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Alors?
Tout va bien, docteur.
Elle soupire.
N'allez pas à l'office, ma mère, vous devez vous reposer.
Me reposer?
Je n'ai plus le temps pour ça. -Ne jouez pas les fortes.
Je vois bien que vous êtes soucieuse.
Il serait temps de faire la paix avec le passé, non?
Je ne suis plus en guerre depuis longtemps.
Alors, pourquoi refuser de le voir?
Joyeux anniversaire.
Soeur Bernadette? -Désolée de vous déranger.
Le curé m'a dit que vous étiez revenu.
Je sais, ça fait longtemps.
Papet, tu nous présentes?
Je préfèrerais vous parler
à un autre moment. -Mère Madeleine va très mal.
Elle est à La Providence?
Non, à Carpentras.
Je l'ai souvent encouragée à reprendre contact,
Mais elle n'a jamais osé. -Je vous raccompagne.
Je vous en prie. Mère Madeleine va très mal.
C'est une question de jours.
C'est qui, mère Madeleine?
Vous lui avez rien dit?
Qu'est-ce qui se passe?
C'était une erreur, de venir.
Pas besoin de me raccompagner.
Maman?
Bon.
On mange le gâteau? -C'était qui?
Aucune importance.
C'est quoi, La Providence? -Ca suffit.
C'est comme mon père, on n'en parle pas?
J'ai plus faim.
Elle pédale pour faire démarrer une Mobylette.
Sonnette.
Bonjour.
Une visite pour vous, ma mère.
Pour moi?
Mère Madeleine?
Bonjour. -Bonjour.
Lucie Gauthier. -Je vous laisse.
Regarde-moi.
C'est fou ce que tu ressembles à ta mère.
Vous avez le même sourire. -Il paraît.
Vous l'avez connue pendant la guerre?
Oui.
C'était une femme tellement courageuse.
Ma mère?
C'est pas l'image
Que j'ai d'elle. -Alors, elle a dû changer.
Ma mère a le même.
C'est vous qui lui avez donné?
Je sais qu'elle a rencontré mon père pendant la guerre.
Vous l'avez connu?
Ma mère refuse de m'en parler.
J'ai besoin de savoir, pardon.
Je te comprends,
Mais ce sont des souvenirs douloureux.
C'est mon histoire.
Viens t'asseoir.
Tout a commencé au printemps 44.
Le Sud n'était plus en zone libre.
Les Italiens, les Allemands occupaient la région.
A l'époque, je dirigeais La Providence.
Papiere, bitte.
Danke schon.
Un jour,
le directeur du collège m'a fait venir
pour m'occuper d'une de ses élèves.
Danke schon.
Auf wiedersehen.
C'est là où j'ai rencontré ta mère pour la première fois.
Sifflement, battements de coeur.
Ma fille
n'ira pas dans un institut pour sourds.
Solange a redoublé deux fois.
Sa surdité est un problème pour toute la classe.
Et pour elle aussi.
Elle a perdu l'audition à l'âge de 11 ans.
Plus ça arrive tard, meilleure est l'aptitude à s'exprimer.
Justement, pourquoi ne peut-elle pas
rester ici?
Solange?
Tu peux lire sur mes lèvres?
Ce sont les élèves Ce sont les élèves
qui t'ont fait ça? -Oui.
Ils se moquent de toi.
A La Providence, Solange pourra étudier et se faire des amis.
Personne ne fera de remarques. -Epargnez-nous votre compassion.
Si l'école ne veut plus d'elle, elle s'en passera.
Solange a 17 ans.
Viens.
Sifflement aigu.
Solange.
Monsieur le directeur. -Madame Gauthier.
Solange!
Solange.
Ecoute-moi.
Tu crois que c'est facile pour moi?
Je veux pas arrêter l'école!
Mais Solange, tu pourrais te marier.
Tu as l'âge, maintenant.
Je veux pas faire comme toi. Je veux faire des choses.
Mais quelles choses? Tu n'arrives à rien,
tu le vois bien?
Elle claque la porte.
Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça?
Ah, Simone.
Des patients m'attendent.
Envoyez le courrier avant midi. -Oui, M. Le maire.
Et pour le fils Perret?
Les Allemands ne plaisantent pas avec le STO.
On va pas le dénoncer?
Je vais parler à ses parents, mais il a dû rejoindre
le maquis.
