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Ça devait bien t 'arriver un jour, avec ta vilaine habitude de t 'explorer les
poubelles. Et ce que je fouille dans les poubelles, moi ? Tu as encore eu de la
chance. Tu aurais pu te couper.
Regarde, comme les bords sont tranchants.
Allons en route.
Et ne recommence plus, sinon je te mettrai une muselière et je te tiendrai
'aide.
Encore un niveau, garçon.
Ce cher Tintin, quelle joie de le revoir.
Je dirais même plus, quelle joie de revoir, ce cher Tintin.
À votre santé.
Oh, ce cher bien -aimé Dupont, quelle joie de vous revoir.
Et après ça, une nouvelle.
Ça va très bien.
On vient de nous confier une affaire très importante.
Ah, je dirais même plus, une affaire, une affaire très importante.
Ah? Regardez. Avez -vous lu ceci?
Attention aux fausses pièces de 20 francs. Ah oui, j 'ai lu cet article.
Eh bien, c 'est nous qui sommes chargés de tirer cette affaire au clair.
Ah?
Très bien.
Et les reconnaît -on facilement, ces pièces fausses? Oh, vous savez, nous les
avons étudiées. Nous les reconnaissons naturellement au premier coup d 'œil.
Mais... Garçon, combien?
225, monsieur.
Voilà 20 francs.
Mais... Sinon, tout le monde irait se prendre.
Je regrette.
S 'apprécie.
Je me suis laissé refiler une pièce de pause.
Voilà.
Venez chez nous. Nous vous montrerons les documents que nous avons rassemblés
pour notre enquête.
Volontiers.
Où as -tu mis ces documents ? C 'est toi -même qui les as rangés.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Ça ?
Ça nous était envoyé par la sûreté.
Il s 'agit d 'objets qui ont été trouvés sur le corps d 'un noyer.
Vous avez vu ? Il y avait sur lui cinq pièces de vin franc, toutes fausses.
Bizarre, hein ? Très bizarre.
Vous permettez ? Je reviens dans quelques minutes.
Je vais le suivre.
Macan.
Précis, saccade.
Le voilà.
Mais enfin, qui a -t -il ? Il n 'y a que le bout de papier qui se trouvait parmi
les objets découverts sur le corps de votre noyer provient de l 'étiquette d
'une boîte à conserve. Et que la boîte dont il a été arraché, je l 'ai eu en
main un peu avant de vous rencontrer. Voilà, c 'est dans cette poubelle -là
je l 'ai jetée.
Un instant.
Certain, n 'as -tu pas honte de bouiller dans les poubelles comme un vulgaire
ciendru ? Elle n 'est plus là.
Et pourtant, je suis certain de l 'avoir jetée ici.
C 'était une boîte de crabes. Je m 'en souviens très bien.
Ouvrez votre sac.
Non. Non, il ne s 'y trouve pas.
Bizarre autant qu 'étrange.
Vous vous souvenez même plus ? Étrange.
Que s 'est -il passé ? C 'est -il complètement timbré ? Ils sont à la
d 'une boîte de conservi. D 'une boîte de crabes. Une boîte de crabes ?
Pour un homme, d 'où vient -il celui -là ? Tant vas -tu enfin obéir ! Voilà, il
ne recommence plus.
Mais alors, j 'y songe.
Le petit papier se sera envolé tout à l 'heure.
Ah, le voilà ! Voyons cela maintenant.
Est -ce que je deviens fou ? Je suis pourtant certain d 'avoir déposé ma
ici il y a une seconde.
Je vais repasser au crayon sur tout cela.
Voilà toujours un K, un A et ça c 'est un R
ou un I.
Ça va, j 'y arriverai.
Caraboudjan. C 'est un nom arménien, ça.
Caraboudjan.
Un nom arménien.
Bon, et puis après, me voilà bien avancée.
Au secours ! Au secours ! Au secours !
La voix de la concierge.
C 'est un japonais ou un chinois qui avait une lettre pour vous.
Mais comme il allait me la remettre, une auto s 'est arrêtée devant la porte.
Trois hommes en sont descendus. Ils ont sauté sur le monsieur chinois et l 'ont
assommé. Moi, naturellement, j 'ai crié au secours.
