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Touches métalliques
- Je sais pas trop à quoi ça va servir que tu m'enregistres, mais...
bonne idée.
- Au moins, ce sera pour moi. Moi, j'en ai besoin.
- Toute la vie ?
- On y va ?
- On y va.
Musique burlesque
- Oh, non !
C'est qui qui les a mises comme ça, les fourchettes ?
- Pas moi.
- C'est qui, qui a mis les fourchettes ?
- Michel, BenoĂźt, on y va.
- Quelqu'un pour les patates ?
- On arrive.
- C'est toi, les fourchettes ?
- Daniel.
- Pierre, je vous ai apportĂ© des tomates cĆur de bĆuf.
Vous les adorez. - Merci, Françoise.
Mais donnez-les Ă Chantal,
elle gÚre la réserve, cette semaine.
Chantal, tu nous retrouves aprĂšs ? - Oui.
- Ah, Célaine, il est arrivé, Daniel ?
- LĂ -haut, je crois.
- C'est qui, qui a mis les fourchettes ?
Musique fausse
- Vous jouez quoi ?
-"Les Quatre Saisons".
- Ah...
Essayez de ne pas les jouer
en mĂȘme temps, peut-ĂȘtre.
Daniel est pas lĂ ?
- Eh bien merci, Daniel.
- Merci à toi de m'avoir invité.
- Et à bientÎt pour, euh... Pour une nouvelle émission.
Musique d'ambiance
- Elles étaient bien, tes questions.
Tu es de plus en plus Ă l'aise.
- Oui.
- Tu es lĂ .
On commence la réunion.
- J'arrive.
Merci, Alain.
- Merci Ă toi.
- Alors, la liste. Qui fait les courses et qui fait Ă manger ?
- La derniĂšre fois, vous avez mis deux heures pour faire les courses.
- On a mangé tard. TrÚs tard.
- Elle a fait un malaise. - Elle avait tellement faim.
- Bref, Alain est Ă l'ouverture,
Dimitri, aux jeux de société,
Sabine Ă la cuisine, pour avoir mal au ventre,
Matthieu au camion,
et Xavier à la réserve. Voilà .
- Alors, c'est bon pour le planning
de la semaine ? - C'est bon pour moi.
Ăa va.
- Un souci,
M. le Président ?
-Ăa fait trois fois que Matthieu est responsable du camion.
- Mais ça lui fait plaisir.
- Ah, oui. Bon, d'accord.
- Eh ben voilĂ .
- On part lĂ -dessus.
On est Ă jour pour les licences ?
- On a renouvelé le tennis, la piscine, pas le club d'escrime.
On frappe, la porte s'ouvre.
- Oui, Corinne ?
- Qui a mis les fourchettes ?
- On verra plus tard.
Des volontaires pour la fĂȘte de la tomate ?
- Il faut des volontaires, il faut participer.
- Ils nous demandent un coup de main
pour l'organisation, poser des barriĂšres...
- Faire le boulot de la mairie.
- Oh,
on peut pas dire ça.
- C'est toujours la mĂȘme chose.
Pour le festival du "Garorock", on devait garer les voitures,
maintenant, on fait taxi.
- On voit des vedettes.
- Ah, oui, les vedettes, oui.
- Cette année, je conduis aussi. J'ai eu mon code.
- Super, il te manque plus que le permis.
- Bon, je leur dis quoi ? - Qu'on peut pas.
Ăa tombe pendant le voyage en Corse. On va pas l'annuler.
- Qui...
- Pas maintenant, Corinne.
Alors, ce voyage ?
Combien par personne, M. le trésorier ?
- Oui, euh... 15 000...
Il bafouille.
Propos incompréhensibles
- Bon, voilĂ ,
le prix du voyage moins la cagnotte de Noël.
- Moins la vente des ronds de serviettes,
ça fait 3527, divisé
par 24 personnes...
-Ăa fait... Coups Ă la porte
- Pas maintenant, merde !
Oh... Pardon, Mme la maire.
- Mais quel accueil.
Bonjour, tout le monde.
Brouhaha
- OĂč veux-tu qu'ils aillent ?
L'hÎpital n'en veut plus. Ils les considÚrent comme stabilisés.
Que vont-ils devenir s'ils n'ont plus la maison ?
- Je sais, mais ça ne tient pas qu'à moi.
Les murs de la maison appartiennent Ă la ville.
Et un conseil municipal, c'est comme partout.
C'est que des rapports de force.
Et en ce moment, je suis un petit peu toute seule,
si vous voulez savoir.
Mais je crois que j'ai trouvé le moyen de vous sauver le coup,
avec le service social du département.
Mais c'est des nouveaux.
Faudra les rencontrer, les convaincre...
- Encore ?
- Oui, qu'est-ce que tu crois ?
C'est pas évident à comprendre, quand on vous connaßt pas.
C'était délicieux.
- Oui, enfin, faut aimer le plĂątre. Au moins y en a pour tout le monde.
- Elle ne sait pas mentir.
- Pour comprendre qui sont nos adhérents,
imaginez un homme tout ce qu'il y a de plus ordinaire.
Un homme comme vous et moi,
qui a fait ce qu'il a pu toute sa vie,
toujours traversé dans les clous,
eh bien, comme vous et moi, il est Ă la merci
de la violence du monde.
Du jour au lendemain, il peut voir disparaĂźtre ce qu'il a construit.
Baisser les bras.
LĂącher la rampe.
Se perdre.
- Oh !
- Et ne plus jamais se retrouver.
Musique lente
Je prends souvent l'exemple d'un potier qui façonne un vase.
Malgré toute l'expérience et la maßtrise du monde,
il y a toujours une imperfection,
un petit défaut caché dans la glaise
qui inscrit l'endroit oĂč le vase va casser
si on le malmĂšne.
C'est pareil pour chacun de nous.
On a tous une fĂȘlure,
cachée. Elle est invisible
si la vie est douce,
mais elle peut casser au moindre choc.
AVC, burn-out,
rupture amoureuse,
un accident, une faillite.
Et crac.
C'est fini, ça marche plus.
Personne n'est Ă l'abri d'une sortie de route.
- On peut dire
que ce lieu peut concerner tout le monde.
- Parfois, d'ailleurs,
c'est mĂȘme difficile de savoir qui est adhĂ©rent et qui est bĂ©nĂ©vole.
- La plupart sont comme vous et moi.
Mais abßmés. Fragiles, quoi.
- Hum hum...
Une centaine de membres, sept bénévoles, deux CDD.
C'est vous qui gérez tout ça ?
- Ah non, c'est eux. Nous, on les parraine juste.
Avec notre association.
- Voilà . L'argent va directement aux adhérents.
- Aux psychotiques ?
-Ăa n'existe pas ailleurs.
- C'est eux qui gÚrent, qui votent, qui décident de tout.
- Mais pour les sorties, qui signe l'ordre de mission ?
- C'est eux.
- Qui conduit ?
- C'est eux aussi.
- Ils tiennent la buvette du club de country.
Le pÚre Noël au marché de Noël,
c'est eux aussi.
Et pour l'EHPAD, la purée de galette des rois, c'est encore eux.
- On peut se parler ?
Musique burlesque
- Alors, comment ça s'est passé, là , le...
- Ben, on attend.
Et toi, l'usine ? Ăa va, tu t'y fais ?
- La voilĂ , la voilĂ !
- Eh ben c'est bon, ils sont d'accord.
- On garde la maison ?
- Presque. Avec l'aide du département, je vous ai obtenu un nouveau lieu.
Regarde.
- Waouh.
Brouhaha joyeux
- Regarde comme c'est beau.
Rires
Brouhaha joyeux
Musique douce
-"Le front aux vitres, comme font les veilleurs de chagrin
"Je te cherche par-delĂ l'attente.
"Par-delĂ moi-mĂȘme.
"Et je ne sais plus tant je t'aime
"lequel de nous deux est absent"
- Je me doutais que tu serais lĂ .
- On l'a pas seulement ouverte avec Louise, cette maison,
elle y est encore.
- Je sais bien.
- Si on disait Ă la mairie que ses cendres sont lĂ , partout ?
- Mais ça changerait quoi ?
La maire a fait tout ce qu'elle pouvait,
c'est déjà formidable qu'elle ait trouvé ce nouveau local, non ?
- On peut encore mobiliser les adhérents.
Leur expliquer que...
que Louise est lĂ , qu'on n'a pas le droit de l'abandonner.
- On peut pas leur faire ça, ils ont besoin d'un lieu de vie,
d'un lieu de renaissance. Surtout pas d'un cimetiĂšre.
- Daniel, ils vont en faire un parking.
- C'est comme ça, tout change. On n'y peut rien.
C'est la premiĂšre chose qu'il nous a apprise.
Faire avec ce qui est, avec ce qu'il y a.
Sinon, tu...
Musique lente
-... Barcelone, j'ai passé le diplÎme
de psychiatrie en 32, juste avant la Guerre d'Espagne.
Rembobinage
La guerre civile, c'est le paradis de la psychiatrie.
C'est pareil que ce qui se passe à l'intérieur de chacun de nous.
