All language subtitles for La pie voleuse - FR - 24,000fps 1h40m46s

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Original subtitles

Bonjour, comment ça va aujourd'hui ?

Ça va.

Je t'en mets combien ?

Trois.

Trois.

Allez, on va bien choisir.

Celui-ci.

Ouais.

Celui-ci.

Ah non, pas celui-lĂ .

C'est les mĂȘmes.

Ah non, c'est pas les mĂȘmes.

C'est pas Ă  toi que je vais l'apprendre, moi.

C'est pour le roi d'Angleterre, c'est ça ?

Presque.

Allez.

Les huĂźtres, tu me les gardes au frais ?

Je passerai les prendre ce soir.

Bien sûr, ma chérie, comme d'habitude.

Voilà, ça te fait 32,10.

Tu as bien compté les hußtres ?

Bien sûr.

Ça va te rĂ©galer.

Embrasse ta mĂšre pour moi.

Ça fait longtemps que je l'ai pas vue.

Ce sera fait, Maria. Bonne journée.

J'ai les chemises.

MĂȘme celles Ă  petits carreaux ?

Oui, elles Ă©taient toutes prĂȘtes.

Votre courrier.

Je vais leur donner un coup de fer

avant de les pendre dans l'armoire.

Comme ça, vous aurez pas de démangeaisons.

Les filets de loup, je vous les prépare pour midi?

Il y en avait ?

Oui, ils sont superbes.

Vous en voulez combien ?

Ils sont gros ?

Comme vendredi.

Je vous en avais fait trois,

et vous les avez pas finis.

Mettez les trois quand mĂȘme.

Avec du riz ?

Du riz pilaf ?

Bien sûr.

Bon, alors, je le prépare,

et vous aurez qu'à éteindre le feu,

quand ça sonnera.

Je vais mettre le minuteur.

Pas trop épaisse, la panure.

J'aime bien quand c'est juste trempé dans l'oeuf.

Comme Votre Majesté voudra.

J'suis pas si difficile que ça.

Non, si on fait ce que vous voulez.

Bien sûr.

Et les bulots, ils sont oĂč ?

Ils sont lĂ .

Et la mayonnaise ?

Ah non, vous l'avez trouvée trop aillée.

Alors, je vais vous faire une mayonnaise maison.

Pas Ă  l'huile d'olive.

Bien, Votre Majesté.

Ma chĂšre Maria.

Vous pourriez me signer des chĂšques d'avance ?

Je me suis servie du dernier.

Oui, oui, oui.

Et les tickets d'aujourd'hui, je les mets au mĂȘme endroit.

Oui.

J'ai fait toutes les courses.

Merci, ma belle.

Je mets la monnaie dans le compotier.

Il faut que j'y aille.

Je peux pas rester plus longtemps avec toi.

Sinon, je vais me faire engueuler.

Hein ?

J'ai des maĂźtres, moi aussi.

Maria ?

Oui ?

Nous sortons.

On va en haut de la CanebiĂšre.

A la bonne pĂątisserie.

D'accord.

Bonne promenade.

Combien il reste sur le compte ?

Y a plus rien.

Et la carte, elle est bloquée depuis ce matin.

Comment ça se fait, ça ?

Ils ont pas dĂ» me verser la retraite.

Demain, tu vas te renseigner Ă  la caisse.

Bien sûr.

Bon, il faut que j'y aille.

OĂč tu vas Ă  cette heure ?

J'ai un rendez-vous avec Gabi.

Encore ?

Il a besoin que je l'aide pour sa moto.

Alors maintenant, c'est toutes les semaines ?

Qu'est-ce qui se passe, Bruno ?

Sa moto, elle a le mĂȘme Ăąge que moi,

et puis personne ne sait réparer ces vieilles bécanes, c'est tout.

Tu as recommencé à jouer ?

C'est pour ça qu'il est bloqué le compte.

Et je te pose des questions, moi, sur tes huĂźtres ?

Comment tu les paies ?

Maria.

Vous savez, il faut croire que Henriette,

elle perd un peu la tĂȘte.

Vous croyez ?

Ah oui.

La nuit, elle parle toute seule.

Elle parle à André.

C'est qui, André ?

André Baradet.

Elle vous a jamais parlé d'André ?

Non.

Il a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par les Allemands,

en haut de la CanebiĂšre.

Il attendait le bus

devant la bonne pĂątisserie.

C'est pour ça que vous y allez souvent.

Elle pense toujours qu'il va revenir.

C'étaient des enfants.

Et ils étaient fiancés.

Alors, elle l'attend.

Toute sa vie,

elle l'a attendu.

Elle lui parle, normalement,

toute la nuit.

Mais il faut surtout pas la réveiller.

Mais c'est qu'elle s'énerve.

Elle l'engueule, le pauvre.

Vous croyez pas que c'est ça, la folie ?

Mais elle n'est pas folle.

Et peut-ĂȘtre qu'elle le voit vraiment.

Peut-ĂȘtre qu'il est revenu, son AndrĂ©,

Ă  force de penser Ă  lui.

On dit que les gens avec qui on s'engueule,

c'est ceux qu'on aime vraiment.

Tu es belle.

Je t'aime.

Je t'aimerais toujours.

C'est la derniĂšre fois que je fais cette route jusqu'Ă  Belgrade.

C'est trop dur.

J'en ai assez d'ĂȘtre sans vous.

Tu dis toujours ça.

Cette fois, c'est vrai.

Je vais en parler au chef.

Ça nous fera moins d'argent. mais on pourra en faire un deuxiùme.

Ah ouais ?

Ouais.

On fait tout de suite si tu veux.

AllĂŽ, maman, oui.

Non, non, tu ne me déranges pas du tout.

Quoi, pardon ?

Oui, il fait ses gammes.

Ouais.

Oui, mais je t'écoute.

Sors.

Tu me vois ?

Ouais, je te vois.

Il joue de mieux en mieux, non ?

Tu crois ?

Je ne suis pas sûre.

Comment tu n'es pas sûre ?

Moi, je suis sûre.

J'écoutais la musique tout le temps, j'ai l'habitude.

Et ne te fais pas de soucis pour ton pĂšre et moi.

Si je ne peux pas payer 85 euros par mois

pour la location d'un piano pour que mon petit-fils devienne un grand pianiste,

ça sert à quoi que je travaille ?

Il est doué, je te dis.

Kevin, ça va ?

Ouais, il est parti, lĂ .

Ah, il est parti ?

Ouais.

Il est courageux, ton mari.

Bon, je te rappelle.

Ciao, bisous.

