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Par ce clair matin de mai 1940,
l'armée française reculait, selon le porte-parole du grand QG,
dans les meilleures conditions.
Aucune armée n'avait reculé aussi bien,
ni surtout aussi vite.
Le porte-parole du GQG
n'allait pas jusqu'à dire que c'était un plaisir,
mais presque.
L'opinion de la 7e compagnie sur ce recul était différente.
Par ici!
Allez, vite, vite! Dans le bois!
Allez, allez, camouflez!
Colonel Blanchet.
5e groupe, le courrier.
Ici Ăglantine, parlez.
La 7e compagnie, mon colonel.
Tout de mĂȘme.
Ăglantine, ici Mirabelle. Qu'est-ce que vous foutez?
Ma biĂšre! âLa compagnie a Ă©tĂ© attaquĂ©e.
Je me suis mis Ă l'abri sous un bois.
Restez dans le bois jusqu'Ă la nuit.
Flanquez un poste de guet.
Je rappelle dans 1 h.
âBien reçu, terminĂ©.
PC du général, vite.
Tremblez pas comme ça, ça fait de la mousse!
Envoyez trois bonshommes sur la colline.
Si ça bouge, ils appellent et ils nous rejoignent.
Elles sont pas fraĂźches, les nouvelles.
Chef?
Chaudard. Oui?
On repart que ce soir.
Prenez 2 téléphonistes et installez-vous en face.
Si ça bouge, prévenez.
Foncez. Vous lirez lĂ -haut.
Pithiviers, t'as entendu? Oui, chef.
Attrape le matériel et cours enterrer le fil.
Tassin? Oui, chef?
Va chercher ton FM et de la bouffe,
et rejoins-moi.
*Parlez, Mirabelle.
Nous sommes à ConchÚre, mon général. Quels sont les ordres?
Fermez ça!
Ici, Mirabelle. Mirabelle écoute.
*Vous ĂȘtes Mirabelle? Parlez.
Nous sommes Ă ConchĂšre. Quels sont les ordres?
*Parlez, Mirabelle. Mirabelle écoute!
âC'est quoi, ce bruit dans votre appareil?
C'est la guerre, général. Quels sont les ordres?
Décrocher sur Sarville et attendre les ordres?
Bien, général. Terminé.
On décroche sur Sarville.
Pas si vite!
Ăa doit ĂȘtre une belle propriĂ©tĂ©.
Alors? C'est fermé.
Ăa vous va?
Discute pas. Monte.
Ils auraient pu laisser les clés sur la porte.
T'as raison.
Oh, merde!
En tout cas, c'est reposant.
Installe-toi lĂ -dessus.
Ils parlent allemand.
Quelle heure est-il?
8h50.
Tout est calme.
On peut manger.
Oui, chef.
AllĂŽ?
AllĂŽ? Tu m'entends, petit?
AllĂŽ, Carlier?
Ici Pithiviers. Ăa y est, on y est.
Reçu. Les hommes sont en place.
Dites-leur qu'on ira les relever cet aprĂšs-midi.
J'ai compris, on descendra à l'heure du goûter.
Devine sur quoi je suis assis.
Quoi? C'est Pithiviers.
II est assis sur l'ancien maire.
Dans un cimetiĂšre.
Dis au capitaine que tout est calme.
Appelez le ravitaillement essence. Bien, capitaine.
Ă table.
Si on pouvait ĂȘtre tranquilles, je ferais un de ces sommes.
Chef, vous venez? Non, non. Amenez-le-moi.
Restez à portée de vos armes.
Laissez les fusils en faisceau.
Comment? Non, non, pas maintenant.
L'état des véhicules. Tout de suite.
Ăglantine Ă©coute.
Ăglantine Ă©coute.
Le ravitaillement? Le capitaine va vous parler.
Ici Ăglantine.
Ăglantine! "Ăglantine."
Ăglantine!
Ăa serait pas la guerre, qu'est-ce qu'on est bien!
Ta sĆur? Oui.
Elle est de quand? Ben. 1912.
Pas ta sĆur, la lettre.
Ah!
18 avril 1940.
Qu'est-ce qu'elle dit, ta sĆur, sur la guerre?
Son chef lui a dit que les Allemands n'attaqueraient jamais
Ă cause de la ligne Maginot. Il a du pif, son chef.
Le chef a reçu une lettre, lui aussi.
Ăa doit ĂȘtre les comptes de sa quincaillerie.
Merde...
Les Chleuhs!
"Les Chleuhsâ? OĂč ça? En bas, un convoi.
Prends mon quart.
AllĂŽ?
Alors?
Je comprends pas, on n'a mĂȘme pas de son.
On doit ĂȘtre coupĂ©s.
J'ai ton quart. Faut rejoindre.
Prends ta boĂźte.
Y a qu'Ă les laisser passer.
Le capitaine a dit de prévenir. On arrivera trop tard.
Pas si on se dĂ©pĂȘche.
Ce que j'en ai marre, ce que j'en ai marre!
