All language subtitles for En Tongs Au Pied De LHimalaya (2024)_track3_[fre]

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Original subtitles

-Allez, c'est très bien, on y va, on pousse.

- Allez-y. - On respire, on y va.

Voilà, parfait, très bien.

On y va, on pousse. - Vous y ĂŞtes presque.

-Moi, je vois la tĂŞte, lĂ .

Elle crie.

-On pousse

une dernière fois.

Premiers cris du nourrisson

-JOYEUX ANNIVERSAIRE

ANDREA !

...

Il souffle.

-Joyeux anniversaire, mon copain.

Ah non, ça, c'est pour un autre anniversaire, un cadeau commun.

Thème léger au piano

...

-Oui, oui, oui, bravo mon bébé !

Andréa, tu me regardes ? Souffle la bougie pour papa.

-Joyeux anniversaire, Andréa.

-JOYEUX ANNIVERSAIRE...

Andréa pousse des cris stridents.

- Qu'est-ce qu'il a ? - Il doit être fatigué.

Il est oĂą le doudou ? Il est oĂą ? Il est oĂą ?

Il est lĂ , tu me regardes, mon chat ?

-On va voir si ça marche avec maman.

Je prends son doudou. Allez Pauline, tu me regardes ?

Il est oĂą le doudou ? - ArrĂŞte.

-C'est pas possible ce bordel,

il faut renvoyer les papiers

si on veut la carte d'invalidité !

-Un : il n'est pas invalide, deux : ça ne sert à rien.

-On y a droit, il est autiste !

- ArrĂŞte, il est lĂ . - Ouais, mais il est autiste.

- ArrĂŞte. - Il est autiste.

Sonnerie

-VoilĂ , c'est moi

qui accompagnerai Andréa à l'école

et je ferai la guidance parentale Ă  domicile.

-C'est des nougats

de Montélimar.

Super avec le café. - Très bon.

- Merci, c'est gentil. - Juste un petit cadeau de rentrée.

-Putain, bonjour, désolée !

C'était un peu la course ce matin.

On a dĂ» laisser passer deux bus,

ils étaient bondés.

Bref, un bordel sans nom. (Ca va ?)

-Je voulais faire un point avec vous.

Ca a été un peu compliqué l'an dernier

Ă  cause de ses troubles du comportement.

Cette dernière année de maternelle peut être décisive.

Je sais que vous faites

au mieux,

mais il faut l'avoir en tĂŞte.

-Comme Andréa a eu six ans,

on a pu commencer un petit traitement de Ritaline

pour traiter son hyperactivité.

Et en effet, il est plus apaisé.

-Il est bien plus calme.

-Et avec l'arrivée de Samia

dont on est ravis,

ça devrait mieux se passer.

-Je suis ravie aussi

d'accompagner Andréa.

Ca fait pas mal

de changements pour lui :

nouvelle classe, nouvelle maîtresse...

Donc il va falloir ĂŞtre encore plus vigilants.

Andréa va avoir besoin de stabilité pour progresser et passer en CP.

Donc le mot d'ordre cette année, c'est la stabilité.

-Oui, bien sûr, la stabilité.

-J'ai deux maisons, une grande avec papa,

et une toute petite avec maman

et tonton Valentin !

-On va faire un tour.

-J'ai deux maisons, une grande avec papa, une petite avec maman.

-Je vais te montrer

des super dessins.

-VoilĂ , merci.

-A tout Ă  l'heure, mon coeur.

-J'ai deux maisons, une grande avec papa...

-Bon, il a deux maisons.

Ils rient.

-Oui, parce que avec Pauline, on a décidé...

il y a eu quelques petits changements pendant les grandes vacances.

On a décidé de...

-De ne plus vivre ensemble.

Tout en restant ensemble. Pour Andréa, je veux dire.

-On reste unis pour lui.

- Oui... - Et avec lui.

-Cette année,

c'est important qu'il s'apaise, ça éviterait qu'il soit déscolarisé.

Enfin, on n'en est pas lĂ .

-Pas du tout.

-Et il est bien plus calme.

LĂ , je pense

que leur retard,

ça l'a stressé.

- C'est pas ça... - Bref.

Ca ne devrait plus arriver. - Ca n'arrivera plus.

-C'est mieux qu'il dorme chez moi ce soir,

comme ça, il sera à l'heure pour la rentrée.

-Ca va, on sera Ă  l'heure.

C'est ma semaine, on va pas tout chambouler.

Il a besoin de stabilité, non, on ne change rien.

La circulation couvre leur conversation.

...

-Tu fais comme tout le monde, tu prends une mutuelle.

Tu cherches un appart, au moins ? - ArrĂŞte, tu me stresses.

-Je suis pas sûr que ton frère procure de la stabilité au petit.

-Il a beaucoup changé et Andréa l'adore.

On sonne Ă  la porte.

On frappe Ă  la porte.

-(Oh oui, j'arrive !)

...

Pauline bâille.

-Pardon, j'ai perdu mes clés.

Ah ben non, j'ai pas perdu mes clés.

- Tu fais chier. - C'était pas la bonne poche.

-Il est quelle heure ?

-Va te recoucher, il est Ă  peine 7 heures.

- Je me lève de toute façon. - Tu veux un petit café ?

Allez, je te fais un petit café.

-(Qu'est-ce que t'as foutu, toi ?)

-On a fait un apéro pour l'anniv' de Michel, ça a un peu traîné.

-C'était pas il y a deux jours son anniversaire ?

- C'est ça, ça a un peu traîné. - Ah oui, quand même.

C'était bien ?

-Good vibes.

Tiens, Pauline.

-Tu fumes ici alors qu'Andréa va se lever ?

Eteins ton pétard, là. - Excuse, excuse.

-Ben, t'as pas mis de capsule ?

Il soupire.

Hum...

Quelque chose se casse.

-J'ai pas cassé mon lit.

-(Oh...)

Thème léger au piano

...

Chasse d'eau

-J'ai pas bouché les toilettes.

Elle soupire.

-Qu'est-ce qu'on met avec le tee-shirt ? Le pantalon, voilĂ .

Non, regarde, tu te trompes, c'est pas la bonne jambe.

Attends Andréa, on n'a pas fini.

D'accord ? Regarde, regarde. C'est cette jambe-là, tu m'écoutes ?

Comme ça.

On met le pull

comme un grand ?

Bon allez,

tu mets le pull.

Je te mets tes chaussettes, sinon on n'a pas fini.

...

Sirène des pompiers

...

-Dans deux bus.

- Allez, on monte dans celui-lĂ  ? - Non.

Je veux le troisième.

-Regarde comme il est beau, c'est un double, en plus. Allez.

-Non, je veux le troisième.

...

-Allez, on y va, mon chéri.

Bonjour.

-Oh !

-AĂŻe ! Attention.

- Excusez-le, je suis désolée. - (Aucune éducation.)

-Ca va, madame ?

Andréa, tu dis pardon à la dame ?

-Non, c'est pas ça, ça doit être l'angoisse de la rentrée.

-Pardon, madame hippopotame !

-C'est parce qu'il adore les animaux, c'est pour ça.

...

Dépêche-toi, maintenant. L'hippopotame va nous rattraper.

...

Sonnerie

Pile Ă  l'heure. Bonjour.

-Excusez-moi pour ce retard, un problème dans le bus.

-Pas de problème, voici les parents d'Andréa, et Samia, son AVS.

-Bonjour.

-Enchantée.

-Je vous laisse vous présenter.

Bonne rentrée, Andréa.

- Eh bien, re-bonjour. - Re-bonjour.

Andréa, tu dis bonjour, mon chat ?

- Bonjour, madame hippopotame. - VoilĂ .

En tout cas, on est ravis de vous rencontrer.

- Tenez, un petit cadeau de rentrée. - Fallait pas.

-C'est rien, c'est des nougats de Montélimar.

-Merci. Moi aussi, je suis ravie.

Ca va être une très belle année.

Ne vous inquiétez pas, j'ai un peu l'habitude du handicap.

