All language subtitles for Le grand chef

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Original subtitles

Pourquoi tu me regardes comme ça ?

Tu as une tête qui ne me revient pas.

Tu aurais pu t'en apercevoir avant. 20 ans qu'on travaille ensemble.

Jamais, en 20 ans, je ne t'ai vu ce faciès opaque.

Moi, j'ai le "faciès opaque" ?

Oui. Parfaitement.

L'oeil vitreux, la lèvre molle,

le zygomatique avachi...

"Le zygomatique avachi" ? Oh, non. Là, tu exagères.

C'est quoi, le "zygomatique" ?

Un muscle facial. "Facial" ?

Un muscle de la figure, si tu préfères.

Je n'ai qu'à t'observer pour voir que tu te dégonfles.

Je ne me dégonfle pas, mais plus je réfléchis...

Il faut bien réfléchir, dans l'existence...

J'en ai vu, des films sur les enlèvements d'enfants.

A chaque fois, les kidnappeurs se font prendre.

Dans la vie, c'est différent.

Dans un film avec "Jame Stéouart"...

"James Stewart."

Non, alors ce n'était pas lui. Je me comprends...

Je te dis que j'ai tout calculé, tout prévu.

Pour les petites annonces aussi :

"Timides, devenez des chefs.

"Notice explicative contre remboursement."

Il y avait longtemps qu'on n'en avait pas parlé.

J'en parlerai autant que je veux.

Celui qu'on a traité d'escroc, c'est moi.

Celui à qui on a cassé la gueule, c'est moi.

Toi, tu n'étais pas là, quand il est venu,

le timide qui voulait devenir chef.

Je montais une autre affaire.

Ah oui. L'élevage des escargots en chambre.

Encore une trouvaille à toi.

On s'est ruinés pour les nourrir,

et quand ils ont été bien gros, ils ont mis les voiles.

Tout l'immeuble a bouffé des escargots

pendant une semaine.

Ca sentait l'ail du 5e étage au rez-de-chaussée.

Il y avait de quoi tomber raide dans les escaliers.

Non. Vois-tu, Paolo,

tu es très intelligent, tu as été dans les écoles,

tu sais le latin, l'américain, le zygomatique et des tas de choses.

Tu es le cerveau, je ne suis que le bras.

Mais aujourd'hui, le bras te dit non.

Sonnerie.

Adieu, Ali. Bonjour, Omar.

Paolo sifflote.

...

Bon...

Restons laveurs de voitures, puisque ton ambition s'arrête là.

Fais voir, fais voir.

C'est joli, hein ?

Mais 2,5 millions...

Malheureusement,

nous n'avons que 250 000 F d'économies.

Et la rivière passe juste derrière ?

Oui.

Ca doit être un bon coin, pour la pêche.

Sûrement.

Seulement, 2,5 millions de francs...

Eh oui.

Dis, Paolo...

Une supposition... Juste une supposition :

si on enlève l'enfant, tu lui feras pas de mal ?

Mais enfin, tu me prends pour un monstre ?

Quant au père, il est assez riche.

Pour lui, 2,5 millions, c'est rien.

Tu crois ?

Les produits de beauté Jumelin,

la brillantine Jumelin,

les crèmes, les savons...

"La pâte dentifrice Jumelin donne un sourire de chérubin."

Il ne sait même pas combien de zéros il a à son compte.

Et sa voiture ?

Je pourrais m'en tailler quatre dans une comme celle-là.

Et son hôtel particulier, avenue Victor-Emmanuel,

son écurie de course...

J'avais bien étudié la question,

j'avais noté les allées et venues de l'enfant, des parents.

Tout était inscrit là.

Nous aurions pu être riches.

Tu ne veux pas. Tant pis.

J'ai pas dit que je voulais pas,

j'ai dit que ça pouvait être dangereux.

Tu vas me suivre, tu vas m'obéir.

Oui, Paolo. Tout ira bien.

Tu te souviens, pour la voiture ?

Une Versailles. Je l'ai rangée juste en face du garage.

Tu ne peux pas te tromper.

Tu prendras la clé au bureau, sur le tableau.

C'est la troisième en partant de la gauche.

"En partant de la gauche." Oui, Paolo.

Bonjour, mademoiselle Rose. Bonjour.

Vous n'avez pas votre compte ? Si, si.

Alors vous ne revenez pas lundi ? Non.

Mon camarade et moi pensons changer de métier.

Nous voulons nous établir à notre compte.

Au revoir, mademoiselle. Au revoir.

Vous paraissez tout bizarre. Moi ?

Pourquoi je serais bizarre ? Je suis très naturel.

C'est peut-être ça qui vous paraît bizarre.

Au revoir, mademoiselle. Au revoir.

Tu m'as fait peur.

Tu prends la Versailles. Je t'attends au carrefour.

...

Mais... Pardon, monsieur.

Ce n'est rien. Il m'arrive aussi de me tromper.

Ces bagnoles se ressemblent. La vôtre est noire ?

Gris bleu, une couleur neutre...

Ces voitures de série changent de couleur au lavage.

Bonjour, monsieur. Excusez-moi.

...

Ah, enfin !

Eh ben, tu en as mis, du temps.

Plus vite. Il faut que nous soyons au Bois avant le gosse.

Mais les parents vont se faire du mauvais sang.

Il faut qu'ils soient inquiets.

S'ils ne sont pas inquiets, ils ne paieront pas.

Oui, c'est vrai.

Il faudrait quand même les rassurer.

Mais oui. On les invitera un soir à dîner.

Ah oui ?

Si le petit ne veut pas me suivre ?

J'ai ce qu'il faut. Qu'est-ce que c'est ?

Un narcotique. C'est du chloroforme.

"Du chloroforme" ? C'est sans danger ?

Non. Tu en verses quelques gouttes sur le mouchoir

et tu l'appliques sur le nez de l'enfant.

Paumé ! Fourneau !

"Fourneau", à moi ? Celui-là alors...

Fais attention, bon Dieu. Je fais attention...

"Paumé", ça encore...

Mais "fourneau"...

...

C'est là ?

Voilà !

Eric ! Eric, assez !

Vous allez blesser quelqu'un.

Les garçons de cet âge ont besoin de jeux turbulents.

Il me semble vous avoir déjà rencontrée.

Vous avez toujours l'air si mélancolique, si mystérieuse.

