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Valentin !
Valentin, oĂą tu vas aller maintenant ?
Au soleil.
Je reviens après-demain.
Qu'est-ce qu'ils ont pris à Benghazi ! 4-0, aïe aïe aïe…
-La soupe de fèves est trop sucrée. -Quoi ?
Colonel Grenoble. Le mot de passe a été changé.
Non, je connaissais mĂŞme pas l'autre.
HĂ©, patron !
J'arrive !
Attention, le flic derrière vous a repéré.
Merci.
Ali, prends la barre.
Oui, monseigneur !
HĂ© !
Ho ! HĂ© !
Ça va ?
Allons plus au large.
On n'a pas passé Tripoli.
On a passé la frontière.
-HĂ©, je sais. -Si le patron sait, il sait.
♪ Nous apprenons l'arrivée du général Rommel...
♪ Au commandement de la Deutsches Afrikakorps…
T'as pas plutĂ´t de la musique ?
♪ "Maréchal, nous voilà " Voilà !
-Foutons le camp. -Je vais voir !
Foutons le camp !
C'est quoi, ça ?
Doucement, doucement… Ça va, t'as pas mal ?
-Vous êtes français ? -Oui.
Ça va, merci beaucoup.
Ça va très bien.
Je n'ai pas perdu ma casquette.
Non, pas sur mon… Range ça, petit.
Nous étions dans un avion.
-Vous alliez oĂą ? -Au Caire.
Pour apporter des instruments de musique à la 7e division blindée.
Ils ont formé un orchestre. Vous le saviez ?
Bien sûr.
Prends ça, c'est bon.
De l'eau-de-vie, c'est fort.
-Oui. -Que va-t-on en faire ?
Allez, monte. Allez !
Quand on sera Ă terre,
le premier qui raconte qu'on a péché ça…
Vu ?
HĂ©, Valentin, y a la crique par-lĂ !
Je vais chercher l'Angliche.
Ne vous dérangez pas, je me débrouille tout seul.
Je vais vous demander une chose. Passez-moi le sel.
Je vais le refoutre à la flotte…
Merci.
Non mais où vous avez trouvé ça ?
Dans la petite armoire. Il y a tout ce qu'il faut.
Rhabillez-vous, on arrive.
En Libye, je vais vous larguer sur la plage.
Je ne peux pas remettre ça. Les Italiens vont m'arrêter.
En civil, pris pour un espion, fusillé, vous préférez ?
Mais touchez, c'est encore mouillé.
Je m'en fous, gardez le caleçon.
Non. Ce n'est pas réglementaire.
Un caleçon d'espion. -Hé !
On ne nous a pas introduits. Basil Ferguson.
Mohammed Ben Zourbi.
Vous descendez ? -Il y a plein d'eau !
Je reviens après-demain, attends.
-Salut, petit. -Salut, patron.
OĂą je vais, moi ?
A droite, la Tunisie, 100 bornes.
Et les Britanniques ?
Ah, les Britanniques… 1000 km par là .
-1000 km ? -D'ici, 950 au plus.
Où peut-on vous toucher éventuellement ?
Y a pas d'éventuellement !
Allez, va-t'en, maintenant.
Allez…
Madame…
Renata.
Mon amour.
Allez, vas-y.
Bonsoir, petite.
Ah ! -T'as faim ?
HĂ©, la marchandise est lĂ ?
Le Lombard va venir. "Liebesträume”" de Liszt.
Tu restes dormir ?
C'est beau, ça.
Ali vient me chercher après-demain.
C'est bon ?
Je t'aime.
Allez, vas-y.
Bon Dieu, je tiens plus debout. Donne-moi Ă boire.
Salut.
Ce pays finira par me tuer. Ah, j'en peux plus !
Alors, comment ça va en Tunisie ?
Mal. 4-0 Ă Benghazi.
-Oh, je parle de la guerre. -Ah, la guerre…
Parmesan ? -Non, laisse, j'y ai pensé.
Voilà un bout de fromage, et du bon, de première qualité.
-Tu as la marchandise ? -Et toi ?
Tu as les sous ?
Trois caisses de sardines portugaises. -Mmm…
-Douze bidons d'huile. -Oui.
527 chaussures, pointure 41, ici.
240 couvertures kaki...
Et 100 douzaines de passe-montagnes en laine, ici.
Des passe-montagnes ? En laine ? Ici ?
(en anglais) -Un bain chaud et un whisky.
Pour ce brave petit Basil.
Qui est perdu pour de bon.
Ambrosio, mon amour.
Ambrosio, mon amour.
Pas les pantoufles…
de Giuseppe !
Quoi, ses pantoufles ? Il lles mettra plus.
