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La mÚre est sauvée. Il n 'a pas.
Non.
Mon Dieu, docteur, vous n 'avez pas fait ça. Je l 'ai fait.
HonnĂȘtement.
Si vous tenez Ă avoir un petit -fils, dans six ou huit mois, pour pas avant,
hein, vous ne demanderez pas de gens d 'en faire un autre.
Il a déjà eu du mal cette fois. Il se prend des parents voisins.
Ne pleurez pas, grand -mĂšre. Vous gardez votre fille, c 'est l 'essentiel.
DĂ©pĂȘche -toi, c 'est l 'heure des visites. J 'ai terminĂ©.
Quand vous aurez fini de gémir ? Je ne peux pas me relever.
Eh bien, restez couché.
Allons, allons, ne vous énervez pas.
C 'est une méchante femme.
C 'est ma soeur.
Oh, pardon.
C 'est une méchante soeur.
Non, c 'est une malheureuse.
Elle a toujours été trÚs malheureuse.
Tenez, vous les restez Ă ce soir.
Madame, vous ĂȘtes bien la femme du docteur Bordet ? Oui. Il a un service Ă
'hĂŽpital. OĂč est -ce qu 'il dirige l 'asile d 'aliens ? Il pourrait bien me
faire changer de lit.
De lit ? C 'est ce numéro qui me porte malheur.
Je sens que tu le restes ici.
Il m 'arrive pas à guérir.
Ne dis pas de ceci.
Il y a une visite pour vous.
Bonjour François.
Bonjour Maman.
Bonjour François.
D 'accord, t 'es encore Ă toi.
Pourquoi es -tu si désagréable avec les malades ? Pourquoi es -tu si aimable
avec le docteur Germain ? Qu 'est -ce que tu dis ? Je dis que depuis quelque
temps, tu vas beaucoup trop Ă l 'hĂŽpital.
Je préviendrai Michel quand il rentrera.
Michel est mon mari et il trouve ça trÚs bien. Je suis ta soeur et je trouve ça
trĂšs mal.
Non, pas tout de mĂȘme, je suis l 'assistante sociale. Tu es une petite
Bonjour, docteur.
VoilĂ .
J 'ai sauvé la mer.
C 'est la troisiĂšme fois en six semaines.
Si vous n 'avez pas confiance en moi, pourquoi m 'appelez -vous en
? Rassurez -vous, je ne vous imposerai plus de dérangements.
Alors, alors.
Toujours en train de vous chamailler. Je ne me chamaille pas, monsieur. Je vous
fais juste... Oh non, non, ne me mĂȘlez pas vos bibis. J 'ai dĂ©jĂ assez d
'empĂȘtements avec ma femme. Madame Delorme est toujours un jeu de
Elle ? C 'est un chameau.
Heureusement qu 'il me reste ma pipe.
Et la boisson, bien entendu.
Vous savez, au lieu de vous disputer, venez -donc avec moi. Je vais vous
un cas de gangrĂšne tout Ă l 'heure. Le tibia est sorti de la jambe de plus de
dix centimĂštres.
Ăa a l 'air d 'une blague. Je vous demande pardon, monsieur, mais je n 'ai
jamais été trÚs blagueur.
Tant pis pour vous. Le docteur Bertrand profitera seul du spectacle, mais vous
le regretterez.
J 'en suis sûr.
Vous allez voir, mon cher, c 'est crevant.
Vous gĂȘnez pas ? Donnez -moi ça.
Vous laissez un tas de perpres dans vos poches.
Il faut bien que je change votre correspondance de blouse si vous ne
qu 'elle aille à l 'étude.
Je vous demanderai quand mĂȘme de ne pas la lire.
Je ne vous demande pas pourquoi vous Ă©crivez Ă ma sĆur.
Vous n 'ĂȘtes pas chargĂ© de la surveiller ? Que j 'en dise, c 'est pour vous.
Laura est une petite vifĂšre. Pardon, service, voulez -vous ? Le 13 se plaint
ne pas dormir.
Le 13 ? Ah, le cancer du foie. Oh, si, on a pour 15 jours et encore.
Vous n 'y faites pas le morphine ? à quoi bon ? Je lui en ai donné le 1er
et il ne s 'en est mĂȘme pas aperçu. Je vous avais ordonnĂ© de continuer la
Je mets de l 'eau distillĂ©e, ça lui fait le mĂȘme effet.
Malheureusement pour vous, je viens de la pharmacie. Toutes les ampoules
prescrites sont portées comme sorties.
J 'ignore si vous les employez Ă votre usage personnel ou si vous les revendez,
mais il faudra les retrouver avant demain matin.
Ăcoutez, docteur... Non, demain matin.
Bonjour, Philippe.
Qui n 'a donc pas déjeuné?
Les messieurs.
Qu 'est -ce que tu fais?
Je commence à goûter.
Ah, docteur.
Excusez -moi, docteur. Je vous en prie. J 'ai quelqu 'un de malade chez moi.
Hollande? Non, ma sĆur.
Ah, en montant chez vous, vous ne pourriez peut -ĂȘtre pas tromper un
Ăa ne vous en dit pas?
Je suis médecin.
Dis donc, toi, tu veux que j 'aille te tirer les oreilles?
Eh bien, Fernand, tu ne peux pas faire attention.
Ils sont jeunes.
Oui.
Vous n 'aimez pas les enfants ? Pas trop.
Et vous ĂȘtes venu habiter chez un directeur d 'Ă©cole ? LĂ , malchance.
Alors, Roland, vous jouez Ă la concierge ? Non, docteur.
Je me trouvais lĂ par hasard et je vous ai vu venir.
Votre tante est malade ? C 'est nid.
Ouais. Ăa va.
AdelphÚre, on a apporté une lettre pour vous ce matin. Je l 'ai laissée sur
votre bureau.
Merci.
C 'est pas pour vous, c 'est pour moi.
C 'est pirement mes aspects.
Vous vous parfumez ? J 'aurais dĂ» laisser la fenĂȘtre ouverte.
Alors, d 'oĂč souffrez -vous ? D 'un peu partout.
J 'ai l 'empierre qui m 'espĂšce bassement.
Comme un poing dans le dos.
Un haut et un gauche.
Ici ? Oui.
Ou lĂ ?
Peut -ĂȘtre entre les deux.
Peut -ĂȘtre.
Je vais vous discuter des habillés, vous.
Le lénage.
Respirez.
Poussez.
33.
33. 33. 33.
33. 33.
33. Bon, étendez -vous.
Vous avez un mouchoir ? Non.
Je prendrai le mien.
Respirez.
Encore.
Respirez normalement.
Je t 'ai seulement venue t 'apporter des journaux de mode. Tu peux rester.
Non.
Si vous le permettez, j 'aimerais demeurer un instant seul avec Mlle
Naturellement, c 'est moi qui m 'excuse.
30 secondes suffiront.
Vous voyez ce que j 'ai ? Parfaitement. Vous n 'avez rien.
Je ne suis pas malade, moi ? Vous avez voulu vous faire ausculter.
Pour ce genre d 'auscultation, ce n 'est pas un médecin qu 'il faut appeler.
Pas moi, en tout cas. Au revoir.
Joseph.
Je m 'appelle Rémi.
Maintenant, vous pouvez entrer.
Ce n 'est pas grave, au moins. Je ne vais pas la fatiguer.
Rassurez -vous, vous ne la fatiguerez pas.
Attendez.
Ăa ne sert Ă rien que je la prenne.
C 'est vous que je veux vendre. Les ondonnements n 'étaient qu 'un prétexte.
Vous n 'aviez pas besoin de prétexte.
Vous croyez ? Eh bien, vous vous trompez.
Il est peut -ĂȘtre vrai, hier, ça ne l 'Ă©tait plus aujourd 'hui.
Et par votre cours ? Je ne comprends pas.
Vous ĂȘtes un ami rĂ©servĂ©, votre homme. TrĂšs rĂ©servĂ©.
Mais il vous est sans doute arrivé de dire ou de laisser dire quelque chose
mon compte, n 'est -ce pas ? Moi ? Il paraĂźt que nous profitons de nos
rencontres Ă l 'hĂŽpital pour prendre des rendez -vous secrets.
On m 'accuse d 'ĂȘtre votre mĂ©decin.
Qui ? Je suis au courrier de midi, il n 'est pas venu. Il n 'est pas venu.
On voudrait m 'attendre sur le sujet de l 'identité.
Bonjour monsieur.
Bonjour Raymond.
Vous ne prenez toujours les sacs de voyage.
Je vais poser la main de monsieur dans la tour.
Bien madame.
Quel voyage.
Je ne connais rien de plus ridicule qu 'un congrÚs de médecins. Si ce n 'est un
congrĂšs de psychiatres. Bien entendu.
Personne n 'écoute celui qui parle. Dieu merci.
Parce que si on l 'Ă©coutait, ce serait une immense tempĂȘte de rigolade.
Pour prendre ces communications au sérieux, il faudrait un public de
encore.
Au fond, la seule utilité de ces manifestations, c 'est de permettre aux
médecins provinciaux d 'aller tromper leurs femmes avec des Parisiennes.
Comme ça n 'est plus de mon ùge, je suis rentré.
