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Mon seigneur,
l'ennemi est à nos portes.
Les Ottomans sont-ils cruels au point d'interrompre notre amour ?
Ils le paieront, ma bien-aimée.
Cette guerre est-elle nécessaire ?
Ne peut-on vivre en paix comme Dieu le veut ?
Tu es ma raison d'être, Elisabeta.
Je t'en supplie, fais attention à toi, mon roi,
ma vie.
Je ne peux pas survivre sans toi.
Ça suffit. La guerre et la victoire vous appellent.
Mes hommes vont t'emmener au château de Vilmür, pour ta sécurité.
Cette bataille sera sanglante, Éminence.
Les morts se compteront par milliers.
Est-ce bien la volonté de Dieu ?
Notre royaume est le dernier bastion contre les musulmans.
As-tu foi en notre Seigneur ?
Bien sûr.
Je suis prêt à mourir pour Lui.
Alors chasse ces barbares jusqu'au dernier.
Je me battrai en Son nom en échange d'une unique faveur.
Je t'écoute, mon fils.
Qu'Il épargne ma femme.
Si elle ne survit pas, je ne pourrai pas continuer.
Plus rien n'aurait de sens, la vie me serait insupportable.
Calme-toi, tu risques le blasphème.
Le Seigneur t'a donné la vie, tu dois L'honorer.
Il m'a aussi donné l'amour.
Il ne peut pas me blâmer de ne pas pouvoir vivre sans.
S'Il reprend sa vie, qu'Il reprenne aussi la mienne.
Je prierai pour ta requête.
Ne priez pas.
Dites-le-Lui.
Pour le prince !
Ils sont dans la forêt.
Quel est votre plan, seigneur ?
Laissez-les venir.
Partez, princesse !
Fuyez !
Sauvez-vous !
Percez les barils !
Vlad !
La princesse...
Parle.
Une embuscade. Elle a réussi à s'échapper.
Où est-elle allée ?
La forêt aux loups.
Mon prince !
Ma femme est morte.
Nous avons prié pour elle depuis ton départ.
Alors Dieu est sourd ?
Ou vous n'avez pas prié assez fort ?
Mon prince,
Dieu a Ses raisons,
nous n'avons pas à les remettre en question.
Il avait un autre destin pour elle.
Elle n'a pas d'autre destin,
elle est morte !
Et Il ne m'a même pas laissé lui dire adieu.
Je vous en supplie, dites à Dieu de me la renvoyer.
C'est impossible.
Pourquoi ?
Pourquoi ?
Parce que Dieu n'accomplit pas de réincarnation.
Mais Il peut accomplir des miracles, n'est-ce pas ?
N'est-ce pas ?
Si vous priez suffisamment, Il vous écoutera.
S'il vous plaît, dites-Lui.
Dites-Lui !
C'était une bonne chrétienne et une âme pure.
Je suis sûr que Dieu prendra soin d'elle.
Et moi ?
J'ai fait tout ce qu'Il a demandé.
Mon âme est souillée du sang des ennemis que j'ai tués en Son nom.
Je n'ai pas les réponses, mon prince.
Je ne suis que Son humble messager.
Bien.
J'ai un message à Lui transmettre.
Dis à ton Dieu
que tant qu'Il ne me ramène pas ma femme,
ma vie ne Lui appartient plus.
Quand est-il arrivé ?
Il y a environ dix minutes.
Où l'as-tu mis ?
Dans la chapelle.
- Ça semblait le plus approprié. - Tu as bien fait.
Laissons-le finir de prier.
Mon père ?
Docteur Dumont, je présume.
Oui.
Vous avez une belle chapelle.
En effet.
Merci d'être venu, mon père. Le voyage a dû être long.
Épuisant, je dois dire.
Je me suis servi un rafraîchissement. Ça ne vous dérange pas ?
- Pas du tout. - Trop aimable.
Ça doit être bien meilleur que la bière de ma Bavière natale.
Pardon pour cet accueil un peu cavalier, mais...
je crains que l'hôpital et le diocèse n'approuvent pas votre présence.
J'ai l'habitude.
L'Église et les académies scientifiques ne s'entendent guère.
C'est pourquoi,
depuis des siècles, le Vatican a pris l'habitude
de nous déléguer ses cas les plus délicats.
Cette affaire est très délicate.
La reine d'Angleterre elle-même est impliquée.
La reine ?
Intéressant.
Nous allons fêter le centenaire de la Révolution française.
Il y a de l'effervescence dans l'air.
Ferme la porte.
Pourquoi toutes ces chaînes ? Vous craignez qu'elle s'envole ?
Elle était agressive quand nous l'avons récupérée.
Une vraie bête.
Même les animaux ont droit à un peu d'humanité.
Que savons-nous d'elle ?
Maria de Montebello, 25 ans, née à Bologne en Italie.
Fiancée à Henry William Spencer,
consul ici, à Paris,
et petit-neveu par alliance
de la reine elle-même.
Une affaire délicate, en effet.
Plus que délicate. Sensible.
Autre chose ?
Il semble que tout ait commencé lors du mariage
qui se tenait sur le domaine familial,
Maria n'ayant pas voulu d'une église.
Cependant, le marié avait convié
l'évêque de Westminster pour qu'il bénisse l'union.
À la vue du pasteur, la mariée
a été prise d'hystérie
et d'un appétit sexuel démesuré.
L'appétit peut être un signe de très bonne santé.
Dans certaines limites.
- Puis-je ? - Bien sûr.
Née le 18 mars 1759.
