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Stop. Équipeur Fanal, portez -nous au Bosco sur la quale 3.
Bien, commandant.
Alors, Angelo, tout ça bien ? Voilà, voilà, voilà.
Promets -toi un peu, mon vieux.
Allez, va cocher ta lumière sur le sacré.
Bon. Vous voulez les voir, commandant ?
Les juifs pour la Palestine. Il ne faut donc pas rester en place, ces gens -là.
Ce n 'est pas leur faute. Personne n 'en veut nulle part. Il faut bien qu 'ils
aillent ailleurs.
Aux ordres.
Il manque 40 000.
Il y en a deux qui n 'ont pas pu venir.
Ils ont changé d 'avis ? Non, ils ont pensé.
Ils t 'avaient payé avant. Pas moi, l 'agence.
Tu me dégoutes, tu vas me trop l 'offrir. Mais avec ça que vous y
sur le pognon.
Écoutez -moi, capitaine, nous sommes les mêmes au bord.
Alors la seule différence, c 'est que vous, vous vous prenez pour un monsieur
pas moi.
La différence, c 'est que s 'il y a un coup dur, c 'est pas toi qui boira la
tasse. Fous le camp.
Ça, tranquillement, Bouscar.
Pas le brise.
N 'ayez pas peur, madame, je suis là. N 'ayez pas peur, madame.
N 'ayez pas peur, madame. N 'ayez pas peur, madame. N
'ayez pas peur,
madame.
Vous parlez anglais ? Mon mari est très vieux, il attend un bébé.
Un moment.
Parfait, si vous voulez.
C 'est plein de pin -up.
T 'as besoin de ça, ton âge ? Alors, activez. À la porte à gauche.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Je voudrais bien le savoir.
D 'où est -ce qu 'ils sortent ? De la 4.
Je les ai pêchés derrière les diverses.
Au nom de Dieu, de bon Dieu, vous avez bien besoin de deux passagers, ce beau
-ci. Qu 'est -ce que vous foutez à mon bord ? Comment t 'appelles -tu ? Fais
voir tes papiers.
J 'en ai pas.
Tu as un nom, quand même.
Ils sont beaux, vos clandestins, Pascal.
Mes compliments.
Quand êtes -vous monté à bord ? La nuit.
Bravo ! M. Pascal, ça c 'est du joli.
Alors votre homme, le coupé, où il était ? Il ronflait, il était saoul ? Pendant
ce temps -là, tous les voyous du port se répandent dans mes cales.
Ça fait un bien sur le livre de bord, putain de sort.
Et toi, la fille, t 'as pas de nom, toi ? T 'as pas de papier, toi, non plus ?
Ça vous ferait rien d 'être poli avec la mademoiselle, vous voyez ? Je t 'en
fous, le treuil de mademoiselle. D 'abord, ici, quand c 'est moi qui parle,
boucle, tu as compris ? Je suis le commandant et tu t 'en apercevras.
Si vous voulez pas qu 'on vous réponde, posez pas de questions, alors.
Pas besoin de tous vos mensonges, là.
Vous regardez pour comprendre.
C 'est du propre.
Avec quel argent vous êtes -vous sauvés ? Et vos
parents ? J 'en foutais qu 'ils se fassent du souci pour vous.
Seulement, la vie, c 'est pas comme dans les romans.
Vous coûtez cher votre voyage de l 'os, bourreau de petits malhonnêtes.
Vous n 'allez pas nous renvoyer ? Nous commandons. On va vous ramener à la
joyette avec la fanfare.
Justement, on a que ça à faire.
Vous vous appelez Robert de Grieux, n 'est -ce pas ? Et elle ? Manon.
Manon comment ? L 'esco.
Parle -la dans votre canard. Non. Bien.
Contactez Marseille en vitesse.
Notez. Police centrale, Marseille. Non, non, comment ? Ne faites pas ça. Je vais
me gêner.
Vous signez à la présence à bord.
Robert de Grieux embarqué clandestinement avec complice, fille
'est -ce que vous débloquez ? Elle n 'est pas dans le coup, elle m 'a suivi
simplement. Un peu de silence, voulez -vous ? Stop.
Remettrez fugitif à police Alexandrée. Stop.
signé Bousquet, commandant, etc.
Vous me donnerez l 'heure de l 'accuser de réception. Monsieur, je vous en prie,
je vous en supplie.
Si vous saviez... Oui, nous savons.
Débarrasse -moi cet individu, Pascal, que je ne le revois plus. On le met dans
le poste. Jamais de la vie.
Colle -le dans le frigo, montre -lui la manœuvre, il relèvera le graisseur.
Robert, Robert, ne me laisse pas. Ne t 'en fais pas, madame, il ne nous en vaut
pas. Robert !
Tu n 'avais rien à me dire ? Je viens de te dire que tu as baissé d 'un degré.
Fais attention à ton boulot. Au censé, tu feras ballon de soupe ce soir.
Entrez.
Encore vous ? Vous avez l 'argent ? Où voulez -vous que j 'en trouve, ici ? Pas
d 'argent, pas de clé.
Je vous en prie, monsieur.
Comprenez -moi, on va bientôt arriver.
Ils vont nous séparer.
Donnez -moi encore cette nuit.
À l 'œil.
Vous pensez que je ne leur verrai plus ? Vous avez été si gentil.
Moi aussi, je peux être gentille.
Chérie.
Débile -toi et foncez.
Des portes, il y a le temps.
Si ça ne molit pas, on n 'arrivera pas avant le jour.
On prévient quand même les émigrants ? Non, non, jamais de l 'avis. On les
aurait dans les pattes pendant quatre heures.
Trois heures ! On se dit de huit de l 'heure.
C 'est dans sept.
Huit, commandant.
Je vais lever moi -même le lock au second quart.
Oui, après, je vais voir ça moi -même.
Je reste pas là, mon amour.
Tu vas prendre mal.
Je veux rester avec toi.
Je sens la pluie qui coule sur ton bras.
Rentre à l 'abri, je t 'en supplie.
Mais je t 'ai dit que je ne veux pas.
Je t 'aime, mon père.
Tu sais bien.
Mon Dieu de mon Dieu, qu 'est -ce que tu vas faire tout seul ? Sans argent.
Pourquoi il a dû tout donner ? Pour te voir.
Pour te toucher.
Tu aurais donné n 'importe quoi pour la part encore, c 'est tout.
Mais il voulait que de l 'argent.
Il m 'a tout dit.
Et qui vous a tout fait ?
Tout y est ? Parlons de
tout ça plus tard, M. Bernier.
Vous pouvez disposer.
Merci, commandant.
Moi, j 'aime mieux ça. Je suis bien content.
Comme ça, tu pourras prendre une cabine pour rentrer en France.
Ne sois pas bête, Robert.
Je ne te quitterai jamais.
Là où il va, vous ne pourrez pas le suivre.
Je me tuerai ? Ne donne pas de bêtises, Alain. À votre âge. Avec tout ce qu 'on
a vu à notre âge, on est déjà vieux.
Je ne comprends pas. Moi, je ne comprends rien.
À vous voir, vous n 'avez tout de même pas la touche d 'un assassin.
Comme on se trompe, hein ? À vous voir, on ne vous prendra jamais pour un
marchand de viande. Robert.
Quoi, Robert ? Il m 'accroche les juifs, ni plus ni moins.
Non, monsieur, j 'ai pitié de... Alors, il y a pitié de nous aussi.
Laissez -nous partir avec eux, commandant.
Vous en avez du culot. Mais ils n 'ont rien fait, eux.
Nous non plus.
Mais... On dirait que vous ne vous rendez pas compte.
Mais c 'est tout de même quelque chose de tuer un homme, non ? On n 'a pas
toujours dit ça.
J 'ai fait la guerre, vous savez.
À votre âge ? Dans le maquis.
Je croyais encore à un tas de trucs à ce moment -là.
J 'étais pur.
