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Le Roi des Belges est en visite d'État à Istanbul

quand il apprend l'éclatement de son pays.

Allô ? Allô ?

Leur déclaration d'indépendance s'intitule : 'Wij zijn het beu'.

Marre ? Quoi ça, marre ?

En gros, les Wallons se sentent patronnés, humiliés, rabaissés

et mal entendus par les Flamands.

Ils en ont marre.

Nous devons rentrer immédiatement.

Une tempête solaire perturbe le trafic aérien

et le roi rentre via les Balkans. Incognito.

À votre santé ! - Santé.

Sauvé d'une prison albanaise, le roi est escorté vers Sarajevo

d'où des militaires belges le rapatriront.

Ludovic, c'est quoi pour vous,

la liberté ?

Ça veut dire quoi ?

Louise ?

On ne bouge plus du tout. - C'est peut-être une fête religieuse ?

Oui, ici Ludovic Moreau.

On est bloqué par la foule.

Sire, le détachement belge se trouve juste de l'autre côté du pont.

Le colonel propose de les rejoindre à pied.

On est bien le 28 juin aujourd'hui, non ?

C'est peut-être une commémoration de l'assassinat de François-Ferdinand ?

Vous savez que l'assassin avait utilisé une arme belge ?

Allô ? Je lève le bras, est-ce que vous me voyez ?

Je préfère que Sa Majesté soit sorti au plus vite de cette foule.

On est accompagné par deux Albanais.

Deux Albanais !

L'archiduc François-Ferdinand d'Autriche

et la duchesse Sophie

vont droit vers leur destin, ici à Sarajevo

quand un jeune homme apparaît.

Il ne manquait plus qu'une étincelle.

Il s'appelait Gavrilo Princip.

Il voulait libérer son pays du règne austro-hongrois.

Ses balles allaient entraîner le monde

dans un tourbillon de flammes et de cendres.

Sire. - Mon Dieu.

Sire ? - Qu'est-ce qui c'est passé ?

Appelez une ambulance ! - Une ambulance !

Sire. - Le roi est tombé ! Le roi est tombé !

Qu'est-ce qui se passe ? Appelez une ambulance !

Carlos, il respire ou pas ?

Sire ?

Sire ?

Sire ?

Sire ?

C'est moi, Carlos.

Je suis ici avec Louise et Ludovic.

Des anges.

Nous ne sommes pas des anges, Sire.

Je ne suis donc pas au paradis ?

Sire,

vous n'êtes pas au paradis. Vous êtes en Croatie.

Votre attention, s'il vous plaît. Voici un rappel pour M. Che Guevara.

Votre aromathérapie va commencer à 9 heures 30.

Où suis-je ?

Vous êtes dans un sanatorium, Sire.

Sur une île, Sire.

Ile ?

Vous avez dormi pendant trois jours, Sire.

Et...

Que s'est-il passé ?

Sire, à Sarajevo, c'est le sniper belge qui vous a cru en danger,

en fait il voulait tirer sur l'assassin serbe,

mais c'était pas l'assassin serbe, c'était le comédien bosniaque.

Il tenait le pistolet, enfin, le faux pistolet,

c'est ce que j'ai voulu expliquer au colonel,

mais le colonel était francophone et le sniper était flamand.

Ils ne se sont pas du tout compris quand je parlais du pistolet.

Pistolet ?

Je suis désolé.

Un sniper belge a accidentellement touché votre oreille.

Du coup, les Albanais qui nous ont escorté, ont tué Gravilo...

Gavrilo. - Enfin, le comédien bosniaque.

Il est mort ?

Oui, il s'appelait Bakir et il faisait partie de la troupe de théâtre locale.

Et cette année c'est tombé sur lui mais personne ne veut jouer Gravilo.

Gavrilo. - Gavrilo, et...

chaque année, ils tirent au sort, alors les Serbes sont furieux,

les Russes sont furieux, les Bosniaques sont furieux, ça c'est normal.

C'est le foutoir.

Bonjour. - Bonjour.

Je suis le Dr. Kroll, le directeur de ce sanatorium.

Et je suis votre hôte.

Légère commotion cérébrale. La scintigraphie

du cerveau ne montre aucune lésion.

Vous avez seulement besoin de repos.

Et vous perdrez peut-être un peu l'équilibre.

Dans ce cas-là nous avons un fauteuil roulant.

Je dois rentrer chez moi.

Pas de stress.

Je vais vous prescrire personnellement un régime spécial.

