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...
-AGRESSEURS ! VIOLEURS ! C'EST TABOU !
AGRESSEURS ! VIOLEURS ! C'EST TABOU !
VIOLEURS, C'EST TABOU ! -S'il vous plaĂźt.
La cour a statué.
Mon client, Philippe Palois ressort en homme libre.
-Vous n'avez pas
le triomphe modeste. -Ce dossier est vide.
-La cour d'appel
n'a pas prononcé de non-lieu. C'est une erreur de procédure.
9 femmes l'accusent.
Qu'en pensez-vous ?
-OĂč est le violeur ? -OĂč est la justice ?
-Mon client a été acquitté... -Le voilà !
Coup de feu. Cris de panique.
...
-Police !
ArrĂȘte-toi !
ArrĂȘte-toi !
Poussez-vous !
Il s'est engagé dans une impasse, il est coincé.
*-Bouge pas, on arrive.
SirĂšnes.
...
-Il s'est barré.
Putain ! Comment c'est possible ?
...
-Une seule balle dans la tĂȘte. Il lui a laissĂ© aucune chance.
Propre.
-Bon alors, qu'est-ce qu'on en pense ?
-Ca ressemble aux autres affaires.
Il a tué quelqu'un qui a échappé à une condamnation.
-Ce serait sa 4e victime en 6 semaines.
On n'a jamais vu ça. -Il se démerde
plutĂŽt pas mal.
Et, comme pour les autres, y aura zéro indice.
-(C'est la 1re fois en public.)
-Pardon ?
-C'est la 1re fois qu'il agit en public.
-Il commence Ă prendre des risques.
-On vérifie les caméras prÚs du palais
et vous auditionnez les collÚgues qui étaient sur place.
Ils s'agitent lĂ -haut, je dois y aller.
Il faut trouver ce malade ou on aura tous
du temps libre.
-Pourquoi elle dit ça ?
On va ĂȘtre dessaisis ? -Mais non,
ils lui ont collé ces affaires de merde pour qu'elle la ferme.
-Je comprends pas.
-Dixit la nouvelle qui débarque.
-Ca m'éclaire pas.
-T'as entendu parler du gamin qui a perdu un oeil ?
-PrĂšs de Gerland ?
-Ouais. -La patronne
a vu l'équipe qui a fait ça, elle les a chargés,
ça a pas plu. -Ils vont la laisser
patauger jusqu'Ă ce que la presse demande sa tĂȘte. Ca va ĂȘtre long
et douloureux. -C'est un cynique.
La patronne a raison de témoigner.
Il aboie.
-Marie, les avocats des collĂšgues cherchent des trucs sur toi.
-Pour me décrédibiliser.
-Ils m'ont interrogé aussi.
-Les avocats des vraies victimes n'ont jamais de réponses.
-J'y suis pour rien. -Réponds-leur.
-T'as jamais pensé à calmer le jeu ?
-Perdre la mémoire ? Non, je ne changerai pas de témoignage.
-Non, je te comprends. Mais je sais pas comment t'aider.
-C'est eux qu'il faut aider, pas moi.
Ces flics salissent le métier. -Je suis 100% d'accord avec toi.
Juste avant de voir le boss, redescends d'un cran.
-T'inquiĂšte. Je le gĂšre, Lechieur.
-Entrez.
J'ai eu Beauvau. Tout le monde a les yeux rivés sur nous.
Le climat est tendu en ville avec cette histoire de justicier.
-De justicier ? Ca sort d'oĂč, ça ?
On a surtout affaire Ă un malade. On va lui mettre la main dessus.
-Vous faites aussi un lien avec les crimes récents ?
-Oui, c'est probable. -On en est Ă combien ?
Le préfet demande.
-On estime qu'il en est Ă quatre, mais...
-Vous en attendez encore combien avant de l'arrĂȘter ?
-Vous avez des certitudes, vous ?
Nous, on ne voit pas de mode opératoire commun.
Juste des victimes qui ont toutes échappé à la justice.
-Vous naviguez Ă vue.
-On fait avec le peu de moyens qu'on nous donne.
-Le retour de la petite musique des moyens.
-Si on ne vous semble pas Ă la hauteur, prenez un autre groupe.
-ArrĂȘtez de dire des conneries.
Désormais, votre groupe ne s'occupera que de cette affaire.
Mais j'entends
vos préoccupations et je vous ai trouvé quelqu'un.
Une personne hautement qualifiée, déjà à Lyon. Et si j'en crois
son dernier message, elle est sur une nouvelle scĂšne de crime.
SirĂšne, au loin.
...
-Le tueur a fait ça au marteau, c'est une vraie boucherie.
Ca doit te changer des petites violences conjugales Ă Toulouse.
Elle marmonne.
J'ai pas entendu ce que t'as dit.
-Parfois, c'est pas l'envie qui me manque de faire pareil, connard.
-T'as oublié "monsieur".
Monsieur connard.
-Si ça te fait plaisir. -Ca suffit. C'est qui, lui ?
-Willy Abbalo, on l'a déjà eu chez nous.
-On passe de l'exécution nette et précise à l'abattoir.
Pourquoi ce serait
notre client ? -Abbalo était un marchand
de sommeil, relaxé. -5 victimes et il s'en est sorti.
AprĂšs, on dit que la justice fait son taf.
-Y a de bons avocats.
-Pas sûr que ça suffise cette fois. -Je répÚte :
pourquoi ce serait pas juste un rĂšglement de comptes ?
-C'est votre tueur, pas de doute.
-Commandante Legendre.
N'hésitez pas à approcher.
-Regardez l'image du drone.
Le tueur a signé.
-C'est quoi, ce bordel ?
Pourquoi un J ? -Pour "justice"
peut-ĂȘtre ?
-Bien vu. Visiblement, votre tueur lit la presse.
-La commandante vient nous épauler. "Profiler" ?
-Psychocriminologue, c'est comme ça qu'on dit.
-Ne me regardez pas comme ça, j'ai l'info depuis 20 minutes.
-J'ai hĂąte de travailler avec vous sur cette affaire.
-Pour vous il n'y en a qu'une ? -Oui.
J'ai obtenu le regroupement de tous les cas similaires.
Celui-ci est bien parti
pour l'ĂȘtre. -Vous venez d'arriver
et vous obtenez le regroupement. Nous épauler, mon cul !
-T'as peur qu'elle te fasse de l'ombre ?
-Une gonzesse me fera jamais de l'ombre.
-Je souhaite qu'on travaille en bonne intelligence, compris ?
-Compris. -Oui, madame.
-Que ce soit clair :
j'ai pas besoin de votre aide, on sait faire.
-Je viens pas jouer les castratrices.
Mais maintenant, y a urgence.
-Meilleur temps qu'hier, c'est bon.
-C'est quoi, ces conneries ?
-L'info allait sortir.
J'allais pas laisser la concurrence me griller.
-Tu sÚmes la panique en criant au tueur en série.
-Il tue que des gens qui ont échappé à la justice.
-Un justicier, quoi. -Mes patrons ont choisi le titre.
Faut vendre du papier. -Tu appelles ça
de la justice ?
-Mon avis ne compte pas, les gens veulent ĂȘtre rassurĂ©s.
-Bien sûr.
-Tous les jours, on écrit des papiers sur des récidivistes
ou sur les cols blancs qui se foutent des lois.