Moi aussi, il me semble vous avoir déjà rencontré.

Eric ?

Eric pousse des cris d'Indien.

Quelqu'un d'autre pousse des cris d'Indien.

...

...

...

Tu serais pas Aigle noir ?

Si tu veux. Et toi, qui es-tu ?

Renard subtil.

Enchanté. Arrière !

Tu es un sale Comanche.

Je suis un Iroquois.

Ta tribu est ennemie de la mienne. Non, écoute...

Aïe !

En voilà, des façons, entre Peaux-Rouges.

C'est du propre, Renard tranquille.

"Subtil" !

Non, non. Ecoute...

Nos tribus étaient ennemies, mais faisons la paix.

Enterrer la hache de guerre ?

Oui, c'est ça.

On va "enterrer la hache de guerre".

C'est bon. Emmène-moi dans ton wigwam.

Où ça ? Dans ton wigwam, ta maison.

Nous allons fumer le calumet de la paix.

C'est ça, nous allons fumer le calumet de la paix.

T'en as un ? Mais oui.

Un vrai ?

Tout ce qu'il y a de plus vrai. Viens.

Antoine fait l'Indien.

...

Déjà ? Le temps passe si vite avec vous.

Il faut que je vous quitte. A bientôt.

Peut-être.

Vous êtes terrible, je ne connais même pas votre nom.

Eric ?

Eric ?

Eric !

Oh ! Un satyre ! Non, ce sont des Indiens.

Des Indiens ?

- Chauds, les marrons, chauds !

Un petit cornet ? Non, merci.

Si le grand chef veut bien entrer dans le wigwam

de son frère Aigle noir.

Bonjour, Antoine. Bonjour.

Ca va toujours ? Ca va, ça vient...

Qu'est-ce que c'est ? C'est mon neveu.

Il vient passer quelques jours ici.

J'aime mieux ça. Qu'est-ce qu'il m'a fait peur !

Je savais pas que vous aviez un neveu.

Moi non plus. Enfin, je le savais...

Il a avalé sa langue ? Tu dis pas bonjour ?

Dis bonjour à la dame.

Salut, visage pâle ! Oui, oui...

Vous savez, la jeunesse actuelle...

Ils s'amusent un petit peu.

Tu as planté ta tente aussi haut

pour mieux surveiller la vallée ?

Oui, c'est ça. C'est pour mieux surveiller la vallée.

Reste ici.

Allez.

C'est ça, ton wigwam ?

Forcément, à côté de ton wigwam, à toi,

ça doit te paraître bien petit.

Eric pousse des cris de bagarre.

...

Il fait semblant de sonner une cloche.

...

Mon Dieu, le chloroforme !

Je vais tomber.

Aigle noir, qu'est-ce que tu as ?

Je sais pas...

...

Antoine ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Antoine ?

Où est le gosse ? Quel gosse ?

Le fils Jumelin ? Il était avec toi, non ?

Je sais pas, j'ai sommeil. Je vais te réveiller, moi.

Je vais te réveiller. C'est ton narcotique...

Respire bien, respire fort.

Descends de là. Non !

Papa, c'est lui, là-bas !

Je le vois. Petit voyou !

- Il est à vous ? Non.

Oui. Enfin, il est à nous

sans être à nous.

Va le chercher. Comment ?

Va le chercher. Tu veux...

Allez. Pousse pas, hein.

Attention. Ecoute...

Allons, allons...

Lève ta jambe...

...

Descends de là. Viens me chercher.

- Bande de petits morveux !

Espèce de petit vaurien !

Vous allez me payer les dégâts.

Ne vous mettez pas dans un état pareil, monsieur.

Nous sommes entre gens civilisés.

Je porterai plainte au commissariat.

Nous vous paierons. Oui, on paiera.

Faites donc établir un devis.

Vociférations.

...

Pourquoi tu as fait ça ? J'aime pas les vitres.

Evidemment...

C'est une réponse idiote.

Qui c'est, celui-là ? C'est mon ami Paolo.

Il a l'air d'une vitre. Non, non...

Viens voir ce que je t'ai acheté.

Voilà...

Là...

Là...

Paolo siffle.

Dis donc, et la voiture ?

Je l'ai abandonnée dans un terrain vague.

Avec le gosse, tu n'as pas eu de difficultés ?

Il ne se rend compte de rien. Si. Vous m'avez kidnappé.

Mais non. Quelle idée !

J'aime bien être kidnappé. Plus de leçons.

Je suis en vacances.

Dans un sens, il a raison.

Tu ne m'attaches pas ?

Ne parle pas à tort et à travers.

Voilà le hors-d'oeuvre.

Je me sers comme à la maison ? Naturellement.

Une, deux...

trois.

Elles sont bonnes ? Succulentes.

Pas trop d'huile ? Non.

Pas trop d'arêtes ? Non plus.

Bon appétit. Je vais préparer la suite.

Qu'est-ce que tu fais ?

Tu bois du vin, chez toi ? Oui.

Avec de l'eau ?

Non. Pur.

Paolo, on peut donner du vin pur à un enfant ?

Je m'en fiche. Qu'il boive de l'eau.

Surtout que l'eau est excellente, dans le quartier,

bien meilleure que dans le 8e arrondissement.

Tiens.

...

On frappe à la porte.

C'est qui ? La police.

Déjà ? Tu dois te tromper.

On devrait fuir par la fenêtre. Oui. Ce serait si drôle !

Qu'est-ce que c'est ?

De la part de papa, pour les vitres.

Il a demandé un devis : ça fait 13 700 F.

"13 700 F" ?

Nous n'avons pas bombardé une cathédrale.

Si vous ne payez pas tout de suite, papa va porter plainte.

Tu diras à ton père que...

Qu'est-ce qu'il faut que je lui dise ?

Tu lui diras que nous allons payer immédiatement et sans délai.

Sale crapaud !

Il pleure.

C'est rien, c'est rien. Mais c'est rien.

Du calme, je vais y arriver.

C'est formidable, ce que ça peut tenir.

Je vais t'arracher la tête. Oui, arrache-lui la tête.

Les voisins râlent.

...

Je vais le dire à papa. Non, tu ne vas pas lui dire.

On va te faire un cadeau.

Qu'est-ce que tu veux ? Une voiture de pompiers.

Une voiture de...

Une voiture de pompiers ?

Ah, une petite voiture, un joujou ?