Des repas légers. Bien mâchés. Des liquides.

Et de profondes respirations.

Je dois parler au Palais.

Sire, il n'y a pas de réseau ici.

Pas d'Internet, pas de téléphone cellulaire,

nous sommes hors ligne, débranchés.

La seule manière de réparer le corps et l'âme.

Mais j'ai besoin d'un téléphone.

Bien sûr, M. Brejnev.

Brejnev ?

Cette île était la résidence d'été de Tito.

Et vous dormez dans le lit de Léonid Brejnev.

Ici, tout le monde porte le nom de sa chambre, Sire.

Vous voyez, cacher votre identité est ma priorité.

Et je suis le seul à savoir la véritable identité de mes hôtes.

Alors vous savez bien que je suis un roi.

Bien sûr.

Je vais vous mettre en contact avec Bruxelles.

Dépêchez-vous, exercices matinaux.

Sire, veuillez transmettre mes respects à Sa Majesté la Reine.

Et ne vous inquiétez pas à propos de Dino, il est sourd comme un pot.

Votre attention, s'il vous plaît.

Les températures vont atteindre 36 degrés aujourd'hui.

Un autre magnifique jour-ciel-bleu, ici au Kurort Kroll.

J'ai envie de manger un hot-dog.

J'ai envie d'aller dans l'eau.

Ah oui, on fait ça maintenant ? - Non, on suit les instructions du Dr. Kroll.

Je n'aime pas ce Kroll. - On se passe de votre avis, Carlos.

J'ai pas envie de cacher des informations au roi.

Vous ne dites rien au roi. On le laisse d'abord récupérer et on garde son calme.

Oui, Carlos, exactement comme Ludovic nous a

montré tout à l'heure. N'est-ce pas, Ludovic ?

En le voyant ainsi dans son lit, j'étais ému, c'est tout.

Bah oui, comme tout le monde.

Ah, putain. - Pardon.

C'est vraiment un sport de con.

Votre attention, s'il vous plaît. Voici un rappel pour M. Mobutu.

Votre fish pédicure a été reportée à 11 heures.

M. Richard Burton, votre traitement est prêt au cockpit 3.

Je me demande ce que la reine va lui raconter.

- Elle va sans doute vouloir le protéger.

Je propose qu'on lui dise toute la vérité. - J'en discuterai d'abord avec la reine.

Plus de royaume, plus de reine. - Carlos.

Votre attention, s'il vous plaît.

Aujourd'hui le déjeuner est un potage d'orties aux boulettes de pain.

Merci.

Je profite de mes 60 secondes sur scène

pour vous parler d'une urgence.

Quelque chose de très grave et de très dangereux...

se prépare sur l'île.

Vous voyez, le lama se prend pour un zèbre.

Je les observe depuis quelque temps déjà.

Ce lama s'est mis dans sa petite tête qu'il peut baiser un zèbre.

Bien, et qu'est-ce que ça nous rapporte ?

Un croisé.

C'est ça ce qu'on aura.

Le brassage génétique manque de vision pour l'espèce humaine.

Sciences exactes.

Bien sûr, je connais la valeur de la tolérance.

Elle a sa fonction.

Mais vous savez,

j'ai vu beaucoup de choses durant ma longue vie.

Et sans aucun doute, le lama...

...le lama doit partir.

S'il vous plaît, n'oubliez pas de mâcher.

M. Arafat ?

Gênant.

Pertinent.

La prochaine est Mme Lollobrigida.

J'ai besoin d'air.

Votre attention, s'il vous plaît.

Mmes Fabiola et Juliana, vos évaluations de

désintoxication aux réseaux sociaux sont prêtes.

S'il vous plaît, consultez le Dr. Kroll.

Ludovic ?

Sire ?

Mon stylo.

Et mon bloc-notes avec mon discours de

réconciliation. Il y a du pain sur la planche.

Sire, il n'y a pas d'urgence, ces affaires-là peuvent attendre.

Ces affaires.

Je dois sauver mon royaume, Ludovic.

Oui, mais le Dr. Kroll a bien précisé que vous deviez d'abord avoir...

Laissez-le écrire.

Ludovic, mon stylo et mon bloc-notes.

Bien sûr, Sire.

Je dois rapidement communiquer un peu de bon sens aux Belges.

Je dois peut-être parler de Sarajevo.

Sarajevo, Sire ?

Et si cette balle m'avait vraiment touché ?