Madame ?

2,50 euros, s'il vous plaĂźt.

Oh, tiens.

Mon fils.

Qu'est-ce qui t'amĂšne ?

Tiens, voilĂ  ton courrier.

Ben, figure-toi que

j'ai été visiter une maison

Ă  100 mĂštres d'ici.

Voilà, un décÚs.

Il y a plusieurs héritiers, le notaire m'a chargé de la vente.

Je croyais que t'étais venu pour me dire bonjour.

Bonjour.

Bonjour, papa.

Qu'est-ce que tu veux ?

Tu veux prendre l'apéritif ?

Euh...

Ben, c'est un peu tĂŽt, lĂ .

Non, mais, enfin, oui.

Ah, oui, je veux bien.

D'accord.

Je te demande pas comment ça va.

Eh, t'as l'air d'aller bien.

Je vais bien.

Je vais bien.

Je m'ennuie un peu.

Alors, est-ce que t'as réfléchi à ce dont je t'ai parlé la derniÚre fois ?

J'ai réfléchi, j'ai réfléchi.

J'ai fait que ça.

J'ai le temps.

Tu sais, au prix actuel du marché, si tu vendais ici,

tu pourrais avoir un petit appartement prĂšs de chez moi.

On se verrait plus souvent.

C'est trop grand pour toi, ici.

Depuis que t'es en fauteuil roulant,

tu te sers plus du tout de l'étage.

Pourquoi tu me mens ?

Je ne te mens pas.

Tu n'es pas venu pour visiter

une soi-disant maison de quelqu'un qui serait soi-disant mort.

Tu es venu pour essayer de me convaincre,

encore une fois, de vendre ma maison.

Alors, mon fils, soyons clairs.

Je sais trĂšs bien que tu n'as pas trĂšs envie

qu'on se voit plus souvent.

Ça m'attriste, mais c'est comme ça.

Tu t'imagines que j'ai tué ta mÚre

parce que je l'ai quittée.

T'es sûr de ça.

Et tu ne te lĂšveras jamais ça de la tĂȘte.

Mon pauvre petit.

Alors, je vais te dire une bonne fois pour toutes.

Si je peux t'aider, je t'aiderai.

Mais je vais rester ici,

lĂ  oĂč je suis nĂ©

et oĂč je vais mourir.

AprĂšs, tu feras ce que tu voudras.

LĂ  oĂč je serai, ça ne m'intĂ©ressera plus.

Et ta femme, ça va ?

Ça va, oui.

Et les affaires ?

Ça t'intĂ©resse ?

Oui, oui.

Tu veux un autre verre ?

Non merci, ça suffit là.

Alors.

À la prochaine fois.

Tu peux venir quand tu veux. Je suis lĂ .

Je ne bouge pas.

Suite à un dégat des eaux ...

la location d'un piano ...

pour rééditer le chÚque.

Ils ne vivent plus ensemble, mais il la voit toujours, alors.

Ça me rend dingue.

Il a bousillé la vie de ma mÚre et la mienne.

Et Ă  son Ăąge, il continue Ă  l'entretenir et Ă  tout lui payer.

Mais t'es sûr que ce piano, c'est pour elle ?

Évidemment.

Pour qui veux-tu que ce soit ?

Je t'ai déjà dit, elle était prof de musique.

Chéri.

Oui ?

Faut que tu décroches de cette histoire avec ton pÚre.

Ma sƓur m'a encore apportĂ© les habits de son fils,

qui veut absolument un cousin

ou une cousine.

C'est joli, non ?

TrĂšs joli.

Faut qu'on fasse un enfant avant que mon neveu passe son bac.

Il pourrait vendre.

On rembourserait notre crédit.

Va savoir s'il l'a pas déjà hypothéquée, sa maison.

Et nous, on n'aura jamais rien, tu verras.

Ok.

Ça te dĂ©range si je reste un peu ?

Viens.

Viens.

LĂ , mamie, assieds-toi lĂ .

Je vais jouer rien que pour toi.

Bravo.

Il joue de mieux en mieux.

C'est sûr, il va l'avoir, son concours.

ArrĂȘte de dire ça.

Je veux pas qu'il soit déçu.

Tous les autres élÚves,

ils prennent en plus des cours particuliers, alors faut pas trop rĂȘver.

Les cours, c'est 70 euros de l'heure.

On ne pourra jamais se payer ça.

Je sais.

Je sais.

Bon, Ă  samedi.

À samedi.

Au revoir.

Maria !

Oui ?

Vous n'en avez pas un peu marre

de faire le ménage chez tous ces vieux ?

Non, ça me fait plaisir de rendre service.

D'aider les autres.

Sinon, qu'est-ce que je ferais ?

Vous leur montreriez comment faire.

Je ne saurais pas leur expliquer.

Je suis pas instituteur, moi.

Bon, il faut que j'y aille.

J'ai déjà pointé.

Cinq minutes.

Cinq minutes.

Parce qu'aprĂšs, si je pointe en retard chez Mme Kalbiak,

ils vont me reprendre une heure, comme en tout point.

J'ai la vie mauvaise.

Je suis tellement seul.

Et pourquoi vous voyez pas plus souvent votre fils ?

Parce que je me suis séparé de sa mÚre et il m'en a tellement voulu.

Et elle est morte pas trĂšs longtemps aprĂšs d'un cancer

et il croit toujours que c'est de ma faute.

Oui, il a peut-ĂȘtre pas tort

qui peut savoir.

Et vous, vous entendez bien avec votre fille ?

Oui, elle a son caractĂšre.

Mais surtout, il y a mon petit-fils.

Je l'aime plus que tout.

C'est le sourire de ma vie.

Il joue de mieux en mieux au piano.

Il prépare un grand concours.

Ça, le piano, c'est magnifique, c'est le roi des instruments.

Vous savez que c'est celui qui a le plus de notes ?

Et il est passionné ?

Depuis qu'il est bĂ©bĂ©, je lui fais Ă©couter de la musique sans arrĂȘt.

Et c'est moi qui l'ai emmené au conservatoire.

Et maintenant, il vit plus que pour ça.

Et moi aussi.

C'est bien.

Et ce con de Gabi avec sa moto, hein ?

T'as vu l'heure qu'il est ?

T'as recommencé à jouer ?

Tu crois que je vais longtemps continuer à travailler comme ça ?

Ne te plains pas, tu as de la chance de travailler.

Regarde-moi Ă  mon Ăąge.

Qui me propose du travail ? Personne.

À part Gabi, qu'est-ce que je peux faire ?

Je sais pas.

