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En somme, ce que Madame cherche, c 'est un lit.
Évidemment. Je vous dis que c 'est pour dormir. Je n 'ai pas besoin d 'une
baignoire. Pardon.
Vous serez combien sans indiscrétion ? Il ne s 'agit pas de moi. Ils seront
deux, au maximum.
Ah, un lit à deux places.
Ça se fait beaucoup en ce moment.
Madame est dans le vent. Ne me soufflez pas dans le chignon, s 'il vous plaît.
Alors, j 'aurai ça.
C 'est anglais. Ça ne se démode pas. La suspension est merveilleuse. Et puis,
Madame appréciera les roulettes. Ça braque admirablement. Ça se gare où vous
voulez. Combien est -il coté à l 'Argus ?
Oh, Madame Vadine ! Ne postillonnez pas dans mes peignes, s 'il vous plaît.
Voyons autre chose.
Celui -là ne plaît pas à Madame.
Non, ne trottez pas l 'œil. Quand on dort, on ne crâne pas.
Stop ! Cet engin -là, combien ? Oh, Madame, celui -ci est vendu. Et d
c 'est un lit jumeau. Je ne peux pas les dépareiller.
Et puis, nous avons le lit -cage qui va avec, voyez -vous. Et puis, le berceau.
Le berceau ? Oui, le berceau.
Spécial jeunesse.
Madame n 'ayant pas une tête de famille nombreuse, je ne peux pas lui proposer
tout ce lot.
D 'ailleurs, comme j 'ai eu l 'avantage de vous le dire, je l 'ai vendu. À qui
donc ? Au propriétaire d 'un grand hôtel de province, madame.
Dis donc, Colette, si tu baisses pas le capot, on va voir le moteur.
Il y a des points de vue qui ne sont pas mentionnés sur le guide du chemin.
Quand même, ça mérite un détour, non ?
Salut,
Miss France.
Ah, il y a du gigot à midi.
C 'est pas une raison pour vous en payer une tranche. Ah, à défaut de la soeur,
on peut faire la mise au petit frère, non ? Ne le touchez pas avec vos pattes
sales. Les enfants, à table, allez ! Ah, monsieur Lucien, considérez -vous comme
attendu. Il fera bien quelque chose d 'avant ? Ouais, un petit pastis. T 'as
raison. La rafraîchie sans débilité, c 'est comme le yogourt.
Dis -donc, elle devient un peu bêcheuse, ta fille, hein ? Bon, c 'est pas une
fille, c 'est une station -service.
Dis -donc, toi, oublie pas que y a des haricots à tremper en t 'attendant à la
cuisine. Est -ce que je m 'occupe de mon frère, oui ou non ? Je peux pas être à
la fois au four et au berceau.
La berceuse, ça t 'empêche pas d
Ce n 'est pas moi qui mets le disque.
Je ne sais pas ce qu 'ils ont tous à tourner autour de moi. Tu ne sais pas.
Moi, je vais te le dire.
Tu as compris ? Oui.
Et puis, je te prierai de ne pas être bêcheuse avec la clientèle.
En attendant, j 'en attire plus que je n 'en fais partie.
Mais d 'attirer, ce n 'est rien. Il faut se tenir.
Je vais te dire une bonne chose. S 'ils reviennent, c 'est à cause du sauté de
veau de ta mère.
Oui.
Tu me plais.
Ce qu 'il ne faut pas faire, j 'ai menti à papa.
Du moment qu 'on s 'aime, on est les plus forts.
Tu m 'embrasses bien.
J 'ai dit que j 'allais à la pêche, drôle de pêche. Demain ? Oui, pour tout
week -end avec mon copain Christian.
J 'ai dit qu 'on couchera en route.
Il y aura de la place au moins.
Pas de question, demain c 'est le 1er mai, les camions ne roulent pas,
ne travaille.
Toutes les chambres sont libres.
Tu sais que je veux être à toi.
Complètement.
Colette ! Alors c 'est convenu. Ton copain et toi, vous arrivez comme de
voyageurs. Et à minuit, je te rejoins dans ta chambre.
On prend des risques terribles, non ? J 'aime.
Colette ! Ne te montre pas, sinon mes parents auraient des soupçons.
Quelle aventure !
On peut cueillir sur l 'arbre. Le muguet est en pied.
On squatte.
Hé, Colette, c 'est ça qui m 'a dit que je rassemblais ? Un conscrit.
Les conscrits, on les embrasse ? Pourquoi pas ? Pardon,
mademoiselle, est -ce qu 'on peut avoir des chambres pour la nuit ? De
préférence à côté de la vôtre. Et moi, je laisse toujours la clé sur la porte.
À la bonne heure, vous n 'êtes pas fils unique, vous, au moins.
C 'est sérieux.
Vous pouvez jouer demain contre Saint -Privat. Notre car est tombé en panne à
deux pas d 'ici.
On s 'en réparerait demain matin.
Et avec ce sacré 1er mai, pas de chemin de fer.
Vous jouez à quoi ? Au ballon rond.
Je regrette, mais nous n 'avons que 4 chambres et tout est pris. On pourrait
peut -être parler à votre patron.
La patronne, c 'est moi.
Qu 'est -ce que c 'est ? Ces messieurs voulaient des chambres. Je leur ai dit
que ce n 'était pas possible.
Ah, mais nous n 'en ballons pas.
Nous n 'en ballons pas.
C 'est le football, hein ? J 'ai toujours été l 'ami des sportifs.
Le champion, ici, est chez lui.
Vous savez, moi, je suis le chauffeur du cœur.
Ah bon ?
Vous êtes combien au juste ? Onze.
Douze avec Léon.
Moi, messieurs, j 'ai quatre chambres, ce qui nous fait six lits.
Tu oublies la chambre de Colette. Et qui c 'est, Colette ? C 'est moi.
Tu ne crois pas, Émile ? Ah, ben comme ça, là ! Espèce de... Je retiens ça ? Je
raconte que je ne retiens rien du tout.
Voilà, le comptier, vous pouvez bien coucher à deux par lit.
La veille d 'un match, papa, tu n 'y penses pas ? Mais quoi ? C 'est des
sportifs, oui ou non ? Alors, je vais coucher sur une planche à passer.
C 'est qu 'ils sont petits, ces lits.
Alors là, tout petit.
Et en admettant, il reste encore quatre gars à caser. Il y a bien les lits de
camp et des... C 'est vrai, des lits de camp, des vrais repos du guerrier.
Seulement, il faut nous aider à les transporter.
Allez, la jeunesse, qui même me suit.
Ça m 'a l 'air mal parti.
Il vous reste...
Deux chambres, s 'il vous plaît. Vous faites partie de l 'équipe, ça ? Ah non,
on est en week -end. Oh, alors là, vous me posez des problèmes, ça.
Vous seriez venu cinq minutes plus tôt.
Maintenant, je suis l 'équipe.
Équipe de quoi ? Qu 'est -ce que vous croyez ? Équipe de football ? Même que j
'ai dû leur donner la chambre de ma fille. De votre fille ? C 'est tout
les jours de presse, elle couche dans notre chambre à nous.
Bon, nous n 'en parlons plus.
Dommage, j 'avais l 'air de brave garçon.
Rien de rien, complet, fini ! Vous n 'auriez pas une grange ? Un grenier ?
un bon matelas.
À la guerre comme à la guerre, quoi.
Pas vous, messieurs, pas vous.
On se respecte.
Papa.
Tu crois pas qu 'il faudrait mieux... Non mais attends, c 'est pas fini.
Papa aurait bien proposé si on vous fermait, il n 'ose pas.
Non voilà, on l 'a déjà fait.
Pour les parents, pour dépanner.
Parce que, Madame Emile et moi, On dort ensemble.
Sans coucher ensemble.
Enfin, pas tellement.
Je ne sais pas si vous me suivez.
Non, bref, on a des lits jumeaux. Alors, ça rapproche. Je vois.
Vous ne voulez pas dire ? Un lit d 'un côté, un lit de l 'autre.
Notez que si ça vous convient. Pas moi, je ne vous en prie pas. On a ses aises.
C 'est pas ça, seulement...
Mais il y a encore mademoiselle votre fille. Oh, ne vous inquiétez pas.
Ici, c 'est la maison du colandaire. De par avance, c 'est la rue Michel et le
banquier avec nous.
Encore une fois, je n 'oblige personne.
Et un tour d 'honneur pour la reine de Savard.
Oh, si on m 'avait dit ça.
Dis -donc, Émile, la maria est au lait sur la douche. Je remplis le temps
aujourd 'hui.
Oui, mais c 'est moi qui rentre les bûches.
Si je comprends bien, on va coucher dans la même chambre.
Vous savez, on peut très bien se débrouiller.
Dites -moi, monsieur, vous ne craignez pas que ça gêne votre femme ? Eh ! Un
mètre dix. C 'est quoi ? L 'ailé.
Voilà, on y est.
Tu te comprends.
C 'est marrant, non ? Bon, à vous, c 'est là.
La patronne et moi, de l 'autre côté de la muraille de Chine.
Lévataire, dans le couloir, en face.
C 'est un canot de sautage, l 'avenir de la race.
C 'est pas un enfant à pleurer si on ne réveille pas. Il tient de moi.
De toute façon, là où il est, au pied de notre lit, il ne peut pas vous gêner.
Vous avez une chaise pour mettre vos affaires.
Allez, bonne nuit.
Soyez tranquilles, on ne prend pas de bruit.
T 'as vu qui c 'est qui couche là ?
Attention,
ça va réveiller le beau -frère.
Tu préfères quel côté ? Il vaut mieux que je me mette là, à droite.
Comme ça, je n 'ai trois pas à faire.
Regarde. Un, deux, trois.
Quoi qu 'à l 'alerte.
Un, deux, trois.
Chacun chez soi.
Parce que maintenant, c 'est toi qui livre en ville.
Dommage, on lui aurait fait une petite place.
Complaisante part.
T 'as le trac, bonhomme ? Un peu, quoi.
Pas à dire, il y en a qui savent dormir. Ça te lance un homme, ça.
Lequel c 'est le fils de l 'usine ? Eh bien, il s 'en sort, non ? L 'autre, c
'est le fils du notaire.
Tu sais ça, toi, hein ? Attablie le parler, c 'est pas forcer.
Tu es glacé.
Le soleil, c 'est pas pareil.
C 'est pour écaution.
C 'est blanc à sec.
Elle n 'y a pas l 'air.
J 'aurais dû repérer les lieux.
Ça n 'aurait pas duré un été comme ça.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Un placard.
Le couloir, ce n 'est pas possible.
le pot d 'air.
Qu 'est -ce qu 'il y a, Colette ? Tu parles en dormant ? Hein ? Quoi ? Qu
-ce que tu veux ? Quelle heure est -il ? Tu n 'es pas malade ? Pas du tout.
D 'accord, ça va, ça va rien.
Demain, on fait 35 couches.
Par là.
On n 'arrête pas de les recevoir.
Après tout, on ne les connaît pas, ces types -là.
Mais qu 'est -ce que tu as aujourd 'hui ? Oh, mon Dieu ! Quoi ? Dites -le !
