All language subtitles for Le dernier des six N&B (1941)1h29Pol

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Original subtitles

Tant mieux.

Pourquoi tant mieux ? Parce que s 'il a réussi, il reviendra en taxi.

Oh non, Marcel, tu vas pas recommencer Ă  nous casser les pieds. Change de

disque.

Tu penses que j 'en réussira ? Moi, mon vieux, je suis poÚte, je crois aux

miracles. Et moi, je suis ingénieur, je n 'y crois pas.

Monsieur est un esprit fort.

Allez -y, tranquille, tu vois bien qu 'il est Ă  sec.

Comme nous.

Tu n 'as pas une cigarette ?

Est -ce qu 'il y a encore de cigarettes?

Répondez pas tous à la fois.

Quelle heure est -il?

Demande au propriétaire.

Une heure et demie.

Dis donc, si par malheur PÚre Longer n 'avait pas réussi, tu pourrais pas...

Quoi? A vendre la baraque?

Mon pauvre vieux.

Quand l 'oncle Emile m 'a laissé cette maison, il avait déjà pris 350 000

d 'hypothÚque. Mon présent est délicat, l 'oncle Emile. Au contraire, il aimait

les femmes jeunes et le vin vieux. C 'Ă©tait la dĂ©licatesse mĂȘme. En cas de

malheur, nous n 'aurons plus qu 'une ressource.

Nous faire sauter le caisson.

Tous ensemble, pour que ça fasse plus gai.

C 'est ce qu 'on a depuis 8 ans que nous vivons en popote. Nous avons connu l

'autre coudure.

L 'aile du désespoir nous a souvent frÎlés.

Toi, ça va ? Laisse dormir ta muse.

Bon, j 'ai rien dit.

4 heures qu 'il est parti.

Qu 'est -ce qu 'il peut bien foutre ?

Ah non, non, ça ne peut pas durer comme ça.

Bon, moi -mĂȘme, et qu 'on sache Ă  quoi s 'en tenir, qu 'ils reviennent.

Dis -donc, GrĂ©be, tu veux que j 'aille te calmer, oui ? Ça ne sera pas long, tu

sais. Bien un peu, ça nous dissera. C

'est lui.

Et ? Enfin.

Alors, gagné !

Laissez -moi souffler. Propos d 'une mercerie en pĂąle.

Mes chers

amis.

Vous m 'avez confié 5000 francs. Voilà ce que je vous rapporte.

Et encore ça. Pour faire le jour.

Demain de suite, mes enfants, et la derniÚre a passé huit fois.

Une seconde, une seconde. J 'ai une proposition Ă  vous faire. Tu veux ta

commission ? Tu veux une barbe, toi ? Ah, je disais ça pour rigoler.

Avec l 'argent que je vous rapporte, nous avons de quoi vivre trois mois ou

vivoter un an.

AprÚs, il faudra se remettre la ceinture. D 'ici un an. Ah, ça passe

mais pĂšre Longereau est toujours tout en noir. C 'est son habitude. Laisse -moi

m 'expliquer quand mĂȘme. Oui, mon chĂ©ri, oui. TrĂȘve de plaisanterie.

Puisque nous n 'avons pas réussi tous ensemble, je vous propose de nous

le magot.

Et d 'aller tenter notre chance, chacun de son cÎté, aux quatre coins de la

sphĂšre. Une sphĂšre n 'a pas de coin. Tu m 'as trĂšs bien compris.

Vous direz ce que vous voudrez, mais moi je trouve bizarre qu 'aprĂšs avoir

traĂźnĂ© la mouise ensemble, nous nous sĂ©parions le jour oĂč arrive l 'Afrique.

Oui, mais si mĂȘme sĂ©parĂ©s, nous restions solidaires pour la bonne et la mauvaise

fortune. Solidaires ? Comment solidaires ? Tu as une idée ? Fantine, convenons

que tout ce que nous gagnerons appartiendra à la communauté et fera l

'un partage.

Exactement. Et si l 'un de nous s 'enrichit, tout le monde en profitera.

défend. Combien de temps nous accordes -tu pour devenir millionnaire ? Deux

Ah non, tu es optimiste. Non, je propose dix ans. D 'accord.

C 'est trop ou pas assez ? Mettons -en cinq.

Bon, d 'accord.

Mais s 'il arrivait malheur Ă  l 'un de nous d 'ici lĂ  ? Les autres en

bénéficieront. Non, on ne parlait pas de ça.

On doit tout prévoir. Alors, il faudrait rédiger un contrat en bonne et due

forme. Et par devant notaire. Pourquoi pas ? Et vous avez une idée de l

oĂč vous allez vous rendre ? Il n 'y a qu 'Ă  s 'en mettre au sort.

Je donne l 'exemple.

Dakar. À moi.

Bué nos airs.

Attention, madame.

Terre de feu. Oh non, c 'est trop chaud, ça. Non, non, je vais retirer.

Rien Ă  faire.

La France.

Tu ne veux pas permuter... Rosaville.

Nous serons voisins, Jean -Nico.

L 'Atlantique. Ah non, je retire.

Non, non, non, allez.

C 'est votre adresse, on vous écrira. Mais monsieur, je n 'ai pas terminé. Qu

'est -ce qu 'on vous dit qu 'on vous écrira ? Tiens, tiens.

Allez, au suivant.

Mais laissez -moi passer, non, mais qu 'est -ce que c 'est que ça ?

Malou Mila.

Mila Malou. Oui, comme elle dit.

Oh, dites -donc, hein, on n 'a pas gardé les dindons ensemble.

Et puis, je voudrais un peu de recueil, s 'il vous plaĂźt. Un peu de quoi ? Un

peu de calme, un peu de recueil, quoi.

C 'est une chanson dramatique.

On se part.

Ecoutez, mademoiselle, voulez -vous passer, oui ou non ? Mais, monsieur, je

dis rien.

Je causais avec la pianiste.

Allez, vas -y, cocotte. Et hu ! Par la fenĂȘtre.

M. Santerre. Prenez votre tour. Mais je dois... LĂ  -bas, comme les autres.

Mlle Barbarina, alors, alors, qu 'est -ce que vous attendez ? VoilĂ , voilĂ .

Allez, allez, allez, dĂ©pĂȘchons, dĂ©pĂȘchons.

Insulté ? T 'as pas entendu ? Il m 'a dit, on vous enverra un pneu. Mais c

pas une insulte, ça. Non, tu sais pas ce que ça veut dire, on vous enverra un

pneu. Ça veut dire que vous ĂȘtes un clou.

Hein ? Tout ça parce que je suis pas une chanteuse à voix.

Parce que j 'ai pas la bouche en cul de poule.

Rappelle -toi ce que je te dis, hein. Je ne fonds pas 12 heures la minute, mais

j 'arriverai tout de mĂȘme. J 'en suis sĂ»r. Et je te jure que quand je serai

modùle, ce cochon là me le paiera. À genoux qu 'il viendra me demander. À

! Et j 'y répondrai crotte, crotte, crotte.

Vous avez été trop en mufle, monsieur.

Vous n 'avez pas su me prendre.

Quand la fÚve montait, quand j 'étais encore un bonjon.

TrĂšs bien, mon ami. TrĂšs bien. Continue.

C 'est fini lĂ  -bas ? Non, monsieur, c 'est pas fini.

Mon ami a Ă  vous causer.

Alors, tu y vas ? Oh, je t 'en prie.

Monsieur, je m 'appelle Venceslas Boroboyechik.

Ce n 'est pas ma faute.

Je suis commissaire Ă  la police judiciaire.

Évidemment, vous n 'avez pas de chance.

Et l 'amant de mademoiselle Mila Malou.

Alors, un bon conseil, changez de nom de métier et de maßtresse.

Un conseil en bout un autre, monsieur. Changez de ton.

Je crois qu 'il est inutile de prolonger cette conversation.

C 'est aussi mon avis.

Vous voyez qu 'on peut toujours arriver Ă  se mettre d 'accord.

Merci. On vous écrira.

Au suivant.

Monsieur. PĂšre Longjour.

Monsieur PĂšre Longjour.

Alors, monsieur, on vous attend.

Sentaire.

OĂč es -tu ?

Toi ? Non, non, ne bouge pas, je viens te chercher.

Renvoyez tout le monde.

Viens, monsieur.

Ah, mon vieux, je suis content de te voir.

Tu ne peux pas t 'imaginer ce que ça me fait plaisir.

Cinq ans. Ah oui, cinq ans.

Les auditions sont terminées, là. Et nous, alors ? Il y a trois fois que je

reviens. Tout Ă  l 'heure, quand on ne peut pas ploter les fĂȘtes. Vous

la semaine prochaine.

Allez, viens prendre un verre.

Tu ne l 'as pas changé, tu sais.

Un peu bruni, c 'est tout. C 'est tout.

Tu as réussi à ce que je vois.

Ben oui, j 'ai le Palladium Ă  Paris, deux musicaux Ă  Berlin, deux autres en

Belgique et un Ă  GenĂšve.

Et toi ? On te nettoyait.

Ah, tu exagĂšres. Pour revenir en France, j 'ai encore eu la veine de trouver une

place de soutien sur un cargo bien au chaud. Oh, mon pauvre vieux. C 'était

prévu. J 'avais eu trop de veine au quart de ce soir -là. J 'ai épuisé ma

d 'un seul coup. Ah, t 'en fais pas. J 'ai remporté assez pour deux. Ah non.

Non, et non, je refuse.

D 'ici quinze jours, j 'aurai repris la mer.