Tu passes à la vitesse supérieure?

Qu'est-ce que tu prépares ?

Tu penses Ă  Nicolas, des fois ?

Au niveau oĂč il est, il a besoin de cours particuliers.

C'est absolument nécessaire.

Alors, un chĂšque pour la location de piano,

il s'en aperçoit pas, ça passe.

Mais un deuxiÚme pour les cours particuliers, c'est risqué.

Mais tu m'effroies, alors !

Non, tu n'es pas folle, tu es obsédée.

On peut vivre sans jouer du piano.

Oui, et sans voyager.

Sans partir en vacances.

Sans manger de foie gras, sans boire de champagne.

Oui, on peut se balader au milieu de toutes ces tentations,

sans jamais y toucher.

Moi, j'appelle ça de la torture.

Je vais me coucher.

Si ça te dérange pas, tu peux sortir la poubelle.

Je peux, je peux. Oui, je peux.

Y a plein de choses que je peux plus faire, mais ça, je peux.

Vous voulez que je fasse manger Cornelius ?

Quelle heure il est ?

17h.

Non, c'est trop tĂŽt.

Je lui donnerai plus tard.

Bon, je peux y aller ?

-Mais oui,............. allez-y vite. -Ça va aller ?

Maria.

Quoi ?

Vous vous en occuperez de Cornelius ?

AprĂšs ?

AprĂšs quoi ?

Parce qu'ils vont pas m'autoriser Ă  le garder Ă  l'asile.

Il est venu, ce matin.

Qui ?

Le monsieur de l'asile.

Mais on met pas les gens à l'asile comme ça.

C'est qui, ce monsieur ?

C'est le monsieur du bas.

Il a dit que je pouvais plus rester ici.

Celui qui est venu pour le chauffe-eau.

Le monsieur du syndicat.

Ah, le syndic.

Voilà, c'est ça.

Ah, quel salaud. Pardon, mais je vais aller lui parler.

Mais s'il y avait quelque chose de nouveau,

on m'aurait avertie au travail.

J'ai reçu mon planning pour le semestre prochain.

Vous ĂȘtes inscrite.

Mais si jamais.

Vous vous en occuperez de Cornelius ?

Parce qu'il est vieux, vous savez, lui aussi.

Bien sûr.

Bien sûr.

Il faut que j'y aille.

On a été obligés d'écrire à tous nos clients.

On a été vandalisés.

Un dégùt des eaux monstrueux.

Les instruments n'ont pas trop souffert, c'est le plus important.

Suivez-moi.

On vit dans une époque étrange, hein ?

Venez.

Je vous laisse vous installer ici.

Hop, on va regarder ça tout de suite.

Alors, votre pÚre a fait un chÚque de dépÎt de garantie de 1000 euros

pour un piano droit de concours le 20 décembre dernier.

Et regardez.

Simplement, s'il peut le refaire,

vraiment, c'est juste pour remettre les choses dans l 'ordre.

Les dépÎts de garantie ne sont jamais encaissés,

puis les paiements avec votre pÚre sont honorés,

donc tout est Ă  jour avec lui.

D'accord.

Il est un peu ùgé.

J'ai l'habitude de m'occuper de ses affaires.

Est-ce que vous pouvez me dire pour qui il loue ce piano ?

Oui, bien sûr.

Tout Ă  fait.

Il perd un peu la tĂȘte.

Alors, pour le modÚle, ça sera le Heisenberg.

C'est le mĂȘme que celui-ci, mais en noir.

Et l'adresse de livraison, c'est... Alors ...

C'est...

Oui, donc, Ă  l'Estaque, Madame Jennifer Jourdan.

VoilĂ .

11 traverse Fenouil.

Jennifer Jourdain.

Mais tu ne dors pas ?

Quel prénom ridicule.

Elle vit à l'Estaque, juste à cÎté de chez lui.

Pourquoi ils ne vivent plus ensemble ?

Elle doit ĂȘtre vieille.

Elle avait quel Ăąge quand il est parti avec elle ?

J'en sais rien.

Aucune idée.

J'aimerais enfin la voir.

Tu ne l'as jamais vue ? MĂȘme de loin ?

Ben non.

Jamais.

Mais...

ça te servira à quoi ?

À lui dire le mal qu'elle m'a fait.

Je voudrais qu'elle sache comment on a souffert, ma mĂšre et moi.

Je ne suis pas sûre que ça te fasse du bien.

ArrĂȘte de penser Ă  ça.

On va s'en sortir.

On n'a pas besoin de lui.

Viens.

Viens.

AllĂŽ ?

Ah, bonsoir, Monsieur Sermadjian.

Oui.

Merci de me rappeler.

C'est la grand-mĂšre de Nicolas.

J'ai décidé de lui payer ses cours de piano avec vous.

Ça me fait plaisir.

Il joue bien, mais...

je suis sûre qu'avec vous, il va progresser.

Alors...

si vous pouviez me donner votre adresse,

comme ça, tous les premiers du mois,

je vous enverrai un chĂšque Ă  votre nom.

350 euros, c'est ça ?

J'ai une bonne nouvelle.

J'ai appelé son professeur de piano au conservatoire.

Tiens, c'est l'adresse.

Il est d'accord pour lui donner des cours particuliers.

Un par semaine jusqu'au concours.

Super ! Ça s'arrose !

Mais tu le payes comment ?

T'inquiÚte pas, je me débrouille.

Tu te débrouilles.

J'ai pris du travail en plus.

Tu l'appelles pour caler les rendez-vous.

C'est au 135 de l'avenue du Prado.

Bruno et moi, on s'y débrouillera pour l'accompagner.

Ça aussi, je peux le faire.

Mes jours de repos, je pourrais moi aussi l'amener.

Ça va te faire des heures en plus, non ?

T'es sûre ?

T'inquiĂšte pas, je te dis.

Elle a raison. Pourquoi tu t'inquiĂštes ?

Tu t'inquiĂštes toujours de tout.

Bon, on a trop bu, on va y aller, non ?

On a trop bu. OĂč on a trop bu ?

Moi, j'ai pas trop bu. Merde.

Ça fait 15 jours que je bois pas.

15 000 bornes sans boire une goutte.

C'est pas deux, trois verres qui...

Je me détends.

Merci, Maria, pour ce que tu fais.

Merci pour tout.

Mais non.

C'est ma joie, ça.

Oui, madame Kalbiak.

Oui.

Je viens.

Oui, je viens.

Calmez-vous.

Elle est trop gentille.

Ouais.

Elle est payée en heures supp, là ?

