All language subtitles for I Was A Stranger (2024) [720p] [WEBRip] [YTS.BZ]

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Original subtitles

Ce film a été approuvé par Angel

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IMAGINEZ QUE VOUS VOYEZ DE PAUVRES ÉTRANGERS,

LEURS BÉBÉS SUR LE DOS ET LEURS MAIGRES BAGAGES,

SE TRAÎNANT VERS LES PORTS OU LES CÔTES POUR EMBARQUER,

TANDIS QUE VOUS ÊTES COMBLÉS COMME DES ROIS.

L'AUTORITÉ S'EST TUE DEVANT VOS CRIS.

TOUT N'EST QUE LEUR DÛ À EUX.

QUE DIRIEZ-VOUS SI VOUS ÉTIEZ TRAITÉS AINSI ?

TEL EST LE SORT DES ÉTRANGERS.

TELLE EST VOTRE INCOMMENSURABLE INHUMANITÉ.

WILLIAM SHAKESPEARE, XVIe SIÈCLE

J'ÉTAIS ÉTRANGER

Angel présente

La Reel Foundation présente

En association avec Philistine Films et Preston Werner Media

Un film de Brandt Andersen

et Jason Beghe

Musique composée par Nick Chuba

Superviseuse musicale Atticus Ross

costumière Hamada Atallah

le monteur Jeff Seibenick

Chef décorateur Julie Berghoff

Directrice de la photographie Jonathan Sela

Pas de traces sur la peau.

les producteurs exécutifs Theresa Preston-Werner,

Dina Prior, Duff Rich

Ses constantes chutent.

Il n'y a pas de temps à perdre.

les producteurs Brandt Andersen, Ossama Bawardi,

Ryan Busse, Charlie Endean

Je comprends pas,

Chicago, Illinois 24 avril 2023

elle est en bonne santé.

Je sais.

On n'a pas encore d'explication.

J'ai contacté tous les médecins de l'hôpital.

S'il y a une solution, on la trouvera.

ANNIVERSAIRE DE MAMAN

LE MÉDECIN

ALEP, SYRIE 8 ANS PLUS TÔT

La balle n'est pas ressortie. Le poumon est perforé.

On nettoie et on lance l'intubation.

Seringue, vite !

Docteur, c'est une urgence.

Soldat en état critique, blessé au torse et aux jambes.

- Docteur Aboud ? - Le Dr Aboud est au bloc.

- Votre nom ? - Zafer.

Zafer, je dois regarder sous votre bras.

- Vois si on a de la morphine. - Entendu.

Compresse.

Vite !

Docteur !

Zafer, je vous en prie.

Traîtresse.

Il a perdu du sang, mais vous aussi.

On aurait dû le tuer avant, à la première occasion.

Ce que vous faites dehors, ça vous regarde.

Tuez-le maintenant et vous mourrez.

Vous devez me sauver.

Je suis radiologue en pédiatrie

et je viens d'enchaîner 72 heures de garde.

Si vous tuez cet homme,

le mieux à faire pour vous,

ça sera d'attendre le Dr Aboud

pour les interventions dont vous avez besoin.

Quelqu'un est blessé ?

Non, docteur.

Bravo, docteur.

C'est gentil.

Bonjour, Alaa.

- Il va s'en sortir ? - Il est en salle de réveil.

- Merci, Amira. - De rien.

On peut le voir ?

Un instant, j'appelle l'infirmière.

Tu vas soigner ce chien ?

On soigne les blessés

sans demander s'ils ont attaqué l'hôpital.

Si on soigne l'ennemi,

on est dans son camp.

Et si je soigne ton ami ?

En salle de réveil !

En avant.

- Abeer ! - Oui, docteur ?

Raccompagne-les.

Excusez-moi.

Maman !

Elle devait aller chez toi juste après l'école.

J'essaie de la joindre.

- Merci. - De rien.

- Rasha ? - Allô, maman !

Qu'est-ce que tu fais ici ?

C'est ton anniversaire.

C'est vrai.

On y va.

Viens.

Tu es une vedette ?

Il faut l'examiner.

C'est bon, je m'en occupe.

J'arrive.

- Bonsoir, papa. - Bon anniversaire.

- Entrez. - Salut, papy.

Rasha, ma chérie. Tout le monde vous attend.

Tu es là !

Tu m'as manqué !

Bonsoir, trésor.

Il fallait pas, maman.