L'homme est une guerre civile permanente, quoi.
La guerre contre soi-mĂȘme.
Rembobinage
-Vous y montez votre premier service de psychiatrie,
j'aimerais savoir pourquoi vous avez eu envie de rester sur le front
en pleine zone de combat.
-Pour ĂȘtre Ă l'origine du traumatisme.
-LĂ , vous ne vous entourez d'aucun soignant professionnel ?
-Oh, non, les psychiatres avaient trop peur des fous.
Moi, j'ai choisi que des civils, des avocats...
... des hommes de lettres, des curés, des putains, aussi.
Enfin, des qui savaient bien
par leur pratique que tout le monde est fou.
En deux mois, on a obtenu des résultats extraordinaires.
-En fait, c'est Ă l'origine de ce qu'on fait ici.
Il n'y a pas de blouses, pas de hiérarchie soignants-soignés,
et lĂ , c'est vraiment la premiĂšre fois, en fait.
-Si on veut, oui.
- Parce que, la deuxiÚme étape,
c'est aprÚs l'exil, quand vous traversez les Pyrénées ?
- Il fallait bien. On avait perdu. Ils nous auraient tués, les autres.
- Vous vous retrouvez dans un camp de réfugiés mis en place par la France.
- Un camp de concentration, quoi.
Alors forcément, j'ai été au service psychiatrie.
J'ai fait avec ce qui était là .
Pour faire les infirmiers, il se trouve qu'il y avait les peintres,
les guitaristes, enfin, des trucs comme ça.
C'était comique, quoi.
Mais au final, dans ce camp, dans la boue,
j'ai fait de la trĂšs, trĂšs bonne psychiatrie.
C'était magnifique.
- C'est incroyable. Parce qu'aprĂšs la Guerre civile,
aprÚs l'exil, le camp, la Guerre mondiale qui éclate...
-Oui, on pensait que tout était foutu.
Eh bien, c'est là que tout a commencé.
- Tu as vu, cette maison, elle est vraiment superbe, hein.
- Ah oui, oui.
- Alors, les enfants, le déménagement est prévu
dans six mois.
D'ailleurs, il va falloir des bras.
Il y a des volontaires ?
- Des volontaires, oui.
- Oui.
- Ben voilĂ !
VoilĂ .
Brouhaha
- Je voudrais dire quelque chose.
Je...
Je l'ai tournée dans tous les sens, et...
ma dĂ©cision est prise, je m'arrĂȘte lĂ .
Réactions étonnées
- Pourquoi tu fais ça ?
- Je l'ai construite avec Louise, cette maison. J'y ai passé ma vie.
Je n'ai ni l'Ăąge, ni le cĆur
de repartir de zéro ailleurs.
C'est au-dessus de mes forces.
Je suis désolé.
- Oh !
- C'est pas vrai.
- Oh, non.
- On a besoin de toi.
- Tout seul ?
- Attends... c'est la maison, le problĂšme ?
- Si on reste lĂ , tu restes aussi ? - La question ne se pose pas.
La mairie doit vendre.
- Il doit y avoir une solution.
- Ah, oui !
-Ă part l'acheter nous-mĂȘmes, je vois pas...
- Voilà , c'est super, ça. On fait ça !
- On a qu'Ă faire un emprunt.
- Ben oui !
- Attends,
on va pas s'endetter, alors qu'on nous propose gratuitement
un local plus grand, allons, mes enfants !
- On n'a qu'Ă voter.
Qui est pour qu'on rachĂšte la maison ?
- Moi, je te suis
toujours.
-Ăa n'a aucun sens, vous allez le rembourser comment, cet emprunt ?
On a déjà du mal à joindre les deux bouts à la fin de l'année.
- On fera comme pour les voyages,
on vendra des trucs, on fera des cagnottes.
- On va vendre des tabliers.
- Je pense pareil, Ă mon avis...
- Et s'il le faut, je vendrai ma collection
de képis de baïonnettes.
- On peut vendre en dépÎt-vente.
- On pourrait chanter.
- On demandera des aides, les gens
vont nous aider.
Brouhaha
- Tu réalises ce que tu viens de faire ?
Du chantage, ça s'appelle.
- Mais pas du tout. Je pensais ce que j'ai dit.
Ils m'ont proposé.
- Par affection pour toi et contre leur intĂ©rĂȘt, tu le sais.
C'est de l'égoïsme pur, Pierre.
- J'ai fait une promesse Ă Louise. Je dois saisir ma chance.
Si ça part mal, j'arrĂȘte tout, je te le promets.
Mais laisse-moi au moins essayer.
Juste essayer. Pour elle.
Porte
- Bonjour, je vous amĂšne un nouveau.
Soupir
- Quand il s'agira de recoller les morceaux, tu sais oĂč me trouver.
Porte qui claque
- Il vient d'Agen.
Les pompiers nous l'ont ramené il y a six mois dans un sale état.
Il était en boucle. La tondeuse à gazon.
La NASA.
On l'a pris.
Mais maintenant qu'il a son traitement et qu'il est stable,
on peut plus le garder.
- Bonjour, je m'appelle Pierre, et vous ?
-"Ardo".
Propos incompréhensibles
- La vache.
Vous auriez quand mĂȘme pu laisser deux-trois consonnes.
- Ricardo.
- VoilĂ . C'est bien.
Vous savez, Ricardo, c'est l'isolement, qui tue.
Alors ici, on vous propose des gens Ă voir,
des choses Ă faire, une raison de se lever le matin.
C'est comme ça qu'on s'en sort.
En plus,
l'adhésion n'engage à rien.
Chacun est libre de venir ou pas.
La seule obligation, c'est d'emmerder personne.
Alors pour 42 euros l'année,
vous pouvez profiter des activités,
des...
Euh... Y a un problĂšme ?
- C'est pas la peine, docteur.
- Y a pas de "docteur", ici. Moi, c'est Pierre.
Vous avez forcément le droit à des aides.
On est là aussi pour ça.
- VoilĂ , le papier pour Marie-Pierre.
- Pose-le lĂ . Merci, Patrick.
- Au revoir.
- Il y a toujours un chemin.
Je sais de quoi je parle.
Hier encore, moi, j'étais face à un mur.
Et puis aujourd'hui...
Qu'est-ce que je disais ? Pile dedans.
Vous ĂȘtes bon pour le RSA, la CMU, bon pour...
- Pour la poubelle.
C'est la honte.
Comment je me suis retrouvé à ... Je comprends pas.
Il renifle.
Moi, quand j'ai perdu mon boulot,
j'ai rien lùché. Je me suis battu, vous avez pas idée. Je me suis battu.
Tout ça pour finir comme un parasite qui sert à rien.
Un assisté. Un assisté qui...
qui vit aux crochets des autres.
-Ăa suffit les conneries.
J'en peux plus de ce discours de femmes de dentistes
qui pointent du doigt les assistés alors qu'elles foutent rien.
C'est pas Ă vous d'avoir honte !
Vous savez combien il y a d'abus sur les allocations ? 3 % !
Et combien de grandes entreprises fraudent les cotisations sociales ?
12 % !
300 millions contre 27 milliards !
Qui abuse ?
- M'engueulez pas.
- Mais ça m'énerve !
Quoi ? - Y a un souci ?
Qu'est-ce qu'il y a ? - Qu'est-ce qu'il y a ?
- Non, dites-lui qu'il a le droit aux aides.
- Le plus dur, c'est d'admettre qu'on en a besoin.
- Vous savez, une dépression bien menée,
ça vaut un diplÎme universitaire.
Tu sais oĂč dormir, au moins ?
- HĂ© ! - C'est quoi son problĂšme, Ă lui ?
- Disons que...
tout allait bien jusqu'Ă la mort de ses parents.
Et aprĂšs,
c'est comme s'il avait refusé de grandir, pour ne pas faire le deuil.
Du coup, c'est...
comme un enfant, quoi.
- Il est pas dangereux ?
- Fred ? Pas du tout.
Depuis qu'il a remplacé la drogue par les médicaments, tout va trÚs bien.
- Entrez.
- Merci, Fred. C'est gentil, parce qu'il...
- VoilĂ . Alors, euh...
Non, lĂ , c'est le bureau de mon pĂšre, faut pas y aller.
C'est là -haut que ça se passe.
- Ben, vas-y.
- VoilĂ , c'est ici.
Je t'ai mis un matelas à cÎté du mien.
Ici, voilĂ . Y a plein de BD. T'aimes bien les BD ?
Voilà . Touche pas ça, Pierre. C'est à ma mÚre.
VoilĂ . "Fast and Furious". Tu l'as vu, "Fast and Furious" ?
T'as vu le dernier ?
Tu vas voir, c'est génial. "Starfight" ! J'ai une idée !
On va jouer Ă "Starfight".
Tout le monde adore ça.
Musique rock On va jouer Ă "Starfight".
Pendant qu'on regarde "Fast and Furious".
Salut, Pierre.
- Bon, ben je vais y aller.
-Ăa va ĂȘtre super.
Musique rock
- J'en ai marre,
d'ĂȘtre toujours le salaud de service.
