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Original subtitles

LAME DE FOND

Bonjour, professeur. Un t�l�gramme.

J'ai voulu vous l'apporter � domicile.

Bonne id�e. Belle journ�e.

Il va encore tomber de la neige.

Ton jus de fruit !

Un M. Garroway m'annonce sa visite.

Qu'il m'attende.

Un bon parti ?

Comment �a ?

25 � 40 ans ? Bon pied, bon �il ?

Dans les 30, je pense.

- Eh bien ? - Eh bien quoi ?

Il ferait un mari potable ?

Oui. Il doit poss�der dans les 10 millions de $.

� question idiote, r�ponse idiote.

Ta fille finira vieille fille !

O� serait le mal ?

Tu trouverais �a bien ?

�a regarde Ann.

Qu'elle ne tarde pas trop.

Les hommes se lasseront.

M�me le professeur Bangs.

Je jugerais que c'est lui !

Tu es de mauvais poil ce matin.

- Bonjour Lucy - Ton jus de fruit.

Rummy !

N'entre pas au labo !

Je te l'ai dit mille fois !

Vilain chien qui n'en fait qu'� sa t�te !

- Bonjour, Ann. - Rummy.

Je viens chercher votre p�re.

Ce ne serait pas plut�t le parfum des toasts ?

Plut�t pour voir si vous �tes aussi belle qu'hier.

Joseph, pas � jeun !

Il y a un courant d'air !

Excusez-moi.

C'est ma pr�sence qui jette un froid.

- Venez prendre le petit d�jeuner. - Volontiers.

- Et s'il refuse ? - Je m'�vanouirai.

Un homme frustr� a besoin de r�confort.

- Une fin de non-recevoir ? - Une de plus.

Hier soir, � 20 h pile !

Joe, vous me saoulez.

Asseyez-vous.

Et si Ann disait subitement "oui" !

Laissez tomber, Joe.

Rummy... Que peut-il bien fabriquer au Labo ?

Quand on parle du loup...

Viens, petit g�t�.

Allons, couche !

C'est tout � fait myst�rieux.

D'habitude il d�teste le Labo.

Que fais-tu l�-bas ?

Tu sais, au d�but, la t�tradyte a une vague odeur d'hamburger.

Tu crois qu'il en bouffe ?

Mais il va exploser, et nous avec !

Pour moi, la vie a perdu toute saveur.

Je suis libre cet apr�s-midi. Allons nous promener.

Je dois nettoyer le Labo.

Ne sois pas si implacable.

Toi aussi ? J'ai d�j� Lucy sur le dos.

Pas d'atomes crochus entre nous, hein ?

Ne soyez pas trivial. Oui, c'est exact.

Et sans atomes crochus...

- Pas d'�ufs. - Ils sont pr�ts.

- Alors pas poch�s. - On est vendredi.

Ils seront donc poch�s.

Rummy, je compte sur toi.

�a vaut bien la t�tradyte.

Poch�s ! �a change.

Eh oui, quand il y a un invit�.

- Il ne restera pas � d�ner. - Un invit� ?

- Un homme - Alan Garroway.

Pas Garroway !

Am�nera-t-il tout le CNPA ?

Non, il vient seul.

De San Francisco, par avion.

Tu plaisantes. Garroway ?

Quel est le probl�me avec Garroway ?

Le c�l�bre capitaine d'industrie !

L'inventeur du fameux t�l�guidage !

� question idiote, r�ponse... Est-il mari� ?

Pour tout savoir,

tu n'as qu'� lire les magazines.

"Ai lu votre monographie.

Viendrai vous voir cet apr�s-midi."

Eh oui, j'ai un p�re c�l�bre.

Du monde entier, on vient te voir.

Garroway, c'est un gros ponte.

Insaisissable. Je l'ai rencontr�.

Il ne vous plaira pas.

Sait-on jamais... Et les �ufs ?

Navr�e.

Priez pour moi.

Rummy, vas-y. Vas-y !

Eh bien, croyez-le ou non...

Il a tout ramass� !

Et il a couru 25 m avant de revenir.

Tu dois te demander ce que je fais.

18h30.

- Le temps passe vite. - Il est toujours l�.

Intarissable. Quel air a-t-il ?

Pas mal.

Le d�ner est g�ch�.

Il faut que j'aide Dink !

� 18 h son estomac crie famine.

Et le d�ner...

Je m'en soucie autant que de l'app�tit de ton p�re.

Il aurait pu te le pr�senter.

J'aurais s�ch� sur la t�tradyte.

Allons donc, aucun rapport !

Dink doit le trouver collant.

C'est tout ce que tu trouves � dire ?

Il n'est pas venu pour moi.

S'il te voyait cette t�te-l�...

D'ici quelques mois, la t�tradyte sera utilis�e partout.

Je dirais m�me plus :

je garantis sa fabrication

� un prix d�fiant toute concurrence.

- Ma fille. - Mademoiselle.

Enchant�e.

Excusez-moi. Je nettoyais le Labo.

C'est moi qui vous d�range.

C'est moi qui m'excuse.

Vous voulez acheter l'usine de Baltimore ?

�a doit �tre fait.

Mon directeur de San Francisco n�gocie d�j�.

Que signifie tout cela ?

Excuse-moi. Tiens, regarde.

Ces plans ne me disent rien. Que se passe-t-il ?

Je confie la t�tradyte � M. Garroway.

Tout est l�. Rapide et bon march�.

- D�marrage dans 1 mois ? - Je vous le garantis.

Vous �tes tr�s s�r de vous.

Vous me trouvez pr�somptueux ?

Peut-�tre.

Dans un instant, le d�ner.

Oui, le d�ner.

Presque 19 h. Je suis navr�.

Pourquoi ? Vous d�nerez avec nous.

Prenez un sherry pendant qu'Ann va se changer.

Je ne serai pas longue.

Si vous pr�f�rez un cocktail...

Votre m�re ?

Oui, elle est morte il y a 3 ans.

Quel doux visage.

En effet.

Elle aussi faisait de la recherche. Elle n'arr�tait pas.

La mienne, c'�tait l'inverse.

Elle �tait handicap�e depuis des ann�es.

Elle disait que ce qui lui manquait le plus,

c'�tait de marcher dans la neige.

Pourquoi vous dis-je cela ?

- Je d�teste �tre sentimental. - Pas moi.

Je m'en doutais.

Chercherais-je � vous plaire ?

En tout cas, vous me plaisez.

Je me demande...

Vous �tiez surpris quand... On s'est...

- Rencontr�s ? - Une ressemblance ?

Non, quelle id�e. Plut�t le contraire.

Vous ne ressemblez � personne.

Ou plut�t � quelqu'un qu'on n'a jamais esp�r� rencontrer.

�a fait un choc.

Veux-tu...

Je regrette beaucoup que les chiens ne m'aiment pas.

Est-ce mauvais signe ?

Rummy est un vilain chien.

Il vole et il mange de la t�tradyte !

Mon chien � moi ne ferait qu'une bouch�e de toi.

Mais je t'aime bien quand m�me.

Il faut lui pardonner.

Il ignore � qui il a affaire.

- Dans chaque magazine... - De gr�ce !

Mais c'est vrai.

En tant qu'Am�ricaine, c'est un honneur.

En tant qu'Am�ricaine ?

Et en tant que femme ?

Je suis aux anges. Mais �a, c'est mon affaire.

Et moi je dois prendre le dernier avion.

Dink n'est pas revenu.

Dites lui que je lui suis reconnaissant.

Je n'y manquerai pas.

D�sol�.

- L'�lectricit� statique. - Vous avez vu l'�tincelle ?

Comme c'est frais et toujours nouveau !

Cela me transporte dans un autre monde.

Dans lequel tu n'es pas seule.

�a se voit.

Que veux-tu dire ?

Garroway.

Il ne faut pas dire �a.

Pas dire la v�rit� ?