Alors s'il tue que des mecs qui sont passés entre les gouttes,
c'est une sorte de justicier. -Et la police vend des fraises.
-Je dis pas ça.
Je dis que les gens ont plus confiance en vous.
Ton truc avec le gamin tabassé...
Y a des choses qui vont pas dans la police. On a fait un dossier...
-Je t'emmerde.
Si t'as des infos
sur ce mec, tu me tiens au jus ? -Evidemment.
Ta nouvelle copine,
t'as pas trop les boules
qu'on te l'ait mise dans les pattes ?
-Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues,
mĂȘme une psycho-comportementalisto- pĂ©dago...
blablabla... -Blablablo !
Elle rit.
Ca va, Ă la maison ?
-"Votre partenaire se montrera attentionné et sensuel."
Elle rit.
Téléphone.
...
Sainz.
Voix déformée. *-Bonsoir.
-Vous m'entendez ?
AllĂŽ ? C'est qui ?
*-Quelqu'un du mĂȘme cĂŽtĂ© que vous. -C'est toi, JB ?
*-Non.
-Vous ĂȘtes qui ?
*-Vous le savez. Je suis la justice.
*Je voulais vous dire que j'irai jusqu'au bout de ma mission,
*avec ou sans votre aide. A bientĂŽt, commandante.
-Attendez...
On pense qu'il a encore frappé.
Je crois qu'il m'a appelée.
(Je sais pas.)
Je sais pas ce qu'il me veut. Il me nargue.
Je suis claquée, je rangerai demain.
-Je veux que vous repreniez
tous les cas d'homicide non résolus
pour savoir lesquels
peuvent intĂ©grer notre enquĂȘte.
Ajoutez les affaires élucidées mais semblables.
-(La blague.) -On cherche des points communs.
Mobile, type de victime, mode opératoire.
Que peut-on dire
sur cet individu ? -Tel Bronson,
un justicier dans la ville.
-Ou c'est un tueur en série. -Qui rend sa justice.
-ArrĂȘte, Micka. -Tu dĂ©fends ce genre de type ?
-Combien y en a qui sortent ?!
-Tu peux pas dire ça.
-Y a quelqu'un dehors qui a décidé de trucider des sales types.
Je peux comprendre que certains ne pleurent pas ces victimes.
Mais on doit faire respecter la loi,
protĂ©ger la vie des gens, mĂȘme ceux qu'on mĂ©prise.
-OK. On remonte jusqu'Ă quand ?
-Aussi loin que possible,
mĂȘme si je pense que le tueur a commencĂ© depuis peu.
-Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
-L'expérience.
Il ricane.
-Allez.
*Musique funk.
...
-(Putain.)
Putain de journée,
y a pas pire que la paperasse. -Si, la faire avec toi qui rĂąles.
-J'ai les boules d'avoir été dépossédé de l'affaire Markovic.
-C'est qui ?
-Deux frangins, de vieilles connaissances.
On les soupçonne d'avoir tronçonné un gars du Trésor.
-L'ADN a parlé.
Bien sûr, la BRI va les cueillir et choper les lauriers.
-Je préfÚre coffrer notre tueur en série.
-Les gens attendent
que ça, qu'un mec les débarrasse de cette crasse.
-C'est reparti. -Vous avez pas la rage
quand une raclure comme Abbalo s'en sort ?
Et Palois aurait tripoté combien de gamines encore ?
-Autant rétablir la peine de mort.
-Quand ses potes seront au pouvoir, il nous montrera le chemin.
Moi, je serai sur un bateau ou dans un camp.
-Rien Ă craindre, Tarek, t'es mon petit Arabe Ă moi.
-Toi, t'es mon petit beauf Ă moi.
Magali, tu vas oĂč ?
-PĂšte un coup, Marciano.
Elle va aller baver
auprĂšs de notre chĂšre Marie Sainz.
-Pourquoi tu tapes sur Marie ?
-On prend cher à cause d'elle. -Bien sûr, c'est à cause d'elle.
*-Je comprends que des collÚgues dérapent.
*-Tu fais quoi quand tu tombes sur un gars qui tabasse sa femme,
*si tu vaux pas mieux ? *-Rien Ă voir...
On frappe Ă la porte.
-Bonjour.
-Bonjour.
-T'es moins beau que sur ta photo de profil.
-Ben merci.
-Faut que t'y ailles, j'ai des trucs Ă faire.
-A 6 heures du mat, sérieux ?
*-Lyon marquée par un nouveau drame,
*ce qui semble bien ĂȘtre un meurtre sauvage...
-Bon ben, salut. -Salut.
Radio.
-Double expresso sans sucre, comme d'hab.
-(Merci.)
Vibreur.
...
Ca va ?
Mais comment ça, chez tes potes ? Attends...
T'es pas rentré de l'internat depuis des semaines...
J'avais envie de te voir.
OK.
(OK.)
Elle soupire.
...
-VoilĂ les dossiers qu'on va rouvrir.
On cherche des éléments à comparer. Suivant ce qu'on gardera,
nos investigations se resserreront fatalement.
-Fatalement.
-Une affaire se résout sur un détail :
une maniÚre de fumer, une démarche ou un vocabulaire particuliers.
-D'oĂč notre demande de lire et relire ces dossiers.
Certaines affaires ont forcément des points communs.
-Un problĂšme avec ces consignes ?
-Ceux qui sont en phase avec ce fou furieux,
j'accepterai leur demande d'affectation dans un autre groupe.
Il siffle.
-Il a forcément préparé sa fuite.
-Il a eu que quelques secondes
pour grimper et disparaĂźtre.
-Il s'est pas volatilisé.
Je comprends qu'il attise les fantasmes.
Il tue devant une foule et il disparaĂźt.
-Comme une ombre.
-Je la sens pas, Legendre.
-C'est une putain de flic.
-Elle a un putain de cul.
-Faut que tu travailles sur ton complexe d'infériorité.
-On peut plus rigoler ?
Elle adore qu'on la mate, ça se voit. Un copain à la BRB,
à Paris, la connaßt. Elle a sa petite réputation.
Et pas que sur le terrain.
-Elle apporte élégance et sensualité au groupe, c'est ça ?
-VoilĂ . -Et vous apportez la connerie.
-Qu'est-ce que j'ai dit ?
-Je vois pas assez de sueur.
Ca, c'est bien. Prenez exemple sur Magali.
-Coach, je te trouve pas trĂšs objectif.
-C'est malin, ça. Allez, continue.
Laisse-les parler. -Ouais.
-Ca va ? Tu veux qu'on se voie ce soir ?
-Non.
Il éclate de rire.
-Quoi ? -Ramasse ta dent.
-Bravo. -Vous ĂȘtes des gamins.
Allez, 10 répétitions.
-C'est ma minute de repos. -10 répétitions.
Toi aussi, accélÚre au lieu de parler.
-C'est ça, venge-toi.
Déclics d'appareil photo.
*-L'enquĂȘte qui secoue Lyon a connu de nouveaux rebondissements.
*Un homme est suspectĂ© d'ĂȘtre un possible tueur en sĂ©rie.
*On en parle avec Astrid Palmino, chef du service police-justice
*et Florent Bayle. Bonjour.
*Ancien enquĂȘteur, vous ĂȘtes consultant en affaires complexes.
*On est face Ă ce type d'affaire ?
*-Le profil de l'individu recherché est encore à l'étude.
*Il correspond Ă celui du tueur multiple,
*qui assassine dans une logique qui est la sienne.