Armand!
Je me suis disputée avec Solange.
Comment ça? -Le directeur de l'école
Ne veut plus d'elle. -Je vais aller le voir.
Ils veulent placer notre fille dans une institution pour sourds.
La voiture freine brusquement.
Les portières claquent.
Robert.
Armand.
Tu préfères que je dise M. Le maire?
On a pris du grade. -Pourquoi vous arrêtez Barnet?
C'est un terroriste.
C'est pas le seul ici. -C'est calme ici.
J'ai perdu deux hommes hier.
Je te parle pas des maquisards terrés dans les collines.
Ils feront bientôt plus les malins. -C'est-à-dire?
Les Allemands veulent en finir.
Si tu sais quelque chose, je te rappelle pas
Ton devoir.
Au fait, félicitations. On se reverra souvent.
Madame le maire.
La voiture démarre.
Comment tu as pu être ami avec ce type?
Ses parents ont été dénoncés. -C'est de pire en pire.
Pauvre petite.
Clochette.
Un homme crie en allemand.
Les Allemands. On descend.
Clochette, on tambourine à la porte.
La chapelle dans la sacristie, un escalier donne sur l'extérieur.
Merci, ma mère. Mère Madeleine va s'occuper de toi.
Chut.
Allez-y.
On tambourine à la porte.
Désolée, nous étions en plein office.
Qui est la responsable? -C'est moi.
Que puis-je faire pour vous?
Simple vérification. -C'est une institution religieuse.
On a déjà vu l'Eglise protéger des Juifs.
Va t'asseoir.
Alors, trois fois deux, ça fait?
Six.
La bâtisse date La bâtisse date
de quelle époque? -13e siècle.
Et ici, qu'est-ce qu'il y a? -Les enfants étudient.
Neuf fois quatre, ça fait?
Levez-vous.
Ses talons claquent sur le sol.
Elle est belle, ta poupée, elle est à toi?
Réponds.
La Providence
est une institution d'enfants sourds.
On ne vous l'a pas dit? -Je ne crois jamais
ce qu'on me dit.
Quelquefois, une brebis s'égare.
Il n'y a ici que des religieuses
et de malheureux petits enfants qui n'entendent pas et ne parlent pas.
Mais allez-y, fouillez, nous n'avons rien à cacher.
On a toujours quelque chose à cacher.
Je reviendrai.
Auf geht's.
Asseyez-vous.
On reprend.
Bienvenue, Solange.
Viens.
Je ne veux pas me marier, je veux apprendre.
J'ai besoin de l'accord de tes parents.
Ils ne m'écoutent pas. Quelqu'un vient.
Va les rejoindre.
Vas-y.
Coucou. -Coucou.
Tu veux jouer avec nous? -Oui, avec plaisir.
Oui. -.. Oui.
Oui.
On y va? -Oui.
Attends, Solange.
Bonjour.
Monsieur, dame. -Bonjour.
Solange, mais où étais-tu?
Bonjour.
Viens. Raconte-moi.
Tu peux pas faire ça.
Je suis d'accord avec vous, ma fille peut aller plus loin
dans ses études.
En tant que maire,
je peux convaincre le directeur. -Sa diction va se dégrader
avec le temps.
A La Providence,
elle pourrait étudier en sécurité.
Comment ça? -Au collège, des élèves
s'en sont pris à elle.
Tu m'as rien dit.
Les jeunes sont cruels, ce n'est pas lié à sa surdité.
On demande aux enfants sourds de se comporter
comme s'ils entendaient, au prix de beaucoup de souffrances.
Mais elle souffre de sa surdité, d'être chez vous n'y changera rien.
Depuis sa méningite, je fais tout pour lui éviter de finir
chez les sourdingues!
Excusez mon épouse.
Tout ça a été...
difficile à vivre.
La maladie, les soins, ça a été pénible.
Surtout pour elle.
Mais on s'en est sortis.
Mais une nouvelle vie
Est possible, réfléchissez-y.
Pour Solange.
Je vous raccompagne.
Sifflement aigu, battements de coeur.
T'inquiète pas.
Au revoir, ma mère. -Au revoir.
Ce médaillon, il vous vient d'où?
C'est un cadeau de mon mari.
Il est beau, n'est-ce pas? C'est un bijou de famille.
Au revoir.
Ma mère.