Bien sûr que non, tu parles.

Elle se fait avoir Ă  chaque fois.

Mon fils, ta grand-mĂšre est une sainte femme.

Oui.

T'as de la chance. Tu le sais ?

Oui.

Qu'est-ce qu'il arrive, lĂ  ?

Oh, j'ai peur, j'ai peur.

Il faut pas.

J'ai peur, j'ai peur.

Mais je suis lĂ .

Je peux pas rester toute seule.

Restez avec moi.

Mais oui, je reste.

J'ai trop peur.

Allez-vous coucher.

OĂč il est ?

OĂč il est, Cornelius ?

Il doit ĂȘtre...

Il doit ĂȘtre quelque part.

Il s'est caché.

Lui aussi, il a peur.

Nous laissez pas, Maria.

Mais je vous laisse pas. Je reste lĂ .

Allez, venez.

Allez, venez.

Cornelius ?

Il doit ĂȘtre quelque part.

Oh, il a peur.

Mais c'est rien.

Venez, venez. Vous allez vous coucher.

Tous les deux, on a peur.

Calmez-vous.

Vous allez vous endormir tranquillement.

Je reste lĂ .

C'est bon, c'est bon.

Vous voulez un verre d'eau ?

Non, merci.

Allez, couchez-vous.

C'est rien.

Il va s'arrĂȘter, cet orage.

Il va s'arrĂȘter.

Mais je suis lĂ . Je ne pars pas. Je reste avec vous. Hein ?

Je reste lĂ .

Je reste lĂ .

Ça va mieux, dĂ©jĂ .

Ça finira par s'arrĂȘter.

Alors, c'est trÚs beau ce que tu as fait au début.

Oui.

Mais est-ce que tu peux chanter plus ?

Tu vois, c'est si bémol.

Si, sol, fa, sol, do.

Vas-y.

Tu utilises le si, mi bémol.

Mi.

Accentue.

Demi-cadence.

C'est trÚs élégant, ce que tu as fait.

Mais reprends-moi ça.

LĂ , du coup, tu accentues les notes aigĂŒes,

puisqu'il y a un sforzando sur le do.

Refais.

L'inverse. L'inverse.

Tu accentues les notes aigĂŒes.

Ouais.

Alors, j'aimerais bien écouter la main gauche, si tu veux bien.

Quel est le doigt le plus fort, ici ?

Le pouce.

Ouais.

C'est ce qu'on entend le plus.

Alors que Beethoven voudrait qu'on entende cette mélodie médiane. Tu vois ?

Sol,

sol, la, sol.

Il faut que tu écoutes ça. Vas-y. Essaye.

Arrondis le pouce, un peu sur le bord.

Et on rajoute la main droite maintenant, qu'on entende cette espÚce d'écho.

Tu vois ? Ça fait ça, regarde.

Tu vois ?

TrĂšs bien !

Alors ?

J'adore, c'est trop bien.

Vas pas trop vite, hein ?

Tu m'avais dit que tu partirais plus.

BientĂŽt.

Bon, champion, t'attrapes ?

T'as vu, on est bien, lĂ .

Ouais.

Toute la famille et tout.

Vous ĂȘtes avec moi tout le temps.

Ouais.

Allez, Nico, on y va.

Allez, c'est parti.

Fais-moi un bisou.

Allez, file.

Un jour, je pourrais dormir avec toi dans le camion ?

Je t'emmĂšnerais, promis.

Aux prochaines vacances ?

Pendant les vacances, le piano continue,

tu veux que ta grand-mÚre m'étrangle ?

AprĂšs les concourses, tu pourras y aller.

Super.

Tu viens ?

Ouais, j'arrive.

Allez.

Bonne route.

Ciao, papa. Bonne route.

Ciao.

Allez.

Tu arrives ?

Ouais, j'arrive.

Viens dans mes bras.

Viens.

Et votre petit-fils, le piano, il progresse ?

Oui, oui, oui.

Ça va.

Mais il travaille beaucoup.

En plus du conservatoire et du collĂšge,

il prend des cours particuliers, avenue du Prado.

C'est loin.

Ça le fatigue, mais il est courageux.

Il doit ĂȘtre de famille, quand je vous vois travailler.

Vous savez, souvent, je rĂȘve de lui.

Je le vois en smoking,

tout seul sur une scĂšne, avec un piano immense.

Et le public qui l'applaudit, qui l'applaudit sans fin.

Et puis aprĂšs, je pense tout Ă  fait Ă  autre chose.

Je vois ma mÚre pliée en quatre, qui ramasse des patates,

ou vous, qui vous mettez à courir sans difficulté,

qui vous tenez debout devant vos élÚves.

Et je me demande pourquoi je pense à ça,

puisque je réfléchissais tout à fait à autre chose.

Des situations qui n'ont

aucun rapport entre elles s'enchaĂźnent avec aucune logique.

Et je me dis que si je ne m'en rendais pas compte, je serais folle.

Parce que c'est ça, la folie.

Et je me dis aussi

qu'il y a des moments oĂč on peut tous ĂȘtre fous.

Qu'on peut tous devenir fous.

Et ça, M. Moreau, vous le savez, vous.

Oui, mais vous, ce sont des idées que

vous avez eues sans les avoir apprises de quelqu'un d'autre.

Et ça, c'est la preuve d'une grande intelligence, ma chÚre Maria.

Vous moquez pas de moi.

Je vous aime.

Enfin, je vous aurais tellement aimée, plus tÎt.

Si je vous ai blessée, pardon.

Non.

Mais je n'ai pas envie de penser à ce que ma vie n'a pas été.

C'est trop dur.

À mardi.

Allez, mise.

Oh, Maria !

Il doit combien, lui?

Pas beaucoup.

Maria, laisse tomber, ça va.

Non, je ne laisse pas tomber.

Combien il perd, aujourd'hui?

120.

C'est bon, Maria, fous-nous la paix, lĂ .

VoilĂ .

C'est ce que j'ai gagné cette semaine.

Tu peux encore perdre 45 euros, c'est ce que je vais gagner cet aprĂšs-midi.

Bonjour.

Mme Jourdan?

Oui, c'est moi.

Bonjour.

Vous ĂȘtes Mme Jennifer Jourdan?

Oui.

Qu'est-ce qui se passe, monsieur?

Vous ĂȘtes prof de musique?

Non, pas du tout, c'est mon fils qui joue.

C'est pas un élÚve.

J'aurais bien aimĂ© ĂȘtre professeure de musique, mais non.

Je suis caissiĂšre.

CaissiĂšre?

