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C 'est Maurice.
Allez, allez.
Grosse flemmarde. C 'est samedi aujourd 'hui.
C 'est ton jour d 'aller ouvrir. Allez, allez.
Allez, grouille -toi. Allez, gros. Allez, allez.
Salut.
Salut. Salut.
T 'es en avant.
Penses -tu, il lui tendit.
Sois gentil, va faire chauffer un peu de café.
Il est 8h10, dépêche -toi.
Hé, mon peignoir ! Oh, ton peignoir ! Tiens, lève -la.
C 'est pas le moment ! J 'avais une pensée hier soir. J 'avais du
boulot.
Laisse tomber, on a d 'autres choses à faire. Allez, en avant.
J 'ai pas pu finir cette nuit.
Qu 'est -ce que t 'as foutu ? C 'est
vachement bien.
Bon, tâche d 'avoir fini avant midi, j 'enverrai quelqu 'un le chercher.
Stan va être chouette. Stan m 'emmerde.
Mais qu 'est -ce que t 'attends pour te raser ? Je serai jamais à 9h dans la
télé. Tu te rasseilles, toi.
Allez, tu peux pas te tromper, tous les cubes sont numérotés.
Maintenant, c 'est toi qui vas être à la bourre.
Le jaune ne claque pas assez.
Qu 'est -ce qu 'il te faut ?
Bon, ça va, c 'est pas mal, comme c 'est grand.
Hé, calme, le bon lieuzard.
Bonjour, Stan.
Salut, comment ça va ? Ça commence à prendre tournure, on n 'attendait plus
toi. T 'achètes là vers les 8h, il faut avoir la foule.
Je peux me libérer, bien sûr.
Suis -moi, ça peut la peine.
Salut, hein, je file, je suis en retard.
Vous pourrez m 'embrasser, quand même.
Mais non, pas par ici, vous allez tout casser, vous voyez bien.
Passez de l 'autre côté, je vous ai déjà dit.
Alors, c 'est ici que vous voulez me mettre.
Bon, présentez -le -moi, on va voir.
Vous êtes deux doigts de lumière, moi, et vous me flanquez en plein dans l
'ombre. Faites une marque, vous serez éclairés comme tout le monde.
Je vous déteste.
Venez là.
Quand ils arriveront, ils ne verront que l 'escalier.
Ah ben, c 'est excellent comme interférence.
Interférence. Et cet arc -en -ciel qui m 'éclabousse complètement.
Ah, t 'éclabousses, moi ? Heureusement, mon vieux, parce que moi, pour me voir,
c 'est pas à travers les marches qu 'il faut regarder, mais à travers le mur.
Écoutez, mes enfants, ici, chaque mètre carré me coûte une petite fortune.
Alors, contentez -vous de ce que je vous offre à poids, c 'est tout.
Déjà, en fait, hein ? Fais -moi ça.
Merde ! Qu 'est -ce qui se passe, encore ? Les chaînes sautent.
Pourtant, hier, ça marchait.
C 'est pas sérieux, c 'est du bricolage. Il faut que je trouve un autre système.
C 'est ça, bonne chance.
Bon, alors, arrête -toi à ta colonne.
Tu seras prêt à midi ? On passera la prendre demain matin.
Mais ce soir, alors ? C 'est rapé, mon vieux. Ça fait deux semaines que je la
réclame. Allez, montez, allez, hop.
Si vous voulez, on n 'est pas des machines, non. Je n 'ai qu 'un
va travailler 12 heures par jour. Arrête -toi. Qu 'est -ce que tu as fait hier
après -midi ? Une nouvelle idée.
C 'est chouette, hein ? Rotation de carré. C 'est un sacré boulot. Tu n 'as
que pour découper tous les petits éléments.
C 'est plat.
Subtil. Je ne dois même pas quitter la publicité pour retourner dans le
Justement, mon vieux, justement.
Il faut que ça leur saute aux yeux, mais au sens propre.
Ce que j 'ai à Gilbert, ça adresse à tout le monde.
Il faut qu 'il reçoive votre truc en pleine gueule.
Qu 'est -ce qu 'il y a ? J 'ai le parc au bout du fil.
Il dit qu 'il n 'a pas pu trouver de camionnette.
Ça va être un catastrophe pour le monde. Quel fou !
Alors,
il s 'est jeté sur moi, à coups de pieds, à coups de... J 'étais dans le
tout ça.
Plus il frappait, plus... Moi, je disais, mais non, quand j 'ai pas envie,
pas envie. À la fin, j 'ai crié de pitié, j 'ai lui embrassé les pieds,
Vous lui avez embrassé les pieds, après, tu vous êtes battue comme ça ? Oui.
La première fois, oui. Ça vous a fait plaisir ? Oui.
Je lui ai pardonné, là. Je lui ai pardonné. Il n 'y avait pas de rancune.
Pour lui, pour moi, je suis son esclave.
Je dois lui appartenir jusqu 'au bout.
C 'est vraiment incroyable. Alors, ils lui donnent des coups, elle leur
Ça, je comprends. Oui, elles sont toutes comme ça.
Je vous éteins, notre troisième.
C 'est dégoûtant. Allez, à la suite.
Vous voyez, une thème, une autre thème. Donc, à la réalité, on ne peut pas le
voir. Elle est plutôt comme un tableau.
Bravo Stan, c 'est vraiment merveilleux. Bravo, à bientôt.
Passez donc nous boire au hara, nous y sommes toutes les fins de semaine. On s
'appelle.
Lorsque le combinatoire est mis en œuvre, la puissance de contrôle doit
assez intense pour laisser, comment pourrais -je dire, aux événements
morphochromatiques une entière liberté.
Une totale liberté.
Enfin, presque.
Il faut quand même éviter une dispersion de confiance.
Merci, merci, mon cher maître, pour cette mise au point.
Mais c 'est normal, tout cela est très, très tenu.
Tout en va déjà ? Non, non, c 'est tout ce cirque. Il fallait bien, c 'est jouer
une grosse partie. Compte sur moi, je reviendrai aux heures creuses.
Oui,
ça fait peut -être une petite seconde.
Moi, j 'ai des clients.
C 'est simple, mais ça existe.
Oui, ça correspond au schéma du bonhomme.
