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Zulu
---
Gémissements
Attends.
- Oui...
Oui !
Attends encore.
- Si tu veux que j'attende,
faut me distraire. - OK.
OK.
Faut surveiller JJA.
- Le surveiller ?
- Oui !
- Tu m'as bien distrait.
JJA, donc ?
- Qu'est-ce que t'en penses ?
- Langue de bois ou non ?
Comment dire...
Il a pensé un moment que je parlais aux Russes.
Il tient un carnet à jour de tous ceux qu'il soupçonne.
Il a même été parler à une ancienne amie à moi qui est psy et russe.
- Donc ?
- Compliqué.
Il a trouvé que les fuites venaient des Russes.
- Donc ?
- Que veux-tu que je trouve ?
- Qu'il va bien.
Qu'il est "normalement" paranoïaque
et qu'il nuira pas à la boîte.
On s'interroge sur la façon dont il gère Pacemaker.
...
Ruissellement de l'eau
...
- Tu dis pas bonjour ?
- Je savais pas comment.
- T'as fait bon voyage ?
- Je sais pas, j'ai prix trois Lexos.
- Tu le vois cet après-midi ?
- Oui.
T'as sécurisé sa chambre ?
- Ouais.
A toi de jouer.
- Je suis encore vaseux.
- Pisse beaucoup.
- C'est ce que je fais.
(En anglais)
Musique intrigante
...
"On va noyer le poisson."
- Ils vont attaquer 8 cibles pour fondre les Jusos dans la masse.
- Jusos ? - C'est la branche jeunesse du SPD,
le parti socialiste allemand. - OK.
- Orange Pologne, la fédération espagnole de football, la Rai 3,
toutes ces cibles subiront une attaque importante.
- Mais ils n'ont plus internet, comment on les attaque ?
- Bombe logique.
- Qui s'active si le serveur est HS.
Les Jusos seront occupés à sauver leurs données.
Ils verront pas l'opération de clonage.
- Ils croiront quoi ?
- Que c'est un ransomware classique pour faire du bitcoin.
- En clonant les Jusos,
les Russes vont tout savoir.
Surtout, ils pourront se faire passer pour eux.
- Aucun risque que les Jusos comprennent ce qui s'est passé ?
- C'est comme si je devais ingérer 50 paquets de chamallows.
Si j'ai mal au ventre, je penserai pas à un virus.
...
Bip
...
Musique intrigante
...
On frappe.
- Oui ?
- Pardon. Tu aurais deux minutes ?
- C'est urgent ? - Oui, un peu.
- OK, j'arrive. - Merci.
- Quand je clique là, c'est pareil.
- Et les dossiers locaux ?
- Où ça ?
- 50 bitcoins...
- 233 000 euros.
- Rien n'est non-vital ici. On coupe un appareil et c'est désorganisé.
- Je sais.
- Si on commence à couper les machines, faut fermer l'hôpital.
Rediriger les patients.
- Oui.
- C'est ce que vous recommandez ? Sonnerie
Oui ?
Les ordinateurs des urgences maternité sont touchés.
...
(En anglais)
(En arabe)
Musique orientale
...
- Jean-Jacques ?
Chéri, il est 9 h passé.
...
Ca va ?
- Oui.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Rien.
- J'y vais.
- Bonne journée.
Musique intrigante
...
(En russe)
- OH.
Murmures en russe
...
Bonjour.
Jean-Jacques.
Il chantonne.
Hurlements de douleur
Sanglots
...
Musique inquiétante
...
- Update ?
- S'il te plaît, oui.
- Ils ont activé les ransomwares il y a 3 heures.
Voici la liste des cibles que Pacemaker a transmises.
- Les Jusos, c'est C7 ?
- Oui, c'est le SPD qu'ils visent à travers eux.
S'ils parviennent à les cloner, ils auront accès à tout.
Ils sauront tout et pourront se faire passer pour eux.
- Qui est au courant de l'attaque ?
- Les coms cyber et les SR des pays cibles.
- Ca en est où ?
- Depuis le retour de leur connexion,
on constate une réduction d'environ 80 % de l'activité des Jusos.
Ils sont très probablement paralysés.
La communauté cyber internationale cherche à stopper l'attaque.
Clarence fait partie des meilleurs hackers mondiaux.
Il sait rien du virus de Pacemaker.
Il cherche la solution en temps réel.
Le temps qu'il mettra donnera une idée du temps des autres.