Oui, caissiĂšre, pourquoi?

Vous connaissez M. Moreau?

Monsieur... non, ça me dit rien, pourquoi?

Enfin, c'est qui?

C'est mon pĂšre.

Et pourquoi je connaĂźtrais votre pĂšre?

Vous ĂȘtes un peu rigolo, monsieur.

Excusez-moi, c'est votre mĂšre qui est professeure de musique?

Non plus.

Excusez-moi, monsieur, je comprends pas trop ce que vous voulez lĂ .

Ce que je veux, c'est savoir pourquoi

mon pĂšre loue ce piano pour vous.

Mais ce n'est pas votre pĂšre qui loue ce piano.

Ah ouais?

Et le loyer, c'est lui qui paye aussi?

Et quoi d'autre?

Bon, écoutez, je comprends pas du tout ce que vous voulez là.

Qu'est-ce que vous lui faites Ă  mon pĂšre pour prendre son argent?

Laissez-moi tranquille, s'il vous plaĂźt.

Vous pouvez me faire confiance, je vais pas vous laisser tranquille.

Ça va pas se passer comme vous croyez.

On va se revoir, madame Jourdan.

On va se revoir trĂšs vite, et ce sera au tribunal.

Je prends 20 euros pour les courses.

C'est le syndic qui aimerait que vous partiez.

Comme ça, il pourrait louer plus cher, ce voleur.

Mais je l'ai remis Ă  sa place.

Il vous embĂȘtera plus.

Les gens se cachent des choses les uns aux autres.

Ils disent blanc Ă  l'un et noir Ă  l'autre.

Et puis d'un coup, ça vous tombe dessus comme la foudre.

Mais ne vous inquiétez pas comme ça.

J'emmÚne Cornelius, ça lui fera prendre l'air.

Oui, l'emmĂšne pas trop loin.

Non, je lui fais faire le tour du pùté de maisons.

Et si c'est ouvert?

Je vous prends des figues?

Ouais.

-Avec de la glace Ă  la vanille. -Si c'est ouvert.

Allez, viens Cornelius.

Bonjour ma fille, ça va?

C'est qui M. Moreau?

C'est un monsieur dont je m'occupe, pourquoi?

Un monsieur dont tu t'occupes?

T'as recommencé comme avant?

Qu'est-ce que tu racontes ma fille?

Son fils sort de chez moi,

c'est l'argent de son pĂšre qui paie le piano ?

Tu peux pas t'en empĂȘcher, c'est plus fort que toi.

T'es vraiment tarée en fait.

Non, c'est pour le petit.

Je vais me débrouiller.

Non, tu dĂ©brouilles pas. T'arrĂȘtes avec ce mot.

Tu fais plus rien, t'arrĂȘtes tes conneries.

Allo?

Oh, c'est toi, Laurent.

Je suis content de te voir.

Mon papa, soyons trĂšs clairs, je veux pas tourner autour du pont.

Pourquoi tu loues un piano depuis six mois?

Qu'est-ce que tu racontes?

T'avais besoin de chair fraĂźche pour t'exciter?

La prof de musique a vieilli, elle aussi?

Je ne comprends pas de quoi tu parles.

La prof de musique, comme tu dis, elle est morte il y a bien longtemps

et depuis, je vis seul.

Tu peux m'expliquer?

Jourdan.

Jennifer Jourdan.

Ça ne te dit rien?

Rien du tout.

T'es sûr?

Oui, je suis sûr.

Tu connais pas son nom, évidemment.

Tu connais pas son nom.

Comment tu l'appelles quand elle te suce la bite? Hein ?

Ma petite pute chérie?

Comment oses-tu me parler comme ça?

Qu'est-ce que tu lui donnes Ă  part le piano?

Evidemment, dans ton état, t'es obligé de payer maintenant.

Alors vas-y, ça te coûte combien une jeune pute?

Tu crois que je fais venir des putes ici?

C'est au forfait ou Ă  la carte

ou je ne sais pas, tu la payes Ă  l'heure.

Et la prime, c'est la location du piano pour son fils ?

Tu crois que je perds la boule, que je suis sénile?

Qu'est-ce que tu veux? Tu veux contrĂŽler mes comptes?

Tu veux me mettre sous tutelle, c'est ça?

Je ne veux plus te voir ici.

Va-t'en.

Je ne comprends pas ce que tu racontes.

J'ai jamais loué de piano.

C'est toi qui as fait le chĂšque de caution

et c'est toi qui fais les paiements tous les mois.

La vérité, la seule vérité,

c'est que tu es un pauvre type, un vieux dégueulasse.

Mais merde, elle est aussi Ă  moi cette maison.

C'est aussi l'argent de ma mĂšre qui est investi lĂ -dedans.

ArrĂȘte.

ArrĂȘte avec ta mĂšre.

Ta mĂšre, ton pĂšre, sa maĂźtresse.

Et cette pute, maintenant?

C'est pas possible de se rendre malade comme ça.

C'est moi qui vais craquer, lĂ .

Je m'en fous.

Je m'en fous de ces histoires préhistoriques.

Ça va pas si mal pour nous, là, non ?

Tu sais oĂč il habite, le fils Moreau?

Non, je ne sais pas.

Je sais qu'il a une agence immobiliĂšre vers le Vieux-Port.

Je ne sais pas comment je vais faire, mais je vais tout rembourser

et on va le rendre le piano.

Pourquoi tu me fais ça?

Le concours a lieu dans quelques temps.

Il me reste quelques semaines Ă  payer.

Mais qu'est-ce que tu as dans la tĂȘte?

Tu as déjà pensé aux familles de ces vieux?

Peut-ĂȘtre qu'ils ont besoin d'un piano, aussi.

Imagine s'ils portent plainte maman, tu vas te faire virer.

On a déjà évité le pire il y a trois ans, quand tu avais volé le collier.

T'avais promis que tu arrĂȘterais.

Pourquoi tu recommences?

Pourquoi tu abuses de la faiblesse des vieux, comme ça?

Oui, mais avec le concours, il aura une autre bourse.

-Il sera pris en charge. -ArrĂȘte!

J'en peux plus! ArrĂȘte tout!

Stop!

Tu t'arrĂȘtes, maintenant!

Oui, tout Ă  fait.

Oui, il n'y a pas d'inquiétude d'avoir de ce cÎté-là.

De toute façon, c'est moi qui ai le ...

le mandat prioritaire sur ce bien, donc il n'y a pas de...

VoilĂ .

Oui, exactement.

Je transmets votre proposition Ă  mon client

et je vous rappelle dans la foulée.

