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Merci.
Hé, docteur ! Docteur, je peux vous emprunter votre pétrolet de 5 minutes ?
sûr, oui.
Le patron est parti pour Paris avec sa deux chevaux. Faut que j 'aille chercher
le pain. Attention, il y a la bougie qui déblèche. Ça fait rien, je pédalerai.
Je vous la ramène tout de suite. C 'est pour la bonne, je la reprendrai après
dîner. Merci.
L 'huissier nous laisse jusqu 'au 15 pour payer.
Pas un jour de plus.
Alors, nous voilà dans le beau drap.
Si, avec moi.
Mais elle est malade ? Salut, c 'est le 15.
M. Vanette aura fini sa chœur de sommeil.
Quand il sera désintoxiqué, il se fichera pas mal de ce qui vous arrivera.
La journée a été bonne ? Il a été dopé.
Il dort.
Et Lucie, que va -t -elle devenir ? Si vous ne vous prétiez pas à tout ici, il
a longtemps qu 'elle aurait retrouvé la parole.
Si j 'avais eu des capitaux, il y avait pourtant quelque chose à faire ici.
Des capitaux ? Des millions ! Rien qu 'en peinture et en plomberie, il faudra
aligner. C 'est moi qui vous le dis.
Eh bien, Clotilde, il n 'y a pas de vin ? Vous avez fini le dernier litre à
midi. Alors, vous ne pouviez pas faire un saut aux capes parisiennes ? On leur
doit deux semaines.
J 'en ai assez de me faire faire des affronts par tous les commerçants.
voilà 100 francs, allez me chercher une bouteille chez l 'épicier. Ah non, j 'ai
fini ma journée.
Ce soir, vous boirez de l 'eau, ça vous fera du bien.
Je n 'ai pas faim.
Dînez sans moi, madame André. Ah non, vous n 'allez tout de même pas aller au
café à cette heure -ci.
Je ne vais pas au café, je vais au tabac m 'acheter le journal.
Louis, il y a un musclé.
Garçon, voilà.
Alors, M. Barjot, quelle nouvelle ? C 'est du beau, c 'est du joli.
20 % d 'augmentation sur les alcools.
Il n 'y a plus qu 'à fermer boutique.
Vous l 'avez bien voulu, si ces messieurs sont au pouvoir.
Merci, monsieur.
25 de votre majorité dans le secteur. Et dans les 25, il y avait votre bulletin,
M. Barjot. Et probablement celui de votre dame et de votre fille.
Vous auriez voté pour ces guignols -là, vous, M. Malik ? Moi ?
Je n 'ai pas d 'opinion.
Moi non plus, je n 'ai pas d 'opinion. J 'ai un tiroir caisse.
Ces gens ont tenu leur réunion dans ma salle, là, ils parlaient bien, ils
promettaient un tas de choses, et puis, maintenant qu 'ils sont élus, ils font
tout le contraire. Vous n 'avez pas encore compris.
Ça, le docteur ne vous l 'envoie pas dire.
C 'est un homme intelligent.
Il a été dans les écoles, lui.
Vous pouvez téléphoner.
Oui, on va vous passer la ligne.
C 'est payé.
Enfin, voyons, M. Balik, j 'ai voté à gauche.
Le gouvernement de gauche a fait une politique de droite, comme d 'habitude.
Ce sont toujours les pacifistes qui déclarent les guerres.
C 'est automatique.
C 'est automatique, mais ce n 'est pas honnête, c 'est de l 'abus de confiance.
On devrait pouvoir faire un procès pour vous faire rembourser votre bulletin. Et
qu 'est -ce que vous ferez ? À qui le porterez -vous ? Tirez au sort, le
résultat sera le même.
Ça,
c 'est le raisonnement d 'un anarchiste bourgeois. Mais non, monsieur, c 'est le
raisonnement d 'un homme qui n 'a pas de temps à perdre.
Qu 'on me foute la paix, qu 'on me laisse travailler dans mon coin.
Sans toute cette papasserie, ces impôts... Bonsoir.
Le
téléphone
marchait mal.
Mais je suis absolument sûre de l 'adresse.
C 'est à Argenteuil.
Argenteuil. 145 rue Michel Carré.
Dur fort.
Et n 'hésitez pas à leur demander le tarif de nuit.
Vos clients sont plus riches que vous. Comme si j 'avais l 'habitude de
travailler au rabais.
Mais il n 'y a personne de sanglier ici.
Excusez -vous, s 'il vous plaît.
Mais laisse -le, Gaston. C 'est peut -être quelqu 'un qui lui a fait une
mauvaise plaisanterie.
Vous l 'avez dit, madame, mais si je découpe l 'imbécile qui m 'a envoyé ici,
vous jure qu 'il n 'emportera pas au paradis.
Docteur Malick.
Monsieur.
C 'est moi qui vous ai téléphoné tout à l 'heure.
Vous? Ah, ben ça, par exemple.
Colonel Howard.
Institut de guerre psychologique des États -Unis.
Pardon, colonel.
Excusez -moi de vous avoir amené dans un endroit aussi sinistre.
J 'ai choisi une rue au hasard sur le plan.
Mais c 'est vous qui étiez tout à l 'heure au café.
Je pouvais pas vous parler là -bas.
Ce que j 'ai à vous dire est très confidentiel.
Il y a longtemps qu 'on a l 'œil sur vous.
Dans les... Comment dites -vous en français?
Main branches.
Sphère supérieure.
Pourquoi n 'endort -on pas ces malheureuses créatures ? Je ne peux pas
qu 'un animal souffre.
Vous n 'êtes pas bien, mon colonel ? Excusez -moi, c 'est l 'odeur du sang.
L 'odeur du sang, moi, en malade.
C 'est peut -être pourquoi je suis dans les services spéciaux.
J 'aurais fait un très mauvais combattant.
L 'odeur des villes bombardées en 1944.
À 10 000 pieds, je le sentais encore.
Je vous écoutais parler tout à l 'heure.
Vous n 'avez pas l 'air d 'avoir des opinions politiques très fixées.
Avoir un idéal politique à mon âge, ce serait de l 'infantilisme.
Je suis un homme pratique, Colonel.
Je dirais presque cynique.
Votre affaire ne va pas très bien.
Pourquoi ? Peut -être parce que je ne sais pas me faire de publicité.
Tant mieux pour vous.
C 'est précisément parce que vous êtes discret, vous êtes honnête, vous n 'avez
que deux malades, dont l 'une est muette, que nous avons pensé à vous dans
hautes sphères.
Aussi parce que vous n 'avez pas de femme dans votre vie.
Avoir une femme et ne pas pouvoir la gâter, on n 'a pas le droit.
Docteur Malik, vous êtes un homme selon mon cœur.
Voulez -vous gagner 5 millions ? Vous parlez sérieusement, colonel ? J 'ai 1
million dans ma poche.
Vous aurez les 4 autres millions à la fin de l 'opération.
Mais... qu 'est -ce qu 'il faudra que je fasse pour ça ? Rien d 'illégal, ni de
déshonorant.
Venez vous laver les mains.
Venez vous laver les mains.
Voilà.
Nous avons un agent très précieux. Un garçon irremplaçable.
Je ne sais pas combien de millions, certaines puissances donneraient pour s
'emparer de lui.
Seulement pour lui parler.
Sans témoin.
Pendant une heure.
Est -ce que vous pouvez l 'hospitaliser pour quelques jours ? Avec joie.
On ne vous demande pas plus.
C 'est tout ? C 'est tout.
Seulement vous taille, ne pas interférer.
Mettez ça dans votre poche.
Vous hésitez ? Un peu.
Gagner beaucoup d 'argent en n 'en rien faire, c 'est la première fois que ça m
'arrive. Alors c 'est presque une aventure.
Maintenant que nous sommes d 'accord, il faut fêter ça.
Le dernier, alors.
Le dernier.
À la santé d 'Alex.
À la santé d 'Alex.
Dites, il s 'appelle vraiment Alex ?
Vous êtes trop curieux,
docteur. Il ne faut pas.
Ça pourrait devenir très dangereux.
Ne rien dire, ne rien entendre et ne rien voir.
Je vais bien être obligé de le voir.
Pas son visage.
Vous ne devez pas. C 'est dans votre intérêt.
Nos adversaires pourraient essayer de vous enlever pour vous faire parler.
Vous plaisantez.
Nous sommes en France, colonel. En Chicago.
En France, il y a des gens de Chicago.
Et de Madrid et de Moscou.
Je vous prie de me croire.
Ce n 'est pas la fine fleur qu 'on vous envoie.
Comment ces gens viendraient -ils me dénicher dans ma vieille clinique ? Je
parie que dès le premier jour, vous aurez leur visite. Je ne les recevrai
Au contraire, vous les recevrez.
Et vous aurez aussi la visite de quelques amis à moi.
Non, mais tout à l 'heure, vous m 'avez dit que j 'hébergerais Alex un point, c
'est tout. C 'est tout.
Et les autres ? Les autres se présenteront chez vous comme des
les traiterez comme des malades.
Comment est -ce que je reconnaîtrai les bons, les mauvais, les amis, les ennemis
? Ça, c 'est leur affaire, c 'est pas la vôtre. Ils se débrouilleront entre eux.
Attendez. J 'ai une idée. Vous n 'ignorez pas que les traitements
comportent des interrogatoires insidieux.
En les conduisant à bien... Ne vous mêlez pas de ça.
Vous m 'avez compris ? Parfaitement, mon colonel.
J 'ai parfaitement compris.
Mais enfin, si cependant un renseignement extraordinaire me tombait
mains, comment pourrais -je vous joindre ? En aucun cas, vous ne devez essayer
de me joindre.
Si vous n 'acceptez pas ma proposition, rendez -moi cet argent. Non, pas non
plus.
Ce que j 'en disais, c 'était pour le bien commun.
À votre santé, colonel.
À la vôtre, docteur.
Vous rendez le bonheur.
Il est dans un bel état.
Madame André, j 'étais en consultation.
On vous a payé cette fois ? Un million, ça vous suffit ? Un million.
Vous ne me croyez pas, hein ? Regardez.
Regardez.
C 'est votre client qui vous a donné cet argent ? J 'ai le droit de rien dire,
mais nous allons recevoir un malade un peu spécial.
Enfin, je me comprends.
Il faut qu 'il le soit, malade, pour me payer ce prix -là.
Ou alors c 'est qu 'il vous demande quelque chose de louche.
Madame, je ne suis plus un enfant.
Nous n 'aurons rien à faire d 'illégal, ni de déshonorant.
Vous me faites peur.
Si cette histoire était honnête, il n 'y avait pas de raison de vous faire boire
autant.