J'aurais peut-être pu être une étincelle et écrire de l'histoire ?

Oui...

mais, Sarajevo, c'était du théâtre...

Ah bon ? - Je veux dire...

L'important c'est que vous soyez ici, Sire.

Ici.

Ah bon.

Si on continue par là, on arrive à la mer.

On n'irait pas plutôt là-bas ? Il y a plus d'ombre, non ?

Mais il y a beaucoup de cailloux là.

Il fait chaud, hein ? - Oui. J'ai soif, moi.

C'était un éléphant ?

Il délire.

Tu crois ? - J'sais pas.

Alors ?

Là-bas, il y a la côte.

Là.

Vous aussi vous l'avez entendu maintenant ?

C'était un éléphant.

Lady Liz.

Comme dans Elizabeth Taylor.

Bonjour, enchanté de faire votre connaissance.

Frank se sent un peu abattu aujourd'hui. C'est toute l'hostilité dans l'air.

Frank ? - Le lama.

C'était un cadeau du Che à Tito.

Malheureusement, sa mère est morte quand il était tout petit.

Les zèbres ont eu pitié de lui et l'ont pris dans leur troupeau.

C'est pour ça qu'il se prend pour un zèbre.

Il a tout simplement oublié qu'il est un lama. C'est bête.

Je suis Mlle Gandhi.

C'était un personnage.

Elle a apporté sur l'île deux éléphants, des bébés éléphants.

Il y a donc des éléphants sur l'île ? - Oh, l'un est encore en vie.

Je m'appelle Arafat.

Et voici Castro, ici.

Il n'est pas fan de sa chambre.

Vous êtes sur cette île depuis longtemps, Lady Liz ?

Nous ne ressentons pas le temps comme les autres.

Mais pour meubler la conversation : nous sommes ici

depuis plus de vingt ans.

Vous devez donc vous plaire ici ?

En effet.

Nous n'avons affaire à l'humanité qu'à très faibles doses.

Et d'où êtes-vous, vous tous ?

Excusez-moi, mais nous ne sommes pas censés discuter ici de nos origines.

Nous sommes de Belgique.

Quel dommage, l'effondrement de votre pays.

Vos Wallons ont vraiment déclenché des ravages à travers l'Europe.

Il aura suffi d'un petit domino qui tombe.

Je vous en prie, nous ne devons pas déranger M. Brejnev avec ça maintenant.

Qu'importe.

C'est notre sanglante affaire, et c'est le monde à l'envers.

On peut me dire ce qu'il se passe ?

Depuis cet incident à Sarajevo, l'Europe est en crise, Sire.

Quel genre de crise ?

Le Parlement européen a été dissous.

La Commission est en affaires courantes et le Conseil de l'Europe est grippé.

Voilà, c'est... c'est tout ce que nous savons.

Et nous avons appris la nouvelle juste avant d'arriver sur l'île.

Et pourquoi je ne le savais pas ?

Nos instructions ont été très strictes, Sire. - Quelles instructions ?

Les instructions d'attendre les instructions.

Ludovic, je veux toute la vérité.

Mon stylo.

Où est mon stylo ?

Restez assis, Sire.

Je ne suis pas un chien, Ludovic.

Vous êtes originaire d'où, Lady Liz ?

Nous sommes de Pologne.

Vous n'êtes pas seule ici ?

Bien sûr que non, Agata est ici.

Agata ?

Ma sœur jumelle.

Je vois.

Ah oui ?

Nous sommes si heureuses d'entendre cela.

Nous sentions que ce serait le cas.

Quand nous étions petites, Agata et moi, nous avons vécu dans un camp.

Nos parents, enseignants, étaient considérés

comme l'intelligentsia. On a fini dans un camp.

Mais vous savez ce dont je me souviens le plus du camp ?

Je me souviens des fleurs.

Elles dressaient leurs jolies têtes

au-delà de la clôture, chaque printemps.

Elles ondulaient... tout simplement.

Les fleurs. C'est drôle.

De la musique du jour de l'An ?

Non, l'heure du thé.

Vous ne croyez pas qu'elle est un peu dangereuse, cette femme ?

Dangereuse ? - Pourquoi vous dites ça ?

Elle est un peu à l'ouest, hein ?

Merci.

La seule douceur ici.

Votre attention s'il vous plaît, voici un message de niveau trois.

Mesdames et messieurs,

une nouvelle importante nous est parvenue.

Le Parlement européen a été dissous. Officiellement.