*La motivation du tueur semble encore fragile.
*Peut-ĂȘtre quelque chose liĂ© Ă la justice.
*-Ce qui interpelle, c'est le mode opératoire
*qui ne correspond pas à celui d'un tueur en série
*qui rĂ©pĂšterait le mĂȘme meurtre Ă l'envi.
*Que savent les enquĂȘteurs ? Alarme.
...
-Désolée, j'aurais dû changer ta perf en rentrant.
VoilĂ .
Je crois que ça va le faire avec Legendre.
Elle est un peu directe, mais j'aime bien.
TrĂšs jolie.
Je te vois venir. Elle te plairait.
Portable.
... (Merde.
(Je reviens.)
...
*-Bonsoir.
-Pourquoi vous m'appelez ?
*-On est pareils, tous les deux.
-C'est des conneries.
ArrĂȘtez ou ça va mal finir.
*-C'est pas des conneries. Je supprime des salauds.
-On fait pas disparaĂźtre la barbarie en devenant un barbare.
Vous comptez en tuer combien encore ?
*-Autant qu'il le faudra pour que la peur change de camp.
*Feu d'artifice. *Je vous laisse, y a une fĂȘte.
*-Y a pas de match de foot ce soir.
*Je regarde sur le serveur.
-Y a forcément un truc en ville.
J'entendais comme des feux d'artifice.
*-Il y a le festival Lyon Ciné, ce soir.
*L'invité d'honneur, c'est d'Arvaux.
-Le comédien ? *-Des tas de femmes l'ont dénoncé.
*C'est MeToo Ă lui tout seul. Il devrait ĂȘtre en taule.
-Putain, c'est lui, la prochaine cible.
Brouhaha. Acclamations.
-S'il vous plaĂźt, M. d'Arvaux ! -Monsieur d'Arvaux !
Coups de klaxon.
-Allez, devant !
...
-Je suis désolé, rapidement. On est déjà trÚs en retard.
-Allez !
...
-Ah, Charles-Henri ! Merci d'ĂȘtre lĂ .
-C'est la police.
-Sur la gauche, M. d'Arvaux. -Ici !
-Merci, monsieur d'Arvaux. -Merci, monsieur d'Arvaux.
-Une derniĂšre. -VoilĂ .
-Vous allez m'accompagner.
-Fais-moi une photo
avec la petite. -Sortez.
-Police.
Pour votre sécurité, suivez-moi. -Vous savez pas qui c'est ?
-Les mythomanes qui me harcĂšlent ont des amies dans la police !
-Vous ĂȘtes
en danger de mort, alors venez.
-Bon, je reviens... -S'il vous plaßt, ça va.
ArrĂȘtez les camĂ©ras. -Tout va bien.
-Vous filmez pas, madame. -Me Too... la mĂȘme histoire.
Vous allez entendre parler de moi. -Avec plaisir.
-Tout va bien ! On revient.
-(Putain... sérieux...) *-Je reviens !
*-ArrĂȘtez les camĂ©ras. *-Tout va bien.
*-Ne filmez pas, madame.
*S'il vous plaĂźt.
Sonnerie.
Soupir.
...
Sainz.
*-Bravo, vous donnez encore une belle image de la police.
*Qu'est-ce qui vous a pris ?
-D'Arvaux était la prochaine cible de l'Ombre.
*-PlutÎt des féministes hystériques qui le poursuivent.
-Les féministes assument leurs actions.
Le tueur était là , j'en suis sûre.
*-Comment vous avez eu l'idée qu'on allait cibler d'Arvaux ?
*Intuition féminine ? -On n'a qu'à dire ça.
*-J'attends votre rapport, Sainz.
-(Va te faire foutre, gros con.)
-J'étais sûr que tu serais là . -T'es pas dans ton canapé
à mater la télé ? -Y a plus de rebondissements ici.
Les gens pensent que t'es venue arrĂȘter d'Argaux. T'es une star.
-En jogging. -C'est vrai que ton style...
-J'ai peut-ĂȘtre sauvĂ© la vie de ce connard.
-C'est un trĂšs bon titre d'article. Je pourrais te citer.
-Bien sûr, vas-y. On va boire un coup ?
-Oui, mais t'es en pyjama. -Pas du tout.
-C'est de l'éponge,
ton pantalon ?
-Désolée, ça a pris plus de temps que prévu.
-Je dois ĂȘtre dans un EHPAD du 3e dans 2h.
-Oui, ben je suis désolée.
-Vous pouvez pas continuer comme ça.
Votre mari est pas bien ici.
-Il vous l'a dit ?
-Je fais ce métier depuis 15 ans.
C'est pas adapté pour un homme en coma dépassé.
J'ignore s'il reste quelque chose
dans sa tĂȘte, mais son corps,
ici, est en souffrance.
-Merci du conseil.
-Et c'est quand, la derniĂšre fois que vous avez pris soin de vous ?
Que vous ĂȘtes sortie ?
MĂȘme votre fils fait tout pour pas rentrer.
-Vous allez ĂȘtre en retard.
-T'as les photos que je voulais ? -Ouais.
Tiens. -Merci.
-Quel silence.
On se croirait dans une médiathÚque.
-C'est lĂ qu'on finira, si on continue la paperasse.
-On devait pas avoir des renforts du groupe C ?
-Dewaere va serrer les Markovic, il lui faut ses hommes.
Vous les aurez aprĂšs.
-Evidemment.
-Alors, ça donne quoi ? -On pense que c'est plutÎt
6 victimes au total.
-Des raclures qui sont passées au travers des mailles du filet.
-Le mode opératoire
est différent à chaque fois. -Vous en pensez quoi ?
-Il a dû subir une injustice, il cherche réparation.
-Lui ou un de ses proches.
On a réussi à dater cette injustice ?
-Difficile. Une vengeance
s'exerce immédiatement de maniÚre émotionnelle
ou bien ça infuse,
puis ça éclate.
-On doit identifier le meurtre initial.
Ce sera pas simple d'ĂȘtre sĂ»rs que c'est le premier.
-Et certains tueurs gardent le meilleur pour la fin.
-Vous avez un début de profil ?
-C'est quelqu'un d'athlétique, déterminé et méticuleux. Sa fuite
du palais était préparée.
Il ne fait rien au hasard.
-Pour vous, c'est un homme ? -Oui.
-Ah ben, oui.
Evidemment. -Ben oui.
Evidemment.
Brouhaha.
...
-Bon appétit. -Merci.
-Tu déjeunes ? -Non, ça va.
-Depuis que vous ĂȘtes lĂ , j'ai l'impression d'ĂȘtre suivie.
Un pote à la Sécurité urbaine m'a montré les images, c'est vous.
-Je m'inquiĂšte pour vous.
-Je suis une grande fille, je me débrouille bien seule.
-Vous m'avez pas dit que vous étiez en contact avec le tueur.
-Comment vous savez ?
-J'en étais pas sûre, maintenant je le suis.
Votre petite intervention au festival :
soit vous ĂȘtes voyante, soit vous ĂȘtes bien renseignĂ©e.
-OK, il m'a appelée.
Je préférais vérifier que c'était pas une blague, avant d'en parler.
-Sa voix était comment ? -Trafiquée.
-Quoi d'autre ?
-Il parle peu et choisit bien ses mots.
Il a le sens des formules.
-Pourquoi vous avoir appelée, vous ?