Et pourtant, on a été formés de bonheur, nous autres.
Déjà au lycée, on faisait du marché noir.
Comme les grands.
Tes parents aussi ? Mon père était en Angleterre.
Ma mère pleurait toute la journée sur son livre de contes.
Elle avait peur de tout.
Des Allemands, des filles.
Des filles.
Moi, à 19 ans, j 'en avais déjà soupé. C 'était trop facile.
J 'avais envie d 'autre chose.
Autre chose de bien, de dangereux.
Je suis allé me battre.
Évidemment, si j 'étais resté comme les autres à Clermont -Ferrand à vendre des
cigarettes, je ne serais pas où j 'en suis.
Eh bien, vous me croirez si vous voulez.
Je ne regrette rien.
Parce que sans ça, je n 'aurais pas rencontré Manon.
Vous vous êtes trouvés dans le maquis ? Tais -toi donc, Bob. Quoi ? T 'as honte,
maintenant ? Non, commandant, pas dans le maquis.
Dans une petite ville de Normandie.
Un jour, on marchait avec les Américains.
Sa cavale est ferme.
Eux, ils allaient devant.
Nous, on faisait du nettoyage dehors.
Je crois que j 'ai eu.
Allez, venez.
Eh bien, mon vieux.
Allez, tiens, prends ça, toi, et passe -moi ton fusil. Merci, mon vieux.
J 'entends.
Robert, allez -vous donner avec moi.
Sous -titrage Société Radio -Canada
des Français.
C 'est à voir.
Ta mère tenait le bistrot, c 'était toujours plein de frites.
Où est ta mère ? Je ne sais plus.
Et votre père ? Désolée.
Attends qu 'il revienne, il fera l 'enseignement. Bon, allez, on a marre de
tondeuse.
Hé, vos gueules là -dedans, les otages.
Ils les ont fusillés avant de partir.
Vous croyez qu 'elle ne mériterait pas une bonne correction ? Elle n 'en aura
pas, va.
Peut -être que tout ça, ce n 'est pas bien grave.
Oui, mon petit Dieu, tout est grave.
Allez, maintenant, ça suffit, lâchez -la.
Si elle en a le fait, elle sera punie. Quoi ? Oh, ben non, tout de même. Elle a
droit à la justice, comme tout le monde, sans blague. Je vais emmener cette
demoiselle à l 'église. Tu la garderas jusqu 'à ce que je revienne, et puis ce
soir, on la conduira au WMP. Ah, mais non, je ne lâche pas les copains, moi.
discute pas, mon vieux, fais ce qu 'on te dit, quoi.
Attention, mon lieutenant, c 'est une mauvaise bête, là, ben non.
Je pense qu 'il faut que je vous remercie. De quoi ? De m 'avoir tirée de
mains.
Sans votre amie, je serais morte à cette heure -ci. Non, n 'exagérons rien.
Si, je me serais tuée.
Vous ne croyez pas que j 'aurais pu vivre après ça ? Allez, pensez avant.
Mais qu 'est -ce que j 'ai fait ? Les filles, elles venaient tous les soirs au
café. Je ne pouvais pas rester dans mon coin.
Alors, je leur causais un peu.
Puis, vous aviez dansé avec elles ? Ah non, alors ! Je n 'allais pas les
chez un concurrent, non ? On a fait un stade à picape.
Et vous n 'avez pas honte ? Vous n 'étiez pas méchant avec nous ? Pas
C 'est par amitié qu 'ils ont fusillé dix personnes avant de partir.
Hein ? Et puis quoi, vous savez bien ce qui se passait dans les camps ? Quels
camps ? Vous n 'écoutiez pas la radio anglaise ? Au moins, vous savez la
politique. Oui.
Vous ne comprenez rien à rien, hein ? Eh bien, vous n 'en faites pas.
On vous fera comprendre.
Est -ce que ça rend les hommes mauvais, la guerre ? Si les Américains étaient
venus les premiers, j 'aurais pas demandé mieux, moi.
C 'est bien fait pour vous.
Vous restez tranquilles, maintenant.
Bien sûr.
Berassa, toi.
Ça va, je me prends.
Si vous recommencez, je vous attache.
La robe est déchirée.
Est -ce que vous pouvez être lâches ? Je vous ai greffé ? Vous n 'avez pas fait
exprès ? Vous ne faites rien exprès, bon, c 'est bien.
Comment vous appelez -vous ? Ça peut vous faire.
Oh, rien.
Moi, c 'est Manon. Ça m 'est égal.
Et puis d 'abord, je vous interdis de me parler, vous êtes ma prisonnière.
Arrive -moi, ton délire de sbène.
Oh, c 'est la même chose partout.
Laissez -moi partir, je vous en supplie. Vous êtes folle ? Je recommencerai pas.
Vous n 'en aurez pas beaucoup l 'occasion.
Cette fois, c 'est réglé.
Il ne reviendra pas de sitôt, vos copains.
On va me mettre en prison ? Il y a des chances.
Mais qu 'est -ce que ça me fera comprendre ? Ça me rendra laide et
'est tout.
Vous me trouvez jolie ? Oui, alors ? Alors, laissez -moi partir.
Je vois pas le rapport.
Où allez -vous m 'emmener ? Au chef -lieu, sûrement.
Ça nous fera une petite balade ensemble.
La première.
Et puis... On ne se verra plus.
Jamais. Mon Dieu, planquez -vous !
Ça gâche, tout est nettoyé, allez en route.
Où est la petite ? C 'est parti.
T 'as pas pu l 'empêcher ? Non, je l 'ai laissé partir.
Exprès ? Oui.
T 'as fait ça, toi ? Mais pourquoi ? T 'es devenu fou ? Peut -être.
Mais tu crois que ça va se passer comme ça ? Allez, prends -moi ta pétroire.
Allez, allez !
Ta copine, on
la repassera, salut.
Ménard ! Quoi ? Qu 'est -ce que je fais ? M 'en fous, fais ce que tu veux.
Ce soir, tu t 'exprimeras avec le commandant.
Merci.
Je vous en prie.
Pourquoi avez -vous fait ça ? Je ne sais pas.
Qu 'est -ce qui va vous arriver ?
Soyez tranquille, on ne fusillera pas.
Mais la tôle, sûrement, et encore pas tout de suite.
Le plus grave, c 'est que j 'ai perdu un copain.
Vous avez gagné une amie.
C 'est pas mieux ? Comment vous s 'appelez, vous ?
Robert Desgrieux.
Robert ? Si je ne vous dégoûte pas trop.
Je crois que je t 'aime.
Moi aussi.
Ça alors.
Ben oui.
C 'est formidable.
On va être heureux, tu sais.
On se quittera plus.
Si c 'était possible.
Qu 'est -ce qui nous en empêche ? Oui, tout, chérie.
Tu vas partir de ton côté, puis moi du mien. Tu vas t 'en aller, toi ? A Paris.
J 'ai mon frère là -bas, il m 'aidera.
Je vais tâcher de le rejoindre.
Je te dirai quand il fera nuit.
Toi, toute seule sur les routes, ça, je veux pas.
Tout plutôt que de rester ici. Non, si c 'est pas possible, je t 'empêcherai de
partir. Attends -moi.
Rappel. Ne me quitte pas.
Ne me quitte pas. Ne me quitte pas, monsieur. Je reviens tout de suite.
Attends -moi.
Hey Bob, on te cherche partout.
Oui, je sais, je l 'ai vu.
Attends, je crois que voilà notre affaire.
Tu crèves de faim, pas toi?
Je sais pas.
Je suis trop sereine.
Il y a quelqu 'un?
Il y a quelqu 'un ? On n 'entend rien.
C 'est comme s 'il n 'y avait plus de guerre.
Il n 'y a plus personne.
Rien que nous deux.
Tu trouverais peut -être quelque chose à la cuisine ? J 'ai plus faim.
Tu veux t 'allonger ? J 'ai plus sommeil.
