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Tout le jeu, j 'ai une commission pour Vano.
Qu 'est -ce que tu fous, Pipo, mon Dieu ? C 'est moi, il y a des clients à la
boutique. Tu veux pas s 'en occuper, toi aussi ? Pour la baignoire.
T 'as bien fait.
Tiens, si tu voulais finir le boulot, parce que celui -là, il est pas capable
me faire 300 lettres de coulure sans se saloper.
Qu 'est -ce que tu fous avec ces mégots ? Tu les bouffes ? Je fais une pub,
monsieur Lucien.
Ça fait rien.
Donne -en toujours une, si tu veux que je fasse ton boulot.
T 'es un bon gars, Pipote. T 'es con, mais t 'es un bon gars.
C 'est là ?
Vous venez pour un lavabo, c 'est ça ? Non.
Ah, c 'est pas pour un lavabo ? Non.
C 'est pour elle.
La baignoire, c 'est ça.
C 'est un beau modèle, hein ? Arrête de dire ça, tu vas lui foutre la mousse
dans les yeux.
Arrêtez tous les deux, vous allez bien faire la noyer tout à l 'heure.
On peut entrer, j 'ai des clients.
Non, non ! Voilà l 'installation.
La porte, on caille ici.
Madame, j 'en ai pour deux minutes.
Voyez -vous, ici, je prouve ce que j 'avance.
Une baignoire, c 'est d 'avoir des économies d 'eau.
Tout de même, il en faut.
Ça, vous avez raison, il en faut.
Combien de litres à votre avis, monsieur ? Comme ça, je dirais 80, peut -être
100 litres.
Allez, vous comptez.
Vous avez des enfants, madame.
Il y en a sept pour l 'instant.
Sept enfants.
C 'est formidable.
Imaginez les économies.
Madame, au qu 'il est levé, au gant ou à l 'évier, combien vous comptez d 'eau ?
Ils ont deux cuvettes par tête.
Une pour le sauvage, une pour le rinçage.
Calculez.
Cinq litres la cuvette par deux, c 'est 70.
Parce que c 'est toujours la scène.
Juste pour le miso, sans compter les barres.
Alors, vous comptez combien d 'eau par mois ? Ça fait beaucoup de bruit,
surtout.
Ça fait beaucoup d 'eau.
Avec ma baignoire, une fois qu 'elle est pleine, vous plongez dedans sept
lardons et vous les laissez tremper pendant une heure.
Et je vous garantis qu 'ils seront légals pour quinze jours.
Puisque ça parle si bien pour le même riz, tu leur laveras la tête.
Vous ne vous sauvez pas, j 'ai besoin de vous pour montrer la douche.
Chez vous, vous mangerez des hortelans. C 'est comme moi, pensez à ceux qu 'on
vient dans leur assiette, il n 'y a rien de tel pour donner de l 'appétit.
Tiens, tu ne viendras jamais.
Tu as réussi à fourguer la baignoire au marais fin.
Je leur ai vendu le catalogue complet. La douche, la baignoire, le ballon de
litres. 400 000 balles dans la porte. Tu vois, j 'ai bien fait de venir te faire
faire. Ah oui, parce que c 'est la dernière fois.
Ça va durer longtemps, ce défilé dans la salle de bain ? Lili... Ah non, m
'appelle pas Lili, ça m 'agace.
Pauline.
Pauline.
Alors, ce soir, t 'étais devant les enfants.
Et demain, qu 'est -ce qui va défiler quand je serai dans mon bain ? Pour te
faire plaisir, cette salle de bain.
Pour me faire plaisir ? Ah non, dis pas ça.
Non. Je passe encore pour la salle à manger transformée en magasin. Je vais
donner sur le quai.
Enfin, personne n 'est obligé d 'installer ta salle de bain. Dans la
maman, on y a relégué papa dans la mansarde du grenier.
C 'est lui qui l 'a proposé.
C 'est vrai, je suis très bien là -haut.
Ah oui, ça je m 'en doute.
Enfin, je voudrais bien la clé pour voir le résultat.
Tu sais bien que je préfère m 'occuper de mon petit ménage moi -même.
Surtout que tu viendras pas remettre le feu à la maison.
À force de t 'enfermer comme ça pour fumer en cassette.
Ah, ça c 'est pas vrai. J 'ai promis à ta mère et j 'ai tenu parole.
Tu sais très bien qu 'il n 'a pas acheté un paquet de cigarettes depuis 10 ans.
Ah non, mais des cigarettes, peut -être pas.
Mais enfin, c 'est quand même pas pour faire des confitures que tu ramasses les
mégots dans la rue.
Que j 'en ai honte à chaque fois que je croise quelqu 'un.
C 'est vrai, ça. Pourquoi tu ramasses les mégots comme un clodo ? Ça suffit.
Foutez la paire, Lucien, qui vous a rien demandé.
Dans la salle de bain, je prends tous les torts.
Maintenant, on change de conversation.
Tout à l 'heure, j 'ai eu le passé de Sainte -Marie, là, qui revenait de chez
les Bamboulas, le sacré rafiou.
Ils ont mis un coup de peinture et ils l 'ont repartie pour un tour.
Il y en a un, aujourd 'hui, qui est arrivé dans notre place.
Un quoi ? Ben, un Bamboula.
Nous aussi, il y en a eu un.
Même que c 'est les prochains Bamboulas.
On dit pas Bamboula.
On dit un noir, s 'il te plaît.
De toute façon, ils sont café au lait.
Ouais, même qu 'ils ont un nom breton.
Le galodèque qu 'il s 'appelle.
Comment t 'as dit ? T 'appelais ton bon moulin ? Bah, le galodèque, t 'as dit.
Et ses parents, tu les avais ? Ouais, sa mère est allée les chercher à la sortie
de l 'école.
Même qu 'elle, elle est noire pour de bon.
On a bien rigolé. Elle a un chapeau comme un ananas.
Et son père, il l 'a vu ? Non, pourquoi ? Pour une.
Allez, si vous avez fini votre soupe, prenez un dessert ou un fromage et filez
-vous couper.
Ah non, c 'est toujours nous qu 'on se touche avant Pauline. C 'est vrai, on n
'a rien fait.
Justement, fais ce qu 'on te dit.
C 'est quoi ça ? C
'est quoi le galoudé ?
C 'est personne.
Tu t 'es coupé ? J 'ai rien.
Alors, c 'est qui le galoudec ? Pour que ça les travaille comme ça, papa et
maman, j 'ai bien vu.
Un drôle de lascar que tu peux pas connaître.
Il est dangereux ? Je le connais depuis l 'école, avec ton père et ta mère.
C 'est tout ? Il devrait être content, alors.
Il est parti depuis 20 ans.
C 'est un ancien jeu, la maman.
Et puis la maternelle, le galoudet qui est ton père, il n 'avait de dieu que
pour Lily. Les autres aussi, d 'ailleurs.
Seulement pour elle, c 'est avec ces deux -là qu 'il comptait.
Elle avait deux amoureux, maman ? À ce moment -là, oui, c 'est bien là qu
le hic.
Ça s 'est pas arrangé en grandissant.
Ils s 'en sont foutus, les gnans, pour elle.
Quand ça se suit sûr, ça aurait été les meilleurs potos du monde.
Raconte, c 'est rigolo.
Là -dedans, un peu, j 'ai plus rien à essuyer.
Ils faisaient tout pareil, ces deux -là.
Ils auraient fait n 'importe quoi pour répéter ta mère.
Quoi, par exemple ? Bon, tout ce qu 'on peut inventer pour se départager.
Grimper au gru, bouffer des verres de thé.
Ce que faisait l 'un, l 'autre y arrivait aussi.
Puis ça a duré.
Il n 'arrivait toujours pas à se décider.
La chance.
Il n 'y en a pas un qui ferait ça pour moi, les crétins. T 'inquiète pas, ça
viendra bien un jour.
Les gars, c 'est con comme la lune quand ça tombe en moi.
Et pourquoi qu 'elle a choisi papa, finalement ? Il se déballe le nez, le
galoudec ? Oh non, c 'est pas si simple.
Tout ce que je sais, c 'est que le galoudec, comme ton père, il aimait les
bateaux. Il faisait des projets pour partir, pour conquérir le monde.
Pour Lily.
Tiens, c 'est concis.
Ils voulaient tout, en somme.
Comme moi, quand j 'étais jeune.
Seulement, ils étaient deux.
Et c 'est papa qui a remporté le pompon.
Ah oui, du coup, c 'est l 'autre qui est reparti sur les bateaux.
C 'était quand, ça ? C 'était l 'année où ta mère était reine du carnaval.
Vraiment belle, tu sais. Moi aussi, je crois bien que je suis foutu de penser
elle m 'était pensée sous le nez.
Je crois que ça lui a réussi, le pauvre papa.
Couche -toi, Pauline.
Faut dormir.
Allez, dodo.
Non plus, j 'arrive pas à dormir.
C 'est pas une raison pour m 'en empêcher.
Est -ce que toi, tu dormais, peut -être ? Comment je pourrais ?
T 'entends -tu te retourner comme ça depuis une heure ? Je me demande si c
bien ses gosses, quand même.
Pourquoi veux -tu que ce soit les siens ? Ils les ont peut -être adoptés.
Et la négresse ? Elle l 'aurait adoptée, elle aussi ? C 'est peut -être une
nourrice, cette femme.
On doit déjà savoir si c 'est bien lui.
Qui veux -tu que ce soit ? J 'en connais qu 'un, le galou d 'Acon.
Bon bah alors Sylvie, mais maintenant laisse -moi dormir.
Vous cherchez quelqu 'un, monsieur ? Vous cherchez quelqu 'un ? Bonjour.
Je voulais voir si monsieur Le Galoudec... C 'est bien lui qui revenait
Entrez, je vais l 'appeler.
Non, laissez, je repasserai.
Qu 'est -ce que c 'est ? Bonjour, monsieur.
Je sais pas, il voulait voir papa.
Si c 'est possible, je voudrais pas vous déranger.
Oh, mais non, vous ne dérangez pas du tout.
Entrez.
Et ne faites pas attention au déballage.
Tout ça était tellement sale.
Asseyez -vous donc, je l 'appelle.
Yvon ! Il y a un monsieur qui demande à te voir.
Qui c 'est ? Ouais ? Oh !
Jean -Loup Ripoche ! Ma vieille fripouille ! Attends,
bouge pas, je descends.
Viens là ! Vous voyez ?
Il était heureux de vous voir.
C 'était bien ça, du miroir ? Oui.
Eh bien, dis -donc, t 'as pas perdu de temps, hein ? Comment t 'as su que j
'étais revenu ? Un teint, mon vieux.
Orniflore.
Merde, alors, ça fait 20 ans que j 'avais pas senti mes côtes. Et moi, le
t 'es pas le chien.
Laisse -moi te regarder.
Tu fais du lard, mon cochon.
Ça te va bien de dire ça. T 'étais mec comme un rayon de vélo.
Annabelle.
Mireille. Alors ?
Comment vous le trouvez, mon copain d 'enfance ? Je le voyais bien comme ça.
deux font la paire.
Tu vois, elle te connaît déjà par cœur.
Faut dire, je leur en ai raconté, nos exploits.
Pas tout, j 'espère. Mais si, mais si.
Et toi ? Raconte, t 'as des mots.
