All language subtitles for The Last Queen (2023) (1080p BluRay x265 10bit Tigole)_Track04-fra

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Original subtitles

Elles se fichent de nous.

Les Espagnols nous étranglent et elles festoient.

Qui d'entre vous sait mordre dans la neige comme moi?

Regardez.

À l'approche des portes d'Alger,

nous avions cru être sauvés.

Mais, devant l'entrée...

des gens aux visages haineux.

nous interdirent le passage.

Nous reprîmes notre marche.

Plus nous avancions,

plus ces bêtes humaines perdaient leurs voix,

jusqu'à devenir muettes.

En nous approchant,

elles devinrent petites comme des puces.

Nous entrâmes dans la Casbah.

Nous réussimes à entrer.

Ce rêve,

les parvenus enrichis sur notre dos ne peuvent le comprendre.

Mais les enfants de Sidi Abderrahmane et Bologhine

peuvent ouvrir les mers, abattre les montagnes

pour que cette terre

reste vivante.

Vive Alger!

Aroudj!

Aroudj!

Mon Dieu!

Aroudj!

Yahia!

Zaphira.

Ce n'est pas grave Zaphira, laisse-le.

Tiens.

Tiens.

J'en ai d'autres si tu veux.

Oui, j'en veux de toutes les couleurs.

Tout ce que tu voudras.

Yahia!

Je dois partir, je suis recherché.

Mais pourquoi?

Approche.

Yahia, viens par là!

Ta mère te cherche depuis ce matin.

Au palais de la Djenina, tu devras.

- Reviens, je te parle! - Non!

Yahia?

Yahia, où es-tu?

C'est toi, chéri, qui chantes comme un chardonneret?

Sois gentil.

Sors de là.

Yahia...

Tu ne peux plus rester avec les femmes.

Tu es un homme maintenant.

Tout le monde rêve de vivre au Palais de la Djenina.

Tu seras avec ton père, ton frère et tes sœurs.

Ma Reine, ils sont là!

Yahia.

- Sors. - Non!

- Ton père arrive. - Non.

- Ne me fais pas honte! - Non!

Ça suffit!

- Laisse-moi! - Tu es devenu fou?

Qu'est-ce que tu tiens dans tes mains?

Laisse-moi!

Bonjour, Yahia.

C'était ton chardonneret?

Ne t'inquiète pas, il y en a cent au palais.

Ils seront à toi.

- Tu viens avec moi aujourd'hui? - Oui.

Tu es content?

J'ai un cadeau pour toi.

- Elle te plaît? - Oui.

C'est la dague de nos aïeux.

Je te l'offre.

Mon père me l'a offerte

et son père auparavant, Sidi Abderrahmane Thaalibi.

Que Dieu les bénisse.

Amen.

Bienvenue au Palais des Rois.

Embrasse ta mère.

Yahia.

Vas-y.

Ne t'inquiète pas,

il ne manquera de rien.

Il te rendra visite.

J'ai l'habitude d'être seule.

Il sera avec son grand frère et ses sœurs.

Et leur mère à eux, pas sa mère à lui.

Yahia est mon fils aussi, et si quelqu'un l'approche,

il aura affaire à moi.

Viens te laver les mains.

Le déjeuner est prêt.

Je dois partir.

Tu ne manques de rien?

Tu ne restes pas?

Je pars pour l'Espagne avec le roi de Ténès

pour renégocier avec le roi Ferdinand.

Je m'absenterai un mois.

Allez-y, négociez.

Que Dieu t'accompagne.

Je reviendrai te voir.

Pars un mois ou un siècle...

Qu'est-ce que cela change pour moi?

Pour toi rien, mais pour le sort du pays, beaucoup.

Que de paroles!

Comment?

Répète.

Tout te paraît simple, comme la vie que tu mènes?

Chaque jour à festoyer dans ton palais.

Tu n'as pas honte?

Les femmes pleurent le pays et tu fais l'insolente.

Elles peuvent pleurer,

si les hommes désertent leurs couches depuis l'arrivée des Espagnols.

Je ne te répondrai pas.

Cette fois, tu vas répondre Salim!

- Si tu ne peux. - Plus un mot!

- Réponds! - Tais-toi!

Je sais ce que tu crains.

Si Yahia vient vivre avec moi, je vais te délaisser?

- Mais. - Mais quoi?

Tu ne te rends pas compte?

Que veux-tu à la fin?

Je veux que tu me reviennes.

Je suis ta femme aussi.

En désertant ma couche, tu n'es plus mon époux devant Dieu.

Je ne suis plus ta femme.

Je retourne à Miliana chez mon père.

Tu es ma femme, que tu le veuilles ou non,

et tu resteras ici.

Je te déteste.

Vous voyez?

Vous revenez à mes mots.

Les Arabes andalous ont raison.

Appelons Aroudj, c'est la seule solution.

Vous savez ce que cela signifie?

Oui.

Ça s'appelle une alliance.

Aroudj se bat pour les musulmans contre les Espagnols.

II faut s'allier à lui.

Une alliance?

Les Arabes andalous n'ont pas de conseils à nous donner,

ici ce n'est pas leur pays.

Je jure par Dieu

Alger s'est enrichie grâce à eux!

Ne jure pas.

Parle pour toi.

Qu'on me laisse tranquille.

Qui donne son pays à un étranger?

Cherfaoui, attention à ce que tu vas dire.

Celui qui donne son pays à un étranger s'appelle un traître!

Comment?

Maintenant!

J'exige des excuses ou je quitte le conseil.