- Bon anniversaire. - Merci.

Je te souhaite un bon anniversaire.

Contente de voir.

- Ma sœur ! - Ça va ?

Tout va bien.

- J'aimerais savoir chanter. - Mais tu sais !

Rasha, ma chérie,

viens écouter une histoire sur ta maman.

Viens t'asseoir avec nous.

La semaine où ta mère est née,

il avait tellement plu

que les rues étaient inondées

sur tout le trajet jusqu'à l'hôpital.

On aurait dit

que Dieu refusait de la partager avec le monde.

Amira est née à la maison.

Je me revois la tenir dans mes bras.

Je ressentais un amour pur.

Et ça n'a pas changé.

Pas vrai, Amira ?

C'est Fathi, mon ami.

Tu peux me passer un peu de muhammara ?

Merci beaucoup, ma chérie.

C'est Fathi, le poète le plus célèbre d'Alep ?

Dîne avec nous.

Assieds-toi.

Désolé, ma famille m'attend.

J'espère que tout le monde va bien.

Fathi a combien d'enfants ?

C'est un brave homme.

Où tu étais, ces derniers mois ?

Je travaillais.

Les affaires prospèrent.

Les affaires prospèrent ? Sérieusement ?

Tu voudrais que je reste sans rien faire ?

Je voudrais que tu protèges cette famille.

Adnan ?

C'est le moment du gâteau.

Bon anniversaire, ma sœur.

- C'est ton gâteau préféré, ça. - Oui.

Mais c'est mon anniversaire.

Vous m'entendez ?

Fouille cette zone, Muhammed.

Il y a quelqu'un ?

J'ai entendu quelqu'un.

Sous cette dalle.

- Par ici ? - Sous la dalle.

Vous m'entendez ?

Par ici, Muhammed !

Dépêche-toi !

Ici !

À l'aide !

On tire, on tire.

Tirez avec moi.

Allez, allez !

On y est presque, allez.

Vous étiez seule dans la maison ?

Pas d'autres personnes ?

Il y a quelqu'un ?

Ma fille.

Maman !

Rasha ?

Maman !

Attention ! Faites attention !

Rasha !

Aidez-moi.

On y va.

Un, deux, trois !

Dieu merci, elle est vivante.

Doucement, doucement.

Aide-moi, maman.

Ça va aller, chérie.

Regarde-moi.

Papa ?

Papa !

Ils reviennent. À terre !

Sauvez-vous !

Regarde-moi.

Respire.

Et papy, mamie et Fouad ?

Vous êtes le Dr Amira ?

On n'est pas en sécurité ici.

Il faut qu'on s'en aille.

Partez dès que possible.

Soyez prudent.

Dépêchez-vous, montez.

C'est Alaa.

Au cas où.

Qu'est-ce qu'on a fait ?

Qu'est-ce qu'on a fait de mal ?

Allume la lumière de ton portable.

On n'a jamais parlé de ton père.

Tu t'es interrogée sur lui ?

Tu as mis sa photo dans ton sac.

On était tout jeunes quand on s'est rencontrés.

Plus jeunes que toi aujourd'hui.

Il avait de magnifiques yeux noirs.

Je voulais qu'il me remarque, mais ça ne marchait pas.

Et un jour, pendant les cours,

je l'ai surpris en train de me regarder.

Il avait l'air détaché.

Je ne pensais pas lui plaire.

Je me sentais très mal à l'aise.

Quelques jours après,

toute la classe jouait dans la cour.

Une alarme a retenti, on nous a dit d'évacuer.

J'étais pétrifiée.

J'ai regardé ton père.

Je n'ai vu que ses yeux magnifiques.

Il a pris ma main et m'a mise à l'abri.

Ce jour-là, j'ai su

que je ne lâcherais jamais sa main.

Et je ne l'ai pas lâchée

jusqu'au jour de sa mort.

Tu es née quelques semaines après.

Chaque fois que je te regarde,

je le vois dans tes yeux.

Rasha...

Amira !

Frappe si tu m'entends.

Quand je tournerai, on sera tout près de la frontière.

À partir de là, restez silencieuses.

Quoi que vous entendiez, ne faites pas un bruit.

C'est compris ?

Éteins la lumière.

LE SOLDAT

ALEP, SYRIE 4 HEURES PLUS TÔT

C'est moins drôle, là, hein ?

Où sont passés tes slogans rebelles ?

Attention !

Ils sont des nôtres ?