Tiens, la voilĂ , ta coupure.
On va ĂȘtre prisonniers.
Barrons-nous!
Capitaine Dumont!
âCapitaine Dumont!
Rendez-vous avec vos hommes.
*Vous ĂȘtes encerclĂ©s.
*Ne résistez pas inutilement.
*Sortez du bois vers la route
âet jetez vos armes dans le fossĂ©.
*Nous n'attendrons pas longtemps.
Suis pas le fil, bon Dieu!
ArrĂȘte ta sonnerie, nom de Dieu!
Coups de feu.
Qu'est-ce qu'il y a?
Rien de cassé?
Non. Foncez, chef.
Quelle heure? 11 h 50.
Attention. Qu'on voie d'abord oĂč on met les pieds.
On se pose une seconde, chef?
Ouais.
Regarde ce que j'ai fait Ă ma godasse en me cassant la gueule.
Il va aussi falloir trouver Ă manger, chef.
C'est pas dans ce village qu'on trouvera.
Ils sont partout, les vaches.
Restons pas lĂ , c'est dangereux.
On va tĂącher de trouver Ă manger.
Il faut rejoindre une unité.
Et ça, qu'est-ce que j'en fais? Quoi?
Ben, le téléphone. Comment ça? Tu l'emmÚnes.
Mais on peut plus s'en servir.
Mais il est pas cassé, le téléphone.
Y a plus de fil. Et téléphoner à qui?
Tu veux abandonner
le matériel?
Pourquoi on jetterait pas nos armes et on se déguiserait pas en curés?
La guerre est pas finie.
Je voulais pas dire ça. C'est seulement
que puisque... D'accord.
En temps de guerre, abandon de matériel,
mĂȘme s'il sert plus...
Tu vois ce que je veux dire?
Ah oui, hein. Ah, lĂ , c'est le falot.
Bon. En route.
Non. PlutĂŽt par lĂ .
*Mirabelle appelle Ăglantine.
Mirabelle appelle Ăglantine.
Mirabelle appelle Ăglantine.
*Mirabelle appelle Ăglantine! Oui?
Vous avez Ăglantine, mon colonel.
Ici Mirabelle. Ăglantine, j'ai rĂ©flĂ©chi.
Repliez-vous sur Sarville. Vous risquez d'ĂȘtre bloquĂ©s
âjusqu'Ă la fin de la guerre.
Longez la forĂȘt. Vous pourrez vous y abriter.
Elle est trĂšs dense. Compris?
Compris. Le temps de prendre un cognac,
âet on part.
C'est bien Ăglantine que j'ai Ă l'appareil?
Pas vraiment. C'est le commandant von Kurtel.
*Mais ça fait rien. Bougez pas, on arrive.
Je suis plus que tout seul, avec ma femme et un journalier.
Si les Boches arrivent, vous ferez quoi?
La ferme est en plein champ. On risque pas grand-chose.
Occupés comme ils sont à vous courir au cul,
ils s'arrĂȘteront juste pour pisser et boire un coup.
C'est pas vous trois qui allez leur barrer le passage.
On y est pour rien.
C'est lĂ -haut que ça foire. Ăa foire bien en bas aussi.
En 1914, on s'accrochait. Y avait des pertes,
mais on s'accrochait. Enfin...
Vous faites quoi, dans le civil?
Moi, je tue des bĂȘtes aux abattoirs, Ă Nice.
C'est quoi, cet accent?
Un pĂšre corse et une mĂšre sicilienne...
Surtout que maman n'a jamais parlé français.
Et lui, il est ba. Non. Employé de mairie!
à la Roche-sur-Yon. "Employé de mairie."
Service extérieur.
Il en faut, non?
Mais je dis ça pour rire.
Et moi, je suis gérant d'une quincaillerie à Vesoul.
Je fais plutĂŽt dans l'ustensile de cuisine.
Surtout la casserole.
Ăa marche, la casserole?
Si ça marche? Rien que l'année derniÚre...
HĂ©, les guerriers,
vous pouvez ressortir.
Quand on appelle la 7e compagnie,
c'est le commandant von Kurtel qui répond.
Oui, c'est ce que j'ai dit aussi, mon général.
Vous ĂȘtes le seul Ă pas ĂȘtre mariĂ©.
Je l'ai été un moment. Ily a de ça prÚs de 10 ans.
Ăa n'a pas tenu.
Je suis parti habiter chez ma sĆur, qui Ă©tait mariĂ©e aussi.
Ăa n'a pas tenu non plus. Ă Nice.
Vous préférez du vin ou du cidre? Le cidre, ça me.
Alors si on est obligĂ©s de se dĂ©pĂȘcher...
Y a pas de doute.
Vous devez traverser la forĂȘt de Machecoul.
Vous risquez pas d'ĂȘtre vus. Pour y arriver, ça fait 5 km.
Allez, au revoir, et merci de votre accueil.
Mais non, mais non. Merci.
Et surtout, vous faites pas pincer.
J'ai été prisonnier en 1917, c'était pas drÎle.
