All language subtitles for Alexandra Ehle.S02E02 (1) (1)

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Original subtitles

T 'es sûre que ça marche ton truc de luminothérapie là ? Et le vert ça sert à

quoi ? Ça purifie l 'âme.

Et le bleu ça élève les énergies.

Il y a le rouge ? Ça stimule le flux sanguin.

Je vais mettre une petite robe rouge moi.

Non, non, non, moi je dis tu mets des vĂŞtements larges.

Jogging.

Gris.

Non, moi je serais toi. Si pas cette demande au mariage, j 'essaierais

le pyjama marron. Parce que si tu demandes au mariage habillé comme ça, ça

dire qu 'il t 'aime vraiment.

Et puis comme ça, s 'il ne le fait pas, tu n 'auras même pas changé pour aller

pleurer sur ton canapé. Il fait des cips.

Non, mais il m 'invite dans un restaurant étoilé en me disant qu 'il a

me demander. Donc il va le faire, c 'est sûr.

Moi, la première fois que Samuel, mon ex, a fait cette montre, on était dans

resto. Et il arrive et il me dit, je suis désolée, ta bague est tombée dans

caniveau. Donc, vite fait, il m 'en fabrique une autre avec du PQ.

Et au moment où j 'allais répondre, il y a deux mecs qui sont arrivés qui lui

ont cassé la gueule en plein resto.

J 'ai jamais su pourquoi.

Ah bah Samuel, quoi ! Et pourquoi tu dis la première fois ? Parce que j 'ai

refusé, je suis pas folle.

Et la deuxième ? La deuxième... Ah bah... Quand on parle du

loup... AllĂ´ ? Ouais.

Le truc chiant avec les mariages, c 'est de choisir ses témoins.

Oui.

T 'as raison, personne va témoin.

Alors, je suis soulagée que tu le prennes comme ça parce que justement, je

voulais le proposer Ă  Vanessa.

Vanessa ? C 'est l 'amie que tu vois plus parce qu 'elle t 'a piqué ton ex ?

mais c 'était il y a 7 ans, ça va.

Puis Vanessa, je la connais depuis la maternelle.

OĂą elle te piquait tes 4 heures ?

Arrête, elle a changé.

T 'es pas vexée ? Non.

Mais t 'es folle. Je suis soulagée même.

Ça, j 'aurais pas à collecter les pires photos de toi pour faire un diaporama

pourri sur une musique débile.

Ni à écrire un discours soporifique pour dire à quel point t 'es une fille

géniale.

Mais fille, y a un truc bizarre.

Apparemment, ça fait cinq jours qu 'un des copains de Samuel s 'est enfermé sur

son bateau.

Et ? Mais non, mais c 'est encore un de ses plans pourris, ça.

Alex, t 'es trop naĂŻve.

Non mais j 'y vais alors.

Mais non mais n 'y va pas ! Ouais bah il y va.

Vanessa ?

J 'ai une bonne nouvelle Ă  vous annoncer.

J 'ai plus peur de rien.

Ni de la mort, ni de la souffrance, ni de la malaise.

T 'avais peur ? Ah bah j 'avais pas remarqué.

Et tout ça, c 'est grâce à Madame Junot.

En fait, elle m 'a expliqué que mes angoisses viennent de la petite enfance.

Apparemment, tout aurait commencé quand j 'ai tué ma tortue Caroline en lui

marchant dessus sans faire exprès.

Ça a fait un crac horrible, suivi d 'un petit bruit de sucion, genre...

Et tout aurait commencé là.

Il y a une guĂŞpe, lĂ . Il y a une guĂŞpe.

Ah non, c 'est une mouche. Non, pardon.

Et c 'est qui exactement cette Madame Junot, lĂ  ? Elle a l 'air brillante.

C 'est ma psychothérapeute.

Ça fait deux mois que je vous en parle.

Ah, oui.

Ça fait plaisir de voir que vous vous intéressez à ce que je vous raconte.

ça m 'intéresse.

Ça m 'intéresse.

Mais pourquoi tu vas en psy d 'abord ? Parce que quand Iggy m 'a annoncé qu

'elle était enceinte...

Elle a fait de moi un père au niveau symbolique.

Et quand elle m 'a avoué qu 'elle avait menti, ça m 'a fait comme si j 'avais

perdu mon enfant.

Du coup, je proteste mon deuil.

Ben alors, justement, tu devrais ĂŞtre contente si tu ne le voulais pas, ce

gosse.

Oui, mais ça ne m 'empêche pas de t 'offrir.

Aucune empĂŞte.

Merci d 'ĂŞtre venu Alex.

Bon, qu 'est -ce qu 'il se passe ? Mon pote Jérémy, je faisais de la voile avec

lui, enfin lui faisait du topper et moi je faisais de l 'optimiste.

Enfin je parle de ça, on avait quoi, 12 piges quoi. Oui mais j 'ai du boulot

Samuel, pas la peine de remonter au Big Bang, dis -moi juste ce qu 'il se passe.

Mon pote Jérémy, Jérémy Bataille.

Profession ? De ci de lĂ .

C 'est pas vraiment une profession ça.

Non, mais sa famille détient un grand domaine viticole.

Qu 'est -ce qui t 'inquiète ? Je suis passé le voir hier parce que, tu sais,

voulais qu 'on se fasse une partie, tu sais, du jeu. On claque des grosses

mandales Ă  des trolls.

Non, mais pas de métaphysique, s 'il te plaît. Juste l 'effet. Ok. Bon, j 'ai

frappé à la porte, il ne m 'a pas ouvert.

Et pourtant, il y a de la lumière.

Alors, je suis allé chez lui au château. On m 'a dit qu 'il était parti faire

une promenade en mer.

Sauf que le bateau est toujours lĂ .

Peut -ĂŞtre qu 'il n 'a pas envie de te voir.

Je trouve ça trop bizarre qu 'il ne réponde pas, quand même.

Ouais, t 'as raison.

De toute façon, la mort... Tiens, va me chercher ma mallette, s 'il te plaît.

Ouais.

Antoine ? Oui ? C 'est moi.

T 'es où ? Avec Pincée, on fait une pause bucolique sur une départementale.

Non, en vrai, le moteur a lâché.

On est en panne, on attend la dépanneuse.

Pourquoi ? Qu 'est -ce qu 'il y a ? LĂ , je suis sur un bateau au port de

Plaisance. Et vu l 'odeur, je crois qu 'il y a un macabre.

Tu fais rien, hein ? Tu m 'attends. Tu bouges pas d 'une ovaille.

Ben, je t 'attends.

J 'arrive.

Qu 'est -ce que vous faites ? Le gilet. Le gilet ?

T 'es vachement jeune par un croque -mort, ça.

Je suis pas un croque -mort.

Je suis l 'assistant spécial du docteur L.

Apprenti croque -mort, quoi.

HĂ©, je jette un oeil et je reviens. Mais vous, surtout, vous restez oĂą vous

ĂŞtes. Ok.

On y va ? Ah non, j 'ai plutĂ´t l 'impression qu 'elle nous disait de pas

Justement, j 'ai plutĂ´t l 'impression qu 'il faut pas la laisser seule.

Mais reste lĂ , t 'as peur, toi.

Ah non, j 'ai pas peur, non.

Grâce au docteur Junot, j 'ai plus peur.

On y va.

Vous foutez -la.

Je vous avais dit de m 'attendre dehors.

ArrĂŞtez de nous donner un coup de main.

Putain, Samuel, tu peux jamais écouter ce qu 'on te dit.

Faut pas rester lĂ .

Partez. M 'approchez pas, reculez. Tout de suite.

Attends, mais détends -toi, Alex. Qu 'est -ce qui se passe, là ? Il se passe

ton pote, il est mort de la peste.

Laisse tomber, il fait ça tout le temps.

De toute façon, pour nous, c 'est trop tard.

On est sûrement déjà contaminés.

T 'as toujours eu peur de mourir d 'un truc Ă  la con ? Genre peau de fleur qui

tombe du troisième étage ? Le touche pas.

Il est mort hier.

Mais il devait ĂŞtre malade depuis longtemps.

Pourquoi il est pas allé à l 'hôpital ? Peut -être qu 'il a pas eu la force.

Attends, ne le touche pas ! Mais évidemment.

Mais normalement, la peste n 'existe plus aujourd 'hui, c 'est un virus du

-Âge.

ArrĂŞte, t 'es lĂ  ? Ouais, non, viens pas !