Seulement, je ne voulais pas manquer le rendez -vous.

Un point, c 'est tout.

Mais tu oublies nos conventions.

Il y a un contrat, mon vieux.

Oh, ben, on pouvait pas tous réussir, naturellement.

Mais toi et moi, ça fait une moyenne.

Et une bonne, je t 'assure.

Tu as eu des nouvelles des autres ? Quoi ? Ah, non, et toi ? J 'ai rencontré

Jernico à Brazzaville pendant un congé.

On avait mĂȘme parlĂ© de monter une affaire de prospection ensemble.

Seulement, ça n 'a pas marché, alors nous nous sommes séparés.

Pourquoi ? Oh, les histoires.

Sans intĂ©rĂȘt. Des histoires de femmes, naturellement.

Il y a toujours une femme dans les histoires.

A quel hĂŽtel es -tu descendu ? Nulle part pour le moment.

Tiens, j 'y pense.

Tu me rendras ça aprÚs le partage ? Merci, mon Dieu.

Tu plaisantes.

Nom de... Quoi ? Qu 'est -ce qu 'il y a ? L 'Aquitaine est arrivée aujourd 'hui

Ă  Marseille.

Un accident a marqué la traversée. La victime est un monsieur Namotte. Namotte

Retour d 'Afrique. L 'Aquitaine venait de quitter Dakar lorsque le cri tragique

d 'un homme à la mer retentit sur le pont supérieur.

Le paquebot stoppa aussitÎt, mais malgré d 'actives recherches, on abandonna

bientĂŽt tout espoir de retrouver le malheureux passager. On ne sait Ă  quelle

cause attribuer cet accident.

T 'as surveillé l 'escalier ? Mais je te jure que tu te fais des idées. Qu 'est

-ce que tu te dis que je l 'ai vu ? Mais rien ne prouve qu 'il soit ce que tu

penses. Je ne tiens pas Ă  ce qu 'il fasse la preuve sur moi.

Alors ? Ah, c 'est toi, Jean ? Dis -donc, je viens de recevoir un

Gernico. Il arrive ce soir.

Bien.

J 'y serai.

Attends -moi ici, je reviens dans un quart d 'heure.

Qu 'est -ce que c 'est ?

Monsieur, c 'est un monsieur qui demande, monsieur.

Monsieur Gernicot ?

Je ne sais pas, monsieur. Il n 'a pas voulu dire son nom.

Mais si monsieur veut me permettre de donner mon avis Ă  monsieur, Ă  la place

monsieur, je ne recevrai pas ce monsieur. Il a un air tout drĂŽle, tout

vous ne me demandez rien.

Filez ! Dibarassez le plancher, allez, oust ! Qu 'est -ce qui te prend, Marcel

En voilà une entrée.

Renvoie ton bruit, veux -tu ? Son bruit ? Merci, Fabien. Vous pouvez aller vous

coucher, je fermerai.

Monsieur est sûr qu 'il n 'aura plus besoin de moi ? Tout à fait sûr.

Bonsoir. Bonsoir, monsieur.

Qu 'est -ce que tu as ? Tu es malade ? C 'est l 'orage.

J 'ai jamais pu supporter l 'orage, tu le sais bien.

Le tonnerre, ça me met les nerfs en flotte. Ce n 'est pas le tonnerre qui te

dans un état pareil.

Regarde -toi dans une glace, tu as l 'air d 'un homme affolé, traqué.

Ça se voit tant que ça ? C 'est pas possible, tu es devenu fou.

Pas encore, mais ça vient, je le sens.

C 'est la mort de Namotte qui t 'a frappé à ce point -là ? Tu sais comment

est mort ? Il est tombé à la mer.

On l 'a jeté par -dessus bord, tout simplement.

Assassiné ? Bon, ça a été du travail bien fait, ça.

Bon Dieu, je souffre.

Écoute, je t 'en prie, maütrise -toi un peu. Oui. Qu 'est -ce que c 'est que

cette histoire ? Tu dis qu 'on a jeté Namoth par -dessus bord, mais qui ? Je

sais pas.

Namoth ne savait pas lui non plus.

Mais il sentait venir le danger.

Il avait hĂąte de quitter l 'Afrique.

Il me l 'a dit quand nous sommes rencontrés à bord.

Et puis le soir du drame.

Eh bien, c 'est moi qui suis arrivé le premier sur le pont supérieur et j 'ai

cru voir une ombre qui s 'enfuyait.

Tu es sûr ? Par des nuits comme ça, on n 'est sûr de rien.

C 'est si peu de choses, une ombre.

Jean ! Jean ! Vous ne vous attendiez pas Ă  me trouver

? Au contraire, je pensais justement Ă  vous quand j 'ai entendu votre voix.

C 'est ce qui m 'a fait sursauter.

Moi, bonsoir tout de mĂȘme.

Bonsoir, Lolita.

Bonsoir, Jean.

Bonsoir, ma petite Lolita.

Bonsoir, mon petit Jean.

Regardez ma main.

Votre alliance.

Je me suis mariée un an aprÚs votre disparition.

C 'est ce que vous m 'avez dit lĂ  -bas.

Jernico est chez Santé, hein ? Oui, depuis dix mois.

Et vous montez ?

Non, je gĂȘnerai tout le monde. Des amis qui se retrouvent n 'ont pas besoin d

'une femme entre eux.

Alors, Ă  tout Ă  l 'heure.

Vous partez ? Oui, ils doivent m 'attendre lĂ  -haut. Ils vous attendront,

Entrez un instant.

Entrez ! Quelle autorité !

Toujours le mĂȘme personne.

Toujours.

N 'aime pas le changement.

Maintenant, mon petit Jean, écoutez -moi bien.

J 'ai une question Ă  vous poser.

Tùchez d 'y répondre franchement.

Il y a deux ans, vous avez quitté Dakar sans un mot d 'explication.

Pourquoi ĂȘtes -vous parti ? Je ne suis pas parti, je me suis sauvĂ©.

Il y a une... Pourquoi ? Vous savez bien, Gernico vous l 'a dit.

Mon mari ? Mais il était plus étonné que moi.

Gernico ne vous a rien dit ? Il était stupéfait de votre disparition.

Stupéfait ? Eh bien, il ne fallait pas.

Non, j 'ai quitté Dakar parce que j 'allais faire une sottise, simplement.

Sottise de quel genre ? Du genre folie.

J 'allais vous offrir de partager ma pauvreté, sans penser que la richesse qu

'on partage paraßt deux fois plus légÚre, tandis que la misÚre devient

plus lourde.

Oui,

j 'allais faire cette folie.

Heureusement, il y avait prĂšs de moi Gernico, un ami, un excellent ami, le

meilleur des amis, qui m 'a fait comprendre Ă  temps qu 'il valait mieux m

'effacer.

VoilĂ , vous ĂȘtes fixĂ©.

OĂč allez -vous ? Remerciez mon ami. Non, ne faites pas ça. Soyez rassurĂ©, je

vous le rendrai en bon état. Non, restez tranquille jusqu 'à demain.

Ce que je viens d 'apprendre m 'a bouleversé. J 'ai besoin d 'un peu de

pour réfléchir.

Cette nuit peut changer beaucoup de choses. Rentrez chez vous. Quand je lui

aurai dit ce que j 'ai sur le cƓur. Non, tout de suite. Ne me demandez pas ça.

Je ne vous le demande pas, je vous en prie. Mais non.

En souvenir du soir oĂč nous nous sommes rencontrĂ©s lĂ  -bas.

Vous vous en souvenez ? Je ne me souviens de rien, j 'ai tout oublié.

J 'ai eu assez de mal.

Moi, je n 'ai rien oublié. Je vous raconterai. Ce sera comme si nous nous

retrouvions. Je ne veux pas jouer aux souvenirs. Allons, Jean, ne vous faites

pas plus mĂ©chant que vous n 'ĂȘtes.

Donnez -moi votre numéro de téléphone.

Je vous appellerai demain.

D 'ici là, allez dormir. C 'est moi qui vous réveillerai.

Merci.

Je me rendais fou.

Alors, je suis rassurée.

Vous serez sage.

Tout de mĂȘme, Namotte a pu tomber Ă  l 'eau par accident. Comment ? C 'Ă©tait

un type à avoir le verté, je vois saouler la gueule. Mais non, ça ne tient

de vous.

Et tu n 'as pas pensé à un suicide ? D 'autres y ont pensé.

Ça ne colle pas non plus.

Nous blaguions ensemble dix minutes avant sa mort. Tu ne le vois pas me

pour enjamber le baston et gage dans un accÚs de fiÚvre chaude. On lui a réglé

son compte, tout simplement.

Et puis, ce n 'est pas fini, ça ne fait que commencer.

Namotte a été le premier.

Demain, ce sera mon tour.

Ou le tien.

Dis -donc, Marcel.

Tu ne te droguerais pas, par hasard ? Moi ? Oh lĂ  lĂ  ! Trois ou quatre pipes

temps en temps, c 'est pas ça qui pourrait me faire divaguer.

Non, crois -moi, Henri.

Je suis condamné, je le sens.

Et toi aussi, tu es condamné.

Et les autres aussi.

Nous y passerons tous.

Tous.

Tu es complÚtement cinglé.

Non, tu ne peux pas comprendre.

Si tu l 'avais vu comme moi... Mais qui ?

Sur le quai, avant le départ de l 'Aquitaine.

Il y avait un homme, une espĂšce de bong qui me fixait. Ah oui ? Et alors ? Je l

'ai cherché dans tout le bateau, rien à faire. Et pourtant, j 'aurais dû

reconnaĂźtre son bandeau noir.

