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Original subtitles

UN FANT�ME UTILE

LE FUTUR, C'EST MAINTENANT

De simples particules de poussi�re ont � jamais chang� ma vie de ladyboy.

Les r�parations sont garanties pendant deux semaines.

Je vais prendre celui-l�.

La pollution par les poussi�res est pr�occupante

et le gouvernement cherche actuellement une solution.

La poussi�re est un mal n�cessaire.

Sans elle, il n'y a pas de d�veloppement.

Cette nuit-l�,

j'ai entendu quelqu'un tousser alors que j'�tais seul chez moi.

Pour autant que je sache, je n'avais toujours pas de mari.

La poussi�re et la salet� aspir�es �taient r�apparues.

Que diable se passait-il ?

En bon ladyboy universitaire, je devais me pencher sur le sujet.

Merci.

J'ai contact� le service d'assistance pour la garantie de deux semaines.

Bonjour. Je viens r�parer l'aspirateur.

Mais je viens juste de vous appeler.

Garantie rapide.

Votre appareil recrache de la poussi�re ?

Je m'appelle Krong.

Permettez-moi d'y jeter un �il.

Veuillez enlever vos chaussures.

La salle de bain ?

Sous l'escalier.

C'est la sculpture qui �tait dans le parc ?

Oui.

Juste avant qu'ils ne l'enl�vent.

Ils d�molissent les petits commerces pour construire un centre commercial.

Ce qui explique toute la poussi�re.

Et votre maison ? Ils vont aussi la d�molir ?

Pas pour le moment, mais un jour, qui sait ?

J'ai entendu dire que le propri�taire allait r�cup�rer la rue.

Mais �a va.

Enfant, on m'a dit que ce lieu ne nous appartenait pas.

Donc je me suis pr�par�

� devoir d�m�nager un jour.

Je compatis.

Il n'y a rien � faire.

Personne ici

ne peut rien y faire.

Vous vivez seul ?

Oui.

Je suis seul maintenant.

Il a l'air en bon �tat.

Except� la poussi�re qu'il recrache,

y a-t-il un autre probl�me ?

La nuit,

j'entends quelqu'un tousser.

Tousser ?

Oui.

Une toux violente et rauque.

� mon avis, vous �tes bais�.

Bais� par quoi ?

Bais� par vous ?

Un fant�me.

J'ai entendu dire

que l'usine qui fabrique ces appareils est hant�e.

Les produits sont poss�d�s par les fant�mes de l'usine.

Les fant�mes de l'usine ?

Oui.

Un employ� y est mort.

Tok, tiens bon.

L'ambulance va arriver.

Il mourut quelques heures plus tard.

La tache de sang ne partait pas.

�a fait mal.

C'est la voix de Tok.

Je souffre.

Tok ?

J'arrive pas � respirer.

C'est toi, Tok ?

C'est l'esprit de Tok, madame.

Il est encore vendable ?

Depuis lors, le fant�me de Tok faisait des apparitions � l'usine.

Madame Suman, vous vous �tes bien occup�e de l'usine.

C'est dans le m�me �tat que du vivant de votre mari.

Nous nous effor�ons de maintenir les standards.

Remarquable.

L'autre jour, j'ai inspect� une autre usine.

Le taux de poussi�re �tait dangereux.

Je lui ai retir� la licence et l'ai fait fermer.

Parfait !

C'est quoi, ce bruit ?

L'hygi�ne �tait aux normes, mais un autre probl�me se pr�senta.

Remettez-vous au travail !

Vous voulez que je tire ?

Attendez.

L'extracteur co�te assez cher.

Tok ?

Pourquoi nous harc�les-tu ?

Pourquoi es-tu si furieux ?

Je t'ai organis� des fun�railles.

J'ai pay� les nouilles � ton enterrement.

Tes farces hebdomadaires de fant�me nous emp�chent de travailler.

Les morts ne devraient pas importuner les vivants.

Accepte ta nouvelle vie.

Sois pas rancunier.

Ta foutue fabrique m'a tu� !

Ce n'est pas juste de nous accuser.

Nous appliquons une charte �thique.

L'usine n'est pas responsable de ta mort.

Je reviendrai.

Rappelle les employ�s.

�a ne va pas du tout.

Vous avez vu le fant�me qui nous joue des tours.

Je vais �tre honn�te, madame Suman.

Un fant�me est encore moins hygi�nique qu'un grain de poussi�re.

Je vais devoir vous retirer votre licence.

Non, je vous en prie.