Des agents du renseignement.

Je combats les terroristes, je mène pas leur guerre privée.

Est-ce qu'on participe à deux guerres différentes ?

Notre devoir est de décapiter le serpent sioniste.

Vive la Syrie unie.

Vive la Syrie unie !

Notre fierté nationale.

Les frères loyaux.

Aujourd'hui, c'est notre jour.

Aujourd'hui...

il est temps de combattre

les traîtres.

Éliminons les terroristes

de notre ville, de nos terres, de nos vies.

Pour que la Syrie soit à nouveau unie.

En avant !

Libérez-le !

Par pitié !

Par pitié !

Il n'a rien fait !

Enfonce-la.

On n'a rien fait de mal.

Debout.

À genoux !

Où est Ali ?

Tu vas me le dire.

Où est ton mari Ali ?

Vous avez oublié ?

Vous l'avez emmené il y a trois mois.

Il l'a emmené il y a trois mois.

Ce garçon s'appelle Ali.

Lâchez-moi, sale chien !

Et voilà !

C'est cet Ali qu'on cherche.

Celui qui tague sa haine sur les murs

quand il croit que personne ne le voit.

Mais nous, on voit tout.

Embarque-le.

Ce n'est qu'un enfant, ses mots ne veulent rien dire.

Ses mots ne veulent rien dire.

Je vous jure...

Les mots sont des armes.

Et les jeunes traîtres

deviennent des traîtres adultes.

Apporte-moi mon carnet.

Laissez mon fils, je vous en supplie !

Par pitié !

Ayez pitié de mon petit garçon !

Je vous en supplie !

Je vous en supplie !

Ali !

Ali !

Non !

Chef.

Chef.

Votre attention.

Vous avez été reconnus coupables de trahison

contre la République syrienne

et de complot

pour renverser notre grand président !

Ces crimes sont impardonnables aux yeux du peuple syrien.

Vous devriez avoir honte !

Empêchez-les d'avancer.

Ce n'est qu'un enfant !

Tirez sur ceux qui s'interposent.

Vous êtes condamnés à mort.

Présentez armes !

En joue !

Feu !

Mustafa !

Où tu vas ?

On est de garde à la frontière.

Je reviens dans une heure.

Mustafa !

Il y a quelqu'un ?

Par ici !

Ce drapeau te coûtera la vie.

Je prie pour qu'ils t'envoient me tuer.

J'ai vu ton nom sur une liste.

Qu'ils viennent.

Qu'est-ce qui te reste ici ?

Une vie de beaux souvenirs.

Arrête !

Qu'est-ce qu'on peut me prendre de plus ?

Va-t'en.

Je n'ai pas peur de la mort.

Personne ne te pleurerait.

J'ai manifesté en paix, ils m'ont tiré dessus.

Tu as soutenu les terroristes !

Les terroristes ?

J'ai déterré les corps de ta mère et ta sœur

qui étaient innocentes.

- Papa... - Non !

Tu fais honte à cette famille.

Tu m'as élevé comme ça.

Tu es un bon soldat.

Loyal comme mon père.

Mon fils est mort.

Où tu étais passé ?

- En tirant sur le gamin... - Le terroriste.

Tu as ressenti quoi ?

Je suis un soldat.

On m'a donné un ordre, j'ai obéi.

Tu as rien ressenti ?

J'étais censé ressentir quoi ?

C'était un enfant

qui gribouillait sur les murs.

Et la Syrie unie ?

On doit décapiter le serpent sioniste.

J'ai pas fait mon boulot ?

On a quitté nos familles pour combattre ensemble.

Je t'ai suivi, mon frère.

Mustafa,

où tu étais passé ?

Mes frères.

Content de te revoir, frère Mustafa.

Quelle chance !

Chef, qu'est-ce qui vous amène ici ?

Je contrôle la sécurité des barrages.

Protéger les frontières contre les terroristes

est une de nos priorités.

C'est un honneur.

Non, l'honneur est pour moi.

On doit créer une Syrie plus forte.

Pas vrai, frère Mustafa ?

Aucun Syrien ne peut mettre notre autorité en doute.

On dirait qu'on a un visiteur.

Et il a l'air pressé.

- Comment ça va ? - Ça peut aller.

Je suis pressé, Tarek.

Ouvre.

Bien sûr.

Demande ses papiers au visiteur.

Tes papiers.

Il est en règle.

Bonne journée.