-Super, vous avez déjà eu des autistes en classe ?

-Non, mais on a eu Hugo qui était en fauteuil roulant

et ça s'est très bien passé.

Vraiment, ça va aller

comme sur des roulettes.

Et... il joue du piano ?

Les autistes sont souvent très doués en musique.

Pour le spectacle de fin d'année,

ce serait super.

-Il n'est pas spécialement attiré par la musique.

Il est un peu jeune quand mĂŞme.

-Bon.

Mais a-t-il une appétence pour une discipline ?

Il parle plusieurs langues ? Il sait compter très vite ?

-Euh non, non, rien de tout ça, lui, ce qu'il aime, c'est les bus.

Et les animaux.

-Et la flûte.

- Pas du tout. - Il aime bien la flûte, si.

-Par contre, désolée, mais les jouets

ne sont pas autorisés à l'école.

-Ah non, c'est pas vraiment un jouet, c'est une sorte de repère pour lui.

-En le voyant, ça l'aide à mieux situer son corps dans l'espace.

-Ah, d'accord, bon. Très bien, alors.

VoilĂ .

Les enfants rient.

Le garçon blond pousse des cris.

...

-Ah, il est bizarre...

Quelqu'un entre.

-Ah, papa.

Salut. Qu'est-ce que tu fais lĂ  ?

-Je viens faire ma visite mensuelle,

voir si ton frère ne s'est pas étouffé dans son vomi.

-Sympa.

-C'est encore chez moi, non ?

Et toi, qu'est-ce que tu fais lĂ  ?

Il se fait un café.

-Disons qu'on est séparés avec Fabrice.

-Oh non, c'est pas possible.

-On s'entendait plus.

- "On s'entendait plus."

Evidemment qu'après plus de dix ans, on ne s'entend plus.

Non, mais franchement.

Tu vas faire quoi, maintenant ?

Excuse-moi, 40 ans, un gamin handicapé, pas de boulot...

Si tu veux pas finir seule comme ton vieux père,

il va falloir arrĂŞter de faire la difficile.

-Déjà, j'ai que 39 ans, et j'ai un nouveau boulot.

D'ailleurs, je file.

-Ah, bon ? Tu fais quoi ?

-Je suis assistante de prod' dans une grosse boîte pour la télé.

-J'aime pas la télé. Que des cons qui donnent leur avis sur tout.

Et sinon, comment il va le...

Le p'tit ?

-Il s'appelle Andréa, papa.

-Oui, non, mais je sais qu'il s'appelle Andréa, enfin.

Il va comment ?

-Bah, écoute...

Ca va, il est en grande section.

On espère qu'il pourra entrer en CP.

-C'est bien, c'est bien.

-Et sinon, comment vont tes chats ?

-Ah, ils vont super !

Tu les verrais... ah tiens, j'ai les photos.

Je vais te montrer.

Gina et Pompon, son frère. - Oui, c'est des frères et soeurs.

Ca se voit. Ils sont beaux.

- Regarde. - Ah oui, Pompon, il a l'oeil vif.

-Ils sont incroyables.

-Oui, ils ont l'air.

Dis, tu sais, avec ce nouveau boulot, il me faut une mutuelle,

et comme c'est encore galère pour moi financièrement,

ce serait possible de me remettre sur la tienne ?

-Evidemment quand c'est pas l'un, c'est l'autre.

T'étais sur ma mutuelle quand t'avais 12 ans, mais là, t'en as 40 !

Il serait temps de t'assumer. Déjà que vous squattez l'appart.

-Oui, bon, j'en ai 39, mais OK, t'as raison.

C'est déjà super pour l'appart, merci.

-Oui, oui, c'est bon, c'est bon.

Sinon, ton frère n'est pas là ? Si, il dort, il est dans sa chambre.

-Avec une meuf ?

-Euh non, je crois pas.

-Ca m'aurait étonné.

- Tu veux que j'aille le réveiller ? - Non, ça va, laisse tomber.

Il respire encore ? - Oui, j'espère.

-Tu lui diras que je suis passé.

-Attends, les papiers de Valentin. Oh, merde.

-Laisse, ça va partir à la poubelle.

Tu lui as pas demandé de les trier ?

Pour l'occuper.

Je veux pas qu'il branle rien de ses journées. Bisou.

-Une lasagne et un plat du jour !

-Alors, la lasagne ? Hop.

Le café.

-Merci.

Thème funky à la batterie

...

-Et voilĂ .

- Pauline ? Sa petite soeur. - J'arrive.

Sonnette

...

J'arrive.

...

-Deux cafés.

...

-Tu vas pas me la faire à moi, tu viens pas ici que pour le café,

je sais ce qu'il vaut.

Je viens ici pour quoi, alors ?

Tu viens ici pour voir tonton Serge.

Regarde, t'es toute rouge.

Tiens, tes tips.

- On partage les tips ? - Oui, pourquoi ?

Bah, comme j'étais seule en salle...

Tu crois que j'ai rien foutu ?

J'ai travaillé toute la journée

sur un petit dossier.

C'est pas mal du tout.

Tiens, celui-lĂ , je te le compte pas.

- Ah non, non, merci. - Oh, ça va.

Allez.

-Qui a mis des légumes dans mon bac à bières ?

-Désolée, j'ai été retenue au boulot.

-Pas de problème.

- Tu veux rien boire, Samia ? - Merci, ça va.

-Pauline, du rouge ?

Oh, excuse-moi d'avoir le sens de l'hospitalité.

-Ca va, mon amour ?

Ca s'est bien passé ta rentrée ?

- Tu sens bizarre. - Ah bon ?

-Tu sens tonton Valentin.

-Voilà, allez, super, Andréa.

Pauline, tiens-lui plus légèrement la main.

Ouais.

- Comme ça ? - Ouais, allez vas-y.

Ouais.

Voilà, c'est super, Andréa.

-C'est bien, mon amour.

-Tiens, un dernier jeton

et tu as droit aux trois minutes d'iPad.

On va réduire la guidance physique,

il faut qu'il arrive Ă  faire un rond tout seul.

-OK, juste un rond ?

-Arriver à faire un rond tout seul, ce sera déjà un gros progrès.

Travailler cette motricité fine, ça va l'aider pour s'habiller,

dessiner, écrire.

VoilĂ  les pictos

pour le bain et l'habillage.

Le volcan des émotions, à lui présenter quand tu sens

qu'il commence Ă  monter.

Tu cherches avec lui

le picto adapté.

C'est hyper important

d'anticiper la crise

et de la prendre au début.

Faites l'emploi du temps ensemble

la veille au soir.

Les pictos de chaînage sont à répéter

toujours dans l'ordre.

Tu le guides verbalement

dans un premier temps.

Dans l'emploi du temps,

il n'y a pas tout,

tu vas devoir en créer certains, ça peut être une photo, un dessin...

Pauline ?

C'est bon, t'es avec moi ? - Oui, oui, pardon. Oui, oui.

Ca, j'ai juste besoin...

Voilà, ça, je peux le mettre... je le scotche direct.

OK.

Oui, oui, non, mais... t'inquiète, ça va aller.

Je devrais y arriver.

-J'ai aucun doute.

-T'es pas mal comme ça. T'as de la chance d'être ma soeur.

-T'es relou, t'aurais pu dire que t'étais pas là ce soir.

-Oui, bah désolé, papa m'a demandé d'aller à la réunion de copro.

J'aurais préféré garder Andréa.

-Une copro de quoi ? Il y a deux apparts dans l'immeuble.

Tu sais que tout ce qu'il te demande,

ça sert à rien ? - T'es jalouse ?

-Jalouse de quoi ?

-Qu'il m'ait choisi moi pour le représenter.

Les syndics, c'est un milieu de requins.

Tu te ferais bouffer, t'es trop gentille.

-Maman, t'es belle comme l'odobenus rosmarus.

-Oh, c'est gentil, ça, c'est quoi "l'odobenus ros..." ?

-C'est ça.

C'est très joli,

ça a des belles dents.