-Pour m'inciter Ă intervenir, que j'embarque d'Arvaux ?
-Ca se tient. Il recherche la médiatisation.
-Il est fier de ce qu'il fait.
-Moi, je pense qu'il est trop bien renseigné.
-Ca pourrait ĂȘtre un flic ? Bris de verre.
-Merde ! Excusez-moi !
-Putain, les gars. -Désolé.
-Ca va, c'est une tasse. -Fais gaffe, y a un morceau lĂ .
-C'est ce qu'on appelle un joli petit cul.
-Vous avez quelqu'un ? -Ah non,
libre comme l'air. Et vous ?
-C'est compliqué.
-Les gars, vous pouvez venir dans mon bureau ?
Tu fermes la porte ?
Alors...
tout ce qui va se dire ici doit rester entre nous.
On change de maniĂšre d'enquĂȘter. -Par binĂŽme,
vous chercherez les victimes qui ont un lien avec la maison.
-Vous voulez dire : un lien avec un collĂšgue ?
-On va encore passer pour des balances.
-Vous nous expliquez ?
-A part l'exécution du palais de justice,
on n'a que des affaires passées sous les radars médiatiques,
des gens qui ont échappé à une condamnation, qui n'ont fait parler
que parmi nous. -Un flic ?
-Un flic, un greffier, le proc lui-mĂȘme...
L'Ombre nous connaĂźt bien.
-OK.
-Et voilĂ . -Merci.
Bonjour. -Bonjour.
C'est pour moi ? C'est gentil.
On se connaĂźt ? -Vous savez qui je suis.
-Qui ne connaĂźt pas la mythique commandante Legendre ?
Vous abordez toujours les gens comme ça ?
-J'ai hĂąte de lire votre article, vous ĂȘtes si bien renseignĂ©.
-15 ans de police-justice dans le plus grand quotidien de Lyon,
les gens me parlent en confiance. -L'Ombre aussi ?
Y a quelque chose entre vous et le tueur.
-Ah ? -Vous permettez que je dise tueur ?
Le mot "justicier" que vous utilisez est déplacé,
limite ambigu.
-Vous m'accusez de quoi ? -A vous de me le dire.
Quel deal vous avez passé pour avoir des informations ?
-Ca devient désagréable, j'ai mieux à faire.
-Faites attention, Esposito.
Si je vous trouve au mauvais endroit, vous aurez des soucis.
MĂȘme votre amie Marie Sainz pourra rien pour vous.
-D'accord. Merci pour le café.
-Vous le pensez vraiment suspect ? C'est pas de la parano ?
-Ca fait les meilleurs enquĂȘteurs. -Je comprends pas.
-Il est sportif, assez brillant.
Il a fréquenté le Raid, la BRI et la Crim' pour ses articles.
Il nous connaĂźt trĂšs bien.
Et il copine autant avec la police que la justice.
Comme le tueur. -Je vais double-checker son agenda.
-Prélevez aussi l'ADN là -dessus. -C'est pas légal, ça.
-On va le mettre dans notre petite base.
On sait jamais, si le tueur laisse une trace quelque part.
-Pourquoi on le convoque pas ?
-C'est trop tĂŽt.
Il faut le faire réagir, pousser l'Ombre à sortir du bois.
-Y en a plein qui font pas les malins.
-Je préfÚrerais
que ce mec s'occupe des escrocs qui s'en foutent plein les poches.
-Si n'importe qui pouvait ĂȘtre tuĂ© pour sa sale gueule,
y aurait plus grand monde. -Surtout dans ton bar !
Rires. -Ah, c'est drĂŽle.
...
...
-Vous attendez qu'il y en ait combien d'autres
avant de l'arrĂȘter ? *-J'irai
*jusqu'au bout de ma mission.
-Il est trop bien renseigné.
*-Quelqu'un du mĂȘme cĂŽtĂ© que vous.
-Ca infuse, puis ça éclate. *-Autant qu'il le faudra
*pour que la peur change de camp.
Tonalité.
*-AllĂŽ ? -Tarek, tu travailles toujours
avec ton indic, le lieutenant des frĂšres Ourzi ?
*-Ouais, il est toujours sur Lyon. -Tu peux te rencarder ?
-Tu as mis oĂč, mon maillot des Celtics ?
-Il sÚche. -T'es sérieuse ?
-Je t'envoie ça par mail.
OK, super. -Je t'avais dit de pas le laver.
-Estime-toi heureux que je fasse ta lessive.
-Tu soûles. Je me casse.
-T'as embrassé ton pÚre ?
-Pour ce que ça sert. -Dis pas ça,
il sent les choses. Il a besoin de nous.
-C'est pas ce que disent les médecins.
Sonnerie.
...
-Ce type de complication n'est pas rare chez les patients dans le coma
donc on va le stabiliser Ă l'hĂŽpital,
puis il lui faudrait un établissement
de soins adaptés. -On préfÚre s'en occuper chez nous.
-Bon, OK.
-Occupez-vous des journalistes. -TrĂšs bien.
-Messieurs.
-Y a pas de caméras.
Par contre, il a signé.
-Soit c'est notre homme,
soit quelqu'un l'imite et on a un gros problĂšme.
Il avait ses papiers ? -Non.
-Marie.
-Ouais ? -J'ai vérifié ce qu'a dit mon indic
et Granit, le gars qui s'est fait planter, avait la brigade
des mineurs sur le dos. -On l'a arrĂȘtĂ©
pour un motif précis ? -Pour des nudes de gamins,
mais ils le soupçonnaient de plus. On est passés à cÎté.
-On en a un de plus, alors. -Et Abbalo,
le marchand de sommeil,
se tapait des nanas qui vivaient dans ses taudis.
-Plus d'Arvaux. -Ta théorie se tient :
tuer des auteurs d'abus sexuels, c'est sa motivation.
-Visiblement.
-Je veux l'identité de la victime, cet aprÚm.
-OK.
-Ca fait 2h qu'on cherche Ă vous joindre.
-J'étais occupée, pardon.
-Ca va ?
-Oui.
-AllĂŽ ?
-Bonsoir. -Bonsoir.
Désolé, mais c'est plus discret de se voir ici qu'à la Crim'.
-Je vous en prie.
-Alors, vous en ĂȘtes oĂč ?
-J'ai commencé mon rapport. Votre intuition était bonne.
Le tueur a un rapport avec la police.
-Le groupe Sainz, vous en pensez quoi ?
-Y a des zones d'ombre, mais quel groupe n'en a pas ? Je vérifie ça.
-Et Sainz elle-mĂȘme ? -C'est une flic complexe.
C'est pas surprenant, avec ce qu'elle a vécu.
-On a des raisons de la soupçonner ?
-Avec ce qu'on sait, le tueur est probablement un homme.
-On a peut-ĂȘtre affaire Ă un duo.
Sainz planifie, pilote, dirige
et un homme, son bras armé, applique, sanctionne,
exécute.
-J'y ai pensĂ©. J'ai mĂȘme prĂ©levĂ© l'ADN de son ami, le journaliste.
Un sportif qui fréquente pas mal la police,
mais rien ne va dans ce sens.
Sainz a ses méthodes, mais c'est une flic compétente.
-Ne l'écartez pas trop vite. Elle n'a ni le sens du collectif
ni le respect de l'autorité. C'est une idéaliste.
Avec leur morale, ces gens-lĂ sont dangereux pour les autres.