Beaucoup me suivront.

Bon débarras!

- Va-t'en! - Opportuniste!

Tu le paieras!

Silence!

Silence!

Plus jamais vous n'en viendrez aux mains ici.

Ni en ma présence, ni en mon absence.

Et personne ne s'en va!

Nous restons ici.

Nous prenons nos responsabilités.

Pourrions-nous nous unir pour protéger ce pays?

C'est impossible, Roi Salim.

Les Espagnols nous encerclent, s'armer prend du temps.

Nous prendrons le temps qu'il faudra.

Salim, tu es un homme juste

et personne ne dira le contraire.

En dix ans de règne,

Alger n'a connu ni guerre ni razzia.

Tu es un homme de paix.

Mais aujourd'hui,

tu dois laisser le conseil voter au sujet d'Aroudj

et approuver sa décision.

- Aroudj a libéré Jijel. - Et échoué à Bejaia.

Il y a même perdu son bras.

Vous imaginez s'il échoue ici?

Respire.

Ça va aller.

Nous sommes dos au mur, Chegga.

Soit tu négocies une alliance avec Aroudj,

soit tu imposes ta décision par la force au prochain conseil.

Tu as les hommes pour te soutenir.

Chegga, où me suis-je trompé?

Tu as fait ton devoir.

Nous faisons ce que nous pouvons, le reste revient à Dieu.

Ils sont plus nombreux et bien armés.

Et veulent assiéger la ville.

Frappons avant qu'ils nous encerclent.

Nous sortirons par les roseaux de Bab El Oued.

Couteau.

Le premier assaut ici.

Puis cette plage, et celle-ci.

On remonte pour nettoyer l'Ouest.

Nous prendrons l'Est.

De Tafoura à la grande plage, avec les cavaliers.

Nous frappons aux racines, vous au cœur.

- Avant qu'ils n'atteignent la ville. - Exactement.

Nous vous rejoindrons ensuite sur la grande plage.

Pour en finir.

Algérois,

Tribus de la Metidja. Mélangeons-nous aux corsaires

pour leur montrer que nous sommes une seule armée.

Nous attaquerons au même moment.

Au lever du soleil, juste après la prière.

À mon cri, sur la colline, on attaque et on ne s'arrête pas.

Sans jamais se disperser. Sans jamais reculer.

Soyez confiants:

c'est notre terre et Dieu est avec nous!

Que Dieu soit avec nous!

Amen.

Amen.

Dieu est grand!

Bounh!

T'es pénible! Tu triches toujours!

C'est pour t'encourager petit chardonneret!

Qui est le chardonneret?

Chardonneret?

On ne se frappe pas entre frères!

- Farès, tu devrais donner l'exemple! - C'est lui!

- Je veux me battre! - Comment ça?

Je veux faire la guerre!

Yahia! Nous devons prier pour que nos hommes gagnent.

- Qu'as-tu? - Je veux me battre!

Comment ça tu veux te battre?

On doit implorer Dieu!

Je ne veux pas prier avec vous!

Je veux faire la guerre avec mon père!

Vous n'avez rien? Rentrez!

- Tu veux combattre les Espagnols? - Oui.

Pourquoi? Quel mal t'ont-ils fait?

Ils nous ont tout pris!

Tu ne peux rien contre eux!

- Si je peux! - Tu es trop faible!

Oui, mais j'ai la colère.

- La colère? - Oui!

- Tu veux te battre? - Oui!

Qu'est-ce qui te prend, Zaphira?

Tu veux combattre les Espagnols?

Viens me faire la guerre!

Allez, Yahia!

Vive Alger!

Vive les Thaalibi!

On garde combien de prisonniers?

Aucun. Tuez-les tous.

Vive Alger!

On a gagné!

On a gagné!

On a gagné!

C'est Yakout qui te l'a brodé.

Merci Yakout, c'est très beau.

C'est un honneur.

Alger est libérée. Mais c'est toi le Roi, le libérateur.

Laisse-le venir à toi.

- N'avance pas vers lui. - Oui, je sais.

Tu ne cesses de te répéter.

C'est très important.

Ça suffit, Chegga!

Laisse-moi souffler.

Toi aussi, souffle.

Tu es devenu un homme.

Ton père.

Quel beau burnous!

Un vrai Thaalibi!

Allez, vas-y.

Félicitations.

Tu nous as libérés, Salim.

On m'a dit que tu t'étais blessé.

Tiens.

Ouvre que je vois.

Approche que je sente.

- C'est toi qui l'as fait? - Oui.

Pourquoi tu trembles? Je suis là.

Notre fils est là et nous sommes victorieux.

Recommençons comme avant.

Mieux qu'avant.

Je finis le protocole

et te rejoins une lune entière.

Tu me promets?

Oui.

Je t'attends.

Vive Alger!

Vive Salim Toumi!

Mon frère!

Non, Salim.

N'avance pas.

Vive Alger!

Vive Aroudj!

Vive le roi Salim Toumi!

Vive Alger!

Qu'as-tu, Chegga?

C'est un jour de fête, pas un enterrement.

Tu ne vois pas?

Que peux-tu comprendre, toi qui festoyais pendant l'occupation?

Nous combattions l'occupant, pas la vie.

On va tourner longtemps dans ce jardin?

J'en ai assez des odeurs de jasmin et de fleur d'oranger.

On serait mieux à la taverne.

Ça me donne le tournis.

Tu rigoles?

J'ai le vertige!

Je te le jure!

Voilà IIshak avec une jument!