ArrĂŞte Antoine, arrĂŞte lĂ , restez lĂ , bougez pas. Pourquoi, qu 'est -ce qui se

passe ? Il y a un mort sur le bateau, il a la peste.

La quoi ? La peste. Qu 'est -ce que tu racontes ? On n 'attrapera pas la peste

en 2020, c 'est quoi cette histoire ? Ouais, après le corona, tout est

Alors viens, reste pas lĂ , viens ! Mais non, mais pour moi c 'est trop tard.

Donc il faut absolument éviter la contamination, et tu me fais un cordon

sanitaire tout autour du bateau lĂ , et personne, t 'entends bien, personne ne

doit franchir ce cordon, ok ? Je boucle le périmètre.

J 'ai besoin de renforts au port de plaisance.

Je sais pas, tous les mecs disponibles. Et mettez -moi en contact avec les

autorités sanitaires.

Il s 'appelle Jérémie Bataille, 43 ans.

Il venait de prendre une année sabbatique pour naviguer avec ses deux

la mort de leur mère.

Un cancer.

Comment tu sais ça ? En fait, c 'est un ami d 'enfant de Samuel.

Non mais c 'est incroyable.

Vous êtes plus ensemble. Dès qu 'il apparaît, il faut qu 'il foute la merde

celui -lĂ .

Si il s 'en sort, je te jure que je le tue. Non mais on n 'a pas le temps,

Antoine, lĂ .

Il faut faire une liste de tous les gens qui ont pu l 'approcher et les mettre

illico en quarantaine.

Putain.

La bĂŞte, quoi.

Tu vois Samuel ? Oui, il est juste lĂ .

Il fait quoi ? Il est agenouillé.

Il pleure, j 'ai l 'impression.

On va mourir ? Si on prend le bon traitement, non.

Si je peux choisir, je préférerais prendre le bon.

Mais il faut juste qu 'on sache Ă  quel type de peste on a affaire.

Parce qu 'il y en a plusieurs.

Et puis il y a même des bacilles résistants.

Comment on va faire pour savoir ? Quand on aura fait l 'autopsie de ce truc.

On

va

essayer de faire une liste des gens que la victime a côtoyés depuis son retour.

On vous rappelle.

Ils sont rentrés il y a un mois.

Ils se sont installés au domaine familial.

Jérémy allait faire les vendanges pour se remettre à flot financièrement et

repartir emmerder le possible.

On sait combien de personnes ont été en contact avec lui ? D 'après mes

premières recherches, pas grand monde. Sa mère, son frère, sa belle -sœur, ses

enfants évidemment.

Et il va falloir examiner tous ceux qui les ont approchés en dehors du cercle

familial. On va faire boucler la zone.

Les autorités sanitaires préfèrent envoyer du personnel soignant plutôt que

faire venir des malades Ă  l 'hĂ´pital. On va mettre en place les mesures

prophylactiques lĂ  -bas.

Pourquoi ? Je serais plus sûr de les envoyer à l 'hosto, non ? Enfin, au

ma sœur.

Désolé, mais ils sont encore traumatisés. Ils ont peur qu 'en les

'épidémie se propage et qu 'on se retrouve encore avec une pandémie.

Super assurant.

Regardez ce que j 'ai trouvé sur la table.

Les animaux malades de la peste. La fable de la fontaine.

Un mâle qui répand la terreur.

Mal que le ciel inventât pour punir les crimes de la terre, la peste faisait aux

animaux la guerre.

Ça ne peut pas être un hasard s 'ils avaient ça ici.

Vous ne croyez pas ? Je crois que tu as raison Théo.

Cette fable n 'est pas lĂ  par hasard.

C 'est le rat qui vous l 'a dit ? A l 'origine, c 'est souvent les rats qui

transmettent la peste à l 'homme par l 'intermédiaire de leurs puces.

Mais une fois le rat mort, les puces affamées...

Elle saute sur l 'homme et le contamine.

Moi je ne comprends pas, parce que je pensais que la peste était un truc

éradiqué depuis des années.

Chez nous, oui.

Mais elle ressurgit de temps en temps dans plein d 'endroits du monde, pauvres

en général.

Genre Tanzanie, Madagascar.

Donc ils auraient pu ramener des rats contaminés sur leur bateau pendant leur

tour du monde ? C 'est possible.

Mais ce qui m 'intrigue quand mĂŞme, c 'est que ce rat n 'a aucune trace de

piqûre de puce.

Alors quoi ? Il faut que je demande des analyses supplémentaires.

Mais à mon avis, ça ne m 'étonnerait pas qu 'il ait inhalé le virus.

Inhalé ?

Qu 'est -ce que vous faites ? Je sors.

Toi, tu restes ici. On est contagieux, je te signale. Tu peux mĂŞme pas dire

adieu à quelqu 'un ? Tu devrais le faire par téléphone.

On est des pestiférés, quoi.

Exactement.

Tu donneras ça à l 'IML.

Et ferme ta fenĂŞtre, c 'est plus prudent.

Comment tu peux être certaine que Bataille ne l 'a pas chopé pendant son

? Parce que le délai d 'incubation de la peste n 'est pas aussi long.

Et puis sur le bateau, il y a cette fable de la fontaine sur les animaux

de la peste. C 'est bizarre.

Ça ne prouve rien, ça.

Non, mais c 'est quand mĂŞme un drĂ´le de hasard.

Et talement des autres membres de l 'espace ?

Oui, son fils, Ulysse, 17 ans, sa fille Tétis, 16, et leur préceptrice, Angèle

Brun. Et il y a combien de personnes potentiellement contaminées ? La famille

les ouvriers agricoles qui bossent au château. On a établi un périmètre de

sécurité autour du domaine. Et on va aussi visionner la vidéosurveillance du

port pour voir si quelqu 'un n 'est pas monté sur le bateau.

Oui, et puis il va falloir qu 'on autopsie le cadavre. Il faut qu 'on

type de peste il avait et surtout la dater.

Et tu veux faire ça où ?

Au domaine ? J 'irai demain matin avec Théo et Samuel.

Pourquoi t 'as écouté ce Samuel et que t 'es monté sur ce bateau au bordel ?

Mais quelqu 'un doit les soigner de toute façon.

Oui, je sais. Honnêtement, j 'aurais préféré que ce soit pas toi.

Et tu te souviens, quand on était petits, tu m 'appelais la peste blanche.

On a les résultats d 'analyse.

Le rat n 'a pas été piqué par une puce. Il a été contaminé par un aérosol.

On a retrouvé des traces de fréon dans ses poumons.

Ça veut dire que quelqu 'un a délibérément inoculé le virus de la

Pour qu 'il contamine Jérémy Bataille, Alex avait raison.

Et comment elle va ? Bien.

Mais je veux savoir la vérité.

Elle a combien de chances d 'être infectée ? Après la morsure d 'une

Le germe se développe au bout d 'une occupation de 3 à 6 jours.

La bactérie provoque ensuite le gonflement et la suppuration des

Ça, c 'est la peste bubonique.

Bon, attends, c 'est très impressionnant, mais c 'est peu

Le problème, c 'est quand la barrière ganglionnaire est franchie. Alors là, la

forme bubonique devient peste septicémique.

Et au cours de l 'essai -mâche du germe, les poumons peuvent être le siège d 'un

foyer infectieux. Et lĂ ...

Effectivement, c 'est différent.

C 'est Ă  cause des gouttelettes en suspension dans l 'air.

Cette pneumonie pesteuse rend le malade hyper contagieux, mĂŞme mort.

En plus, je la connais, elle ne va pas vouloir se faire soigner.

Elle va ĂŞtre en isolement total.

Je ne pourrais pas la protéger.

Vous pensez qu 'il va dormir encore longtemps comme ça ? J 'en sais rien,

Il doit pas sortir sans son masque et sa combinaison. Il s 'appelle Samuel.

Si ça se trouve, celui qui a tué Jérémy est ici et on va se retrouver en

quarantaine avec lui.

Mais tu progresses, mon petit Théo.

Mais figure -toi que la vidéosurveillance du port nous indique

'est monté sur le bateau.

Après que Jérémy se soit enfermé à l 'intérieur.

Donc, selon toute probabilité, l 'assassin est ici.

Et il va falloir que je m 'arrange pour interroger toute la famille.

Attendez, vous voulez mener l 'enquête ? Ben oui, Théo.

Et toi aussi.

N 'en bougez pas.

Docteur Mangin, je suis chargé d 'organiser l 'hôpital de campagne.

