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Sous-titres : M�lanopode 25 FPS
DAIEI pr�sente
LE SABRE
D'apr�s Ia nouvelle de MISHIMA Yukio
Sc�nario FUNABASHI Kazuro
Photographie MAKIURA Chikashi
Musique IKENO Sei D�cor NAITO Akira
Avec ICHIKAWA Raizo
FUJI Yukiko KAWAZU Yusuk�, HASEGAWA Akio
R�aIisation MISUMI Kenji
A ce moment-l�, je vis l'essence du soleil.
C'est la Justice absolue. Son �clat est insoutenable.
Je voulais m'impr�gner de cette lumi�re
pour acqu�rir la force.
La force et la droiture !
J'�tais convaincu qu'avec le kendo,
je pourrais saisir de mes mains
cet �clat de vie pure que j'avais d�couvert.
Masque touch� !
Point � Kokubu !
Kagawa, � toi.
Kokubu contre Kagawa
Commencez !
- Courage, Kagawa ! - Kagawa !
- Vas-y, Kokubu ! - Kokubu !
Flanc touch� !
Point � Kokubu !
Universit� de Towa Club de kendo
Saluez-vous.
Merci !
Tournez-vous.
Saluez !
Pour le poste de capitaine, on h�site entre Kokubu et Kagawa.
Ils ont le m�me niveau.
Selon nos crit�res d'�valuation, Kokubu est sup�rieur � Kagawa.
Mais la f�d�ration nationale de kendo n'a pas les m�mes.
Elle ne tient compte que des r�sultats aux matchs.
Nous, nous jugeons aussi la personnalit� et la conduite.
Le sabre de Kagawa a des traces de sentimentalit� et psychoIogie.
Il a un niveau tr�s �lev�,
mais c'est parfois de l'arrogance qu'il tire sa force.
C'est vrai. Il n'a pas le m�me niveau que Kokubu.
Il est loin d'avoir la puret� et la subtilit� de Kokubu.
Alors, choisissons Kokubu.
On ne le regrettera pas.
Nommons Kagawa capitaine adjoint.
Mais �a risque de g�ner Kokubu.
Nouveaux responsables du club de kendo
Capitaine : Kokubu. Adjoint : Murata.
Les anciens et notre ma�tre
m'ont nomm� nouveau capitaine du club.
Notre but est le suivant :
gagner le championnat national de kendo.
Ce n'est pas une victoire individuelle,
mais collective.
Pour cela, il faut de l'entra�nement.
Pas de victoire sans.
Je ferai mon travail de capitaine.
J'y mettrai toute mon �nergie.
Avec moi, il n'y aura pas d'erreur.
Que ceux qui me croient me suivent.
Que les autres s'en aillent.
Mibu !
On est trait�s comme des d�butants.
- Je ne suis pas d'accord. - T'en fais pas.
C'est vrai qu'on a un certain niveau depuis le lyc�e.
Mais Kokubu a raison.
Il faut nous d�barrasser de nos mauvaises manies.
C'est pour notre bien.
Tu crois ? Le kendo � la fac, c'est pas de la tarte.
Universit� de Towa
En rang !
Asseyez-vous !
Concentration !
Termin� !
M. Kagawa !
Tenez.
Des cigarettes �trang�res que j'ai piqu�es � mon p�re.
- C'est pour moi ? - Cadeau.
Merci.
M. Kagawa... Je m'ennuie avec les d�butants.
Je veux porter le masque.
C'est donc �a...
- Tu veux m'acheter ? - Mais non.
J'aime votre technique.
EIIe est brillante et souple.
Entra�nez-moi, s'il-vous-pIa�t.
J'en ferai part � Kokubu.
Encourageons les d�butants avec les masques.
J'y pensais aussi. Ils le mettront aujourd'hui.
Tada et Mibu ! Allez chercher vos masques.
Pr�parez-vous !
Mibu.
Mets ton masque.
Capitaine, et moi ?
Tu n'es pas pr�t. Corrige d'abord ton jeu de jambe.
Continue les bases.
Masques !
Tu es un privil�gi�.
Nous, on n'a pas droit au masque avant trois mois.
Kokubu est champion r�gional.
G�nial !
On peut lui faire confiance.
Ses coups r�sonnent en moi.
Avec un vrai sabre, je serais mort cent fois.
Chaque fois qu'il me bat, je comprends mieux le kendo.
Tu ne gagnes jamais ?
C'est impossible.
Quand je suis face � lui, il m'�blouit compl�tement.
Un vrai soIeil !
Tu exag�res.
Pas du tout.
C'est un vrai bloc d'�nergie.
C'est imparable.
- C'est quoi ? - Des n�fles.
Il s'est tu� en mangeant ?
Il avait peur de rater le concours.
Il s'est suicid� pour �a ?