Mais un des bandits m 'a menacé d 'un revolver gros comme ça.
Puis ils ont jeté le monsieur japonais dans leur voiture et ils sont partis
la lettre.
Une boîte à conserve, plus un noyer, plus cinq pièces fausses, plus carabou
jambes, plus un japonais, plus une lettre, plus un enlèvement, égale un
cassette chinois.
Allô ? Oui ? Ah, c 'est vous ! Quelle nouvelle ?
Comment ?
Oui, on a identifié le noyer sur lequel on avait trouvé ce mystérieux bout de
papier et cinq fausses pièces de 20 francs. C 'est un nommé Herbert Davis,
Cargo Caraboudian.
Le Cargo Caraboudian ? Vous dites bien Caraboudian ?
C 'est raté.
Que s 'est -il passé ? Ah, c 'est vous.
Eh bien, j 'ai failli être écrasé par cette lourde caisse.
Et vous -même, que faites -vous ici ? C 'est un maillon qui a cédé.
Nous allons avoir du carabouchant pour l 'affaire du matelot au noyer.
Hein ? Puis -je vous accompagner ? Resterez -vous longtemps à bord ? Non,
demi -heure, d 'autant plus.
Attention, point d 'élovis pendant que je les reçois.
Il ne faut pas qu 'il redescende à terre.
Compris. Alors entendu. Je vous attendrai ici dans une demi -heure.
Ici ? Bon.
Bonjour, lieutenant.
Nous venons au sujet de ce malheureux matelot.
Très bien, messieurs.
Voulez -vous venir dans mon cabine ? Nous y serons mieux pour poser.
Oh, prenez garde.
Il y a une marche.
Oui, je vois.
Il a porté combat.
Si, ce matelot avait l 'habitude de s 'enivrer.
La veille de sa mort, vous l 'avez rencontré en ville, complètement saoul.
Il est donc tombé à l 'eau en voulant regagner le navire.
Pour moi, l 'affaire est claire.
Je dirais même plus.
C 'est clair.
Excusez -moi, lieutenant, c 'est pour vous dire que j 'ai terminé mon travail.
Ok, je vais aller voir.
Il faut d 'ailleurs que nous partions nous aussi, mon cher lieutenant.
Nous vous avons déjà fait perdre assez de temps.
Pas du tout.
Je serais enchanté si j 'avais pu vous être utile.
Yes, cette porte est réellement un peu basse. Un peu, oui.
Un tout petit peu.
Jeune homme qui était monté à bord en même temps que vous m 'a chargé de vous
dire qu 'il ne pouvait plus vous attendre. Il vient de partir.
Ah, Tintin, c 'est vrai, nous l 'avions oublié.
Attention. Il y a une marche.
Au revoir.
Au revoir.
Mais, où donc a bien pu passer Tintin ?
Dis -donc, ça va durer longtemps, cette petite
plaisanterie ? Oui et non, en fait, mes chers.
Ça dépend.
Pourrais -je au moins savoir pour quel motif on me retient ici à fond de calme
Ne fais pas l 'innocent.
Tous ces celles -là, mieux que nous.
Mais enfin ! Milou ! Mon vieux Milou ! Toi ?
Chut ! Ecoute -moi, Milou. Il s
'agit de ne pas moisir ici.
À la première occasion, nous brûlerons la politesse à ces forbres.
C 'est recevoir du patron.
Lis -le.
Envoyer T par le fond. C 'est moi qui viens justement d 'envoyer Pedro lui
porter à manger.
Ça, c 'est prendre une corde, un poids de son.
C 'est bien gentil de m 'apporter à manger.
Mais comment dois -je faire ? J 'ai les mains liées derrière le dos.
De juste.
Je m 'en vais vous détacher un peu.
Mais faites attention, hein.
Au premier geste suspect.
Compris. Il m 'a demandé de relancer ce lien, afin qu 'il puisse manger.
Je me suis apprécié pour le faire, mais à ce moment, j 'ai reçu un formidable
coup de poing et... Et ce n 'est rien à côté de ce que va te passer, lieutenant.
Crétin ! Sombrillo ! Il va falloir le retrouver maintenant, un péché ! Il est
armé à présent.