Lucie ! Eh bien, Lucie ! Ta toilette est déjà finie ?
Je t 'ai bien vite ce matin.
Fais voir un peu.
Tu ne t 'es pas peignée.
Tu appelles ça peigner.
Où est ta brosse ? Il n 'y a pas de brosse.
Tu veux que je me fâche ?
Mais non, je ne me fâche pas. Je fais semblant.
Tu ne m 'as même pas dit bonjour.
Dis bonjour.
Répète après moi.
Bonjour.
Bonjour.
Ça ne sort toujours pas.
Ce sera pour demain.
On n 'est plus pressé maintenant.
Regarde, tout l 'argent que j 'ai gagné pour toi.
Tu vas pouvoir rester ici longtemps.
Aussi longtemps qu 'il faudra.
Jusqu 'à ce que tu sois guéri.
Jusqu 'à ce que tu sois redevenue coquette.
Comme avant d 'être malade.
Ah non, ne pleure pas ! Ne pleure pas ou bien je m 'en vais ?
Souris.
Tu ne veux pas me faire un sourire ? C 'est mieux comme ça.
A tout de suite.
Je reviens dans cinq minutes.
Je te rejoins ?
Eh
bien, ne vous gênez plus, Mme André.
Ce n 'est pas Mme André, c 'est sa remplaçante. Sa remplaçante ? Vous
docteur, je me mets au courant.
Au courant de quoi ? Mais qu 'est -ce que vous me racontez, enfin ? D 'abord,
qui êtes -vous ? Mademoiselle Constance Harper.
Mais tout le monde m 'appelle Connie.
Connie ou pas, Mme André n 'a pas besoin de remplaçante.
Vous en êtes sûr ? Évidemment que j 'en suis sûr.
Mme André ! Mme André ! Mme André !
Mais où êtes -vous ? Où est -elle ? Elle est partie.
Sans me prévenir.
Je ne vous crois pas.
Il faut me croire, docteur.
Mme André est partie ce matin.
Elle a pris le premier train pour Saint -Flour, voir sa famille.
Sa famille ? D 'abord, comment savez -vous qu 'elle a de la famille à Saint
-Flour ? Nous sommes au courant de beaucoup de choses.
Qui l 'a envoyée là -bas ? Vous.
Moi ? Vous le savez bien.
Ce matin, votre cuisinière lui a remis une lettre. Clotilde ? Une lettre signée
de vous. Ça, par exemple.
La confiture de groseille.
Qui êtes -vous ? Qu 'est -ce que vous faites là ? On mange.
Je vous montre ce que vous faites chez moi.
On ne sait pas.
On est là en cas.
En cas de quoi ? On ne nous l 'a pas dit.
Mais vous, qui êtes -vous ? Je suis le docteur Malik, directeur de cette
clinique.
Docteur ? Excusez -nous, vous ne connaissez pas.
Tout ça, c 'est de la faute de Clotilde. Elle n 'avait pas voulu laisser entrer
dans sa cuisine.
Clotilde ! Clotilde !
Oui, racontez, mon Dieu ! Vous cherchez quelqu 'un, patron ? La cuisinière ? Ah,
foutez -le à la porte.
Qui l 'a mise à la porte ? Léon.
Elle avait été insolente avec Pierre.
Mais vous vous foutez de moi ! Je vous prie de sortir immédiatement.
Vous ne voulez pas sortir ? Pas sans ordre.
Je vous en donne l 'ordre.
C 'est rigolo, lui.
Vous avez un mot pour rire, hein, docteur ? On voit bien que vous ne
partie de l 'organisation.
Quelle organisation ? N 'essayez pas de les faire parler.
Ils seraient assez bêtes pour répondre.
Et ça coûte cher, vous savez.
Je ne sais pas de les faire parler, j 'essaie de m 'en débarrasser. Je ne veux
pas que ces individus chez moi.
Et de moi vous voulez bien ? De vous, pas davantage.
Il fallait y penser avant.
Celui qui s 'engage, il doit prévoir les conséquences.
Je ne suis pas engagé. Nous sommes là, il doit y avoir une raison.
La maison qui m 'emploie ne fait jamais d 'erreur.
Qu 'est -ce que c 'est que ce torchon ? Ma note de frais.
Eh bien, ne vous gênez plus, faites comme chez vous. Un moment, docteur.
Taxi, 940 francs.
Vous avez pris un taxi, vous ? Pour monter de la gare ? L 'autobus, comme
le monde.
Téléphone, 30 francs.
Téléphoner à qui ? Vous n 'allez tout de même pas discuter pour 30 francs ? Je
ne suis ni le Kremlin ni la Maison Blanche.
Je suis une pauvre femme qui a bien du mal à joindre les deux bouts.
Vous êtes riche comme Crésus.
Déjà, vous ne nous payez pas au tarif.
On ne vous a pas obligé à signer, non ? Non, pas en Léon.
Sur qui on est tombé ? Sur une peau de vache.
Vous ne saviez pas ? Ils s 'y feront très vite, vous verrez, docteur.
Eh bien, par moi.
Vous allez me faire le plaisir de vider les lieux.
Je ne crois pas.
Voulez -vous me foutre le camp, oui ou non ? Si ça ne dépendait que de moi.
Alors filez, et rapidement, ne me forcez pas à envoyer des moyens.
Je vais en référer aux autorités supérieures.
Docteur, ne faites pas ça.
Croyez -moi.
Tiens, tiens.
Vous avez peur.
Moi ? Ce que j 'en dis, c 'est pour vous.
Les autorités, hein ? Moi, on s 'y frotte.
Ah oui ? Eh bien, nous verrons.
Oh non, tant pis, c 'est pas le jour.
Et puis rentre, tu vas attraper froid.
Le pauvre gars s 'est cassé la jambe hier soir en rentrant chez lui.
Comment ? Il l 'a envoyé en remplaçant, c 'est gentil de sa part.
Vous aussi ? Moi aussi quoi ? Rien.
Une coïncidence.
Un petit muscadet, docteur ? C 'est bien un petit muscadet, je ne me trompe pas.
Oui, oui.
Victor est là depuis ce matin, il en sait déjà plus que moi sur les clients.
Qu 'est -ce que c 'est que ces gens -là qui ne sont pas du pays ? Ah, c 'est un
congrès. L 'amicale des ocarinistes de Bagnolet.
Il paraît qu 'ils vont rester ici quelques jours.
Oui.
Donnez -moi la communication.
Vous les téléphonez d 'ici ? Votre appareil est en dérangement, non ?
'est un numéro que je n 'arrive pas à obtenir de chez moi.
Eh bien, on va le signaler au central.
Non, non, ce n 'est pas la peine. Monsieur, c 'est tout simple. Quel est
numéro ? Justement, je ne suis pas certain du numéro.
Passez -moi la mère.
Et bien ne vous gagnez pas, voulez -vous l 'autre écouteur ? Pardon, je croyais
que vous cherchiez toujours votre numéro.
Allô, l 'ambassade des Etats -Unis.
Pourriez -vous me donner le numéro de l 'institut de guerre psychologique ? Mon
nom ? Est -ce vraiment nécessaire ? Docteur Malik, Villa L 'Eglissine
à Maison Lafitte.
Pour des raisons personnelles, mademoiselle.
Je désire entrer en contact avec un membre de l 'Institut.
Non, mademoiselle, je n 'ai pas à le nommer.
Des raisons strictement personnelles.
Colonel Howard.
Non, mademoiselle, je ne peux pas parler plus fort.
Howard.
Mais oui, j 'attends.
Ça ne vous ferait rien de vous écarter de la cabine quand je téléphone ?
Vous n 'avez pas trouvé le colonel Howard ? Personne ne le connaît ?
l 'Institut.
Mais enfin, mademoiselle, l 'Institut existe, puisque le colonel m 'a dit...
Non, non, ça, il ne m 'avait pas demandé de le rappeler à cet endroit.
Ah ? C 'est très troublant.
Oubliez ce que je vous ai dit.
Non, je vous demande comme un service d 'oublier cette communication.
Mais vous n 'êtes tout de même pas obligé de noter toutes les
Je ne nie pas que ce soit votre devoir.
Ah non ! Non ! Là, mademoiselle, vous exagérez. Le fait que je vous ai demandé
'oublier cette communication ne fait pas partie de la communication.
Vous n 'avez pas le droit de le noter.
Bon.
Bon, très bien.
Au revoir, mademoiselle.
Alors, vous l 'avez eue, cette communication ?
Mon correspondant n 'était pas là, je n 'ai eu que la standardiste.
Il y a des standardistes dont il faut se méfier, qui sont plus que des chefs de
service. C 'est forcé, puisqu 'elles entendent toutes les communications.
J 'en connais un bout là -dessus.
En voilà un carnage.
Tu es fier de toi ? Alors je ne peux même plus m 'absenter cinq minutes.
Un jour tu flancras le feu à la maison.
Tu veux me forcer à t 'attacher dans ton lit comme les bébés de six mois.
C 'est ça que tu veux ? Mais qu 'est -ce que tu as dans la tête ? Qu 'est -ce
que tu as là ? Tu trouves que je n 'ai pas assez d 'embêtements comme ça ? Tu
trouves que je ne suis pas assez malheureux ? Pour qui est -ce que je me
mis dans cette situation ? Pour toi.
Pour avoir de l 'argent.
Pour pouvoir te guérir.
Oui, pour garder la clinique et éviter que tu retournes dans ta famille.
Et c 'est comme ça que tu me remercies.
Je voudrais tellement t 'aider.
Je voudrais tellement...
C 'est vous qui m 'espionniez quand je soignais Lucie ? Moi ? Je n 'ai pas
de là.
Faites votre métier, je ne peux pas vous en empêcher.
Mais je vous interdis d 'approcher les malades, vous avez compris ? Bien
docteur. Et puis envoyez -moi une mascarade.
Ben quoi ? Il vaut mieux pas éveiller la méfiance, non ?
Vous croyez qu 'on peut vous prendre pour un véritable infirmier ? Je ne sais
pas, mais les personnes qui viennent d 'entrer m 'ont demandé la pièce, comme
vrai.
Les personnes ? Qui avait vous laissé entrer ? Deux clients.
Déjà ?
C 'est moi, ma blouse.
Je suis très pris par mes affaires. Je suis très pris par mes affaires. C 'est
monsieur, m 'excusant.
Permettez, je suis arrivé ici le premier.
J 'ai une émission de radio dans une demi -heure. La France parle aux
Lituaniens. En direct.
Docteur, c 'est l 'heure creuse. Vous êtes malade, vous.
Et pourquoi les garçons de café n 'auraient -ils pas le droit d 'être
Écoutez, Victor, nous sommes voisins.