- Il y a un hôpital ?
- L'imagerie fonctionne toujours.
On a coupé les ordis du secrétariat.
- Les services de Renseignement ? - La CDB est sur le coup.
- C'est tout ? Ils n'ont pas d'infos ?
On n'est pas les seuls touchés. Personne n'a rien trouvé ?
Les Danois n'ont rien ?
Je vous rejoins.
Musique intrigante
...
On frappe.
Oui ?
- Je vous dérange ? - Non.
- Tous nos moniteurs sont HS.
Aucune visibilité sur les constantes des patients.
On a 13 accouchements. C'est ingérable.
- OK.
Bips
... ...
...
- Il est techniquement possible d'interrompre
la propagation du virus.
Mais si on donne la solution,
quelqu'un peut se douter qu'on en sait plus. Ca compromet Pacemaker.
- Qu'en penses-tu ?
Si un patient décède car on n'a pas pris le risque
de griller un agent à nous ?
- Si on n'intervient pas, personne ne saura pour Pacemaker.
- Les Belges peuvent pas trouver la solution ?
- Tout le monde cherche.
Même chez nous, on trouve pas. On frappe.
- J'ai fini.
Le ver utilise la virtualisation au démarrage de l'ordinateur.
Si on désactive la virtualisation,
la machine plante.
Donc le ver ne fait rien.
- Si la RSSI de l'hôpital est forte, elle peut trouver.
- RSSI ?
- La responsable de la sécurité des systèmes d'information.
Musique palpitante
...
- Toutes vos machines sont touchées ?
- Pas elle, mais on l'utilise plus.
- Pourquoi ? - Trop vieux, trop lent.
On a essayé, mais il bugge. - Ah.
Faites voir.
...
Ah oui.
- Excusez-moi...
- Ah, merde !
...
Bips
...
Musique douce
...
On frappe.
...
Il le salue en khmer.
...
Musique intrigante
...
- On l'appelle...
On se fait passer pour ton ancienne boîte.
- Alma Alta Security ? - Whatever.
On lui demande de nous donner l'âge de ses machines.
Elle nous demande pourquoi.
On lui dit pas, mais ça la met sur la piste.
- Ca la met pas sur la piste. Pourquoi on lui demanderait ça ?
Sonnerie
...
- Il appelle sa mère.
*- Répondeur de Louise Morin. Merci de laisser un message.
- OK.
Sylvain Ellenstein, ton fils, t'a appelé il y a 10 minutes.
T'étais avec un client.
Tu le rappelles. D'accord ?
- Ca marche.
- T'as besoin de temps ? - Non, vas-y.
Musique intrigante
...
Bips de la numérotation
Tonalité
Allô ?
Sylvain ?
* Allô ?
Désolée, mon chéri. J'étais en rendez-vous. Ca va ?
Sylvain ?
T'es en train de manger ?
Tu voulais me dire quelque chose ?
Bip
...
Bips
Tonalité
* Annonce au haut-parleur
Elle raccroche.
Musique douce
...
Musique palpitante
...
- On a déjà essayé d'appuyer là.
- Ah, putain !
Musique douce
...
- Je suis allé voir le dernier opéra de ton père à Saint-Pétersbourg.
C'était grandiose.
Tu le féliciteras.
- Oui, ça lui fera plaisir.
- Il paraît qu'il rentre en France.
- Il aime plus l'ambiance ici.
- Tu vas rentrer aussi.
Le suicide de Jordan est une tuile pour le FSB.
En général, quand ils arrêtent quelqu'un, on le voit pas.
Ils le relâchent
et on réalise trop tard qu'on lui parle tous les jours.
Ca devient dangereux pour toi.
Il faut que tu rentres en France.
Avec l'expérience, à Mortier, tu gagneras en responsabilités.
Ca te dit, non ?
- Oui.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Vous devez partir.
- Il y a un problème ?
- Le rendez-vous...
- Quoi ?
- Vous allez vous faire arrêter.
- Depuis combien de temps tu trahis ?
- Trois mois.
- Jordan, c'est toi ?
Il y en a d'autres ?
Pourquoi tu m'avertis ?
- Je sais pas.
Je vais aller au rendez-vous, seul.
Ca vous laissera le temps de faire le nécessaire.
- Bon courage, Jean-Jacques.
Quelqu'un ouvre la porte.
...
- Il est où ? - Dans sa chambre.
- Comment il va ?