Des guerriers comme ceux-lĂ ,
ça ferait défaut.
Je fatigue, chef. Moi aussi.
La forĂȘt.
Eh ben, on n'y est pas.
On couchera lĂ -bas, chef? Ouais.
Et demain matin, au petit jour, la route.
Allez.
Chef.
On peut peut-ĂȘtre s'arrĂȘter, maintenant?
On cherche un coin pour la nuit.
Ce que j'en ai marre, mais ce que j'en ai marre!
Attention!
Attention!
Plus de lumiĂšre, pas de cigarettes.
HĂ©, vous ĂȘtes pas de la 7e. D'oĂč vous venez?
On s'est barrés hier matin d'une colonne de prisonniers.
Mais il paraßt qu'on sera libérés bientÎt.
Non? Ah ben, si on avait su. Hein, Gustave?
Il paraĂźt mĂȘme que si tu te blesses en marchant, on te porte.
Vous vous imaginez que les Allemands vont nous emmener chez eux?
T'as raison, pĂ©pĂ©. Dors et fais de beaux rĂȘves.
Ah oui. C'est grand, comme boutique.
C'est votre dame?
Oui.
Ah, c'est votre dame. Elle fait trÚs distinguée, chef.
Son pÚre était instituteur, alors forcément.
C'est mieux, question clientĂšle.
C'est bien, dans le commerce.
On a pas de patron.
Si vous voulez vous arrĂȘter 5 min pour casser une graine,
vous pouvez. Pas comme dans les usines.
Hein, chef? Oui. Mais d'un autre cÎté,
à l'usine, il y a pas les responsabilités.
Ah oui. Ăa, c'est vrai aussi.
Mais la paye n'est pas la mĂȘme.
Toi, t'es payĂ© Ă la tĂȘte?
Oui.
Plus tu tues, plus tu gagnes?
Oui.
Tu dois mettre des ronds de cÎté.
Ta sĆur qui bosse...
Je donne un petit quelque chose pour la nourriture
et le linge. Comme Ă l'hĂŽtel.
Ben oui.
Sauf pour la question de l'heure et des patins.
Comment ça?
Oui.
Je dois rentrer avant 23 h et mettre les patins.
Ăa, lĂ -dessus, elle est terrible.
Ben oui, pour le parquet.
Tout le temps en patins? Moi, ça me monterait Ă la tĂȘte.
Pas vous, chef? C'est une femme d'intérieur.
Ma bonne femme, c'est tout le contraire.
C'est une femme d'extérieur.
Toujours Ă jacter avec les copines,
jamais Ă la maison.
Mais j'ai pas de patins.
Eh ben, tu vois.
Bon. Ben, les gars, on va aller dormir,
parce que demain, il va falloir marcher.
C'est solide, ça? Ăa tiendrait pendant des mois.
Vous venez, chef?
VoilĂ .
Bonne nuit, les gars. Bonne nuit.
Bonne nuit, chef.
Bonne nuit, l'assassin. Bonne nuit, le balai.
Il rit trĂšs fort.
OĂč est Pithiviers? J'en sais rien.
Peut-ĂȘtre qu'il a Ă©tĂ©... Oui.
C'est qu'il faut penser Ă partir. Oui, chef.
Pithiviers!
Pithiviers! Pithiviers!
Pithiviers!
Pithiviers!
Pithiviers!
Qu'est-ce que tu fous?
On te cherche partout. Je me lave. Tu viens?
Tu vas te faire engueuler.
Parce que je me lave? Et puis, ça délasse.
On n'arrĂȘte pas de marcher.
T'as pied?
Tiens, regarde.
T'as vu?
Allez, viens. Ăvidemment,
si c'est juste pour se laver.
Mais alors, juste une minute.
Tu sais faire ça? Regarde.
Tu me regardes toujours?
Je vais t'en faire un autre plus chouette. Regarde bien.
Tassin, oĂč t'es?
Ăa glisse vachement.
Mais...
Vous faites quoi? ON SE LAVE, CHEF.
Qu'est-ce qu'elle est bonne, hein? Oui, elle est vachement bonne.
Bonne ou pas, faut pas rester lĂ -dedans.
Un lapin, chef.
C'est malin, hein. C'est malin!
Chef, c'est vous tout seul qui ĂȘtes tombĂ©.
J'ai juste dit...
Ăa suffit. Fallait pas me faire retourner.
Vous savez bien que ça glisse, la vase, non?
II est marrant. Il glisse, il dit que c'est nous.
Vous parlez d'une équipe.
Deux heures pour sécher, ça, maintenant.
Qu'est-ce que je vais dire Ă Paulette?
Ă ce train-lĂ ,
on rejoindra jamais.
Maintenant que vous ĂȘtes mouillĂ©, chef,
vous devriez vous baigner. Oui, surtout que ça délasse.
C'est quand mĂȘme la guerre, faudrait pas l'oublier.
Pendant qu'on est lĂ , il y en a qui se battent.