Quatre, ouais. Deux garçons, deux filles.
T 'as fait mieux que moi.
Dans les trois.
Deux garçons et celle -là.
Ma princesse.
Comme tu vois, je l 'ai fait pour banal.
T 'as raison, elle est belle, ta gamine.
Attends, c 'est comme une bonne cuite, rien de tel que les mélanges.
À propos, t 'as pas soif ? Ça pourrait s 'arroser, non ? Ça pourrait.
Veux -tu que Mireille vous prépare un porche ? Non, bouge pas, Mireille.
Finissez votre bazar, nous, on va les trinquer chez la Mère Colette. Elle est
toujours là ? Elle est, mais de seule, l 'histoire a changé.
Moi, ça me changeait de boire un vrai verre d 'eau.
Merci de votre accueil.
Arrête, pas de sale à m 'aller contre nous.
Allez, passe devant.
Tout à l 'heure, mes douceurs.
Alors, comme ça, t 'es rentré au pays fort d 'une fête. Ah, comme tu y vas,
Fort d 'une fête... Fort d 'une défaite.
Sous les tropiques, ça va le sauvite.
Je suis bien sûr.
En 20 ans, avec ton culot... Ah, tu voudrais bien savoir si j 'ai décroché
cocotier, là -bas.
Je reviens sans long.
Tout ce que j 'ai, tu l 'as vu.
Ma femme, mes gosses.
Et la maison du capitaine, que t 'en trouves -tu mal aigué ? Qu 'est -ce que
comptes faire, maintenant ? Oh, de ville fort, hein.
Quand on a roulé sa bosse comme moi...
On a fait le cours des combines.
Je t 'ai fait confiance.
À propos, maintenant que t 'as pignon sur rue... Ah, Lucien, c 'est... Ah, si,
si, si, si.
L 'établissement Soulas, Ripoche... Ça a de la gueule.
Alors, c 'est toi le patron, maintenant ? Ah, si on veut.
Lucien, il est plutôt jeune. Ah, Lucien.
Père Soulas.
Voilà un que j 'aurais plaisir à avoir.
Celui qui fera plaisir aussi, va.
Il t 'aimait bien.
Ah, oui.
Tout le monde t 'aimait bien, ça.
Allez, vas -y.
Tiens, dame.
Toi aussi, la mère Colette, dans le temps, tu m 'aimais bien.
Eh bien, tu ne me reconnais pas ? Qu 'est -ce que tu veux, mon gars ? La
ça va, mais c 'est l 'oreille, c 'est plus ça.
Yvan, le galoudec, ça ne te rappelle rien ? Ben, fille de garde, je ne t
pas reconnu.
T 'étais donc en prison.
Mais t 'es parti sur les bateaux.
Les bateaux, ça revient pas toujours.
Qu 'est -ce que je veux faire à tous les deux ? La même chose qu 'avant, la
mère. Deux pernos.
Double dose.
Tu te souviens de ça ? Oui, de ça.
Et du reste, mon jeune homme.
Ta petite entreprise, là, ça a l 'air prospère.
Je te crois. J 'ai même ouvert un magasin au rez -de -chaussée de la
T 'en as que t 'as mangé de la mère de tout ça ? En 27, j 'ai été un gros gamin
de pause.
Je me doute.
Dis donc, ton jeu de boules, tu l 'as toujours ?
De quoi on parlait déjà ? Ah oui, tu me causais
de tes travaux.
Il a écouté les jeux de la tête.
C 'était les pépures, on en revient.
Mais c 'est vrai que ça pèse un peu sur le budget.
Ma chambre est bien petite. Des fois, t 'avais eu un petit boulot pas trop
pénible. Tu sais ce que c 'est, dans le visite.
On reprend de mauvaises habitudes.
Là, tu me poses une colle.
N 'est -ce bien que tu crois que ça serait pas le bon cœur ? C 'est peut
bien l 'idée qui m 'avait passé la bonne année.
Qu 'est -ce que tu vas chercher là ? C 'est pour la question ? En fait, elle m
'a bien l 'idée.
J 'ai pas encore eu le temps d 'aller la voir.
Mais si tu permets... Tu permets ?
Le général n 'a pas changé.
Enfin, s 'il pète, je dis ça parce que je la vois tous les jours.
Oui, oui.
Tant mieux, ça prouve qu 'elle ne s 'est pas trompée.
Pourquoi tu dis ça ? T 'as entendu des cancans ? Je dis ça comme ça.
Parce que si tu veux qu 'on en discute, moi je suis prêt.
Fâche pas.
Pour moi, c 'est des vieilles histoires, tout ça.
Maintenant, je suis rangé les voitures.
Comme t 'as vu.
Mais de quoi, non ? Ça prouve que t 'as gardé le jus, hein ? Et tu sais, ça
fait plaisir à boire.
Non ! En tout cas, si t 'as besoin.
Comme ça, on est hors du boulot.
Sacré jeune homme.
Tu me fais pas l 'aumône, quand même.
J 'y pense pas. Qu 'est -ce que tu fais quand tu tires un peu ? Tu fais rien du
tout, mon pauvre jaloux.
Pas besoin de tirons.
Tout ce qu 'il me faut.
Et pour le job, je plaisantais.
Pour t 'emmerder un peu.
Tu sais, quand on a passé son temps à sauter d 'un hémisphère à l 'autre,
travailler au pied d 'un établi, il pourrait pas.
Évidemment.
Et moi qui te croyais.
Et je m 'en voulais, hein.
Faut être con.
En marge, c 'est normal, je débarque comme ça.
Je t 'aurais raconté que j 'avais une mine d 'or à Borneo, tu m 'aurais cru d
'au Paris.
Peut -être pas.
Avec un peu de chance.
Tu sais, c 'est comme la boule.
Ça tient un peu de choses.
Tu veux ta revanche ? Ça me plairait bien, mais il faut que j 'y aille.
Je peux pas laisser mon gars longtemps.
Il faut que le boulot se fasse. Oui, patron.
Si ça te dit, un soir, viens dîner à la maison avec toute ta sainte famille.
D 'accord, comme ça, j 'en parlerai à Liliane.
Eh bien, voilà.
Jeannot.
On passera pour moi, la petite Lily.
Je te vois là, voyou, je te cherchais.
Ça, par exemple.
Lucien. Dans toute sa splendeur.
Toi, par contre, si t 'aurais croisé son savoir, je t 'aurais pas reconnu.
Tu payes un canon qu 'on cause ? C 'est ça, on va causer.
Je te vois là déjà revenu, ce coup -là ? Oui, mais en bonne compagnie.
Remet -nous deux pernos doubles.
Pour vous aussi, Lucien. Oui, mais sans eau, pour moi.
Je la préfère dans les radiateurs.
Alors, racontez un peu.
Alors... Alors, j 'ai pas mal bourlagné.
Mais vous, à part les poils sur les cailloux, vous avez pas changé d 'âge,
-être ? Oh, que si, tiens.
J 'ai arrêté de fumer, figure -toi. Oh, ça, je vous crois pas.
Le père Soulas sent la gaule oiseau -bec. C 'est comme, je sais pas, moi,
Napoléon sans le cheveu, hein ? Oui, oui.
Mme Soulas a passé leur magot.
Ah ben, merde, alors.
Elle est morte même sous l 'as.
T 'as fait dix ans, la pauvre femme.
Une bronchite qui a mal tourné.
Même qu 'avant de taquer, il dit que c 'était de ma faute et que c 'était moi
qui l 'avais empoisonnée avec ma fumée.
Ça y est, peut -être un peu dur, hein ? Du coup, j 'ai dû promettre sur son lit
noir et depuis tintin, puis un rond à la régie des tabacs.
Pas de bol.
Tout de même, ça me fait plaisir de vous revoir.
Moi aussi, fiston.
Qu 'il n 'est pas revenu pour foutre la merde.
Fais peur.
Essaye de frapper avant d 'entrer.
Et elle est à Nantes ? Oui.
J 'ai pas trouvé ce que je voulais.
Et toi, l 'atelier ? C 'est là.
Je l 'ai vu.
Ah.
J 'ai beaucoup changé.
Il a dû penser la même chose de toi, j 'imagine.
Sauf les yeux, il a toujours le même regard.
Mais je l 'ai trouvé vulgaire.
Il a grossi.
Moi aussi, mon chéri.
J 'étais à l 'école chercher les garçons.
J 'ai vu ses fils. Enfin, si c 'est bien sa femme. C 'est bien, ma belle.
Je la trouve très aimable, cette femme.
Elle a l 'air, en tout cas.
Quelle idée d 'épouser une femme noire.
Remarque.
Ils ont fait une fille.
À peu près du même âge qu 'Annie.
Superbe, le gars.
Une vraie beauté.
Et bien comme ça, il n 'aura pas été perdu.
C 'est le cas de le dire.
J 'ai bien compris.
Il est revenu sans biscuit, le navigateur.
Pas d 'argent, pas de boulot, apparemment.
En fait, ça prend l 'air d 'un crité.
En fait, il m 'a demandé la permission de te rendre visite.
Il a peut -être mieux à faire.
C 'est ce que j 'ai essayé de lui faire comprendre, mais il a insisté autrement.
Il voudrait nous avoir à dîner pour connaître les enfants.
Et puis pour nous raconter ses exploits, si j 'imagine.
T 'as dit non, j 'espère.
On va pas se précipiter chez eux comme ça.
D 'ailleurs, ça ferait jaser. Je connais trop les gens d 'ici.
T 'as raison, ma Lily.
Je lui dirai. Je suis pas ta Lily.
Je déteste ce surnom.
Et puis, ta baignoire, tu me feras le plaisir de la rincer. J 'ai pas de bonne
que je tâche.
Vas -y, on recommence ? Oui.
Non, non, non, papa.
Attention.
T 'es pas là, Lucien ? Non.
J 'ai gagné. T 'as ma quête.
Il doit être chez la mère Colette.
Il va revenir complètement péter comme la dernière fois.
Ne parle pas comme ça à son grand -père.
C 'est quelqu 'un qui a le droit de juger Lucien ici ? C 'est moi.
Personne d 'autre.
Bon.
Moi, je l 'ai vu, grand -père.
Bah, tu peux pas le dire plus tôt ? Éteins ça ! Donc ?
Je l 'ai vu.
Et où tu l 'as vu ? À Nantes.
À Nantes ? Qu 'est -ce que tu racontes ? Lucien, il met jamais les pieds.
N 'empêche, je l 'ai vu en sortant de chez Pigé.
Il descendait du bac que j 'allais prendre.
Il t 'a rien dit ? Non, il m 'a pas vu.
Et pourquoi tu lui as pas demandé où il allait ?
Il n 'était pas tout seul.
Il était avec qui ? Je n 'en sais rien, un type.
Tout ce que j 'ai vu, c 'est qu 'il partait vers le quai de la fosse.
Bien, il allait au but.
Il était comment, le type ? De ton âge, à peu près.
Mais pas mal.
Il ne serait pas lui, le galopette ?
C 'est un des bons moulins.
Tiens, envoie une autre.
Toi aussi.
Oh,
je veux dire, la belle cuite.
Non, Lucien, pas une cuite.
Un monument.
Un monument avec ton nom dessus, tes lumières avec tous les leveurs. T
'oublieras l 'Italie, Lucien.
C 'est bien comme gorge, n 'oublie pas les amis.