C 'est drôle.
Ce matin, on ne s 'était jamais vus.
Et puis ce soir, on va aller ensemble dans une chambre. Comme des jeunes
Ne blague pas, Manon.
Un jour, on sera mariés pour de vrai.
Avec un voile blanc ? Bien sûr.
Si qu 'alors.
Dis donc, rebelle.
Je voudrais le dire.
Tu sais, c 'est la première fois.
La première fois ? La première fois que je suis avec un garçon seul dans une
chambre.
Tu me crois ? Dis que tu me crois, dis vite ! Je te crois.
Les autres, ils auraient bien voulu poursuivre.
Mais ils pensaient qu 'à me tripoter, ils ne savaient rien dire.
Toi, tu sais.
Dis -moi encore une fois que tu m 'aimes.
Moi aussi, j 'en ai trop.
Alors, les ingards, il était beau là -haut ?
Eh,
attendez une seconde.
Je vous annonce.
Allô ? Allô, oui.
Quoi ? Bien sûr, et tout de suite.
Elle est marrante, celle -là. C 'est qui ? C 'est ma soeur qui se ramène.
T 'as une soeur, toi ? Et une patte encore. Ferme ton peignoir, de quoi t
'air.
Ah, pour une surprise, hein ? Ça fait plaisir de se revoir.
Oh, t 'as pas peur, c 'est vous tes amis.
C 'est que je suis pas toute seule.
T 'es pas avec maman, j 'espère ? Non, c 'est mon fiancé.
Ton quoi ?
Il est bien, tu sais.
Je te raconterai.
Eh bien, qu 'est -ce que vous attendez ? Entrez, monsieur Manon.
Bonjour, monsieur.
Allez, entrez.
Justement, vous arrivez bien ? On était en train de boire une bouteille.
Je dirais que ce que vous voudrez, c 'est un beau jour.
Ça ne s 'arrose jamais assez.
Ah, t 'as raison.
Dépêchons -nous d 'être concours.
On en reparlera dans six mois.
Ça m 'aurait pâté que tu ne vois pas le mauvais côté.
C 'est peut -être pas si bon pour les affaires, la libération.
Espère un peu.
Quoi, les affaires ? Pour que les gens ne vont plus bouffer parce que les
s 'en vont ? Bah, on verra bien.
À la santé du tourtereau.
Alors comme ça, vous allez vous marier ? Allez donc, j 'espère bien.
Je crois pas que je serai ma soeur faire la noce avec un gigolo, non ? Et où
allez -vous vous installer ? Je sais pas trop.
Pardon. On n 'est pas très riches. On a 30 000 francs.
Mais mes enfants, avec ça, vous êtes pas franchis.
Ils vont durer 15 jours, vos 37.
Et encore, en sanguin.
Qu 'est -ce que ça fait ? On n 'est pas pour rester, non, madame ? Non, bien
sûr. Le temps de prévenir papa et...
Je l 'emmène à Clermont -Ferrand.
Si c 'est ça, pourquoi vous n 'habitariez pas ici ? Oh, ça quand même,
pas si riches.
Oh, Robert, on serait si bien ici.
Ne vous en faites pas, je vais vous arranger ça.
Allez, venez avec moi.
Je connais les tauliers.
Pour le moment, c 'est un peu encombré, mais la fétiche, ça ne durera pas
toujours.
Elle est chouette, sa frangine.
Oh, t 'as pas honte ? Un vieux cochon comme toi ? Oh, ma petite.
Toutes les femmes se couchent. Il suffit d 'avoir le matelas.
Elle va avoir besoin d 'un tas de choses.
C 'est bien ça que je ne peux rien admettre.
J 'ai besoin de tout.
Alors, mon chéri, sois raisonnable.
Tu sais bien qu 'on est juste.
Si tu n 'es pas, toi, tu t 'enverrais bien.
Regarde -moi ça, c 'est joli.
Ça ne te plaît pas ? On ne pense pas qu 'à l 'argent.
Et puis quoi, l 'argent, ça se trouve.
Il n 'y a qu 'à se baisser pour en ramasser.
Ah, mais ce n 'est pas tout de gagner.
Il faut aussi savoir le dépenser.
Pas vrai, Léon ? Je ne demande qu 'à apprendre, tu sais. Ne t 'en fais pas
moi, tu vas loin.
Ceux qui me plaisent, ils ne le regrettent pas.
Hein, Juliette ? Oui, ça va, passe la main.
Oh, ben quoi ? Fais -moi un sourire.
C 'est cette robe -là qui te pote ? Vendue, mademoiselle. Sirène, 18 000
Le prix, je m 'en fous.
Charlotte ! Eh ben, ma petite Manon, qu 'est -ce que vous en pensez de ces
plures ? Oh, ça me plaît.
Laquelle vous préférez ? Toutes.
Si j 'étais lui, je me les paierais toutes.
En tout cas, celle -là, vous moulerez gentiment.
Vendue, je la prends aussi. C 'est noté. Enlevez, c 'est pesé.
Oh, c 'est trop beau, c 'est pas possible. Voyons, monsieur Paul, je ne
permettrai pas. Allons, mon bon ami, faites -vous le gamin.
Je sais mieux que vous ce qu 'il leur faut à ces petites femmes -là, ce qu 'il
leur faut, c 'est des nips et de la rigolade.
Manon, j 'en prie, tiens -toi un peu.
Fais attention, t 'exagères.
Tu vas fort, tu sais.
C 'est là donc tranquille. Vous voyez pas que vous la rasez, non ? Ah, si j
'étais à votre place. Oui, ben vous y êtes pas. Je la regrette pour moi et
elle. Vous avez jamais regardé dans une place, non ? C 'est gentil pour moi ce
que vous dites. Laisse, coco.
Mon jeune ami, j 'ai peut -être pas reçu comme vous une excellente éducation,
mais je sais me tenir avec les gens qui m 'invitent.
Eh bien, Paul, qu 'est -ce que tu fais ? Nous l 'en tirons.
Viens, cocotte, on les met.
C 'est payé. Comme d 'habitude.
Paul s 'en va ? Mais qu 'est -ce qu 'il y a ? Quelque monsieur est grossier
envers mon meilleur ami.
Un homme dont je dépends.
Un monsieur qui a tout le pinard du midi dans sa manche.
Tu sais vraiment pas vivre, mon petit repère ? Pas genre de bien, en tout cas.
Mais heureusement, j 'en ai plus pour longtemps.
Ah, ce coup -ci, on s 'en va.
Et Amanda ? Oui, on doit pouvoir régler ici et prendre les billets pour Clermont
-Ferrand. C 'est tout ? Ben, ça suffit.
On a assez fait de folie comme ça, non ?
Et puis papa ne marche plus.
Il a été bien gentil, mais maintenant il est pressé de nous voir. Ça se comprend
? Moi aussi.
Il a bien vu que sans toi, il n 'y avait rien de faire.
Tiens, écoute ça.
Ta mère et moi ne comprenons rien à ce retard après une telle absence.
Tu devrais avoir hâte de nous faire connaître celle que tu as choisie.
Il se méfie. Mais non, mais non.
Nous sommes sûrs que malgré son jeune âge, elle est digne de toi.
Et que tu n 'introduiras pas dans notre famille...
Une jeune fille dont ta mère ne pourrait pas être fière. Non, mais pour qui elle
se prend ? Ne me dis pas ça, elle est si gentille, tu verras. J 'ai pas envie de
voir. Comment ? J 'ai pas envie de quitter Paris. La première, j 'en ai
Enfin, mon chéri, mais notre mariage... Eh ben quoi, notre mariage ? On ne sera
pas plus heureux ? On ne s 'aimera pas plus ? Pas vrai, Gilbert ? Certainement,
mademoiselle. Non, mais dis -donc, vous.
On ne peut pas rester ici, c 'est impossible.
À cause de l 'argent ? Ça fait pas, c 'est un avoir.
