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Et le boulot ?
Ca va.
Et l'incendie, alors ?
L'enquete est pas finie.
C'est long.
C'est normal.
Je pense m'acheter un pick-up.
On l'etrennera pour aller a la chasse.
Pas de probleme, mon chum.
J'arrive pas a comprendre que le docteur...
Il a fait quoi, apres avoir ramene les filles ?
Il a fait quoi pour arriver chez lui apres nous ?
Il se serait arrete au bord de l'eau.
Il avait besoin de decompresser.
Tu le crois ?
Ta fille Claudine,
elle a toujours son chum, Forget ?
Ils sont toujours ensemble. Pourquoi tu demandes ca ?
Tu n'as jamais rien entendu, OK ?
Tu dis rien a ta fille.
On est d'accord ?
La nuit de l'incendie,
M. Lemaire a ete vu avec Jean Forget en train de s'embrasser.
Ce week-end, je descendrai au chalet samedi avec Steph.
Elle a une soiree vendredi. C'est l'anniversaire de Fatima.
Je t'attendrai.
Tu pars vendredi.
Et toi, tu vas la conduire toute la soiree ?
- Mais... - Non !
C'est pas la premiere fois.
Les autres parents, ils font quoi ?
Laisse les autres parents.
Ils ont bien de la chance.
On trimballe toujours les jeunes.
Il s'est deja passe quelque chose ?
OK. C'est bon.
Dis-toi que c'est bientot fini.
J'ai rien dit.
Tu appellerais l'ecole ?
Ca va pas ?
Je me sens pas bien.
Qu'est-ce que tu as ?
J'ai la nausee. J'ai mal partout.
T'as pas de fievre.
Mais j'ai mal partout.
Tu y vas pas trop fort a velo ?
Je vais aller me recoucher, je pense.
T'as pris quelque chose ?
Regarde ce que j'ai.
Une framboise !
C'est bon.
Encore ?
Si ma fille adoree tente de me joindre d'urgence,
tu me deranges pendant ma reunion. Elle est malade.
Elle a a peine touche a son muffin ce matin.
Le stress des examens de fin d'annee, aussi.
C'est pas rien.
T'imagines ? Steph qui commence son cegep a l'automne ?
- Ton accouchement etait hier. - Ca passe tellement vite.
- Donne-m'en des nouvelles. - De tes muffins ?
Bien sur.
J'avais la boucle d'oreille dans la main,
elle est descendue, j'ai frole son cou, sa joue. C'etait...
Et apres ?
- J'ai pas pu. - Mais enfin !
C'etaient les boucles d'oreilles de ma mere.
Oui. J'avoue.
Et c'etait juste un beau moment.
Precieux. J'avais pas envie de le gacher.
Tu as l'air essoufflee.
J'arrive a l'ecole. Je pouvais pas me permettre de manquer les maths.
J'ai un appel. Peut-etre Marc Lemaire qui a des nouvelles du duplex.
- C'est moi. - Ah... Ecoute...
Je suis avec Steph sur l'autre ligne.
Elle etait malade. Je te reprends.
C'est ton pere.
Alors ? Dis-moi, ca va ? T'as plus de nausee ?
Oui. Je sais pas ce que j'avais ce matin.
Tu as mange quelque chose ?
Un fruit. Mais je vais prendre quelque chose a l'ecole.
Bon. Ben...
Contente que ca aille mieux.
- Embrasse papa. Bye. - Oui. Bye.
Ca a l'air d'aller. Elle retourne a l'ecole. Tu voulais me dire...?
Rien de special.
Je me demandais comment t'allais. T'avais pas l'air bien ce matin.
- Non, non. Ca va. - OK. C'est bien.
Peut-etre que
que je me suis mis la pression pour le duplex, mais ca va aller.
Sacree chance qu'on ait pris Marc pour le duplex.
Oui.
Remi, c'est l'exemple parfait du gars qui a tout ce qu'il veut dans la vie.
Il a du croiser Claudine a l'universite,
a la gym ou a la cafeteria,
et il a fait : "Ca, c'est la mienne." Il l'a eue.
Apres ca : "Tiens, je vais lancer une petite affaire."
Et ca fonctionne super bien.
20 ans plus tard, il a 10 employes.
- Ah, quand meme. - Oui, oui.
Ils sont pas dans le besoin.
Elle gagne bien. Elle est DRH.
Pour acheter un duplex a leurs enfants...