Que ferai-je sans mon usine ?

Ce fant�me serait-il dans mon appareil ?

Pas vraiment.

Des employ�s sont morts dans d'autres usines.

C'est peut-�tre un autre fant�me.

C'est dommage.

Je l'ai achet� la semaine derni�re.

Je veux l'�changer, avec la garantie ?

Vous savez quoi ?

Quoi ?

Le fils de la patronne avait une femme fant�me.

Suman avait deux fils.

Le plus jeune �tait mari� depuis quatre ans

quand sa femme tomba enceinte.

Mais elle contracta une maladie respiratoire.

Elle fit une fausse couche et d�c�da.

O� est March ?

Il est l�, d�prim�.

Tu as demand� au moine de venir visiter l'usine ?

Il faut la rouvrir bient�t.

Maman,

ne parlons pas affaires.

March doit se reposer.

Si on n'en parle pas maintenant, l'affaire sera vite liquid�e.

Tonton March ?

Qu'y a-t-il, Dan ?

T'as d�j� vu tatie Nat dans tes r�ves ?

Dan.

Laisse-le tranquille. La journ�e a �t� longue.

Non.

Je ne l'ai jamais vue dans mes r�ves.

Elle est venue me voir dans le mien.

Elle a dit que tu lui manquais.

Dans le r�ve, elle ne toussait pas.

Malgr� son deuil,

il revint aider l'entreprise familiale.

Il est mort ici, V�n�rable.

Cet esprit garde une rancune tenace contre vous.

Il ne partira pas facilement.

Que peut-on faire ?

Les morts reviennent pour deux raisons :

la premi�re, parce qu'ils se souviennent.

Et la seconde, parce qu'on se souvient d'eux.

Mais je ne lui ai rien fait.

Nat ?

Nat ?

March ?

Que fais-tu ?

�a sert pas � �a, un aspirateur.

Non, maman, je...

Tu as de la fi�vre.

Apr�s un examen pouss�,

le docteur ne trouva rien d'anormal.

Je suis moins inqui�te de la fi�vre que du fait...

qu'il fricote avec un aspirateur.

Sa femme vient de mourir.

Il a du mal � accepter la situation.

Laissez-lui du temps.

Vous saignez du nez.

(En teochew) Ted, t'as aim� le durian frit l'autre jour ?

Maman.

Je te l'ai d�j� dit.

Ted est australien.

Il parle anglais, d'accord ?

Elle t'a demand� si t'as aim� le durian.

(En tha�) Oui, c'�tait bon.

Elle voulait juste se la jouer en parlant teochew.

N'importe quoi.

En dehors de la Tha�lande, plus aucun Chinois ne parle teochew.

Ch�ri, pas la peine d'�tre m�chant avec ta m�re.

Une nuit, alors que March �tait seul,

quelque chose d'�trange se produisit.

Nat ?

Nat.

Nat !

Nat !

Nat.

Nat.

Nat...

Le num�ro de la chambre de M. Mitit Limsapchareonsin.

Pourriez-vous regarder ?

Chambre 709.

Merci.

Les heures de visite sont termin�es.

Veuillez revenir demain � 8 heures.

Mais je suis sa femme.

Je peux aller voir mon mari quand je veux.

C'est impossible.

Comment un aspirateur pourrait-il avoir un mari

alors qu'une humaine comme moi n'en a pas ?

Je suis le fant�me de sa d�funte femme, je hante cet aspirateur.

Si vous �tes morte, l�galement, vous n'�tes plus sa femme.

Par cons�quent, vous n'�tes plus de la famille.

Veuillez revenir demain � 8 heures.

Pardon ?

Navr�e, c'est la r�gle.

- Mais... - Veuillez respecter les r�gles.

Ne causez pas d'ennuis.

Maman, l'aspirateur s'en va.

Quatri�me �tage. S�curit� sociale.

Il y a de la poussi�re.

Ne frotte pas, �a va s'infecter.

Puis-je vous aider, M. le ministre ?

Oups, un fant�me.

Merci beaucoup.

Vous �tes une bonne �me.

Avec plaisir, M. le ministre.

Notre maison aussi est hant�e.

Mais nos fant�mes sont f�roces, pas comme vous.

Il y en a des bons et des mauvais, comme les humains.

Je suis d'accord.

C'est regrettable qu'un bon fant�me comme vous ait d� attendre

pour rendre visite � son mari.

Le personnel est bien trop bureaucratique.

Ce n'est rien.

Elle n'a fait que suivre les r�gles.