Demande-lui où il va.

Où tu vas ?

Voir mon oncle à Azaz.

Ouvre, c'est un ordre.

Un ordre ?

Tarek, demande au visiteur de sortir de sa voiture.

Sors de la voiture.

Qui êtes-vous, soldat ?

Capitaine Alaa din-Halabi.

Capitaine ?

Très bien, capitaine.

On a ordre d'inspecter chaque véhicule.

Y compris ceux des militaires.

Ouvrez le coffre.

Il est cassé.

Cassé ?

Faites voir.

Content ?

Ouvre.

Tu partiras pas comme ça !

Tue-le.

Tarek.

Je le répéterai pas.

Ouvre le coffre.

Tu sais ce qui a déclenché cette guerre ?

Les surprises !

Quelle bonne surprise !

Voilà pourquoi je continue de me battre.

Fais voir comme tes yeux sont magnifiques.

Regarde-moi.

Quoi qu'il arrive...

ne me quitte pas des yeux.

Mustafa.

Ces gens-là prétendent

être des nôtres.

En public, ils professent

leur loyauté.

Mais en privé,

ils complotent.

Viens.

Les surprises ?

Ça en fait une de moins.

Allez, Mustafa,

montre-moi que tu n'es pas comme ton père.

Vas-y.

Tire !

LE PASSEUR

IZMIR, TURQUIE UN MOIS PLUS TARD

AVIS D'EXPULSION DÉMOLITION PROCHAINE

Allô ?

D'accord.

Rendez-vous dans une heure.

Bien.

Papa ?

Bonjour, mon fils.

- Tu as bien dormi ? - Oui.

- Comment tu te sens ? - Mieux.

Mieux ?

On a un marché.

Le médicament d'abord.

Tu souriras pas quand tu auras bu.

Écoute,

après ce soir,

on s'en va pour de bon.

C'était pas le marché.

C'est un nouveau marché.

Où on pourrait aller ?

Dans un endroit meilleur.

Meilleur pour nous deux ?

Un endroit où il y a des pizzas.

Des pizzas ?

Chicago ?

Chicago ?

- C'est où, Chicago, papa ? - En Amérique.

Le pays de tous les possibles.

- Je pourrai aller à l'école ? - Bien sûr.

Avec d'autres enfants ?

C'est possible autrement ?

Mais c'est réservé à ceux qui finissent leur médicament.

Bien.

Allez, repose-toi.

Il faut que j'y aille.

S'il te plaît, reste.

Tu remarqueras même pas mon absence.

Je remarque toujours.

Tu veux regarder Rimolar ?

Papa ?

Je t'attends.

- Ravi de te revoir. - Moi aussi.

Fais gaffe, ça coupe, ce truc.

Encore des tiens.

Pas les miens, patron.

Je viens d'Afrique, comme toi.

- D'où ? - D'Égypte.

Mais ici, c'est devenu chez moi.

Je suis arrivé sans rien.

Maintenant, j'ai un toit, une copine,

quatre types sous mes ordres et une belle bagnole.

Depuis quand tu fais ça ?

Bientôt deux ans.

Et tu as jamais vu de pitch ?

Ça sera mon premier.

Mais j'ai toujours fourni la main-d'œuvre.

Tu es ambitieux.

J'essaie, patron.

Ton tarif est correct.

Je peux faire mieux avec du volume.

Il faut galérer, d'abord.

Patience.

Depuis quand ils attendent ?

Une heure.

Bien.

Tu dois toujours t'assurer qu'ils sont assez à cran

pour se sentir désespérés.

Mais pas à cran au point

de douter de ta fiabilité.

Tu les fais toujours attendre une heure ?

Non, mon ami.

Tu dois sentir l'ambiance.

Tu saisis ?

Ça veut dire qu'on doit écouter les clients.

Quoi ?

Il faut pas toujours écouter les clients ?

Qui a dit ça ?

Toi.

Jamais de la vie.

C'est l'offre et la demande.

Les gouvernements créent la demande.

Nous, on fournit l'offre.

Salut.

Je propose des allers simples pour la Grèce.

Ça vous coûtera 2 000 pour un adulte.

1 500 pour un enfant.

En dollars.

Pas en livres.

Écoutez-moi.

Le nègre dit que le voyage coûte 1 500 dollars par enfant

et 2 000 dollars par adulte.

Pas de Visa, de Mastercard ni d'American Express.