Qui n 'est alors Ă CaissiĂšre ? Qui n 'est pas ? Ăcoute, Michel, je t 'ai
de la lettre d 'hier.
Oui, aprĂšs.
Il y en a une pour toi aujourd 'hui.
Ah.
Trois feuilles de timbre Ă un franc.
Trois Ă un franc ? C 'est pas possible, vous les mangez ? Moi ? Je les envoie Ă
une oeuvre qui les stocke pour les collectionneurs.
Chaque feuille de timbre, c 'est un petit chinois sauvé du paganisme.
La foi, mademoiselle Roland.
C 'est la foi qui sauvera le monde.
Bonjour, Roland. Donnez -moi deux timbres.
Merci.
Envolez !
Pas ses muscades.
Ah, c 'est vous ? Vous ne savez pas de retour ? Mon cher, un vieux mari ne doit
pas laisser trop longtemps en salle sa jeune femme.
C 'est pour moi que vous dites ça ? Pourquoi pour vous ? Je dis ça pour elle
pour moi. Ne vous fĂąchez pas, je vous renvole.
Ah, vous permettez, je suis un peu graphologue.
Vous croyez seulement mystificateur.
Graphologue et mystificateur.
L 'un n 'exclut pas l 'autre.
Oh, curieux caractĂšre.
De l 'intelligence.
Beaucoup d 'intelligence.
PlutĂŽt trop.
De la sensualité.
Beaucoup trop de sensualité.
Et avec ça, un manque de souplesse, de liberté.
Vous n 'avez pas d 'indulgence pour la vie, mon cher.
Vous ĂȘtes un bloc. Un beau bloc, mais un bloc.
Ăa ne doit pas vous faire Ă©normĂ©ment d 'amis.
Je n 'ai ni amis, ni ennemis.
Tiens.
Vous connaissez un ami ? En tout cas, je vous connais un ennemi. Qui ? Vous
permettez, docteur.
Je regrette de vous déranger, mais vous monopolisez la photo.
Bonjour, Michel. Bon voyage.
Excellent, Marie. Merci. Alors, Ă tout Ă l 'heure Ă l 'hĂŽpital. Ă tout Ă l
'heure, Marie.
Vous parlez d 'un ennemi ? Oui.
Ma femme a reçu hier une lettre d 'un ami.
Elle vous l 'a dit ? Oui, on ne me cache rien.
Elle bénéficie de mon grand ùge.
Et d 'ailleurs, j 'ai reçu moi -mĂȘme ce matin une seconde lettre.
C 'est le mĂȘme sujet ? Oui, avec des dĂ©tails supplĂ©mentaires.
Il paraßtrait que vos relations avec Laura auraient laissé des traces
Ne vous énervez pas.
Que vous auriez profité de mon absence pour les faire disparaßtre
chirurgicalement.
Oh, oui.
Oui. Oh, oui.
C 'est un cachou ? Non.
Et j 'ajoute que Delors m 'a reçu en tant que mĂ©decin -chef un coulet du mĂȘme
genre. On vous accuse de délivrer les faibles femmes d 'un fardeau en rond.
VoilĂ . Vous n 'ĂȘtes pas venu ? Si je connaissais le salaud. Tout de suite les
grands mots.
Mon cher, j 'ai la chance de connaĂźtre assez bien la question.
J 'ai été nommé plusieurs fois acteur dans l 'affaire de l 'imposable.
Croyez -moi, nous ne sommes pas en présence d 'un méchant et d 'un malade.
Mais je me charge de le soigner.
Quand vous l 'aurez découvert.
C 'est peut -ĂȘtre M.
le substitut qui est en train de retirer une enveloppe Ă la poste restante.
Ou M.
Fayol qui vient de toucher un mandat. N 'est -ce pas, M.
Fayol ? Alors ? Je dis, c 'est vous qui fait quoi ? C 'est un secret.
Toujours le mot pour rire.
Et si ce n 'est ni Fayol ni le substitut, c 'est peut -ĂȘtre le docteur
lui -mĂȘme.
Vous me pouvez donner, moi, la victime de ce malade ? Un malade peut fort bien
'accuser lui -mĂȘme.
C 'est fréquent chez les anonymographes. C 'est un monde.
Remarquez, je ne vous crois pas coupable pour le moment.
Vous ĂȘtes bien bon.
Seulement, il faut vous mĂ©fier, ouvrir l 'Ćil.
Quand ces saloperies dĂ©clarent, on ne sait pas oĂč elles s 'arrĂȘtent. Toute la
vie peut ĂȘtre accoustĂ©e.
Bien.
Non,
rien. Au revoir.
Au revoir.
Dis -donc, au fond, le corbeau, c 'est peut -ĂȘtre vous.
Pourquoi pas.
Ah, c 'est vous, M. le médecin -chef ? Pardon, M. le médecin -chef. Ne dérangez
pas. Restez assis.
Mon cher Bonnevie, je suis trĂšs embĂȘtĂ©.
Allons donc, M. le médecin -chef. Rien de grave, j 'espÚre ? J 'ai encore reçu
ce matin de cet accueil d 'ĂȘtre anonyme.
Encore ? Et malheureusement, celle -ci ne m 'est pas seulement germée en cause.
Et d 'ailleurs, je vais vous la lire.
Je vous en prie, M. le médecin -chef, j 'en serai trÚs honoreux.
Il y a dix brognes.
Il faut qu 'une faute.
Naturellement. L 'alcool te trouble l 'Ćil.
Tu ne vois pas le manÚge de Germain qui déshonore ton hÎpital, ni les tripotages
de ton économe Bonnevie Lacratule.
Demande -lui donc comment il a obtenu pour son ami Grillo la soumission du 15
janvier.
Signé Le Corbeau.
Qu 'est -ce que vous pensez de ça ? Et vous, monsieur le médecin -chef ?
Pour vous dire la vĂ©ritĂ©, je suis embĂȘtĂ©.
Ăa va ĂȘtre embĂȘtant.
Ăvidemment, entre nous,
il y a eu le 15 janvier, quelque chose d 'un peu... Enfin, ça pose
véritablement un cas de conscience.
Vous comprenez ? D 'autant plus, monsieur le médecin -chef, que je me
prĂ©sence d 'un cas de conscience du mĂȘme ordre. Non.
J 'ai reçu une lettre anonyme, moi aussi.
Et je vous demande la permission de vous en donner lecture.
Mais je pense bien.
Des canards.
C 'est une chose difficile.
Naturellement. Tu es au mieux avec Germain l 'avorteur. Je te conseille de
cultiver cette relation.
Tu en auras peut -ĂȘtre besoin si ta fille, Jeannette, continue Ă passer des
heures entiÚres dans le bureau de ton médecin -chef, Miel Corbeau.
Qu 'est -ce que vous pensez de ça ? Décidément, ces lettres sont un tissu de
mensonges et de calomnie.
Mon opinion est faite.
La mienne aussi, monsieur le médecin -chef.
Denise, secoue -toi.
Oh, laisse -moi dormir.
Ah non, cette fois, ça suffit.
Mais tu es fou, je suis malade.
Malade, toi ? Tu crois que je ne te connais pas ? Tous nos locataires, tous,
te les a fallus.
Sauf le boy scout et le vieux frochard.
Et encore, je ne suis pas sûr du beau scout.
Maintenant, c 'est le tour du docteur Germain.
Germain ? Oh là là , on peut dire que tu as du goût. Il a l 'air d 'un parapluie.
Il doit faire l 'amour comme un pion.
Alors pourquoi joues -tu la malade ? Je ne joue pas la malade, je suis malade.
J 'ai une bronchite et une angine.
C 'est vrai, que la reine est malade.
C 'est la fiĂšvre.
C 'est ma récon.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Mon prĂȘt.
Donc lĂ c 'est mes compliments. En effet, tu ne joues pas la malade, tu te
malade. Et dire que j 'ai failli me laisser prendre.
Heureusement que ce matin j 'ai reçu une lettre qui m 'a ouvert l 'Ćil.
Quelle lettre ? Celle -ci.
Un prĂȘt.
Bonjour,
colonel. Bonjour. Bonjour, monsieur le maire. Bonjour.
Bonjour, monsieur le maire.
Bonjour, monsieur le maire. Bonjour, monsieur le maire. Bonjour, monsieur le
maire. Bonjour, monsieur le maire. Bonjour, monsieur le maire.
Bonjour, monsieur le maire. Bonjour, monsieur le maire. Bonjour, monsieur le
maire. Bonjour, monsieur le
maire.
Parce que je suis un homme public, M. Fayol.
Preuve que le coupable n 'a mĂȘme pas le respect des fonctions officielles.
Triste nature.
Tenez, écoutez -moi ça.
Vieil embusqué.
J 'ai fait justice de cette ùnerie pendant ma campagne électorale.
Tu administres une ville pourrie.
Et pourrie par Germain, le sombreur de Polychinelle.
Voici mon réquisitoire en trois points.
Premier point.
Germain a fait les 400 coups avec... Avec...
Ici, le nom d 'une dame honorablement connue de la société.
Inutile de vous dire le cas qu 'il faut faire d 'une semblable assertion.