-Je suis pas là pour régler vos comptes personnels avec Sainz.
-Vous vous méprenez, commandante.
Je n'ai rien contre Sainz personnellement.
Je suis là pour faire respecter l'ordre et la solidarité.
Par les temps qui courent, c'est important.
Si on commandait une bonne bouteille
pour fĂȘter notre collaboration fructueuse ?
-Non.
Non, merci.
-Pourtant, j'ai cru comprendre
que vous n'aimez pas la solitude.
-Vous avez dĂ» mal comprendre.
Bonsoir, M. le directeur.
-(Dommage.)
Elle souffle.
...
-Pourquoi ce malade a tué De Souza ?
-Un message peut-ĂȘtre, pour te faire rĂ©agir ?
-Comment il a su ?
La plupart de mes hommes ignorent l'état de François.
Peu de flics savent que De Souza est responsable.
-L'Ombre est bien renseigné.
Puis tu passeras plus des heures à le mater du café d'en face.
Tu vas pouvoir passer Ă autre chose.
-C'est le pire truc qui puisse m'arriver.
Quand Lesieur découvrira la nouvelle victime de l'Ombre,
il me broiera. -Tu veux dire
que t'as pas identifié De Souza ? -Ben non,
déballer ma vie devant tout le monde...
J'avais besoin de rĂ©flĂ©chir avant d'ĂȘtre suspendue.
-T'as peut-ĂȘtre bien fait.
-Pourquoi ? -Legendre,
tu lui fais confiance ?
-PlutĂŽt, oui.
-Un photographe avec qui je bosse a croisé Lesieur à son hÎtel.
-Qu'essaies-tu de me dire ?
-J'ai une pote qui bosse aux RH à la préfecture de Paris :
Legendre n'est affectée à aucun service.
Mobilisable pour tout type de mission.
-C'est ce qu'elle fait avec nous.
-Ouvre les yeux : elle n'enquĂȘte pas avec vous,
elle enquĂȘte sur vous.
...
-Marie.
Je viens d'avoir l'identification du cadavre d'hier.
C'est la merde, lĂ , non ?
-Ouais. Dis aux autres de rappliquer, je vais leur parler.
Il va y avoir du mouvement dans les prochaines heures.
Je voulais vous en parler avant.
Un portable sonne.
Ca a un rapport avec mon mari, François.
Il est dans le coma depuis 5 ans, suite à un vol qui a mal tourné.
Il a résisté et s'est fait traßner par un type en scooter.
Une petite frappe qui a été jugée et condamnée.
-Cette merde
a mĂȘme pas fait 2 ans. -Lucas.
-Il est sorti de prison
et il s'est rangé. Je le sais, je le surveille.
-Pourquoi vous nous dites ça maintenant ?
-Parce que ce type, c'est De Souza.
La victime d'hier.
L'info va circuler et ses antécédents vont ressortir.
Je vous préviens avant que des seaux de merde me tombent dessus
et sur vous avec.
Je suis désolée.
-On sait que c'est pas elle qui l'a buté.
-Là -haut, ils vont s'en servir pour la décrédibiliser
dans le procĂšs des entrepĂŽts.
-Elle va prendre cher.
Portable.
Je t'ai dit de pas m'appeler au boulot !
-Tu vas faire quoi ?
-Rien, mais toi, tu prends les rĂȘnes du groupe.
-Marie, tu tiens un truc avec ta théorie sur le lien
entre les meurtres et les agressions sexuelles. Dis-leur.
Tu garderais peut-ĂȘtre l'enquĂȘte.
-D'ici ce soir, je serai suspendue.
Garde ça pour toi, le temps de me remplacer.
-Je peux faire quelque chose pour toi ?
-J'ai besoin de 2h. Egare le rapport de l'IJ sur De Souza.
On va prier pour que Lesieur soit pas en copie.
Pourquoi vous faites ça ?
Vous ĂȘtes un pion dans le jeu dĂ©gueulasse de Lesieur.
-Je suis le pion de personne.
-Vous travaillez pour l'IGPN, vous enquĂȘtez sur nous.
-Vous vous attendiez Ă quoi ?
Un type qui est probablement flic tue
et dans le groupe qui enquĂȘte, ça pue les secrets.
-J'ai confiance
en eux.
C'est de l'enfumage signé Lesieur
pour flinguer ma réputation et ma carriÚre.
-J'admets qu'au ministĂšre on mise plus sur Lesieur que sur vous,
mais vous connaissez pas vos hommes aussi bien que vous pensez.
-Karim, un café, s'il te plaßt. -Oui.
-Votre second, Hamzaoui, fréquente une mosquée de salafistes.
-La religion, évidemment.
C'est sa mosquée de quartier.
Au moins, il a les intégristes à l'oeil.
-Nicoulot, ses complaisances avec l'ultradroite ?
-Waouh, un flic d'ultradroite, un putain de pléonasme.
Sa grande gueule me fait chier, mais c'est un flic consciencieux.
C'est pas si fréquent. -Et Marciano ?
-Elle trie pas ses poubelles ?
-Elle voit un psy 3 fois par semaine.
-C'est un crime ?
-Trois fois par semaine.
Elle aurait peut-ĂȘtre dĂ» vous en informer, non ?
-Demandez-lui pourquoi au lieu de vous faire des films.
-Ton café. -Merci.
-Et il y a vous, bien sûr.
-J'aurais pu tuer De Souza des dizaines de fois.
Pas besoin de liquider les ordures de Lyon.
-Gardez cette formule pour les assises, au cas oĂč.
Je suis désolée.
Je pense pas que vous ayez un lien avec sa mort.
-De toute façon, je colle pas.
L'Ombre ne s'attaque qu'à des prédateurs sexuels.
Tarek a vérifié. Abus sexuels, viols, pédophilie...
Ils ont tous commis un crime sexuel.
-De Souza aussi ? -Lui, ça marche pas.
Je crois que l'Ombre l'a tué pour moi, mais j'ignore pourquoi.
-Bonjour.
Commandante Sainz,
votre groupe est dessaisi de l'affaire de l'Ombre.
De Souza, vous pensiez
que personne s'en apercevrait ?
Ne pas avoir signalé vos liens avec la victime
ajoute un doute sur votre intégrité et m'oblige à en aviser
le procureur. Vous transmettrez vos dossiers Ă votre second,
en attendant que je désigne
un autre groupe.
-M. le directeur, je crois qu'il y a un malentendu.
-Un malentendu ?
-La commandante n'a rien caché. Elle m'a prévenue
de l'identité de la victime et de ses liens avec lui.
Elle a mĂȘme dit vouloir se retirer de l'enquĂȘte, j'ai refusĂ©.
Elle est trop importante pour le dispositif.
-On le savait tous.
Elle nous en a parlé.
-Pourquoi n'avoir rien dit ? -On tenait Ă travailler
sans perturbations.
Mais oui, j'aurais dû vous prévenir.
Il faut maintenir l'ordre et la solidarité dans les rangs, non ?
-TrĂšs bien,
je prends note pour le groupe. Et Sainz,
vous ĂȘtes relevĂ©e de vos fonctions.
Trop de liens avec la victime. Et ça, c'est pas négociable.
-Oui, monsieur.
-Bon aprĂšs-midi.
Porte d'entrée.
-Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
Voix émue. -Euh... congé un peu forcé.
-Pourquoi ?
-C'est compliqué, laisse tomber.
Dis donc... -Ouais ?