Je vous remercie beaucoup. Au revoir.

Bonjour.

Je vous demande de ne pas porter plainte.

On remboursera tout Ă  votre pĂšre.

Tenez.

C'est ce que j'ai retiré à la caisse d'épargne ce matin.

250 euros.

Prenez-les.

C'est ma mÚre qui s'occupe de votre pÚre qui lui a volé des chÚques.

Elle a commencé à travailler chez des personnes ùgées

quand son usine a fermé.

Mon pÚre, il a beaucoup travaillé au noir.

Il a eu une pré-retraite ridicule.

Ils ne s'en sortent pas.

Ils ont fait des tas de crédits

pour avoir une belle maison avec une belle piscine.

Ils ont acheté des trucs inutiles.

C'est des pauvres gens.

Ils tirent le diable par la queue.

Elle s'est mise en tĂȘte que mon fils, il allait devenir un grand pianiste.

Il joue bien, mais...

C'est la seule chose qui compte dans sa vie.

Qu'est-ce que je fais lĂ  ?

Monsieur Toulouse ?

Oui ?

Maria ?

Tout ce linge, ça n'a pas bougé depuis longtemps.

Depuis toujours.

C'est son trousseau.

Pour son mariage avec André.

Qui n'a jamais eu lieu.

Ça n'a jamais servi ?

Mais vous vous rendez compte ?

Les draps en lin, ils sont neufs.

Et le service de table.

Douze couverts, il y en a quatre.

Vous pourriez les vendre, ça ferait de l'argent.

Il y a des gens que ça intéresse.

Mais si jamais elle les cherche ?

Vous croyez ?

Elle a oublié, non ?

Avec le temps.

Non, Maria, non.

Son seul amour, depuis l'école, c'est son André.

Moi... Elle ne m'a jamais aimé.

Non, je ne peux pas dire ça comme ça.

Ça serait mĂ©chant.

Elle a toujours été trÚs gentille avec moi.

Mais je vous promets...

Maria...

que quand nous serons morts...

Tout ça, ce sera à vous.

Vous vous occupez tellement bien de nous.

M. René, vous ne pourriez pas m'en faire cadeau, maintenant ?

Elles ne s'en apercevrait pas et moi, ça m'arrangerait.

Je ne peux pas tout vous raconter, mais...

Je suis dans une trĂšs mauvaise passe.

Ma chĂšre Maria...

Je ne peux pas.

Tant qu'elle sera lĂ , non.

Je ne peux pas.

Tu vois...

Il y a des jours oĂč je gagne, moi aussi.

Ça ne te fait pas rire ?

C'est trop tard.

Qu'est-ce qui est trop tard ?

Tout.

Je ne sais plus oĂč j'en suis.

Tu vois, moi, aujourd'hui, je suis content.

Pourquoi tu es content ?

Pourquoi je suis content ?

Parce que tu ne manges pas d'huitres.

Que tu es bĂȘte.

Tu sais, c'est con, mais...

Je me suis toujours imaginé que tu couchais avec lui parce qu'il te payait des hußtres.

Mais que tu es bĂȘte.

Je peux te demander un truc ?

Dis-moi.

J'aimerais que tu arrĂȘtes de travailler chez les hommes qui sont seuls.

C'est vraiment bĂȘte, ce que tu dis.

Mais ça me touche beaucoup.

Dis...

Tu crois qu'il y a encore quelque chose entre nous ?

J'en suis sûre.

Qu'est-ce que tu fais lĂ  ?

Je veux t'aimer.

LĂ , tout de suite.

Attends.

Je sais pas si tu as couché avec moi pour pas que je porte plainte.

Mais je m'en fous.

Tu le sauras jamais.

AllĂŽ ?

Maman, tu m'entends ?

C'est arrangé, il y aura pas de plainte.

Mais tu mets plus les pieds chez Moreau.

Fais-toi remplacer et raconte n'importe quoi.

Tu lui dis que tu es malade et que tu dois travailler moins.

Comment tu as fait ?

Je me suis débrouillée, moi aussi, comme tu dis.

On va tout rembourser, on arrĂȘte tout.

Les cours particuliers, tout ça, on arrĂȘte.

C'est terminé.

Ma chĂšre Maria,

j'espĂšre que vous n'ĂȘtes pas malade,

je suis inquiet, pourquoi vous ne venez plus ?

Faut pas disparaßtre comme ça,

rappelez-moi au moins.

Je sais ce qu'il s'est passé,

ce n'est pas grave, on va arranger tout ça.

Rappelez-moi, vous me manquez.

Tu as confiance en moi ?

VoilĂ , doucement, doucement,

ouvre les yeux.

Tu n'as plus envie de moi ?

Tu sais que c'est juste la pĂ©riode oĂč je pourrais tomber enceinte.

On n'a pas essayé le mois dernier,

qu'est-ce qui t'arrive ?

Je sens bien, il y a quelque chose qui va pas.

Pourquoi tu me parles jamais ?

C'est mon pĂšre.

Encore cette histoire de piano ?

Tu vas devenir fou.

Il donne de l'argent Ă  son auxiliaire de vie.

Sa femme le ménage ?

Oui, le piano c'est pour elle,

enfin c'est pour son petit fils.

Il loue un piano pour son petit fils,

il lui donne un chĂšque tous les mois.

C'est fou ?

C'est scandaleux, c'est de l'abus de faiblesse.

Il devient fou ton vieux pĂšre,

Cette femme, il faut l'empĂȘcher de nuire.

Peut-ĂȘtre qu'elle fait ça chez d'autres vieux.

Qu'est-ce que je fais ?

Je regarde comment il faut faire pour porter plainte.

Mais non.

ArrĂȘte, on va pas porter plainte.

C'est son pognon, aprĂšs tout, il fait ce qu'il veut.

Tu lui en veux plus.

Je te comprends pas.

T'as vu, c'est un 4 piĂšces, en fait.

1, 2, 3 et 4.

Oui, c'était planté.

Bon, c'est bruyant.

Sur le boulevard, c'est bruyant, mais sur la rue, ça va.

Mais c'est beau.

TrĂšs sain.

Hein ?

Ah, excuse-moi.

AllĂŽ ?

Oui.

Je vous entends mal, je change de piĂšce.

Oui.

Viens chez moi.

Je te veux.

Je te veux maintenant.

J'ai envie de ta queue.

Oui ?

J'ai envie que tu me prennes

dans ma cuisine, chez mon carrelage.

Sur le carrelage, oui.

J'ai envie de me mettre sur toi et que tu me laisses faire.