Seulement du liquide.

Ni échange ni remboursement.

Vous êtes en retard ou vous vous faites choper...

c'est pas mon problème.

Il accepte que le liquide.

Traduis.

Il veut savoir s'ils sont sûrs d'arriver en Grèce.

Dis au gros méchant

que le bateau part demain matin à 5 h tapantes.

Le bateau part demain matin à 5 h.

Dégage.

Des questions ?

Pas le temps pour les questions aujourd'hui.

La demande étant trop importante,

on ne peut prendre que 30 personnes.

Que ceux qui sont prêts à entamer une nouvelle vie

paient mon ami.

Allez !

Un peu de patience, une seconde.

On a vendu presque 30 billets.

Combien, exactement ?

27.

Alors ?

Il manque 6 000 dollars.

Je les déduis de ta part ?

Vous demandez tout ce que j'ai.

J'ai rien d'autre.

Marwan !

Je vous donne ce qu'il y a de plus important pour vous.

Je peux vous confier

ce que j'ai de plus important ?

Repère le cœur dans le grillage.

Continue à marcher jusqu'à la mer.

Ni remboursement ni échange.

Sois pas en retard et te fais pas choper.

D'accord ?

Tu crois que ce petit canot peut transporter 32 personnes ?

Qu'ils s'en sortent ou pas...

ça rapporte autant.

Et ma part, Marwan ?

Rendez-vous à 5 h.

Sois à l'heure.

J'en prends deux.

Avec du fromage.

Tu as mangé le fromage et laissé la viande ?

Il y a que les gros méchants qui font ça.

Tu es un gros méchant ?

Oui ?

On part quand, à Chicago, papa ?

Combien de dodos ?

À toi de voir.

Tu veux partir quand ?

Je suis prêt.

Maintenant ?

Et tes bagages ?

Ils sont faits ?

S'il te plaît, ne me laisse plus, papa.

Montrons-leur qu'on est des gros méchants.

C'est parti.

Fais voir.

Bien.

Bonne nuit.

Ça va aller.

Allez, on se dépêche. Vite, il arrive.

Comment ça va, patron ?

Amène le canot sur la plage.

Magnez-vous, le nègre va se fâcher.

Bien, patron.

- Ils sont combien ? - 23.

Vois si le canot est à l'eau.

Entendu.

Allez, on s'active !

Tire de ton côté.

Il y a trop de vagues.

Allez, les gars, on se dépêche.

Tire.

Tout le monde à bord !

Allez, dans le canot.

Il veut partir.

Monsieur, je vous en prie.

Un gilet pour ma fille, s'il vous plaît.

Je vous en prie !

Tu es blessée ?

On a besoin de gilets pour les enfants.

Ils savent pas nager.

Désolé pour le retard.

Ma fille s'est blessée à la jambe.

Il nous faut d'autres gilets de sauvetage.

Quoi ?

Je m'inquiète pour mes enfants.

Inquiète-toi pour ce qui leur arrivera

s'ils montent pas à bord immédiatement.

Je le répéterai pas !

Tout le monde à bord, immédiatement !

Vite, montez dans le canot !

Allez, dépêchez-vous !

Montez à bord.

Asseyez-vous tous.

Toi !

Viens avec moi.

Vite, il veut partir.

Allez, plus vite que ça !

Fais demi-tour.

Shaheen,

fais ton boulot.

Demi-tour !

Demi-tour ! Le nègre veut pas se mouiller.

Allez !

C'est bon, c'est bon, stop !

C'est assez profond, ça suffit.

Assis.

Bien.

Ça se conduit comme une voiture.

Tu sais conduire une voiture ?

Si le moteur cale,

tire sur le cordon pour redémarrer.

Tu tires

jusqu'à ce que ça redémarre.

Quand le moteur tourne, tu contrôles la vitesse.

Plus tu tournes, plus tu accélères.

Facile, même pour un enfant.

D'accord.

Tu vois la boussole ?

La flèche doit pointer vers le sud.

Toujours le sud.

Si tu fais ça,

tu mangeras bientôt du slouvaki et de la pita.

Mais si...

Tu parles au lieu d'écouter.

Écoute-moi.

Toujours vers le sud.

Tu piges ?

Bien.

Une dernière chose.

Dès que tu vois les garde-côtes,

prends le couteau et perce le canot.

- Quoi ? - Le canot éclatera.

Et les garde-côtes vous sauveront.