Paolo, à ton avis, combien ça coûte ?

1 300 F. Diable, diable...

Avec la grande échelle. Et sans la grande échelle ?

Ca ne m'amuse pas. Tu entends, Paolo ?

Je te retrouverai sur le sentier de la guerre.

Tais-toi !

13 700 et 1 300...

Ca fait 15 000, tout rond.

Voilà.

Au revoir, mon petit,

et le bonjour à ton père.

Si tu vois quelque chose qui te ferait plaisir,

viens me le dire, je te l'achèterai.

Toi, tu vas... Oh, mes côtelettes.

...

J'ai peur qu'elles soient trop cuites.

Il faut pas te gêner. Non, il faut pas te gêner.

Donne une côtelette à Antoine.

Donne une côtelette

à Antoine. Tu entends ?

Donne une côtelette à Antoine !

Il y en a une à moi, quand même, non ?

Il faut de l'autorité, sans ça...

Eh ben...

Tu vois comment il est ?

Il s'étoufferait plutôt que de te donner un peu de ta part.

Question d'éducation.

Ou une question d'estomac.

Va chercher les bananes.

J'y vais.

...

On le nourrit avec rien, ce petit.

Voilà les bananes.

Antoine sifflote.

...

Paolo ?

Antoine et Paolo ronflent.

...

Pan ! Pan ! Pan !

Que se passe-t-il ? Nous sommes attaqués.

Chacun à son poste ! Pan ! Pan ! Pan !

Fais-le taire, Antoine. Tais-toi.

Pan ! Pan ! Pan !

Ecoute, Renard fragile...

Renard "Subtil". Oui, si tu veux.

Calme-toi, l'attaque est repoussée.

Aigle noir, je vais sous ma tente,

et tu vas monter la garde.

C'est ça, oui...

Je monterai la garde...

Ils ronflent.

...

Aigle noir, tu ne montes pas la garde.

Il siffle.

Il siffle plus fort.

Monte la garde, qu'il nous foute la paix.

Qu'est-ce que tu fais ? Je monte la garde.

Aigle noir, qui est-ce qui fait briller les étoiles ?

Je sais pas.

Eric siffle.

...

Aigle noir, qui est-ce qui fait briller les étoiles ?

"Qui est-ce qui fait briller les étoiles" ?

Dis, Paolo, qui est-ce qui fait briller les étoiles ?

Les étoiles, qui est-ce qui les fait briller ?

Je sais pas, moi.

Tu vois, il sait pas.

On verra dans le dictionnaire demain.

- Non, tout de suite !

Mon Dieu, qu'est-ce que je vous ai fait ?

C'est fini, cette comédie ?

J'ai besoin de sommeil, moi !

Tu ne parles pas, tu siffles. Faux frère.

Tu t'appelles Oeil de serpent.

Oeil de serpent est un sale type Oeil de serpent est un sale type

Mon Dieu, il se couche là.

La Seine prend sa source sur le plateau de Langres.

7 fois 7, 49.

Charlemagne fut couronné empereur d'Occident

en l'an 800...

Oeil de serpent est un sale type Oeil de serpent est un sale type

Eric siffle.

...

Il ronfle.

Eric siffle.

...

Ouille ! Qu'est-ce qu'il y a ?

J'ai trop mangé. Avec moi, ça fait une moyenne.

Je crois que je suis très malade.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Mon Dieu...

Paolo !

Le petit est malade.

Non !

Il manquait plus que ça.

C'est pas sa faute. Il n'a pas bonne mine.

Qu'est-ce que tu ressens ? J'ai envie de vomir.

Où tu as mal ? Au ventre.

De haut en bas ou de bas en haut ?

De droite à gauche.

Plutôt à droite ? Ou plutôt à gauche ?

A gauche. A gauche...

Non, à droite.

C'est pas plus grave.

Paolo...

Il faut un docteur. C'est pas possible.

Pourquoi ? Dans notre situation...

On peut pas le laisser comme ça.

Nous allons le soigner par nous-mêmes.

Si je lui donnais une bonne purge ? Peut-être.

Attends...

Tous les microbes sont là-dedans.

- Aïe, ce que j'ai mal !

Montre ta langue.

Langue chargée...

Douleur au côté droit.

Appendicite...

Voilà !

"Signes essentiels :

"douleur violente dans la fosse iliaque droite,

"au point de Mc Burney,

"à droite de l'ombilic et de la crête de l'os iliaque.

"Nausée, température élevée, pouls rapide,

"troubles nerveux fréquents chez l'enfant..."

C'est bon, ça. D'abord toi.

Moi ? Oui.

Non... Si.

C'est bon.

Là. C'est pour qui, ça ? Encore toi.

Ah, non. Si.

Ah bon ? Si.

A moi, quoi.

"Renouveler la glace..."

Le traitement est très simple.

Surtout, pas de purgatif.

"Pas de purgatif."

De la glace sur le ventre, c'est écrit.

Si c'est écrit... Qu'est-ce que tu attends ?

De la glace ! De la glace...

Je vais la chercher tout de suite.

Tous les bistrots doivent être fermés.

Mets-lui des compresses d'eau froide, en attendant.

C'était pas vrai. Je suis pas malade !

C'était pas vrai. Je suis pas malade !

Excusez-moi, vous auriez pas de la glace ?

Vanille, chocolat, framboise, moka ?

Non, appendicite. C'est pour un malade.

Pardon, je pouvais pas savoir.

Allez au bar à droite, c'est peut-être ouvert.

Merci, monsieur, et bon pain.

Il frappe à la vitre.

C'est pour quoi ?

Qu'est-ce que vous voulez ?

Je voudrais de la glace. C'est pour un malade.

Oh ! Qu'est-ce qu'il y a ?

Le petit a une douleur au côté droit.

J'ai cru qu'il avait l'appendicite. Je voulais lui donner un purgatif...

Oh, purgatif...

On m'a dit qu'il fallait de la glace.

Je voudrais un morceau de glace. Comme ça ?

Un peu plus grand.

Combien ça fait ? 200 F.

Voilà.

...

- Voilà ! Pas la peine de cogner si fort.

...

Maurice ?

Maurice ? Hein ?

J'ai vu un énorme bloc de glace

qui descendait l'escalier.

Oui, ma chérie, un bloc de glace, comme au pôle Nord.

La banquise, les icebergs...