Oh, ça y est ? J'ai pas voulu profaner ses charentaises.
Je les porte à sa mémoire.
Ça y est. Oh là là là là là ...
Petite coquine…
♪ -Mussolini vit…
Ils nous bassinent avec leurs publicités !
Viens, mon petit chou.
-Non… -Quoi ?
Je vais mettre l'huile en bouteille.
Tu veux pas un câlin ? Allez…
Il était dans l'active ? -Qui ?
Écoute, c'est pas ma faute, il est partout.
Sur la radio, au-dessus de l'oreiller, j'en ai marre.
En bidasse.
-Qui est lĂ ? -Laisse tomber.
C'est pas vrai !
Je voulais vous demander je ne suis pas du pays.
Vous connaissez un hôtel ouvert ? Même très simple.
C'est un fou.
Allez…
Bonsoir.
Oh !
T'as tes papiers ?
Oui.
Et lui ?
Vous, dégagez par là .
Ma casquette.
Cachez-vous lĂ .
Je ne veux pas vous laisser seul.
Renata, mon amour.
Allez ! Lâchez cet homme !
VoilĂ !
Tenez !
HĂ© !
Je suis officier de l'armée britannique !
Rendez-moi ma casquette !
Vous ĂŞtes lĂ , vous aussi ?
Vous m'entendez ?
Ça va ?
Ça va ?
Formidable.
Qu'est-il arrivé ?
Ils m'ont interviewé.
AĂŻe !
Ils se sont mis en tĂŞte...
que j'étais un partisan.
Vous travaillez pour qui ?
A mon compte.
-Ils vont vous fusiller. -Pas vous.
Vous ĂŞtes un prisonnier de guerre.
J'aurais mieux fait de me tuer en avion.
Elle est pas belle la vie ?
Qu'est-ce qu'il a dit ?
Il va venir ce soir dans ma cellule.
Pour quoi faire ?
Me descendre.
Il a pas intérêt à ce qu'on me fasse parler.
Il a raison, à sa place… Aïe !
Il faut tenter une sortie.
Y a rien Ă tenter.
VoilĂ .
Je vais dire que vous étiez sous mes ordres.
Vous habitez oĂą ?
A côté de Londres.
Voilà ce qu'on va faire… -Arrête.
Vous faites de l'hortensia lĂ -bas ?
Un peu, mais ma mère aime les petites fleurs.
-Ah oui ? -Si nous essayons…
L'hortensia, faut une grande pelouse.
C'est beau, mais faut s'en occuper.
AĂŻe !
Pourquoi vous parlez de n'importe quoi ?
Qu'est-ce que vous avez ?
Le cafard.
Vous avez tout monté ? Vous avez des complices ?
Le chameau, c'était mon beau-frère.
-HĂ© ! -Quoi ?
Marchons trangquille, n'attirons pas l'attention.
Vous pesez votre poids.
Merde…
Allez, viens.
Qu'est-ce qu'il y a ?
C'est pas le moment.
Attention, s'il vous plaît, je l'ai vue le premier.
Et si vous tapez...
dans l'œil d'un soldat ?
Oh, elle s'en va.
-Continuez. -Plaît-il ?
Vos signaux.
C'est le consulat suisse, il faut qu'elle nous repère.
-Et si je tape dans l'œil d'un soldat ? -Bon Dieu, allez !
Faites comprendre qu'on est deux évadés.
-Elle était si jolie… -Toutes des putes.
Si on se rendait ?
-Pourquoi ? -J'ai faim.
Lorène, dépêche-toi.
Vous souhaitez que j'ai les épaules nues ?
Oui, ça te va mieux.
Yasmine ! Nos invités ne vont pas tarder, vite !
-Mes hommages. -Tu connaissais le commandant Becker ?
J'avais deviné.
Vous préférez du caviar ?
Notre état-major n'apprécie pas la présence...
de ces deux espions le jour de l'arrivée de nos troupes.
Ne vous inquiétez pas, Herr Major.
Leur capture est une question d'heures, si ce n'est de minutes.
Leur capture ne suffit pas. Il faut les faire parler.
-Nous avons notre système. -Vous n'allez pas les tourmenter ?
Comme disait Machiavel, la fin justifie les moyens.
Nous savons faire parler ceux qui n'ont rien Ă dire.
-De qui parlez-vous ? -Des deux évadés.
L'Anglais et le Français, tout le monde est...
Au courant, sauf toi.
Paul-Émile !
-Vous faites ça pour quoi ? -Je me le demande.
-Je suis pas tranquille. -Pourquoi ? Elle est charmante.
Nous n'avons pas ça en Suisse. L'architecture…
Ici, on ne peut pas voir, le soleil est couché, mais…
pas le temps de vous parler. Restez ici en attendant.