Il était resté à terre, voilà tout. Voilà tout.

Alors comment expliques -tu que je l 'ai retrouvé à Marseille en débarquant ?

Ici mĂȘme, Ă  Paris ? Évidemment.

Ça commence tout de mĂȘme Ă  t 'impressionner.

Qu 'est -ce que tu dirais si tu le voyais de tes fenĂȘtres, en train de nous

guetter ?

Mais en admettant que ton bonhomme existe, pourquoi nous en voudrait -il ?

'as pas beaucoup d 'imagination.

Ça, je n 'en ai jamais eu.

Suppose que le type soit au courant de notre association.

Namotte était riche, je le suis.

Toi, tu ne t 'es pas mal défendu.

HonnĂȘtement ? HonnĂȘtement, pas, ça m 'est Ă©gal.

Le fait est que tu as rĂ©ussi et que les copains ont pu rĂ©ussir de la mĂȘme façon.

Bon, perdons le jour, n 'a pas un sou. Et aprĂšs, mĂȘme si Gris et Tignol sont

dans la mouise, chaque fois que l 'un de nous disparaĂźt, la part des autres s

'accroĂźt en proportion.

Alors ? Alors, si je ne me trompe pas.

On nous supprimera successivement.

Quand il n 'en restera plus qu 'un Ă  abattre, celui -lĂ  sera archi

-millionnaire.

L 'autre n 'aura plus qu 'Ă  frapper son dernier coup et passer Ă  la caisse.

Tiens, tu es trop bĂȘte, tu me dĂ©sarmes.

Tu auras dû écrire des feuilles de ton.

Tu ne me crois pas ? Tu as tort.

Je ne sais pas si c 'est l 'habitude de vivre avec les nĂšgres, mais j 'ai pris

lĂ  -bas une espĂšce d 'instinct.

De pression.

Je sens la menace sur nous.

Une menace terrible.

C 'est nerveux.

Peut -ĂȘtre bien, mais j 'ai peur.

TrĂšs peur.

Quel chaleur.

C 'est de quoi crever ici.

Attends, je vais faire un courant d 'air.

Marcel, tu es blessé ? Il m 'a eu.

Attends.

Relaisse, c 'est trop tard.

Dans la voiture, au coin de la rue.

Ma femme, en danger.

Allez chercher.

Mais vite.

Oui. Qu 'est -ce qui se passe, monsieur ? Prévenez police secours et téléphonez

tout de suite au docteur Langlois. Je reviens. Oui, monsieur.

Oui.

Police, secours ! AllĂŽ, allĂŽ ? Il n 'y a plus personne au bout du fil.

Tiens, demande d 'oĂč vient l 'appel.

Nous n 'avons rien.

On n 'a pas du raccrocher, la sonnerie d 'appel ne fonctionne pas.

Pendant les renseignements... Attends -toi.

J 'entends quelqu 'un qui gémit.

Ça par exemple.

J 'ai mĂȘme pourtant laissĂ© la porte ouverte.

Je n 'ai pas mes clés.

Mais qu 'est -ce qu 'il fait ?

C 'est affreux d 'attendre comme ça.

Comment tu étais là ? J 'étais dans l 'escalier quand on a entendu sonner. On

vient de tuer Gernico, mon vieux.

Par ici ! OĂč est -il ? Mais...

Fabien !

Fabien !

En somme, vous n 'avez rien vu.

Non, mais j 'ai senti.

Vous n 'avez pas autre chose Ă  ajouter ? Si, monsieur l 'inspecteur. Une

observation personnelle. Allez -y. Étant donnĂ© qu 'il est impossible d 'assurer

un service convenable dans une maison oĂč l 'on escamote les cadavres et oĂč l 'on

massacre le personnel, j 'ai le regret de demander ma liberté à monsieur

Santerre. Oui, mais ça, c 'est une affaire entre vous et lui.

J 'espérais trouver le coupable. Le coupable ? Il faudrait d 'abord

victime. Tiens, monsieur le commissaire, nous ne vous attendions plus.

J 'ai Ă©tĂ© attardĂ© par une petite partie de pĂȘche. Par cet orageux, on est sĂ»r de

ne pas rentrer brodouille.

Regardez ce que j 'ai attrapé dans une flaque, juste en face de chez monsieur

Santerre.

Belle piĂšce.

Le revolver n 'appartient pas par hasard Ă  l 'un d 'entre vous.

Approchez, approchez, pas peur, ça ne mord pas.

Non, il n 'y a pas d 'amateur ? Adjouez.

Monsieur le commissaire, voici les dépositions.

Madame Gernicot, monsieur Perlon -Jour, monsieur Santerre.

Il nous aurait dit que nous nous rencontrerions si vite, monsieur

Oui, madame.

Vous ĂȘtes souffrant ? Non, ça ira.

Je sais ce que cet interrogatoire peut avoir de pénible pour vous. Je m

'efforcerai d 'ĂȘtre... Bref.

Allez -y.

Depuis votre arrivée à Paris, vous n 'avez rencontré personne de connaissance

Non, personne.

Vous n 'avez pas bougé de la voiture pendant l 'absence de votre mari ? Non.

C 'est -à -dire, j 'étais descendue quelques minutes avant que M. Santerne

vienne me chercher.

Je me sentais nerveuse, angoissée.

Parfaitement, parfaitement.

Il pleuvait Ă  ce moment -lĂ .

Oui, je crois.

Une verse assez violente.

Peut -ĂȘtre.

Je ne sais pas, je ne sais plus.

Ça ne signifie pas grand -chose.

Moi -mĂȘme, j 'adore marcher sous la pluie.

Monsieur Berlonjour, vous avez quitté votre hÎtel à 11h. Vous avez donc mis 40

minutes pour venir jusqu 'ici.

Je me suis abrité sous un porche pendant la rave. Ah, voilà.

Vous ĂȘtes trompĂ©.

Parce que, quand j 'ai vu que la pluie commençait Ă  tomber... Vous ĂȘtes sorti.

J 'ai compris.

Vous avez peur de l 'orage, mais vous ne craignez pas la pluie. Tout s 'explique

avec un peu de bonne volonté.

Vous lisez Montaigne, M. Santer ? Ce n 'est pas mon droit.

C 'est votre devoir.

C 'est notre devoir Ă  tous.

Il a écrit de bien belles pages sur l 'amitié, Montaigne.

Vous avez une grande amitié pour M. Gernicot.

Nous avons vécu ensemble huit ans.

Ça, c 'est pas une peur.

La victime a été touchée de face.

Oui, en pleine poitrine.

Et au moment du meurtre, vous vous trouviez dans l 'encadrement de cette

fenĂȘtre. Mais qui vous dit le contraire ? Personne.

Évidemment.

Je vous préviens, monsieur le commissaire, que je ne suis pas trÚs

Vous ferez comme moi, vous le deviendrez.

Vous permettez, je suis un peu collectionneur. Non, mais je vous en

ĂȘtes chez vous.

Patient, mais collectionneur.

Jolie copie.

Une copie, mon coran, vous ĂȘtes fou.

Tout le monde peut se tromper, mais pourtant, si j 'étais vous... Je la

expertiser.

J 'ai un icĂŽne qui est tombĂ© juste en face de la fenĂȘtre.

Oui, sur la carpette.

La carpette ? Ben oui, la carpette.

Oh, ça par exemple ! Elle a disparu ? Ben, vous voyez bien.

Vous voyez, je vois que je ne la vois pas.

Vous vous croyez trĂšs spirituel ? Oui, patient, mais spirituel.

Rassembleur. Pourquoi le corps disparaĂźt, la carpette aussi, tout se

Vous pensez qu 'on a enveloppé le corps dans le papier ? C 'est une explication.

Vous en avez peut -ĂȘtre une meilleure Ă  nous proposer ?

Certainement non, mais moi j 'en cherche pas, c 'est ma force. Enfin, on n

'enlĂšve tout de mĂȘme pas un cadavre sans raison. L 'assassin doit en avoir une,

excellente encore.

Laquelle ? Je ne suis pas l 'assassin.

Vous savez que mon mari portait toute sa fortune sur lui.

Oui, j 'ai lu.

Les diamants dans une ceinture, c 'est imprudent.

Enfin, les banquiers ont une telle réputation aujourd 'hui que... On n 'a

-ĂȘtre pas eu le temps de le dĂ©jabiller. Peut -ĂȘtre. Vous croyez ça, vous ? Je ne

crois rien.

Je suis patient, mais incrédule.

Alors ? Alors je me promĂšne, je regarde, je parle, je parle, parce qu 'en

parlant, j 'ai l 'illusion de penser.

Oui. Et pendant que vous parlez, le meurtrier s 'enfuit.

Quel meurtrier ? Ah, le borgne mystérieux. Un borgne qui commet un

colle pas un bandeau pour se faire remarquer.

D 'ailleurs, ce soir, personne ne l 'a vu, ce borgne. Pardon, monsieur Vance.

Moi, je l 'ai vu.

Vous ?

Au moment de l 'entrée ici, à la porte de l 'escalier de service.

Et tu ne le disais pas ? Au milieu de toutes ces émotions, j 'avais oublié.

Ben voyons, c 'est tellement naturel.

Permettez, madame.

Je suis indiscret de nature.

Patient, mais indiscret.

Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Un numéro de téléphone.

Merci.

C 'est le titulaire du numéro que je voudrais connaßtre.

Est -ce que je suis obligée de répondre ? Certainement non.

Nous dirons que c 'est un numéro...