-J'ai eu l'hĂŽpital.
T'es passé voir ton pÚre au lieu d'aller au lycée sans me le dire ?
Je vais faire un grand ménage, tu m'aides ?
-Pas tout de suite. -Ah ben...
-J'ai des potes qui ont appelé,
je dois y aller, désolé. -Ben, vas-y.
Elle sanglote.
Je profite
de cette pause et de l'absence de mon mari pour ranger un peu.
Je vous sers un petit café ?
-Non, merci.
-Alors, vous avancez ?
-Doucement.
La liste de policiers et de personnels de justice est longue.
-Ca prendra des semaines.
-GrĂące Ă vous, on se concentre les agresseurs sexuels.
-A la Crim', personne
ne colle. J'ai repris le dossier de Marciano.
J'ai eu le commissariat de Toulouse oĂč elle bossait avant.
Sérieuse, rien de particulier.
Pas trÚs intégrée socialement, sans surprise.
Ici, les gars la trouvent coincée.
-Elle est sous médocs.
-Quel genre ? -Des antidépresseurs costauds.
-Ca mérite qu'on creuse.
-Ca tombe bien, j'ai pu faire lever votre suspension.
-Vous avez dealé quoi avec Lechieur ?
-Disons que si vous merdez, on tombe toutes les deux.
Bon, on s'occupe du cas Marciano ? On y va ?
-Vous me donnez 5 minutes ?
...
-C'est pas ce que vous croyez. -Et que croit-on, d'aprĂšs vous ?
-Que je suis dangereuse
parce que ma copine est morte et que j'ai un flingue.
-Magali, va falloir nous en dire plus.
-J'ai pas parlé d'Aurélie
parce que je voulais pas ĂȘtre la pleureuse de service.
Déjà que lesbienne
dans la police, c'est pas le top.
-Qu'est-il arrivé à Aurélie ?
-Elle est allée à Lyon pour un shooting photo.
Elle était pompier, pas modÚle. Ca la faisait marrer.
Elle est jamais revenue.
-C'est-Ă -dire ?
-Elle s'est jetée sous un train.
-C'est pour ça que t'as demandĂ© Ă ĂȘtre mutĂ©e Ă Lyon ?
-J'avais plus envie de vivre dans notre appart.
J'avais pas beaucoup d'attaches Ă Toulouse.
Vous avez remarqué ? Je suis pas hyper sociable.
Et...
ça a été trÚs brutal.
Je me suis démerdée pour trouver les images de vidéosurveillance.
Pas de doute, elle s'est bien jetée
sous un train.
Je sais que c'est pas de ma faute. Elle a eu
une enfance de merde, trimballée de foyer en foyer.
C'est juste que j'ai rien vu venir, en fait.
-Je suis désolée.
-(Merci.)
-Le psy a confirmé deux rendez-vous lors des meurtres, c'est pas elle.
-Je suis contente qu'on puisse l'écarter.
Ca fait une de moins, c'est déjà ça.
Téléphone.
...
AllĂŽ ? *-Commandante.
-Si vous vouliez me faire virer de l'enquĂȘte, c'est presque rĂ©ussi.
*-Vous ĂȘtes la seule Ă comprendre ce que je fais.
*Jamais je ne vous nuirai.
-Vous punissez les agresseurs sexuels.
Si un de vos proches a Ă©tĂ© victime, on ouvrira une enquĂȘte.
*-N'insultez pas nos intelligences respectives.
*Ces porcs s'en sortent toujours.
-Non, on écoute mieux les victimes. *-Ouvrez les yeux,
*il s'est rien passé pour la plupart d'entre elles.
*Une parole contre une autre, c'est tout.
*Vous ĂȘtes une femme, vous devriez comprendre.
-La justice finit par passer. *-Non, pas pour Aurélie.
-Qui ça ? De qui vous parlez ?
-Aurélie Bruno, 28 ans. Elle s'est jetée sous un train
il y a 6 mois.
-Ils se sont pas foulés à la ferroviaire.
-Un suicide devant 6 caméras
et autant de témoins, pas de débat.
-On peut voir les images ?
-Non, ils ont tout Ă©crasĂ© Ă la clĂŽture de l'enquĂȘte.
Je peux demander aux collĂšgues Ă la Part-Dieu.
Pourquoi cette recherche ?
-Aurélie, la victime, était la compagne de Marciano.
-Ah merde.
-Au téléphone, l'Ombre a lùché un prénom : Aurélie.
-C'est peut-ĂȘtre juste une coĂŻncidence.
-Des coïncidences comme ça, ça n'existe pas.
-Ca va ?
Ca bosse encore, mais on est lĂ pour faire la fĂȘte.
-C'est vrai.
-Je vais passer des coups de fil et je reviens danser.
-Y a du nouveau ?
-Fais pas ton journaliste, paie-moi un verre.
-C'est ma tournée !
-Ah quand mĂȘme ! -Ladji, t'es venu !
-T'es un chouchou, toi.
-Qu'est-ce que tu crois ?
Tes parents t'ont libéré ? -Ouais.
-Quoi,
mon Tarek ? Un Arabe qui boit, c'est pas
un vrai Arabe. -C'est drĂŽle.
-Tu dis rien, toi ?
-J'essaie de faire un effort, ce soir.
Joyeux anniversaire. -Merci, chouchou. J'apprécie.
-Ca va ?
-Ca ira mieux quand j'aurai bu un grand verre de n'importe quoi.
Un verre de n'importe quoi pour la dame.
-Loulou, paie ta tournée !
Et puis non, c'est pour moi.
-Je note.
-C'est le dégel.
A la nĂŽtre.
Ah oui !
-J'avais dit un grand verre. -La petite soeur.
Le cousin, le beau-frĂšre, ce que tu veux, mais vas-y.
*Musique disco.
...
-ArrĂȘte
de mater la cheffe comme ça.
ArrĂȘte. -C'est pas moi qui ai commencĂ©.
-Oh putain, c'est pas vrai.
Elle vient vers nous.
Fait chier...
...
-Et donc, vous ĂȘtes nouvelle sur Lyon ?
-Mm. -Et alors, ça vous plaßt ?
-Certaines choses, oui.
...
*"Si on changeait", Charles-Baptiste.
...
-Ah, elle est lĂ !
...
-Sérieux, non. Tu me soûles, là .
-Viens.
Et si on changeait tout ? Et si on changeait ?
Et si on changeait ?
... Allez !
...
-Bon anniversaire !
...
-Et si on changeait ?
Ouais, Marie !
...
*-Bonjour,
*vous ĂȘtes sur le rĂ©pondeur de Legendre...
-Elle fout quoi ? -Elle a pas bu que de l'eau hier.
-Moi non plus. -Sans blague ?
-Tant pis pour elle, on va coller un coup de pression au photographe.
-OK, je vais chercher
la voiture.
*-Bonjour, vous ĂȘtes sur le rĂ©pondeur de Legendre...
-Elle répond toujours pas, messagerie.
-Bonjour. -M. Vanelli, police judiciaire.
-Bonjour. -Mieux vaut tard que jamais.
-Merci.
-Vous venez pour ma plainte ? -Une plainte
pour quoi ?
-On a tagué "pervers" sur ma vitrine.
Le nettoyage m'a coûté un bras.
-Vous vous sentez visé ?
-Vous savez, je suis un homme blanc de 60 ans et je suis photographe.