La prochaine fois, dites-leur que vous �tes mon amie.

Ils vous laisseront en paix.

Je vous remercie, Dr Paul.

March ?

Nat ?

C'est vraiment toi ?

Ou bien je r�ve ?

Non, tu ne r�ves pas.

Je suis revenue � toi.

March ?

Tu peux me voir ?

Bien s�r, je te vois.

Je suis d�sol�e.

Je n'ai pas pu revenir plus t�t.

L'important, c'est que tu sois revenue.

Tu me manques.

March ?

Arr�te de te taper l'aspirateur.

Maman,

tu vois bien, c'est Nat.

Nat est revenue.

Nat ?

Bonjour, Suman.

Tu es un fant�me ?

Tu es revenue pour prendre March ?

Ne fais pas �a.

Je ne l'emm�ne pas avec moi. Je suis revenue pour m'occuper de lui.

S�rieusement ?

Tu as mang� ?

Au fond d'elle, Suman ne supportait pas

le fait que sa belle-fille soit un fant�me, mais...

C'est toi qui as cuisin� ?

D�licieux.

Voyant l'�tat de son fils s'am�liorer,

elle autorisa le fant�me � rester.

Je d�m�nage en Australie l'ann�e prochaine.

Enfin.

Et ton fils ?

On est en train de lui chercher une �cole.

�a fait quoi d'�tre dans un aspirateur ?

- C'est super. - Oui.

Je me sens bien.

Papa, je peux jouer avec tatie Nat ?

D'accord.

Il est o�, ton visage, tatie ?

Ici, en haut.

Tu veux jouer � �a ?

D'accord, jouons.

Dan est adorable.

Moss et Ted s'occupent bien de lui.

Je pense � notre enfant.

Si je n'�tais pas tomb�e malade, il serait encore avec toi.

Ne culpabilise pas.

C'est la faute de personne.

Faisons un autre enfant.

Tu veux adopter ?

Non.

Notre enfant, notre chair, notre sang.

Tu te souviens ? J'avais fait congeler mes ovocytes.

Oh, je vois.

Merveilleux.

Quelle horreur ! Tu laisses mon neveu fr�quenter cet aspirateur hant� ?

Tu es une mauvaise m�re. Ton a�n� �pouse un homme

et l'autre baise un fant�me.

Un fant�me a d�j� ruin� notre usine.

Tu vas en laisser un autre ruiner notre famille ?

Va consulter, veux-tu ?

Elle �tait d�j� d�sagr�able, vivante, mais l�, elle me fout les jetons.

Heureusement, son esprit ne pue pas autant que son corps.

Si ton mari �tait encore vivant, il ne tol�rerait pas �a.

Quand il fut r�tabli,

ils quitt�rent l'h�pital.

� quoi tu penses ?

Quand j'�tais en vie, je puais ?

Quoi ?

Pourquoi tu demandes �a ?

Qu'est-ce qu'ils font ?

Que se passe-t-il ? Que faites-vous l� ?

March ?

Cet aspirateur mettra pas les pieds chez moi.

Maman,

c'est Nat.

Pourquoi elle ne peut pas entrer ?

Ce n'est pas Nat.

Je ne vois qu'un aspirateur hant�.

March,

humains et fant�mes n'ont rien � faire ensemble.

C'est immoral.

Ch�re belle-m�re, mes tantes, mes oncles.

Comprenez-moi : je ne suis pas un esprit vengeur.

Je veux simplement �tre avec March.

Je vous en supplie, acceptez cette guirlande.

Nat !

�a veut dire quoi ?

V�n�rable,

pourquoi me faites-vous �a ?

Nat, tu es morte.

Pourquoi ne l'acceptes-tu pas ?

Pourquoi t'accroches-tu � ton mari ?

Chaque chose a son temps, le tien est r�volu.

Oui, mon corps s'est �teint, mais pas mon amour.

Que fais-tu ?

Pourquoi ne crains-tu pas les moines, le riz b�ni et le fil sacr� ?

Je ne les crains pas,

car de mon vivant, j'�tais une fervente bouddhiste.

Honn�tement,

je crains plus les serpents que les moines.

Vous ne voyez peut-�tre qu'un aspirateur hant�.

Mais ne voyez-vous pas

que je ne suis pas branch�e ?

Ce n'est pas la force de l'�lectricit� qui m'anime.

Alors qu'est-ce qui m'anime ?

C'est la force de l'amour.

L'amour a galvanis� mon retour.

Arr�te, sale tra�n�e !