Ce doit être une erreur administrative
car ça voudrait dire qu'elle a...
Exactement 130 ans.
Cette femme serait une créature du diable ?
C'est une conclusion hâtive.
Lorsqu'une situation échappe à notre compréhension,
on y voit souvent l'œuvre du diable.
Le fait qu'elle soit âgée et allergique aux représentants de Dieu
n'est qu'un symptôme, pas une maladie.
Il est très important, dans de tels cas, d'étudier,
d'observer sans préjugés.
Nous devons suivre les règles et les lois de la nature,
des sciences, des mathématiques,
pas celles de la superstition ou de l'Église
qui, admettons-le, peuvent être plutôt obscures.
Voyez-vous, docteur, nous devons aborder cela
comme une enquête criminelle.
D'abord, établir les faits.
De là, déduire les motivations,
les circonstances, le lieu.
Tiens-moi ceci.
Et l'arme du crime...
Mon ordre étudie ce phénomène depuis plus de 400 ans.
30 ans, pour ma part.
Et je peux l'attester,
vous êtes le premier à en capturer un vivant.
Félicitations.
Merci, je...
Qu'ai-je capturé, exactement ?
Un vampire.
Ne l'écoutez pas, docteur.
Aidez-moi.
Je vous laisserai faire ce que vous voulez.
Souris, s'il te plaît.
Les canines surdimensionnées
pourraient être un indice,
mais il peut y avoir une explication naturelle.
Il faut donc chercher ailleurs.
Cette créature, comme toute autre,
est l'œuvre de notre Seigneur,
mais pour une mystérieuse raison,
il semble que Dieu ait d'autres plans pour elle.
Contrairement aux croyances populaires,
les vampires s'adaptent à la lumière ambiante.
Ce sont les rayons directs qu'ils ne supportent pas.
Ça n'a absolument aucun sens.
Je vous le concède.
Ça pourrait être une autre anomalie de la nature.
Nous devons donc trouver
une preuve irréfutable.
Nous avons toutes les preuves qu'il nous faut, n'est-ce pas ?
Cela dépasse la science et la compréhension.
D'où ma présence.
Ma chère enfant...
Puis-je t'appeler Maria ?
Bien sûr.
Appelez-moi comme vous voulez, mon père.
- Je suis toute à vous. - Maria...
Si tu réponds bien gentiment, je te donnerai ce que tu veux.
Vous connaissez mes désirs ?
Je connais tes besoins. Je peux ?
Approche-toi, mon fils.
La science exige des sacrifices. Es-tu prêt à en faire un ?
- Je suppose. - Bon garçon.
Que faites-vous ?
Quelques gouttes de sang, une petite contribution à la science.
Je lui paierai une soupe de lentilles, il sera comme neuf.
Merci.
Merci.
Montre-moi ton cou, je te prie.
Elle n'est pas un vampire de première génération.
Donc il pourrait y en avoir plus ?
Sans aucun doute.
Depuis 400 ans,
nous cherchons la source.
La source ?
Mon maître.
Qui est-il ?
Quel est son nom ?
Où peut-on le trouver ?
Ne vous en faites pas. C'est lui qui vous trouvera.
Il est ici, à Paris ?
Non.
Très bientôt.
Encore une gorgée !
Maria ?
S'il vous plaît !
Qui est-il ?
C'est un prince.
Un prince ?
Il vient pour le centenaire ?
Il vient retrouver sa princesse.
Sa princesse ?
Qui est-elle ?
À quoi ressemble-t-elle ?
Très belle.
Plus de sang, s'il vous plaît.
Ça suffit. Ce serait de la gourmandise.
Quelle est votre conclusion ?
Nous devons trouver une princesse qui nous conduira à son prince.
Bonne chance.
On y est ?
C'est au bout de cette route.
Et mes bagages ?
Je ne peux pas laisser mes chevaux. Trop de loups dans le coin.
Formidable.
Avez-vous un crucifix ?
Non.
Prenez le mien. Gardez-le toujours avec vous.
Merci, mais je ne crois pas en Dieu.
Priez pour que Dieu croie en vous.
Certes.
Bonsoir ?
Il y a quelqu'un ?
Excusez-moi. Je... Vous m'avez surpris.
C'est moi qui m'excuse pour...
mon entrée...
un tantinet théâtrale.
Donnez-moi ceci.
Mes excuses, monsieur, je ne me suis pas présenté.
Jonathan Harker, juriste.
Vous êtes jeune pour un avocat.
J'ai rejoint le cabinet Phillips à Paris, cette année.
Félicitations.
Merci.
Et vous êtes ?
Vlad le second,
prince de Valachie,
comte...
Dracul.
Votre Excellence, veuillez excuser ma maladresse,
je n'avais aucune description.
Mon portrait est peu connu, à l'exception de ces murs.
Magnifique.
Est-ce un gramophone ?
Oui, c'en est un.
Je n'en avais jamais vu. Je suis très curieux de...
Plus tard, peut-être.
Dînons.
Bien.
C'est vraiment bon !
Votre appétit fait plaisir à voir, jeune homme.
Tout est délicieux et pour être honnête,
je mourais de faim.
Ce ne sera certainement pas le cas, ici.
Une telle demeure doit nécessiter beaucoup de personnel.
Beaucoup trop.
Cependant, je n'ai vu personne.
Ils sont très discrets.
- Vous ne mangez pas ? - Plus tard.
Goûtez ceci.
Joli tour !
Très savoureux.
C'est une recette que j'ai rapportée d'Inde.
Vous voyagez beaucoup ?
Plus maintenant, mais...
il fut un temps, oui.