C 'est rigolo, non ? Oui, Tom Gadget.
Ah, bonsoir, cher ami.
Vous vous aimez ? Ça ne peut pas laisser indifférent.
Ah, bonsoir. Faut venir ici pour te voir, toi.
Bonsoir.
Je trouve que Gilbert n 'est pas très gâté. Oui, ce n 'était pas la peine de
quitter pour devenir un peintre clandestin.
Vous l 'avez vu ? Dans l 'arrière -boutique.
Oui, le labyrinthe.
Mais qu 'est -ce qu 'elle a ?
Tous
? Oui, tous.
Rembrandt, Greco, Van Gogh, Cézanne. Ils ne représentent plus rien ? Si,
historiquement, peut -être, à la rigueur.
Je ne suis pas idiot.
Mais ils nous ennuient. Ils n 'ont plus rien à nous dire.
Ah bon ? Comme Picasso, du reste.
Ah, Picasso aussi ? Carbonisé.
Carbonisé.
Carbonisé. Mais alors, qu 'est -ce qui reste ? Eh bien, nous.
J 'ai l 'air pas attention.
Pas du tout.
C 'était désagréable ? Non, mais quand j 'ai bu, je fais des bêtises.
J 'espère bien.
Si on en revenait à Sten Asselin. D 'accord.
C 'est votre avis qui m 'intéresse.
Je vais chercher des munitions.
Gilbert ! Tu étais là ? Écoute, on ne peut pas dire que je sois jalouse.
Si vraiment tu voulais t 'envoyer une nana, ce n 'est pas la peine de me faire
venir ici. De quoi j 'ai l 'air, moi ? Tu sais qui c 'est, cette nana ? C 'est
Justine Godard, ma vieille, la chroniqueuse de Voila Paris.
Elle a trouvé ma rotation de carré formidable.
Elle va faire tout un papier sur moi. Il faut que je la chauffe un peu.
On va la chauffer au bistrot, vous serez plus tranquille.
Il faut bien ramener la directement chez elle.
Tu sais bien que ma voiture est à la nuit.
Prends la mienne.
Toi alors, tu es terrible.
et ses munitions.
Ça va s 'arranger.
La journée se termine mieux qu 'elle n 'a commencé.
On peut y aller maintenant ? Je suis là pour ça. Je préférerais sur ce fond, s
'il vous plaît. Oui, va.
J 'y vais pas.
Tu me donnes le micro.
Voilà.
Un petit essai de voix.
On ne correspond plus aux besoins artistiques de notre époque.
On construit en France environ 1000 logements par jour.
Qu 'est -ce qu 'on va mettre sur les murs ? Il est bien évident qu 'il faut
démocratiser le produit artistique par l 'idée des multiples.
Pourriez -vous nous la préciser ? Eh bien, il ne s 'agit pas de reproduire à
exemplaires un tableau de chevalet.
Dans mon équipe, il n 'y a pas un original et des reproductions. Non, tous
objets sont identiques et multiples.
Vous les tirez à 4, 500 exemplaires, voilà tout. En sorte que vous n 'êtes
un marchand de tableaux au sens traditionnel ? Absolument pas. Je lance
supermarché artistique. Je ne stocke pas, je solde.
Ça doit impliquer des investissements... Oui, considérables.
De l 'ordre de plusieurs centaines de millions d 'anciens francs.
Jamais personne n 'a pris tel risque dans la profession.
Et si le grand public restait insensible à cette forme d 'art ? Je ne pense pas
qu 'elle surprenne les jeunes générations.
Évidemment, l 'art cinétique détonne un peu dans nos vieilles villes, mais il
correspond au monde contemporain.
Il nous aide à le comprendre en même temps qu 'il en est le reflet.
Merci.
Allez Ben, je passe mon numéro.
C 'est très réussi.
Merci.
Gilbert est parti ? Oui.
On va le rejoindre ? On va savoir où.
Tout ça n 'est pas bien méchant.
Il fait son métier, vous savez.
On vous le vôtre.
Ah non, non, moi c 'est fini.
Allez.
On va manger un morceau, vous avez faim ? Non, pas très.
Moi non plus.
Et si on allait boire un verre, tranquillement ? D 'accord.
Vous me laissez cinq minutes. Le temps de fermer la boutique.
Ça a bien marché, monsieur.
Très bien.
Merci de nous avoir attendu, cela.
Est -ce que je peux faire quelque chose pour vous, monsieur ? Non, non. Alors, s
'il te plaît, sortez les glaçons, puis après vous irez vous coucher. J 'ai
déposé le courrier de monsieur dans le bureau. Il y a plusieurs câbles.
Vous avez noté les appels ? Sur le bloc.
Très bien, bonsoir.
Bonsoir, monsieur.
Rien de grave ? Non, des histoires d 'argent.
Sans intérêt.
Quoi ? Quoi ? Vous avez de la glace.
M 'arrêtez.
Merci, merci.
Périer ? Non, c 'est bois sec.
Vous ne buvez pas ? Non, je ne bois jamais.
Peut -être un jus de fruits. C 'est pas vrai.
Je ne suis pas gay.
Ça ne vous plaît pas, ici ? Si, si, beaucoup.
C 'est très beau.
Un peu surprenant.
Surtout de votre part.
Vous n 'aimez pas belle -mère et du buffet ? Moi, je ne les vends pas, mais
les achète.
Vous faites de la photo ? Oui. Oui, Gilbert vous l 'a pas dit ? Non.
Vous vous intéresserez de les voir ? Oui, avec plaisir.
Vous savez, c 'est juste un passe -temps.
Je photographie un duvet, un morceau de mur, une goutte d 'eau, mais surtout des
mots.
Et des mots.
C 'est étonnant, vous savez, l 'écriture, ce qu 'on y lit.
Ce que l 'auteur a laissé échapper, enfin, malgré lui.
Tout le monde s 'est trahi.
Vous avez des griffes ?
Ça ne se voit pas ? Allez -vous là.
Ce n 'est pas très confortable. Vous serez bien placé.
Vous êtes drôlement équipé.
La lanterne magique.
Oui, on parle toujours d 'un touche du peintre. Mais vous savez, le mouvement
la main qui écrit est autrement spontané. Vous allez voir.
Prenons un petit mot. Rien.