Ils adorent jouer les héros.

Mais on sait pas nager.

C'est pas mon problème.

À toi de jouer, capitaine.

Qu'ils s'en sortent ou pas...

Ça rapporte pareil.

J'en ai compté 28.

Il en manque quatre.

C'est pas mon problème.

Dis-moi une chose, Marwan.

Comment tu peux garder autant d'argent

dans ton caleçon mouillé ?

À toi de me dire une chose.

C'est quoi, ce mot arabe

que tu utilises pour parler de moi ?

Celui que tu crois que je comprends pas.

Nègre !

LE POÈTE

Allah est grand, Allah est grand...

Dans ce voyage, nous Te demandons

sécurité et protection.

Nous ferons ce qu'il Te plaira.

Allah, fais que ce voyage soit plus léger pour nous

et rends la distance accessible.

Amen.

Sara,

c'est l'heure.

Allons-y.

KUŞADASI, TURQUIE 2 HEURES PLUS TÔT

Allons-y.

Aya !

Aya,

on en a déjà parlé.

Mais j'adore Blu, papa. Je peux pas l'abandonner.

Chérie, on ne peut pas l'emmener.

Il faut que tu le laisses.

Ne m'obligez pas à faire ça, j'aime Blu.

Je sais, mais il ne peut pas venir.

Je t'en prie, il fait partie de la famille.

Laisse-le à l'intérieur.

Papa, j'en prie.

Laisse-le à l'intérieur.

Je suis désolée.

On y va.

La police est en état d'alerte.

On doit rester groupés

et éviter la lumière.

Par ici.

Je promets de te trouver un autre chiot en Grèce.

Sami,

tiens l'autre côté.

Papa, ma jambe !

Aide-moi !

Aide ta mère.

Tiens ton frère.

Sara.

Pardon, maman.

J'ai déchiré mon beau pantalon.

Ne t'en fais pas, ma puce, c'est rien.

Ça pique.

On va y arriver ?

On doit avancer.

Ça pique.

Allons-y.

Par ici.

Éteins !

Papa, ma jambe.

Tiens bon, tu es très courageuse.

On ne doit pas faire de bruit.

Sami, aide ta mère.

On doit se dépêcher.

En avant !

Allez !

Halte ou on tire !

Je vais faire diversion. Cours avec les enfants.

C'est compris ?

On devait rester groupés.

Montrez-vous ou on tire !

Vous devez être à la plage avant le départ du bateau.

Les mains en évidence !

Sami,

occupe-toi de ta sœur.

Avancez lentement, les mains bien en évidence !

Pas un geste.

Gardez les mains en évidence.

C'est par ici.

Allez, on avance !

Tout le monde à bord !

Monsieur,

je vous en prie.

Un gilet pour ma fille, s'il vous plaît.

Je vous en prie !

Tu es blessée ?

On a besoin de gilets pour les enfants.

Ils savent pas nager.

C'est pour toi.

Avec ça, tu ne risques rien.

Merci.

Merci, ma chérie.

Merci du fond du cœur.

- Maman ! - Ça va, ma puce ?

Désolé pour le retard.

Ma fille s'est blessée à la jambe.

Il nous faut d'autres gilets de sauvetage.

Donne-le-moi, trésor.

Je le répéterai pas !

Tout le monde à bord, immédiatement !

On doit embarquer.

On y va, trésor.

Vite, vite !

On se dépêche !

Plus vite que ça !

Montez dans le canot.

- Allez ! - On se dépêche.

Asseyez-vous tous.

Tout le monde assis !

Toi !

Viens avec moi.

Vite, il veut partir !

Allez, plus vite que ça !

Fais demi-tour.

Shaheen, fais ton boulot.

Demi-tour !

Demi-tour ! Le nègre veut pas se mouiller.

C'est bon, c'est bon, stop !

C'est assez profond, ça suffit.

Assis.

Ça se conduit comme une voiture.

Tu sais conduire une voiture ?

Bien.

Si le moteur cale, tire sur le cordon...

Fais voir ta jambe.

Tu tires jusqu'à ce que ça redémarre.

Je peux ? Je suis médecin.

Et vous êtes bien occupée.

Montre ta jambe, trésor. N'aie pas peur.

Je vous connais.

Vous êtes médecin à l'hôpital.

Je m'appelle Sara.

Voici Elias

et Aya.

Notre aîné s'appelle Sami.

Moi, c'est Amira.