J'ai parcouru tous les continents et traversé tous les océans.
Vous devez avoir des récits merveilleux à raconter.
En effet.
Vous voyagiez pour le travail ou pour le plaisir ?
Je gérais certaines affaires, il est vrai,
mais je me suis retiré depuis.
Je laisse mes...
associés parcourir le monde à ma place.
Et c'est mon associé, M. Jenkins, qui a organisé notre rencontre.
Encore une fois,
merci de m'accorder de votre temps.
J'ai du temps à revendre.
Alors,
qu'est-ce qui vous amène ici, jeune homme ?
Parmi vos nombreuses propriétés en Europe,
il y en a une en particulier,
une ancienne abbaye au cœur de Paris.
Le canton, que nous représentons,
se demande, étant donné son état de délabrement,
si vous envisageriez de la vendre.
C'est celui-là, je crois.
Non, pas celui-là.
Désolé.
Je dois admettre que la route
a été assez chaotique.
Mes affaires sont sens dessus dessous.
Et que veulent-ils en faire ?
Un hôpital, je crois.
La Grande Exposition de Paris
va attirer des millions de visiteurs.
Pas celui-là.
C'est dans le quartier
de Saint-Germain-des-Prés, près de la Seine.
Je vais vous montrer.
Êtes-vous croyant ?
Qu'avez-vous dit ?
Croyez-vous en Dieu ?
Pas vraiment.
Le cocher me l'a donné.
Les vieilles superstitions ont la vie dure.
Je l'ai !
Assez parlé pour ce soir.
Je vous conduis à votre chambre.
Le château est bien gardé, mais ne quittez pas votre chambre
sous quelque prétexte que ce soit.
Pardonnez-moi, mais de quoi avez-vous peur ?
Ces vieux châteaux sont remplis de souvenirs qui pourraient vous hanter.
Je ne suis pas superstitieux.
C'est bien dommage.
Surveillez-le.
Elisabeta...
- Bonsoir. - Puis-je vous aider ?
J'aimerais parler à M. Henry William Spencer.
Pardon de vous déranger à cette heure tardive.
Je suis envoyé par un ami, le Dr Dumont,
de l'Hôtel-Dieu.
L'hôpital où est Maria !
- En effet. - Un malheur est arrivé ?
Oui... Non. Elle est vivante, cliniquement parlant.
Merci, mon Dieu !
Je vous en prie, asseyez-vous.
Dites-moi tout, mon père.
Je suis très inquiet.
Son état est-il stable ?
Elle mange peu, boit plutôt bien, mais elle déborde d'énergie.
C'est de bon augure.
De bon augure.
En sait-on plus sur le mal qui la ronge ?
Nous progressons, mais vous le savez, la science est un long chemin
qu'il nous faut parcourir étape par étape.
C'est coquet, ici.
Propriété de la couronne d'Angleterre.
Elle s'y connaît en investissements.
Que puis-je pour vous ?
J'aimerais voir sa chambre.
Que cherchez-vous ?
Rien de particulier,
mais il ne faut rien laisser de côté.
Comme un inspecteur sur une enquête.
Exactement, sauf que j'essaie de résoudre l'affaire avant le meurtre.
Je vous laisse faire.
Si je peux vous aider, je suis à votre service.
Merci, c'est très aimable.
Vous voilà,
princesse Elisabeta.
Il ne fallait pas quitter votre chambre.
Dieu du ciel !
Ne prononcez pas ce nom.
Il n'est pas le bienvenu ici.
Êtes-vous le diable ?
Dieu, le diable...
Deux entités quasiment identiques,
deux esprits qui s'affrontent sans se montrer.
Et nous sommes leurs jouets,
des marionnettes agissant selon leur bon vouloir.
Allez-vous me tuer ?
Tout à fait.
Mais pas tout de suite.
Il faut attendre que le sang emplisse la tête.
Qui êtes-vous vraiment ?
Une âme en peine condamnée par Dieu,
vouée à marcher dans l'ombre de la mort pour l'éternité.
Je me nourris de sang frais.
De sang humain, de préférence.
Dieu ne ferait pas ça, Il n'est qu'amour.
Vous disiez n'être pas croyant.
Je le suis maintenant.
Vous êtes très drôle.
Merci.
Un dernier souhait ?
Racontez-moi votre histoire.
Mon histoire ?
Oui, s'il vous plaît.
Je veux tout savoir de vous.
C'est cela, votre dernier souhait ?
Écouter l'histoire d'un vieil homme ?
J'en meurs d'envie.
Vous en mourez d'envie.
C'est très drôle.
Souhait accordé.
Faites-le descendre.
Faites-le descendre.
La vie n'est rien d'autre qu'un long et difficile chemin, mon ami.
La mort
est un privilège que Dieu vous accorde
et me refuse.
Pourtant, j'étais l'un de Ses plus fidèles serviteurs.
Que s'est-il passé ?
Il a pris ma femme,
ma princesse,
l'amour de ma vie.
Laissez-moi seul.
Depuis lors, je vis
dans l'attente de son retour.
Depuis combien de temps ?
400 ans.
C'est plutôt long.
Mais comment être sûr qu'elle reviendra ?
Il arrive que les âmes pures puissent se réincarner,
et ma bien-aimée était la plus pure de toutes.
Pardon, mais...
je suppose que vous ne savez pas quand, ni où, ni comment ?
Précisément.
Ce n'est pas une bonne affaire.
Si je l'avais su plus tôt, jeune homme,
je vous aurais engagé comme avocat.