Dites -le ! Oh,
mais... Je ne le reste pas. Il a bien dit. J
'en aurais le cœur.
Parce qu 'au fond d 'oeil, on se met en capte de blague à rien. Vous comprenez ?
Mais où est cette lumière ? Je vous en foutrai, mon Nicolette ! Ce n 'est pas
peine de faire l 'endormi parce que je vais vous botter le cul, moi.
Vous n 'êtes pas bien ? Celle -là, c 'est la meilleure. Ce cochon -là, il
du lit de ma fille et qu 'est -ce qu 'il fait ? Il vient dans le mien tout
bréconté. Les bras doux et blancs. C 'est du propre.
Vous ne voyez pas qu 'il est malade, non ? C 'est toujours le même processus.
Quand elle prend, il se relève la nuit et raconte tout ce qui lui passe par la
tête. Ça me dit pas ce que Colette a fait dans son cinéma.
Ça, c 'est le mystère de la cristallisation.
C 'est un vrai schizophrène, vous savez.
Un malade, reconnu par la faculté.
On est gâtés.
Vous auriez dû nous prévenir.
On aurait organisé une petite réception.
C 'est pas le mauvais cheval, vous savez.
Allez -toi, viens par ici et rentre dans ton lit.
Où suis -je ?
Qui êtes -vous, Yvonne, tes petits pieds ? Les pieds, maintenant.
T 'es obsédée ? Nom de Dieu ! Maria ! Maria ? Maria ? Oui, toi,
couche -toi ! Mais la patronne, quand même ! Vous allez pas me dire qu 'elle
chisophrène, elle aussi ? Allez savoir, on l 'est tous plus ou moins, vous
savez. Ça se passera pas comme ça ! Maria ! Maria ! Arrête de brailler comme
! Là, t 'es content ? T 'as gagné, t 'as réveillé le petit. Tu réveilles tout le
monde. Je lutte contre les envahisseurs. Et tout juste, si on n 'en trouve pas
un dans le berceau, ils viennent jusque dans nos bras. Ici, dans les miens, dans
le sud de notre pays.
Oh, tu sais plus ce que tu dis.
Celle -là, c 'est moi, on ne s 'est pas quitté. En chance.
Je suis restée tout le temps près d 'elle.
Oui, elle était un peu souffrante.
Il n 'y a qu 'une mère pour sentir ces choses -là.
Parce que toi, t 'étais dans le lit de ta fille.
Mais nom de Dieu ! C 'est un vrai carousel, ici !
Monsieur, l 'honnête homme, c 'est celui qui n 'a qu 'un lit.
Moi, je n 'ai pas bougé. C 'est encore vous le plus raisonnable.
Je n 'ai pas eu de mérite.
Finalement, c 'est nous qui vous avons réveillé.
Ah, ça, je dois dire.
Je n 'ai quand même pas à me plaindre.
Après tout ce que vous avez fait pour nous.
Quand on peut rendre service, bon, ça ne sert à rien de s 'énerver.
Pas bon pour le foie.
Allez, tâchons de dormir.
Et Maria, tu ne m 'en veux pas.
Moi, tu sais les émotions.
Ce n 'est pas le moment.
On dormirait mieux après.
Je t 'en prie, trouve autre chose.
Demain, on fait 35 ouverts.
Tu as raison.
Il faut d 'abord satisfaire le client.
Stop ! Celui -ci, c 'est du Louis -Philippe ? C 'est -à -dire que c 'est
où on aurait tout aussi bien pu dormir sous le Louis -Philippe.
C 'est du Louis -Philippe ou quoi ? Oui, dans la mesure où déjà sous le Louis
-Philippe, il n 'y avait aucun style, voyez -vous.
De toute façon, madame est trop bonne cliente pour que je lui vende un lit
maudit. Un lit maudit ? Le diable y a donc couché ? Ah oui, madame, le diable.
Mais quel diable ? C 'est un lit à dormir debout.
Le monstre hier, le monstre de la Pinède a frappé une nouvelle fois. Oui, c 'est
bien ça, une nouvelle fois.
Non, je te l 'ai dit, c 'est aussi une toute jeune fille comme les six autres.
Mais ce satyre va vous faire louper la saison, c 'est couru. Il ne viendra plus
un chat maintenant.
Oh, mais c 'est tout le contraire.
Depuis qu 'on parle de lui, il y a une affluence extraordinaire. Les touristes
trappent lui à toute vitesse.
Il y en a même qui avancent leurs vacances. Oui, surtout les femmes, il en
de tous les côtés.
Approchez, mesdames et messieurs. Pour 200 lire, vous pourrez emporter le
monstre comme souvenir.
N 'hésitez pas à vous offrir ce petit plaisir. Pour 200 lire, vous aurez le
monde. D 'après le portrait revu de la police.
Offrez -le à vos enfants. Je vous souhaite la bienvenue, mesdames, de la
la direction.
Merci. Où est -elle, la Pinel, là -haut ? Dis -moi,
Stella, où est -ce qu 'il t 'a dit qu 'elle était, la Pinel, hein ? Qu 'elle
était à côté de l 'hôtel, sur le plateau, là -haut. Puisque c 'est tout
nous devrions y aller directement. Non, non, on va se refaire une beauté à l
'hôtel. Nous irons après.
Quel air tonique. Ça va nous faire un bien énorme, tu crois pas ? Mais qu 'est
-ce que tu fais, tu roupilles ? On m 'a dit que le professeur Moroni se trouvait
là -bas, alors il faut aller le voir. Mais qui est ce professeur Moroni ? Et
puis qu 'est -ce qu 'il a à voir avec le monstre ? Tu ne sais donc rien. C 'est
l 'auteur de Sexe et répression. C 'est un spécialiste de renommée mondiale.
Sexologue, psychanalyste, sociologue, criminologiste. Et alors, si j 'ai bien
compris, c 'est lui le monstre ?
Mais chérie, je suis ton mari, j 'ai le droit... N 'oublie pas que je suis
encore mineure.
Mais voyons, essaie de comprendre. Une femme mariée n 'est plus mineure, elle
est automatiquement ma chérie. Non, non, non.
C 'est d 'ailleurs faux caractériellement en ce qui te concerne.
Mais physiologiquement, tu es mûre, ma chérie.
Mais voyons, Claudine, tu n 'es plus une petite fille.
Monsieur le professeur, excusez -moi de vous déranger, mais... Qu 'est -ce que c
'est ?
Mais qu 'est -ce qu 'ils veulent, ces journalistes ? Je veux qu 'on me fisse
paix, la paix, vous entendez ? Vous me dérangez juste maintenant.
Je commence vraiment à penser que tu es inhibée, tu sais.
Ton subconscient t 'empêche de devenir adulte.
Voilà que tu recommences à m 'injurier.
Depuis que nous sommes ici, tu n 'as pas arrêté de me dire des mots grossiers.
Quelle lune de miel.
Dis -moi où sont toutes les belles choses que tu me promettais quand nous
encore fiancés.
Mais elles sont là, elles sont là tout près à portée de la main.
Informe -toi, demande à tes amis, à ta mère, au curé, à tout le monde, quoi.
Tu sais ce que le prêtre a dit le jour de notre mariage, tu t 'en souviens ? Le
prêtre, tu penses ? Le bon Dieu, tu n 'y crois même pas.
Si on s 'est marié à l 'église, c 'est pour faire plaisir à la famille, c 'est
tout.
Tu veux que je te dise qu 'un jésuite ? Mais chérie, Freud a les mêmes théories.
Oh, ça je pense bien. Les hommes sont tous d 'accord quand il s 'agit de
grossièreté. Claudine ! Oh, ça va, finissons.
Si ça ne te convient pas, tu peux t 'en aller, tu sais, je ne t 'en voudrais
pas. C 'est la carte, on est à l 'université avec tes élèves, tu y seras
bien. Quoi, te laisser ?
Mais je t 'aime, Claudine.
Si je suis devenue aussi bête, c 'est évidemment parce que... C 'est
parce que je t 'aime, tu peux tout de même comprendre ça, non ? Oh, mais oui !
'ailleurs, toi -même, est -ce que tu ne m 'as pas dit que tu m 'aimais il y a
quinze jours ? Tu m 'as dit aussi que je ressemblais à ton père, hein ? Oui, c
'est vrai, je te l 'ai dit. Bon, alors si tu m 'aimes... Oh, mais Robert !
Tu veux que je fasse ces choses avec quelqu 'un qui me fait penser à mon père
Mais oui, bien sûr, je veux.
Écoute, tu fais un transfert édipien, comprends -tu ? C 'est le rapport père
-fille qui se transforme en rapport mari -épouse, c 'est clair. Tu sais, c 'est
un processus assez fréquent, chérie. Toi, tout ce que tu sais faire, c 'est m
'offenser. Tu pourrais me dire des mots gentils, mais tu n 'as pas l 'air de
savoir ce que c 'est.
J 'aimerais te dire des mots gentils, même des gros mots.
Mais tu m 'en empêches, Claudine.
J 'ai besoin de ton aide, de compréhension.
Ce douceur.
Je n 'y peux rien, moi, si les hommes me font peur dans un lit.
Et c 'est comme ça que tu me soignes.
Épouser un professeur dans ton genre, c 'est pas de chance.
Professeur, professeur. Mais ce que tu n 'arrives pas à comprendre, c 'est qu
'avec toi, je ne suis plus un professeur. Mais je suis le plus
plus désarmé, le plus faible de tous les hommes, tu entends ?
Tu as vu ce que j 'étais obligée d 'inventer pour te rester fidèle, mon
Mais quand je ne serai plus dans le cagibi, qu 'est -ce qui va se passer ?
Comment feras -tu pour lui résister ? Oh, mais j 'aurai toujours pour toi un
petit coin pour te cacher, mon chéri. Mon amour, chéri, est -ce que tu me
? Vous devriez cesser de le traiter de monstre, messieurs.
Vous êtes influencé de façon évidente par les bandes dessinées et par cette
littérature pour déficients mentaux si fréquente actuellement, et vous en avez
déduit que cet homme était sûrement d 'aspect anormal, l 'écume aux lèvres,
alors qu 'il paraît évident qu 'il s 'agit ici d 'un homme névrosé, d 'un
qui peut -être, dans son enfance, a, disons, désiré avoir des rapports
avec les siens, mais qui a dû être repoussé. Voilà pourquoi cet homme est
de complexes depuis ce temps -là.
C 'est peut -être aussi un homme qui ne s 'entend guère avec sa femme et dont
les sens ne sont pas satisfaits, ce qui occasionne des troubles, comme chacun
sait. Ce monstre, quel aspect peut -il avoir ? Pouvez -vous nous le dire ?
Je dirais un aspect banal.
Peut -être même est -ce un homme... d 'âge moyen, qui sait ? Pas
stupide, je pense.
Sérieux, vêtu tout de gris.
Il a peut -être un nœud papillon, ce qui est un signe de déviation narcissique,
remarquez -le bien.
Mais il y a peut -être une chose... Regardez, c 'est la dernière victime sur
monstre à violer. C 'est peut -être un malade, mais il a de bons yeux, elle est
un peu chouette.
Allez, venez les gars, allons l 'interroger.