Pourvu qu 'elle continue de vivre.
Alors, barricadés comme nous le sommes, nous pourrons soutenir un siège.
Sinon, voyons ça.
Ça, par exemple. Des boîtes de crabes.
Pas d 'erreur. Ce sont bien les mêmes boîtes.
Nous tirons ça au clair plus tard.
Continuons notre inventaire.
Du champagne.
Milou, mon ami, notre ravitaillement est assuré.
Étonnant.
Mon vieux Milou.
C 'est entre l 'apéritif.
Chut. Silence.
Ils sont certainement en recherche.
C 'est inutile d 'essayer d 'ouvrir cette porte.
Il s 'est barricadé naturellement.
Nous l 'aurons par la fin.
Que vous croyez, messieurs, de l 'opium ?
Ainsi, nous voilà sans le vouloir sur la piste de trafiquants de stupéfiants.
Seulement, cela change tout à fait la situation.
Vous avez raison.
Nous n 'avons rien à manger.
Bon, du moment que nous avons à boire... Voyons si nous ne pourrions pas filer
de ce côté.
À moins que... Oui, oui, je crois que j 'ai une idée.
M. le capitaine, vous dites mal.
Mais, capitaine, qu 'aimez -vous -t -il, ce vieil Evroid?
Oui, je vous ai fait appelé, lieutenant. C 'est honteux.
C 'est honteux. On me laisse mourir deux semaines.
Je n 'ai plus une goutte de whisky.
C 'est inadmissible, en effet, capitaine. Je vais vous en apporter tout
suite.
Tu es le seul qui...
Oh, vous savez bien.
Vous savez bien que pour rien au monde, je ne voudrais vous voir manquer de
whisky.
Car ainsi, je reste le seul maître à bord.
Et j 'ai fait ce qui me plaît.
C 'est peut -être le whisky qui... Pas un cri.
Qui êtes -vous ? Quelqu 'un qu 'on a embarqué de force sur ce maudit cargo et
qui... Maudit cargo ? Sachez que je suis le capitaine et que je peux vous
faire mettre au fer.
Merci. Je sors d 'en prendre.
J 'ai déjà passé suffisamment de temps dans vos cales remplies d 'opium.
De l 'opium ? Il y a de l 'opium dans les cales ? Tant m 'étale à moi !
-vous ? Mais comment ? C 'est affreux ! Je suis un
honnête homme, moi ! Mais c 'est Alain, le premier lieutenant, qui m 'a trompé
! Écoutez, il faut m 'aider, capitaine.
Et d 'abord, vous allez me promettre de ne plus boire.
Rangez à votre dignité, capitaine.
Que dirait votre vieille mère si elle vous voyait dans cet état ?
Voyons, voyons, capitaine.
Pour l 'amour du ciel, taisez -vous.
Maman, maman.
Très bien, tu ne sais pas ce qu 'il est.
Je ne suis jamais...
Alors, vivez. C 'est la passera.
Non, non, non.
Je lui ai promis ça ne pouvait pas.
Ça ne pourrait pas.
À qui avez -vous promis cela?
Aux jeunes hommes qui... qui viennent ici.
Quels jeunes hommes?
Allez -vous me répondre.
Je ne sais pas. Je ne le connais pas.
Donnez.
Jumbo, tu vas rester ici et surveiller ce hublot.
Si quelqu 'un essaie de s 'y introduire, tu l 'as pas compris.
Voici une arme. Bien.
Oui, ou bien il fait le mort.
Ah, bien là.
Un pochon de champagne.
Et alors?
Viens vite, remontons.
J 'ai bien surveillé les oublats, lieutenant, mais pas l 'armoire sur les
Et cela que c 'est... C 'était caché.
Lieutenant, le radiothélégraphiste. Je viens de le trouver ligoté, ébayonné.
Dites, lieutenant, c 'est rigolo.
Un des grands canaux a disparu.
Mais j 'y sens qu 'il y a ici un tonne d 'eau douce, des biscuits
et du rhum.
Mais j 'ai promis de ne plus boire et je tiendrai pas.
Après tout, si j 'en buvais une toute petite gorgée, simplement pour me
réchauffer.
Ah, ça fait du bien.
Encore une larme.