C'est le printemps ma parole!

C'est un étalon, imbécile!

Allez Aroudj,

appelle-le qu'on aille à la taverne.

Vous êtes intenables.

Vous ne comprenez rien à la beauté.

Tu as éteint ma pipe!

Zaphira! Un jour, tu te casseras le cou!

Donne-moi de la citronnade.

- Où est-elle? - Juste là.

- Rejoins-nous, Mouni! - Non.

Je suis frileuse.

Échec et mat!

Où dormira-t-on mon amour la nuit tombée?

Ma Reine!

J'ai à vous parler!

Ce palais est splendide.

Je le prendrai.

Et son cheval.

Je le monterai.

Et je monterai sa femme.

- Il a dit ça? - C'est la rumeur qui court.

Ça parle d'un homme.

Lève-toi, allons voir.

Tu monteras la femme du cheval ou du roi?

Les deux.

Ça devient compliqué.

Pour qui se prend-il? Voyou!

Salim le sait?

Bien sûr que non!

Tu lui diras demain lorsqu'il viendra.

Tu ne lui diras rien.

Salim n'a qu'à pas te délaisser!

Depuis quand ton chef de l'armée ne t'a-t-il pas montré son épée?

Je sais que tu aimes les pirates comme Aroudj...

Mais non!

Car les corsaires comme moi aiment la chair tendre.

Qui sont ceux qui vivent bien et règnent sur le monde?

Qui sont ceux qui ne craignent ni roi, ni chef, ni sultan?

Ce sont les corsaires! Ce sont les corsaires!

Qui sont ceux qui font frapper le tonnerre en criant?

Démontent la mer et lèvent le vent en s'énervant?

Ce sont les corsaires!

La mer et le ciel sont à nous! Le vent pousse nos bateaux!

Fuyez, cachez-vous, nous arrivons!

Vous n'avez pas mieux à faire?

Retournez à vos études!

Mon frère.

J'ai trouvé un moyen.

Pour déplacer nos canons par voie terrestre.

Grâce à des voiles.

Ingénieux.

Quand partirez-vous?

Bientôt, quand la mer sera calme.

En attendant,

dites à vos hommes de porter des chemises

et d'arrêter les bagarres dans la Casbah.

Vous pourriez faire cet effort

avant votre départ?

Pardonnez-leur, ce sont de simples corsaires.

Ne vous fâchez pas.

Je vous demande juste de tenir vos hommes.

Et si vous n'y arrivez pas,

nous le ferons.

C'est cela "être invités dans sa propre maison".

La prochaine fois,

j'étranglerai un de ces corsaires.

II est en retard.

Tant mieux,

nous avons plus de temps pour te préparer.

Détends-toi.

De la rose et du laurier.

Pour te détendre.

Que prépares-tu, sorcière?

Moi, sorcière?

Un jour, je vais t'ensorceler.

Comme ça, tu n'auras d'yeux que pour moi!

C'est toi ma préférée!

Je suis là.

À toi.

Vraiment?

Qu'as-tu?

Rien.

Si, dis-moi Salim.

Personne ne m'écoute.

Mais si.

C'est toi le roi et tout le monde t'écoute.

Car tu es le seul qui les écoute vraiment.

Avec tes oreilles.

Ces belles oreilles!

Elles écoutent tout le monde.

Sauf moi!

Tu m'étrangles!

- Tu m'aimes? - Zaphira!

Tu m'aimes?

Je t'aime.

Combien?

Comme le ciel.

Et toi?

Je t'aime.

Combien?

Comme la mer.

Salim?

Salim?

Aidez-moi!

Younès!

Younès!

Qu'y a-t-il?

- Le roi est venu? - Non.

- A-t-il envoyé un message? - Non.

- As-tu pris des nouvelles? - Non.

Emmène-moi au palais!

- Quoi? - Tu dois m'emmener!

Quelque chose va arriver. Je dois y arriver à temps.

Je ne traverse pas la Casbah la nuit avec la reine!

Vous voulez ma mort?

Younès!

Je vais aller au palais mais je suis sûr qu'il n'y a rien.

Younès, reviens! Reviens!

Debout, gens de la Casbah!

Tous au palais!

Un malheur est arrivé! Réveillez-vous!

L'entrée est interdite!

- Je suis l'épouse du roi! - Ses femmes ont été évacuées!

- Non, non! - Allez-vous-en!

- Laissez-moi! - Dégagez!

Dégagez!

Chegga!

Que fais-tu là?

Où allez-vous?

Des gardes sont allés évacuer ta maison!

Où est Yahia?

On l'a cherché, je te jure, mais on ne l'a pas trouvé.

- C'est la dague de Yahia? - Il me l'a prêtée.

Mon fils!

Ne va pas là-bas!

C'est trop dangereux.

Salim?

Et Salim?

Ils l'ont tué, ils l'ont trahi.

Il a été assassiné dans son hammam.

Je l'ai vu en rêve mais je n'ai pas pu le sauver.

Nous sommes veuves.

Je n'ai rien vu venir.

Zaphira, écoute-moi.

Tu es ma sœur.

Nous devons serrer les rangs.

Nous devons quitter le palais, mais nous reviendrons.

Nos hommes sont à l'intérieur pour récupérer le corps de Salim.

Zaphira, n'y va pas!

N'y va pas!

Réveillez les habitants!

Dites-leur ce qui est arrivé!

Que les Algériens viennent!

Ce palais est avant tout celui du peuple!

Il est interdit d'entrer.

Imam, mon fils!

On ferme les portes!