Jamais.
C 'est bien.
On mérite ça.
On grandit.
Pour que ce soit un beau monument en bronze.
20 minutes, ils dansent autour.
Pour que les enfants viennent regarder et s 'instruire.
Belle idée, ça.
Avec une fontaine de pernots.
Tozo, ta gueule.
Oh, mon Dieu.
Tant que vous n 'avez pas rigolé comme ça.
Moi non plus.
Tu reviens plus souvent, mon salaud.
Tu peux y compter, Lucien.
J 'arrête pas de revenir et t 'arrête pas d 'arroser ça.
D 'accord ? Top.
À demain, compagnon. À demain.
C 'est là que je dors.
Dans le magasin ? Ah non, là, c 'est... Là, c 'est à manger, là.
Ah oui, c 'est vrai.
Ça va un peu que je regarde ça ?
Il
l 'a pas loupé, Jeannot, le salon de la mère Toulasse.
J 'écoute.
Mais t 'as pas entendu ? Non, qu 'est -ce qu 'il veut nous tendre ? Papa ? Je
suis sûre qu 'il peut griller.
Tiens, le voilà.
Il a dû rentrer avec le dernier blague.
Eh ben, va voir.
Aller voir quoi ? Je me goûte bien de l 'état dans lequel il est.
T 'as entendu ? Vas -y, et tâche de savoir ce qu 'il a fait.
J 'y vais, mais si tu veux mon avis, ton père est en âge de faire ses conneries
comme il veut.
Peut -être.
Mais pas avec n 'importe qui.
Oh, Jeannot.
Il va falloir que tu m 'aides à grimper dans ma combuse.
Pousse un peu, Lucien. Un jour, c 'est pas dans l 'escalier. C 'est dans le
que tu vas plonger.
Je ne crois rien que j 'ai passé à dos.
La dose est là. Et les bornes, Lucien. Et beaucoup.
Où est le porc, le nôtre ? Je savais qu 'il avait fait la reine. Il n 'y en aura
jamais.
Elle est ici.
On s 'est frôlé la gueule.
On s 'est refaité les bouillons.
La clé. Où est la clé ? Elle est dans ma poche. Je ne sais pas laquelle.
Il y a un pote là -haut. C 'est formidable.
Aujourd 'hui, j 'ai plein de potes.
Ah non, faut pas lui casser la gueule, c 'est ton pote aussi.
Il t 'aime bien.
Et puis lui aussi, il l 'aime bien.
Lui, il y a les mots qui me disent que ça sera la vie.
Dors bien, lui.
C 'est qu 'il l 'aime bien, tu sais.
Comment moi, j 'ai le tailleux du pauvre. C 'est un gars bien, ce mec -là.
Si, si.
Ah ! Dis -moi, je suis loin des cons.
Tiens, tu veux l 'arriver ? Ah,
mon lit.
J 'espère trouver mon lit.
Mais dors, pocheur.
J 'espère seulement que tu viens pas raconter trop de conneries.
Si, si.
Attends.
On s 'est dit qu 'on allait faire un monument.
Un monument ? Oui, dans l 'atelier, une fontaine de pernauts pour arroser les
petites dubobinards qui danseront tout autour.
Ah ben, elles sont jolies, les idées de poivrons.
Si ça te plaît pas, on peut le mettre ailleurs. Pas de problème.
C 'est ça.
Allez, dors.
Alors ? Rien. Des histoires d 'ivrognes.
Dans l 'état où il est, de toute façon.
Justement, c 'est bien ce qui m 'inquiète.
Qu 'est -ce qui t 'inquiète, hein ? Qu 'il ait pris une cuite avec le galoudec
Ou qu 'ils vont se soigner avec ton père ? C 'est ça ? T 'es
déçu ? J 'imaginais autrement ton explorateur.
Je t 'en prie, Jean.
Il n 'y a pas de gens qui tiennent.
Il n 'y est pour rien, Jean.
C 'est vrai, à la fin.
C 'est pas de ma faute si le galoudec est un alcoolique et que vous êtes une
négresse qui revient nous emmerder.
Mais je t 'en prie, le coup devient pas vulgaire, toi aussi.
T 'as raison.
T 'as raison, vaut mieux que je la ferme.
Alors je la ferme.
Rideau.
Alors, il paraît qu 'on en tenait une fameuse ce temps -ci.
Comment tu sais ça ? D 'abord, quelle heure qu 'il est ? Dame, il est plus de
trois heures, il est temps de se lever.
Tu ne travaillais pas aujourd 'hui ? Ah non, pas le samedi que je sache.
On n 'est pas samedi hier.
Hier c 'était vendredi, comme de juste.
Oh mon Dieu, j 'ai dormi tout ce temps -là.
Ils devaient en faire des conneries, ça.
Ça, c 'est sûr.
Je me souviens pas.
Rien à me dire, toi, Marinette ? Hein ?
T 'as pas une idée ?
Le monument.
Au bordel.
Viens, bonjour.
T 'es pas là, ton père ? Ça va mieux ? Oui, ça va.
Et ta mère, elle est pas là non plus ? Non, tu vois.
Tu viens me dire bonjour au coin de la rue du Four.
Tu viens me visiter... Où qu 'ils sont ? Tu sais bien, le samedi, papa, il est
où en gare ? Oui, c 'est vrai.
Et Lily,
elle est où ? À Nantes.
Elle est partie faire des courses.
Elle a laissé Pauline chez madame Rousseau.
C 'est vraiment...
Si tu vas au hangar, tu lui dis à papa que maman est partie, elle me l 'avait
demandé. J 'y vais.
Dis donc, il devait être pas mal il y a 20 ans le galoudec.
Salut !
Ah, tout voilà, toi.
Mon salaud, quarante -huit heures à cuire.
Tu vas taire corps.
Je ne suis pas rendu compte.
Nous aussi.
Même que Viviane a pris peur, elle a appelé le tout -vive.
Docteur Pitrault ? Ben oui, Docteur Pitrault.
Ah, il n 'a pas le cellulé.
Il a bien voulu te sculpter.
Il n 'y a pas mis longtemps pour le diagnostic.
Il a qu 'à laisser faire la nature, il m 'a dit.
Elle a mon dos, la nature, Lucien.
Force de lui tirer dessus.
Il ira bien par te la faire péter au nez comme une élastique.
Dis -donc, c 'est la gamine, le galoudec, qui ferait une belle reine sur
char.
Dis -donc, Lucien, tu crois que tu nous as pas fait emmerder ? Vas -y lui donner
des vidéos, le galoudec, pendant que tu y es.
Moi, je dis ça comme ça parce que...
On ne peut pas s 'empêcher d 'y penser quand on voit ça.
Tu crois que je me suis cromé les culpes lundi, dimanche et les jours de fête
pour qu 'on aille installer celui de la petite maigresse là -haut sur mon char ?
Tiens -toi là pour lui, Lucien ! Puis d 'abord, quand tu la connais ? Je la
connais pas.
C 'est Yvon qui m 'a montré des photos. Une vraie beauté, la gamine.
Peut -être pas aussi belle que Lily sur mon char, mais quand même une beauté.
En tout cas, elle risque pas d 'être couronnée.
Ici, à l 'ordre, chez les négriers.
Cacahuètes.
Cacahuètes grillées.
Demandez les cacahuètes grillées de la maison.
Et les petits ballons, c 'est pour les champions.
Cacahuètes.
Lily, ma petite reine.
T 'es encore plus belle qu 'avant, ma Lily.
Bonjour.
Liliane Soulas, ne te fous pas de ma gueule.
Ça te salirait les yeux de les poser sur un ami de 30 ans ? Ou t 'as peur d
'attraper sa misère ? Il fait honte en marchant de cacahuètes, ton ancien
prétendant. Qu 'est -ce qu 'il se passe, madame ? Je me fais vous importer ? Ta
gueule, toi, c 'est ma copine.
Tu es sans doute plus fier de ton marchand de robinet, c 'est ça ? Oui,
oui, monsieur.
Elle a épousé le plombier et la reine de Nantes.
Oh, dis -donc, c 'est du bol.
Imagine si c 'était l 'autre que t 'avais choisi.
Eh, t 'as bien qu 'aujourd 'hui, c 'est moi qui t 'aurais mis dans le passage
Pomeray à vendre des cacahuètes devant tout le gratin nantais qui se passerait
du bec en te passant devant.
Et ceux de Trenquemont, tu t 'entends ? Ceux de Trenquemont qui te
reconnaîtraient. La Reine Blanche, nom de Dieu.
C 'est eux qui se réplataient d 'acheter pour trois ronds de cacahuètes à la
plus belle relique du Carnaval.
Seulement voilà, elle a choisi le laborieux, l 'honnête homme.
Celui qui fait sa pote sur le dos de papa et partage avec elle.
Ah oui, c 'est autre chose que les marins.
Il faut que tu le saches.
Il est riche, Yvon le Galoudec.
Il est rupac comme tu ne le seras jamais malgré tes grands airs. Mais enfin,
monsieur ! Mais madame Ripoche, qu 'est -ce qui se passe ? Il n 'est pas assez
collé comme un bigorneau au quai de Trente -Moules. Il t 'a envoyé la
le clochard.
Ses lardons ne sont peut -être pas blancs persil, le Galoudec.
Il n 'a pas besoin de demander pour qu 'on lui passe les bras autour du cou.
Et quand il la caresse, ça n 'est reste.
Elle n 'attend pas que ça passe comme la reine des cols.
À mon tour, Yvon le Galoudec.
Elle ne t 'a peut -être pas fait aimer, la reine de Nantes.
Et c 'est vrai qu 'elle a vécu le quai de Trente -Moules, Yvon Ripoche.
Est -ce que Jean -Ripoche et Yvon Le Gallo d 'Aix n 'ont jamais demandé s 'il
'y avait pas d 'autre chose, la petite Lily ? Est -ce que c 'est vraiment Lily
qui vous plaîtait à tous les deux ou de vous taper sur le nez pour elle ? C 'est
facile de lui jeter la pierre à Lily.
Elle a peut -être épousé le premier, la reine de Nantes, mais valait aussi bien
que l 'autre, d 'après ce que je vois. D 'ailleurs, elle n 'a pas eu le choix.
Elle a pris celui qui restait, parce que lui, au moins, il est resté. On peut en
parler. Non, justement, c 'est moi qui en parle.
Tu as préféré les bateaux, tu les as eus.
Mais qu 'on ne me reproche pas d 'être restée sur le quai quand on m 'y a
laissée.
Lily, écoute.
Il n 'y a
Je vais te dire pourquoi ils vont le Galdec.
Pendant 20 ans, moi, j 'ai dormi à côté d 'un homme en pensant à un autre.
Et puis, ne te réjouis pas parce que les rouleurs interversés auraient été
pareils.
C 'est Jean qui m 'aurait manqué.
Et puis, je n 'ai pas à en rougir.
Parce que d 'aussi loin que je me souvienne, je vous ai aimés tous les
La seule faute, c 'est d 'avoir été incapable de choisir entre Jean et toi.
D 'avoir peur de vous faire la peine à l 'un comme à l 'autre.
Puis c 'est vous qui avez tranché.
Là, en partant comme un voleur au bout du monde, sans rien dire à personne.
Ah, ça, c 'est pas vrai.
