All language subtitles for Caroline.And.The.Rebels.1955.720p.BluRay.x264.AAC-[YTS.MX]

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Original subtitles

Maladroite ! Vite, vite, dépêche -toi, Lambine.

Tu veux nous faire prendre par les Français.

Attention, nous n 'avons pas appris Ă  plier convenablement les robes.

Ce n 'est pas une raison parce que les Français seront là demain pour que j 'ai

des robes comme des chiffons.

Maman, je refuse de nous suivre Ă  Rossa.

Il dit que si les Français arrivent, il n 'ira pas s 'enfermer avec des femmes

au fond des montagnes.

Il dit qu 'il va s 'engager chez les guerriers russes. Vous n 'allez pas le

laisser faire.

Jouan est un homme, maintenant.

À son âge, votre père était déjà parti pour se battre.

Nous ne pouvons que l 'embrasser et prier Dieu qu 'il le protège.

C 'est tout.

Je vois bien que vous ne l 'aimez pas.

Pardonnez -moi de vous avoir dit une chose que je ne pensais pas, maman.

Vous ne pouvez pas comprendre.

Je ne te comprends que trop bien.

Si son père vivait, il aurait dit à Jean le premier d 'aller se battre.

VoilĂ  qui doit nous suffire.

Son père... Ce n 'était pas un pilard que vous parlez, maman.

Vous savez bien que j 'étais déjà grande quand on l 'a apportée au château après

le naufrage.

Conchita...

Tu as juré devant Dieu et devant ton père de ne jamais en reparler.

Jouan doit croire qu 'il est un Aranda. S 'il était vraiment espagnol, je

comprendrais que vous le laissiez aller risquer sa vie, maman.

Mais le navire qui a fait l 'offrage était anglais et il y avait des mots

français gravés sur sa médaille.

Jouan n 'a pas allé se battre pour une cause qui n 'est pas la sienne.

Je ne veux pas qu 'il parte. Je m 'accrocherai Ă  lui, je crierai, je lui

tout. Tu es en train de te déshonorer, Conchita.

Je l 'avais déjà deviné, mais je ne voulais pas le croire.

Jouan est ton frère et tu ne l 'aimes pas comme un frère.

Eh bien, oui, je l 'aime.

Quel mal y a -t -il, puisqu 'il n 'est pas mon frère ? Tu as la fièvre,

Conchita.

Tu as dĂ» prendre froid.

Va te coucher.

Les domestiques viendront t 'apporter à dîner au lit.

Et ce soir, j 'accompagnerai Juan dans ta chambre quand il viendra te dire

adieu. Juan ! Juan ! Oui ? Pourquoi ça t 'amuse d 'aller

te battre ? Parce que c 'est mon devoir, ma petite Pilar.

Moi, c 'est jamais mon devoir. C 'est toujours le reste qui m 'amuse.

Un jour tu seras grande et c 'est ton devoir qui t 'amusera plus que tout ton

monde. Tu verras. Je suis déjà assez grande en tous les cas pour qu 'on ne me

pince plus le nez.

Et je t 'avertis d 'une chose.

Libère -toi de ne pas faire attention, de prendre froid ou d 'aller te promener

devant les fusils des Français.

Mais si tu meurs, le lendemain je me tuerai. En buvant trop de chocolat ? En

buvant du chlore ou de l 'ammoniaque. En tous les cas, quelque chose de très

fort. Tu dis de folle. D 'abord, je ne mourrai pas, je te le promets.

Ensuite, les petites sœurs ne se tuent jamais à la mort de leur grand frère. Ça

ne se fait pas. Les petites sœurs ordinaires font ce qu 'elles veulent.

Mais moi, je me tuerai. Parce que tu n 'es pas une petite sœur ordinaire.

Non.

VoilĂ .

Pour t 'éviter toute tentation, j 'emporte la clé.

Il y a sur cette table une vie de Sainte Marie de l 'Alcazar.

Je t 'engage à la lire et à la méditer.

Vous êtes maîtresse de vous -même et de vos enfants.

Mais moi, je ne partirai pas. C 'est absurde.

D 'abord, une dame de qualité ne va pas s 'enfermer sur des rochers au sommet d

'une montagne quand ce n 'est mĂŞme pas la saison.

Apprenez que c 'est dans des rochers que les vrais Espagnols se sont donnés

rendez -vous.

Les Français peuvent être là demain.

Le roi Joseph a reçu serment des grands d 'Espagne.

Qu 'avons -nous à craindre des Français ? Nous sommes sur la protection d 'un

autre roi qui est le propre frère de Napoléon.

Je prétends du moins ne pas voir les Français occuper ma maison.

Folie ! Les Français occupent l 'Allemagne, ils occupent l 'Italie, les

-Bas. C 'est bien ça, mais ils occupent tout. Avez -vous entendu dire qu 'ils

ont l 'habitude d 'assassiner les châtelains ? Les Français sont les

corrects. Je m 'en tiens lĂ . Mon oncle, moi je viens vous dire adieu.

J 'ai une longue route Ă  faire dans la montagne cette nuit et avec la

de mon manche, je vais rejoindre les guerrilleros. Les guerrilleros ? Quels

guerrilleros ? Qu 'est -ce que c 'est que ça, les guerrilleros ? Ce sont des

gens qui ne trouvent pas les Français corrects.

Allez, Thérésa.

Je suis venu de m 'introduire.

Je suis le comte Jean d 'Arendat.

Comme ça songe.

Moi, je suis Fréjus les papillotes.

Parce que je frise.

OĂą est le marquis de Ville -la -Campo ? Le chef, c 'est moi. Il y a le marquis

de Ville -la -Campo qui commande la région.

C 'est un trop gros monsieur pour que tu n 'arrives jamais jusqu 'Ă  lui.

Dans ce temps -lĂ , c 'est un frigo ce qu 'on a fait.

Enfin, recevez -vous ou non les engagements ? Comment tu as eu l 'idée

ici ? J 'ai pris mon cheval et puis dans la montagne du premier village, j 'ai

demandé où il y avait les guérilleros.

VoilĂ  quoi, c 'est tout.

Et voilĂ  quoi, c 'est tout ? D 'abord, moi, j 'aime pas les chapeaux, ni les

cravates.

Allez, foutez -le à la cave pour aujourd 'hui, après lui avoir enlevé ses

fringues de petits crevés.

J 'aime pas voir ça, moi.

Ça me donne des jugreurs.

Du coup que monsieur veut rentrer dans la résistance, au lieu de lécher la main

des dames dans le salon de sa maman, vous le foutrez Ă  la cuisine.

Il lavera les plats. Et quand il n 'y aura plus de plats, il fera les

Parfaitement. Pour la grandeur de l 'Espagne.

Il n 'y a pas de saut métier.

Il faut bien quelqu 'un s 'en charge.

Pendant que les vrais hommes vont se faire trouver la peau. Allez, je vous

que je veux me battre. Femme d 'idiot.

Tu veux te battre.

Sale brute ! Lâchez -le !

Allez, emmenez -le !

Est -ce qu 'il fait mine de se tordre ?

C 'est pas les gens qui ont les mains propres.

Gardiens mon cheval !

Ă  faire la vaisselle. Je suis venu ici pour me battre et pas pour les servir.

Ils ont déjà tué un jeune homme de la ville qui ne voulait pas leur obéir. Il

faut mieux devenir en vitesse.

D 'autant plus qu 'ils ont attaqué cet après -midi un convoi français où il y

avait de l 'alcool.

Ils sont sous comme des cochons et quand ils sont sous...

Rien de délai ! Un cochon de français ! Ils ont encore trouvé le moyen de nous

rouler ! HĂ©, Marquis ! Allez, arrive !

Tu diras pas qu 'on part, ça je pars.

Je te donne les lettres.

Parce que monsieur sait peut -ĂŞtre lire en plus.

Allez, radime le feu avec, ça servira à quelque chose.

A vous de pigoter !

Tu salauds ! Tu voles les chevaux, maintenant ? Il y avait une lettre

dans le coffre que vous avez pris.

Je vais la porter au marquis de Villacampo.

Profite de ce que l 'on sait pas lire, petit salaud ! Pour nous raconter n

'importe quoi ! Je vais t 'en foutre, Ă  moins un billet de mou !

Pour avoir voulu déserter, tu seras fusillé demain matin.

Pour avoir volé le cheval de ton chef, tu seras pendu par les pieds toute la

nuit avant de mourir.

C 'est tout.

Tu vois qu 'on est encore bon brin.

Je vais couper la corde.

Je n 'aurai pas la force de vous retenir.

C 'est bien énorme.

Ne me regardez pas comme ça, je suis à moitié nue.