- Mon fils est à l'intérieur! - C'est interdit!

- Imam... - Ils risquent de se battre!

Je suis la mère de Yahia Thaalibi.

Laissez-moi passer!

Je viens avec vous! Attendez, mettez ça!

Je viens avec vous, suivez-moi!

Allons vers l'aile droite.

Arrêtez-vous!

Je ne veux personne dans le palais!

Quittez les lieux!

Imam, je t'ai dit d'évacuer!

- Et cette femme? - Elle cherche son fils.

- Je cherche mon fils! - Dehors!

- Mon fils! - Dehors!

Je suis la mère de Yahia, la femme de Salim Toumi.

Emmenez-moi vers mon fils!

Vous auriez dû être évacuée.

Mon fils!

Ici, vous êtes en danger.

Alors j'y vais seule!

Yahia?

Mon fils!

Yahia?

Yahia?

Mon enfant, écoutez-moi.

Un enfant apeuré cherche toujours sa mère.

N'est-il pas remonté chez vous?

Il n'aime pas être avec les femmes.

Il aime être avec son père.

Le temps presse.

Allons-y.

Il y a un traître parmi nous. Il faut le trouver et le punir.

Oui, il y a un traître.

Mais nous le trouverons et nous le punirons.

Salim était mon frère.

I! m'a demandé de protéger le palais.

Ça ne se passe pas comme ça.

Nous sommes la République d'Alger.

Aucune décision n'est prise sans le consentement de tous.

Où est le frère du roi?

Khaled Toumi devrait être là.

Parle si tu as des choses à dire!

Nous sommes tous membres du conseil.

Nous avons des traditions, et vous voudriez tout changer!

Tu nous prends pour des bâtards?

Ouvrez les portes! On veut voir notre roi!

Gardes!

Ma Reine!

Maman!

Yahia!

Yahia!

Tu n'as rien?

- Je ne veux pas qu'ils nous tuent. - Non, cela n'arrivera pas.

Je ne veux pas qu'il te tue devant moi.

Maman, on doit se cacher.

Attends.

Non, mon fils.

Nous allons faire le contraire.

Où est le corps du roi?

Dans le salon du peuple.

- Quand appelez-vous à la prière? - Bientôt.

Nous n'allons pas nous cacher.

Ouvrez les portes! On veut voir notre roi!

Paix à son âme.

Un traître l'a étranglé dans son bain.

Prions.

Reprenez-vous, ouvrons d'abord les portes.

Pas question.

C'est trop dangereux, le traître est toujours parmi nous.

Il faut ouvrir les portes.

Le peuple doit être présent, c'est la tradition.

Entame la prière!

Ouvrez les portes!

Personne n'entre,

personne ne sort!

Personne n'entre,

personne ne sort.

Prions!

T'as compris, bâtard?

Que fait-elle là?

Quelle honte!

Ce n'est pas la place d'une femme.

Tais-toi!

- Tu veux le voir? - Oui.

Lève-toi.

Donne l'ordre d'ouvrir les portes.

Ouvrez les portes!

Ouvrez les portes!

Qu'est-ce qu'on va devenir?

Dieu nous protège.

Zokha, ne me laisse pas.

Je suis là.

Pourquoi ton mari t'interdit de venir?

Je ne sais pas.

Je ne lui pardonnerai jamais.

Tu es ma sœur, et je serai toujours là.

C'est la fin.

Garde la foi.

Te souviens-tu des paroles de Sidi Abderrahmane sur Alger?

C'est la fin d'Alger.

Ne dis pas ça.

N'oublie pas Sidi Abderrahmane.

"L'Algérie, dans ses épreuves, est un émerveillement.

"En son sein, ne durera point un malheur voulu aux gens."

Allez Zaphira, continue.

"Si une difficulté y apparaît

"ou une oppression,

"une facilité

"du Miséricordieux s'ensuivra."

Ma Reine, votre frère.

Mes condoléances. Tu m'as manqué.

À moi aussi.

Voici une lettre de notre père.

Lis-la et réponds.

Lis-la-moi.

Toi, c'est mieux.

Je ne sais pas lire, tu l'as oublié?

"Ma chère Fille.

"Même si je suis loin,

"j'ai ressenti ta douleur

"car tu es la chair de ma chair.

"Salim était un fils pour moi.

"Yahia est orphelin, il doit vivre chez son grand-père.

"Toi aussi, tu dois rentrer à Miliana.

"Yahia est trop jeune pour être ton tuteur.

"Une femme de ton rang ne peut rester sans homme.

"Tu ne peux rester sans tuteur.

"Il en va de ton honneur et du nôtre.

"Je t'attends.

"Ton père, Brahim Ben Omrane."

Mohcen, depuis quand n'es-tu pas venu?

Prends un bain, repose-toi,

et on discutera au dîner.

Comprends-tu ce qui se passe?

Tu dois rentrer à Miliana.

- Maintenant? - Oui, ce serait mieux.

Je vais répondre.

Dis-lui d'écrire.

Écris.

Mon cher Père.

Plus que quiconque, tu connais ma loyauté.

Je n'ai ni volé, ni tué, ni trahi,

alors pourquoi fuir comme une criminelle?

Yahia n'a rien à faire à Miliana.

Il faut qu'il grandisse et vive ici.

Et si Dieu le veut, qu'il règne ici comme son père.

Yahia Thaalibi sera mon tuteur.

Arrête d'écrire!

Qu'y-a-t-il?

Arrête!

Qu'as-tu?