Quelle v�rit� ? Je ne suis rien, et lui...

Un homme, chimiquement parlant.

La chimie n'est pas tout.

Plus que tu ne penses. Aucun mal � �a.

Malheur ! Le professeur Bangs !

J'ai vu de la lumi�re

et je me suis dit... "Vas-y" .

Pour Miss Hamilton.

Entre donc.

J'aurais d� y penser.

Grand Dieu !

- Je me demande... - Moi, pas.

J'ai entendu la sonn...

En bon souvenir

Des douzaines.

En hommage pour toi, Dink.

C'est plus dans un but qu'en hommage.

Et pas de vase assez grand.

Il aime faire �talage de ses sentiments.

Trop pour un scientifique.

Il est sans pr�tention.

Inventeur du t�l�guidage,

il a gagn� la guerre � lui tout seul !

C'est utile m�me en temps de paix.

L�-dessus, j'en sais aussi long que lui.

Je me demande pourquoi on l'attaque.

Est-ce un crime d'�tre quelqu'un ?

J'ai �t� stupide. Joe �tait f�ch� ?

Non, pas Bangs !

Il doit �tre un peu jaloux.

Il n'y a pas de quoi, Alan Garroway...

Voici encore un t�l�gramme de lui.

Il sera de retour jeudi.

Ah oui, il y est oblig�.

Nullement.

Tu te trompes. Qui suis-je ? Tandis que lui !

Ne vas-tu donc jamais au cin�ma ?

Dink, regarde-moi. Tu es mon p�re, tu m'aimes.

Tu me trouves bien.

Mais Alan Garroway...

Regarde-moi donc sans �ill�res !

Regarde, toi.

Regarde bien.

Encore rien.

Alcool et soude caustique.

Changeons � peine de formule.

Rien qu'une goutte.

Et voil� la t�tradyte.

Je ne vois pas le rapport.

L'amour est une formule chimique comme tout le reste.

Tu ne vaux pas mieux que Joe Bangs

avec ses atomes crochus.

N'essaie pas de lutter contre tes sentiments.

Moi, �a ne me pla�t pas.

Je suis un p�re jaloux, �go�ste.

- J'aime �tre avec toi. - Moi aussi.

Mais plus rien ne pourra t'arr�ter. Tu piaffes !

- Pas du tout ! - Tu crois �a.

On te met dans une �prouvette, "l'�glise" .

On ajoute rien qu'une goutte

de c�r�monial et le monde change.

Absurde !

Diras-tu �a dans quelques semaines

lorsque le Chimiste du Ciel demandera...

Consentez-vous � �tre mari et femme

pour le meilleur et pour le pire

dans la richesse comme dans le d�nuement,

� travers les �preuves,

pour vous aimer l'un l'autre

jusqu'� ce que la mort vous s�pare ?

Je vous d�clare unis par les liens du mariage.

Eh bien ?

Je suis mont� bien plus haut ces derni�res semaines.

Veuillez attacher vos ceintures.

Et voil�.

Washington.

Impressionnant.

Je ne connaissais que l'adresse de mon d�put�.

Warmsley, un de nos directeurs, doit nous attendre.

D�tendez-vous, Mme Garroway.

- Qu'as-tu dit ? - Warmsley.

Non, pas �a. Mme... qui ?

Comme tu es mignonne.

Ann, ma femme. M. Warmsley.

Ma femme est la fille du professeur Hamilton.

Laissez, je le prends. J'ai ma voiture.

- Qu'y a-t-il ? - Rien. Pourquoi ?

Pourquoi �tait-il surpris ?

- Ne savait-il pas ? - Lui, surpris ?

- On aurait dit que... - Il �tait au courant.

Il s'attendait � de la t�tradyte.

C'est un bon directeur.

La conf�rence a bien d�marr� ?

Oui. Je pars demain pour Frisco.

Parfait.

Tiens, le Jefferson Memorial.

C'est une ville passionnante !

Nous d�nerons � l'h�tel avec quelques amis.

Des gens tr�s sympas. Ne t'inqui�te pas.

Je suis l�che. J'ai tr�s peur.

Ils vont se dire : "O� a-t-il d�gott� �a ?"

Tu seras la plus belle. Tu verras.

Mme Garroway n'a vraiment rien � craindre.

Rien ni personne.

Quel affreux repas !

- C'est le meilleur chef ! - Ravi de vous revoir.

- "Quelques amis" ? - 30 ou 40 au plus.

Mais tous en tenue de soir�e !

Allons donc. Tu es du tonnerre !

Pas du tout ! Je suis mal fagot�e !

Tu aurais d� me pr�venir.

Quelques robes, quelques bijoux.

Tu en auras, toi aussi.

Allons, Mme Garroway, haut les c�urs !

Le repas du condamn�.

- Vous plaisantez. - Nullement.

�a s'est pass� au S�nat.

Vous ne me croyez pas ?

Mais vous avez l� un tr�sor !

Laura, vous �tes en beaut�.

Et quelle jolie robe.

Ce n'est rien du tout.

Mais vous la mettez si bien en valeur !

Les "gardes d'honneur", un vestige du pass�.

Henry et son hobby. Nous parlions de...

De "gardes d'honneur", je suppose.

�a sert � quoi ces "gardes", je vous le demande.

La tradition, capitaine.

Puis-je vous enlever Alan pour un instant ?

M�me les civils parlent de tradition.

Ridicule, non ?

Nous ne sommes pas si terribles que �a, ma ch�re.

J'ai tout de m�me un peu peur.

Ils parlent anglais mais je ne comprends presque rien.

Vous en avez de la chance.

Le gouverneur a une surprise pour vous.

Oh, ce dont nous avions parl� ? Merveilleux !

Excusez-moi.

Alors, � mardi ?

Nous y voil�.

Tout marche tr�s bien. Ils t'adorent.

Quelqu'un que tu ne connais pas ?

Tony ouvrait le tiroir du haut.

Il sait se faufiler partout.

Avant le retour d'Ourasanov � l'ambassade,

Svenska et Sir Gerald avaient coinc� Binky.

Il s'agit de Binky Alisbesque.

Alors, Archie n'a jamais pu voir

le communiqu� de Svenska.

Archie, le cousin de lady Melling.

Sir Gerald se trouvait d�j� � la chambre.

Il a essay� de joindre Steven Jones.

Je vois la t�te de Steve !

Pauvre Archie.

Il va se heurter � Tony.

Quand J.B. s'en m�lera...

Qu'as-tu Ann ?

Allons, ma ch�rie.

Tu n'aurais pas d� m'�pouser.

Mais plut�t l'une de ces femmes.

Leurs maris ne seraient pas d'accord.

Elles ont d� se dire que je ne sais pas m'habiller.

Ils ont essay� d'�tre gentils.

Je ne mettrai plus cette robe !

- Mais elle est parfaite. - Affreuse !

Dire que je la trouvais bien !

- Tu fais des complexes. - Je l'ai assez vue !

Autant mettre un sac de pommes de terre !

Te voil� bien coinc� avec une femme comme moi !

C'est ta fermeture qui est coinc�e.

Alan, vite, enl�ve-l�.

Demain, tu en ach�teras une autre.

Tu seras la femme la mieux habill�e de Washington !

Je suis vraiment stupide.

J'aimerais tant �tre � la hauteur.

J'ai �tudi� des formules chimiques.

J'apprendrai aussi � parler, � �tre comme tes amis.

Je suis s�re d'y arriver.

Alors, je te tuerai.

- Tu appartiens � qui ? - � toi.

C'est �a qui compte.

Si tu l'oublies, tu le regretteras.

Enlevez �a, sinon, je l'ach�te.

C'est pour la cabine num�ro 3.

Je ne crois pas � ce mensonge.

D�tends-toi.

Je tomberai raide-morte.

C'est ma pr�f�r�e.

Jusqu'� pr�sent je l'avais cach�e.

Elle est faite pour Mme Garroway.