Il fait l 'air chevalier de la nuit.

Je vous ai mis un coup de tour.

Je vous ai mis un coup de tour. Je vous ai mis un coup de tour.

Je vous ai mis un coup de tour.

Je vous ai mis un coup de tour. Je vous ai mis un coup de tour.

Il te plaisait, le beau marquis, hein, petite putain ? Bon.

Eh bien, demain, ça fera de prendre au lieu d 'un.

Mais avant, on s 'occupera de toi, putain !

J 'en peux plus.

Fallait du courage, il y a une cabane lĂ  -haut.

Ici, on sera bien ? Évidemment, il faut faire un peu de ménage.

T

'as

pas froid ?

Pourquoi tu m 'as sauvé la vie ? Pourquoi tu me le demandes

?

Je

vais t 'emmener chez moi.

Puis après, je repartirai à la guerre.

Tu ne regretteras pas d 'avoir quitté la maison de tes parents ? Pourquoi tu me

poses toujours des questions ?

Ça grouille là -dedans.

Où êtes -vous ? À qui parles -tu, Carlos ? Je n 'en sais rien.

Un garçon et une fille, on dirait.

Il paraît que nous avons dérangé une idylle.

Qui es -tu ? Il y a un pistolet dans les formes de ta selle.

Que fais -tu, armé dans nos lignes ? Je suis le comte Jean d 'Aranda. Et je

cherche l 'état -major du marquis de Villacampo. Qu 'est -ce que tu lui veux,

marquis de Villacampo ? Une lettre Ă  lui remettre.

Montre. Je vais la mettre en main propre.

Si tu veux.

Mais c 'est dangereux de déranger pour rien le marquis de Villacampo.

Allez, emmenez -les.

Doucement.

Qu 'est -ce que c 'est que cette histoire ?

C

'est toi qui te prétends un Aranda ? Attiché comme tu l 'es ? C 'est un

imposteur ! Fais tant ce que tu veux, Bartholomé. M. de Villacampo, un Aranda

'a jamais autorisé personne à critiquer sa façon de s 'habiller.

J 'ai l 'honneur de vous demander réparation par les armes de votre

mon égard.

Veuillez me pardonner, monsieur, mais vous parlez en effet comme quelqu 'un de

votre race.

Laissez -nous.

D 'ailleurs, en vous regardant mieux, il me semble reconnaître en vous un jeune

homme qu 'on m 'a présenté à un dîner il y a trois ans.

Vous avez beaucoup changé.

Asseyez -vous, voilĂ  une bouteille de caress, des verres, il reste aussi du

et du jambon.

Faites -leur honneur, vous devez en avoir besoin.

Oncle Charles de Médro ne vous a pas persuadé que le rôle des nobles

était de prêter serment de fidélité au roi Joseph ? Ma présence ici le prouve.

Vous savez ce qu 'il y a dans cette lettre ? Le

maréchal Bessières avertit le général de Salange, gouverneur de Burgos, qu 'il

sait par un espion que je dois me trouver le 28 août dans le village de

avec mes troupes, ce qui est exact.

Il dit qu 'il lui envoie cet espion pour le guider jusque -lĂ  et me tomber

dessus.

J 'ai besoin que quelqu 'un aille lĂ  -bas.

C 'est un genre de mission, je ne vous le cache pas, oĂą on a une chance sur dix

de réussir.

Ça ne vous fait pas peur ? Non.

Vous allez monter immédiatement à cheval et porter avant le matin cette lettre

aux Français.

Vous direz que vous l 'avez ouverte après une première alerte ?

pour être capable d 'en réciter le contenu après l 'avoir détruite, si vous

étiez repris.

Le 28, vous guiderez le général de Salanches jusqu 'à Riora.

OĂą il ne vous trouvera pas.

OĂą il me trouvera.

Mais averti, et c 'est lui qui tombera dans une souricière.

Pedro, fais donner ton meilleur cheval au comte d 'Aranda.

Mon général, la jeune fille qui m 'accompagnait m 'a sauvé la vie.

Elle ne peut pas retourner Ă  la ferme d 'oĂą elle vient.

Je voulais la conduire au château de ma mère, afin qu 'elle soit en sécurité.

Chevaleresque, en plus.

Vous êtes décidément très jeune.

Je vous promets de faire conduire cette jeune fille chez Bram, votre mère.

Et intacte.

Précroyez -moi, mais on vient de penser qu 'à la guerre, c 'est encore plus

amusant que les femmes.

Alors, c 'est amusant d 'ĂŞtre duchesse ? Vous savez, il n 'y a que trois

semaines. Enfin, ça me change, moi qui m 'appelais Durand. Le seul ennui, c 'est

que c 'est un nom accouché d 'or.

Duchesse d 'Abulkerk.

Ah oui, que pour une fois que Durand gagnait une bataille, il aurait pu la

gagner autre part.

Regardez les Berthiers, par exemple.

Prince de Vagram.

Ça sonne tout de même mieux, non ? Oui, ça, vous avez raison. Si jamais j 'ai l

'occasion un jour d 'en gagner une, avant de me lancer, je penserai choisir

lieu dont le nom plaise Ă  Caroline. Elle est toujours Ă  Paris ? Eh oui, ma

chère, je suis votre.

La vie en Espagne est charmante.

Mais Caroline préfère Paris. Je ne peux pas la décider à venir me retrouver ici.

Plaignez -vous.

J 'ai pu vous convaincre quelques jours que les Espagnoles étaient ravissantes.

Moi, j 'ai bien fait de venir retrouver mon mari.

Je parierais qu 'elle vous aide Ă  supporter votre veuvage.

Vous perdriez, ma chère amie.

Quoi ? Vous êtes fidèle à Caroline ? Par superstition.

Et dans l 'espoir qu 'elle me rendra l 'appareil.

Savez -vous que c 'est dommage ce que vous me dites lĂ  ?

J 'avais tant de plaisir Ă  vous voir.

Je ne dis pas que c 'est une femme divine comme vous.

Qu 'est -ce que c 'est ? Je m 'excuse de vous déranger, mon général, mais c 'est

important.

On vient de m 'amener un jeune Espagnol qui se prête à envoyer par le maréchal

Pessière.

Il avait dans sa poche une lettre en mauvais état qui porte en effet les

du maréchal.

La voici.

Je m 'excuse.

Pourquoi cette lettre a -t -elle ouvert ? Ce garçon prétend que son escorte a

été attaquée par les guerriers rosses. Il a pu s 'enfuir et il a lu la lettre

afin de pouvoir en dire le contenu s 'il devait la détruire.

DrĂ´le d 'histoire.

C 'est bien l 'écriture du maréchal Bessières.

Je suis convaincu que je vais devoir m 'occuper de cet espion.

Je ne vous demande qu 'un instant. Je vous en prie, recevez -le ici.

Il faut que j 'ai des choses palpitantes Ă  raconter Ă  mon retour Ă  Paris. Et Ă 

vous dire vrai, je n 'ai jamais vu d 'espion un chair et un os. Ma chère

'est rarement intéressant à voir, je vous en prie bien.

Enfin, comme vous voulez.

Faites -en une.

Avancez un peu.

Pourquoi êtes -vous entré au service du maréchal Bessières ? Eh bien, j 'estime

que notre roi a remis sa couronne entre les mains de l 'enfant Napoléon et celui

-ci l 'ayant remise au roi Joseph ĂŞtre le devoir de le servir.

En espionnant ? Je ne suis pas un espion.

Au contraire. Au contraire.

Je voulais dire que j 'appartenais au contraire Ă  cette fraction du peuple

espagnol qui pense qu 'elle doit rester fidèle au serment prêté au roi Joseph et

que les guerriers roses ne peuvent qu 'attirer sur l 'Espagne des représailles

méritées.

Vous devez avoir raison.

En tout cas, ce n 'est certes pas Ă  moi de vous en dissuader.

Je vous ai posé cette question parce que j 'ai l 'habitude de voir des espions,

des délataires.

Ils se ressemblent les uns les autres.

Mais vous, vous ne leur ressemblez pas.

Cela m 'a surpris, voilĂ  tout.

Le fait est que pour un espion, il est charmant et si jeune.

Je pourrais dire Ă  Paris, Ă  M.

Fouché, qui en emploie l 'ignoble, qu 'avec un peu de soin...

On peut avoir un espion charmant. Mais je vous dis, madame, que je ne suis pas

un espion. Et qu 'il n 'aime pas qu 'on le traite d 'espion. Il y a longtemps,

monsieur, que vous êtes au service du maréchal Bessières.

Un an.

Vous avez eu l 'occasion de l 'approcher personnellement ? Oui.