Docteur L, contaminé et médecin, donc je me disais... Oui, oui, votre frère m 'a

prévenu. Il m 'a même dit que vous alliez faire des pieds et des mains pour

participer aux mesures prophylactiques.

Mais pas du tout. Je voudrais savoir si c 'est possible de déplacer l 'antenne

médicale. À l 'intérieur du château. Il m 'a aussi dit que vous alliez me

demander ça.

Et ? Et entre les batailles, leurs voisins et leurs ouvriers agricoles, je

'aurais pas trop dû une paire de bras supplémentaires.

Merci docteur.

Non, non, asseyez -vous.

A une seule condition.

On m 'a confié votre santé, on doit vous faire une prise de sang.

Et Ă  vous aussi.

À moi ? Alors, j 'ai déjà prélevé des échantillons sanguins sur les gens qui

côtoyé le mort.

Je pense que le labo va être très réactif. C 'est moi qui compte, ok ?

Un, deux...

Vous n 'avez pas entendu trois ?

Vous n 'avez pas attendu trois ? Je vous présente le docteur L qui est là pour

me seconder.

Vous êtes tous rentrés en contact avec Jérémy Bataille. C 'est la raison pour

laquelle vous êtes réunis dans ce périmètre sécurisé.

Et comme vous le savez, il est mort de la peste.

Mais le monde ne doit pas faire peur.

Le bacille, quand il est pris à temps et traité par des antibiotiques, peut très

bien être combattu. C 'est la grande différence avec le Covid.

L 'Académie française est statuée pour la Covid.

Qu 'est -ce que vous avez prévu exactement comme mesure prophylactique ?

parler comme quelqu 'un de normal, s 'il te plaît ? Celle -là, elle serait

muette, qu 'elle aurait encore la langue trop bien pendue.

T 'es la fille de Jérémy ? Tétis, c 'est ça ? C 'est quoi le protocole ? Alors,

nous allons prévenir la survenue de la maladie avec un traitement antibiotique

pendant une semaine.

Quels antibiotiques ? Tryptomycine.

Nous avons reçu les résultats.

Donc vous ĂŞtes tous porteurs.

Qu 'est -ce que ça veut dire exactement ? Mais porteur comme porteur sain.

Porteur qui l 'a pas.

Ah non.

Porteur comme porteur qui l 'a.

En d 'autres termes, vous avez tous la peste.

Mais, et les ouvriers agricoles ? Les voisins ? Personne n 'est contaminé.

On leur fait le suivi antibiostandard.

Du coup, les batailles risquent de les infecter, vous ne croyez pas ? En effet.

En fait, on va mettre une zone de sécurité à l 'intérieur de la zone de

sécurité. Ceux qui sont infectés, on les cantonne au domaine.

Je pourrais m 'en occuper, parce que je suis contaminée aussi.

Ils sont Ă  vous.

Mais vous, vous ĂŞtes Ă  moi.

Bon, on est tous contaminés, plus besoin de masque entre nous.

Je vais revenir sur ce qu 'a dit le docteur Mangin.

La situation n 'est pas aussi dramatique qu 'elle en a l 'air. Dans la plupart

des cas, les antibiotiques fonctionnent. Il suffit juste de prendre les bons.

Dans les autres cas, si la maladie est trop avancée, on meurt.

Oh mais cette gamine, par pitié ! C 'est une possibilité.

Mais vous êtes qui, vous d 'abord ? Malade ou médecin ? Parce que des

en bonne santé, j 'ai déjà pas trop confiance.

Mais alors une médecin pestiférée, je vous dis pas.

Ne vous énervez pas, il faut serrer les coudes. Oh, mais si j 'ai le choix, je

préfère ne pas serrer les vôtres.

Chef de barrière.

Bon, maman, ça suffit là.

Bon, le temps d 'incubation peut varier entre un et sept jours.

Je comprends pas que papa ne rentre rien en moi.

Oui, mais il a peut -être été contaminé en retournant sur le bateau.

L 'imbécile.

Il nous en aura fait voir jusqu 'au bout.

C 'est quoi ton problème à toi, en fait ? Arrête de parler de papa comme ça, non

? Sinon quoi ? Tu me fiches ton poing dans la figure ?

Mais même un vaurien comme toi n 'oserait pas frapper sa grand -mère.

Mais moi aussi.

Alors tu lâches mon frère ? Nous allons devoir rester en quarantaine pendant

combien de temps ? Six jours.

Oh non, non, non, je les aurais tous tués avant.

On le met oĂą ? Oui, on va le mettre dans la cave.

Ok.

Samuel ?

Samuel

?

J 'en étais sûre. Quoi ? Qu 'est -ce que tu fais là ? Qu 'est -ce que tu veux

dire ? Je respire les vins.

Ben oui.

Mais non, parce qu 'il y a un chaman bourguignon qui m 'a expliqué que ça

les germes.

Et il m 'a aussi expliqué, le pauvre, puis à son âme, qu 'il faut se masser la

boule plantaire avec un grain de raisin. C 'est vrai ? Non mais arrĂŞte tes

conneries lĂ . Il faut que tu commences ton traitement tout de suite.

C 'est quand même moins marrant quand t 'es médecin normal que quand t 'es

légiste. Je suis moins marrante depuis que j 'ai la peste à cause de toi.

Une question que je voudrais te poser.

Qu 'est -ce que tu ferais si tu restais 24 heures Ă  vivre ?

Je disséquerais le cadavre de Kennedy.

J 'ai droit à deux ? Kennedy et Léonard de Vinci.

Non, Kennedy et le masque de fer.

VoilĂ . Et toi ? Moi, s 'il me restait 24 heures Ă  vivre avec toi... Excusez

-moi, pardon de vous déranger dans votre conversation, mais le corps est là, en

fait. Il nous attend dans la cave.

Ah, oui.

Moi, s 'il me restait 24 heures Ă  vivre avec toi... Moi, s 'il me restait 24

heures à vivre, j 'aimerais disséquer avec vous toute la nuit.

Mais c 'est moi qui le disais d 'abord, lĂ . Elle est pure alpina.

Gonflement des ganglions lymphatiques au niveau du cou, des aisselles.

De laine.

Fagnement de nez.

Epiderme dépigmenté.

C 'est la peste bubonique.

Elle a dégénéré en peste pulmonaire au second degré.

La mort était foudroyante.

Comment il l 'a attrapé ? Sur le bateau.

Par les sécrétions du rat.

Il va falloir découper ses vêtements.

Je crois que je vais me laisser tenter par un petit verre de vin, moi aussi.

Vous ĂŞtes en train de siffler ma cave ou quoi ? Pas du tout, j 'avais du

travail. Menteuse.

Vous avez encore du vin sur votre blouse ? Ouh, ça c 'est de l 'antiseptique.

Je suis désolée pour votre filtre.

Celui -là, il m 'a apporté que des ennuis, alors.

Mais des ennuis de quel genre ? Tout.

À l 'école, j 'étais convoquée toutes les semaines.

Une fois, il a mĂŞme fichu le feu Ă  la robe de la prof de maths.

Puis après, c 'était pareil.

Et depuis le retour de Jérémie, l 'ambiance était comment ici ? Qu 'est

ça peut vous faire ? Vous êtes flic ou médecin ? Non, tout ce que je peux vous

dire, c 'est que j 'ai entendu Ulysse s 'engueuler très fort avec son père il y

a quelques jours.

Il gueulait comme un porc en égorge.

Tel père, tel fils, croyez -moi.

Et vous avez réussi à entendre ce qu 'a mis Ulysse qui est en colère ? Pas un

traître mot.

Juste des insultes.

En revanche, ce qui m 'intrigue, c 'est que je me demande ce que ce gamin

pouvait fabriquer dans la bibliothèque.

Je ne suis même pas sûre qu 'il sache lire.

Et moi ? J 'en ai encore pour combien de temps ? Vous avez un tempérament à

survivre Ă  Ebola, mais pour le reste, il faudrait que je vous ausculte.

Apparemment, Ulysse a eu une grosse engueulade avec son père il y a quelques

jours.

Parfait, parfait.

Non, pardon, je voulais dire... Alors, elle les a eues, les symptĂ´mes ? Elle

tient le choc, mais... La mort de son fils l 'a foutue en rogne, et je suis

pas sûre qu 'elle soit triste.

Super, super.

Pardon, est -ce que vous pourriez m 'examiner au fond de la bouche ? Parce

'ai l 'impression d 'avoir un bubon.