Vous la cherchez depuis tout ce temps ?
La tâche n'a pas été facile.
La peste noire s'est répandue à travers l'Europe
pendant des siècles.
Près de 200 millions d'âmes ont été décimées,
dont la moitié de femmes.
Cela a compliqué mes recherches.
Les femmes restantes étaient assemblées dans des lieux saints
où je n'étais pas le bienvenu.
Je me sentais si seul
que je me mis à envier les malheureux que la mort emportait.
Vivre sans amour est la pire des maladies, mon ami.
C'est comme une pluie incessante
qui ronge peu à peu vos os,
vous transformant en une éponge informe,
incapable de se tenir droite.
Et puis, après un moment,
peu importe la force de votre amour,
vous perdez la foi.
On dit pourtant que l'espoir fait vivre.
Dans mon cas, j'aurais préféré
que l'espoir me tue.
Mais tout cela était vain
car Dieu me refusait le droit de mourir.
Avec le temps,
tout désir disparaît,
même le désir de mettre fin à ses jours.
Tout ce qu'il reste...
se résume à une fade mélancolie sans charme
et l'espoir de la retrouver un jour.
Mais je ne pouvais pas visiter tous les châteaux, maisons et hameaux.
N'ayant aucun moyen de la rejoindre,
je devais trouver un moyen de la faire venir à moi.
Comment ?
Du poison ?
Maintenant, c'est vous qui êtes théâtral.
C'est un parfum que j'ai élaboré pendant plus d'un siècle.
J'ai visité la grande cité de Bagdad,
connue pour ses jardins magiques aux mille et une fleurs.
J'ai poursuivi mon voyage jusqu'à Kânnauj,
en Inde,
où j'ai appris à capturer
l'âme des fleurs les plus délicates.
Mais c'est seulement de retour en Europe
que mes recherches ont porté leurs fruits.
Tout d'abord, dans les champs colorés de Grasse, en France,
où certaines fleurs
excitent notre imagination depuis des siècles.
Puis, finalement,
au cœur de l'Italie,
dans la magnifique ville de Florence
qui était, à l'époque,
la capitale de tous les parfums.
Monsieur,
je pense que ça y est.
La couleur est plutôt plaisante.
Peu importe la couleur !
Ce parfum est divin et son effet garanti.
Nous allons voir cela.
Il serait peut-être plus sage
de l'essayer à l'extérieur ?
Non, cet endroit me semble idéal.
Ce...
parfum
était extrêmement efficace,
plus puissant que je n'aurais pu l'imaginer.
Je dois bien admettre
que cette période ne fut pas des plus désagréables.
Certes.
Et puis,
après avoir visité toutes les cours d'Europe,
j'ai terminé mon voyage avec la célèbre cour française
de Versailles.
Le roi de l'époque, un Louis dont j'ai oublié le numéro...
Ce gamin avait eu la brillante idée de réunir
tous les nobles et artistes de son royaume
pour les garder à l'œil.
Il n'y avait aucun doute dans mon esprit.
Si Elisabeta était revenue,
elle serait là.
Je n'avais jamais été aussi près de la retrouver.
J'éprouvais la même exaltation
qu'au début de mes recherches.
Elisabeta ?
Non, je ne suis pas Elisabeta.
Je suis Isabelle de Touraine.
Je changerai de nom si vous y tenez.
Ma tâche semblait impossible.
Ce jour-là, l'espoir m'a quitté.
Tous ces efforts,
ce temps et cet argent dilapidés
ne servaient qu'un monde de débauche et d'artifice
ne laissant aucune place à l'amour.
Le moment était venu
de confier à d'autres la recherche de mon Elisabeta.
Combien en avez-vous mordu ?
C'est sans importance.
Mes associés s'avérèrent aussi malchanceux que moi.
Je retournai donc auprès de mon Elisabeta.
Depuis lors, je quitte rarement ce château
dans l'espoir impossible qu'un jour,
mes disciples trouveront enfin ma bien-aimée.
Vous savez donc ce qu'est le véritable amour.
En effet.
Alors vous devez m'épargner.
J'ai moi-même une bien-aimée et vous allez nous séparer.
Au nom de qui ?
De Dieu ?
Au nom de l'amour.
Êtes-vous mariés ?
J'ai fait ma demande avant mon départ.
A-t-elle accepté ?
Oui.
Nous devons nous marier dès mon retour.
C'est bien dommage.
Si vous me tuez, elle mourra de chagrin.
À quoi ressemble-t-elle ?
Le médaillon autour de mon cou...
Sa photographie est dedans.
Mon prince...
Mon amour.
Elisabeta !
Non. Mina.
Mina ?
Cette femme est à moi, jeune homme,
mais j'épargnerai votre vie car vous me l'avez retrouvée.
Gardez-le prisonnier.
Je dois faire mes bagages.
Descendez tous !
Descendez de là !
Remplis cette fiole !
Mes chevaux !
Attelez mes chevaux !
Je dois me faire beau ! Je dois être beau !
Du sang ! J'ai besoin de sang !
Beaucoup de sang frais !
Elisabeta...
Je t'ai retrouvée.
Voici la femme que notre prince recherche dans votre belle ville.
Il recherche sa bien-aimée depuis plus de 400 ans.
Nous le traquons depuis tout aussi longtemps.
Mais cette attente sans fin est sur le point de s'achever
ici même, au cœur de Paris.
Elle est gauchère.
Oui. Bien observé.
Ce livre contient toutes les observations
compilées par ma congrégation au fil des siècles.
- Vous parlez allemand ? - Non.