DeuxiĂšme point.
Germain pratique de la morphine et cherche Ă faire accuser une victime
innocente, Marie Corbin, que je salue respectueusement.
Qu 'est -ce que vous en pensez ? Et le troisiĂšme point ? Le troisiĂšme point,
sans importance.
TroisiĂšme point, M. Cook.
Qu 'est -ce que vous en savez ? J 'ai moi aussi reçu une lettre anonyme.
Ce ne sont que des mensonges, mais c 'est bien désagréable. Je ne suis pas de
votre avis.
Vous trouvez ça agréable ? Je parle des mensonges. Il semble que ces lettres
contiennent un fond de vérité. Charmant ! Alors je vends des médicaments
truqués. Mais il ne s 'agit pas de vous, il s 'agit du principal accusé, de
celui dont le nom figure dans chaque missive.
Je ne me permettrai pas de dire du mal d 'un de mes confrĂšres, mais j 'ai eu ce
matin une conversation avec lui qui m 'a fùcheusement impressionné.
Depuis trois ans que je suis substitut, c 'est la premiĂšre fois qu 'une affaire
intĂ©ressante se prĂ©sente. Je ne vais tout de mĂȘme pas la rater. On ne peut
de mĂȘme pas arrĂȘter Germain sans preuve.
Il ne s 'agit pas de poursuivre.
Il menait une enquĂȘte Ă l 'hĂŽpital. Ah non, non, jamais de l 'avis. Il oppose
formellement à cet éditoire, hein ? Un médecin -chef ne peut s 'opposer au
du parti.
Non, mais ton pĂšre peut te foutre une paire de claques si tu continues Ă l
'emmerder.
Tu le prends comme ça ? Parfaitement.
Viens, papa.
Mais je sais oĂč est mon devoir.
Et vous n 'avez qu 'un devoir, jeune homme, la prudence.
Notre ville a la fiĂšvre.
Regardez, je me suis amusé à établir sa feuille de température.
C 'est amusant, n 'est -ce pas ?
En deux jours, nous avons atteint 38 ,2.
Et ce n 'est qu 'un début.
On n 'en perd pas un malade Ă chaud, monsieur le substitut.
Le pĂšre.
OĂč ĂȘtes -vous ? Je vous attendais.
Je n 'ose mĂȘme plus vous parler Ă l 'hĂŽpital Ă cause des comĂ©ras.
Et je voulais absolument vous demander pardon.
Pardon ? J 'étais trop méchante de toujours avec vous.
Je m 'admets que vous aviez été imprudent.
Maintenant, je sais que vous ĂȘtes la victime.
Vous me pardonnez.
Soyez pas sauf.
Attention, tenez -vous.
Mais quel mal y a -t -il ? Rien, bien sûr, mais il dépend du temps.
Justement, je pensais que si nous ne pouvons plus nous rencontrer en public,
nous pourrions peut -ĂȘtre nous trouver dans un endroit plus... Vous avez toute
la vie contre vous.
Je pourrais vous aider Ă lutter Ă finir le coup.
Je tiendrai le coup tout seul.
Vous ĂȘtes gentille, mais la solitude, ça me connaĂźt.
Qu 'est -ce que vous me disiez dans votre lettre ? Quelle lettre ? Celle que
vous avez déchirée.
Des choses pour moi.
Pour moi aussi. Qu 'est -ce qu 'elle nous fait adresser ? Il y a des lettres
'on a écrites sans avoir le destin de les envoyer.
Qu 'est -ce qu 'il y a ?
Vous avez dßné qu 'il fait les lettres du corbeau ? Non.
Mais c 'est vous d 'elle.
Je crois que le cathére, il va en bavé. Il a plutÎt mauvaise presse.
Rien que cet aprĂšs -midi, les oreilles ont dĂ» lui teinter.
Bien fait, elle lui apprendra.
Dis, tu crois que c 'est vrai ? Quoi ?
Les choses qu 'on raconte.
D 'abord, ça ne te regarde pas. Ce ne sont pas les histoires pour les gamins.
ne te rappelles plus quand tu avais mon Ăąge.
Je vais voir.
Oh, Michael, docteur. Bonjour, docteur.
Justement, nous parlions de vous.
Docteur.
Denise est malade ? Oui, cette fois, c 'est pour de bon.
Vous avez posé les ventoules ? Vraiment.
Alors, prenez ma place.
Elle adore ça.
Vous ĂȘtes tout de mĂȘme arrivĂ©e.
C 'est un but de me rendre malade pour me faire soigner.
DrĂŽle de fille.
Je pense qu 'elle est le plus drÎle des deux. Non, moi sûrement. Je suis peut
-ĂȘtre drĂŽlement anormal pour ne pas se prĂ©cipiter sur la premiĂšre femme qui me
sauve. Merci pour la premiĂšre femme.
Vous comprenez trĂšs bien.
Pour faire ça, il vous faut l 'amour, mal ou plus.
Au contraire, si j 'étais sûr d 'aimer une femme, je m 'enfuirais d 'autant
vite.
Alors, qu 'est -ce qui vous empĂȘche de prendre des plaisirs quand vous vous
posez ? Oh, plus de choses.
Un fantĂŽme.
Ou deux fantĂŽmes.
C 'est mal ? Désolément.
Je ne demande plus qu 'une chose Ă la vie, l 'apaisement.
Docteur, on vous demande ! Moi ? Je reviens tout de suite.
Ah, c 'est bon.
Je vous demande pardon, mais quand vous saurez de quoi il s 'agit... Pas devant,
permettez.
Joli bureau.
Vous aimez les beaux meubles ? Je les admire de loin. Ce n 'est pas avec les
honoraires que nous offrent nos concitoyens qu 'on peut collectionner
de faite importance.
Vous devez avoir une grosse fortune personnelle.
HonnĂȘte. C 'est ce que je leur disais.
Ă qui ?
Aux gens qui m 'interrogeaient tout Ă l 'heure.
Sur ma fortune ? Bien sûr, sur votre fortune, sur votre pensée.
Vous comprenez, aprÚs cette malheureuse affaire, la curiosité s 'est éveillée.
La prochaine fois, vous m 'enverrez les curieux.
Je les renseignerai moi -mĂȘme.
Ă propos, avant de venir ici, vous m 'avez dit que vous exerciez Ă Grenoble.
Oui, sans doute.
Un imbécile s 'est avisé de consulter l 'annuaire médical.
Et alors ? Et alors, il n 'a pas trouvé de docteur Germain à Grenoble.
Il y a de ma part à cet imbécile que la publication à l 'annuaire n 'est pas
obligatoire. C 'est une simple affaire de publicité.
Malheureusement, le seul Germain qui ait habité Grenoble a quitté cette ville il
y a 15 ans.
Et il est devenu Germain Monat, le chirurgien du cerveau.
J 'ai été présenté.
Ăvidemment, c 'est quelque chose.
Ăa pourrait servir si on en arrivait Ă une enquĂȘte.
Vous avez raison, ces bibelots sont fragiles.
D 'ailleurs, aujourd 'hui, on m 'a seulement demandé de recueillir quelques
renseignements. Qui ont ? Eh bien, d 'autres imbéciles. Nous n 'en manquons
Maintenant, je vous quitte, il se fait tard.
J 'ai découvert quelque chose sur le corbeau.
On accuse surtout ma belle -sĆur, Marie Corbin.
Naturellement, elle a des griĂšves contre vous.
Mais je ne la crois pas coupable.
J 'étais fiancé avec Marie avant d 'épouser Laura.
Vous la connaissez bien.
Il faudrait qu 'elle ait beaucoup changé.
Vous m 'en voulez ? Au contraire.
Je vous en remercie.
Vous n 'exagĂ©rez rien, tout de mĂȘme.
Je vous souhaite de vivre vieux, Germain, mais de n 'ĂȘtre jamais le doyen
corps médical.
On nous impose des tùches bien désagréables.
Pardon, vous croyez au lit ? Je me prépare à aller vous voir.
Chez moi ? Bordé n 'a pas l 'habitude de se déranger pour rien.
C 'est grave, n 'est -ce pas ? Qu 'est -ce que ça peut vous faire ? Toujours
aimable. Mais voyez, vous recouchez, vous allez prendre froid.
Qu 'est -ce que ça peut vous faire ?
Eh
oui, je vois, c 'est aprĂšs.
Nous avons eu un accident de gaffure, mon frÚre et moi, quand nous étions
gosses.
Lui a perdu le bras, moi j 'ai attrapé une coque salgée.
Est -ce que ça m 'empĂȘche d 'ĂȘtre belle fille ? Est -ce que ça empĂȘche les
hommes d 'avoir un vieillement ? Est -ce que ça vous empĂȘche d 'avoir un
vieillement ? Bonsoir, Denis.
Vous ne dormirez pas, vous savez trĂšs bien.
Ce soir, vous ĂȘtes trop inquiet.
Ăa se voit tant que ça ? Vous disiez tout Ă l 'heure que vous demandiez Ă la
l 'apaisement.
Ah oui, il oublie tout ça.
Je ne peux pas vous faire faire attention.
Cet épisode oublie ça quand vous m 'aimez.
Quelle est -vous ?