Elle est déjà vie.
Oh, petit, comme il dort bien.
Mais il doit avoir vraiment froid, lui aussi.
Inoram, êtes -vous fou ? Si, si, si, tu es un chat, tu auras affaire à moi,
moussaillon de malheur.
Allez, venez de l 'avion. Nous sommes sauvés.
Force à l 'indicatif du Maroc. C 'est elle.
Stupide malchance.
Une seule balle et il a fallu qu 'elle coupe net le câble d 'allumage.
Heureusement, ça ne sera pas long à réparer. Vas -y, moi je les surveille.
Voyons, voyons, ils sont tous les deux du même côté.
Qu 'allez -vous faire ? Ça avance ?
Oui, j 'ai presque terminé.
Ça y est, je serre le dernier boulon.
Capitaine, tâchez de trouver une corde pour ligoter solidement ces deux
gaillards. Allons, embarquons.
Et maintenant, dites -moi, qui vous a payé pour faire cette triste besogne ?
Inutile, nous n 'irons rien.
Votre aise.
Mais peut -être retrouverez -vous votre langue lorsque vous serez entre les
mains de la police.
Titon, vous savez piloter, vous.
Vous êtes sûr que c 'est bien la direction d 'Espagne ? Euh, oui.
Reste à savoir qui nous verrons.
Nous allons avoir un fameux coup de tabac.
Mon Dieu, mon Dieu, c 'est épouvantable. Jamais nous en sortions plus vivants.
Au moins, c 'était du whisky.
Mais c 'est du whisky.
Dites, ça a l 'air d 'être très agréable.
Allons, laissez -moi piloter avant.
C 'est bien le moment.
Mais puisque je vous dis que je veux... Mais lâchez ça, malheureux !
Tu me laisses piloter, oui ou non ? Une fois, deux fois, trois fois.
Laissez -moi trop.
Tu es entêté.
Alors, voilà pour toi.
Mon Dieu ! Les deux prisonniers ! Ils sont restés dans l 'avion !
Arrêtez ! C 'est de la folie !
Vous êtes bien certain que nous sommes en Espagne ? Euh... Euh... En tout cas,
nous devrions y être.
Ouh ! Ouh ! Ouh ! Ouh ! Ouh ! Ouh ! Ouh !
Quel os ! Où as -tu encore déniché ça
? J 'ai à voir.
Et tu sais, il y en a encore beaucoup.
Vous voyez ?
Il y en a pour tout le monde.
Un dromadaire.
Un dromadaire ? Mais il n 'y a pas de dromadaire en Espagne.
Nous ne sommes pas en Espagne, hélas. Nous sommes en plein Sahara.
En plein Sahara.
Mais alors, cet animal, cet animal est mort de... est mort de... Mort de soif,
naturellement.
Eh bien, qu 'avez -vous ? Un étourdissement ? Le pays de la
soif. Le pays de la soif.
Le pays de la soif.
Allons du courage, tout n 'est pas perdu.
Le pays de la soif.
Il a l 'air d 'avoir un sérieux coup de bambou.
Les prisonniers ont disparu.
Je comprends. Leur lien est à moitié brûlé et il ne leur a pas été difficile
les briser.
Là -bas, ils sont déjà loin.
Mais utile de songer à les rejoindre.
Ah, tant pis.
Allons en route, capitaine.
Peut -être aurons -nous la chance de découvrir un puits.
Je n 'en prie plus.
Courage, capitaine.
Nous allons nous reposer un peu à l 'ombre de cette dune.
Voilà.
Etendez -vous quelques instants.
Ça vous fera du bien.
Tintin.
Où êtes -vous ? À boire.
À boire.
Rien.
Toujours rien.
Rien que le désert.
Une bouteille de champagne.
Une bouteille de champagne.
Diable de bouchon, va -t -il sauter?
Oui, attrape ça.
Merci tout de même, Milou.
Tu fais du milieu?
Oh, c 'est une blague, hein? Je ne suis pas une bouteille de champagne.
Mettez -vous cela bien dans la tête.
Là -bas, un lac.
De l 'eau, de l 'eau.
Arrêtez, malheureux, c 'est un mirage.
De l 'eau, de l 'eau.