Elle te pla�t ?

Mais moi, suis-je faite pour elle ?

Nous la prenons pour ce soir.

Impossible. Il s'agit d'un mod�le.

Nous prenons le mod�le.

Nous ne les vendons jamais.

Dites � Cora que c'est pour moi.

Toi qui t'y connais si bien,

comment as-tu pu me laisser porter cette horreur ?

Je te regardais. Pas la robe !

C'est sans doute �a.

Et tu as pr�f�r� ne rien dire.

D�sormais, dis-moi tout

m�me si �a me vexe. Moi, je m'y connais si peu.

Est-ce Alan Garroway ?

J'aurais d� m'en douter.

L'aisance et l'allure.

Vous allez bien ensemble.

Madame a une propri�t� voisine de la n�tre.

J'ai appris votre mariage.

- Quand viendrez-vous ? - Bient�t, j'esp�re.

Je vous vendrai la parcelle de bois.

J'irai la voir.

Je vous f�licite de votre choix.

Elle a l'air d'une jeune fille tr�s bien.

Vous montez � cheval ?

Je n'ai gu�re d'exp�rience.

� Middleburg, le cheval fait partie de notre vie.

Son fr�re Michael est un cavalier hors pair.

Je les vois encore tous les deux.

Mike sautait par-dessus notre cl�ture.

Alan le suivait cahin-caha.

� propos, comment va Mike ?

Acheter mon mod�le ? Vous voulez me ruiner ?

Ma femme le portera ce soir. Quelle publicit� !

- Impossible ! - C'est pour �a.

Vous devez le conna�tre.

Eh bien, soit !

Je vous attends donc � Middleburg.

Et apprenez-lui � monter � cheval.

Sympathique. J'ignorais que tu avais un fr�re.

Pas le temps d'en parler.

Il est tard. Je t'attends dehors.

Qu'as-tu ce soir ?

J'ai fait une b�tise ?

Si je ne t'ai pas parl� de Mike.

Tu m'as dit que...

Il me g�che ma premi�re journ�e avec toi.

C'est typique

de ce brave Mike.

J'ai toujours h�sit� � t'en parler.

Ne dis rien si �a t'ennuie.

Il faudra bien que tu saches.

Tu verras des gens qui adorent Mike.

Il a l'art de s�duire.

Il �tait le pr�f�r� de ma m�re, tandis que moi...

Il savait s'y prendre

pour embobiner les autres.

� la mort de mon p�re, nous avons repris l'usine.

Mike, comme directeur, moi, comme ing�nieur.

Je travaillais sur mon t�l�guidage.

Je voyais peu Mike.

On gagnait tout ce qu'on voulait avec des accessoires

pour voitures et avions.

Subitement, l'argent est venu � nous manquer.

Je n'y comprenais rien.

Mike s'�tait achet� un ranch.

Il donnait des f�tes, collectionnait chevaux et femmes.

Je demandai un contr�le financier.

Mike avait d� me prendre pour un imb�cile.

C'�tait tout simplement du vol.

Il te volait ?

Oui, mon fr�re me volait.

Je suis all� le voir.

Jamais je n'oublierai cette nuit.

La f�te battait son plein. Il �tait d�j� ivre.

Il ne s'est m�me pas donn� la peine de nier.

Il m'a simplement renvoy� � mon "joujou", mon t�l�guidage.

Il disait que je ne l'attaquerais pas

du vivant de notre m�re.

Et il avait raison.

L'ann�e suivante fut un enfer.

Il savait que le temps lui �tait mesur�,

et il s'est tout permis !

Jamais je n'ai ha� quelqu'un � ce point.

Apr�s la mort de ma m�re, Mike a disparu.

Aux derni�res nouvelles, il s'�tait engag�.

Pour son bien, j'esp�re.

Est-ce qu'il avait peur de toi ?

�a m'�tonnerait.

Je me rappelle son visage lors de notre derni�re entrevue.

Il vit quelque part et il me hait.

Peut-�tre n'aurais-je pas d� t'�pouser.

Ne dis pas �a, Alan.

Oui, je n'aurais pas d�.

Il ne peut rien contre nous, si nous restons unis.

Qu'a-t-il � voir avec nous ?

Rien. Mais c'est comme si une ombre...

N'y pensons plus et n'en parlons plus.

Mais s'il arrive quelque chose,

tu m'en parleras, n'est-ce pas ?

Il n'y aura rien.

Je veux l'ignorer � tout jamais.

Je souhaite de toutes mes forces que tu ne le revoies plus.

Je suis tellement d�sol�e.

Mais une chose me fait plaisir.

Tu es moins s�r de toi qu'il ne le para�t.

Pour l'oublier, tu as besoin de moi.

Tu as un vaurien de fr�re, mais une femme qui t'aime.

Tu n'en trouveras pas de meilleure.

Je te dois tant de choses.

Je te suis si reconnaissante !

Tu m'as fait entrer dans un monde merveilleux.

- Un monde de r�ve. - Pourquoi de r�ve ?

Tu es ici. Tu es � moi.

Et je t'aime.

O� est-ce, Cambridge Street ?

� 3 blocs d'ici, Mme Garroway.

Les "News" voudraient savoir

si c'est votre 5e ou 6e d�ner du mois.

- Pourquoi �a ? - Pure routine.

Je ne me rappelle pas.

Le 5e ou le 6e.

Je crois, le 6e.

Chaque invit� a sa place d�sign�e, Madame.

Le Juge Putnam, � votre droite.

Qui est M. Henry Gilson ?

Un nouveau d�put� du Middle-West.

Vous l'avez plac� devant la porte.

Un homme sans importance.

Ah, je comprends. Merci.

Navr�e, Henry. Vous �tes un homme sans importance.

Il n'en existe que 5 ou 6

dans des collections priv�es.

Je cherche une estampe.

- De chasse ? - Pas pr�cis�ment.

Charmant. Qui est-ce ?

- Dickens. - Les Pickwicks ?

- Oui, Les Aventures de M. Pickwick. - �a me pla�t.

- Puis-je l'avoir ? - Bien s�r.

Envoyez-le au Pr. D. Hamilton.

Un cadeau d'anniversaire.

- Demain matin ? - Parfait.

Je paie tout de suite.

Pas assez d'argent sur moi.

Envoyez la facture � Mme Alan Garroway.

Je suis au Vend�me.

Hier soir, j'ai trouv� un livre que votre mari m'a fait relier.

�a fait d�j� un certain temps.

Anthologie de Po�sie Anglaise

Je l'appelle ma maison.

Mais les blanches colombes Ont fait leur nid sur le toit

Et par la chemin�e je les entends roucouler :

Notre maison

C'est bien un livre de M. Garroway ?

Oui, de Middleburg, Virginia ?

Un tr�s vieux livre.

Qui a d� �tre lu et relu.

- La reliure vous pla�t ? - Elle est belle.

Je peux l'emporter ?

Merci beaucoup, Mme Garroway.

Veuillez v�rifier la disposition, madame.

- Des changements ? - Les fleurs.

Oh, tr�s joli.

Les fleurs sur une table me font toujours piti�.

- Elles meurent si vite. - En effet. C'est tout !

Personne d'important. Pauvre homme.

M. le Juge, vous permettez ?

Ne vous inqui�tez pas, Henry.

Vous �tes important.

Voil� qui est mieux.

De quelle partie du Middle-West venez-vous ?

Du Iowa.

J'aime le Iowa, notre grenier � bl�.

M. le Juge.

L'affaire Tideland a bien �t� jug�e en 42 ?

Oui, en effet.

Passons au salon.

Ch�rie, pourquoi as-tu plac� le Juge si pr�s de la porte ?

L'air lui fera du bien.

J'ai mes raisons pour l'inviter.

Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je me rattraperai.

Vous me faites tant parler de moi.

Vous �tes une diplomate n�e.

Vous serez la coqueluche de Washington.