Heureusement il n'y a pas raison de s'inquiéter.

Une nouvelle Europe est sur le point de naître.

La Nova Europa.

L'heure est venue pour l'Europe de se réinventer,

tel un serpent qui rejette sa vieille peau.

Bruxelles nous a étouffé depuis assez longtemps

avec des règles, règlements et limitations.

Ça suffit.

Ça suffit.

Nous voulons une Europe d'États-nations,

une Europe qui respecte l'identité nationale.

Nous voulons une Europe qui soit libre.

Libre de célébrer le passé,

libre d'aborder l'avenir,

libre de contrôler le flux humain.

Ferme-la, Duce.

Nous avons le grand honneur d'accueillir ici sur ma belle île

l'annonce publique de la fondation de la Nova Europa.

Une délégation est en route.

Ils escortent le futur Empereur.

Oui, le futur Empereur de l'Europe.

L'Empereur en personne

s'adressera au monde

ici, en direct à la télévision.

L'Europe va se relever, mes amis.

Nous nous relèverons.

Il faut quand même l'admirer.

Tito, Sire ?

Il a apporté l'unité.

Il a même reçu des éléphants en cadeau.

Carlos ? - Sire ?

Préparez nos valises. - Bien sûr, Sire.

Louise ? - Oui, Sire ?

Emmenez-moi le téléphone. - Bien sûr, Sire.

Et Ludovic ? - Oui, Sire ?

Préparez notre départ.

Sire, si je peux me permettre, je ne pense pas

qu'il soit opportun de partir maintenant.

"Nous voulons une Europe d'États-nations."

Et qu'en est-il de notre nation, Ludovic ?

Oui, bien sûr.

Mais ici vous êtes en sécurité, on s'occupe de vous.

Attendons au moins l'arrivée de l'empereur.

Empereur, empereur. Quoi ça, empereur ?

Oui, visiblement, un vent nouveau souffle sur l'Europe, Sire.

Et ici, nous pourrions être au coeur du changement.

Je me demande qui peut être ce nouvel empereur.

Un idiot, certes

Qui donc accepterait d'être le rôle principal

dans un spectacle de marionnette aussi affreux ?

Alors ? - C'est impossible d'avoir accès au téléphone.

Ludovic ?

J'ai introduit une demande pour notre départ, Sire.

Lady Liz, vous savez comment quitter l'île ?

Toutes les allées et venues sont contrôlées par le troll.

Méfiez-vous de ses yeux et oreilles.

Oh, et méfiez-vous de l'œil de Tito.

C'est ce qui reste d'un système de surveillance.

Un cadeau de Brejnev.

Mesdames et messieurs,

votre attention s'il vous plaît.

Je pense qu'il est temps de vous présenter

quelques-uns de nos invités parmi les plus importants.

Nous avons M. Ceausescu,

le compositeur de notre nouvel hymne européen.

Et nous avons M. Nehru,

le dessinateur de notre nouveau drapeau.

Et ces maestros, et leurs assistants

et moi-même,

nous sommes le Conclave 9.

Et moi je suis

le Commissaire 9.

Nous nous lèverons, nous nous lèverons.

Nous nous lèverons, nous nous lèverons.

Mais il y a beaucoup de travail à faire, mes amis.

Beaucoup de travail.

"Amenez un étalon sur le plateau." Étalon ? - Étalon.

C'est un étalon. Un cheval, Ludovic, un très grand mâle.

Oui, ça va, j'avais compris. Mais je connais rien en chevaux, moi.

Mussolini en avait un qui s'appelait Frou-Frou. Et toi, t'as quoi ?

"Faites des arcs et des flèches." Et toi ?

"Lustrez la voiture de Tito." Mais il y a une

voiture sur l'île ? J'ai pas vu de voiture, moi.

Il y a une voiture sur l'île ? - Oui, une seule.

Et votre tâche à vous ? - "Cueillez les pétales de roses."

Sire ?

Je suis un extra.

Extra quoi ?

Extra, ça veut dire figurant.

Carlos, nous devons partir d'ici le plus tôt possible.

Louise, creusez cette affaire.

Ludovic ? - Sire ?

Pendant que vous cherchez votre cheval, trouvez mon stylo.

Bonsoir.

Bonsoir, Mlle Gandhi.

Pas sommeil ?

Un peu.

Entrez.

Vous êtes donc la petite stagiaire presse du Roi.

Ce n'est pas ce que dit ma carte de visite.