-En attendant quoi ? -Je ne sais pas.
En principe, nous sommes neutres, mais le droit d'asile est suspendu.
Quoi qu'il arrive, je voudrais vous…
Ça va, merci, madame.
La petite va apporter Ă manger.
Si ce n'est pas trop demander,
vous avez de la gomina ?
HĂ© !
Une trousse Ă outils.
Et c'est tout ?
-De quel côté sont les Suisses ? -On verra.
Tout le monde se tait.
Où étais-tu ?
-Vous m'aimez ? -Oui, le dîner est servi.
-Je peux tout vous dire ? -Oui.
Les deux évadés sont là -haut, dans une chambre.
-Comment sont-ils venus ? -J'ai été les chercher.
-Que faisiez-vous dans la vie ? -Dessinateur.
Au Punch. Passez-moi le savon.
Et vous ?
J'étais dans la vallée de Chevreuse, près de Paris.
Je faisais de la rose. Ils ont tout bombardé.
Bombardé des roses ?
-C'est votre pied ? Pardon. -Oui, pardon.
Vous êtes marié ?
Pas tellement.
Moi, la guerre finie, je vais me marier énormément.
Je vais prendre une douche.
Après le bain ?
Oui, c'est de la gourmandise.
Explique-moi, vite.
Mais rien, ils sont lĂ . Je les ai mis dans votre chambre.
Mais tu es folle ?
De quoi te mĂŞles-tu ?
Ils m'ont appelée au secours, sur une terrasse, un en pyjama.
-En pyjama ? -Oui.
Lorène, je ne peux pas cacher des gens qu'on recherche.
-Vous voulez un oreiller ? -Volontiers, cher ami.
-Vous dormez la fenĂŞtre ouverte ? -Comme vous voulez.
-Ça va se rafraîchir. -Vous pouvez dormir avec ma veste.
Oui, peut-ĂŞtre.
Vous avez un côté préféré ? -Ça m'est égal.
Si ça vous ennuie pas, je me mets à droite.
Allez, bonne nuit.
Morrison… -Ferguson.
Pareil.
Je ne vous ferai pas la conversation longtemps,
j'ai un coup de pompe.
Je vous en prie. Allez…
Quelqu'un approche.
La porte tremble. -Ouvrez.
Je suis le consul. -Y a pas de clé.
Oui, c'est vrai, ça.
-M. le consul… -Ils sont couchés, en plus !
Pas question… (-Chut, mon ami dort.)
(-Ma robe de chambre.) (-Valentin Bonbon. Et vous ?)
(Paul-Émile Daloz, consul de Suisse.)
(Ma maison n'est pas une planque pour les voyous.)
(-Vous permettez que j'éteigne ? (Il est dans son premier sommeil.)
(-Je vous donne 5 minutes, compris ?)
(-Non.) (-Comment, non ?)
(-Votre femme qui nous a amenés ici.) (-Vous êtes ignoble.)
(Et ma carrière ?) -Et la mienne ?
Ça ne va pas ?
Vous me l'avez réveillé. Bravo. Allez, sortez.
Attendez…
Sortez, quoi ! Sans blague !
Tout de même…
Allez.
Allez, là …
Dormez.
Bonsoir… Anderson, c'est ça ?
-Alors ? -Introuvables.
Avez-vous perquisitionné, fouillé la médina ?
Allez les retrouver lĂ -dedans.
Vous pensez, deux garçons jeunes et sportifs dans la médina…
On les retrouvera d'ici 3 jours.
Comment vont-ils traverser le désert ?
On devrait les apercevoir de loin.
L'Anglais dans son uniforme et le Français avec son…
Pyjama.
Passons dans le jardin.
Orangeade ? Orangeade ?
Ahmed !
L'odeur des orangers est exceptionnelle.
Tu n'as pas fait danser Amalia. OĂą est-elle ?
Excusez-moi. -Ils ont tout compris.
-Ils vont perquisitionner ? -S'ils me le demandent…
-Amalia ! -Fais sortir ces deux types en voiture.
-Et si on m'arrête ? -Débrouille-toi.
Mets-les dehors tout de suite, imbécile…
Oui, mon chéri.
Quelques invités souhaitent visiter lla maison.
Elle en vaut la peine. Le rez-de-chaussée est du Xle siècle.
Les mosaïques ont cette particularité…
Réveillez-vous, bon Dieu ! Allez !
Allez !
Range tout.
Les chambres n'ont aucun intérêt. Que fais-tu là ?
Je sais pas.
Allons voir la bibliothèque, plus intéressante, par là -bas.
-Il y a quelqu'un sous le lit. -Je sais pas.