Tiens.

Tiens, prends tes gouttes, mon petit.

C'est tout ce que j'ai trouvé. C'est encore trop.

Comment il va ? Il te l'expliquera lui-même.

Vas-y, répète ce que tu m'as dit tout à l'heure.

C'était pas vrai. Je suis pas malade.

Eh ben, j'aime mieux ça, parce que...

Comment ? C'était pas vrai ?

Tu mériterais que je te file une claque.

Fumons le calumet de la paix.

Couche-toi, maintenant.

Aigle noir, tu es gentil,

mais Oeil de serpent, c'est un traître.

Il éternue.

Dis, pourquoi on éternue ?

"Pourquoi on éternue" ?

Si je te disais pourquoi j'éternue, moi...

Non.

Paolo et Eric rient.

Qu'est-ce qu'il y a ? Mais qu'est-ce que c'est ?

Imbécile, va !

Ah là, t'es fort.

Ecoute-moi. Résumons-nous :

13 700 F, pour les vitres,

1 300 F pour la voiture de pompiers avec la grande échelle,

3 sardines à l'huile, 2 côtelettes,

10 kg de glace, un rhume en perspective,

peut-être même la grippe asiatique, la maison sens dessus dessous

et un voisin qui veut porter plainte.

Elle commence bien, ton idée. Ca alors...

Bois un coup, ça te calmera.

Si vous me donnez du vin demain,

je vous dirai un secret.

Non. Jamais, tu entends ? Pas de vin.

Et pas de gestes.

Paolo crie.

Aigle noir ?

Eric siffle.

Aigle noir ? Qui c'est ?

Hein ?

J'ai scalpé Oeil de serpent à l'aube.

Comment ?

J'ai scalpé Oeil de serpent à l'aube.

Tu as "scalpé Oeil de serpent à l'aube" ?

Oui.

Très bien.

Ce petit est terrible. Il a scalpé Oeil de serpent.

"Oeil de serpent" ? Mais c'est Paolo.

Paolo ? Paolo ?

T'as bien dormi ? Oui, très bien.

T'as pas fait de mauvais rêves ? Non.

Ca me fait un grand plaisir.

Je vais te dire une chose,

mais ça ne te mettra pas en colère...

Ca ne servirait à rien.

Surtout que ça ne te va pas si mal que ça.

Et puis ça repousse vite. Quoi ?

Qu'est-ce que...

Eric rit.

Sale vermine !

Ne l'abîme pas, on doit le rendre.

Laisse-moi faire, je peux être cruel.

Pourquoi tu as coupé les cheveux à Paolo ?

Regarde un peu la tête qu'il a, maintenant.

Tu n'as pas honte, dis ?

Tu mériterais une gifle. Voilà.

Et encore une. Voilà !

Je vais même te donner un coup de poing.

Ne frappe pas si fort, tu vas l'assommer.

Heureusement que tu m'as arrêté.

Ce gamin, il te fait tourner en bourrique.

Il faut en finir. La lettre !

Quelle "lettre" ? La lettre aux parents.

J'avais complètement oublié.

Alors, je relis :

"Monsieur..."

C'est un peu sec. Si je mettais "cher monsieur" ?

Je peux prendre la ficelle ? Non.

Pourquoi tu le contraries toujours ?

Laisse-le prendre la ficelle.

Prends-la, mon petit.

"Monsieur, votre enfant est en notre possession..."

Possession, avec deux "s" ? Evidemment.

Ca en fait quatre alors.

Quatre "s" pour un seul mot, c'est beaucoup, ça.

Lis, lis.

Tu devrais couper ce qui reste. Ca t'égaliserait sur le dessus.

"Nous sommes disposés à vous le rendre aux conditions suivantes :

"vous nous verserez 2,5 millions..."

Non !

2,7 millions.

Tu augmentes ?

Parfaitement.

"2,7 millions,

"que vous déposerez dès demain..."

"Que vous déposerez dès demain

"derrière le tableau 'L'Angélus' de Millet,

"au musée du Louvre."

Que vient faire "L'Angélus"...

"L'Angélus" de Millet,

c'est un coup de génie, tout simplement.

Tu ne comprendrais pas.

Continue.

"Si vous avertissez la police,

"vous ne reverrez jamais votre enfant."

Ah non ! Ca, je ne veux pas.

C'est une façon de parler.

Souligne la dernière phrase.

"Votre enfant..."

"Sinon votre enfant..." Hé, dis...

"...rentrera chez vous le soir même à 20 h."

"Votre enfant rentrera chez vous le soir même à 20 h..."

Signé...

"Deux hommes prêts à tout."

"Prêts à tout" ?

Moi, je suis prêt à rien.

Il est préférable que le destinataire l'ignore.

Ca, c'est l'adresse.

Tu n'as qu'à la recopier.

Avenue Victor-Emmanuel.

Où vas-tu ? Mettre la lettre à la poste.

Tu permets ?

Pour les choses importantes, je ne me fie qu'à moi-même.

Paolo crie.

...

Le téléphone sonne.

Clinique du Dr Koltz. J'écoute, monsieur.

Oui ?

Une ambulance pour 17 h 30 ? Très bien.

La chambre 220. Oui, je note tout de suite.

Le 228, s'il vous plaît ?

Premier couloir à gauche, tout au fond.

Si j'ai bien compris, premier couloir à droite ?

Non, à gauche.

Youpi !

Pourquoi tu as fait ça ? Chut !

Qu'est-ce qu'il y a ? Paolo.

Paolo ?

Il frappe à la porte. - Qu'est-ce qu'il y a ?

Bonjour, Paolo. Bonjour.

Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? Ils t'ont pendu par le pied ?

Ne te laisse pas faire.

C'est un appareil a extension continue

pour éviter le raccourcissement de la jambe.

"A extension continue" ? Ah bon.

Tu as bonne mine. Tu souffres ?

Non, je m'amuse ! C'est fou, ce que je m'amuse !

Tu vois, j'ai pas regardé à la dépense :

la meilleure clinique,

une chambre pour toi tout seul,

comme si on était déjà millionnaires.

Et puis, tu as un joli balcon.

Comme ça, tu peux, de temps en temps...

Tu as posté la lettre ?

Oui. Ils doivent l'avoir reçue, maintenant.

Eric a pensé à t'apporter des oranges.

C'est très aimable de sa part.