Vous reviendrez demain.
Je reviendrai, docteur.
Mais c 'est pas juste.
Alors, messieurs, lequel de vous... Je ne vous prends qu 'une minute.
Minsky, je connais vos minutes.
À Berlin, un 47... Et Portside, 51.
On va pas remettre ça, non?
Vous vous connaissez?
Entre vieux et malades, on a beaucoup d 'occasion de se rencontrer.
Oui, on se demande toujours qui enterrera l 'autre.
Eh bien, monsieur, quand vous voudrez.
Elles sont en métal ? En acier.
Quel jour vous arrangera le mieux ? Pourquoi fixer une date ? Ce que j
bien, c 'est de venir ici de temps en temps, à l 'improviste.
Malheureusement, vous avez vu, je suis assez pris.
Docteur, je suis peut -être fou, mais je ne suis pas idiot.
Vous voyez,
nous aurons tout notre temps pour bavarder.
Je vous paierai le tarif normal, le travail ne sera pas dur.
Je connais ma maladie.
De quoi souffrez -vous ? Moi ? Je ne souffre pas.
Ce sont les autres qui souffrent.
Je suis cleptomane.
Cleptomane. Oui, je barbote, mais surtout des toutes petites choses, vous
des enveloppes vides, des... Pardon?
Des enveloppes vides, des stylos, des choses comme ça.
Rien que des stylos, j 'ai à la maison plus de 150.
Alors, nous disons?
Pardon?
Ah, Kaminsky, avec un K.
Michel.
Kamensky, kleptomane, chroniqueur radiophonique.
Oui, je donne chaque jour un peu d 'espoir à mes pauvres compatriotes d
centrale.
Car en dehors de mes légers défauts, je parle six langues et j 'ai vécu
longtemps en Extrême -Orient.
Vous allez voir, j 'ai de la conversation.
On me paie mal, mais on m 'apprécie.
Demandez -moi mon âge, docteur.
Quel âge avez -vous ? Pardon ? Quel est votre âge ? 43, docteur.
Où êtes -vous né ? Lucie.
Il y a de vrais fous ici ? Des nerveux, monsieur. Parfois agités.
Cocasse. C 'est une maison de santé, ici.
Qu 'est -ce que tu fais là, mon petit ? Tu devrais être dehors.
Tu sais bien que c 'est l 'heure de ta promenade.
Fais trois fois le tour du jardin.
Et ne triche pas.
Je te surveille.
Alors, monsieur ? Allez, au revoir, docteur.
Mais nous n 'avons pas pris rendez -vous.
Vous me reverrez.
J 'ai de la suite dans les idées.
C 'était bien agréable.
et instructif.
Monsieur Kamersky.
Oui ? Mes fiches ne vous seront d 'aucune utilité.
Ce sont des fiches vierges.
Vierges ?
Clomage.
Vous cherchez quelque chose, monsieur ? J 'ai perdu ma boîte d 'allumettes.
Eh bien, ne vous dérangez pas, je vais vous donner du feu.
Je ne vous demande pas de feu.
Je vous dis, j 'ai perdu ma boîte d 'allumettes.
Oui, j 'ai bien compris.
Boîte d 'allumettes. Non, vous n 'avez pas compris du tout.
Je ne fume pas.
Allons -y. Essayez -vous, je vous en prie.
Je me présente.
Sam Cooper, 62 ans.
Né à New Jersey.
Ne boit pas, ne fume pas.
Excellente santé.
Dans ces conditions, je ne vois pas... Attendez. Tout allait bien jusqu 'en...
Enfin, il y a trois ans, j 'ai commencé à souffrir de troubles... De troubles...
De troubles... Caractériels.
Correct. Alors, qu 'est -ce qui ne va pas ? Je ne peux plus supporter quelqu
'un. N 'y parlez.
Personne. Donc, depuis trois ans, vous ne pouvez plus supporter personne. Oui,
quelqu 'un.
Où étiez -vous il y a trois ans ? À Moscou, attaché d 'ambassade.
À Moscou ? Vous ne vous plaisiez pas là -bas ? Si, beaucoup, mais ces crétins m
'ont cassé.
Cassé ? Cassé ! Oui, oui.
Pourquoi vous a -t -on rappelé ? Pour des histoires idiotes de commission d
'enquête. On avait quelque chose à vous reprocher ? On m 'a accusé d 'avoir des
sympathies soviétiques.
Et c 'était vrai ? Je ne m 'étais pas à ma jambe, soviétique.
Je n 'en appelle ni Fuchs, ni Borges, ni Matlin.
Je n 'ai pas trahi.
C 'est faux.
Par ici.
Je vais vous faire un électroencéphalogramme. Vous n 'avez pas
ce que c 'est. Oui, on m 'en a déjà fait beaucoup.
Alors maintenant, vous allez rester tranquille.
Fermez les yeux.
Détendez -vous.
Complètement. Vous disiez, je n 'ai pas trahi.
Pourquoi ? Vous êtes un accusé ? Non, ils sont trop intelligents.
Je les aurais attaqués en diffamation.
Ils ont simplement prétendu que mes déclarations n 'avaient servi de
des soviets.
Ils m 'ont saqué.
Oui, à leur point de vue, vous deveniez suspect.
Et les accords d 'Ialta ? Ils n 'étaient pas avantageux pour les russes ?
Attendez que le président Roosevelt soit un agent des soviets ?
C 'est stupide. Je vous ai dit de fermer les yeux.
Qu 'avez -vous fait après avoir donné votre démission ? J 'ai quitté mon pays,
comme beaucoup.
Je suis venu en France.
On demandait à un professeur d 'anglais. Je me suis présenté. Et voilà.
J 'enseigne Shakespeare de 9 à 10 et de 2 à 5.
Mais les embêtements recommencent. À propos de passeport, de certificat de
résidence. On me poursuit. On ne me laisse pas la paix.
Docteur, j 'ai peur qu 'ils me fassent passer pour fou.
C 'est pourquoi je prends ces précautions.
Ils ne m 'auront pas cette fois -ci.
Mais non, mais non, ils ne vous auront pas. Calmez -vous.
Respirez profondément.
Plus vite.
Encore plus vite.
Ça suffit.
Je ne vois absolument rien de caractéristique.
Rien de pathologique.
Qui vous a donné l 'idée de rester à moi ? Vos amis américains ? Ou vos amis de
l 'Est ? Mais, je ne vous l 'ai pas dit.
C 'est le colonel Howard.
Mais, je ne connais aucun colonel.
Absolument aucun.
Pourquoi nier, docteur ? C 'est idiot.
Avoir des amis.
Je vous dis que je ne le connais pas. Parce qu 'il travaille pour les services
secrets. Je suis au courant.
J 'ignore tout ce monsieur à voir de ses activités.
Continuons. Non.
Sophie.
Ce n 'est pas avec des mensonges que vous me guérirez.
Si vous me prenez pour un menteur, je regrette.
Quand un malade n 'a pas confiance en son médecin, le médecin ne peut rien
lui.
Ça m 'est inutile de revenir.
Mais enfin, c 'est de l 'entêtement.
Vous promenez souvent des armes à feu dans vos poches ? Une arme à feu ?
arme à feu ? Jamais eu d 'arme à feu. Ah,
un revolver !
Croyez -vous qu 'ils ont le culot de jouer aux gangsters jusque pendant mes
cours ? Les petits chameaux.
Allez, restons amis.
Il faut que je parte.
Shakespeare m 'attend.
Et Roméo. Et Juliette.
Desdemone.
Et... Une seconde, je vous raccompagne. Non, ne vous dérangez pas.
Je m 'en vais.
Qu 'est -ce que vous fichez là ? Je vous ai dit un autre jour.
Je sais, docteur, je sais, mais je suis très embêté.
J 'ai perdu ma boîte d 'allumettes.
Qu 'est -ce que vous dites ? J 'ai perdu ma boîte d 'allumettes. Et combien y
avait -il d 'allumettes dans votre boîte ? Dans ma boîte ? C 'est pas...
Quinze. Quinze ? Ah oui, quinze. Oui, mon soeur.
Peut -être deux.
Deux ! Trois.
Trois ! De mieux en mieux.
Vous avez vu ? Quelle audace.
Toujours ces crapules qui ne comprennent rien.
Elles veulent quand même jouer en rôle.
Je ne peux plus les voir.
Ils me dégoûtent.
Et en plus, ils me font perdre mon temps.
Quelle heure est -il, docteur ? 4h10.
Mais pas peur, quel imbécile.
Espèce de brute, vous ne voyez pas que vous avez fait peur à mademoiselle ?
Disparaissez ! Et enlevez -moi cette échelle.
Disparaissez, vous dis -je ! Non, non, non, pas vous, mademoiselle. Vous, vous
restez. Voilà, un petit cachou, un petit cachou pour vous consoler.
Je suis votre ami.
Je suis aussi l 'ami du docteur. Vous vous promenez souvent dans ce parc ?
si, mais si.
Et vous voyez qu 'est -ce qui se passe dans la maison et dans les bureaux. Il y
a beaucoup de gens qui viennent voir le docteur qui ne sont pas malades. Mais
pas malades du tout, hein ? Qu 'est -ce qui se passe dans le bureau ? Il se
parle, oui. Il se passe des papiers. Hein ? Mais dites.
Dites vite.
Cette fois, M. Kaminsky sait trop. Je vous prie de quitter cette maison
immédiatement et sous mes yeux. Oh, ne vous fâchez pas, docteur. Je suis un
passionné de la botanique.
Et je me demandais, quel est cet arbuste ? Et vous pensiez que Lucie allait vous
renseigner ? La grille est par ici.
Allez continuer vos études botaniques dans l 'avenue. Quel dommage. Un végétal
si rare.
Japonais ? Non.
Je resterai des heures dans ce jardin.
Malheureusement, le jardin est réservé aux pensionnaires.
Mais je suis tout disposé de devenir votre pensionnaire. Dites le prix.
Votre cas ne nécessite pas l 'internement. Du moins pas chez moi.
Diagnostic bien défendable, docteur.
Allez, allez.
Je vous conduis.
Veux -tu rendre l 'avion à ce gosse ?
C 'est bien
ici le docteur Malik ?
Vous
connaissez ce petit enfant ? Non, pourquoi ? Vous ne voyez pas qu 'il lui
quelque chose ? Et alors ? Vous connaissez un moyen d 'empêcher les
parler ? Ah oui ?
J 'en connais plusieurs.
Vous lui direz à mademoiselle. C 'est très important.
Qu 'est
-ce
qu 'il vous a raconté ? Mais parlez, ma petite.
Je ne le répéterai pas. Je ne répète jamais rien.