- Pas terrible.
Mais il pose pas de problème.
- Il sort pas souvent.
- Et... Il est arrivé direct
depuis l'échange de Vilnius ?
- Il est passé par un dispensaire. Il était très affaibli.
Je l'appelle ? - S'il te plaît, oui.
- Jean-Jacques ? Il y a quelqu'un pour vous.
Jean-Jacques !
Il va venir.
- Le débriefing a commencé ?
- Demain.
- Un bon gratin ?
- Pour nous, oui.
Pas pour lui.
- Lui, c'est ça qu'il mange.
Si on lui garde pas, il fouille les poubelles pour les chercher.
- Ca fait un petit bail.
- Deux ans et trois jours.
- J'ai beaucoup pensé à toi.
A ce qui t'est arrivé.
A ce que tu as fait.
Ca aurait pu arriver à n'importe qui.
Ca aurait pu m'arriver.
- Je ne crois pas.
Mais... merci.
- Tu as sacrifié les sources,
mais tu as protégé les agents.
Moi, en particulier.
La boîte est reconnaissante.
Je suis venu te dire...
qu'on te propose de revenir.
Quand les débriefings seront finis.
Tu as payé.
Tu es bien, ici ?
Tu veux revenir ?
- Oui.
- Allez, je te laisse. Retape-toi vite.
- Au revoir, Lionel.
Murmures en russe
...
Musique entraînante
...
- Il demande à rentrer.
- Tu deviens bon en langage de programmation.
- S'il le demande, faut le faire rentrer.
- Oui.
Il est fragile.
OK pour le recrutement de Kennedy.
Musique douce
...
- Il va bien.
Il est normalement paranoïaque.
Il ne nuira pas à la boîte.
- Ca va pas me suffire.
- J'irai pas plus loin.
Il est borderline, mais il a souvent raison.
- T'iras pas plus loin ? - Non.
Je peux pas travailler en observant mon directeur.
C'est pas compatible.
Du coup, ce soir, on couche pas ?
- J'ai pas fini.
Je te retrouve chez toi.
Musique douce
...
- Qu'est-ce que tu fais ?
- J'ai eu envie de faire des frites, ce soir.
Des frites maison.
- On fête quelque chose ?
- Evidemment, je peux pas te dire quoi, mais oui.
Musique intrigante
...
Sous-titrage TITRAFILM
"Let's face the music and dance" (Yael Naim)
---
Tu pars déjà ?
-Oui. Grosse journée.
Au revoir, Elizabeth.
-Bye, chéri.
-A ce soir.
Ou pas.
Pas
---
*Musique rythmée
*---
(Voix étouffée) -Allez, on se donne au maximum.
On lâche rien.
On va jusqu'au bout, et au maximum.
Allez, on relâche pas.
-J'ai spotté un nouveau coach. Il fait de l'abdo-fessier.
Viens, demain, tu me diras. -Je peux pas.
Ma cadette, Eva, arrive de Nantes. Elle fait hôtellerie.
J'organise un anniversaire pour elle.
-Elle a quel âge ?
-Dix-sept ans, demain. Mais c'est un vrai bébé.
-Position debout, et on respire.
-Lui, tu l'as évalué ?
-Je me suis pris une taule.
Je l'ai cru pédé. Il est fidèle.
Pédé, c'est moins humiliant.
-On reste sur moi, les filles. -On y est à mort, avec Laura.
-Que fais-tu caché
dans le rideau, Julien ?
-Un type louche tournait autour de la voiture.
-Hmm, hmm. -Regarde !
Y en a un autre. Avec un sac. Bizarre.
-C'est Alex. C'est ton fils.
-Salut, Lucie. -Bonsoir, chéri.
-Mon père est là ? -Oui. Enroulé dans le rideau.
-Salut. -Ca va ?
-Ca va, toi ? -Ouais.
C'est quoi ce sac ?
-Du linge.
La fille du 2e, elle le lave, et nous, on le repasse. Ca gagne.
-T'as ouvert un pressing participatif ?
Si jamais tu rates ton master...
Tu révises quand ?
-En repassant.
-Te fous pas de lui. Une start-up naît peut-être.
-Tu me passerais ta caisse, demain ?
Je vais à une fête. On pourrait livrer.
-Non, tu me l'as pourrie avec ton gang.
J'y ai retrouvé du poulet frit.
-Il restait 3 wings.
