sur les ordures ménagères.

Mais alors, il n 'y a pas longtemps que vous avez essayé.

C 'est -à -dire pas longtemps ? Si, assez longtemps.

Je ne suis pas en état de recevoir un invité.

Je viens là et on m 'attend au bureau.

Alors, rien qu 'une fois, et ciao.

Dis donc, qu 'est -ce que c 'est excitant.

J 'avais déjà loupé une réunion, donc j 'y retourne.

Écoute, John, si tu veux t 'en aller, vas -y, vas -y.

Ma vie ne se ramène pas aux rares instants où on fait joujou ensemble. Tu

fais des illusions.

Ben voyons, surtout ne prends pas de gants avec moi.

Dis -moi la vérité.

J 'ai un ami qui vient s 'installer en ville. Un très vieil ami que je voyais

y a des années.

D 'après ce que je sais, je le crois dans un drôle d 'état.

Je crois que je vais devoir le consacrer du temps.

Autrement dit, on va se voir moins.

Tu pouvais laisser tomber ce boulot de barmaid.

Pourquoi ? Donc de types qui doivent te draguer avec l 'idée.

Ça me fait pas peur.

Ça, bien sûr.

D 'ailleurs, j 'ai un bon salaire.

Et puis j 'ai des clients chouettes.

Et je te trouve mal placée pour être jaloux.

Qui a dit que je suis jaloux ? Devine.

Si on le faisait un jour chez vous, ce serait bien.

Parce que l 'idée de baiser dans le lit de ma sœur ne peut que flatter ma

perversité naturelle.

Je voudrais tout le temps que le monde sache qu 'elle n 'est bonne à

rien au lit, Anne.

Oui,

la huitième merveille du monde, Anne Bishop Millage.

J 'ai peur que ce soit risqué.

Je pourrais lancer une rumeur, alors ? Non, mais c 'est chez moi.

T 'as peur de te faire passer ? Oui.

Tu fais bien.

Tu me le présenteras ? Il est grave.

Je sais, ce type, on était intime il y a longtemps, mais... Je crois qu 'on est

devenus très différents.

Oui ? Anne, je m 'appelle Graham Dalton.

Ah oui, c 'est vous. Je peux vous demander les toilettes ? Oui, bien sûr,

entrez.

Où est -ce ? C 'est au fond et à gauche.

J 'oubliais, pardon.

J 'espère que vous aimez les cheveux, je vous en ai apporté.

Merci, c 'est très gentil.

Bonjour. Monsieur John Mulaney pour sa femme.

Je serrai tout à l 'heure.

Voilà.

C 'était rapide.

Alerte.

Pardon, je regrette, nous demandons de ne pas fumer à l 'intérieur. Mais si

voulez, nous pourrons sortir.

Non, je peux attendre.

Vous avez autre chose ? Oui.

Pour apporter ici ? Non, j 'ai des bagages dans la voiture, mais j 'ai tout

qui sera nécessaire ici.

Vous êtes passé à la télévision ? À la télévision ?

Non, non, jamais, mais pourquoi ? Simple curiosité.

Graham.

Curieux, non, Graham ? Oui, oui.

Je crois, oui.

Ma mère est la parfaite anglophile.

Ce qui est britannique, la met dans tous ses états, et je crois qu 'elle a dû

entendre ce prénom dans un film.

Depuis qu 'il y a une chaîne publique, elle ne peut plus quitter son

Et ça vous plaît d 'être mariée ? Je crois que ça se voit.

Oui, mais qu 'est -ce qui vous plaît là -dedans ? Je ne sais pas pour critiquer,

mais je suis curieux. Non, c 'est tout naturel.

Bien, vous connaissez le cliché, le mariage c 'est la sécurité.

Bon, ça c 'est une raison.

La maison est à nous.

Elle est très jolie.

Et... John réussit bien dans son métier.

Et ça, c 'est extraordinaire.

Il vient d 'entrer comme associé dans un gros cabinet d 'avocats. C 'est stable,

il n 'aura pas à se battre tout seul.

Oui.

Et vous, il y a combien de temps que vous aviez vu John ? Neuf ans. Neuf ans

Oui, d 'ailleurs, j 'ai été surpris qu 'il y ait affaire de me loger ici, parce

que je trouvais une pure.

Mais vous ne vous connaissiez pas bien.

Oh non, si, si, on se connaissait très bien, John et moi.

Et on se ressemblait aussi.

Vraiment ? On a un certain mal à le croire en vous voyant si différents

'hui.

Ouais.

Oui, moi aussi j 'imagine qu 'on doit être bien différents aujourd 'hui.

Je vous demande pardon, c 'est pour de bon les toilettes maintenant.

Allez -y.

Grave.

Autant que je te le dise.

J 'ai bien failli appeler les flics en te voyant aujourd 'hui et je me suis

il n 'est pas possible que ce soit le mec qui s 'envoyait des petites nanas

fois par semaine derrière la chapelle du baï. Vous faisiez ça ? Ben, oui, j 'ai

aimé son passé et c 'est le mien, alors... Mais qu 'est -ce que c 'est que

déguisant ? Tu as perdu quelqu 'un ? John ! Pardon, je... Non, non,

non, je n 'ai perdu personne.

Assurez -vous.

Mais mon vieux, alors que penses -tu que diraient les anciens en te rencontrant

dans une tenue pareille ? Je ne sais rien.

Le dîner était délicieux.

Oui, c 'est vrai, pas mal, chérie.

C 'est vrai, d 'ordinaire, Anne déverse une quantité massive de sel, mais c

'était bon.

Je lui ai dit toujours, on peut en rajouter, mais pas en retirer.

Oui, pour dire ça, tu le dis.

Alors, vous avez de la famille ici ?

Ma mère, mon père, ma sœur.

Une sœur aînée ou cadette ? Cadette.

Vous vous entendez bien ? Pardon, je pose encore une question personnelle. On

déjà posé d 'autres ? Oui, j 'ai posé des questions sur votre ménage.

Comment ça s 'est passé ? Très bien.

Revenons à votre sœur.

Oui, bon... On s 'entend, toutes les deux. Ce qu 'il y a, c 'est que...

Je crois que c 'est une extravertie.

Je trouve qu 'elle gueule.

Elle serait sans doute pas d 'accord.

Non, elle ne serait certainement pas d 'accord.

Et alors, dis donc, tu vas voir Elisabeth ? Prends tes filles.

J 'en sais rien.

Qui est Elisabeth ? Une fille avec laquelle Graham sortait à la fac. Elle

toujours ici, d 'après mes renseignements.

Alors, Graham et moi, on a parlé appartement aujourd 'hui, et je lui ai

sais qu 'il y a de ravissants appartements dans le Garden District.

Garden District ?