C 'est l 'autre en restant pour consoler Lily. Mais laisse -moi t 'expliquer,
Lily. Il n 'y a rien à expliquer.
Cesse de m 'appeler Lily. C 'est Liliane Ripoche qui te parle aujourd 'hui. Mais
je te jure, je ne suis pas partie comme ça.
Mais si, t 'es partie comme ça. Tu viens de me le dire.
T 'as préféré la planète, hein ? Eh bien, libre à toi.
Je peux m 'en prendre qu 'à moi -même. De toute façon, si j 'étais assez flotte
pour jamais pouvoir m 'endormir pendant toutes ces années, c 'est en avoir
regardé le papier peint.
Le papier peint ? Oui, le papier peint.
Des chérises sur la cloison de mon côté.
En dessous, c 'était bleu.
C 'était bleu comme la mer entre les continents.
Voilà. Mais rassure -toi, le papier peint, je vais le changer.
Non, non, Lily, écoute.
Laisse -moi, et puis, c 'est mieux de t 'occuper de ta fille.
Lily ?
Viens.
Tu étais là depuis longtemps ? T 'as entendu ? Pas tout.
Comme ça, au moins, tu connaîtras le périré de ton père.
On va aller retourner vendre tes saloperies.
Allez.
Toi, Napoléon, c 'est ça la bienzine.
Hop là.
Hop là.
Hop là.
Hop là.
Bonsoir. Tiens, te voilà debout, toi.
J 'ai cassé des œufs pour faire une omelette en pensant que je ne rentrerai
en retard.
C 'est ta spécialité, non ? J 'ai fait manger sa bouillie à boulines à la toute
finie.
Tu veux dire qu 'elle mange bien avec toi ? Tous les deux, je n 'ai rien
quand maman m 'a rencontré.
Maman, maman, il y a un gâteau ! Maman, maman, il y a un gâteau ! Oh, t 'as
ramené un gâteau ? Qu 'est -ce que c 'est ? Non, pas exactement.
J 'ai rencontré Yvon, le galoudec.
Il vendait des cacahuètes parce que ça se tomberait.
Avec un singe grotesque.
Ah si, la pauvre gamine.
Je vais me changer, vous commencez à dîner sans moi.
C 'est vrai qu 'il est pas enluisant, l 'autre pauvre bonhomme. C 'est
malheureux. Tout de même, on peut pas l 'empêcher de rentrer chez lui.
C 'est vrai qu 'elle est jolie, sa fille.
Ah ouais ? C 'est pas pour ça.
En tout cas, ces fringes -là, ce sont des sales cons. Ouais, avec leur
ils crament dans la rue.
Les autres leur laissent le cul pour en avoir.
Si vous vous emmerdez, vous avez qu 'à leur rentrer dedans.
Comment je faisais, moi ? Pour
un coup d 'espèce, c 'est pas si mal.
Mais les cacahuètes et les petits ballons, c 'est meilleur que les
A moins que ce soit toi, ma pauvre Mireille, qui inspire pour les jolis
T 'en fais pas, mon petit oiseau.
Ça n 'est pas de ta faute si les gens d 'ici n 'ont pas le goût des belles
choses.
En tout cas, moi, j 'ai pas complètement perdu ma journée.
J 'ai rencontré la reine de Nantes, dans le passage Pomeray.
La femme de ton ami Jean ? C 'est ça.
Et plus que ça encore, si j 'en crois le décor homme.
Elle a su tirer les marrons du feu, la petite Lili.
C 'est tout juste qu 'elle a daigné me reconnaître. La fille soulasse.
C 'est comme ces gars, alors.
Des sacrés craineurs. À l 'école, ils n 'arrêtent pas de nous embêter.
Ils veulent nous piquer, nous goûter.
Et comme on ne sait pas faire, ils nous traitent de mal lavé.
Et alors, t 'es plus costaud que ces culs blancs ? T 'as qu 'à leur clouer le
bec à coups de latte.
Comment je faisais, moi ? Donne à ta mère.
Hein ? Un bon boulot.
Tu te
rends
compte, ils m 'ont dit qu 'ils appellent le temps que je tourne le dos.
Nicolas ! Milou ! Arrêtez ! Arrêtez tout de suite ! C 'est papa
qui nous l 'a dit de le faire ! Nous aussi, t 'as qu 'à lui demander ! C 'est
pas une raison pour se battre quand on est en dimanche. Vous allez voir maman !
Demandez pardon, je vous calote.
Moi aussi, excusez -moi.
Ça va, on fait du boulot.
Allez, maintenant filez.
Et vous pourriez mieux d 'aller aider papa.
Je suis désolée, ils sont pas si violents d 'habitude pourtant.
Les miens si.
Enfin c 'est pas bien grave.
Maintenant comme ça on se connait, je suis Annie.
Et moi Mireille, la fille de... La fille de l 'autre, je sais.
Ah bon, vous nous connaissez ? Forcément on parle que de vous à la maison en ce
moment. C 'est nous aussi en fait.
C 'est vrai que vous êtes très belle.
Mais non, je suis pas mieux que les autres.
Vous aussi vous êtes jolie.
Et voilà.
C 'est ça. Moi, je suis jolie.
La belle à la maison, c 'est ma mère.
Vous la connaissez ? Oui, je l 'ai vue à Nantes. Alors, comment vous la trouvez
? Elle est magnifique.
Qu 'est -ce qu 'ils sont beaux, ces cheveux.
Eh oui.
Si seulement elle avait été un peu... Enfin... Moins belle.
Pourquoi vous dites ça ? Comme ça.
Tu as vu ? Une blanche et une noire. Tu n 'as pas envie de jouer aux dames, toi
? Un petit peu, mon pote. Je prends le café, je te laisse le lait.
Dites donc, les comiques.
Le carnaval, c 'est dans un mois et demi.
Alors, vous ne fatiguez pas d 'ici là. Sinon, vous allez perdre le premier
Ça va, les deux, ça fait rigoler.
Ça va, toujours.
Ils nous ficheront la paix, maintenant.
C 'est des beaux loups. Des quoi ? Des idiots.
Qui en pèsent pas bien, en plus.
C 'est vrai qu 'il y a un carnaval, ici.
Ah, ici ? Non, mais à Nantes, oui.
On t 'en a jamais vu ? Non.
Ça me plairait bien de le voir.
Alors, je vais te montrer quelque chose qui va t 'épater.
Tu vas voir.
C 'est la spécialité de la famille.
Viens avec moi.
Yvette. Je vais vous dire d 'arrêter de fumer, déjà qu 'il n 'a pas de santé.
Bon dimanche, M. Bouchard.
C 'est ça.
Bonne bourse.
Viens.
Un petit ballon qui est pour les champions, cacahuètes.
Cacahuètes grillées.
Cacahuètes.
Et regardons, Napoléon, la famille Ripoche sur son 31.
Il faut qu 'il n 'y a pas que nous de déguisés.
Mais, seigneur... Tu vas gagner ton mois aujourd 'hui.
Si tu m 'achètes le fonds de commerce.
Sans façon, mon vieux, je ne digère pas les cacahuètes.
Et toi, tu en veux des cacahuètes ? Oui, cacahuètes. Non, tu es trop petite, tu
pourrais avoir la peine de plus.
Elle dénia peut -être bien, mais c 'est vrai quand on sait pas d 'où ça vient.
Eh Pierre, regarde, tu veux un ballon ? Regarde, regarde, regarde, regarde !
Non, non, non Pauline, on va te donner avec ce que je dois gagner toute ta
journée, hein ? Oh, tiens ma peau, je te le donne le ballon, va, et si quelqu
'un dit qu 'il est moche, tu lui mets la raquette dans l 'œil. Pas question que
tu lui donnes, ça vaut combien ? Cinq francs, ça va pas te ruiner.
Dis quelque chose, tu es en prise ? Alors, qu 'est -ce que t 'en penses ? Oh
là, qu 'est -ce que c 'est beau.
Incroyable. Tu ne peux pas savoir, c 'est comme chez moi.
C 'est comme ça la Guadeloupe ? Mais oui, il y a un volcan pareil.
Et la plage avec les cocos.
Et le requin aussi ? Évidemment.
Tu verras, c 'est drôlement beau.
Ah ! C 'est ton père qui a fait ça ? Ouais.
Avant c 'était grand -père qui faisait les chars.
Il a appris avec lui et maintenant il le fait tout seul.
Qu 'est -ce que c 'est bien.
On peut monter dessus ? Ah bah oui, bien sûr, c 'est fait pour ça.
Alors ce char -là, c 'est pour la reine du carnaval.
Ça, c 'est la place des demoiselles d 'honneur.
Plus haut, c 'est pour la reine.
Vas -y, grimpe ! Tu crois qu 'on peut ? Oui, c 'est solide.
Allez.
Si maman voyait ça...
Bah si elle te voyait, elle dirait que tu ferais une drôle de belle reine sur
char -là.
T 'es moque pas de moi.
Non, je me moque pas de toi.
C 'est vrai que t 'es belle là -dessus, ça crève les yeux.
Tiens, autant que la reine blanche.
La reine blanche ? C 'est qui ? C 'était ma mère.
Elle a été reine comme ça, il y a vingt ans.
Elle devait être superbe, dis donc. Tu parles ! Toute blonde, avec une robe,
toute blanche.
Ils n 'en sont toujours pas revenus ici.
Ça les a tellement épatés qu 'ils continuent encore à l 'appeler comme ça.
Reine Blanche.
Ça, ça ne risque pas de m 'arriver.
Pour que mon cœur soit prisonnier.
Comment ne pas perdre la tête, Serré par des bras audacieux,
Car l 'on croit toujours aux doux mots d 'amour, Quand ils sont vides avec les
yeux.
Moi, qui l 'aimais tant,
Je le trouvais le plus beau de Saint -Jean, Je le restais grisé.
Sans volonté, tout n 'est bêté.
Sans plus réfléchir, je lui donnais le meilleur de mon être.
Beau parleur, chaque fois qu 'il mentait, je le savais, mais je l
Comment ne pas perdre la tête ?
Serré par des bras audacieux.
Car l 'on croit toujours aux doux mots d 'amour.
Quand ils sont dits avec les yeux.
Moi, qui l 'aimais tant.
Mon bel amant, mon amant de Saint -Jean. Il danse comme un pingouin, le
plombier.
Tu es jaloux ? C 'est vrai qu 'elle est très belle.
Belle, peut -être qu 'elle est jetée comme un pain de glace.
C 'est pas étonnant qu 'il n 'y arrive pas le pauvre Jean -Loup. Oh, mais tu
pas le plaindre maintenant.
Ah, si, si, si, je le plains.
Il était temps que tu le rappliques.
Il n 'y a presque plus de munitions.
Tout voilà, toi.
Mais tu courais où quand on t 'a promis de l 'après
-midi
? J 'étais avec Camille.
Jean -Marie.
Annie, c 'est la fille de ton ami.
Alors, c 'est la fille de Lily, comme ça ? Son aîné, toi aussi ? Oui, on a le
même âge avec Mireille.
Mais moi, je suis contente de vous voir ensemble.
Maman, c 'est formidable.
Annie m 'a emmenée voir le char que son père a construit.
C 'est incroyable, c 'est féminin.
La souffrière, la plage des cocos, il y a tout.
En décor, mais c 'est pareil.
Mais qu 'est -ce que tu racontes ? Des sottises.