Pourquoi a-t-il eu une fringale de n�fles en mourant ?
La mort lui a fait peur.
II n'avait qu'� pas se suicider.
Il a pris peur quand il a ressenti les effets de Ia drogue.
Il a vouIu tromper sa peur.
Il �tait dans votre classe ?
Il �tait faible de corps et d'esprit.
Les hommes se suicident si facilement ?
Non. Seuls les tr�s faibles ou les tr�s forts.
M�me les forts se suicident ?
Bien s�r. �a arrive.
Je ne comprends pas.
Est-il possible d'avoir une fringale en mourant ?
C'est pitoyable.
Mibu, on doit s'�loigner de ces vains d�sirs.
Et l'entra�nement, �a va ?
Hier, j'ai gagn� un match sur trois contre Kagawa.
Il est fort, mais parfois, il a des absences.
Machiniste !
Asseyez-vous.
Merci bien.
Vous �tes gentil.
Des �tudiants gentils comme vous,
il en faudrait pIus.
J'ai perdu.
Il �tait temps.
J'aurais pu vous plumer.
Tu es assez riche comme �a, non ?
Monsieur n'est pas content, on dirait.
Jiro ! Tu as pass� une bonne journ�e ?
Pour ton d�ner, commande ce que tu veux au traiteur.
Demande � la bonne.
Il ne joue jamais au mah-jong ?
Bien s�r que non. Mon fils est bien �lev�.
Ne l'entra�nez pas.
Maman a confiance ?
Fais-moi confiance, maman
Je suis un bon gar�on, maman
A moi de jouer.
J'ai encore perdu.
Kokubu est comme �a ?
Oui, c'est un dr�le de z�bre qui ne s'int�resse � rien.
Ni au bowling, ni au base-ball...
Il ne lit jamais non pIus.
Un solitaire...
Mais que fait-il ?
Il s'entra�ne.
Toute la journ�e ?
Interroge-le sur la musique, tu vas voir...
Il n'a jamais regard� la t�l�.
Incroyable ! �a existe, des gens comme �a ?
C'est vrai que c'est rare.
Moi, il m'int�resse.
- Tu ne l'int�resseras pas. - Merci du compliment !
Je l'ai vu parler avec des filles. Mais il ne les comprend pas.
C'est une ruse pour draguer.
Je ne pourrais pas supporter.
C'est s�r. Avec ton app�tit sexuel...
Merci du compliment !
Elle a raison.
Il se prend pour un h�ros.
Il se la joue h�ros sto�que.
''Il se la joue'', tu dis ?
Tu ne crois pas en Kokubu ?
Non, tant qu'il ne sera pas plus humain.
Tu ne le comprends pas.
Il est cingl�.
R�p�te !
Arr�tez !
Mibu, arr�te !
Que faites-vous ?
�a suffit !
Je vous �coute.
Mibu !
Raconte.
Tada, parle !
Il s'est jet� sur moi, sans aucune raison.
Mibu !
Tu devais bien avoir une raison.
Explique-toi.
Et vous ?
Dites quelque chose.
- Vous �tes muets ? - Un peu de courage !
Si vous n'avez rien � dire...
Mibu !
Tada !
Sortez !
Vous �tes fautifs tous les deux. Au mur !
Face au mur !
Assis face au mur !
40 minutes, sans bouger !
Les cadets n'ont jamais vu un bl�me au kendo.
Regardez bien !
En premi�re ann�e, c'�tait plus dur.
Mes a�n�s avaient form� un cercle autour de moi pour me battre.
J'avais des bleus partout.
40 minutes assis, c'est du g�teau.
AIors ? Tu fIanches ?
Quelle connerie !
Quoi ?
Je me suis inscrit pour faire du sport.
Pas pour subir des punitions de I'�ge f�odal.
Je quitte le cIub.
Assez de kendo. Expliquons-nous d'homme � homme !
�a va pas ?
Arr�te.
Je vais te dire pourquoi Mibu et moi, on s'est battus.
- Tais-toi ! - Laisse-le.
Tu crois que tout le monde te respecte.
Mais il n'y a que Mibu.
M�me Kagawa dit du mal de toi.
Il ne supporte plus de te voir jouer le h�ros justicier.
Tout le monde en a marre !
Kagawa !
Je ne dis pas du mal. Je critique.
Menteur ! L'autre jour au mah-jong...
Tu te trompes.
On a le droit de critiquer.
Tu as autre chose � dire ?
Je quitte le cIub.
Attends.
Faut le corriger.
Non, pas de violence !
Rends-moi mon gibier.
Un pigeon de Towa. C'est toi qui l'as tir� ?
Ouais. Il est donc � moi. Aboule !
Non, il est � I'universit�.
R�p�te !
Donne-le-moi.
A quoi tu joues ?
Tire-lui dessus, c'est un con !