Personnel.

Vous avez fini ? Pardon ? Je vous demande si vous avez fini.

Je ne comprends pas. Vous ne comprenez pas que nous en avons assez de vos

sourires et de vos sous -entendus ? Calmez -vous, jeune homme.

D 'abord, qu 'est -ce que vous fichez ici au lieu de courir aprĂšs le meurtrier

Qui vous dit qu 'il n 'est pas ici ? Chacun de vous a eu la possibilité.

Vous nous accusez ? Je n 'accuse pas.

Je constate un fait.

Alors, qu 'est -ce que vous attendez pour nous arrĂȘter ? Une preuve.

Je suis patient, mais... circonspect.

Ah, un dernier mot.

Dans votre association, vous étiez six.

Jernico est tombé ici, Namad disparu en mer.

Voyez, oui.

Probablement. Il en manque encore deux. Oui, Tignol et Grib.

Grib ? Georges Grib.

Vous le connaissez ? Vaguement.

Il est Ă  Paris ? Je vais m 'en informer sans tarder. Je suis patient et

consciencieux. Messieurs, madame.

Messieurs.

Bonjour, monsieur.

Bonjour, commissaire.

Bonjour, commissaire.

Passez -moi la fiche de Joe, voulez -vous ? Quel Joe ? George Grip dit Joe,

celui des pochettes, le seul, le vrai.

Mon petit Joe Ă  moi.

Vos gosses vont bien ? J 'en ai un par le sixiĂšme.

Eh, la police en fiche un coup.

VoilĂ  votre client.

Merci.

Il a fait des blagues ? Vous direz ça.

Alors, la brigade spéciale ?

Mais j 'irai aprĂšs.

Donne -moi un carreau.

CƓur. Sans atout.

Bien, alors je donne.

Bonjour.

Tiens, bonsoir, monsieur Vance.

À qui en avez -vous aujourd 'hui ? Je regrette, mais c 'est pour toi que je

viens. Pour moi ? Ah, ce que si vous vous trompez, monsieur Vance. Depuis que

suis rentré de ville légitime, on n 'a pas eu ça à m 'emprunter.

Qu 'est -ce que vous prenez ? Invitez le monde.

Invitez le monde.

Qu 'est -ce que tu fais en ce moment ? C 'est fait.

Comme métier ? Bricole.

Un petit boulot par lĂ .

Tu sais ce que c 'est ? Ça a l 'air de te rĂ©ussir.

On y va.

C 'est bien hypé, bien beauté.

Ah, pour les pompes, ça va.

C 'est du croco.

J 'ai soigné, hein ? Deux essayages.

Tu te fais chausser sur ma jure, maintenant ? J 'ai les pieds sensibles.

Et tu t 'es payé ça en bricolant ? Non.

J 'ai eu un tuyau pour taille dimanche.

Un Ubisoft dans la quatriĂšme. Il a fait du 20 contre 1.

C 'est joli, mĂȘme pour un outil d 'air. Je te crois.

Vas -y, dans ton par -dessus, il est tout neuf lui aussi.

C 'est gagné à Longchamp.

Vas -y, barre dans la troisiĂšme.

182 francs pour ce conçu. Ah voilà, t 'as ramassé ton compréhension en gain, t

'es grave Ă  ta maison et t 'as montre Ă  Vincennes.

Vous ne pouvez pas regarder, monsieur.

Jamais Ă  Vincennes, il y a trop de combines avec les trotteurs.

Moi, les combines, ça me dégoûte. En somme, tu passes toutes tes journées sur

champ de course.

Ah, pour raison de santé, hein. Faut pas confondre.

Ça me fait prendre l 'air. J 'ai toujours Ă©tĂ© un peu faible du poumon.

Vous comprenez ? Oh, voyons ! Une intempérament compréhensive.

Maintenant que nous sommes fixés sur l 'emploi du temps de tes aprÚs -midi, si

on parlait un peu de tes soirées.

Mes soirées ? Oui, il y a ça, par exemple. Qu 'est -ce que t 'as fait ?

soir ? Attendez, non.

Ah ben, hier soir, j 'étais au ciné.

J 'y vais tous les vendredis, de fondation.

On jouait un film avec du sentiment.

Je ne sais pas si vous ĂȘtes de mon avis, j 'adore le sentiment.

Ça me remue. Nous sommes deux sentimentaux.

AprÚs le cinéma ? Je rentre me coucher.

Accompagné ? Là, là, vous me parlez pour un gamin.

Le dodo, c 'est sacré.

Dans la journée encore, je ne dis pas une fois de temps en temps, quand il

pleut.

Mais la nuit, je dors.

Ta concierge t 'a entendu rentrer ? Je m 'étonnerais.

C 'est un vieux chameau, elle laisse la porte ouverte toute la nuit pour pas

avoir le cordon à tirer. Moi, ça m 'a rien de prouver que t 'as passé la nuit

chez toi.

Vous avez eu un alibi, M. Vance, t 'allais pas venir au lieu de tourner

du pot.

J 'aurais dit tout de suite que j 'en avais pas.

T 'as de la chance.

Hein ? Si t 'avais eu un alibi, moi, je te bouclais sans hésiter.

C 'est une blague.

Du moins que t 'as pas d 'alibi, c 'est que t 'en as pas besoin. Si t 'avais été

dans le coup, t 'aurais trouvé deux tauliers et trois arceaux pour jurer qu

'elles avaient fait la blotte avec toi jusqu 'Ă  5h du matin.

Alors, vous me soupçonnez plus ?

Non, je n 'ai jamais beaucoup soupçonné d 'ailleurs.

Qu 'est -ce qui s 'est passé hier soir ? On a tué un de tes anciens copains,

Jernico.

Jernico ? Oui, il s 'est fait descendre en arrivant Ă  Paris chez Santerre.

Quoi alors ? Vous étiez associés, si j 'ai bien compris ? Oui, des

moments, ils jeûnaient.

Non, mais on était des amis, des vrais.

À propos, tu sais que tes copains attendent ta visite ?

Comment, non ? J 'attendais un garçon qui s 'appelait Grib, un garçon que j

beaucoup connu, qui avait de l 'avenir, et qui est mort bĂȘtement, lui aussi.

C 'est Joe qui vous le dit ? Nous parlerons de ça.

Adieu, Joe.

Au revoir, Mr. Vance.

Prenez le jour en filature et faites -vous votre apporte tous les matins.

Et voilà, ça s 'est bien passé ? Bon, simple formalité pour confirmer nos

déclarations d 'hier.

Monsieur Pierre Longereau ! Est -ce que je peux vous dire combien je vous ai

trouvĂ© admirable hier soir ? Vous ĂȘtes une jeune femme, presque une enfant, et

vous avez supporté le choc mieux que nous des hommes faits. Je n 'y ai aucun

mérite, monsieur Santerre. Je n 'étais pas l 'amie de mon mari.

Ma franchise vous gĂȘnera peut -ĂȘtre, mais je n 'aime pas l 'hypocrisie.

Je ne mens que quand c 'est indispensable.

Mais vous n 'Ă©tiez tout de mĂȘme pas des ennemis.

Pire des étrangers. Un de ces couples qui vivent de profil.

Je vous choque.

Je me suis peu habitué à la franchise.

Je le regrette parce que je vais ĂȘtre franche jusqu 'au bout. J 'ai un grand

service Ă  vous demander.

Je vous en prie.

En dehors des diamants, Marcel portait toutes nos économies sur lui.

Il me reste 2000 francs dans mon sac.

Oh non, vous avez mal compris.

Ce que je désire, c 'est du travail.

Vous avez un métier ? Quand Marcel m 'a connue, je passais dans un musical à

Dakar. À vous chanter ? Non.

Tenez.

À quoi pensez -vous ? Je le devine, allez. Non.

Simple coĂŻncidence.

Vous me croyez ? Je ne sais pas, mais je vous attendrai demain au Palladium pour

signer votre engagement.

Merci.

De la grùce, du naturel, c 'est bien ce que vous désiriez, n 'est -ce pas ? Oui,

trĂšs bien, allez, allez.

Attention, ne bougeons plus.

Bon, et n 'oubliez pas que la photo passe de ma soie sur deux colonnes. Oui,

oui, monsieur Santerre, nous sommes parfaitement d 'accord. Et comme

nous mettons mademoiselle Lolita, la nouvelle vedette du Palladium, surprise

dans sa loge, Ă  l 'improviste.

À l 'improviste, c 'est ça, c 'est parfait.

Vous ĂȘtes contente ? Je serais difficile si je ne l 'Ă©tais pas.

Costume, affiche, journaux.

Depuis dix jours, vous ne me refusez rien.

Ça fait compensation.

Vous dites ça ? Je ne dis rien, mais je n 'en pense pas moins.

Au revoir, jeune homme.

Au revoir.

Bonsoir, M. Sandé.

Bonsoir, madame.

Eh, lĂ , dites -donc, faites attention.

Un peu fou, il a démarré chez mes bigousies.

Allons, pancrette, allons, allons.

C 'est vrai, il m 'en reste déjà plus tellement.

D 'abord, qu 'est -ce que vous venez foutre ici ? Déshabillée, mademoiselle.

Mais si je suis trop, je peux repartir.

Non, non, restez, PĂąquerette.

Je dois ĂȘtre revenue ici dans une demi -heure pour mademoiselle Nid.

Ah, voilĂ  une que je regretterai pas.

Heureusement qu 'elle finit ce soir.

Elle chante faux.

Elle ne danse pas.