...

-Il y a papa...

Salut.

-Ca va, mon champion ?

Il sent la clope. - Hein ?

Il y a quelqu'un qui fumait dans le bus.

- Dans le bus, oui. - A l'arrĂŞt de bus.

-Ouais, d'accord.

Et tu fais quoi des fringues que je lui mets ? Tu les vends ?

Quand je le récupère, il est habillé comme un souillon.

-Il adore son survĂŞt.

- Pauline, ça, c'est un pyjama. - Un pyjama, tu joues sur les mots.

-Tu vas bosser dans cette tenue ?

Je te dépanne pas pour que tu ailles en soirée.

-T'es lourd, oui, je vais bosser.

Maman va travailler, on se retrouve demain, d'accord, mon chaton ?

Gros bisous.

-Travaille bien.

Morceau de house

-Allez, celle-lĂ , elle est pour moi.

Cris, applaudissements

...

-Ton fils, il est autiste comment ?

C'est un génie, il compte les allumettes ou que dalle ?

-Non, c'est un autiste normal.

Il est verbal, mais il a un retard cognitif.

-Ca, c'est chaud.

La vie te met à l'épreuve parce qu'elle sait

que tu vas t'en sortir.

Je crois grave au karma.

-Le karma, c'est pas vraiment ça.

-T'es grave belle pour une meuf

qui en chie autant.

-Merci, c'est gentil.

-Oui, je suis gentil.

La dernière fois, j'ai regardé un reportage sur ça.

-C'est un reportage sur la trisomie ?

-Oui, c'est ça.

C'était trop intéressant.

Mon fils a marché à un an.

-Cool.

-Ton fils, il marchait pas ?

-Il n'avait pas de retard Ă  ce niveau-lĂ .

-Il fait quoi comme trucs chelous ?

Moi, mon fils, il se gratte la tĂŞte avec la main gauche.

C'est comme un tic.

-Ah ouais, avec la main gauche, c'est bizarre, ouais.

C'est Ă  surveiller. - Je confirme.

Ca peut ĂŞtre un signe,

d'après un reportage.

-Le reportage trop intéressant sur la trisomie ?

-Main droite : trisomie. Main gauche : autisme.

- Vous vous foutez de moi ? - On rigole.

Il a juste des poux,

ton gosse.

-Ca te fait rire, toi ?

-Attends, non, non.

VoilĂ ...

-Je te jure, c'est pas une technique pour venir squatter chez toi,

j'ai vraiment perdu mes clés. - T'as personne qui peut t'héberger ?

-Bah... je connais pas grand monde, je suis de Vendée à la base.

Je suis Ă  Paris depuis 3 mois, j'ai ouvert ma librairie.

- Ah ouais, c'est cool. - Très cool, oui.

Mais pour faire des rencontres, mieux vaut ouvrir un bar.

-Pour se faire draguer par des mecs tout bourrés après le service ?

-Je suis pas tout bourré, non plus.

C'est toi qui me ressers. - Attends, tu me dragues, lĂ  ?

-Hein ? Non.

Je sais pas, peut-ĂŞtre. T'en penses quoi ?

-J'en pense

que ta technique est pas ouf.

Après, le côté "je m'intéresse à ton fils", c'est cool.

Tu as l'air sympa, mais a-t-on envie de coucher avec un mec sympa ?

-OK, d'accord, j'ai compris. Toi, tu préfères les bad boys, c'est ça ?

-Oh lĂ , on est sur un gros voyou, lĂ , en fait.

C'est qui Michel, c'est toi ? - Non, moi, c'est Thomas.

Ca, c'est un pote, il s'est fait tirer dessus.

Je déconne. C'est le prénom de mon papa.

-Ah. Ah mince, il est décédé ?

-Non, il va très bien.

Mais on est très proches, ce sera une jolie façon de le garder avec moi.

-Oh putain, arrĂŞte, tu m'excites, lĂ .

-Ah oui ?

- Ben, non. - Non, mais attends, hé...

J'ai l'air sympa, mais dans l'intimité, je peux me dérégler.

Je peux devenir un sauvage,

ça peut être ouf.

Elle inspire profondément.

Je suis désolé, mais quand je picole...

Mais laisse-moi deux, trois heures, et lĂ ...

(Pauline ?) - Hum...

-(Ca y est, je bande.)

-Tu peux me laisser trois minutes que j'aille me brosser les dents ?

-Ouais, on n'est pas à trois minutes près non plus.

On sonne Ă  la porte.

-Oh...

Valentin, tu fais chier !

-C'est qui, Valentin ?

-C'est mon frère.

Qu'est-ce que vous faites lĂ  ? - Maman !

-Ca va, mon amour ? Attends, Andréa !

Mais, euh...

Tu devais pas venir aussi tĂ´t.

- Il y a un monsieur dans le salon ! - C'est un pote.

- Il est tout nu ! - T'es sérieuse ?

C'est comme ça que tu bosses ?

-Mais non, c'est pas ça...

-Ah, mon Fab.

Ca va ?

Désolé, la réunion de copro a traîné.

-T'as raison, il a vachement changé.

Je dois aller bosser, mais sinon, je te laissais pas le petit ici.

C'est n'importe quoi.

Pauline soupire.

-Tout nu, il est tout nu !

-Lâche la couette.

-C'est ses stéréotypies.

- Stéréo quoi ? - Tu fais chier avec tes clopes !

On lâche la couette et on va dans ta chambre pour qu'il s'habille.

Maman a dormi dans le lit de tonton, pas avec Thomas.

-Ca va, on s'emmerde pas.

Tu penseras Ă  changer mes draps !

-Pauline ? J'y vais, lĂ .

Salut, Andréa.

Attends, tu marches sur mon slip, lĂ .

-Hein ? Ah, excuse.

J'ai mis un peu de cendre.

-Ca va, merci.

- J'ai fini ! - Ecoute-moi, mon amour, écoute-moi.

Oh regarde, celui-lĂ , il est beau.

On fait un rond et après, on joue. Comme Samia nous a montré.

On fait comme elle nous a montré ? Voilà, toi, tu sais bien le faire.

VoilĂ , c'est bien. - J'ai fini. On joue.

Thème mélancolique au piano

-Il est où Andréa ?

Andréa ?

-C'est toi, le chat !

Maman, elle a cassé le lit !

-Tiens.

-Non, pas celle-lĂ  !

Pas celle-lĂ  ! Paquito ! Paquito !

-Non, il n'y avait pas de Paquito

au supermarché.

- Paquito ! Paquito ! - C'est pareil.

Attends Andréa, regarde. - Paquito... !

-T'as un problème...

-Pas le volcan !

- Arrête Andréa, calme-toi. - Pas le volcan !

Pas le volcan !

Je veux les Paquito !

Andréa continue de crier.

Pauline souffle.

Méchante maman !

...

Valentin ronfle.

- Maman ! - Ca va, mon petit coeur d'amour ?

T'as passé une bonne journée ? - Non.

-Ca a été un peu compliqué.

- Bonjour. - Bonjour.

-A propos du spectacle de fin d'année...

-Attends, je discute.

-Ce serait bien que vous le fassiez travailler un peu Ă  la maison.

Parce qu'après deux mois de répétition,

les progrès ne sont pas au rendez-vous.

-Ah, mince.

-J'ai filmé les répétitions,

je vous envoie par mail les chorés, les textes, on fait comme ça ?

- Euh... oui, oui, d'accord, OK. - Très bien.

-On commence par le pouce et l'index.

Tu vois, ça, c'est super

pour stimuler la tonicité de ses doigts.

Un peu tous les jours.

C'est bien, Andréa. Très bien.

VoilĂ .

Allez, je te donne un jeton ?

Tu peux prendre l'iPad.

Très bien.

Alors...

T'as renversé du vin dessus ?

-Non, c'est Andréa.

-Et qui a rempli l'emploi du temps ?

-Ca, c'est moi. Pourquoi ?

-Parce que c'est n'importe quoi.

Il faut accrocher une image de nous.