Il y a quelqu 'un qui m 'a promis une place.
Une place ? Qui ça ? Monsieur Paul.
Je le connais, ce genre de place.
C 'est loupé, vous vous êtes levé trop tard.
J 'en mets de la petite, on sera après -demain à Clermont -Ferrand. Vous avez
compris ? Encore une fois, très poliment, veux -tu me foutre le camp ?
imaginez qu 'avec votre sale fric, vous pouviez tout acheter. T 'en as quand
même croqué un petit peu de mon fric, toi, hein ? Salaud !
Pauvre chéri.
Je le rattraperai, mais ce n 'est pas fini.
Tu ne rattraperas rien du tout. Tu vas te tenir peinard.
Tu sais combien ça me coûte, ta jalousie ? Tu t 'en fous, hein ? Tu as le fric
de papa derrière.
Seulement, moi, je vis de mon travail. Tu comprends ? Du travail, je n 'en ai
plus. Paul m 'a envoyé bouillir.
500 billets qui sautent à cause de toi, parfaitement.
Mais ça, c 'est juste.
Mais ça, c 'est juste.
Mais vous m 'emmerdez tous, tu as compris ? Et toi aussi !
Et puisque Robert le saura pas.
C 'est pas la question, Paul me dégoûte. Et raison de plus pour lui prendre son
fric, mon chou.
À nous deux, on pourrait lui en piquer, je te jure.
Quoi, c 'est ta bière pour de bon ? Ça ne te dirait rien, toi, la sécurité ?
Mais moi, je me sens un homme de bourgeois.
Je suis pas fait pour les combines.
À quoi ça sert de me damner comme ça, Léon ? Je ne veux pas.
Bon, bon, je n 'insiste pas.
Mais c 'est quand même dommage.
Justement, on m 'avait signalé l 'affaire épatante.
Une petite salle de cinéma du côté de la porte Saint -Martin.
Rien que des habitués qui viennent se ploter dans le noir.
Ils regardent pas le film, alors on leur passe des programmes au rabais.
Un business de tourpeau.
Bien honorable.
On prendrait ça tous les deux, 50 -50.
Je serais au poil.
Je t 'ai dit non, c 'est non.
T 'as bien réfléchi ? Oui, t 'es un dégoûtant, toi aussi.
Parfait. Qu 'est -ce que vous allez devenir tous les deux maintenant que le
de Robert lui a coupé les vies ? Non.
Robert cherche du travail.
Depuis cinq semaines.
Oh, il en trouvera un.
Six billets par mois et huit jours de vacances au bout d 'un an.
Enfin.
Si c 'était mieux ça, qu 'est -ce que je te propose ?
Tais -toi, Léon.
Il est là.
Sans vous contrarier, M.
Desgrilleux, il faudra penser à me régler. J 'y pense.
Ça fait tantôt un mois que je vois rien venir, votre femme se prive de rien, et
alors tous les jours, ça monte.
N 'ayez pas peur, j 'ai trouvé une situation.
C 'est vrai, chérie ? Tu vois ce que je t 'avais dit ? Je suis bien content.
Qu 'est -ce que ça peut vous faire ? Qu 'est -ce que vous foutez là, d 'abord ?
En quoi, avant trois parents, on va pas toujours se faire la gueule, non ?
Allez, Robert, un bon mouvement.
Sans rancune.
Puisqu 'elle le veut, on va arroser ça.
C 'est bien, ton boulot ? Voilà, n 'est -ce pas ? Pour un début, c 'est vraiment
pas mal. Dix mille ? Ah non, c 'est de même.
Huit. Et huit jours de vacances dans un an. C 'est trop beau, t 'entends, Manon
? Il y a sûrement un mais.
Je trouve pas que ce soit un inconvénient.
Quoi ? C 'était ici, soudain.
En province ? Mesdames, il y a un centre en Martinique sec.
Oui, monsieur. Tu vois, mon chéri, dans un an, tu pourras venir passer une
semaine ici.
Ah, merde, la coupure. Bon sang, lui.
Ne vous inquiétez pas, M. Léon, j 'ai ce qu 'il faut. Merci.
En tout cas, la vie n 'est pas chère là -bas.
Et puis, il ne doit pas y avoir beaucoup d 'occasion de dépenser de l 'argent.
Évidemment, Aïssoula.
L 'essentiel, c 'est qu 'on soit ensemble.
Pas vraiment, chérie ? On trouvera bien une petite chambre. Pas cher.
On sera bien serrés l 'un contre l 'autre. Quand tu seras là ? Mais dans la
journée, je vais m 'embêter à crever, moi. Mais tu n 'auras pas le temps, mon
chou. Il faudrait que tu t 'occupes de tout.
Du linge, du marché.
Tu joues à la petite ménagère, quoi. T 'appelles ça jouer, toi.
Oui, mais ce sera si bon quand je rentrerai le soir.
On sera tous les deux, tout seuls.
Et c 'est quoi ton travail ? Je suis un notaire.
Un gros notaire qui a besoin de quelqu 'un de jeune, d 'actif.
Pour quoi faire ? Un peu de tout.
Et de l 'avenir ? Oui, commandant.
Dans trois mois, tu pêcheras le jardin pour faire un peu de sport.
Et dans six mois, tu balayeras l 'étude.
Histoire de rendre service.
T 'es pas fou, Robert.
Capable comme tu es d 'aller gratter au fond d 'un trou.
T 'as mieux à me proposer ? Peut -être.
Mais on n 'était pas d 'accord tout à l 'heure.
Dis toujours, Léon.
Au fond, c 'est à Robert de décider.
Qu 'est -ce que c 'est ? Une histoire de pinard.
Paul n 'est pas dans le cours, moi.
C 'est -à -dire que le pinard, c 'est plutôt son secteur. Très peu pour moi,
merci. Non, t 'as tort.
Paul n 'est pas un méchant quand il est bourré. Il ne cavalerait pas après,
madame, peut -être. C 'est un homme.
Il a eu l 'air mort, il ne demande qu 'à t 'aider. Après tout, si tu préfères,
il soudain... Parfaitement.
D 'abord, qu 'est -ce que c 'est, ton travail ? C 'est un truc confidentiel.
Évidemment, il n 'y a plus de risque qu 'à gratter du papier. Oui, dis tout de
suite que je suis un dégonflé.
On dit ça.
C 'est bien payé ?
30 000.
Par mois ? T 'es fou, non ? Chaque voyage.
Et il y en aura beaucoup, les voyages ? On espérait.
Vous connaissez Léon depuis longtemps ? C 'est mon beau -frère.
Ah, voilà.
Alors, qu 'est -ce que je fais ? Vous partez après -demain avec la réponse.
C 'est tout ? Ah oui, mon vieux, c 'est tout.
C 'est comme ça, le business, aujourd 'hui.
T 'as gagné 30 billets de baladé.
Tu vois, ils t 'attendaient.
Et il y en a autant pour toi à chaque voyage.
Quand est -ce que je repeins ? La semaine prochaine.
Puis l 'autre.
Puis l 'autre après.
T 'en fais pas toutes les semaines.
Ça y est, encore une.
C 'est tous les faits que je te produis ? Je t 'ai raté.
Je me suis endormie dans le noir.
Viens, réveille -toi.
Embrasse -moi.
J 'ai le cafard, Robert.
Le cafard ? Aujourd 'hui, quand tout s 'arrange ? Tiens, regarde.
Et c 'est pas fini ? Non, je t 'en prie, laisse ça.
Serre -moi dans tes bras.
Fort, très fort.
Dis -moi que tu m 'aimes.
Dis -moi que tu m 'aimes toujours.
J 'étais si malheureuse, Robert.
Tu ne vas pas savoir.
Pour deux jours d 'absence ? Oui.
On ne va plus repartir, jamais.
J 'ai peur que tu n 'es pas là.
Ne
regarde
pas comme ça, Robert. Je t 'en prie.