Oui, chef, mais...
on serait ailleurs, ce serait pareil.
Ăa vous ferait du bien.
Surtout avec vos responsabilités.
Justement, ma responsabilité, c'est qu'on parte,
pas qu'on se baigne.
UN PETIT BAIN POUR LE CHEF!
UN PETIT BAIN POUR LE CHEF!
UN PETIT BAIN POUR LE CHEF! UN PETIT BAIN POUR LE CHEF!
Qu'est-ce que vous nagez bien, chef!
Avant, je nageais mieux que ça, mais c'est toujours pareil...
Qu'est-ce qu'il vous faut? Vous vous ĂȘtes pas vu.
Justement, pour la nage comme vous faites,
la main, c'est comme ça ou comme ça?
La main en sifflet et vers l'extérieur.
Ăa va, moi, les mains, chef?
Allez bavarder avec les gars. Ăa leur remontera le moral.
Ăa va?
Ăa va?
Oui, mon capitaine.
Que vont-ils faire de nous?
Des prisonniers de guerre, mon gars.
Mais "prisonniers" oĂč? En France?
En France, ça m'étonnerait.
Les fringues! Vite, les fringues!
On va ĂȘtre repĂ©rĂ©s. De lĂ -haut?
Et comment!
Je vais remonter à la cabane faire sécher tout ça.
Nous, nos caleçons seront vite secs.
Ah oui.
Encore un lapin, chef.
Qu'est-ce qu'il y en a, par ici.
T'aurais pas du fil de fer?
Vous éloignez pas. On part dans une demi-heure.
Non, non. On va juste lĂ , chef.
Il sera pas sec dans une demi-heure, le chef.
Ăa, mouillĂ© comme il est... Par lĂ .
Ăa m'Ă©tonnerait qu'on en attrape un dans la demi-heure.
Les lapins au collet, c'est la nuit.
Des fois qu'il y ait un miro.
D'un autre cÎté,
moi, je vais te dire un truc :
marcher toute la journée avec la chaleur qu'il fait,
on va se traĂźner. C'est une vraie connerie.
Surtout qu'on ne sait pas oĂč ON va.
Regardez!
Gonflé, le garçon.
Regardez, chef.
Vous avez vu, lĂ -haut? "LĂ -hautâ"? OĂč ça, "lĂ -haut"?
Les Boches ont abattu un Français. Oh, les vaches!
On fait quoi, des pissenlits?
Mettez-les dans une gamelle. Ben oui.
Dites, chef.
On a pensé, pour la route :
militairement causant, plus qu'on va vers le sud,
vu que la guerre est pas finie, comme vous dites,
plus qu'on va vers le sud, moins qu'on fait face.
Pas vrai, Tassin? Hein?
Ici, au cas oĂč la situation se retournerait,
supposition, on serait comme un poste avancé.
Vous voyez, chef?
En attendant que la situation soit retournée,
on est comme une épine dans les fesses des Boches.
Hein, Tassin? Oui.
Dites donc, les gars, vous croyez pas que...
Ăa suffit comme ça. Ă ce train-lĂ , ça sera jamais sec.
Alors, je me rhabille, et on part. Vu?
Oui, chef. Bien sûr, chef.
Je vous en foutrais, moi, "des postes avancĂ©sâ.
Chaussettes. "Une Ă©pine dans les fessesâ...
Elles sont pas sĂšches.
Vous voulez aussi vos chaussures?
Et je marche comment?
Sur les mains?
C'est vrai, ça.
Comment tu veux marcher sans chaussures?
Attention, pas sortir des rangs!
Compris?
En avant!
C'est pas du bon cÎté. Bon Dieu de saloperie!
Les Boches ont des bottes, eux.
Ils perdent pas de temps Ă s'envelopper les pieds.
Ăa, c'est vrai, chef.
Je vais vous dire un truc, chef :
avec des conneries comme ça, on perd une guerre.
Le temps qu'on se fringue, crac, ils sont lĂ .
Mon calot. Il est resté là -bas, chef.
Va le chercher. Ben oui.
Et toi, passe-moi ma chemise. Allez, grouille.
Mettre une chemise humide, c'est un coup Ă attraper du mal.
Ăa me regarde.
Merde! Qu'est-ce qu'il y a?
RĂ©musat est un hameau, mais les Boches y sont peut-ĂȘtre.
Alors sois prudent. Oui, chef.
Si on peut pas la recoudre, rapporte des pointes et un marteau.
Tu te rappelleras? J'y vais pour ça.
Pense aussi Ă la bouffe, tant que t'y seras.
T'occupe. C'est droit devant?
Tu rattrapes le chemin Ă 50 m. Tu peux pas te tromper.
Droit devant. Oui, chef.
Tu dois ĂȘtre revenu dans 1 heure.
Oui, chef. Ă tout Ă l'heure, chef.
Eh bien, Germaine, vous descendez?
VoilĂ .
Vous voilà pomponnée!
Vous pensez que mon fils revient?
Je ne peux pas aller au village toute nue.