Et aussi les appartements avec garage. C 'est le quartier le plus dangereux de

la ville, je t 'en prie. Oh, John, qu 'est -ce que tu racontes ? C 'est pas un

artistique, peut -être ? Mais c 'est tout.

Et comme Ram n 'est pas riche... J 'aimerais ne pas avoir à me fixer dans

piôle. Hein ? Non, c 'est juste que, tu vois, aujourd 'hui, j 'ai qu 'une clé et

tout ce que j 'ai est dans le coffre.

J 'adore ça, tu vois. J 'aime avoir deux clés et un appartement, ça m 'en fera

deux. Et si je vais...

Oui, si je vais travailler, je risque peut -être bien d 'avoir besoin d

clés pour faire le boulot. Et puis si je m 'achète des affaires, j 'aurais peur

d 'être cambriolé, ça fera encore des clés. Moi, je dis que je préfère n 'en

avoir qu 'une.

Vous avez peur de les perdre. Moi aussi, j 'ai toujours peur de perdre mes clés.

Tu revends l 'auto quand tu auras l 'appartement. Non, je tiens la voiture.

C 'est important.

Au cas où tu dois t 'enfuir rapidement, c 'est ça.

Ou aller quelque part.

Excusez -moi.

Vous voulez que je vous aide ? Non, non, vraiment.

Absolument. J 'en ai pour une minute.

Graham, tu paies tes impôts ? Oui, je paie des impôts. Bien sûr que j 'en

Qu 'est -ce que tu veux dire ? Pour ne pas payer, il faudrait mentir.

Les menteurs sont les êtres humains les plus méprisables après... Après qui ?

Les avocats.

Oh, toi, ta chérie.

Tiens, pourquoi tu n 'irais pas l 'aider à trouver un appartement ? D 'accord. C

'est notre horaire qui a changé.

Ça ne nous ennuie pas grand ? Non, bien au contraire. Alors d 'accord, t

'aimerais plaire aussi.

D 'accord. Que dites -vous de demain ? C 'est très parfait.

Bon.

Une seule clé, hein ? Grande idée.

Oui ? Cindy, c 'est John.

Il va tout de suite chez moi. Dans une heure.

C 'est un être ignoble.

Mais je viens tout de suite.

Vous voyez, il y a toute la place qu 'il faut pour deux.

Non, c 'est pour moi tout seul.

Vous êtes tout seul ? Non.

Et puis, la baignoire vous permet de prendre des douilles. Mais pensez à

un tapis antidérapant.

Oui, bonne idée.

Et vous dites environ 350 ? Oui, et plus de mois de dépôt.

Et vous accepterez le paiement par mois ? Pas pour 350.

Propos 400.

Mais il se peut aller.

On pourra aller.

D 'accord.

Prêt ?

John ? Par ici.

Mais quel joli tableau !

C 'est la vie.

Ceci pour moi.

Est -ce que je peux vous faire une confidence ? C 'est à vous de voir.

Puisque moi, je peux vous faire une confidence ? Oui, oui.

Bon alors, vous d 'abord.

D 'accord.

Je trouve que...

Je trouve qu 'on surestime beaucoup le sexe.

Je crois que pour la plupart, les gens lui prêtent une importance exagérée.

Et je crois fausse l 'affirmation que les femmes éprouvent le même désir que

hommes. Je pense aussi que les femmes en ont autant envie, mais pas pour les

mêmes raisons qu 'eux.

Et... Non, je me perds un peu.

J 'espère que vous me comprenez.

Oui, oui, oui.

Tenez, ça me rappelle un truc que j 'ai lu.

On prétend que les hommes apprennent à aimer la personne qui les attire.

Alors que les femmes, elles, sont de plus en plus attirées vers la personne

'elles aiment.

Oh, c 'est... C 'est beau, ça. C 'est vraiment très beau, vous savez.

Ça me plaît.

C 'est une simple citation.

Alors, cette confidence, vous la faites ?

Vous voulez vraiment ? Oui, oui, bien sûr.

Simplement, je ne voudrais pas quelque chose de grossier ou d 'intime comme une

cicatrice, non.

Mais quelque chose de vraiment personnel.

Je suis impuissant.

Impuissant ? C 'est vrai ? Oui, je ne sais pas.

Je n 'ai aucune érection en présence d 'une autre personne.

D 'un point de vue pratique, je suis impuissant.

Et ça vous embête ? Non.

Mais est -ce que ça vous met mal à l 'aise ?

D

'ordinaire, non ?

Non, oui, c 'est -à -dire que ça me met mal à l 'aise.

Je ne suis pas, disons, comme vous l 'êtes.

Moi ? Moi, je suis mal à l 'aise ? Je vous observais,

vous vous sentez observé, non ? Je vous ai regardé manger, regarder parler,

regarder bouger.

J 'ai vu une personne consciente à l 'extrême du regard.

et de la présence des gens.

Vous savez, mon psychothérapeute... Vous êtes en thérapie ? Vous, non ?

Non.

Non.

Un échec minable, voilà ce qu 'a été ma psy.

Alors, vous n 'y croyez pas ? Non.

Je pense évidemment que c 'est bon pour certains, et qu 'est -ce que je veux...

C 'était idiot pour moi.

C 'est la confusion totale.

Alors je me suis fait ma propre théorie qui est... On ne devrait jamais se

conformer à la vie des gens qui ne sont pas nos intimes.

Je suis intime avec mon psychologue.

Ah, vous avez couché avec votre psy ? Non ! Oh non ! Non ! Non,

non, je voulais dire intime sexuellement.

Quelqu 'un avec qui on a couché.

Alors, je ne sais pas très bien.

Comment le sauriez -vous ? Vous comprenez ? Comment ? Non,

je n 'ai pas toujours été impuissant.

Ah, d 'accord.

Récapitule. Vous disiez... Vous disiez donc qu 'il ne faudrait suivre l

'avis que des personnes avec lesquelles on a couché.

C 'est ça ? Pour l 'essentiel. Bien. Et vous et moi, nous n 'avons pas couché

ensemble. Non ? Non.

Bon, alors, d 'après vous, à votre avis, je ne devrais surtout pas suivre votre

avis ? Absolument.

Ah, c 'est votre avis, d 'accord.

Sois prudente au volant.

Vous avez passé un bon week -end ? Pas mal.

Vous avez attaqué de face à propos du visiteur ? Du visiteur ? L 'ami de John

qui est venu chez vous.

Oh,

Graham. Graham.

Oui. Non, non, mais... Non.

Ça s 'est révélé une expérience intéressante.

Moi, je m 'attendais à une copie conforme de John, le genre copain d

se retrouve, tout ça.

Vous voyez, d 'ici, ne parlant que de cuite extraordinaire, de langage codé.

Et j 'ai découvert un garçon très

attachant, vaguement artiste.