Elle non plus. Elle est muette.
Oh, ça alors, c 'est embêtant.
Comment va -t -on savoir ? Attendez, elle sait peut -être écrire.
Mêlez -vous de ce qui vous regarde.
Fais cette tête de souvenir, enfin.
Tu as bien compris ce qu 'il te disait, non ? Fais un effort, mon Dieu.
Tu vois que c 'est important pour moi.
Non, allons, ne sois pas mauvaise tête.
Tu peux bien te rappeler un mot.
Rien qu 'un mot.
Tu es une idiote, parce que tu es.
Moi quand je pense que c 'était peut -être un message de Ward, depuis ce
je cherche à le joindre, c 'est à devenir fou.
Dans quel pétrin je me suis fourré.
Faut vraiment que je sois marqué.
J 'avais peut -être une chance de m 'en tirer, une toute petite chance de rien
du tout.
Bah non, pour que tu me la fasses rater.
Toi je t 'en prie, arrête tes gribouillages.
Alex ? Alex, tu es sûr ? Mais après, après, après !
Non, non, je ne crierai plus, je te le promets, sois gentil.
Qu 'est -ce qui t 'est arrivé, Alex ? On t 'a donné une adresse, un numéro de
téléphone ? C 'était long ou court ? Court ? Oui, alors c 'était un ordre, un
avertissement. Quelque chose de grave.
Il ne vient plus ? Si, il vient.
Quand ? Demain ?
Plus tard ? Plus tôt.
Ce soir.
Qu 'est -ce que vous faites là ? Je venais vous aider.
Écoutez, mademoiselle, il est 2 heures du matin.
J 'estime qu 'à 2 heures du matin, j 'ai le droit qu 'on me laisse tranquille.
Allez vous mettre au lit et fichez -moi la paix.
Laissez -moi entrer.
Je l 'attendrai avec vous.
N 'attendez personne.
pas loin
C 'est ici, les cinglés ? C 'est ici la clinique psychiatrique, parfaitement.
Vous voyez, on a quand même trouvé votre boîte.
Eh, monsieur, on est arrivé.
Ah, ça, alors ! Vite, votre taxi !
Pour ça, je suis bien sûr d 'avoir chargé.
Alors, papa, tu as des ennuis ? Je vous ai prié d 'aller vous coucher, je n 'ai
pas besoin de vous. Ne dites pas des sottises, docteur.
Pour les grimaces, laissez faire les vieux singes.
Ce soir, vous êtes un peu trop jeune.
Qu 'est -ce que tu as fait de ton client ? Mais rien, je suis aussi embêté que
vous. Tu vas l 'être encore plus.
Où l 'as -tu perdu ton colis ? Essayez de vous souvenir.
Ne vous mêlez donc pas de ça.
Avec nous, les gens se souviennent toujours.
Hein, papa ? Chez qui l 'as -tu déposé ?
Je ne sais personne.
On est venu ici tout droit.
Permettez, docteur.
Et il a sauté en route.
C 'est ça que vous nous faites croire ? Il aurait pu.
Quand on cherche son chemin dans vos sacrées blettes de banlieue en pleine
il faut rouler en seconde. Je me suis même arrêté deux ou trois fois pour lire
les plaques.
Vous auriez tout de même entendu claquer la portière.
C 'est ça, vous la ramenez vous aussi. Vous trouvez que j 'ai pas assez d
'ennuis. 1500 balles au compteur, qui est -ce qui va me les régler ? Mon cul.
Non, je vous en prie.
Je suis tout disposé à vous dédommager.
Ah, ça c 'est chic, patron.
Vous avez la monnaie sur 10 000 ? Oui, oui.
15, et 5, 20, et 3, 5, voilà.
Merci. Passe -moi tes papiers. Non, mais les fois, sans blague. T 'as pas
compris, non ? Vous me les rendrez au moins.
Ça dépendra de toi.
Permettez. Ne parle pas, reste là.
À quoi ressemblait -il ton bonhomme ? Je ne l 'ai pas vu.
Qui t 'en fout de nous ? Je vous jure que je ne l 'ai pas vu.
Moi, j 'étais au bistrot, un copain vient me chercher en me disant, tu as un
client qui t 'attend dans la bagnole. Il se tenait dans le coin et il m 'a dit,
à maison la fuite. Alors je suis parti et il m 'a donné l 'adresse.
En cours de route. Mais tu ne t 'es pas retourné une seule fois. Non.
Tu n 'as pas vu dans ton rétro ? Je vous dis qu 'il se tenait dans le coin juste
derrière moi.
Ah, puis vous commencez à me casser les choses.
Allez, mes papiers.
Monsieur fait sa mauvaise tête.
Toi, l 'avortant, on ne t 'a pas sonné. Va voir là -bas si j 'y suis. Il faut
que tout le monde vive, Madame Cony. Tu ne t 'empêches pas de gagner ta croûte,
mais ferme ta gueule. Oh non, ça suffit. C 'est des papiers personnels. Ce n
'est pas le journal.
Un instant, je finis de copier.
On ne va pas te laisser partir comme ça, sans explication. Si vous voulez des
explications, vous n 'avez qu 'à venir avec moi au commissariat. Je vous
Au commissariat ? Dame, j 'ai égaré un client.
Il faut bien qu 'elle fasse une déclaration aux objets perdus.
Donnez -moi ces papiers.
Tout de même.
Vous êtes content maintenant, alors pas de scandale. Ça va, ça va.
Maintenant, dégagez. Je fonce. Si tu crois m 'impressionner avec ton tas de
perrailles, on se retrouvera, mon...
Qu 'est -ce qu 'il est venu chercher, celui -là ? Allez, rentrez.
On a assez ri.
Vous êtes fier de vous ? Cette fois, ce n 'est pas de ma faute.
Enfin, vous l 'avez vu vous -même. Il n 'y avait vraiment personne dans la
bagnole. Ce n 'est pas la question.
On vous a envoyé repérer un gars à l 'arrivée.
L 'avez -vous repéré, oui ou non ? Repéré qui ? Le chauffeur de taxi a peut
-être menti.
Son client n 'a peut -être jamais existé.
Vous pouvez le prouver ? Non, bien sûr.
Tant pis pour vous.
Mais je suis innocent.
Mais vous étiez là, ça suffit.
Mais vous y étiez, vous aussi.
Justement, camarade.
Il faut un responsable.
Bonjour, mademoiselle. C 'est ça, dormez bien.
Et dormez vite.
Dans 3h20, je sonne le réveil.
Eh bien, docteur, curieuse soirée, hein ? Oui, curieuse soirée.
Pour votre première leçon, vous avez été bien servi.
Allez, croyez -moi, c 'est pas un travail d 'amateur.
Bonne nuit, quand même.
C 'est ça.
Bonsoir.
Alex. Comment êtes -vous entré?
Je suis là.
Mais vous n 'êtes pas américain ? Je suis allemand.
Ça vous dérange ? Non, mais le colonel Ward... Pas de nom.
Oui, mais enfin, notre ami commun avait annoncé un de ses agents.
Et alors ? Qu 'est -ce que c 'est à foutre ? Vous êtes français et vous
travaillez pour les États -Unis.
Est -ce que ma chambre est prête ? Écoutez, monsieur...
Je suis désolé que vous ayez pris tous ces risques, mais je voudrais vous
demander... Enfin, vous vous suppliez de repartir.
Mais oui, je sais.
J 'ai essayé de joindre le colonel. Si je l 'avais touché, vous ne seriez pas
ici cette nuit.
Qu 'est -ce que vous voulez ? Je n 'en peux plus.
C 'est trop compliqué pour moi.
Tenez.
Voilà l 'argent qu 'on m 'a donné. Je suis très fatigué.
Oui ou non, ma chambre est -elle prête ?
Pouvez -vous me conduire discrètement ? Éteignez la lampe.
Prenez -moi la main.
Dis -moi.
Qui est là ?
de cette manière ridicule. Pour que vous sachiez que c 'est moi, ça me semblait
plus prudent.
Vous jouez encore au pot rouge, à votre âge.
Vous fermez ces volets.
C 'est pas possible, vous êtes venus fous.
Il y aurait de quoi.
Il y a ma place.
Il y en a partout.
Ils entrent, ils sortent, le jour, la nuit, ils s 'installent.
Je vis en plein cauchemar. Allez faire un tour et calmez -vous. Mais je n 'ose
même plus traverser la rue.
Les passants sont de faux passants.
Ils sont tous là.
Immobiles, figés.
Ils attendent.
Derrière chaque fenêtre, il y a un regard fulgate.
Restez chez vous.
Ils viennent chez moi, les carillons à la grille.
Tant pis, ne rouvrez pas. J 'en ai trois ici qui les font entrer.
D 'où sortent -ils ? Qu 'en veulent -ils ? Ils sont là.
Amis, ennemis ? À quelle armée appartiennent -ils ? À aucune et à
Ils sont des agents.
Ils sont quand même au service d 'une certaine puissance.
Ne soyez pas naïf, docteur.
Les bonnes informations se trouvent toujours chez les adversaires.
Et pour être bien reçu, on ne peut pas arriver les mains vides.
Alors on donne un petit renseignement pour essayer d 'en avoir un gros.
Depuis de moins petit qu 'on échange contre ce qu 'on peut.
On doit bien garder un pied dans chaque boutique.
À force de donner et de recevoir, de gauche et de droite,
on finit par ne plus savoir où on en est.
Mais enfin, ces gens -là ont bien une famille, des amis.
Pour un écrivain qui en interdit d 'écrire.
Pour un savant qu 'on chasse de son laboratoire.
Où est sa famille, ses amis ? Pour un émigré, où est le pays ?
La plupart, ce sont des émigrés, des indésirables qui essayent de vivre.
C 'est un milieu qui me donne le vertige.
Ignorez -le.
Il vous ignorera.
Vous avez la chance de vivre dans un monde où quand une femme couche avec
Ce n 'est pas pour savoir ce que vous avez fait la veille.
Les mots ont le même sens que dans le dictionnaire Larousse.
Vous pouvez boire à tomber par terre, sans crainte que votre dernier verre
drogué.
Continuez.
Qu 'entendez -vous dans votre métier ? Normalement, quel serait votre travail à
cette heure -ci ? J 'ai un intoxiqué en traitement.
Soignez -le.
Et oubliez le reste.
Allez.
Je suis tout de même payé pour vous protéger.
Je m 'en charge très bien moi -même.
Vous êtes nerveux ? Alors, les empreintes ? Il n 'y a rien sur la
Pourtant, il devrait y en avoir.
Oui, il devrait.
Si ça se trouve, on aura peut -être plus de chance avec le bol.