Un sabayon au cognac. Tout de suite.
Professeur, vous étiez là, vous aussi, depuis quand ? Cher Antoine, il n 'y a
maintenant qu 'un jour. C 'est bizarre, on a dû arriver presque en même temps.
Il y a sans doute Claudine aussi.
Excusez -moi, je voulais dire votre épouse.
Comment se fait -il qu 'on ne la voit pas ? Je ne sais pas ce qu 'elle a, mais
elle est presque toujours dans sa chambre.
Mais nous deux, c 'est curieux qu 'on ne se soit jamais rencontrés. Je trouve ça
vraiment étrange.
Il est probable que nos horaires sont différents.
Pourtant, si vous êtes dans ce même hôtel depuis près de 15 jours, nous
nous frôler quelques fois sans nous voir.
Peut -être.
Je commençais à m 'ennuyer de vous.
De moi ? J 'ai voulu faire un peu de tennis, mais je n 'ai pas de partenaire.
Une attaque foudroyante comme la vôtre, ça ne se trouve pas comme ça.
Si j 'osais me le permettre, je dirais que vous me taquinez, professeur.
Eh oui.
Mais sur le terrain, je vous assure que nous sommes faits l 'un pour l 'autre. À
la vôtre.
Merci Antoine. J 'ai enfin réussi à gagner une partie, c 'est très
Je suis d 'autant plus satisfait que je suis sensiblement plus âgé que vous.
Bien sûr, mais si vous avez gagné, c 'est que je suis fatigué.
Je me dépense beaucoup ces temps -ci.
Vous par contre, vous êtes en pleine forme.
On ne dirait pas que vous êtes en voyage de noces.
Ne m 'en parlez pas.
Qu 'est -ce qu 'il y a ? Vous avez des ennuis ? C 'est ce que vous ne croyez
Antoine. Ça ne va pas du tout.
Non. Comment non ? Si je vous le dis, c 'est que c 'est vrai.
Je ne veux pas vous le cacher.
Au fond, j 'ai connu ma femme grâce à vous. Elle était sur un court de tennis
voisin d 'une autre. Est -ce que vous m 'en voulez de vous l 'avoir présentée ?
Non, c 'est pas ce que j 'ai voulu dire. Si je vous ai parlé, mon cher Antoine,
c 'est peut -être étrange, mais c 'est que vous êtes la seule personne à qui je
puisse me confier.
Ah oui ? Et pourquoi ? Je voudrais que vous me donniez un conseil. Vous la
connaissez depuis son enfance, n 'est -ce pas ? Oui.
Alors il est normal que vous sachiez mieux que moi comment la prendre, vous
voyez ? Comment la convaincre, quoi.
La convaincre à quel sujet, professeur ? Je voudrais qu 'elles se conduisent en
amoureuse. Mais professeur, vous avez passé votre vie à étudier les êtres,
inconscient. Vous êtes un peu de science sur le plan psychanalytique et vous
pensez que j 'en sais plus que vous.
Moi, à part les chevaux, les voitures et surtout les Ferraris, je ne m
'intéresse pas à grand -chose.
Si les filles de temps à autre, bien sûr, mais je ne m 'attarde pas. Je ne
d 'ailleurs pas savoir ce qu 'elles ont à faire. Je comprends, Antoine.
Seulement moi, c 'est autre chose. L 'ennui entre nous, c 'est que nous ne
trouvons pas le contact.
Que ce soit dans le domaine des idées ou le domaine physique, je suis
désarçonné. J 'en ai connu très peu, en réalité.
Je n 'ai pas eu besoin de tenir un carnet, une dizaine de putains en tout.
dehors de la pauvre Héléna, ma première femme. Vous l 'avez comptée avec les
autres ? Non, elle est à part, sinon ça ferait onze.
C 'était une psychothérapeute de grande valeur, Héléna.
Depuis elle, il n 'y en a eu aucune.
Claudine, je peux dire que c 'est autre chose. Ses parents l 'ont jetée dans mes
bras.
Et pourtant, je suis certain que vous plaisez aux femmes.
Commencez par enlever ces lunettes.
Et ensuite, fixez -les longuement. Allez -y tout de suite et vous verrez. Ce qui
est important, c 'est de bien les regarder.
J 'ignore à quoi c 'est dû, mais vous ne les regardez pas assez.
Ah oui.
Il doit s 'agir d 'un mécanisme, d 'attraction que je refoule, ce qui
ma façon d 'être. Alors, professeur, vous devez les regarder. Il n 'y a rien
tel et ça prend.
Oh, voyons. Vous n 'allez pas me dire que c 'est suffisant. Mais si.
Je vous jure que si. Asseyez -vous, professeur. Écoutez -moi.
Il faut commencer par bien les regarder.
Tout est dans cet instant, dans ce premier regard.
Ce qui se passe après, c 'est une simple formalité.
Antoine, c 'est quelqu 'un de très fort.
Pourquoi je ne dirais pas tu ? C 'est dire tu.
Mais professeur, je ne pourrai jamais vous tutoyer. Mais si, essaye.
Bon, et maintenant, explique -moi bien.
Tu regardes une jolie fille, hein ? Et après, qu 'est -ce que tu fais ?
Attention, je te donne ta première leçon.
Eh bien, excuse -moi, je te verrai plus tard.
au revoir
Ça va pas.
Est -ce que vous savez l 'heure qu 'il est ? Mais va te faire voir, crétin. Il
est tordu, ce type -là.
Mais revenez ! Mais revenez ! Mais j 'ai compris tout de suite que vous étiez
intimide, mais vous savez que vous avez du charme ! Mais on me l 'a déjà dit !
Vous ne pourrez pas si vite vous essouffler, moi ? Vos papiers, s 'il
plaît.
Pourquoi ? Donnez.
Mais vous prenez mon nom ? C 'est une simple formalité, monsieur. Nous
recherchons le montre.
Nous sommes ici pour assurer la protection de vos femmes et de vos
Merci.
Allons, mesdames, ne restez pas ici, c 'est dangereux. Rentrez chez vous.
Excuse -moi.
Oh, ma petite fille.
Oh, souriez -moi. Oh, laissez -moi vous embrasser.
C 'est le monstre ! C 'est le monstre ! Ne le laissez pas échapper, il est
capable de tout.
Tu as trouvé une drôle de tête tout à l 'heure. Allez, emmenez -la.
Mais attendez, vous faites dire... Mais pourquoi refuser ?
Tu n 'es pas heureuse de nous voir enfin réunis, libres, sans cette crainte
permanente d 'être surpris ? Comprends -moi, Antoine, ce n 'est pas la même
chose. Je me sens triste, coupable.
Pense à ce pauvre Robert en prison.
Pauvre lui, il n 'a que ci de mérite.
Je ne croirai jamais qu 'il est innocent.
Alors toi aussi tu penses que c 'est lui le monstre. Mais c 'est l 'évidence
même.
C 'est pour cela que je me sens tellement coupable.
Je l 'ai repoussé.
C 'est à cause de moi qu 'il s 'est mis à courir les petites filles.
Un fameux cochon.
Et toi tu vas le plaindre.
Et toi qu 'est -ce que tu es ? N 'oublie pas que moi aussi je suis mineure.
Qu 'est -ce que tu racontes ? C 'est ridicule, tu es mariée toi.
Ah oui ? Et avant ? Ben, avant... Ben,
avant, j 'étais amoureux.
Robert aussi, lui, était amoureux.
Et je suis sûre que dans chacune de ses gamines, c 'était moi qu 'il cherchait.
Peut -être qu 'il les attaquait après avoir voulu que je devienne sa femme.
Et à ce moment -là, il les appelait, qui sait, ma petite Claudine.
Non, Antoine, je veux le sauver. Et si tu m 'aimes, tu vas m 'aider.
Moi ? Oui, chérie.
Pense comme ce sera gentil. On sera bientôt réunis comme avant, tous les
Toi dans le grand cagibi et moi luttant ici pour toi.
Comme c 'était romantique.
Tu t 'en souviens ? Si tu ne le sauves pas, je ne veux plus te voir.
Mais comment veux -tu faire ? Mais c 'est très simple. Toi, tu vas lui
tous les alibis.
Il faut savoir les heures et les jours où le monstre s 'est manifesté. Et tu
diras que tu étais avec lui.
Et qui va me donner tous les renseignements ? Moi.
J 'ai conservé toute la collection des journaux. J 'ai suivi toute cette
et j 'ai vraiment trouvé ça passionnant.
Quand je pense qu 'il vivait avec moi.
Monstre, monstre.
Tu es un monstre, un monstre.
Mais pourquoi tu as fait une chose pareille ? Je ne te plais plus.
Tu me plais trop, malheureusement.
Si bien c 'est le plus triste, c 'est que tu me plais.
Tu veux que je te dise, tu es un démon.
Moi, mais pourquoi ? Tu me le demandes ? Je t 'épouse, tu te refuses pendant 15
jours à tes devoirs conjugaux, et je découvre que tu n 'es même pas vierge.
mais c 'est... Oh, un homme comme toi, un homme aussi savant, et tu as encore
des préjugés pareils ? Les préjugés, dit la science, ne changent rien à la
question.
Une jeune fille élevée au sein de sa famille, une fille de 17 ans, chaste,
inhibée à moitié.
Le moins qu 'on puisse espérer, c 'est qu 'elle soit à peu près intacte, non ?
Oh, à peu près ? Mais moi, je suis tout à fait vierge. Oh, ne raconte pas d
'histoire, veux -tu. N 'oublie pas que je suis médecin, et ce qui est plus
important, d 'origine sicilienne.
J 'ai fait mes études en Suisse, ne change rien à l 'affaire. Oh, mais je
voulais dire, spirituellement, vierge. Et c 'est ça, la chose la plus
importante.
Qu 'importe le premier homme qui m 'a eu,
il n 'y en a eu qu 'un. Au moins, dis -moi qui c 'est.
Non, non, je t 'écoute.
Un monstre.
Un monstre ?
Mon pauvre petit, comment est -ce arrivé ? Raconte.
Il y a plusieurs années, j 'étais petite.
Dans un pré, je jouais à la balle. C 'est drôle, vous jouez toujours à la
avant que les sadiques vous attaquent. Oh, mais toi aussi, ta quatrième victime
jouait à la balle. Qu 'est -ce que tu racontes ? Mais enfin, Claudine, tu ne
penses tout de même pas que je suis vraiment le monstre.
Oh, voyons, chérie, ne fais pas le modeste. Si je ne te croyais pas le
est -ce que je resterais ici à te faire la cour ? Je continuerai à penser au
premier. Alors réponds, est -ce que c 'est toi le monstre ? Allons, bulle
Mon enfant, les monstres ne parlent pas, ne se vantent pas.
Les monstres, les monstres agissent.
Claudine, je pense que tu vas guérir, ta libido commence à se révéler.
Au revoir mon petit.
Je veux faire un tour.
Tu vas dans la pinède mon chéri ? Qui sait, après tout c 'est une idée.
Oh mon amour, laisse les petites filles, je t 'en prie, je te le demande.
Si on te prend sur le fait, je ne pourrai plus te sauver.