Ah…
Vous n'avez pas vos papiers ?
Moi, je n'ai mĂŞme pas mon permis de conduire.
-Demi-tour. -Surtout pas.
Halte !
-Foncez ! -Non.
Vous venez du consulat suisse ?
Oui, je suis la femme du consul.
-Vous allez loin ? -Pourquoi ?
Parce que nous devons savoir.
Je vais jusqu'Ă Gemalia...
Et j'accompagne l'Oberleutnant avec mon frère.
Hein ?
Veuillez reculer, madame.
Halte !
ArrĂŞtez le moteur.
Descendez. -Dites…
Ça va ?
Oui.
Quittez la route !
Je ne veux pas ĂŞtre rabat-joie, mais je crois que nous sommes foutus.
-Faut qu'on atteigne mon bateau. -Quel bateau ?
Ah oui, le bateau ! OuĂą est-il ?
Normalement, Ă la crique.
Qu'est-ce qui a ?
Ça va pas ? Hein ?
Je prends le volant.
Dans 10 minutes, on part en croisière. Où est la première ?
Mais vous avez demandé à cette dame si elle peut s'absenter ?
Elle a intérêt à retourner danser avec ces messieurs ?
Non…
En Tunisie, vous pourrez joindre votre mari.
-Merci, monsieur. -Comment vous vous appelez ?
Hein ?
Décidément, je ne vois pas votre rafiot, cher ami.
Moi non plus, mais je l'entends.
Vous entendez quelque chose, vous ?
Nous n'entendons rien.
Vous allez me bassiner longtemps avec vos réclamations ?
Vous avez déjà tué des gens avant ?
Non.
Qu'est-ce que cela vous fait ?
Je sais pas encore.
Hé…
Je veux pas partir.
C'est trop tard.
-En avant ! -Bougez pas !
Qu'est-ce qu'il y a ? Explosion.
Très bien, alors, cette fois, je vous préviens,
…je vais me rendre.
Il se rend tous les jours, lui.
Je m'en fous de la guerre.
Vous n'aviez qu'Ă rester chez vous.
Et cette dame, qu'est-ce qu'elle va faire ?
Madame ?
-Vous ĂŞtes devenu fou ? -Oh, oh !
On vous a terrorisée.
Vous allez rentrer comme ça à pied, je vous ai forcée à conduire.
Compris ? Au besoin, l'Anglais vous a violée.
-Pourquoi moi ? -Vous, le gentleman,
au gniouf, c'est votre rĂŞve.
Moi, je garde la voiture.
Pour aller oĂą ?
Plein sud. Je rencontrerai peut-ĂŞtre les Anglais.
Ils sont pas très loin.
Je ne sais pas, ce n'est pas moi qui commande.
Madame. Salut, l'autre.
-Valentin ! -Quoi ?
-Nous avons eu nos prises de bec… -D'accord ! A des jours meilleurs !
Oui… au revoir.
Au cas où, je vous laisse mon téléphone à Londres.
C'est Kensington, 0950.
Au revoir.
Et merci.
-Basil ! -Quoi ?
-Viens avec moi ! -Pourquoi ?
Parce que !
Vaut mieux qu'on se quitte pas.
Oui, vaut mieux qu'on ne se quitte pas.
Et elle ?
Elle oubliera.
Il démarre la voiture. -En avant pour l'aventure !
Mais...
Qu'est-ce que vous faites ?
Prenez le volant, je sais pas conduire !
Allez, Ă fond !
Allez, allez !
Allez, bon Dieu !
Allez !
-Pourquoi vous ne poussez pas ? -Oh, je…
Laissez, allez derrière. Vous, le gros, poussez.
-Mais poussez, vous ! -C'est inutile d'insister.
Si vous allez dans le Sud, vous rencontrerez le désert dans 20 km.
Et alors ?
Alors, il faut des pelles, de l'eau, de l'essence, des vivres.
Vous n'irez pas loin dans une voiture de maître.
Ouais…
Foutus…
Bon, cachez-vous dans les rochers.
D'accord, combien de temps ?
Je vais aller au village et appeler le consulat.
OĂą sont-ils ?
Sur la route ? OĂą ?
Je ne sais pas vous dire, mais je saurais vous montrer.
Moi, je suis à Sidi Bara, sur le marché, devant la poste.
Préparez une voiture solide, avec de l'eau, de l'essence, tout.
Je viens. Oui, avec tout ce qu'il faut.
J'ai emprunté cette voiture au consulat américain.
J'ai arrangé ton histoire, mais ils les auront, malgré nous.
-On vous a vu charger la voiture ? -Non.
Vous avez peur ?