C 'est un vieux camarade.

Il y a des années que je ne l 'ai pas revu.

Ça me fait toujours plaisir d 'avoir de ses nouvelles.

Toujours aussi sourd.

Il y a un obus qui lui a éclaté dans l 'oreille à Maringo.

Oui, mon général, toujours aussi sourd.

Quel dommage.

Vraiment, ce pauvre Bessières est toujours aussi sourd.

Ça me semble bien le gêner. Non, non.

Il s 'y est très bien habité.

Cette femme restera gardée à vue et au secret ici même jusqu 'à nouvel ordre.

Rompez.

Gaston, pourquoi lui avez -vous parlé si méchamment ? Il est tellement

sympathique. Trop sympathique. Beaucoup trop sympathique.

Vous vous méfiez de lui ? Plus maintenant.

Je lui ai parlé de la surdité de Bessières et il m 'a approuvé.

Or, le maréchal passe pour posséder les deux meilleures oreilles de l 'armée.

Donc, il ne l 'a jamais vu.

Donc, c 'est un envoyé de Villacampo qui a réussi à voler cette lettre. C 'est

effrayant, mais qu 'est -ce que vous allez faire ? Aller tout de mĂŞme au

-vous. Mais comme c 'est moi qui serai averti, j 'irai par un autre chemin.

Et c 'est moi qui surprendrai Villacampo.

Et le jeune homme ?

Le petit jeune homme si sympathique.

Eh bien, je vais le faire fusiller.

Non, non, non, ne vous occupez pas de notre sale petit cuisine.

J 'espère que vous serez au bal que je donne ce soir en l 'honneur du passage

sa majesté à Burgonde.

Je n 'ai qu 'un prince.

Et je l 'ai rappelé à l 'enfant mon frère lors de mon passage à Paris.

C 'est que devenu roi d 'Espagne...

Je dois me montrer plus espagnol que français.

Et moi, je prétends que votre majesté n 'a pas à se demander si elle est

espagnole ou française.

Elle n 'est ni l 'une ni l 'autre.

Ah, vraiment ? Et peut -on savoir, général Lassalle, quelle est ma

Vous êtes comme tous ici un serviteur de l 'empereur, et ça doit vous suffire.

Non, général Lassalle, ça ne me suffit pas.

J 'ai le devoir envers l 'Espagne.

Et quand je vois tous ces misérables, que nous prenons les armes à la main, et

que nous sommes contraints de décimer...

Comme roi des Espagnols, j 'ai le cœur serré.

Votre majesté est trop bonne.

Si les Espagnols ne veulent pas se faire fusiller, ils n 'ont qu 'Ă  ne pas

prendre les armes. C 'est tout ça.

On ne s 'attendrait que sur eux.

Mais nos soldats aussi risquent leur peau.

Si vous étiez Espagnol, peut -être feriez -vous comme eux, la salle.

Me foutez, madame la Duchesse.

Quand un soldat commence Ă  se poser des questions pareilles, il est foutu.

Je ne suis pas Espagnol, je suis Français.

Et je dois assurer la sécurité des troupes françaises en Espagne.

Et quand je trouve dans les buissons des petits jeunots pas trop rasés, avec un

couteau dans leur poche, je ne perds pas mon temps Ă  leur demander leurs

opinions politiques.

Je les fais fusiller, en vrai ! Comment osez -vous dire ça devant moi, Lassalle

? Sans même réunir une cour martiale ? Et quand ils égorgent nos isolés dans

auberges, quand ils ouvrent le ventre de nos cantinières, quand ils brûlent vif

nos traînards, ils en réunissent, eux, des cours martiales ? Mais c 'est un

crime ! Savez -vous bien que vous ĂŞtes passible d 'un conseil de guerre,

Lassalle ?

Je suis tranquille. L 'empereur Majesté est un homme qui sait qu 'il faut ce qu

'il faut.

Nous bouleversons la Duchesse.

L 'occupation d 'un pays a des lois qui sont atroces, mais nécessaires, madame.

J 'avoue que le petit noble espagnol que nous avons condamné en cour martiale ce

matin m 'a fendu le cœur.

Mais c 'est le jeune homme de ce matin qui est déjà jugé ? Oui, mais si nous

parlions d 'autre chose, n 'assombrissons pas cette soirée, voulez

vous comptez vraiment l 'exécuter ? Évidemment, madame.

Quand ?

Demain matin, la première heure ? À moins que notre cher général, en qualité

gouverneur militaire, n 'use de son droit de grâce.

J 'ai assez d 'ennuis avec le gouvernement de cette province, mon cher

Ne m 'en créez pas en plus avec la Duchesse.

Alors, Madame, seule Sa Majesté pourrait décider de cette grâce.

Détrompez -vous, colonel.

L 'organisation de l 'Espagne est si curieusement en fête par mon frère l

'Empereur que je n 'ai aucun pouvoir sur les décisions de l 'armée française.

Duchesse, puis -je vous demander d 'ouvrir le bal ?

avec le général de Salanches. Car moi, depuis que mon frère m 'a fait roi, j

'ai, entre beaucoup d 'autres choses, dĂ» renoncer Ă  danser.

Pensez -vous que j 'ai le cœur à danser après ce que nous venons d 'apprendre ?

Mais ma chère, vous êtes la femme d 'un soldat.

Et les soldats ont l 'habitude de danser entre deux morts subites. Écoutez,

Salanche, je veux voir ce jeune homme.

Il est détenu ici ? Certes, mais à quoi bon ? Vous allez attrister une soirée

qui pouvait ĂŞtre charmante.

Lui donner je ne sais quel pot d 'espoir par votre visite, c 'est aller Ă  l

'encontre de vos bons sentiments pour lui. Ce n 'est pas raisonnable, non,

croyez -moi.

Si votre mari était là, il me donnerait raison.

Il y a deux ans, au Portugal, au château de Montazà, mon mari n 'était pas là.

Et vous vous êtes fort bien passé de lui pour prendre une décision.

Je croyais que vous m 'aviez interdit d 'évoquer certains souvenirs.

Écoutez, Salange, je vous permets de les évoquer ce soir, ces souvenirs.

Et de la façon la plus précise. Si vous faites grâce à ce jeune homme, c 'est

clair. Alors, vous n 'avez pas le droit de me faire ce chantage.

Ce jeune homme est sympathique, mais il a pris les armes contre nous. C 'était

son devoir.

Auriez -vous préféré qu 'il fût lâche ? J 'aurais préféré que vous ne vous

mêliez pas de cette histoire. D 'accord, seulement voilà, je m 'en suis mêlée.

Et quand je me mêle de quelque chose, ça réussit toujours.

Vous savez bien. Je meurs d 'envie du coup, Laure.

Mais mon honneur... Mais rien, qu 'est -ce que vous en faites ? Sans compter

celui de ce pauvre durand.

Donnons, donnons. Nous serons tous déshonorés. Ce sera sûrement

Réfléchissez, je vais prendre un sorbet au buffet.

Mais, mais Laure, je...

Un sorbet, mon ami. Quel parfum, madame la maître. Ça n 'a pas d 'importance, je

n 'ai pas l 'intention de le manger.

J 'ai pensé sûr que cette grâce aurait marqué, heureusement, l 'honneur de

passage Ă  Burgos.

Et puis, la famille d 'Aranda est une très vieille, très noble famille.

Ce geste peut avoir un retentissement de haute... Mon cher, je suis toujours

heureux qu 'on ne tue pas quelqu 'un.

Faites gaffe, faites gaffe.

Mais êtes -vous bien sûr que c 'est seulement la haute politique qui vous a

poussé ?

On va être tués, il faut beaucoup de courage pour dormir.

Bravo. C 'est l 'heure ? Non, inutile de vous lever.

Vous ĂŞtes gracieux.

Dormez.

Ne me remerciez pas de vous avoir apporté cette nouvelle moi -même.

Une femme, la Duchesse d 'Albuquerque, m 'a peut -être un peu forcé la main pour

obtenir votre grâce.

Mais cet idiot, une fois la décision prise, je ne pouvais m 'endormir en

qu 'un condamné à mort attendait l 'aube.

Je ne me doutais pas que vous dormiez.

Quel âge avez -vous ? 20 ans.

Si mon fils avait vécu, il aurait votre âge exactement.

J 'aurais aimé qu 'il ait cette lumière dans les yeux, qu 'il ait votre courage.

Petite, allez ouvrir.

C 'est le lieutenant Bogard, madame.

Entrez, entrez, lieutenant.

Je suis confus.

Je vous dérange, madame.