Je suis pas votre pÚre, je suis commerçant.
On ne reproche pas au bistrotier
de fourguer son café au prix de la truffe.
Moi, c'est pareil. Sauf que je vends de l'argent, c'est tout.
Et si vous pouvez pas me l'acheter, mon argent, je me le garde.
- Et avec mon appartement en caution ?
Soupir
- C'est votre truc, les affaires, vous.
- Vous trouvez ?
- Ah, oui.
Vous risquez vos biens personnels, vous achetez au-dessus du marché,
mais c'est vrai qu'on rentre dans le monde merveilleux du possible.
VoilĂ .
Si vous pouvez me payer ça tous les mois, ça va aller vite.
Pour ça, vous m'apportez : le titre de propriété de l'appartement...
- Que voulez-vous dire par : "la valeur essentielle de la folie ?"
-Ăa veut dire que la folie, c'est le noyau
de l'ĂȘtre humain.
Tu vois ce que c'est, un noyau ?
-Oui, merci.
-C'est pas prudent de l'avaler tel quel, ce noyau.
Mais sans lui, le fruit n'existerait pas.
- C'est pour ça qu'à vos yeux, tout le monde est fou ?
- Bien sûr. Mais tout le monde n'en fait pas un problÚme.
Le tout, c'est de trouver l'équilibre dans le déséquilibre.
Hein, c'est ça, ĂȘtre nĂ© Ă Marmande.
C'est bien vivre sa folie.
Au fond, on mesure
le niveau de civilisation d'une société
Ă la place qu'elle donne Ă ses fous et Ă ses marginaux.
-Si l'on m'avait conseillée
J'aurais commis moins d'erreurs
J'aurais su me rassurer
Toutes les fois que j'ai eu peur
Brouhaha
- Essaie de ne rien dire Ă maman.
- C'est des gùteaux, ça. C'est des gùteaux, monsieur.
- Oui, c'est des gĂąteaux.
- Tout Ă l'heure, on voulait vous vendre des gĂąteaux,
vous vouliez pas nous en acheter. C'est hyper bizarre.
- Oui, c'est le but, de donner une deuxiÚme vie à des objets abßmés.
Soupir
Seulement, faut qu'ils marchent, quoi.
- Ils marchent.
- Pour Arc-en-Ciel. Monsieur, la maison Arc...
Que je comprenne bien, lĂ .
De toutes vos belles idées, la charité, l'amour du prochain,
le pardon, vous, vous gardez que le pardon.
Comme ça, vous vous comportez comme des grosses connasses,
et tout est pardonné, c'est ça ?
- Mais enfin, madame, c'est un enterrement.
Chant religieux
- Condoléances.
- Merci Matthieu, c'est gentil.
- C'est des gĂąteaux pour le...
- HĂ©, Matthieu a fait des gĂąteaux.
- Oui.
Mais c'est pour le...
Brouhaha
Il faut payer, pour les...
- C'est bientĂŽt ton anniversaire, Matthieu ?
- Bonjour.
C'est quoi ?
- C'est, euh...
C'est pour une asso... une...
une association.
- Il vous faut de l'argent ?
- Oh, ben...
- 15 euros, c'est bien ?
- Ah, oui. Oui.
Musique douce
- Mona !
On t'attend.
Aujourd'hui, tu as de nouvelles responsabilités.
- J'arrive, papa.
Tiens.
Musique douce
- 15 euros.
- Merci, Matthieu.
Ce qui nous fait...
Françoise, reprenez ce billet, il était pas là , tout à l'heure.
-Ăa me fait plaisir.
- Je sais, mais ce qu'on veut savoir, c'est si on est capables
de sortir 1600 euros par mois.
Et lĂ ...
Trésorier ?
- Ben, pff...
- 43,50 euros.
- Mais si quelqu'un nous achÚte ce qu'on a laissé au dépÎt-vente,
ça rajoute 30 euros.
- MĂȘme 40.
- Sauf qu'avec le papier des tracts
et les ingrédients des gùteaux, on a perdu le double.
- On n'attend plus personne ?
On est sûrs qu'il y a tout, là ?
- C'est un début. Fred doit avoir
des choses Ă vendre.
- C'est Ă mon pĂšre.
- Regarde.
- Je te dis que c'est Ă mon pĂšre.
- Jette un Ćil. - Je peux vous rendre les sous
pour le permis, si ça aide.
- Non, tu rĂȘves de conduire au "Garorock".
On va trouver autre chose, hein ?
- Ricardo.
Une idĂ©e, peut-ĂȘtre ?
- J'essaie d'arrĂȘter.
- T'as fait plein de petits métiers, de la vente...
Voyez le résultat.
- Bon.
Merci.
Merci Ă tous.
Mais malheureusement, je...
Je crois que c'est... Faut pas se mentir.
Faut voir les choses en face.
C'est fini.
- Vous avez essayé le "crowdfunding" ?
En fait, c'est une cagnotte, quoi.
On décrit un projet, les gens donnent ce qu'ils veulent.
- On ne rentre pas vraiment dans...
- Si, il y a de tout. Des start-up, des artistes, des inventions.
- Attends, mais, oh !
OĂč on s'inscrit, lĂ ?
- Attends, attends, je suis en train.
Maintenant, il faut décrire le projet.
Vous avez des textes, des photos,
ou des films ?
- Pour ?
- Ben, pour donner l'envie aux gens d'investir, quoi.
Pour vous vendre, quoi.
- T'aurais pas un exemple ?
- Euh...
-Une technologie digne des derniÚres découvertes de la NASA,
Ă Cap Canaveral.
Son design, inspiré du Rover
qui a sillonné toute la planÚte Mars,
sans que rien ne l'arrĂȘte.
C'est la tondeuse autonome
X-Tra.
Musique légÚre
-X-Tra, X-Tra, X-Tra
X-Tra, X-Tra, X-Tra
-X-Tra, l'avenir
est déjà dans votre jardin.
- VoilĂ .
Je faisais du porte-Ă -porte,
j'avais mis ça sur les réseaux, pour faire plus pro.
- Oui, je comprends mieux.
C'est vrai que
c'est...
- De la merde.
- Allons...
- C'est pas vrai ?
-Ăa se dit pas, c'est tout.
- C'est bon, j'ai compris.
C'était une mauvaise idée.
- Pas du tout !
- Ah bon ?
- On voit que faire un film est à la portée de n'importe qui.
Qui veut faire un film ? - Moi !
- On va tourner une scĂšne,
c'est un peu comme le matin, on prend un petit-déjeuner.
On prend le café, comme tous les matins.
- Sauf que BenoĂźt et Xavier sont jamais lĂ le matin.
- C'est pas grave.
- On triche ? - Non, je donne le ton, c'est tout.
Tu vas t'occuper de la caméra, filmer ce que je vais demander de faire.
- D'accord.
- Des assiettes, des fourchettes, du pain, des choses comme ça.
- Au petit déjeuner, des fourchettes ?
- Oh, écoute... - On en met pas au petit déjeuner.
Des cuillĂšres. - Oui, des cuillĂšres.
- Le sucre, tout.
- Oui, il va t'aider à ça.
- On doit ĂȘtre prĂȘts quand ?
- Oui ?
Attends, une seconde.
- Tu nous filmes tous ?
- Oui, je vais essayer de filmer le maximum de personnes.
Musique burlesque
- C'est compliqué, hein. Il y a beaucoup de choix.
- T'inquiĂšte. Je sais ce qu'il te faut, attends.
-Ăa, c'est pas mal.
- Merci d'ĂȘtre venue si vite, hein, Monique.
- Oh, je suis Ă la retraite, j'ai rien d'autre Ă foutre.
On fait pas du cinéma tous les jours.
-Ăa peut ĂȘtre bien, oui.
- Alors, Corinne, je te fais quoi, aujourd'hui ?
- Acajou cendré, c'est ce paquet qui est là .
- Mm.
- On demande Michel dĂšs qu'il est prĂȘt.
- Oh, ça va, ça va !
- Zoome encore... Non, c'est trop.
- C'est chaud ?
- Je suis prĂȘt.
Applaudissements
- C'est quoi, ce chantier ?
- Elle a dit, "la couleur, ça fait jeune".
- Oui, mais non... Quelqu'un peut lui prĂȘter un bonnet ?
- Il en met jamais, personne n'y croira.
- Patrick prend sa place.
- Non. Depuis son accident, il touche plus un appareil électrique.
- Mais c'est... Oh, merde. Fais ce que tu veux.
- C'est vrai ?
Tiens.
C'est bon, Pierre, t'es prĂȘt ?
Alain...
Alors, action.
- Chaque matin, les adhérents se retrouvent dans la salle à manger,
pour prendre leur petit-déjeuner.
Ce rendez-vous quotidien... - Non mais...
- C'est l'occasion...
C'est... Qu'est-ce qu'il fait, lĂ ?
- Je sais pas. Alain, normalement tu sers le café, là .
- Non mais lĂ , je suis lĂ pour rendre hommage Ă Pierre.
Il a construit cette maison,
sans lui, on n'en serait pas lĂ aujourd'hui.