Laissez-moi vous en lire un extrait.
"Il est probable que ces créatures soient telles qu'elles sont
"en raison d'une malédiction divine."
Göttlich verflucht, en allemand.
"Si Dieu peut donner la vie, Il peut donc aussi donner la mort.
"Mais Il peut la refuser
"en cas d'offense grave
"ou de blasphème.
"Alors le coupable sera condamné à errer sur terre pour l'éternité."
Encore plus intéressant.
"Dieu peut cependant lui pardonner
"en cas de repentir sincère.
"La mort sera accordée et la malédiction sera levée."
Si nous réussissons à détruire ce démon,
tous ceux qu'il a mordus seront libérés de la malédiction.
En supposant que nous trouvions ce démon,
comment l'éliminerez-vous ?
Facile.
On lui enfonce un pieu dans le cœur et on lui coupe la tête.
Merveilleux.
Selon une théorie, les gousses d'ail le feraient fuir.
Cela me semble douteux.
Mais plus à ma portée.
Chaque chose en son temps. Il faut trouver cette femme
car elle seule peut nous mener à lui.
Étrange.
Quoi ?
La jeune femme sur le portrait.
Eh bien ?
Elle ressemble étrangement à la jeune femme qui attend à côté.
Madame ?
Êtes-vous le Dr Dumont ?
Tout à fait. Que puis-je pour vous ?
Je suis une amie de Maria de Montebello.
J'ai su qu'elle était ici et je viens m'enquérir de son état.
Bien sûr.
À qui avons-nous l'honneur ?
Mina.
Mina Murray.
J'étais au mariage de Maria lorsque la tragédie s'est produite.
Vous la connaissiez bien ?
"Connaissiez" ?
Mes excuses.
Elle va bien, son état est stable. Désolé.
Dieu soit loué !
En effet, mon enfant.
Peut-on vous poser quelques questions ? Afin de mieux la traiter.
Bien sûr.
Êtes-vous parentes ?
Non, pas du tout.
Je ne suis pas d'ici.
Parlez-nous de votre relation et de son comportement.
J'ai rencontré Maria il y a quelques jours,
lors d'un thé
organisé par son futur mari.
Henry.
Dès qu'elle m'a vue, elle m'a prise sous son aile.
Elle ne m'a pas quittée.
Comme si elle sentait que je n'étais pas vraiment à ma place.
Elle m'a emmenée dans sa chambre.
Nous avons bavardé et beaucoup ri.
C'était agréable.
De quoi avez-vous parlé ?
Elle pouvait parler de tout.
Elle...
Elle aimait particulièrement...
parler d'amour.
Au point de me mettre mal à l'aise.
Elle était exaltée.
À propos de quoi ?
À propos de tout.
Et puis,
tout à coup, elle...
elle a perdu la tête.
Pourquoi étiez-vous à ce mariage ?
J'accompagnais mon fiancé.
Il connaît beaucoup de monde, semble-t-il.
Il vient d'une famille très respectable, je pense.
Vous pensez ?
Oui, je...
Je ne sais pas.
De l'eau, s'il te plaît.
Mon enfant,
vous avez devant vous un médecin et un prêtre,
tous deux tenus à la plus stricte confidentialité.
Vous pouvez parler sans crainte.
À vrai dire, ce mariage m'a affectée,
comme un mauvais pressentiment.
Mes fiançailles se sont déroulées si rapidement.
Je ne sais pas si je...
Si vous l'aimez.
Je l'aime, bien sûr, il est merveilleux.
Toute jeune femme rêverait de l'épouser.
Mais vous n'êtes pas de celles-là.
Je ne peux m'empêcher de me sentir...
comme si...
Comme si ?
Comme si je ne vivais pas à la bonne époque.
Pardonnez-moi.
Vous devez me trouver terriblement naïve.
Je vous ennuie avec mes soucis.
Absolument pas, au contraire.
Pourrions-nous avoir votre adresse ?
Bien sûr.
Je loge dans une pension jusqu'au retour de Jonathan.
Vous êtes gauchère.
Oui. On m'a souvent conseillé de devenir droitière.
Ne changez rien. C'est charmant.
Merci de votre visite.
Merci de m'avoir reçue.
Je vais prier pour elle à la chapelle.
Excellente idée, mon enfant.
Bonne journée.
Qu'y a-t-il, mon fils ?
Je n'ai pas d'abri
et je n'ai rien mangé depuis des siècles.
J'ai aussi très froid.
Je l'emmène à la chapelle.
Entrez, je vous prie.
Entrez.
Merci pour l'invitation.
Ne bougez pas, je vous apporte de la soupe chaude.
Vous êtes trop aimable.
Qui êtes-vous ?
Comte Dracul, à votre service.
Merci pour la soupe,
mais j'ai besoin d'une chose plus consistante.
Ne vous inquiétez pas.
Pas besoin de s'enflammer.
Le Malin ne peut rien dans la maison de Dieu.
Vraiment ?
Au nom du Père,
du Fils
et de l'Esprit-Malin.
Venez, mes sœurs.
Regardez ce que Dieu a fait de vous.
Des cœurs de pierre dans des corps endormis,
suffoquant sous leur peau épaisse.
Laissez-moi vous libérer de cette prison.
Venez !
Maître !
Bonsoir.
L'hôpital est fermé.
Je l'ai trouvée, Maître !
Je l'ai trouvée !
Tu as bien travaillé.
Merci.
Tu mérites une récompense.
Viens, petit garçon.
Viens plus près.
Te voilà.
Excusez-moi, mon père. Le Dr Dumont vous demande.