Vous m 'avez dit, dès les formalités, de la lever d 'écrou. Mais vous levez vos

écrous à l 'aube, mon cher.

Mais il est midi, madame.

Mettons que ce soit le petit matin. Je suis confuse de vous recevoir Ă  ma

toilette, monsieur, mais le général de Salange m 'a chargé de vous faire un peu

de morale.

Ça va vous paraître très ennuyeux.

Depuis ce matin, madame, je ne me reconnais plus le droit de trouver

chose ennuyeux. Vous me le confiez, Bogard ? Je vous le rends dans une

Il me faut au moins ça.

Son escorte viendra le prendre, madame.

Parce que vous avez encore une escorte. Allez.

Lady de Grasse peut voir mon internement au collège des jeunes nobles de Madrid

jusqu 'à la fin des hostilités.

Vraiment ? Je ne sais pas si vous ĂŞtes comme moi, mais j 'ai horreur des

escortes.

J 'ai également horreur de la morale.

C 'est bien simple, je ne sais pas ce que c 'est.

dire beaucoup de mal de moi. En prison, c 'est... C 'est une chance.

C 'est peut -ĂŞtre le seul endroit oĂą on n 'en dit pas, faute d 'information.

C 'est vrai, d 'ailleurs. J 'ai la plus mauvaise réputation entièrement

justifiée. Et cela tout bonnement parce qu 'il m 'arrive de faire ce dont les

autres se contentent d 'avoir envie.

La vie est si courte.

Vous avez failli vous en apercevoir ce matin.

Mais je suis sûre qu 'à votre âge, vous ne vous doutez pas encore à quel point

la vie est courte.

Oh, mais ne me couvre de honte, moi.

Vous n 'ĂŞtes pas un vrai muet, au moins.

Je vous demande pardon, madame.

Mais tout ça est tellement inattendu pour moi.

J 'en reviens de si loin et vous ĂŞtes si belle.

Je vous dois la vie, mais je ne sais pas comment vous remercier.

Je vais me jeter Ă  vos genoux et je ne peux pas. C 'est absurde.

Mais non.

Ça me paraît une très bonne idée, au contraire.

Je ne devrais pas te le dire, petit espion, mais avec des yeux comme ça, tu

te permettre de te faire condamner Ă  mort tous les huit jours.

Il y a toujours une femme qui te sauvera.

Tu étais condamné à mort.

On t 'a fait grâce.

Tu n 'es pas ici comme un élève ordinaire, mais comme un prisonnier.

Je sais que tu as souffert.

Tu as cru combattre pour l 'Espagne et pour Dieu.

Tes mobiles étaient grands.

Mais les plus grands crimes ont souvent les plus grandes excuses.

Le roi Joseph a été légalement porté au pouvoir.

Il représente les institutions monarchiques et religieuses. Il est l

La résistance, c 'est le désordre.

Tu auras le temps ici de te repentir.

Merci, capitaine.

Je prends bonne garde de ce jeune homme.

Voici la décharge.

Merci, mon frère.

Tu vas entrer ici dans un collège dont on ne s 'évade pas comme d 'un camp de

prisonniers français.

Nous avons, nous, de bonnes portes et de bonnes grilles.

Je vais d 'ailleurs devoir, conformément au règlement, te faire prêter serment

sur le Christ, que tu ne sortiras jamais d 'ici sans mon ordre.

Je te laisse seul un instant.

Pour prévenir le surveillant de ta division, la fenêtre de mon bureau donne

le parc, qui donne sur une orveille déserte.

Le mur est haut, mais il y a des arbres qui le bordent.

prennent -ils ces Français ? Pour des imbéciles ou pour des traîtres ?

Enfin, tu te réveilles.

J 'allais être obligée de repartir.

C 'est toi ? Où est -ce que je suis ? Des braves gens t 'ont trouvé évanoui

terre. Ils t 'ont porté chez eux.

Un miracle a voulu que leur voisin fût un ancien cocher de maman qui t 'a

reconnu et qui nous a prévenu.

Tu es caché en ce moment dans l 'ancien appartement du prince Macérano.

Du prince...

L 'appartement est occupé par un général français.

Quand on a réquisitionné son appartement, le prince Passerano a pu se

ses deux pièces où l 'on accède par un escalier de service.

C 'est lui qui nous a proposé de te cacher ici.

Personne n 'aura l 'idée de venir chercher un prisonnier évadé chez un

français.

Ah, général, que je suis heureuse de vous accueillir. Hugo va être ravi.

Je n 'ai pas voulu quitter Burgos sans lui serrer la main.

Mais dites -moi, vous êtes merveilleusement logée ici.

C 'est le palais réquisitionné du prince Passerame.

Maman m 'a donné Teresa pour m 'accompagner ici.

Elle va rester avec toi dans l 'appartement pour te soigner.

Je comprends rien Ă  tout ce que tu me racontes.

Cherche pas Ă  comprendre.

Dors.

C 'est ce que tu as de mieux Ă  faire, Ademise.

Tu t 'en vas ? Je reviendrai Ă  la nuit.

Il faut manger, M.

Lecomte. Il s 'est fait dormir toute la journée.

Pourquoi m 'appelles -tu M.

Lecomte ? Parce que maintenant, je suis servante chez vous.

Il faudrait que M. Lecomte m 'excuse.

Je ne suis pas très bonne cuisinière.

Tu vas t 'amuser longtemps Ă  m 'appeler monsieur le comte.

Autrefois, tu me tutoyais quand on faisait la vaisselle ensemble.

C 'est mon devoir maintenant.

Autrefois, je ne savais pas que vous étiez noble.

Tu regrettes la ferme ? On ne regrette jamais les coups.

Et chez ma mère, tu t 'ennuies pas trop ? Je suis traitée comme les autres

servantes, ni mieux ni plus mal.

Il y a que mademoiselle Conchita qui me déteste.

Avec elle, c 'est toujours des coups d 'éventail sur les doigts et des

Conchita ?

Elle est méchante avec toi ? Pourquoi ? Parce que... elle croit que j 'ai été

votre maîtresse.

Ça la regarde ? Il faut croire.

Monsieur Jouan, non, monsieur Jouan, mais monsieur Jouan, non, monsieur

monsieur Jouan, le médecin a dit que vous restiez tranquille, c 'est une

ordonnance.

J 'ai bien le droit. Tu n 'es qu 'un chien.

Tu entends ? Je ne veux plus te voir. C 'est pas comme ça.

Je m 'en fiche bien. Ils n 'ont qu 'à venir. Ils t 'arrêteront. J 'espère qu

'ils te fusilleront. Et moi, ils m 'enverront mourir en prison.

Quand à Thérésa, ils la mettront dans une de ces maisons de femmes qu 'ils en

fĂŞtent pour leur troupe, elle y sera Ă  sa place.

Tu es folle. On dirait femme jalouse.

Tu es ma soeur.

Non, je ne suis pas ta soeur.

Je t 'aime.

Tu ne comprendras donc jamais que je t 'aime.

Va -t 'en, Conchita.

Nous nous reverrons quand tu auras repris ta raison.

Si j 'avais le droit de te dire la vérité... Il n 'y a pas de vérité qui

nous empêcher d 'être frères et sœurs.

Si.

Écoute, tu n 'es pas espagnole, Juan.

Tu n 'es pas mon frère.

Oui, il y a longtemps de ça.

J 'étais encore toute petite.

Il y a eu un combat naval près d 'une petite crique, toute proche de la maison

de nos parents.

Entre un navire anglais et un bâtiment de guerre français.

Le navire anglais a été coulé.

Je suis anglais ? Tu ne parlais pas encore, on n 'a pas pu le savoir.

Mais tu avais au cou une médaille avec un portrait de femme et deux mots

français gravés dessus.

Surtout, ne dis jamais Ă  maman que je te l 'ai dit, elle me tuerait.

Tu comprends maintenant pourquoi j 'ai le droit de t 'aimer ? Laisse -moi au

moins mettre la tête sur ton épaule.

Pilar savait ? Non.

Elle est née après.

On ne lui a jamais dit.

Laisse -moi comme tu t 'as, je voudrais ĂŞtre tout seul.

Reviens demain.

Je ne suis pas espagnol.

Qu 'est -ce que vous faites ? Vous risquez d 'attirer l 'attention.

On peut vous voir, ça donne sur le salon.

Écoute, il y a un officier général qui vient de sortir.

Je vais te le montrer dans la fenĂŞtre.

Tu le rattraperas dans la rue ou tu lui diras que le comte Juan D 'Aranda veut

lui parler, que c 'est grave.

Tiens, le grand général en bleu.

Cours, vas -y !

Je

ne suis pas espagnol.