- C'est gentil, mais...
Chaque matin, les adhérents se retrouvent...
- Regarde pas la caméra.
- Qui, moi ?
- Non, Xavier.
Je regarde oĂč ?
- Ben, ailleurs.
- LĂ ?
- Ailleurs. On se remet en place.
- Chaque matin, les adhérents se retrouvent dans la salle commune,
pour prendre leur petit-déjeuner.
C'est l'occasion... Vacarme
Chute de couverts
- Il se passe quoi ? - Tu m'as dit de regarder ailleurs !
- Chaque matin, les adhérents se retrouvent dans la salle commune
pour prendre leur petit-déjeuner.
- Vous ĂȘtes bien rĂ©veillĂ©s ?
- C'est l'occasion... - Vous voulez du café ?
vous en voulez pas ?
- Chaque matin, tous les adhérents se retrouvent dans la salle commune
pour prendre le petit-déjeuner.
Bonjour tout le monde !
- Bonjour Pierre !
- Quelqu'un veut du café ?
- Volontiers, cher BenoĂźt.
- Mais...
Soyez plus naturels.
- Aide-moi à préparer.
- Il a sacrément bien joué la comédie, Pierre.
- Et moi ?
Et moi, j'étais comment ?
Et moi, j'étais comment ? - Comme d'habitude.
- Et moi, j'étais comment ?
Brouhaha dans l'autre piĂšce
- Ce qui est étonnant, c'est qu'avant vous,
Matthieu avait réussi ses entretiens
mais ne s'était jamais présenté pour travailler.
C'est la premiĂšre fois qu'il est aussi assidu.
Comment ça se fait ?
- C'est Ă lui qu'il faut demander.
- Oui, mais vous,
pourquoi avoir employé un de nos adhérents ?
- Quand j'ai vu que les aides de l'AETH
étaient cumulables avec celles de...
- L'AGEFIP.
- Et qu'avec la nouvelle directive du Conseil régional
ça me coûtait quasiment rien, voilà .
- Et dans le travail, il est comment ?
- Je dirais qu'il est bien.
Il est... Hein ?
Il est trĂšs bien.
On avait dit 20 minutes, je suis désolé, je...
- Merci encore.
- Je vous en prie.
Euh, Mona,
tu peux raccompagner ces messieurs-dames ?
- Mais j'ai pas fini.
- Non, mais c'est pas grave.
Tu... tu peux y aller.
Ăa sera tout pour aujourd'hui.
- Vous pouvez me suivre, si vous voulez.
Soupir
- Ben, quoi ?
Elle aime les chiffres,
on pourrait l'essayer à la comptabilité, non ?
- On a déjà essayé l'entretien, l'intendance, les livraisons,
et Ă chaque fois... Vous voyez ce que je veux dire.
- Non.
Non, elle n'a pas trouvé sa voie, c'est tout.
Elle va trouver, je...
je suis pas inquiet.
- Toujours tout droit jusqu'au portail,
et arrivés au portail,
vous passez de l'autre cÎté.
Vous le traversez, quoi.
AprĂšs, vous allez Ă gauche ou Ă droite,
c'est comme vous voulez.
VoilĂ .
Au revoir.
- Au revoir.
C'est pas Matthieu, lĂ -bas ? HĂ© !
Oh ! - Laisse-le.
C'est sa nouvelle vie.
Ăa pourrait le gĂȘner de nous voir ici.
Sonnette
- Bonjour.
Tu rentres chez toi ? - Mm.
- Comme moi.
Enfin, je dis "comme moi", mais je...
Enfin, je rentre pas chez toi, moi, je vais chez moi.
Comme toi, quoi.
Enfin, je dis "comme toi", mais tu vas pas chez moi, toi.
Enfin, si,
tu pourrais, si tu veux. Mais...
- Euh...
Musique douce
- Au revoir.
- VoilĂ , merci.
On a ce qu'il faut en témoignages. - Oui.
- Il nous manque que lui.
- Tosquelles ?
- Je t'ai amené les cassettes.
Il raconte comment il a inventé tout ça. Ce serait bien que tu...
- Non, c'est pas la peine. J'ai plein d'images Ă monter,
d'autres choses Ă filmer.
-Ăcoute-le, au moins. C'est fou, tu vas voir.
On n'imagine pas, quand on nous voit aujourd'hui.
Mais en 40...
quand on l'a sorti d'un camp de réfugiés
pour aller aider dans un asile,
c'était l'horreur.
à l'époque, on enfermait les malades tous ensemble.
Comme des animaux.
On les entendait crier jusqu'au village d'à -cÎté.
Lui, la premiĂšre chose qu'il a faite,
c'est de les appeler par leur nom.
Leur donner de l'espace.
Les considérer comme des Hommes, quoi.
Et comme Vichy les rationnait
pour les faire crever de faim comme des nuisibles,
il les a fait sortir, cultiver eux-mĂȘmes de quoi manger
avec les paysans du coin.
LĂ , il s'est rendu compte qu'ils allaient mieux.
MĂȘme ceux qu'on disait incurables.
Alors, il a continué.
Il leur a fait faire du sport, un journal, du théùtre, des décors,
des costumes. Ils ont fabriqué
des objets pour les échanger au village
et se faire un pécule.
Devenir autonomes, quoi.
à la fin de la guerre, non seulement personne n'était mort de faim,
mais il n'y avait plus un seul agité.
C'était une révolution.
Pleurs
Objets qui s'entrechoquent
- Waouh !
C'est quoi, ces bidons ?
- C'est rien, ça, laisse.
T'as trouvé des trucs à vendre, ou pas ?
- Mais c'est quoi, ces bidons ?
- Rien, je te dis, laisse. - OK.
Sinon, à part ça, je voulais te demander...
C'est quoi, les bidons ?
- C'est un liquide pour nettoyer les toits,
t'es content ?
- Tu nettoies des toits, toi ?
- Je crois pas au "crowdfunding".
J'ai dit ça pour donner de l'espoir à Pierre qui était perdu.
Et comme j'ai quand mĂȘme envie d'aider...
Ben lĂ , je vais faire un truc, un truc qui marche, quoi.
- T'as pu aussi trouver des trucs Ă vendre, alors.
C'est génial. Waouh, super !
Je vais t'aider.
- Non, non, tu m'aides pas.
Je prends le risque tout seul. Garde ça pour toi.
- Tous les bidons, lĂ ?
- Non, le secret.
- Quoi ?
- Tu sais garder un secret ?
- Attends, Ricardo.
Un secret, plus on est nombreux à le garder, mieux il est gardé.
- Ouais, ouais.
- C'est logique.
- C'est vrai, ça.
- Hein ?
- Ouais, ouais.
Sonnette
Porte qui grince
Bonjour, monsieur.
- Bonjour, monsieur.
- Bonjour. - Bonjour !
- En voyant votre maison,
je me demandais quel produit vous utilisiez pour nettoyer votre toit.
- Il y a des gens qui nettoient leur toit ?
- Oui, c'est obligatoire. Ă cause des pesticides.
Les nettoyants
classiques n'y pouvant rien, voici un produit
inspiré directement par la NASA.
- C'est la NASA, c'est trop, il n'y a pas cru.
- Ouais, c'Ă©tait peut-ĂȘtre la NASA.
- Ouais, ou alors, c'est, euh...
- Ou alors, c'est les pesticides.
- Ou alors, c'est...
- Ou alors, c'est vos tronches, ouais.
La prochaine fois, vous restez derriĂšre.
Et vous attendez que je vous appelle.
Musique au synthétiseur
C'est utilisé à Cap Canaveral.
Musique joyeuse X-Tra
Merci, bonne journée.
Merci, bonne journée.
Voilà , bonne journée.
- On peut applaudir Célaine,
qui a beaucoup travaillé sur le montage du film,
que je vais découvrir avec vous.
Applaudissements
- C'est vous tous qu'il faut applaudir, c'est le travail
de toute une équipe, bravo à vous.
J'espĂšre que vous prendrez autant de plaisir Ă le voir
que j'en ai eu Ă le faire.
Applaudissements
- Assez parlé, action.
-Il était une fois une ville,
il était une fois une maison.
Il était une fois des gens.
-Chaque matin, les adhérents se retrouvent
pour le petit-déjeuner.
-Bonjour, Pierre !
-Qui veut du café ?
-Il était une fois une histoire...
-L'Arc-En-Ciel s'est d'abord construit autour du sport,
adapté à nos adhérents.
Ah, tiens, mon petit BenoĂźt.
Rires
Aujourd'hui, certains participent Ă des concours nationaux.
Nous avons des champions de France.
Certains, aujourd'hui...
AĂŻe !
Rires dans la salle
-Ăa va ?
Rires
-Il était une fois une douleur.
Musique douce
Une douleur.
Je vois pas, lĂ .
- Faut faire attention.
- C'est quoi, ce truc ?
- Quoi ?
- Ce film est notre derniĂšre chance de garder la maison,
et toi, tu...
- C'est des moments de vérité.
Pas une présentation "télé-achat"
qu'on a vue mille fois. C'est la vérité, quoi.