Vous allez rester ici encore combien de temps?
Que se passe-t-il?
Vous nous dites toujours d'ouvrir nos coeurs
pour apaiser nos tourments.
J'ai eu un fils.
Mon grand-père est votre fils?
Cela fait de toi mon arrière-petite-fille.
J'ai un peu froid. -Ca va pas?
J'ai froid, c'est tout. Si on rentrait?
Tu me ramènes à l'intérieur? -Bien sûr.
Hop. -Merci.
Que tu es gentille.
J'avais 17 ans quand je suis tombée enceinte.
J'étais une gamine.
Tu te rends compte?
Et le père?
J'en étais folle amoureuse.
Ernest était un beau garçon.
Solide, un grand gaillard.
Toutes les filles du village
Étaient jalouses de moi, toutes.
En 1900, les moeurs étaient moins libres qu'aujourd'hui.
Mes parents étaient très pieux.
Ils ont mis mon fils à l'adoption.
Et moi, ils m'ont donnée à Dieu.
J'ai rien eu à dire.
Avant de nous séparer,
mon Ernest m'a offert un médaillon.
Regarde comme il est joli.
Pour que je me souvienne toujours de lui.
Vous l'avez jamais revu?
Il a été tué à la guerre de 14.
Paix à son âme.
Pourquoi ma mère ne m'a rien dit sur mon arrière-grand-mère?
Elle ne l'a jamais su.
Mon grand-père non plus? -Tu es proche de lui?
Il s'est beaucoup occupée de moi.
J'avais pas de père, mais lui, il était là.
Vous n'êtes pas fatiguée? -Fatiguée, moi?
Je suis pas fatiguée.
Vous me racontez la suite de l'histoire?
Tu es sûre?
Je veux bien.
Retrouver mon fils a été un choc d'une violence inouïe.
Elle tousse.
Ma mère, arrêtez.
Vous tuer à la tâche
ne vous fera pas oublier.
Je sais plus quoi faire.
Peut-être lui parler.
Pour lui dire quoi? Quelqu'un vient.
Ma mère, des visiteurs vous demandent.
Elle tousse.
Je vous en prie, asseyez-vous.
Merci.
Voilà, on a bien réfléchi.
On accepte votre proposition.
Pour le bien de Solange, vous devez être tous les deux d'accord.
Ma femme est d'accord.
Réfléchissez encore.
Ecoutez...
Arrêtez de parler pour moi! Je veux venir ici, maman.
Bienvenue parmi nous, Solange.
Elle tousse.
Vous avez une mauvaise toux.
Passez me voir au cabinet. -Oui.
Merci.
Qu'est-ce qu'il fait là, lui? Ma mère, vous savez qui c'est?
Oui, Armand Gauthier. -Et qu'il a été nommé par Vichy?
Je vais m'occuper de sa fille. -Et s'il découvre qu'on cache
Des enfants juifs? -Ca n'arrivera pas.
Elle tousse.
Trois très gros gras... Elle tousse.
Grands rats gris grattent.
A toi.
Trois très gros gras grands...
On continue. Rats... On continue. Rats...
Rats gris grattent.
Bien, on reprend.
Pourquoi? Vous avez dit que j'articule très bien.
Bien, pas très bien.
Il faut entraîner ta diction. -Je préfère le langage des signes.
La langue des signes. Je t'ai vue avec tes camarades,
Tu as déjà de bonnes bases.
Elle tousse.
C'est interdit et moi... Quelqu'un entre.
Je ferme les yeux.
Où sont les autres élèves?
Il n'y en a pas.
Alors, je peux aller voir mes ca-ma-ra-des?
Je peux aller voir mes ca-ma-ra-des?
File.
Elle tousse.
Vous avez des comptes à rendre, voilà le registre.
Merci.
Elle tousse.
Prenez soin de vous. -Merci.
Ah, vous vous êtes décidée à venir.
Mon mari va vous prendre. -Je peux attendre.
Je vois bien que La Providence fait du bien à Solange,
mais je l'ai vue...
Vous voyez ce que je veux dire?
Ca pourrait lui attirer des ennuis.
Faites-lui confiance. Ces jeunes utilisent cette langue.
car ils n'ont pas d'autre moyen de s'exprimer.
C'est dur, de voir ses enfants grandir.
C'est à nous, ma mère.
Bonjour.