Et de beaux enfants.
Ils sont bien eleves, brillants. La petite, tu l'as vue.
Elle est intelligente.
J'ai vu M. Lemaire pour mon travail.
Pas Marc. Le pere.
T'as vu ce bazar ?
- Veux-tu boire quelque chose ? - Non. Ca va.
T'as besoin de tout ca tous les jours ?
C'est rien, ca, aujourd'hui.
Vous allez voir. Papi, tu vas halluciner.
C'est particulier.
Je veux dire, ta rencontre avec Claudine Grenier.
Le fait que tu sois leur courtier pour l'achat d'un duplex,
leur fille qui fait la nounou. - Ca, c'est rien.
On vient d'etre invites, avec Mylene, aux 50 ans de Claudine.
Et tu sais quoi ?
Son anniversaire, c'est le 22 juin, le soir de l'incendie.
Tu sais ca, toi !
- Vous avez parle de cette soiree ? - Non.
J'ai essaye, mais je sais pas, je sens...
- Je sais pas. - Quoi ?
Je sais pas. Je sens...
une gene...
un malaise de sa part.
- Tu sais pourquoi ? - Non.
C'est tellement triste de voir ca.
Le petit Lemaire et son pere.
Qui regardaient la maison en feu.
Tout ca a cause d'une cigarette.
- Tu restes dejeuner ? - Non. La semaine prochaine.
J'allais oublier.
Tiens.
C'est parce qu'il s'est suicide a cause de maman
que vous voulez pas de sa photo ?
Un enfant du primaire aurait fait la meme deduction.
Il faut que je le rende a M. Lemaire.
C'est lui qui t'a dit ca ?
Non.
Steph...
Non, c'est pas lui. Que veux-tu que je te dise ?
Alors c'est qui ? On peut savoir ?
La soeur de Jean Forget.
Francine.
Le 9236 Gatineau est vendu.
L'offre d'achat a ete acceptee pour le duplex.
Papa ! Regarde tes messages !
Genial !
Mon Dieu ! Ca marche pour le duplex.
Dans 1 an ou 2, toi et moi, on logera au-dessus de chez Alex.
Je viens juste de recevoir ton message. Bravo.
- Tu es contente ? - Oui.
Elle est pas belle, la vie ?
Il faut feter ca. On va prendre un verre.
Je laisserai jamais ma fille seule a la maison.
Mais Alex est la.
Steph n'a que 16 ans.
Meme si elle est tres responsable. J'ai confiance en elle. C'est pas ca.
Je sais qu'elle fera jamais rien de...
"De" ?
Quelque chose pour nous deplaire.
On verra quand ton fils sera ado.
Elle fait quoi, demain soir, Steph ?
L'anniversaire de sa copine Fatima.
Je vais la conduire chez elle a 18 h a Ahuntsic.
Ensuite, elles vont chez une amie, et je retourne la chercher
a Ville-Saint-Laurent a minuit et demi.
"A minuit et demi" ?
Pire que ca. Je suis sure qu'elle va me texter
pour que je vienne plus tard.
Eh ben !
En tant que parent, on doit toujours negocier.
Et Remi, lui, il part peinard pour le chalet demain soir.
Merci. Oh oui !
Avec toute l'histoire du duplex, il lui tarde.
Remi peut pas rester 2 week-ends sans aller a la campagne.
Il a besoin d'etre dehors, de bricoler, de couper son bois,
de tondre sa pelouse, d'ecouter les petits oiseaux.
Je l'imagine tres bien.
Il va partir apres avoir fini sa journee,
il va s'arreter en chemin...
Et toi, entre 18 h et 1 h du matin, demain soir, tu fais quoi ?
Activites libres.
Au 9236, avenue Gatineau.
Au 9236.
En esperant que c'est pour le mieux, qu'on fait pas une betise.
- Tu doutes ? - On fait ce qu'il faut ?
Tout ca pour qu'ils se consacrent plus a leurs etudes.
Ils sont vraiment conscients du privilege qu'ils ont.
Alex a la tete sur les epaules, Steph est entiere, vraie.
- Si tu le dis. - Ce sont des jeunes bien eleves.
Oui.
Oui. Je pense que oui.
Ca vaut la peine.
Je vais te montrer ce qu'ils nous ont envoye.
Ils se sont pas consultes. J'en suis sure.
Tiens. Ca, c'est celui d'Alex.