Au bois.
Vous l 'avez bien dit, c 'était un mirage. Il n 'y a pas de lac.
Je l 'ai pourtant vu.
Une bouteille de boue.
Où voit -il une bouteille ?
Toi,
Yana, criez au secours.
Oh, quel cauchemar.
Où suis -je ? Que m 'est -il arrivé ? Toi, Yana.
Venez avec moi.
C 'est le lieutenant.
Ça, il y en a. Le jeune Rumi, mon lieutenant.
Ah, vous voilà, jeune homme.
Entrez donc. Heureux de vous voir sur pied.
Lieutenant Delcourt, commandant le poste d 'Afghan.
Enchanté, lieutenant.
Mon nom est Tintin.
Comment se fait -il que... Que vous vous retrouviez ici ? Eh bien, voilà.
Hier, vers midi, mes hommes ont aperçu à l 'horizon, bien loin vers le sud, une
colonne de fumée. J 'ai immédiatement envoyé une patrouille qui, ayant relevé
vos traces, vous a trouvé inanimé et vous a ramené au bord.
Et mon compagnon ?
Le voilà justement.
Entrez, entrez.
Et toi, Schmitt, apporte trois verres et les apéritifs.
Alors, cette fumée, c 'était votre avion ? C 'était notre avion.
Nous avons atterri un peu brutalement.
L 'appareil a capoté, il a pris feu.
Merci, lieutenant.
Je ne prends jamais d 'alcool. Non ? Vraiment ? Euh... Non, merci,
Moi non plus, je... l 'alcool... Je n 'en prends jamais.
Et vous non plus, capitaine Haddock.
Bon, je n 'insiste pas.
En tout cas, lieutenant, vous nous avez sauvé la vie.
Sans vous, sans vos méharistes, nous menons de soif. C 'est pourquoi vous
tort de ne pas prendre un verre avec moi.
Mais n 'en parlons plus.
Expliquez -moi plutôt ce que vous veniez faire en ce pays perdu.
Et voici les dernières informations.
La violente tempête qui affaira toute la journée d 'hier a causé la perte de
plusieurs navires.
La vapeur Tanganyika a coulé au large de Vigo. L 'équipage a été sauvé.
On a capté un SOS lancé par le cargo Carabujan.
Un autre vapeur, le Benares, qui s 'était immédiatement porté au secours du
navire en détresse, a croisé toute la nuit dans les parages sans apercevoir ni
épars ni naufragés, ce qui laisse supposer que le Carabujan a péri corps
bien.
Bizarre, ne trouvez -vous pas ? En effet, le Carabujan n 'est pas une
de noix, ce diable. Il n 'a plus coulé si vite qu 'on ait eu le temps de mettre
les canots à la mer.
C 'est incompréhensible.
C 'est bien ce que je pensais.
Le lieutenant, y a -t -il moyen de partir aujourd 'hui même ? Je voudrais
atteindre la côte le plus vite possible. Je vous expliquerai pourquoi.
Aujourd 'hui même ? Oui, c 'est possible.
Je vous donnerai deux guides, cela suffira.
Depuis plusieurs mois, la région est sûre.
Nous irons d 'abord chez le commandant du port.
Peut -être pourra -t -il nous donner des nouvelles du carabouche.
Bonne idée.
Tintin, Tintin, où allez -vous ? Mais c 'est pas
passé, vous ! Allons,
circulez. Hercule !
Et maintenant, j 'ai le commandant du jour.
C 'est pour ou bien, moussaillon ? 15 francs.
Police ! Police !
Tiens, tiens, tiens, tiens.
C 'est honteux. On m 'a volé mon porte -monnaie. J 'en porte plainte au voleur.
Mon porte -monnaie.
C 'est honteux. C 'est une usure finie.
On me rende mon porte -monnaie.
Et le voilà, votre porte -monnaie. Et ne criez plus comme ça.
Et ne recommencez plus, surtout. Ou sinon, on crie.
Amiral.
Faitons le vin, le bon vin gay, car il nous faut pour naviguer, oui,
car il nous faut.
Pour naviguer, pour naviguer le cœur léger, il nous faut voir, lui voir l
rebondir. Le vin nous donne, nous donne un cœur léger, car il nous faut un cœur
léger pour narguer la danger.