Parler de morale avec un esprit ne m�ne � rien.

Cette tra�n�e sans cervelle n'y comprendrait rien.

Nous sommes des saints hommes.

Nous ne devrions pas employer ces termes.

�coutez, V�n�rable moine.

Cette grosse salope ne m�rite pas notre politesse.

Ta gueule !

Tu crois que tout vous est permis, t�te de n�ud.

Calme-toi.

Bonjour � tous.

Arr�tez-le. Il a trait� ma femme de "salope".

Ne rajoutez pas du travail � la police.

Cet aspirateur est-il Mme Nat ?

Oui, c'est moi.

Quel est le probl�me ?

J'emm�ne Mme Nat au commissariat.

Pourquoi ?

Une accusation a �t� port�e contre elle.

Quelle accusation ?

Un vol d'aspirateur ?

Es-tu oblig�e de faire �a ?

Avant de hanter l'aspirateur,

Mme Nat a-t-elle demand� la permission � Mme Suman, la propri�taire l�gale ?

Je vous emmerde.

Ma femme hante ce qu'elle veut sans permission.

Du calme, March.

- Tu es � peine r�tabli. - Tu n'as jamais aim� Nat.

Personne dans la famille ne l'aimait.

Je sais que toi et les tantes l'insultez.

Mais t'�tais oblig�e d'appeler les moines et la police ?

Qu'avez-vous fait ?

On l'a d�mont�e, mais elle refuse de partir.

March, aide-moi.

R�assemblez-la imm�diatement.

Je ne sais pas comment.

Laissez-moi la faire r�parer.

Non. Vous ne pouvez pas emporter de pi�ces � conviction.

Sauf si Mme Suman d�cide de retirer sa plainte.

Auquel cas il s'agira d'un malentendu.

Maman ?

Non.

Tu finiras pas avec une revenante.

Pardon, je cherche les toilettes.

Dr Paul !

Nat ? Pourquoi �tes-vous dans cet �tat ?

Pourquoi l'avoir trait�e avec tant de violence ?

C'est le fant�me le plus doux que je connaisse.

Elle m'a m�me aspir� les yeux.

Je vais prendre les pi�ces pour les r�assembler.

Ce sont des pi�ces � conviction. Vous ne pouvez pas.

M�me moi, je n'en ai pas le droit ?

Si c'est votre requ�te, M. le ministre,

Madame acceptera certainement d'abandonner les poursuites.

Vous acceptez ?

D'accord.

Merci, M. le ministre.

Merci, M. le ministre.

Soyez sans crainte.

Ce n'est rien.

Quelqu'un peut m'aider � les porter jusqu'� ma voiture ?

Ton fils perd la raison.

Il veut garder sa femme fant�me.

Tu ne viens plus me voir dans mes r�ves.

Je ne sais pas si c'est mon �tat de fant�me

ou si c'est ma personne.

Ta famille ne m'a jamais aim�e.

Ce n'est pas vrai.

Ils en veulent au fant�me d'avoir fait fermer l'usine.

Je ne suis pas un mauvais esprit.

Je ne veux effrayer personne.

Je veux simplement �tre avec toi,

avec ma famille.

Quand Moss a fait son coming out,

ma famille �tait tr�s en col�re.

Elle voulait le forcer � faire une th�rapie.

Ils ne sont pas satisfaits de lui

et de Ted ?

Bien s�r que si,

surtout depuis que Ted les a aid�s � acc�der au march� australien.

Soudain, ils acceptent leur fils gay, si �a rapporte des b�n�fices.

C'est magnifique ici.

Absolument.

C'est mon r�ve.

Mais c'est trop calme et solitaire.

Maman ! Papa !

Regarde cet adorable sourire. Il doit r�ver du fant�me.

Probablement un r�ve coquin.

Ce fant�me est vraiment tenace.

Rien n'y fait.

S'il n'y a rien � faire contre le fant�me,

nous devrons intervenir sur votre fils.

Quoi ?

L�chez-moi !

Votre fr�re a �pous� un homme.

Son homosexualit� a-t-elle influenc� votre comportement ?

Son homosexualit� n'a rien � voir.

Sur qui ou quoi fantasmez-vous en vous masturbant ?

Sur votre gueule ?

Le psychiatre en conclut

que March n�cessitait une th�rapie par �lectrochocs.

Afin d'effacer ses souvenirs de Nat.

Une seule semaine d'�lectrochocs et ce salaud de fant�me sera parti.

Nous aurions d� faire �a il y a longtemps.