"Est-ce que j'aurai assez d'une vie pour vous faire part
"de toute ma reconnaissance ?"
Si un jour Herve m'ecrit ca, je pourrai dire
que j'ai reussi ma vie.
Steph, maintenant.
"Je vous echangerais pour rien au monde.
"Vous etes les plus super geniaux parents que je connais. C'est trop.
"Mais je ferai tout pour ne jamais vous decevoir."
- Et tu doutes d'eux ? - Ils ont recu un gros bonbon,
mais demain, ca se sera dissipe, tout ca.
Donne-leur au moins la semaine.
Merci.
Ca oublie vite, a cet age-la.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Rien.
C'est pas grave. Je peux bien te le dire.
La photo que Steph t'a montree de moi avec mes parents,
eh bien, cette photo est dans ma chambre a coucher.
Non !
- Elle est entree dans ta chambre ? - Obligee, pour prendre la photo.
C'est pas drole. C'est pas possible.
- C'est pas grave. - Elle va m'entendre.
- Non. S'il te plait. - Elle aurait pas du.
Je veux pas que tu lui dises.
C'est pas possible !
Il y a...
quelque chose dont je veux te parler
et je sais pas comment l'aborder.
Je suis desolee si...
Quoi ?
Ben, moi non plus, a vrai dire.
Je sais pas comment parler de ca.
Pourquoi tu voulais plus me voir ?
N'essaie pas.
C'est pas que je voulais plus te voir.
- C'est... - Ben, c'est quoi ?
Si Remi n'etait pas venu me voir, on serait pas ici.
Tu cherchais un appart et tu m'en parles pas.
Je pensais vraiment pas que c'etait ton truc.
Je sens comme une gene.
C'est en rapport avec nous ?
Avec l'incendie ?
Avec ma mere ?
Au fait que tu me gardais ce soir-la ?
Non.
Je sais pas, mais je sens un malaise.
Depuis le debut.
Comme si on n'osait pas trop en parler, en fait.
Mais non.
Non, non. Pas du tout.
C'est drole parce que...
Non. Moi aussi.
J'ai pense la meme chose.
Je me suis dit : "Peut-etre qu'il veut pas en parler."
Je respectais ton silence.
Alors on est pareils.
- Oui. - Good.
- Vas-y. - Non. Toi.
- Vas-y, s'il te plait. - Bon.
Est-ce que tu as des souvenirs precis de cette soiree ?
Je veux dire : avant l'incendie.
L'incendie, c'est precis.
Avant ? La soiree, pendant que tu me gardais ?
Oui.
Plus ou moins.
Les boucles d'oreilles, ca me dit rien.
Ah non ?
C'est drole, parce que moi,
je te revois tellement bien !
Tu avances...
timidement...
avec la petite boite dans les mains.
Et il y a ta mere, derriere, qui te pousse dans le dos.
Il faut que je t'avoue que...
les boucles d'oreilles, l'autre soir, ca m'a pris de court.
Ah oui, hein ?
Oui. J'aurais pas du.
Ah non, non. C'est pas ca. C'est juste que...
j'ai tellement...
peu de souvenirs tangibles de ma mere...
Je viens d'avoir un flash. Quelqu'un est passe ?
- Ce soir-la ? - Oui. Une fille ou...
- Je sais pas. Oublie ca. - Non.
Non. Tu as raison. Carole.
Ma soeur Carole est passee dans la soiree.
Pour mes 50 ans, j'aimerais vous avoir au chalet
tout un week-end.
Avec Carole. Toute notre famille ensemble.
Ca vous tente de venir au chalet a Saint-Jean ?
Ou a la fete du Canada. On verra.
Voulez-vous de la creme glacee avec votre tarte ?
Tu m'as fait peur.
- Tu cherches quoi ? - La creme glacee.
En bas.
C'est le monde a l'envers.
La creme glacee a toujours ete en haut dans nos Frigidaire.
Tout est a sa place.
C'est quoi, ca ?
C'est pour dire de fermer la porte.
Un peu plus et ca parlerait.
Merci.
Tout ce que tu as, ma belle fille,
tu le merites.
Tu travailles assez fort pour ca.
Je suis fiere de toi. Le sais-tu, ca ?
Qu'est-ce que t'attends pour l'appeler ? Elle est seule ce soir.
J'ai dit qu'elle etait seule, mais elle l'est peut-etre pas.
Son fils est peut-etre la.
Peu importe. Le mari est a la campagne, non ?