C'est pas que ça vous gĂȘnerait.
C'est surtout qu'il y a plus grand monde.
Non, je t'emmĂšne pas.
Il y a quelqu'un?
Je suis sûr que c'est habité. Il y avait de la soupe sur le feu.
De la soupe Ă quoi? J'ai pas vu.
Si vous voulez, je retourne ce soir.
C'est moi qui y vais.
Ce que c'est bĂȘte, ça.
Et alors?
Le premier était facile. J'étais derriÚre, en haut.
Et l'autre?
L'autre, c'était le contraire. Dites donc!
Faites attention dans le chemin.
Il y a plein de racines. C'est comme ça que Pithiviers...
Je sais!
Et aprĂšs?
AprÚs, j'ai réussi à me poser en douceur.
C'est pas Julien qu'aurait fait ça. Qu'en savez-vous?
Parce que c'est pas son fort, la douceur, Ă Julien.
Peut-ĂȘtre que la douceur, avec vous, ça ne rĂ©ussit pas.
Ăa dĂ©pend.
Ensuite, j'ai marché, et me voilà .
Je vais pas perdre ma semelle aussi, moi.
Ăa, c'est de la chasse, hein.
Ăa me fait penser.
J'aurais dĂ» lui dire, pour le chien.
Ferme-la!
Tais-toi!
à part l'épicier, y a plus personne dans le village.
Allez-y, Germaine. Non. J'ai trop peur.
Je peux entrer là ? Oui, bien sûr.
En cas de danger, passez par le potager.
Germaine, allez cacher ça.
Que faites-vous lĂ ?
J'étais venu chercher à manger...
Couché.
Je suis venu chercher Ă manger. "Ă manger"?
Pour moi et mes hommes. "Vos hommes"? OĂč ça?
Dans la forĂȘt. Ma compagnie, quoi.
C'est que la guerre est pas finie, ma petite dame.
Bien sĂ»r. Et vous vous battez dans la forĂȘt de Machecoul?
Ben oui. Tiens...
Suivez-moi, qu'on voie ce qu'on peut faire.
Votre chien quitte jamais la ferme? Jamais.
J'en connais qui vont entendre parler du pays.
C'est un soldat français,
qui vient chercher Ă manger pour ses hommes en forĂȘt.
Mademoiselle. "Madame."
Pardon. Madame.
Vous vous battez dans la forĂȘt de Machecoul?
On se bat. On est comme une espÚce de poste avancé.
Dans le cas que...
Supposons que les Allemands reculent,
crac, on est lĂ .
Pour les en empĂȘcher.
Non. Pour la tenaille, quoi.
"La tenaille"...
Je vous demande ça parce qu'aux derniÚres nouvelles,
les Allemands sont déjà à 30 km au sud de Machecoul.
Tiens?
Dites donc, ils foncent. "Is foncentâ, oui.
Donc vous ĂȘtes 30 km derriĂšre les Allemands
Ă attendre qu'ils reviennent? VoilĂ .
Enfin, "voilĂ " pour l'instant.
On va pas attendre des années. Je m'en doute.
Ils peuvent prendre un autre chemin.
Ils sont pas passés par là pour descendre,
alors pour remonter.
Vous savez, quand on recule...
J'ai redescendu le front Ă pied.
J'y étais monté par l'est et en voiture.
Et en chantant. Bien sûr.
Et vous ĂȘtes combien? Trois.
Enfin, plus Limou,
Sautera, Chapouteau...
On est neuf.
Vous ĂȘtes bien curieuse, on dirait.
Nous avons eu des Allemands déguisés en soldats français,
alors...
Je comprends. La cinquiĂšme colonne?
Rassurez-vous. Nous, c'est pas ça.
Non. Je défendais un cimetiÚre avec ma section,
grenades et tout,
puis ma compagnie a été faite prisonniÚre sous mes yeux.
On a fait ce qu'on a pu, mais Ă trois...
à neuf. Enfin, bref, on a décroché.
pas Ă pas.
Et puis on s'est fixĂ©s dans la forĂȘt,
dans le cas, comme je vous dis, qu'un retournement.
crac, ils nous ont sur le dos.
Parfait.
Ă manger pour 9. Pour 10, madame.
Si ce n'est pas trop vous demander.
Je vais faire la tenaille aussi. Germaine.
Et le poste avancé et tout ça.
Sergent Chaudard, 106e régiment de transmission, 7e compagnie.
Repos. Lieutenant Duvauchel.
J'ai Ă©tĂ© abattu ce matin au-dessus de la forĂȘt.
De votre poste avancé, avez-vous vu quelque chose?
C'était vous, contre les Allemands? Voilà .
Je croyais qu'ils vous avaient tué.
Eh bien, comme vous voyez, non.
Décidément, j'ai une veine folle.
Ce matin, j'échappe à la mort, cet aprÚs-midi,
on m'accueille gentiment ici,
et ce soir, alors que nous sommes chez l'ennemi,
30 km derriĂšre le front,
qu'est-ce que je trouve?