Respirez fort.
Quel beau métier, médecin.
Evitez de parler, merci.
Respirez encore.
Vos parents doivent être fiers.
Non, pas vraiment. -Pourquoi non?
Pardon, ça ne me regarde pas.
Disons que je n'ai pas eu une enfance facile.
J'en suis désolée.
Vous n'y êtes pour rien.
Au moins, Au moins,
je ne dois rien à personne.
Moi, le Seigneur m'accompagne, mais vous?
Je n'ai pas eu cette chance.
Mais vous avez une famille.
C'est vrai, j'ai Gisèle et une fille formidable.
Prenez une cuillerée matin et soir pendant une semaine.
La toux devrait passer vite. -Merci.
Elle tousse.
Non, non, je vous en prie.
Même un pot de miel?
Tenez. -Merci.
J'ai récupéré des cahiers et des crayons de couleur à la mairie
Pour La Providence. -Vous êtes un homme bon, Armand.
Je peux vous appeler Armand?
Oui, bien sûr.
Elle tousse.
Merci.
Je peux te ramener si tu veux.
Ca t'évitera de le faire à vélo. -Je préviens maman.
Elle tousse.
Coup de klaxon.
Tout va bien, Rosine?
Ma mère, moins vous en savez, mieux c'est.
Tu as entendu quelque chose, Solange?
On peut lui faire confiance.
J'ai un cageot de légumes pour vous.
Bonjour. -Ma mère?
Bonjour.
Bonjour, Solange.
Servez-vous.
Une famille est arrivée hier, sans vous, on s'en sortirait pas.
C'est normal. Allez-y.
Merci.
La famille dont elle parlait, ce sont des Juifs, n'est-ce pas?
Elle démarre.
Quelqu'un vient.
Choc.
Tu devais mettre la table.
Armand, ça fait trois fois que je t'appelle.
On passe à table. -J'ai entendu.
Je finissais mon article.
Qu'est-ce que tu as?
Je supporte plus de voir ces Boches partout.
Ca te fait rien, toi?
On frappe.
On tambourine à la porte.
Robert? -Faut que je te parle.
On a interrogé Barnet, le terroriste, un coriace.
Il est mort avant d'avoir craché
le nom de son réseau.
S'il y avait un réseau dans le coin, je le saurais.
Tout le monde sait par qui tu as été nommé,
ils se méfient.
Armand, ton rôle est de nous aider à traquer ces terroristes.
Quand vous dites nous, vous parlez aussi des Allemands?
Ils sont chez eux et avec eux, t'as pas le droit à l'erreur.
Armand sait ce qu'il a à faire.
Il a des responsabilités, lui.
Gisèle. -Mais dans quel camp vous êtes?
Dans le camp de la France, pas vous?
Si, bien sûr.
Je te raccompagne.
Armand ferme la porte.
Tu les feras disparaître? -Oui, je vais tout brûler.
En allemand.
Halte!
Coup de fusil.
Un chien aboie.
Achtung!
Je veux savoir qui a fait ça. -Je m'en occupe.
Des dossiers ont disparu. -Lesquels?
Les registres de l'état civil. -Et?
Les listes de réquisition pour le STO.
Interrogez le personnel de la mairie.
Quelqu'un a forcément vu quelque chose.
Quelque chose.
Interrogez tout le monde.
Je te l'avais dit :
On peut faire confiance à personne.
Tu exagères.
Quand quelqu'un t'aura descendu,
Ce sera trop tard. Il y a un traître dans ta mairie.
Qui vous dit que c'est quelqu'un
de la mairie?
Ces gens savaient ce qu'ils cherchaient et où le trouver,
madame le maire.
Si tu caches
Quelque chose, tu seras complice.
Je ne sais rien. -Hartmann m'a demandé si tu étais
un homme de confiance.
Trouve ce traître.
Quelqu'un a reconnu Rosine qui s'enfuyait.
Elle était habillée en homme.
Allez.
Armand, fais attention à ce que tu vas faire.
Tu es un fonctionnaire de Vichy, mais il y a des limites.
Je supporterai pas que tu dénonces quelqu'un.
Rosine, ouvre, c'est Solange!
Que se passe-t-il?
Vous devez fuir.
Vous avez été dénoncés. -Préparez les affaires.
Merci.
Allez, allez.
Ordres en allemand.