J'ai pas fait ces études pour apporter des sandwichs à des condamnés.
Ils sont condamnés ?
Ils se sont évadés, ils ont tué un officier,
.mais on peut pas leur en vouloir.
Pourquoi tu me regardes ? -Vous avez mauvaise mine.
-C'est encore loin ? -Non, 5 minutes.
Elle est bonne, vous ĂŞtes ridicule !
Je veux pas mouiller mes affaires !
Il me semble que j'entends un bruit.
Ah oui ? OĂą ?
Dans le moteur.
Je vais descendre voir.
Ne vous pressez pas.
Le moteur est devant. Vous leur indiquez le chemin.
A qui ?
T'es pas folle ?
Vous êtes innocent, je vous ai forcé !
Dites-leur que je vous ai battu !
Lorène !
Mes habits ! Mes habits !
Donnez-moi mes habits ! -Dépêche-toi !
La voiture s'arrĂŞte.
-Sur la route, ils vont nous retrouver. -On fout le camp dans le désert.
Je prends le volant. -Sûrement pas.
-Elle a dit quoi ? -Quand je conduis pas,
j'ai peur !
-Plus vite ! -Oh, merde, hein !
Bravo, Lorène !
-VoilĂ autre chose ! -Un barrage !
-Vous ĂŞtes Ă fond ? -Vous tracassez pas.
-Que faites-vous ? -Chut, taisez-vous.
Y en a pas d'autres ? -Non, plus personne.
Nous étions dans notre tort.
Une datte ?
Merci, très aimable.
Il crache. -Distingué.
-Excusez-moi. -Fais passer.
Lorène, une friandise ?
Y a plus d'eau.
Dites, deux choses.
Entre nous, la langue, ce sera le français.
Pas de commentaires dans votre patois, d'accord ?
Deuxièmement, y a plus d'eau.
-Hein ? -Ils ont tiré dans les bonbonnes.
Merde…
Regardez, qu'est-ce que c'est ?
Il y a des endroits comme ça dans le désert ?
Le désert, c'est ici que ça commence.
On va demander de l'eau. -J'y vais seul.
Si c'est un piège, je tire en l'air. Donnez-moi le pistolet.
Donnez-lui.
Pourquoi il fait ça ?
C'est un professionnel.
Messieurs, dames.
Vous avez du whisky ?
Poussez-vous. Que faisiez-vous avant la guerre ?
-Pianiste. -Classique ?
Ouais, Chopin, Mozart, Beethoven, toute la bande.
-Vous aviez du succès ? -Énorme.
-Ils nous cherchent ? -S'ils nous trouvent, c'est pareil.
Je vais chercher Basil.
Je faisais des fleurs avant. Et vous ?
Je sais plus.
Vous perdez la mémoire ?
C'est ça.
-Vous ĂŞtes vieille. -26.
Oh là …
Alors ? -Ici, l'eau, il faut l'acheter.
Alors,
puisque nous n'avons pas d'argent, j'ai joué.
-Et la flotte ? -Pas de flotte.
J'ai perdu 100.000 lires.
Mais notre ami est très sport.
Il accepte la voiture Ă la place de l'argent.
Cet imbécile ne réalise pas qu'elle vaut moins.
-HĂ© ! -Quoi ?
Valentin, je vous en prie, pas de scandale ici !
Allez, on s'en va.
OK...
Pour vous.
-Il y a des couvertures ? -Pourquoi ?
Prenez-en, il va faire froid.
La campagne !
Qu'est-ce qu'on fait ?
-Le sud. -Bien, monsieur.
-C'est bon, oui ? -Mmm…
Ily a un scorpion.
J'ai eu peur.
Ce n'est pas très fin.
-Qu'est-ce qu'il y a ? -Ils vont au nord, vers la ville.
Et alors ?
Je veux rentrer chez moi.
Chez vous, ils veulent vous fusiller.
-Ça m'est égal. -Venez.
Lâchez-moi, j'en ai assez !
Pauvre type ! -Allez !
M'approchez pas ! Au secours !
Lorène ! Lorène !
Calmez-vous ! Qu'est-ce que cela veut dire ?
J'en ai marre !
Basil, oĂą allez-vous ?
Je ne la laisse pas seule dans ce désert !
Oh ! HĂ© !
Vous pleurez ?
Faut pas faire ça.
Nous aussi, on est fatigués.
Allez, venez avec nous.
Je sais mĂŞme pas l'heure.
Madame, votre bain est coulé.
Stop !
Ça va ?
Comment vous la trouvez ? -Qui, elle ? Bof…
Oui, elle n'est pas…
Mais si vous la regardez attentivement, elle a une espèce de…
HĂ©, ho !
Ascenseur !