Mon général, je vous remercie de m 'avoir rencontré.

Entrez, je vous en prie.

Je me demandais si ce n 'était pas un autre guet -apens. Avec vous, on ne sait

jamais. Je vais vous poser une question.

Vous ĂŞtes drĂ´le.

C 'est moi qui veux vous poser une question.

Toute la ville ne parle que de votre évasion. Ma police vous recherche.

Et vous me faites appeler dans la rue par votre servant.

Est -ce que vous n 'êtes pas un peu fou ? Général, écoutez -moi, je vous en

supplie.

Pour certaines raisons que je viens seulement de connaître, je ne me sens

tenu de haïr les Français.

Ah oui ? VoilĂ  une bonne nouvelle.

Je viens d 'apprendre que je n 'étais probablement pas espagnol.

Il faut que j 'aie quitté cette maison avant demain et l 'Espagne le plus tôt

possible.

Les étrangers de toute nationalité servent dans l 'armée française.

Pouvez -vous faire qu 'elles veuillent de moi ? Ma condition, ce ne soit pas

contre les Espagnols. Je vous jure de me battre pour elles de tout mon cœur.

Vous êtes décidément un drôle de pistolet.

Tu as de drôles d 'idées pour un rendez -vous, Pilla. Tu ne voulais pas qu 'on

le dise Ă  maman, ni Ă  Conchita, ni mĂŞme Ă  Teresa.

Tu penses comme c 'était commode.

Je dis que je venais porter des fleurs sur la tombe de l 'oncle Martinez.

J 'ai seulement triché un peu sur la date.

L 'anniversaire de sa mort est dans quinze jours.

Mais personne n 'a fait attention.

Pauvre oncle Martinez.

Pourquoi pauvre ? Il a aimé un gros pot de fleurs ? Je ne

peux pas t 'embrasser.

VoilĂ  des gens qui passent, faisant semblant de prier.

Je vais partir, Pilar.

Pour très longtemps.

J 'ai voulu te revoir.

Et pas Conchita ? Non.

Tu es très petite encore, Pilar.

Il s 'est passé beaucoup de choses que je ne peux pas te dire, mais je te les

dirai quand nous nous reverrons.

Je suis déjà un petit peu plus grande que la dernière fois, tu sais.

Je n 'ai plus maîtresse. Tu as remarqué ? Oui.

Écoute, je veux te demander quelque chose.

Pendant que je ne serai pas lĂ , pense souvent Ă  moi et deviens encore plus

grande. C 'est tout ? Oui, mais c 'est beaucoup.

Tu comprendras plus tard.

Je vais me lever et m 'en aller.

Je dois me cacher jusqu 'à mon départ. Il ne faut que personne ne nous voit

ensemble. Tu ne m 'embrasses pas.

Quand je reviendrai, je te promets de t 'embrasser bien fort.

C 'est des Français.

Prenez leur ordre de mission. Tiens, mon capitaine.

Non, mais t 'es pas fou de faire part en chevaux ? T 'as jamais vu deux

hussards, toi ? Et toi, t 'as jamais vu de gendarmes ? T 'as un ordre de mission

? Oui, c 'est nos lieutenants qui l 'ont.

Alors quoi ? Qu 'est -ce qui se passe ? Pourquoi nous arrĂŞtons ? ContrĂ´le, votre

ordre de mission ? Ma parole, nous n 'arriverons jamais Ă  Paris.

Ces braves gens ne se doutent pas que je suis retenu à dîner le 28 chez la

princesse Borghese.

Dites -le -les.

Dites -leur vous -mĂŞmes.

Non.

J 'ai remarqué que ça ne me réussissait pas.

Les gendarmes français ont horreur des modalités.

C 'est vous, lieutenant Guénaud ? Oui, mon capitaine.

Le lieutenant de Tain -de -Ville, aide -de -camp du maréchal Berthier. C 'est

moi, mon capitaine.

Ça voyage comme ça, maintenant, les aides -de -camp ? À l 'aller, mon

je portais un pli secret et urgent.

J 'ai eu droit Ă  une berline rapide.

Maintenant que j 'ai donné mon pli, on me renvoie comme on peut.

Mais je compte protester.

D 'autant plus que je suis retenu à dîner le 28 chez la princesse Pauline

Borghese. C 'est vous dire, d 'ailleurs, que je n 'ai pas de temps Ă  perdre.

Ça, je m 'en fous.

Vous l 'avez bien dit, aucun sens mondain dans la gendarmerie. Vous ĂŞtes

espagnol ? Oui.

Non, c 'est -Ă  -dire que... Les soldats l 'ignorent, mon capitaine.

Si par malheur nous étions pris par les guerrilleros, il serait dangereux pour

lui qu 'on sache sa nationalité.

Eh bien, bonne route, messieurs, si l 'on peut dire.

Vous avez encore un poste de gendarme à un kilomètre.

Et puis, il n 'y a plus qu 'à se confier à sa bonne étoile jusqu 'à Avila.

Nous avons renoncé à contrôler plus loin.

C 'est gai.

Quand on aura fini avec les gendarmes, il faudra discuter avec les guerriers

héros. Discutez peu, monsieur l 'aide de camp.

Un conseil d 'un vieil habitué.

Ne marchez que tant qu 'il fait soleil. Et sur tout ce qui brille dans les

broussailles, tirez. C 'est un mousquet.

Allez, bonne route.

En avant ! Et bonjour Ă  la porte Saint -Antoine.

Bande de bénards.

Il arrive.

Il est temps de soigner le blessé. Oui, allez -y.

Décidément, cette route ne me dit rien de bon.

D 'après la carte, nous devons arriver dans une petite demi -heure à un

Je pense qu 'il serait prudent d 'y passer la nuit plutĂ´t que de bivouaquer

cet endroit charmant.

Jean, prenez un cavalier. Vous parlez l 'espagnole, vous pourrez interroger les

villageois et préparer le cantonnement si toutefois l 'endroit vous paraît

calme. Tu vas en éclaireur avec le lieutenant.

Viens, mon lieutenant.

Pardonnez -moi, madame, vous savez les signes ?

Padre, je veux entrer mon fils.

Pour une nuit, ça ira.

Et j 'espère que tout se passera bien, seigneur Alcad.

Car si d 'aventure nous étions attaqués, le village serait rasé par les deux

escadrons qui nous suivent.

Vous pouvez en avertir vos administrés.

Placez vos sentinelles. Viens, mon lieutenant.

Bonsoir, signor.

Et merci.

Lieutenant ! Il y a une chose ennuyeuse.

Le curé nous propose de dîner au presbytère. C 'est la maison en face.

Seulement, je me demande si c 'est pas un traquenard.

Oui.

Mais d 'un autre côté, si le curé est de bonne frais, nous avons tout intérêt à

ĂŞtre bien avec lui.

Qu 'en pensez -vous, Tanville ? De toute façon, moi, je n 'ai pas faim.

Je n 'aime pas la cuisine espagnole, sauf ça trop lourd.

Vous voulez vous y aller, Amanda ? Moi, je reste ici avec les hommes.

Au moindre soupçon, tirez un coup de feu. Il nous faudra une minute pour

arriver.

Viens.

Mes camarades sont forcés de rester en service avec leurs hommes, mon père, et

ne peuvent pas accepter votre invitation.

Mais moi, je l 'accepte volontiers.

C 'est mon ordonnance. Je n 'ai pas besoin de lui.

Il reste devant la porte.

que l 'Espagne est belle.

Ne savez -vous pas, mon fils, que l 'Espagne est l 'orgueil de Dieu ?

qui la viole.

Il ne me reste plus qu 'à vous remercier, mon père, et à rejoindre mes

camarades.

Mon fils, vous m 'offenserez en refusant de coucher sous mon toit.

Chez nous, où on a mangé, on dort.

C 'est un vieux proverbe.

Je serais navré de vous peiner, mon père, mais un officier n 'est pas libre.

Et mon devoir est d 'aller retrouver mon chef qui m 'attend.

Si ce n 'est que cela, vous pouvez accepter mon invitation.

J 'étais tellement sûr que vous seriez mieux chez moi que dans la maison de

ville où il n 'y a pas le moindre lit, que j 'ai pris la liberté de faire

prévenir le lieutenant que vous resteriez à dormir ici.

Si vous vous doutez de ma parole, interrogez votre ordonnance.

C 'est elle que j 'ai envoyée. C 'est elle qui m 'a rapporté la réponse de

chef.

Il ne voit aucun inconvénient.

à ce que vous passiez la nuit dans mon humble presbytère.

Vous devez être fatigué, permettez -moi de vous conduire à votre chambre.

Je dormirai dans mon propre lit.