Je l'esp�re bien. J'aime Washington.

Surtout au printemps. C'est saisissant.

La Caroline du Sud au printemps.

Cela ne ressemble � rien d'autre.

De quelle partie de la Caroline �tes-vous ?

De Charleston. J'ai une maison sur la baie.

En avril, la ville est pleine de couleurs.

Vous y allez souvent ?

Pas souvent. Et �a me manque.

Je pense parfois que la maison appartient plut�t

� ceux qui la gardent pour moi

depuis si longtemps.

Votre g�n�rosit�.

Vous �tes g�n�reux et sage.

Mon p�re me disait souvent qu'au fond,

nous ne poss�dons rien en cette vie.

Que veux-tu dire ?

Le Juge me comprend.

Nous avons tout juste l'usufruit des choses.

Dire "mon" et "ma" ne rime � rien.

M�me pas "ma" femme ?

�a, c'est diff�rent.

Aujourd'hui, j'ai lu quelque chose

qui r�sume parfaitement ce que je veux dire.

J'aimerais l'entendre.

Il s'agit d'un po�me que j'ai trouv� dans un vieux livre.

Il �tait marqu� d'un signet.

Je me suis dit :

L'homme qui a laiss� cette marque, je le comprends

et lui, il me comprend.

Nous parlons le m�me langage.

Tu te souviens, ch�ri ?

Je l'appelle ma maison.

Mais les blanches colombes ont fait leur nid sur le toit

Elles roucoulent : Notre maison,

La mienne, dit le chat � la toison d'Or

La mienne dit Le chien encore

Et il aboie Au moindre pas

Charmant, Mme Garroway.

En tout cas, c'est le sens g�n�ral.

C'est Stevenson, n'est-ce pas ?

Il a une fa�on de dire les choses.

Tout s'est bien pass�, monsieur ?

Merci, tout � �t� parfait.

Une soir�e bien r�ussie, n'est-ce pas ?

C'�tait parfait.

Si on partait demain pour Middleburg ?

On pourrait ?

J'aimerais jeter un coup d'�il sur le bois de Mme Foster.

�a serait passionnant.

Voir la maison o� tu as grandi.

C'est la meilleure saison.

En effet.

Alan, voici le livre.

- Quel livre ? - Celui du po�me.

Il n'est pas � moi.

Rappelle-toi. Tu l'avais donn� � relier.

- C'est une erreur. - Il y a ton adresse.

Tu te trompes.

Nous partons demain matin.

Bien. Pourtant, je suis s�re.

Tu te sentiras un peu isol�e.

- Il n'y a pas de t�l�phone. - C'est merveilleux !

- Tu ne t'ennuieras pas ? - Non, et toi ?

Ne crains-tu pas la solitude avec moi ?

- Pourquoi cette question ? - Parce que je t'aime.

J'ai constat� que seul avec moi,

tu as peut-�tre moins d'entrain.

Qu'est-ce qui te tracasse ?

Je ne sais pas ? Rien.

J'ai besoin de me rassurer.

Tu peux l'�tre.

Tu ferais mieux de dormir un peu.

Il faut que je rende ceci.

� contrec�ur.

J'ai envie de le garder.

Est-ce mal ?

Cesse de me poursuivre avec ce livre.

N'as-tu pas encore compris � qui il est ?

- Comment ? - Pas � moi !

Apprendre par c�ur son po�me favori !

- J'ignorais que... - Il t'a bien eue !

"Nous parlons le m�me langage.

Il me comprend. Et moi, je le comprends !"

Je croyais qu'il s'agissait de toi.

C'est ma faute.

Ma rancune envers Mike s'est retourn�e contre toi.

Tu me pardonnes ?

Quel beau pays.

- Est-ce encore loin ? - On y est presque.

Il n'y a pas beaucoup de maisons.

La n�tre est tr�s isol�e.

- O� habite Mme Foster ? - En bas de la route.

Le bois est situ� entre sa propri�t� et la n�tre.

Regarde ce beau champ entour� d'arbres.

C'est l� que commence notre propri�t�.

Notre propri�t�.

Je retire tout ce que j'ai dit,

comme l'adjectif possessif. C'est merveilleux.

C'est comme un r�ve.

Depuis un an,

je n'y ai plus mis les pieds.

Les �curies sont par l�.

Le verger est de l'autre c�t�.

- Ce chien ? - C'est Bate.

Allons, n'aie pas peur. Tu dois avoir l'air content.

Il est timide, hein ? Viens ici, mon vieux.

Allons, Bate, �a suffit.

Pourquoi tu fais �a

d�s qu'on est gentil avec toi...

Il ne voit pas souvent

des �trangers.

On va faire connaissance.

- Vous auriez d� vous en d�barrasser. - J'ai essay�. Il revient toujours.

C'est George, notre gardien.

�a a l'air bien tenu.

Tout est net.

Et les chevaux ?

Ils vont bien.

Je vais chercher les bagages.

Si tu me fais franchir le seuil dans tes bras, je crie !

Ne crains rien. Tu es trop lourde.

Comme c'est charmant !

Un peu tristounet, non ?

Non, c'est beau !

Un peu solitaire.

Donnons de la lumi�re, de l'air !

�a change tout. Et en haut ?

Allons voir.

C'�tait la chambre de ma m�re.

�a se voit. C'est agr�able.

Mettez les bagages l�-bas.

Comment �tait-elle ?

Pas de photo d'elle ?

Il y en avait, mais...

Je les ai descendues.

Toutes ces vieilleries, je les ai mises � la cave.

C'�tait oppressant.

Tu viens chez Mme Foster ? Rien ne t'y oblige.

Je pr�f�re attendre ici. Je vais me changer.

Vous voulez une tasse de th� ?

Tout � l'heure peut-�tre, merci.

J'esp�re que je n'ai pas fait de d�g�ts.

Le th� sera pr�t dans un instant.

�a ne presse pas. Je vais me promener.

Peut-on d�ner face � la chemin�e ?

Oui, je mettrai une table ici.

�a sera bien.

Dites � M. Alan que je suis aux �curies.

C'est comme tu veux.

Tu as l'air si doux.

Tu t'appelles comment ?

La prochaine fois, je t'apporterai une carotte.

N'approchez pas cet �talon !

- Il est dangereux ? - Il est diabolique !

Et j'ai vu le diable le dresser !

Il a voulu le d�sar�onner !

Mais lui, il l'a frapp� !

Et il jurait : "Je t'aurai ou je te tuerai !"

Il disait : "Il n'y a pas de cheval que je ne saurais mater !"

Je l'attends. Une nuit de lune, il reviendra !

Il montera ce cheval, il le fouettera !

La b�te va se cabrer et va donc !

Et tout sera fini.

- Va-t'en ! - Le diable va venir.

Tu n'es pas cens� �tre ici. Sors.

Ne reviens plus. Allez, va-t'en.

J'esp�re qu'il ne vous a pas effray�e. Il d�lire.

Je n'ai pas eu peur.

C'est le cheval de M. Michael, non ?

On le dit fameux cavalier.

Rentrons, George.

Je boirais bien mon th� maintenant.

Qui �tes-vous ?

T�l�gramme pour Garroway !

Vous m'avez fait sursauter.

J'aime le th� tr�s fort.

George, occupez-vous-en.

Alan, qu'est-ce que tu as ?

- Qui a jou� �a ? - Mais, moi !

Pourquoi ce morceau ? Pourquoi as-tu jou� �a ?

Je ne sais pas. C'est Dink qui me l'a appris.

Ton p�re.

Ton p�re t'a appris ce morceau ?

Ah oui... Il joue. J'avais oubli�.

N'importe qui peut jouer ce morceau.

Bien s�r. Tu trembles. Tu es glac�.

Qu'est-ce qui te tracasse?

Ma m�re est morte en le jouant.

Mes souvenirs ne sont pas tous gais.

Ta m�re devait �tre une femme merveilleuse.