Et elle se lĂšve que les jours oĂč il y a matinĂ©e parce que son ami vient la voir.

La prochaine fois, PĂąquerette, avant d 'engager des artistes, je vous

consulterai. Vous feriez pas mal.

Non, mais sans blague.

Ça serait bien de faire ça avec vous, surtout en ce moment.

Pourquoi en ce moment ? Parce qu 'une habilleuse, c 'est fait aussi par des

habillĂ©s. Donc, vous avez fini ? Vous ne montez pas la tĂȘte, ma mignonne.

Monsieur s 'enterrait comme ça avec toutes ces dames.

Oh, si l 'on peut dire.

Allez, fichez -moi le camp, par contre. On vous a assez vu.

Si mademoiselle Lolita a besoin de quelque chose, je vous remplacerai. Il

mademoiselle. Allez, allez, je suis de taille à me défendre. Emportez cette

robe, hein. Oui, allez. Je vais m 'envoyer un petit fromage de tĂȘte. Vous

gourmand ? J 'aime les douceurs. À mon ñge, c 'est le seul vice qui me reste.

Avec la boisson comme de juste. Ça va, ça va, ça va.

Allez, fuyez, douce image.

Embrassez -moi.

Qu 'est -ce qui vous prend ? Sur le nez.

Ni sur le nez, ni autrement.

Est -ce que vous vous rendez compte ? Mais puisque vous n 'aimiez pas, cher

Nico, vous me l 'avez dit vous -mĂȘme.

Je ne vous aime pas non plus.

Ça viendra, allez.

Je n 'ai jamais eu de chance avec mes directeurs. J 'en ai eu un Ă  Saigon, il

était enragé.

Un jour, que je descendais le petit escalier de la Seine, il s 'est

sur moi pour me mordre le pied. Le pied ? Mais c 'était un sadique.

Oui, mais lui, au moins, il Ă©tait complĂštement... Vous, vous n 'avez mĂȘme

cette excuse.

Allez, laissez -moi maintenant, il faut que je me change.

Je dois vraiment ? Écoutez, Santerre, vous avez toujours Ă©tĂ© trĂšs chic pour

Tu dis trĂšs chic.

Je croyais que c 'était désintéressé.

Je crois encore.

Alors lĂ , vous avez tort.

Non. Vous avez prouvĂ© que vous pouviez ĂȘtre trĂšs gentil.

Montrez -moi maintenant que vous ĂȘtes intelligent.

En me conduisant comme un imbécile.

Comme un ami.

Oui, c 'est bien ce que je voulais dire.

À demain.

RĂ©flĂ©chissez tout de mĂȘme.

Je viens vous présenter... Non, merci, j 'ai pas de temps.

Et maintenant, raconte -moi tes aventures. Oh, tu sais, mes aventures,

aventures... D 'abord, oĂč es -tu passĂ© ces cinq ans ? À Rouen.

À Rouen ? Rouen, c 'est l 'infĂ©rieure.

La ville des cathédrales.

Je te croyais parti pour la terre de feu. Ah oui, moi aussi seulement.

Tu sais, j 'étais parti plein d 'élans et puis à Rouen, j 'ai raté la

correspondance. Tu aurais pu prendre le prochain bateau. Oui, j 'aurais pu, j

'aurais pu, seulement... Je sais, l 'élan était brisé, puis... Le jour de

départ, j 'étais au lit avec les oreillons.

Ton ùge ? Je croyais que j 'avais les oreillons. Qu 'est -ce que c 'était ? Le

médecin a dit que c 'était nerveux.

La frousse ? Oh, frousse... Appréhension, quoi.

Mais alors, j 'ai réfléchi.

J 'ai pensé qu 'on avait autant de chances de rencontrer la fortune dans

ville populeuse que dans un désert.

Ben, plus mĂȘme, puisqu 'il n 'y passe plus de monde.

Ben, évidemment.

Et alors, j 'ai rencontré Marguerite.

Comme Faust ? Ben, oui, si tu veux. Enfin, avec cette différence que

était veuve.

Ils l 'ont appelée avant la veuve des galeries.

Enfin, oui, parce qu 'en mourant son mari, il lui avait laissé les galeries

parisiennes. Enfin, le grand bazar de la ville.

Quel ùge ta veuve ? Quel ùge ? Oui, enfin, le printemps, l 'été ou l

PlutĂŽt l 'automne.

Enfin, le début.

Tu sais, c 'est ravissant le début d 'automne. Les brouillards vaporeux, les

feuilles d 'or.

Tous les poÚtes ont aimé l 'automne. Non, tu ne vas pas me dire que tu aimes

femme. Si, au moment d 'un amour tempéré par du bon sens.

Oui,

en somme, tu as épousé le bazar.

C 'est -à -dire que c 'était pour moi la sécurité.

Tous les poÚtes ont aimé la sécurité.

Tu sais, on chante bien mieux l 'aventure les pieds dans des pantoufles.

Bref, tu es riche.

Oui et non.

C 'est -Ă  -dire, ma femme est normande, alors elle exigeait un contrat Ă  la mode

de Normandie.

L 'épée au cÎté.

Quoi ? Enfin, le régime d 'hÎtel.

Ah, je vois. Comme ça, tu n 'auras rien à partager.

Mais dis -donc, t 'es pas bĂȘte, toi.

Oui, mais non.

Enfin... Monsieur, c 'est une lettre pour un monsieur.

Bignol, Chignol, Rignol.

Tignol ? Tignol, c 'est moi.

Tu connais quelqu 'un Ă  Paris ? Non, personne, non.

Attends, je vais te donner quelque chose.

Tiens, voilĂ .

Bignole.

Ça veut mĂȘme pas dire...

Qu

'est -ce que tu as ?

Mais c 'est une mauvaise plaisanterie, William. Oui, je ne vais pas, je ne vais

pas. Mais non, tu es fou, Ă  peu de temps.

Tu ne me quittes plus, William. Mais oui, mais oui, sois tranquille, ne te

pas dans un état comme ça. Qu 'est -ce que tu veux, alors, parce que là, moi, j

'ai mieux aller mourir lĂ  -bas, chez moi, dans mon bazar.

Toutes ces armes ont été saisies sur des meurtriers.

Oh, ben vrai.

Il y a de quoi en tailler des crayons.

Mince de cnif, comme dirait Totote.

Totote, c 'est une copine.

Elle était petite femme avec moi à la porte Saint -Martin pendant le rosier de

Mme Misson.

Elle profitait de ce qu 'elle était rosiÚre pour s 'envoyer tous les

Des pompiers.

Je vous demande un peu si ça fait sérieux.

Ah là là, moi j 'étais avec le souffleur.

Un type trĂšs intelligent.

Au bout d 'huit jours, il soufflait toute la piĂšce sans tourner les pages.

C 'est vous dire qu 'il avait de la tĂȘte, hein ? Qui c 'est celui -lĂ  ? Papa

Voine et à cÎté Caserio.

Des assassins célÚbres. Oh, vous savez, moi, en histoire, je ne connais que des

assassins. Landru et Piravayac.

Landru, parce que j 'en ai entendu parler, et Piravayac, parce que je l 'ai

au musée Grévin.

Et celle -lĂ , qui c 'est ? Madame Lafarge et la voisine. La voisine ? Non,

voisine. C 'était son nom.

Ah,

je me demande si Montminet va venir.

Montminet ? Mais pas le vĂŽtre. Montminet, moi.

Vienne, ce quoi.

Ah, le commissaire.

Il a dit qu 'il arrivait tout de suite.

Oh bah tant mieux, parce que je commence Ă  la sauter. Je tiens pas encore Ă 

bouffer avec les chevaux de bois. Vous avez le temps, il est 8h15.

Mais il faut ĂȘtre un neveu au paladium pour les dĂ©buts de la belle Lolita.

En voilĂ  une qui me revient pas.

Je suis sûre que c 'est elle qui a fait le coup.

DĂšs que j 'ai vu sa photo sur les journaux, j 'ai dit Aven.

Mais elle a pas voulu me croire.

Ah là là, ça m 'étonnerait pas qu 'il se fasse un tichet de cette volaille.

Les hommes sont tellement tout.

Si je savais ça, qu 'est -ce que j 'y mettrais comme pùté à la peur.

Tiens, parler de pùté, ça me rappelle que j 'ai là -dedans.

Ne mets pas ton chapeau en faceur, c 'est pas ton genre.

Tu fais mal, mais on sent que ta mÚre t 'a couvé.

Allez, viens, trottons -nous. Alors, oui ? C 'est pour vous, monsieur le

commissaire.

Hein ? Oui, c 'est moi.

Gabe ? Quoi ? J 'avais confiance en vous, monsieur Vance. Et vous m 'avez

deux poulets Ă  mes trousses.

Je vous dis que je les ai semés.

Vous ĂȘtes un peu dĂ©gueulasse.

Mais malheureux.

Allo.

Bon Dieu.

Bon Dieu, Picard, Grimm s 'est tiré. Je l 'ai laissé filer. Tu vas monter à la

brigade des Garnis. Il faut le retrouver demain matin.

Et espérons que ce ne sera pas trop tard.

Mlle Lolita ? Oui monsieur, il y a cinq minutes.

Je vais la chercher.

J 'ai la maquette.

Tout ce que je sais, c 'est que depuis dix jours, j 'essaie de vous atteindre

sans jamais y parvenir.

On me rĂ©pond chaque fois que vous ĂȘtes chez le coiffeur, le bottier, le

costumier. Il fallait bien m 'habiller. Ou chez Gastine Ranet Ă  faire des

cartons. Il fallait bien que je m 'entraĂźne. Les assassins ne s 'en

pas tellement.