Il ne me reste plus qu 'Ă  vous souhaiter une bonne nuit, mon fils.

Je vous remercie de toutes vos bontés, mon père.

Avant de me coucher, j 'aimerais simplement dire de moi mon ordonnance.

A votre guise.

Mon père, je suis honteux de voir qu 'un prêtre espagnol peut manquer à sa

parole. Vous saurez, jeune Blanvet, que je n 'ai pas de leçon d 'honneur à

recevoir de vous.

Nos évêques nous ont permis, pour sauver l 'Espagne et la religion, d 'aider

notre peuple dans sa guerre contre les Français.

En ce moment, nos guerriers roses descendent de la montagne et se

pour anéantir votre détachement.

Vous serez épargnés, parce qu 'en vous mettant à table tout à l 'heure, vous

avez récité le bénédicité comme un vrai chrétien.

Et parce que vous avez dit que l 'Espagne était belle, il y avait quelque

de sincère dans votre voix.

Mais vos complices périront tous cette nuit, et la gloire de l 'Espagne sera

immense.

En saucisson aussi, mon lieutenant, ils vous ont déguisé ? Oui.

Ah, ils les traitent, leurs petits vins.

MĂŞme pour un bourguignon.

Remarquez, vous seriez en droit de me faire passer un conseil de guerre.

Mais ce serait de l 'acharnement de votre part, mon lieutenant.

Comme ils nous auront fusillé avant.

Oh, est -ce que ça peut puer l 'oignon ? Vous croyez qu 'il peut bouffer tant d

'oignons, ce curé ? C 'est pas possible, c 'est un collectionneur.

Personne peut bouffer tant d 'oignons.

En fait, ça va nous aider à nous rendormir.

Il n 'est pas question de dormir.

Nos camarades vont tous être assassinés cette nuit.

Mais c 'est qu 'ils en seraient bien capables, ces saligots.

Dans ce cas -lĂ , moi, je vais y craindre leur ficelle.

J 'ai une main. Un homme qui a une main, il est libre. C 'est pas comme ça.

Mon lieutenant, il n 'y a rien Ă  faire. Je ne peux pas m 'en empĂŞcher. Il faut

que je gueule. C 'est une famille chez moi.

Coup de couillon, tu me reconnais pas ? T 'apprenieras, lieutenant. Enfer, en

vitesse.

En tout cas, ça nous servira de leçon.

Plus de souper chez l 'habitant.

La paille avec les hommes et la gamelle comme les autres.

Il s 'agit avant tout de sauver l 'eau de peau de ce satané pays.

Vous êtes bien d 'accord ? Remarquez, Guédo, que si nous rencontrions trois

jolies filles qui nous diraient « Faites vos dîners avec nous ». Autant plus vos

lieux tant que maintenant, on peut bien le dire.

Leur piquette, elle n 'était pas si mauvaise que ça.

La vie de château, quoi. Oui.

J 'ai été surpris de trouver chez ces deux petites provinciales un sens aussi

raffiné de l 'hospitalité.

Sans compter mon lieu de temps.

Le petit rouge, ça n 'a rien à voir avec la piquette du curé.

Enfin,

pour que nous avons reçu pareillement.

Moi, je trouve ça louche, moi. Mon cher, ces femmes s 'ennuient dans ce château

désert. Vous n 'imaginez pas tout ce que peuvent penser les femmes qui s

'ennuient.

Elles ont vu que nous étions des gens convenables.

Qui sait ? Peut -ĂŞtre leur plaisons -nous.

Moi, je suis sûr que je plais à l 'aîné, en tout cas.

Quant Ă  la petite, elle boit juan des yeux.

Elle aurait moins.

Personne ne boit.

Non, mais vous, vous buvez en revanche.

Je vous dis que cette étape est merveilleuse.

On nous offre Ă  chacun ici ce que nous aimons le plus au monde.

Car, mon cher juan, si nous acceptons de coucher au château comme elles nous l

'ont proposé, je vous fiche mon billet que ces filles sont à nous.

Et j 'ai une certaine expérience des femmes.

Pour Guénaud, il aura la bonne.

Ne vous plaignez pas, mon cher. C 'est celle qui doit faire le mieux l 'amour.

Enfin, on ne peut pourtant pas laisser le détachement sans officier.

Bon, pour une nuit.

Ils dormiront bien sans nous dans leur gance.

Il ne faut pas être trop égalitaire non plus.

On ne peut tout de mĂŞme pas leur trouver une femme Ă  chacun. Ils sont beaucoup

trop.

Oui. Mais enfin, pourquoi... Pourquoi tout ça ? Je voudrais comprendre.

Ne cherchez donc pas toujours Ă  comprendre.

On perd la moitié de sa vie pour rien.

D 'abord, elles vous l 'ont dit, elles sont pour le roi Joseph.

Et il y a tout de mĂŞme des Espagnols qui sont pour le roi Joseph.

Pas beaucoup.

Et puis je ne te demande pas non plus de leur céder.

Je te demande de m 'aider Ă  les retenir jusqu 'au milieu de la nuit.

Pedro doit déjà être arrivé là -bas.

Vers minuit, les guerriers roses descendront de la montagne.

Et mĂŞme si nous avons dĂ» donner pour les retenir la seule chose que des filles

puissent donner, eux, ils mourront.

Je pense que ma sœur et votre amie sont déjà rentrées.

Elle a dĂ» le conduire Ă  sa chambre. Je vais vous conduire Ă  la vĂ´tre.

Venez.

Ça vous fait pas peur, un vieux château désert, en pays ennemi ? Oh, mais je ne

suis pas tout Ă  fait en pays ennemi.

C 'est pas la peine de rallumer la chandelle.

Votre moitié est toute mouillée.

C 'est atroce.

C 'est moi qui suis prise au piège.

Sauve -toi.

Les guerriers russes sont arrivés.

Parce que notre domestique est allé les prévenir dans la forêt.

Comment le sais -tu ? C 'est moi qui l 'ai envoyé.

Ma sœur et moi, nous voulions faire nous aussi quelque chose pour l 'Espagne.

Mon père et mes frères sont en prison à Avila.

Et maintenant...

Mais qu 'est -ce que tu racontes, Williams ? Vas -y, prends ton cheval.

Au village, avec tes hommes, tu risqueras rien. Ils sont pas assez

vous attaquer lĂ  -bas. Mais les autres ! Mais je me fiche des autres ! C 'est

quoi que je veux sauver plus d 'un putain ? Je crois qu 'il est pas sans

Moi qui vous ai livré ces trois hommes, je pose mes conditions.

Emmenez les prisonnières, mettez -les à l 'armée régulière. J 'interdis qu 'on

touche Ă  un cheveu de leur tĂŞte.

Bien, senorita.

On vous obéira.

Au revoir.

On m 'a dit qu 'il s 'était engagé avec le grade de sous -lieutenant.

Dans quelle arme ? On croit que c 'est la cavalerie.

C 'est grand, la cavalerie.

Et les hussards ? C 'est moi qui étais venue vous dire, dans la rue.

Les hussards, c 'est déjà mieux.

Son nom ? Juan d 'Aranda.

Juan d 'Aranda. Ce nom me dit quelque chose.

Aranda. Mais c 'est mon pistolet.

Je ne finirai donc jamais d 'en entendre parler, de celui -lĂ .

Si tous les soldats de la Grande Armée nous faisaient autant l 'histoire,

mademoiselle, nous n 'en sortirions jamais.

Aranda, le petit espagnol que j 'ai fait engager il y a deux mois, ça ne vous

dit rien ? Il regagnait Paris avec le détachement Guénaud, mon général.

Ils ont été attaqués un peu avant Avila.

On croit les survivants Ă  alterner Ă  Cabrera.

Merci.

Ma pauvre petite fille, j 'ai bien peur que nous ne puissions plus grand -chose

pour votre frère, ni les uns, ni les autres.

Il est prisonnier.

C 'est loin, Cabrera.

À vol d 'oiseau, ce n 'est pas très loin.

C 'est tout de mĂŞme le bout du monde.

C 'est un îlot désert près des barrières où les Anglais mettent le trop -plein

de leurs pontons.

C 'est là depuis 15 jours et ça s 'imagine que ça crève de faim.

Fais voir la ration.

Combien de fèves ? 24.

Pour 4 jours.

Merde. Hello.

Tintin.

Et dire que lorsque j 'étais petit, mon lieutenant, je faisais des histoires à

ma mère pour manger.

Remarquez, ça m 'avait pensé en grandissant.

Qu 'est -ce qu 'on s 'est tapé comme gueuleton avec les copains au pays.