Tu vas comprendre.
Je t 'aimais tant, Robert.
Nous étions si malheureux.
Pour une preuve d 'amour, c 'est trouvé.
Elle va bien, la jeunesse.
Mais qu 'est -ce que vous auriez fait à ma place ? C 'était un mauvais moment à
passer.
Et puis, je croyais qu 'il ne le serait jamais.
Je te dis, tu aurais dû la remercier.
Bon Dieu de bon Dieu, si une femme m 'avait fait ce coup -là. Vous l 'auriez
fait. Moi, je serais foutu le camp, tout simplement.
Eh bien, moi, j 'ai pleuré.
Elle a pleuré, elle m 'a demandé pardon.
Et tu as pardonné. Comment non ?
Qu 'est -ce qu 'il y a, jeune ? Il y a un bruit de brouillage dans le secteur.
'ai repéré deux torpilleurs qui doivent croiser par bien loin. Ils font de la
faunie avec un zing en patrouille. Qu 'est -ce qu 'ils disent ? C 'est du code
militaire. Ils ne se comprennent pas eux -mêmes, mais ça sera proche.
Tant mieux.
Camouflez les feux, réduisez la vitesse.
On a encore une heure de bond.
On est déjà arrivés ? Eux ? Pardon.
Et après ? Alors, tu as été ce coup -là et soudain ? Non, la place était prise.
Mais on a été raisonnable, hein, Robert ? D 'abord, on a déménagé.
C 'était pas le rêve.
La vue n 'était pas bien jolie.
Il y avait le gars.
J 'ai demandé de l 'aide à Léon.
Il m 'aurait aidé s 'il avait pu.
Mais il avait déjà bien du mal à finir de payer son cinéma.
Alors je me suis mise mannequin.
Et c 'était pas drôle.
Des clients crinchés.
Toujours debout.
Tournés.
Virés.
Et des vendeuses jalouses.
Qui n 'arrêtaient pas une occasion de m 'engueuler.
Moi j 'avais trouvé une place pas bien gaie non plus.
Et le soir, je quittais le dernier modèle pour enfiler ma vieille robe.
Tu n 'as pas gardé longtemps ta vieille robe.
Ça payait bien.
Pas vrai, Manon ? Elle n 'a pas été longue et elle n 'est plus que moi, M.
Bousquet. Beaucoup plus que moi.
Beaucoup trop.
Et moi, je ne m 'étonnais de rien.
Je ne voyais rien.
Comme elle m 'a menti.
Ça, c 'est Suzette qui me l 'a prêté. Tu sais bien, Suzette, la petite brune.
Et ça...
C 'est le modeste qui a fait la collection.
J 'ai eu pour rien.
Et ça ? C 'est Suzette qui l 'a prêté ? Ça ? Oh, mais c 'est du top, mon chéri.
Oh, si c 'était vrai, il y en aurait pour... Je sais pas, moi, il y en aurait
pour... Environ 250 000.
Vous voulez vendre ? Non, merci, monsieur. À votre service, monsieur.
Au revoir.
Au revoir, monsieur.
Mademoiselle Manon, s 'il vous plaît.
Manon ? Attendez, donc, la petite Esco, elle nous a quittés, monsieur.
Il y a longtemps ? Deux mois, au moins.
Tu ne travailles pas cet après -midi ? Pas avant trois heures.
Et toi, tu pars bien en avance.
C 'est que... on présente la nouvelle collection aujourd 'hui. Tu veux que je
'accompagne ? Tu n 'es pas prêt. Bon, alors ne te mets pas en retard, tout à l
'heure.
M. Désir ? Je voudrais parler à la dame qui vient d 'entrer.
Je crois que ce ne sera pas possible, monsieur.
Il faut d 'abord consulter madame.
Madame ? Si monsieur veut bien me suivre.
Qu 'est -ce que ça veut dire ? Ce n 'est pas un moulin, ici.
Bravo pour la discrétion.
Ceci ne vous vise pas, monsieur.
Mais avouez que dans ce genre d 'endroit, ces rencontres inopinées sont
désagréables.
Je ne vous en salue pas moins, monsieur.
J 'en ai content, ces vieux -là.
Entrez, monsieur.
Avant tout, madame.
Avant tout, monsieur.
À qui ai -je l 'honneur de parler ? Je m 'appelle André Germain.
Ça m 'étonnerait.
Quand nous serons devenus vieux amis, jeune homme, je suis sûre que vos
regretteries se manquent de confiance.
Votre jeunesse est une excuse.
J 'aime la jeunesse.
Je comprends parfaitement ses folies.
Voyons, quelle folie vous amène ? Une jeune dame que j 'ai croisée dans la rue
et qui vient d 'entrer ici.
Ah ah, le coup de foudre.
C 'est charmant et très romantique.
Malheureusement, cette dame est, comment dirons -nous, espérée. Oh, par quelqu
'un de très bien. Un lord.
Un lord anglais.
Calmez -vous, calmez -vous. Nous organiserons quelque chose plus tard.
Lisez, c 'est pour deux.
Nous allons la remplacer, votre inconnue.
Par une inconnue encore plus belle. Mais non, madame. Attendez.
Celle -là.
Ah, celle -là possède une garde -robe tout à fait amusante.
Un peu spécial, naturellement. Ce n 'est pas la question.
Oui, vous êtes encore bien gamin.
Que diriez -vous d 'une Italienne ? Je vous dis, madame. Ah, voilà la dame de
vos rêves.
Laissez -moi réaliser, soyez tranquille.
C 'est une enfant, une charmante enfant.
Et ce qui ne gâte à rien, elle vient ici pour le plaisir.
Son mari est fabuleusement riche.
Ne vous ennuyez pas avec elle.
Entrez. Sa hauteur a envoyé un chasseur, madame.
prévenir qu 'il était empêché et le re -téléphonant pour un autre rendez -vous.
Eh bien, en voilà un miracle.
Des aies et une tasse de thé de plus. Vous servirez à côté.
Ce n 'est quoi, cher monsieur ? Un vrai roman d 'amour et l 'amour finit
toujours par triompher.
Vous allez prendre le thé le plus délicieux de votre vie.
Vous connaissez les conditions de la maison ? Tout ce que vous voudrez. Vous
savez bien que vous étiez un homme du monde.
M 'en prie.
Installez -vous.
Je vais chercher notre Benjamin.
Vous vous connaissez ? Un peu.
Laissez -nous.
Mais, jeune homme... Vous comprenez pas ? Laissez -nous, foutez le camp ! Un
instant, madame, je vous en prie.
C 'est mon ami.
Vous avez compris ? C 'est bien, ma petite, je me retire.
Mais de mon temps, nous les choisissions mieux éduquées.
Mais monsieur, ce petit con, vous ne pouviez pas faire attention, non ?
alors, quel bordel !
N 'aie pas peur, je ne crierai pas.
Je souffre trop.
C 'est bon, tu vas t 'expliquer tout de suite.
Tu ne peux pas défendre toi avant de quelque chose.
Qu 'est -ce que tu fais ici ? Et toi, Robert ? Moi ? Je t 'ai suivi, tout
simplement. Quand tu es descendu, je suis parti derrière toi. Pendant que tu
attendais l 'autobus, j 'ai trouvé un taxi.
C 'est bien ma veine.
Moi, quand j 'en cherche, j 'en trouve jamais.
C 'est tout ce que tu trouves.
C 'est de la folie, tu es inconsciente.
Fais -toi compte, Malon. Toi, ici, dans cette maison.
Bien sûr, j 'aurais pu ne jamais la savoir, n 'est -ce pas ? Tu serais
soir comme tous les soirs, avec un bijou et un mensonge de pluie.
Tu m 'aurais embrassé.
Tu serais couché près de moi, de moi aussi.
Je te déteste.
Tu es ignoble.
Tu sens l 'homme et tu sentiras toujours l 'homme pour moi.
Sois tranquille, je pars.