Notez ThérÚse Marty.
Elle écrit à son émile.
Je ne sais jamais.
Il faut mieux ĂȘtre trop prudente que pas assez.
Notez ThérÚse Marty.
Attention, le voilĂ qui arrive.
Bonjour, mesdames.
Comment va votre niÚce aujourd 'hui ? Oh, docteur, ce n 'était pas la peine de
vous déranger. Elle est sortie.
Sortie ? Hier, elle avait 39 ,8.
La jeunesse.
Ce matin, elle n 'avait plus rien. Alors, elle est partie se promener.
Pardon.
Entrez, madame. On va vous servir tout de suite.
Mademoiselle Marie -Louise.
Et c 'est la serviette du docteur Bertrand ? Que vous la reconnaissez,
me le demandez -vous ? En somme, votre niÚce est allée se promener avec un de
mes confrĂšres.
Elle se promÚne avec qui elle veut ? Si je comprends bien, vous avez changé de
médecin.
Pour vous dire la vérité, docteur, ça n 'a pas été de gaieté d 'ùme.
La petite vous était trÚs attachée.
Seulement, avec les bruits qui courent, on a beau savoir que ce sont des
mensonges. Oui, cette fois j 'ai compris.
Ma niĂšce est une vraie jeune fille, n 'est -ce pas ? Eh oui.
Mesdames. Au revoir, docteur, et n 'oubliez pas de m 'envoyer votre note.
Vous verrez que ce brandy aura l 'audace de m 'envoyer sa note.
Qu 'est -ce que tu fais ? Je regarde déjouer les enfants.
Je croyais que tu n 'aimais pas les gosses.
C 'est plus ce que j 'aime.
Mais quand on sort de toute cette boue, ça repose un peu.
Il n 'est pas trĂšs tendre ce matin.
Non.
Je vais m 'y écouter.
Tu veux me voir ?
Je crains qu 'il y ait entre nous un malentendu.
Hier, vous me plaisiez, c 'est vrai.
Mais j 'étais surtout trÚs déprimé, trÚs nerveux. Je suis resté prÚs de vous
autant par découragement que par désir.
Vous comprenez ? Je serais vraiment trop bĂȘte ? Non, vous ne comprenez pas.
Ăa n 'a aucune importance, d 'ailleurs. Je suis dĂ©cidĂ© de quitter la ville.
En ce moment, c 'est vous avec ou pas ? Aussi, j 'attendrai que cette affaire
soit réglée. Et d 'ici là ? Ce seront des amis, si vous voulez bien. Des amis
Tu vois une femme comme moi ĂȘtre l 'amie d 'un homme comme toi.
AprĂšs cette nuit.
Vous vous désestimez, mon cher.
Réfléchissez. J 'ai tout réfléchi.
Tu es lĂąche.
Tu es faible.
De nous deux, c 'est toi la grue.
Mais ça m 'est égal, je ne cÚderai pas.
Hier, tu m 'as vu boiter parce que j 'avais les pieds nus. Mais quand j 'ai
chaussures, personne ne sait pas prĂšs de rien.
J 'ai mis cinq ans pour arriver à ce résultat. J 'y suis arrivée.
Et tous les hommes que j 'ai voulu, je les ai eus.
Moi, la firme.
Et chaque fois, c 'est une revanche que je prends sur la vie.
Maintenant, tu peux faire ce que tu voudras. J 'ai prévenu, tu sais à qui tu
faire.
Qu 'est -ce que tu fais lĂ ? Je suis au coin, monsieur.
Tu n 'as pas vu une feuille de papier tomber dans la cour ? Non, monsieur.
Comment en es -tu sûr que tu avais le nez contre l 'armoire ? C 'est parce que
je regardais, monsieur.
C 'est vous qui avez posé ça là ? Non.
Vous connaissez ce volatil ? Non.
Alors, qu 'est -ce que vous faites lĂ ? Eh bien, voilĂ , docteur.
J 'ai un grand service Ă vous demander, un immense service. Voulez -vous me
prĂȘter 100 francs ? 100 francs ? Pour sauver mon honneur.
Je ne puis pas.
Vous n 'avez pas besoin de rire. Allez, c 'est trĂšs grave.
Tout Ă l 'heure, en allant travailler, j 'ai vu l 'aventure de rebouter un col
en broderie. Et puis, la broderie anglaise, de la vraie.
Et alors ? Alors, j 'ai pris 100 francs dans ma caisse Ă la fin.
J 'ai tenté de me remettre sur mes économies.
Et puis... Et puis ? J 'ai dĂ» m 'apercevoir que ma grand -mĂšre est vide.
Votre grand -mĂšre ? C 'est lĂ que je me mets sous.
Elle est qu 'Ă rendre le col ? Je ne sais pas.
J 'ai fait une tĂąche.
Tenez.
Menteuse. Merci, docteur.
Gardez ça aussi.
Vous vous mettrez Ă genoux prĂšs de moi quand on ne vous remarque pas.
Impossible de venir plus tĂŽt. Votre soeur montait la garde sur la place.
Vous voyez dans quelle situation vous me mettez.
Vous auriez mérité qu 'au lieu de venir, je montre votre lettre à mon mari.
Manette, je ne vous ai jamais écrit. Je suis venu en recevant votre mot.
Quel mot ?
Connaissez -vous la personnalité du corbeau ? Cette lettre est un faux.
Dix -sept jours suivants.
Oh ! Et vous ĂȘtes venue tout de mĂȘme.
J 'ai été blessée sincÚrement. Pourtant, je vous ai exclu.
Les femmes sont toujours prĂȘtes Ă pardonner un amour de cette sorte.
Je vous déçois.
En qui vous imaginez si au -dessus de tout ça, si loin d 'elle ? Nous sommes
sans doute assez prĂšs l 'un de l 'autre.
Malheureusement, je ne suis pas libre.
Vous aimez une autre femme ? Non, le train, aprĂšs moi. Je vous expliquerai
-ĂȘtre ça un jour.
Je ne vous demande rien.
Je suis encore jetĂ©e Ă la tĂȘte de personne.
Ce qui m 'inquiÚte, c 'est de savoir pourquoi on nous a ménagé cette
Je l 'ai eu, mais je n 'ai aucune intention de la prolonger.
Adieu, Germain.
Adieu, Laurent.
Faut surtout pas me revoir.
Si jamais vous avez besoin de moi, je serai lĂ .
Denise. Vous ne m 'attendiez pas, hein ? Qu 'est -ce que vous faites lĂ ? Vos
profils vous obligent Ă me quitter.
Il ne vous empĂȘche pas de courir aprĂšs une femme mariĂ©e.
Une petite sainte n 'est toujours vicieuse et saumoise. Un compliment.
Ce rendez -vous est une ruse.
Un piĂšge dans lequel vous tombez avec nous.
Qui vous a donné l 'idée de venir ici ? Quelqu 'un qui vous connaßt bien et qui
a bu juste du premier coup.
J 'en suis nĂ©e tout Ă l 'heure. Une ĂȘtre du Corbeau, sans doute. Pourquoi pas ?
Et puis toi d 'abord, je t 'interdis de m 'agresser la parole. Tu m 'as volé mon
amant, mais sois tranquille. Michel le saura, tout le monde le saura. Le
a raison, j 'ai ratifié la ville. Allez -vous vous taire ? Non, je le dirai, je
le dirai si je veux.
Sale type, sale type ! Ne parlez pas si fort dans la maison du Seigneur.
C 'est vous le cherchez, docteur.
Vous saviez que j 'étais ici ? Je vous ai vu entrer.
Il y a un accident dans votre service. Le 13 vient de se suicider.
Il ignora qu 'il était perdu.
Le maßtre anonyme lui a révélé la gravité de son état. Il s 'est coupé la
avec son rasoir.
Votre opinion ? Pour moi, c 'est Marie Corbin qui a écrit cette saleté. Elle ne
pouvait pas souffrir le 13 depuis l 'histoire des ampoules. En tout cas, c
l 'avis de tout l 'hĂŽpital.
C 'est l 'imbécile.
Comme si je n 'avais pas assez d 'ennuis.
Que faire ? Un bel enterrement. Il finira avec l 'hĂŽpital.
Comme aujourd 'hui, vendredi, je n 'ai pas d 'aliments. Toute la ville pourra
assister aux objets.
Dimanche, c 'est la fĂȘte de Saint -Robin. J 'avais comme mon bras.
Et puis, le curé ne laissera pas entrer un suicidé à l 'église.
Docteur Verzet, vous signerez un certificat d 'aliénation mentale.
Le 13 était fou.
Bien entendu, il était fou comme tout le monde. Comme moi, comme vous. Vous en
priez, pas de plaisance.
Naturellement, tout l 'hĂŽpital suivra le cortĂšge. Pas moi.
Pourquoi pas vous ? Parce que je n 'aime pas les enterrements.
Vous ne comprenez donc pas ?
Vous avez pourtant dit que cette couronne devait ĂȘtre placĂ©e derriĂšre le
cordillage. Une seconde, mademoiselle Thorin.
Tenez -moi ça, monsieur.
Vous devriez rentrer chez vous.
Soyez plus prudents.