Elle �tait ta m�re.

Elle aimait donc ce morceau. Mon p�re aussi l'aimait.

Tous deux, nous avons d� l'entendre �tant enfants.

C'est un lien de plus entre nous.

- On d�ne ici ? - Pauvre ch�ri.

Je vais mettre un peu d'ordre.

Je pr�pare les cocktails, madame ?

Je m'en charge.

Mme Garroway a d� �tre une femme merveilleuse.

Longtemps infirme, n'est-ce pas ?

Elle �tait toujours alit�e.

Pourtant, elle ne se plaignait jamais.

Jouer du piano, cela devait la r�conforter.

Pour une infirme, c'�tait vital. Ma m�re, par exemple.

Mme Garroway ne jouait pas.

Deux choses comptaient pour elle.

Ses fleurs et ses fils.

Mme Garroway ne jouait jamais ?

Jamais.

Pourtant, elle est morte devant son piano.

Non, elle est morte dans son lit.

Vous pouvez servir. J'ai tr�s faim.

Des cocktails ? �a tombe bien !

George sait les pr�parer.

� nous deux !

Tu ne dis rien. En as-tu d�j� assez ?

Je suis simplement un peu fatigu�e

mais pas de Middleburg.

Je me suis pas mal promen�e cet apr�s-midi.

- Il y a un t�l�gramme pour toi. - J'ai vu. De Warmsley.

On nous attend jeudi � San Francisco.

Tu ne sembles pas enthousiaste.

Je vois qu'on peut te joindre m�me ici.

Je vais t�l�phoner la r�ponse. Tu viens ?

Je suis lasse.

Repose-toi.

Je ne serai pas long.

- Qu'y a-t-il, George ? - Rien, madame.

De quoi aviez-vous peur ?

Je vous croyais partie, avec M. Alan.

Qui pensiez-vous trouver ici ?

Qui jouait autrefois ce morceau ?

Je vous en prie, madame.

Personne.

Ce n'est pas vrai. Qui pensiez-vous trouver ?

Michael ? C'est �a ?

- Vous pensiez que c'�tait Michael ! - Non, �a fait des ann�es.

- Il jouait ce morceau, non ? - Surtout, n'en parlez pas � M. Alan.

De Michael ?

Ne vous inqui�tez pas.

M. Alan n'en saura rien.

Comme il doit le d�tester.

Il a fait dispara�tre

jusqu'au moindre souvenir de lui.

Il m'a cach� la v�rit�.

Il faut que nous aidions M. Alan.

Il a d� beaucoup souffrir.

Nous devons trouver le moyen de l'aider.

Je me sens coupable. Tu obtiens toujours ce que tu souhaites ?

Quelle fille splendide. Tu la connais ?

Ann, je te pr�sente Sylvia Burton.

Je la connais de San Francisco.

Mon cher, elle va s'imaginer des choses.

Quelle cohue.

Inutile de r�sister.

Enchant�e d'avoir fait votre connaissance.

Qui est-ce ?

- Cette fille. Miss Burton. - Sylvia ? Une vielle amie.

Simplement ?

Pour ainsi dire ? Jalouse ?

Oui ! Elle est charmante.

Trop pour une vieille amie.

Tu n'as rien � craindre.

Sylvia a beaucoup chang�.

Elle � l'air d�sabus�e.

Elle ne t'arrive pas � la cheville. � c�t� de toi, elle n'existe pas.

Quel mari parfait ! Son �pouse avant tout !

Prenez un si�ge.

Excusez-moi de vous d�ranger,

mais les choses se pr�cisent � Seattle.

Si vous pouviez y aller.

- Et Henderson ? - Il a fait de son mieux.

- Ses possibilit�s d'action... - Les v�tres.

Bref, il a besoin de vous.

Vous feriez mieux de regarder ces documents.

Je reviens dans un instant.

J'ai vu Mlle Burton.

Mme Garroway l'a-t-elle rencontr�e ?

Faites voir les papiers.

J'ai �t� balay� par les flots.

Il y a beaucoup de monde.

Vous �tes � l'h�tel ?

- San Francisco vous pla�t ? - Oui, tous ces ponts.

- On fait des d�couvertes ? - Pardon ?

Des nouvelles de Michael ?

Pas souvent.

- O� en est-il ? - On n'en sait rien.

Il n'�crit � personne.

Vous l'avez d�j� vu ?

Non, mais j'aimerais bien.

Comment est-il ?

Pas mal.

Tr�s diff�rent d'Alan, je suppose.

Plut�t.

Des bruits tr�s d�plaisants courent � son sujet.

Sans fondement, j'en suis s�re.

Vous savez, au fond je me demande,

s'il vit encore ou s'il est mort.

Alan l'aurait su.

Savez-vous, Mlle Burton,

que vous me faites penser � moi ?

Oh, c'est tr�s vague. Certains d�tails.

- Vous ne trouvez pas ? - Non. C'est votre gant ?

Peut-�tre notre fa�on de marcher.

Vol 57, d�part pour Seattle dans 5 minutes.

- Voil�. Tout y est. - Et Mme Garroway ?

Elle prendra ma voiture.

- Amuse-toi bien, ch�rie. - Reviens vite.

Dans 2 ou 3 jours au plus.

Si vous avez besoin de moi. Vous n'avez qu'� m'appeler.

M. Warmsley.

Pouvez-vous m'attendre un instant ?

J'aimerais voir le bureau de mon mari.

J'ai toujours �t� curieuse de voir � quoi il ressemble.

Impressionnant, n'est-ce pas ?

Que c'est impressionnant.

Et �a, c'est quoi ?

Oh, des prix.

Il y en a beaucoup.

Et jamais de lettres

de protestation ?

Non, jamais.

�a manque d'intimit�.

Comment �tait-elle � ses d�buts, l'usine ?

On n'a jamais pris de photos ?

Les directeurs, etc.

Il y en a dans mon bureau.

Puis-je les voir ?

C'est quoi, �a ?

Le b�timent au d�but, les techniciens.

- Sont-ils toujours l� ? - Encore trois d'entre eux.

- Et le 4e ? - Il est mort.

- C'est lequel ? - Celui-ci.

Carl Steuer.

L�, c'est mon mari.

Et l�, c'est vous ?

Vous seul portez des v�tements de ville.

J'�tais le comptable.

- Et le fr�re de mon mari ? - Il n'y est pas.

C'est lui qui a pris la photo.

Son ranch ? Qu'en est-il advenu ?

Il appartient � M. Garroway.

Ah, oui ? C'est loin d'ici ?

� 50 km.

J'aimerais y faire un tour.

- Avez-vous connu Mike ? - Non.

Encore autre chose ?

Je vous servirais volontiers de cic�rone.

�a me plairait d'y aller.

Ce n'est pas tr�s commode.

Le ranch est isol� et il y a souvent du brouillard.

- Le gardien n'y vient que rarement. - C'est merveilleux.

Ici j'ai presque tout vu.

J'aimerais y passer une journ�e.

Puis-je avoir les cl�s ?

Je vous les ferai parvenir dans la matin�e.

�galement un topo de la route.

Merci, c'est tr�s gentil.

Bonjour.

C'est vous, le gardien ?

Je suis Mme Alan Garroway.

Ne vous d�rangez pas.

Je vais faire le tour du propri�taire.

Avez-vous les cl�s de cette porte ?

Je ne crois pas qu'elle soit ferm�e.

Puis-je faire quelque chose pour vous ?

- Monsieur... - Gordon.

Dites-moi, avez-vous connu Michael Garroway ?

Oui, nous �tions voisins.

Les gens l'aimaient ?

Je pense que oui.

Il est parti subitement ?

Il devait �tre assez fantasque.

J'ai rarement vu une maison aussi belle.

Aussi impressionnante !

Elle n'a pas du tout l'air inhabit�e.

On dirait qu'elle attend quelqu'un.