Mais je t 'ai déjà examiné il y a une heure. Oui, mais là, ça a poussé d 'un

coup comme une sorte de champignon, une sorte de champignon bubonique.

Fais voir.

Ben oui, t 'as quelque chose.

T 'as un gros chewing -gum collé au fond du palais.

Ça

a

l 'air tendu, les relations familiales, dites donc.

Faites pas attention.

C 'est ma belle -mère. Elle a une tumeur au cerveau. Une tumeur bénigne, mais en

me retirant, les médecins ont endommagé l 'hémisphère droit.

Et depuis, elle est devenue... Comment dire ? Sans filtre.

Du coup, j 'imagine qu 'avec Jérémy, ça devait être un peu conflictuel, non ?

Non.

Non, non.

Pourquoi ? Ah non, mais pardon.

Parce que moi, j 'ai une famille compliquée et j 'espère toujours que je

pas la seule.

Non, non, vous ĂŞtes pas la seule.

Avec mon frère, on est complètement opposés. Lui, il serait plutôt rigide,

que moi, je suis plus souple.

Et j 'ai l 'impression qu 'entre Jérémy et votre mari, c 'était un peu ça, non ?

Oui. Vu qu 'il est sérieux, très fiable, alors que Jérémy, c 'était... Oh,

pardon. Désolé, je ne savais pas que vous étiez là.

Ah ben non, mais asseyez -vous. Comme ça, je m 'occupe de vous, là.

C 'est quoi ? Allez, mon mari a très peur des piqûres.

Ă€ la vue du temps, il tombe dans les pommes.

Est -ce qu 'il a beaucoup souffert ? Enfin, je veux dire, c 'est douloureux

mourir de la peine.

Ouais.

Vous ne fatiguez pas, j 'ai compris.

Oui ? Élise, ça va ?

Comment tu te sens ? Si vous parlez de la santé, ouais, très bien.

Si vous parlez du moral... Oh là là, 8 -6, ça fait pas

beaucoup.

Mais en même temps, filmer de l 'herbe, ça n 'a jamais aidé pour l 'attention.

Non, mais pour le moral, un petit peu.

La mort de mon père, et puis nous, en train d 'attendre de crever.

Mais on va pas crever.

Et puis...

Pour ton père ? J 'aurais tellement juste voulu lui dire au revoir.

Tu t 'entendais bien avec lui ? Ouais.

C 'était un mec génial, mon père. Il était génial et il était fou.

Il n 'y avait jamais un jour qui ressemblait Ă  l 'autre avec lui.

Ça fait longtemps que tu fais de l 'arthrite ? Depuis quelques années, oui.

Ça fait mal, ça.

Tu sais, il existe plein de traitements, je peux t 'en prescrire.

Mais je crois qu 'il faut surtout, surtout éviter les conflits.

C 'est quoi le rapport ? Parce que ça agit sur le cortex qui sécrète lui -même

encore plus d 'acide lactique.

Tu as eu des tensions récemment avec ton père ? Avec mon père ? Non, mon père c

'était comme un dieu pour moi.

Je viens de recevoir quelques infos sur Ulysse.

Apparemment, ce gosse a eu de nombreuses difficultés à l 'école.

Plusieurs renvois à cause de problèmes de bagarre, de drogue. Mais vous croyez

vraiment que ce cancre irrécupérable aurait été capable d 'extraire le

de la peste, de le stabiliser et de le transmettre Ă  un rat par inhalation ? Il

faut des meilleures notes que ça en SVT, croyez -moi.

Ouais.

Je ne sais pas si c 'est le bon moment, mais je voulais vous demander quelque

chose.

À propos de quoi ? Ça vous dirait d 'être témoin ? À quel procès

? À mon mariage.

Merci.

Merci, mon ami.

Merci.

C 'est ici que tu habites ? Non, c 'est ici que je pense.

Je peux te tenir compagnie ? J 'aimerais mieux pas.

Tu fais quoi ? Tu dessines ? C 'est de voir comment on peut stabiliser la

nitroglycérine.

Vraiment ? Pourquoi ? Transporter de la dynamite.

Pour quoi faire ?

J 'ai posé une banque.

Ah ouais ? Et... Tu ferais quoi avec l 'argent ?

Avec l 'argent, bah rien.

Le but, c 'est juste de détruire la banque.

Carrément.

Et qu 'est -ce qu 'il en pensait, ton père, de ce petit projet ? Mon père, ça

ferait rigoler.

Il rigolait toujours de tout.

Ça m 'agacait, mais j 'imagine que ça me plaisait aussi un peu.

Qu 'est -ce que t 'as maintenant ? Je m 'empêche de réfléchir.

Qu 'est -ce que tu fais ? Je bois un petit coup.

Si je dois crever demain, j 'aime autant pas ĂŞtre sauvant.

Mais arrête. Et je te connais par cœur.

Quand tu mens, t 'as tes narines qui palpitent.

Ok.

Mais Jérémy et moi, en fait, on avait juste monté un petit business.

Mais rien de méchant.

Mais arrĂŞte. Et je les connais, tes petits business.

Qu 'est -ce que t 'as fait ? Ah non, bah rien.

C 'est Jérémy, en fait. Il empruntait des étiquettes de pinard pour les coller

sur d 'autres bouteilles.

Et on les revendait pour se faire une petite marge.

Mais rien.

Merde. Mais il le sait, ça, Luc ? Que Jérémy détournait sa production pour

vendre de la piquette ? Euh, c 'était pas de la piquette non plus, hein.

c 'était un petit merlot à 2 euros, mais franchement, il passait bien, mon pote.

Enfin, Alex.

Non, mais il le sait ou pas ? Non, il y a que la grand -mère qui est au courant.

Bah, elle nous a surpris Ă  la cave.

On croirait pas celle -là, mais elle a un œil de lynx.

Un cerveau de raptor, quoi.

Qu 'est -ce qu 'elle vous a dit ? Bah tu sais ce que c 'est, quoi. Elle lui a

dit que c 'était un ingrat, que son frère passait son temps à trimer pendant

'il prenait du bon temps sur son bateau. Alors j 'ai essayé d 'expliquer, moi,

tu vois, que tout le monde n 'est pas fait non plus pour l 'univers du

quoi. Mais bon, elle n 'a pas adhéré à fond, à 100 % à ma théorie, quoi.

Je vois.

Bon. Eh, viens.

Faut que j 'aille t 'examiner, lĂ .

Viens.

Mais où est -ce que t 'as fait tout ça ? Bon, je l 'ai réussi, elle, hein.

Ça, c 'est... J 'ai raté une marche à la mairie parce que j 'étais témoin à un

mariage d 'un copain.

Ça, c 'est un chat.

Et puis là, c 'est quand j 'ai voulu échapper à un loueur de costumes. Mais

alors, il courait vite, le petit salaud.

Mais t 'as le corps d 'un gamin de 10 ans avec des croûtes et des bleus sur

genoux, lĂ .

Mais t 'as le blanc d 'œil d 'un mec de 70.

Je serais toi, je me calmerais sur les excès.

Viens.

Fais un.

J 'ai un truc ? Non, mais t 'as deux petits ganglions lĂ , mais si les

antibios sont les bons, ça devrait diminuer dans les heures qui viennent.

Ça m 'étonnerait.

Je suis le gars qui a toujours la poisse, moi.

Il y aurait une peau de banane en plein désert, ça serait bon.

J 'ai bon espoir que la science moderne vienne Ă  bout, mĂŞme de poissards comme

toi.

Zéro chance.

Et sinon...

Pour mes derniers instants sur Terre, tu voudrais pas qu 'on s 'embrasse une

dernière fois ? Si tu devais mourir, moi, je parierais plutôt sur le foie.

Alex, si je meurs, que ce soit de la peste ou d 'une cirrhose, je veux que tu

saches, mĂŞme si j 'ai fait le con et que c 'est impardonnable, que je t 'ai

toujours aimé.

Alors, peut -ĂŞtre n 'importe comment, peut -ĂŞtre mal, mais en tout cas...

Plus que j 'ai jamais aimé personne.

Bonne soirée, Sam.

Bonne soirée.

Ça a l 'air tendu les relations familiales.

Faites pas attention, c 'est ma belle -mère, elle a eu une tumeur au cerveau.

Tout ce que je peux vous dire c 'est que j 'ai entendu Ulysse s 'engueuler très

fort avec mon père il y a quelques jours.