Tiens, donne les oranges. Non.

Répète à ce pauvre Paolo ce que tu m'as dit tout à l'heure.

J'ai rien dit.

- Rappelle-toi,

tu m'as dit que tu regre...

que tu regrettais...

Que tu avais

oub... oub...

oublié de retirer la corde.

Il faut lui arracher

les mots de la bouche.

Il est si timide. Ne te donne pas tant de mal.

Tu as les journaux ?

Je n'ai pas eu le temps de les lire.

Passe-les-moi.

Et toi, laisse-nous un peu, va t'amuser dans le coin.

Il sifflote.

...

- On en parle ?

Plutôt.

Tiens, regarde. Qu'est-ce que c'est ?

Une photo-robot. De qui ?

De toi.

De moi ? Oui.

Ca ne me ressemble pas du tout.

Un peu, de là à là.

Tu as rencontré des gens, au Bois ?

2 ou 3 personnes.

Les enquêteurs ont interrogé ces 2 ou 3 personnes

et ont reconstitué ton visage. Le coup classique.

"Le coup classique" ?

Puisque c'est le coup classique,

pourquoi ils ont pas fait une photo de toi ?

La gouvernante n'aurait pas parlé de moi à la police.

On lui aurait reproché d'avoir laissé le gosse tout seul.

Pour tout le monde, c'est toi, le kidnappeur.

Bien sûr, ça me retombe dessus.

C'est malheureux, ça.

Il crie.

"Le ravisseur est un homme de grande taille,

"avec une carrure puissante, de longs bras de singe

"et un mufle bestial."

"Un mufle bestial" ? Oui.

"Tandis que Mlle Florentine,

"la ravissante et dévouée gouvernante,

"tenait Eric par la main..."

Elle le tenait pas. Laisse-moi finir.

Il est venu vers moi.

C'est un détail, mais quand même.

"Tenant Eric par la main, un individu surgit des fourrés,

"bondit sur la jeune fille,

"lui arracha l'enfant

"et disparut à grandes enjambées en emportant sa proie."

Ils sont fous.

Ils mériteraient que j'aille leur expliquer.

Oui. Tu devrais tenir une conférence de presse.

Mais avoue que...

Quoi ? Le gosse.

Non, il s'amuse.

Il est gentil, ce petit. Soulève-moi un peu le lit.

Que je soulève le lit ? Oui.

Non ! Non !

Tu tournes la manivelle.

"La manivelle"...

Oui, en bas.

Non ! Dans l'autre sens.

Tu ne trouves pas surprenant que dans tous ces articles,

il n'y ait pas un mot sur les parents ?

Ils sont peut-être effondrés.

Je me demande s'ils ne se désintéressent pas de leur fils.

Des parents dénaturés à ce point, ça existe ?

Nous verrons s'ils resteront aussi indifférents

après avoir reçu notre lettre.

Tu iras au Louvre.

Demain.

Je voudrais être à ta place.

Moi, je voudrais être à la tienne :

en extension continue.

Tu en as encore pour longtemps ?

Une fracture de la cuisse, ça se guérit pas en 24 heures.

Tu veux voir les radios ?

J'y connais pas grand-chose. Si, si, si.

Tu te rendras mieux compte.

Oh là là !

Il t'en manque un sacré bout.

"Un sacré bout" de quoi ?

Un bout d'os, je suppose.

C'est lui !

Arrête-le !

Il a tout déchiqueté !

Récupère les morceaux. Où ça ?

Dans le jardin. Vite !

Cours !

Le docteur doit venir ce matin.

Tu es content, hein ?

Tu as encore réussi ton coup ?

Je me souviendrai de tout, lorsque je serai rétabli.

Tu paieras cher pour chaque sottise.

Pose ce ciseau ! Demande-le-moi gentiment.

Pose ce ciseau, je te dis !

Non...

Ne fais pas ça, Eric.

Je t'en supplie, mon petit.

Eric... Antoine !

Eric, ne fais pas ça.

Paolo crie.

Je t'en supplie.

Eric...

Paolo crie.

Antoine !

Fais quelque chose.

C'est facile à dire. Tout ce fourbi...

Paolo crie.

Eric, viens m'aider.

Surtout pas lui.

J'ai rien fait ! J'ai rien fait !

Que se passe-t-il ? Erreur d'aiguillage.

Les radios.

Le docteur ne va pas tarder.

Paolo crie.

Non, ça va...

Non. Fais voir la tienne.

Tiens.

C'est rien.

Regarde, ça te ferait une jambe en zigzag.

Voilà, le mal est réparé.

Tâchez de ne plus vous agiter. Vous n'êtes plus un enfant.

Merci, messieurs.

Il va être très raisonnable, pas vrai ?

Il va être bien sage, le petit Paolo.

Où est le gosse ? Je sais pas.

Retrouve-le immédiatement. C'est bien nécessaire ?

Avec lui, nos 2,7 millions se carapatent.

"Se carapatent" ? Oui.

Eric ?

Viens vite.

Allez, viens.

Viens.

Eric siffle.

...

Il faut me promettre d'être bien sage.

Moi, je vais faire une course.

Pourquoi tu m'emmènes pas ? Tu vas voir Oeil de serpent ?

Non, tu te trompes.

Tu sais, plus j'y pense,

moins j'aime Oeil de serpent.

Quand ses cheveux repousseront, je le scalperai de nouveau.

Pourquoi tu me scalperais pas,

tant que tu y es ? Toi, je t'aime bien.

T'es gentil comme un cheval. "Un cheval" ?

Je voudrais toujours rester avec toi.

Ne te mets pas ces idées en tête. A bientôt.

Pourvu que papa n'ait pas mis l'argent derrière le tableau.

Quel "tableau" ? "L'Angélus" de Millet.

J'ai tout entendu.

Mon Dieu, il a tout entendu.

...

Il siffle.

Il fait l'Indien.

...

Par ici, les gars.

Je suis Renard subtil.

Et vous ? Qui vous êtes ?

On est du quartier. Que veux-tu ?

Je suis enfermé. Ouvrez-moi.

On n'a pas la clé.

Pas besoin de clé.

Trouvez quelque chose pour défoncer la porte.

Je vais chercher la boîte à outils de papa.

Oui, va la chercher.

Après, je vous apprendrai un tas de trucs.

Bonjour, je viens pour "L'Angélus".