Ça ne les empĂȘche pas de tirer juste.

Pourquoi refusez -vous de souper avec moi ? Je vous ai déjà répondu que je ne

pouvais pas.

Vous retournez peut -ĂȘtre chez le costumier aprĂšs le spectacle pour un

essayage. Oh, n 'hĂ©sitez pas, Faty. Ça ne vous dĂ©plaĂźt pas les essayages, hein

Santerre entre et sort de la cabine. On lui montre chaque fois un coin de peau,

un morceau de cuisse.

Et le mĂȘme petit pression vous parcourt tous les deux.

C 'est pas ça ? Exactement.

Vous auriez dĂ» vous mettre Faty.

Avec qui sortez -vous aprĂšs le spectacle ? Devinez.

Je suis sûr que Santerre vous a invité.

Décidément, vous avez le don de W.

Vous voyez bien que vous faites la cour.

Mais naturellement.

Croyez -vous qu 'un homme aurait dépensé 50 000 francs pour monter mon numéro et

me faire de la publicité si je ne lui plaisais pas ? Alors vous l 'avouez.

Mais vous poursuivez, vous le laissez faire.

Tant qu 'il se contentera d 'un souper ou d 'une heure de conversation, ce n

'est pas moi qui le lui refuserai.

Je lui vois bien ça.

Ah, les femmes ont vraiment une morale Ă  elle.

Entrez.

Lolita, ça va ĂȘtre Ă  vous.

Oui, voilĂ .

Mais qu 'est -ce que tu fais dans cette loge, toi ? Je bavarde. Ce n 'est pas

mon droit.

Mon vieux, en principe, l 'accÚs des coulisses est interdit aux étrangers.

Ah, si je suis un étranger maintenant.

Mais non, que bĂȘte.

Seulement un soir de premiĂšre, il n 'y a pas de copain, tu comprends.

Lolita, vous venez ? J 'arrive.

Qu 'est -ce que ça peut te faire ? Qu 'est -ce que je vais t 'expliquer ? Mais

ne m 'explique rien du tout. Tu crois avoir ta puissance ? Eh bien, défends

Mais ne compte pas sur moi pour te ménager. Je te croyais mon ami. Je suis

ami comme tu es le mien, mais ça n 'a rien à voir.

Allez, au revoir.

Non.

Comme tu voudras.

Ah, dis -donc, Tignol est arrivé cet aprÚs -midi. Il est dans la salle avant

scĂšne B. Tu devrais aller le rejoindre. Je me fous de Tignol ! Bon, bon ! Les

copains, maintenant, c 'est ce que ça vaut.

Tu es le roi des idiots.

AllÎ, allÎ, la direction du Palladium vous présente maintenant celle que vous

attendez, Lolita, la reine de la cible.

Par ici.

C 'est vous, des salades ? Ça marche.

Or, quel désordre.

Vous attendez, mademoiselle ? Oui.

Malheureusement, il est tard. Je dois partir.

Sous -titrage ST' 501

Bonsoir mon chou, quelle bonne surprise. Bonsoir mon petit.

Je ne te demande pas comment tu vas, ça se voit tout de suite, tu as grossi. Ce

n 'est pas comme toi ma chérie, tu es un peu maigrichonne, tu as l 'air verte.

Le succÚs du spectacle, sans doute. Tu as toujours eu trop d 'esprit, ça te

perdra. SantĂšre m 'a suppliĂ© d 'ĂȘtre sa vedette, c 'est moi qui ai refusĂ©. Je me

réserve pour le casino.

Oh ben dis donc mon Dieu.

Mais qu 'est -ce qui se passe ? Il est mort ?

Il respire.

Il faut le faire transporter tout de suite.

Dans mon bureau.

Alors, qu 'est -ce qui se passe ? On vient de faire signer le téléphone tout

suite à la préfecture comme en Vatican.

Le téléphone, s 'il vous plaßt. Tout de suite à droite, mademoiselle.

Il a profité de votre numéro pour tirer impunément.

Son coup de feu devait fatalement passer inaperçu au milieu de la fusillade.

J 'ai trĂšs bien compris.

C 'est pas nécessaire.

Eh bien, docteur ? Rien Ă  faire. Il est mort sans avoir repris connaissance.

Vous devez ĂȘtre content de vous enterre.

Oh, je vous en prie.

Si vous m 'aviez prévenu comme je vous l 'avais demandé, nous n 'en serions peut

-ĂȘtre pas lĂ . Mais n 'insistez pas, je me fais assez de reproches. Un peu tard.

Un soir de premiĂšre.

On a tellement de choses dans la tĂȘte et puis je ne pouvais pas penser qu 'il

pourrait ĂȘtre un danger ici, au milieu de nous, en plein public.

La preuve.

Est -ce que M. Tingle

a reçu une lettre ici cet aprÚs -midi ? Oui, M. le Commissaire.

Approche, Pudding.

Qu 'est -ce que tu en sais ? C 'est moi qui l 'ai lu HermĂšs, M. le Commissaire.

C 'est celle -ci ? Oui, M. le Commissaire.

La victime était assise dans le fauteuil devant le bureau à cÎté de M. Santerre.

Vraiment ? Votre ami ne vous a pas communiqué le contenu de cette lettre ?

Vous n 'avez pas cru au danger ? J 'ai pris ça pour une plaisanterie. C 'est

vraiment un curieux sens de l 'humour.

Et qui t 'a donné cette lettre ? Un gosse.

Voyons, madame, vous ĂȘtes sĂ»re que l 'arme du crime provient directement de

votre collection ?

Ce revolver était resté sur la table de ma loge quand je suis descendue en

scĂšne.

Qui est sorti le dernier de votre loge ? Monsieur Santer, je crois.

Vous avez fermé votre porte à clé ? Non, monsieur le commissaire. Non, on ne la

ferme jamais.

Qui ĂȘtes -vous, madame ? Patraite. La mĂŽme Patraite, comme on m 'appelait dans

mon temps.

Et oĂč Ă©tiez -vous pendant le numĂ©ro de Mlle Lolita ? Dans le couloir des loges.

Vous n 'avez pas bougé ? Non. Sauf pendant le temps que vous avez été

distingué chez M. Paul.

Qu 'est -ce que c 'est un distingué ? C 'est rien.

Et tout de mĂȘme ? C 'est un mĂ©lange de fine et de bĂ©nĂ©dictine. La bĂ©nĂ©dictine

pour adoucir et la fine pour corser.

Ça soutient. Je viens le croire.

Alors pendant cinq minutes, n 'importe qui aurait pu entrer dans la loge sans

que vous le sachiez.

Oh, mais si, je sais.

Quelqu 'un est entré dans la loge. La fleuriste d 'abord.

Et ensuite, le monsieur qui s 'est disputé avec M. Santer dans le couloir.

Pierre Anjour ? Je ne sais pas comment il s 'appelle.

Hein ? Vous avez eu une explication ensemble ? Oui, sans importance.

Sans importance.

Sur quel sujet ? Hum... littéraire.

Et depuis, vous ne l 'avez pas revu ? Si, je l 'ai aperçu au bar en quittant

Tignone.

Ensuite ? Il a dû partir aussitÎt aprÚs le numéro de Lolita.

Qu 'est

-ce

que vous faites ici ? VoilĂ  deux heures que je vous attends.

Dans la rue ? Je suis venu vous dire adieu.

Et j 'abandonne.

Comme ça, je ne vous embĂȘterai plus. Vous ĂȘtes stupide.

Je ne regrette qu 'une chose, c 'est d 'ĂȘtre revenu.

Écoutez, Jean, il est trop tard pour discuter. Il faut que je rentre.

Revenez me voir demain.

Demain, j 'aurai quitté Paris.

Bon, tant pis. Venez.

Je ne peux pas vous laisser faire une sottise.

Mais vous me paierez ça.

Déjà ? Bravo, c 'est du bon travail.

Gribb s 'est réfugié à Etoile Hotel, 32 rue de Flandre. Allez là -bas avec deux

inspecteurs, je vous y rejoins.

Vous ĂȘtes sĂ»r qu 'il est lĂ  ? Il n 'a pas dĂ» bouger depuis 9 heures du soir,

mais c 'est ici.

Police ! Il dort bien.

Vous passerez le premier. Demain, foutez -moi la pub.

Ah ben, l 'emploi est grillé.

Mets -moi votre lampe.

Il n 'y avait pas de sens de surveiller.

C 'est bien.

PĂšre, c 'est chez moi.

Voilà le résultat de vos exploits, Jean -Bert.

Je ne faisais pas suivre le guide parce que je le soupçonnais, mais pour le

protéger.

Vous l 'avez sur la conscience.

Vous n 'avez pas dit qu 'il avait reçu une visite ? Personne, ça je vous jure.

Il était bien vivant quand votre inspecteur l 'a vu.

Inspecteur ? Oui, Ă  nouveau.

À Grand -Laborgne, avec un impermĂ©able.

Bon sang.

Quelle heure est -il venu ? Il faisait une heure.

Il a resté que cinq minutes et il vous a téléphoné tout de suite.

TĂ©lĂ©phonĂ© Ă  qui ? À la police.

Ça c 'est complet.

Qu 'est -ce que c 'est ? C 'est moi, madame. Quoi ?

On vient apporter un petit paquet pour vous.

Merci, madame.

À votre service.

Henri Santerre, en souvenir de vos débuts au Paladium ? Ah, il est bien

tu sais.