-Je pars pour Cabourg, après. Je pourrai pas désinfecter.
-Tu fermes ton bar ? Vous partez ?
-Monsieur est invité par son fournisseur pour une vodka
dans un palace normand.
-Si tu crois que ça m'amuse.
-J'aurais bien récupéré Eva, après. C'est son anniversaire.
-Désolé, mais j'ai un boulot.
-Entre le bonheur de ton fils et des fruits de mer...
Bon, à plus. -Allez, casse-toi, petit con.
-Tu veux pas rester dîner ? -Bah y a quoi ?
-Des lentilles frisées et du quinoa.
-J'aurais adoré. C'est pas raisonnable.
Je vais rentrer, j'ai...
-Je descends avec toi.
Y a un type bizarre près de la voiture.
-Il a quoi ? -Je sais pas.
On dirait un rat de labo. Il m'épuise.
-Bisous, hein.
-Y a pas de type.
-De là-haut, y avait un type. T'as vu
personne, toi ? -Non. Personne de spécial.
-Et quelqu'un de pas spécial ?
-A quoi ça se remarque ?
-Ca se remarque pas, justement.
-Devait y en avoir un. Je l'ai pas vu.
-Ah bah voilà. Tu vois ?
-Ca te dérange pas de m'avancer un peu ?
-Hein ? Non. Non, non, viens.
*-Parlez après le signal. Je vous rappellerai si ça vaut le coup.
-Bertrand, je sais pas ce que tu fais. Ton bureau m'a appelée,
tu étais absent.
Je sais pas si je t'attends pour dîner.
Et le champagne va perdre ses bulles. Je déteste ça.
*"Love is here to stay" (Natalie Cole)
*---
Le salopard...
-Hmm...
Tu dis rien à Lucie. Mais c'est putain de bon.
-Mais vous bouffez que des graines ?
-Ouais. Mais j'ai planqué un paquet de Petits Ecoliers aux chiottes.
-C'est pour ça que t'es rat de labo. -Elle t'a dit ça ?
-Je te sens aussi hors-sol. Des emmerdes ?
-Non, tout va bien. -Si tu le dis.
-Non, je te jure. C'est juste que je suis un peu prudent, c'est tout.
-Par rapport à quoi ?
-Bah je sais pas, justement. C'est ça le problème.
Je sens par moment comme une présence.
-J'ai un pote, en psy. Tu veux lui en parler ?
-Il va me prendre pour un fou.
-Bah ça le fera réviser.
-Non bah... ça va passer. Non mais je vais bien, sinon.
-Bon.
-Faut que j'y aille. Les graines germées m'attendent.
Je vais me rincer la bouche, pour le bacon.
"Deathless" (Ibeyi Feat. Kamasi Washington)
-Coucou, c'est Eva. *-Eva ! Rentre.
Ca me fait vraiment plaisir, Eva.
Ca fait tellement longtemps.
Tu vas avoir plein de choses à me raconter.
-Oui. Plein.
-Tout va très bien se passer, tu verras.
Peut-être pas au début avec ta mère, mais une fois la nouvelle passée.
-J'ai peur qu'elle parte en live. -Elle va faire sa crise d'asthme,
mais ça passera.
L'important, d'abord, c'est toi.
Tu as envie de quoi ?
-De pleurer comme une conne.
-Viens ici.
Il faut pleurer tant qu'on est jeune.
A mon âge, on a épuisé son capital. Pourtant, j'ai de bonnes raisons.
-Qu'est-ce que je vais devenir ?
-Une jolie maman.
Tu verras, c'est merveilleux.
Sauf la nuit quand ils hurlent, et tu veux les jeter par la fenêtre.
J'aurais dû faire ça avec ma fille.
Je dois finir de me préparer.
-J'ai trop de chance que tu sois ma marraine.
-On peut pas tout rater dans sa vie.
-Je peux rester me changer ?
J'ai pas envie d'arriver trop tôt à la maison.
-Oui, ma belle. Prends-toi un bon bain, et mets ta musique.
-Si ça se trouve, maman va me virer.
-Bah tu viendras ici. Un dressing vient de se libérer.
-Bienvenue, madame. -Bonjour. Merci.
-Pardon, j'ai eu un contretemps. -C'est pas un peu chic ?
-C'est Paris, darling. -Ah...
Faut qu'on fasse vite. Je suis à l'essai et Loïc m'attend.
-Il s'en sort avec son taxi, ton fils ?