J'arrive.
La disparition de cette patiente
peut-elle rester entre nous pour l'instant ?
Comptez sur moi.
Il a perdu beaucoup de sang, je pensais
lui faire une transfusion.
Il adorerait ça.
Bien sûr, désolé.
- Il porte un parfum agréable. - Je n'avais jamais remarqué.
Comment a-t-elle pu se libérer ?
- Un complice extérieur. - Un homme ?
Il a été vu dans l'hôpital.
Une description ?
La trentaine,
élégant et richement vêtu.
Les yeux bleus, grand et svelte.
Mina est en danger. Nous devons la prévenir.
Avez-vous froid, mon enfant ?
Non.
J'ai toujours aimé le spectacle du feu.
Vous attendez quelqu'un ?
Non, mais je vais voir de quoi il s'agit.
Maria !
Tu es guérie ?
Bien sûr !
C'est un miracle, quel soulagement !
Pas d'inquiétude.
Ce mal est reparti aussi vite qu'il est venu.
N'en parlons plus.
Mais tu te sens...
En pleine forme
et prête à fêter mon retour en grande pompe.
Le Dr Dumont t'a laissée partir ?
J'ai tellement d'énergie, il n'aurait pas pu m'arrêter.
Et ton fiancé ?
En Écosse.
Regarde ce que j'ai !
Prépare-toi, je t'emmène.
Où ça ?
Trois billets au premier rang pour la célébration.
Trois ?
Mon ami, celui dont je t'ai parlé, est en ville.
Il meurt d'envie de te rencontrer.
Va vite te changer ! Allez !
Où m'emmènes-tu ?
Au Grand Hôtel.
Leur chocolat chaud est divin, tu dois y goûter.
Ciao, Maurice !
Je sais que mon amie est très belle,
mais je suis un peu offensée.
Pardonnez-moi.
Votre beauté illumine cet endroit
empli de sombres costumes et hauts-de-forme.
Très juste.
Madame,
c'est un honneur
et un plaisir de vous voir à nouveau.
Nous sommes-nous déjà vus ?
Dans un rêve, peut-être.
J'ai le sentiment étrange que nous nous connaissons
depuis longtemps.
C'est très romantique.
Terriblement.
Excusez-moi.
Il semble que j'aie perdu la tête et mes bonnes manières.
Vlad II, prince de Valachie,
comte Dracul.
Enchantée.
Maria.
Et ce chocolat chaud ?
Ça vient, mais d'abord,
on va s'amuser un peu.
Pardon.
Un chamboule-tout !
Allez, on y va.
Allons-y !
Regarde ça !
Je veux voir l'exposition.
La femme-poulet !
Mon Dieu, que c'est joli !
La vieille femme à barbe !
Mina ! Viens !
Tu vois, Mina ? C'est magnifique.
Silence, s'il vous plaît.
Je vais nourrir la bête.
Quelle beauté !
Ça fait peur, Mina.
On y va.
Maria ?
Maria !
Par ici.
Cette fille veut tirer.
J'ai pris la liberté de nous faire servir un apéritif
avant le spectacle.
Formidable !
C'est inconvenant d'être chez un homme qu'on connaît à peine.
N'aie pas peur, je ne te lâcherai pas.
Qu'en penses-tu ?
C'est merveilleux.
Je ne sais pas toi, mais je meurs de faim !
Je suis épuisée.
Très bien.
Assieds-toi, princesse.
Je t'apporte un chocolat chaud.
Merci d'avoir accepté mon invitation.
Votre appartement est digne d'un roi.
Je ne suis qu'un prince.
Pardon.
- Vous habitez à Paris ? - Non.
Plus au nord, à la campagne, où la vie est plus calme.
Vous aimez le calme ?
Pas du tout.
J'aime la nature.
Les oiseaux,
les arbres
et le vent qui les fait chanter.
Vous-même, où vivez-vous ?
Ma demeure familiale est un vieux château
au pied des montagnes des Carpates,
en Roumanie.
Je n'y connais qu'hiver et solitude.
J'aime l'hiver
et ses paysages rudes.
Mais mes parents rêvent d'Andalousie.
Peut-être le souvenir...
d'une ancienne vie.
Je suppose.
Voulez-vous me suivre ?
Oui.
C'est beau.
Qu'est-ce que c'est ?
C'est une boîte à musique.
Beaucoup datent son invention
au 18e siècle, par les Suisses,
mais j'ai trouvé celle-ci chez un marchand à Constantinople.
Elle date du 15e siècle.
Remarquable.
Je l'ai offerte à ma femme.
Vous êtes marié ?
Veuf.
Pardonnez-moi.
Vous êtes pardonnée.
Elle marche encore ?
Bien sûr.
Connaissez-vous cette mélodie ?
Elle me semble familière.
Je cherche dans ma mémoire.
Je ne sais d'où, ni de quand.
Continuez à chercher.
Dans ton cœur, dans ta peau,
dans ton âme...
Me ressens-tu, Elisabeta ?
Quel sort me lancez-vous ?
Aucun, Mina.
Je suis hanté par le souvenir de ma femme,
mon unique amour,
et vous lui ressemblez tant que cela me trouble.
Son nom était Elisabeta.
Et quand elle me désirait,
elle jouait ce petit air qui résonnait dans tout le château.
C'était le signal pour accourir vers elle.
Tout cela est très touchant, mais...
Je suis Mina,
Mina Murray,
et je vais me marier.
Oui, bien sûr.
Je vous ennuie avec mes histoires.
Ce sont de vieilles douleurs
ravivées par votre présence.