Celui -ci est extrait d 'une phrase de Paul Valéry.
Mais celui -là, d 'un poème d 'Alain Martin.
Ils ont écrit le même mot, mais ils n 'ont pas voulu dire la même chose.
Être, maintenant, le verbe être.
Ça, c 'est Paul Claudel.
Ça, c 'est Chavitry.
Mme Récamier.
François Mauriac.
Napoléon. C 'est nerveux.
Je vous demande pardon.
Je n 'ai pas pu m 'en empêcher.
Excusez -moi.
Non, c 'est moi qui m 'excuse.
Une erreur stupide.
Vous ne l 'avez pas fait exprès ? Qu 'est -ce que vous allez chercher ? Non,
vous assure. Vous me croyez, j 'espère ? Oui, je vous crois.
Est -ce que je peux la revoir ? Vous n 'avez pas assez ri ? Je ne
rirai plus, je vous le promets.
Je n 'en ai plus envie.
Montrez -la moi.
Non.
Qui est cette fille ? Je vous raccompagne.
Remplis -moi un taxi, je préfère.
Je vous ai choqué.
Vous n 'aimez pas ça ?
Si je mets ça, vous en tireriez moins de plaisir, non ? Vous n 'êtes pas si
sotte que vous en avez l 'air.
Vous me trouvez sotte.
Moi, je vous trouve... bizarre.
On est quête ? Vous soyez des amis ? Je ne suis pas un ami.
Ce n 'est pas mon style.
Mon chauffeur va vous raccompagner.
Allô ? Allô, c 'est là. Oui, c 'est monsieur.
Alors, ça s 'est bien passé hier soir ? Je t 'ai bien amusé ? Ah, la traînée, le
bille -boquet, le nuage. C 'est le genre de fille qui ne peut pas aller se
coucher. Que tu dis ? Bon, bon, admettons.
Et c 'était bien ? Une vraie conne.
Et encore ? J 'étais complètement bourré. De toute façon.
Quoi ? Rien.
Ah, ben, dis -le tout de suite que je ne sais pas faire l 'amour.
Moi, non, moi, non. Tu vas le chercher.
Allez, on efface tout, mais on recommence.
Et toi ? Moi, je suis allée prendre un verre avec Stan.
Où ça ? Chez lui.
Chez lui ? Ah bon.
T 'emmènes chez lui, maintenant ? Et après ? T 'as eu le droit à ses photos ?
les connais ? Je parle toujours la même chose. Des graphismes, des études de
matière.
Non, pas toujours.
J 'ai aussi des photos nues, figure -toi.
Des nues ? Oui.
Il est nu, un peu spéciaux.
Ah, ça m 'étonne pas. Il est complètement siphonné, ce mec -là.
Ouvrez vos doigts.
Vous ne prenez pas bon appareil ? Il y a votre mari dedans.
Regardez.
Eh ben, et votre monnaie ?
Ils ont la sorte, ici.
Alors, qu 'est -ce que tu nous rapportes de bon ? Ce torchon.
On peut dire qu 'elle est nue payante, hein ? Tu l 'as drôlement inspirée, ta
souris. C 'est déjà paru.
Et comment ? Stan Asler s 'en va en guerre.
Elle aurait pu titrer sur moi, mais enfin, c 'est marrant. Oui, ben attends
suite. Le portrait de la semaine par Gilbert Moreau.
Quoi ? Je n 'ai jamais rien écrit. C 'est elle.
Elle est complètement dingue, celle -là.
Modeste, en tout cas.
Tiens. Regarde en bas de page, propos recueillis par Justine Godard.
Mais c 'est dégueulasse, c 'est l 'escroquerie.
Peut -être, mais en tout cas, elle a le don de la formule.
Tiens, business man avisé, M. Hassler adapte à la peinture le principe du
travail à la chaîne pour la fabrication et le principe du pris unique pour la
vente, etc.
La vie privée de ce solitaire sans amis et sans femmes cache un mystère, secret
inavoué ou inavouable.
C 'est pas ça, c 'est pas ça du tout.
Fais -en profiter de ce que j 'étais rond comme une bille. Mais qu 'est -ce
je vais raconter à Stan, moi, maintenant ? De quoi je vais avoir l 'air ? T 'en
fais pas avec le temps. Avec le temps ? Mais il faut que j 'aille à la galerie
aujourd 'hui pour porter cette putain de panne.
Alors Stan va me compter dessus, forcément.
On voit Maurice à ta place. Avec son salex.
Même démonté, ça tient trop de place.
Non, ce qu 'il faudrait...
Qu 'est -ce que tu ferais si tu voulais être chouette ? Taxi !
Oh,
José ! Tombez bien, José.
Vous pouvez me dépanner ? Oui, bien sûr.
Je n 'ai pas brûlé ma voiture et maintenant je suis coincé. C 'est la
heure.
Vous me déposez chez moi, j 'ai un rendez -vous.
Affaire ? Non.
Plaisir ? Pas ce temps, tout de plus.
Photo.
Pourquoi ? J 'espère qu 'elle est jolie.
C 'est pas le plus important.
Qu 'est -ce qui compte alors ? La soumission.
Ces filles, ce sont des professionnels ? Non, jamais.
Je suis horreur de la technique.
Alors elles font ça par vis.
Non, même pas.
Ce sont des petites qui ont du mal à boucler leur fin de mois.
Alors elles font passer une annonce dans un magazine de photos. Ou une annonce
très convenable dans un magazine très sérieux.
C 'est là -dedans que je les pêche.
Celle d 'aujourd 'hui, comment est -elle ? Je ne sais pas. Je ne les connais
jamais avant.
Et elle va quand même vous obéir ? En tout ? En tout, précisément.
Et pas une ne se révolte ? Pas une.
C 'est si commode d 'obéir.
Plus sentir responsable.
Mettez -vous à leur place.
Moi ? Je craverais de honte.
Mais la honte fait partie du plaisir, justement.
Et après ? Vous faites l 'amour avec elle ? Je ne les touche jamais.
C 'est un principe.
Et si une de ces filles tombe amoureuse de vous ? Elle perd 10 000 francs.
On tient.
10 000 francs ? C 'est le tarif pour deux heures.