T 'as eu des tensions récemment avec ton père ?

Pour information, sachez que j 'ai écrit mon testament pendant la nuit et vous

devriez en faire autant.

Même si, évidemment, on est là pour vous soigner.

On n 'est jamais trop prudent.

Eh bien, moi, j 'ai bien réfléchi et vous n 'aurez rien.

Enfin, rien, je ne peux pas.

Alors, je vais m 'organiser pour tout dilapider dans le temps qui me reste.

Salut, salut.

Je ne sais pas si on est arrivé au paradis, en tout cas, ça y ressemble.

Tu ne me demandes rien ? Je ne t 'avais pas vu.

Il l 'a fait.

De quoi ? Qui ? T 'as pensé ? Il m 'a demandé en mariage.

Oui, bon, c 'est pas comme s 'il y avait eu un gros suspense non plus.

Fais voir la bague.

Et tu me demandes pas comment ? Comment ? Écoute...

Il est arrivé vêtu de façon assez sexy.

Il m 'a tendu un paquet.

C 'était un jeu de cartes.

Il m 'a demandé d 'en choisir une.

Et j 'ai tiré droit de cœur.

LĂ , il a mis un genou Ă  terre et il m 'a dit qu 'il voulait ĂŞtre le mien.

De roi.

De cœur.

Eh ben, avec une demande aussi pourrie, j 'espère que tu t 'es barrée en

courant. Ben non. Non, non.

Donc je l 'ai embrassée.

T 'as fait tomber le jeu de cartes et il n 'y avait que des rois de cœur.

Mais quelle arnaque ! Je parle du mariage, pas du jeu de cartes.

Bon,

tu peux y aller maintenant parce que vraiment j 'ai du travail.

D 'accord.

Et félicitations ! Merci.

Les rosiers devant le château ont de l 'odium.

Si ça s 'étend aux vignes, on risque de tout perdre.

Vous devriez vous reposer.

Je me demande pourquoi je m 'en fais.

Ici, tout le monde s 'en fout.

Vous savez ce qu 'elle dit, ma mère ? Tu verras, six pieds sous terre, le vin ou

la piquette, ça aura exactement le même goût.

Ça aura vraiment été une année maudite.

Pourquoi ? Vous avez eu d 'autres problèmes ?

Il y a des petits malins qui utilisent le nom du domaine pour vendre du mauvais

vin. On s 'est fait piquer tout un tas d 'étiquettes.

Ceux -là, si je les chope... Quoi ? C 'est façon de parler.

Ma mère pense que c 'est Tétis.

Pourquoi ? Parce qu 'elle croit qu 'elle nous déteste.

Et vous ? Vous croyez quoi ? C 'est vrai que c 'est arrivé juste après leur

retour, mais ça peut tout aussi bien être mon neveu.

Ouais. Ou votre frère.

Mais d 'où j 'y pense ? Tu devais détester la voile, toi.

Moi ? Pourquoi vous dites ça ? J 'adore la voile.

C 'est marrant, les gens qui mentent, ils ont tous une façon différente de l

'exprimer. Toi, tu spides.

Donc vous me traitez de menteur, tranquille.

C 'est pas forcément un défaut de mentir. Mais oui, tu mens.

Avec ton arthrite, la voile, ça a dû être l 'enfer, le froid, l 'humidité.

T 'as dû vivre un véritable calvaire.

Ok, ouais, je déteste la voile.

D 'accord ? Quand on a un père qui vous a appelé Ulysse par amour des voyages en

mer, c 'est bien relou. Bien sûr.

Et il n 'a pas dû aimer non plus ton histoire avec la préceptrice.

C 'est pas vrai ? Tu vois, tu respides, lĂ .

Je te propose un truc.

Qu 'on passe directement à la version vérité. OK ? Ça vous choque ? La

différence d 'âge, ça vous choque ? Moi, à titre personnel, je m 'en fous comme

de mon premier scalpel.

Mais ton père, lui, peut -être qu 'il n 'était pas très content de vous voir

dans la bibliothèque avec Angèle.

Vous n 'êtes pas médecin en fait, c 'est quoi ? Vous avez un genre de super

pouvoir de divination, quelque chose comme ça ? Et il s 'est énervé quand il

vous a vu ? Ça ne s 'est pas exactement passé comme ça.

Non mais Uli... Je suis désolée Jérémie, c 'est de ma faute, votre fils n 'est

pour rien. Non, non, non, mais t 'explique pas, on n 'a rien fait de mal.

On s 'aime, voilà, il n 'y a pas de... Très bien, tu me raconteras ça une autre

fois. Là, tout de suite, c 'est très bien qu 'on s 'en aille. Quoi ? Attends,

mais ce soir, cette nuit -lĂ  ? En fait, on n 'a pas le soir.

Qu 'est -ce que t 'as fait encore ? Non, mais rien de grave, un petit problème

avec le fils, que t 'inquiète pas.

Non ? Non ? Ok, moi je pars pas, je repars plus, jamais, d 'accord ? Déjà, j

'aime Angèle.

Et je déteste la mère.

Je m 'en fous, lui ! Si je te dis qu 'on part, c 'est qu 'on part.

Non, mais je ne veux plus vivre sur un bateau ! On a fait du lit dessus et c

'était la première fois que je résistais.

Maintenant, j 'en dois ĂŞtre parce que je ne pourrais plus m 'excuser.

Non, mais tu l 'aimais ton père.

Et ta sœur, Kétis, elle l 'aimait aussi.

Ouais.

Élise m 'a dit qu 'ils avaient étudié le Moyen -Âge.

Vous avez dĂ» leur parler de la peste, alors ? Oui.

Et ça les intéressait ? Ulysse n 'est pas très scolaire, mais il est curieux

plutôt littéraire comme moi.

Tétis s 'intéresse à tout, c 'est une surdouée.

Passionnée de chimie, de voyage et de maths, surtout.

Et de peste, peut -ĂŞtre ? Entre autres.

Sa passion pour la biochimie a aussi failli nous coûter la vie plusieurs

Oh là là, ça a dû énerver son père, ça, non ?

Au contraire, ça le faisait rire. Il lui passait tout.

Et elle ? Tétis ne réagit pas comme les autres.

Elle a plus pleuré la mort du chat que celle de son père, mais ça ne veut pas

dire qu 'elle ne l 'aimait pas.

Le chat ? Mais il est mort quand ? Il y a 15 jours, je crois.

Tétis l 'a enterré dans les vignes, au pied d 'un arbre.

Vous m 'avez appelé pour une autopsie ? Quelqu 'un d 'autre est mort ? Lui ?

Mets ta blouse.

C 'est immonde.

Il est à moitié dévoré par les vers.

Et encore, t 'as pas tout vu ? LĂ .

Ici, il a été piqué plusieurs fois.

Je comprends pas.

Ă€ mon avis, quelqu 'un s 'est servi du chat.

pour trouver le moyen le plus efficace d 'inoculer la peste.

Il a essayé l 'injection et l 'inhalation.

C 'est quelqu 'un de très méthodique, avec de sérieuses connaissances

et scientifiques.

Qui pourrait avoir ce genre de connaissances ?

Il y a quelqu 'un ?

Vous vous foutez ? Je suis venue faire ton examen médical.

Et vous commencez par occulter mon ordinateur ? Exactement.

Tu t 'intéresses à la médecine ? La toussine ne concerne pas la psyché

Donc tu sais comment se propage la peste ? Oui.

Non mais t 'inquiète pas.

Quand c 'est pris Ă  temps, il y a de grandes chances que tout aille bien.

Je m 'inquiète pas.

Mais tu dois être un peu secouée.

La mort de ton père, la peste... Si tu veux, je peux te prescrire un peu de

valériane pour dormir.

Si j 'étais stressée, je prendrais plutôt des calmants et je les

moi -mĂŞme.

T 'es une fille singulière.

Si c 'est un compliment, merci.

Si c 'est un reproche, allez vous faire foutre.

C 'est drôle, tu me fais penser à ma nièce, mais en pire.

Et moi, vous me faites penser à ce ridicule détective à moustache.

Qui croit qu 'on ne le remarque pas alors qu 'on ne voit que lui ? Si c 'est

compliment, merci.

Si c 'est un reproche, va te faire foutre.

Suspect numéro 1.

Téti, la fille, a cette connaissance chimique pour inoculer le virus.

Jouissant de la souffrance des autres, tendance psychopathique développée.

Suspect numéro 2.

Uli, le fils.