Pourquoi t'as mis une banane et une poubelle ?

-C'est des sacs poubelles, en fait, c'est ma liste de courses.

-Bon.

LĂ , en fait, il peut rien comprendre.

Il faut mettre chaque pictogramme à sa place, sinon, ça sert à rien,

ça l'embrouille surtout.

Il y a un problème ?

-Non, mais c'est chiant, à t'écouter, je fais tout de travers.

J'ai pas mis les bons pictos, au secours, il faut appeler la DDASS.

Putain... entre mon ex qui me traite comme une gamine alcoolique,

mon père qui me culpabilise du départ de mon ex,

si toi aussi tu t'y mets, je suis foutue.

-Les outils que je te donne c'est pour t'aider.

-Ca m'aide vachement.

Voilà ton volcan des émotions. Poubelle.

Et la valise des solutions a fini aux chiottes.

Alors, merci tes outils.

-OK.

T'es énervée, on va s'arrêter là.

-Non, non.

Pardon, excuse-moi.

Non, excuse-moi.

C'est juste que lĂ , je...

C'est pas facile, quoi.

-Les palmiers dans le vent du désert.

La rivière. Bravo.

Très bien.

Samia ! Samia !

On se laisse pas distraire.

-HISSE ET OH...

-Non, ça ne va pas du tout.

On arrête, on coupe, ça suffit.

-Regarde, les bras comme ça, t'as vu ?

Allez, comme les palmiers. Comme ça, regarde Andréa.

"C'est de l'eau" - Les Enfantastiques

-TOUS A BORD DU MEME BATEAU HISSE HO

-On se concentre deux minutes.

Allez, le palmier.

Un coup Ă  gauche.

Oh, regarde tonton, il le fait bien.

-C'est à toi tout ça ?

-La sueur quand on court Ă  perdre haleine

-Voilà, comme ça.

-Tout notre corps, la chair et les os

-C'EST DE L'EAU

C'EST DE L'EAU

C'EST DE L'EAU, C'EST DE L'EAU

ET NOUS SOMMES MATELOTS SUR LES FLOTS

TOUS A BORD DU MEME BATEAU, HISSE HO

C'EST DE L'EAU...

Sonnerie de téléphone

...

-AllĂ´ ?

- DES LARMES DE JOIE... - Attends, deux secondes. Oui ?

Non, on n'est pas en soirée, non.

A la maison. Pourquoi ?

Je te le passe.

Tiens mon amour, c'est papa.

- Papa ! - Ca va mon champion, t'es oĂą, lĂ  ?

-On est dans la petite maison,

On fait la fĂŞte avec maman et tonton Valentin.

-C'est pas un peu tard pour faire la fĂŞte ?

-Tu sais que l'hippopotame, c'est un cousin de la baleine ?

-Ah non, je savais pas.

-Il fait dix fois plus de morts que le lion en Afrique.

-Ah, c'est super.

Sinon, tu as fait quoi avec maman, t'es sorti ?

-Non, j'ai regardé

l'iPad avec les hippopotames.

- On est sortis. - Papa ? Elle est lĂ , Justine ?

-Euh... oui, elle est avec moi.

- Bisou, champion. - Bisou, Justine !

-On a hâte de te revoir dans cinq dodos.

Je t'aime, mon champion. - Je t'aime.

-C'est qui, Justine, mon coeur ?

-Elle est vétérinaire, elle connaît tous les animaux.

Je peux regarder l'iPad ?

-C'est l'amoureuse de papa ?

-Je veux l'iPad.

-Si tu me réponds, tu auras 5mn d'iPad.

C'est son amoureuse ? - Oui, elle fait dodo avec papa.

Tu me donnes le jeton ?

-Mais elle a quel âge ? Elle est jolie ?

-Oui, elle a des belles dents. Tu me donnes le jeton.

-Oui, tiens.

AĂŻe. Attention.

-J'ai à peine touché la dent, détendez-vous.

-Je veux de la douceur, je veux qu'on prenne soin de moi.

AĂŻe !

-On va arrêter, de toute façon, on ne peut plus rien faire.

-Comment ça ?

-Vous avez trop attendu, la dent est nécrosée, il faut dévitaliser.

-C'est trop tard. Je pourrai jamais refaire ma dent.

-Il est jamais trop tard pour refaire ses dents, ma p'tite dame.

- Ah bon ? - Oui, comptez dans les 2 000 euros.

Il pleut Ă  verse.

Thème mélancolique au piano

...

Un morceau de rap est diffusé en fond

...

...

- Ca va, merci. - Allez, on rigole, lĂ , bois un coup.

Qu'est-ce qui t'arrive ? - Ca va, tranquille, t'inquiète.

Tu veux pas qu'on aille chez moi, plutôt ? J'ai retrouvé mes clés.

-Ah, mais c'est pour ça que tu bois pas, en fait.

Tu veux bander. - Waouh.

Laisse tomber c'est bon, je vais y aller.

-Non, pardon, reste un peu.

Et puis qui sait, cette fois, on va réussir à...

-Ca va, c'est bon, je vais y aller, t'embĂŞte pas.

Je suis fatigué, en plus. La tisane m'a cassé.

Ecoute, on s'appelle, on se voit vite.

Passe une bonne soirée.

-C'est fermé par là, il faut sortir par là, s'il te plaît.

Thème électro sombre

...

-Il y en a très peu qui sont fidèles, à part les cygnes ou les castors.

Tu vois, moi, je me vois comme une sorte de loup, en fait.

Tu vois ce que j'veux dire ? - Oui, je vois.

Le loup aussi est monogame.

-Paupau, tu reveux un verre ou quoi ?

- Non, je vais y aller, moi. - Ah ouais ?

-Je vais rentrer.

-Et toi, ma belle, tu veux que je te raccompagne chez toi ?

On va jouer au loup.

Hou... !

HĂ©, JP ? Vas-y, rentre chez toi, c'est bon.

-Oh, un p'tit dernier pour la route.

-ArrĂŞte, depuis ce matin tu me parles de dernier pour la route.

"Quand j'étais chanteur" - Michel Delpech

-Pour moi y a longtemps qu'c'est fini

J'comprends plus grand-chose aujourd'hui

Mais j'entends quand mĂŞme des choses que j'aime

et ça distrait ma vie

...

-Bonjour !

Excusez-moi.

Pardon.

Bonjour, Pauline. - Oh ! Bonjour, Jacqueline.

-Vous n'êtes pas avec Andréa ?

-Non, c'est la semaine avec son père.

Je le récupère demain.

Non, je le récupère aujourd'hui, d'ailleurs.

Quelle heure il est, lĂ  ?

- Il est 8h05. - Ah ouais, putain, quand mĂŞme.

-Je voulais parler du spectacle de fin d'année.

-Hum.

-Comme on ne roule pas sur l'or,

pour le poste costume,

on aurait bien besoin de mains de fées en plus.

Pauline bâille.

Donc, par exemple, est-ce que vous savez coudre ?

-Ma mère cousait très bien.

Ah ouais, elle m'avait fait un petit costume,

un petit costume d'indien, je m'en souviens encore.

Avec des plumes sur la tĂŞte.

-Super. Du coup, vous pensez qu'elle pourrait nous aider ?

-Elle est morte.

Ouh lĂ , attention.

Ah désolée, je dois descendre là.

On se reparlera de tout ça la prochaine fois.

- Bonne journée. - Bonjour.

Quelqu'un essaie d'ouvrir la porte.

...

Elle marche plus ma clé.

-Normal, c'est la clé de la boîte aux lettres, ça.

Elle soupire.

-Qu'est-ce que t'as foutu ?

-On a bu un coup après le service.

Ca a un peu traîné.

-Ah ouais, quand mĂŞme, ouais.

Et ça va, c'était good vibes ? - Mmm...

-T'as pécho un peu, là ?

Tiens.

On sonne Ă  la porte.

On frappe Ă  la porte.

-(Putain, merde.)

(Merde, merde, merde.) Oui.

Oh. - Maman !