Mais qui peut trouver du plaisir dans la honte ? Qui ? Tout le monde.
Vous, par exemple.
Moi ? C 'est pour toi, l 'autre soir, vous avez repensé ? Peut -être.
Vaguement. Vaguement ? Alors pourquoi me posez -vous toutes ces questions ? Par
curiosité, par pure curiosité.
Toutes les femmes sont curieuses de ce genre d 'histoire.
Est -ce que...
Ça vous ennuierait si je montais un instant avec vous ? Impossible.
Gilbert est mon ami.
Je fais rien de mal en regardant.
D 'abord, Gilbert et moi, on a un pacte.
Chacun est libre, on se dit tout.
Ah bon ? Alors, il sait que vous êtes venue chez moi samedi dernier ? Je lui
raconté dimanche matin en faisant le café.
Et l 'incitant de la photo, vous lui avez dit aussi ? Bien entendu.
Charmant. Comment a -t -il réagi ? Oh, il a dit... Complètement siphonné, le
mec. Oui, évidemment.
Bon, si c 'est comme ça qu 'il le prend.
Mais si je vous laisse monter ce soir, vous allez encore lui raconter... Voici,
je ne lui dirai rien.
Moi, ça servirait, puisqu 'il ne comprend pas.
Mettre un lit ? Non, pas aujourd 'hui.
C 'est ma mère.
Elle est punie.
N 'ayez pas peur.
Je ne vis même pas près.
Je peux avoir une cigarette ? Non, après.
Quoi ça sert ? Vous verrez bien.
Allô ? Allô ? Appuyez sur le bouton.
Qui est à l 'appareil ? C 'est vous ? Alors, qu 'est -ce qui se passe ?
C 'était pourtant convenu, non ? Alors, qu 'est -ce que vous faites ? Vous venez
? Où êtes -vous ? Vous prenez un taxi ? Oui.
Oui, j 'ai enlevé ça.
Oui, tout de suite.
Faites vite.
On ne l 'utilise pas tous les jours.
La petite est en retard.
Je pourrais commencer à régler les lumières sur vous.
Ça ne vous ennuie pas ? Non, pas du tout.
Viens, viens là.
Dès -vous là.
Prenez une pause.
Non, sans le sac.
Non, pas comme ça.
Ah,
c 'est déjà mieux.
Vous n 'avez plus... On dirait que vous n 'avez pas d 'être battu.
Montez sur le socle.
Levez les bras.
Mais non, pas comme ça.
Croisez les poignets.
Imaginez qu 'ils sont attachés.
Mettez -vous sur la pointe des pieds.
Tendez -vous.
Comme si vous étiez suspendus. Plus haut.
Plus haut, plus haut.
Ne bougez plus.
Laissez -vous aller.
Tournez seulement la tête vers moi.
Lentement.
Lentement, très lentement.
Vous voyez maintenant quoi ça sert ?
Bonjour.
C 'est vrai, ça ? Pensez -vous, c 'est les clients qui ont
des... Oh, pardon, je voulais dire... Non, non, vous n 'excusez pas.
Vous avez parfaitement raison.
Nous avons tous nos problèmes.
C 'est pas José ? Il s 'appelle José ? Ah, c 'est joli.
Moi, c 'est Nagui.
Elle est venue pour poser, elle aussi ? Ah non, mademoiselle est ici pour se
documenter.
Eh bien, allez -y, José.
Allez -y.
Posez -lui vos questions.
La théorie d 'abord.
C 'est une occasion unique.
Qu 'est -ce que vous faites dans la vie ? Je suis esthéticienne.
Enfin, j 'ai passé mon diplôme par correspondance. Ça marche ? En ce
fais des stages.
Mais ça ne durera pas.
J 'y arriverai.
Vous vous posez depuis combien de temps ? 18 mois.
Vous aimez ça ? Il faut bien payer les cours.
Mais qu 'est -ce qui vous a donné cette idée ? C 'est Christiane, une ancienne
copine à moi, qui m 'a affranchie. Une belle vache.
Je partageais le même studio.
Oui, je vois.
Oh, dites donc !
Vous avez des drôles de machins.
Qu 'est -ce que ça représente ? Rien.
J 'aimerais pas avoir ça chez moi. Je ferais des cauchemars.
Ah ! Ça, c 'est plus coquin.
Ça vient d 'Afrique.
Des Indes.
Oui, c 'est pareil.
Ça me rappelle mon fort Lamori.
On a été chez un type plein de fric.
Il avait un lion.
Un vrai lion. Et en cage ? Non, en tapis. C 'est lui qui l 'a tué.
Il nous fait coucher dessus.
T 'as un vieux lion, ça gratte. Mais alors, c 'est chic ! Bon, ça suffit
ça. Passons à vos pratiques.
Les
habillez
-vous.
Ah non, ce serait trop facile.
Laissez tomber la jupe.
Remontez -la très lentement.
Montrez -nous ce que vous savez faire.
Vous roulez des hanches.
Légèrement.
C 'est intéressant, non ?
Ça
suffit avec la robe.
Enlevez -la.
Enlevez la tête, je ne vois que vos cheveux.
Vous avez honte ? Vous avez pourtant l 'habitude, non ? C 'est la présence de
José qui vous fait cet effet ? Ça n 'a pas l 'air de lui déplaire.
Enlevez votre soutien -gorge.
La tête en arrière.
Un peu plus d 'abandon, renversez -vous.
Posez -vous.
Mettez -vous là.
Beaucoup plus décent.
Pour une matinée enfantine, c 'est parfait.
Maintenant, on va s 'amuser gentiment.
On pourrait pas souffler un peu ? José, occupe -toi d 'elle.
Il fait froid en sortant des lumières.
Excusez -moi, je suis en retard.
Il faut que je parte. Au revoir.
À bientôt.
Qu 'est -ce que tu lui as appris ? Merhabilleux.
On ne remet pas ça ? Je ne suis pas fatiguée. Le plus dur, c 'est le métro.
Ah, te voilà quand même ? On n 'en parle pas.
On sort à peine de projection.
A cette heure -ci ? Ça n 'en finissait pas.
Évidemment, tu ne viens pas passer à la galerie.
Mais si, je suis passée, figure -toi.
Elle n 'était pas fermée ? A 9h du soir ? Mais je suis passée à l 'aller.