Seulement avant de partir, je veux te regarder une dernière fois.
Regarde -moi.
Tu ne devais pas avoir peur.
Tiens, le voilà, ton petit cadeau.
Merci, Robert.
Tu as toujours été très généreux.
Saleté ! J 'aurais mieux fait de te laisser dans leur passe le premier jour.
t 'auraient rasé comme une roulure que tu es.
Mais tu vas voir ce que j 'en fais, les putains comme toi ! Robert !
Je t 'en prie, je ne peux pas te voir pleurer.
Je me suis conduit comme une brute, mais je suis mal.
Il ne faut pas me croire.
Tout à l 'heure, je disais n 'importe quoi.
Dis -moi que tu me pardonnes.
Oui, je te pardonne.
Je t 'aime tant.
J 'ai tellement pitié de toi, de nous deux.
Mais pourquoi tu fais ça ? Pourquoi ? Tu n 'étais pas heureuse à la maison.
Je ne le savais pas bien quand je t 'ai rencontré, mais... Je ne peux pas vivre
mal.
Je déteste la misère.
Si tu avais connu chez nous, tu comprendrais.
Je ne veux pas recommencer la vie de ma mère.
Je veux m 'amuser.
Je veux briller. C 'est plus fort que moi.
Il faudrait me couper les jambes pour m 'empêcher de danser.
Je suis une mauvaise fille, René.
Mais non.
Pour les autres, peut -être, mais pas pour moi.
Pour moi, tu es toujours la petite Manon que j 'ai connue le premier jour.
Ne crois pas ça.
Et pourtant, je t 'aime toujours autant.
Peut -être en plus.
Seulement, je ne te rendrai jamais heureux. Alors quittons -nous, va, ça
mieux. Au vide de ce moment, tu apporteras l 'image d 'une sale crue.
Même de mensonges.
Ça t 'aidera pour m 'oublier.
Je ne pourrai pas, je te sauverai, Manon.
Mais tu sauveras une autre, Manon.
Une autre qui vieillira vite entre les gosses et la cuisine et dont les mains
sentiront la vaisselle.
C 'est pas cette Manon -là que tu aimes, Robert.
Tu pourrais vivre sans moi.
Je peux pas vivre sans argent.
J 'en gagnerai.
Tu sais pas, mon amour, c 'est pas ton genre.
T 'as toujours cru qu 'il fallait travailler pour en gagner. Mais ça
'est changé.
Car, Léon, est -ce qu 'il se crève, lui, et il se brise de rien ? Je serai comme
Léon, tu auras tout ce que tu voudras, je te le jure.
Ce serait beau.
C 'est dans ton mémoire.
Tu ne me quitteras plus jamais.
Pourquoi ? C 'est toi que j 'aime.
Je suis bien qu 'avec toi.
Emboisse -moi.
Non, pas ici.
Ici ou ailleurs, qu 'est -ce que ça peut faire ? Cet endroit me dégoûte.
Rien n 'est dégoûtant.
Pour garder ma nom, je me lançais dans d 'étranges entreprises.
Dans la gigantesque foire d 'empoigne de l 'après -guerre, je prélevais ma part.
Oh, une part bien modeste, hélas.
Mais je persévérais.
Je fréquentais de drôles de gens, de drôles d 'endroits.
L 'argent entrait vite et repartait encore plus vite.
Il nous fallut un appartement.
On en trouvait encore, moyennant une honnête reprise, restée à l 'ordre
habitable.
Bonne année.
Vous êtes content ? Et le prochain versement ? Eh bien, on verra ça dans un
mois.
Dis donc, Robert.
Qu 'est -ce qu 'il y a ? Qu 'est -ce que tu penses du chauffage électrique ? Je
pense que c 'est cher.
Mais t 'inquiète donc pas, mon chéri. On se débrouillera.
Mets sur pour la naquette.
Je ne sais pas comment on va s 'en tirer, tu sais.
Les cigarettes, c 'est foutu.
Le vin sera en vente libre dans trois mois.
Et en plus de ça, je ne connais personne dans les bonnes essences.
Cap est un grand.
Ne te désoles pas, je te dis.
Tout ça, c 'est des trucs dominables.
Il y a mieux à faire en ce moment.
Tu as une idée ? Peut -être.
Tu sais, tout ce qui se débile des coins américains tous les jours.
Les pneus, les couvertures, les miscellines.
Ça ne te dit rien ? Si.
Seulement, pour pouvoir sortir la marchandise, il faudrait se faire des
dans la place.
Et les centrer personne.
Ça, ça peut s 'arranger.
Tu m 'as bien enseigné, toi.
Plutôt.
Tu connais quelqu 'un ? Un Américain.
Qui est un vrai.
Il est major.
Il s 'appelle Ralph. Et il commande un compte surplus.
Où l 'as -tu rencontré ? Au Georges V.
C 'est l 'ami de l 'ami d 'une copine.
Et naturellement, il fait la cour.
Naturellement. Mais t 'as pas besoin d 'avoir peur, va.
C 'est une gourde, une croix vierge.
Toi ? Et dans le civil, il était professeur de psychologie. Tu te rends
Alors, si tu veux m 'écouter, on va l 'inviter à prendre la caméra.
Seulement, il ne faudra pas lui dire qui tu es.
Il s 'en voudra bien.
Prostitue.
C 'est mon plan.
Cher ami, permettez -moi de vous présenter mon grand frère, Léon Lescaut.
J 'aurais deviné.
Vous êtes tout à fait pareille, tous les deux. Comment?
Ah, ben oui, oui, on se ressemble.
Forcément.
Je suis bien heureux de vous connaître, monsieur Lescaut. Moi aussi, madame.
J 'aime beaucoup Manon.
Elle est très jolie.
Oui, oui, je sais.
On n 'est pas là pour dire des sottises, on est là pour parler à fait.
N 'est -ce pas, major?
Certainement.
Mademoiselle Manon m 'a demandé permission pour vous visiter le camp.
Très difficile.
Même pour les journalistes ? Vous savez que je prépare un reportage sur les
surplus. Oui, je sais.
Mais entrez off limits.
Strictement des fondus.
Oh, ça peut pas s 'arranger ? Non, impossible.
How silly.
J 'avais oublié.
Invitez -toi pour des souvenirs. Pour moi ? Oh, ma jeune.
Permettez.
Vous êtes fou, Major.
Une jeune fille n 'en soit pas de cadeau.
Vraiment ? Je serais triste.
Aidez -moi, Monsieur Lescaut.
La soeur fait ce qu 'elle veut.
Je pense que vous n 'êtes pas jaloux de votre soeur.
Non, mais je me questionne bien. Sois gentil quand même, Léon.
Va voir comment se porte le rose -bif.
Surveille -le. Non, non, tu crois pas. Vas -y, mon petit frérot.
J 'ai la flemme de bouger.
Vous aussi, bonne cuisinière, je suis sûr.
Tous les Français, bons cuisiniers.
Je vois que vous êtes fâchée. Pas fâchée.
Déçue. Je croyais que vous étiez mon amie.
C 'est pas ce que je vous avais demandé.
Ça, je ne peux pas accepter.
Vous allez bien ? Oh, grogne pas Léon, tout est arrangé.
Alors, je vous mets pour ça de ne pas être courante, n 'est -ce pas ? Ça
va
? Ça va.
Bah, croyez -vous, quoi ! C 'est formidable, quand
même !
On part pas comme ça, il aurait pu prévenir.
Il est démobilisé. Qu 'est -ce que tu veux qu 'il fasse ici ? C 'est gai.
Il devait livrer 500 billets de pénicilline la semaine prochaine.
C 'est quand même pas lui qui la rendait. En tout cas, il était beaucoup
commode. Deux morceaux.
En partie.
C 'est mal.
À propos, tu devineras jamais ce qu 'il m 'a demandé. Quoi ? Il m 'a demandé d
'épouser.