Je ne veux pas te perdre.
Tu as déchaîné en moi tous les instincts primitifs de l 'homme des bois.
Et si tu veux me conserver pour toi seul, il faut que tu me mérites. J
partir d 'aujourd 'hui obéissance.
Oui. Soumission à Pierre.
Oui. Et fidélité. Oui. Je vais dans la pinette.
Quelqu 'un, vite, vite.
Elle s 'est évanouie, vite.
Tenez le linge.
Excusez -nous, monsieur.
Tenez, emportez -la dedans.
Et puis emportez ça. Merci.
Tenez, il y en a encore.
Le monstre.
Le monstre.
C 'est une bonne idée, ça.
Je savais que tu étais capable de me tromper, mais avec ton mari, t 'es
tombé très bas, tu sais. Je te laisse.
D 'accord.
Comment d 'accord ? Tu as juste dit ce que j 'allais te dire. Vois -tu, j
décidé de te quitter moi aussi.
J 'aime Robert.
Voyez -vous ça.
Et je veux le garder.
Pourquoi ? Tu crois que c 'est lui le monstre ? Eh bien, je vais te dire la
vérité, ça n 'est pas lui.
Le vrai monstre, tu sais qui c 'est ?
Qui est -ce ? Eh bien, c 'est moi, tiens.
Moi.
Oui, en chair et en os.
Les vrais monstres ne se trahissent pas.
Ils ne se vantent pas.
Ils ne parlent pas.
Ils agissent. Qu 'est -ce que j 'ai fait avec toi ? Tu sais, à bien réfléchir, c
'est moi qui t 'ai saisi, Antoine.
Avant que tu m 'aies remarqué, il a fallu que je te lance la balle sur la
J 'ai dû faire un tas de pirouettes pour te faire voir mes jambes.
Oui, c 'est vrai.
Et je viens de découvrir une chose dont je ne m 'étais pas rendu compte.
Le véritable monstre, c 'est toi.
Combien ? 600 francs, monsieur.
150, ça va ? Oh non, monsieur, c 'est impossible.
160.
Monsieur, non, il en vaut 600.
Je vous le laisse à 300, je ne peux pas faire mieux.
165.
165 ,50.
Écoutez, monsieur, je vais vous montrer autre chose.
Dans les 160, 170, j 'ai là un hamac. Très chouette, très jeune.
Non, c 'est celui que je veux. J 'ai connu le même.
J 'y ai passé des instants très sympathiques.
Très, très sympathiques.
Allez, 166 francs. Catch.
Attention, le train numéro 602 en provenance de Vintimille, Nice, Toulon,
Marseille, Lyon, Dijon.
Mente en garde sur la voie 4.
Oh, un aveugle. Ah non, celui -là, laisse -le -moi, grand côté.
Toi, pas d 'âge, laisse -le -moi.
Ah, trop.
Oui,
merci. Vous êtes épatant.
Je ne voudrais pas non plus abuser de votre générosité.
Ça ira très bien comme ça, mon petit. Ah, vas -y, allons -y, vous n 'êtes pas
aveugle. Ah, crotte.
Ah, mais ça ne prend d 'importance, mon petit.
Dites -moi, vous êtes un chic type, vous pourriez peut -être m 'indiquer comment
aller à cette adresse -là.
C 'est une femme.
Je sais où ça perd.
Vous connaissez la capitale ? C 'est -à -dire que non, c 'est pas du pays.
Appelle -lui un taxi, Jean -Joseph. En petite foulée, vite. Ah non, non, non,
vous savez, je n 'ai pas l 'intention de gager des frais.
Simplement qu 'elle m 'a indiqué l 'arrêt du métropolitain, mais alors, je
dis pas toujours après.
C 'est là -bas.
59, chance de mai.
Oh, moi j 'adore, j 'adore.
Ah, ça m 'est égal de le dire, tu vois, Jérôme ? J 'adore.
60,
soleil, couche. Monsieur, la collection est pratiquement finie. Est -ce que
mademoiselle Julieta est là, de la part d 'un ami ? Ah, Peggy ? Elle est dans la
cabine. Elle va passer dans un instant. Si vous voulez l 'attendre...
61, Saint -Honoré -des -Los.
Peggy, s 'il te plaît.
Jérôme, embrasse -moi. Je ne peux pas mieux dire.
C 'est à pleurer. Ah, bravo.
Merci. Ah non, mais c 'est...
C 'est bien, c 'est très bien, c 'est très coquet.
Bravo. Merci, monsieur.
Oui, comme ça ? Oui, ça va.
Ah oui, et puis surtout, c 'est très à la mode. Bravo, Simoneau Albert.
Simoneau Albert, enchanté. Comme ça, c 'est beau, Juliette.
Comment savez -vous que je m 'appelle Juliette ? Poussez -vous, s 'il vous
plaît. C 'est dément, c 'est un merveilleux cauchemar, je vous embrasse.
Merci. Voilà.
Bon, alors écoutez donc, alors c 'est entendu, je passe vous prendre pour
seulement pas avant 8h parce que j 'ai des commissions à faire.
C 'est une passage à Paris. Non, non, merci monsieur.
Mais si, ça me fait plaisir, c 'est moi qui paye. Mais non, enfin, je ne vous
connais pas monsieur.
Attends, Simone ou Albert ? Bon, eh bien, je suis désolée, merci beaucoup,
laissez -moi.
Naturellement, je vous donnerai une petite prime de 1000 francs, je vais te
100 000, pour le dérangement.
Pardon ? 100 000 francs, catch.
Bon, alors attendez comme ça, je vous appelle trop tôt.
Allô ? Oui ? Qui est à l 'appareil ? Qui ça, moi ? Qui vous a
donné mon numéro de téléphone ? Mais qu 'est -ce que vous voulez, monsieur ? J
'ai pas pu vous appeler plus tôt parce que j 'avais des commissions à faire. On
repart demain.
Voyons. Il est 7h10.
Je vais passer une chemise frotte parce que tout de même... Ah, ben attendez
donc. Il n 'y a qu 'à dire qu 'on se retrouve au restaurant.
Ben oui. Vous voulez vous grignoter ? Monsieur, soyez gentil.
Il ne faut pas insister comme ça.
Je ne suis pas du tout, du tout, du tout le genre de femme qui... 100 000
francs. Mais pourquoi 100 000 francs ? Parce que je vous estime beaucoup sur le
plan culturel et physique.
Et tant qu 'à faire de sortir avec vous pour manger, je vous offrirai un petit
bac chiffre.
Nous disons 100 000 francs.
Mademoiselle Giulietta Gavirini.
Mais comment connaissez -vous mon nom ? Vous savez, on connaît tellement de
gens. Tenez, je peux vous dire que madame, votre maman faisait des pizzas à
Naples sur un trottoir à gauche en arrivant sur le port.
Voilà. Que vous allez sur vos 23 ans et que vous avez été fiancée à un dénommé
Marcello.
Comment savez -vous ça ? Dites -le moi.
Alors, où est -ce qu 'on dîne ? Est -ce qu 'il vous ferait plaisir ? Je ne sais
pas, monsieur.
La tour d 'argent, je suis allée hier.
Chez Maxime, on va rencontrer tout le monde.
Attendez.
Écoutez, on m 'a donné une adresse, il paraît que c 'est très sympathique, très
copieux.
Et puis, c 'est pas snob.
C 'est le genre d 'endroit qui a su garder tout son cachet. Allez, attendez.
421 en deux ? Oh, chapeau, c 'est la peur au cocu.
Qui vous a dit que j 'étais fiancée avec Marcelle ? Vous connaissez Marcelle ?
Ah, attention, vous avez du gras là, sous votre coude.
Allez, c 'est la tournée des grands ducs. On prend l 'apéritif ?
Non, merci.
Répondez à ma question.
Bonjour, les enfants.
Voilà.
Voilà.
Viens.
Bon, ben, allez -y, hein. Soyez ici carrément. Moi, j 'ai un peu de faim,
chichi, allez.
Qu 'est -ce que je vous fais, les gosses?
Il y a du boudin pour mon lait.
Ah, ben, le boudin, très bien pour moi. Et un bon café.
Et un avant?
Et toi, ma cocotte?
Tu veux des huîtres ? Oh là là, les huîtres, c 'est les yeux de la tête.
'est jamais comme sur place.
Non, d 'autant plus, ma belle. Fais pas froid chez moi.
Oui, alors c 'est ça, des velons.
Et puis je voudrais un filet de Marcassin, grand honneur. Ah bon, vous n
pas peur que ça vous... Non. Je voudrais aussi du fenouil avec. Pas de plus de
mal. Ah bon, alors changement de garniture.
Oh, ça ne fait rien, on sort, on sort.
Bon, et qu 'est -ce que je vous donne à boire ? Oh, je ne sais pas, du
champagne. Ah bon. Ah ben, ça marche.
André, veux -tu me sentir une veuve?
Oui, une demi -bouteille de champagne, alors un peu d 'eau fraîche.
Ordinaire. Et comme dessert?
Vous vous trouvez belle?
Pourquoi? Parce que vous êtes devant votre glace, alors je vous demande si
vous trouvez belle.
Vous êtes terriblement drôle.
Mais moi, je connais plein de farces.
Attendez, dites quelque chose, n 'importe quoi. Quoi? N 'importe quoi.
Je ne sais pas, moi. On a bien dîné.
Nufar. Nénufar.
Dîner, nufar, nénufar.
Je voudrais partir, s 'il vous plaît. Eh bien, d 'accord.
Vous me faites la note.
Pourquoi 100 000 francs pour dîner avec moi? Ah, ben oui, au fait.
Vous êtes riche. Non, mais vous êtes très belle.
Vous me faites peur.
Non, pas vous exagérer. Je ne suis pas plus vilain qu 'un autre.
Je vous préviens, monsieur.
Mon fiancé, Marcello, il est méchant.
Oui, mais comme il est en prison pour un an, vous avez le temps de souffler.
Pourquoi s 'en prendre beurre ? Comment savez -vous pour Marcello ? En tout cas,
moi, je n 'ai rien fait.
Moi non plus. Bon, eh bien, c 'est pas tout ça, mais j 'ai mon train demain
matin. Si je ne dors pas mes 8 heures, ça, je suis pas trac.
Bon, alors, vous venez.
Je vous raccompagne et puis je vous donne vos petits honoraires.
Combien ? Ville 75.
Quoi ? Pas pour l 'américain. C 'est le tarif de nuit, monsieur.
Tarif de nuit, oui. La nuit, la nuit. D 'abord, c 'est pas la nuit noire. Tarif
de nuit, vous pensez ? Tenez.
Mais ne venez plus jamais rien me demander.
Eh bien, au revoir, monsieur.
Bon, alors, bougez pas. Je vais vous donner votre petite enveloppe avec ma
remerciement. Oh, puis non.
Goguette pour Goguette, d 'accord.
On monte prendre un verre chez vous.
Ah, mais non, pas d 'accord.
Seulement, je vous demanderai de ne pas me retenir parce que moi, les
frasques... Si j 'abuse un peu, vous allez rire. Tout de suite, j 'ai le foie
qui broute.