- Mais enfin, on est ridicules. - Ridicules ?
Non mais ça, c'est vraiment nous. C'est nous dans le fond,
quand on fait pas semblant.
-Ăa va intĂ©resser personne !
- Tu préfÚres que tout le monde s'intéresse à un mensonge ?
- Je te parle pas de mentir ! Tu commences Ă me pomper
avec ton vrai, ton faux.
Un film, c'est forcément faux !
Fais tout ce que tu veux pour faire vrai,
ton film, ce sera toujours...
- Ben, de la merde. - Toi, ça va.
Je te rappelle que c'est ton idée.
- Qu'est-ce qu'on fait, alors ? On va montrer ça ?
- Il faut le mettre sur le site.
On a perdu trop de temps.
- Attends... Pierre !
Pierre.
Alors, aidez-nous Ă garder notre maison.
Aidez-nous. Ne nous abandonnez pas.
Propos incompréhensibles
- 2290.
- Oui.
- Ouais.
- Bon, je suis sur le site. On fait quoi, maintenant ?
Ricardo ? Ricardo ?
- Ricardo.
- Quoi ? - On fait quoi ?
- Vous inventez des pseudos
et on commencera Ă faire des petits dons au compte-goutte.
L'air de rien. - Au compte-goutte ?
- Excusez-moi les gars, je reviens.
- Alors, un pseudo...
- Mets "Fred" - Non, pas "Fred".
-Ăa passe partout.
- Salut, Ricardo.
- Bonjour.
- HĂ©, les filles !
Y a Ricardo !
- Salut, Ricardo.
-Ăa va ?
- Oui, ça va. Bonjour.
Salut.
- Ah, te voilĂ .
Viens voir ça.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- 2290 euros en 24 heures.
- Hein ?
Mais d'un seul coup !
- Voilà le résultat de mon film "de merde", comme tu dis.
Il a touché les gens.
Il leur a parlé là , tu vois.
Pas lĂ , lĂ .
Klaxon
Cris de joie
- Oh, le baby-foot. - Un baby-foot !
Musique joyeuse
- Ah ! Notre sauveur.
Oh mais quelle idée géniale, ce "cronpounding",
regarde, c'est grĂące Ă toi.
- T'as tout dépensé ?
- Je me suis un peu lùché. Maintenant, on est tranquille.
2000 balles en un jour, ça sera quoi en un mois !
C'est que de l'occasion. J'ai été là -bas,
c'est dingue ! Y a tout, lĂ -dedans !
- Y avait pas une sono
avec un micro, pour chanter ?
- Il faudrait aussi une sulfateuse à béton
avec des disques Ă diamants.
- Ne vous inquiétez pas, le temps qu'on débarrasse, et j'y retourne !
Ambiance joyeuse
- C'est qu'un accord verbal,
on peut faire monter les enchĂšres.
- Non mais vous vous entendez ?
Enfin, on est une mairie, ici.
On est chargés de famille, on ne traite pas sa famille comme ça.
Quoi ?
- C'est moi. Je voudrais te parler.
- Je ne peux pas.
- Je sais, mais c'est pressé.
-"C'est pressé"...
Pierre...
- Je comprends, mais, euh... Messieurs... Finis, finis.
Je me mets là , tiens, pour pas déranger.
VoilĂ , voilĂ . LĂ .
Je...
Euh... Le...
LĂ , ou lĂ ? LĂ .
LĂ .
Qui veut un café ?
- Bon, ça suffit.
On est en réunion, là .
- Ben, quoi ?
C'est pressé, c'est pressé.
Soupir
Ah, merci. En fait, j'avais besoin d'une pause.
- J'ai une bonne nouvelle.
- Madame la maire,
on a plein d'appels. Mme Pariaud, pour la carte scolaire...
- Je reçois le vendredi. Ăa peut attendre vendredi, non ?
Alors ?
- Pour la maison. Faut tout arrĂȘter.
- Tu le sais, c'est une grosse enseigne, ce sont des emplois,
je peux pas faire autrement.
Ils proposent le double du prix pour agrandir leur entrepĂŽt.
- Et si je m'aligne ?
- Si tu quoi ?
- Je te propose
la mĂȘme somme, mĂȘme plus. Tu peux nous la vendre.
Bon, c'est pas encore sûr, mais presque.
Tout ce que je te demande,
c'est de ne pas signer tout de suite avec les autres.
- Pierre.
C'est quand, "pas tout de suite" ?
- Euh, bientĂŽt. Je te dirai.
Juste, tu attends. Tu peux faire ça, hein ? M'attendre.
- Pierre !
- Autre chose.
- Pierre ! Je reviens. - Ils comprennent pas...
- T'as eu mon message pour "Garorock" ?
- Quel message ?
- Les actionnaires Ă l'organisation. Ils veulent vous rencontrer.
- Oui, on verra.
- C'est tout vu. C'est mercredi. Le 9.
- On peut se parler ? - Attends.
Pas maintenant. - Fred...
-Ăa me saoule !
De quoi tu voulais parler ?
- De ce que tu sais. Vu que "qui tu sais" a tout dépensé.
Faut voir avec l'autre "qui tu sais" comment on peut faire plus
de "ce que tu sais".
que ce qu'on a fait.
- Il a dit quoi ?
Propos incompréhensibles
- Bon, on est dans la merde, Ricardo a disparu. VoilĂ .
Musique lente
-AllĂŽ, papa ?
T'es oĂč ?
C'était pas facile quand t'étais là , mais c'est encore moins bien
quand t'es pas lĂ .
Je t'aime, moi.
- Ricardo !
- Ricardo ?
-"I-A-O" ?
- Ricardo ?
- Ricardo ! -"I-A-O" ?
- Ricardo ? Je vais voir en haut.
Non ! Non !
Non !
- Bon. On s'y met ?
Les gars,
si on veut suivre le rythme de Pierre, il faut se diversifier.
- Oh lĂ .
- C'est simple. Vous prenez une patate,
vous mettez la patate dans le pot d'échappement,
comme ça, et directement,
vous allez vous planquer. Le gars va monter dans sa bagnole,
huh huh huh, ça tousse, et ça cale.
LĂ , vous passez par hasard, et vous proposez
vos services contre un billet.
Mais il suffit
tout simplement de retirer la patate
et ça redémarre. OK ? à vous.
Musique burlesque
Ceci est un Ćil-de-bĆuf Ă deux euros.
On trouve un immeuble qui n'en a pas et on se fait toutes les portes, OK ?
Qui fait le client ?
Matthieu. - Fred.
- Bon, ben Fred.
Tu te mets lĂ .
à cÎté de la plaque ?
- Oui, à cÎté de la plaque.
C'est simple. J'arrive, je frappe, tu ouvres,
et tu essaies de me contredire. D'accord ?
Il frappe.
Bonjour, monsieur.
- Ah non, moi, c'est "madame".
- Non mais lĂ ...
-"LĂ " quoi ? Excuse-moi,
tu m'as demandé de te contredire, je te contredis.
- OK, c'est pas grave. Il frappe.
Bonjour, madame.
- Bonsoir.
- OK.
Bonsoir, madame, je vois que vous n'avez pas de judas Ă votre porte.
- Si.
- Ah, non.
- Si. - Si.
- Non. - Non.
-Ăa coĂ»te simplement 7 euros,
mais avec 10 euros de plus, je vous le fais en moins de 3 minutes.
Moins de 3 minutes, c'est pas beaucoup, d'accord ?
- Oui,d'accord, mais...
- HĂ© !
J'ai pas dit "oui", hein.
- Si, tu as mĂȘme dit "oui, d'accord".
VoilĂ .
En deux heures, 15 apparts, 150 euros net. Qui fait le vendeur ?
- Patrick.
Avec difficulté - Je vois que vous n'avez pas...
de judas Ă votre porte.
- Mais tu parles ?
- Oui.
Avec difficultĂ© J'ai arrĂȘtĂ© les mĂ©dicaments,
mais c'est pas facile.
Musique douce
L'Arc-en-Ciel est impliqué dans le "Garorock" depuis sa création.
Oui,
on peut mĂȘme dire qu'ils ont participĂ© Ă son succĂšs.
- Alors, on n'a aucun problĂšme sur le principe.
Mais ce festival a acquis une telle ampleur,
que toute approximation peut avoir des conséquences.
On voulait juste ĂȘtre sĂ»rs que tout le monde
en avait bien conscience.
- Tout Ă fait. Hein, t'en as conscience, Pierre ?
- De ?
- Oui, oui, il en a tout Ă fait conscience.
- Il n'y a pas eu de problĂšme
en dix ans, alors pourquoi s'inquiéter pour cette année ?
- Peut-ĂȘtre parce que vous ĂȘtes arrivĂ© avec 30 minutes de retard ?
- Il a pas tort.
- Non mais ça n'a rien à voir, c'est parce que j'avais oublié.
- Bien sûr, je comprends. Mais il faut nous comprendre aussi.
On a besoin d'ĂȘtre rassurĂ©s.