J'ai eu l'impression que le temps s'arr�tait.

Mais le temps ne s'arr�te jamais.

Si, quand on est calme et heureux.

Cela, je l'ai ressenti ici.

Il y r�gne une sorte de s�r�nit�.

Le temps s'est arr�t�.

Vous devez me croire folle. Peut-�tre le suis-je ?

C'est vrai que la maison est paisible.

C'est trop peu dire. C'est un foyer.

Un foyer pour quelqu'un.

Elle est � lui ? Quelles chansons jouait-il ?

Un peu de tout, je crois.

Bien s�r, ce qu'on joue sur une guitare.

Est-ce une colline ?

J'avais l'impression qu'il fallait grimper.

Oui, c'est une colline.

Le sommet est l�-bas.

Mais c'est plat !

Quelle vue ! Un endroit id�al pour vivre.

C'est l� que Mike a construit son "office lambriss�" .

- J'aimerais le voir. - Je vais vous le montrer.

J'ai dit que j'irais � la campagne.

Mais en r�alit�,

je voulais en savoir un peu plus long sur Mike.

Tout le monde reste dans le vague.

Mais j'ai vu une lueur dans les yeux d'une femme qui parlait de lui.

Et un cheval qui l'attend. Il aimait la musique, la po�sie.

Dommage que vous n'en sachiez pas plus.

Mais je vous ennuie avec tout �a.

Non, cela m'int�resse.

Nous y voil�.

Magnifique !

Quelle belle "pi�ce" avec ses "boiseries" !

Curieux.

Il avait tant de dons.

Pourquoi s'est-il fait du mal ? Personne

n'a donc pu l'en emp�cher ?

Il y a des gens qui d�testent qu'on les aide.

On peut tout de m�me essayer.

N'y aurait-il qu'une chance sur un million.

C'est ce que pensait mon p�re.

On peut gu�rir tant de souffrances

avec un peu de bonne volont�.

Vous semblez beaucoup y tenir.

Oh, oui !

Comme la mer est proche.

Peut-on y nager ?

Il y a des courants contraires.

�a para�t calme.

En surface, mais les courants...

Comme dans la vie.

Et cette brume sur les collines ?

Le brouillard qui monte.

Bient�t, il fera nuit. Je vous raccompagne ?

Je reste encore un peu.

Merci beaucoup et excusez mes divagations.

Tout ce que vous avez dit �tait tr�s juste.

Ann, que fais-tu ici ?

Oh, tu m'as fait peur.

- Il faisait si beau, je... - Que cherchais-tu ?

Rien de pr�cis. Quand es-tu arriv� ?

� l'instant. Et je te trouve ici.

- Pourquoi pas ? - Tu le sais bien.

Je t'avais demand� d'oublier Mike.

- Tu es venu expr�s pour... - Tu avais demand� les cl�s.

C'�tait important que je vienne.

Il faut que nous nous expliquions.

- Je n'aurais pas d�. - Tu es ma femme.

Mike sans te conna�tre, s'est insinu� entre nous.

Il avait l'art de manipuler les gens,

un art diabolique !

Tu emploies toujours

le pass�.

- Est-il mort ? - Je n'en sais rien.

Je l'esp�re pour lui.

- Alan, voyons ! - Mais c'est intol�rable !

� cause de lui, tu remues ciel et terre pour en savoir davantage.

Tu n'as qu'� me questionner !

Essayons de savoir tout sur lui.

Il aime la musique et les livres.

Et aussi les pipes

pour jouer les philosophes.

Une pipe et un livre �a vous pose un homme !

Il t'aurait lu des po�mes, racont� des histoires.

Avec sa guitare, il jouait des airs entra�nants, de cow-boys.

Et surtout des airs romantiques...

pour s�duire les femmes des autres !

- Je suis navr�e. - � quoi bon ?

Tu aurais mieux fait de m'ob�ir.

Si tu veux savoir des choses,

ne t'adresse pas � n'importe qui.

Je te dirai tout, et qu'on en finisse !

J'ai eu tort de venir ici, c'est vrai.

Mais toi, tu as tort de me culpabiliser !

Je voulais comprendre ce qui a pu nous s�parer.

Tu aurais pr�f�r� que je laisse tomber.

Mais notre vie commune en aurait souffert.

Et �a, je ne le veux pas.

Rentrons.

Garroway ? Hier on l'a demand� � Seattle.

Warmsley. Il m'a r�serv� une place pour Seattle.

Puis-je t'accompagner ?

Je te ferai venir demain.

Tout lui r�ussit !

La chance.

Il sait s'y prendre

pour reconvertir une soci�t�...

ou m�me sa femme !

Je ne la connais pas.

Je l'ai vue le jour de son mariage.

Une r�ception formidable.

Elle avait l'air assez cloche.

Elle s'�tait mise sur son trente et un !

- Il est s�duisant. - Mais il vieillit mal.

Ne te laisse pas impressionner par des comm�rages.

- C'est la v�rit� ! - En quoi ?

J'avais l'air cloche.

Et tu le savais.

Tu voyais que j'�tais mal fagot�e.

Tu aurais pu attendre avant de me pr�senter.

Je croyais que c'�tait pour me faire plaisir.

Mais tu voulais faire une d�monstration : "AVANT"

et "APR�S" !

Ridicule ! Pourquoi aurais-je fait �a ?

J'�tais l'une de tes inventions,

comme le t�l�guidage Garroway.

Comment �a ?

Je vois clair maintenant. Je sais pourquoi tu m'as �pous�e.

Pourquoi mentionnes-tu le t�l�guidage ?

Cette femme en a parl�.

Et pourquoi t'ai-je �pous�e ?

Celle que tu convoitais

s'est �prise d'un autre.

Je lui ressemblais un peu.

Et moi je t'admirais.

Ainsi tu croyais la voir

� tes pieds !

Ensuite tu t'es dit que, si j'arrivais

� l'�clipser, tu...

Tu es folle !

Oui, Alan.

Je crois que je le suis parfois.

Je vis un cauchemar.

Ta haine contre ton fr�re est devenue

obs�dante pour moi.

Si tu vois les choses sous cet angle,

comment nous entendre ?

Sache cependant...

que je t'aime.

Je me suis conduit de fa�on impardonnable.

J'irai seul � Seattle.

Tu auras le temps de r�fl�chir.

Ne me retire pas ta confiance.

Garde ta foi, une foi aveugle en notre amour.

C'est essentiel pour moi.

Tout est encore possible.

Je t'en prie, Ann, essaie.

- Je vous remercie. - Tr�ve de politesses.

Que voulez-vous me demander ?

Vous n'�tes pas oblig�e de me r�pondre.

Si je vous re�ois, c'est par pure curiosit�.

- Ce n'est pas facile. - Je vous comprends.

Quelle id�e d'avoir �pous� Alan Garroway.

- Vraiment ? - Il ne me pla�t pas.

Je le m�prise m�me. Cela r�pond

- � votre question ? - Pas tout � fait.

- Je l'aime. - Ah bon.

Que puis-je pour vous ?

Je veux en savoir davantage sur Michael.

Je comprends �a.

Alan et lui ont eu une terrible querelle.

Il a disparu,

mais c'est un homme qu'on n'oublie pas.

Il est de plus en plus pr�sent dans notre vie.

Je voudrais comprendre.

Mon mariage, mon bonheur, mon avenir, en d�pendent.

Leur querelle, �tait-ce une question d'argent ?

Je crois que oui.

Eh bien, non ! Ce serait m�conna�tre Mike.

Mike se moquait de l'argent.

Son bonheur, c'�tait de vivre dans son ranch,

de faire pousser des tomates.

Vous l'avez vu son ranch ?

Non. Vous ?

Alors, vous devez comprendre.

Vous vous posez des questions sur lui et moi.

Mike ne voulait pas de moi.

Je croyais que c'�tait par loyaut� envers Alan

qui nous avait pr�sent�s.