J 'espÚre que tu vas me faire le plaisir de lui renvoyer ça tout de suite.

Ça lui servira de leçon.

La fin serait peut -ĂȘtre meilleure si je le gardais.

Naturellement, vous savez qu 'on a retrouvé le corps de Georges Grimm. Et

homme il était devenu. Oui, j 'ai lu les journaux.

Encore deux victimes et le meurtrier sera arrivé à ses fins. Une seule

doit lui suffire, en principe.

Pourquoi une seule ? Sonterre et moi, nous sommes encore vivants. Oui, mais

logiquement, un de vous deux est l 'assassin. C 'est idiot.

Pas tellement.

Avant de mourir, Gernico a émis l 'hypothÚse d 'un inconnu qui vous

successivement tous les six pour s 'approprier vos fortunes réunies.

Oui.

Ça ne tient pas debout.

Comment un inconnu pourrait -il y parvenir ?

De nos jours, une fortune ne consiste pas en sac d 'écus qu 'on puisse

Son petit travail terminé, l 'inconnu serait trouvé le bec dans l 'eau.

Vous me suivez ? Oui, elle est toujours.

Au contraire, si le meurtrier est l 'un de vous deux, tout se simplifie puisqu

'il hérite légalement de ses victimes.

Malheureusement pour vous, je suis sûr d 'avoir tué personne.

Un sans -terre est incapable d 'une telle lùcheté.

TrĂšs bien.

À trùs haut.

Et Namoth, qu 'est -ce que vous pensez de Namoth ? Namoth est mort.

MystĂ©rieusement. À quoi bon ne l 'a pas fait ? RĂ©pondez -moi.

Nous ne nous entendions pas.

Nous étions trop différents.

Namoth avait des systĂšmes, des idĂ©es arrĂȘtĂ©es sur tout. Il ne vivait pas dans

vie. Il se reconstruisait un monde.

Et Gernico ? Le contraire. Un peu nerveux, un peu exalté, mais une

débordante.

Tignol écrivait les vers, mais c 'était lui le poÚte.

Voyons.

Vous étiez au bar du Palladium quand on a tué Tignol. Vous en étiez sorti quand

on a trouvé le cadavre.

OĂč avez -vous passĂ© la nuit ? Je ne peux pas vous rĂ©pondre.

C 'est trùs bien, jeune homme. Ça vous passera, mais c 'est trùs bien.

Je suis au camp. Vous avez -tu retrouvé Mme Gernicot à deux heures du matin ? Qu

'est -ce que vous avez fait de minuit Ă  deux heures ? J 'ai attendu.

OĂč ? J 'ai lancĂ© la porte.

C 'est beau, l 'amour.

Vous n 'avez jamais Ă©tĂ© amoureux ? Moi ? À 14 ans, j 'ai eu une passion pour la

femme du proviseur. Une grande brune superbe.

Elle n 'avait pas positivement des moustaches, mais un léger duvet.

Ça a Ă©tĂ© un beau rĂȘve.

Pendant que vous Ă©tiez tout seul dans la rue, vous ne vous ĂȘtes pas venu l 'idĂ©e

de pousser jusque chez votre ami Grimm, histoire de passer le temps, non ? Non,

Ă©coutez, si vous me soupçonnez, arrĂȘtez -moi tout de suite.

Ça serait la meilleure solution.

Innocent, vous seriez à l 'abri. Coupable, vous seriez hors d 'état de

Malheureusement, c 'est impossible.

La loi est mal faite.

Je le regrette, pour vous comme pour moi.

Sans rancune.

Tiens, tu as ça là ? Tu vois ? Je l 'ai passé chez toi.

J 'ai quelque chose Ă  te remettre de la part de Lolita.

Oh, moins que rien.

Un colis fixé.

Qu 'est -ce que tu veux, hein ?

Elle le trouve trop petit.

Ah, ça... Monsieur Santer, nous en reparlerons. Mais quand tu voudras.

Pardon.

Alors maintenant, comme vous avez besoin de moi, vous m 'envoyez chercher par un

inspecteur comme un prévenu.

Excusez -moi, c 'était urgent.

Voulez -vous examiner ces deux feuilles ? On a remis la premiĂšre Ă  Tignol en

votre présence.

Celle -ci, je l 'ai trouvée épinglée sur la poitrine des gribes.

Et alors ? Vous ne pensez pas que le papier qu 'on a employé ressemble

étrangement à celui de votre bloc ? Regardez le fusilgramme.

C 'est tout ce que vous aviez Ă  me dire ? Je ne vous ai pas permis de vous

déranger pour si peu de choses.

Je tenais Ă  vous mettre en garde.

Contre quoi ? Contre qui ? Vous me comprenez trĂšs bien. Vous ĂȘtes un homme

théùtre. Vous savez que dans une intrigue bien menée, il vient un moment

drame se concentre, oĂč le cercle se rĂ©trĂ©cit.

Nous en sommes lĂ . C 'est la fin du second acte.

AprĂšs le deux, on fait un autre acte. Court. TrĂšs court.

Il est peut -ĂȘtre dĂ©jĂ  terminĂ© sans que vous vous en soyez rendu compte.

Elle n 'est pas lĂ . Je le vois bien.

OĂč en est -on ? C 'est l 'entrĂ©e en scĂšne des mĂ©taux prĂ©cieux.

La catastrophe.

OĂč est -il dĂ©pensĂ© ? Qui le sait ? Toutes les mĂȘmes.

Ça travaille trois jours sĂ©rieusement et ça s 'envoie en l 'air le quatriĂšme. On

pourrait téléphoner à la police.

Vous n 'ĂȘtes pas en forme, vous ? Depuis l 'histoire de l 'autre jour, je ne vis

plus. Je vois des assassins partout.

C 'est le patron qui n 'est pas lĂ . Ils sont peut -ĂȘtre allĂ©s se pagnoter

ensemble.

Elle est sortie de chez elle à 8h moins 5 et n 'est jamais arrivée au palladium.

C 'est tout ce que vous savez ? C 'est tout. Eh bien, vous ĂȘtes bien renseignĂ©.

On voit que vous lisez les journaux. Qu 'est -ce que vous voulez que je vous

dise ? Je ne fais pas de radiesthésie, moi.

Comment expliquez -vous sa disparition ? Il y a trois explications possibles.

Qui sont ? La premiĂšre, la seconde... Et la troisiĂšme ? Non, et la bonne.

La premiÚre, c 'est qu 'on ait supprimé notre amie. La deuxiÚme, c 'est qu 'elle

se soit enfuie.

Pour quoi faire ? Oui, pour quoi faire.

Reste... L 'explication qui est de beaucoup la plus vraisemblable, l

'enlÚvement. C 'est Péranjou qui l 'a enlevé.

Dans quel but ? Vous ne voyez tout de mĂȘme pas la sĂ©questrant par amour, ça

un peu moyen Ăągeux.

Et bien je l 'ai trouvé aussi bouleversé que vous, il est trÚs marre. Bon,

comédie. S 'il joue la comédie, il la joue bien, c 'est rare chez un amateur.

Alors si ce n 'est pas lui ? C 'est vous.

Quoi ? Ou un autre.

Oui, plutĂŽt un autre.

Oui, plutĂŽt.

Oh, lĂ , lĂ , lĂ , lĂ , lĂ , lĂ , lĂ .

C 'est malheureux tout de mĂȘme.

OĂč es -tu passĂ©?

Tu trouves?

Non.

T 'as un gantin avec des papillons brodés dessus.

S 'il y avait des papillons, ils auraient pu s 'envoler, mais mon gantin

toujours lĂ .

Cherche dans tes poches.

Sous les meubles.

Grouille -toi un peu, bon sang.

Je fais ce que je peux.

Je resterai ici deux jours, mais je mettrai la main dessus.

Tu trouves?

Je ne vois rien, dis.

Je cherche.

Mon bon Saint -Antoine, je vous en supplie, si vous me faites retrouver mon

gant, je vous mettrai un petit skerch.

Merde, merde, merde ! Quelle taule ! C 'est la maison de Robert Roudin.

Il y a quelqu 'un qui me fait des entourloupettes.

Si ce n 'est pas la bonne, c 'est les voleurs. Si ce n 'est pas les voleurs, c

'est les souris qui me l 'ont bouffée. J 'ai trouvé ! J 'ai trouvé, MylÚne.

Merci mon kiki, merci mon trouninou, merci ma bûchette.

OĂč est -il ? Je ne sais pas.

Comment tu ne sais pas ? Je sais qui c 'est.

Mon gant ? L 'assassin.

L 'assassin.

VoilĂ  Ă  quoi tu t 'occupes. J 'ai perdu mon gant et monsieur cherche l

'assassin. Bon, rien, c 'est néant.

Ce n 'est pas un poil que tu as dans la main, c 'est une perruque.

Je ne m 'excuse de vous déranger, mais en surveillant le courrier de PÚre

Longere, nous avons trouvé une lettre anonyme.

Qui lui était adressée ? Oui.

Ça ne sent pas trùs bon.

Moi, ça m 'a ravi.

J 'attendais ça avec impatience.

Recachez l 'enveloppe soigneusement et remettez -la dans le courrier.

Bonsoir, Victor.

Bonsoir, M. Vance.

Non, je ne peux pas aller ce soir au Palladium.

Mais qu 'est -ce que vous voulez qu 'il arrive ? Nous avons déjà eu le quintet

de flore la saison derniĂšre.

Ils n 'ont rien changé à leur numéro.

Mais non, mais non, ça ira trÚs bien, soyez tranquilles.