Elle raconte des sottises.
La flashe des cocos, c 'est fini. Ici, c 'est le quai de 30 mots.
Et les cacahuètes, elles vont pas se vendre toutes seules.
Alors tu ferais mieux d 'aider ta mère au lieu de tes pâtés sur le carton pâte.
Allez, tiens -moi tout ça.
Le panier.
J 'ai besoin d 'aller pisser, moi.
Mais papa... Y 'a pas de mais papa ! Ta copine, elle a peut -être les moyens de
se balader sans rien faire. Toi, tu dois gagner ta croûte. Alors aide ta mère !
Pardon.
Ah, je suis vraiment désolée, ma petite. Il ne faut pas lui en vouloir, c 'est
son caractère.
C 'est pour mes règles que c 'est bête.
Pour moi, ça ne fait rien, je vais aller danser.
Vas -y, toi aussi, tu en meurs dans la vie.
Non, non, maman, je vais t 'aider.
Donne -moi le panier.
Non, non, vas -y, je te dis.
Je suis bien assez typique pour arriver à les vendre, si tu ne suis pas
intéressée.
Merci, maman.
C 'est quand même moins compliqué avec nous.
Napoléon, on s 'en va.
Allez.
Eh bien, là, qui danse avec sa fille, maintenant ? Eh bien, moi, j 'aime
ça que de la voir avec un homme.
Ah, bon.
Tu t 'intéresses aux beaux -arts, maintenant ? Eh bien, il y a Lucien qui
filait le temps.
On peut beaucoup dire.
Je venais voir ce que tu fabriquais par là.
Ah, moi, rien. C 'est ce que fabrique Jeannot qui me t 'a dit.
Alors, comme ça, il a repris le flambeau, ici aussi.
C 'est pas toujours à mon goût, mais il se débrouille pas mal.
Euh, on peut voir ? Tu sais bien que ça doit rester secret jusqu 'au défilé.
Alors, Lucien, pas mal.
Surtout que j 'y tiens à l 'avoir, son chat.
Il a refait un effort.
Pourquoi avec cette démange brusquement ? Ça te pensionnait pas beaucoup dans le
temps. Aujourd 'hui, c 'est pas pareil.
J 'ai ma petite idée.
S 'il est vraiment comme on m 'a dit, le truc à genoux.
Tu lui demanderas.
C 'est pas bien compris, Lucien.
C 'est toi qui vas me le montrer, le chat.
Pourquoi je ferais ça ? Pourquoi tu le ferais pas ? J 'ai rien demandé depuis
que je suis revenu. J 'ai pas été vache.
Pourtant, j 'aurais pu.
D 'ailleurs, je peux encore.
Qu 'est -ce que tu racontes ? Tu sais bien, Lucien.
On t 'aime bien, mais ça t 'empêche pas d 'être un beau salaud.
Tu vas pas remettre ça sur le tapis. Ça fait 20 ans, c 'est du passé.
Justement, il y a du passé qui vieillit mal.
Ça prend des goudrances.
Il y a des choses qui peuvent arriver dans le décor si ça venait à se savoir.
Je savais bien que t 'étais revenu pour foutre la merde.
Mais tu devrais pas.
Tu devrais bien remuer la telle avec.
Pour moi, il y a prescription.
Mais pour toi, si Yvon le Galoudec racontait comment il a pris le bateau,
pourrait faire des dégâts dans le petit ménage.
Tu me fais du chantage, Yvon.
C 'est ça, je te fais du chantage. Et comme t 'es pas plus bête qu 'un autre,
vas m 'ouvrir ta cabane.
Voilà, c 'est pas plus simple comme ça.
Et puis rassure -toi, je n 'irai pas le raconter partout, le chef de vraie
journée.
Oh, nom de Dieu.
Je n 'avais pourtant pas envoyé les cartes postales.
Sous -titrage ST'
501
C 'est vachement bon.
C 'est pas une raison pour avoir valu tout rond.
C 'est pas donné.
Dommage que tu n 'y aies pas mis un petit coup de kirsch.
Où t 'as trouvé ça ? Au marché.
Je l 'ai acheté à madame Le Galoudec.
Elle vend des fruits exotiques.
Décidément, tout l 'or est bon.
J 'espère que ça marchera mieux que leur cacahuète.
J 'espère pour elle. J 'ai trouvé tout à fait charmante.
Elle nous a invité à déjeuner chez eux.
J 'ai accepté.
Comment ça t 'as accepté ? Je croyais que tu ne voulais pas en entendre
Qu 'est -ce qui t 'a fait changer d 'avis ? Je n 'ai pas changé d 'avis.
Simplement que c 'est plus intelligent d 'avoir avec eux des relations normales.
Et puis ça fratère les mauvaises langues.
Ça prendra à Milou et à Nicolas.
Respecter des gens différents.
Pouline ! Génial. Vous verrez, Mireille, elle est délicieuse.
Quand même, Liliane, t 'aurais pu me demander mon avis.
Je pensais que ça pouvait te faire plaisir de discuter avec Yvon.
Il a sûrement beaucoup de choses à raconter.
C 'est peut -être pas la peine que j 'y aille, moi.
Vous serez bien entre vous.
Mais pourquoi, papa ? On n 'a rien à cacher. Tu viendras.
Et puis ça devrait te plaire.
Je dois sûrement apporter du bon rhum.
Je suis bien content de vous recevoir dans les meubles de la tante Rosette.
Bonjour madame.
Bonjour monsieur.
Et dans quelle tenue vous arrivez ? C 'est pour déjeuner que je vous
pas pour un enterrement.
Bonjour Yvon.
Bonjour Malélie.
Elle est belle votre maison.
Déjà petite, faut que j 'arrive à l 'y habiter.
Pour ça, c 'est pas celui -là qu 'il aurait fallu épouser.
Au moins ici tes enfants ils sont pas des paysés.
C 'est le capitaine qui les avait plantés. Bien sûr, sans se douter, le
singe.
Alors, c 'est vous les deux terroirs qui vouliez vous mesurer avec mes champions
? Vous êtes bien défendus, j 'espère.
C 'est dur et c 'est doux quand même.
Comme du poil de cul.
N 'écoutez pas ces soutirs.
Pensez donc plutôt à l 'intérieur.
Je suis confus, je me suis rendu compte après que vous n 'avez pas réglé l
'ananas. Oh, il s 'agit bien de ça.
D 'ailleurs, c 'est moi qui ne vous ai pas donné le prix.
Viens, je vais te faire visiter.
Tu vas pas y aller, mon grand.
On a baissé sur portée.
Tu veux pas qu 'on pépitie la cuisine de chez nous ? T 'inquiète pas.
Si t 'as trop chaud, il y a du punch pour éteindre les incendies. Allez.
Bah, Lucien.
T 'as pas l 'air d 'aller. Tu nous couvres quelque chose ? Non, non, non.
vous regardais comme ça. Ça faisait le rôle.
Ah, qui le dit tout.
Allez, rentre.
Y a pas de guet -apens.
Puis tu le dis.
Bon, alors, les moutards sur la petite table exprès pour vous, là -bas.
Lucien, à la place de l 'ancêtre.
Tiens, toi, Jean, tu te mets là, entre Annabelle et Mireille. Et moi, je me
garde Annie et Lily.
C 'est ça, Lily, elle n 'aime pas beaucoup de diminutifs.
Qu 'est -ce que tu racontes ? En 30 ans, je n 'ai pas rappelé autrement, je ne
vais pas changer aujourd 'hui.
Ça t 'embête, Lily ? Non, si ça fait plaisir.
Tu vois.
Bon, allez, asseyez -vous.
Annabelle, tu vas chercher la mixture qu 'on trinque ? Allez, asseyez -vous.
Vous allez m 'en dire des nouvelles, hein ? Ah, voilà la soupe.
Allez, donnez -moi vos verres, je vous le sers.
J 'allume ça, c 'est pas la main ? C 'est la fraude, je veux dire.
Si elle s 'était occupée de moi le quart du temps qu 'elle a mis à tricoter.
Ce salaud, il attend trop de bête, hein ?
J 'en ai fait du moins fort pour les enfants.
Les enfants vont boire de l 'eau du robinet. Ils sont bien assez énervés
ça. Pas question.
On ne va pas les mettre au jus de pied un jour de fête.
Allez.
Je lève mon verre au talon caché de mon ami Jeannot.
Tu ne manques pas de mes sanitaires.
Mais je ne parle pas de tes bidets, Jeannot.
C 'est à cause de ton chat.
On voit que ça a dû te turpiner la tête, le vainé.
Quoi, tu l 'avais, mon chat ?
C 'est Lucien qui a insisté pour me le montrer.
Il est fier de ton boulot.
Tu lui as montré, Lucien ? Vraiment, il m 'a forcé un peu la main.
Qu 'est -ce que tu racontes ? Allez, je trinque aussi à nos deux reines.
Dis donc, Yvan, qu 'est -ce que tu cherches à dire ? Je n 'en vois qu 'une
reine, moi, ici.
Qu 'est -ce que tu veux, Jeannot ? Ton chat m 'a donné des idées.
Il n 'y a pas de raison que tu sois le seul à avoir du sang bleu dans la
famille.
Alors j 'ai décidé de te présenter Mireille à l 'élection.
Mais papa... Ben quoi ? Elle ne mérite pas la couronne, ma princesse ? C
'est tout ce que tu as trouvé bon, mon merdé ? Jean, s 'il te plaît.
Écoute -moi, Yvon.
Ta fille, elle sera peut -être un jour la reine de Tralala, mais certainement
pas sur mon char.
On prend les paris ? Jean, s 'il te plaît, ne réponds pas.
Non, je n 'arrêterai pas, il faut crever ! Je n 'ai pas construit mon char
pour... Pour une maigresse, c 'est ça que tu veux dire ? Yvon, tu es fou.
Qu 'est -ce qui vous arrive ? Regarde -le, ce corneau.
Il a peur qu 'on lui déboulonne sa reine blanche.
C 'est quoi ça, tu fais ? Allez, les enfants, on s 'en va.
C 'est le cas, on s 'en va.
C 'est le camp, on ne vous retient pas.
Non, mais ce n 'est pas pour lui, mon Dieu. Et moi qui ne vous ai pas éduqué.
Tu le renvoies, de toute façon, il aurait bouffé avec des pincettes, ta
de négro.
Toi, tu as eu la chance qu 'il y ait des enfants.
Arrête, papa, je t 'en supplie, viens.
Elle a raison ta fille, foutez le camp.
Faut que j 'aère. Allez aère.
Dépêche -toi de les rejoindre toi.
Ah tu peux te féliciter.
C 'était le bon choix qu 'avait fait la mère Soulas.
Tu ne vas pas être déçu de son purgatoire.
Arrête de pleurnicher toi.
Va plutôt me chercher tes caleçons, allez.
Elles ne réussiront pas à me couper l 'appétit, c 'est vrai.
Bravo. T 'as été bien inspiré d 'accepter leur invitation.
Je t 'en prie. C 'est pas moi qui ai fait du scandale.
Tu m 'as fait honte comme jamais.
C 'est moi qui t 'ai fait honte ? C 'est incroyable.