Je t'attacherai les mains, je t'attacherai les pieds.

Viens.

D'accord, tout ce que vous voudrez.

Viens maintenant.

Viens.

D'accord, monsieur.

TrĂšs bien, je vous rappelle.

C'est moi qui vous rappelle.

Je t'aime.

Je t'aime.

Je veux rester avec toi.

Non, c'est pas possible.

Allez.

Tu m'aimes, toi ?

Non, j'aime que ta queue.

Allez.

Allez, s'il te plaĂźt, pars.

-Je reste lĂ  ? -Non.

Va-t'en.

-Je t'appelle ? -Allez, va-t-en.

Oui, demain.

-Dans une heure ? -Demain.

Dans une heure.

Monsieur Moreau ?

Oui.

Qu'est-ce que vous voulez ?

Bonjour.

Je suis votre nouvelle auxiliaire de vie.

Je remplace Maria, vous savez ?

Oui.

Mais je ne veux pas. Je ne veux pas.

C'est pas contre vous, mais je veux Maria.

Oui, mais je crois qu'elle a un problĂšme familial.

Elle doit travailler moins.

Vous pouvez me laisser entrer, il faut que je bipe.

C'est juste Ă  droite, lĂ .

AprĂšs la porte.

Sur la droite, lĂ  ?

Qu'est-ce qu'elle a ?

Elle est malade ?

J'essaie de l'appeler plusieurs fois, elle ne répond jamais.

Je sais pas, Moreau.

C'est dommage.

Vous pouvez lui dire de me rappeler ?

Oui.

Oui, oui, je lui ferai savoir.

Je commence par la cuisine.

Elle a rendu le piano.

Pourquoi elle a rendu le piano ?

Nicolas, il travaille sur son vieux clavier.

Qu'est-ce qui lui a pris ?

Qu'elle va partir, Bruno.

Je sens qu'elle va partir.

Gabi !

Tu l'as achetĂ©e oĂč, ta moto ?

Je n'ai pas payé encore.

Ah bien, ne paie rien, parce que le moteur, il est fendu.

Il a été rafistolé au sintofer

Le premier choc qu'il prend, il va s'ouvrir en deux, ton moteur.

Elle est pas chĂšre du tout, hein ?

Tu peux mĂȘme me dire qu'elle vaut rien.

Pfff. Au revoir.

Kevin, viens voir.

La patience.

La patience ?

Eh oui, il faut ĂȘtre patient, attendre.

La mer, elle finira par se calmer.

Reste au port.

Attends que la tempĂȘte soit finie.

Je suis amoureux de la fille de cette femme.

Cette auxiliaire de vie.

J'ai rencontré sa fille.

Et je suis tombé amoureux d'elle.

Je vais te quitter, Audrey.

Je vais partir avec elle.

Qu'est-ce que tu racontes ?

Laurent ?

Je peux pas l'expliquer.

C'est irrésistible.

Ça m'est tombĂ© dessus d'un seul coup.

Je ne peux pas...

et je ne veux pas vivre sans elle.

Qu'est-ce qu'elle te fait que je te fais pas ?

Apprends-moi.

Je ferai tout ce qu'elle te fait.

ArrĂȘte, arrĂȘte.

Audrey, Audrey, arrĂȘte.

Reste avec moi, je ne veux pas que tu me quittes.

ArrĂȘte, arrĂȘte, suffit !

ArrĂȘte, arrĂȘte !

Il dit qu'il est tombé fou amoureux de la fille de ta femme de ménage.

La fille de Maria ?

Premier coup d'Ɠil.

Je vais pas rester sans rien faire, sans le défendre.

Pourquoi tu lui parles pas ?

Parle-lui.

C'est lui qui veut pas me parler.

DĂšs qu'il vient ici, c'est pour des histoires d'argent.

Et sa mĂšre, c'Ă©tait la mĂȘme chose.

Elle voulait toujours que je la dédommage.

Dédommagement de quoi ?

On s'est aimés pourtant.

Trop peut-ĂȘtre.

On n'était jamais l'un sans l'autre.

DĂšs qu'il y a eu une ouverture,

elle a craqué.

C'est peut-ĂȘtre ce qui arrive Ă  Laurent.

C'est bien ton fils.

Il n'y a pas de doute que vous ĂȘtes pareils.

Vous ĂȘtes les mĂȘmes, vous vous dĂ©testez, vous ĂȘtes pitoyables.

Laurent, c'est papa.

Appelle-moi, s'il te plaĂźt.

Il faut qu'on s'explique.

J'en ai besoin, parce que je vieillis et...

J'aimerais tellement te parler.

Tiens, il y a une lettre pour toi.

Fais voir.

Tu l'as ouverte ?

Une lettre du commissariat et j'ai pas pu me retenir.

Et alors ?

Et alors...

Ce que j'attendais est arrivé.

Ça te pendait au nez.

Combien de fois je te l'ai dit ? Combien de fois ?

Voilà, tu es convoquée lundi à 10h au commissariat.

Putain, Maria, comment on va faire ?

Allez !

Allez !

Et t'as perdu encore !

Vas-y, tire, tire !

AllĂŽ ?

C'est moi.

Il faut que je te voie.

Je peux pas, lĂ . Kevin est de repos.

Pas avant mardi.

Moi aussi, j'ai envie de te voir.

Oui.

Allez, plus fort, papa !

Je suis parti de chez moi, Jennifer.

J'en pouvais plus.

Je supportais plus cette situation.

C'est Maradona.

Ah, tu es fou !

Va la chercher.

Je t'attendrai.

Je patienterai le temps qu'il faudra,

mais je suis parti de chez moi pour vivre avec toi

Je t'ai rien promis, Laurent, tu le sais, hein ?

Jamais je le quitterai.

Attends, je te mets en attente, il y a mon pĂšre qui m'appelle.

AllĂŽ ?

Jennifer ?

Ta mÚre est convoquée au commissariat.

Quoi ?

Elle s'est fait pincer.

Quelqu'un a dĂ» porter plainte.

AllĂŽ ?

Je te rappelle.

Tu m'as menti, Laurent.

T'as porté plainte ?

Tu m'avais juré que tu le ferais pas.

Quoi ?

Attends, attends, qu'est-ce que tu racontes lĂ , attends, attends.

Ma mÚre, elle est convoquée au commissariat.

Mais c'est pas moi.

Je te jure que c'est pas moi.

J'ai rien dit Ă  mon pĂšre. J'ai rien dit Ă  personne.

Mon fils, t'as pensé à mon fils !