Je vous parle de 1800, 1802, après les restrictions.

Oh, une fois, je me souviens, j 'avais parié de bouffer six poulets à moi tout

seul.

Alors, je m 'installe Ă  six heures, bien tranquille.

Ça vous emmerde que j 'ai bouffé six poulets à moi tout seul.

Là, vous l 'avoueriez, c 'était gros comment, tes poulets.

Comme ça, oui. Des braises. C 'était chez ma tante.

Elle les avait élevés exprès pour moi. Et puis, il y avait de la salade.

Moi, c 'est de la salade que j 'ai envie, avec beaucoup d 'huile. Celui

celui -lĂ , avec ses histoires de salade, laisse -le raconter, les poulelles.

Mais ils étaient tendres. Du beurre.

C 'est vrai que j 'avais parié que j 'y arriverais en moins d 'une heure. Alors

j 'étais comme ça, une cuisse dans chaque main. Et puis, de temps en temps,

prenais de la salade.

d 'herbe, ça donnera du goût.

C 'est ça, la brie faible. Pas moyen de les ramollir avec l 'eau de mer.

Pas possible, ils les fabriquent exprès pour nous.

Elles sont encore plus dures que la dernière fois. Quand je pense à mes

poulets... Moi, c 'est la soupe.

La soupe, comme ma mère la faisait.

La cuillerie tenait.

Dedans. Au chou.

Quelquefois au chou.

Quelquefois au porc et au lard.

Quelquefois au...

Quelques fois au poids et au lard.

Le chef de la princesse Borghese est incomparable.

Et j 'en aurais certainement mangé samedi dernier sans tous ces fâcheux

contretemps.

Imaginez, mon cher, une tranche de foie gras sur toast et posée dessus, une

petite écrevisse elle -même farcée. Ta gueule, c 'est trop compliqué ton truc,

on n 'imagine mĂŞme pas.

Mon lieutenant, redites -nous la soupe.

La soupe ?

Quand ma mère faisait la soupe.

Pilar était la plus tendre, la plus douce, la plus

folle aussi.

Bien sûr, c 'était encore une petite fille.

Et puis, c 'était ma petite sœur. Elle ne le savait pas ? Non.

Elle était née après, on ne lui avait jamais dit.

Elle ne le sait peut -ĂŞtre mĂŞme pas encore.

Et Teresa, alors ? Continuez.

Eh bien, ma sœur, enfin, je veux dire, Conchita est entrée. Avant que... Avant,

oui.

Elle m 'a d 'abord fait une scène terrible, et puis elle s 'est jetée dans

bras. Elle était belle ? Très belle, oui.

Oh, plus belle que Pilar, sûrement, plus...

Plus femme. Vous ĂŞtes fou ! Cette fille s 'offrait ! Vous venez d 'apprendre que

ce n 'était pas votre sœur.

Moi, je vous jure bien qu 'Ă  votre place... Enfin, ce n 'est qu 'une

supposition.

Ma sœur, à moi, est un vrai monstre.

Un nez deux fois comme le mien. Et elle louche en plus.

La question ne se serait même pas posée.

D 'autant plus que c 'est vraiment ma sœur.

Mais là, c 'est une sorte de répulsion qui s 'est emparée de moi.

J 'ai eu honte de voir ces yeux de femme offertes derrière les yeux de ma sœur.

C 'était pas votre sœur.

D 'ailleurs, mon cher, je vous comprends.

Les femmes qui s 'offrent, c 'est d 'un ennui.

Remarquez, les prudes sont assommantes.

Non, j 'aime les filles faciles qui ne s 'offrent pas.

Pilar était secrète et farouche.

Je me rappelle maintenant qu 'elle me guettait dans les couloirs et elle se

sauvait en courant quand j 'approchais.

Je croyais qu 'elle jouait.

Elle était si petite.

C 'est ça.

Reparlons de Pilar.

Au fond, c 'est quand nous parlons de Pilate que nous sommes le plus heureux,

tous les deux.

Alors, ses yeux sont améthystes, et quand elle est émue, ils deviennent

comme l 'eau profonde.

Plus profond que l 'eau.

Vous savez que vous allez finir par me rendre amoureux, mon cher, Ă  force de m

'en parler toutes les nuits.

du maréchal Fertier sur le bateau du commandant.

Tainville ! Tainville ! Tainville ! Les

Anglices demandent Tainville ! Tainville ! On demande le lieutenant de Tainville

! Je me croyais mort.

Arrivé à Cadix, j 'apprends que j 'étais échangé contre l 'aide de camp de je ne

sais quel général anglais. Oui, entre généraux, ils se font de ces politesses.

À peine arrivé en zone française, le temps de me faire faire un uniforme

convenable, et me voici.

Oh, elle est ravissante, votre petite dueigne.

Comment vous appelez -vous ? Teresa.

Oh, Teresa.

C 'est un nom que j 'ai beaucoup entendu aussi.

Vous savez que je vous connais très bien, mademoiselle. Nous parlions tout

temps de vous.

Nous n 'avions que cela Ă  faire.

Je sais la couleur de vos yeux quand vous ĂŞtes amoureuse.

Non, non, non, en ce moment, ce n 'est pas la bonne couleur.

Tant pis pour moi.

on vous a parlé de moi. Mais tout le temps, ma chère. Tout le temps, nous ne

parlions que de la petite sœur. Et Teresa aussi, de temps en temps.

Très peu de Conchita.

Vous me dites qu 'elle s 'est fait religieuse.

Parfait. Et vous, vous habitez l 'hĂ´tel toute seule avec cette petite duenne de

carnaval. Quelle amusante famille.

Ma mère vient de mourir.

Je suis seule au monde.

Pardon. Mes condoléances les plus émuges.

Je ne suis ici que pour tenter de faire évader Juan.

J 'espère que vous allez m 'aider. Mon enfant, je ne suis venu que pour ça.

J 'ai demandé à mes supérieurs hiérarchiques un congé pour raison de

J 'ai décommandé tous les dîners que j 'avais à Paris le mois prochain afin de

pouvoir me consacrer entièrement à la petite sœur. Et au petit frère, bien

Vous ne voyez pas d 'inconvénient à ce que je loge dans le même hôtel que vous.

Je crois que c 'est le seul convenable et cela sera plus commode pour

nos plans.

Le problème est simple.

Cabrera est une île. Une île est une étendue de terre entourée d 'eau.

Donc, il faut que nous trouvions une parque. OĂą y a -t -il des parcs ? Dans

ports.

Donc nous allons tous les deux, tous les trois, pour les convenances, puisqu

'une jeune fille de bonne famille ne sort pas sans sa duelle, déjeuner dans

petite auberge du port.

Merci beaucoup, Seigneur.

Une cravate neutre pour ne pas attirer l 'attention.

Enfin, je... J 'ai déjà interrogé le patron.

J 'ai entendu qu 'il baragouinait vaguement le français.

Il est gentil, il ne pense qu 'Ă  Juan. Il ne pense peut -ĂŞtre qu 'Ă  M. Juan,

mais il n 'oublie pas de prendre votre main chaque fois qu 'il le peut.

Quelle maliette ! Il m 'aime bien parce que je suis la sœur de Juan.

Ce n 'est pas une raison parce que vous êtes la sœur de M. Juan pour qu 'il ait

une chambre à côté de la vôtre à l 'hôtel et qu 'il y vienne tout le temps.

Un jour, le diable voudra que je ne sois pas lĂ . Et alors ? Je ne suis qu 'une

paysanne. Mais si j 'étais une jeune fille noble, je me conduirais comme une

jeune fille noble.

Je ne te permets pas de juger ma conduite.

Rentre Ă  l 'hĂ´tel.

Non, mademoiselle.

Un jeune homme seul avec une jeune fille dans une auberge oĂą il y a des

guitares, c 'est trop dangereux.

Vous pouvez me gifler tant que vous voudrez.

Je reste.

Que tout peut être agaçant.

Les Espagnols sont curieusement patriotes ou ils ont peur des colonières

anglaises.

Il paraît que pas un péché honnête n 'acceptera d 'approcher de Cabrera.

Mais alors il faut en trouver un malhonnĂŞte. Un malhonnĂŞte, c 'est le

Nous avons une chance pour qu 'il prenne notre argent, il n 'y en a pas non

plus.

Pareil que le seigneur aimerait faire une promenade en barque avec la petite

seigneurita.

Par les temps qui courent, ça coûte cher, les promenades en barque.

Mais si le seigneur a de l 'or, on pourrait peut -ĂŞtre poser.

Qu 'est -ce qu 'il raconte ? Je n 'aime pas beaucoup ce genre -lĂ .

Je vais lui parler.