Pas au retour.
Pourtant, j 'ai téléphoné à midi. Ils m 'ont réclamé la colonne.
Ils sont dingues ! Viens, Dégraphe, m 'arrondis.
Tiens -moi un whisky.
Je sais pas ce que j 'ai ce soir, mais j 'ai envie de boire.
Dégraphe, me soutiens -gorge.
Continue ? Continue.
Ben oui, continue ! Tu crois qu 'on serait pas mieux sur le lit pour faire
Parce que t 'es bête !
C 'est là
que le drame a commencé parce qu 'il était dans la maison
et je l 'ai su bien après.
Il était dans une pièce à côté. Il était dans une pièce
à
côté.
D 'abord, ils m 'ont fait boire.
Ils ont essayé de me mélanger à eux -mêmes, à eux tous, et je n 'ai pas
Au début, si.
J 'étais obligée puisque j 'avais bu.
Ça a été pour moi...
Un choc psychologique.
J 'ai fait une dépression nerveuse. Quelles images gardez -vous de toute
histoire ? Surtout une terrible que je revois toujours, de toute façon.
Vous voulez m 'expliquer ce que ça dit ? Ça se passait dans un studio.
La couverture du lit était verte.
Il y avait une grande rousse qui portait des photos sur ses cuisses.
Puis on m 'a lancé des photos au visage et j 'ai vu que c 'était des photos
pornographiques ou des photos affreuses que je n 'avais jamais vues auparavant,
mais dont j 'avais entendu parler.
Je ne pouvais absolument pas, à partir de ce moment -là, croire que l 'homme
avec qui j 'avais vécu et avec qui j 'avais eu un enfant était dans ce
Et à partir de ce moment -là, j 'ai souffert et depuis je suis très malade
nerfs.
Cette fille était une droguée et voulait absolument m 'embrasser de toute force.
Sur le lit à côté, enfin, une espèce de cosy, il était là avec...
Avec qui ?
Avec un homme.
Bonsoir. Bonsoir, Mme Chita.
Je voudrais voir M. Hassler. Gilbert n 'est pas avec vous ? Non.
J 'ai une lettre de Düsseldorf pour lui.
M. Bridenstatt réclame les photos pour le catalogue de son exposition.
Un mois à l 'avance ? Vous connaissez les délais de fabrication.
Mlle David est en bas.
Vous pouvez la faire monter.
Vous pouvez monter.
C 'est beau le bazar, il est.
On dirait une cage.
C 'est vieux, vous voyez.
Parce que j 'ai beaucoup pensé depuis l 'autre après -midi.
Je regrette.
Je regrette vraiment.
Il ne faut pas rire.
C 'est tellement normal.
Vous êtes une petite bourgeoise. Je ne suis pas une petite bourgeoise. Vous
comme une petite bourgeoise.
Je ne m 'attendais pas à autre chose d 'ailleurs.
Vous avez même tenu le coup très gentiment.
Pas longtemps.
Je...
C 'est dur à sortir.
Oui, c 'est dur.
J 'ai eu tort de partir.
Voilà, c 'est tout.
Bon, et bien si c 'est tout. Maman ! Vous avez l 'air misérable.
Je suis misérable.
Montrez -moi vos yeux.
Oui.
C 'est si difficile ?
Écoutez, je suis désolé, mais aujourd 'hui, j 'ai un travail.
Enfin, si vous avez quelque chose d 'urgent à me dire, dites -le.
Est -ce que... Est -ce que je pourrais venir vous voir ? Venir, mais vous y
? Pas ici, chez vous.
Faut faire quoi ? Vous savez très bien.
Non.
Non ? Non.
Je vous aiderai pas.
Pas plus trop tôt, puisque c 'est ça.
Vous voulez que je vous photographie, vous ? Oui.
Oui, seulement moi, je ne veux pas.
Avec la petite Maggie, encore, peut -être.
Bon. Si elle accepte.
Elle aime ça.
Vous l 'avez vexée.
Vous pourriez peut -être lui téléphoner.
Ah non, pas moi.
Vous.
Moi ? Italie, 62 -34.
Non, non, je pourrai jamais.
Alors ? Abandonnez -moi son numéro, je l 'appellerai, je vous le promets. Non,
non, d 'ici.
Écoutez, d 'ici, vous, si vous en accluez déjà.
Non, non, je l 'appelle.
Oui, bien.
T 'as dit ? 62 -34.
Allô ? Allô, bonjour, je... Vous vous souvenez de moi ? Je suis José.
Oui, c 'est ça, hier, oui.
Je voudrais vous demander... Je voudrais vous demander... Est -ce que vous êtes
libre demain ? Demain... Demain à 6 heures. Oui, oui, chez lui.
Excuse -toi.
Oui, oui, vous êtes bien gentil.
Excuse -toi.
Je m 'excuse.
Mademoiselle. Mademoiselle.
De m 'être conduite.
De m 'être conduite ? Comme.
Comme. Comme quoi ? Comme quoi ? Comme une imbécile.
Je m 'excuse pour la dernière fois d 'être partie.
Non, non, d 'être partie avant que vous ayez fini. Je ne recommencerai plus.
Je ne recommencerai plus.
Je ne recommencerai plus.
Je ne recommencerai plus.
Alors c 'est d 'accord pour demain ? Au revoir.
Alors demain, qu 'est -ce que vous allez faire ? Avec vous ? Avec
elle.
Est -ce que vous me direz ? Et si je ne vous dis rien ?
Je ne sais pas, je serais... Je ne suis pas une
petite bourgeoise.
Ça, vous l 'avez déjà dit, il faudra le prouver.
Je ferai tout ce que vous voudrez.
Tout ce que j 'aurais envie de faire.
Bon, vas -y, qu 'est -ce qu 'il y a de temps ? Elle est là.
Elle est là devant toi, comme une idiote.
Allez, parle -lui, donne -lui des ordres, allez.
Elle entre.
Je lui dis... Je lui dis qu 'il retire ses vêtements d 'abord.
Dis -le lui, elle est là -bas.
Parle, mais elle, pas moi.
Retire tes vêtements.
Retire tes vêtements.
Déhabille -toi, je vous dis, je vous dis, déhabille -toi.