Ma fille Rasha,

et voici Mustafa.

Mustafa Faris. C'est un voisin.

Faris ?

Le fils d'Adeem Faris ?

Votre père a sauvé bien des vies.

C'est un grand homme.

Mustafa nous a sauvé la vie.

Vous travaillez avec votre père ?

Tu parles au lieu d'écouter.

Non.

J'étais juste au bon endroit, au bon moment.

Ça va aller.

Dès que tu vois les garde-côtes,

prends le couteau

et perce le canot.

- Quoi ? - Le canot éclatera.

Et les garde-côtes vous sauveront.

Ils adorent jouer les héros.

À toi de jouer, capitaine.

Où il va ?

Vous pouvez pas partir.

Revenez !

Ne nous laissez pas !

Revenez !

Papa, on va y arriver ?

Mais oui, bien sûr qu'on va y arriver.

Ça va aller.

Maman, j'ai peur.

Fais demi-tour avant qu'on meure tous.

Qu'est-ce qui se passe ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Je m'en occupe !

Bien joué, mon garçon.

Bravo !

Papa !

Papa !

N'aie pas peur, je suis là.

Mustafa !

Maman !

Rasha !

Je T'en prie, mon Dieu, aie pitié de nous !

Pitié, mon Dieu, aide-nous !

Maman, un bateau !

Ici les garde-côtes grecs.

Veuillez rester à bord

pendant qu'on gère ceux qui sont dans l'eau.

Fais pas ça, papa.

On va tous mourir !

Tous ensemble !

On rame. Allez, on rame.

Allez, on rame, on rame !

Les enfants d'abord !

Les enfants d'abord !

Allez-y, allez-y.

Sami !

Sami !

LE CAPITAINE

LESBOS, GRÈCE 24 HEURES PLUS TÔT

Stavros ?

Bon sang...

J'ai vu...

Pardon de t'avoir réveillée.

Tu étais encore là-bas ?

La prochaine fois, sèche-toi avant de te coucher.

Encore ?

Il s'inquiète pour toi.

Où tu vas ?

Chercher de l'eau.

Tu es sûr que ça risque rien ?

Bonjour, papa.

Bonjour, mon grand.

Tu viens à mon match de foot, demain ?

Quel jour on est ?

Samedi.

J'espère venir.

Je marquerai peut-être un but.

J'en suis sûr.

Tu viendras me voir jouer ?

S'il te plaît.

Allez, Nikolas, vérifie encore.

Ils ont été aperçus dans le coin.

Regarde, par là, sur la droite.

Prends la barre.

Tu les vois ?

Absolument.

On les a repérés, préparez-vous !

Vagellis, tiens-toi prêt à la poupe.

Ils sont à 50 mètres !

Ils sont combien ?

Ils sont plus de 35.

Kostis, sors les couvertures et les gilets de sauvetage.

Nikolas !

Donne-nous un coup de main.

J'arrive !

Prends la barre, Vagellis.

Attrapez la corde !

Attrapez-la !

Nikolas, lance l'autre corde. À la poupe.

Allez, vite ! Vite !

À l'arrière, à l'arrière.

La corde à l'arrière.

À l'arrière !

Tire, Nikolas.

Bravo !

Voilà, c'est bien. Bravo !

On tire, on tire !

Recule, recule.

Tire, tire encore.

Allez, on tire encore.

Reculez !

Reculez, reculez !

Laissez le bateau reculer.

Laissez le bateau reculer !

Tenez-vous prêts !

Accrochez-vous !

Les enfants d'abord !

Les enfants d'abord !

Du calme !

Tu as assez mangé ?

Tu ne peux pas être là-bas, maintenant.

Sois ici.

Avec nous.

Par curiosité, Stavros,

tu as sauvé combien de vies ?

Il en sauve tellement qu'il ne compte plus !

Même Dieu appellerait Stavros s'Il avait besoin d'être sauvé.

Je tiens un registre.

Mais est-ce que tu comptes ?

Non.

Et toi, Nikolas,

tu comptes ?

Pas depuis le début.

Vous avez sauvé des gens par milliers.

Ils espèrent quoi, ici ?

Ça vaut vraiment la peine de risquer sa vie ?

Je crois pas.

On risque pas sa peau pour vivre à Lesbos.

Ils continuent à venir.

Ça va s'arrêter ?

S'ils restent coincés ici,

ils deviendront violents.