Je n'ai plus ma place à Miliana.

Ta mère m'a bien fait comprendre que je n'étais pas la bienvenue

dans la maison de ma défunte mère, celle où je suis née.

Je vais transmettre.

Zaphira, n'oublie pas.

Le déshonneur qu'inflige une femme à sa famille se règle par le sang.

Mohcen, ne m'en veux pas.

Ne te fâche pas.

Rentrons!

Je vous en prie.

Je suis une Sanhadja.

J'attends depuis ce matin pour voir la reine.

Nous aussi, nous attendons.

Désolé, mesdames, la reine est débordée.

La dame vient de loin. Soyez patientes.

Je vous en prie.

Toutes mes condoléances, ma Reine.

C'est un honneur de me présenter à vous

au nom d'Aroudj, le libérateur d'Alger.

Tous ont signé l'acte d'allégeance

et le reconnaissent comme sultan.

Acte d'allégeance?

Je n'ai pas signé.

Il ne vous le demande pas, vous êtes de sang royal.

Mais il vous prie d'accepter ce présent

en gage d'amitié.

Je suis en deuil.

Je ne peux accepter aucun présent.

Rendez-lui ce coffre...

Esclave.

Je ne suis pas esclave.

Je suis affranchie et musulmane.

Vraiment?

Vous êtes donc une convertie?

Gloire à Dieu, vous êtes nombreux!

Oui, je suis musulmane.

Où êtes-vous née?

- À Tokou, en Scandinavie. - Les pays du Nord.

Couverts de neige.

Vous aimez la neige?

Oui, j'aime la neige.

Ici, on la parfume à la rose,

au citron,

puis on la mange.

Acceptez le présent de notre maître.

Dis-moi, convertie.

Qui est ton maître?

Aroudj.

Ce n'est pas le mien.

Il n'y en a un qu'un seul.

"II n'a jamais engendré et n'a pas été engendré. Et nul n'est égal à lui."

C'est Dieu tout-puissant.

Et Dieu réserve un grand châtiment aux tyrans.

Je ferai parvenir vos paroles à Aroudj.

Honorée de vous avoir rencontrée.

Pour qui se prend-elle?

Je vais m'occuper d'elle personnellement.

Contrairement à toi, les gens l'aiment.

Ça m'est égal.

Avant ils se fichaient d'elle,

et maintenant, elle est devenu leur héroïne.

Leur reine!

Tu gagnerais à en faire ton alliée.

Plus que jamais, elle est leur reine car elle est restée.

Une reine?

C'est toi, ma reine!

Laisse les quarante jours de deuil passer.

Pendant ce temps, réprime toute tentative de rébellion.

Les choses se tasseront et tu pourras te débarrasser d'elle.

Oui, mon général!

Tout ce que tu voudras.

Justement.

Je ne veux pas rester dans cette cité.

Pourquoi?

D'habitude, on libère et on repart.

Pourquoi rester cette fois-ci?

Aroudj...

Pourquoi?

Où est Zokha?

Son mari refuse qu'on la voie avec vous.

- Pourquoi? - Il a peur pour elle!

Et les femmes de la maison Hamza?

Elles aussi.

On n'aurait jamais dû sortir.

Que voulez-vous qu'on pense

d'une femme qui vit seule dans une maison sans homme?

La reine Zaphira et Yahia nous rendent visite!

Dieu les garde!

Tu te souviens de moi, prince? Je suis la vendeuse de chardonnerets.

Oui, bien sûr.

Viens marcher avec nous.

- C'est vrai? - Oui.

N'ayez pas peur, nous sommes avec vous.

Vous n'êtes pas seule, ma Reine.

Que Dieu vous garde, ma Reine!

Vive la reine!

Paix à l'âme de Salim Toumi! Les assassins paieront.

Tous au mausolée!

Paix à l'âme du Roi Salim!

Longue vie aux Thaalibi!

Calme.

Personne n'entre!

Les rassemblements sont interdits!

Dégagez.

Doucement, Younès.

L'accès est interdit.

Prendre les armes dans un cimetière? Quelle honte! Pécheurs!

C'est le 40ème jour!

Vous ne pouvez pas nous empêcher d'entrer au mausolée des Rois!

Dispersez-vous!

Laissez-nous!

Laissez-nous entrer.

Le mausolée de Sidi Abderrahmane appartient à tous!

Laissez-les passer.

Libérez le passage.

Les femmes, venez avec moi!

On est avec vous, ma Reine.

La reine se demande ce que lui vaut cette visite

et pourquoi vous êtes si nombreux.

Au nom de Dieu le Miséricordieux.

En présence de membres du conseil, de notables et de chefs,

nous sommes venus demander alliance.

Mon frère Aroudj, protecteur d'Alger,

et défenseur des terres d'Islam,

souhaite épouser la reine Zaphira,

fille de Brahim de Miliana, selon la loi de la Sunna.

Et vous,

Imam Hmadna,

son tuteur en l'absence de son père,

quelles sont vos conditions

pour permettre ce mariage?

C'est inacceptable.

Ils sont devenus fous. Ce n'est pas l'objet de cette rencontre.

Nous devions discuter de la situation du pays.

Je suis toujours en deuil!

La reine Zaphira dit:

"Cette demande est hors de propos,

"car je suis encore en deuil."

Vous êtes notre reine.

Et lui, notre libérateur.

Unissez-vous.

Ce pays n'en peut plus de souffrir.

Ce n'est pas le moment.

Qu'est-ce qu'il se dit?

Qu'est-ce qu'il se dit?