Mais correct.

Il est toujours chez vous ? Non, non, non, non. Il a trouvé quelque chose.

D 'où il sort, ce type ? Je n 'en sais rien.

Il a habité New York et Philadelphie.

Je crois qu 'il voyage ici et là.

Ça doit être chouette.

Et alors, il est comment ? Dans le genre de jeune ? Non.

Je crois que John ne l 'aime plus.

Il dit qu 'il trouve qu 'il est devenu assez bizarre.

Et il l 'est ? Vous dire bizarre ? Non.

Je pense que si je le voyais dans la rue, peut -être, oui.

Seulement, je l 'ai vu, je lui ai parlé, disons qu 'il sort de l 'ordinaire.

Et physiquement ? Pourquoi ? Je te demande seulement l 'allure qu 'il a.

Pourquoi ? Tu comptes le draguer ?

Oh, du calme, ma pauvre Anne. Je te demande seulement l 'allure qu 'il a.

D 'ailleurs, même si je décidais de vivre avec lui, comme une dératée. En

quoi ça te regarderait ? Pourquoi faut -il que tu le dises ? Que je dise quoi ?

Mais tu sais bien, tu le dis pour être désagréable.

Je le dis parce que c 'est une bonne description.

Autant me dire que je n 'ai pas l 'impression que ce genre de choses m

'intéresse.

Faut toujours que tu me sous -estimes.

Tu crois vraiment ?

Je crois surtout que tu as peur de nous réunir parce que tu as peur de ce qui

pourrait se passer.

Je t 'assure, Cynthia, je crois qu 'il ne te plairait pas.

Me plaire ? Et comment sais -tu ce qui me plait ? Ah, j 'ai mon idée là

Anne, tu n 'en sais rien du tout.

Écoute, je ne vois pas pourquoi on en discute.

Je pense qu 'en quoi quoi j 'ai qu 'à lui téléphoner et aller le voir.

Il n 'a pas le téléphone.

J 'attendrai qu 'il l 'ait.

Il ne l 'aura pas, il est contre.

Qu 'est -ce que tu racontes ? Il déteste les conversations téléphoniques. Il ne

le fera pas installer.

Je t 'en prie.

Bon, si c 'est un maître zen, passe son adresse. Je trouverai une raison d

'aller le voir.

S 'il te plaît, laisse -moi lui en parler.

Pourquoi ? Donne -moi l 'adresse. Tu n 'auras même pas à t 'en mêler.

Je n 'ai pas envie de te donner cette adresse pour que tu ailles le voir et

que... Et quoi ? Et faire Dieu, c 'est quoi ? Et faire Dieu, c 'est quoi ? Non,

mais est -ce que tu t 'entends ? Oui, très bien.

Oh, merci, je n 'avais pas fini de la fumer, cette cigarette.

Tu as perdu quelque chose ? Fâcher une boucle d 'oreille avec une perle.

On a goûté la peau des fesses, cette saleté.

Merde, elle est forcément quelque part.

L 'anniversaire de maman, tu vas y penser ? C 'est rien, j 'écrirai une

un truc comme ça.

Une carte pour son cinquantième anniversaire ? Ben oui, qu 'est -ce que

drôle ? Elle coûte, elle t 'a mise au monde, quoi. J 'aurais cru que tu

bien, je sais pas, lui offrir quelque chose.

Attends un peu, je te jure.

On ne sait jamais pour une fois. D 'accord, mais écoute, je te propose ça.

Tu lui achètes un beau cadeau, et moi je t 'en paierai la moitié.

Ça te va ? Oui.

Oui.

Bien. Bien. Pendant que si tu veux m 'excuser, je vais au travail.

Quel est le lieu le plus inhabituel dans lequel vous vous soyez masturbée ?

Voyons.

J 'avais pris l 'avion au départ de Los Angeles à destination...

De New York.

Et je me... C 'était le genre de vol très, très encombré. J 'avais le siège

du milieu. Vous voyez, ni côté fenêtre, ni côté couloir. C 'était pas très

distrayant et je m 'ennuyais. Je m 'ennuyais terriblement. J 'avais des

qui m 'ennuyaient aussi.

C 'était le genre journaux féminins. Vous voyez, toujours plein d 'allusions

sexuelles. Et moi, je me disais, oui, oui, oui, c 'est ça qui serait chouette.

Vous voyez ?

Une petite gâterie pour me détendre, vous voyez.

Alors, en plein vol, vous voyez, je me suis mise à rêvasser, et puis j 'ai...

Enfin... Et j 'ai décidé de passer à l 'acte, à ma place, entre mes voisins qui

se sentent aperçus de rien, vous voyez.

Comment avez -vous... Comment avez -vous fait pour que personne ne s 'aperçoive

de rien ? Ben... Vous savez...

J 'ai des muscles très vigoureux.

C 'est ouvert.

Salut.

Bonjour, Anne.

J 'espère que je ne dérange pas.

Non, non.

J 'aurais téléphoné.

Vous travaillez ? Non, on finira plus tard.

J 'ai eu envie de venir voir à quoi ça ressemblait une fois meublé.

Oui, j 'ai bien peur qu 'il n 'y ait pas grand -chose à voir. Je cultive un

certain minimalisme en matière de...

Une étagère pour les livres ? Oui, vous croyez ? Je ne sais pas. Les livres

viennent tous de la bibliothèque municipale.

Qu 'est -ce que c 'est ? Ce sont des cassettes vidéo. Ça, je vois bien.

De quoi ? C 'est un projet personnel sur lequel je travaille.

Quel genre de projet personnel ?

Je disais, quel genre de projet personnel ? Oh, c

'est un projet personnel, comme tous les projets personnels. Le mien est,

disons, plus personnel, je crois.

Qui est Donna ? Quoi ? Donna, c 'est écrit ici, sur la cassette.

Donna est une jeune femme que j 'ai connue en Floride.

Ah bon ? Vous sortiez ensemble ?

Non, pas vraiment.

Pourquoi toutes ces bandes ont -elles des prénoms de femmes ? C

'est que dans les interviews, je préfère les femmes aux hommes.

C 'est buté glacé.

Merci.

Vous voulez un petit tronc ? Non, c 'est parfait comme ça.

Alors tout ça, c 'est des interviews.

Oui. On peut en regarder une ?

Non, je... non.

Pourquoi ? Bien, j 'ai promis à chacune des personnes

que nul ne visionnerait ces bandes en dehors de moi.

Mais sur quoi est -ce que ça porte ? Les interviews portent sur le sexe.

Comment ça, le sexe ? Un

peu tous les aspects du sexe.

Comme quoi ? Ce qu 'elles ont fait ou ce qu 'elles font.

Ce qu 'elles voudraient faire sans les demander.