Je l 'espère pour toi.
C 'est incompréhensible.
Moi, je comprends.
Peut -être.
Quelqu 'un les effacerait ? Par exemple ? Si ça vous faisait rien, j 'aime pas
qu 'on me regarde quand je travaille.
Ça me gêne.
Tiens, je ne te croyais pas si timide.
Je sais pas la timidité, c 'est... De la trouille.
Et une trouille bien explicable.
Quelqu 'un efface les empreintes dont j 'ai besoin.
Et toi, tu es nerveux parce que tu crains qu 'il en reste une.
Mlle Coney, vous ne pensez pas. M. Poirier, je vous préviens.
Tous ceux qui ont essayé de m 'avoir sont tombés sur un os.
Et chez moi, les gens sont durs.
Je suis allé tout à l 'heure au calais d 'en face boire un jus.
Ils étaient polis avec moi, trop polis. Ils se foutaient de ma gueule.
Il y a ici un saligaud auquel j 'ai fait confiance et qui me trahit.
Ce n 'est pas vrai, mademoiselle. Ce n 'est pas moi. Avoue -le tout de suite,
te coûtera moins cher. Je vous dis que ce n 'est pas moi, je vous le jure. Qui
alors ? Léon ?
Ce matin, je l 'ai vu à la grille.
Il parlait avec le garçon de café.
Qu 'est -ce qui se passe dans cette maison ? Elle est venue toute la nuit en
réveillant. Demain, des coups de marteau, des morceaux de fer.
C 'est rien. Quelques réparations. J 'ai une maison de repos.
Je ne suis pas responsable des bruits qui peuvent se produire à l 'extérieur.
En tout cas, dans cette maison, vous devez reconnaître qu 'il règne un
absolu.
C 'est moi qui ai tiré. On a essayé de forcer ma serrure.
Qui a fait ça ? Je ne l 'ai pas vu.
J 'ai tiré à travers le bâton. Vous êtes seul ? Oui.
Non, plus maintenant.
Pendant que vous faisiez du zélant, quelqu 'un s 'est introduit ici.
Un peu plus, on m 'a enfoncé la porte.
Léo.
Tu viens ? Alors, Léon,
où vas -tu ? Je... Vous me cherchiez ? Il y a quelque chose qui ne va pas ?
Je croyais que tu étais de garde, en bas, à la porte.
J 'y étais.
J 'ai grimpé en entendant la pétarade. Vous ne savez pas ? Avant ou après ?
Avant ou après le coup de feu ? Après, évidemment.
Évidemment. Il a laissé entrer quelqu 'un, puis on a tiré, puis elle est
Moi, j 'ai fait entrer personne. Non. Ben non, quoi.
Alors, le tirant a tiré sur qui ? Est -ce que je sais ? Oui, je crois que tu
sais.
Il fait chaud, hein ? Pas tellement, pourquoi ? Tu gardes ta veste sur le
Quand on garde sa veste sur le bras, c 'est qu 'on a trop chaud.
Oh, mais là, tu vas attraper un refroidissement.
Non, non, ça va comme ça.
Fais ce qu 'on te dit !
Dites -donc, ça a l 'air sérieux, son histoire.
Une seconde, docteur.
Tu travailles pour qui ? Pour vous, mademoiselle.
Je voulais qu 'on soit les premiers à savoir.
Allez, enlevez -moi ce torchon sale.
Tout à l 'heure, docteur.
Merci. C 'est pas possible.
C 'est moi qui t 'ai donné tout ça.
Vous ? Et alors ? Si tu travailles pour nous,
c 'est elle qui t 'a donné ce fric.
Je ne me croyais pas si généreuse. J 'ai dû tomber sur la tête.
Tu veux, mon pauvre Léon ?
L 'appareil aussi, c 'est la faute de pas de chambre.
Je n 'ai pas les moyens de faire des cadeaux. Allez, viens. Casse -moi, tu
me lâcher ? Malik,
venez chez moi.
Allez -y, docteur.
Il vous appelle.
C 'était Léon.
Ça vous surprend, je vous avais prévenu.
Ils trahissent comme ils respirent.
Ils commencent à trahir leur pays pour le parti, puis le parti pour la bande,
après ils trahissent la bande.
Chacun pour soi, c 'est un peu une crabe.
C 'est pour votre bien.
Asseyez -vous.
Voilà, c 'est fini.
Ils font toujours ça très vite.
C 'est terrible.
C 'est le métier.
Demain, après -demain, ce sera mon tour.
Vous me trouverez peut -être ici avec les pattes raides et les mouches sur le
nez.
Alex, j 'en ai marre.
Allons, allons, mon vieux du cran.
Encore quelques jours.
Non, ça suffit comme ça, je vous abandonne.
Vous ne pouvez pas.
Vous avez signé un contrat.
Un contrat ? Un excellent contrat avec une compagnie que je ne nommerai pas.
Je n 'ai rien signé du tout. Bien sûr, vous n 'avez pas vu votre nom en bas d
'un papier.
Mais essayez de revenir sur votre parole.
Et vous verrez.
Vous ne pouvez pas m 'aider ? Personne ne peut vous aider, docteur.
Personne.
J 'en remets le cœur en place.
Je vous en prie.
Ah oui, c 'est dur quand on débute. Je me rappelle encore.
Écoutez pas.
Taxi rouge, sous -marin.
J 'avais 20 ans tout rond.
Je suis entré dans la carrière sur la pointe des pieds. Je m 'en fous. Vous
tort. L 'expérience des aînés... L 'expérience des aînés ne m 'intéresse
J 'en ai assez de vos histoires. Je laisse tomber.
Vous voulez rompre un contrat.
C 'est pas mon droit.
Légalement, peut -être, mais dans la pratique... J 'ai vu beaucoup de
mais j 'ai jamais entendu parler d 'un contrat rompu.
Sauf, évidemment, par la mort du contractant.
C 'est un moyen un peu définitif. Il y a des exemples nombreux.
On en a tous connu.
Le petit Montana qui voulait se marier. Et le père Gonzales qui se sentait trop
vieux. L 'équité.
Non, mais regardez -les.
S 'ils pouvaient démissionner, croyez -vous qu 'ils moisiraient dans ce métier
de fous?
D 'ailleurs, pour rompre un contrat...
Encore faudrait -il savoir avec qui l 'on a signé. Je le sais très bien. Vous
croyez savoir ? Vous avez été contacté par un monsieur qui avait un nom, un
civil, vrai ou faux.
Mais ce n 'était qu 'un intermédiaire.
Pour qui travaillait -il ? Trois points d 'interrogation. Il ne savait peut
-être pas lui -même.
On en est tous là.
Il y a longtemps qu 'on a renoncé à savoir.
Et ces messieurs font du renseignement.
Eh bien, ils ne sont vraiment pas forts.
Au contraire.
M. Peterson est un excellent agent.
Vous vous appelez toujours Peterson, oui ? Helmut Peterson.
Alors, M. Helmut Peterson, qui avait renoncé à savoir, pour qui travaillez
? Allez, parlez.
Évidemment, je connais un fondé de pouvoir.
Un fondé de pouvoir, qui habite une certaine maison, qui porte un certain
uniforme. Mais est -ce qu 'il travaille pour cette maison et pour cet uniforme,
ou pour la maison concurrente ?
Tout est là.
Arrêtez, vous êtes trop fort pour moi.
Moi, je ne sais qu 'une chose, celui que j 'ai rencontré était un honnête homme.
Il ne vous ressemblait pas.
Bravo. Et quand je le verrai, je lui dirai... Mais vous avez déjà essayé de
contacter. Moi ? Vous avez oublié le coup de la standardiste.
Vous ne les reverrez jamais.
Les services, c 'est le piège à rats. Pour entrer, la porte est grande
mais pour sortir, rideau. Quand on a envie de s 'en aller, on trouve toujours
une issue. Si c 'est pas la porte, c 'est la fenêtre.
Oui, oui, vous trouverez facilement des portes. Ce n 'est pas ça qui manque.
Des portes qui donnent sur d 'autres services, sur des cours de justice, des
prisons, surtout sur d 'autres portes. Mais dehors, jamais.
C 'est mon affaire.
Attention, Malik.
Il y a des portes qu 'il vaut mieux ne pas pousser.
Vous aviez des ennuis, docteur ? Non, aucun.
Mais monsieur parlait de prison, de tribunaux.
Des enneries.
Petit !
Faisons un devoir de ne jamais appeler un élève pendant un cours.
Ces condisciples ont le droit de ne pas être dérangés dans leurs études.
Mais enfin, la rencontre d 'une personnalité comme la vôtre, docteur, ne
avoir qu 'une valeur éducative.
Si vous voulez bien me suivre... Vous avez des enfants, docteur ? Non, je suis
célibataire. Ah, dommage.
Je ne pêcherai plus jamais.
Mauvais esprit.
Il avait les régarés, même que j 'ai dit, il n 'y a personne de fou ici.
Sauf vous, peut -être bien.
Vous pouvez faire venir ma femme, elle le reconnaîtra aussi.
Je ne peux pas me tromper.
Il est arrivé à 11 heures. Il n 'y avait plus que 6 clients dans la salle.
Je regrette, docteur, je ne peux pas dire le contraire.
Chez nous, c 'est une maison sérieuse. Quand quelqu 'un a bu, on le remarque.
Gardez -vous de cette porte, vous allez me laisser sortir.
Allons, allons, calmez -vous.
Vous savez mal avec tout le monde ici, ils sont des amis. Vous m 'avez attiré
dans un piège, je prends un scandale. Nous voulons seulement pouvoir parler 5
minutes entre honnêtes gens.
Quelqu 'un dans cette classe vous ait suspect ? Oui, vous.
Vous faites partie de la bande.
M. Cooper est un homme très bien et il n 'en veut que votre intérêt.
Je lui ai dit qui vous étiez, il a compris tout de suite.
Vous, je vous croyais à Saint -Flour. C 'était un mensonge, ça aussi ? Que tout
paie ! Je suis revenue parce que M. Cooper me l 'a demandé.
Il m 'a dit que vous étiez dans une mauvaise passe.
Alors j 'ai couru prendre le train comme une sotte pour venir me faire traiter
de menteuse à l 'arrivée. Pourquoi êtes -vous parti ? Parce que vous me l 'avez
ordonné. Tenez,
j 'ai gardé votre mot.
Ça alors, c 'est mon écriture.
Mais je peux vous jurer que je n 'en ai pas écrit une ligne. Nous sommes ici
pour éclaircir tous les mystères.