Des baroudeurs français
disposés en tenaille avancée.
C'est ce qui s'appelle avoir de la veine.
Oui. Ăa, c'est de la veine.
Ăa doit vous faire plaisir d'avoir retrouvĂ© un officier.
Vos hommes aussi vont ĂȘtre contents.
Pensez.
Ils ne demandent qu'Ă se battre, si j'ai bien entendu.
Bravo. Ils vont ĂȘtre servis.
Et ça, c'est quoi? Ăa, c'est...
C'est une...
Yenaun.
Le chef va ĂȘtre drĂŽlement content.
Mais maintenant, il faut le tuer.
Ben, donne. Ben oui.
Ăa ira, c'est la mĂȘme pointure.
Combien je vous dois? Ăa va bien.
Vraiment? Mais non, allez.
Merci. Au revoir, madame. Au revoir.
Au revoir, madame. Au revoir.
Au revoir, et merci pour tout.
Bon courage.
Et les bousculez pas trop, les baroudeurs.
Au revoir, mon lieutenant. Au revoir, madame.
Il a oublié son foulard.
Mon lieutenant, votre foulard!
Vous perdez pas de temps. Jamais. En route.
Qu'est-ce que vous faites, dans le civil?
L'ustensile de cuisine : casseroles, fait-tout...
Tiens, mon pĂšre en fabrique, des casseroles.
Tiens.
C'est quoi, comme marque, votre pĂšre?
Duvauchel, forcément. Ah, bien sûr, "Duvauchel".
Ăa me disait quelque chose. J'en vends, du Duvauchel.
Eh bien, le fils, c'est moi. Pas possible. Ăa, alors.
Votre boutique est à la Société des ustensiles ménagers français?
Oui, oui. La SUMF.
J'en serai directeur en rentrant de la guerre.
Si nous en rentrons, évidemment.
Oui.
Ben, ça, alors. On peut dire que le monde est petit.
Sa quincaillerie.
Le chef, il en a plein les fesses, de sa quincaillerie.
Comme moi de ma bonne femme, et toi, des patins de ta sĆur.
Ce qui fait que, Ă mon avis,
et vu qu'on sait plus oĂč en est la guerre,
on est encore ici pour quelque temps.
Je n'ai pas retenu votre nom. Chaudard. Louis Chaudard. Vesoul.
Chaudard, Chaudard...
Votre nom me dit quelque chose aussi.
Chaudard, Vesoul.
Ah oui.
J'ai entendu parler de vous par mon pĂšre.
II me semble, oui. Pas brillante, votre affaire.
Non. Cette année, ça a pas été ça.
L'année derniÚre non plus.
Non. "L'annĂ©e derniĂšre non plus.â
Tiens, voilĂ le chef.
C'est le moment. Préparez les épices.
Garde Ă vous! Rigolez pas, chef.
Vous avez le sel?
Garde Ă vous! Qu'est-ce qui vous prend?
Déjà que mon feu est pas vif.
C'est que le lapin, ça demande Ă ĂȘtre saisi.
Hein, Tassin?
Tassin?
Le poste avancé?
Oui, lieutenant. OĂč sont les autres?
Oui. Trois, ça vous a paru insuffisant pour une tenaille.
Vos noms. Soldat Tassin.
Soldat Pithiviers.
Lieutenant Duvauchel.
Vous ĂȘtes Ă prĂ©sent sous mon commandement. Repos.
Le lieutenant a Ă©tĂ© abattu au-dessus de la forĂȘt.
Je croyais qu'il était mort. Puis pas du tout.
Alors, voilĂ .
Le lieutenant est aussi mon directeur.
Enfin, c'est le papa du lieutenant
qui est propriétaire de ma boutique.
MONSIEUR LE DIRECTEUR.
OĂč sont vos armes?
LĂ , mon lieutenant.
LĂ , avec les munitions.
Et le téléphone. En temps de guerre, le matériel.
Ăa va, ça va. Depuis quand ĂȘtes-vous ici?
Depuis hier soir. La compagnie a été faite prisonniÚre.
On n'a pas arrĂȘtĂ© de marcher. Pithiviers a perdu sa semelle.
Tiens, voilĂ les chaussures. Merci, chef.
Remettez de la paille sur le feu. Oui, lieutenant.
Il faudrait qu'il souffle, lieutenant.
Allez souffler. Oui, lieutenant.
Quand comptez-vous repartir?
TĂŽt demain matin. Demain matin, tĂŽt.
Vous en avez pour longtemps? 10 min, mon lieutenant.
En temps de guerre, on en fait, des choses, en 10 min.
N'est-ce pas, chef? Oui, mon lieutenant.
Boire un verre, par exemple.
Va plutĂŽt vers Montenville.
Les Allemands n'y étaient pas hier soir.
Merci, M. le curé.
Allez, file.
Et si ça descend, prie le Bon Dieu.
On est prĂȘts? Oui, lieutenant.
Alors, Ă l'attaque.
Pourquoi il nous a ramené ce mec?