Au fond et à droite.

Pardon, je viens pour "L'Angélus". Deuxième box à droite.

...

Eclats de rire.

La femme parle anglais.

...

Yes.

En français.

Quelle transparence et quelle pureté !

Les teintes sont sobres,

et pourtant il y a une telle richesse.

On voudrait se placer derrière la toile

pour découvrir le secret de son rayonnement.

Elle parle allemand.

Bemerken sie...

Je voulais voir le rayonnement...

Colour...

Elle parle allemand.

...

Hé, les gars, regardez.

Encouragements.

...

Maurice ! - Quoi ?

Maurice...

J'ai vu un Indien !

Mais oui, tu as vu un Indien,

un grand Indien. Non, un tout petit Indien.

Mais oui, des tas d'Indiens.

Et maintenant, tu vas prendre tes gouttes.

Ho ho !

Comment tu es sorti ? Par la fenêtre.

Pourquoi pas par la porte ? Tu m'avais enfermé.

C'est juste.

Mais ça pouvait être dangereux.

T'auras de mes nouvelles.

Ne te fâche pas, je t'ai préparé une surprise.

Vacarme.

...

C'est nous ou c'est la tour Eiffel ?

*...vous sépare des 2 millions.

Je souhaite pour vous d'y répondre.

Vacarme.

...

Aigle noir, je te présente Poil de bison,

Buffle pensif,

Cerf agile,

Chat sauvage

et Bec de vautour.

Ecoutez-moi bien, Bec de vautour, Chat sauvage

et Buffle pensif :

vous allez déguerpir immédiatement de cette ménagerie.

Aigle noir a plus de langue que de cervelle.

Ce qui veut dire ? Ils déguerpiront après.

Mais après quoi ? Après le grand festin.

Parce que vous comptez organiser un grand festin ici ?

Ce soir, Renard subtil a invité ses frères

pour célébrer la quatrième lune.

Mon Dieu ! "La quatrième" ?

Les parents de tes frères les attendent pour dîner.

Ils ont demandé la permission à leurs ancêtres.

Les têtes grises sont d'accord.

Les têtes grises peut-être, mais pas moi.

Ca suffit, rentrez chez vous !

Les enfants crient.

Si tu les fais partir, je leur dirai tout.

Quoi, "tout" ? Tout.

Vacarme.

...

Soyons sérieux.

...

Ecoutez-moi, grands chefs,

promettez-moi, après le festin, de rentrer chez vous.

OUI, MONSIEUR !

Appelez-moi Aigle noir.

Chants indiens.

...

"Royam amannah."

"Royam amannah."

"Royam amannah."

"Royam amannah."

Royam amannah ! Royam amannah ! Royam amannah !

Royam amannah !

Qu'est-ce que c'est, ce chantier ?

Où est mon fils ? Je sais pas, cherchez-le.

Etienne ! Je t'avais pas reconnu.

Mais qui t'a peinturluré comme ça ?

C'est vous !

Qui, moi ? Vous avez du culot !

Poil de bison, dis un peu à la squaw

qui m'a fait ça. Taisez-vous !

C'est vous qui le débarbouillerez ? Il manquerait plus que ça.

Il paraît que ça s'en va facilement.

C'est un tatouage au bouchon pour la quatrième lune.

Vous me faites l'effet d'une sacrée lune, vous.

Viens, Etienne.

A votre âge...

Je vous conseille de filer, avant que vos parents n'arrivent.

Allez, filez, filez...

Allez, allez.

Ca, c'est pas à toi.

Oh, mon Dieu !

Oh !

Paolo.

Et alors, "L'Angélus" ?

Toujours rien. C'est bizarre.

Et à la maison, comment ça va ?

C'est très animé.

Nous recevons beaucoup de monde.

Tu connais Eric.

Eh bien, multiplie-le par "fis", par "quis"...

par "sixe".

Il y a Cerf agile,

Poil de...

de bison,

Vautour patient

et...

Buffle...

poussif.

Ho ho.

Ho ho !

Ho !

Excuse-moi,

ça fait quatre nuits que j'ai pas fermé l'oeil.

Alors...

Alors voilà...

Paolo,

promets-moi de ne pas te mettre en colère.

J'ai fait une chose terrible.

Terrible mais nécessaire.

Antoine, tu n'as pas fait ça ?

Ne me dis pas que...

Oui, Paolo, je viens de le faire.

Je l'ai laissé

devant la porte de sa maison.

Tu es fou ?

Peut-être,

mais si tu savais comme je suis bien.

Plus de bruit,

plus de soucis...

Je vais enfin pouvoir dormir.

Dormir...

Dormir...

Il est à vous, ce petit ? Oui !

Bonjour, Aigle noir. Bonjour...

Ah !

Qu'est-ce que tu as encore fait ? J'ai pris un taxi.

Avec quel argent ?

Ca fait 2 320 F, sans le pourboire.

"Sans le pourboire" ?

Vous avez fait le tour de France ?

Le tour des cliniques. Votre fils ne se rappelait plus.

Mon "fils" ? Ah, oui...

Vous dites combien ? 2 320 F.

Gardez tout. Merci, monsieur.

Au revoir, mon petit.

Il est mignon. Très mignon.

Allez, au revoir, messieurs.

A la prochaine.

Pourquoi tu as fait ça ? Je m'ennuie, tout seul.

Avec toi et ton copain, c'est plus rigolo.

Ca, c'est vrai. On rit aux larmes.

Si tu veux qu'on te garde, sois sage.

Je serai sage.

Quand est-ce que tu rentres à la maison ?

Demain. T'es guéri ?

Pas tout à fait.

J'ai encore besoin de repos.

Tu comprends ce que ça signifie ?

Le grand chef a bu tes paroles.

Eh ben alors...

Jusqu'à quel âge ils sont emmerdants comme ça ?

T'as dit un gros mot. Tu seras puni.

L'évolution intellectuelle d'un enfant

ne suit pas obligatoirement son évolution physique.

Mais à part ça, pour Eric,

les histoires d'Indiens, ça va durer combien de temps ?

Jusqu'à 13 ans, 15 ans.

Je ne me sens pas bien.

Qu'est-ce que tu as ? Je sais pas.

Eh ben, ça promet.

Qu'est-ce que tu fais ? Viens ici, qu'on te voie.

Allez !

Nous avons demandé trop cher. Tu crois ?