-Mon bébé.

Ca va, Samia ? - On t'a attendue devant l'école.

-Hein ? Oui, oui, j'ai eu...

Un petit empĂŞchement.

-Je vois ça.

-Ca va, mon bébé, ta journée s'est bien passée ?

-Oui, j'ai passé une très bonne journée.

-J'ai pas rempli l'emploi du temps, j'ai eu une galère.

Tiens.

Tu n'entres pas ?

-Non, je vais pas rester.

-Ah bon ?

-Ecoute, Pauline...

Je suis pas la baby-sitter d'Andréa.

Je suis lĂ  pour qu'on mette en place ensemble des protocoles.

Mais "ensemble".

Si tu fais pas l'effort de ton côté, ce que je fais ne sert à rien.

Et je perds mon temps. - Non, attends...

C'est vrai que j'ai pas été très carrée ces derniers temps.

On a eu un début d'année compliqué, entre la séparation, le boulot...

- Je sais. - VoilĂ , tu vois.

-C'est pas facile avec Fabrice, ton papa est dur.

C'est eux qui t'ont obligée

Ă  boire, hier soir ?

Jacqueline t'a croisée dans le bus,

elle me l'a dit. - Ah.

-Ouais, donc arrĂŞte de te chercher des excuses.

T'as deux bras, deux jambes, un cerveau qui fonctionne,

donc vas-y, reprends-toi.

Je continue la guidance chez Fabrice,

et si tu veux le faire travailler, Fabrice t'expliquera.

Moi, j'ai autre chose Ă  faire.

Andréa ?

A demain. - Au revoir.

-C'est dans les cours d'eau de l'Afrique subsaharienne

que vit l'un des animaux les plus dangereux du monde.

L'hippopotame.

-Tiens, mon coeur.

-L'hippopotame peut peser plus de quatre tonnes.

-Il y a un médicament dans la tartine !

-Non...

Tu sais, c'est de la vitamine, c'est pas un médicament.

-Méchante maman, on cache pas les médicaments dans les tartines.

-Arrête Andréa, tu me fais mal.

Andréa, c'est pas drôle. Ca suffit.

Arrête. Andréa, arrête.

Lâche. Andréa, lâche.

AĂŻe !

Ca suffit, maintenant !

Non, ça suffit, ça ne m'amuse pas ! Tu fais très mal à maman. Tu arrêtes.

-Maman met des médicaments dans mes tartines !

Maman met des médicaments dans mes tartines !

Maman met des médicaments...

-Il fait des blagues.

Thème mélancolique au piano

...

Non, non, viens lĂ  !

Désolée.

Merci.

Non, non, non, laisse ça.

Elle frappe Ă  la porte.

Pardon, désolée.

Un souci de bus. - Pour pas changer.

-Tiens, ton sac.

- Bonjour Andréa, tu vas avec Samia ? - Bonne journée.

Bonne journée.

- Attendez, je dois vous parler. - Je suis pressée, mais dites-moi.

- Pour le spectacle de fin d'année... - Les costumes.

J'ai eu le mail commun.

Je suis pas une grande couturière,

mais je peux bidouiller un ou deux bonnets de lutin.

-Non, Dieu merci, d'autres mamans ont été plus réactives,

le poste costume est géré.

Ca concerne Andréa.

-Oui ?

-Les progrès ne sont toujours pas au rendez-vous.

-Oh ben si, un peu quand mĂŞme.

Je le fais répéter à la maison, il progresse bien.

-C'est trop fatigant pour lui,

pour son bien, c'est mieux qu'il ne participe pas au spectacle.

-Ah non pas du tout, c'est pas mieux.

Et il va faire quoi pendant que les autres répètent ?

-Il adore le coin bibliothèque,

on le mettra lĂ  avec Samia et son doudou,

il sera très bien.

-On peut juste essayer.

-Ca le mettrait en position d'échec.

-Il doit participer au spectacle, il y a bien un mini rĂ´le.

-Ecoutez, Pauline,

la pièce n'est pas écrite comme ça.

- Il y a bien un caillou ! - Mais non...

- Il peut faire un caillou. - Ca se passe dans le désert.

Je ne vais pas revoir la dramaturgie à six mois de la représentation

juste pour lui.

C'est pas toujours à nous de nous adapter, vous comprenez, ça ?

Excusez-moi, mais les enfants s'impatientent.

Bonne journée, à ce soir.

Maxime, tu retournes à ta place, ça suffit. Toujours le même.

Thème triste

...

-"En grandissant,"

"celui qui ne ressemblait pas à ses frères et soeurs"

"est donc devenu un magnifique oiseau blanc."

"Moqué quand il était petit, l'oiseau est désormais admiré de tous."

"Jamais je n'ai rêvé d'un tel bonheur quand j'étais le vilain petit canard"

"se dit-il."

Et voilĂ , c'est fini.

-Relis.

"Moqué quand il était petit,"

"l'oiseau est désormais admiré de tous."

"Jamais je n'ai rêvé d'un tel bonheur quand j'étais le vilain petit canard"

"se dit-il."

-Jamais je n'ai rêvé d'un tel bonheur quand j'étais le vilain petit canard.

-Mon amour, t'es le plus génial de tous les petits garçons.

Tu es déjà le plus beau des cygnes. Je suis pas un cygne je suis Andréa.

-Alors, je me présente :

Madame Gauthier, je suis la référente MDPH.

Nous sommes réunis pour le projet personnalisé du jeune Andréa.

On va faire un point sur le premier trimestre.

Je vais donner la parole Ă  Jacqueline,

sa maîtresse.

-Merci.

Alors...

Un début d'année pas facile pour Andréa, même s'il est très mignon.

Il reste assez agité

et son intolérance au bruit peut être gênante au sein du grand groupe.

Je trouve qu'on a du mal à créer un vrai contact avec lui.

Même si c'est un réel plaisir de l'avoir avec nous,

je pense qu'Andréa serait plus apaisé dans un établissement médicalisé

plus adapté à ses besoins.

-Pardon, excusez-moi, lĂ , vous...

Vous parlez d'hĂ´pital de jour, lĂ .

Mais il n'a que six ans et demi.

-Justement, il a déjà un an de retard.

-Hors de question de le mettre dans un hĂ´pital de jour.

-Personne n'a rien dit de tel pour l'instant.

- Je donne juste mon opinion. - Ca va, on la connaît votre opinion.

Je suis étonnée parce que justement, Andréa, il est dans l'échange.

Certes, à sa manière,

mais vous êtes la seule qui échouez à créer un lien avec lui.

-Je fais mal mon travail ?

-Non, ce n'est pas ce qu'elle dit.

-Ce n'est pas moi qui dois me remettre en question.

-Ca veut dire quoi, ça ?

-Et j'ai vingt autres élèves dans la classe.

-Vous plaisantez ?

Samia est là pour Andréa, c'est pas une charge de travail insurmontable.

-Et Samia est très compétente.

D'ailleurs, ça se passe bien chez vous avec Samia ?

-Ca a été un peu compliqué,

on a dĂ» arrĂŞter les guidances chez Pauline

pour des problèmes d'emploi du temps liés à son travail.

Mais je continue de l'accompagner chez son père, et je suis confiante

sur le fait qu'Andréa puisse progresser

et acquérir les compétences nécessaires au CP.

C'est un petit garçon solaire, plein de ressources,

moi, j'y crois.

Ca demande encore un peu de travail,

mais on n'est pas loin.

-Mais il ne possède pas encore

les compétences

cognitives et sociales pour le CP.

-On est en décembre, on a encore un peu de temps.

-S'il devait intégrer une structure médicalisée...

-Un hĂ´pital de jour.

-Oui, il faudrait faire vite

car il y a de longues listes d'attentes.

Quitte à se désister s'il a progressé.

-C'est pas en l'excluant de certaines activités qu'il va progresser.

-Andréa est présent sur tous les temps scolaires.

-Non, il est exclu

du spectacle de fin d'année

parce qu'il ne faut pas

le mettre en échec.