Amoureux de sa préceptrice et refusant de repartir avec son père.

Suspect numéro 3, Angèle, la préceptrice. Même mobile culisse en plus

des connaissances historiques et scientifiques. Ils ont peut -être tué

amour, les deux.

Suspect numéro 4, Arlette, la mère.

Furieuse contre son fils de lui avoir gâché sa vie, sans compter ses lésions

cérébrales.

Suspect numéro 5 et 6, Luc, le frère.

Émilie, la belle -sœur.

Pas de mobile connu.

Ce qui est sûr, c 'est qu 'il va falloir creuser du côté de tes fils.

Et c 'est toi qui va t 'en charger. Ah bon ? Euh, ok.

Vous oubliez quelqu 'un, en tout cas.

Qui ? Samuel.

Samuel, il sait même pas faire la différence entre la grippe et la peste.

-ĂŞtre que l 'amour vous raveugle.

L 'amour ? Mais je le déteste. Ah bon ? Et pourquoi un afflux sanguin vous monte

au visage Ă  chaque fois que vous le voyez ? Pourquoi vous souriez bĂŞtement

il ouvre la bouche, même si c 'est pour tousser ? Ça ferait pas les symptômes de

l 'amour, ça ? Mais depuis quand tu lis les corps ? Depuis que je passe mes

journées à vous regarder.

Diane ! Diane ! Alex nous a envoyé des prélèvements à examiner.

Alors, on a de tout, hein.

Des cheveux, du sang, des fragments d 'épiderme, et même un chat plein de

verres.

Ok. Tu t 'occupes des verres, je m 'occupe du reste.

Je veux pas qu 'on fasse l 'autopsie toutes les deux.

T 'as envie qu 'on perde du temps ou quoi ? Dis donc, je te trouve pas très

taquet en ce moment.

Mais qu 'est -ce que t 'as, lĂ  ?

Tu m 'en veux ? Non, mais je te rappelle qu 'on a une épidémie de peste sur les

bras et notre meilleur ami est en quarantaine. Tu peux rester

'il te plaît ?

Moi, j 'ai commencé une analyse récemment.

Et je me suis rendu compte qu 'en fait, on était tous des tueurs en puissance.

Ça en a fallu du temps.

Moi, dès que j 'ai dépecé des rongeurs en primaire, j 'ai su.

Ah, toi aussi, t 'as déjà dépecé des rongeurs ? Plus tard, mes méthodes ont

évolué. Je me suis inspirée de Ted Bundy, Charles Manson.

Enfin, je veux pas être chauvin, mais on a aussi des serial killers très

dangereux en France.

C 'est pas la même envergure géographique.

Ils sont presque tous dans Lyon.

Alors, Émile, oui ou fournirait ? Fournirait pour sa maîtrise.

Du trou ou du non ? Du non, pour la vérité.

Toi ? Ou moi ? Moi, clairement.

Toi, tu bluffes.

Je suis sûre que t 'as jamais osé disséquer un oiseau vivant.

Quoi, vivant ?

Et les vers ont parlé, traces de fréons là aussi, comme dans les poumons du

chat. Et j 'ai fait analyser un des fragments d 'épiderme et un des cheveux

tétis bataille.

On y trouve des doses massives de désherbants.

Peut -ĂŞtre les vignes ? Ou les bombes artisanales.

En analysant ces données internet, j 'ai remarqué qu 'elles s 'étaient

intéressées de près aux armes biochimiques, dont l 'inoculation de la

Les japonais, en 1942, leur avion a largué des bombes remplies de puces à

ils avaient inoculé la peste.

La gamine serait capable de ça ? Apparemment, elle se passionne pour les

en série, les dissections anatomiques, les photos de torture.

Une curiosité plutôt morbide.

Et si on continuait cette discussion au resto ? On y va ? Non, j 'ai pas faim.

Ă€ vrai dire, moi non plus.

Moi, j 'ai une faim de vie.

Viens, on va manger.

Le problème, c 'est que j 'ai vraiment pas faim, moi.

Tu voulais vraiment pas aller déjeuner avec eux ? Ah non, mais ils me

les deux, avec leur petit sourire, leur surnom débile.

En mode jeune mariée de comédie romantique à la con, merci.

Toi, t 'as toujours pas rencontré quelqu 'un ? Non, toujours pas.

Moi, j 'y crois plus trop, de toute façon.

Tu sais que d 'après les statistiques, il paraît que c 'est au boulot qu 'on

rencontre le plus souvent son âme sœur.

Mais j 'ai cherché là aussi, figure -toi.

Personne.

T 'as vraiment bien cherché.

Alors je crois que j 'ai même envisagé le stagiaire de troisième, c 'est pour

dire.

Et c 'est quoi ton style ? Alors lĂ , plutĂ´t blond.

Le genre un peu nounours, tu vois.

Bougon, mais drĂ´le.

Attentionné.

On a reçu les résultats.

Tétis reste la suspecte numéro un.

Ses cheveux, ses recherches internet, tout indique qu 'elle s 'intéresse de

près au bacille Yartinia pestis.

Et sa tutrice m 'a parlé d 'une espèce de carnet rouge où elle notait tout.

Faut qu 'on essaie de le retrouver lĂ .

Et j 'ai son mobile. C 'est une psychopathe.

Elle est fan des sérials killers. Son idole, c 'est Léonard de Vinci parce qu

'il déterrait des cadavres. Et alors ? Que celui qui a jamais déterré de

cadavres lui jette la première pierre.

Elle m 'a raconté pendant trois heures qu 'elle ôtait l 'épiderme d 'une

hirondelle blessée.

Mais ça, c 'est une preuve de grande curiosité intellectuelle au contraire.

Quand mĂŞme.

Ça se trouve, elle jouait à l 'apprenti sorcière et ça aurait mal tourné.

Non.

Cette gamine m 'a l 'air précise.

Et si elle veut tuer quelqu 'un, ça m 'étonnerait qu 'elle n 'y arrive pas.

Tu sais comment se propage la tĂŞte.

Oui. Et je me suis rendu compte qu 'en fait, on était tous des tueurs en

puissance. Ça m 'a fallu du temps.

Tout

va

bien, madame ? Mais oui, ça va.

Foutez -moi la paix. Mais attendez, pourquoi vous voulez pas que je vous

ausculte ? Peut -être parce que t 'es médecin, comme moi je suis prof de

Je vous en supplie, débarrassez -moi de ce parasite. J 'ai du travail, moi.

Je me demande vraiment pourquoi Alex a été embauché.

Peut -être parce que moi je l 'ai pas abandonné.

J 'ai pas fui, comme un lâche.

Un sous -homme.

Bon, on peut pas commencer à se prendre la tête entre pistiférés.

Alors sous -homme, tu retiens, et moi je passe l 'éponge.

Alors qu 'est -ce que tu dirais de... vieux loser, mal coiffé ?

Ah

oui, vous avez un peu de fièvre.

Vous vous sentez comment ?

Je suis fatiguée.

Je tousse, mais j 'ai dĂ» attraper froid.

Et vous avez des nausées ? J 'ai mal au ventre, comme une grippe.

Si la maladie dégénérait, j 'aurais des bubons partout sur le corps, non ? Vous

toussez beaucoup ? Oui.

J 'ai craché du sang ce matin.

Vous en faites pas.

Ça va aller.

Oh, je l 'avais oublié celui -là.

Tu sais, tu peux me montrer.

Je veux dire, avec mes compétences médicales, je pourrais peut -être

tes erreurs.

Écoute Watson, je sais ce que tu cherches.

Tu veux voir si j 'écris une formule pour conserver et stabiliser le bacille

Yersinia pestis ? Moi ? HonnĂŞtement, tu tomberais dessus, tu serais incapable de

reconnaître la règle de Troyes du théorème de Fermat.

Je me trompe ? Je vais te confier un secret.

J 'écris tout un truc sur le bacille de la peste.

C 'est pour ça que les pages ont été arrachées.

Arrachées par qui ?

Quand j 'aurai trouvé, tu le sauras très vite.

Attends, tu veux dire que... Que je ne crois ni en la police ni en la justice.

Je préfère régler mes comptes moi -même.

Ah ouais ? D 'accord.

Mais il y a un truc qui colle pas.

Émilie a de la fièvre. Elle touche, elle a craché du sang.

Donc pas les mêmes symptômes que Jérémy.

Exactement.

Lui... Il a fait une pulmonaire secondaire.

Tandis qu 'elle, elle a les symptômes d 'une peste due à un inoculum bactérien.