Oui. Touche pas à ça !

On va envoyer une deuxième lettre.

Tu trouveras de quoi écrire dans le tiroir.

Bon.

Mais qui t'a dit de toucher ça ?

Tu y es ?

"Monsieur...

"Prenant en considération les difficultés financières actuelles,

"nous consentons exceptionnellement

"à vous restituer votre fils

"moyennant la somme de...

"1,5 million.

"Ce sera notre dernier chiffre."

"Ce sera notre dernier chiffre..."

Enfin, peut-être.

Il faut que nous soyons en possession...

"Il faut que nous soyons en possession..."

Avec quatre "s".

"En possession de l'argent

"demain avant 17 h." "De l'argent..."

Non ! Tu n'es pas d'accord ?

Non, c'est lui. Il n'a rien fait.

Il allait faire.

Et tu souffles, en plus ?

C'est ça.

"Avant 17 h.

"Dans ce cas,

"votre fils vous sera rendu sain et sauf à 20 h."

"A 20 h."

"Déposez l'enveloppe..."

Où tu veux, mais pas derrière "L'Angélus".

Pourquoi pas ?

Je commence à le connaître par coeur.

Le gardien me regarde avec un drôle d'air.

Il me prend sûrement pour un maniaque.

Bon. Changeons de musée. Ecris.

"Veuillez vous rendre au musée Grévin,

"devant le groupe de Bonaparte.

"Glissez l'enveloppe

"dans la poche droite de Napoléon Bonaparte.

"Signé : deux hommes prêts à tout."

Paolo. Oui ?

Nous sommes seuls, je peux te le dire : ça y est.

Quoi ?

Je viens d'avoir un entretien avec Bonaparte.

Il avait quelque chose pour nous.

Où est ce quelque chose ? Dans ma poche gauche.

Tu ne l'as pas ouvert ? Pas dans la rue.

Oh là là ! C'est pas lourd, hein.

1,5 million en billets de banque,

ça ferait plus gros.

C'est même très mince.

Ah, c'est un chèque.

Ouvre-la, bougre d'âne.

Le "bougre d'âne" va l'ouvrir.

C'est tout ? Je crois.

Tu as bien regardé au fond ?

Rien. Qu'est-ce qui est écrit ?

C'est tapé à la machine à écrire.

Il lit de manière inintelligible.

...

Alors ?

Oh !

Ca alors !

Ca, c'est la meilleure ! Quoi ?

Devine. Passe-moi la lettre.

Laisse-moi te la lire. C'est trop beau.

Tu m'écoutes ? Oui.

"Aux deux hommes prêts à tout.

"J'ai bien reçu vos lettres concernant la rançon

"que vous réclamez pour me rendre mon fils."

Jusque-là, ça va.

"Mais je trouve votre dernier prix encore un peu élevé."

Tu vas voir.

"Et j'ai l'honneur de vous soumettre

"une contre-proposition que vous accepterez, je l'espère."

"Contre-proposition" ?

Cramponne-toi.

"Vous ramènerez vous-même Eric

"et vous me verserez en espèces

"une somme de 232 000 F."

"Vous me verserez" ?

Et pourquoi 232 000 F ?

C'est insensé ! C'est contraire à tous les usages.

Tu devrais pas le laisser faire.

Mais si, ça l'occupe.

Comme ça, on a le temps de réfléchir.

232 000 F... Toutes nos économies.

Au fond, 232 000 F, c'est pas énorme.

Cet homme aurait pu demander 2,5 millions de francs.

Qu'est-ce que tu as dit ?

Parfaitement.

C'est son droit.

Où tu aurais pris les 2,5 millions, s'il les avait demandés ?

Double imbécile !

C'est pas lui qui a kidnappé notre enfant.

Ah, oui.

Ca, c'est vrai.

Mais écoute, je vais te dire une chose :

ce petit, si on le garde,

il nous coûtera plus que 232 000 F.

Parce qu'avec lui, les frais, ils montent vite.

Attends de recevoir la note de la clinique

et de tous les petits dégâts.

Et celui-là, en face,

il nous a fait payer 13 700 F de vitres.

Il les a même pas fait remplacer.

Si Mme Jumelin veut venir voir ?

- Mon cher petit.

Je le reconnais bien là.

Alain, venez voir.

Alain rit. Charmant !

Adorable. Mon Dieu !

Je vais m'évanouir.

Mais non.

Décontractez-vous.

Ca va durer longtemps, cette comédie ?

Ca fait 3 jours que vous êtes là à faire les voyeurs.

Je vous ai payé pour 3 jours. De quoi vous plaignez-vous ?

J'avais pas prévu autant de dérangement.

Je ne me sens plus chez moi, avec ce monde.

Vous voulez une indemnité supplémentaire ?

Certainement.

Sans nous, vous n'auriez pas trouvé Eric.

A peine 2 heures après, vous étiez prévenus.

Si vous aviez compté sur le flic...

Je ne suis pas un flic, je suis détective privé.

Tôt ou tard... Ca va, ça va.

Tenez. Maintenant, laissez-nous.

Qu'ils sont assommants !

Qu'est-ce qu'on fait ? Ils ont assez trinqué.

Non, non.

Laissez-les-moi encore un moment.

Eric s'amuse bien. Moi aussi, d'ailleurs.

Pour une fois

que la famille est dans la joie.

Il rit.

A propos...

Voici votre chèque.

Nous sommes bien d'accord ? Parfaitement.

232 000 F.

Alain, Alain... Ayez pitié de mon coeur.

Un peu de patience. Vous permettez ?

Pensez donc à des pigeons mauves sur un fond de ciel blanc.

J'y pense, j'y pense.

Le téléphone sonne.

...

Allô ? Ici Aigle noir.

*Vous êtes Antoine Patureau ? Lui-même.

*C'est la voix que votre conscience qui vous parle.

Paolo, c'est la voix de ma conscience.

La voix de ma conscience... Pas de gros mots.

Elle vous enquiquine.

Descends.

*Dites donc, vous devriez retirer ces ficelles ridicules.

Oui, vous avez raison.

Comment savez-vous que j'ai ces ficelles sur moi ?

*Puisque je suis la voix de votre conscience.

Oui... Ca, je marche pas.

*Pourquoi vous grattez-vous la tête ?

Paolo !

Qu'est-ce que c'était ? Ma conscience.