Et si je ne veux pas ĂȘtre prudent ? Parce que tout le monde ici vous croit
coupable. On parlera de provocation.
Inutile d 'insister, docteur. On ira jusqu 'au bout.
... ... ... ...
... ...
... ... ...
...
Sous -titrage FR ?
Il fallait du sang.
Ces petits carrés de papier blanc pleuvaient sur la ville.
Ils ont fait rire quelques -uns d 'entre vous.
Auriez -vous ri si vous aviez su qu 'ils feraient pleurer une mĂšre ?
Mais notre ville
entiĂšre partage sa douleur.
Et s 'il n 'était pas déplacé d 'invoquer la justice des hommes auprÚs
tombe, qui nous rapproche de la justice divine, je dirais que la ville entiĂšre
partage son désir de vengeance.
Comme autrefois la chouette était fixée sur la porte des granges, tu seras cloué
sur la porte du cimetiĂšre, oiseau de sang, oiseau noir,
corbeau.
Au nom de la foule émue qui m 'entoure,
Au nom des pouvoirs que je représente, je le proclame, malheureuse victime
innocente d 'un assassin sans nom, tu seras vengé ! C 'est elle le corbeau ! C
'est faux ! C 'est ignoble ! La lettre est tombée de la couronne que tu as
apportée ! Ce n 'est pas vrai ! Je ne l 'ai pas toujours tenue entre les mains !
Qu 'est -ce que vous dites ? Vous osez m 'accuser ? Vous avez tenu la couronne !
C 'est vous qui avez mis la lettre ! Moi ? C 'est vous !
Monsieur l 'Ă©conome. Et vous lisez le journal ? Le bruit ne me gĂȘne pas.
Messieurs et les dames, mesdames, et nous, mes chers amis.
Mais laissez -moi parler au moins.
Elle n 'est plus ici, elle est venue prendre son service ce matin, nous l
renvoyée.
Calme plein.
Marie est arrĂȘtĂ©e depuis deux jours. La tempĂ©rature est normale et mĂȘme au
-dessous de la normale.
Plus une lettre à Saint -Robin, c 'est rassurant. Ou inquiétant, comme aurait.
Vous savez que personne ne croit votre mort coupable. Au contraire, tout le
monde la croit coupable. C 'est si brassure.
Je sais qu 'elle est innocente. J 'en ai la preuve.
Là , vous commencez à m 'inquiéter.
Vous savez quelque chose ? Roland m 'a fait une révélation.
J 'aurais pu l 'amener, elle pleure depuis deux jours.
Cette accusation de vol à la poste est ignoble. Tout le monde est indigné.
Malheureusement, le corbeau a dit juste.
Roland a bien pris de l 'argent dans la caisse.
Mais ce qui est le plus grand, c 'est qu 'une seule personne l 'a su. Et ça n
'est pas Marie Corbin.
Alors qui ? Le docteur Germain.
Un instant.
Le docteur Germain a -t -il prĂȘtĂ© de l 'argent Ă votre fille pour le remettre
dans la caisse ? Comment savez -vous ? Si c 'est votre seul motif de soupçonner
Germain, je peux aussi bien ĂȘtre le coupable.
Rolande m 'a emprunté 200 francs le mois dernier et 50 francs à Laura il y a 15
jours. Sous le mĂȘme prĂ©texte. C 'est un truc.
Oh, la petite garce.
Elle me le paiera.
Ah non, il faut ĂȘtre indulgent pour les jeunes filles nerveuses.
Quel Ăąge a Rolande ? 14 ans et demi. Ah, c 'est un peu tĂŽt pour la marier. Mais
il faudra faire vite.
Alors, vous partez ? Non, je fous le camp.
Pourquoi ? AprÚs la crise qu 'on m 'a faillitée. Tout ça, c 'est le passé.
Depuis la restation de ma vie, toute la vie s 'est retournée.
Pour un peu, on voudra faire une statue.
Je ne sais pas ĂȘtre sincĂšrement bien, mais mon Ă©pilier, soyez gentil, passez
-moi la chemise qui est sur la petite dame.
La chemise ? Le dossier, lĂ .
Vous devez me trouver simple, n 'est -ce pas ? Au contraire, je vous trouve trĂšs
gentil.
Mais... Vous partez quand mĂȘme.
Oui.
C 'est tout à fait décidé.
Tout Ă fait.
Rien ne peut vous en tenir.
Rien.
Bon. Je vous aime. Non.
Vous ne me croyez pas ? Non. Vous prenez pour un menteur.
Oui. Mais... Quoi ? Ăcoute, RĂ©mi.
Oh ! J 'ai appelé par ton prénom toute une nuit. Tu peux bien me le laisser
trois minutes.
Non, chérie, ne mets pas tes chaussures comme ça.
BrĂ»ler avec des chaussettes, ça tient moins de place et ça les empĂȘche de se
déformer.
Mon chéri,
les autres te croient dur et inflexible.
Mais moi, je sais que tu peux ĂȘtre tendre et faible comme un enfant.
J 'ai tenu cet enfant un soir en prenant soin.
Ce moment -lĂ , je t 'aime.
Parce que c 'est aussi bĂȘte que ça.
Je t 'aime.
Mais non.
Ce serait trop facile. Vous n 'avez jamais aimé, vous ne savez pas ce que c
'est, et vous profitez de mon départ pour me jouer la grande scÚne des
Je t 'aime, Rémi.
Et les autres, vous les aimez aussi ? Non.
Je ne les aimais pas.
Naturellement, vous avez changé d 'un seul coup.
Et oui, que je vous crois.
Mais ma pauvre fille, les gens sont ce qu 'ils sont. Un honnĂȘte homme reste un
honnĂȘte homme. Un coureur reste un coureur. Et une fille reste une traĂźnĂ©e,
'est -ce pas ? Vous avez peut -ĂȘtre raison, docteur.
C 'est dans ce cas -lĂ que je vous place.
Car vous ĂȘtes toujours ce qu 'il y a de plus triste et de plus Ă©tranger Ă la
vie.
Un crétin ? Oh non, un bourgeois.
Ne t 'inquiĂšte pas, va.
Il ne faut pas faire partout.
Tenez, vous lirez ça quand je suis parti.
Qu 'est -ce que c 'est ? C 'est la lettre que j 'ai déchirée il y a quinze
et que j 'avais gardée.
Pourquoi me la donnez -vous aujourd 'hui ? D 'abord parce que je m 'en vais.
Et puis parce que je crois bien qu 'aujourd 'hui je ne l 'écrirai plus.
Je comprends bien.
C 'était Saint -Robin, la fleur légÚre. Il ne regretterait personne.
VoilĂ .
Personne.
J 'aime pas elle.
Elle ?
Vous avez notĂ© son moment ? Peut -ĂȘtre un jour.
Si vous n 'aviez pas noté son moment, est -ce que vous pourriez encore mécher
cette tĂȘte ? Impossible.
Eh oui.
Laura, le second coup de la messe.
Oh, pardon, Germain, je savais que ma femme reçoit une visite. J 'ignorais que
'était vous. Je fais mes adieux à Mme Bonnet.
Ah, c 'est vrai, vous ne nous accompagnez pas, les... Non, je
suis pas croyant. J 'aurais dû m 'en douter. Vous avez la sécurité de la
Vous, vous ĂȘtes croyant ? Crudent.
Dans l 'incertitude, je prends une assurance.
Ăa coĂ»te petit peu.
Amen. Seigneur, préservez -moi de la main du pécheur et délivrez -moi des
injustes.
Au nom du PĂšre et du Fils et du Saint -Esprit, ainsi soit -il.
Mes chers frĂšres,
l 'esprit du mal s 'était abattu sur votre ville à cause de vos péchés.
Le fils menaçait le pÚre, et le bruit des discordes submergeait la cité.
Mais le Seigneur, dans son ineffable miséricorde, a écarté de vous ce fléau.
Il faut que vos cĆurs, dĂ©livrĂ©s de la crainte, s 'Ă©lĂšvent vers le cĆur de
pour le remercier de cette grùce toute spéciale.
Voici le texte de la lettre aux paroissiens de Notre -Dame. Mes chers
les méchants se sont réjouis trop vite.
Marie Corbin et le corbeau ont deux.
C 'est donc en pleine liberté que je reprends ma campagne d 'assainissement.
Toutes les iniquités de cette ville pesteuse seront révélées.
Tant que vous n 'aurez pas expulsé de vos remparts Germain le pourriteur. Avis
aux intéressés, votre frÚre Angers Ducry, le corbeau.
C 'est un blasphÚme caractérisé.
Il n 'attaque mĂȘme pas la religion.
J 'ajoute.
que l 'écriture de cette lettre, tristement identique à celle des lettres
précédentes, inocente complÚtement Marie Corbin, n 'est -ce pas, docteur ? Tout
Ă fait.
Alors, tout est Ă recommencer.
Cette fois -ci, nous partons en pleine certitude.
L 'enveloppe est tombée de la galerie. Pour accéder à la galerie, il faut
par la tribune. Or, dans la tribune, il y avait 18 personnes, et 18 personnes
que j 'ai priées de descendre ici.