Madame André, lorsque vous avez vu le docteur pour la dernière fois... La
de mon départ, il avait un million dans les mains. Cessez -vous ! Vous venez de
secret professionnel, j 'en aviserai le conseil de l 'ordre. Il ne s 'agit ni de
médecine, ni de malade. Il s 'agit de vous tirer d 'affaire. Et c 'est dans
votre intérêt que je réponds. Je suis seul juge. Vous n 'avez pas plus de
autre qu 'un petit chat de trois mois. Je vous mets à la porte. Qu 'est -ce que
je vous disais ? Vous ne savez même pas reconnaître ceux qui vous veulent du
bien. On avait donné un million à ce pauvre innocent pour qu 'il cache quelqu
'un. Voulez -vous vous taire, vieille Guenon ? Vous l 'avez entendu ? Il m
'appelait vieille Guenon.
Allons, allons.
Qui était ce quelqu 'un ? Il ne me l 'a pas dit.
Et pourtant, il avait bu ce soir -là.
J 'avais bu.
Comme d 'habitude.
Cinq, six verres, pas plus.
Cinq, six verres.
Mademoiselle. Chez nous, il a bu trois kirches. Avec le monsieur de la photo,
-bas. Après, ils sont allés au lavabo. C 'est là que l 'argent a changé de main.
Chez nous, ils ont vidé la moitié d 'une bouteille d 'omar, à la santé d 'un
type qu 'ils appelaient Alex.
Alex.
Ils riaient comme des gens qui viennent de conclure une bonne affaire ensemble.
Alors, docteur, qui est Alex ? Je ne connais aucun Alex.
Mesdames et messieurs, je vous remercie.
Si vous voulez bien quitter la classe, je vous ferai régler vos frais de
déplacement à l 'économat.
Mesdames et messieurs, par ici.
Merci, M. Cooper.
Vous vous tâchez d 'être un peu raisonnable à présent.
Mais racontez -lui tout, vous serez soulagé.
On voit bien que vous n 'êtes pas heureux en ce moment.
Il n 'a aucune volonté, seulement il est têtu comme une mule. Mais oui, Mme
André, mais oui.
Docteur, maintenant nous sommes sœurs.
Qui est Alex ?
Vous croyez que je vais me confier à un gangster ? Parce que j 'ai compris.
Vous êtes tous des gangsters.
Moi ? Un gangster ? Savez -vous qui je suis ? Le chef des services spéciaux
américains pour la France.
Disons, un des chefs.
Maintenant, vous êtes content ? Le colonel Howard était mon subordonné.
Et mon plus cher ami.
Était ? Vous voulez dire que le colonel est... Mort ?
Sûrement pas.
Il a disparu.
C 'est pourquoi je vous ai tendu ce petit piège.
Vous avez fait assez de bagailles pour que vous nous aidiez à en sortir.
Je n 'ai rien à dire.
Très bien.
Écoutez.
Docteur, les agents de nos services, asseyez -vous, travaillent toujours à l
'étranger sous un faux nom.
Asseyez -vous.
En France, le colonel Howard se faisait passer pour un importateur.
Donald Murphy.
Un jour, on m 'avertit de l 'ambassade que quelqu 'un a téléphoné en demandant
le colonel Howard par son véritable nom.
C 'est mon coup de téléphone qui... Silence ! Vous parlerez quand je vous
interrogerai. Donc, un certain Malik connaît l 'identité
de mon adjoint.
Identité ignorée de tout le monde en Europe, à l 'exception des gens de son
réseau. De deux choses l 'une.
Ou vous êtes une nouvelle recrue du colonel, ou vous êtes un agent
ennemi particulièrement astucieux.
Pour ne pas affoler Howard, je fais une enquête personnelle. Je me rends chez
vous. J 'y trouve Michel Kaminsky.
Celui -là, c 'est un vrai gangster.
Je me dis, attention, et je vous donne le mot de passe.
La boîte d 'allumettes.
Correct.
Vous ne savez pas y répondre, donc vous ne faites pas partie de l 'équipe du
colonel.
Pourtant, au bout de cinq minutes de conversation, je me rends compte que
êtes un homme pusillané, sans volonté, le contraire d 'un adversaire dangereux.
Monsieur Cooper, je ne suis pas venu ici pour me faire insulter.
Taisez -vous.
Assez ! Qui êtes -vous ? Une âne connue.
Je vous appelle Grand X.
Et je convoque Howard.
Pendant deux heures, Howard m 'a soutenu qu 'il ne vous connaissait pas.
Malheureusement, vous avez entendu les témoins.
Howard a menti.
C 'est faux.
Howard vous connaissait très bien.
Il vous avait donné un million pour cacher Alex.
Avez -vous à répondre ? Adressez -vous à votre ami Howard.
Où est -il ? Dès que j 'ai compris sa trahison, j 'ai lancé tous mes hommes à
recherche. Il leur a échappé. C 'est impossible, Howard n 'a pas trahi. C
un homme droit, loyal.
Un homme droit et loyal qui cache chez vous un agent ennemi. Pas du tout, un de
vos agents.
Mais ça... Très imbécile ! Si Alex était un de mes agents, Howard m 'aurait mis
au courant.
Howard est innocent, j 'en suis sûr. Sûr ? Absolument.
Alors, laissez -moi bavarder cinq minutes avec Alex.
Ce n 'en est pas le droit.
Choix, apporte -moi une photo de lui.
Vous croyez qu 'il se laissera faire ? Vous êtes médecin ? Reguez -le.
Vous me montrez la photo à moi seulement, et nous la brûlerons
J 'aimerais vous rendre service, mais ce n 'est pas possible. Ah, ce n 'est pas
possible.
J 'ai promis.
Je n 'ai pas le droit.
Mais vous avez le droit de prendre un million pour cacher n 'importe qui.
Peut -être un criminel.
Là, vous n 'avez pas dit non.
Vous avez dit oui.
Oui, monsieur.
Donnez l 'argent.
Mon honneur me le permet.
J 'ai donné ma parole.
Vous ne l 'avez pas donné.
Vous l 'avez vendue.
Si vous la rachetez, plus cher.
Ce n 'est pas une bonne opération, même pour un petit médecin français.
Vous interdit ! Rien ! Vous ne m 'interdisez rien ! Vous allez céder !
allez céder ! Monsieur Couper ! Trétin ! Stupide ! Allons,
vous ne devriez pas vous mettre dans un état pareil.
Un jour, vous ferez une bonne congestion.
Vous n 'avez plus les artères d 'un jeune homme.
Puisque vous voulez mettre votre sacrée conscience à l 'abri, je vous propose
une solution.
Rentrez chez vous.
Allez trouver votre client et dites -lui votre boîte d 'allumettes est
retrouvée.
Si Howard ne vous a pas menti, si Alex travaille pour nous, il
comprendra. Et pliez leur bagage immédiatement.
Si ils ne comprennent pas, vous en tirerez vous -même les conclusions.
Alors, pourquoi ne parlez -vous pas ? J 'hésite.
Ce que j 'ai à vous dire est si important.
Votre réponse peut changer tant de choses.
Alex, j 'ai un message à vous transmettre.
Votre boîte d 'allumettes est retrouvée.
Qu 'est -ce que ça veut dire ? Vous ne savez pas ? Évidemment non.
Eh bien, moi, je sais.
Ça veut dire que vous m 'avez trompé.
Et que Howard m 'a trompé.
Vous êtes un agent de l 'Est.
C 'est faux.
Où avez -vous pris ça ? Si vous étiez un agent américain, vous auriez compris.
Ça ne prouve pas que je sois au service des autres.
En squat, si vous voulez, ça m 'est égal, mais cette fois, c 'est définitif.
'en ai assez.
Il faut que vous partiez.
Mais je vous avertis, il me guette.
Je ne fais pas 50 mètres.
Vous préférez que je vous libre à couper ? Tout ce que je peux
faire, c 'est vous donner jusqu 'à cette nuit.
Dans l 'obscurité, vous prendrez votre chance.
Adieu, Alex.
Il apparaît bien.
Pour oublier, un garçon qui avait tellement d 'avenir, liquidé comme ça
gratuitement.
Gratuitement, c 'est vous qui le dites.
Bien sûr.
Au lieu de l 'exécuter, vous auriez traversé la rue.
Je vous ai remis dans l 'eau.
On aurait fait l 'affaire tous ensemble.
En copain, j 'en ai tombé sur la tête.
Détend -vous.
Moi, je vous fais confiance.
Je vais vous dire qui est Alex.
C 'est probablement, très probablement, Hugo Fogel.
Non ! Qui ? J 'ai pas entendu.
Fogel. Hugo Fogel.
Mais qui c 'est ce Fogel ? Vous avez entendu parler du pape, non ? Oh, c 'est
pas lui quand même. Non,
mais en Allemagne, lui est la bombe atomique. C 'est comme le pape et le bon
Dieu. Quand il dit, ça ne pètera pas...
Ça ne pète pas.
Quand il dit « ça pètera », ça pète.
Écoutez -moi ça. Je vous lis l 'article.
La guerre secrète continue.
Hugo Fockel choisit la liberté et disparaît.
Dans les milieux bien informés, on assure que Hugo Fockel, le père de la
3H, aurait, grâce à l 'aide des services spéciaux américains, disparu des
laboratoires de Berlin -Est où il poursuivait ses travaux.
La nouvelle de cette évasion, lourde de conséquences, commençait à peine à se
répandre quand ? La nuit dernière, un nouveau coup de théâtre mobilisait les
divers services de contre -espionnage.
Il paraîtrait que Hugo Fogel, après avoir faussé compagnie à ses geôliers de
'Est... Hugo Fogel, après avoir faussé compagnie à ses
geôliers de l 'Est, aurait également réussi à quitter discrètement la petite
ville française où l 'auraient caché les puissances atlantiques.
Dans les deux camps, naturellement, on démontre toute information à ce sujet,
quelle qu 'en soit la provenance.
On le démontre, donc c 'est vrai.
Vous avez vu ? Ils l 'ont glissé en dernière page, en tout petit caractère.
l 'ont fait sauter dans les éditions suivantes. C 'est peut -être un canard.
canard ? Dans un journal suisse ? On ne plaisante pas à Genève.
Oui, mais moi je ne comprends rien à votre blabla.
C 'est pourtant simple.
Faut qu 'il a utilisé les Américains pour échapper aux Russes. Une fois passé
rideau de fer, il a échappé aux Américains.
Il ne sait pas ce qu 'il veut alors.
Je crois que si.
Très bien.
Il veut qu 'on lui foute la paix. Il a encore dû trouver un machin du tonnerre.
Il n 'a pas envie que ça serve ni à l 'Est ni à l 'Ouest. Un vrai cave, quoi.
Un vrai cave, qui pour certains vaut des milliards et des millions pour nous.