Défends -le pendant que t 'y es. Je ne le défends pas avec ta conduite. Il a
ça. Ah, c 'est ça ? J 'aurais dû me laisser débrouiller. J 'ai servi à mon
sur un plateau. Mais qu 'est -ce qu 'il parle de ça ? Tu voulais en rire
simplement de ses prétentions. Il aurait présenté sa vie, c 'est son problème.
Tu n 'avais pas à l 'humilier avec tes sous -entendus douteux.
Moi, je l 'ai humilié ? Oh, mais tu le connais pas. Je le connais aussi bien
toi. J 'ai pensé que c 'était odieux. Évidemment, elle était courte de rien,
pauvre gamine.
C 'est ça.
Vas -y, retourne. Va les consoler.
Il a tant que ça que tu lui tombes dans le bec.
Mon pauvre Gertrude, tu me fais pitié.
Vous entendez ? Je lui fais pitié.
Votre imbécile d 'affaire fait pitié à votre tante -mère. Arrête, papa. À quoi
ça sert ? À faire que j 'en ai marre de passer pour un con.
Je l 'avais dit.
Il est revenu foutre la merde.
Tu viens voir le résultat de tes conneries ? Ben, tu dois être content,
venais voir comment t 'allais.
Eh ben, tu vois, espèce de feu ! Et puis, les bonnes cordes ! T 'aurais pu
changer, au moins.
T 'es content de toi ? T 'es où, là ? Dix mois de boulot, réduit en miettes.
T 'es pourtant joli, ton char.
Dis -donc, la coute à qui ? C 'est pas moi qui t 'ai commandé faire la visite
idéale à la galoulette, non ? Dis -donc, tu peux toujours se prononcer.
Pour poser le cul de sa fille.
Sa fille ou pas sa fille, elle n 'aura rien pour s 'asseoir cette année, la
reine de Nantes.
Mais si, elle aura une soeur.
Alors, je vais voir comment.
Je vais en faire un autre.
Un magnifique.
Je suis là.
Personne n 'osera la faire grimper.
La petite Mélimé, l 'autre gâteau.
Parce que ce ne sera pas possible.
Mais pourquoi ce ne sera pas possible ?
Un iceberg.
Avec la banquise autour.
Puis un igloo.
Tout blanc.
Je vais le ramener à tout blanc.
Je suis putain de fier.
Tu veux faire ça en trois semaines ? Mais il ne faut pas rêver, mon pauvre
Jeannot.
Carnaval, c 'est le 15 du mois prochain.
On travaillera jour et nuit, tous les deux.
Comment ça, on ? Parce que tu me donneras la main. Ah non, non, non.
Ah non, non, non, non, non. Allez -y, Lucien.
Se donne l 'occasion de rattraper ta grave.
Alors tu vas mettre la main à la pâte.
Gentiment, hein.
Mais tu te rends pas compte du boulot.
Bah si, juste avant, je peux pas y arriver tout seul.
Même ma vie, c 'est pas possible. Et puis, j 'ai pris ma retraite, moi.
J 'ai perdu la main.
Lucien.
Oh, Lucien, tu peux pas me faire ça.
J 'ai plus que toi.
Et puis bon, la main, je suis bien sûr que tu ne l 'as pas perdue, hein ! Tu
verras, tous les deux, on va faire le plus beau char de ta carrière !
Ça me fait plaisir de te voir. Moi aussi.
Aujourd 'hui, j 'ai décidé de rentrer plus tôt, parce que j 'ai vendu.
Je te plains de faire ça.
J 'ai pas le choix.
Toi, tu as de la chance, les groupes pigés, c 'est sûrement plus intéressant.
Oui, si on veut.
Mais bon, c 'est vrai qu 'après, peut -être non, c 'est facile pour trouver du
travail. Moi, ce que j 'aimerais bien faire, c 'est travailler dans un salon
coiffure ou dans la parquinerie.
Mais c 'est pas le moment que j 'en parle à la maison. C 'est comment chez
en ce moment ? Oh là là, il s 'adresse à peine la parole.
Toute maison me déprime.
Ici, je n 'arrête pas de faire le ménage.
Et puis, qu 'est -ce que ça veut dire de ne plus se raser ? Tu vas rester comme
ça longtemps à ne rien faire de tes dix doigts ? Je lis, je dois voir.
Eh bien, tu ferais mieux d 'aller t 'excuser chez des ripoches.
Mais pour ça, tu n 'as pas plus de courage.
que pour faire bouillir la marmite.
C 'est bien béqué, ça.
Je ne vous comprends pas, vous les Blancs.
Se disputer, perdre ses amis comme ça, pour des bêtises.
Je ne comprends pas.
Fais pas.
Fous -moi la paix.
Puisque Mireille t 'a dit qu 'elle ne voulait pas.
Mireille fera ce que son père lui dira de faire.
Ça ne servira à rien. Il a tout cassé son char.
Tu es content maintenant ?
Qu 'est -ce que tu fous ? Tu ne vas pas te mettre à commencer le plat à cette
heure -là ? Pourquoi pas ? Plus j 'avancerai, plus j 'aurai une chance de
baiser.
Bon, ben, tu ne m 'en voudras pas.
Moi, j 'arrête.
Je suis crevé.
Mais ça, nous allons la manger la soupe à Lili.
Puisque toi, tu n 'en as pas marre.
C 'est pour la question de la soupe.
Il faut que je dorme.
Tu veux que je t 'aie le coup ? Non, non.
Je travaillerai pour deux.
Pas les provisions.
Tiens, elle a dit que pour ton âge, tu pouvais aller te brosser chez le chat.
Charmantipouze. Mais t 'as l 'air qu 'elle est causée comme ça, ta mère.
Non, mais quand même. Elle a dit qu 'à partir de maintenant, faudrait plus
compter sur elle pour faire la bonne. Vous avez qu 'à vous dépatouiller.
On s 'ébrouillera.
Elle a dit ça pour moi aussi ? Ouais, elle m 'a même dit, puisqu 'il veut se
débrouiller tout seul avec son grand -bis, il n 'y a qu 'à faire pareil avec
tambourine. Elle a dit ça ? Parfaitement.
Je vais y causer.
C 'est ça, Bac et Mordy, tâche d 'être là demain matin à 7 heures.
Dis par là si vous voulez pas tout, alors vous me donnez un coup de main.
Allez.
La vie et les autres ?
Ils t 'ont pas fait la commission,
les garçons ? Non, mais non, mais non. Écoute, lui.
Arrête -toi.
Écoute, Liliane, c 'est pas parce que je lui donne un coup de main que je suis d
'accord avec lui.
Tu dois bien comprendre.
Je comprends surtout que j 'ai un mari qui est fou d 'orgueil.
Et un père sur lequel je peux pas compter, entre parenthèses.
C 'est vrai, c 'est de ma faute.
Je suis heureuse de t 'entendre dire.
Je vais dire, c 'est ma faute depuis le début.
Enfin, j 'ai ma part, puis ta mère aussi.
Qu 'est -ce qu 'on va rien faire là -dedans ? D 'abord, de quoi parles -tu ?
parle comme j 'aurais dû faire depuis le début.
Tu sais comment elle était, ta mère. Elle a toujours préféré le solide à l
'esbrouf.
Écoute, je sais pas où tu veux en venir, mais tu as quelque chose à dire, tu me
le dis clairement.
Et sans commencer par accuser maman. C 'est trop facile.
T 'as raison.
Bon, je vous laisse.
J 'ai des devoirs pour demain.
Je t 'en prie.
Je vais te parler d 'il y a 20 ans.
Du départ d 'Yvan.
Ah non, je t 'en prie.
Tout a été dit, que je sache.
Justement, tu ne sais pas tout.
Oui, mais je sais de quel a été ma vie et je t 'assure que ça me suffit.
Alors, change de sujet, s 'il te plaît. Écoute -moi.
Si Yvon est parti comme ça sans rien dire, c 'est à cause de nous.
De ta mère et de moi.
Pardon ? Il avait fait des conneries.
Il avait besoin d 'argent très vite.
Il est venu me trouver.
Il avait confiance en moi, tu comprends ? Il pensait tant trop aux êtres qu 'il
aurait pu.
Qu 'est -ce que c 'est que cette histoire ? Souviens -toi, Jean
depuis trois ans avec moi.
Il avait son salaire, ses heures supplémentaires. Oui, mais je sais tout
l 'as formé, c 'était un bon ouvrier, il a mérité d 'épouser ta fille.
C 'est pas ce que je voulais dire.
Ils vont, lui, par des petites combines à droite à gauche, pour être quoi,
rouler sur l 'ordre.
Alors, pour ne pas paraître moins que l 'autre, à tes yeux,
Il s 'est mis au jeu.
Au poker.
Et pas aux meilleures tables.
Au début, il a gagné, puis après, il a perdu.
Beaucoup.
Surtout ce qu 'il avait pas.
Il voulait prêter de l 'argent.
C 'est ça.
Et pas sans condition.
Qu 'est -ce que tu veux dire ? C 'est ta mère qui a eu l 'idée.
Moi, je les aimais bien tous les deux, tu sais.
On lui a donné de quoi effacer l 'ordoise.
Et puis, un peu plus pour le prix du bateau.
Alors,
c
'est ça.
Vous l 'avez obligé à partir.
Vous l 'avez payé pour ça.
Écoute -moi.
Vous m 'avez acheté un somme.
Hein ? Vous avez choisi pour moi ? Celui qui vous arrangeait ? Celui qui ferait
fructifier vos petites affaires ? Parce que c 'est ça ? Lili, écoute -moi.
Oh, mais j 'ai compris, va.
Un entrepreneur qui fait des dettes et puis l 'ouvrier modèle qui s 'intéresse
tes chars autant qu 'à ta fille, c 'était pas difficile, le choix, hein ? J
'imagine que pour le prix, vous l 'avez demandé de sauter, aussi ? Ah, c 'était
bien vu.
Hein, quoi bon, le dira Lili ?
Il fallait pas gâcher la fête.
Il fallait qu 'elle garde le sourire jusqu 'à la fin.
Après... Après, il y avait Jean.
Jean pour la consoler.
Jean qui était au courant, parce qu 'il était au courant lui, évidemment.
Ah, ça, non, je te jure.
Je te demande pardon, ma petite fille.
Mais je te jure sur la tête de ta mère que Jean y était pour rien.
Faut que tu me crois, là.
Tu t 'es fait pleurer ? Qu 'est -ce qu 'il y a, maman ? C 'est à cause de papa
Je
n 'ai rien préparé pour ce soir. Il faut que je me couche.
Attends, on va t 'aider.
Je ne vous ferai pas perdre une main.
Allez, montez.
Fais rien, ça va passer.
Elle avait trop peur de m 'arranger.
Oui.
Finalement, je reviens dormir ici.
Tu t 'es fait foutre dehors, toi aussi ? Qu 'est -ce que t 'as bien pu lui
raconter pour qu 'elle s 'envoie à toi ? Rien.
J 'aurais mieux fait de fermer ma gueule.
C 'est toi qui devrais aller lui parler.
Elle attendra.
Ne bouge pas d 'ici avant que ça se termine.
Comme ça, elle aura le temps de réfléchir.
Peut -être que je finirai par lui manquer, moi aussi.
Ça aurait peut -être été le moment, pourtant.
Je peux toucher à tes provisions ? C 'est à toi.
Tu veux pas que je te fasse un petit sans -Louis ? Pas maintenant, le plat,
attend pas.