Ma bouteille et la mer sont mes balsames.
Le vieux rhum et le whisky nous font faire de grandes folies.
Le vin rend le courage à l 'esprit le plus soucié.
La mer d 'immense, on se sent bien plus joyeux.
Le bon vin est votre ami, un ami d 'alerte compagnie.
Ma bouteille et la mer sont aussi mes meilleurs amis.
Sous -titrage Société Radio
-Canada
C 'est moi.
Quoi? T 'es fou? Le capitaine est ici.
Tout est sourd.
Et il a reconnu le bâton.
Tonnerre. On l 'a amené au poste.
C 'est bien, j 'arrive.
C 'est bizarre.
Le capitaine n 'est pas encore arrivé.
J 'avais pourtant bien dit que nous irions d 'abord chez le commandant du
Allô ? Les services du port, oui ? Ah, c 'est M.
Tintin.
Le capitaine Haddock ? Ah non, nous ne l 'avons pas encore.
Eh bien, t 'inquiète pas.
Qu 'est -ce qui est -il arrivé ? Le capitaine Haddock ? Nous venons de le
relâcher. Il y a cinq minutes à peine qu 'il est parti.
On l 'a amené ici hier dans la soirée. Il posait du scandale sur la voie
publique. Il nous a déclaré en partant qu 'il allait chez le commandant du port
et qu 'il avait quelque chose de très important à vous dire.
En coulant, vous le rejoindrez vite.
Trop tard.
Taxi à la gare du Sud.
Vite, vite, suivez cette voiture.
Veuillez descendre, jeune homme, j 'étais le premier.
Je vous demande pardon, monsieur, mais j 'étais avant vous.
Mon jeune ami, je n 'en ai pas l 'habitude de discuter avec des
Descendez, et plus vite que ça.
Je vous laisse être dans un quart d 'heure à la gare du Sud.
Et moi, monsieur, je vous laisse être d 'urgence à l 'Institut Pasteur, car je
viens d 'être mordu par ce chien enragé.
Vite, chauffeur, vite, suivez cette voiture.
Quelle voiture ? Mais c 'est Bristie, celle qui... Mon Dieu, elle a disparu.
Il ne me reste plus qu 'à retrouver la ruelle où j 'ai perdu de vue le
lieutenant du carabouillant.
Oh, je ne me trompe pas.
Voilà ses chers amis Dupont et Dupont.
Juste au ciel. Vous êtes donc ça et ça.
Nous avions perdu tout espoir de vous trouver vivant. Ce que je trouve
extraordinaire... C 'est qu 'il nous ait reconnus comme ça tout de suite.
Dites -nous maintenant, que s 'est -il passé à bord du Carabujan ? Quand on
a communiqué le texte de votre radio, nous avons immédiatement pris l 'avion
pour Bruguer, qui devait faire escale le Carabujan.
Et ce n 'est ici que nous avons appris son offrage.
Vous êtes sûr qu 'il transportait de l 'opium ? Absolument sûr.
La drogue était dissimulée dans des boîtes à conserve entourées d 'une
ornée d 'un crabe rouge portant les mots « crabe extra ». Des boîtes de crabe.
Au paix, dit Songe.
J 'en ai vu une chez Friquet où nous venons d 'acheter nos burnous.
Est -ce vrai?
Dites, allons voir.
Qu 'as -tu fait de cette boîte de crabes qui se trouvait sur cette table?
C 'est bien plat.
Ouvrez cette boîte.
Pas d 'acidité.
Regardez! Oui, en effet, c 'est du crabe.
Naturellement, Siti, il y en a des bons crabes.
Des bons crabes, Siti, de bonne qualité.
Oui, c 'est bien du crabe.
Pourtant, j 'ai vu les mêmes boîtes à bord du carabou de Jean. Et c 'est là qu
'on fait de l 'opium.
C 'est bizarre.
Je dirais même plus.
Bizarre autant qu 'étrange.
Dis -moi, où es -tu acheté cette boîte ? Chez Mohamed Penali, Siti.
La boutique au coin de la rue.
Regardez. Pas d 'erreur. Ce sont les mêmes boîtes. Eh bien, il n 'y a
Je dirais même plus. Il n 'y a personne.