On ne voit rien derrière.
J'ai froid.
La couverture…
Merci.
Laissez-le.
Il gêne, c'est comme ça qu'on a des accidents.
Mais non…
Laissez-moi conduire. Vous n'en pouvez plus.
J'en peux plus ?
Oh là là …
-HĂ© ! -Quoi ?
Éteignez vos lanternes.
C'était peut-être un Britannique.
Les lumières, là -bas, c'est Londres.
-C'est drĂ´le. -Quoi ?
Je sais pas.
Là , comme ça, on est bien.
Valentin, vous voulez passer derrière ?
Vous aurez plus de place. -Non, ça va.
On va se relayer, mais avant, on va somnoler un quart d'heure.
OĂą est la carte ?
Ah, la voilĂ .
Si vous avez une minute, vous faites le plein.
Il fait beau dans notre petit cauchemar.
Alors, qui veut du thé, du café ? Levez la main.
-Pas le temps, mettez de l'essence. -Oh…
On voit rien sur cette carte.
Y a un fort, El Kezir.
Faudrait l'éviter.
On va passer au large… -Pardon.
Pince-sans-rire, votre mari.
Que faites-vous ?
Dans le bidon, il a mis de l'eau.
-Pas possible… -Merde !
Et je dois 100.000 lires au type d'hier.
On va au fort.
Mais…
S'il y a des soldats ? -Y a de l'essence.
Dedans,
le tout pour le tout ! -Le tout pour le tout quoi ?
Il soupire. -Je ne sais pas.
"Je ne sais pas ?"
Il se mogue de moi, toujours. Pourquoi ?
Non.
-Qui est le chef ? -Moi.
Pourquoi ? -Avez-vous la radio ?
Si, mais elle est cassée.
Pourquoi ?
Ces deux Anglais ont atterri dans le désert.
J'allais dans le sud avec mon mari, l'Oberleutnant Rudolph Muller.
Ils l'ont tué.
Vous les emmenez oĂą ?
Ici, et je vous demanderais un peu d'essence.
Nous, on est pas équipés pour faire des prisonniers.
Ici, rien ne ferme avec la clé.
On est que nous trois, avec des rations pour trois.
-Que vais-je faire ? -Vous prenez...
Toute la benzina et vous les emmenez…
Hé…
Les gens, on les fait prisonniers, et après, ils s'installent.
S'il vous plaît.
Que puis-je vous offrir ?
Vous voulez une sardine ? -Non, merci.
De la liqueur de noyaux de dattes.
Dites, les lignes anglaises sont loin ?
Les lignes anglaises ?
Je sais pas vraiment oĂą sont nos propres lignes.
Je vais rétablir le contact...
Avec le commandement. -Non !
Pour vous, c'est la moindre des choses. Ça prendra une minute.
C'est un matériel formidable.
C'est très bien.
Donnez ça.
Hop !
AĂŻe !
Je l'ai tué, c'est horrible !
Les deux bidasses, contre le mur !
Comptez jusqu'à 200000. J'écoute.
Allez, hop !
Vous avez combien de cadavres sur la conscience ?
Moi, c'est mon premier.
Je suis une femme finie, c'est foutu.
-Il n'est pas mort. -Il va mourir, c'est pareil.
J'ai tué un père de famille.
Il m'avait offert sa sardine et je l'ai buté !
Que faites-vous ?
Il n'a rien, il faut qu'elle se rende compte.
Faites demi-tour !
Je sais quoi faire.
Il m'embĂŞte, cet Anglais !
Je vous prie de fermer votre gueule !
Comment il me parle ?
Écoutez, entre assassins, on va pas commencer à se disputer.
Vous voyez ?
Ça va bien ?
Je vous ai retardés.
En avant ! -Vous avez pris son adresse ?
Je pensais lui écrire.
Basil, vous ĂŞtes ce que j'appelle un homme !
Belote.
C'est amusant, ce jeu.
Ce qui est amusant, c'est que j'ai le valet. Carreau.
Et 10 de der. Pas mal joué.
Je suis fait comme un rat.
C'est romantique, ce feu !
Ouais…
Si vous nous faisiez un café au lieu de réêvasser ?
Je prends pas de café.
Pourquoi vous êtes grognant ? C'est pénible.
Ces intellectuels aux sautes d'humeur sans motif…
OĂą allez-vous ?
Au cinéma.
Bien…
On va marcher.
-Marcher ? -J'ai des choses graves Ă vous dire.
Qu'est-ce qui est grave ?
-Il faut que je vous parle… -Oui ?
-Sérieusement. -Mmm…
-Je vais ĂŞtre direct. -Oui ?
Oh, une étoile filante !