Ils tambourinent à la porte.
Elle frappe.
Rosine?
On a nulle part où aller.
Allez manger quelque chose. Venez. -Suivez-moi.
Bonjour, ma mère.
Ma mère.
Ca va trop loin.
Après les enfants, des terroristes?
Ce n'est plus de la charité, c'est de la politique.
Souvenez-vous ce que les Allemands ont fait
aux fermes qui abritaient des résistants.
Soeur Jeanne, je ne renierai jamais notre devoir.
Soeur Bernadette, allons préparer les chambres.
En allemand.
Voilà.
Je veux savoir qui les a prévenus.
Les soldats tambourinent à une porte.
Solange a été très courageuse.
Les Rosenfeld veulent aller à Avignon.
Des amis peuvent les héberger. Il leur faut des papiers.
Vous êtes mieux placée que nous. -Plus maintenant.
Je vais pas faire de faux papiers?
De faux papiers?
Le Seigneur pardonnera.
J'ai des cartes vierges.
Et le tampon?
Ca, tu peux t'en occuper, non?
Moi?
Le maire le garde dans son bureau.
Il n'a pas une permanence à son cabinet?
Si, le matin.
Ben, voilà.
C'est trop risqué.
Je sais, mais sans papiers,
les Rosenfeld n'ont aucune chance.
Merci, Jean. Tenez. -Merci, ma mère.
Faites attention à vous, Simone.
J'attends ici. -Oui.
Que Dieu vous garde.
Je vais à ma permanence.
Je reviens cet après-midi.
Je vais à la poste.
Il y a du courrier?
Une pendule sonne.
Halte!
Arrêtez-vous!
Coup de feu.
Cris d'effroi.
Il tire.
Ca suffit, on rentre.
Allez.
Viens.
Ils sont blessés.
Où est soeur Jeanne? -A l'infirmerie.
Emmenez-les.
Allez.
On a été piégés.
On nous a dénoncés.
C'est encore ce salaud de vichyste.
De qui parlez-vous? -De Gauthier.
Pourquoi l'accusez-vous?
Qui, à part lui, a pu trouver Simone
dans son bureau?
Sans pénicilline, les plaies risquent de s'infecter.
Il faut en trouver, d'autres viendront et on devra les protéger.
Si nous sommes encore là. -Cessez d'être pessimiste.
Mère Madeleine!
C'est un drame.
C'est affreux. -Solange reste ici.
Le temps que ça se calme.
Que Dieu vous entende.
Embrassez-la pour moi.
Bien sûr.
Que s'est-il passé?
Une soeur s'est blessée.
J'appelle mon mari?
Non, c'est pas la peine.
Vous êtes sûre? -Oui.
Merci, Gisèle.
Comme vous voulez.
Allez.
On va avoir des ennuis.
L'ardoise, vous la rangez sous la table dans le ca... sier.
Casier.
Très bien.
Demain, on continuera la leçon Le pronom. Singulier, pluriel.
Demain, d'accord?
Vous pouvez y aller.
Oui?
Ah, tu as mal compris.
Demain, on continuera la leçon.
Le pronom. Singulier, pluriel.
Ce qu'on a déjà fait aujourd'hui.
D'accord?
Ca, tu peux ranger.
Solange n'est pas là?
Elle se sentait mal,
elle est à l'infirmerie.
Allez, tu peux y aller.
Ca va, Marcel?
Vous vous sentez mieux?
Blaise m'a dit qu'ils étaient nombreux dans le maquis.
Oui, mais combien sont blessés ou pire?
La guerre n'est pas un jeu.
Regarde ce qui est arrivé à Simone.
Elle voulait défendre notre pays.
Elle avait raison, je veux être comme elle.
C'est bien, d'être courageuse,
mais fais attention. -Promis.
Ma mère.
Venez.
Mes soeurs, venez.
La victoire ne peut plus
nous échapper. -Que Dieu vous entende!
Les Alliés ont débarqué en Normandie.
C'est la fin de la guerre. On va foutre les Boches dehors!
Moi aussi, je vais me battre avec vous.
Quelqu'un entre.
Dis-moi.
Tu as rencontré un garçon?
Il s'appelle comment? -Blaise.
Il est courageux et beau. -Pourquoi courageux?
C'est un maquisard.
Quoi?