V�n�rable Sinrae a raison.

Les morts vivent dans le souvenir.

Quelques semaines d'�lectrochocs et elle aura disparu pour de bon.

M�me si ses souvenirs s'estompaient...

le fant�me essayait sans cesse de revenir vers lui.

March ?

Qui �tes-vous ?

C'est moi, Nat.

Je suis ta femme.

Nat !

Je me souviens.

Tu m'as vraiment oubli�e ?

Ils...

essaient de me forcer � t'oublier.

Et ils y arrivent, j'imagine.

Je peux arr�ter de venir

pour qu'ils arr�tent de t'�lectrocuter.

Pardon...

Mais qui �tes-vous ?

March va mieux.

Il va bient�t l'oublier.

Tu as utilis� ma cr�me ?

Cette nuit-l�,

le fant�me entra dans le r�ve de Suman.

Maman !

(En dialecte) Mangeons une glace.

Suman.

Nat ?

Pourquoi es-tu l� ?

Pour te demander d'arr�ter les �lectrochocs.

Il endure �a � cause de toi.

Il va bient�t m'oublier.

Tu vois, je deviens plus translucide.

Arr�te de le faire souffrir.

C'est vrai.

Tu es devenue plus translucide.

Cependant, Suman eut une autre id�e.

Nat.

Comme l'usine a �t� ferm�e � cause du fant�me,

nous avons des difficult�s financi�res.

Heureusement, nos proches nous soutiennent.

J'irai droit au but : nous avons besoin de ton aide.

On a tout essay�, impossible de se d�barrasser du fant�me.

Et donc ?

En quoi puis-je aider ?

Je vais aller voir qui c'est.

Oui ?

Que voulez-vous ?

Je viens r�parer l'aspirateur.

Quoi ? Votre coll�gue est d�j� pass�.

Ce n'est pas possible.

Je suis le seul de service.

C'�tait qui ?

Votre amant ?

Non.

Un livreur s'est tromp� de maison.

Mon voisin se trompe toujours dans l'adresse.

O� en �tions-nous ?

Ah oui.

La famille veut que le fant�me les aide avec les r�ves.

Ils firent semblant de rouvrir l'usine

et rappel�rent tous les employ�s.

Bienvenue.

V�RIFICATION D'EMPREINTES DIGITALES

Bienvenue.

Toute cette poussi�re en quelques mois.

Comment ont-ils pu rouvrir ? Ils ont d� r�cup�rer la licence.

Pour vous souhaiter la bienvenue, nous vous offrons le d�jeuner.

Que cherchait-elle dans leurs r�ves ?

De quoi r�vent les employ�s habituellement ?

T'es le meilleur.

Les r�ves sont-ils des images de souvenirs tragiques ?

Ou des d�sirs inassouvis dans la vie ?

Souriez !

Le fant�me ne s'int�ressait pas aux traumatismes des employ�s

ni � leurs d�sirs.

Ce qu'elle cherchait r�ellement,

c'�tait un autre fant�me.

- Tok ? - Mme Nat !

�tes-vous un r�ve ?

Non.

Je suis comme vous.

Je viens dans le r�ve de mon copain.

Vous �tiez ensemble depuis un an avant sa mort ?

Oui.

Mais notre liaison �tait secr�te.

Je voulais pas que nos familles le sachent.

Des personnes de ma ville natale travaillent aussi ici.

Tok a effray� d'autres employ�s, vous le savez ?

Il a sem� le chaos pendant l'inspection, nous faisant perdre notre licence.

Oui.

�a ne vous pose pas probl�me ?

Des gens ont perdu leur emploi.

Je sais pas.

Il a le droit d'�tre en col�re.

Il est mort

� cause de l'usine.

L'usine n'a rien � voir l�-dedans.

Il est mort d'une maladie cardiaque.

CERTIFICAT DE D�C�S

Une maladie cong�nitale.

Il �tait d�j� faible avant de commencer ici.

C'est pas vrai.

- Ce document est faux. - Pourquoi vous mentirais-je ?

Des m�decins l'ont sign�.

Il est authentique.

L'entreprise vous offre deux options.

Soit vous d�missionnez

parce que vos souvenirs font revenir le fant�me de Tok.

Soit,

si vous voulez rester travailler,

on l'effacera de votre m�moire par �lectrochocs.

Prenez votre temps.

Je suis d�j� mort et vous voulez encore me tuer !

Tra�tre !

Salope !

Vous n'�tes pas le seul fant�me cas�.