Surtout que le lapin n'était pas gros.
Excusez-moi, mais mon téléphone, qui sert plus à rien,
on n'a plus de fil,
c'est vrai qu'il faut pas l'apandonner en temps de guerre?
MĂȘme s'il sert plus Ă rien, ce serait le falot?
"Le falotâ pour un tĂ©lĂ©phone qui marche pas?
Ăa, Ă©videmment.
Alors, malgré ce qu'il y en a qui disent, des chefs,
sur le matériel qui est sacré et tout ça,
on peut le foutre en l'air, le téléphone. Hein?
Mais oui.
Non, mon général. Aucune idée.
La 7e compagnie a dĂ» ĂȘtre capturĂ©e, probablement.
Sur quoi?
Sur Montenville? Nous décrochons sur Montenville?
Bien, général. Au revoir, général.
On décroche sur Montenville!
Pas si vite!
C'est quoi?
C'est une dépanneuse de chars allemands.
Bon. Ăa y est?
Que faites-vous?
On remplit nos gourdes.
Ăa fait 3 jours qu'il n'y a plus que des Allemands.
Nous rejoignons nos lignes.
"Vos lignesâ? Elles sont loin, vos lignes.
Faut pas rester lĂ . Si les Allemands arrivent...
Et moi, j'ai déjà assez d'emmerdements là -haut.
Vous m'entendez? Restez pas lĂ !
Rassurez-vous,
nous partons.
On peut pas dire que l'armée soit soutenue.
J'ai glissé, chef. Au secours!
Vous ĂȘtes cinglĂ©s! Calmez-vous.
Si les Allemands les voient, ils vont nous tuer.
Et ma femme qui accouche!
Emmenez-les. Ne les laissez pas lĂ !
C'est une fille.
C'était la seule solution.
Oui, mon lieutenant.
T'as fait du propre.
J'ai glissé, chef.
On va loin avec ça, lieutenant?
On va tout laisser dans un bois.
Vivement qu'on arrive.
Fallait pas glisser.
Un Boche en moto.
Pas moyen de tourner, avec les arbres.
Souris! Tu gagnes la guerre, nom de Dieu!
Oui, chef.
Danke schon.
Je peux, mon lieutenant? Allez-y.
Bravo, Pithiviers. Merci. Mais on a eu du pot.
Vous savez comment ça marche, ça?
Non, mon lieutenant.
Bon. Regardez.
Vous comptez vous en servir? On sait jamais.
La tenaille...
OĂč qu'ils sont?
Qui ça? Mais les Allemands.
Devant, y en a pas. Non. Les deux qu'on avait, lĂ .
OĂč on va?
En gros, on va vers Montenville.
On doit encore se battre, par lĂ .
On dépose les Allemands. On descend les Allemands.
On les a plus.
Quoi?
Ils ont dĂ» glisser.
Fallait les tenir!
Ce qui est fait est fait. On y retourne pas.
AĂŻe, aĂŻe, aĂŻe!
Monsieur. Que voulez-vous?
Ă manger, c'est possible? Non. Il n'y a plus rien.
Et ça?
"Ăa"?
Bonjour, messieurs.
à boire? Oui, bien sûr.
Un bon petit rosé et un peu de pain d'épices.
Non, non, je vous en prie.
Oh, la vache!
Bonjour, messieurs. Vous vouloir quelque chose?
Nous vouloir vin rouge.
Mais bien sûr. Avec plaisir.
Vous aviez raison,
c'est une belle ordure.
On voudrait Ă manger pour quatre.
"Pour quatre"?
Vite, on est pressés!
On est vachement plus vite servis.
C'est du dessert, ça. Gùteaux.
J'ai dit "manger"!
Conserves, saucisson. Compris?
Tout de suite! Mais, messieurs...
Attention! Je vais me fachir!
Le chef, qui est assis lĂ , a dit :
"Si tu vas pas chercher la bouffe,
"on va tirer du canon dans ta boutique!â
Non, non! J'y vais, j'y vais.
Je sais mĂȘme pas comment il marche,
le canon.
Vous avez une préférence pour le saucisson?
Aucune importance.
Et vous, chef? M'en fous.
Pour moi, c'est du Ă l'ail. Demande-lui du Ă l'ail.
C'est pas du Ă l'ail.
Vous avez du Ă l'ail?
Ă l'ail?
Mon camarade, il veut du Ă l'ail. Allez chercher du Ă l'ail.
Tout de suite!
Sinon.
Je vous ai mis du pain. Ăa, c'est gentil.
Et maintenant, attention Ă la manĆuvre.
Attention. Ăcartez-vous.
On va manĆuvrer.
Heil Hitler!
Fais "Heil Hitlerâ.
Oui.
Heil Hitler!
Heil Hitler...
Heil Hitler!
Heil Hitler.
Heil Hitler!
Heil Hitler!
Heil Hitler!
Heil Hitler!
Encore. Heil Hitler!
Encore! Heil Hitler!
Ils rient.
C'est prĂȘt. Une seconde.