Moi, il ne me roulera pas.

Allez, venez avec moi, nous arriverons bien Ă  nous entendre tous les deux.

Et vous n 'ĂŞtes pas trop gourmand.

Laissons les faire.

Les gens du peuple s 'entendent toujours entre eux.

Et comme ça, nous allons pouvoir enfin être un peu seuls.

Pourquoi ? Vous vouliez bien tout Ă  l 'heure.

Vous aimez bien que je sois près de vous ? Oui.

Il me semble que je suis près de Juan.

N 'est -ce pas ? Je suis un peu Juan.

Et s 'il n 'avait pas eu le message ? Vous êtes sûr qu 'il nous attendait là ?

Écoute.

J 'aperçois.

Avance -moi un peu.

Jules Garce, vous auriez pas pu approcher plus près ? J 'ai cru que j 'y

arriverais jamais, moi.

Où est Anneville ? À l 'hôtel, bien au chaud avec la petite señorita.

Il a donné l 'or, nous on donne la peau.

On a une chance sur dix d 'échapper aux canonnières anglaises.

Allez, mettez -vous à l 'intérieur, il y a des vêtements pour vous.

Et priez la madone si vous y croyez.

Allez, hissez ! Allons ! Vite !

De toute façon, nous ne pouvions pas dormir de la nuit.

Vous voyez que nous étions mieux dans ma chambre pour attendre.

Cette petite Teresa et sa surveillance continuelle m 'exaspèrent.

J 'ai froid.

Le petit oiseau va avoir chaud.

Pourquoi le petit oiseau tremble -t -il ? Je ne sais plus ce que je fais.

Je ne sais plus ce que je veux.

Le petit oiseau veut que je lui dise la vérité une bonne fois.

Le petit oiseau est au bord d 'un très grand péché.

Le petit oiseau est amoureux de son frère depuis longtemps.

Mais il n 'est pas possible d 'aimer son frère.

C 'est un bien trop grand péché.

Alors, qu 'est -ce qu 'il faut faire ? Entrer au couvent comme Conchita.

Le petit oiseau est comme tous les petits oiseaux.

Il aime qu 'on le caresse, qu 'on lui parle doucement, qu 'on le réchauffe

il a froid.

Ce que jamais, jamais, ne pourra lui faire son frère.

Ouvre, Pilar ! C 'est moi ! C 'est moi, Jean !

Tu

sais bien que je n 'ai pas le droit de t 'aimer.

Le lieutenant d 'Aranda...

J 'ai l 'honneur de vous demander la main de mademoiselle votre chère.

de Tainville, vous savez très bien que Pilar n 'est pas ma sœur, que je ne suis

qu 'un enfant trouvé et recueilli par sa mère.

Je n 'ai aucun titre pour accorder sa main Ă  qui que ce soit.

Je ne suis pas ta sœur.

Non.

Géant.

Géant.

Dino est en bas.

Trouvez un autre témoin.

Je veux que nous nous soyons rencontrés dans une heure.

Si ce n 'est pas absolument nécessaire, épargnez -moi l 'ennui de vous

souffleter.

Mais je ne cesserai donc jamais d 'en entendre parler de celui -lĂ .

Il n 'est pas encore sorti d 'une prison espagnole, il est déjà dans une prison

française. Il passera en conseil de guerre, je n 'y peux rien.

Il s 'est battu en duel dans la zone des opérations.

Il a à moitié tué un homme et un aide de camp par -dessus le marché. Je vous

fais remarquer, mon général, que la moitié qui n 'est pas tuée vient vous

demander de le gracier.

Non, non, non, non et non ! Il va vous y avoir toujours une femme ou un fou.

Pour venir me supplier pour lui, je ne lèverai pas le peguinoir.

Salange, Salange n 'est pas raisonnable.

Caroline arrive à Burgos cet après -midi.

Si vous vous mettez dans le cas d 'avoir une scène avec elle pour un motif

vraiment sérieux, elle est capable de repartir pour Paris sur le champ. Et qui

dit Paris pour une femme qui a Ă  se venger dit tout.

Madame la Duchesse d 'Albuquerque, permettez -moi de vous rappeler que le

'Albuquerque, mon vieux camarade Durand, sera lĂ  lui aussi demain.

Précisément, monsieur le général gouverneur militaire de Burgos.

Ça me semble au contraire une excellente raison pour gracier ce jeune homme.

Nous éviterons ainsi à tous beaucoup d 'explications. Mais enfin, qu 'est -ce

'il vous a fait, ce jeune homme ? Il est tellement sympathique.

Dites -moi, est -ce qu 'il vous était déjà sympathique, comme vous dites

quand... Vous rĂŞvez, mon ami.

Allô, une bonne serre, maintenant. Il ne manquait plus que ça.

Mais faites -en rentrer.

Monsieur.

Général, la maire supérieure du couvent des filles nobles de Madrid m 'a remis

une lettre cachetée qui a été trouvée dans les bijoux de ma mère, la comtesse

'Aranda.

Les documents réunis dans cette lettre semblent prouver que Joan d 'Aranda...

qui avait été recueilli par mes parents lors du naufrage d 'un bâtiment anglais,

serait en réalité français.

Dans cette lettre se trouve la médaille qu 'il avait au cou et qui porte en

français les mots « ma maman ». Ma maman ?

Et ma sœur, même si votre frère, dont vous dites que vous n 'êtes pas la sœur,

était mon propre fils, je ne peux...

Mais non, mon général, c 'est pas régulier. Moi, j 'ai mes régis.

Pour l 'enlever des croûts, il me faut un papier dans mes dossiers. Ah oui, ça,

il te faut un papier. Il te faut un papier bougre d 'imbécile.

Et une médaille, alors.

Une médaille, ça ne te suffit pas ? On n 'a jamais versé une médaille comme pied

justificatif dans un dossier administratif. Je suis fonctionnaire,

connais que la règle. Il me faut un papier. Ouvre -moi cette porte tout de

suite, ou ton papier, ce sera un firepart.

Rébellion, maintenant.

Elle ne donne pas cher de l 'armée française.

Pougre d 'animal.

Général, je m 'excuse, mais mon honneur était en jeu. Un sacré pistolet, je te

reconnais bien. Là, j 'étais tout pareil il y a 20 ans.

Embrasse -moi.

Ah, tu vas lui donner du fil à retordre à ta mère.

La malheureuse, je la plains.

Ma mère ? Mais oui, ta mère.

Ne demande donc pas toujours des explications. Allez -y.

Ă€ cheval, Ă  cheval. Il faut la surprendre sur Nao.

Empire est foutu.

OĂą allons -nous ? Je n 'y comprends rien.

Tu comprendras plus tard. Galope !

Mais

pourquoi se presser tellement ?

Un éclaireur de l 'escorte vient de les annoncer, mon général.

On prépare leur lait.

Écoute -moi bien, Jean.

Tu es très grand, tu es beaucoup trop grand.

Ta mère est très jeune et toute petite.

Quand on lui dira que tu es son fils, fais -toi tout petit.

Je ferai de mon mieux, mon général.

D 'abord, ne m 'appelle plus mon général, c 'est ridicule.

Je ne peux pas vous appeler papa, mon général.

Non, ce serait également ridicule. Ne m 'appelle pas. Fais -moi signe quand tu

auras quelque chose Ă  me dire.

Tout cela est si brusque.

Il faut tout de mĂŞme le temps de s 'habituer Ă  tout, que diable.

Non.

Quant à ta mère, forcément, elle va être très intimidée.

Pas contre moi. En tout cas, je peux t 'affirmer que ce sera la première fois

'elle sera intimidée par un jeune homme.

C 'est lĂ  qu 'il s 'enfuit.

C 'est là qu 'elle a vu que je n 'étais pas son frère. Elle me fuit.

Stoppe ça ! Jean ! Jean !

Jean ! Jean ! Jean ! OĂą vas -tu, vous bon animal ? C 'est pas

par lĂ  ! Il s 'ingrat. Il n 'a pas encore vu

sa mère. Il l 'abandonne déjà pour courir les filles.

sortir. Pilar ! Pilar ! C 'est toi, Pilar ? Non.

Mais si c 'est toi, c 'est idiot.

Sors. J 'ai trop honte.

Je ne savais pas que ce n 'était pas mon frère.

Et d 'abord, il ne m 'a pas touchée. Sors donc, rétine.

Qu 'est -ce que je suis donc pour vous, monsieur, puisque je ne suis plus votre

sœur ? La femme.

Qu 'est -ce que c 'est ?

Déjà des ennuis de famille, mon amour.

C 'est papa et maman qui viennent nous dire bonjour. On passe.

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