Une propagandiste ?

On peut dire ça.

Bon, voyons voir.

Lequel vous aimez ?

Trop carré.

Trop frivole.

Trop sombre.

Et ce drapeau fait trop compagnie aérienne.

Et lequel préférez-vous ?

Il faut captiver les gens.

Celui-ci.

Et pourquoi ?

Il est si convaincant.

Très convaincant.

Laissez-moi vous montrer quelque chose.

Des centres d'accueil.

Malte,

Macédoine,

Kosovo,

Wallonie et Luxembourg.

Des centres d'accueil ?

Pour contrôler le flux humain.

Piloté par la Dr. Ilse von Stroheim.

Nous, les initiés, nous l'appelons Mama Wakolux.

La Wallonie ?

La Wallonie ?

Ils n'avaient pas assez d'argent pour soutenir leur propre pays.

Mais ils ont reçu plein d'argent de Vienne.

Dites à Dino de réparer mon diésel.

Bon, vous avez besoin de bonnes relations publiques.

C'est absolument fondamental.

Imaginez la presse comme étant un grand clavier

sur lequel le gouvernement peut jouer.

Bien dit.

De Joseph Goebbels.

Bonne nuit, Dr. Kroll.

Attention s'il vous plait. Tous les membres du personnel sont priés ...

se regrouper dans le secteur B4.

C'est ça la nouvelle Europe ? Les femmes triment

pendant que les hommes jouent aux cowboys ?

Que faites-vous exactement pour votre roi ?

Vous savez qui c'est ?

Il suffisait de consulter notre collection de timbres.

Je suis l'attachée de presse du Palais. Je suis censée gérer son image.

Elle est gérable ? - Non.

La presse adore le torturer.

Ils l'appellent "Nicolas le Silencieux".

Ce n'est pas juste.

J'ai récemment découvert qu'il est en fait très prévenant.

Et il est intègre.

Ça se voit.

M. Arafat, veuillez déposer vos arcs et vos flèches à la réception.

Un avertissement à tous les hôtes. - Merci.

S'il vous plaît, ne dérangez pas l'éléphant.

Elle est de très mauvaise humeur aujourd'hui.

Pauvre garçon.

Le Dr. Kroll l'a trouvé ici, il se cachait sur l'île après les guerres des Balkans.

Il n'a jamais réussi à lui faire surmonter son traumatisme.

Je peux vous demander quel est votre vrai nom ?

Elizabeth.

Mais on m'appelait Lady Liz même avant de nous donner la chambre d'Elizabeth Taylor.

Agata aime ce nom. - Agata ?

Ma sœur jumelle.

Votre jumelle ?

Elle est à côté de moi.

On la remplit ?

M. Soekarno, M. Sadate et M. Brandt, veuillez balayer les remparts.

L'aile de gauche.

Appuyez sur le bouton.

Vous en êtes sûre ? - Ouvrez-le.

M. Sélassié et M. Assad, veuillez repasser le tapis rouge.

Mmes Juliana et Fabiola, veuillez apporter les balais au fort.

La Pologne !

La Hongrie !

Premier rang.

Excusez-moi. Pourquoi est-ce que je porte le signe d'un pays qui n'existe plus ?

Merde.

Ceausescu, résous ça.

La France, placez-vous derrière l'Allemagne.

M. Burton, j'ai appris que Frank le lama a été retiré de sa famille zèbre.

Excellent.

Imaginez seulement que notre nouvel empereur soit témoin d'une scène dégénérée.

Qui est ce nouvel empereur au juste ?

Du sang noble, sans nul doute.

Et si c'était un musulman gay d'origine soudanaise ?

C'est ça votre sens de l'humour ?

Je ne suis jamais drôle.

La Hollande.

La Hollande !

Placez-vous entre la Bosnie et la Serbie !

Non, non. Ce n'est pas une très bonne idée.

La Hollande, retournez à votre place initiale. Merci.

Où est-ce qu'on met les Britanniques ?

Difficile tout ça.

La Flandre et la Wallonie sont prêtes.

Pourquoi pas par ordre alphabétique ?

Alphabétique ?

L'Albanie ? Tu plaisantes ?

Faisons ceci.

Tout ceux du Nord, derrière la Flandre.

Vite, vite. Allez, allez.

Tous ceux du Sud vont derrière la Wallonie.

Votre attention s'il vous plaît. M. Brejnev, vous avez un appel téléphonique.