Je m'en excuse sincèrement.
S'il vous plaît.
Je ne peux accepter, c'est bien trop précieux.
Un cadeau ne se refuse jamais.
Cette mélodie vous rappellera peut-être des souvenirs.
Mina, viens !
Ça va commencer !
Tu dois venir.
Trois...
deux...
un !
Mon Dieu !
C'est ici.
Merci pour cette merveilleuse soirée.
Cela fait une éternité que je n'ai pas connu un tel...
bonheur.
Avez-vous oublié ce mot ?
Ma femme l'a emporté avec elle.
Bonne nuit.
Jonathan !
Que t'est-il arrivé ?
Je pensais ne jamais te revoir.
S'il vous plaît.
Le pauvre est épuisé.
Que lui est-il arrivé ?
Mina, savez-vous où il est allé ?
Non, pas exactement.
Dans un château, où il était retenu prisonnier
et d'où il a pu miraculeusement s'échapper
au péril de sa vie.
Savez-vous à qui est ce château ?
Non.
Au très bon ami de Maria, le comte Dracula.
Il l'a infectée, elle et bien d'autres.
Quoi ?
Non !
Vous devez vous tromper. Le comte est charmant.
- Vous l'avez rencontré. - Oui, le comte...
C'est un gentleman, il m'a même raccompagnée
jusqu'ici.
Je ne comprends pas.
- Comment vous a-t-il trouvée ? - Je ne sais pas.
Tout s'est passé si vite. Maria est venue ici.
Elle a dit que vous l'aviez laissée sortir.
Maria s'est échappée, a assommé trois gardes
et vidé mon commis de son sang.
- C'est impossible. - Asseyez-vous.
Gardez votre calme.
Ce que je m'apprête à vous dire
sera difficile à entendre, et encore plus à comprendre.
Cet homme est hématophage.
Il se nourrit exclusivement de sang frais,
surtout du sang humain.
C'est un vampire.
Oui, c'en est un.
Il mord généralement ses victimes au cou
et suce leur sang jusqu'à la mort.
Ceux qui sont, disons, épargnés deviennent eux-mêmes des vampires.
Mon Dieu !
Maria en est un.
Je dois m'assurer que vous ne l'êtes pas.
Bien sûr que non !
Il ne m'a jamais touchée, il s'est comporté en parfait gentleman.
Il utilise un parfum pour séduire ses victimes,
une sorte d'élixir qui annihile toute volonté et toute inhibition.
Vous pourriez être sous son charme sans le savoir.
Quelle horreur !
En effet.
Mais c'est facile à vérifier.
Puis-je voir votre cou ?
Tout va bien.
C'est vraiment un miracle.
S'il vous plaît.
Par ici.
Bonsoir, monsieur. Mon père.
Silence. Il y a des clients qui dorment.
Désolé.
Que faites-vous ?
N'avancez pas ou je crie !
N'aie pas peur, je ne te veux aucun mal.
Je crois avoir été très claire sur les règles de cette maison.
Pas de musique après 20 h, et il est minuit passé.
Je n'ai pas fait attention à l'heure.
Bien.
Monsieur, si vous êtes réellement un gentleman,
sortez immédiatement.
Je comprends.
Mes salutations.
Pas par là ! Par où vous êtes venu !
Que faites-vous ?
Que faites-vous ?
Ne sautez pas, c'est trop haut !
Mina, j'ai patienté presque 400 ans
pour te revoir.
Si tu le veux, je m'en vais.
Oui. Partez maintenant.
Je vous interdis de vous tuer sous ma fenêtre !
Tu aimerais que je meure plus loin ?
Oui. Non. Oui !
Éloignez-vous du balcon !
Vous m'avez menti.
Pas une seule fois.
Vous usez d'un charme, comme avec toutes vos victimes.
Tu as raison.
C'est un parfum. Mais je ne l'ai pas utilisé avec toi.
Vous buvez le sang de vos victimes.
C'est vrai, mais tu n'es pas ma victime.
- Tu es ma bien-aimée. - Cessez !
Mon seul et unique amour.
De quel droit me parlez-vous ainsi ?
Je suis damné, Mina.
Je suis un homme mort que Dieu a condamné à vivre.
Pourquoi Dieu ferait-Il une telle chose ?
Tu m'as été enlevée,
alors je L'ai maudit et abandonné.
Contrairement à ce qu'on dit, je n'aime pas le sang.
Bien que le tien soit délicieux.
Sans ça, je ne serais qu'un vieil homme repoussant
que tu ne daignerais même pas regarder.
Ce ne sont que des mots,
de charmants mots voués à me tromper.
Tu as raison, les mots sont parfois trompeurs.
Prends mes mains.
Les mains ne mentent jamais.
Elles te diront la vérité sur moi,
mais aussi sur toi,
sur qui tu es vraiment.
Elles te diront à quel point elles ont aimé
caresser ton visage, ton cou et tes hanches.
Te souviens-tu de tes derniers mots ?
Tu m'as dit : "Fais attention à toi, mon prince,
"mon roi"...
Ma vie.
Parce que...
Je ne peux pas survivre sans toi.
Mon amour.
Tu m'as tellement manqué !
Tu m'as manqué aussi.
Je veux être avec toi pour toujours.
Prends-moi.
Je ne peux pas.
Pourquoi ? Prends-moi !
Je veux que tu me prennes, maintenant !
Tu as toute la vie devant toi
et je n'ai que la mort à offrir.
Je veux être ta chair
et ton sang.
Je t'en prie.