Moi, je le fais répéter à fond, et il connaît la choré par coeur.

A l'entendre, elle monte "Le Soulier de satin"

au Théâtre du Soleil !

Ca va, "Jacqueline Mnouchkine", il faut redescendre !

Ca va finir comme d'habitude,

ils vont gesticuler Ă  contre-rythme dans des mauvais costumes de lutins !

Et nous, on sera lĂ  comme des cons Ă  les photographier avec le sourire,

et on sera heureux.

On sera heureux de les voir se tromper,

heureux de voir un décor médiocre,

de vous voir, Jacqueline, mal dissimulée en coulisse,

tentant en vain de rattraper une chorégraphie sûrement ratée !

Parce que c'est pas grave.

Nous, c'est ce qu'on attend de nos gosses, en fait.

-Bon, je dois admettre

que Jacqueline est très investie dans le spectacle, peut-être trop,

mais je ne doute pas qu'elle trouvera une place à Andréa.

N'est-ce pas, Jacqueline ?

-Oui, oui, bien sûr, on va lui trouver un mini-rôle.

-Super, voilĂ .

-Bon, écoutez,

on va lancer les demandes, on voit comment évolue Andréa,

et puis, on se refait un point.

Ca vous va ? - Oui, c'est très bien.

-Bonne fĂŞte Ă  tous.

-Bonnes fĂŞtes.

-Bonnes fĂŞtes.

-Bonnes fĂŞtes, Jacqueline.

Sonnerie

...

- "Bonnes fĂŞtes, Jacqueline" !

Saute-la, ça la rendra peut-être plus sympa avec Andréa.

-Je devrais t'imiter, lui parler comme de la merde.

- Moi, je défends mon fils. - Je le défends pas peut-être ? !

- Je t'ai pas trop entendu. - J'essaie de calmer le jeu.

Tu crois obtenir quoi en l'humiliant ? !

Je me fous de son spectacle Ă  la con,

je veux juste qu'Andréa progresse pour passer en CP.

Si pour ça, je dois me taper la Jacqueline, je fonce.

Dire qu'avec toi, "tout roule", c'est faux et c'est pas le défendre.

Eux n'entendent pas qu'Andréa a du potentiel,

ils entendent qu'ils font mal leur boulot.

-Tout le monde n'est pas obligé de ramener tout à sa petite gueule !

-Si, c'est la base, les gens ramènent tout à leur petite gueule !

Boîte à musique

-N'aie pas peur. Ils sont pas méchants.

-Henry, il aime beaucoup les chats.

-Sinon, ton petit-fils humain est là, si ça t'intéresse.

- Salut, salut ! - Salut.

-Je suis Ă  la bourre.

J'ai galéré.

Impossible à trouver tes huîtres d'Orléans.

-Il n'y a pas la mer à Orléans.

-C'est peut être des huîtres d'eau douce.

Et tu me dois treize balles.

Tu peux tomber sur des gens super qui transmettent, et Ă  l'inverse...

-Tu peux tomber sur Jacqueline. Son but, c'est s'en débarrasser.

Elle parle d'hĂ´pital de jour.

-Oui, enfin, vous savez qu'a priori, il sera pas autonome.

Vous n'allez pas le garder chez vous éternellement.

-Mais de quoi tu parles ? Et qu'est-ce que t'en sais, en fait ?

-Désolé, mais on sait

que la plupart finissent en institut, c'est un fait.

-Déjà, pas tous. La situation a évolué, et il n'a que 6 ans.

Les médecins savent pas, et toi qui l'as vu 3 fois en 6 ans, oui ?

-C'est parti, les reproches.

T'étais plus sympa quand c'était pour squatter l'appart.

-On peut pas dîner tranquille ?

Allez, on passe aux cadeaux ?

Joyeux Noël, mon copain.

-Qu'est-ce que c'est, ça ?

On l'ouvre ? - Oui.

Une cravate. - Tu vas pouvoir jouer au contrĂ´leur.

-Super.

Oh, regarde ça.

-Tiens, prends le gros...

Pas lui, hein, le cadeau.

Le père rit.

-Merci, papa.

-Tu as vu ça ?

Si t'appuies sur le bouton,

t'as la sirène.

Sirène de pompiers

-Regarde, regarde, regarde.

Regarde, mon coeur. Oh, le cadeau de tonton Valentin...

Il est super.

-Il aime plus les camions ?

-Non, c'est les bus qu'il aime.

-C'est un autobus qui trimballe des pompiers, voilĂ .

-Tiens, c'est pour toi.

-C'est de notre part.

-Ah ben oui, ben oui, c'est nous.

Hein ?

Merci.

Joyeux Noël.

-Merci.

-Joyeux Noël.

Même si t'as passé l'âge que je te paye le dentiste.

Il faudra bien qu'un jour,

tu sois autonome.

Si tu veux que ton fils aussi le devienne.

-Le fait de nous héberger et de nous donner de l'argent

te donne le droit d'ĂŞtre odieux ?

Tu parles d'autonomie ?

Mais quand maman était là, t'as jamais rien foutu.

Tu t'es jamais occupé de nous.

T'aurais pas su faire de toute façon, et tu ne sais toujours pas.

Tu t'es intéressé une fois à nous ? A moi ?

Comment je gère ma séparation, Andréa. As-tu proposé de m'aider ?

Ah oui, t'achètes des trucs, tu donnes de l'argent.

Ca te dispense d'être un père et un grand-père ?

Si je suis pas autonome aujourd'hui, comme tu dis, lĂ ,

Ă  qui la faute ?

-Henry, il aime beaucoup

les chats.

-Ca, c'est vrai.

Il les aime sa Gina, son Pompon.

C'est quelque chose, hein ?

Ils sont moches tes chats.

Viens Andréa, on s'en va.

Viens, mon bébé.

Valentin, tu viens ?

Allez, joyeux Noël.

-T'en vas pas, c'est Noël.

Vous allez quitter ma maison pour aller dans mon appart ?

Reste ici, ça revient au même.

Clochette

C'est ridicule.

...

Tu veux de la bûche ?

-C'est épuisant de toujours devoir se battre.

J'en peux plus, je suis fatiguée.

Il n'y a rien pour eux. Surtout pour des profils comme Samuel.

Maintenant qu'il est majeur,

j'aurais beau me mettre Ă  poil sur une grue,

il n'y a aucune structure pour l'accueillir en France, rien.

Donc, je vais devoir le mettre en Belgique. Et on sera loin.

Super.

-Merci, Clothilde.

Pauline ?

Tu veux partager avec nous ?

-Euh... oui.

Bonjour, je m'appelle Pauline.

Je suis la maman d'un petit garçon qui s'appelle Andréa,

qui va bientĂ´t avoir 7 ans.

On l'a diagnostiqué autiste il y a 4 ans.

On est séparés avec le papa.

J'avoue que la garde alternée, j'ai du mal à gérer.

Une semaine sur deux, je fais de la merde.

Quand ça va pas, je me réfugie dans l'alcool.

Et les semaines où j'ai Andréa,

je suis seule donc c'est un peu compliqué.

Il y a des moments, j'en ai marre, il me pousse tellement Ă  bout que...

je pourrais le taper.

Et je m'en veux de penser ça.

Mais avec lui, j'ai pas le droit Ă  l'erreur, jamais.

Je suis fatiguée.

J'ai l'impression d'ĂŞtre...

Au pied d'une montagne infranchissable

et que je suis pas équipée pour.

Pauline pleure.

- Tiens. - Merci.

-Il est où Andréa ?

- Chez son père. - Non.

Je te demande pas oĂą il est, je te parle de ton image.

Il est où là-dedans, Andréa ?

-Euh...

Avec moi ?

-Que dois-tu faire pour gravir cette montagne avec lui ?

-Le porter.

-Exactement. Parce que toi,

t'es équipée pour.

C'est pas toi qui as un handicap, c'est ton fils.

-Tu veux un Xanax ?

-Elle est déjà alcoolique, tu veux la faire cachetonner, en plus ?