-VTC, pas taxi. On en est pas encore là.
Et Bertrand, il va bien ?
-Je suppose. Il m'a quittée hier matin, je crois.
-Comment ça, quittée ?
-Discrètement. Il a vidé son dressing, il m'a dit : "A ce soir".
-C'est dégueulasse, ça.
-D'habitude, il me trompait la journée.
-Oui, ça, tout le monde le sait, mais bon là, c'est grossier.
-Il y a des petites choses ravissantes au 1er.
-Si c'est des petites choses, c'est peut-être moins...
-Tu vois, là, c'est plus Eva.
Je l'ai trouvé. Qu'est-ce que tu en penses ?
-Je suis sous le charme.
-Tu vois, c'est chic et simple. -Si on cherchait juste simple ?
En ce moment, je suis juste-juste.
-Je lui offre. On dira que c'est nous.
-Non, Elizabeth. Ca me gêne. Non. -Arrête.
-C'est délicat...
-A plus. -Merci encore.
Elizabeth ? Tu veux pas venir faire la surprise à Eva ?
J'ai des lasagnes pour quatre.
-Non. C'est mieux d'être en tête-à-tête.
Vous avez des tas de choses à vous dire.
-Pas trop. C'est ma fille.
-Toi, mais elle ? Va savoir.
Je file. Je suis sous l'eau, avec les événements.
-Merci encore. Je suis gênée.
-Il ne faut pas remercier 2 fois. C'est très working class.
-OK...
Ca y est. J'ai trouvé.
-Je dois te déposer au métro,
j'ai accepté une course. -Tu peux pas te libérer vers 19h30 ?
-Non. Et puis elle veut te voir tranquillement.
Puis faut que je bosse, maman.
Tiens, je voulais participer.
-Non. C'est mon cadeau.
Bon, OK. Merci, t'es mignon. Mais, ça reste entre nous.
-Oui.
On sonne.
-Oh, ma puce ! Tu m'as manqué, tu sais.
T'as pris des joues mais ça te va bien.
-Oui, un peu. -Rentre. Reste pas plantée là.
-Oui.
-Ca se passe bien à Nantes ? Les profs, les copains ?
-Euh, oui.
-On va fêter ton retour. On va boire une coupe.
-Je préfère pas boire, là... -Dix-sept ans, ça se fête.
Ca n'arrive qu'une fois. T'as pris des seins aussi.
-Maman, il faut qu'on parle. -On a toute la soirée.
J'ai fait des lasagnes.
-Je suis enceinte. -Oui, j'ai vu.
Sur le pont de Nantes Un bal y est donné...
Fracas
Ca te dit qu'on dîne chez Caruso ?
De toute façon,
ça devait bien arriver tôt ou tard.
J'aurais préféré tard, mais bon... Moi j'ai pas déconné avec la pilule.
-Arrête. Arrête de boire.
-T'as 17 ans depuis 2 heures seulement.
-T'as eu Loïc à quel âge ? -Moi, j'étais sa mère.
-Sérieusement, là ? -Je me comprends.
Excuse-moi, chérie, mais là, je suis sous le choc.
Et sous le vin aussi, mais vraiment sous le choc.
Excusez-moi ?
On va commander. -Tout de suite.
-Et comme ça, juste par curiosité, il est au courant, Alex ?
-Non, il dort en banlieue. Je le vois demain.
-T'as raison. C'est sympa, la surprise.
-Oh... C'est bon, là ?
-Merci.
Mais donc, toi,
tu comptes arrêter le BTS en septembre,
ou tu penses allaiter en cours ?
-Bon, salut.
Je suis blasée, là. -Eva !
Excusez-la, c'est son anniversaire. -Arrête, maman.
Allez, viens.
Ah...
T'as envie de quoi ? -J'ai pas faim.
-Faut que tu manges, dans ton état.
Du poisson ? C'est bien, c'est léger.
-Comme tu veux.
-Alors, qu'est-ce qu'ils ont de bon ?
C'est quoi, déjà, la limite d'interruption de grossesse ?
-Je le garde. J'avorterai pas.
-Je vous laisse
réfléchir encore 5 mn.
-C'est très beau d'avoir un enfant mais c'est mieux de décider à deux.
Et des fois, les mecs ont du mal
à s'engager. Surtout quand ils sont jeunes. Surtout tout le temps.
Tu feras un bébé quand tu seras grande !