- J'ai peur pour vous. - Je m'en vais.

Qu'est-ce qu'il se dit?

Parlez.

Je vous écoute.

Parlez et je vous répondrai.

Les gens disent...

Et Dieu seul sait.

Que vous avez tué Salim Toumi.

Honte à vous!

C'est inacceptable!

En me proposant ce mariage, votre outrage est sans limite!

Vous entendez comme elle ose s'adresser à notre libérateur!

La voix d'une femme est un outrage!

Laissez-la parler.

Laissez-la parler!

Fermez-la!

Continuez, ma Reine.

Dites-moi.

L'audience est terminée!

Parlez!

Parlez!

Par Dieu, n'ayez crainte.

S'il vous plaît, parlez.

Si vous êtes sincère,

répondez.

Avez-vous tué Salim Toumi, oui ou non?

Non. Jamais je ne tuerais mon frère.

Je mourrais pour mon frère.

Jurez-le!

Oh vous qui avez cru!

Si un pervers vous apporte une nouvelle,

alors enquêtez afin de ne pas commettre d'injustice par inadvertance

envers des innocents, injustice que vous regretteriez par la suite.

Si vous n'êtes pas l'assassin, alors trouvez-le.

Et assurez le trône à mon fils.

Agitatrice!

Elle veut semer la division!

Je jure devant Dieu,

vous en êtes tous témoins.

Que demain,

une enquête s'ouvrira pour trouver les assassins de Salim Tourmni,

descendant des Thaalibi.

Les coupables seront étranglés publiquement.

Ainsi,

justice vous sera rendue, reine Zaphira.

Je suis triste que vous doutiez de mon innocence.

Ce n'est pas grave.

Je vous pardonne.

Quant à lui.

Arrachez-lui la langue.

Pourquoi moi?

Je vais te tuer!

Je vais t'étriper!

Je vais te saigner!

T'es un homme mort!

Je vais te tuer, salopard!

Je vais te jeter au Kraken pour qu'il te bouffe!

Lâche-moi, faquin!

C'est une stratégie!

Je n'ai rien à faire avec cette femme!

Elle est insupportable!

Pourquoi veux-tu l'épouser? Ce n'était pas prévu!

Astrid, il faut gagner la confiance des Algérois.

Que les esprits se calment pour qu'on s'installe ici.

Tu comprends?

Rester ici?

Jamais de la vie!

On va construire ici.

Arrêter d'errer en mer.

C'est ici notre pays, maintenant.

Je suis las de tout ça.

Je suis las.

Dieu merci!

Je n'espérais plus vous revoir.

Khaled Toumi.

Nous pensons toujours à vous, Yahia et toi.

Comment vont les petites et Farès?

[Is vont bien. Nous sommes dans ma tribu.

Dites-moi vite, vous ne devez pas tarder.

Avec Chegga, nous montons une armée.

Quel est votre plan?

Nous frapperons vite et fort.

Si nous gagnons, nous reprendrons le palais.

Et notre trône.

Si Dieu le veut.

Zaphira,

tu es restée seule au milieu des loups.

Tu es courageuse.

Tu es notre fierté.

Oui, c'est vrai.

Nous sommes épouses du même destin, et pour cela tu es une sœur.

Zaphira.

Pour les Thaalibi,

pour nos fils Farès et Yahia, et pour Alger,

accepte de l'épouser.

Et tue-le.

Mais comment?

- La nuit. - Quelle nuit?

La nuit de noces.

Je sais ce qu'est être une femme seule au milieu des hommes.

Durcis ton cœur.

Je lève une armée et toi, tu le tues dans son lit.

Nous sommes avec toi.

Où suis-je, moi, dans tout ça?

Il ne s'agit ni de toi ni de moi.

Seule Alger compte.

Es-tu avec nous?

Je suis des vôtres.

On a attrapé les criminels et les traîtres

qui ont assassiné Salim Toumi et comploté contre Aroudj.

Ils seront étranglés devant Dieu et les hommes.

Je n'y crois pas.

Chérif El Kamal!

- L'époux de Zokha? - Oui.

Chérif.

C'est impossible!

Quelle mascarade!

Maman, ils vont mourir?

- Dis-moi, ils vont être tués? - Oui!

Ils ont tué ton père.

C'est la décision du tribunal.

Et si ce n'est pas eux?

Il ne faut pas les exécuter!

Ce sont eux!

Pour que personne ne s'approche de nous

et nous fasse du mal.

Nous sommes innocents!

Les vrais coupables se retrouveront devant Dieu!

Et ses anges témoigneront!

C'est un coup monté!

On se sert de nous!

Zaphira!

Ouvre, ouvre!

Yakout, Messaouda!

Ouvrez, c'est moi Zokha!

[Is accusent mon mari d'avoir tué Salim!

Tu sais que ce n'est pas lui!

Ouvre, Zaphira!

Je suis ta sœur!

Maman, allons-y! Il n'y a personne!

Tu peux les arrêter. Parle avec Aroudj.

Traîtresse!

Traîtresse!

Tu as détruit ma maison. Dieu détruise la tienne et ta progéniture.

Comme le swak s'est mélangé avec ma salive,

Comme l'or fait briller l'agate,

Que les gens me craignent comme une lionne,

Qu'ils m'écoutent comme le Sultan et le Mufti.

Tous ces cadeaux sont offerts par les frères d'Aroudj,

Ishak et Kheireddine,

à la sultane Zaphira.

Qui l'a invitée?

Personne, elle est avec Aroudj.