Oui, ben si je peux, j 'essaierai de passer, mais tout Ă  fait Ă  la fin de la

soirée, alors.

Oui.

Monsieur le commissaire Venceslas Voroboyechik.

Faites entrer.

D 'abord, je dois m 'excuser de me présenter si tard, cher monsieur.

Je suppose que vous n 'ĂȘtes pas venu ici par plaisir. C 'est ce qui vous trompe.

Ce soir, je viens en ami, si vous voulez bien me permettre cette expression.

Je vous ai un peu malmené ce jour -ci.

Je regrette et je vous prie d 'oublier ces petits froissements.

Qu 'est -ce que vous avez Ă  me demander ? Tout simplement de venir dĂźner avec

moi, en camarade. Ce soir ? Vous ĂȘtes pris ? C 'est que nous sommes aujourd

mardi.

Mardi, oui.

Vous tombez mal. Chaque mardi, nous avons de nouveaux débuts au Paladium et

ne peux pas me dispenser d 'y assister.

Il n 'y a vraiment pas de chance.

Le devoir avant tout.

Vous partez pour le théùtre ? Oui, justement.

Je ne veux pas vous retarder.

Je vais vous accompagner jusque -lĂ .

C 'est qu 'auparavant, je dois faire un petit... Pardon, si je suis indiscret.

Non, non, pas du tout. Je le sens bien.

Patient, mais... psychologue.

Je vous laisse.

Un petit conseil, cependant. Ne faites pas trop de détours inutiles dans les

rues sombres. Je ne suis pas poltron. Ce n 'est pas toujours les poltrons qui se

font tuer.

Vous ĂȘtes armĂ© ? Soyez tranquille. Ce que j 'en dis, ce n 'est pas seulement

pour vous, pour moi aussi.

Un cadavre de plus et je saute. Vous voyez, ma sollicitude est intéressée.

Tenez, si ça peut vous rassurer.

Vous appelez ça une arme ? C 'est un joujou, mon pauvre ami. Vous ne tueriez

un moineau à trois pas avec ça.

Nous allons faire un échange.

Prenez.

Vous plaisantez ? Non.

Franchement, je dormirai mieux.

Alors, bonne nuit.

Bonne chance.

AllĂŽ, Celtic Hotel ? Je voudrais parler Ă  M.

Perlonjour, s 'il vous plaĂźt.

Vite.

Comment ? Je vous dis que M.

Perlonjour n 'est pas lĂ .

Oh, écoutez, il faut absolument que je lui parle. C 'est trÚs grave.

Mais je vous répÚte, madame, qu 'il n 'est pas là à sacler ton tableau.

AllĂŽ ? Ah non, madame, mais je sentais, elle vient de sortir Ă  l 'instant mĂȘme.

Monsieur le commissaire Borobrovitchik ? Je ne connais pas.

Comment ? Je ne connais pas.

Tout ce que je peux vous dire, c 'est que c 'est la crĂšme des pinoufles. Il en

prend des dégoûtants.

Mais écoutez, Mila, c 'est Lolita l 'appareil. Il faut absolument que je

Venn. Si je savais oĂč il a pu passer.

J 'avais rendez -vous avec lui pour dßner. Il m 'a laissé en carafe.

Ah, les hommes, qu 'elles plaisent. Tous des malappris, des goujats et des

résidus.

Allez, passez, les bonhommes.

Allez, hop.

Vous ĂȘtes polis. Mais c 'est de la folie, voyons. Sur ce point, nous sommes

parfaitement d 'accord, c 'est de la folie. Vous avez réussi votre coup trois

fois, cette fois c 'était tenter le sort. Je vous jure. Je vous jure pas,

revolver est encore brûlant. Je tirais pour me défendre. Alors non.

Vous avez attiré votre ami Perlongeau dans un piÚge.

GrĂące Ă  une lettre anonyme, mais que j 'ai surprise.

Vous mentez.

Alors qu 'est -ce que vous faites ici au lieu d 'ĂȘtre au paladium ? Je cherchais

une lettre de Lolita qui m 'appelait Ă  son secours.

Vous avez cette lettre ? Dans la poche droite de mon restant.

Mais non, droite.

Un faux, mon pauvre ami, un faux maladroit.

Franchement, vous auriez pu trouver un prétexte plus habile.

Vous me décevez.

Écoutez, Vance, Ă©coutez -moi, je vous en supplie.

C 'est une erreur monstrueuse. Je ne suis pas coupable. Vous entendez, je ne

suis pas coupable.

Mais je sais bien que vous n 'ĂȘtes pas coupable.

J 'ai voulu vous donner une petite leçon.

Alors ça, je ne comprends plus.

Vous ne comprenez pas que le meurtrier a joué sur vos nerfs ? C 'est pour ça qu

'il vous a attirés tous les deux ici, face à face, dans un endroit isolé ? C

'était bien combiné.

Mathématiquement, l 'un de vous deux devait tirer par peur de l 'autre, d

pierre deux coups, un cadavre et un condamné à mort.

Heureusement, j 'étais là.

Alors ? Alors, il ne s 'est pas fait de mal en ton ventre.

Vous pouvez vous relever, jeune homme.

Ah, alors.

Fugitif. Mon Dieu ! J 'ai passé tout l 'aprÚs -midi à régler cette petite

comĂ©die avec lui. Vous n 'ĂȘtes pas seul Ă  faire de la mise en scĂšne.

Mais alors, votre éveil vert a été chargé à blanc. C 'est pour ça que je

proposé l 'échange.

Patient, mais prudent.

Mais alors, qui est l 'assassin ? Vous n 'avez pas deviné ? Oui, l 'assassin, c

'est... Pissez -vous !

Tiens lĂ  -bas !

Je ne croirai jamais dans une carriĂšre. C 'en est une tout de mĂȘme.

Fais -moi une disco, s 'il vous plaĂźt.

J 'allais Ă  Poulet, mais on ne joue pas ici.

Les autres, suivez -moi.

Qu 'est -ce que vous avez fait de santé ?

Tant

mieux ? Oui, ça va, merci.

Paris 17.

Eh, Picard, viens voir.

Qu 'est -ce que vous faites lĂ  ? On pense que... Picard, mon Dieu ! Oui ?

personne.

Mais mon Dieu, il ne s 'est pourtant pas volatilisé !

Tu fais garder toutes les issues.

Mathématiquement, il ne peut pas nous échapper.

Je me doute que l 'appel venait d 'ici.

D 'ailleurs, voilĂ  ses pas.

Il s 'est enlisé.

C 'est vous qui m 'avez donné la clé de l 'énigme, PÚre Longjour, quand vous m

'avez parlé de l 'imagination de Gernicot.

Oui, le cÎté spectaculaire des meurtres, l 'idée de tuer Tignol en public, les

listes fatales, tout ça ne cadrait pas avec le caractÚre de Santerne et avec le

vÎtre. Et pourtant, l 'assassin était un de vous six.

Bah, qui alors ?

Un mort qui ne serait pas mort. C 'est passionnant, on dirait un film.

Mais oui.

Justement, un cadavre avait disparu en prenant la précaution d 'emporter son

petit tapis.

Un assassin n 'avait aucun intĂ©rĂȘt Ă  faire disparaĂźtre cette carpette.

Mais pour une fausse victime, c 'était indispensable.

Gernico savait trĂšs bien qu 'en analysant les tĂąches de sang, on n

trouvé là que des tùches d 'hémoglobine. C 'est un garçon soigneux qui ne laisse

rien au hasard. En tout cas, il a réellement bien réussi son mort. L 'idée

ingénieuse, mais...

La rĂ©alisation assez simple, il lui a suffit de tirer par la fenĂȘtre, de jeter

son pistolet dans la rue et de tomber en sanglanté.

Non, merci.

Oui, écoutez -moi, il y a une chose qui me tracasse. Comment aurait -il pu

hériter de nous sans se démasquer ? Il aurait prétendu que vous l 'aviez

séquestré.

Avec beaucoup d 'argent, on trouve toujours des témoins.

Je me trompe ? Non, c 'est ce qu 'il m 'a expliquĂ© dans la petite maison oĂč il

me gardait Ă  vue, au milieu de pas mal de ventardines.

Ah, nous avons passé là un sale moment.

Je ne te plains pas. Toi, tu as la meilleure part.

Eh bien, cette bouteille.

Oh, elle ne perd pas le nord.

Allez, vas -y, mes enfants.

Merci.

J 'aime vous voir sourire.

C 'est rare.

La vie ne m 'a pas gùtée.

Et maintenant, il faut oublier tout ça.

Sourire Ă  l 'avenir.

Ça te m 'a confirmĂ©.

Ah, si, si, vous nous avez sauvé l 'air.

Vous nous avez sauvé aussi.

En s 'en faisant passer notre temps, vous nous avez sauvé mutuellement.

Et vous voyez Ă  quel point je suis insatiable.

Je vais vous demander de me la sauver encore une fois.

Vous courrez un danger ? Terriblement. Regardez celle -lĂ . Si vous ne l

pas, elle est engagée. Pour le prochain spectacle ! Oui, vous débuterez dans

trois semaines. Alors je pose mes conditions.

Essayez -vous.

Primange, une habilleuse qui me respecte et qui ne m 'appelle pas par mon petit

nom. Secondo, désinfection de ma loge parce que je ne peux pas respirer les

électrodes de ces dames.

Tertio, je vais absolument... Écoutez, je vous aime bien, mais si un jour on

trouve Mila Malou assassinée dans sa loge, ne cherchez pas le coupable. Ce

moi.

Patient, mais résolu.

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