-Ah oui, pardon.

-Merci, Pauline.

-C'est pas embĂŞtant de travailler dans un bar quand on boit ?

-Ah non, mais je ne suis pas vraiment alcoolique.

Samia disait ça pour plaisanter.

-Ah, pardon. Comme tu disais que tu te réfugiais dans l'alcool,

je pensais que...

-Disons que j'aime bien oublier le quotidien de temps en temps.

Sinon, non, je suis pas alcoolique. Toi, tu fais quoi dans la vie ?

-Je bosse à la commission qui désigne les candidats aux logements sociaux.

-C'est toi qui décides à qui

on attribue un logement social ?

-Oui, enfin je suis pas toute seule à décider.

- Mais c'est top, ça. - Oui.

-Tu re-veux un café ?

-Non, je bois pas de café.

- Un peu de jus, alors ? - Non, non.

J'en ai déjà.

-Sinon, il y a des madeleines.

-Non, j'ai déjà mangé. J'y vais, j'ai mon bus.

- Salut. - Salut.

Thème triste au piano

...

Il pleut.

...

Pauline soupire.

...

Pauline pleure.

...

-Oh, je suis si mauvais que ça ?

-Non, non. J'ai 40 ans aujourd'hui.

...

-Ah ?

...

Ben, bon anniversaire.

-Tu crois qu'on va y arriver un jour ?

-Oui, ce serait bien.

-Putain, j'ai 40 ans, c'est horrible.

Je suis sur la pente descendante.

Quand je pense à mon ex qui a réussi à choper une meuf comme Justine,

"Mme Parfaite, je suis vétérinaire, un p'tit cul, de belles dents."

Sale pute.

Thème soul : "I Got Sunshine" - AverySunshine

-Dans trois bus.

Je veux regarder les hippopotames. - Oui, mais avant, on travaille.

...

Allez, on recommence.

...

-Paupau, tu viens boire un coup avec les copains ?

-Non, c'est bon, merci.

...

-Encore deux bus.

...

- On va faire les courses. - Non, pas les courses.

-Si, tu sais ce qu'on va acheter ? On va acheter des pâtes.

On va les manger avec plein de gruyère.

...

-Encore un bus !

...

-(Clothilde ?)

(Je t'ai gardé une place.)

Je t'ai pris du jus d'orange. - Non, ça me donne des aigreurs.

-J'ai de la pomme aussi.

-Ben, merci. C'est gentil.

-Tu vides ses pots de compote

et tu mets dedans la compote d'une autre marque, s'il ne dit rien,

c'est que c'est juste une rigidité face au changement.

Sinon, c'est un problème sensoriel.

...

-Tiens, mon contrat de travail, les papiers de la CAF, la MDPH.

-Je sais pas si je peux faire ça, Pauline, ça me gêne.

-Si je pouvais faire autrement, je le ferais. T'es mon seul espoir.

Cet appart, j'en ai vraiment besoin.

-T'es toujours alcoolique ?

-Non, mais c'est fini tout ça, je bois plus une goutte, j'te jure.

S'il te plaît.

-Si on peut pas s'entraider, qui va le faire ?

Vas-y, tu me plies ça avant que je ne change d'avis, dépêche-toi.

Dépêche-toi. - Oh, merci.

Merci, Clothilde. - Oui, voilĂ .

-Je t'adore.

T'es géniale. - Bien sûr.

- T'es hyper sympa. - Ouais.

N'en profite pas non plus. - Tu veux boire un verre ?

- Pas d'alcool. - Non, mais un verre de jus d'orange.

-T'as rencontré quelqu'un.

Je comprends pas.

On n'était pas bien tous les trois ? Tu penses à Andréa ?

Hein, Andréa ? T'as envie de vivre avec maman sans tonton Valentin ?

-Arrête, t'es chiant, c'est assez compliqué comme ça.

Attends, mon amour.

Non, il faut pas reprendre ce que je mets dans le carton.

On va faire un carton qu'avec les bus.

Tiens, regarde lĂ .

MĂŞme toi, tu devrais te barrer.

T'en as pas marre d'ĂŞtre le larbin de papa ?

Il te demande des trucs uniquement pour t'occuper.

Tu le sais, non ?

-Le coup des huîtres, ça m'a mis la puce à l'oreille.

-Ah, quand mĂŞme.

-Au moins, quand je fais ses trucs de merde,

il me demande pas de chercher du taf.

-Et ça te rend service, ça ?

J'ai l'impression de tout porter. - Prends ma place.

- Attention Ă  la peinture. - Ouais.

Ouais, ouais, ouais. - C'est Ă  toi de tourner.

Attention la peinture, putain, Valentin !

Visse là. Non, mais visse là, tu sors ça, et tu visses.

Tu vois bien qu'elle est enfoncée.

- On ferait pas une pause ? - Ouais, après. Vas-y.

Tiens, resserre-la, celle-là. Voilà, et tu emboîtes.

-Il fait soif, lĂ .

Thème funky

...

-C'est bien mon chat,

mais faut pas s'essuyer directement avec le rouleau,

ça bouche les toilettes.

Hein ?

Andréa ?

Tu m'entends ?

Mais non...

Mais non, mais non,

mais qu'est-ce que t'as fait, lĂ  ? !

-C'est de la couleur de mon bus.

Thème cristallin

...

- C'est toi qui as fait ça ? - Oui.

...

-C'est toi qui as fait ça, mon coeur ?

Attends, mais mon coeur...

Il est trop beau, ton rond. - Oui.

- T'as fait ça comme un grand ? - Oui.

-Oh, mon bébé d'amour.

Je suis fière de toi, mon amour.

Il est trop beau ton rond.

- Vous voulez voir le résultat ? - Oui.

Oh...

-Vous faites un truc, ce soir ?

-C'est bon, j'ai vu ta nouvelle dent. Tu peux arrĂŞter de sourire.

Gémissements

...

-Dans un dodo, on va au zoo !

-Oui, mais avant, il faut manger.

Je vais voir les calaos rhinocéros !

C'est trop bien.

Allez, mange un petit peu.

-Pas les carottes dans les petits pois.

-J'ai tout trié, regarde.

-Je vais voir les calaos rhinocéros !

-C'est top. Allez mange un peu.

-Du coup, mardi, je peux te mettre en fermeture ?

-Mardi, non, je peux pas, j'ai Andréa.

-OK.

Téléphone

...

-AllĂ´ ?

Oui.

Oui, oui, Samia m'a prévenue qu'elle était malade ce matin.

De quoi ?

Mais...

Et alors ?

Ah non, vous pouvez pas faire ça.

Pourquoi Ă  l'infirmerie ? Il est pas malade.

-C'est pas moi, c'est Jacqueline.

-Mon coeur ?

Tu veux rejoindre les copains au zoo ?

-Je veux voir les calaos rhinocéros.

-Maman, elle va t'emmener.

Thème léger au piano

...

-Allez les enfants, on avance, on avance,

on continue la visite.

Allez, allez. - Bonjour.

-Ah, Pauline...

Qu'est-ce que vous faites lĂ  ?

-Il avait vraiment envie d'aller au zoo, donc nous voilĂ .

-C'est top que vous ayez pu venir, ça nous ennuyait qu'il soit seul.

-On continue avec vous, alors.

- Ben, oui. - On y va.

On continue, allez zou, zou, zou.

- "Allez zou, zou, zou." - Dis donc, tu répètes pas, enfin !

...

-Regardez, on dirait Jacqueline !

Les enfants éclatent de rire.

-Très drôle, Maxime,

j'en parlerai Ă  ta maman.

Alors, qu'est-ce qu'on a, lĂ  ?

Oh, il y en a plusieurs !

Ce sont des antilopes.

-Des hippotragues, c'est des hippotragues,

ça vient d'Afrique.

-Mais c'est ça, il a raison, ce sont bien des hippotragues.

Bravo Andréa, c'est bien.

-Oui, enfin c'est une sorte d'antilope.

On se dépêche, on a encore plein de choses à voir. Pardon.