Je reprendrais bien du saucisson.
Non. Faut ménager les vivres.
Le petit!
Qu'est-ce que tu fous lĂ ? Ăa, alors!
Et vous? Avec ça?
Le casque?
Piquer une dépanneuse aux Boches,
c'est formidable.
La guerre, petit, on la fait ou on la fait pas.
C'est fort.
Moi, j'aurais pas osé. C'est pas qu'on l'a piquée...
Bon. VoilĂ le lieutenant.
Carlier, mon lieutenant. II s'est évadé.
Comme nous, quoi.
Repos, mon vieux. Et bravo. Moi, c'est rien.
Mais tuer deux Allemands exprÚs pour leur voler leur dépanneuse...
Eh bien, nous voilà une poignée de braves, quoi.
Allons, en route. Et tùchez de faire marcher ça.
Vous allez tirer sur les Allemands? Ăa, ça dĂ©pendra.
Oui, ça dépendra. On va pas leur courir aprÚs.
Hein, lieutenant? Non, bien sûr.
Mais une occasion peut se présenter.
I! faudrait que ce soit une vraie occasion.
C'est ça.
Si le capitaine vous voyait.
II serait étonné.
Il nous traitait de pantouflards. "Pantouflards"?
"Pantouflards", nous? Alors qu'on leur en a tué...
Et qu'on a piqué une dépanneuse. Et un canon.
Et c'est pas fini.
On va pas passer notre vie à leur voler des dépanneuses?
Il a voulu dire qu'on peut leur faire du mal avant de rejoindre.
C'est ça?
Je peux me mettre ici?
Merci. Quand on se battra, je ferai attention de pas vous gĂȘner.
Faudra pas nous gĂȘner, parce que...
Parce que ça nous gùterait le plaisir.
Le curé dit que les Allemands ne sont pas encore à Montenville.
Nous allons contourner Montenville et filer plein sud.
Toujours en dépanneuse? Bien sûr.
On l'a assez voulue, cette dépanneuse, non?
Bon.
Montenville, c'est tout droit.
Faudra faire un bout de départementale.
On le fera. Ăa marche, lĂ -haut?
On cherche, mon lieutenant.
On cherche.
Il faudra bien passer.
Baissez-vous, et allons-y.
Dans 400 m, on tourne Ă droite.
C'est long.
C'est les civils qui gĂȘnent.
Maman, maman! Maman, j'ai faim.
J'ai rien Ă te donner.
DĂšs qu'on sera chez ton oncle, tu mangeras.
S'il a pas foutu le camp. Maman, j'ai faim maintenant.
Prenez.
Non. C'est peut-ĂȘtre des saloperies empoisonnĂ©es.
Non, non.
Prenez, c'est trĂšs bon.
Je suis papa aussi, moi. Prenez.
Merci. Fais merci.
Les Allemands, il y en a aussi des bons. La preuve.
Elle aurait peut-ĂȘtre prĂ©fĂ©rĂ© le Ă l'ail.
C'est lĂ .
Ăa marche, ce canon?
Ben. on va essayer.
Tiens, c'est curieux.
Ils ont changé de tactique. Les dépanneuses sont devant.
Je crois que j'ai compris.
Ăa doit ĂȘtre un truc, comme qui dirait...
Pas si vite!
Les chars allemands recouvrent les routes Ă l'est.
Passez par Trouvains et quittez la route Ă PlaimbĆuf.
LĂ , d'autres gendarmes vous renseigneront.
Messieurs, vos armes.
Des Français!
Des Français qui viennent au-devant d'une dépanneuse allemande.
Tassin, le FM.
Heil Hilter!
Hé, on est français.
C'est grave? Oui.
Faut trouver un toubib. Y a un village par lĂ .
Allons-y.
Merci, madame.
C'est grave, mais il s'en sortira.
Merci, madame.
Ils vont nous payer ça, les Boches. C'est moi qui vous le dis.
Regardez, chef!
Oh, merde.
Chef, ils vont nous payer ça quand, les Boches?
Il a raison. Je vois rien.
Préparez-vous, derriÚre.
Lieutenant.
Je suis bloqué.
Bon. ManĆuvrons.
Ăa va, lĂ ?
Un peu plus par lĂ .
Et là , ça va?
Un peu plus par lĂ .
Ăa va, lĂ ? Non. Un peu par lĂ .
Ăa y est! Mets-le.
Faut attendre.
Bravo.
Un!
Si le petit était là ...
Ăa fait beaucoup. Ăa fait trop.
Ils font semblant de parler allemand.
Oh! Regardez devant, chef.
C'est la 7e compagnie.
Qu'ils s'enfuient. Je me charge du reste.
Vous nous emmenez oĂč?
En Allemagne. Pour pas faire de jalousie.
Soldats allemands chez vous. Soldats français chez nous.
Mais oĂč est donc passĂ©e la 7e compagnie?
Préparez-vous. Vous sautez dans 5 min.
PrĂȘts?
J'ai glissé, chef!
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