Non.
Déhabille -toi.
Allez, continue.
Viens ici.
Comment, déjà ? Elle est déjà nue ? Oui. Elle a dû faire... Imagine -la.
Qu 'est -ce qu 'elle porte sous son manteau ? La même robe que la dernière
? Non, non.
Une jupe et un pull.
Oui.
Elle retire sa jupe d 'abord.
Elle la laisse tomber à ses pieds.
On continue. Allez.
Retire son pull au verre.
Retire. Elle s 'est prise la tête dedans.
Elle n 'arrive pas à s 'en sortir.
Ben oui.
Elle est ridicule.
Eh ben.
Qu 'est -ce que tu attends ? Nous habille -toi.
Complètement.
Retire -toi.
Pas si vite.
Tes chaussures.
Une seule.
Une seule ? Elle a marché comme ça.
Elle vote comme elle se dérange.
Oui.
Arrête -la, elle va se cogner contre le mur.
Qu 'elle se cogne ? Là.
Je ne sais plus.
Elle continue à provise.
Non, ça suffit, je ne veux plus. Comment déjà ?
Évidemment, vous avez de la bonne volonté, mais encore beaucoup de progrès
faire. Vous ne serez jamais prête d 'ici demain.
Si, si, ça ira, ça ira très bien, je vous assure.
Ça ne me gêne pas du tout.
Alors vas -y.
Vas -y ! Comme
toi. Plus fort ! Comme toi ! Reviens.
Reviens par terre.
Marche avec tes pieds, avec tes mains.
C 'est pas le marché à quatre pattes.
Marche à quatre pattes jusque là.
Jusqu 'où ? Par terre.
Jusqu 'à tes vêtements, jusqu 'à ta chaussure.
On est à l 'échelle.
Descends. Bon, descends.
Rhabille -toi, va -t 'en.
Ça va, elle est partie.
À toi maintenant, debout.
Non.
Debout ! Non.
Je ne te toucherai pas.
Tu vas te mettre debout toute seule, immédiatement.
T 'aurais voulu être à sa place, vous avez l 'air.
Enlève une chaussure.
Enlève une chaussure.
Marche comme ça.
Non.
N 'oblige pas à te faire mal.
Marche.
Mieux que ça, complètement écart de toi.
Les mains derrière le dos.
Mais t 'es belle comme ça.
Mme Chotin va venir, c 'est comme ça qu 'elle te trouvera. Non.
Ben, qu 'est -ce qui te prend ? Qui se t 'a permis, hein ? Allons.
Encore.
Encore. Encore.
Encore. Encore. Encore.
Encore. Encore.
Encore. Encore.
Encore.
Encore.
Encore.
Non, laissez -moi.
Non, venez plus près.
Je te verrai très bien d 'ici.
Venez près de moi, ce sera plus facile.
Non, je ne veux pas.
Arrête, c 'est pas normal. Arrête, demandez pardon. Arrête, demandez
pourquoi ? Tu ne sais pas pourquoi ? Pardon, pardon. Pourquoi ? Pourquoi est
qu 'il faut que tu demandes pardon ? Pardon, j 'ai dit pardon. De quoi tu
demandes pardon ? Pardon de rien, maintenant je vais m 'en aller. Non,
iras jusqu 'au bout. Non, non, pas maintenant. Eh bien, pars, tu es libre.
Je ne suis pas libre.
J 'ai mal.
J 'ai mal.
Je ne te fais pas de mal, mais du bien.
Il y a longtemps, tu as remis ça.
Il y a des glaces partout. Regarde -toi. Regarde -toi.
Regarde -toi dans la glace.
Tu te vois ? J 'ai l 'air d 'une bête.
Je suis sale.
Oui, tu es sale.
Et tu aimes te voir sale.
Non, non, c 'est pas vrai.
Si, c 'est vrai.
Je ne sais pas.
Ouvre la bouche.
Non, non, pas maintenant, pas comme ça, je ne suis pas comme ça.
Ouvre la bouche.
T 'as honte ? Non, je n 'ai pas honte.
Je n 'ai pas honte.
Je n 'ai pas honte.
C 'est pour toi.
C 'est pour toi.
Je pars maintenant.
Tu vas en rêver toute la nuit.
Le matin, en te réveillant, tu recommenceras. Oui.
Tu regarderas dans la glace. Oui.
Tu penseras que tu recommenceras tout à l 'heure. Oui.
Donc, à plaisir.
Oui.
Pour toi, je veux... Je veux... Je veux tout ce que tu voudras.
Qu 'est -ce que tu as fait aujourd 'hui ? J 'ai bossé, comme d 'habitude.
C 'est ta journée ? Ouais, puis j 'en ai marre de bosser.
Laisse -moi me distraire un peu.
José, tu es sûr que tu n 'as rien à me dire ?
On
a parlé ?
C 'est grave.
Tu sors ? Tu vois bien ? Je croyais que tu ne travaillais pas aujourd 'hui.
On va aussi aller entre filles.
Josée, t 'es sûre que tu n 'es pas en train de faire une bêtise ? S 'occuper
tes affaires, hein ? D 'ailleurs, j 'ai pas le temps de discuter.
Quelle heure il est ? 5h10.
J 'avais rendez -vous à 6h.
Monsieur ! Monsieur !
Je me dégoûte.
Vous me dégoûtez.
Un voyeur, voilà ce que vous êtes.
J 'aime un voyeur.
Qu 'est -ce que vous appelez un voyeur ? C 'est vous qui me demandez ça.
Mais tout le monde est voyeur.
Seuls les autres se contentent d 'acheter le journal.
Tous les soirs, ils ont droit à la petite fille violée, à l 'exécution du
général, au pied de la potence, à l 'agonie du cycliste.
Mais il y a aussi des photos de gens heureux. Bien sûr, avec un beau titre.
Monsieur et Madame Dupont, deux heures avant la catastrophe.
Vous voyez le mal partout.
Je le vois où il est, et je m 'y plonge jusqu 'au cou.
Seulement j 'ai le courage de m 'accepter.
Il n 'aura jamais pitié de vous.
Jamais.
De moi.
C 'est trop tard.
Stan, Stan, c 'est trop dur, je ne pourrai jamais.
Je vous en supplie, ayez pitié de moi.