- On parle de faire conduire des stars internationales
par des bipolaires, des schizophrĂšnes,
des dépressifs, des paranoïaques, des déficients mentaux...
- VoilĂ , Pierre.
Pierre ? Tu leur racontes l'histoire du potier, tout ça ?
Vous allez voir.
- Le...
- Le potier, tu sais ? - Celui qui fait des pots ?
- Le potier ?
Notification - Oh, oui !
Oui, oh ! Ah !
Le potier, madame la maire vous le racontera trĂšs bien.
Je suis désolé, je vous laisse.
Pas qui s'éloignent
Porte qui se ferme
- Vous prenez un potier,
avec un...
Ou une potiĂšre...
- Ne vous fatiguez pas.
On ferme pas la porte,
mais euh... pas pour cette année.
Hein ?
- Non.
- Pierre, je suis lĂ ! Viens voir.
Ăa a encore montĂ© depuis mon texto.
Ăa n'arrĂȘte plus.
C'est dingue !
- J'ai le permis !
- C'est bien, c'est bien.
- On le fĂȘte, tu prĂ©viens les autres ? - VoilĂ .
- Je pourrai chanter ?
- Oui, oui.
Musique douce
- Oh.
Matthieu.
Bonjour.
T'as mangé ? Tu retournes travailler ?
Moi, j'ai encore changé de poste. Je suis cheffe de service.
Des plantes en pot.
- Waouh.
-Ăa te dirait
qu'on aille boire un verre, un de ces jours prochains ?
Il bégaie.
Quel est ton jour préféré ?
Moi, c'est mercredi. J'aime bien le mercredi, pas toi ?
Et aujourd'hui, on est mercredi, justement, alors, je...
ça peut ĂȘtre ce soir ? Il rit nerveusement.
Aux Neuf fontaines ? J'aime bien, les Neuf fontaines.
- Oui.
- Je suis... Je suis pas inquiet.
Musique légÚre
- HĂ©, poussez-vous ! Poussez-vous !
- Pierre...
Pierre, tu peux m'expliquer ce qui se passe ?
- Ah ah, te voilĂ , toi.
- La maire m'a appelé, elle s'inquiétait.
Tu as planté ton rendez-vous et tu n'étais pas dans ton état normal.
- C'est parce que j'ai eu peur que les chiffres ne bougent plus.
Mais alors lĂ , oh oh, ça n'arrĂȘte plus.
- De quoi tu parles ? Quels chiffres ?
- Le "coucouning" !
-Ăa va, Françoise,
merci.
-Ăa me fait plaisir.
- De quoi tu me parles ? C'est quoi, le "coucouning" ?
- La cagnotte, quoi.
Avant d'acheter, je voulais ĂȘtre sĂ»r qu'on serait capables...
- Oh, non !
C'est qui qui a cassé la machine à pop-corn ?
- C'est rien, j'en achĂšterai une autre.
- Faudra aussi changer l'elliptique
et la piscine gonflable. - Y a une piscine gonflable ?
-Ăa marche pas.
- Pousse, pousse. -Ăa marche pas.
- Pierre, je sais pas quoi faire, c'est horrible.
Le problĂšme...
Le problĂšme...
c'est qu'on est mercredi.
- T'en fais pas, ça va pas durer. - Mais Pierre...
- Faut qu'on parle.
- Pierre, y a quelqu'un pour toi.
- Il suffit de mettre une goupille. L'appareil rend pas la monnaie,
ce qui étonne personne,
l'autre soir, on enlĂšve la goupille, et hop, jackpot.
- Ah ben... Il est gonflé, ce monsieur.
- Comme vous dites, oui.
- Je l'ai déjà vu, il me semble, lui.
- Et celui-lĂ , lĂ . Vous le connaissez ?
- Travail au noir, colportage, harcĂšlement.
Chez les Plégnaud, il est resté 30 minutes le doigt sur la sonnette.
Ils étaient terrorisés.
- Je comprends.
- Et ça, vous voyez pas qui c'est ?
- Non plus.
- Un petit dernier ?
- Il parle pas
français, personne a compris ce qu'il foutait sur le toit.
- Au dĂ©but, on a pensĂ© que c'Ă©tait peut-ĂȘtre un gang des pays de l'Est.
Et puis,
on est tombés là -dessus.
Soupir
- Ah ben... Oh, dites donc.
Mais c'est...
- Messieurs, on connaĂźt votre association.
On veut bien fermer les yeux pour cette fois, mais y a des plaintes.
Si vous voulez les classer, va falloir rembourser.
-"Rembourser" ?
- Tout.
- Bien. On va gérer ça.
Merci, messieurs.
- T'es un salaud !
Moi, je t'ai accueilli, et tu me trahis ! Tu fous la merde !
- Des petits fraudeurs, c'est pas méchant.
- Je t'ai pas demandé de me donner de l'espoir !
J'ai tout perdu ! La maison, tout !
Allez, fous le camp ! Dégage !
- Pardon, pardon.
Porte qui claque
- C'est pas vrai !
Mais quel con !
Quel con !
- Bon, allez,
pas d'inquiétude, il va se calmer.
- Alain ! Coups, objets qui s'entrechoquent
Vous venez ? On le fĂȘte, mon premier "Garorock" ?
Musique douce
- Ciao, Nicolas.
Ăa va aller, va.
On va s'en sortir.
N'aie pas peur.
Musique douce
- Tout le monde est parti.
-"Aimer quelqu'un, c'est un peu lunaire.
"Tu mourras jamais."
Elle me répétait ça.
- Je comprends, maintenant,
votre sculpture.
C'est pas un nain de jardin.
C'est Louise.
- Mais pas du tout, enfin, c'est le Mont-Saint-Michel.
Notre premier voyage.
Et j'ai pas pu emmener ses cendres comme on s'était dit.
J'ai pas pu.
J'ai pas pu.
- Vous n'aviez pas le cĆur Ă la laisser si loin de vous.
- Oui, c'est ça, oui.
Musique douce
Sonnette
- C'est vrai, ce qu'on m'a dit ?
Porte qui se ferme
Ben, réponds.
C'était que toi, l'argent ? Pas un centime vient du film ?
Alors, c'est pas la vérité qui a payé, c'est ça ?
Sonnerie
Enfin, réponds ou éteins !
- Je peux pas, c'est ma fille.
J'ai trop honte pour lui parler. Et en mĂȘme temps...
Sonnerie
- AllĂŽ ?
-Je voudrais parler Ă mon pĂšre.
- Il m'a dit. Je te le passe.
-AllĂŽ ? AllĂŽ, papa ?
- Oui ?
-Il est pas lĂ ? - Si, il est en face de moi.
Mais il veut pas te parler, je sais pas pourquoi.
-Dites-moi au moins comment il va.
- Alors, comment il va, comment te dire, euh...
Pas bien.
-Ah bon ? - Pas bien du tout, non.
Mais mieux que la fois oĂč il a tentĂ© de se suicider.
-Quoi ?
- Quand il était clochard. -Il a été clochard ?
C'est horrible.
Porte qui claque
Il ferme à clé.
Sonnerie
- Oui ?
-On vient d'avoir une tentative de suicide.
SirĂšne
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
-"Chantal avalé produit".
- Chantal ?
- Françoise a vu la réserve allumée.
- Apparemment, Chantal a bu un produit
de la NASA, on sait pas ce que ça foutait là .
- Elle bavait beaucoup, beaucoup.
- Tu m'étonnes, avec l'eau de Javel.
- Ricardo.
Tu vas oĂč ?
- Je savais qu'elle était fragile, j'ai rien vu venir.
J'ai pensé qu'à moi.
J'ai pensé qu'à cette putain de maison,
comme si c'était Louise.
J'ai tué Chantal.
- Mais t'as tué personne, allons.
- Je l'ai ignorée, c'est pareil.
Va les voir, toi.
Je peux plus les regarder en face.
Porte qui se ferme
- Bon, écoutez, ce sont des choses qui peuvent arriver.
On le sait tous.
LĂ , ils l'ont mise en coma artificiel,
on peut rien faire de plus en attendant.
L'hÎpital nous préviendra quand il y aura du nouveau. Voilà .
Bon...
vous pouvez rentrer chez vous.
Jeux d'arcade
- Je vais faire du café.
Pardon.
-"Chez nous", c'est ici.
- Les malades sont le lieu de grandes angoisses.
Le fait d'ĂȘtre entourĂ©s de solidaritĂ©,
au cas oĂč,
ça les apaise.
Ils ont cette fragilité d'avoir besoin du groupe
qui les entoure, pour pouvoir vivre avec les autres.
Pour un soignant, le seul enjeu,
c'est de lutter contre la pétrification avec du mouvement.
L'Homme n'existe qu'en marchant.
On ne peut pas rester immobile.
Toute la psychologie humaine est comme ça.
Ce n'est que de la mouvance.
Le cerveau reçoit des sensations
qui lui arrivent en morceaux, diverses,
désordonnées.
Et il doit se mettre en mouvement pour les mettre en forme.
Leur donner du sens.
Les clés d'une guérison arrivent par hasard.
Ă condition qu'il se passe quelque chose.