Tu sais, ça serait peut -être bien que tu y ailles.
Il ne t 'est pas bien tout à l 'heure, je dis.
Arrête de me parler de lien de Dieu.
Tu es resté assis sur ton cul à me regarder travailler pour ton corps.
Mais ne me fais pas perdre mon temps à essayer de m 'apitoyer, d 'accord ? Je
fais pas de t 'apitoyer, je... Je me fais du souci.
Bonjour. J 'étais en train d 'essayer de me souvenir au téléphone.
C 'est pour ça que t 'es entré ici ? Non, non.
Je suis venu pour m 'excuser.
Pour dimanche.
Le matin, on fera toujours un sur les deux.
Je voulais dire à Jean aussi, pour son chat.
Je n 'y pense plus à cette idée de pas intimider.
D 'ailleurs, elle n 'était pas d 'accord.
Tu vas le décevoir.
Pardon ? Je dis tu vas le décevoir.
Il se donne un mal fou pour te contrarier.
Je sais.
Justement, c 'est idiot.
Ce qui serait idiot, c 'est que toi, tu renonces à ton projet.
Si tu tiens à me faire plaisir, présente -la, ta fille.
Tu parles sérieusement ? Oui, tout à fait.
Je connais pas beaucoup de filles de son âge qui pourraient rivaliser avec elle.
Je croyais que toi, tu... Tu prends ce que tu veux.
Mais pour moi, ce serait un soulagement si on pouvait m 'oublier un peu. Et
puis, toi, tu aurais ta reine, sa gloire de pacotille.
Non, non, je te dis, elle va rien savoir.
Tu ne peux tout de même pas la forcer.
La forcer, non, mais... La séduire, oui.
Je vais te faire un cadeau pour elle.
Tu verras, elle acceptera.
Viens par ici.
Tu n 'as pas peur des fantômes.
Alors, comprends -tu ? Elle est
belle, n 'est -ce pas ? Magnifique, vraiment magnifique.
J 'ai raté ça.
Ça, c 'est mon plus joli souvenir.
Alors, imagine ta fille dans cette robe.
Pourquoi tu fais ça, Lily ? Pour payer ma dette à moi, et puis parce que je
pense qu 'elle sera encore plus jolie que j 'ai pu l 'être.
Non, je crois pas.
C 'était... Moi, je suis trop vieille pour la porter.
Mais pour toi, puisque tu m 'as connue avant, je vais la passer.
Tu feras ça pour moi ? Je le ferai pour moi surtout, puis c 'est peut -être la
dernière occasion.
Attends là.
Voilà.
Tu as devant toi la reine blanche.
Nelly, tu es la plus belle femme du monde.
Ne te moques pas, tu veux ? Comment je pourrais ? Tu m 'enlèves 20 ans de la
tête.
Nelly,
j 'étais un vrai salaud.
Je te prendrai dans mes bras.
Lucien ? Oui ? Va me chercher votre serpillère.
Encore ? Tu les bouffes ?
Que
fais -là, toi ? Tu viens nous donner un coup de main ?
Non, merci.
Je suis d 'abord passée à la maison et puis j 'ai eu envie de venir.
Elle t 'a laissé venir dans la cage du fou ? Oh, je ne lui ai pas demandé.
Elle était occupée.
Pourquoi tu dis occupée comme ça, en te tortillant pour regarder ailleurs ? Pour
rien.
Elle mettait sa robe dans la salle de bain.
Sa robe ? Quelle robe ? La belle.
C 'est de dans le temps.
C 'est bizarre, elle a jamais voulu la remettre depuis 20 ans.
Qu 'elle fasse donc le bal pendant qu 'on trime si ça l 'amuse.
C 'est drôle qu 'elle fasse pas toute seule.
Tout à fait.
Tu penses que Jean ne t 'avait pas ? Je crois pas, non.
J 'imagine mal ton père allant se vanter de sa petite crapulence.
D 'abord, je lui ai jamais écrit.
Et à moi ? Oui, tu m 'as écrit.
Maman devait intercepter les lettres.
J 'en ai écrit beaucoup au début.
Puis après... Mais la première, j 'ai jamais bossé.
J 'ai passé ma dernière nuit ici à te l 'écrire.
Celle -ci, j 'ai cru longtemps que tu l 'avais eue.
Tout à l 'heure encore.
Aucune.
Je n 'en ai eu aucune, et celle -là pas plus que les autres.
Pour moi, c 'est parti, brusquement.
T 'as disparu de ma vie sans rien dire.
Et j 'ai ressenti ça comme une trahison, comme une lâcheté impardonnable.
C 'en était une de toute façon.
Pour moi, cette laitière ne justifie rien.
Et tu ne me l 'as pas envoyé, qu 'est -ce que tu en as fait ? Comment on
parle ? Ça n 'a plus tellement d 'importance.
Mais pour moi, ça en a.
Terriblement.
Je ne veux plus une tâche d 'ombre, tu comprends ? Nulle part.
Cette lettre, je l 'avais confiée à ton père.
Le matin, j 'étais allé lui porter dans son hangar. Il mettait la dernière main
à son chat.
Je devais partir.
Le bateau levait l 'ancra à 10 heures.
Le défilé, c 'était pour l 'après -midi.
Tu te rappelles ? Cette robe, tu ne voulais pas qu 'on la voit avant ?
tu connais.
Quelquefois, j 'avais de tes nouvelles.
Il y en avait deux sur le sein de maille. Il était temps de mourir.
Pourquoi j 'en ai plus ?
Pour
tout ça, je te demande pardon.
Ah non, pas toi.
Si nous, nous devrions crever le monde.
Moi, pour avoir fait le con, j 'en pourrais avoir profité de la situation
chercher à savoir. Et pourtant, il aurait pu.
Et tes parents, avec leur réflexe de rentier, ils avaient peur de te perdre.
Et toi, quand t 'es riche, tu comprends ? Comme Jean, comme moi, quand on était
près de toi.
La vérité, c 'est ça, Lily.
Pour nous, tu brillais comme de l 'or.
Et l 'or, ça rend fou.
Il fallait me regarder autrement.
Ah, ça, c 'était pas possible.
Regarde Jean qui croit t 'avoir perdu.
Ton père qui va démolir sa maison pour te construire une vitrine, une salle de
bain. Et moi, qui tout à l 'heure était prêt à tout abandonner.
Une femme, des gosses, que j 'aime, enfin bref.
Mais moi tu crois que j 'en suis heureuse ? Tu crois pas que j 'aurais
vivre autrement, comme tout le monde, sans être mis aux enchères constamment ?
Mais moi aussi il a fallu que je sois folle pour désirer cette robe, pourquoi
faire pour briller davantage ? Et finalement qu 'est -ce que j 'ai eu ? Je
peur à mes enfants.
Je fais peur à Jean, il tremble à l 'idée de me toucher.
Mais qu 'est -ce que j 'aurais dû faire ? Aime -les, nom de Dieu.
La force, il nous méritait.
Maman ! Maman ! Maman ! Maman ! Si
tu
continues, les négros vont tellement te taper sur
la tête que tu deviendras tout noir.
Et toi, reste comme ça, une heure.
La bêtise arrêtera peut -être depuis que c 'est luné.
Mais qu 'est -ce qu 'il fera, lui ?
Mme Rousseau était pas contente que tu lui laisses
Pauline aussi tard sans la prévenir.
Elle devait aller chez la couturière.
J 'irai m 'excuser.
Et puis, il faudra la payer aussi.
Elle ne me l 'a pas dit franchement, mais j 'ai bien senti.
Allez, enlevez vos affaires.
Je ne sais pas ce que vous avez pu imaginer, mais il ne s 'est rien passé
après -midi.
On n 'a rien dit, maman. On ne demande rien.
Je sais.
C 'est moi qui souhaite que vous sachiez exactement pourquoi Yvon est venu ici.
Il est venu pour s 'excuser pour dimanche.
On a parlé et je me suis débarrassée de la robe.
Je vais donner pour sa fille.
Si elle doit se présenter, qu 'elle se passe à côté n 'importe comment.
C 'est formidable.
Tu verras dans ta robe, elle est sûre d 'être élue.
Elle le mérite en tout cas.
Pour moi, je crois que c 'est bien que je me sois débarrassée de ça.
Que je redescende sur terre.
Merci maman.
Ça se fait qu 'elle est venue ici, Annie.
Lucien, je te cause.
T 'as pas trouvé ça drôle, toi, qu 'elle tourne en rond comme si elle voulait
pas repartir ? C 'est maintenant que ça te tracasse.
Ce serait mieux de vous piller.
Rappelle -toi, elle a parlé de Liliane et puis de sa robe.
Maintenant, je suis sûr qu 'elle voulait nous dire quelque chose et puis qu
'elle n 'a pas osé.
Tu lui demanderas demain.
Non, non, non ! Sacré Dieu ! Elle ne
pouvait pas rester à la maison.
Il y avait quelqu 'un.
Le galoudec, le salaud.
Qu 'est -ce que tu racontes ? Qu 'est -ce que tu veux qu 'il soit venu faire
chez toi ?
Et tu me le demandes ? Ça crève les yeux, je te dis.
Pourquoi crois -tu qu 'elle a voulu mettre sa robe ? Il est venu pour faire
bal.
Puis elle attendait que ça, à parler.
Si tu te souviens, il n 'est pas catholique. Si Yvon était venu, moi...
plutôt, Lili, le coup de dehors, crois -moi.
Mon pauvre Lucien, t 'as jamais rien compris aux femmes.
Et à ta fille, encore moins.
Excuse -moi, mais Lili, je la connais tout de même.
Tu ne connais rien du tout.
Moi, j 'ai compris.
Ils sont couchés ensemble et dans mon lit encore.
Arrête de déconner, Jean.
C 'est la fatigue qui te donne des idées pareilles.
Tu ne te rends pas compte dans quel état tu t 'es mis.
Ils ont voulu me rouiller dans la farine.
Je ne m 'allaiterai pas Père Lucien, ça je te jure. Ils ne m 'auront pas comme
ça. Arrête.
Tu ne vas pas te mettre à travailler en pleine nuit.
C 'est toi qui va m 'en empêcher ?
Et puis si t 'es pas d 'accord, tu peux toujours aller y rejoindre.
Comme ça, le tableau, il sera complet.
Tu n 'en... Toi, tu restes.
Tu le veuilles ou non, tu vas m 'aider à le finir ce bout du chat ! Jusqu 'au
bout !
Oh
non, pourquoi vous laissez rentrer comme ça ?
Quoi, comme ça ? J 'ai le costume et les cartons.
Tu me connais, toi ? Vous pensez bien, M. Jean.
Dis -lui à l 'autre qui suit.
C 'est pas le problème.
M. Lucien lui peut rentrer, mais vous... Vous avez vu dans quel état vous êtes ?
C 'est des hortes et pas moi qui les donne.
C 'est bête, on a eu un accident en auto.
Monsieur ! Ah, couche -toi !
Son président, M.
Luneau, l 'individu Luneau bien connu de tous les Nantais,
eh bien, son président, M. Luneau, vient de me faire
part du fruit gourmand de leur délibération.
Alors, elles sont ici devant vous, mais elles ne sont plus. trois dans
ses enveloppes.
Suspense ! Alors, regardez -les bien, profitez -en, car dans quelques
instants, vous n 'en verrez plus que trois. La reine et ses demoiselles...