Tu as vu ce que les Allemands
Ont fait à Simone? Je t'interdis de le revoir.
Je suis sourde. -Tu as compris.
Ils se battent
pour la liberté. -Tu es trop jeune.
On ne peut pas rester On ne peut pas rester
sans rien faire.
Tu l'as rencontré à La Providence.
Je dois avertir ton père.
Non, ne lui dis rien.
Clochette.
Des soeurs chantent un cantique au loin.
Quelqu'un approche.
Vous avez présenté ma fille à un résistant?
Qui vous en a parlé?
Peu importe. Que faisait-il ici?
Asseyez-vous, Armand.
En tant de guerre,
une institution comme la nôtre
doit accueillir tous ceux qui frappent à notre porte.
Je peux aussi faire perquisitionner
La Providence. -Pourquoi feriez-vous ça?
C'est dans vos habitudes de dénoncer les gens?
Qu'insinuez-vous?
Vous avez dénoncé Simone.
J'ai refusé de croire que vous étiez responsable,
Mais qui d'autre?
C'est facile de juger.
Vous n'êtes pas à ma place, sous la pression de la milice
et des Allemands.
Alors, c'est bien vous.
J'ai pas eu le choix.
C'est ce qu'on dit quand on veut se donner bonne conscience.
J'ai cru bien faire, je pensais pas qu'Hartmann l'exécuterait.
Vous n'êtes pas
Aussi naïf, mon pauvre garçon.
J'aurais mis ma famille en danger. -Ce sont des risques à prendre!
Armand, vous pouvez pas changer le passé, mais l'avenir, oui.
Impossible, mon grand-père pourrait jamais faire ça.
Mais pourquoi je te mentirais?
Je te parle de mon fils.
S'il avait été collabo, ma mère l'aurait su.
Et elle n'aurait jamais pu lui pardonner.
Elle ne l'a jamais su.
Tu étais où?
On s'inquiétait avec ta mère.
Dis-moi que c'est pas toi.
De quoi tu parles?
De Simone.
Ta secrétaire de mairie,
assassinée en 44 sur la place du village, tu l'as dénoncée?
Tu as vu Madeleine?
Réponds.
Quelqu'un vient. -J'ai pas voulu.
Qu'on l'abatte comme un chien?
Que se passe-t-il?
Faut que je te parle, maman.
Je n'arrive pas à croire que soeur Madeleine soit ma grand-mère.
Si j'avais su, je serais venue la voir.
Désolée, maman.
Je comprends pourquoi je me sentais en confiance avec elle.
T'as pas eu l'air surprise pour Papet.
Tu le savais?
Il n'a jamais voulu m'en parler.
Comment tu as pu vivre avec ça?
J'étais seule.
Et tu allais naître.
Il était là pour moi.
Il va falloir qu'on se parle, tous les deux.
Quelqu'un vient.
Ah, mes petites-filles.
Elles sont jolies,
aussi bien l'une que l'autre.
Si ta mère ne t'a rien dit pour Simone,
c'est pour que tu ne penses pas
du mal de ton père.
Lucie m'a ouvert les yeux.
Tout ce silence Tout ce silence
pendant toutes ces années.
Et toi, maman?
Pourquoi tu m'as jamais parlé de La Providence,
de la guerre?
Je devais oublier.
Pour survivre.
Oublier Blaise?
C'est mon père.
Tu es partie avec lui?
Je l'adorais.
J'étais prête à le suivre n'importe où.
Avec les autres maquisards,
on s'est cachés dans la colline, dans des ruines, des grottes.
C'est là que je vivais avec Blaise.
Jamais je m'étais sentie autant à ma place.
Ce matin, ils étaient au Seguin et, selon mes infos, ils remontent.
Je propose de passer à l'est par les montagnes.
Comme ça, on évitera les vallées.
Tiens. -Oui, ça pourrait marcher.
On les contourne.
Et le parachutage?
Tu dois l'apprendre avant de perdre
tes oreilles. -Quoi?
La langue des signes.
Il faudra vite récupérer les armes.
Les armes et les instructeurs américains.
Sans eux, les armes
ne nous serviraient pas à grand-chose.
Vous avez une cache? -Oui.
Parfait.
Solange.
On dirait que tu as fait ça toute ta vie.
Ca va?
Je pense à mes parents.
Comment tu t'es fait ça? -Mauvaise manip.