Tout s 'explique.

Enfin, ça veut dire quoi exactement ? Ça veut dire qu 'elle a attrapé la maladie

par voie respiratoire.

Avec un aérosol, quoi.

Comme le rat, mais bien après.

Ça veut dire que quelqu 'un est toujours en train d 'inoculer le virus ? Peut

-ĂŞtre.

Je le savais, on va tous y passer.

Mais non.

C 'est une affaire de famille, ça.

Va un peu plus Ă  droite, lĂ .

Ça bouge plus.

VoilĂ .

Merde.

Merde.

On a une présence prédominante de bacillagrames négatifs et de coqobacill

les crachats.

Ok.

Donc c 'est la peste pulmonaire.

Si c 'est pas traité à temps, c 'est mortel à tous les coups.

Ça va les contaminer à vitesse grand V.

Appelle Alex. Elle a 24 heures pour les sauver.

Oh putain.

Qu 'est -ce qui se passe lĂ  ? Je peux le voir ma femme ?

Impossible.

Pourquoi ? C 'est grave ? Très grave. C 'est la peste pulmonaire.

Prenez ça tout de suite. C 'est quoi ? C 'est des nouveaux antibiotiques. Les

anciens n 'ont plus aucun effet sur vous.

C 'est très grave ? Tout dépend de quand on vous a fait inhaler le bacille de la

peste.

Qu 'est -ce que vous ĂŞtes en train de me dire, lĂ  ? Que votre maladie n 'a rien

d 'accidentel.

Je comprends pas.

Il y a quelqu 'un ici qui cherche à répandre le bacille.

Donc essayez de vous souvenir si vous n 'avez pas...

respirer une odeur qui vous a paru bizarre ? Non, je ne vois pas.

Ah si, il y a mon parfum lĂ  qui sentait une drĂ´le d 'odeur.

Vous pouvez m 'amener sur la bouche, s 'il vous plaît ? Merci.

Mais bon, je vous assure, tout va très bien.

Ta tante a la peste pulmonaire.

Je sais.

C 'est tous les faits que ça te fait ? Primaire ? Ouais.

C 'est le même qui s 'en est pris à mon père ? En utilisant son flacon de parfum

? Et peut -être même en étant ses empreintes dessus.

Il faudrait qu 'il soit complètement con.

Et si on est de la même famille, vu qu 'on partage les mêmes gènes, c 'est

impossible.

Non mais ce que je comprends pas, c 'est pourquoi on a utilisé deux techniques

différentes pour ton père et pour ta tante.

Sans compter le mobile.

Pourquoi lui, pourquoi elle ? A moins que... tu n 'ai voulu

toucher que ta tante.

Pourquoi je voudrais faire une chose pareille ? Parce que tu la soupçonnes d

'avoir tué ton père.

Intéressant. Ton père vivait à leur crochet.

Il n 'arrĂŞtait pas de leur emprunter de l 'argent qu 'il ne remboursait jamais.

Et ta tante, quand elle a découvert qu 'il faisait du trafic avec le vin, peut

-être qu 'elle a vrillé.

Ok, mais dans ce cas, pourquoi pas mon oncle ?

Parce qu 'il n 'était pas au courant.

Qui il était ? Ta tante et ta grand -mère.

Elle était directement ma grand -mère, alors ? Au pire, elle n 'a rien fait,

mais vous rendez un immense service à l 'humanité.

Ta grand -mère, elle a surpris ton père avec un ami en train de voler des

étiquettes.

Je crois que vous avez bien fouiné.

Et moi aussi.

J 'ai fait mes petites recherches sur vous.

Vous en avez eu des soucis Ă  force de fourrer votre nez dans les enquĂŞtes de

votre frère.

Vous n 'avez pas peur qu 'il vous arrive encore des histoires ? C 'est une

menace ? Parce que justement votre frère n 'est pas là pour vous protéger.

Vous ĂŞtes toute seule.

Ils étaient drôlement indifférents les deux frères.

Pourquoi d 'après vous ? Qu 'est -ce que vous voulez que j 'en sache, on les a

élevés pareil.

Mais peut -être que Luc a souffert de grandir dans l 'ombre de son frère.

Jérémy, vous voulez dire ? Luc est un fils modèle.

Il était brillant.

Il a repris le vignoble quand il a vu que son frère ne le ferait pas.

Pourtant, vous savez comme moi que les femmes préfèrent toujours les mauvais

garçons.

Parlez pour vous.

Ma fille, c 'est les failles au fond qui nous touchent.

Taisez -vous.

En tout cas, vous réagissez très bien aux antibiotiques.

Mais vous laissez pas mourir de chagrin.

C 'est papa quand il avait 20 ans.

T 'as vu la classe, un peu ? Il a des muscles dont je ne connaissais mĂŞme pas

'existence.

Ça, c 'est nous quatre.

Quand maman était encore là.

Et ça, c 'est notre premier bateau.

Liberté.

Elle aussi, elle aimait l 'aventure ? Non.

Non, maman, c 'était tout l 'inverse de papa.

Cazanière comme pas permis, hyper pragmatique.

C 'est elle qui remplissait les feuilles d 'impĂ´t, quoi.

Sans elle, je pense pas que papa, il aurait survécu jusque -là.

Et celle -là, c 'était quand ? Ça, c 'est...

Papa, avec Luc et Emilie, il devait avoir la vingtaine.

Je peux te l 'emprunter ? Ouais, ouais. Enfin, si tu me la rends, ouais, y 'a

pas de soucis. Ah ouais, ouais, bien sûr, mon Dieu.

Merci.

Regardez.

Vous voyez ce que je vois ?

Les deux frères étaient amoureux de la même femme, c 'est ça ? Bravo Théo ! Je

ne sais pas qui t 'a appris tout ça, mais elle a fait du bon boulot.

Tu vas en parler Ă  Samuel.

Il se connaît depuis qu 'ils ont 12 ans, il doit savoir.

Elle était d 'abord avec Jérémy.

C 'est toujours lui qui a ramassé toutes les filles. Il avait ce côté bad boy

que toutes les filles adorent.

Tu vois ce que je veux dire ? Non, je vois pas, non.

Bref, Émilie a quitté Jérémy, elle n 'en pouvait plus, tu vois, il a rappelé une

fois sur sept, il n 'allait jamais au rendez -vous, il empruntait de l 'argent

pour aller tout claquer au flipper.

Elle en a eu marre de ses inconséquences et elle a préféré choisir Luc.

Eh ben, je la comprends.

Ouais, parce que t 'as pas l 'air de comprendre, c 'est que Jérémy, il a été

hyper malheureux quand elle l 'a laissé.

Oui, puis il est parti très loin.

Et puis il est mort tout près.

Toujours 40 ans.

Il faut le temps que les nouveaux antibiotiques fassent effet.

Je vais mourir.

Mais non, évidemment.

Je peux vous poser une question ? Vous étiez toujours amoureuse de Jérémy ?

Vous l 'avez aimé pourtant.

Ça s 'oublie pas comme ça, l 'amour, en deux secondes ? Ça vous regarde pas ?

Vous avez choisi le garçon sage, l 'homme raisonnable, mais

Jérémy est revenu.

Et tout est revenu.

Ce qui me plaisait, c 'est son humour, surtout.

Son insouciance.

Et vous êtes retombée amoureuse de lui.

Je t 'aime bien.

Tu te souviens ? Oui.

Non. Allez. Non.

Non.

Allez.

Et Luc lĂ  -dessus ? Non,

je crois pas.

Il m 'en a jamais parlé.

Il est pas très bavard.

Luc est un homme qui garde ses sentiments.

Si vous voulez mon avis, Luc Bataille serait un très bon suspect.

Il n 'a pas fait d 'études.

Il a resté juste après le bac. Comment il aura les connaissances scientifiques

nécessaires ? C 'est impossible.

Alex était toujours la première à l 'école.

Et moi, l 'éternel cancre au fond de la claque.

Si je peux me permettre, elle est devenue médecin et vous êtes policier.

Pas biochimiste ? Ça ne veut rien dire, ça.

Einstein était un cancre.

C 'est l 'exception qui confirme la règle. Celle qu 'on sort à chaque fois

on veut rassurer les mauvais élèves et leurs parents. Oui, l 'exception qui

confirme la règle, c 'est déjà ça.

Madame Le Gall, vous étiez l 'enseignante de SVT de Luc Bataille, c

? Oui, un élève qui s 'oublie pas.