-OK, tu me saoules trop, là, j'ai eu ma dose. Salut.
-J'enlève un couvert ? -Oui. Je vais prendre un carpaccio.
Je vais aller pleurer aux toilettes. C'est en bas ?
-Si, signora.
*Chanson rock
*---
-Tu regardes quoi, là ? -Y a une voiture derrière.
-C'est le principe d'une rue. Regarde devant.
-Je les regarde aussi.
T'ouvres une auto-école ?
-Tu peux être aimable ? Laisse-moi ici et file en Normandie.
Me déposer a l'air d'être une corvée.
-J'aime pas qu'on me colle.
Klaxon
-T'es cinglé !
Tu fais quoi ?
-C'est plus court par là.
-Arrête. Je descends.
-Minou... -Arrête-toi, s'il te plaît !
Crissement de pneus
-Minou... Mais pourquoi tu surréagis ?
C'était juste un virage serré.
-Moi, je surréagis ?
Si tu fais un burn-out, va voir un psy !
-Putain, lâchez-moi avec les psys !
*-Oui ?
-Juge Bertrand. Nous avons une commission rogatoire.
Bonjour, madame. Nous allons effectuer une perquisition.
-Pourquoi ? Qu'est-il arrivé à mon mari ?
-Non. Vous permettez ?
Allez-y, messieurs.
-T'as les sacs ? -Ouais, j'arrive.
-Y a un étage.
-C'est une chambre, ici ? -Oui.
-Vous, allez voir. -Je m'en occupe.
-Il est où ? -A la perquisition de son bureau.
-Pardon, madame.
-Une 2e caisse ? -Pardon.
-Vous cherchez quoi ?
Qu'a-t-il fait ? -Je ne peux pas vous répondre.
-Ramène des sacs.
-Où puis-je le voir ?
-Nulle part tant qu'il est en garde à vue.
-C'est un cauchemar. Je pensais simplement qu'il m'avait quittée.
Je m'inquiétais pas. -Le portable.
*Musique rythmée
-On tient, on tient.
Maintenant,
on commence la récup.
Et on ralentit progressivement.
Voilà, comme ça. On ralentit.
Véro ?
On est en récup.
-Je continue encore un peu. J'en ai besoin. Ca me fait du bien.
-De l'eau sucrée.
Ca te remontera. T'es en hypoglycémie.
-Ca va aller.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Ta soeur qui vient d'avoir 17 ans est enceinte de 3 mois. A la louche.
D'Alex, qui est à la fac. Donc sans un sou.
Dans un mois, j'ai plus de boulot.
On me garde pas au pub, je démoule trop.
-Tu quoi ? -"Démouler", renverser le plateau.
A l'happy hour, 5 pintes par table.
5 kilos ! Je suis pas bavaroise, donc je démoule.
Bref.
On baptisera le gosse aux Restos du Coeur.
A moins que ta soeur le dépose à Notre-Dame.
-Panique pas. L'argent, ça se trouve.
-Quand on est riche. Sinon, on arrache les sacs des vieilles.
-Déjà il a un père, cet enfant. Alex.
Et moi, je l'aiderai. C'est ma soeur.
-Tu le savais, toi ?
-Oui. -Pourquoi tu m'as rien dit ?
-C'est plus facile de t'écouter que de te parler.
-Hmm.
-On va où ? -Dans le mur.
Non, mais je te dirai.
C'est moi. Il faut que je te parle.
-J'ai pris ton framboise-cheesecake.
-C'est cool, merci.
-T'as pris des seins. C'est mignon. J'aime bien.
-On peut se poser deux minutes ?
-Oui, vas-y. Assieds-toi, j'arrive.
Pourquoi tu m'as rien dit ? -J'étais pas sûre.
-Fallait faire un 2e test. -J'étais pas sûre de toi.
Tu m'avais saoulée. J'étais pas sûre de nous.
-T'avais plus de forfait pour me dire que j'étais reçu à l'examen ?
-Tu deviens très lourd.
Mon mec me dit depuis 18 mois que je suis la femme de sa vie.
T'es juste bien élevé ?
-Je t'aime mais tu me mets devant le fait accompli.
-On l'a accompli à 2, le fait !
-Justement, un enfant, ça se décide à 2.
Faut parler. C'est con, ce que t'as fait, là.
T'es au lycée et je suis à la fac. On fait comment ?
-J'avais peut-être peur de ta réaction pourrie.