Hop, hop, qu'est-ce que tu fabriques, toi ?

Ne vole pas !

AĂŻe ! Mais tu veux que je te tape, moi ? !

-Vous faites quoi, lĂ  ? !

-Ca va pas ? !

-Tu touches pas à mon fils, pigé ? Tu touches pas à mon fils !

Tu touches pas Ă  mon fils !

Son strident

Tu touches pas Ă  mon fils !

Andréa pousse des gémissements.

...

Non, non, non, ça va, mon coeur,

je suis lĂ , je suis lĂ  mon chat.

Tout va bien, tout va bien.

Tout va bien, mon chéri.

Calme-toi, calme-toi.

-Ca va, Jacqueline ?

Thème triste

...

-Attendez, Jacqueline.

Allons... allons-y, nous.

...

Circulation

...

-Dans deux bus.

-Allez, viens, on monte.

- Non. - Andréa, on monte.

ArrĂŞte.

Lâche-moi, Andréa.

Ca suffit, tu montes dans ce putain de bus !

Andréa crie.

Arrête, chéri, non ! Excuse-moi, pardon.

Non ! Excuse-moi, mon chat.

Excuse-moi, mon bébé, je te demande pardon.

Je te demande pardon, excuse-moi.

Calme-toi, calme-toi, calme-toi mon chat.

Respire mon coeur, respire.

Elle respire fort.

Thème mélancolique au piano

...

Il souffle sur sa main.

Maintenant, elle va tout faire pour se débarrasser d'Andréa.

- Tu crois ? - Oui.

C'est de ma faute.

J'ai déconné, putain.

-C'est bien que tu reconnaisses tes erreurs, tu progresses,

sauf que lĂ , t'as rien Ă  te reprocher, j'aurais fait pareil.

T'as fait que le défendre.

Ca fait juste de toi une bonne mère.

-Bonjour, bonjour ! HĂ©, champion !

- Ca va ? - Oui.

Salut, Pauline.

Ravie de faire ta connaissance.

-Ah ben oui, moi aussi.

-C'est bien de se rencontrer.

-Oui, parce que Andréa me parle beaucoup de toi.

-C'est gentil.

-Te voir en vrai comme ça, ça me...

Ca me fait du bien, tu peux pas savoir.

-Tu fais quoi demain ?

-Je sais pas, pourquoi ?

-Faudrait que t'emmènes Gina chez le toiletteur.

-Oui, mais demain, je vais bosser.

- Tu te fous de ma gueule ? - Bah, oui.

Et toi aussi, tes chats chez le toiletteur ?

Je suis pas si con, on amène pas une gamine de huit ans

se faire épiler le maillot.

Je dis ça par rapport à sa chatte, vu qu'elle n'a pas de poils.

Pas la gamine,

la chatte à mon père, Gina, c'est un chat.

Quelqu'un veut du gâteau ?

-(JOYEUX ANNIVERSAIRE, )

(JOYEUX ANNIVERSAIRE, )

(JOYEUX ANNIVERSAIRE, ANDREA)

(JOYEUX ANNIVERSAIRE)

-On souffle ?

1, 2, 3.

Ils soufflent les bougies.

-Bonjour à tous, nous sommes donc réunis

pour le projet personnalisé d'Andréa.

On va faire un point sur cette année et on va évaluer si Andréa

a acquis les compétences nécessaires au passage en CP.

Jacqueline, Ă  vous.

-Pardon, je voudrais dire un mot avant de commencer.

Je tenais à présenter mes excuses à Jacqueline

pour mon comportement Ă  la sortie au zoo.

Je me suis emportée, je suis sincèrement désolée.

Je sais que vous faites un métier qui n'est pas facile.

Les enfants peuvent être durs, voire méchants parfois.

Mais je sais aussi qu'Andréa ne connaît pas la méchanceté.

Quand il vous compare

Ă  un hippopotame,

c'est pas pour se moquer, il adore les hippopotames.

D'ailleurs, l'hippopotame est un cousin de la baleine.

Il fait dix fois plus

de morts que le lion en Afrique.

Vous le saviez ? En tout cas, c'est Andréa qui me l'a appris.

Ce que je veux dire,

c'est que moi, il m'a comparée à un morse échoué sur la banquise.

Dit comme ça, c'est pas flatteur, mais dans sa bouche, c'est l'inverse.

Andréa, sa passion, c'est les bus, les animaux,

et les gens, il adore les gens.

Parfois, il est un peu maladroit, c'est vrai.

Mais il aime profondément les gens.

Et il a beaucoup progressé.

Alors, s'il vous plaît, ne le sanctionnez pas.

-Alors, j'ai pas tout compris, il s'est passé quelque chose au zoo ?

-Euh... Bon, très bien.

Jacqueline.

-Oui, alors...

Après un début d'année compliqué,

je dois reconnaître qu'Andréa a énormément progressé.

Il est beaucoup moins agité,

il est beaucoup plus autonome,

néanmoins, ça reste insuffisant.

A l'heure actuelle, Andréa n'a pas acquis

les compétences sociales nécessaires pour entrer au CP.

C'est pour ça

qu'il serait bon d'opter pour un maintien en grande section,

ce qui permettra à Andréa de progresser sur sa lancée

et de pouvoir envisager une entrée au CP dans les meilleures conditions.

-Très bien.

Samia, vous vouliez ajouter quelque chose ?

-Pas grand-chose, je suis d'accord avec Jacqueline.

-Si tout le monde

est raccord,

on acte le maintien, avec votre accord.

-Pardon, mais un maintien, ça veut dire quoi...

Il redouble ? - Oui.

-On peut redoubler ?

-Ah ben oui, oui.

-Enfin, on ne dit plus "redoubler", on dit "maintien".

-Il redouble.

-On a rarement ce genre de réaction

pour un redoublement.

-Merci beaucoup.

-Jacqueline, j'avais quand même prévu un petit quelque chose au cas où.

-Oh !

-Oui, c'est des calissons d'Aix.

- Chérie. - Ca va, papa ?

Je te présente Thomas. - Bonjour, Thomas.

-Bonjour, monsieur.

-ArrĂŞte, tu m'appelles Henry.

-Bonjour, Henry.

-Ah, ben tiens, il est lĂ .

-Ca doit ĂŞtre son mec.

- Qu'est-ce que tu dis ? - Salut.

Ca va ? Je vous présente David.

-Bonjour, Pauline.

-C'est ton mec ?

-Non, pas du tout, c'est mon coloc.

-Ton coloc ?

-Une chambre s'est libérée,

du coup, je me suis dit que j'allais la rentabiliser.

-Tu sous-loues une chambre d'un appart dont tu payes pas le loyer ?

-Ouais, je suis pas con, je vais pas lui faire gratos.

Entre ça et le RSA, ça me fait quasi un SMIC.

Comme ça, je suis autonome, comme tu voulais.

-On est tous autonomes.

C'est bon, on y va ?

Allez, viens.

-Toi, alors, t'es toujours dans la téloche ?

-Non, non, c'est fini, ça, je bosse dans un restau.

-VoilĂ , c'est bien, les gens ont toujours besoin de bouffer.

-J'ai mal aux pieds !

- J'ai chaud ! - J'ai soif !

-Regardez lĂ -bas !

-C'EST DE L'EAU !

C'EST DE L'EAU, C'EST DE L'EAU,

ET NOUS SOMMES MATELOTS SUR LES FLOTS

TOUS A BORD DU MEME BATEAU, HISSE HO

C'EST DE L'EAU, C'EST DE L'EAU

ET NOUS SOMMES MATELOTS SUR LES FLOTS

TOUS A BORD DU MEME BATEAU, HISSE HO

C'EST DE L'EAU, C'EST DE L'EAU

-Un bébé qui attend patiemment

Le premier sourire de sa maman

Ce qui le protège bien au chaud

-C'EST DE L'EAU, C'EST DE L'EAU

Thème léger au piano

...

Sous-titrage : Emmanuelle L.G. pour Tri Track

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