Elle est bien bonne, celle -là, alors.
Il doute de rien.
T 'as bien dû rigoler.
Pas très, non.
Écoute, Robert, autant te le dire tout de suite.
J 'ai accepté.
Qu 'est -ce que tu dis ? J 'ai accepté.
C 'est impossible, il y en a une ou deux qui rêvent.
C 'est toi qui pars de me quitter.
Mais ça me fait de la peine, Bob.
Autant qu 'à toi.
Seulement, il faut.
Ne me regarde pas comme ça, voyons, je reviendrai. Mariée ? Oh, là -bas, est
que ça compte ? Alors, t 'as rangé ça toute seule, hein ? Dans ta petite tête.
Tu me laisses et maintenant, tu vas dire que tu m 'aimes.
Mais je t 'aime, Bob.
Je n 'aime que toi.
Seulement, lui, j 'en ai besoin.
D 'ailleurs, on en a besoin tous les deux.
Qu 'est -ce qu 'on fera quand il sera plus là ? Oh, mais je me débrouillerai.
Tout reste en lui.
Dis donc pas de bêtises.
Laisse -moi partir.
T 'auras même plus besoin de travailler.
Lui, c 'est des dollars, tu comprends ? J 'en ai assez des aventures.
Ralph, c 'est du sérieux, du solide.
J 'ai vu la photo de ses usines.
C 'est grand.
Je m 'en fous.
Je t 'ai, je te garde.
Et tu dis que tu m 'aimes. Mais tu es inconsciente.
C 'est toi qui es fou. Je partirai quand même. Non. Si.
Tu n 'as pas moitié de force ? Pas besoin.
Je vais aller faire poliment mes adieux à Ralph.
J 'en profiterai pour lui dire qu 'on est venus en bateau. Tu n 'es pas ma
et qu 'on touche ensemble.
Eh bien, si après ça, il t 'emmène... Tu fais ça ! Tu me défends ! Alors, tu
veux qu 'on soit malheureux ensemble ? Je n 'ai pas le choix.
Allez, ma petite fille, si tu la déchires de ton billet d 'avion... Tu
pas, salope ! Mais tu ris, tu m 'entends ? Tu ris ! Mais qu 'est -ce que je t
'ai fait pour être martyrisée comme ça ?
Enfin, espèce d 'idiote, tu pouvais pas la boucler, non ? Tu trouves que je suis
pas assez punie, non ? Ah, mais tu ne penses qu 'à toi.
C 'est mes échéances, alors.
Ah, on peut compter sur toi.
Oh, c 'est pas ma faute, Léon. Oh, tais -toi, non. Il y a six mois que t 'aurais
dû lâcher Robert, on n 'en serait pas là.
Mais non, madame a eu peur de faire de la peine à son chouchou.
T 'as jamais fait ce que tu voulais, au fond.
T 'as compris, maintenant ? On peut pas tout avoir. On le frite, qu 'est la
romance.
En attendant, te vloie dans la mélasse et moi avec.
Mais qu 'est -ce que tu fous là, ce que tu vois, mon Dieu ?
Tire -toi, Chiral ! Si Bob ne me voit pas rentrer, c 'est là qu 'il viendra me
chercher, directement.
Bon Dieu, bon Dieu, il ne nous faudra jamais la paix, celui -là. Même un jour,
un jour, une nuit.
Une nuit, tu peux te tirer en douce.
Allons, écoute, je t 'en prie, recommence pas à chialer. Attends -moi.
Viens.
Appelle l 'auteuil 3905.
Chez moi ? Tu veux parler à Bob ? C 'est pas moi qui lui parlerai.
Chez toi.
Un peu plus vite, je vous en prie. On fait ce qu 'on peut.
C 'est qu 'il recommence à y avoir de la circulation dans Paris.
Vous prenez le plus court, hein ? Je connais le chemin.
C 'est le premier cinéma pour la porte Saint -Denis.
C 'est là que c 'est arrivé.
C 'est grave ? Je sais pas. Ma femme m 'a téléphoné qu 'elle s 'était trouvée
mal. Vous m 'attendez, hein ? Bon, simple question, j 'ai plus d 'essence.
que je rentre dîner.
Ça va. Monsieur Desgrieux ? Oui, c 'est grave ? Non, un petit malaise. On a
transporté madame à la direction.
Par ici, monsieur.
C 'est à Henri IV que nous avons la place loyale.
Ce bon droit, qui est également un grand organisateur, nous l 'a d 'abord
installé à l 'infatuation.
Je l 'en prie, monsieur.
La rue Saint -Antoine, en fait, qui était jusqu 'au commencement...
De cette place, je veux que l 'on fasse.
Cette très belle estompe du musée Carnavalet représente le carousel donné
du mariage. Ça y est.
Seulement, vous ferez bien d 'aller le calmer un peu parce que ça finirait par
'entendre. D 'accord.
Et bien, qu 'est -ce que t 'attends, toi, Philippe ? T 'es libre ? Philippe ?
Ben oui, quoi, libre ? Allez, c 'est pas le moment de faire du sentiment.
Embrasse ton petit frère.
T 'es sur quoi ? Allez, tire -toi.
Et n 'oublie pas, une fois arrivé, tout ce que j 'ai fait pour toi.
Dis, Léo.
Quoi encore ? Explique -lui ça gentiment.
Je ne veux pas lui faire de mal, bien sûr.
Dis -lui qu 'il n 'est pas trop de chagrin.
Je pense toujours à lui. Dis -lui.
Dis -lui que je reviendrai.
Il t 'attendra, va, t 'en fais pas.
Qu 'est -ce que c 'est que cette histoire ? Oui, Manon.
Elle n 'est pas... Elle est plus malade ? Non, mon humain, non, rassure -toi,
elle va très bien.
Seulement, elle avait besoin d 'être un peu tranquille.
Alors, elle préfère te savoir ici.
Avec la copine.
Tu te fous de moi ? Où est -elle allée ? Elle perd ses bagages, tiens.
Allez, ouvre -moi.
Mais tu vas mourir, mon Dieu ! Tu as dû péguer ses pères, même. C 'est toi qui
as pu le garranger, tout ça.
Tu m 'as fermé mon âme, tu sais.
Salaud ! Donne -moi la clé.
Tiens -toi, Don Pénard.
Tu me remercieras après.
La clé ! Calme -toi, Bob, ou tu vas faire une connerie, une de plus.
T 'as pas honte de te mettre dans des états pareils pour une fille qui veut
de toi ? À cause de qui, hein ? Qui est -ce qui s 'est toujours mis entre nous
deux ? Qui lui a toujours donné le mauvais conseil ? Tu me parles comme
avait le mauvais conseil.
Tu comprendras donc jamais, mon pauvre Bob.
T 'étais un boulet dans sa vie.
Pire qu 'un môme.
Ça pouvait pas durer.
Je la connais mieux que toi.
Tu pouvais rien pour son bonheur, et elle, t 'as bien vu, elle pouvait te
que du mal.
Eh bien, c 'est fini, c 'est fini.
C 'est bien mieux pour tout le monde, tu veux me voir ? Je crois.
Oublie la porte, maintenant.
Qu 'est -ce qu 'on va faire ? Tu veux me garder longtemps ? Jusqu 'à ce que ça
soit parti, tiens.
Si je te lâche, tu vas finir de jeter assez de billes.
Et c 'est toi qui me demanderas pardon.
Je ne peux pas.
Si j 'ai compris.
Vrai ? Ah, bien, j 'aime mieux ça.
T 'as rien à regretter.
Tu n 'en fais donc pas une de perdue déjà
prouvée.
C 'est quand même mal.
Pourquoi tu ne veux pas tourner de l 'oeil, non ? Attends, je vais te mettre
mantelot.
Allô ? Comment, c 'est toi ? Ben, où es -tu ? Gare de Lyon.
Le raccrochement, ce sera pas long.
Voilà.
Tu peux partir tranquille.