Il était brillant.

Il voulait devenir biochimiste.

Et puis il a tout laissé tomber.

Ses parents avaient des vignes et j 'espérais que leur fils aîné reprendrait

domaine. Mais il a refusé.

Et Luc s 'est senti obligé de prendre la place de son frère.

C 'était un élève plus que doué.

Une sorte de génie.

Quel gâchis.

Oui, sans doute plus que vous ne pensez.

Vous étiez toujours amoureuse de Jérémy.

Ce qui me plaisait, c 'est son humour, surtout.

Son infusion.

Et Luc l 'a vu.

Qu 'est -ce que tu fais lĂ  ? Tu m 'as fait peur.

Je voulais te parler d 'un truc.

Quoi ? Samuel,

c 'est fini, nous deux, lĂ .

Pour tourner la page, je suis avec quelqu 'un, moi, maintenant.

T 'es amoureuse ? Ben, je crois.

Je sais pas.

En tout cas, je suis bien avec lui.

Non, mais t 'as raison.

Me choisis jamais.

Je suis un pauvre con, conséquent, et ton mec, ton mec, c 'est un type super.

Excuse -moi.

Allez, on y va.

On a toutes les preuves que Luc Bataille a tué son frère et qu 'il a infecté sa

femme en utilisant son flacon de parfum.

Faut demander au proc l 'ordre de l 'arrĂŞter.

Déjà fait.

Je ne l 'ai pas eu directement, mais il m 'a laissé un message. Il refuse.

Il nous demande d 'attendre la BRI, mais j 'ai un mauvais pressentiment.

Vous avez vraiment reçu ce message ? Ben oui.

Pourquoi je vous mentirais ? Non, mais j 'ai l 'impression que votre téléphone

est cassé. Montrez -moi.

Vous voyez ? Il est cassé.

Vous n 'avez pas reçu le message du procureur ? J 'y vais seul.

Hors de question de vous faire prendre un risque avant votre mariage. Vous avez

raison, je serai plus utile ici.

Tenez.

Bon courage, moi.

Je voudrais vous parler de Luc.

Quand Jérémy est né, je l 'ai trouvé si beau, si parfait.

Ça n 'a jamais été pareil avec Luc.

À ma décharge, je pense que je ne l 'ai pas beaucoup montré.

C 'est sûrement pour ça qu 'il a passé sa vie dans l 'égypte de sa mère, comme

on dit.

Justement, vous voulez vous parler de Luc ? Cessez -vous ! ArrĂŞtez de mentir !

Mais Luc, qu 'est -ce que tu fais ? Tu es fou ? Elle ment, maman.

Elle essaie de me mettre le meurtre de Jérémy sur le dos.

Mais qu 'est -ce que tu racontes ? ArrĂŞtez.

Vous n 'allez tuer personne, là. Ah oui, vous êtes sûr ? Parce que j 'en suis

capable.

Luc, qu 'est -ce que tu as fait ? Je n 'ai rien fait, maman.

Mais non.

Vous, vous ĂŞtes trop sensible.

Vous avez souffert.

Vous avez toujours été écrasé par la personnalité de votre frère.

Vous en aviez marre qu 'il vous vole tout le temps la vedette alors qu 'il ne

jouait même pas dans les règles.

Moi je sais, j 'ai un frère aussi.

Vous me prenez pour un con ? Vous essayez de m 'attendre rire pour que je

dise que j 'ai tué mon frère, c 'est ça ? Non.

C 'est plutôt à votre mère qu 'il faut le dire.

Il m 'a volé ma vie.

Ton amour suit papa, suit Émilie.

Alors, je n 'en ai rien à foutre. Oui, je l 'ai tué.

Police ! Arrêtez ça.

Et baissez cette arme.

Baissez votre arme ! Qu 'en ĂŞtes

-vous ? Les mains derrière le dos.

Mon frère faisait n 'importe quoi.

Il ne respectait aucun principe.

Il ramenait des mauvaises notes Ă  la maison, mais les profs l 'adoraient.

Il rappelait jamais les filles, mais elles étaient toutes amoureuses de lui.

Alors que moi, je faisais tout bien avec tout le monde, tout le temps.

Et je sais pas pourquoi, dès qu 'il est arrivé, tout le monde détournait les

yeux de moi pour le regarder.

Pourquoi la peste ?

Il y a trois

semaines, j 'ai entendu Angèle donner un coup. Un mal qui répand la terreur.

Mal que le ciel, en sa fureur, inventa pour punir les crimes de la terre.

La peste, il faut l 'appeler par son nom, capable d 'enrichir en un jour la

cairon, faisait aux animaux la guerre.

J 'ai appris qu 'on pouvait fabriquer des armes bioterroristes avec.

C 'est quoi exactement la formule chimique ? J 'étais plutôt partie sur un

de littérature aujourd 'hui, Tétis.

Sur la signification morale de cette fable. Oui.

Oui, la morale de la fable.

Et quand j 'ai surpris Jérémy avec Émilie... Je me suis

dit que j 'allais que ça s 'arrête.

Il m 'a toujours tout pris, alors... Alors ma femme, c 'était trop.

Et Alex qui revient ? La quarantaine est levée.

Oui, je suis au courant, oui.

Non Diane, pourquoi tu m 'en veux Ă  la fin ? Tu ne te connais pas encore Ă 

de cette histoire de témoin ? Pas du tout, non. Alors vraiment, qui accorde

'importance à ce genre de tradition débile, vraiment ? Diane, allez, arrête.

Oui, évidemment que je t 'en veux.

Je pensais être ton amie et je suis quoi, la dernière roue du carrosse ?

coup, tu parles enfin, ça n 'a rien à voir.

Tu sais très bien que je te préfère mille fois. Alors pourquoi tu ne m 'as

choisie ?

Mais je ne l 'ai pas choisi parce que je pensais que tu refuserais. Je croyais

que tu trouvais ça complètement con. Oui, je trouve ça complètement con. Mais

pas quand il s 'agit de toi.

Diane,

est -ce que tu veux bien être ma témoin ? Oui, je le veux.

Lydie ? Antoine ? Tu es encore lĂ  ? Non, non, non, pas tous en mĂŞme

temps. Il faut que je me réhabitue quand même.

Et docteur. Merci.

Il n 'est pas lĂ , Samuel ? Il est parti il y a cinq minutes, il va revenir, je

pense. Vous savez, on est devenus copains, lui et moi. La peste, ça

Vous voulez un rami ? Non, ben... Bon, ben, à la vôtre, hein ! Santé.

Santé. Un rami ? Santé.

Et alors, comme ça, t 'as vraiment eu la peste, quoi.

Ben ouais.

Et tu vois, je me suis impressionnée moi -même parce que j 'ai vraiment, mais

pas eu peur, quoi.

Je me suis rendu compte que j 'avais un système immunitaire très puissant, avec

des anticorps de grande qualité.

Mais ça, ça m 'étonne pas parce que t 'as un corps de grande qualité.

Ouais, c 'est vrai.

Incroyable.

Qui est -elle ?

Salut.

Tu veux me dire au revoir ? À moi ?

Je t 'aime bien.

Ça peut être parce qu 'on partage une racine mexicaine dans nos prénoms.

De quoi ? Racine de quoi ? Ça va, je vous dérange pas.

Iggy, Tétis, Tétis, Iggy.

J 'en mets ton prénom.

Merci.

Je me casse ? Je vais disperser les sommes de mon père dans le triangle des

Bermudes. Le triangle des Bermudes ? Mais t 'as pas peur.

Non, pourquoi ? Tu sais, les marins... L 'histoire du... du paquebot qui... Bon,

lĂ , laisse ton nez.

Et ton frère ? Il a opté pour l 'enracinement.

Bah, pour le mouvement.

Salut.

Allez. Ouais, c 'est ça, bon vent, hein.

T 'es triste.

Attends !

Quoi ? T 'as peut -être des séquelles quand même.

Regarde.

Pas que tu

n 'entends encore.

Non, mais c 'est quand mĂŞme bizarre.

Il lui est peut -être arrivé quelque chose.

Quoi ? T 'as replongé ? Replongé ? Non, mais n 'importe quoi.

On se croirait aux alcooliques anonymes.

Samuel, c 'est fini.

Fini. Tu le jures sur la tĂŞte de maman ? Non.

Non. J 'ai craqué, mais juste un tout petit peu.

Alex.

Et ? Rien.

C 'est lui ? Non.

C 'est une erreur.

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