Vous croyez que c 'est lui qui est là -haut ? Ça ne peut pas être une
coïncidence. Faut que l 'allaxant allemand ait toutes les raisons de se
et les dates correspondent.
Si vous en êtes tellement sûr, pourquoi avez -vous besoin de nous ? Il ne me
faut qu 'une preuve, vous le savez.
Ça sera trop beau.
Alors, vous y allez ? Cette nuit.
Pourquoi pas tout de suite ? Parce qu 'il faut le coller d 'armée.
Il est très capable de faire deux cartons, coup sur coup.
Vous avez vu, Léon ? À travers la porte.
Six ou huit heures à attendre. On risque de se faire griller.
Là -dessus, mon petit Victor comptait sur nous.
En dehors du tout -bib, personne, vous m 'entendez ? Personne ne mettra le pied
là -haut.
Même pas vous.
Alors, vous me pardonnez ? Vous êtes tout pardonné.
Mais rappelez -vous bien... Je ne suis pas faugle. Je n 'ai aucune connaissance
en physique. Je suis un personnage insignifiant.
Je m 'appelle toujours Alex.
Oui, monsieur, certainement.
Si je pouvais faire quelque chose pour vous ? Il n 'y a rien à faire.
Seulement ne pas bouger, gagner du temps.
Même en réfléchissant bien ? Non.
Allô, le cours François Copé ? Je voudrais parler à votre professeur d
M. Sam Cooper.
C 'est urgent.
Oui, je ne quitte pas.
Allô, Cooper ? Ici Malik.
Eh bien, j 'y réfléchis, je vous fais la photo.
Mais oui, je me rends à vos raisons.
Vous l 'aurez dans une heure.
À quelle adresse ? Entendu, j 'y serai.
Ah, non, non, pas un sou.
C 'est ça, pour des raisons morales.
Oui, tout de suite.
Arrêtez ! Arrêtez ! Vous me faites mal.
Je vous dis, vous n 'êtes pas à la veine.
Vous n 'êtes pas à la veine. Ça y est, c 'est fini.
C 'est fini pour vous.
Mais ce n 'est pas une... Une marque qui l 'ose.
Vous vous en foutez.
Les sous -bibes s 'en foutent.
Qu 'on les paye.
J 'aimerais qu 'elle couvre.
Et d 'être un chic type.
Et ça y est, elle le sait, elle le sait.
Ce n 'est pas lui.
Le coup de la photo.
Je m 'en souviendrai du coup de la photo.
Vous m 'avez bien eu, bande de dégueulasses.
Ne gueulez pas comme ça, Victor.
Personne n 'a cherché à vous avoir.
On y perd autant que vous. Vous m 'aviez juré que personne n 'arriverait chez
lui. Pardon, sauf le docteur.
J 'avais fait ça pour m 'éliminer. Je ne suis pas encore mort.
Vous m 'entendez ? Je ne suis pas encore mort.
J 'ai toujours mon mot à dire.
Vous voilà enfin, docteur.
Ça ne pourrait pas attendre un peu, mon petit Victor.
Je vous en supplie, docteur, ça risque un moment. Il n 'y a que vous qui
puissiez me sauver l 'heure. Mais attendez, demain, vous verrez que
n 'aurez que rien à me demander. Demain, ce sera trop tard.
Ce soir, je ne serai peut -être plus là.
C 'est si grave que ça ? Allez, entrez.
Qu 'est -ce que vous avez aux mains ? Rien.
Je me suis brûlé avec le père Connateur.
C 'est pour ça que vous êtes venu me voir ? Non, ce n 'est pas pour ça.
Il faut que vous me donniez une photo, comme à M. Cooper.
Je n 'ai rien donné à personne. Ne mentez pas, docteur. Le temps passe.
-moi ça.
Si je ne leur apporte pas ce qu 'ils demandent, ils vont me faire voyager. Et
alors ? Vous ne savez pas ce que ça signifie chez nous, faire voyager ? C
une sanction ? C 'est le châtiment.
Dites -moi, vous me prenez pour un imbécile ? Depuis quand un percolateur
-t -il sous les ongles ? Qui vous a fait ça ?
Ils me tueront.
Ne me dites pas qui, mais dites -moi pourquoi.
Ça non plus, on n 'a pas le droit.
On ne doit jamais parler.
Sauf pour faire parler l 'autre.
Qu 'est -ce que vous risquez ? Nous sommes seuls.
Mais il y a rien qui se passe ici.
Tout ce qui s 'est dit.
Tout.
Vous voyez, docteur.
Ils savent que j 'ai parlé.
J 'ai peur.
J 'ai peur.
Oui, il est ici.
C 'est votre patron qui vous appelle.
Venez.
Allô, oui, c 'est Victor.
Encore cinq minutes. Je vous jure que dans cinq minutes, je serai là.
Alors, deux minutes.
Deux minutes seulement.
Ce n 'est pas long, deux minutes.
Ah, vous me laisserez revenir après.
Alors, j 'arrive tout de suite.
Ils disent qu 'ils vous laisseront revenir, mais c 'est pas vrai.
C 'est pour qu 'on ait moins peur.
Adieu, docteur.
Enfin, Victor, votre patron vous appelle. Il n 'y a pas de quoi en faire
drame. Après tout, vous êtes garçon de café.
Remplaçant, docteur.
Remplaçant seulement.
Je crois que demain, vous retrouverez Louis derrière le comptoir.
Je vous attends pour refaire votre pansement.
Inutile de vous déranger, docteur.
Il est mort.
Vous l 'avez tué ? Il a eu un accident.
Le chauffeur risque tout au plus qu 'on lui retire son permis.
Monsieur Kaminsky, nous sommes tout de même en France. Il y a des lois. Il n 'y
a pas de loi qui protège contre les accidents.
Il n 'y a pas de loi qui interdise les maladresses.
Les imprudences.
Et pourtant, si vous n 'êtes pas droit et prudent, vous avez le cul.
Vous n 'aviez pas besoin de le torturer.
C 'est le côté du travail que je déteste le plus.
Malheureusement, Victor s 'est fait avoir.
Eh bien, quand les choses tournent mal, l 'agent est seul responsable.
C 'est forcément un traître ou un saboteur. Ça ne valait tout de même pas
mort.
Non, mais il vous a prévenu que nous avions placé des micros dans votre
Vous avez placé des micros chez moi ?
Vous n 'aviez pas compris ? Alors, en ce moment, on nous écoute ? Mais... tout
est noté.
Tout est enregistré.
C 'est incroyable.
Vous voulez une preuve ? Nicolas, appelez le docteur.
Oui, c 'est moi.
Vous êtes satisfait ? Qui êtes -vous donc ? Il me demande qui je suis.
C 'est un saut d 'ordre.
Nicolas, dites -le lui.
Victor, vous l 'avez dit.
Nous voulons votre neutralité.
Vous avez déjà donné aux Américains un échantillon de vos talents de
photographe. Il faut faire la même chose pour nous.
Alors, vous vous décidez ?
Soyez prudent, docteur.
Nous avons encore des tractions au garage.
Non.
Tenez, il est chargé.
Si vous savez vous en servir, vous ne le regretterez pas.
Vous pourrez même échanger votre vieux vélo contre une jolie voiture d
'occasion.
Maintenant, si vous préférez la voiture des pompes funèbres, c 'est au goût du
client.
Vous n 'allez pas me photographier, non ? Je vais photographier M. Vallette, un
de mes malades. Il a à peu près votre taille.
Vous n 'allez pas photographier un de vos malades à ma place ? Je l 'ai déjà
fait pour vos amis américains. Le plus difficile, c 'est de passer le gant.
Vous avez fait ça ? Mais c 'est de la folie ! Mais ça a marché comme sur des
roulettes, couper et persuader que vous n 'êtes pas Fogel. Mais je ne suis pas
Fogel ! Je ne suis pas Fogel, vous comprenez ? Vous n 'êtes pas Fogel ?
vous l 'ai dit tout à l 'heure ! Mais je croyais que vous le disiez parce que
justement vous étiez Fogel.
Alors non, décidément vous êtes trop bête.
Alors, vous n 'êtes pas Fogel.
A vous la morue, ça va, hein ? Non, ça ne va pas.
Vous nous avez menés en bateau. On a le droit de comprendre.
Eh bien, vous avez compris.
Je vous ai menés en bateau.
Je suis Allemand.
J 'ai à peu près la même corpulence que Fogle. De dos, derrière une porte, dans
le noir, vous pouvez marcher.
Et vous avez couru.
Pas seulement vous.
Ceux de l 'Est et de l 'Ouest.
Et le docteur aussi, malheureusement. Ce qui a fait tout craquer.
On avait besoin d 'une gourde, d 'un type qui n 'y comprenne rien.
On a été servi.
J 'ai été lamentable.
Non, non, vous avez été héroïque.
Héroïque, mais gaffeur.
Si seulement j 'avais été mis au courant.
Là, mon petit vieux, vous auriez été le seul.
On voit bien que vous ne connaissez pas Howard.
C 'est un brave type, un idéaliste.
Il a tiré faugle des pattes soviétiques avec enthousiasme.
Quand il a fallu faire la même chose contre son pays, arracher Fougue à ses
propres services,
il a dû être déchiré.
Mais il l 'a fait quand même, par amour de l 'humanité.
Seulement, son amour de l 'humanité ne va pas jusqu 'à faire confiance aux
hommes.
Il nous a fait marcher comme on pousse un pion sur l 'échiquier.
Quand il a engagé Connie... C 'est lui qui m 'a engagé. Vous voyez, sans douter
même pas. Évidemment.
On m 'a envoyé ici sans instruction.
Sans rien. Quelles instructions, pauvre idiote.
Tout ce qu 'on lui demandait, c 'était d 'attirer l 'attention.
Avant que ces crétins ne me prennent pour fourni, il fallait tout d 'abord qu
'il soit là.
Il fallait appâter le coup.
Alors on a collé une étiquette sur votre boîte pour que tout le monde sache bien
qu 'il y a dedans quelque chose de louche.
Pour ça, on ne pouvait pas trouver mieux.
Merci.
Il n 'y a pas de quoi.
Vous avez vu ? Une heure après son arrivée, vous en aviez 50 sur le
Et puis les caïds.
Des coupards, des Kaminsky.
Tous bêtes comme des oies et méchants comme la gale.
Ils doivent grincer les dents en ce moment.
Si jamais Howard et Fogg leur tombent sous la patte... Il faudrait prévenir
Howard tout de suite.
Vous savez où le prendre ? Non.
Mais alors ? Vous partez ? Oui.
Très vite et très loin.
Vous avez peur.
Léon est mort.
Victor, il est passé aussi.