Aroudj exige un grand mariage où tout Alger sera invité.

II faut vous marier vite.

Soit.

Marions-nous dès demain.

- Demain? - Demain.

Non, pas si vite.

Ce mariage vous contrarie?

Non.

Ne vous inquiétez pas. Cela me contrarie autant que vous.

Détrompez-vous.

Je ne pleurniche pas pour un homme.

Menteuse.

Pute de Satan.

Petite traînée.

Messaouda!

Ouvre le coffre et montre les cadeaux d'Aroudj aux invitées.

Messaouda est de ma maison. C'est moi qui ordonne ses gestes.

Ouvre le coffre.

Ceci ne concerne qu'Aroudj et moi.

Éloignons le mauvais œil.

Nous attaquerons vendredi,

quand les gens de la plaine viendront faire commerce.

Vous serez dissimulés parmi eux.

Les armes cachées dans la marchandise.

Vous irez prier à la grande mosquée.

Aroudj lèvera la prière, restez près de lui.

Frappez à la sortie de la mosquée:

Aroud]j, son frère et ses hommes.

Les autres se rendront.

Je ne veux pas un bain de sang.

Il veut être notre Calife.

Frappons pendant la prière.

Ils seront désarmés!

Nous sommes héritiers de Sidi Abderrahmane.

On ne frappe pas dans les lieux saints. Seuls les peuples maudits font cela.

J'aurais aimé vous revoir dans de meilleures circonstances.

Nous voulions venir à Miliana,

mais hélas...

Marhoun!

C'est toi!

Que tu es grand.

Tu m'as manqué. Ma Zaphira.

Mon tendre frère.

Qu'as-tu?

Mohcen t'attend avec le petit.

D'accord.

Installez-vous, j'arrive.

Occupe-toi d'eux, Younès.

Tu auras un cheval pour toi à Miliana.

Et j'irai où je voudrai avec?

Oui.

Mohcen.

Zaphira.

Maman, je pars à Miliana avec mon oncle!

Vraiment?

On part, nous les hommes, mais je reviendrai te voir.

- Tu viendras me voir? - Oui.

Mohcen, de quoi s'agit-il?

Notre père est mort.

II est mort et enterré.

Sa dernière volonté était que nous reprenions Yahia.

Qu'as-tu?

Ça t'étonne?

C'est toi, le poison.

Le poison qui l'a tué.

Tu ramènes des hommes chez toi,

tu négocies avec des corsaires,

tu décides de te marier sans ton tuteur...

Mohcen, arrête!

Yahia vient vivre à Miliana avec ses oncles.

On ne laisse pas le petit avec une dévergondée.

Ce n'est pas ce que tu crois!

Oublie Miliana et crève à Alger!

Mohcen!

- Viens, Yahia. - Mohcen.

Viens, Yahia.

Éloigne-toi de lui!

Recule, Zaphira!

Laisse-le!

Je t'ai dit de t'écarter!

Rends-moi mon fils!

- Pousse-toi! - C'est mon fils!

Qu'est-ce que je vous ai fait?

Recule!

- C'est un ordre! - Un ordre?

Lâche mon fils.

Un ordre? Tu te prends vraiment pour une Sultane!

Rends-moi mon fils.

Je suis ton frère.

Si ce n'était la volonté de notre père,

je t'aurais tuée pour l'honneur.

Éloigne-toi!

Mohcen!

Regarde-moi.

Mohcen!

Prie.

Je crois en un Dieu unique.

Et Mahomet est son prophète.

Ma reine!

Zaphira, qu'as-tu fait?

Gardes!

Laisse-moi prendre mon frère.

Laisse-moi prendre mon frère.

Rends-moi mon frère.

- Enlève ta main. - C'est mon frère aussi.

Venez m'aider!

Oh humiliation suprême,

les Algérois

nous ont mis la raclée du siècle

et nous ont envoyés pleurer chez nos mères.

Mais arrivé chez ma mère,

elle m'a à son tour mis une fessée

en me criant:

honte à toi mon fils, vous avez perdu Alger!

Maintenant, il ne te reste plus qu'à te jeter à la mer!

Allez, pirates,

à l'abordage!

Suis-moi.

Vous faites la fête?

Vous festoyez alors que ma femme a failli se faire tuer.

Qui, Astrid?

La reine, couillon!

Comment?

Son frère est venu de Miliana pour la tuer.

Dans sa maison. Où étiez-vous?

- Qu'est-il arrivé? - Elle l'a tué.

Et si elle vous avait attendus?

Abruti!

Elle n'a pas besoin de nous, la mariée d'Alger!

T'arrêtes tout de suite tes balivernes.

Le souci maintenant, c'est que Zaphira a neuf autres frères,

et je ne sais combien de cousins.

Tout Miliana va descendre à Alger

pour venger le frère aîné.

On saura les accueillir.

Écoute ce qu'il dit!

Pendant ce temps,

Khaled Toumi et Chegga préparent une rébellion.

Aidés peut-être par les Espagnols.

Ils promettent une descente sanglante sur Alger.

Alors ça, c'est ce qu'on verra.

Tais-toi, c'est pas fini.

Khaled Toumi rend visite à Zaphira.

La nuit, bon Dieu! Sous votre nez!

Des visites galantes?

Je vais t'étriper!

Non, c'est pas dans ce sens!

Aux futurs mariés!

À la santé du futur marié Aroudj!

Dieu est grand.

Zaphira.

Tout peut arriver.

Si nous échouons vendredi, tu seras notre dernier espoir.