Je veux aussi �tre avec mon mec.

Il n'y a pas de mal � cela. Mais pourquoi s'en prendre aux autres ?

Pourquoi pas ? Ils m'ont tu�, vous voyez pas ?

- Ils vous ont tu�e aussi. - C'est l'usine qui vous a abattu ?

Ne leur en voulez pas. Vous �tiez malade.

J'�tais malade � cause de l'usine. Ils se fichaient de nous.

Vous voyez pas que cette putain d'usine m'a tu� ?

Sale merde !

- Suman ! - Tok !

�a va ?

Tok !

Tok !

Tok !

O� l'emmenez-vous ?

Me touchez pas ! L�chez-moi !

Pin ! Est-ce que �a va ?

Laissez-moi !

Nat.

Tu es devenue humaine.

Merci.

Nat.

Nous sommes enfin r�unis, March.

Pin fut emmen� � la th�rapie par �lectrochocs.

Ses souvenirs s'effac�rent peu � peu

jusqu'� ce qu'il oubli�t son petit ami.

Les fant�mes disparurent de l'usine

et les activit�s normales reprirent.

Quelle ironie...

Un couple humain-fant�me r�uni

en d�truisant un autre couple humain-fant�me.

Le fant�me est exorcis�, l'homme, �lectrocut�.

C'est abject, non ?

Mais ce n'est que le d�but.

Ce n'est pas fini.

Comment �a ?

- Le fant�me ne hante plus l'usine. - Oui.

Mais il en existe d'autres, ailleurs.

En apprenant que Nat avait r�ussi � se d�barrasser du fant�me,

Le Dr Paul organisa une rencontre chez lui avec Nat et March.

Il souffre d'insomnie.

Nat.

Pour la premi�re fois, je te vois en chair et en os.

Tu es une tr�s belle femme.

Ce jour-l�, ils n'�taient pas les seuls invit�s.

Il y avait d'autres VIP de l'entourage du Dr Paul.

J'aimerais te f�liciter.

J'ai entendu dire que tu avais sauv� l'usine familiale.

J'en suis ravi.

Tu es un bon fant�me.

Nat fut flatt�e par les applaudissements des inconnus,

car personne auparavant ne l'avait jamais applaudie,

hormis le jour de son mariage.

Servez-vous.

La domestique les a apport�s.

Mais ces civilit�s

n'�taient qu'un pr�lude au v�ritable but de cette visite.

Quel est ce bruit ?

Des fant�mes.

- Quoi ? - Des fant�mes ?

Voil� pourquoi le ministre manque de sommeil.

Au Parlement, il y a des contestations.

� la maison, il y a des fant�mes.

Ces tirs... Ils viennent de quels fant�mes ?

Quelqu'un m'a dit

que ce sont...

Quelqu'un m'a dit

que ce sont s�rement...

les fant�mes des personnes tu�es lors du massacre de 2010.

Moi, j'ai trois d�capit�s.

Ces Vietcongs ne me laissent pas tranquille.

J'en ai aussi un chez moi,

le fant�me d'un homme pendu.

Mes a�eux lui ont caus� du tort.

Pourquoi me terroriser � cause de leur karma ?

C'est injuste.

Nous avons de la chance de vous avoir trouv�e, Nat.

Paul et ses pairs

voulaient que Nat s'occupe des fant�mes rebelles

qui ne cessaient de les harceler.

Voici le labo d'inspection des r�ves.

C'est votre bureau.

Mon bureau ?

De qui inspecterai-je les r�ves ?

Des contestataires qui veulent ma t�te et celle de mes amis.

Ils exhument les morts du pass� pour nous menacer.

Ces jeunes dissidents vocif�rent comme des poss�d�s,

hurlent en d�lire la D�claration du Parti du peuple.

Ou clament les noms des tu�s � l'universit� Thammasat il y a 50 ans.

C'est dr�le.

Les jeunes ruminent plus le pass� que les vieux conservateurs.

Nat doit inspecter les r�ves de ces gens.

Exact.

Mais...

c'est l�gal ?

S'introduire dans les r�ves,

c'est comme entrer par effraction.

Aucune loi ne l'interdit aux fant�mes.

C'est vrai.

Que ferez-vous si des fant�mes hantent leurs r�ves ?

Vous effacerez leur m�moire par �lectrochocs ?

Nat,

qu'en penses-tu ?

Je ne peux pas le faire.

Au moins, elle a refus�.

Mais c'est pas si simple.

Avant de mourir,

vous n'avez pas autoris� votre mari � utiliser vos ovocytes.