On a quelqu 'un.
Dupont, Dupont, où es -tu ?
Eh
bien.
Faites attention.
Il y a une marge.
Il y a une cassée ? Non, ça va.
Oui, ça va.
Attention, votre chapeau.
Que faites -vous ici ? Ah, c 'est vous le propriétaire de cette boutique.
Je désirerais connaître le nom et l 'adresse du fournisseur si vous avez
ces boîtes de crabes.
C 'est Omar Bessala, s 'il dit. Le plus gros négociant de Bouddha.
Il est riche, s 'il dit. Très riche. Il a...
Palais, magnifiques, chevaux, autos, des terres immenses dans le sud.
Il possède même une machine volante, s 'il est. Un avion, comme disent les
Roumines.
Voulez -vous m 'aider et mener au sujet de ce tomard Ben Salah d 'une enquête
discrète ? Essayons entre autres choses de savoir le numéro d 'immatriculation
de son avion particulier.
Mais, très discrètement.
Très discrètement.
Comptez sur nous, mon cher ami.
La discrétion, nous ne connaissons que cela.
Botus et mouche cousue, telle est d 'ailleurs notre devise. C 'est cela.
Botus et mouche cousue, c 'est notre devise.
Et maintenant, il s 'agit de délivrer le capitaine.
Allô ? Lieutenant ?
Ici Casimir.
Oui, nous avons le capitaine.
Oui, il a un peu crié.
Oui, vous arrivez ? Dans une heure.
Bon.
C 'est bien ici qu 'habite M.
Omar Ben Salah.
Nous désirons lui parler.
Mon maître, il vient de sortir, s 'il dit.
Lui voilà qui s 'en va là -bas.
La soupe, il s 'en marre, c 'est un salade. Tu es volé.
Il y
a de
l 'aliment. Où ça, toi ?
charité, mon bon seigneur. Anna vous le rendra.
Vous n 'êtes guère plus folie.
Voir la barbe du prophète.
Voleur. Ici, Valmine. Rends -moi mon gigot.
Un gigot tout entier ! Sale chien ! Si jamais je les retrouve...
Dis -moi...
Mais tu sais, ce gigot est un des plus beaux jours de ma vie.
Quant à moi, Milou, je fais comme ce vieux Diogène. Je cherche un homme.
Tu ne connais pas Diogène ? C 'est un philosophe grec qui logeait dans un
tonneau.
Dans un tonneau ? Dans un tonneau ! Milou s 'apprécie, je crois que j 'ai
trouvé.
Et une porte à l 'autre bout.
Eh bien, mon vieux Milou, nous sommes sur la bonne suite.
C 'est une botte de crabe de carabou de jambes.
Brut!
Tendu!
Aïe!
Aïe!
Aïe!
Tire le temps que tu le voudras.
Personne ne peut t 'entendre.
Montre -toi plutôt raisonnable.
Alors, une dernière fois.
C 'est moi ou est Tintin ? Ici ! Rends les mains, que personne ne bouge.
Et vous là -bas, rendez la liberté au capitaine.
Dans mes bras, que je t 'embrasse.
Montbrony, retard.
Par ici, vite.
Qu 'est -ce que je fais, mon Dieu, qu 'est -ce que je fais ?
Bloqué.
Je vous dis que non ! Ne cassez pas d 'auditus ! Hourra !
Les gens passent en retraite !
Oh,
tout ce bon vin ! Oh, que c 'est triste !
C 'est pas le moment de boire.
Voyons, me prenez -vous pour un ivrogne ? C 'est ce qu 'on dit.
Il a fait tout ça.
Il emmène le vide qui se croit.
Dites -moi, pourquoi vois -je tout bleu?
C 'est encore plus beau.
Votre capitaine, oui, votre capitaine est aujourd 'hui le roi humain.
Chantez avec nous, Laurent Guénon.
Le roi boit, hélas, c 'est certain.
Là, cette bouteille.
Ma bouteille, sacrifant ! Trahison ! Vengeance ! Renégat ! Hérétique !
Esclavagiste ! Flibustier ! Végétarien ! Pérate ! Corsaire ! Arlequin !