Tu ne me le pardonnerais pas.
Allô ? Oh, qui est à l 'appareil ? Je ne reconnais pas votre voix.
Ah, vous êtes une amie de Maggie.
Téléphonez de sa part.
Oui ?
Tu n 'as jamais fait ton tour, mais ça n 'a pas d 'importance, au contraire.
Oui, oui, oui, elle est près de moi.
Elle sera certainement très contente.
Je ne sais pas, disons demain à la même heure.
Oui ? Tu crois que je reviendrai demain, mais pour qui tu me prends ? Une
seconde, ma petite Nicole. Donnez -moi votre numéro, je vous rappelle dans deux
minutes. Oui.
Nord, Nord 33 17.
Bon, ici.
Si ça t 'arrive.
Tu ne comprends pas que j 'en ai assez ? Je viens de te supplier de t 'arrêter,
puis tu t 'en fous.
Pourtant, je n 'existe pas.
Tu sais seulement ce qui me plaît ou ce qui m 'écœure ? Non.
Pour le savoir, il aurait fallu que tu me regardes. Pas question.
Voyeur, oui.
Mais aveugle.
Tu ne sais même pas de quoi je suis capable.
Quand on aime, on peut faire n 'importe quoi. C 'est jamais laid.
Et quand on n 'aime pas, c 'est ignoble, tout simplement.
Tu n 'as jamais parlé d 'amour ? Je suis venu ici par curiosité. Tu l 'es toi
-même. Et tu m 'as cru.
Il faut que tu connaisses mal les femmes.
Tu t 'imagines que je serais là à ton bureau te demander pardon si je ne t
'avais pas aimé ? Et quand j 'ai téléphoné à Maggie en pleurant, j 'étais
heureuse parce que je pleurais pour toi.
Mais l 'amour, tu ne sais même pas ce que c 'est. Je ne désire pas le savoir.
Évidemment, c 'est plus commode.
Sauf moi, ce n 'est pas vrai.
Tu voudrais bien m 'aimer, mais pour ça, il faudrait être un homme.
Et toi, tu es resté un gamin égoïste et vicieux.
Et si tu donnes un homme, c 'est parce que tu n 'as rien à donner.
Tu es vide, vidé, tu as toujours été vidé.
Alors au lieu d 'un homme, t 'es devenu un maniaque. Josée.
Et au lieu d 'un artiste, t 'es devenu un morsion. Arrête.
Sois tranquille, j 'ai fini.
Je ne peux plus être à l 'école.
Pensez sur le jaune.
Ça va, te voilà quand même.
C 'est vrai que tu nous avais oubliés. Vous oubliez ? Pas de risque.
Il faut 15 jours pour qu 'on essaie de te joindre.
Écrit, téléphoné ? Non, rien. Pas de nouvelles.
T 'allais en demander à José ? J 'ai pas vu depuis... depuis un bon bout de
temps.
Vous tirez Mélito sans moi ? Ça allait bien, on pouvait pas attendre.
Le bleu est trop dangereux.
Arrêtez une seconde.
Bon, ben vas -y, t 'auras eu le bleu.
Très très bien ça à ma place.
Comme le reste.
T 'es fou, non ? Qu 'est -ce que tu as fait depuis 15 jours ? T 'as travaillé ?
J 'ai glandé.
T 'as l 'ordre de l 'expo, c 'est intelligent.
Je ne suis pas intelligent.
La preuve, je vous quitte.
Comme ça, sans explication ? Surtout sans explication.
Nous avons un contrat. J 'avions.
C 'était un contrat amical, non ? Oui, il me semblait. Alors ? Gilbert, tu
trompes. Ah, ça va, j 'en ai marre. Moi aussi, j 'en ai marre. Beaucoup plus qu
'une fois.
On n 'avait dit pas d 'explication. Bon.
Viens, ton catalogue pour l 'Allemagne.
Ton cadeau de rupture.
Très joli.
Vraiment très soigné.
Gilbert, ramène -moi Düsseldorf.
J 'ai peur.
De quoi ? De tout.
Il parle de Stan.
Je sais.
Tu le savais ? Tu me prends pour un imbécile ? Tu ne m 'as rien dit.
Et toi ? Quand ça a commencé, on était d 'accord. Moi, chacun fait ce qu 'il
veut, mais on ne se ment pas.
Tu te souviens ? Tu n 'as rien dit.
Pourquoi ? C 'est lui qui n 'a pas voulu.
Ça t 'a suffi ? Écoute, ne te mets pas en colère. Je t 'en supplie, ne ris pas.
Il ne voulait pas te faire de peine.
C 'est le plus beau, ça.
Il est très bon.
Tu as déjà couché avec lui ? Non, jamais.
Qu 'est -ce que tu attends ? C 'est pour ça que tu me laisses toute seule à
Paris ? Peut -être que tu auras les idées plus claires quand je reviendrai.
te le supplie, emmène -moi Gilbert, emmène -moi.
Attends, attends, je t 'accompagne à Orly.
Pour mieux pas.
Tu n 'es pas un héros quand même.
Je ne peux pas imaginer que c 'est terminé.
Je ne peux pas.
Je sais que si je voyais que tu me demandais de recommencer, je
Je trouve que ce n 'est pas possible.
Je ne peux plus.
Je ne peux plus recommencer.
Comment ça va ? C 'est si beau.
Tu iras, là -bas c 'est pas mal non plus.
Il y a des bagages à monter ? Non.
Madame est complètement trempée.
Si vous vouliez un de vos trompes, je pourrais vous en prêter une des miennes.
Merci, ça va.
Stan, à quoi tu penses ? Rien.
Rien du tout.
Tu es plus le même tout à coup.
Mais si.
Stan, parle -moi, dis -moi ce que tu as dans la tête. Non, mais il n 'y a rien.
Mais si, dis -moi, tu gardes toujours tout pour toi. Je t 'en prie, parle, s
te plaît.
Non, c 'est la petite bonne tout à l 'heure.
La façon dont tu l 'as envoyée.
Comme si tu te méfiais de moi. Mais non !
Laisse -moi être toute seule avec toi.
Vraiment seule.
J 'ai l 'impression que c 'est la première fois, Stan.
Oui, c 'est vrai.
Je crois.