Jamais deux sans trois.
Je ne suis pas superstitieuse.
À vous de jouer.
Tenez.
Ça vous fera un souvenir.
Je donnerai n 'importe quoi pour retrouver Howard.
Vous n 'avez rien.
J 'ai un million.
Tiens.
Tiens.
Tiens, tiens, tiens.
Vous savez où vous touchez le colonel ? Non.
Mais j 'ai des relations.
Et pour un million, on peut se donner du mal.
Des gauloises papier maïs.
Des gauloises papier maïs, elles n 'existent pas, madame. Alors donnez -moi
boîte d 'allumettes.
Une boîte ? Une pochette.
Le colonel est là -haut, au quatrième.
Vous ne venez pas avec moi ? C 'est une affaire qui ne m 'intéresse plus.
Merci tout de même.
Bonne chance, docteur.
Ah, docteur, vous tombez bien.
Vous l 'avez eu ? Non.
Quand on a vu, il a perdu la tête.
Il s 'est empoisonné.
Aidez -moi à le transporter sur le lit.
Il faudrait savoir ce qu 'il a pris.
Qu 'est -ce que c 'était, Howard ? Dites -le -nous.
Sous -titrage ST'
501
Tenez, allez me chercher ça à la première pharmacie.
Dépêchez -vous, Cooper.
C 'est une question de minutes.
Je vous dérange ?
Vous l 'avez tué ? Il s 'est empoisonné.
M. Cooper, le temps passe.
Je ne peux pas la laisser avec lui.
Alors allez -y vous, M. Kaminsky.
Vous me prenez pour un imbécile ? Je vous en prie, messieurs, regardez -le.
Allons -y ensemble.
D 'accord ? D 'accord.
Nous bavarderons.
Pardon, Howard.
C 'est ma faute, j 'ai agi stupidement.
Mais je vais vous tirer de là.
Je ne veux pas.
Laissez -moi mourir.
Je n 'en ai pas le droit, je suis médecin.
Ils me feront parler.
Marseille ? Vous voulez que j 'accompagne Fogel à Marseille ?
Il sera dans le train bleu ? Après.
Au revoir d 'après.
Lyon, Avignon, Marseille -Saint -Charles, Toulon, Saint -Raphaël...
17 ? Parfait.
Vous n 'avez pas de bagage ? Non, pas de bagage. Mes billets.
Mes billets.
Vous les conservez, monsieur, c 'est l 'usage. Oui, c 'est vrai.
En tête, voiture directe, sans rémaux.
Va à vos restaurants et salons bars.
Mesdames et messieurs, nous vous souhaitons un bon voyage.
Je n 'ai vraiment reçu aucun message pour moi. Non, monsieur.
Oui, mais ce n 'est pas vous qui avez pris mon billet tout à l 'heure. Mon
collègue est parti dîner, mais il ne va pas tarder à revenir.
Tout est prêt, monsieur.
Merci.
Je vous fais déposer une bouteille d 'eau minérale ? Non, donnez -moi une
bouteille de vin blanc sec.
Une demi ? Une bouteille.
Merceau, Champagne Nature, Riesling ? Non, ordinaire. Alors nous dirons
si vous voulez.
Remplace Howard.
Vous êtes le professeur Fogel ? Oui, Howard.
Howard s 'est tué.
Mon Dieu.
Il n 'a pas trop souffert.
Il est mort dans mes bras empoisonnés.
Mais pourquoi ?
Vous l 'aimiez beaucoup ? Je le connaissais très peu.
Je l 'ai rencontré une seule fois par l 'un, mais nous nous sommes compris tout
de suite.
Quand je lui ai dit ce que j 'avais trouvé, il m 'a aidé à fuir les Russes.
Et puis les autres.
Nous avons déserté ensemble.
Qu 'est -ce que c 'est ? C 'est le bras blanc, monsieur.
Plus maintenant, c 'est trop tard.
Très bien, monsieur.
J 'ai eu peur.
Moi aussi.
Vous voyagez dans cette voiture ? Non, je ne suis nulle part.
Je suis fier de pouvoir vous aider, monsieur.
Le monde entier est fier de moi.
Mon pays est fier de moi.
Je ne suis pas fier de moi.
Dites -moi, qu 'est -ce que vous faites dans la vie ? Psychiatre.
Oui, vous êtes médecin.
Vous essayez de guérir les gens.
Elle est sauvée.
Tout ce que j 'ai fait, tout ce que j 'ai inventé, aboutit au massacre.
Si vous saviez ce qu 'il y a dans ma tête, c 'est effroyable.
Une nouvelle bombe ? Moins que ça.
Et beaucoup plus.
Pour le prix d 'une bombe, j 'en fabrique deux ou trois cents.
Simplement. Au lieu d 'utiliser 10 kilos d 'uranium ou de plutonium pour faire
exploser une bombe à hydrogène.
J 'en utilise gros comme un bouton.
J 'ai réduit la masse critique et la réaction en chaîne ne s 'interrompt pas.
'est tout.
Mais ça signifie la bombe à une épreuve.
Le massacre à la portée de toute l 'épouse.
La fin du monde.
Et pensez que c 'est un hasard.
Les idées tournent dans les neurones.
Puis elles s 'accrochent et c 'est fini.
Vous ne pouvez plus les décrocher.
Vous n 'êtes pas responsable.
Non. Et pourtant... Oui, un docteur, vous êtes psychiatre.
Est -ce qu 'il n 'existe pas un moyen d 'effacer une idée, de la chasser du
cerveau, de la détruire si complètement que même la torture ne puisse pas la
faire remonter à la surface ? Non, je ne vois pas.
Alors c 'est le cerveau qu 'il faut détruire.
Je n 'ai plus qu 'à me suicider.
Comme avant.
Pour ne plus parler jamais.
Vous n 'avez pas le droit.
Vous pouvez inventer autre chose que des bombes.
Mais ils ne le permettront pas.
C 'est ça qu 'ils veulent.
La mort.
La mort des autres.
Le chantage à la mort.
Ils veulent tous avoir raison.
Et la dernière raison, c 'est celle -là.
Où sommes -nous ? À Dijon. On a fait le tir du trajet.
Quelque chose vous inquiète ? Attendez.
C 'est de me tromper.
J 'ai raté le train de trois minutes.
J 'avais une voiture rapide et un vrai chauffeur.
On a failli se retourner trois fois.
Vous avez entendu le type qui a parlé ? Je le connais.
J 'en ai peur.
Ils ont retrouvé ma trace.
Je ne sais pas. Il faut savoir.
Vous rappelez ce que je vous ai dit.
Je me tuerai. Oui, ils me tueront.
Mais ils ne mourront pas vivants.
Allez.
On n 'avait pas vu un monsieur qui... Qui quoi ? Salut, docteur ! Quelle bonne
surprise ! Vous prenez un verre ? Non, merci.
Restez ici.
Ne retournez pas là -bas. Qu 'est -ce que vous lui avez fait ? Rien. Je n 'ai
pas bougé de ce bar. Salaud ! Manny !
Le docteur n 'est pas sérieux.
Où est Fogel, bandit, assassin ? C 'est des petits, je m 'arrête.
C 'est fini, maintenant.
Si vous l 'avez fini, moi, je commence.
Vous tuez un homme, vous faites disparaître la preuve et vous croyez
clair. Toujours le mélodrame. Vous faites planquer en prison, comme de
espions que vous êtes. Messieurs, moins de bruit, s 'il vous plaît. Il y a d
'autres voyageurs qui dorment.
Faites stopper le train, je le prends sur moi.
Ce sont des espions.
Ils ont fait disparaître Hugo Fogel, un des plus grands physiciens du monde.
Ils l 'ont passé par la fenêtre. Par cette fenêtre ? Oui.
Vous les avez vus ? Presque. Quand je suis arrivé, le chapeau de Fogel était
encore sur le lit.
Ah, mais s 'il vous plaît. Ils l 'ont jeté dehors.
Aussi ?
Voyons, dans quelle voiture voyageait M.
Fogel ? Dans aucune voiture, il n 'était nulle part.
Pardon ? Il se cachait, ce train plein d 'espions.
Attendez, il ne se gêne pas, il se promène avec le rinsigne.
Permettez ? Amicale des ocarinistes de Bagnolet.
Si vous ne me croyez pas demander à votre collègue, il a dû voir Fogel en
apportant de vin blanc. Mon collègue ? Votre remplaçant pendant que vous étiez
parti dîner. Je ne me suis pas fait remplacer, je n 'ai pas encore dîné,
monsieur. Je n 'ai pas bougé d 'ici.
Ah, monsieur, vous êtes public ! Voyons, docteur, un peu de calme. Le docteur
Malik est un éminent.
Psychiatre. Vous allez peut -être prétendre que je suis fou. Mais non, c
un peu surmonné.
Surmonné ? Surmonné, oui, mais on verra.
Au prochain arrêt, je vais descendre. J 'irai tout droit au commissariat.
Je leur raconterai toute votre histoire.
Mais moi, j 'ai six années au commissariat.
Je leur ai tout dit.
Je leur ai fourni tous les détails, toutes les explications.
Je les ai bien reçus. Ils ne m 'ont même pas écouté.
Forcément, ils m 'auraient tenu des preuves, des témoins.
Il y en a qui savent, qui pourraient me soutenir.
Pas si bête. Bouche cousue.
Quand je les mets au pied du mur, ils me regardent d 'un drôle d 'œil. Comme on
regarde un malade.
Des ocarinistes.
Victor.
Quel Victor ? Monsieur Cooper ? Quel Monsieur Cooper ? Mais enfin, Madame
c 'est pas possible ! Mais le coup, François Copé, votre voyage à Saint
Vous avez dû rêver, docteur.
Réveillez -vous.
Et voilà.
Tous pourris, tous vendus !
Pas d 'histoire, ça, pas d 'histoire.
Et moi, tout seul.
Sans appui, sans rien.
Toi, mon pauvre petit, je t 'en prie, rends -toi compte.
Dans ton état, personne ne te prendra au sérieux.
C 'est toi qui as dit ça ? C 'est vrai ? Tu
es guérie ? Ça alors, c 'est merveilleux.
Je commençais à désespérer, tu sais.
Mais alors, ça change tout.
Nous sommes deux maintenant.
Tu as vu beaucoup de choses, tu vas pouvoir me soutenir.
Je dirais...
On risque tout, on y va quand même.
Non.
Tu ne veux plus ? Non.
Tu m 'abandonnes toi aussi.
Tu as peur.
Pour vous.
Pour moi, tu n 'as pas le droit. Je m 'en fous de toi.
Je veux leur peau, tu comprends ? Je veux leur peau.
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