Tu es brûlé au second degré.
Gisèle?
Prépare la pénicilline.
Ils vont faire le ménage, Hartmann va bientôt démanteler le réseau.
Ta fille est là?
Dans sa chambre.
Ah bon? Quelqu'un l'a vue
Sur le plateau. -Il a dû se tromper.
Hm! Tu peux faire attention?
Désolé.
Voilà.
Tu devrais te méfier, Armand. Il faut surveiller nos filles.
Prends soin de toi.
Pourquoi tu as menti? Et s'il était allé vérifier?
Tu aurais préféré que je dénonce ta fille?
Tu es beau.
Tu peux répéter?
J'ai mal entendu. -Tu es beau.
Toi aussi, tu es magnifique.
Tu m'en veux pas si je vais jeter un oeil?
Vas-y.
Tu verras, il y a des roses.
Les fleurs bleues, c'est quoi, des tulipes?
On est cernés par les Boches! On se disperse, prenez par le nord.
Bonne chance!
Des véhicules approchent au loin. -Bonne chance!
On va mettre une compresse.
On en met une deuxième. -Oui.
Ca va?
Attendez, je vous montre.
Mère Madeleine?
Gisèle?
De la pénicilline?
Je vous demande pas
Où vous l'avez trouvée. Merci.
Ca va sauver des vies.
Je peux vous aider? -Non, soeur Jeanne m'a montré.
Quelqu'un siffle au loin. -Halte! Halte!
Halte! Halte!
Un avion les survole.
Les Allemands approchent en courant.
Les Boches sont sur le plateau!
Vous êtes blessée. Asseyez-vous.
Asseyez-vous là. -Où est Solange?
Avec Blaise. Je sais pas s'ils...
Je dois informer le réseau Cargo
du lieu de parachutage. -C'est pas possible de reporter?
On a besoin d'eux. Vous, vous devez cacher
les Américains. -C'est de la folie.
La folie, c'est cette guerre, non?
Comptez sur nous, Rosine.
Ce sera sans moi.
Je dois y aller.
Non, restez assise.
Je peux vous remplacer, dites-moi. -Je devrais vous faire confiance?
Votre mari est une ordure. -Justement.
Qui me soupçonnera?
C'est trop risqué.
Pour ma fille, c'était pas trop risqué?
Discussion en allemand.
Ausweis, bitte.
Bien sûr. Je suis la femme du maire.
Ich bin die Frau des Burgermeister.
Danke schon.
En allemand.
Bonne journée. -Merci.
J'ai un message pour le parachutage.
Et Rosine? -Blessée.
Par ici, suivez-moi.
Quelqu'un entre.
Désolée du retard.
J'ai été retenue à La Providence.
Qu'as-tu prévu Qu'as-tu prévu
pour dîner? -Euh...
Je m'en occupe.
Quelqu'un frappe à la porte.
Robert?
Solange a été arrêtée
avec les autres maquisards.
Pourquoi m'avoir menti?
Vous cherchez à être fusillés, vous aussi?
Je veux la voir. -Fallait y penser avant.
Le Cdt Hartmann l'a enfermée avec les autres
à l'hôtel de la Place, je peux plus rien faire pour vous.
Fais quelque chose, je t'en supplie.
Robert.
Aide-moi, il n'y a que toi qui peux faire
libérer Solange.
Au nom de notre amitié.
Notre amitié...
Tu m'as menti, je pensais que tu avais choisi ton camp.
Tu la connais depuis toute petite. -Désolé.
Je t'en supplie, Robert. Pas Solange.
J'ai un renseignement pour toi.
Charles, le boulanger de la rue Haute,
Il fait partie du réseau.
Des soldats marchent au pas cadencé au loin.
On va s'en sortir. Vous inquiétez pas.
T'as raison d'y croire.
Quelqu'un ouvre une porte.
Solange Gauthier, suivez-moi.
Je sors pas d'ici.
Mitkommen!
Je reviendrai te chercher, promis!
La porte claque.
Un soldat la ferme à clé.
Lâche-moi, tu me fais mal!
Va voir ta mère. -Je veux rejoindre mes camarades.
Ils vont les massacrer!
Tu restes ici. -J'entends rien.
Solange!
Lâche-moi!
C'est toi
qui commandes ou les Boches? -Ne lui parle pas sur ce ton.
Comment tu m'as libérée?