Vous nous accusez ? C 'est monstrueux. Et pourquoi ne nous arrĂȘtez -vous pas en
bloc ? Pourquoi maintenant, jamais ne peut plus partir les troupes en gueule ?
Monsieur le substitut, nous protestons, nous protestons hautement ! Ben voyons,
qu 'est -ce que c 'est que ça ? Silence, messieurs ! La piste n 'est pas
terminée.
Encore une.
Et celle -ci ? C 'est ma deuxiĂšme.
Une carte postale anonyme. Il y en a mĂȘme pour la poste rĂ©sidente.
Naturellement, tout le monde en est écrit.
Vous placez la concierge en charge de la voyer une Ă ma femme.
Qu 'est -ce que je lui ai filé comme tas ? A qui, à la concierge ? Ben non, à ma
femme. Est -ce qu 'on va continuer les dix traßnées ou non ? Naturellement,
qu 'on aura pas d 'ordre. Quel que tu veux faire d 'autre. On devient
alors.
Terminé.
Vous ne semblez pas avoir conscience de notre mission.
Quelles que soient les circonstances, une lettre qui nous est confiée doit
remise Ă son destinataire.
Grandeur et servitude postale.
Cassez le pied pour moi, je l 'attends.
Il y avait une lettre pour le patron ? Pas pour lui, pour certains.
Je dois préférer qu 'il ne la lise pas.
Grandeur et décadence postale.
Messieurs, la situation était grave.
Elle devient tragique.
Fini de rire.
Fini de rire, vous me faites rigoler, vous. Super.
Mais n 'importe quoi. Mais donnons l 'impression d 'agir.
Sinon, je crains les pires conséquences.
Lesquelles ? La premiÚre séquestrée mis en minorité samedi au conseil municipal.
Ăvidemment, c 'est regrettable pour vous.
Mais votre point de vue me paraßt bien étroit, permettez -moi de vous le dire.
Nous sommes en présence d 'une véritable épidémie. La contagion gagne de jour en
jour.
Docteur, vous ĂȘtes expert.
Votre avis ? Je n 'en ai pas, monsieur le sous -préfet.
N 'ayant ni le goût des places, ni celui des décorations.
Pourquoi aurais -je un avis officiel ? Eh bien, moi, j 'ai une idée.
C 'est de votre Ăąge.
Germain est la cible principale du corbeau.
Puisque nous ne pouvons pas nous débarrasser du coupable, débarrassons
Germain. Nous serons peut -ĂȘtre par la mĂȘme occasion dĂ©barrassĂ©s des lettres.
Allez,
envoie ce nom.
Au revoir, docteur.
La personne suivante.
VoilĂ , docteur.
Mon mari a du tuberculose.
Le moindre choc sentimental pourrait aggraver son état.
Je dois lui éviter que des mensonges.
C 'est ça.
Ăa me paraĂźt prudent, en effet, mais... Je n 'ai pas revu mon mari depuis un an
et... Je suis enceinte.
Non. Comment, docteur? Non, je dis non, madame.
Vous avez peut -ĂȘtre entendu dire que je pouvais effacer un souvenir, bon ou
mauvais, mais c 'est faux.
Au revoir, madame.
C 'est fou.
Quoi ? C 'est vous.
C 'est bien vous.
Vous ne vous souvenez pas de moi ? Vous m 'avez sauvé la vie il y a cinq ans.
Une fracture du crĂąne, un accident de toux.
Vous vous trompez. Non, non, je ne me trompe pas.
Mais qu 'est -ce qu 'un chirurgien comme vous fait dans une ville comme celle
-ci ? Soyez tranquille, je ne vous trahirai plus maintenant.
En somme, c 'était une petite provocation.
Je gagne ma vie comme je peux.
On m 'avait offert 10 000 francs.
Si vous aviez marché, on vous prenait à la gorge.
Mais qui a monté cette jolie combinaison ? Mon docteur, je ne suis pas une
casserole.
Les journaux de Paris, monsieur le sous -préfet. Donnez -moi ça, je vais vous
lire les manchettes, ça vous distraira.
Nous allons encore nous faire assassiner.
On doit interdire la presse.
Alors ? Rien de nouveau.
Permettez.
Nom de Dieu.
Déplacé. Ils m 'ont déplacé.
Et j 'apprends ça par le journal.
Tout ça pour donner satisfaction à l 'opinion publique.
Si cette nouvelle est de nature Ă ramener le calme dans les esprits, votre
sacrifice n 'aura pas Ă©tĂ© inutile. L 'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral d 'abord, permettez
de vous le dire. Vous foutez -moi la paix. Croyez bien, mon cher, que nous
sommes tout à fait désolés pour vous. Vous avez tort, au fond, je suis ravi.
me voilà débarrassé de Saint -Robin et de ses habitants.
AprĂšs tout, j 'ai de quoi vivre.
Je ne sais pas pourquoi j 'étais venu m 'enterrer dans un trou.
Parce que c 'était un trou dans un fromage.
Ce qui signifie ? Que le corbeau m 'a fourni de singuliÚres précisions sur
maniĂšre d 'administrer.
Répétez ce que vous venez de dire.
Répétez -le ! Je prends le sous -préfet à 15 contrats.
Ah non, vous, je vous en prie, hein ! Allons, mon cher, Ă cette scandale.
Reprenons plutĂŽt la discule. Vous la reprendrez avec mon successeur. Il
que je suis trop inférieur à ma tùche pour prendre part à votre délibération.
'espĂšre
que je ne vous dérange pas, messieurs.
Excusez -moi d 'avoir forcé votre porte, mais je n 'en ai que pour un instant.
Monsieur le substitut, mes compliments.
Au lieu d 'agir contre l 'auteur des lettres, vous surveillez sa victime. C
ingénieux.
Si vous arrĂȘtez les volets, vous n 'avez pas de peine pour vol.
Vous me prenez sur un temps qui ne convient pas, en effet, car rien n 'est
pieds nus et la corde au cou.
Messieurs, voici ma confession.
Je ne suis pas gynécologue.
Il y a trois ans, je n 'avais jamais fait un accouchement. Ătes -vous content
Je ne suis pas non plus le docteur Germain. Ătes -vous satisfait ?
Vous vouliez nous chasser, je suis prĂȘt Ă partir.
Et je suis pilote. Ah, mais non. Si vous croyez vous attirer... J 'ajoute.
J 'ajoute qu 'il y a trois ans, je dirigeais un service Ă l 'hĂŽpital Turgot
Paris et que j 'étais spécialisé dans la chirurgie du cerveau.
Chirurgie du cerveau ? Vous ĂȘtes Germain Monat ? Oui.
La moitié de mon nom était vrai, je ne suis donc admis coupable.
Le docteur Germain Monat avait une femme, messieurs.
Pas une virago comme la vĂŽtre de l 'an.
Ni une bigote desséchée comme Madame de Maquet, non.
Une femme.
Une vraie femme.
Elle attendait un bébé.
Je l 'ai mis entre les mains d 'un chirurgien célÚbre, le plus célÚbre des
chirurgiens.
L 'affaire se présentait mal.
Mais cet imbĂ©cile mit son point d 'honneur Ă me donner un fils quand mĂȘme.
C 'était un homme de devoir.
Il a tué à la fois la mÚre et l 'enfant.
Il a tuĂ© par la mĂȘme occasion le docteur Monastro.
Vu ce temps -là , le Dr Germain s 'est attiré dans une petite sous -préfecture.
Et il met ses dons professionnels au service des maires.
Et c 'est en pleine liberté de conscience qu 'il intervient dans les
douteux. Alors, ça change tout, mon cher frÚre. En effet.
Vous souteniez le Dr Germain et c 'est le Dr Monat qui vous accuse de sottise.
Et d 'incapacité.
Au revoir, messieurs.
Tu as gagné, petit imbécile.
Si c 'était à moi, je te bloquerais de bonnes paires de claques.
C 'est pas folle ? Laissez -moi mourir. Je veux mourir.
Qu 'est -ce qu 'il se passe ? Une gosse qui s 'est sautée dans la voie.
Un accident ? Malheureusement, non.
On n 'a pas idée de ça. Il faut faire quelque chose.
Comment ? C 'est toi, Annette ? Laissez -moi mourir. Je veux mourir.
Pourquoi mourir ? Parce que papa n 'est pas papa.
C 'est qui qui a dit ça ?
Oui, ben tu vas rentrer bien gentiment chez toi.
Tout ça, c 'est des mensonges.
Demain, j 'irai voir ton pĂšre et je l 'expliquerai.
Et celui qui a écrit ces lettres sera puni, je te le promets.
Tenez, ramenez -la chez elle, voulez -vous.
Eh bien, Germain, vous vous lancez sur le sentier de la guerre ? Je suis
complÚtement éclairé.
Si j 'avais la moindre chance, je n 'hésiterais pas.
LĂ oĂč la police a Ă©chouĂ©... Elle ne pouvait pas rĂ©ussir.
Ces messieurs cherchent un coupable qui tue pour agir des motifs logiques. C
'est imbécile.
Un anonymographe obéit à des mobiles infiniment plus mystérieux,
incompréhensibles à la moyenne des hommes, à plus forte raison à la moyenne
policiers.