Épouse-le, et tue-le la nuit de noces.

C'est notre terre, et Dieu est avec nous.

Ta fidèle, Chegga.

Quiconque prend les armes contre nous

n'est pas des nôtres.

et quiconque nous trompe

n'est pas des nôtres.

Le sang des traîtres ne mérite pas de couler sur notre terre.

Ne vous inquiétez pas,

il connaît cette forêt comme sa poche.

Il est dégourdi.

Je ne reconnais plus mon fils. Il ne cesse de fuguer.

I! finira par revenir, il n'a nulle part où aller.

Yahia!

Où es-tu?

Pourquoi tu me fais ça?

Yahia!

Mehdi!

Vous nous suiviez?

Le tribunal de Miliana t'attend, suis-moi!

Non, pas toi!

Tu nous as déshonorés!

Allez vous cacher!

Vous alliez où comme ça?

- Je cherche mon fils. - Je sais.

D'autres m'ont informé, contrairement à vous.

Où est-il?

Vos frères vous cherchent.

Je vous interdis de décider seule,

de sortir de chez vous, de quitter la ville,

je vous interdis tout cela!

Personne ne m'interdit!

Qui s'approche de mon fils le paiera cher, même vous!

Prenez garde.

Je suis capable du pire.

Ma femme ne sort jamais de sa maison.

Je ne serai ni votre femme, ni celle d'un autre,

si Yahia...

Si Yahia ne m'est pas rendu vivant.

Je le ramènerai.

Je vous le promets.

On dit que vous n'avez peur de personne,

que vous obtenez ce que vous désirez.

Comme les sultans.

On dit que tout le monde a peur de vous,

que vous obtenez ce que vous désirez.

Comme un diable.

On dit qu'à votre naissance,

votre mère vous a lavée à l'eau de rose et à l'ambre,

comme le font les djins célestes à leurs nouveaux-nés.

On dit que vous êtes né dans un petit village en Grèce,

d'un père potier et d'une mère paysanne,

qui s'appelait Catalina.

On dit que vous ne sentez pas le froid de la glace,

que vous mordez dedans,

que dans les montagnes de Miliana, vous courriez pieds nus dans la neige.

On dit que vous ne sentez pas la chaleur du feu,

que lorsque le canon a coupé votre bras à Bejaia,

vous n'avez rien senti.

Le feu peut-il réchauffer le cœur d'une femme seule face aux loups,

même si elle est sultane?

La neige peut-elle apaiser le cœur d'un homme,

qui a goûté aux rivières de l'enfer,

pour devenir un conquérant,

après avoir été esclave?

C'est la première fois que je vois votre visage.

Aujourd'hui, j'ai un trône.

Et bientôt, vous serez ma femme.

Il est là.

Laissez-nous.

On y va.

Bâtard!

Cherchell est une belle ville.

Tu y seras bien.

Bosniaque viendra chaque mois,

pour s'assurer que tu ne manques de rien.

Astrid.

Comprends-moi.

Donne-moi cette dague.

Je vais la lui remettre.

Je m'en irai ensuite.

Tu n'es pas obligée.

Je suis toujours ta messagère.

Je compte honorer ma mission jusqu'au bout.

J'ai voulu nuire à cette femme alors qu'elle me rappelle moi.

Lorsque j'étais esclave et me débattais seule.

Sors de l'eau!

Il est tard.

Yahia!

Sors!

Tes mains sont glacées.

Tu te prends pour un poisson?

Mon chéri.

Qu'est-ce qu'elle fait là?

Allez.

Rentrons.

- Aroudj. - Alors.

Vous avez trouvé le gamin?

Nous avons trouvé le campement des frères de Zaphira...

Mais Yahia nous a échappé.

Échappé?

Depuis quand les gens t'échappent-ils?

Yahia!

Marhoun, laisse le petit!

Yahia!

Voici le burnous de Yahia.

Je vous jure que c'est vrai.

Je te crois.

Aroudj et ses hommes ont eu raison de la rébellion qui menaçait Alger.

Cette dague, reprise à feu Chegga,

vous est restituée par Aroudj comme promesse

de retrouver votre fils Yahia.

Dans l'espoir de vous épouser, demain,

selon la loi de Dieu et son prophète.

Je m'en vais et vous ne me reverrez jamais.

Pardonnez-moi.

Si je vous ai fait du mal.

Tu es là?

Yahia...

Tu l'as vu?

Réponds-moi.

Tu m'as manqué.

Beaucoup.

Maman.

Tu sais, je fais toujours ce rêve.

Je suis à Miliana.

La neige recouvre le sol.

Tout est blanc.

Éternel.

La neige couvre mes pas.

Il n'y a plus un souffle,

ni même un battement.

Maman.

Yahia n'a jamais voulu régner.

C'est moi.

C'est moi qui me suis imaginée reine.

Le marié est là.

Maman.

Tu dois partir avec lui.

Maman!

Je veux la paix, Zaphira.

On ouvre une nouvelle page.

Pour Alger.

Je t'ai dit.

Je veux la paix.

Qu'est-ce que tu cherches?

Je suis là.

Je suis là.

Arrête.

Tue-moi à ta place.

Tue-moi.

J'ai déjà connu l'enfer.

Je ne te tuerai pas Aroudj,

pour que tu voies ton empire s'évanouir.

Zaphira!

Regarde la vie me quitter.

Comme mon amour m'a échappé.

Pars...

Mon amour.

Regarde-toi, Aroudj. Regarde-toi disparaître avec moi.

Pour Alger.

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