Mais vas-y ! Go!
Les boucles d'oreilles, c'etait pas innocent.
Elle etait pas obligee de te dire qu'elle serait seule ce soir.
J'ai realise quelque chose recemment.
J'ai reproduit exactement le meme schema que mon pere.
Autant mon pere, c'est...
J'allais dire : un modele. Et oui, ca en est un.
Mais pas avec les femmes.
J'en ai vu passer a la maison apres la mort de ma mere.
Mais aucune a laquelle il s'attachait.
Des qu'il sentait qu'une femme s'attachait a lui, il la quittait.
Jamais ils partageaient la meme maison.
Et encore aujourd'hui : Helene, sa blonde.
Et Helene, quand meme, ca fait pres de 10 ans...
Elle a son appart, il a sa maison.
Ils se voient le mercredi soir et le week-end.
Je fais exactement la meme chose.
Et Mylene ?
C'est parce qu'il y a Herve.
Elle etait enceinte, elle voulait le garder.
J'avais 39 ans, envie de me caser.
Et je l'aime, Mylene.
Je veux pas risquer de briser une famille.
Non. Bon week-end.
- Toi aussi. - Ciao.
C'est fini,
vos affaires avec Lemaire ?
On peut dire que c'est pratiquement termine.
Il reste a passer chez le notaire.
Alex m'a dit qu'il nous y emmenerait.
Qu'on puisse au moins voir ca de l'exterieur.
Son pere, a lui,
le docteur, tu l'as revu ?
Non.
Steph a fait un travail sur lui.
C'est un grand specialiste.
- Il est cure, aussi, il parait ? - Non. C'est pas un cure.
Dans son eglise.
C'est une eglise evangeliste baptiste.
Il agit comme officiant. C'est une sorte de predicateur.
Les evangelistes sont chretiens.
Oui. Je pense que oui.
Mais il est quelle heure, la ?
8 h 20.
Vous vous rappelez de la nuit de l'incendie ?
Oui.
Comment on a su qu'il y avait le feu ?
Ca faisait pas longtemps que M. Lemaire m'avait ramenee.
Ca faisait a peine 30 minutes que tu etais la que le telephone a sonne.
Tu parlais avec Carole dans sa chambre.
C'etait qui ?
Maurice Beauchesne.
- "Beauchesne" ? - L'inspecteur.
C'etait le grand chum de ton pere.
Il savait que tu gardais Marc.
Et lui, il etait deja arrive chez les Lemaire.
Il cherchait le docteur.
Mais il etait pas encore la quand on est arrives.
Tu t'en rappelles ?
Ca doit etre Remi. Il m'appelle en arrivant au chalet.
Oui, oui. C'est lui.
- C'est moi. - Tu viens d'arriver ?
J'arrive juste.
Je me disais aussi que le telephone devait bientot sonner.
- Alors ? Tout va bien ? - Oui.
J'ai amene mes parents diner a la maison.
- Ils sont en forme ? - Oui.
- Vous pensez arriver quand demain ? - J'ai dit a Steph qu'on part a 9 h.
OK. C'est bon.
- A demain, mon amour. - A demain.
Dors bien. Bye.
Bye, maman.
Oui, Steph ?
On etait tous dans la chambre de ses parents, genre 16.
Et la, sa mere a dit qu'elle voulait montrer
une robe qu'elle avait achete.
Elle s'est mise a crier. Tu la connais.
Elle criait. Elle sautait partout.
Je vais te montrer. C'etait tellement drole, de la voir.
En parlant de chambre a coucher, je voulais te dire...
J'en ferai pas toute une histoire, mais quand on va chez des gens,
on respecte leur vie privee.
Leur intimite.
Quel est le rapport ?
La photo de Marc avec ses parents, elle etait ou ?
Merde !
- Si tu me l'avais dit... - Il est fache ?
J'aurai l'air de quoi, moi ?
- J'ai promis de rien te dire. - C'est super.
Tu sais pas qu'il le sait.
Pourquoi tu me dis ca ? J'ai passe une soiree geniale.
Et il se peut que j'aille au bal.
Mon Dieu ! Mais qu'est-ce qui s'est passe ?
Les filles ont reussi a te...
- T'as rencontre quelqu'un ? - Je pourrai plus regarder Marc.
Il est comment ? Il est mignon ?
- C'est lui ou c'est toi ? - Reste calme.
Je savais que c'etait ca qui te retenait.