Et dans toutes les affaires que j 'ai étudiées, les coupables présentaient les
mĂȘmes tards psychologiques.
C 'était toujours des refoulés, plus ou moins détraqués sexuellement.
Des vieilles filles ? Souvent. C 'est ce qui m 'a gĂȘnĂ© pour dĂ©fendre ma belle
-sĆur. Et puis des veuves, des impuissants, des vieillards disgraciĂ©s,
infirmes.
Une infirmitĂ© mĂȘme dissimulĂ©e laisse dans l 'Ăąme des blessures secrĂštes et
peuvent s 'envenimer.
Bonjour, monsieur Bordet.
Bonjour, mademoiselle.
Eh bien, mon cher.
Pardon.
Si vous pensez que le corbeau... Oh, l 'affaire du corbeau est plus compliquée.
En deux mois, le coupable aurait écrit 850 lettres tracées en majuscules.
Je me demande si une seule personne, mĂȘme disposant de loisirs importants,
aurait pu en venir Ă bout.
Eh, il y a de curieux cas de contagion familiale.
On voit un mari et une femme, un frĂšre et une sĆur, se pencher chaque soir
sous la lampe pour rédiger des missives au vitriol.
à quoi pensez -vous ? Moi ? Je sais. Moi aussi, j 'y ai pensé, mais il ne faut
pas conclure trop vite.
Ăcoutez, je connais peut -ĂȘtre un moyen d 'en avoir le cĆur net.
Comme je vous l 'ai dit dans la sacristie de Notre -Dame, et comme j 'ai
'occasion de vous le répéter maintes fois pendant l 'instruction, il est
que le corbeau se trouve parmi vous.
C 'est une opinion. C 'est insensé. C 'est la raison.
C 'est pourquoi j 'ai décidé de vous soumettre à une épreuve.
Le docteur Borset, en qualité d 'expert, va vous donner connaissance.
Un instant.
Je tiens à souligner que j 'ai protesté contre vos conclusions il y a un mois,
que je proteste encore aujourd 'hui.
Et que je protesterai demain.
Si ça peut vous amuser.
Mais ça fait beaucoup de protestations pour pas grand -chose.
Il s 'agit seulement d 'une petite dictée collective.
Je m 'explique.
Un anonymographe ne peut pas tracer un millier de lettres en majuscule sans
acquérir une maniÚre d 'écriture seconde qui lui devient naturelle.
Cette Ă©criture, il peut la dissimuler une heure ou deux heures, peut -ĂȘtre
davantage. Mais la fatigue aidant, elle reviendra obligatoirement sous sa plume.
C 'est pourquoi j 'ai le regret de vous avertir que cette dictée sera longue,
trĂšs longue.
Il y a ici des honnĂȘtes gens qui n 'ont pas Ă mĂ©riter ces procĂ©dĂ©s de basse
police. Docteur Bertrand, les honnĂȘtes gens doivent se dĂ©vouer pour Ă©viter que
le coupable ne se dérobe.
Monsieur... Alors, alors... Maintenant, prenez vos plumes, je commence.
Lettre numéro un.
Petit débauché.
Petit débauché.
Tu fais joujou.
Tu fais joujou.
Avec la femme...
Ă Vorzay.
Avec la femme Ă Vorzay.
Laura, la... Vous mettrez un P, plusieurs points de suspension.
Prends garde, j 'ai l 'Ćil amĂ©ricain.
Et je dirai tout.
Il n 'y a pas de place aujourd 'hui? Non, la salle d 'école est
Il y en a pour la matinée. Et pour l 'aprÚs -midi.
Je commence Ă finir. Pensez -vous, le corbeau est plus malin que... Le
Lettre numéro 53.
Un cadavre.
Tu as un cancer du poids.
Croquignolet. Tu as un cancer du foie croquignolet
qui te mĂšne grand train aux
asticots.
Qui te mĂšne grand train aux asticots?
Germain se paye ta pauvre bobine.
de crevard Germain se paye ta pauvre bobine de
crevard mes amitiés au pÚre éternel
au pÚre éternel
Le corbeau.
Pourquoi vous ĂȘtes -vous Ă©vanouie par
fatigue ? Non.
Vous savez pourquoi ? Oui.
Alors dites -le.
Vous ne saurez pas, vous ĂȘtes trop dure avec moi.
Vous me soutenez.
Je vous déteste.
Laissez -la, elle est fatiguée.
Alors, elle a repris connaissance ? Oui, mais on ne peut rien en tirer.
A votre avis, c 'est elle ?
Pendant que vous étiez là -haut, j 'ai encore examiné son écriture.
Il y a des coĂŻncidences troublantes, mais rien de concluant.
Et cet évanouissement ? Il ne constitue pas une preuve.
Dites -moi franchement, vous aimez Denise ? Non, je ne pense pas.
Je désirais, ça oui.
Je désire encore certaines nuits.
Quand je me retourne dans mon vie.
Mais si je la savais coupable, je n 'hésiterais pas à dénoncer.
C 'est cornelien.
Vous avez tout du vieil en race.
Moins la barbe. Et encore, vous avez une barbe virtuelle. C 'est plus beau.
Enfin, mon cher, tout de mĂȘme, quand vous rencontrez une mauvaise bĂȘte... J
rencontre une chaque matin, dans ma glace, en compagnie d 'un ange.
Vous ĂȘtes formidable.
Vous croyez que les gens sont tout bons ou tout mauvais.
Vous croyez que le bien, c 'est la lumiĂšre et que l 'ombre, c 'est le mal.
Mais oĂč est l 'ombre ? OĂč est la lumiĂšre ? OĂč est la frontiĂšre du mal ? Savez
-vous si vous ĂȘtes du bon ou du mauvais cĂŽtĂ© ? Quelle littĂ©rature ! Il n 'y a qu
'Ă arrĂȘter la lampe.
ArrĂȘtez -la ! Vous ĂȘtes brĂ»lĂ©s. Vous voyez, l 'expĂ©rience
est concluante.
Tenez, je vous aime bien.
Je vais vous faire une conférence.
Je me drogue.
Je me pique.
C 'est pour moi que Marie Corbin s 'utilisait Ă la pharmacie les ampoules
morphine. Parce qu 'elle a une vieille passion pour s 'en éclater.
Et je ne me prends pas pour un monstre, vous savez.
Méditez là -dessus, jeune homme, et faites votre examen de conscience.
Vous serez peut -ĂȘtre Ă©tonnĂ© des rĂ©sultats.
Je me connais.
Orgueilleux.
Depuis qu 'il souffle sur la ville un tourbillon de haine et de délation,
les valeurs morales sont plus ou moins corrompues.
Vous ĂȘtes atteint comme les autres. Vous tomberez comme eux.
Oh, je ne dis pas que vous étranglerez votre maßtresse, non.
Mais vous fouillerez ma serviette si je l 'oublie sur ce bureau.
Et vous coucherez avec Hollande s 'il est amoureuse de vous.
On n 'a que le choix, vous savez.
On voit que vous avez l 'habitude de soigner les fous.
Ă votre service.
Eh, bonne nuit quand mĂȘme !
Mais les poussiĂšres ? Depuis la mort de mon fils, je me suis remis femme de
ménage. C 'est moi qui balaie les cartes tous les matins.
Vous ne le saviez pas ? Oh, pardon, vous m 'avez fait peur.
J 'ai passé une nuit affreuse.
Je connais ça.
Il y a deux mois que je ne dors pas.
Mais quand François sera venu, je dormirai. Ăa ne s 'arrĂȘtera pas.
Vous savez qui est responsable de sa mort ? Je crois le savoir.
Il faut que tu sois sûr, absolument sûr.
Qu 'est -ce que t 'en es -vous ? T 'aurais toujours accepté.
Vous connaissez ça ? Il va faire avec une fois.
Contre les morts avec pas d 'armes.
Il va re -perdure.
On n 'a pas le droit de le faire.
Voyez. Sûrement pas.
Mais je le fais sans droit.
18 rue de la mairie.
Donnez -moi ça, vous économisez un timbre.
Vous ĂȘtes lĂ ? Vous m 'espionnez, maintenant ? Donnez -moi ça. Jamais.
Vous m 'écrivez une lettre, il faut que je la lise.
Je ne le veux plus.
Chirurgien de mon cĆur, belle occasion d 'opĂ©rer. Denise est enceinte de toi, le
savais -tu ? Vous avez vu ? Oui.
Ainsi, c 'est vous.
La détraquée qui nous empoisonne depuis des mois, c 'est vous.
Non, ce n 'est pas moi.
Je veux avoir un enfant de cette demi -folle.
Non.
Je ne veux pas d 'un fils taré.
Le corbeau a raison.
Je vous promets que celui -lĂ n 'est pas prĂȘt de voir le jour. RĂ©veillez -vous.
Réveillez -vous.
Tout de mĂȘme, ça fait un drĂŽle d 'effet.
Vous soupçonnez depuis trois jours, mais de là , vous pincez en flagrant délit.
Je ne suis pas le corbeau.
J 'ai le viol sur l 'éptique, je ne veux pas.
Ah non, Denise, pas ça. Je vous en prie, un peu de pudeur.
Je vous ai vu écrire.