Il est pour rien, lui, il a rien fait.

C'est Audrey.

C'est ma femme, c'est sûr.

Elle est en train de se venger.

Il faut que je te voie, lĂ .

J'ai besoin de toi.

Ce sera Ă  dix heures devant l'Alhambra.

Tu fais la standardiste, maintenant ?

C'était qui ?

Personne.

Je suis pas si bĂȘte que ça. Il y a quelque chose qui va pas.

C'est rien, c'est mon pĂšre.

Ton pĂšre ?

Ouais.

Il a encore perdu de l'argent ?

C'est compliqué.

Il faut que je passe les voir.

Nico !

Pardonne-moi.

Tu veux plus me voir ?

Non, bien sûr que je veux te voir.

Tu vois la merde dans laquelle je suis ?

J'ai pas mérité ça.

Je sais, je sais.

Je t'aime.

Voilà, maintenant, vous pouvez rentrer chez vous, mais sans quitter le département.

Et vous serez jugée le 18 novembre prochain,

Ă  9h30.

Merci.

À partir d'aujourd'hui,

vous pouvez plus ĂȘtre en contact avec les personnes impliquĂ©es.

Votre employeur est prévenu.

L'enquĂȘte se poursuivra d'ici lĂ ,

pour savoir combien vous avez volé,

Ă  qui, et depuis combien de temps.

Nous allons interroger toutes les personnes chez qui vous avez travaillé.

C'est pas bien, ce que j'ai fait.

Mais je me suis toujours occupée d'eux.

Je les aime, je suis trÚs attachée.

C'est comme une famille.

J'avais pas l'impression de les voler.

Je suis tellement bĂȘte.

J'aurais dĂ» leur demander pour aider.

Enfin, je crois.

Je suis désolée.

Bruno.

Tu veux rentrer dans la partie ?

Non, pas aujourd'hui.

Il y a des jours oĂč t'as pas envie.

C'est nouveau.

Maintenant, tu le sais.

Ce que je sais, c'est que

tu me dois 2 000 euros.

Alors, ou tu joues pour te refaire,

ou tu me les rends,

parce que je te fais crédit, mais si tu joues plus, ça marche pas.

Faut remettre les compteurs à zéro.

Ouais.

Je commencerai Ă  te rembourser Ă  la fin du mois,

dĂšs que je touche Ă  ma pension.

Allez, je rentre. Salut.

Bruno.

Avec tout le pognon que ta femme, elle vole Ă  ces pauvres vieux,

vous devez avoir l'argent de cÎté, non ?

Allez, dégage !

Allez, viens, on va faire un tour.

J'ai pas envie de sortir.

Ça fait une semaine que t'as pas mis un pied dehors.

Je me sens mieux, ici.

Et tous tes vieux, ils t'ont tous appelé.

Ils doivent ĂȘtre inquiĂ©ts.

Qu'est-ce qu'on va leur dire ?

Dis ce que tu veux.

Tu veux manger quelque chose ?

Je te fais 4 pĂątes.

3,10 euros.

Kevin, qu'est-ce que tu fais lĂ  ?

Si tu m'aimes plus,

je préfÚre que tu sois heureuse, sans moi.

Je t'en voudrai jamais,

mais je continuerai Ă  t'aimer,

comme une amie.

Attends, moi j'ai une pause Ă  11h.

Vous savez pas la derniĂšre ?

Vous me croirez jamais.

Maria, ils l'ont arrĂȘtĂ©e.

Elle a été licenciée, elle va aller en prison.

Mais pourquoi ?

Moi, elle a fait des faux chĂšques.

Je me demande combien de personnes elle a volé comme ça.

C'est terrible, hein ?

Le nombre de gens malhonnĂȘtes autour de nous.

Moi, je la connaissais pas beaucoup, mais bon,

je lui aurais donné le bon Dieu, sans confession.

C'est moi qui ai donné de l'argent et

qui ai signé ces chÚques à cette dame

pour qu'elle puisse aider sa fille et son petit-fils.

Et je suis en possession de toutes mes facultés.

Vous pouvez me poser des questions, me faire faire des calculs mentaux,

ou je peux vous réciter un poÚme, si vous voulez.

Tiens,"Les pauvres gens" de Victor Hugo, vous connaissez ?

Non.

C'est un pĂȘcheur qui,

aprĂšs une tempĂȘte rentre chez lui, il a vu que sa voisine Ă©tait morte de misĂšre

en laissant deux orphelins.

Alors il dit Ă  sa femme,

nous étions cinq, nous serons sept.

Ouvrons aux deux enfants. Nous les mĂȘlerons tous.

Cela nous grimpera le soir sur les genoux.

Ils vivront, ils seront frùres et sƓurs des cinq autres.

Quand il verra qu'il faut nourrir avec les nĂŽtres

cette petite fille et ce petit garçon,

le bon Dieu nous fera prendre plus de poissons.

Moi, je boirai de l'eau, je ferai double tĂąche.

C'est dit, va les chercher. Et qu'as-tu ? Cela te fĂąche ?

D'ordinaire, tu cours plus vite que ça.

Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, les voilĂ .

Elle les avait déjà recueillis.

Ça me fait toujours pleurer, toute cette bontĂ©.

Je vous le répÚte solennellement, ce sont mes propres chÚques.

C'est moi qui les ai signés, tous,

sans aucune exception.

C'est ma belle-fille qui a cru bien faire.

Et c'est surtout le mal du temps.

Oui, papa, c'est Laurent.

Je voulais te remercier d'avoir fait retirer la plainte.

Tu ne peux pas savoir à quel point ça me soulage.

Je suis trĂšs content que tu m'approuves, Laurent.

Tu veux passer ?

Oui.

Tu peux pas imaginer ce qui m'est arrivé.

Tu me raconteras tout ça.

D'accord.

Je t'embrasse.

Henriette. Ma chĂšre.

On viendra demain. Faut y aller.

Et votre petit-fils, ce concours ?

Il est arrivé deuxiÚme.

Il a pas été pris.

Il est jeune.

Il a le temps.

Il va continuer.

Maintenant que vous avez trouvĂ© un mĂ©cĂšne, il n'y a aucune raison de s'arrĂȘter.

Vous voulez toujours du loup-pané ?

Maria, pourquoi croyez-vous que je vous aurais demandé de revenir

s'il y avait pas vos filets de loup-pané ?

Je vous en ferai mardi.

N'hésitez pas à vous prendre une douzaine d'hußtres, comme d'habitude.

Mais si vous trouvez une perle,

vous me la rapportez.

sous-titres par Umbi

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