Non, monsieur, on s 'équipe là, c 'est fini.
100 000 francs de plus ! S 'il vous plaît.
100 000 de plus.
Histoire de boire une petite goutte chez vous, puis après ça, on se dit adieu.
100 000. En tout, 200 000.
Faites attention.
Là -haut, chez moi, je suis armée. J 'ai un revolver.
Ah, ben tant mieux, parce que moi, la nuit, je ne suis pas rassuré, c 'est
non ?
Asseyez -vous, j 'en ai pour une seconde. Ah non, non, non, restez comme
vous êtes très proches.
Ça va être bon, il y a du meuble.
Vous savez comment il a été arrêté, Marcello ? Ça s 'allume, ce bazar.
Moi, je n 'étais pas là quand il a été arrêté.
Je ne suis pour rien dans son histoire de scocquerie.
Le nom Marcello, il est.
Allez, en voiture.
Si jamais je vous marche sur les pieds, n 'hésitez pas à m 'appeler.
J 'interviendrai.
Pourquoi vous m 'avez choisi, moi ? Parce que je n 'aime pas les boulottes.
Et alors ? Et bien, alors, alors, vous n 'êtes pas boulotte.
Monsieur Albert, j 'aimerais... Oh non, monsieur tout court, je ne vous en prie
pas de manière.
Dites -moi la vérité.
Qu 'est -ce que vous voulez de moi ? Vous.
Naturellement. Mais quoi, naturellement ? Oh, mais non, pas du tout.
Oh là là, je n 'avais pas la tête à des gondrioles.
Tout de suite, les grosses conclusions.
Quelle imagination.
Mais alors, qu 'est -ce que vous me voulez ? Excusez -moi, le téléphone.
Allô, oui, allô ? Mais, mais, dis -donc... Vous êtes gentil.
Allô, oui. Ah, non.
Ah, non, non, ici, c 'est Simono Albert.
Ben, mademoiselle Peggy est en Amérique.
On ne peut pas la déranger.
Bonjour, monsieur.
Vous ne manquez pas d 'air, quand même.
Qui était -ce ? Un bonhomme patibulaire, si vous vous permettez.
Alors maintenant, oui, d 'accord, ça se fait bien, une coupe de temps, ça me
réveillera.
Vous me l 'avez fait payer cher, vos 200 000 francs. Ah, ben oui, c 'est vrai, j
'ai oublié les 200 000.
Il n 'y a pas peur, c 'est vous.
Alors, nous disons 50 et 50 et 30.
Alors, 30, ça n 'entend pas. Mais 50 et 30, ça prend 20. Et 20, ils nous font
200.
D 'ailleurs, contre.
Je vous remercie beaucoup.
Je vais vous apporter du champagne.
Du brut, si possible. Du brut.
Il ne faut pas laisser traîner vos sons.
Maintenant, je vous les mets là.
Je pense y avoir votre petit bric -à -brac.
Ah, voilà le tableau à évolver.
Et voilà le...
Ça ne marche -t -il pas ? Oui, c 'est ma...
Oui, c 'est moi qui ai donné Marcelo à la police, c 'est moi ! C 'est ça, hein
Tu es venu pour le venger ? Mais moi, je l 'aimais, le Marcelo, mais lui, il ne
m 'aimait plus.
Alors, moi, je l 'ai dénoncé ! Allez, allez, tourne -moi, va ! Tourne -moi,
parce que tu es envoyée pour ça ! Un assassin ! Oh
non
! Oh non !
Mais tu es... Tu es beau.
Tu sais que tu es beau.
Tu ne vas pas m 'étouffer.
Oh, espèce de brute.
Oh, tu es beau.
C 'est toi que je veux.
Alors, ce n 'est pas le moment de m 'assassiner.
C 'est le démarrage.
Non, écoute, on ne va pas en venir aux mains.
Allons, maîtrisons -nous.
Tu es une brute.
Moi, je te vois.
C 'est très chic.
Je vous remercie beaucoup.
Je ne voudrais
pas abuser.
Qu 'est -ce que tu fais ? Excusez -moi, je vous ai réveillé.
Vous avez bien dormi ? Très mal, merci.
Voyou ! Bon, maintenant, il faut que je file à l 'anglaise parce que j 'ai mon
train. Je ne voudrais pas m 'incruster.
Albert, qu 'est -ce que c 'est que ça ? Quoi donc ? Ça.
Ah, ça ? Je vais vous dire.
C 'est de l 'argent.
Albert, tu es fou.
Combien ? Eh bien, il y a les 200 000 comme convenu, puis alors j 'ai rajouté
200 000.
Je suis comme ça, moi.
Mais il ne fallait pas, écoute. Il ne fallait pas. Pourquoi?
Mais si, mais si, mais si. C 'est la moindre des choses. Parce que tout de
je vous ai causé du dérangement.
Et puis le champagne.
Et le teintouin. On peut appeler ça le teintouin, toi, bandit.
C 'était vrai, au moins.
Les types de ton milieu, moi, je me méfie.
Albert.
Albert, j 'ai peur de toi. Protège -moi. Non, pas maintenant, ma petite fille. J
'ai mon train.
Il faut que je file.
Allez, poussez -vous.
Je t 'accompagne.
Tu habites Marseille ? Oui.
C 'est amusant.
J 'ai mon frère qui est à Marseille. Tu le connais pas, des fois ? Si, je le
connais par cœur. On travaille ensemble à la sécurité sociale.
Il m 'a beaucoup parlé de vous.
Pas possible.
Alors justement, il m 'a fait comme ça, sans vous commander, monsieur Simonot.
Puisque vous montez à Paris, portez donc à ma soeur les 300 000 francs que je
lui dois.
Ah non ! Quoi ? J 'oubliais.
Quoi ? Il m 'a dit de bien vous embrasser.
Qu 'est -ce que c 'est que cette gargouille ? C 'est une veuve, madame.
Elle n 'est pas à peindre.
Qu 'est -ce que vous faites à l 'arnifler sur ce lit ? Elle attend qu
revienne ? C 'est une originale, madame. Tous les trois mois, elle vient se
recueillir sur ce lit.
C 'est de la veuve maniaque.
Madame s 'intéresse à cette modeste couche ? Madame ? Elle a dû s 'asphyxier
-dessus.
Madame est assoupie ?
Non, monsieur.
Madame s 'intéresse à ce Napoli.
C 'est un nouveau style que les Italiens essayent de lancer.
Oh non, monsieur.
Je viens sur ce lit en pèlerinage.
Ce lit, il m 'a appartenu du temps de mon mari.
Allons, beauté, laissez tomber. Il ne viendra plus.
Et d 'ailleurs, en admettant même qu 'il vienne, une femme comme vous ne va
jamais attendre un homme plus de dix minutes.
Il fait beau. Venez, je vous emmène faire un petit tour en voiture.
Je n 'ai pas envie de faire un tour. Laissez -moi.
Ce n 'est pas la peine de monter sur vos grands chevaux.
Écoutez, je connais un coin discret. C 'est exactement ce qu 'il nous faut.
Allez, venez. Vous ne le regretterez pas. Vous savez, avec moi, les jolies
filles ne s 'ennuient jamais. Allez, hop, en route.
Mais laissez -moi donc tranquille.
Je vous répète que je ne veux pas sortir.
Allez vous adresser ailleurs.
Merci du conseil, Ijoré. Les Grecs avaient raison. Et d 'abord, ils ne les
appelaient pas Putain, mais Étaïre. C 'était autrement élégant. Et puis,
question respect, ils en avaient drôlement pour elle. Oh, Gino, tu me
marrer. Tu t 'intéresses au Putain depuis que Carlotinat a lâché. Je l 'ai
le premier, je précise. Et maintenant, je suis un homme libre.
Tu parles, un homme libre.
Carlotinat a préféré un type plat aux arbres qui peut se payer des macératis
qui les pâte. Elle lui donne tout ce qu 'il veut et le reste. Et toi, tu ne sais
même pas ce qu 'il y a dans son soutien -gorge. Mario, tu commences à m
'ennuyer. Il y a certaines choses qu 'on ne fait qu 'avec les...
Putain ! Je paye, je suis servi.
Et quelquefois, je n 'ai pas à payer, tu sais.
Parce que je plais.
Je demande à en voir une qui t 'emmènerait gratuitement parce que tu
Celle -là, elle me sourit, non ? Vas -y, qu 'est -ce que tu attends, un
télégramme ? C 'est moi que... Eh
oui, asseyez -vous. Oui, oui, mademoiselle, je vous offre quelque
On ne vous attend pas ? Moi, moi, non, non.
Voulez -vous prendre une glace ? À moins que vous préfériez une balade à deux ?
Je suis là parce que, figurez -vous, j 'ai de graves ennuis.
Si vous m 'aidiez à en sortir, je vous en serais reconnaissante.
Vous avez les moyens, on dirait.
Ah, la voiture, là ! Une VMG.
C 'est tout de même une très belle voiture. Vous avez de la chance.
Chez vous, on vous donne de l 'argent de poche chaque semaine. Oui, mais
pourquoi c 'est cher ? Je ne suis pas habituée à ça. Le tarif, vous le
connaissez, vous ? On m 'a dit qu 'elle demande 8 000, 10 000.
8 000, ça va bien, je les ai.
8 000 ou 10 000, disons 10 000.
D 'accord, d 'accord.
Alors quoi, qu 'est -ce qu 'on attend ?
Si vous voulez, on pourrait aller sur la plage ? Non, c 'est moi.
Eh bien ? Quoi ? On m 'a dit, je crois qu 'on paie d 'avance d 'habitude.
Oh, je suis idiot.
J 'avais oublié l 'argent.
Je l 'ai, je l 'ai.
Mais où est -il ? Tenez.
Où est le lit ?
Mais qu 'est -ce qu 'il y a ? Pourquoi pleures -tu ? Tu me demandes pourquoi je
pleure ? On verra si tu étais à ma place.
Mais qu 'est -ce que je te fais ? Mais qu 'est -ce qui t 'est arrivé ? C 'est
cette nuit que c 'est arrivé, cette nuit.
Il faut que tu le vois, tu as le droit de le voir.
Le voici, mon pauvre Vincenzo, mon Vincenzo.
Carmel, j 'ai préparé un beau cocktail.
Tiens, mon amour.
C 'est ce qu 'elle veut, la petite mignonne.
Ça m 'est égal.
Ce que vous voudrez, n 'importe quoi.
Si mon pauvre Vincenzino était là.
Monsieur Raphaël, goûtez -moi dans cette orange.
Vous m 'en direz des nouvelles.
Ah, j 'ai compris.
C 'est pas Laurent qui le voudrait caresser.
Vous cherchez une douceur.
Adieu, l 'argent des commissions.
Il y va.
Ah là là, c 'est fou ce que la vie augmente.
Il m 'a fallu une année pour mettre ça de côté.
Avec la bonne femme que j 'ai.
6 000.
1, 2, 3, 4,
7 et 8.
Et 3 000. 9 800.
Il me manque 200.
Ça ira tout de même.
Mon petit cœur pleurait sur moi, sur la tristesse de ma vie.
Non, non, il ne faut pas pleurer.