On ne peut pas proc�der � l'ins�mination.

Mais je suis mon propre fant�me.

Je suis ici pour autoriser mon mari � utiliser mes ovocytes.

La loi vise � prot�ger les intentions des vivants.

Elle n'a pas �t� actualis�e pour couvrir les fant�mes.

Ses ovocytes resteront congel�s sans aucune utilit� ?

All�.

C'est pour vous.

- All�. - All�.

C'est Paul.

- Bonjour. - Bonjour.

La loi dans ce pays est stupide,

et emp�che les bons fant�mes de mener une vie d�cente.

Mais je peux vous aider � avoir un enfant.

On pourrait adopter.

Mais on a fait tant de chemin.

Cette opportunit� s'offre � nous.

Et elle implique que l'on exploite des gens.

Mais...

j'ai �t� exploit�e toute ma vie.

Tu as �t� l'une des rares bonnes choses dans ma vie.

Quand on �tait mari�s,

je suis tomb�e malade et je suis morte.

Revenir sous la forme d'un fant�me a �t� une rude �preuve.

� pr�sent, on a la chance de fonder la famille de mes r�ves.

On est si pr�s du but.

Ne veux-tu pas r�aliser mes r�ves ?

�a va ?

Pin.

Allons d'abord manger.

Je t'ai pr�par� �a.

Nat, je dois te remercier.

Les fant�mes qui nous hantaient ont disparu.

J'ai eu un sommeil paisible, sans r�ves, ces derni�res nuits.

Je suis ravie d'avoir pu vous aider, vous et vos amis.

Vous avez l'air resplendissant.

Saloperie de fant�me !

Pour la m�re porteuse...

Mon �quipe a trouv� des jeunes femmes en bonne sant�.

Vous pourrez en choisir une.

Cette garce de fant�me est �go�ste.

T'as l'air en col�re.

Je sais pas ce qu'elle a travers� de son vivant,

mais je d�teste qu'un fant�me profite de ses pairs.

Ils ne devraient pas c�der aux vivants.

Ils ne c�dent pas � la mort, c'est pour �a qu'ils reviennent.

En revenant, ils accomplissent un acte de protestation.

Maintenant, elle aide les vivants � se d�barrasser des fant�mes.

LE MASSACRE SANGLANT DE MAI 2010

Tu rentres tard tous les jours.

On a eu beaucoup de r�veurs.

Comme tous les jours.

Pourquoi tu lis ce livre ?

Tu les forces � oublier les fant�mes. Je lis pour me souvenir d'eux.

Pourquoi tu fais �a ?

Tu as vu le m�decin ?

Oui.

Je me souviens � peine de toi.

Que veux-tu dire par l� ?

Au d�but, quand tu es revenue, tu n'avais pas chang�.

Tu �tais la Nat que j'avais connue.

Maintenant, j'en doute.

Si je n'avais pas chang�,

j'aurais disparu comme les autres.

Vraiment cool.

Combien de fant�mes ont leur propre statue ?

Je vous remercie.

Qu'y a-t-il ?

N'�tes-vous pas heureuse ?

Bien s�r que si.

Vous pouvez me dire ce qui vous chagrine.

C'est le travail ?

Je vous en donne trop ?

- Dites-moi. - Ce n'est pas � cause de �a.

Un fant�me ne fatigue jamais.

C'est � propos de March ?

Avez-vous quelque chose � me dire � son sujet ?

N'ayez crainte, parlez librement.

Ma m�re a Alzheimer.

Elle est s�nile. Les fant�mes ne l'effraient pas.

Elle oublie qu'il y en a chez nous.

Si vous ne voulez pas,

rien ne vous oblige � parler.

En r�alit�,

j'ai deux bonnes nouvelles � vous annoncer.

Lesquelles, monsieur ?

Je vous ai trouv� un assistant.

Entre.

Tok ?

Comment es-tu revenu ?

Son petit ami l'aime tellement

qu'il ne l'oublie pas, malgr� les �lectrochocs.

Tok a r�ussi � revenir.

Mais c'est bien, car Tok n'est plus un esprit vengeur.

Il va nous aider.

Nous aider ?

Mme Nat, pardon pour ma mauvaise conduite.

Je suis reconnaissant de cette seconde chance.

Je suis fier de vous aider � inspecter les r�ves.

On devrait soutenir les bons fant�mes comme Tok.

Si vous �tes trop fatigu�e pour continuer,

Tok peut vous remplacer.