Une cible pour n'importe quelle hystérique.
-Si vous n'avez rien Ă vous reprocher,
vous n'aurez rien. -On peut plus rien dire,
ni faire. Vous regardez une jolie femme,
vous ĂȘtes un porc.
-Ca dépend comment vous regardez les femmes, non ?
-Vous verriez comment les petites sont provoc',
quand je les photographie.
Pour ensuite jouer les vierges effarouchées.
-Pardon ?
-Bienvenue dans un monde qui respecte les femmes.
Vous avez des casseroles aux fesses ?
-Non, j'en ai pas.
Quelques mots avec des copains jaloux parfois, mais c'est tout.
Je touche pas aux femmes, je les photographie.
-OK. Vous connaissez cette fille, monsieur ?
-Ca me dit quelque chose. -Aurélie Bruno, photographiée
pour une campagne de com'
des pompiers. -Je me souviens de ce shooting.
Y avait des jolis petits lots.
Vous voyez, on peut plus rien dire.
On peut dire qu'elles étaient jolies ? Je vous les montre.
OĂč est-ce que j'ai mis ça ?
Campagne de com' des pompiers... hop.
Que des photos posées, rien que du trÚs sage. Regardez.
Elles sont belles, non ?
Elle est là , Aurélie.
-Parfois, ça vous arrive de proposer des extras,
quand la fille est jolie ?
-Quand les modĂšles ont quelque chose en plus
et qu'elles sont d'accord,
je leur propose des séances un peu plus glamours.
-Aurélie Bruno avait quelque chose en plus ?
-Ah... oui.
Mais elle a pas voulu aller plus loin, j'ai pas insisté.
-Un vrai gentleman.
-On va vérifier votre histoire de plainte.
-Oui.
-Et vous nous donnerez les coordonnées des autres modÚles.
-TrĂšs bien.
-Allez.
-LĂ , maintenant ?
-Oui, lĂ , maintenant.
Il soupire.
-Vous inquiétez pas, on a tout notre temps.
-Mais pas moi, vous ĂȘtes marrants.
OĂč est-ce que j'ai mis ça ? -Oui, tiens.
-Je l'ai. Campagne des pompiers...
VoilĂ , j'ai tous les noms.
-Ben voilĂ .
-Au revoir.
-Tu me fais un topo sur le photographe et sa plainte
et on convoque les autres filles. -OK.
*Musique électro.
...
-Vous pouvez couper ?
...
Vous la connaissez ?
Aurélie Bruno. Vous avez fait un shooting
avec elle pour les pompiers. -Ah ouais.
Ca fait un moment. Vous voulez savoir quoi ?
-Tout ce qui nous aiderait à savoir pourquoi elle a été retrouvée morte
le lendemain du shooting.
...
-Oh ! Oh !
Qu'est-ce que vous voulez ?
-Rien de spécial. Des photos nazes habillées en pompier.
-Rien que ces photos ? Rien de plus ?
-Comme d'hab,
on t'appelle pour un shooting sérieux et le photographe essaie
d'en avoir plus. "Baisse ta bretelle, ta culotte."
Moi, je fais pas ça.
-Le shooting a fini tard ?
-Non. Et ils avaient prĂ©vu une petite fĂȘte aprĂšs.
-Toutes les filles y sont allées ? -Etant pompier, Aurélie devait
répondre à une interview. Moi, je file
toujours avant que ça dégénÚre.
-Ce soir-lĂ , y avait de l'ambiance ?
-La musique était naze et y avait pas de coke.
Je suis partie dĂšs que j'ai pu.
-Vous auriez des vidéos, des stories de cette soirée ?
-Ben oui.
-Ben, je peux voir ?
Elle soupire.
Je vous l'emprunte cinq minutes.
Tu peux me chercher Aurélie sur ces vidéos ? Merci.
-(Oh merde.)
...
-Vanelli a bien porté plainte pour menaces et dégradations.
-Ca a donné quoi ? -Les collÚgues ont pas donné suite.
-Il faut le travailler plus. -Une équipe est partie le chercher.
Tu les as eus ?
-Je suis dessus.
Et vous ĂȘtes passĂ©s chez lui ?
Vas-y, j'attends.
-Aurélie t'avait parlé d'un incident à la séance photo ?
-Non, pourquoi ?
-On pense qu'elle a Ă©tĂ© agressĂ©e, ça pourrait ĂȘtre liĂ© Ă son suicide.
-(Quoi ?)
Mais... comment ça ? Qui ?
-Le photographe est pas clair.
-J'ai eu les collĂšgues, personne chez lui.
Et sa boutique est fermée.
-Il s'est barré ? -Sûrement.
C'est maintenant qu'on arrive ? -Olivier est l'Ombre.
-Olivier le coach ?
-Le tueur peut disparaĂźtre d'une impasse.
Olivier est champion de Parkour. -C'est quoi ?
-Les gars qui sautent d'immeuble en immeuble.
-Olivier, on le voit tous les jours.
-Oui, tout le monde fréquente sa salle.
Il vous écoute. -Mais pourquoi il ferait ça ?
-Je sais pas. Il a dĂ» se passer quelque chose dans sa vie.
-(Oh putain.)
-Magali, qu'est-ce qui se passe ? Ca va pas ?
-Olivier et Aurélie...
ils étaient en famille d'accueil ensemble.
-Tu le connaissais avant ? -Je l'ai rencontré
à l'enterrement d'Aurélie. Je le connaissais pas.
-Tu bois des verres avec lui.
-Oui, ça me faisait du bien de parler à quelqu'un.
-Parler de quoi ? -D'Aurélie. Je parlais qu'avec lui.
-Du calme. On s'est tous fait baiser.
-Si Aurélie était comme une soeur pour lui, on a notre lien.
-Allez le cueillir. -On se retrouve
Ă la salle de sport.
-Je savais rien. -Calme-toi.
TrĂšs bien. Merci.
Aurélie est bien passée dans une antenne du 3e arrondissement
probablement pour déposer plainte pour viol.
-Pourquoi probablement ? -C'était un soir de match,
il y avait eu plein de problĂšmes avec les supporters.
Les collÚgues étaient débordés, elle est repartie.
-Elle s'est jetée sous un train.
-Commandante,
j'ai quelque chose.
-Fais voir.
-Sur les stories de la soirée, un mec colle Aurélie.
C'est un gradé des pompiers.
Un colonel.
-Attends, zoome.
-J'ai aussi ça.
-Il l'emmĂšne de force, lĂ .
-Mm. -(Putain, l'enflure.)
-AprĂšs, on la voit ressortir.
-Tu me le trouves vite. -OK.
-Rentre chez toi, je t'appelle. -OK.
-(Remontre.)
-On va dans le bureau d'Olivier. Les autres, montez à l'étage.
-Colonel Lasserre ?
-Bonjour.
-Bonjour.
Ca sent bizarre, non ?
Ah, c'est vous.
Ca sent la pourriture.
-On fait une pause, les filles.
Tout va bien.
-Vous les choisissez comment ? -Pardon ?
-Les femmes que vous violez, vous les choisissez comment ?
-Quelles femmes ? -Y en a eu tellement
que vous vous rappelez pas ?
Aurélie Bruno, la soirée de la com' des pompiers, ça vous parle ?
Je vais vous montrer. -Stop.
J'appelle la police. -C'est moi, la police.
-J'ignore ce qu'elle vous a dit,
mais elle était consentante.