Tu te fous de moi ? Je t'assure.

Que voulait-elle ? Je sais pas.

Le téléphone sonne.

Mon Dieu, c'est encore elle.

Ne réponds pas.

...

*C'est encore moi. C'est encore elle.

*Allô ? Allô ?

Ce n'est pas à vous que je veux parler, c'est à Antoine.

Vous tenez votre récepteur à l'envers.

Alors, c'est bien décidé,

vous ramènerez l'enfant ce soir à 20 h chez ses parents.

Comptez sur moi.

*Et vous verserez 232 000 F.

Ca, pour les 232 000 F, il faut quand même...

Parce que... nous...

Nous, on est de braves gens.

Vous nous demandez 232 000 F,

mais nous, on ne dispose pas d'une somme pareille.

*Mais si, mais si.

N'écoutez pas votre ami, qui fait des signes.

Elle a raison. Pourquoi tu fais des signes ?

*Ne vous asseyez pas.

Ecoutez, pour les 232 000 F,

on pourra peut-être s'arranger.

*Vous voyez,

entre gens de bonne volonté, on finit toujours par s'entendre.

Alors à ce soir. Vous connaissez l'adresse.

A propos,

ne laissez donc pas Eric

jouer avec le lance-pierre.

Tenez.

Tu m'avais dit que tu ne me ramènerais pas.

Tu sais qu'on ne peut pas te garder avec nous.

Je veux pas rentrer chez moi. Je m'ennuierai, sans toi.

Moi aussi. Mais on aura l'occasion de se revoir.

Pourquoi tu viendrais pas habiter à la maison ?

Habiter avec vous ? Ca, tu vois, j'y ai jamais pensé.

Tu veux bien ? Oui, je veux bien.

On se quittera plus jamais ? Plus jamais.

Allez, viens.

Bonjour, Jules. Monsieur.

Pardon.

Dis-moi... C'est toi ?

C'est moi.

Papa ! Maman ! Mon petit.

Comme tu as dû souffrir, mon amour.

C'est lui. Il s'appelle Aigle noir.

C'est lui qui m'a kidnappé.

"Kidnappé"... Il faut quand même pas exagérer.

Il est revenu.

Salut, Renard subtil. Salut, Aigle noir.

Ce n'est rien. Oh, je sais.

Vous avez l'argent ?

Oui.

Voilà, monsieur.

...

Et 12 qui font 32.

Nous sommes quittes. On frappe.

Entrez.

Le personnel me charge de vous demander

si Eric est définitivement rentré. Evidemment.

Dans ce cas, que Monsieur me permette de le prévenir :

moi, quoi qu'il arrive, je ne quitterai pas Monsieur,

mais Marthe et Joseph ont décidé de partir.

Marthe, je comprends. Mais pourquoi Joseph ?

Voyons, monsieur...

Souvenez-vous, la semaine dernière...

Scalpé ? Oui, monsieur.

A l'aube ? Oui, monsieur.

Nous réglerons ça plus tard. Vous pouvez disposer.

Je vais disposer aussi.

Un instant.

Je sais que vous vous êtes attaché à mon fils

et que mon fils s'est attaché à vous.

Nous étions très attachés.

Je ne veux pas vous priver trop brutalement de sa compagnie.

C'est très gentil.

Il ira vous voir tous les dimanches.

"Tous les dimanches" ?

C'est la moindre des choses.

Je vais même vous faire un cadeau.

Qu'est-ce que vous faites ?

Je vous donne la moitié de 232 000 F.

"La moitié"...

Je préférerais 116 000 F en billets entiers.

Un peu de patience.

Chaque dimanche,

Eric vous rapportera la moitié d'un billet.

Vous rentrerez peu à peu dans vos fonds.

5 000 F par dimanche, c'est...

C'est à prendre ou à laisser.

Je prends.

Dites, monsieur Jumelin, je voulais vous dire...

Pour commencer,

vous ne croyez pas qu'un dimanche sur deux...

Je ne crois pas. Vous ne croyez pas.

Vous ne le croyez pas, c'est comme ça.

Faites comme moi. Parce que c'est ici...

Ca dépend des jours. Oui, ça dépend.

Il sifflote.

...

Et alors, ça s'est bien passé ?

Ca s'est très bien passé.

Antoine chantonne.

...

Toi, tu t'es fait encore posséder.

Pourquoi tu me dis ça ?

Rien qu'à voir ta tête, je devine que tu lui as tout donné.

Quoi, "tout" ?

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Les 220 000 F du paquet et les 12 000 que tu avais.

Tiens...

Regarde.

Antoine, je te félicite.

Mais non, mais non. Mais si, si.

Je t'aurais pas cru capable d'un coup pareil.

Tu veux jamais me laisser faire.

Aïe !

Qu'est-ce que c'est ? Je sais pas.

C'est ça.

Mon ami...

Oh !

Eh ben ? Eh ben, mon vieux...

C'est la trompette. "La trompette."

Mon Dieu !

Eh oui, il lit, lui.

- Je peux fermer la lumière ? Oui.

Les cloches sonnent.

...

Il tousse bruyamment.

Bonjour, Paolo. Bonjour.

Belle journée, hein ?

Dommage que le petit ne soit pas là.

Je l'aurais emmené se promener.

Histoire de casser quelques vitres en passant.

Fais pas le méchant.

Tel que je te connais,

il rentrerait maintenant, tu lui ouvrirais tes bras.

C'est exactement ce que j'ai dit à M. Jumelin.

Qu'est-ce que tu as dit ? Rien.

Il ne viendrait que le dimanche. "Le dimanche" ?

Il y en a pas beaucoup dans l'année. Il y en a 52 !

"52" ?

Triple imbécile ! "Triple" ? Alors là...

Quand je pense que je t'ai félicité.

Crie, ça va te soulager.

Tu vas retourner tout de suite chez M. Jumelin...

Comment ?

Tu lui diras qu'il garde son gosse...

Qu'est-ce que...

Qu'il garde son gosse !

- Youpi !

Oeil de serpent, je te scalperai à l'aube.

Mais non, Paolo,

je t'assure qu'il est devenu très gentil.

Ces derniers temps, il ne cassait presque plus rien.

Aigle noir ! Il est d'une douceur...

Ouvre-moi la porte de ton wigwam !

Il frappe fort contre la porte.

Sous-titrage : Eclair Vidéo

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