Il faut donner au monsieur des sourires, des douceurs, des baisers. Il ne plaît
pas assez à tous mes ennuis.
Oh, mais qu 'est -ce que j 'en ai à fils de tes histoires ! Regarde, regarde ce
qui est arrivé à moi.
Mon petit mari, c 'est dit, il est mort.
Jamais, jamais je ne le retrouverai comme lui.
C 'est comme ça que tu penses ? Mais c 'est impossible
! Allez,
déshabille -toi. Allez, dépêchons -nous.
Oui, excuse -moi. Là, se coucher près de lui...
Mais tu n 'y penses pas. Et où veux -tu qu 'on aille ? Il n 'y a pas le choix.
Autant que lui, il ne se rend plus compte de rien.
Non, non, non, non.
Ici, jamais je ne pourrai. Mais pour qui me prends -tu ? Alors taille -toi.
D 'abord, rends -moi mes sous.
Et les sous, hein ? Me tu refuses et je paye. Tu payes ? L 'argent est à moi.
Mais dans le prix, il n 'y avait pas de cadavre.
pour vos 9800 misérables lire.
Vous me vouliez toute seule sans mon Vincenzo. Et vous êtes un fanqueur. Je l
'en prie, rends -moi l 'argent. Je suis venu avec toi au lieu de faire les
commissions. Et la patronne va me tuer si je lui rapporte rien.
Vous me répugnez.
Parce que si vous aviez fait ce que vous espériez, elle ne vous tuerait pas.
Elle me tuerait, si. Mais comprends -moi, j 'aurais été heureux.
Je veux l 'argent.
Je veux mon argent, sinon tu vas m 'entendre crier.
C 'est comme tu veux.
Les sous sont à toi.
Mais tu iras les prendre là, sous le lit.
Excusez -moi.
Vincenzo, mon Vincenzo à moi.
Non, non, Vincenzo, enlève -moi cet horrible bandeau, ça me fiche le bordon.
Est -ce que t 'es impressionnable, Carmela ? Oui,
pauvre de moi.
Vous, petite Carmela, et surtout pauvre de moi qui n 'ai qu 'à faire le mort.
Écoutez ces imbéciles, sans bouger.
J 'étonne les... Vincenzo.
Tu es la lumière de ma vie. Il suffit que tu m 'aimes fort, très fort.
Seulement, tout le reste, c 'est du vent. Ça ne compte pas.
D 'accord, tu ne gagnes rien.
Mais toi, au moins, tu as de la cervelle. Tu parles.
En quoi ça sert, la cervelle ? Un âpe sans fortune ? Qu 'est -ce que tu veux
bien faire ? Un seul moyen, il faut mourir pour vivre.
Mais tu ne changes pas au bénéfice qui t 'attend.
Tu meurs aujourd 'hui, demain, après -demain. C 'est dans la poche, quoi.
Patience. Encore une vingtaine d 'opérations et... Quoi ? Mais ça ne va
Mais tu sais bien que chaque fois que je te vois avec un autre homme... Enfin,
je devine, puisque je dois fermer les yeux.
Mais je meurs pour de bon.
Carmela, je suis jaloux.
Si, jaloux.
Jaloux de quoi ? Ces espèces de moitié d 'homme ? Oui, eux aussi.
Je choisis les plus minables.
Il n 'y en a pas un qui me possédera.
Tu veux l 'avoir, ta buvette ? Tu veux les vendre, tes oranges et tes citrons ?
Chaque fois que je passe devant un marchand d 'eau, je t 'imagine à sa
c 'est toi que je vois et que j 'entends. Comme il est beau, là, comme
'est mon homme.
Un homme ou un corbillard.
Regarde, Vincenzo, regarde.
Nous avons déjà tout ce qu 'il faut pour débuter. Mais ce sont des bagatelles.
De quoi jouer au cocher sans les chevaux. Les chevaux viendront vite.
faut un demi -million. Un demi -million ? La licence, la revanche pour l
'emplacement, le pot de vin pour les employés, puis l 'acquisition du
On y arrivera. Mais on y arrive.
Regarde plutôt.
La jarre de menthe fraîche.
Le sirop de framboise. Et l 'orgeat. Et le sirop de groseille.
Le bac à glace.
Citron, orange blessé, aïe ! Ce n 'est pas comme ça, je vais te faire boire.
Donne ! Arc -en -deux ! Arc -en -deux ! Qui est -ce
qu 'on a ? Ici, la super fraîcheur ! Voici les bonnes boissons gazeuses !
la cerise ! Voici la mie et la groseille ! Voici la framboise et la menthe !
Ici, on boit mieux que le concours ! Fin d 'invitation ! Venez boire une chise !
Je veux travailler, Carmela. Tu entends ? Je veux travailler.
Je ne veux plus mourir.
J 'ai une épouse qui n 'est pas seulement une femme, mais toutes les
monde, et je la veux toujours dans mes bras.
Contre moi. Oui, oui.
Une fille de vino. Aucun homme ne doit te regarder.
Aucun. Aucun homme, Carmela.
Non, aucun.
Aucun.
Vous êtes trop belle pour rester seule. Mais dites donc, on dirait que je vous
fais fuir, non ? En boule marin, ça suffit. Allez vous promener sur votre
bateau. Qu 'est -ce que j 'y ferais ? J 'y trouverais pas une belle mignonne
comme toi sur mon bateau.
Cherche -la dans ta famille. Il y a ta maman, ta soeur ou ta cousine. Allez
maintenant, va ! Ouais, tant pis.
Je suis désolée, excusez -moi.
Pardon ? Il y a un homme saoul qui m 'ennuie.
Mais je ne comprends pas.
Celui -là, c 'est le marin.
Je n 'arrive pas à m 'en débarrasser. Mais qui ? Le marin ? Mais, excusez
mademoiselle, je préférais ne pas... Attendez.
S 'il vous plaît, mademoiselle, laissez -moi partir.
Je ne veux pas être mêlée à une rixe.
Tout m 'est bien, mademoiselle, et au revoir.
Il s 'en va, il s 'en va.
Merci monsieur, vous m 'avez sauvée à temps. Je ne sais pas ce que je serais
devenue sans vous. Vraiment ? Mais qu 'est -ce que j 'ai fait ? Rien du tout.
Rien du tout ? Mais il a suffi qu 'il vous voie, il s 'est sauvé.
Mais maintenant, comment m 'acquitter de ma dette envers vous ? Eh bien, je
pourrais vous accompagner.
Ça, je ne demande pas mieux.
Mais attention, ça peut vous coûter cher.
Je le disais seulement par côtoisie. Si ça vous ennuie, je ne vais pas vous
importuner. Non, non, pas question de vous laisser partir.
Je disais seulement que ça vous coûtera 10 000.
Je n 'ai pas beaucoup.
Voyez -vous, je dois dire que j 'envisage les rapports entre les deux
enfin, je veux dire entre un homme et une femme, d 'une manière un peu
particulière.
Et j 'aime qu 'il y ait une certaine atmosphère.
Alors venez chez moi.
C 'est exceptionnel et ce n 'est pas l 'atmosphère qui manque.
C 'est Vincenzo, mon mari.
Pardon, je n 'ai pas d 'autre lit.
Vous allez m 'en vouloir. Non, non, non.
Non, non, non.
Non, non, ça ira.
Ça ira très bien.
C 'est parfait.
Quoi ? Vous êtes d 'accord ? C 'est la chance de ma vie de t 'avoir rencontré
aujourd 'hui.
Non, non, mais vraiment, vous êtes d 'accord ? Oui.
Tenez, reprenez votre argent.
10 000 lire, ce n 'est pas assez. Mais c 'est toi qui as fixé le prix. Si tu
veux, je peux t 'en donner encore 20.
Ou même 30.
Même 50.
Non, non.
Non, c 'est impossible.
Ça m 'impressionnerait beaucoup trop.
Et vous -même, à côté d 'un mort.
Au contraire.
À côté d 'un mort.
Voilà l 'atmosphère dont j 'ai toujours rêvé. On ne peut rien espérer de plus
beau, de plus surexcitant. C 'est l 'amour et la mort qui s 'enlacent.
Non.
Non, non ! Écoutez -moi.
C 'est votre fric que je voulais.
J 'en avais besoin pour les funérailles.
Et je m 'imaginais qu 'en voyant le mort, ça vous refroidirait, que vous n
'auriez plus qu 'une envie, vous tirer de là.
Je vous jure, je ne suis pas la putain.
Je ne peux pas faire ça. Oh, merveille, des merveilles.
Pardonne -moi, pardonne -moi de t 'avoir mal jugé, de ne pas avoir compris tout
de suite et de t 'avoir prise pour une coureuse d 'aventure. Mais je suis prêt
réparer.
Je viendrai m 'installer ici.
Oui, avec vous deux.
Je m 'occuperai de tout.
Nous vivrons toujours ici, tous les trois enfermés.
Nous resterons unis à jamais.
Mais quelque chose qui ne va pas là -dedans.
Allez, videz.
Non, tu ne peux pas me renvoyer. Tu ne peux pas me chasser maintenant.
Ce serait vraiment une indélicatesse. Tu dois m 'accorder un moment, au moins
rien que un moment. Tu pourras me demander tout ce que tu voudras.
Jamais. J 'ai trop peur de toi.
Jamais, jamais.
Peur de quoi ? Désormais, lui n 'existe plus.
Mais pourtant, je respire sa présence ici. Et je suis sûr qu 'il nous
Son esprit nous enveloppe. Je le sens.
Je le sens.
Sous -titrage Société Radio -Canada
C 'est vous qu 'on va jeter dehors, aussi vrai qu 'il m 'entend et qu 'il me
voit. Comment ? Il te voit ? Du ciel, de là -haut.
Même s 'il te voyait du ciel, il n 'aurait pas le courage de te faire
tout ce que je vais t 'offrir, au contraire. S 'il t 'aime vraiment, il
anges.
Regarde, rien que ce bijou -là vaut plus d 'un demi -million de lire, hein ? Un
demi -million ? Ben oui, c 'est à cent mille.
Je ne rêve pas.
Vous voulez me donner un demi -million de livres ? Si tu fais avec moi, ce que
tu feras avec lui, s 'il n 'était pas mort.
Ah, monsieur, vous me tentez.
Mais comment voulez -vous que sans sa permission, je le fasse cocu ? Au moins
avant, laissez -moi lui parler.
Parler ? À un mort ? Lui adresser une petite prière, pour qu 'il me fasse un
signe quelconque, qu 'il me donne la permission divine, le feu vert de l 'au
-delà. Un instant seulement, attendez -moi là. Comme vous êtes superstitieuse,
vous autres méridionales. Enfin.
Vincenzino.
Vincenzino, mon chéri.
Tu le sais, jamais je ne t 'ai trompé.
Ah non, je n 'oserais jamais lui parler si vous êtes là.
Un peu de respect, je vous prie. Vous devez comprendre que je veux rester
avec lui.
Fais. Fais.
Réfléchis, Vincenzo.
Un demi -million.
Pour l 'avoir, il faudrait des mois.
C 'est du vrai.
Non, je ne le supporterai pas. Jamais je pourrai. Tu te bougeras les oreilles.