Mademoiselle Martine Rosier ! On l 'applaudit bien fort ! Martine,
bravo ! Vous permettez que je vous fasse la bise ?
Le jeune homme qui enlèvera cette belle plante, le rosier n 'a pas d 'épines.
Maintenant, attention, deuxième demoiselle d 'honneur, le lot
de consolation. Mais attention, joli lot tout de même.
Eh bien, il s 'agit de mademoiselle...
Il va pouvoir leur emballer son palais, monsieur Guenset. Je comprends.
Merci.
Merci, mes amis.
Yvette, je vous fais la bise.
Merci, merci, ma petite Yvette. Merci, mes amis.
Enfin, nous y voilà. J 'ai ici, dans cette dernière enveloppe, le nom que
attendez tous.
Le nom de la...
celle qui va régner sur votre belle cité pendant un an.
J 'appelle Sa Majesté, une bretonne pour la cité de la Duchesse Anne.
En tout cas, elle est belle, n 'est -ce pas ?
Après
tout, il y a des îles en Bretagne.
Des chapelets d 'îles ! Et sans doute, de la plus lointaine, nous arrive
cette opère le majestueuse !
Non. Où tu vas ? Tu ne veux pas ? Fous le camp et toi tu te fous la paix !
C 'est une petite fuite, on le saura.
T 'inquiète pas, tu n 'as jamais des repas.
C 'est le dernier, c 'est le cadeau, c 'est le péridien, le galoudec !
Non ? Mais qu 'est -ce que tu fais ? Ça se voit
pas, non, ce plivage.
On peut se parler, peut -être ? Attends que je l 'ai là, le spectacle, pour pas
le dérangement.
Je suis fatiguée, Jean, de tout ça.
J 'ai voulu venir te voir hier en gare. Je voulais te parler, je voulais te dire
que... Il est devenu ici ? C 'est pas la peine, j 'ai tout le temps.
Mais c 'est bien qu 'il soit venu.
Après, j 'étais soulagée, j 'étais heureuse. Ça, j 'imagine.
Et tu verrais ton corps.
Elle était toujours ta robe.
Elle a été lue dedans, ta petite protégée.
La reine noire, pour changer.
Ça m 'est égal.
Je m 'en suis débarrassée de cette robe, tu comprends ? Ça, pour comprendre.
Arrête, Jean.
Écoute -moi.
Je t 'aime, Jean.
Tu te couches avec pour ton inverse noir ? Il m 'a peu touchée.
Mais c 'est sûr.
Tu devrais me faire avaler ça.
Mais je te le jure.
Ne me prends pas pour un con, tu veux ? Depuis le temps, j 'ai pas eu de peine à
imaginer hors travail.
Dis pas des choses comme ça. Si t 'essaies de me blesser, c 'est pas
sais.
Je prétends pas l 'être.
On dirait que tu veux pas comprendre ce que j 'essaie de te dire.
Non, mais si j 'ai entendu.
Il t 'a pas touché, du coup, tu m 'aimes.
Touché ou pas, d 'ailleurs, maintenant, je m 'en fous.
Il est un peu tard pour tout ça.
Ça fait 20 ans que je fais le con en attendant que ça vienne.
Quatre gosses par -dessus le marché.
On se demande bien comment !
Maintenant, c 'est moi qui te le demande.
Si tu penses vraiment ce que tu viens de dire, alors va -t 'en.
Fiche le camp, espèce de salaud ! Quitte cette maison ! Mais avant, va leur dire
à tes enfants où tu t 'en vas.
Va leur dire ce que je viens d 'entendre ! Vas -y ! T 'as que le palier à
traverser ! Père ! Désolé.
Nicolas, Milou, allez -vous coucher.
Qu 'est -ce qui se passe ? Où tu vas ? Fous le camp !
J 'en fais pas le con.
J 'en...
Dis -moi où tu vas.
Jean. De l 'air.
Ça y est, on est dedans.
Regarde la reine.
Ah, Yvon, on va te faire la plus belle java de l 'histoire du Quai de la
C 'est la première fois que je reçois le père de la reine dans mon plaque.
Je peux participer à votre petite sauterie ? Je me doutais bien que je
sur toi aujourd 'hui, mais je serai pas bon.
Rita, tu vois pas d 'inconvénients que ça soit chez toi ? J 'ai que la piste à
vous offrir, mais c 'est de bon cœur.
C 'est pas souvent que les filles et moi, on est les donneurs d 'un duo de
acabit.
C 'est toi ? Mais oui, mon Jeannot, tu sais bien.
T 'es où tu veux, quand tu veux.
On a connu des endroits moins glorieux.
À vous, ma petite coque ! Les filles, c 'est gratuit ! Allez ! Ah, le
magnum au vainqueur ! Et que mes putes vous bénissent ! À toi l 'honneur, mon
Jeannot.
Trop longtemps qu 'il m 'a ruiné, celui -là.
T 'aurais pu te retenir et nous faire durer le plaisir.
Ben oui, alors.
J 'aurais bien voulu, mais j 'ai pas le moral.
On veut boire, Rita.
C 'est pas la question.
Et nous, quand on peut, on en veut aussi pour nous -mêmes. T 'as pas de raison.
Je te fais grâce demain et demain.
Il est toujours à qui, le Saint -Marie ? Ben oui, à part que demain matin.
Ça te démange de faire le matelot à toi aussi ?
Vous n 'étiez pas sur le soudain de la Loire ? Bah non, tu vois.
Il est insubmercié de ton père.
Rassurez -vous, je ne peux pas lui faire du mal.
Où t 'étais passé ? C 'est vrai, papa ? Tout va bien, notre montéloire.
On va vous parler, Meryl.
Mais ça... Soyez gentil, laissez -moi deux minutes avec elle.
Allez, je vais partir.
Pourquoi ? Où est -ce que vous voulez partir ? Peu importe, mais il faut que
parte.
Avant, je voulais m 'excuser.
Je voudrais que vous me parleniez.
Tout ce que j 'ai pu dire, tout ce qui a pu vous blesser.
Je voulais vous dire aussi que je vous avais vus sur mon chat.
C 'est vrai ? Oui.
Et que je ne regrette pas de l 'avoir fait.
Même si je sais maintenant qu 'avec Oussan, de toute façon, t 'aurais été la
plus jolie reine dont on puisse rêver.
C 'est la rome aussi.
La rome, le chat.
Tu les méritais bien plus que tu l 'imagines.
Et sincèrement, je suis heureux pour Yvon aussi.
Merci.
Mais il faudra le vivre.
J 'ai fait.
Maintenant, il faut que je parte.
Garde -toi belle, Mireille.
Papa,
tu vas pas repartir ? Je pars pas.
Tu m 'éloignes.
Si tu veux comprendre papa, il faut pas que tu le retiennes.
C 'est horrible, moi, celui -là.
Et puis vous faites des câlins à Pauline de temps en temps.
Et puis emmerdez pas trop Lucien.
Pourquoi quand il ne met pas le drap printier ? Parce que ce soir, il est
toi, il grandit.
Faut laisser faire.
Il est midi.
Ça va ? Comment te sens -tu ? Je me sens plus heureux des hommes, bordel de
Dieu.
Alors, comment va ma petite reine ? Elle dort encore.
Je crois qu 'elle a son compte d 'émotion pour un moment.
Pas tant que moi, ma douce.
Maintenant, il ne peut plus rien m 'arriver de plus beau.
Ton ami Jean.
Mon ami Jean Ferfait, la plus belle droite de salaud que j 'ai jamais vue.
Il est parti.
Mireille n 'a pas su me dire où.
C 'est à Mireille qu 'il était réel, bien ? Oui.
Je crois qu 'il était malheureux de ce qu 'il a fait.
C 'est normal.
Ne t 'inquiète pas.
J 'ai ma petite idée par où il a mis les voiles, là, ce gars.
Et maintenant, hein ? Vois -tu que j 'allais le chercher ? Et d 'abord, où il
va, ce bateau ? C 'est pas un bateau qui change d 'avis.
Ça fait 20 ans qu 'il a ses habitudes.
Quand il téflambe en neuf, c 'est avec lui qu 'ils vont acquitter 30 mots.
Mais l 'argent, il va faire le même voyage.
Normalement.
Puis t 'as plus qu 'à attendre qu 'il revienne pour le prendre à ton tour.
On n 'a pas d 'autre moyen.
Jean, il a presque tout emporté.
Moi, je n 'ai pas les moyens.
C 'est pas grave, ça. Pour bouffer toutes mes économies.
Il m 'en reste encore assez pour que tu ailles le rechercher, ton Jean.
Même... Même si je voulais partir avec les enfants, c 'est impossible.
Annie est grande, maintenant.
Et je suis là.
Avec Mme Rousseau et Françoise, on y arriverait.
Mais là -bas, c 'est bien là -bas qu 'il va...
Comment je ferais pour le retrouver ? C 'est complètement fou.
Tu sais, là -bas, c 'est une île.
On doit vite avoir fait le tour.
Là -bas, comme j 'en ai dans les bars de Pointe -à -Pitre, ça doit être
difficile à repérer.
Mais il n 'y en a pas d 'autres ? Des bateaux qui vont là -bas tout de suite ?
'est pas long, un mois.
C 'est peut -être juste le temps qu 'il lui faut.
Toi aussi.
Votre grand -père m 'a dit où était papa.
Bientôt, j 'irai le chercher.
C 'est vrai ? Oui, c 'est vrai.
Je voulais vous dire aussi, je voulais vous dire plein de choses, mais je ne
sais pas par où commencer. Je voulais vous dire que j 'aimais papa et comme je
vous aime tous les quatre.
Elle a raison. Il faut qu 'on arrête de planicher tout.
Mais dis -moi, t 'es presque aussi grande que moi maintenant.
T 'es belle, ma fille.
Va falloir te trouver un fiancé.
Mais un seul à la fois.
Je ne sais pourquoi j 'allais danser à Saint -Jean.
Ô Musette, mais il a suffi d 'un seul baiser pour que mon cœur soit
prisonnier.
Comment ne pas perdre la tête serrée par des bras audacieux ?
Car l 'on croit toujours aux doux mots d 'amour quand ils sont dits avec les
yeux.
Moi, qui l 'aimais -t -on ?
Je le trouvais le plus beau de Saint -Jean.
Le reste est grisé, sans volonté, tout est baisé.
Sans plus réfléchir, je lui donnais le meilleur de mon être.
Beau parleur, chaque fois qu 'il mentait, Je le savais, mais je l
Comment ne pas perdre la tête, serrée par des bras audacieux ?
Car l 'on croit toujours aux doux mots d 'amour, quand ils sont dits avec les
yeux.
Moi, qui l 'aimais tant, mon bel amant, mon amant de Saint -Jean,
me restais grisé, sans volonté.
où s 'est baisé.
Et c 'est là, à Saint -Jean comme ailleurs, un serment n 'est qu 'un
J 'étais folle de croire au bonheur et de vouloir garder son cœur.
Mais comment ne pas perdre la tête serrée par des bras audacieux.
Car l 'on croit toujours aux doux mots d 'amour quand ils sont dits avec les
yeux.
Moi, il aime étant mon bel amour, mon amant de Saint -Jean.
Il ne m 'aime plus, c 'est du passé, n 'en parlons plus.
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