Ce qu 'elles refuseraient de faire même si on leur demandait.

Et tout ce à quoi je pouvais penser. Attention, la glace.

Vous vous contentez de poser des questions ? Oui.

Et elles de répondre ? Oui.

Et surtout, parfois, elles font des choses.

Ah bon ? Non, non, pour... pour la caméra.

Oh, Graham, tout ça est d 'un tel... Je regrette qu 'on en ait parlé.

Je voudrais... Non, pardon.

C 'est moi. C 'est moi qui suis bête.

Il vaut mieux que je m 'en aille.

Laissez -le là.

Ça ira ? Au revoir.

Au revoir.

Il ne veut pas que je le voie.

Comment ça, il ne veut pas ? Il vient parler de moi ? Non, non.

Pourquoi non ? Au coup de Cynthia, je n 'ai pas eu le temps.

Ah bon ? Pourquoi ?

Tu en as raison, il est bizarre et il vaut mieux ne pas avoir affaire à lui.

'est -ce qui s 'est passé là -bas ? Est -ce qu 'il t 'a fait des propositions ?

C 'est moi.

Alors, qu 'est -ce qui se passe ? Qu 'est -ce que c 'est que c 'est ? Tu

il est bizarre tout d 'un coup. Il torture les petits chiens. Mais ça n 'a

à voir, t 'entends ? Mais alors quoi ? Il est dangereux ? Non, de cette façon

-là, non.

Mais quoi alors ? Quoi ? J 'ai pas envie d 'en parler.

Mais alors, pourquoi tu m 'appelles ? J 'en sais rien.

Allô ? Cynthia, c 'est John.

Non, aujourd 'hui j 'ai d 'autres projets.

Hein ? Alors quand ? Et si tu me faisais inviter à dîner ? Non,

tu sais ce que je veux dire.

Ouais, je sais ce que tu veux dire.

C 'est tout ouvert ?

Salut. Salut.

Euh... Qu 'est -ce que vous... Je suis Cynthia Bishop.

Pardon, on se connaît ? Mais oui, voyons, la sœur de Anne.

L 'extravertie.

Elle était de bonne humeur. Si elle vous a dit ça d 'ordinaire, elle dit plutôt

gueularde. Oui, elle a dit ça aussi, oui.

Bien, qu 'est -ce que vous venez faire ici ? Vous voulez que je me remarie ?

Non, non, je veux savoir ce que vous faites ici.

Je l 'ai dit, Anne et ma sœur en a causé, vous imaginez le reste.

Non, je crois qu 'il vaut probablement mieux que j 'imagine rien du tout.

Une conversation que je n 'ai pas entendue.

Non,

je n 'ai aucune idée vraiment de ce que vous ou Anne avez pu dire de moi ou

toute autre chose.

Vous voulez du thé glacé ? Oui, merci.

Je n 'ai pas de citron.

La dernière fois que j 'ai vu Anne, elle est partie d 'ici. Elle n 'est pas très

forte. Elle était bouleversée.

Elle l 'est encore.

Alors, vous êtes venue me faire mal pour me punir de lui avoir fait mal ?

Non.

Elle vous a dit ?

Est -ce qu 'il a bouleversé ? Non.

Alors, je ne vois pas très bien ce qui peut vous amener ici. J 'imagine Guérin

tenir de moi un portrait vraiment flatteur. Oui, bon.

J 'avoue que j 'ai coup de guerre, Anne, pour ce qui est de mes rapports avec

les hommes.

Regardez John entre nous, hein.

C 'est vrai, vous avez fait la fac ensemble, tous les deux.

Vous devez être copains, quoi.

Non.

Non, je trouve que John est un menteur.

Alors ça, c 'est vrai.

Tite, je me suis tapée tout le chemin pour découvrir pourquoi... C 'est pour

qu 'Anne était si paniquée.

Vous allez me dire ce qui s 'est passé ? Si paniquée ? Ce sont les...

dans les vidéos. C 'est pour ça qu 'Anne était si paniquée.

Je crois que j 'ai saisi.

Ah oui ? Qu 'est -ce que vous avez saisi ? Si Anne s 'est mise en pareil état, c

'est probablement un truc sexuel. On vous voit baiser avec toutes les filles

dans ces cassettes ? Non, oui.

C 'est oui ou c 'est non ? Faut vous décider.

Vous voulez que je vous filme ? Faisant quoi ? En parlant.

Parlant de quoi ? Parlant de sexe, votre sexualité, votre histoire, vos

préférences.

Qu 'est -ce qui vous fait croire que je veux discuter de ça avec vous ? Rien.

Et vous vous contentez de me questionner ? Je me contente de vous questionner.

C 'est tout ? C 'est tout.

C 'est comme ça que vous prenez votre pied en filmant des nanas qui parlent de

leurs expériences sexuelles ? Oui.

Personne n 'a l 'air à la cassette ?

C 'est absolument exclu. Personne ne les voit jamais, sauf moi.

C 'est long à faire ? Ça dépend de vous. Une femme a

seulement utilisé trois minutes et une autre trois cassettes complètes.

On commence quand ? Je déclenche la caméra et vous vous mettez à parler.

Je reste debout ou est -il ?

Comme vous préférez.

Préférative.

Oui,

on peut y aller.

Comment vous vous appelez ? Cynthia Patricia Bishop.

Vous parlez normalement et... Bien,

décrivez -moi votre première expérience sexuelle.

Ma première expérience sexuelle ou la première fois que j 'ai couché ?

Expérience sexuelle.

J

'avais...

Huit ans.

Et c 'est le genre de truc qui... Enfin, pas ça.

J 'avais donc huit ans.

Et Michael Green, qui avait huit ans lui aussi, a demandé à me voir

faire pipi.

Et je lui ai dit oui, s 'il voulait me faire voir quand il le ferait aussi.

Donc, on est allés derrière ma maison.

J 'avais l 'impression qu 'il voulait tricher. Il n 'arrêtait pas de dire «

d 'abord ». Donc, j 'ai baissé ma jolie petite culotte et j 'ai

uriné.

Et il a fichu le camp avant que j 'aie fini.

Et c 'est devenu un sujet de conversation entre vous deux par la

! Il s 'est mis à méditer tout l 'été après ce joli coup.

Sa famille a déménagé.

À Cleveland, je crois.

C 'est dommage. Oui.

Quand avez -vous réussi à avoir un pénis ? Vers 14 ans.

Et qu 'est -ce que vous avez pensé ? Est -ce que c 'était ce à quoi vous vous

attendiez ? Non.

À vrai dire...

Je l 'imaginais en rêve comme... Je croyais

qu 'il n 'aurait pas de veines ou de rides, que ce serait quelque chose comme

une éprouvette lisse et douce.

Ça fait drôle d 'y repenser aujourd 'hui.