Tu as déjà les yeux fermés.
Franchement, tant qu 'à faire de jouer le mort, tu peux imaginer que tu l 'es
réellement, non ? T 'arrêtez ! Oh, Vincenzo ! Une chance comme celle -là ne
retrouvera plus.
Et puis, notre petite combine risque un jour ou l 'autre d 'être découverte.
Un de mes clients nous dénoncera et je serai alors obligée de faire vraiment le
tapin pour pouvoir manger. Alors, Carmela, qu 'est -ce que tu racontes ?
Vincenzo, dis oui ! Dis oui ! Vincenzo !
Pensez ! Une seule petite... et nous sommes au bout de nos
peines.
Demain, la buvette est à toi.
Tous te respecteront.
Marchandot.
Carmela.
Qui veut boire après la citronnade ?
Carmela, tais -toi, je vais me laisser faire.
Venez, je vous attends.
Alors ? Tu as reçu ton signe du ciel ? Pas vraiment.
Il n 'a rien répondu.
Mais qu 'il me dit mots constants. Non, non, non. Qu 'est -ce que tu fais ? Pas
encore.
Doucement.
Doucement, ma petite.
Pas si vite.
Allonge -toi à côté de lui.
Bien étendu.
Qu 'est -ce que tu fais ? Tu me flanques des roades ? Quoi, des roades ? Oui.
Ah oui, parce que tu n 'aimes pas ça ? Vincenzo l 'adorait.
Il disait chaque fois, amour, flanque -moi des coups.
Non, non. Les morsures me révoltent. Je déteste la violence. Il faut que tu sois
comme une morte.
Paisible, tranquille, douce, impassive.
Comme lui.
Hein ? Allez, ça suffit. C 'est un
vampire.
C 'est un formidable personnage.
Allez, habite -toi.
Donne -moi la bague.
Voilà, reprends -la ! Et l 'argent aussi ! Fous -moi le camp d 'ici ! Va t 'en
poubelle ! Tiens, j 'oublie encore ça ! Allez, dos ! Dos ! Dos ! Allez !
Ah, attends, t 'es bon ! Et maintenant, file ! Et ne repars jamais devant moi,
ou je te fais partir ! Le goût des cierges ! Chacun, ras des goûts ! Du
Du vent ! Du vent !
t 'as pas même pour un milliard.
Je ne peux plus te laisser faire ça. C 'est fini.
Merci, Vincenzi, nous merci.
C 'est merveilleux, je peux recommencer à t 'aimer maintenant.
Tu es mon vrai mari.
Et toi, tu es ma vraie femme. Nous ne nous quitterons plus.
Nous resterons tous les deux à la maison.
Alors, ta buvette, tu n 'y penses plus ? Ma pauvre petite
femme chérie.
Pourquoi m 'as -tu abandonné ?
Ah, ma pauvre petite Carmela.
La belle Carmela, moi.
Carmela, ça y est, elle est partie.
Carmela.
Carmela. Hé, Carmela, réveille -toi.
T 'es malade ou quoi?
Carmela, réveille -toi, qu 'est -ce qui t 'arrive ? Carmela ! Non, Carmela ! Oh,
ben, je m 'apprécie.
Oh, non, lève ton bandeau, ça piche le bourdon.
Non, la buvette.
C 'est une
occasion magnifique.
J 'espère que le gamin sera content.
Tu dieux ! Alors, madame l 'emporte de suite.
Comment voulez -vous que je l 'emporte ? En remorque ? Je vais le faire livrer.
C 'est une pièce superbe. Il appartenait à une Américaine qui ne s 'en servait
jamais. Pourquoi ? Elle n 'avait pas sommeil ? Ah si, mais elle dormait chez
quelqu 'un d 'autre.
Voilà. J 'espère que le jeune homme sera satisfait. Vous le gâtez.
Beaucoup trop.
Je l 'ai trop gâté.
Et maintenant, voilà ma récompense. Tu dieux ! C 'est toi l 'entonné, Zizou.
Mon petit garçon, il faudra peut -être commencer à apprendre à te tenir un peu
mieux. Toi, tous les sacrifices que j 'ai faits pour t 'élever.
Ah, puis ne lève pas les yeux au ciel devant ta mère.
Tu entends, Robert ? Oui, ma mounette.
Et remonte -toi tes chaussettes.
Lève -toi et va donc voir si les chats ont fini leur goûter.
Dis -nous. Ma mounette.
Tu as mis ton tricot ? Non.
Tu n 'as pas des frissons ? Oh non.
Non, mon chien.
Non, ma mounette.
À quelle heure vient la créature ? Écoutez, vous me bouleversez quand vous
'appelez la créature.
Je l 'épouse demain, je suis déjà assez barbouillé comme ça, j 'ai besoin d 'un
peu de calme, alors s 'il vous plaît. Je lui attend ma pression, caquet ! Mais
quel caquet ? D 'abord, qu 'est -ce qu 'elle vous a fait ? Comment ça se fait
appeler, déjà ? Vous l 'avez vu cent fois.
Vous faites semblant de ne pas retenir son nom, exprès pour m 'en fêter.
Elle s 'appelle Patricia.
De mon temps, c 'est une fille bien élevée, elle ne s 'appelle pas Patricia.
Non, mais soyez gracieux, elle va être là dans cinq minutes.
Elle vous couvre de fleurs. Je ne vois pas pourquoi vous êtes craignant.
Elle me couvre de fleurs comme si j 'étais morte. Et je ne suis pas morte,
Robert.
C 'est elle.
Il est
beau, Zou.
Ah non, faites pas l 'imbécile. On n 'est pas au cirque. Mais monsieur...
Non, ça faudra vendre les torches.
Ça sent le bouc, ça fait l 'oeil de grand -fier, je sais pas ça.
Ma monnaie ! Un fou ! C 'est la maman ? Dis -nous, qui est ce bonhomme ? Mes
hommages, madame.
Par ici.
Madame, mes hommages !
Elle est ferme, elle n 'a qu 'à être fraîcheur.
Ben dites donc, pourriez -vous me présenter ? Qui êtes -vous ? N 'avancez
je vous appelle. Qui êtes -vous ? Ah non, ah non, ah non, non !
Ça, ça, les œillets, j 'aime mieux vous le dire tout de suite, ça.
Ça, nous ne supportons pas les œillets. Je suis en thé ou je tire ? Dites -moi
que je rêve.
Ça, alors, un chat, pas question.
Prêtez -moi votre instrument.
Allez, allez, allez.
Allez, allez, dégagez. Allez, fermez. Allez, hop.
Allez, hop.
Et voilà.
La menotte ! Écoutez, on ne va pas commencer à se disputer, mais les chats,
n 'en voulons pas. Là, c 'est physique.
Hop.
Tirez -vous.
Tirez -vous.
Alors c 'est ici qu 'elle va habiter ? Qui donc ? Votre épouse, votre conjoint.
Oui monsieur, je me marie demain.
Mais qu 'est -ce que ça peut vous faire ? Je suis la famille.
La famille ? Je m 'appelle Paul.
Et commencez pas à m 'appeler Polo. J 'ai horreur de ça ! Je suis votre futur
beau -frère puné.
Non ! Je suis le frère puné de ma petite sœur Patricia, oui.
Tant peut -il son frère ?
Mais je la croyais orpheline.
Non, non, non. Elle n 'a que moi et je n 'ai qu 'elle. Et j 'arrive de
Casablanca et j 'apprends qu 'elle se marie demain.
Attention, l 'ami, ce n 'est pas dans la poche. Oh, écoutez, monsieur, je suis
enchanté. Alors, moi, c 'est Robert.
On m 'appelle Tissou.
Bon, ben ça, il n 'y a pas de quoi.
Alors, voyons voir.
Si vous voulez, mademoiselle, ma soeur, petit art dans la famille Noaisson, les
olives, les chats, les aïelles et les anchoirs. C 'est compris ? Ah, c 'est
entendu. Pas de problème.
Bon, bon, petit B.
C 'est la maman qui joue du tambour ? Ah non, non, non, c 'est personne, c 'est
un bibelot, ça décore. Ah bon, ben ça nous n 'aimons pas du tout, du tout le
bruit. N 'hésitez pas. Mais voyons, M. Paul, si je vous le promets.
Tenez, enlevez votre paire dessus, je vais vous offrir une petite licaire.
Petit C, où est la chambre conjugale ? La chambre, vite, ne l 'embunez pas,
vite, allons -y, vite, vite. C 'est un sang.
Entrez dans mon... Alors, c 'est ici.
Oh, oh,
oh, il va falloir m 'enlever ces cochonneries, hein.
Alors, je vais t 'aider le mariage.
Oui ? Ah oui, oui.
Bon, allons -y.
Mais où donc ? Eh bien, c 'est difficile à se passer.
Ça ? Demain soir.
C 'est sur cette chose que vous allez devenir notre mari, si je ne m 'abuse.
Ah ben, parce que vous serez là ? Non, je voulais être seul tous les deux. Je
suis désolé, mais demain soir, j 'ai un dîner.
Et puis, n 'insistez pas, n 'est -ce pas ? Bon, allons -y, répétons. Allez.
Pardon, répétons quoi ?
Mais ma petite sœur est très délicate, mon petit bonhomme. Moi, je ne vous
connais pas.
Est -ce que vous êtes un fou, un nazi, un maniaque ? Elle est fragile, figurez
-vous. Vous ne croyez même pas que je vais vous en faire cadeau comme ça ?
? Oh ! Espèce de cuit d 'âme ! Il faut voir.
Il faut voir d 'abord.
Il faut voir.
Voilà, voilà. Nous sommes demain soir. Vous êtes mariés. L 'église la mérite. C
'est pas le banquet des invités, tout simplement.
Alors, fondu, enchaîné, vous ramenez ici ma petite sœur Patricia.
Alors, qu 'est -ce que vous dites ?
Qu 'est -ce que vous faites ? Je vous écoute.
Action.
Mais comme ça, devant tout le monde ? Je ne suis pas tellement nombreux, ne
soyez pas pusils.
Allez, partez de la porte, allons -y, dépêchons, action.
Oui, monsieur.
Qu 'est -ce qu 'il y a ? J 'ai des chocottes.
Bon, alors, écoutez, bonjour, monsieur, ça suffit, c 'est rompu. Non, non, non,
restez, restez, je vous en prie.
Tout de même, n 'est -ce pas ?
Bon alors, fils, sortez, sortez, rentrez des béchons, allons -y, action. Oui,
monsieur, comme ça, comme ça.
Stop ! La mémé, ça ne pose pas, là.
Allez, hop, à dégager.
Allons -y.
Action !
Pourquoi
vous frappez à la porte ? Il y aura du monde ? Ah ben non, c 'est vrai, j 'ai
pas réfléchi.
Croyez -vous que c 'était... Allez, recommençons.
Action ! C
'est ma petite sœur que vous continez ?
Oui. Non, non, allez -y, allez -y, allez -y, je ne vous interromprai plus,
action. Bon.
Alors... D 'abord, je l 'entrepose sur le pouce, comme ça, là.