Musique lente
LĂ encore, il faut du mouvement.
De la circulation, des rencontres.
Musique lente
Un éventail de futurs possibles.
Et pour ça, il faut laisser la porte ouverte.
Sinon, c'est fini.
Tout ce qui est enfermé,
ça fermente.
On ne pourra sans doute pas les guérir, mais, aprÚs tout,
"soigner", ça ne veut pas dire "réparer".
Ăa veut dire "prendre soin".
Et pour ça,
pas besoin de programme, ni de résultat.
Il faut des gens.
Magnétophone coupé
Léger brouhaha au loin
Brouhaha
- Ah, merci.
- Bonsoir.
- Bonjour.
- T'en veux, Pierre ?
- Oui.
Ambiance détendue
- T'as vu, les hirondelles ?
- Oui.
- Il est beau, cet arbre.
- Oh, oui.
- On dirait un...
un brocoli.
- Ah... oui.
- J'aime bien les arbres.
J'aime bien le brocoli, aussi.
- Mm, oui.
- Il y a du café et des gùteaux. - Je veux bien.
Merci.
- VoilĂ . -Ăa passe pas, je crois.
- Allez.
Allez. Allez, Fred.
Soupir
- Pour le dépÎt-vente. C'est Fred qui a décidé.
"Pour rembourser", il a dit.
- Merci.
Dis donc.
Tu vas mieux.
- Oui.
- Ah.
Ma fille n'est pas rentrée, aujourd'hui.
Et votre protégé n'est pas venu travailler, ce matin.
Alors, je...
Je me disais que peut-ĂȘtre...
Je vous préviens, si vous savez quelque chose, il faut me le dire.
- Je suis lĂ , papa.
- Mona, Ă la voiture.
- Mais... - Tout de suite.
Voix indistinctes
- Allez, mets ça.
- OK, alors ça, bon...
Tout ce qui est pas sûr,
on le met là , sur le cÎté.
Quand il y a un petit doute,
on met sur le cÎté, OK ?
- Bon, ça...
-Ăa ? C'Ă©tait dans le...
Ăa rentrera pas dedans, laissez tomber.
- Mais pourquoi tu réagis comme ça ?
Que t'ont raconté ces types ?
- Rien. Ils sont trĂšs gentils.
- Oh...
Ăvidemment.
Tu ne vois le mal nulle part, toi.
Il faut se méfier de ces gens, ils sont pas comme toi et moi.
- Comme toi, c'est sûr.
- Mais comme toi non plus.
Ils ne sont pas dans la vraie vie.
Toi tu as une place,
une situation, un travail.
- Je mets des touillettes dans une machine à café.
- Et alors ? C'est pas rien, dis.
C'est important, les touillettes.
Sans touillettes, déjà , on...
on peut pas touiller,
et on est bien embĂȘtĂ©.
- Te fatigue pas.
Soupir
Je sais que je suis bonne Ă rien.
- Pourquoi tu dis ça ?
Mais tu crois que j'étais bon, moi, quand mon pÚre m'a laissé l'usine ?
J'y connaissais rien, moi non plus.
Mais je me suis accroché, je me suis battu, et...
et regarde ce que je suis devenu, maintenant.
Directeur d'usine.
Parce que j'ai travaillé,
j'ai cru en moi, au mérite.
Et je crois aussi en toi, Mona.
C'est pour ça, quand je te vois t'intéresser à ces gens-là ,
ça m'inquiÚte, moi.
C'est sûr que pour eux, la vie, c'est facile.
Ils foutent rien, ils risquent rien,
ils s'occupent...
- Et si ils sont heureux ?
- Mais... Ils sont heureux comme des plantes vertes.
Alors non, s'il te plaĂźt, crois-moi,
tu as mieux à faire que de t'intéresser à ces...
- Ces quoi ?
Je comprends votre sentiment.
Mais nos adhérents sont des gens comme tout le monde,
c'est moi qui chapeaute tout ça.
Je prends souvent l'image
d'un potier qui façonne un vase...
- Non ! Je suis pas d'accord, non !
Pas d'accord !
On n'avait pas dit "oui", on n'avait pas dit "non",
mais lĂ , on n'a pas dit "oui". Non, non et non !
C'est trop la galĂšre, lĂ , c'est trop la galĂšre !
- Je prends l'image d'un potier
qui façonne un vase,
et malgré l'expérience...
Démarrage en trombe
- Non ! Non !
Non !
Non !
- Oui, je vois effectivement que ce petit monde est trÚs bien chapeauté.
- J'arrive.
Fred ! Fred !
- Bon.
Petite précision pour la fine équipe.
Personne s'approche de ma fille, c'est compris ?
- J'avais pas dit "oui" !
- Non, non.
Non !
Non, non !
- Matthieu !
Matthieu !
- J'avais pas dit "non", mais j'ai pas dit "oui.
- Fred, Fred...
T'es pas tout seul.
Fred.
Il pleure.
T'es pas...
- Matthieu !
Matthieu !
Matthieu !
Matthieu !
Je te demande pardon, Matthieu.
Je vous demande pardon.
Je me suis perdu.
Je vous lĂącherai plus.
Et merde.
Musique douce
- Il est quelle heure ?
- Toujours 12h37.
Il souffle.
- C'est pas elle.
- Si c'est elle, c'est elle !
Tiens, elle arrive !
- Oh !
- Vas-y, vas-y.
- Non, surtout pas !
Tu attends. N'arrive pas le premier, c'est une rĂšgle.
- Oh, tant mieux.
Je sais pas quoi lui dire.
- Eh ben tu dis rien.
Tu l'écoutes. C'est toujours bien, d'écouter.
- Mais, si elle me pose une question ?
- Eh ben, tu...
Tu, tu... tu manges.
Tu... Mais euh...
tu mĂąches bien.
Le temps que tu avales, elle aura passé à autre chose.
Ah, et puis,
de temps en temps, tu dis juste : "moi aussi".
Les points communs, c'est toujours bien.
Je suis content pour toi.
- Moi aussi.
- VoilĂ , "moi aussi". Tu dis "moi aussi".
- Non.
Moi aussi, je suis content.
- Ah oui, oui. Moi aussi, oui.
Tu peux y aller.
- Moi aussi.
- Non mais, vas-y.
Tu sors de la voiture.
Allez - Allez !
Portes qui se ferment
- HĂ©, vous !
Musique du centre commercial
- Matthieu ?
- Oh, pardon.
Pardon.
- Je viens d'arriver.
- Moi aussi.
- Ben oui.
J'ai faim,
on... on y va ?
- Bonsoir.
- Viens, on va lĂ .
- Vous voyez bien qu'elle risque rien.
Faites pas cette tĂȘte. - Je sais plus quoi faire.
Elle ne me dit rien, elle me dit...
jamais rien.
Je la connais plus.
- Je suis entouré de gens
qui ont toujours une bonne raison de pas se faire entendre.
Qui n'osent rien faire, rien dire, de peur de dire des conneries,
de peur d'ĂȘtre jugĂ©s par je sais pas qui.
Pour que les gens vous parlent, il faut leur en donner le droit.
Ăa devrait ĂȘtre un droit de l'Homme.
Le droit Ă la connerie.
Rire
- T'en as plein, lĂ .
- Oh !
Rires
Respiration forte
- Je...
- J'ai... - Je crois...
- Vas-y. - Toi.
- Non, toi.
- En mĂȘme temps ?
- OK.
- Trois,
deux,
un...
- J'ai envie de vomir. - Je crois...
que je t'aime.
Musique lente
Moi aussi.
- Pierre, le voilĂ .
Musique intense
- Chantal. - Chantal.
Voix lointaines
- Chantal...
Voix indistinctes lointaines
Musique lente
- Chantal. - Chantal.
Voix au loin qui disent "Chantal".
- Ah...
- Ah, Chantal. - Chantal, on est tous lĂ , tu vois ?
- Coucou, Chantal.
- Tu nous as fait peur.
- Tu as pensé à mon micro ?
Rires
- Oui, oui. Oui, tu l'auras, tu l'auras.
Mais il faut que tu te remettes d'aplomb.
- Ben oui.
Pour aller Ă "Garorock". C'est dans quinze jours.
Je sais,
je conduirai pas.
Mais on peut aller au concert. J'ai jamais raté un "Garorock".
- Oui, c'est que, peut-ĂȘtre que...
En fait... En fait...
- Quand tu vas sortir, ce sera pour aller à l'HP, à la Candélie.
Ils veulent pas prendre de risques depuis ton suicide.
Ben quoi ? C'est vrai.
- T'en auras d'autres, des "Garorock".
- Chantal, ne pleure pas.
Si tu n'y vas pas cette année, t'iras l'année prochaine.
- Ce sera peut-ĂȘtre mieux.
- T'inquiĂšte pas.
- T'es la 1re personne que je connais
qui a déjà bu de l'eau de Javel.
Rires
Ăa, c'est quand mĂȘme...
- Raconte, c'était bon, au moins ?
Rire
Tout le monde rit.
- Puisque vous ĂȘtes lĂ , je crois que Ricardo a quelque chose Ă vous dire.