Mike est tout simplement ce qu'on appelle

un gentleman.

Les calomnies de votre mari ne peuvent le salir.

Mlle Burton,

j'ai confiance en mon mari.

Alors, pourquoi �tes-vous ici ?

Vous croyez qu'il ment. Et moi, je le sais !

J'ai fait comme vous...

Lorsque Mike a disparu. J'ai voulu savoir.

Et vous avez su ?

J'ai compris o� �tait la cl� du myst�re.

Il s'est retir� dans son ranch

avant de dispara�tre.

Seul votre mari l'a revu.

Une nuit, quelqu'un l'a aper�u l�.

Alan m'a dit que, lors d'une r�ception au ranch...

Mike ne donnait pas de r�ceptions ! Ils �taient seuls.

Que voulez-vous dire ?

Votre mari est le dernier � l'avoir vu vivant.

Car je le crois mort.

Sans motif r�el, Mike ne se serait pas �clips� silencieusement.

Et s'il avait �t� tu� � la guerre ?

Non, pas �a.

Car auparavant, il serait pass� par un camp

d'o� il aurait certainement �crit

� l'un de ses nombreux amis.

Demandez donc � votre mari ce qui s'est pass�.

Y a-t-il eu lutte ?

Et qu'est devenu Mike Garroway ?

Vous osez dire cela !

J'ai eu tort de venir !

Est-ce tellement absurde ?

J'y ai pens� si souvent !

Ch�rie, rappelle-toi. Il faut tenir !

Ch�rie, tu me manques.

Je ne peux penser qu'� toi.

Je suis si heureuse que tu me dises �a.

Tu sais, je suis confuse.

Il ne faut pas. Jamais !

Demain, je dois partir pour Baltimore.

Tu verras, tout s'arrangera.

Pourquoi n'irais-tu pas � Middleburg ?

Je pourrais venir t'y rejoindre.

On resterait plusieurs semaines.

C'est si beau en cette saison.

Ce sera une nouvelle lune de miel.

Ann, je t'aime.

Je t'aime.

Je t'aime.

Confiance. Foi.

Est-ce tellement absurde ?

La foi.

- J'y ai pens� souvent. - La foi.

La foi aveugle.

Et qu'est devenu Mike Garroway ?

Comment �a va ?

Je suis d�sol�.

Je pourrais mieux m'arranger

si vous me pr�veniez un peu � l'avance

de votre arriv�e.

- �a ne fait rien. - Il viendra bient�t ?

M. Alan ? Oui, je pense.

J'aimerais savoir.

Quoi donc ?

Rien, madame.

Quel beau temps !

En attendant, je vais me d�gourdir les jambes.

- Le sol est humide. - Pas tant que �a.

Il est tremp�. En tout cas...

Vous n'�tes pas content de me voir.

Oh, mais si, madame.

Mais il faut d'abord vous installer.

Vous avez peut-�tre raison.

Voici les cl�s des valises.

Qui est l�-bas pr�s des �curies ?

- Personne. - Bate est tout excit�.

- Il n'y a personne. - Qu'en savez-vous ?

Ou peut-�tre le vieux Ben.

Bate se conduirait autrement.

N'y faites pas attention Mme Garroway.

O� est-il, Bate ?

Tu l'as vu ?

Tu as vu Michael ?

Il est vivant, n'est-ce pas, Bate ?

J'ai eu peur que Sylvia ait vu juste. Qu'Alan l'ait tu�.

J'avais tort.

Mais il est l�. Alan avait raison.

Il se cache. Il n'ose pas se montrer.

Alan, comment ai-je pu penser...

Ne t'�nerves pas.

Moi non plus, je n'ai gu�re envie de te voir.

Pourquoi es-tu revenu ?

Demande-moi plut�t pourquoi je suis parti.

Pas pour la raison mensong�re que tu en as donn�e.

Tu en as mis du temps pour le nier.

Tu avais si bien truqu� les livres.

Mais si je suis parti,

c'�tait � cause de ce qui est arriv�

� Carl Steuer !

- Steuer est mort. - En effet.

Mort et enterr�. Et oubli�.

C'�tait un pauvre type,

un r�fugi� allemand

qui en voulait uniquement aux nazis

dont il esp�rait

se venger.

Je ne le gardais que par piti�.

Il �tait...

notre meilleur ing�nieur.

Dans sa cave, il mettait au point une importante d�couverte

dont il ne parlait � personne, sauf � nous.

Il t'aimait bien.

Nous ne manquions pas de chercheurs chez nous.

Steuer seul est mort.

Un accident, semble-t-il.

Il est tomb� dans l'escalier.

Je n'y �tais pour rien.

Je crains que si.

Cette invention, Steuer l'appelait

ma "Fern" .

Comme s'il s'agissait d'un enfant.

"Ma Fern abattra les nazis", disait-il.

"Votre fr�re et moi, nous en sommes s�rs. Fern sera ma vengeance !"

"Fern", �a m'avait intrigu�.

Puis la lumi�re s'est faite.

Steuer �tait allemand. Fern est un mot qui signifie � distance.

Fernsteuerung. Contr�le � longue distance.

T�l�guidage. Voil� pourquoi Steuer est mort.

Assassin�...

par celui qui convoitait son projet.

Et qui a gagn� ! Le projet n'a jamais �t� retrouv�.

2 mois plus tard sortait le t�l�guidage Garroway !

C'�tait mon �uvre !

Non, celle de Carl Steuer !

Elle t'a rapport� des millions

gr�ce auxquels tu esp�rais

refouler le complexe d'inf�riorit�, qui t'a rong� toute ta vie.

Tes espoirs...

ont-ils �t� combl�s ?

Cela valait un meurtre ?

Tu ne peux rien prouver.

Assez pour te ruiner.

Seul Warmsley l'avait devin�.

Tu le paies pour son silence.

Quand j'ai d�couvert �a, j'ai tout laiss� tomber.

Puis c'�tait la guerre.

� l'arm�e, je n'ai cess� d'exposer ma vie,

dans l'espoir d'�viter...

ce qui vient d'arriver.

J'ai rencontr� ta femme.

- Ann ? - Oui, au ranch.

Par pur hasard.

Elle ignorait qui j'�tais. Et je ne l'ai pas mise au courant.

C'est quelqu'un de bien, Ann.

Trop bien pour toi.

Al, est-ce qu'elle soup�onne...

Non, n'est-ce pas ?

Mais je suis l� et je l'aiderai � d�couvrir la v�rit�.

Si j'ai tu� Steuer,

je pourrais te tuer, toi aussi.

Tu en serais capable.

J'y ai pens� d'ailleurs.

J'avais m�me con�u un plan.

Mais je ne le pourrais plus. Ni renoncer � Ann.

Autrefois j'en aurais �t� capable.

Plus maintenant.

Je la garderai le plus longtemps possible.

Une minute, une heure,

tant que je pourrai.

Crois-tu en avoir le droit ?

Oui, si elle m'aime.

Si je la perds, je suis perdu !

Prends tout le reste. Je ne veux rien garder

Mais pas elle.

Comprends-moi, je t'en prie.

Elle m'aime, elle m'aidera.

Elle fera de moi

un autre homme !

Avant, c'�tait impossible.

Mais ta femme ?

Elle ne sait rien de tout �a ?

Je lui dirai tout...

le moment venu.

Il me faut juste un peu de temps afin que je sois s�r d'elle,

s�r qu'elle m'aime

autant que je l'aime.

C'est-�-dire plus que tout au monde.

Tu peux �tre s�r d'elle.

J'ai senti qu'elle ne voulait pas te quitter.

Cela ne me concerne pas.

Si elle veut rester avec toi, c'est son affaire.

Mais dis-lui tout,

dis-lui tout,

sinon, je reviendrai sur ma d�cision.

Il faut aussi lui laisser sa chance.

Alan ! Je suis si contente de te voir.