Et je lui dis, d 'un ton un peu va, enfin, seul, ma gosse. Eh, c 'est -il.
rien, continuez. Non, non, je ne suis pas là.
Continuez. Bon, alors, je m 'en vais tirer les rideaux, parce que je n 'ai
besoin de vous dire comment sont les gens.
Et puis, j 'allume.
À partir de là, je commence à lui faire mon regard, comme ça.
Et je lui dis tout à trac.
Eh bien, dis donc, quelle chaleur.
On se croirait au moins tout.
Mettez -vous donc à l 'aise.
Bon, voyons la suite.
Alors, personnellement, je passe derrière le paravent en sifflotant
chose d 'érotique.
Je ne sais pas quoi, je n 'ai pas encore décidé.
Et sur ces entrefaits, je prends mal avant.
Je m 'en asperge.
Bien. Une fois aspergé,
Je reviens vers mademoiselle, votre soeur, et puis, mon Dieu, je commence à
'éplucher.
Là -dessus, je la charge à nouveau, comme ça, à bras, et puis je m 'en vais
déposer sur la couche.
Et puis, qu 'est -ce que vous voulez ? Je m 'invite.
Bon, ben, allez -y, on y est.
Allez, on y est, on y est.
Et alors ? Alors, j 'éteins. Et ensuite ? Et ensuite, j 'improvise.
Ah, vous improvisez.
Non, vous improvisez.
Ah, debout, debout, vite ! Oui, monsieur Paul.
Qu 'est -ce que vous avez fait comme étude ? Je suis ingénieur des mines.
êtes nul, mais vous êtes d 'une formidable nullité zéro recalée. Taisez
Vous n 'aurez pas la petite sœur. Allez me chercher l 'ascenseur. Ah non, ah
non, ah non, ah non, monsieur, non, non, non.
Dites, dites, je ne vais pas m 'amuser à bazarder la petite à un grand malade
comme vous. Alors ôtez -vous de là. Je m 'en fous. Je recommence. Ne partez pas.
Je repars à zéro. Non. Laissez -moi ma chance. C 'est bon, reprenons. Je vais
vous aider.
Vous êtes, vous êtes, vous êtes.
Cherche mes mots. Ne cherchez pas. Ne perdons pas de temps. Alors voilà, je
la petite sœur. Nous sommes demain soir. Suivez -moi.
Mais ne restez pas comme un empêté. Amenez -vous enfin.
Doucement, doucement, doucement.
Allez, plus. Plus de travail, plus de malheur. Allez, là.
Serrez à droite un petit peu, à droite. Ah bon ? Freinez.
C 'est bon, voilà. Ça va, là ? C 'est meilleur que le coup du fordéal, ça.
Et si vous prenez les pieds dans le tapis, vous ne risquez pas d 'abîmer ma
sœur.
Allez, giflez -moi.
Moi, monsieur, que je vous calote ? Ah, mais d 'entrée, d 'entrée.
Excusez -moi, je connais ma sœur. Ce n 'est pas pour la deviner, mais il faut
prendre à la gifle d 'entrée.
Je la connais, ma sœur.
Alors, allez, monsieur, une grande baffe.
C 'est bon, c 'est bon, c 'est excellent.
Alors là -dessus s 'éteint la lumière et je commence à la dépiauter.
Non, non, non, non, non, non, non, on n 'est pas aux pièces, du calme, voyons.
Alors elle est là, et elle vous dit, je hais cette petite.
Je la hais, monsieur Boudichon.
Alors, pas de mollesse, vous m 'attrapez cette petite, elle a l 'air dégagée, et
crac, crac, crac, vous la balancez contre le mur en disant, car cela ne
Patricia.
Je ne peux pas, pourquoi, c 'est trop difficile à dire.
Non, c 'est pas ça, mais la petite, elle est à ma mounette. Mais je me fous de
ma mounette ! La petite vous intéresse ou pas ? Oh oui, monsieur. Et bien,
alors, la petite, allons -y, allez.
Elle est cassée. Mais cassée, mon Dieu, je hais cette petite.
Qu 'elle s 'en tienne, Patricia.
C 'est mou.
C 'est mou, tout ça mou, moi, recommençons.
Mais avec quoi ? Mais peu importe, on répète, je hais cette pendule.
Action ! Oui, monsieur.
Qu 'elle s 'en tienne, Patricia.
C 'est bien, c 'est bien. C 'est pas terrible, moi, c 'est ça.
Alors là, énervez -vous, n 'est -ce pas ? C 'est la passion qui vous monte à la
tête. Déchirez -vous sauvagement, voyez -vous.
Allez, déchirez -vous, déchirez -vous. Le veston, la chemise, quittez -moi ça.
Je vous veux en imprime.
D 'ailleurs, en même temps, vous pouvez ajouter, enfin, seul mon amour, si vous
ne me gênez pas.
Ça peut aller, c 'est vrai. Mettez -vous à l 'énarque, c 'est pas le moment d
'attraper le frère.
Et puis alors là, je pourrais tout de même m 'occuper d 'elle ? Je propose d
'aller lui faire une petite bise. Oh non, on va pas commencer à bricoler
maintenant. Allez, au lit, sans embages.
En route. Allez, en route.
Allez, en route ! Oui,
monsieur.
Bon alors, vous lui prenez la main.
Et puis voyons, vous la serrez cruellement.
Non, j 'ai dit cruellement, je connais ma sœur. Soyez sauvage, mon bonhomme.
Prenez pas cette air gnan gnan.
Il faut que j 'aille prendre mes granulés, c 'est l 'heure.
Ah si, ici.
Oui, mais il faut que j 'aille prendre mes granulés.
Ah si, sans blague. Oui, monsieur.
Alors là, c 'est le moment de lui murmurer quelque chose d 'équivoque,
voyez, de trouble à l 'oreille.
Allez -y, je vous écoute.
Dites donc, vous voulez une taloche ? Mais j 'en connais une autre, vous allez
voir. Ah non, mais ça suffit, je vous témoins la paix. Bon, alors maintenant,
vous lui donnez un grand verre de whisky avec très peu d 'eau. Elle boit un ?
Non, c 'est parce que j 'ai soif. Non, tout à l 'heure, continuons.
Alors, la pression est sûre, il faut éteindre la lumière.
Discrètement. Alors, vous shootez, mine de rien, vous shootez, comme ça, dans la
lampe de chevet.
Vous voyez, comme ça, discrètement.
Et alors là, action ! Action !
Oh, ma mounette ! Vous n 'avez pas bientôt fini de torturer le petit ? Est
qu 'elle est méchante ? Écoutez, ma mounette, laissez -nous au travail.
Il n 'est pas chargé, c 'est le pistolet de papier en 14 -18.
Bon. Eh bien, c 'est pas ça. C 'est pas ça que vous voulez que je vous revoie. À
quelle heure vous devez vous marier demain matin ? En principe.
À 11h, monsieur.
Parfait. Rendez -vous ici déjà au moins le quart.
Dernière chance, compris ? Et tâchez de réviser d 'ici là. Compris.
Vous, si vous me suez, je vous porte plainte, hein ?
Moins dix, on est en retard.
Bonjour, allons, ne commençons pas l 'andiner. Voici monsieur qui va épouser
petite sœur sous peu. Voici mademoiselle, mademoiselle, comment...
Sophie. Enchanté, madame. C 'est, comment dirais -je, la doublure de ma
Vous allez répéter avec elle de dernière fois, dernière chance.
Allons.
Alors, une supposition, vous êtes mariée, la mairie, le banquet, fondu
vous arrivez ici ce soir. Action.
Pas de questions ? Non, non, ça marche. Non, non, non, enchanté, monsieur Paul.
Alors, venez par ici.
Au fait, voici votre petit cachet.
La maman est attachée. Elle n 'est pas là, elle était les pierres sont cassées.
À la bonne heure.
Mes enfants, jusque -là, c 'était pas tant.
Changez rien.
Mais qu 'est -ce que je dois faire, là ? Elle m 'énerve, regardez -donc. C 'est
pas prévu, ça, elle brinde.
Ah, ça, sur les incondérables, si vous n 'avez qu 'à faire pas. Allez, debout,
debout, debout.
Enchaînons. Mademoiselle, vous êtes très bien, je me permets de vous féliciter.
Je fais mon possible, monsieur.
J 'ai ça manque de travail, ça pourrait être du coup mieux.
Non, non, non, c 'est très bien. Très en place, vous êtes excellent.
Allez, sans embages, en route ! Non, non, non, non, non, non, là, vous faites
ça. Pour vous en débarrasser, ah non, non, reprenons mes enfants.
Venez ici, venez.
Soyez tendres, monsieur, soyez calmes. Vous prenez un petit air coquin, voilà.
Je ne sais pas, vous dites, en baissant les yeux, un peu fatigué, ma colombe,
voilà.
Pigé ? Pigé. Un peu fatigué,
ma colombe.
Faire la pause café.
Tout à l 'heure, tout à l 'heure, enchaînons.
Alors, dites -lui quelque chose. Attachez d 'être un petit peu original.
savez, là, je vous aime.
Oui, le bourreau, vous venez chercher tout ça, c 'est bon, ça. La suite, la
main, action.
Oh, qu 'il est niais, qu 'il est pateau, pas comme ça.
Regardez.
Un, là, deux, trois, quatre, là, voilà.
Plus, ah oui.
Un, deux, trois, trois, quatre, huit, deux.
Pas mal.
C 'est pas mal, c 'est pas mal. Alors maintenant, vous retirez son attention,
vous pincez, vous la pincez à gauche, et alors, il veut du connu, hop, je vais
décraper sa robe.
Je vous remercie. Allons -y, action.
Voilà, j 'attends son attention.
Oui, allez -y, c 'est bon, c 'est bon, c 'est ça, oui, c 'est bien.
Allez -y, allez -y, allez -y.
C 'est pas mal, c 'est pas mal, c 'est bon, c 'est bon.
C 'est pas mal, c 'est pas mal du tout, dites -moi, c 'est pas mal du tout, ça !
C 'est pas mal, c 'est pas mal. Oui, oui. Allons -y vite.
Là, c 'est bon. Tenez, voilà.
Alors, moi, je serais vous, voyez, les menottes comme ceci.
Pas comme ça, l 'américaine.
Comme ceci, voyez.
Et alors, là, j 'embrasserais hypocritement.
Ah oui.
J 'ai compris, j 'ai compris. Mais laissez -moi travailler. J 'ai compris l
'audacieuse. C 'est moi, sans blague, je vous montre. Soyez polis, sans blague.
J 'ai compris, j 'ai compris.
J 'en ai un tout petit peu marre. Oh non, petit voyon, un peu de bonne
volonté, enfin.
Mettez -y du vôtre, enfin, voyon.
Oui, c 'est bon, c 'est bien. C 'est bien joué ça. C
'est parfait, ne changez rien.
Ma petite soeur va être bien contente.
Consentez -vous à prendre pour époux Robert Yassin de la Valta ici présent.
Monsieur Robert Yacinthe de la Valtaille, consentez -vous à prendre
mademoiselle Patricia Léonie Pancourde, ici présente.
Il est un peu fragile, mais je vais le prendre en main et dans six mois ça va.
Merci.
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