Parce que t'etais pas accompagnee.
Toutes tes copines ont un copain.
Il faut aller au bal accompagnee de son chum.
- Parce que toi, tu y es allee seule. - Mais non.
Bon.
Avec qui ?
Avec...
un gars.
Ton chum ?
Pourquoi tu te sens mal ?
Je me sens pas mal.
Il etait comment ? Il etait mignon ? C'etait quoi, son nom ?
Tu sais y faire pour t'en sortir, toi.
Mais sans rire, c'etait ton premier chum ?
Tu l'aimais ?
Oui.
Samedi, a 11 h, vous partez.
Le rendez-vous au spa est a 11 h.
On partira du chalet a 10 h 30.
Je vous texterai des que les filles partiront.
Je m'occupe de ceux qui installent la tente et les tables du diner.
Ils m'ont confirme. Ils seront la a 11 h.
Le traiteur viendra a midi, mais tout sera pret a 14 h.
Nous, on ira chercher les gens a L'Auberge a 13 h.
Et on devrait etre au chalet a 13 h 30 si personne n'a de retard.
En partant du spa, je vous appelle pour vous le dire.
Et a 14 h, tu reviens avec maman, et puis... Surprise !
Incroyable. Incroyable ! On gere pas bien ?
J'ai fait faire des petits cartons.
Pour chaque groupe a chaque table.
Les Lemaire, je les ai mis a ta table.
Une table de jeunes !
Genial.
Alex, tu sais, la photo de maman a son bal avec le beau gars...
La mets pas dans le diaporama.
- Pourquoi ? - On a assez de photos.
Franchement, une photo de plus ou de moins...
Si on a termine, je vais y aller.
OK. C'est bon.
Felicitations.
Deux ou trois semaines avant l'incendie,
j'avais recu ma reponse de l'ACDI.
Medecin volontaire au Cameroun.
Ta femme etait contente ?
Anna...
Oui et non. C'est difficile a dire.
Moi, je pensais que l'aide humanitaire l'aiderait.
S'occuper des autres...
Bref ! J'ai plus de maison,
plus de femme. Marc a 7 ans.
Rimouski ou l'Afrique, ca n'a pas d'importance a cet age-la.
L'aventure est devant nous.
J'accepte.
J'en reviens a l'incendie...
En tournant au coin de la rue, j'ai vu une immense flamme
du meme cote que ma maison.
Je me suis senti mal.
Mais quand j'ai realise que c'etait la mienne...
Ca a du etre terrible.
Il y a pas de mot.
Ca flambait.
Ce qui m'a sauve, c'est que j'ai vu Marc
en sortant de ma voiture.
Ca a ete traumatisant, pour lui.
Heureusement, il en a oublie des gros passages par la suite.
Je voyais pas Anna.
J'ai vite saisi qu'elle etait prisonniere des flammes.
C'est triste. Quelle mort atroce !
Marc a essaye de l'entrainer avec lui.
Comment veux-tu qu'un enfant de 7 ans...
Elle s'etait endormie.
Elle s'est jamais reveillee.
C'est surement mieux comme ca.
Et le garcon... C'est quoi, son nom ? Celui qui s'est suicide.
Jean ?
C'est arrive quand ?
A la fin de l'ete, si j'ai bien compris.
- Tu le savais pas ? - Non. Stephanie me l'a appris.
On a quitte Rimouski a la mi-aout.
Tout etait regle : les assurances, la succession d'Anna.
Ca t'etonne qu'il se soit tue ?
Quelqu'un qui met fin a ses jours, c'est toujours surprenant.
Tu penses que t'aurais pu l'empecher de se tuer ?
Non.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Je t'attendais.
- Comment tu savais que j'etais la ? - Mercredi, piscine.
J'ai tente le coup. Je t'ai vue.
- Tu m'as vue nager ? - Oui.
- Le cube est vendu. - Felicitations.
- Les affaires vont bien. - C'est une bonne periode.
- Ca ete vite. - 6 semaines exactement.
Le mercredi 12 avril, je posais la pancarte, tu passais.
J'ai laisse ma voiture la-bas. On marche ?
Mais oui. OK.
Precisement au moment ou j'installe la pancarte "A vendre",
tu passes.
J'aurais pu avoir la tete tournee, regarder la maison... Mais non.
- T'etais pas de l'autre cote... - J'aurais pu prendre une autre rue.
C'est rare que je passe par la rue Mozart pour rentrer.