Tu l'auras voulu.
Couillon ! Il n'�tait pas charg� !
Je suis Itami Eri, de la fac de Lettres.
Je vais le ramener au coIombier.
J'ai tout vu. Tu as bien fait. Bravo !
Les jeunes d'aujourd'hui, ils me font vraiment peur.
Quand j'ai entendu tirer, je me suis cach�.
Tu as du sang sur la joue.
Attends.
Elle �tait dans le bureau du directeur. Je vais t'essuyer avec.
Voil�.
Merci.
Laisse-moi tranquille.
Pourquoi tu rigoles ?
Tu n'as pas de barbe.
Pourquoi tu te rases tous les jours ?
C'est pour la faire pousser.
Mais tu as encore une peau de b�b�.
- Tu te rases pour rien. - Va-t'en !
Laisse-moi !
Les poils, �a change un homme ?
Clinique Kokubu
Mais �a ne fait que trois jours que je ne t'ai pas vue !
D'accord, je passe chez toi ce soir.
Quoi ? C'est ridicule.
C'est toi qui t'amuses.
A ce soir.
Donne sa soir�e � la bonne.
Quelle surprise ! Que viens-tu faire ?
- J'ai besoin d'argent. - Ah bon ?
P�re, faites un don au club.
Encore ton club !
C'est pour notre stage.
Si tu avais besoin d'argent pour une femme, par exemple,
je t'en donnerais volontiers.
Bien s�r, je n'ai rien contre le kendo.
Mais ta passion est trop exclusive. Il y a d'autres plaisirs dans la vie.
Je le dis pour ton bien.
J'ai peur de tout ce qui m'attend apr�s l'universit�.
Je te comprends.
A ton �ge, j'�tais pareil.
- Vous ? - Mais oui.
Tu dis toujours que le monde des adultes
est pIein de laideur et de souillure.
Un jour, tu devras te faire � cette r�alit�.
La vie est faite ainsi.
Tu verras que ce monde a aussi ses joies.
C'est une fuite en avant.
Tu comprendras un jour.
Au fait...
Tu veux combien ?
50 000... 30 000, �a ira.
On doit trouver un terrain d'entente.
C'est un march� ?
En quelque sorte.
Vos conditions ?
Cherche un bonheur simple.
Int�resse-toi au monde r�el.
J'ai compris.
Gardez votre argent.
Je vis une jeunesse pure et n'envisage pas mon avenir autrement.
A chaque fois, c'est pareil.
Tu as toujours le m�me regard.
Je sais � qui tu penses.
A Kokubu Jiro, ton rival.
- Il n'a aucune exp�rience. - Il est puceau ?
Il faut lui faire go�ter au sexe.
Quelle dr�le d'id�e !
L'amour est une chose merveilleuse.
Un plaisir bestial.
Une fois d�pucel�...
Tu t'int�resses tant � lui ?
C'est lui ou moi.
- Tu exag�res. - Non.
Sa fa�on de vivre m'exasp�re.
Pourtant, il m'arrive de la trouver d'une merveilleuse fra�cheur.
Dans ces moments-l�, je craque.
En un mot, tu veux le d�passer.
Mon existence en d�pend.
Pourquoi ?
J'ignore pourquoi.
Mais quand je le vois, j'ai des acc�s de haine.
Les pauvres jeunes !
IIs sont futiles et calculateurs.
Ils croient s'affirmer par une d�sob�issance timide.
Tu parles !
Mais une fois cas�s,
leur seul r�ve c'est de tondre leur gazon le dimanche.
Ils ne pensent plus qu'� la retraite et aux gosses.
O� est Ie mal ?
Je refuse une vie pareille.
- C'est ton capitaine qui dit �a ? - Oui.
Ah bon ? Je m'en doutais.
Kokubu est un grand esprit au-dessus des contingences.
Maman, ach�te-moi un rasoir �Iectrique.
Que vas-tu en faire ?
Je sais. Ton capitaine a de la barbe.
AIors, tu veux �tre comme lui ?
Il a un rasoir �lectrique ?
Taisez-vous, pisseuses !
Maman, s'il te plait.
Mais tu n'as pas de poils.
Regarde-toi.
C'est vrai que les prix ont augment� depuis l'an dernier.
Le stage d'�t� co�te cher.
- Tu veux un petit travail ? - S'il-vous-pla�t, ma�tre.
Je m'en occupe.
J'irai voir le directeur du grand magasin.
Une autre bi�re !
J'ai assez bu.
- Madame, je voudrais manger. - J'arrive.
Et Tada, il ne s'entra�ne pIus ?
Et Kagawa ?
Il para�t qu'il t'a critiqu�.
Ce n'est rien.
L'hostilit� entre jeunes est une forme d'amiti�.
Dans la soci�t�, c'est diff�rent.