L 'organe, c 'était comme une entité.

C 'est pareil, comme indépendante du reste du mec. Enfin bref, quand il a

par le sortir, que je l 'ai vu, il touchait.

J 'ai complètement oublié qu 'il y avait un garçon.

Ça m 'a fait surtout oublier quand il m 'a parlé.

Qu 'est -il dit ? Il a dit que maman était douce.

Que s 'est -il passé ensuite ?

J 'ai remué la main et il a arrêté de parler.

Comment t 'as fait pour me voir ? Je me suis fait passer pour Anne.

Ça a marché ? Qu 'est -ce que tu crois ? Je

veux te voir.

Et quand ? Tout de suite.

Non, je crois que j 'y arriverai pas. J 'ai un client qui m 'attend que j 'ai

déjà fait repousser une fois.

Je vais avoir à jongler quelque chose de soigné.

Eh bien, jongle, amène -toi, je t 'attends.

Oui, monsieur.

Je veux que vous donniez un nouveau rendez -vous à Coeurclan.

Proposez -lui de venir mardi à l 'heure qu 'il veut.

Dites -lui... Dites -lui... Problème de famille.

Je sors par l 'autre porte.

C 'est ça. Au revoir.

Vous voulez que j 'enlève ma jupe ?

Si vous en avez envie.

Portez pas de culottes.

S 'il vous plaît.

Oui.

Vous me trouvez jolie ? Oui.

Plus jolie que Anne ? Différente.

John et Anne font... Plus jamais l 'amour.

C 'est ce qu 'il vous a dit ? C 'était inutile qu 'il me le dise.

Tu es en feu aujourd 'hui.

Tu peux t 'en aller maintenant.

Quel genre de questions ?

Des questions sur la sexualité.

Bon, qu 'est -ce qu 'il t 'a demandé au juste ? Je n 'ai pas envie de te le dire

en détail.

Tu laisses un inconnu enregistrer ta vie sexuelle sur cassette, mais tu n 'en

dis rien à ta sœur.

On dirait.

Est -ce qu 'il t 'a fait déshabiller ? Est -ce qu 'il m 'a fait déshabiller ?

Non, il n 'a rien fait de ce genre -là. Tu t 'es déshabillée.

Oui, oui.

Cynthia. Quoi ? Pourquoi tu fais ça ? Parce que j 'en avais envie.

Mais pourquoi en avoir envie ? Parce que je voulais qu 'il me voit.

T 'es cinglée.

Qui te dit qu 'il ne transmet pas par satellite pour des vieux ports de Sud

-Américains abonnés à un réseau ? Il ne ferait pas une chose pareille. Tu n 'en

fais rien avec certitude.

Il est trop tard, de toute manière.

Il t 'a touché ? Non.

Tu l 'as touché, toi ? Non.

Est -ce que quelqu 'un a touché quelqu 'un ?

Non, tu n 'as pas.

Ne me dis pas... Non, c 'est pas vrai. Tu n 'as... Si.

Oh non. Si ? Non. Si, je te dis.

Mais écoute, Cynthia.

Tu es très mal partie.

Écoute -toi, on croirait entendre maman. Mais qu 'est -ce qui t 'ennuie

tellement ? Écoute, Cynthia.

Même devant John, je ne ferais pas ça.

Tu ne le ferais pas après, c 'est tout.

Tu sais très bien ce que je veux dire. Tu ne le connais pas. J 'ai l

que si.

Mais non ! Comment peux -tu te fier à un pervers ? Écoute, Anne, je ne vois pas

ce qui peut te déranger à ce point. Tu n 'as rien fait que je sache. Et si moi,

ça ne m 'embête pas, je ne vois pas pourquoi ça t 'embête, toi.

Je ne veux pas en parler. Très bien, alors n 'en parle pas.

Alors, tu as naissance.

Vous me parlez ? Non, t 'es quel commis.

L 'épicier envoie.

Ok, c 'est les factures.

C 'est mon Brando. C 'est de l 'imitation réussie, non ? Marlon Brando

'est génial.

Vous permettez ? Ah oui, oui. J 'ai toujours pensé qu 'une période de

ne pourrait qu 'enrichir notre relation de couple.

Salut. Quand est -ce que tu décideras d 'acheter un répondeur ? Sur le

téléphone, ici.

C 'est occupé tout le temps.

Vous essayez plus souvent ? D 'accord.

Voilà, regarde.

Qu 'est -ce que c 'est ? Une robe bonne soleil.

On dirait une nappe, je trouve.

Tu as tort.

Qu 'est -ce qu 'elle va faire de ça ? Elle a des boutons sur les épaules et

jambes pleines de varines.

Mais, ma jolie, ça t 'arrivera aussi un jour ou l 'autre. Oui, mais moi, je ne

mettrai plus de robe d 'un soleil.

Écoute, Sina, attends.

Le Bayou.

Cynthia, c 'est John.

Bravo, c 'est le bon moment. Ta femme est ici. Tu veux lui parler ? Qu 'est

qu 'elle fait là ?

Elle est venue me montrer le cadeau qu 'elle et moi faisons à ta belle -mère.

Ah, très bien.

Alors, quand est -ce que je te vois ? Je n 'en sais rien.

Je ne suis pas sûre de reproduire l 'intensité de la dernière fois.

Il n 'est pas interdit d 'essayer.

Je crois que ma sœur serait en désaccord.

Tu veux que j 'arrête de t 'appeler ? Écoute, attends que je le fasse. Reçu, 5

sur 5.

Salut !

Écoutez, c 'est trop, franchement. Je porte du rouge et vous portez du rouge.

Coïncidence, non ? Moi, je crois pas. Écoutez, je suis mariée.

Ah oui ? Et vous êtes très mariée.

Mariée suffisamment.

Mais cela doit -il nous bloquer ? Je viens ici voir ma sœur, d 'accord ? Ah

? Qui c 'est, votre sœur ? Elle est mariée.

Alors ? Quelle est ma part du cadeau ? 32 ,50 dollars.

Ça, c 'est une jolie tenue.

Merci, c 'est ce que je crois.

On dirait une nappe, mais... Tiens, garde la monnaie. Très jolie. Et

tentez pas à le mettre. Elle va lui plaire, c 'est sûr.

Ah oui, ça se croit. Vous partez déjà ? Au revoir.

On se rappellera plus tard.

Salut.

John ? John

? Je t 'ai téléphoné lundi au bureau, à 3h30,

et on m 'a dit que tu étais sorti.

Tu te rappelles où tu étais ? Lundi ?

Lundi dernier... Oui, j 'ai

déjeuné tard.

Avec qui ? Tout seul,

j 'ai mangé dans un self.

Tu ne

vas

pas ? Est -ce que tu as une aventure ?