Mais qu'est-ce qui fait
que ce mercredi-la, tu choisis de passer rue Mozart ?
C'est quoi ?
Un hasard ?
Si c'est pas ca, comment tu appelles ca ?
C'est ca que je voudrais savoir, moi.
Statistiquement, c'etait possible, quand meme.
J'habite le meme secteur,
ton travail t'amene dans le coin.
C'etait pas impossible de se rencontrer.
Merci pour cet intermede philosophique.
Merci a toi.
Bonne fin de soiree.
Veux-tu prendre un verre ?
Je blague.
Je prendrais pas un verre, mais...
je visiterais peut-etre la maison.
Si c'est encore possible.
Je suis curieuse de voir l'interieur.
Good.
Avec plaisir.
J'ai les cles.
Si on passait a des choses plus legeres ?
Je pense qu'on est au bon endroit.
J'ai...
une grande demande a te faire et je prends Dieu a temoin.
C'est vraiment serieux.
C'est Lui, d'une certaine maniere, qui a permis que je te rencontre.
- Qui t'a mise sur ma route. - J'aime pas ca.
- Tu as peur ? - Non.
Quoi ?
Qu'est-ce que tu veux ?
Est-ce que tu acceptes de m'epouser ?
Mon Dieu !
Dieu nous a prouve que toi et moi, c'est profond.
Que c'est fort.
J'ai envie qu'on partage la meme maison.
J'ai envie qu'on prenne soin l'un de l'autre toute notre vie.
L'idee de l'architecte, ici,
c'etait de laisser passer le maximum de lumiere.
Donc tout : l'orientation de la maison, les fenetres,
tout a ete reflechi en fonction de cette idee.
Tu vivrais ici ?
Je suis pas certaine.
Non, c'est magnifique,
mais c'est pas fait pour ma famille.
- Pardon. - Excuse-moi.
Ca, c'est la chambre de maitre.
C'est calme.
Bonjour l'intimite.
Qui veux-tu qui te voie ?
Qu'est-ce que tu cherches ?
Je reviens.
- Eh ben ! - Salut.
Vous vous etes passe le mot ?
- Je te derange ? - Pas du tout.
- J'ai vu ta voiture. - Entre.
- Je voulais te dire... - Claudine !
Claudine !
- Ma mere est la ? - On s'est croises par hasard.
Elle voulait visiter.
- Mais alors ! - Maman !
On finit la visite ?
Je suis pas sure. Elle va trouver notre maison ordinaire, apres.
Mais non. Je veux voir.
Ah ben, tu vas voir. C'est tres, tres beau.
Mais avant, Marc, je te dois des excuses.
- Pour ? - Je sais que tu le sais.
Je suis allee dans ta chambre pour la photo.
C'est juste drole.
Non, mais je sais que c'est...
J'aime pas qu'on entre dans ma chambre sans permission.
J'avais rien a y faire.
Good.
J'espere juste que...
ca m'empechera pas de revenir.
Pas du tout.
- Sur ? - Jure sur la tete de ma mere.
Et Mylene ?
Je lui en ai meme pas parle.
Genial.
C'est quelque chose.
Oui.
Je suis contente de l'avoir vue.
Mais je vivrais pas la-dedans, moi.
Je suis fiere de toi.
Mon Dieu, merci.
Je vais pas arriver a dormir.
J'ai de la chance d'avoir rencontre un homme aussi bon.
C'est vrai, Jacques.
J'aurais fait quoi, si tu n'avais pas ete la ?
Helene...
J'espere que le Seigneur va me permettre...
Le pire est derriere toi.
Le meilleur est devant nous.
Je t'aime tellement, Jacques.
A vendredi.
Tu me fais une petite place ?
- Si tu te decides pour le pick-up... - Tu seras le premier
a qui je le montrerai. - J'espere bien.
A la prochaine.
Pour ce que je t'ai dit : l'incendie, Lemaire...
Tu n'ebruites pas ca.
Ca restera entre nous. N'aie pas peur.
A la revoyure !
Maurice ! Maurice !
Mon grand-pere etait...
Il s'est passe quelque chose quand il a vu la photo de son ami.
- Il s'est mis a pleurer. - "Son ami" ?
Maurice Beauchesne.
Le policier qui enquetait sur l'incendie. Vous voyez ?
C'est vague.
Mais vous avez eu affaire a lui.
Sous-titrage : ECLAIR
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