Tiens donc…
Alors, chère Lorène…
Que vous dire ?
Eh bien, ne dites rien, par exemple.
-Vous avez froid ? -Non, pourquoi ?
Parce que je suis dessinateur.
Dans mes BD, quand l'homme dit des mots d'amour Ă la femme,
…je fais dire à elle : "J'ai froid."
Alors, il la prend dans ses bras, et le dessin d'après, il l'embrasse.
Elle rit.
Quel est votre deuxième prénom ? Les Anglais en ont toujours deux.
Richard ?
Edward ?
-Cornelius. -Oh…
Ils rient.
Non, pas de ça !
Qu'on soit d'accord tous les trois, pas besoin de ça ici.
On se tire, les scènes d'amour après.
Désolé.
Je crois que vous avez raison.
Je crois que vous avez raison.
On s'en va.
Bonsoir.
Bonsoir, chère amie.
J'ai fait ma niche, moi.
-Bonsoir. -Bonsoir.
Va pas falloir me bercer.
Il est pas revenu ? -Non.
Je me faisais du souci.
Attention. -Oh, pardon.
Vous ĂŞtes.. Quelle heure il peut ĂŞtre ?
Vous êtes comme ça, sans rien ? -Oui.
-On parle un peu ? -Ah non.
-Pourquoi ? -Je parle pas Ă n'importe qui.
Ah oui, d'accord.
Y a du vent. -Intéressant, ça.
Bon, bah ouais…
Je vais pas tarder à regagner mes pénates.
-J'aimerais bien être un garçon. -Oh !
Pourquoi ? -Pour le plaisir.
Vous, les garçons, si quelqu'un vous chante…
-Moi, je vous chante ? -Vous me chantez.
Mais je vous aime pas.
Ça tombe bien, moi non plus.
Quand nous reverrons Le temps des cerises.
Le gaĂŻ rossignol, le merle moqueur.
Tiens ! Bonjour, tout le monde !
Salut, Churchill. Hop !
Fais chauffer la voiture, pas de temps Ă perdre.
Bon, ce feu ne veut pas prendre.
Ceux qui veulent déjeuner chaud n'ont qu'à l'allumer eux-mêmes.
Moi, je n'ai pas que ça à faire.
Chocolat.
Il est bon.
Regardez-moi ça, cette manie de fumer !
Cette couverture est brûlée, c'est inadmissible !
Doucement sur le chocolat !
Si vous bouffez tout, on mangera quoi demain ?
Les pneus de la voiture ?
Ne vous fatiguez pas, tous les deux.
Que puis-je faire, patron ?
Allez plier la tente !
Comme si c'était fait !
-Basil ? -Oui ? Qu'est-ce que c'est ?
Je ne suis pas Ă vous, et pas Ă Valentin non plus.
Ce n'est pas vrai.
Pourquoi me parlez-vous de ça ?
Vous savez bien pourquoi. En tout cas, moi, je sais.
Ce soir ou demain, nous ne serons plus ensemble.
Vous chez vous, moi chez moi, et lui ailleurs.
Nous sommes trois souvenirs.
Je sais.
Alors, Basil, vous ne voulez pas faire du feu ?
S'il vous plaît.
Cachez-vous !
Sur la voiture ! Cachez-la avec ça ! Attrape !
Prends l'autre côté !
(-Il s'en va.)
-Il nous a vus ! -Le feu !
Attention ! Cachez-vous !
-Merde ! -Vous l'avez touché ?
Prends ça.
Valentin !
Dites quelque chose !
Les vaches…
Il a dit "les vaches" !
Chut, attention !
Distingué… ils rient.
A la fin de la journée, on devrait tomber sur vos copains.
Ou alors, ils se sont débinés.
Débinés, les Anglais ? Vous devez plaisanter !
En attendant, je vois rien.
Vous sentez ? l'air du pays !
Les Britanniques ne sont pas loin.
J'ai envie de me baigner.
Vous avez des cigarettes ?
C'est Valentin qui les a. HĂ©, cigarettes !
Pas de panique.
C'est un avion par terre.
Que peut-il nous faire ?
C'est une embuscade, on est marron.
-Il faut bluffer. -Ouais.
Jetez vos armes !
Rendez-vous !
Vous ĂŞtes fichus !
Vous leur faites pas peur.
J'y vais.
-Basil ! -Il est fou !
Basil ! Il recommence !
Ah là là , tout le temps enrayée, cette pétoire !
-Pourquoi il rampe ? -Allez savoir.
Mais il va se faire tuer !
HĂ© !
J'y vais.
Il démarre la voiture.
Il faut le voir pour le croire !
Je monte une opération de commando, j'arrive et y a pas un chat !