Vas-y, frappe-moi.
File dans ta chambre!
Solange claque la porte.
Ne me pose pas de questions.
Blaise!
Blaise!
Solange? Un homme hurle.
Ne reste pas là.
Comment je peux te libérer?
Le boulanger de la rue Haute a été arrêté et torturé.
Pour le parachutage, Pour le parachutage,
les Allemands savent, préviens Rosine.
Je te laisse pas.
Quelqu'un entre. -Si.
Sauve l'opération.
Raus!
Solange, je t'aime.
Rafales de mitraillettes.
Où est mère Madeleine?
Je vais la chercher.
Dieu soit loué.
Solange.
Je dois parler à Rosine. -Que s'est-il passé?
Blaise...
Blaise... Blaise... Blaise... Blaise...
Viens.
Opération Cargo reportée! Les Allemands
sont au courant.
Trop tard, les Boches sont là. Le groupe se cache dans la forêt.
Restez cachés. Déplacez le largage 4 km plus au nord.
Le long de la route, au niveau de la falaise de la Madeleine.
On récupère les Américains. -Vous ne pouvez pas
conduire, Rosine.
Je demande à soeur Bernadette.
Je viens. -Pas question.
Si, pour Blaise.
Certainement pas dans cette tenue.
Où est-elle?
Un voiture approche.
Les voilà.
Dieu soit loué.
Thank you so much. -Vite.
We have to go to Marseille. -On va vous cacher.
OK. -Maman, viens m'aider.
Où est soeur Jeanne?
Je l'ai pas vue depuis ce matin. -Je l'ai aperçue au village.
Allez dans la chapelle, Rosine connaît la sortie.
Allez, Gisèle.
On tambourine à la porte. -Ouvrez!
Ouvrez!
Ouvrez!
Vous n'avez donc aucun respect
pour les lieux de prière? -Depuis quand ils servent à cacher
des terroristes!?
Il y a quoi là-dedans?
Allez, dépêchez-vous!
Raus!
Qu'espérez-vous trouver ici?
Ils sont où?
Les avez-vous cachés?
Je partirai après les avoir éliminés.
Ordre en allemand.
Des chiens aboient.
Elles sont où?
Il reste une chance de les sauver.
Vous les avez entraînées là-dedans.
C'était leur choix, mon fils.
Pourquoi vous aider?
Tiens.
C'est ton père qui me l'a donné.
Il nous en a offert un chacun à ta naissance.
Avant qu'on nous sépare.
Et mon père?
Il est mort il y a longtemps.
Allez.
Viens.
Il crie des ordres en allemand.
Qu'est-ce que vous faites ici?
Je viens vous aider. -Nous aider ou les aider?
Pourquoi je vous croirais après ce qui s'est passé
Avec votre fille?
Ecartez-vous, M. Le maire.
J'ai fouillé la chapelle, y a personne.
Si vous m'avez menti,
Vous serez le premier à mourir.
Attendez-moi!
Quelqu'un vient.
Halte! Halte!
Il tire.
Coup de feu.
Maman!
Maman, réveille-toi.
Maman! Réveille-toi, s'il te plaît.
Maman!
Papa!
Mon amour?
Mon Dieu.
Protège ma fille.
Je te le promets.
Je te le promets.
Elle rend son dernier souffle.
Non...
On vient.
Les enfants, vous devez fuir.
Prends bien soin de Solange, Armand.
Elle a de la chance. Elle a encore un père, allez.
Il démarre.
J'avais perdu, une deuxième fois, mon fils.
Mais vous étiez vivants.
Je voulais vous protéger.
Simone est morte à cause de toi, qui d'autre?
Ma grand-mère Ma grand-mère
vivrait peut-être si t'avais pas été aussi lâche.
Peut-être.
Mais ta mère serait morte
et tu n'aurais pas vu le jour. -Il aurait peut-être mieux valu.
Une pendule sonne.
Je suis revenu vivre ici pour être près de Gisèle.
Et de vous.
Mais j'ai jamais eu le courage de revenir à La Providence.
On ne peut pas changer le passé,
mais l'avenir, oui.
C'est ce que tu as fait avec Solange et Lucie.
Vous me pardonnerez, un jour?
J'ai donné ma vie à Dieu.
Mais je reste ta mère avant tout.
Je te pardonne.
Mon fils.
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