OK ?

Monsieur.

� propos de March...

Je crois que

March r�ve de ces fant�mes.

Ceux dont on cherche � se d�barrasser.

Il essaie de se souvenir d'eux.

De quoi r�ves-tu ?

Il lit les histoires de ces morts.

Il est d�termin� � se souvenir.

Il ne veut pas oublier.

De quoi r�ves-tu ?

Merci, Nat.

Pour ton honn�tet�.

J'appr�cie.

Joyeux anniversaire de mort

Joyeux anniversaire de mort

Joyeux anniversaire de mort.

F�licitations.

Que s'est-il pass� ?

On a bais�.

Pourquoi ?

Parce que je te trouvais sexy quand tu parlais.

Jamais j'arr�terai de parler.

�a m'a plu quand t'as dit

que les fant�mes ne c�dent pas � la mort.

Que revenir est un acte de protestation.

C'est triste

que m�me dans la mort,

un esprit ne puisse rien y changer.

T'es pas le r�parateur.

La personne qui a sonn�

�tait le vrai r�parateur.

Donc t'es qui ?

Pourquoi tu te d�chausses pas ?

Mes pieds �taient coinc�s dans le bloc de ciment sous l'eau.

C'est toi, le fant�me de mon aspirateur ?

Oui.

Mon corps est dans la rivi�re.

Je suis venu � toi

parce que je sentais que tu me comprendrais.

Ce que tu as dit est tout � fait vrai.

On refuse de s'en aller, car on n'abandonne pas,

m�me si certains essaient de nous effacer.

Mais le pire,

c'est un fant�me complotant contre ses camarades.

Voici ma fille.

Je lui rends visite dans ses r�ves.

On l'a envoy�e aux �lectrochocs.

T�t ou tard, elle finira par m'oublier.

Krong.

Ma fille va bient�t m'oublier.

On m'oublie.

Non.

Il faut se souvenir de toi.

Elle ne peut pas t'oublier.

On m'oubliera.

Personne ne se souviendra de ce pour quoi

on s'est battus.

Moi, si.

Je me souviendrai.

Tu ne seras pas oubli�.

Je me souviendrai de toi.

Je ferai en sorte qu'on ne t'oublie pas.

Je promets de me souvenir de toi.

Ne m'oublie pas.

Ne nous oublie pas.

Je n'oublierai pas.

Je me souviendrai de ton nom.

De ta vie.

De ta mort.

De l'histoire que t'as racont�e.

De tes batailles.

De ton rythme en faisant l'amour.

De tes g�missements de plaisir.

Krong.

Krong.

C'est termin�.

Excusez-nous.

Une autre photo.

�a va ?

Tu veux faire une pause ?

March !

Appelez une ambulance.

March ?

March !

(En dialecte) Tu sais que...

parfois, je parle encore au p�re de March ?

J'esp�re qu'un jour, il reviendra.

Il m'a laiss�e avec deux fils

et cette usine pourrie.

C'�tait pas sympa de sa part.

Ses fr�res et s�urs sont �go�stes.

Je ne les supporte pas.

Quand Moss est n�,

ils me l'ont pris.

Ils ne voulaient pas que je l'�l�ve.

Ils craignaient

que Moss ne parle pas le tha� standard.

Je suis d�sol�e, Nat.

Pardonne-moi toutes les cruaut�s que je t'ai fait subir.

Tu t'es battue pour revenir,

pour aider March.

Il t'aime tellement.

Je dois moi aussi m'excuser

pour tout le mal que j'ai fait.

Nat.

Ta main.

March.

Il est en train de m'oublier.

Papa !

J'arrive.

Avoir des animaux est b�n�fique.

�a apprend l'empathie aux enfants.

Merci pour l'entretien, M. le ministre.

Avec grand plaisir.

En signe de gratitude,

veuillez accepter ce petit cadeau.

Ce n'�tait pas la peine.

C'est quoi ?

Ouvrez-le.

Vous croyez pouvoir m'effacer ?

Quoi ?

Qui �tes-vous ?

On ne poss�de plus uniquement les appareils �lectriques.

Qu'y a-t-il ?

Rien.

Juste un cauchemar.

Climatisation.

Climatisation !

Vous �tes des fant�mes ?

Vous souffrez ?

Non.

Je suis furieux.

Vous �tes servante ici ?

Vous souffrez ?

Des fant�mes !

Aidez-moi.

Aide-moi, salope.

Salope ingrate !

Chienne !

Cette fois, tu t'en sortiras pas !

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