J'en ai marre !
C'est pas ma faute. Vous êtes drôle…
J'ai dû blesser les types, ils se sont posés.
Les voilà , ils sont pas allés loin.
Vous savez piloter ?
La seule chose que je sache faire.
On est sauvés.
Personne devant ?
Oh ! Mais vous savez vraiment piloter ?
-Qu'est-ce qu'elle a fait ? -On est sauvés !
Dégagez la piste ! La voiture, enlevez-la !
Vous l'avez foutu en l'air ? -Pour gagner du temps !
-Où on va ? -Décollez toujours.
Affirmatif ! La porte !
Bon, alors… Atterrisseur : Y en a pas.
Contact magnéto un plus deux : ça va.
Commande : Libre.
Ça y est !
-Bah alors ? -Bah alors !
J'ai raté mon décollage ! Question d'entraînement !
Oui, mais… qu'est-ce qu'on va devenir ?
Je recommence, il faut sortir de ce trou !
Il veut pas décoller !
-Comment ? -Il ne décolle pas ?
Y a un truc cassé, je sais pas quoi. J'ai le magnéto qui donne plus…
Allons-y en voiture.
L'autre ahuri l'a flanquée dans le ravin.
Ça va être de ma faute !
Cet avion volait bien.
Qui l'a esquinté en tirant dessus ? Moi ou vous ?
Non mais, sans blague…
Je me croyais de l'autre côté des lignes.
On peut y aller comme ça, en roulant.
En roulant ?
Mais on va ĂŞtre ridicules !
J'ai mal au cœur !
C'est le mal de l'air !
Choc.
Cette fois-ci…
OĂą il va ?
Ça passera ?
-Non, c'est étroit. -Il y a une trousse à outils ?
Votre bazar, c'est terminé.
Ça peut arriver à tout le monde.
Là , la trousse à outils…
-HĂ© ho ! -Ho !
LĂ .
Plus que quatre.
-Vous savez ce qui tombe ce soir ? -Quoi ?
C'est Noël. 24 décembre.
Je me demande ce que j'aurai dans mes souliers.
Regardez.
Hé, les Anglais…
Comment osez-vous ?
Valentin ! Lorène ! Montez !
Par ici !
Venez !
Montez !
Ils sont lĂ !
Ils sont lĂ !
Cornemuse au loin. -HĂ© ho !
Les Anglais…
HĂ© !
Ils sont trop loin.
Vous pensez que… on se reverra, tous les trois ?
Peut-ĂŞtre.
Parce qu'autrement, enfin, pour moi…
J'aurai de la peine.
Ouais.
Allez, on descend. -Non.
Pourquoi ?
C'est Noël, on réveillonne ici.
Hein ? Tous les trois.
Après, on se dira adieu.
Enfin, au revoir.
Musique douce.
Je me souviens d'un jour loin d'ici.
Nous étions trois enfants aussi.
Il y avait toi
il y avait moi
il y avait nous.
Nous étions comme trois figurines.
Qui s'animaient dans leur vitrine.
J'étais la danse et toi la chance.
Et lui l'enfance.
Il faut marquer d'une pierre blanche.
Le temps léger des anciens dimanches.
Je revois la pluie fine Tomber sur la glycine.
Au moins de juin, au temps si loin.
Je me souviens d'un jour loin d'ici.
Nous étions trois enfants aussi.
Il y avait toi, il y avait moi.
Il y avait nous.
Il faut marquer d'une pierre blanche.
Le temps légers des anciens dimanches.
Je revois la pluie fine Tomber sur la glycine.
Au moins de juin, au temps si loin.
Nous allions faire un très grand voyage.
Mais moi, j'ai gardé du passé.
Ton beau visage, comme un otage.
Dont je ne sais plus l'âge.
(-HĂ© ! HĂ© !)
(Mais non !)
Quoi ? (-Chut !)
Attention !
A droite ! Là , on est protégés !
Les Anglais ! On est sauvés !
Ils nous tirent dessus, ces Anglais !
Valentin !
Ils sont fous !
C'est pas de ma faute, on est dans un blindé allemand !
-On est foutus. -Allez-y avec Lorène.
C'est moi qui reste.
-Emmène-la. -Écoute-moi.
Y a pas de "écoute-moi" ! Ramène les Anglais !
Coups de feu.
A tout Ă l'heure, les enfants.
Coups de feu et explosions.
ArrĂŞtez, lĂ -bas ! Merde, arrĂŞtez !
Oui, on s'écrira, et puis on se retrouvera.
Ça va être merveilleux.
Oui, mais Valentin ?
On va le sauver, hein ? -Mais oui.
J'attends ici, vous aurez des nouvelles en arrivant.
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