Vous pouvez le recevoir sur la terrasse sud.

Excusez-moi.

Mon pauvre Nicolas, tu te sens mieux ?

Oui, ça va déjà mieux, merci Ursula.

Mon cher Nicolas, je dois t'apprendre une nouvelle de la plus haute importance.

Oui, dis-moi ?

Mon chéri, l'empereur de notre futur Europe,

c'est toi, mon amour.

Quoi ? -C'est pas extraordinaire ?

Mais... -Nous allons à nouveau régner, Nicolas !

Pourquoi moi ?

Mais parce que nous sommes compétents, parce

que tu es le candidat le plus apprécié.

Mais je ne comprends pas. Pourquoi personne ne m'a pas consulté ?

Mais tout a été si vite.

Mais qui est derrière tout ça ?

Ne t'inquiètes pas, Nicolas. Des gens biens, dévoués à protéger notre Europe.

C'est pas possible.

Ne sois pas naïf, et surtout, n'en parle à

personne, une discrétion absolue est cruciale.

Bien.

Mon cher Nicolas... - Oui.

sois digne. Et, s'il te plaît, ne parle pas trop.

On trouvera ensemble notre élan. - Oui.

D'accord ? - Oui.

Allô ?

Allô Nicolas, tu es toujours là ?

Oui ?

Sire, c'est moi, Ludovic. - Entrez.

Sire,

j'ai retrouvé votre stylo.

Très bien, Ludovic.

J'ai vu quelque chose... lorsque ... trouvé l'étalon.

Pardon ?

Ça va ?

Attention, Ludovic.

Pardon.

Ça va, ça va, pas de problème.

C'est pas grave.

Allongez-vous.

C'est pas grave. C'est pas grave.

Allongez-vous.

Je suis désolé.

Je suis désolé ... Les autruches.

Je suis désolé. - Oui oui, pas de problème.

Je suis désolé.

Respirez bien, Ludovic. - Oui.

Respirez...

Respirez.

Respirez.

Sire ?

Qu'est-ce qui c'est passé ?

Trop de soleil, je pense.

C'est Carlos... - Carlos ?

Lady Liz est allée nourrir Koki. - Koki ?

Le perroquet de Tito.

Je ne sais pas comment vous expliquer tout ça maintenant

mais il faut venir tout de suite.

Carlos ? - Sire, enfin.

Je suis content de vous voir. - Que s'est-il passé ?

J'étais à la recherche d'un bateau ou d'un

navire, mais je n'ai rien pu trouver sur l'île.

Et comme la côte n'avait pas l'air très loin,

je me suis mis à nager. - Nager ?

Mais il y avait un tel courant, et je n'en pouvais plus.

J'ai failli me noyer, parce que le courant m'emportait vers la haute mer.

Et juste au moment où je pensais que c'était fini, eux sont arrivés.

Ils sont passés avec un sous-marin. - Un sous-marin ?

Un sous-marin ? - Oui.

Ici ? Sur l'île ? - Oui.

Carlos.

Il y a un sous-marin.

Bonjour. - Enchanté.

Enchanté. Nicolas.

Je suis Kamaljit Singh. Enchanté. - Lady Liz.

Kamaljit et Bhupindar sont des fabricants de fromage. Ils ont sauvé le parmesan.

Le parmesan ? - Oui.

Et ensuite l'Italie les a virés.

Parce que j'ai un problème de papier en Italie.

- Un problème de papier ? Je comprends.

Puis leur usine de fromage à Kolkata a été

inondée et maintenant ils retournent en Italie.

Nous sommes des réfugiés climatiques. - Des réfugiés climatiques ?

Et ils ont de la place pour nous, donc ils veulent bien qu'on vienne avec eux.

Bien sûr. Allons-y.

Non, non, non. Attendez. Désolé. Un instant, tout le monde.

J'ai quelque chose à dire.

Nous ne pouvons pas quitter l'île.

Pourquoi ?

L'empereur,

c'est moi.

Quoi ?

Vous, Sire ?

Empereur de quoi ?

D'Europe. Notre nouvelle Europe.

Mais personne ne le sait encore ici sur l'île, et personne ne doit le savoir.

Oh oh, le troll convoque.

Mais que faisons-nous des Sikhs, Sire ?

Nous offrons à vos sauveurs nourriture et abri. - Bien sûr. Allons-y.

Merci beaucoup d'avoir sauvé mon ami Carlos. - À vous aussi merci.