Il suffit que je déjeune tard dans un boui -boui quelconque et c 'est

que je baisse. Oui ou non ? Non, pas du tout.

C 'est un peu fort cette accusation, non ? Merde.

Si c 'est vrai, je veux savoir.

Je ne veux pas que tu mentes. Ça me bouleverserait bien sûr, mais moins que

tu mentais.

Mais il n 'y a rien à savoir.

Ce serait terrible si tu me mentais.

C 'est de la parano.

Après tout, si quelqu 'un peut faire une belle parano, je t 'assure que c 'est

moi.

Chaque fois que je me suis risqué à te toucher, tu réagis comme si j 'étais

couvert de merde.

Je crois qu 'il y a des tas de femmes qui seraient bien heureuses d 'avoir un

jeune homme normal et gagnant bien sa vie, qui banderait près d 'elle au lit.

Beaucoup seraient heureuses. Ma sœur, par exemple ? Voyons, Anne, où veux

Alors, c 'est elle.

Anne, je ne baise pas avec ta sœur. Je ne la trouve même pas excitante.

Et c 'est censé me réconforter, moi ? Mais non, c 'est pour dire... J 'ai pas

décidé de devenir parano quand tu...

Quand tu as commencé à ne plus vouloir faire l 'amour, après tout, c 'était

facile de supposer que tu ne voulais plus de moi parce que tu avais une

aventure. Ce n 'est pas le cas.

Bon, et moi, ce n 'est pas le cas non plus. Alors pourquoi est -ce que je ne

peux pas te croire ? Oh non, écoute, c 'est ridicule.

J 'accepterais mieux si tu avais des preuves. Des preuves, parce qu 'il y en

Non, ce n 'est pas ce que je dis, je prétends seulement.

Mais ce n 'est pas toi qui va me faire le coup, à moins des conjectures et de l

'intuition.

Avocat avant tout.

Mais j 'espère, oui. Merde, alors, imagine ce que... Voilà, j 'affirme,

le président, que l 'homme que voilà est coupable. Tu as raison, tu as raison.

Oui, c 'est vrai. Mais qu 'est -ce que je dis que tu as raison ? J 'ai compris.

D 'accord, ça va.

Pardon.

Oui, pardon.

Je supporte des tas de choses pour le moment.

L 'affaire Kirkland.

C 'est ma première affaire importante et je serai seul à plaider.

Je bosse toute la journée et puis après, je suis impatient de te retrouver.

Et c 'est dur.

Ça fait mal que tu m 'accuses comme ça.

Oh, pauvre chéri.

Je suis comme une petite fille avec tellement de temps.

Alors je me raconte des histoires et puis j 'invente des scénarios très

complexes, des intrigues.

Et comme je ne veux pas avoir l 'impression d 'avoir perdu mon temps, je

croire.

Et ça, le psy n 'y peut rien du tout.

Oh, John, j 'en sais rien, mais j 'ai l 'impression d 'être si bête assise là à

parler de mes petits problèmes avec tous ces pauvres gosses qui crèvent de faim.

Ce n 'est pas en quittant ton psy que tu vas nourrir les enfants d 'Ethiopie.

Ah oui, je sais.

Tu ne te servais pas de ce mot baiser autrefois.

Merde.

C 'est tellement con que je ne peux pas arriver à croire que tu l 'as fait.

Mais qu 'est -ce qu 'elle est si bête après tout. Écoute.

Tu ne connais même pas ce garçon.

Toi, tu le connais bien.

C 'est un ami à toi.

Tu le crois digne de confiance ? Je n 'en sais rien.

Je n 'en sais rien. D 'après ce que tu m 'as dit, je n 'en sais rien.

J 'aurais dû m 'en douter.

Quand il s 'est pointé, vêtu comme un croque -mort d 'avant -garde.

Je trouve très bien son style.

Et si ça tombait entre de mauvaises mains ? Écoute, nous ne sommes pas dans

roman d 'espionnage. Nous avons seulement affaire à des cassettes

dans le seul but de s 'asseoir et de prendre son pied.

Et il ne baise aucune de ses femmes ? Il cause, c 'est tout ? Eh, on s 'assied

et on cause.

Je comprendrais à la rigueur s 'il s 'agissait de baiser. Oui, presque.

Il n 'a qu 'à s 'abonner à des magazines ou s 'acheter des films pornos. Mais

non, je n 'y comprends rien.

Il ne veut pas.

Il lui est nécessaire de bien connaître les gens pour être en interaction.

Interaction ? Dieu sait ce que ça veut dire.

Et il a fallu que tu te masturbes devant ce type. Mais j 'en avais envie, merde,

à la fin. Anne et toi, vous en faites tout un fromage. Tu en as parlé, Anne.

Ben oui, c 'est ma sœur, je lui dis tout. Ça, tu vois, je le regrette. C

mon droit.

C 'est quelque chose.

dont j 'aurais préféré ne jamais avoir à parler avec elle. C 'est une grande

personne. Elle est à la hauteur.

Anne... Anne est extrêmement... Quoi ? C 'est pas tout.

Ça n 'était pas mal, c 'est tout.

Tu as signé un quelconque papier ou... Tu

n 'as pas de contrat stipulant qu 'il n 'y a... Il n 'y aura pas de diffusion de

ce truc.

Non, maître.

Tu te rends compte que tu n 'as aucun recours, les gars.

Ce n 'est pas drôle.

Vraiment pas. Ce n 'est pas drôle, Cynthia.

Ces bandes peuvent réapparaître partout.

Il ne se passera rien. J 'ai toute confiance en lui, moi.

Ta confiance, ça, c 'est drôle.

Oui, John.

Je lui fais bien plus confiance qu 'à toi.

Comment ça ? Comme j 'ai dit.

J 'ai vraiment plus confiance en lui qu 'en toi.

Merci. C 'est dur d 'entendre une chose pareille. Non, sourdine, tu baises avec

la soeur de ta femme. Merde, enfin, je sais que tu mens quand j 'arrête. C 'est

ça, la forme la plus méprisable d 'être humain.

Après qui ? De quoi est -ce que tu parles ? De rien. Mais par définition,

mens à Anne, toi aussi.

Ah, oui, vrai. Mais j 'ai pas fait vœu devant Dieu et tout le peuple d 'être

fidèle à Anne.

On se décide, non ? À vrai dire, non.

Si je changeais d 'avis, je n 'aurais pas dû t 'appeler.

Bon, maintenant que je suis là, moi... Je n 'ai pas envie de rien foutre.

Tu peux m 'aider à faire le ménage ? Tu n 'as pas un siège

dans cet appartement qui tienne debout ? Pourquoi tu ne vas pas t 'asseoir

ailleurs ?

Tu m 'entends, John ? Estime -toi heureux qu 'on ait pu arriver jusqu 'à

'hui sans se faire passer.