Hydrocarbure ! Zoolo ! Canacte ! Gyroscope !
Le voilà rentré
chez lui.
Si nous allions l 'interroger.
Seigneur, il y a deux roumis qui demandent à te parler.
Ils ont dit qu 'ils étaient chargés d 'une petite enquête.
C 'est bien, introduis -les. Je vais les recevoir.
Voici, M. Omar.
Nous sommes chargés de mener une enquête à votre sujet.
Une enquête discrète, comme de juste.
Ah? Et à quel propos cette enquête?
Un de nos amis, un jeune homme nommé Tintin, vous soupçonne de vous livrer au
trafic d 'escapés fiants.
C 'est exact, M.
Salade? Par la barbe du prophète! Osez soupçonner Omar Benzalade!
Ordez -y, chien d 'infidèle, ordez -y, ordez -y tout de suite, ou je vous fais
corcher tout de suite.
Flappant est ton plâtre, me marade au douce.
Pachiboujouk, soulou, doré fort.
Ainsi, c 'est donc toi, Tintin.
Eh bien, mon jeune ami, cette fois, ta dernière heure est venue.
Qui est cet homme ? Nous venons précisément de l 'interroger. Il nous
assuré de sa complète innocence.
Innocent, lui ? Je viens de retrouver des boîtes d 'opium dans ses caves.
Et puis, regardez.
Regardez ce bijou.
Deux pinces de crabe en or.
C 'est celui de la banque, j 'en suis sûre.
Vite, téléphone à la police.
Allô, allô ? Police, ici Dupont et Dupont, détectives diplômés.
Après une longue et périlleuse enquête, nous avons réussi à découvrir une bande
de trafiquants d 'opium.
Oui, parfaitement. Et leur chef est un individu nommé Ben Salah, que nous
à votre disposition.
Qu 'est -ce que vous dites ? Omar Ben Salah ? Est -ce que vous vous payez ma
tête ? Omar Ben Salah ? L 'homme le plus respecté de toute la ville de Bugar,
vous l 'avez... Capturé, oui.
Que le ciel nous tombe sur la tête si ce n 'est pas la vérité.
Omar Ben Salad, trafiquant d 'opium.
On aura tout vu.
Mais, mais que se passe -t -il encore ? Ah, la folie !
Lui, encore lui !
Il faut arrêter ce maître. C 'est un bandit. C 'est un faux informant.
Il m 'a donné des coups de bâton.
Ce ne sont pas les coups de bâton qu 'il vous faut. C 'est un bon goût de
madrec.
Ah, la police.
Messieurs, voici l 'homme que nous avons réussi à capturer.
Je ne dirai même plus.
Voici l 'homme.
Que quelques hommes m 'accompagnent. Il y a encore des conflits dans la cave.
Le lieutenant s 'est échappé et c 'est le plus dangereux de tous.
Il aura fi par l 'autre dessus.
Que vos hommes s 'occupent des bandits qui se trouvent dans cette cave.
Nous allons essayer de rattraper l 'autre.
C 'est un marin.
Il est probable qu 'il se sera dirigé vers le port.
Police ! Police ! On m 'a volé un de mes canaux automobiles ! C 'est lui, je le
reconnais ! Vite ! Un autre canot ! On ne voit pas.
Un canot est plus rapide que lui.
Le canot fait des dangereuses avancées.
Quelle terrible lutte.
Il y en a un qui se relève. Qui ? Ma parole.
C 'est Tintin.
Il a maîtrisé son adversaire. Il fait demi -tour.
Oh, il revient.
Vite, passez -moi cette comblée.
Il ramène le lieutenant.
L 'équipage du carabouchant est au grand complet.
Du calme, brigadier.
Que faillez -vous faire, là ? C 'est grâce au capitaine Haddock que nous
cerné le Jebel Amila, qui n 'était autre que le carabouchant camouflé, et que
nous avons arrêté tout l 'équipage. Les mains en l 'air, mon ami.
Passez -lui les menottes.
C 'est grâce à vous, M. Tintin, que la bande du crabe aux pinces d 'or au grand
complet se trouve aujourd 'hui...
Sous les verrous.
Attention,
vite ! Ils vont se noyer ! Comment faire ?
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