Oh ch�ri, pardonne-moi !

J'�tais vraiment folle !

Je dois t'avouer quelque chose.

J'ai honte...

d'avoir cru � des choses insens�es.

J'ai pens� que tu avais tu� ton fr�re.

Je l'ai vraiment cru.

Cet apr�s-midi

j'ai compris qu'il �tait vivant,

je ne l'ai pas vu mais,

je sais qu'il �tait ici,

que tout cela n'�tait que divagation.

Enfin je respire !

Cela avait �t� un tel choc !

Je voulais partir.

Me quitter ?

Je n'aurais pas pu rester.

Tu n'aurais pas pu vivre avec un assassin.

J'ai failli...

d�truire notre bonheur.

Mais c'est fini.

Le cauchemar est fini.

Oui, Ann, c'est fini.

Jamais plus tu ne douteras de moi.

Rien ne nous s�parera.

Rien...

ni personne !

Alan, je suis contente que tu sois �veill�.

�coute-moi.

Il faut que je te parle.

Je vais peut-�tre te faire de la peine.

� moi aussi, �a me fait mal.

Mais je voudrais tant que tu comprennes.

J'ai dit un jour que nous �tions obs�d�s par Mike.

C'est inexact.

C'est moi qui le suis !

Comment cela ?

Il est partout o� je vais.

Je voudrais l'oublier.

Mais il y a quelque chose d'inachev�.

Si je le voulais, je serais sans doute d�livr�e.

Il ne serait plus cette ombre,

mais un homme cruel qui t'a fait du mal.

Je pourrais enfin l'oublier d�finitivement.

Tout le monde se trompait sur lui.

Tout le monde ? � qui en as-tu parl� ?

� Sylvia ? Qu'a-t-elle dit ?

Elle pensait que tu l'avais tu�.

Et tu l'as crue !

- Tu es soulag�e maintenant ? - Oh, oui !

Alors, qu'est-ce qui te tourmente ?

J'essaie de t'expliquer.

Aide-moi. Comprends-tu, toi ?

Oui. Tu l'aimes, voil� tout.

Tu l'aimes...

N'est-ce pas ?

Un homme que je ne connais pas ?

Tu le connais � travers tant de choses.

Un livre, une maison, son ancienne ma�tresse.

Serais-tu jalouse de Sylvia ?

Tu es all�e la voir ? Que voulais-tu d'elle ?

Qu'elle te parle de Mike.

Pour cela tu irais n'importe o�.

Tu veux reconstruire son image.

Tu ne m'as jamais cru.

- Alan, arr�te ! - Ce que tu cherchais...

n'�tait pas notre bonheur, mais lui !

Ce n'est pas vrai !

Ta joie de le savoir vivant explique tout.

Voil� la v�rit�.

� quoi bon la nier.

Tu continueras � le chercher.

Et quand tu l'auras trouv�, tu voudras

me quitter ?

Mais je t'avertis, jamais je ne te laisserai partir.

Quelle sotte tu as �t� !

Avais-tu besoin de t'en m�ler ?

Jamais tu ne me quitteras, Ann !

Viens, Ann.

George a pr�par� notre petit d�jeuner.

O� est-il ?

En ville.

Il ne reviendra pas avant ce soir.

N'aie pas peur, Ann.

La peur est n�faste.

J'ai longtemps v�cu avec.

J'ai mis du temps � m'en d�barrasser.

C'est merveilleux.

Vivre sans la peur...

pour toujours.

�a donne un sentiment de puissance.

Bois ton caf�.

Tu as encore peur ?

Auras-tu peur toute ta vie ?

R�ponds-moi.

Il y a quelqu'un ?

Votre femme est d�j� lev�e ?

Oui. Je l'appelle ?

Ne la d�rangez pas.

Quelle belle matin�e.

Ma femme ne me pardonnerait pas

de ne pas l'avoir appel�e.

- Elle adore �a. - Ah, vous voil�, ma ch�re.

Mme Foster nous invite pour le petit d�jeuner.

- Il y aura un g�teau d�licieux. - Avec plaisir.

Je vous attends

d'ici une demi-heure.

Et si on partait ensemble ?

Ann va se changer rapidement.

En ce cas, attendez-moi.

Elle est charmante, votre femme.

Oh, oui.

Je vais chercher les chevaux.

Vous �tes une ravissante amazone.

- C'est Maggie ? - Oui, un cheval tr�s doux.

- �a va, Ann ? - Oui, tr�s bien.

Vous montez divinement. �a va ?

Oui, mais je vais rester pr�s de vous.

Ce cheval est ombrageux.

Ne l'approchez pas.

Si on coupait par le bois ?

Le chemin est glissant.

Allez en t�te.

Alan, idiot !

Vous voulez vous tuer ?

Je passe devant !

- Une dispute ? - Pas exactement.

Aucune importance. �a passera.

Mme Foster, il faut que je vous dise Alan...

Vous entendez ?

Il respire.

On dirait qu'il s'est cass� la clavicule.

Ne le d�placez pas. Je vais appeler le docteur.

Ne me laissez pas.

Un quart d'heure, pas plus.

Tu es bless�. Ne bouge pas.

On est all� chercher le docteur.

Mais, je n'ai rien. Une branche a d� me frapper.

Il vaut mieux attendre.

� quoi bon. On est tout pr�s de la maison.

- Mais Mme Foster a dit... - �a ira. Laisse.

Tout va bien.

Si j'avais aper�u cette branche...

C'�tait juste apr�s le tournant.

Alan, attention !

Alan, je t'en prie.

Tu veux me quitter, hein ?

Pour rejoindre Mike !

Au secours !

C'est beau. Qui joue ?

Mon p�re. Il adore Brahms.

- J'adore votre p�re. - Moi aussi.

Vous lui ressemblez.

Il faut �tre un type formidable

pour jouer comme �a.

Dink est �tonnant.

Depuis que je le connais, je vous comprends mieux.

Vous savez faire face.

D'autres auraient tout laiss� tomber.

J'en avais bien envie.

Ce n'est pas ce que je voulais dire.

Moi non plus.

Je suis rest�e parce que c'�tait mon devoir,

et non parce que je suis courageuse.

- Qui joue ? - Tu as une visite.

Non, non ! Je ne peux pas encore le voir.

Tu l'as fait venir.

Je peux le faire.

- Vous �tes Michael ? - Oui, je suis navr�...

de ne pas l'avoir dit au ranch.

Mais je risquais de vous causer un choc.

Au fond de moi, je savais.

Pas au ranch, mais apr�s. Je le savais.

Vous m'avez fait venir.

Je serais venu en tout cas, d�s votre gu�rison.

Je voulais vous voir.

Il para�t que je suis tr�s riche.

Ce n'est pas juste. Tout doit vous revenir.

Non. �a ne revenait m�me pas � Alan.

Mais � quelqu'un qui est mort.

- Alors, � ses h�ritiers ! - Nous t�cherons de r�parer.

Si nous pouvons les retrouver.

Mais le ranch est � vous.

Non, � Alan.

Il n'appartient qu'� vous !

Il ne pourra jamais appartenir � quelqu'un d'autre.

Il semblait aussi fait pour vous, Ann.

Je ne sais pas mentir.

La question d'argent n'�tait qu'un pr�texte.

Je voulais vous conna�tre.

Eh bien ?

- J'en suis heureuse ! - Moi aussi.

Et je ne saurais mentir au sujet de votre fr�re.

Je ne l'oublierai pas.

Je l'ai beaucoup aim�. Sauf vers la fin.

Mais je l'ai aim�.

Je sais.

Je n'aurais pas d� partir apr�s la nuit o� j'ai parl� avec Alan.

C'�tait une erreur.

Je vous ai cherch�, Michael.

Je ne me sentais pas le droit de vous aimer.

Car, apr�s tout, vous �tiez...

la femme de mon fr�re.

Un jour nous en reparlerons.

[FRENCH]

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