- Je voulais vous dire, pour le remboursement,
je peux aussi récupérer une quinzaine de tondeuses.
- On s'est arrangés avec la maire,
elle va gérer les plaintes.
- Le problĂšme, c'est Chantal.
- Ben, si je peux aider...
Brouhaha
- Qu'est-ce qui se passe ? Pardon.
- Oh !
Attendez,
vous savez oĂč vous ĂȘtes ?
C'est un hĂŽpital, ici.
Elle a besoin de repos.
Chantal rit.
- Dehors, vite ! Attendez...
- T'inquiĂšte pas. On revient vite.
- Quand ?
Musique rock
Cris enthousiastes
- Une photo, Matthieu !
Matthieu !
S'il te plaĂźt !
Matthieu !
Musique rock
- C'est qui, celui-lĂ ?
- Je suis Ricardo, votre chauffeur.
- Enchanté, Ricardo. - Allez-y.
- Y a deux Matthieu ?
Sonnerie
- Oui ?
- Je suis oĂč vous savez avec qui vous savez.
- OK. Nous aussi.
C'est bon.
Bonne chance.
- Faudrait peut-ĂȘtre y aller, lĂ .
- Ah oui.
- Oui. - Tout de suite. VoilĂ .
- Chantal.
Psst, Chantal.
- Oh, vous ĂȘtes venus me voir ?
- Non, on est venus te chercher.
On va faire un tour.
- Chut, s'il y a des soignants...
-"Soignants" ? Ăa fait longtemps que t'es pas venu, toi.
Ils ont plus le temps d'ĂȘtre avec les malades, les soignants.
Ils passent la journée devant l'ordinateur à faire des rapports.
- On peut savoir oĂč vous allez ?
Oh pardon, docteur, je ne vous avais pas reconnu sans la blouse.
- Ah. Bonne soirée. - Bonne soirée.
- Tu mets une blouse, maintenant ?
- Je suis bien obligé, ils ont changé les rÚgles.
- Tu te rappelles quand Tosquelles les a enlevées ?
Le bordel !
- Alors, ça va comme vous voulez ?
- Tout est sous contrĂŽle, regardez.
Pile Ă l'heure.
- C'est la vedette ? Vous me la présentez ?
- Bien sûr.
- Bonjour Ă tous.
- Vous ĂȘtes qui, vous ?
- Ben, Fred.
- Patrick. - Les musiciens.
- Elles sont oĂč, les loges ?
- Euh...
- Ah.
- Vous deviez me ramener M !
- C'est pas dans la ville ?
- Si, mais tout est bouché à cause du festival.
On fait le tour. Mais c'est bon, j'ai un nouveau modĂšle de GPS.
On devrait y ĂȘtre dans Ă peu prĂšs dix minutes.
- On peut passer Ă la suite. -La suite, t'es marrant !
Je te dis que M est toujours pas lĂ .
- Oh ben mince, alors.
- Il a quitté l'hÎtel il y a 1h. On fait quoi s'il vient pas ?
- Je... Je sais pas.
- Je comprends pas, le GPS m'a emmené ici.
- C'est sûr que c'est pas là .
Normalement, y a des gens et une scĂšne.
Musique burlesque
- Qui c'est, cet abruti ?
- C'est M ? - C'est quoi, cette bagnole ?
- C'est une 4L.
- Je m'en fous !
Qu'est-ce qu'elle fout lĂ ?
- On en voit plus, des 4L, c'est rare.
- Salut.
- Il fait quoi ? On avait dit pas cette année, l'association.
- Mais lĂ , c'est pas l'association, c'est un individu,
une personne.
L'individu est bénévole à la mairie, c'est pour ça qu'il a un badge.
- C'est la merde. Trouvez-moi M.
- Allez, viens.
- Viens ici, toi !
Je veux trouver M !
- Elle va y arriver ?
- Elle veut pas faire une carriĂšre,
juste un tour de manĂšge.
- Ton micro.
Il est lĂ .
- Oh !
Ăa va, ça va.
Non, non, ça va, ça va.
Ăa va, viens, regarde. Je viens avec toi.
Viens.
Vas-y.
Acclamations
Je suis lĂ .
Merci d'ĂȘtre lĂ . Malheureusement, M
est un peu en retard, mais en attendant...
Huées
... vous écouterez notre merveilleuse Chantal.
Huées
Viens, viens.
Non, ça va. Je viens avec toi.
Huées
Les écoute pas.
Laisse-les dire.
Tu sais bien.
Allez, vas-y, fais-le. Fais-le pour toi.
Huées
-Si l'on m'avait conseillée
J'aurais commis moins d'erreurs
J'aurais su me rassurer
Chaque fois que j'ai eu peur
Je me serais blottie au chaud Ă l'abri d'un vent trop fier
Et j'aurais soigné ma peau Blessée par les froids d'hiver
J'aurais mis de la couleur Sur mes joues et sur mes lĂšvres
Je serais devenue jolie
J'ai construit tant de chĂąteaux
Qui se réduisaient en sable
J'ai prononcé tant de noms
Qui n'avaient aucun visage
Trop longtemps je n'ai respiré
Autre chose que de la poussiĂšre
Je n'ai pas su me calmer
Musique lente
- Bon, ben merci.
- Faut que je vous avoue un truc.
Je me suis pas perdu.
C'est une longue histoire. Vous avez pas le temps ?
- Non.
-En rouge et noir J'exilerai ma peur
Huées Elle chante faux.
- C'est beau, hein ?
- Je me rends pas bien compte, mais si quelqu'un trouve ça beau...
c'est beau.
Huées
-En rouge et noir Mes luttes, mes faiblesses
-Ăa fait longtemps, ce costume ?
- Plus de 25 ans, je crois.
-En rouge et noir
Drapeau de mes colĂšres
- Vous ĂȘtes bien suivi, au moins ?
- Oui, oui. De plus en plus, mĂȘme.
- Comment ça, "de plus en plus" ?
- Des milliers de personnes, je pense.
- Ah.
Chantal fait des vocalises.
Elle crie.
- J'y vais, c'est mon tour.
Guitare de M
Acclamations
- Merci !
Guitare
Acclamations
Applaudissements
Encouragements
Ils scandent : "Pierre, Pierre !"
- Il supporte pas l'injustice, c'est ce qui m'a touchée chez lui.
Avant, il travaillait dans une administration,
il a été témoin d'abus de pouvoir. Il les a dénoncés,
et la direction ne lui a pas pardonné.
Elle l'a harcelé jusqu'à ce qu'il craque.
- Je me souviens trĂšs bien de lui.
On l'a gardé un bon moment.
- Demain, on va au Mont-Saint-Michel, c'est notre premier voyage.
Vous pensez que je fais une bĂȘtise ?
- Alors là , ça te regarde.
Maintenant qu'il est sorti, c'est plus un patient.
Vous faites bien ce que vous voulez.
- Justement, on a pensé à quelque chose.
En voyant tous ces gens
qui sortent de l'hĂŽpital comme lui et qu'on renvoie seuls dans la nature,
on s'est dit qu'on devrait continuer dehors
ce qu'on fait ici.
Pour qu'ils aient un endroit oĂč aller.
VoilĂ .
Vous pensez que c'est une bonne idée ?
Est-ce que vous pensez que moi, j'en serai capable ?
- Qu'est-ce que ça peut fiche, ce que j'en pense ?
Depuis le temps
qu'on travaille ensemble, tu en sais autant que moi.
Musique douce
AprĂšs, tu sais, moi, quand je doute,
je prends appui sur le sol de l'enfance.
C'est important de retrouver les cailloux que l'enfance a laissés.
Eux seuls permettent de ne pas s'égarer
dans les dédales de la vie adulte.
Musique lente
- Papa !
- Il faut faire attention.
Parce que,
on ne s'aperçoit pas de la connerie de la vie quotidienne.
On ne se réveille qu'au premier barrage,
quand elle doit organiser des détours,
de la résistance, pour pouvoir vivre, enfin.
AprĂšs, tu sais, c'est une fantaisie,
de penser qu'on peut se comprendre.
-Désolé, je n'ai pas trouvé le lieu...
- Enfin, on entend jamais que ce qu'on désire.
Ou ce qu'on redoute.
-Ăcouter de la musique.
- On est seuls.
Musique lente
C'est pour ça que l'art existe, hein.
C'est un appel désespéré à autrui.
Musique lente
- Je suis pas sĂ»re d'ĂȘtre prĂȘte
Ă partir d'ici.
- Mais si, fous le camp, va.
Il faut savoir tout changer.
- C'est mieux comme ça.
- Se séparer de quelque part. Aller ailleurs.
Rencontrer d'autres choses, d'autres gens.
Se promener, vagabonder.
Prendre son temps, quoi.
Y a qu'une seule urgence dans la vie.
C'est de ne pas mourir.
Musique lente
-Ă bientĂŽt, alors. - Oui.
Sculpture cassée
- Ah !
Soupir
Moteur
Il redémarre.
Voiture qui s'éloigne
Vagues
Piano valse
Musique intense
Musique joyeuse
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