Votre attention s'il vous plaît. Au menu ce soir barbecue de lama.

Le lama est très sain, faible en cholestérol. Savourez-le.

Messieurs,

à l'aube de notre Abendland.

À la vôtre.

Duce.

Le nouvel empereur, qui ça pourrait être ?

Je suis sûr que c'est un blond aux yeux bleus, comme ceux du Nord.

Ce serait un prince de Scandinavie ?

Avec des yeux bleus ?

Non, non, ce devrait être un bon vivant.

Du Sud, vous savez.

Quelqu'un de charismatique, chaleureux.

Serait-ce un comte italien au sang chaud ?

Duce mio.

Pas pour vous.

Kroll.

Bonsoir, c'est la Dr. Ilse von Stroheim.

Bonsoir, Mme von Stroheim.

Quel honneur.

Tout est prêt sur l'île ?

Absolument.

Maintenant vous devriez aussi savoir l'identité de l'empereur.

Bien sûr.

L'empereur est l'ancien roi belge.

Nous arrivons demain matin nous reprendrons l'affaire.

Bien sûr.

Nous avons tout préparé et nous attendons.

J'ai hâte de faire enfin votre connaissance. -Au revoir, Commissaire.

Messieurs,

le nouvel empereur

est déjà arrivé.

Et c'est M. Brejnev, le Roi des Belges.

M. Brejnev ?

Il a un charisme en-dessous de tout.

Tu as une belle voix, Gurjot. - Merci.

Tu aimerais faire quoi quand tu seras grand ? - Homme d'affaires.

Quel genre d'affaires ? - Médicales.

Docteur par exemple ? - Oui.

Et vous, que voulez-vous, Nicolas ?

Moi ? - Oui.

J'aimerais faire plus souvent des tartines.

Je n'ai jamais fait de tartines.

Et...

J'aimerais grimper dans un arbre.

Et...

Et j'aimerais rire plus souvent.

Il dit,

"Dieu est là pour te faire rire quand tu pleures

et te faire pleurer quand tu ris".

Je sais que tu n'as pas confiance en la Nova Europa, Carlos.

Je viens de passer toute une journée dans une cage à oiseaux.

Et si je te demandais de rester ?

Qu'est-ce que tu ferais alors ?

D'abord je vais à Ikea pour acheter un matelas.

Vous pouvez venir avec moi si vous voulez.

On pourrait manger des hot-dogs au parking.

Je peux seulement aller à Ikea s'il brûle.

Empereur.

Votre Majesté,

je peux enfin vous féliciter.

Je devais faire semblant d'ignorer, bien sûr.

Bien sûr.

Y a-t-il quelque chose, je veux dire quoi que ce soit que je puisse faire pour vous ?

En fait, room service serait apprécié.

Dr. Ilse von Stroheim, c'est un plaisir de vous rencontrer.

Mesdames et messieurs,

je vous présente la Dr. Ilse von Stroheim,

architecte de la Nova Europa.

Mes concitoyens européens,

vous avez tous hâte, bien sûr, de rencontrer votre nouvel empereur.

Pour des raisons de sécurité, nous n'avons pu vous divulguer son identité.

Jusqu'à maintenant.

Il est déjà là.

Il est parmi nous.

Agata ?

Un héros silencieux.

Un homme déchu qui va se relever.

Je suis très fière de vous présenter...

à Nicolas Ier,

Empereur d'Europe,

précédemment connu sous le nom de Nicolas III,

Roi des Belges.

Mes félicitations.

Votre Majesté.

C'est un si grand plaisir,

Nicolas.

Photo.

Bon sang, Docteur.

Merde.

Votre attention, ici au sanatorium Kroll.

La Nova Europa vous remercie de votre collaboration.

Vous êtes les pionniers de notre Nouvelle Europe.

Nous nous relèverons.

Vous nous avez fait très peur quand vous avez été abattu à Sarajevo.

J'ai tout ça en images.

C'est plus grand que de la fiction.

Vous êtes abattu roi, et vous vous réveillez empereur.

Cette espèce de tarée avec ses escalopes viennoises me fiche la trouille.

Mais vous pouvez me dire ce qu'il se passe ?

C'est un déjà-vu.

C'est un terrible déjà-vu.

Mais croyez-moi, il n'y a rien de "nova" dans la Nova Europa.

Mais qui est derrière tout cela ?

L'Union des Chemises Noires d'Europe.

Il y a des alternatives ?

Je crois qu'on est pris entre le marteau et l'enclume.