Avec moi, c 'est fini. Tout est fini, tout est foutu.
Et t 'as gagné, je te dis, je suis un assassin maintenant.
Si, je viens de descendre Léon.
Ben, moi, je fous le camp, hein.
Mais tu es fou, c 'est pas possible.
Où vas -tu ? À Marseille, tiens.
C 'est là qu 'on se cache, il paraît.
Ou au commissariat, je sais pas.
Tu verras ça demain dans les journaux.
Adieu.
Oh, les fiches d 'admission, alors ! Oh là là, c 'est... Oh là là,
c 'est...
C 'est ce qu 'on fait partout, c 'est pire que dans le métro.
C 'est quelqu 'un du bord qui vous a fait embarquer ? Non, on est monté la
quand l 'homme de coupé faisait sa ronde.
Ouais.
Alors ? Alors quoi ? Je sais pas.
Moi, j 'en pleure.
Le jour se lève, commandant. J 'arrive.
Commandant.
Qu 'est -ce que vous allez faire de nous ? Mon petit, j 'ai pas le choix, j 'ai
reçu des ordres.
Ils seront après -demain à Alexandrie.
Vous vous
attendez,
vous ?
Regarde ! Regarde !
Pressons, pressons, le temps me dure. C 'est fini, commandant ? Fini ? Oui.
Et ces deux voyous, alors ? Allez, balancez -moi ça par -dessus bord.
Qu 'on reste entre gens comme il faut.
Eh bien, qu 'est -ce que vous attendez, garapia ? Oh, merci.
Merci, commandant.
Oui, ça va, ça va, demain, demain, les politesses, ça y est.
Oui, foutez -moi le cas, foutez -moi le cas.
Je savais bien que vous étiez un brave type.
Un vieux con, oui.
Un vieux con qui se prépare à des beaux emmerdements par notre faute.
Très bien, tout le temps.
Merci à vous.
Sous -titrage ST'
501
Qu 'est
-ce
qui se passe ? Le moteur est foutu. On continue à pied.
Sous -titrage Société Radio -Canada
C 'est bon.
Voilà, j 'arrive.
Regarde. Oh, c 'est marrant.
Chérie, on se croirait au paradis. Tu connais ça, toi, le paradis ? Bien sûr,
me rappelle les images de mon histoire face.
Oh, Robert, je suis trop contente.
Prouvez qu 'il nous arrive bien. Mais qu 'est -ce que tu veux qu 'il nous
arrive, maintenant ? Au contraire, va.
Nous allons leur montrer que c 'est possible d 'être heureux.
À tous ceux qui sont contre.
Chérie.
Chérie, on s 'en va.
Déjà ? Regarde.
Oh, laisse -les partir.
On est si bien.
On n 'a pas besoin d 'eux.
Mais qu 'est -ce qu 'on ferait ici ? On achèterait des palmiers, on mangerait
des dates et on aurait beaucoup d 'enfants. N 'en sois pas bête, chérie,
rêves. Peut -être.
Un beau rêve, en tout cas.
Nous deux, toujours tout seuls, au paradis. Allez, viens vite.
Tu le regretteras. Tu verras.
C 'est pas marrant. Oui.
On était au paradis, on est en enfer.
C 'est pas ici que je viendrai finir mes jours.
Oh, regarde.
Il est drôlement nettoyé, celui -là.
Ça ne va pas manquer de chacal par ici.
Ni de vautours.
Oui.
Il ne mange que les morts, hein ? Ben voyons.
Et puis quoi, je suis là, moi.
Allez, viens.
Je t 'en prie.
Sous -titrage FR ?
Maman ! Maman ! Maman ! Maman ! Maman ! Maman !
Maman
!
Non, non ! Allez, c 'est bon ! Allez,
c 'est bon ! Allez,
c 'est bon !
Attention, je suis trop petite et il y a trop de soleil. Mais écoute, Manon, il
faut traverser. Au bout de la vallée, il y a une plaine et dans la plaine, il y
a un puits.
Non, non, je ne te crois plus. C 'est fini.
C 'est fini ? Est -ce que tu t 'imagines qu 'on va rester ici à crever comme des
chiens, non ? Elle marchera de force.
Allez, viens.
Tu veux venir, oui ? Je vais marcher.
Tu es blessée ? Ça m 'a fait comme un coup de fouet.
C 'est rien, dis.
Non, c 'est rien.
Tu te rappelles ? Au bord de l 'eau, au paradis.
Mais tais -toi, ne te fatigue pas.
C 'est toi qui es fatiguée, je me suis fait traîner.
Comme je t 'ai donné du mal, toujours.
Mais c 'est fini.
Je vais marcher toute seule maintenant, tu vas voir.
Emmène -moi vite, vite au bord de l 'eau. Mais tu ne pourras pas.
Si, s 'il n 'y a pas, il faut... Pardonne -moi.
Tais -toi, mais viens, je t 'en suis oublié.
Bref, on ne va pas le tuer. Comment ? On ne pourra pas le rattraper.
Je vais me reposer maintenant.
Attends.
Essaye de vivre.
Sans toi, je ne pourrais pas.
Il faudra bien.
Si tu n 'étais pas là, qu 'est -ce que tu penserais à moi ? Je serais morte
à fait. Mais tais -toi, Manu. Je ne veux pas que tu meurs.
Moi non plus, je ne voudrais pas.
Mais c 'est pas possible.
Je suis trop loin, maintenant.
Non, pas plus.
Dès qu 'on a été heureux.
Pas comme les autres.
Bien sûr,
on s 'aime plus.
J 'avais fait le chemin pour venir mourir ici, près de toi. C 'est ma
Tu es belle.
Tout est bien comme ça.
Plus rien n 'ébranle notre amour.
Jamais.
Il fera mieux au bord de l 'eau.
Tu vois, j 'avais raison.
On aurait dû rester là -bas.
Tu te rappelles ? C 'est pas vrai.
J 'aime beaucoup Manon. C 'est une joie prospète là -bas, non ? Elle est très
gentille. Elle est maligne. Elle a aussi profité. Tu leur dis, un vrai roman d
'amour. C 'est fini, c 'est fini.
Oh, les gars d 'Amar, attendez.
Assez ! Assez ! Assez !
Manon,
je te demande pardon, j 'en peux plus.
Le paradis, c 'est trop loin.
C 'est trop difficile.
On va rester ici tous les deux.
Il ne manque que les morts, hein ? Oui.
Ne t 'inquiète pas.
Mon pauvre amour, dans quel état est -on mis ? Dans quel mettons les belles
robes ? Tu vois, comme ça tu seras
bien.
Tu vas dormir gentiment.
Et maintenant, Mathilde, maintenant, je vais te dire quelque chose d 'effrayant.
Quelque chose dont j 'ai honte.
Je suis heureux.
Je suis heureux que tu sois morte.
Tout à fait morte.
Parce que maintenant, tu es à moi.
À moi tout entière.
Les autres ne m 'aiment plus de prendre, de salir.
Je commence à souffrir de les sentir autour de toi, de t 'imaginer dans leurs
bras.
C 'est fini, Manon, fini. Tu ne les intéresses plus.
Qu 'est -ce qu 'ils prennent de toi, maintenant ? Ce qu 'ils aimaient, c
ta peau.
Ta peau si douce et ton parfum.
Ta peau va craquer au manon et tu le sentiras à la mort.
Et moi, je t 'aimerai toujours.
Je resterai près de toi jusqu 'au bout.
Tu vois, je me colle à toi.
C 'est au moins à tes bras.
Fort, très fort.
Dis -moi que tu m 'aimes. Dis -moi que tu m 'aimes toujours.
Je t 'aime, Manon. Tu étais si malheureuse, Robert.
Tu ne veux pas savoir.
Mais je sais, mon amour. On ne va plus repartir, jamais.
J 'ai peur que tu n 'es pas là.
Je ne repartirai plus.
Tu es à moi, Manon.
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