C 'est la premiĂšre fois.
Je n 'osais pas avouer la vérité en face.
Alors j 'ai voulu vous envoyer une lettre.
Et c 'est devant le papier que l 'idée m 'est venue d 'imiter l 'écriture du
corbeau.
VoilĂ tout.
J 'étais bien sûr que vous trouveriez un truc pour ne pas avouer. Les auteurs de
lettres anonymes n 'avouent jamais.
Tu l 'as bien trouvé.
Seulement, votre obstination mĂȘme Ă nier prouve que vous ĂȘtes coupable.
Alors, je n 'ai qu 'Ă avouer pour que tu me crois innocente.
Tu raisonnes trop, Rémi. Tu la savais le peine de raisonnement. Tu ne peux plus
rien sentir.
Si tu veux savoir la vérité, regarde -moi dans les yeux.
Qui est -il, je sais.
Tais -toi, regarde -moi.
Tu vois ? Je voudrais y aller.
Je suis pas intelligente comme ça, mais je saurais ce que je veux.
Maintenant, j 'ai peur de te passer vite.
Tu vas aller voir Laura tout de suite.
Laura ? Pourquoi ? Elle est plus gentille, elle n 'est plus comme tous
autres. Comme l 'ĂȘtre de moi.
Comme l 'ĂȘtre de moi.
Tu as vu Laura ce matin ?
Elle vient de me téléphoner.
Vas -t 'en.
Vraiment.
Embrasse -moi.
Bonsoir, M.
Patinard. Qu 'est -ce qui vous arrive ? Je vous ai dit un jour que si jamais
vous couriez un danger, je serais lĂ , je suis... Mais de quel danger s 'agit -il
? Vous n 'avez pas reçu ce matin une lettre de menace ? Moi ? Vous n 'avez
téléphoné à personne ? Personne ? Enfin, qu 'est -ce que signifie cette histoire
? Que je me suis laissĂ© manĆuvrer comme un gamin ? On parlera.
C 'est ridicule. Oh non, non, vous n 'allez pas partir comme ça sans me
'explication. Plus tard, il faut que je rentre tout de suite.
Avouez tout de mĂȘme que vous faites de drĂŽles de visites.
Ah bon ? Attendez.
Ăa, par exemple.
Vous, vous permettez ? Je vous en prie.
Dernier avertissement.
Si tu ne cesses pas toute relation adultĂšre avec Germain, gare Ă toi.
Voici la soeur de la balle qui te trouvera la peau.
Maintenant, tout est clair. Pour m 'envoyer ici, il fallait connaĂźtre cette
tĂȘte.
Et pour la connaßtre, il fallait l 'avoir écrite.
Qui vous a envoyé ici ? Denis.
C 'est pas possible.
C 'est une erreur.
Un horrible malentendu. Il n 'y a ni erreur ni malentendu possible.
Denis n 'est pas capable de ça.
Vous avez une autre explication ? Oh, pauvre ami.
C 'était bien combiné.
Si la lettre n 'était pas arrivée à temps, le tour était joué.
Si je savais quoi vous dire.
Mike, c 'est assez effrayant.
Je sais.
Vous écrivez aux lignes ? Quoi ? Vous vous levez à l 'instant et vous avez
les doigts tachés d 'encre.
Le résultat de la dictée d 'hier.
Tant.
Vous allez me toucher aux yeux, mais l 'enquĂȘte est encore bien faite.
Et puis on ne se vernis pas les ongles avant de se laver les mains.
Oh Laura, si vous aviez fait ça.
Cher Mamouti, qu 'est -ce qui vous prend ? Si vous aviez Ă©crit vous -mĂȘme cette
lettre, si vous aviez glissĂ© vous -mĂȘme dans la boĂźte.
Si vous aviez vraiment donné ce coup de téléphone.
Alors vous perdiez, Denise.
Oui, oui, je me plains.
Et vous qui ĂȘtes Ă plaindre, Laura.
TrĂšs Ă plaindre.
Qu 'est -ce que c 'est ?
C 'est affreux, je ne comprends pas, c 'est un piĂšge, c 'est une machination !
'ai la peine de jouer Ă la comĂ©die, c 'est toi que vous ĂȘtes prise, et j 'en
emporte la preuve.
Non, ne portez pas ! Non, j 'ai trouvé ! Denise vient faire sa correspondance,
ici, ça prend ! Rémi ! Rémi ! Rémi ! Qu 'est -ce que vous faites là ? Venez.
VoilĂ le buvard de votre femme.
Je le savais, Laura est folle.
Je l 'ai surprise hier soir, et depuis je n 'ai pas encore trouvé le courage de
téléphoner au parquet.
Une trĂšs jeune femme, un trĂšs vieux mari, voilĂ tout le drame.
Au fond, je suis le grand responsable. Je n 'aurais pas dû m 'épouser Laurent.
Au début de notre mariage, sa jeunesse m 'a réchauffé. J 'ai jeté dans ses
derniÚres flambées tout ce qui me restait de désir et d 'amour.
Et puis, peu Ă peu, je suis devenu l 'ami de ma femme.
Ce ne lui suffisait plus.
Mais on lui avait appris la vertu.
Elle me restait fidĂšle.
LĂ -dessus, vous ĂȘtes arrivĂ©.
Vous ne lui avez plus.
Et pour attirer votre attention, elle a écrit la premiÚre lettre.
Et comme ça ne répondait pas assez, la rage l 'a reprise.
Elle s 'est acharnée sur vous qui ne répondiez pas à ses avances, sur Denise,
dont vous Ă©tiez l 'amant. Elle a compromis sa sĆur qui la surveillait.
La rage a tourné au délire.
Le délire à la folie.
Maintenant, soyez gentil.
Portez ce papier buvaire au parquet.
Je n 'en aurai pas la force.
Moi non plus.
Un procĂšs n 'arrangerait rien. Si Laura est malade, soignez -la. C 'est vous qui
dites ça, vous, l 'homme au principe.
J 'ai beaucoup changé depuis ce matin. J 'ai compris pas mal de choses.
Voyez -vous, ce genre de crise n 'est pas inutile.
On en sort comme le convalescent émerge de la maladie plus fort et plus
conscient. C 'est terrible à dire, mais le mal est nécessaire.
Allez, soignez -leur. Mais non, il est trop tard.
Vous ĂȘtes psychiatre, vous dirigez l 'adulte Saint -Ange. Mais mĂȘme si je le
voulais, je ne pourrais pas signer un certificat d 'internement pour ma propre
femme.
Donnez -moi une feuille de papier.
Comment ? Vous voulez ? Oui.
AllĂŽ ? Oui.
Oui, c 'est moi.
Hein ? Oh, oui.
Oui, oui, bien.
Oui. Mais je vous l 'envoie tout de suite.
Vous n 'avez qu 'Ă demander une ambulance.
Merci pour elle et pour moi.
Maintenant, il faut que vous partiez.
Denise s 'est évanouie encore une fois en descendant ses escaliers et elle a
fait une mauvaise chute.
Qu 'est -ce que ça a provoqué ? Allez -y, mon Dieu, tout de suite.
Non, ce serait trop facile.
Vous croyez que je vais me laisser faire comme ça ? C 'est lui le corbeau. Lui
le fou qu 'il faut interner. Vous m 'entendez, Rémi ? Pour la premiÚre
il a raison. C 'est moi qui l 'ai écrite.
Mais les autres, toutes les autres, il les a combinées.
Il me les a dictées une à une.
Tenez, regardez -le, une lubine. Non, voyons alors.
Allez, Germain, il faut que vous partiez.
Partez ! On vous attend ! C 'est moi qui vous en prie ! C 'est moi ! Rémi !
Tais -toi ! Tais -toi ! Tais -toi ! Tais -toi ! Tais -toi !
AllĂŽ ? AllĂŽ ? Donnez -moi le prĂȘt ! RĂ©mi ! RĂ©mi ! RĂ©mi !
Tais -toi ! Alors ?
Tu ne feras rien, mais j 'ai eu terriblement peur.
Pour moi ? Pour vous deux.
Tu as envie de cet enfant ? J 'en ai besoin.
Nous avons bien failli le perdre.
Je vais t 'expliquer ça dans les escaliers.
Je vais tenter encore.
Vous ne pensez qu 'à toi ? Et pourtant, je me disais que la couchÚre qui a tué
ma femme n 'était pas aussi coupable que je l 'avais jugée.
On ne peut pas sacrifier l 'avenir au présent.
Maintenant, pour avoir un fils, tu me tueras Ă ton tour.
Peut -ĂȘtre.
Et Laura ? J 'oubliais Laura.
Oublie -la.
Laura et le corbeau ne font qu 'un.
C 'est ce que tu as fait dans la tĂȘte.
Laura connaissait le corbeau, ça oui, j 'ai dit n 'est plus longtemps.
Mais ce n 'est pas elle.
Elle a peur de lui.
Elle t 'a joué la comédie.
Ăcoute, on y va, ne sais pas si ça te... Laura avait peur pour de bon.
Alors ce serait... Non ! Non, laissez -moi ! Laissez -moi, c 'est pas moi !
laissez -moi !
Sous -titres par Juanfrance
ainsi se défendait.
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