Pour la cérémonie.

Dois-je contribuer au discours ?

Pas du tout.

Sire ? - Ludovic.

Si vous voulez, nous pouvons examiner ensemble

les aspects protocolaires de cette nouvelle

constellation.

A savoir comment agir dans des situations diplomatiques très variées.

Ils ont déjà une idée très claire de tout ça, Ludovic.

Vous devriez rester ici. Près de la scène principale.

Après tout, vous êtes l'architecte de tout cela.

La lumière c'est pour les marionnettes et les politiciens.

Pour les gens comme moi il y a les livres d'histoire.

Vous voyez ici ?

Louise ? - Oui, Sire.

La prononciation s'il vous plaît. - Bien sûr, Sire.

Mes concitoyens européens...

Comment va Lady Liz ?

Elle est en état de choc.

Moi, Nicolas Ier, Empereur d'Europe...

Elle est complètement dévastée.

...je jure de défendre notre identité, nos valeurs et notre liberté.

Et, elle ne veut surtout pas la voir.

Sa jumelle.

J'aimerais parler au Roi.

Bien sûr.

Seule.

Dehors tout le monde.

Pourquoi moi ?

Votre ascendance,

votre disponibilité

et votre très coopérative reine.

Voici la bague impériale.

Elle a appartenu à Auguste.

Heureusement, Benito l'avait mise en lieu sûr.

Vous la mettrez à votre doigt,

juste avant le discours.

Aux yeux du monde entier.

Ensuite ce sera officiel.

Vous serez Nicolas Ier,

Empereur de la Nova Europa.

Nicolas le Silencieux fera partie du passé.

Et mon royaume ?

Votre royaume.

Votre royaume était une aberration.

Une aberration géopolitique, une aberration historique.

Il a expiré.

Mais vos centres, ils...

Non ! Sémantique, Nicolas.

Sémantique.

Les cinémas, les parkings, les autoroutes,

ils ont tous des entrées et des sorties.

Tout cela fonctionne de façon ordonnée.

La Wallonie sera tout simplement la sortie de la Nova Europa

par laquelle les individus indésirables seront expulsés.

Ou...

aimeriez-vous que je dise "contrôlés par le biais de la boutique de souvenirs" ?

Mais ça ressemble davantage à... -Non !

Nous ne pouvons plus considérer les migrants comme un problème.

Les migrants sont un produit, une denrée qui peut être très lucrative.

Si c'est bien géré, bien sûr. Comme les détritus.

Les détritus ?

Les détritus constituaient un problème énorme,

avant de devenir une opportunité commerciale.

Je peux vous demander d'où vous venez ? -Bielefeld.

À l'origine ? -Bielefeld.

Levez votre bras, comme ceci.

Tout le sang va descendre.

Ne bougez pas.

Je vais chercher un peu de lubrifiant.

Oui ?

Ne bougez pas.

Votre attention s'il vous plaît,

tous les figurants sont invités à se rendre au fort...

pour recevoir les dernières instructions.

Je pars pour l'Italie.

J'ai toujours voulu voir Venise.

Et j'en ai assez du fromage croate.

Vous venez ?

Tu joues dans la pièce de théâtre de qui, Nicolas ?

La nôtre.

Oh.

Un rappel pour tous les figurants.

Nous allons passer en direct à la télévision.

Ne regardez pas dans la caméra.

Ne bavardez pas.

Ne souriez pas.

Le monde entier nous regardera.

Prenez vos positions de départ.

Nous nous relèverons

Voici l'Europe

Avec hâte et audace

Le rythme de notre tambour

Voici l'Europe

Nous ravivons le feu, faisons barrage au déluge

chérissons notre liberté

Nous ravivons le feu, faisons barrage au déluge

Pureté du sang

La mémoire de nos ancêtres

la gloire et la puissance

nous honorerons avec le feu

Nous nous relèverons

Merci.

Mes concitoyens européens.

Moi, Nicolas Ier,

Empereur d'Europe,

je jure de défendre notre identité,

nos valeurs

et notre liberté.

Otto, ils ont l'air d'idiots, dites aux caméras d'arrêter de filmer.

Coupez.

La ferme !

La ferme !

Ce film a été tourné sur les îles Brijuni, en Croatie

où le Maréchal Josip Broz Tito avait de 1953 à 1979 sa résidence d'été

et recevait des centaines de personnalités dont des monarques,

des présidents et des stars de cinéma.

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