Je pensais qu'on avait un avenir, nous deux.
-On a surtout un présent chargé.
C'est quoi la limite pour l'IVG ?
-Oh...
-Excuse-moi,
mon assistant avait besoin de moi.
Depuis que j'ai cette boîte, ça paye mais j'ai plus de vie.
-Et moi, l'inverse.
-Un jus betterave-concombre. -Avec du gingembre ?
-Oui, merci.
Tu bois quoi ?
-A mon avis, c'est tes épluchures. Bon...
-Quoi ?
-Une heureuse grosse tuile. Ton beau-fils va être papa.
-Merde. Avec Eva ?
-Oui. Pourquoi, il en voit une autre ?
-Non, pas que je sache. Mais Alex nous a rien dit.
-Il est peut-être pas au courant.
-Ah.
On s'assied.
Et euh...
-Non, elle veut le garder.
-Quand on veut garder un enfant... -Il faut le nourrir.
On a passé 2 ans à 4 dans une caravane
dans le jardin d'Elizabeth
derrière le local à poubelles, pour pas être vus.
-On va les aider.
-Comment ? Je peux perdre mon boulot.
-On va se débrouiller. -Ah. C'est une super idée.
Je sais pas comment, mais on va se débrouiller.
-Je vais pas appeler Julien. Il est à Cabourg.
C'est une boule de nerfs.
J'espère que l'air de la mer va le calmer.
La pluie tombe.
---
Cri de peur
-Excuse-moi. Je t'ai pas entendu arriver.
-Douche-toi, ça te détendrait. -C'est ce que je fais.
Gémissements
-Très parfumée, cette vodka. J'adore.
-J'adore ton nez.
-Il est pas d'origine, tu sais.
Qu'est-ce qu'il y a ? -Y a des pas sur la terrasse.
-Alors ? -Bah non, y a personne.
-Ca doit être des mouettes. Viens.
Gémissements de plaisir
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Quoi encore ?
-T'as entendu ? -Non, quoi ?
-Y a un bruit à la porte. Quelqu'un force la serrure.
Je vais voir.
Qu'est-ce que vous faites ? -Rien. Je nettoie.
-Pardon. Le bruit de poignée, ça peut prêter à confusion.
-Désolée.
Mais vous, fermez votre peignoir. Ca aussi, ça peut prêter à confusion.
-Excusez-moi, je suis vraiment désolé.
On va filer avant les embouteillages.
C'est mieux, finalement.
-J'éponge un petit peu.
Excusez-moi, mais il faut essuyer.
Heureusement,
c'était pas de la brune.
-J'en ai partout. -Excusez-moi.
Je vais vous aider. Attendez.
Ca va, là ?
-Oui, ça va.
-Je sais pas, j'ai dû glisser.
-Ca suffit.
Prends ça et casse-toi. -Pourquoi ?
J'ai fait quoi ?
-Tu m'as coûté plus cher en fûts qu'en charges.
-Y avait du gras. J'ai glissé.
-Dehors ! Tiens, va finir de nettoyer, toi.
Je veux plus te voir. -Oh...
-Bonjour.
-Oh, salut.
-Vous avez le temps pour un café ? -Oui, je suis en pause.
-Super. -Mais pas par là, non.
On va aller en face. C'est plus calme.
-J'ai juste émis une légère réserve.
Mais y a un malentendu. Elle me répond plus, depuis.
-A moi non plus.
-Elle a nettoyé son mur.
-Non, elle est pas repassée à la maison.
-Son mur Facebook. Elle m'a supprimé.
Cris de déception
-Loïc dit qu'il sait pas où elle est. Il ment.
-Un whisky pour monsieur. -C'est pour moi, dure journée.
Cris de joie
-T'as vu ce but ?
-ON A GAGNE ! ON A GAGNE !
-Tu travailles, maintenant ?
-J'ai besoin de me sentir utile.
-Vous avez été cambriolés ?
-J'aurais préféré. On a été perquisitionnés.
Pareil à la maison.
-Pourquoi ? -Bertrand est en garde à vue.
-Il a fait quoi ? -Aucune idée.
J'ai pas eu le droit de le voir. -La merde continue. Eva a disparu.
Elle ne répond à personne. -Quelque chose l'a contrariée ?
-Tu savais, hein ? J'en suis sûre. Elle te raconte tout.
-Oui. Enfin, vaguement.
-On est pas vaguement enceinte.