-J'ai des doutes sur votre notion du consentement.
De nos jours, les gens filment tout. J'ai des images
de cette soirée, elles sont pas
Ă votre avantage. -Ah ouais ?
J'aime pas vos insinuations.
Je suis marié, respectable et je connais du monde.
-Bien sûr.
Et quand on vous voit emmener Aurélie, en la tirant par le bras,
vers une petite piĂšce, c'est respectable ?
Quand elle sort un peu plus tard dans un sale état,
c'est Ă gerber.
Elle a les vĂȘtements en vrac,
la démarche hasardeuse, le regard...
J'ai vu un paquet de femmes avec ce vide dans les yeux.
-Une pauvre fille bourrée à une soirée, c'est votre preuve ?
Donnez-moi votre nom que je dépose plainte pour harcÚlement.
-Sainz. S-A-I-N-Z.
Allez-y. Et faites attention,
un type armĂ© se balade dans Lyon en quĂȘte de gens comme vous.
Ouais, Sainz.
OK, j'arrive.
*-Je t'ai dit de pas m'appeler au boulot !
-Il est pas chez lui non plus.
-Il écoutait nos communications.
Il a mĂȘme des cartes d'accĂšs au palais de justice.
-On était tous sur écoutes, j'y crois pas.
(Il nous a tous niqués.)
-Ah ouais.
Il siffle.
-Ben voilĂ .
On a tout, lĂ .
Un portable sonne.
*-Marie.
-Olivier, on sait que c'est toi. C'est fini. Il faut te rendre.
*-Me rendre ?
*Non, je touche au but. -Laisse faire la justice.
*-C'est moi, la justice.
*Grùce à vous, j'ai retrouvé le salaud qui a violé Aurélie.
-Il vient de m'appeler, il est sur Lyon.
*Il prépare quelque chose. -Son dernier crime.
Le seul qui compte pour lui. -Pour venger Aurélie.
*-Mais il peut pas connaßtre l'identité de son agresseur.
-C'est pas Vanelli ?
-Non. J'ai vu des images de la fĂȘte, aucun doute :
*c'est un certain Lasserre, colonel des pompiers.
Je lui ai parlé, une putain d'ordure.
-Olivier l'ignore, mais il sait qu'on a interrogé le photographe.
Et Vanelli
*est introuvable. *-Cette fĂȘte avait lieu oĂč ?
-A l'ancienne usine TASE, vers Gerland.
*-Ca sent la mise en scĂšne sur les lieux de l'agression. On y va.
-On se rejoint
lĂ -bas.
SirĂšnes, au loin.
...
...
-J'ai rien fait.
Je sais pas ce qu'on vous a dit sur moi, mais j'ai rien fait.
-Nier.
Nier, nier.
Toujours nier.
Tu violes, t'assumes.
Moi, je tue.
Et j'assume.
-Alpha 11 et 12, porte de gauche ! Alpha 13, à l'entrée !
Bravo, à l'étage !
Couloir sécurisé !
Il éclate en sanglots.
-J'ai rien fait. -Allez, pleure.
...
T'as peur, hein ?
Il tousse. Qu'est-ce qui se passe ?
-J'ai rien fait, putain !
-Police !
Police !
-OĂč est Sainz ? -Je dois
prendre contact
avec vous. -Je veux voir Sainz.
-Elle n'est...
-C'est Sainz !
Ou j'en finis avec cette merde !
-Olivier, pose ton arme et il te sera fait
aucun mal.
-Tu crois que j'ai peur de mourir ?
Il fait moins le malin
que quand il violait Aurélie. -Olivier, écoute-moi.
Pose ton arme.
Regarde, on va poser les armes...
et on pourra parler.
Tu te trompes, c'est pas le violeur d'Aurélie.
-C'est quoi, ces conneries ?
-Relùche-le, écoute-moi.
RelĂąche-le.
-Tu me prends
pour un con ?! -Une policiĂšre demande Ă entrer
avec un homme menotté. -Laissez-la passer.
-ArrĂȘte.
C'est lui le coupable.
Avec le colonel, on a eu une discussion.
Ben, vas-y !
-Attendez !
ArrĂȘtez-moi !
J'ai une femme et des filles.
Je suis désolé vraiment.
-Regarde-moi. -(Je vous en supplie.)
-On t'écoute.
-LĂ , maintenant ?
-Ben ouais.
Tu l'as pas violée là ?
-OK, c'est moi.
Je l'ai forcée.
Je suis désolé.
Me faites pas de mal.
Je vous
en supplie !
-Elle t'a imploré
comme ça, Aurélie ?
Hein ?
-Ca suffit. -Elle t'a imploré comme ça ?
Y en a eu d'autres ?
Y en a eu combien,
putain ?! -Je sais pas.
Je sais plus. Me faites pas de mal !
-Marciano, regarde-moi. Pose ton arme.
Ca suffit.
Pose ton arme.
(Pose ton arme.)
ArrĂȘte.
Elle sanglote.
...
Fais pas ça.
Il sanglote.
...
-On peut pas
se faire justice.
Pas comme ça.
Il paiera, mais dans un tribunal.
Rends-toi, Olivier. S'il te plaĂźt.
(OK ?)
Non !
...
-Bonjour, un café, s'il vous plaßt. -Bonjour.
-Ca y est,
c'est fini.
Hein ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Marie ?
-J'ai des doutes depuis un moment, mais hier, j'ai compris.
J'ai vérifié.
Au moment de la mort de De Souza,
Olivier entraĂźnait 25 agents des douanes.
C'est pas lui qui l'a tué. -Café pour monsieur.
-Merci.
C'est qui, alors ?
-T'Ă©tais oĂč, toi ?
(T'Ă©tais oĂč ?
Il soupire.
(Qu'est-ce qui t'a pris ?)
-J'avais besoin de le faire pour toi.
-Je t'ai rien demandé.
-Ca fait 15 ans que je suis dans les affaires
de justice.
J'ai vu trop de saloperies.
Trop de De Souza qui s'en sortent.
Trop de femmes qui souffrent.
J'en pouvais plus.
J'en peux plus de voir mon pote dans le coma Ă cause d'un connard.
Il me manque.
Mais avec tous ces morts, ça pourrait passer.
Hein ?
Le tueur est mort. De Souza, pour tout le monde, c'est l'Ombre.
Personne ne saura.
Y a que toi et moi.
-Moi, je le saurai
et c'est pas possible.
-Non.
(Non.)
C'est Olivier qui a raison.
...
-T'es lĂ ?
-Mm.
Ca va ?
Papa va rentrer quand ?
-Il va pas rentrer.
Je lui ai trouvé un nouvel endroit, trÚs calme,
avec une trĂšs belle vue sur les montagnes.
Il va ĂȘtre bien.
-Je nous fais Ă manger ?
-Depuis quand tu cuisines ?
-Pizza ou sushis ?
-Je penserai Ă toi pour le procĂšs du gamin des entrepĂŽts.
-Pour beaucoup de flics, je trahis les collÚgues en témoignant.
-Tu vas pas douter maintenant ?
C'est toi qui as raison.
-Mais quand t'es seule Ă avoir raison...
-Avec le groupe que t'as, je suis pas inquiĂšte.
Je suis mĂȘme un peu jalouse.
-N'hésite pas à te faire muter.
C'était super de travailler ensemble.
-Ca va.
-Ca va aller ? -Je suis une grande fille.
Salut.
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