Parmi eux, il y a beaucoup de terroristes.

Ce sont pas des terroristes.

On va pas continuer à payer tout ça.

D'après toi,

qui pense que tu paies quoi que ce soit ?

On en est à combien, Nikolas ?

Rien que notre bateau ?

Depuis octobre dernier ?

11 627.

En comptant aujourd'hui ?

La journée n'est pas encore finie.

Et ceux qui sont morts ?

Tu les comptes ?

Non.

Ça fait plus de 1 000.

Comment tu le sais ?

On en était là quand j'ai cessé de compter.

Tu as un supporter !

Oui.

Tu vas jusqu'à combien ?

Six ou sept.

Tu veux voir ?

Allez, il faut te coucher.

Papa, tu veux bien t'allonger un peu avec moi ?

Pas aujourd'hui, mon grand.

Si on gagne demain, on participera au championnat.

C'est déjà la finale ?

Oui, papa.

Tu travailles demain ?

Je sais pas, mon grand.

Je sais pas.

Si tu dois encore sauver des gens, je comprends.

Couche-toi.

Papa, est-ce que c'est dangereux ?

Oui.

Pour certains, c'est dangereux.

Surtout pour les bébés ?

Rien que deux minutes.

En approche des dernières coordonnées connues.

L'orage se rapproche.

Merci de nous avoir prévenus. On fait comme prévu.

On allume les projecteurs. Tous en place.

Allumez les projecteurs !

Tout le monde en place !

Je m'occupe des projecteurs. Tout le monde en place.

On est dans le secteur.

La visibilité est mauvaise.

On a déjà repéré les lieux.

Vois s'ils sont prêts.

Tout le monde en place ?

Tout le monde en place.

Ils sont en place.

On devrait faire demi-tour, Stavros.

Prends la barre.

Silence, tout le monde !

Écoutez ! Écoutez !

À l'aide !

À droite !

À l'aide !

Il y a des gens dans l'eau. On fait marche arrière.

Arrière toute !

Préparez les cordes !

Aide le capitaine, va avec lui.

Il faut reculer !

Attention ! Soyez prudents !

Sortez-les de l'eau !

Nikolas, on bouge pas, ils sont là.

Bien, capitaine !

Vas-y, attrape-la.

Faites attention !

On vous la confie.

Des couvertures.

Nikolas, j'ai besoin de toi tout de suite !

J'arrive !

La petite a besoin d'un massage cardiaque.

Je m'en occupe.

Voilà, voilà.

Soulève-la.

Elle ne réagit pas, capitaine.

Nikolas, n'abandonne pas !

Allez, allez ! Respire, je t'en prie.

Où est le bateau ?

Où sont les autres ? Où ils sont ?

Montrez-moi !

Projecteurs à tribord et à la poupe !

À tribord et à la poupe !

De l'autre côté.

Ils sont là !

Ici les garde-côtes grecs.

Veuillez rester à bord

pendant qu'on gère ceux qui sont dans l'eau.

Merci, mon Dieu.

Faites attention à ceux qui sont dans l'eau.

Attrapez la corde !

Rasha !

Respire.

Respire, ma chérie.

Respire.

Voilà. Voilà, c'est bon.

Allez à l'arrière du bateau.

Tirez !

Tirez !

Respire, Rasha.

Respire, ma chérie.

Allez...

Les enfants d'abord !

Les enfants d'abord !

Tirez encore ! Tirez !

Les enfants d'abord !

Les enfants d'abord !

Amenez-les par ici.

Oui, par ici ! Vite !

Occupez-vous du petit.

À l'arrière du bateau.

Avancez.

Allez-y, allez-y.

Sami !

Sami !

Mon bébé !

Il y a quelqu'un dans l'eau.

Nikolas ! Il faut qu'on fasse demi-tour !

On est attachés au canot, c'est dangereux.

Stavros !

Charge un homme de veiller sur moi.

Sami ?

Sami, mon bébé.

Sami !

Respire...

Arrêtez.

C'est pas votre faute.

C'est pas votre faute.

Sami !

Pitié, mon Dieu, pas Sami...

Parle-moi, mon fils !

Mon Dieu !

Mon Dieu !

Je t'aime, mon fils.

Excusez-moi.

Désolée, docteur.

- Mademoiselle. - Ça va, merci.

Mademoiselle.

Bien sûr.

DISSECTION AORTIQUE ?

J'ÉTAIS ÉTRANGER

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