-T'as fait aucune connerie à son âge ?
-Plus tard, surtout.
-Tu sens l'alcool. -Mon pull sent la bière.
-Quand tu parles, ça sent le whisky.
-Oui, ça, c'est moi.
Tu sais où elle est ? J'ai peur qu'elle déconne.
-Elle est plus raisonnable que toi. Et arrête de boire.
Tu pues la clocharde.
-Je vais pas tarder à l'être.
T'aurais pas un job, ici, pour moi ?
-J'aimerais bien, mais le moment est mal choisi.
C'est Bertrand, le patron. Je peux pas lui parler.
-Bienvenue au Manifeste. -BONSOIR.
-Au bar ou côté lounge ? -Lounge, plutôt, non ?
-Oui, plutôt. -Je vous installe.
-Désolé, Manu, on m'a crevé un pneu à Cabourg.
-C'est blindé et t'as encore déconné dans les commandes.
-Je vais voir ça.
Ca va, mon grand ?
Je suis passé à la maison, j'étais dégueulasse.
Lucie m'a dit, pour Eva.
-Je vois que l'info circule.
Tu ferais quoi, toi ?
-J'arrêterais de picoler. C'est quoi ?
-Le cocktail du jour. -Manu, fais-moi la même chose.
-Je vais l'accompagner, comme ça on arrêtera de picoler ensemble.
Je m'en veux d'avoir été brutal, et je lui en veux de m'avoir rien dit.
-Mais tu l'aimes et t'as peur de t'engager.
-Ca sent le vécu.
-Va la voir. Demande-lui pardon.
-Personne sait où elle est. Et elle a déconné.
-Elle a 17 ans. -C'est le problème.
-Attends... Y a un bruit dans la cave.
-Non.
Claquement
Reste en haut. C'est dangereux. -T'allumes pas ?
-Fais gaffe. -Y a personne.
-Y a plus personne.
La porte de la cave, elle est très facile à crocheter.
-Tu penses que le KGB te suit. -Ca me fait pas rire.
Je vais me retrouver avec une tête de cheval dans mon lit.
-Et je dois arrêter le mezcal ?
Mais attends-moi !
-Ah oui, excuse-moi.
-Désolée du retard, je suis un peu sous l'eau.
-Aucun problème. J'ai un très bon polar.
-Qu'est-ce qui t'a pris de faire ça ?
-J'ai pris peur en entendant le programme de la gauche en 2012.
J'ai mis de côté, pour nos vieux jours.
-En Suisse ?
-L'air est sain.
-Tu risques gros ?
-S'ils trouvent tout, ça peut être contrariant.
-Comment c'est, ici ?
-Très épuré. Tu adorerais.
-Ils t'ont pas maltraité ?
-On nous mélange pas avec les voyous.
Enfin, pas les voyous pauvres.
-Ils te gardent combien de temps ?
-Le temps de réunir la caution. Et je voulais t'en parler.
Ils ont déjà saisi mes comptes français en me mettant en examen,
mais il manque un peu.
-Non, désolée. J'ai la misère en horreur.
T'as fait des conneries, tu te débrouilles.
-Ne t'inquiète pas, mon avocat travaille sur un plan B.
Mais si tu pouvais faire un peu de présence à l'agence...
-Que je fasse la potiche ? Mais je n'y connais rien.
-Tu es si merveilleusement décorative, mon ange.
-A propos... Véro est dans une sale passe.
-Oui, oui. Depuis sa naissance.
Je préfère ne rien savoir. Je suis un peu émotif, là.
-T'as pas une idée d'un boulot pour elle ?
-Un tout petit... Je vais passer le message à ma secrétaire.
-Bon, je file.
Je te laisse à ton roman policier.
-Ca tombe bien. J'ai hâte de savoir qui a tué.
"When will I learn" (Ibeyi)
-Je peux jeter ta barquette ? Je vais re-gerber.
-Ouais, vas-y.
Mais ouvre la fenêtre.
-Merde.
Y a maman en bas.
Je veux pas la voir. -Va dans la chambre. Je m'en occupe.
Elle va mal. T'aurais dû les préparer.
-Genre #j'aiplusmesrègles ?
Vu l'accueil, j'aurais dû. Ils vont prendre cher.
-Allez !
-Loïc, ouvre. Tu es là, j'ai vu ta voiture en bas.
Elle sonne.
Tu es avec ta soeur ? Donc t'ouvres pas ?
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