C 'est trompé. Laisse -moi faire.
Je ne peux pas t 'aimer.
Laisse -moi.
Non,
laisse -moi, je t 'assure.
Tu vas être malheureuse.
Non, non, laissez -nous tranquille.
Je t 'ai rapporté ta crème à raser.
Merci. Je vais me laver les cheveux.
Madame, voilà le câble. Merci, monsieur.
Nous ne sortirons pas aujourd 'hui. Nous restons dans la chambre. Parfait,
monsieur.
Qu 'est -ce qu 'on peut vous faire monter ? Nous avons de belles belons,
grasses. Quelle grosseur ? Double zéro.
Parfait, trois douzaines. Aidez au mariage ? Oui, pourquoi pas.
Ah oui, et puis un gâteau.
Très écœurant. Avec de la crème ? Beaucoup de crème. Et du muscadet ? Non,
champagne. Dans Pérignon Cardenal.
Dan, c 'est toi ? Bonjour.
Tu veux me passer le peigne ? Où ça ? Dans la poche de mon ciré, je crois.
Il en a bien profité.
Puis il m 'a plaqué.
Il m 'a laissé tomber toute seule là -bas, sans un sou.
Voilà, je t 'ai tout dit.
Maintenant, laisse -moi partir.
Laisse -moi partir ! Tu
comptes me garder ici longtemps ? D 'abord, tu vas t 'expliquer et après, on
verra. Tu comprendrais pas.
C 'est lui qui t 'a pourri, hein ?
J 'avais des dispositions, tu sais.
Si tu tiens à le savoir, ça m 'excitait.
Toute la journée, toute l 'année, je m 'imaginais des choses.
Ah, sans prix ! Pas de détails.
Tu voulais la vérité ? Eh bien, tu l 'as.
Tu voulais une vérité bien propre ? Eh bien, tant pis pour toi.
Tant pis pour toi.
La vérité, ça sent mauvais.
Mais tu seras tombée amoureuse de lui encore.
J 'aurais compris.
Mais ça... Oui, oui, ça.
Pourtant, ça ne m 'empêchait pas de t 'aimer.
Tu te fous de ma gueule ? Mais oui, je t 'aimais.
Je ne sais pas ce que c 'est qu 'une bonne femme, toi non plus.
Sainte ou putain.
Mais ce serait trop facile.
T 'es aussi bête que Stan. Stan ? Dans l 'autre sens.
En tout cas, lui, il va me le payer.
Je vais tout tuer.
Elle recommencera d 'une manière ou d 'une autre. T 'as pas le droit. Moi, je
'ai tout dit. J 'ai eu confiance en toi. J 'en ai rien à faire de ta confiance.
J 'ai une veille.
J 'ai une veille. Où tu vas ? Je vais lui dire un petit bonjour.
Mais c 'est pas juste. C 'est pas sa faute. C 'est la mienne. C 'est moi qui
suis une salope.
Salut.
Non, mademoiselle, donnez -moi Alma 0556, s 'il vous plaît.
Allô ? Qui
est à l 'appareil ? Mais monsieur n 'est pas là ?
Très grave. Très grave.
Très grave.
Je te promets, je te promets, je te promets, je sais très bien ce que j 'ai
faire. Allez, prie -moi de te calmer aussi.
Monsieur Laszlo, s 'il vous plaît.
Monsieur vous attend.
Arrêtez, monsieur.
Arrêtez.
Monsieur vous attend là -haut.
Stan !
Alors, qu 'est -ce que tu attends ? Ah non, ce sera trop facile.
Regardez -moi.
Regardez -moi ! Vous êtes laid.
Vous êtes... Une ordure.
Une ordure.
Une salope.
Un fumier.
Un abusant.
Vas -y, dis -le, c 'est ce que tu penses. Un malade.
Ouais, un malade.
grand hommage à la simplicité de tes mœurs.
Pour l 'ironie, vous repasserez.
Je ne suis peut -être pas très malin, c 'est d 'accord, mais si vous croyez qu
'être vice -là, ça prouve quelque chose.
Moi, j 'ai connu des vicieux complètement bouchés.
Tout ça, c 'est des idées de bourgeois.
C 'est elle qui t 'envoie ? Je ne suis pas assez grand pour venir tout seul,
peut -être.
Alors, pourquoi tu n 'es pas venu plus tôt ? Parce que j 'étais assez con pour
croire que vous l 'aimiez.
Tu ne t 'étais pas trompé.
Ne lui répète jamais un « je n 'ai jamais dit ».
Oui, je l 'aimais.
Parce que pour vous, c 'est ça l 'amour.
C 'est quoi ? Vos photos, vos partouses, vos dégueulasseries. Et pour toi ? C
'est quoi l 'amour ? Ça ne te regarde pas.
Tu crois que je ne le sais pas ? Il n 'y a qu 'à vous voir, vous entendre. Ta
gueule ! Ta gueule !
Marie, ta gueule ! Content de soi ! Ta gueule satisfaite, confortable ! Ta
gueule ! Une bonne petite trace de propriétaire ! T 'as vu le résultat ?
Ça suffit, n 'en jetez plus ! Et en plus, t 'es un lâche !
Vous
avez raison, je suis un lâche.
C 'est difficile de tuer.
C 'est même difficile de se tuer soi -même.
Décidément, c 'est le jour des aveux.
J 'ai essayé de me tuer.
Vous êtes vivant.
Je me suis raté.
Tu sais ce que tu vas faire ? Tu vas la reprendre.
Jamais. Elle a besoin de toi.
Vous avez tout foutu en l 'air. Tout.
Je crois qu 'elle me dégoûte.
Si elle te dégoûtait, tu ne serais pas venu.
Vous pouvez remercier le bon Dieu. Notre chère madame est enfin sortie du coma.
Vous allez la voir.
Monsieur le professeur vous y autorise.
Quelques minutes, seulement quelques minutes.
D 'ailleurs, il ne vous reconnaîtra sans doute pas.
Je croyais hors de danger.
Moi aussi, hier soir.
Cette nuit, sa température est montée en flèche.
Des complications abdominales.
C 'est pas une raison pour désespérer.
On en sortira quand même.
Elle souffre. Non, elle rêve.
Je t 'aime.
C 'est moi
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