Ça facilite la tâche. Tire -toi et c 'est marre.

Il t 'a monté le bourrichon ? Qui ça ? Graham.

Non, il ne m 'a rien monté du tout. Je t 'assure que je n 'ai besoin de personne

pour me dire quoi faire. J 'ai réfléchi, c 'est tout.

Alors, attends.

Je suppose que je refuse.

Peut -être que j 'ai envie de causer.

John.

On n 'a strictement rien à se dire.

Oui, c 'est vrai.

Les choses se compliquent.

Non, tout devient simple.

Tout vert.

Salut.

Vous voulez boire quelque chose ? Oui,

merci.

C 'est dommage, j 'ai plus de thé glacé.

John

et

Cynthia baisent ensemble.

Oui, je sais.

Vous le savez ? Oui.

Qui vous l 'a dit ? Elle l 'a dit quand je l 'ai filmé.

Merci de me le dire, ça me touche beaucoup.

Je ne vous voyais plus.

Et je crois que je n 'aurais rien dit si on s 'était vus.

Pourquoi ? Parce que ce n 'est pas vraiment à moi.

Ma vie, c 'est de la merde.

Rien que de la merde.

Tout ce que je croyais était faux.

John est un beau salaud.

Et si on faisait une cassette vidéo ? Non.

C 'est pas une bonne idée.

Pourquoi ça ? Parce que je suis convaincu que vous n 'êtes pas dans un

'esprit normal.

Parce que vous vous y connaissez en esprit normal ? C

'est une excellente question.

Alors, que faut -il faire si on veut être prêt ?

Charger une bande, actionner la caméra.

Allez -y.

Dites, où trouvez -vous votre argent pour le loyer ?

Les bandes, les trucs comme ça.

Sous mon matelas.

Et quand il n 'y en aura plus ? Il n 'y en aura toujours.

Vous êtes bien installée ? Oui, parfaitement bien.

Voilà, j 'enregistre.

Dites -moi votre nom.

Jean -Bishop Millenium

Margaret ? C 'est John. Écoutez, non, non, je vais bien, très bien. Non,

écoutez, est -ce que vous avez vu Anne aujourd 'hui ? Et cet après -midi ? Ah,

mais non, c 'est que sa voiture... Là, voilà.

Au revoir. Tout va bien, excusez -moi.

Ah, enfin, tu es là. Je me suis fait un sang d 'encre. Je rentre, la voiture a

disparu.

J 'ai cru que t 'avais été enlevée par un fou quelconque.

Tu te sens bien ?

J 'en ai assez de ce mariage.

Quoi ? J 'en ai assez de ce

mariage.

C 'est toi qui demande pourquoi.

Je suis ton mari et il s 'agit de notre mariage.

Alors je crois que ça me regarde.

Pauvre con.

Pauvre con.

J 'ai tourné en voiture et je suis allée chez Graham.

Graham ? Graham.

Oh, l 'initiable salopard ! Qui me poignarde dans le dos, quel fils de pute

Monsieur honnêteté, hein ? Monsieur l 'apôtre de la vérité ! Monsieur...

Au moins, je sais qu 'il t 'a pas baisé.

Tu n 'as pas fait une de ces saloperies de cassette vidéo ?

Annie,

tu réponds, nom de Dieu de merde.

Nom de Dieu de merde, tu réponds oui ou non.

Si j 'en ai fait.

Quoi ? Qui est là ? Qu 'est -ce que tu fais

là ? Qu 'est -ce que tu fais ici ? Qu 'est -ce que tu fais ?

Voilà, j 'enregistre.

Dites -moi votre nom.

Anne Bishop Mileni.

De quoi voulez -vous parler ? Quel est le sujet de conversation habituel sur

cafés ? Le sexe.

Alors, dans ce cas, parlons sexe.

Vous faites l 'amour ? Pas très souvent, non.

Quand vous le faites, qui en prend d 'ordinaire l 'initiative ? Lui.

Ce rapport vous laisse satisfaite ? Je n

'en sais rien.

J 'ignore ce que vous voulez dire.

Vous parvenez à l 'orgasme ? Je ne crois pas.

Je veux dire que puisque je n 'en suis pas sûre, ça veut dire que je n 'en ai

jamais eu.

Avez -vous jamais songé à coucher avec d 'autres que votre mari ?

Nous y voilà.

Nous y voilà.

Si on arrêtait. Non.

Non, on n 'arrête pas.

Avez -vous déjà pensé à coucher avec quelqu 'un d 'autre que votre mari ?

Oui, j 'y ai pensé.

Êtes -vous passée à l 'acte ? Non.

Pourquoi ? Parce que c 'est la façon de penser de Cynthia.

Je déteste avoir sa façon de sentir à elle.

Et ça m 'ennuie de penser aux hommes parce que bien souvent je sais qu 'elle

pense ainsi, elle aussi.

Quels autres hommes avez -vous pensé ?

J 'ai pensé à vous.

Et vous, vous avez pensé à moi ? Oui.

Et vous pensiez quoi ? Je pensais à l 'air que vous auriez dans l

'orgasme.

J 'adorerais savoir l 'air que j 'aurais dans l 'orgasme.

Croyez -vous que vous pourrez donner un orgasme à une femme ?

Oui.

Vous le feriez pour moi ?

Vous ne pouvez pas ou vous ne voulez pas ? Je ne peux pas parce que je ne veux

pas.

Vous disiez que vous n 'aviez pas toujours été impuissant.

Non, oui, c 'est exact.

Alors l 'amour, vous l 'avez fait ? Oui.

Et...

Que s 'est -il passé ? C 'était si moche que ça ? Vous en avez été dégoûté ?

Non, ce n 'était pas le problème.

C 'était quoi le problème ? Le problème, c 'était moi. J 'étais...

Je mentais pathologiquement.

Ou plutôt, je mens, oui. Ce que je devrais dire, c 'est...

C 'est de la nature de l 'alcoolisme. La curée continuelle en récupère sans

cesse.

Alors c 'est ça.

Vous mentiez.

Oui, pour une bonne part.

Et que s 'est -il passé ? Bien, à cette époque...

D

'ordinaire, j 'exprimais mes sensations sans parler.

Et souvent ça effrayait des gens.

Souvent des intimes.

Êtes -vous encore ainsi ? Non.

Non.

Alors vous ne renfrez jamais l 'amour ? Je n 'ai pas fait de projet là -dessus.

Si vous étiez amoureux de moi, vous le feriez ? Mais je ne le suis pas. Mais si

vous l 'étiez ? Mais c 'est une question sans réponse. Pourquoi donc ? Je vous l

'ai dit.

Je ne comprends pas, je regrette.

Éliminons le sexe. Vous voyez, je ne suis plus la personne que j 'étais.