Je t'en prie, mon époux.
Je t'en prie...
Mon amour...
Dumont ?
Cette odeur...
C'est la même qu'à l'hôpital.
Le même parfum.
Il est ici.
Mon Dieu !
Ils sont partis.
Mais où ?
Il n'y a qu'un seul endroit.
Il semble que Mina ait disparu.
Avec lui ?
J'en ai peur.
Cet homme est le diable.
Il doit être arrêté au plus vite.
Bien sûr.
Pensez-vous pouvoir nous guider vers son château en Roumanie ?
Oui.
Mon père, on ne peut y aller comme ça, sans préparation, ni aide.
Je connais quelqu'un qui pourrait nous aider.
Henry William, amore mio !
Je t'ai manqué ?
Bien sûr, ma chérie, j'ai prié pour toi tous les jours.
Est-ce un miracle ?
Tout à fait !
Dieu a entendu tes prières,
et me voici, guérie et prête à t'aimer pour le reste de ta vie.
Je devenais folle sans toi.
Quand as-tu quitté l'hôpital ? Ils devaient me prévenir.
Je sais.
À peine sortie, je me suis précipitée ici.
- Es-tu complètement guérie ? - Bien sûr !
Arrête avec tes questions.
N'es-tu pas excité de me voir ?
Bien sûr.
Henry !
Tes bras m'ont manqué.
Et ces belles mains.
Et tes lèvres !
Et surtout ton cou.
Maria !
Comment osez-vous ?
Qu'avez-vous fait ?
Ne vous inquiétez pas.
Nous pouvons tout vous expliquer.
Mon sang !
Qu'avez-vous fait ?
Regardez ce que vous avez fait !
Il y en a partout sur le tapis !
Qu'avez-vous fait ?
- Ma chérie... - La ferme, Henry !
Ne faites pas ça.
Bienvenue à la maison.
Mes amis,
la princesse Elisabeta est de retour.
Laisse-moi leur parler. Je ne serai pas long.
Maître.
Ils sont à vos trousses et vous trouveront bientôt.
Il est temps que vous partiez.
J'apprécie ta sollicitude,
mais nous sommes enfin rentrés.
C'est ici, chez nous.
Prends ça.
Je ne pense plus avoir besoin de tes services.
Va en paix.
Elisabeta.
Mon prince.
Crois-tu que Dieu nous pardonnera de nous aimer autant ?
Dieu est amour.
Il comprend.
Et s'Il ne comprend pas,
qu'Il aille en enfer.
Ils vont voir ce que c'est de réveiller un dragon.
Reste ici.
C'est là qu'il dort dans son cercueil.
- Drôle d'endroit pour dormir ! - C'est notre sort à tous.
Ouvrez la porte !
C'est lui. Il est à l'intérieur.
Vous ne le tuerez pas de cette façon.
Laissez-nous faire. Il ne s'en sortira pas, cette fois.
J'ai dit que j'épargnerais ta vie, ne me fais pas revenir sur ma parole.
Alors...
tu es le prêtre qui chasses les miens depuis tant d'années.
Oui.
Mais je ne suis pas venu te combattre.
Moi non plus.
Je combats Dieu, Ses serviteurs ne m'intéressent pas.
Non.
Tu ne combats pas Dieu, mon fils, tu te bats contre toi-même.
Non.
Je me suis battu et j'ai tué en Son nom.
Nous vivons et respirons en Son nom.
Pourquoi voudrait-Il que nous détruisions Sa création ?
L'homme tue en son propre nom.
Comme toi, à nouveau.
Ce ne sont que des belles paroles. Dieu t'a envoyé ici pour me tuer.
Dieu m'a envoyé ici pour te sauver.
Dieu veut me sauver, maintenant ?
Après m'avoir refusé le droit de mourir pendant des siècles.
Ce n'est pas une punition, c'est une opportunité.
Repens-toi, Dracula, pour ton salut.
C'est elle, mon salut.
Mais toi, tu es sa damnation.
Vlad !
J'ai besoin d'un peu plus de temps.
Ouvrez la porte !
Elisabeta !
Elisabeta,
la malédiction disparaîtra avec moi et tu retrouveras ta liberté.
C'est toi, ma liberté. C'est toi, ma liberté, mon amour.
Là où tu iras, j'irai.
Dracula ?
Tu crois l'aimer,
mais tu veux qu'elle se sacrifie pour toi ?
Je t'en prie, ne me quitte pas.
Reste ici.
Ton âme appartient encore à Dieu.
Si tu l'aimes vraiment, laisse-la retrouver sa vie
et reviens à Dieu.
Ma chérie...
Dracula !
Vlad !
Ouvre la porte !
Je t'en prie, mon amour, ouvre la porte !
Il y a 400 ans,
j'ai demandé à un prêtre que Dieu épargne ma femme.
Il ne l'a pas fait.
Je t'en supplie...
Entendra-t-Il ma prière, cette fois ?
Qu'Il l'entende ou non,
toi seul peux changer le destin, mon fils.
Sauve-la, et tu seras en paix pour l'éternité.
Alors, qu'il en soit ainsi.
Ne me laisse pas !
Dépêche-toi, avant que je change d'avis.
Je t'en prie !
Cessez le feu !
Pourquoi me fais-tu ça, mon amour ?
Parce que je t'aime.
Je t'aime aussi.
Mina ?
La malédiction est levée.
Excellent.
Tout va bien, maintenant.
Bien. Merci.
Au revoir.
Sous-titres Emmanuelle Boillot & Lucas Fabiani
Sous-titrage Digital Factory
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