Et même de très loin, je suis devenu différent de tant de manières.

Ça a profondément changé les relations avec mes proches et la communication.

Je pense que pour la raison que je...

Tenez, c 'est impossible quand elle et moi nous parlons. C 'est exclu. Elle ?

Qui ça, elle ? Vous avez dit elle.

Qui elle ? Pardon, je fais... J 'ai voulu dire que... C 'est

Elisabeth ? C 'est ça ? C 'est la fille dont John a parlé ? C 'est bien elle,

elle ? Je crois.

Alors, vous êtes resté en contact avec elle ? Avec Elisabeth ? Non, non. Dites,

vous croyez qu 'Elisabeth va prendre bien toutes ces cassettes vidéo ? Je

ne l 'imagine pas très indulgente.

Parce que vous allez lui en parler, puisque vous avez cessé de mentir.

J 'ai déjà dit que je... Je ne sais pas, juste que... Je vais... Je

peux probablement... Bon, peut -être même que je vais rien faire.

Alors, vous êtes rentré au pays dans la seule idée de repenser tout ça ? Non.

Non, je suis revenu par ici pour une bonne raison.

Une sensation de quelque chose de clos, vous voyez.

Une résolution de...

Je voulais qu 'une personne qui est très importante à mes yeux s 'intéresse

et comprenne, je crois.

C 'est pitoyable.

Vous ne pouvez pas vous contenter de... Mais regardez -vous ! Vous ne comptez

pas lui présenter le fait que vous avez changé comme une espèce d 'exploit.

Regardez ce que vous êtes devenus.

Neuf ans.

Neuf années entières.

Et qu 'est -ce que vous proposez ? C 'est ça que vous voulez être le restant

vos jours ? Pourquoi agir ainsi ?

Vous pouvez me le dire ? Pourquoi vous faites -vous ça vous -même ?

Vous allez me répondre.

Non, pas ça.

Pourquoi pas ? Pourquoi pas ? J 'ai quelques questions à vous poser.

filmer des femmes qui parlent de sexe ? Pourquoi ? Répondez -moi. Non, c 'est...

Allez ! Je n 'arrêterai pas de vous interroger. Je ne vois guère l 'intérêt

ce retournement.

C 'est pas très intéressant. Moi aussi.

Répondez -moi, Graham.

Pourquoi ? Quoi ? Mais qu 'est -ce que vous voulez dire ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Ah, vous ne me connaissez pas du tout. Est -ce que vous savez qui je suis, moi,

Graham ? Et moi, je dois faire quoi, au juste ? À moi de vous raconter

tous les épisodes de ma vie, jusqu 'au moment présent, dans l 'espoir d 'une

cohérence qui vous permettrait de voir qui je suis ? Je ne vois pas du tout où

ça mène.

Je suis né, voilà, c 'est maigre.

Je n 'ai pas la plus petite idée de ce que je suis et je devrais être capable

vous l 'expliquer à vous.

Et pourquoi, dites -moi, je...

Dites -moi pourquoi, hein ? Dites -moi pourquoi je devrais m 'expliquer devant

vous. Parce que je peux vous aider, peut -être.

Et m 'aider en quoi ? À résoudre votre problème.

Mon problème ? J 'aurai un problème, moi ? Je regarde autour de moi, ici en

ville, John et Cynthia et vous, et je... Je me trouve relativement sain.

Vous avez des problèmes.

C 'est vrai.

J 'ai des tas de problèmes.

Ça me regarde, moi.

C 'est ce que vous croyez, mais c 'est faux.

Chaque personne qui franchit ce seuil participe immédiatement au problème,

chaque personne qui entre en contact avec vous.

Et moi aussi, je fais partie de votre problème, Graham.

Je vais quitter mon époux.

Et même si on dit que je l 'aurais fait de toute manière, le fait est que je le

quitte maintenant.

Et je le fais au moins en partie à cause de vous.

Vous avez affecté ma vie.

J 'ai tout fait pour que ça n 'arrive pas.

J 'ai passé neuf ans à structurer ma vie pour que ça n 'arrive pas.

Je ne t 'ai jamais raconté ça, Graham, parce que je savais que ça t

Maintenant, j 'ai baisé Elisabeth bien avant ta rupture

et même avant vos disputes.

Tu croyais que c 'était une sainte ? Elle était bonne au lit et elle a bien

gardé le secret.

Je n 'ai plus rien à te dire, je crois.

Tu m 'excuses, j 'ai un coup de fil à donner. Oui, vas -y, je t 'en prie.

Bureau de M.

Kirkland. Allô, John Mulaney, passez -moi M. Kirkland. Ne quittez pas, s 'il

vous plaît. J 'attends.

D 'ailleurs, c 'est ce que j 'ai toujours dit.

C 'est le travail qui compte.

Je peux très bien me passer de femme, mais si on me prend mon travail, là ce

serait différent.

C 'est vrai.

Si Anne souhaitait autre chose, je dis tant pis pour elle.

Oui ? Bien,

dans cinq minutes, je suis avec un client.

Très bien.

Je t 'assure.

Oui ? Merci.

Pas de message.

Non. Merci.

J 'espère qu 'il sait ce qu 'il fait.

Oui.

Dites -lui que je serai dans son bureau dans une minute.

Je t 'assure, le patron, il croit que le monde tourne autour de sa partie de

golf. Écoute, file devant et moi, je te rejoins dans cinq minutes. Mieux vaut

que j 'aille voir. Oui, bien sûr.

A tout à l 'heure.

Oh non, non, non, une seule suffira. Merci.

Ça, c 'est le moment que je préfère.

Bon.

Tu sais, j 'ai beaucoup réfléchi et je pense qu 'on appellera notre enfant

Rusty. Qu 'est -ce que t 'en dis de ce nom -là ? Je

vois.

Écoute, je dépense du pognon ici, alors j 'ai le droit de... Salut.

Je t 'apporte ça, c 'est pour ton anniversaire.

Déjà ? Jolie plante, on dirait une nappe.

Écoute, je suis en retard, je dois y aller.

Je te donne un coup de fil.

T 'as mon numéro au boulot ? Non.

Tu le prends ?

Cette fois, vous êtes en bleu. Et moi, je suis en bleu. Est -il encore possible

de dire coïncidence ? Je crois que non. C 'est forcément plus.

Vous vivez ici ? Non.

Je devais y passer. Et vous ? Bon, écoute, t 'appelle pas entre 3 et 4

que c 'est là que j 'ai le plus d 'affaires.

D 'accord.

D 'accord.

Salut.

Voilà. Ouais.

Elle est chic, cette fille.

Très chic.

Mieux que ça.

Bonjour. Bonjour.

Je crois qu 'il va pleuvoir.

Je crois qu 'il pleut.

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