Si on pouvait y r�gler Ies probl�mes avec des duels sportifs,
tout serait pIus simple.
Le sabre, vois-tu, est une affaire de mains.
Une main pour le serrer fermement, une autre pour le soutenir.
La main gauche serre un parapluie. L'autre tient un �uf.
Ce sont tes mains qui donnent vie � ce morceau de bambou.
Encore cette histoire de mains !
Du porc pan� !
Uniquement pour lui. C'est son plat pr�f�r�.
Merci.
- Servez-vous vite. - Merci.
La vie est �trange !
Tout ce que j'ai appris en 35 ans de pratique
peut se r�sumer � cette histoire de mains.
Il suffit aux hommes d'apprendre une seuIe chose dans la vie.
M�me une petite chose, c'est suffisant.
C'est merveilleux d'aspirer � Ia simplicit�.
J'ai bien fait de faire du kendo.
Mibu !
Vas-y !
Encore un coup.
Tu progresses, Mibu.
Otez vos armures !
En rang !
C'est bon, merci.
Comment savoir ce que cache la peau d'un visage ?
Je l'ignore.
Tout bretteur devrait le savoir.
C'est expliqu� dans Ie 10�me volume du Hagakur� .
D'abord, il faut taillader le visage en croix et pisser dessus,
puis frotter avec tes sandales, la peau vient toute seule.
C'est amusant. J'essaierai un jour.
Ne choisis pas une peau trop �paisse. �a peut rater.
Bonjour.
- Vous d�sirez ? - Quatre caf�s.
La fac Keimei a un bon club de kendo.
L'ami de ma s�ur �tudie l�-bas. Il m'y a emmen�.
Qu'as-tu vu ?
Ils empIoient deux ma�tres de haut niveau.
C'est un gros club.
Normal, il est tr�s riche.
Il peut se payer deux ma�tres.
Les anciens financent.
Notre entra�nement intensif fera la diff�rence.
Encore cette bande de voyous !
Que font-ils ?
Ils s'assoient devant les chiottes
pour emmerder Ies filles qui passent.
Regardez.
�a fait du bien ?
- Tu as �t� longue. - Un gros caca ?
Ta jupe est tach�e !
C'est honteux !
C'est incroyable !
Il faut agir.
Changeons de place.
Un vrai canon � prouts !
Tu te sens mieux ?
Je suis Kokubu du club de kendo.
Vous d�shonorez notre universit�.
Laissez-nous la place.
II y en a ailleurs.
Justement, allez-y.
Allez, levez-vous.
Allez !
C'est par l�.
L�.
Entrez.
- Le connard ! - Merde !
On fait quoi ?
On peut rien faire.
- On sort ensemble ? - �a fait d�sordre.
Fais chier... Vas-y, toi !
Je ne veux pas.
Pardon !
Kokubu !
Tu es fantastique !
Mais tu fais peur.
L'autre jour, tu �tais pr�t � tuer Ie pigeon.
Imb�cile !
Je sais pourquoi tu as vouIu tuer ce pigeon bIess�.
Tu n'as pas support� son vain acharnement � vivre.
Quand il est revenu chercher ton aide, il t'a paru pitoyable.
J'ai honte d'avoir voulu le tuer.
Qu'importe. Je l'ai ramen� au colombier.
Mais finalement, il est mort.
Il est mort ?
Je te trouve s�duisant.
Cette tension qui t'anime...
Il y a une f�te ce soir. Tu viens ?
Je t'attendrai.
Ton capitaine n'aime pas danser ?
Tu connais Kokubu ?
Je l'ai invit�. Mais viendra-t-il ?
S�rement pas.
Il n'aime que Ie kendo.
Les femmes, il s'en fout.
Il t'a pos� un Iapin.
�a doit pas t'arriver souvent.
Il m'a pos� un lapin ?
S�duire Kokubu... J'aimerais bien voir �a.
On parie ?
Si tu veux. Mais tu vas perdre.
Face � un adversaire sup�rieur � la garde imparable,
vous arrive-t-il de vous sentir comme devant un pr�cipice ?
Bien s�r.
Par exempIe, avec notre ma�tre.
Mais il m'appara�t plut�t comme une pyramide transparente.
Une pyramide ?
Quel que soit mon angle d'attaque, je ne vois qu'une face.
Je ne trouve aucune faille.
Je me sens perdu.
Face � moi, il s'�tire d'aise comme un chat.
Je n'imaginais pas �a.
Capitaine Kokubu...
vous voulez des enfants ?
Des enfants ?
Je n'y ai jamais pens�.
Mais vous en aurez un jour.
On na�t, on meurt... C'est un �terneI recommencement.
QueI ennui !
C'est toi qui as pens� �a ?
Ou l'as-tu lu dans un livre ?
Non, �a m'est venu comme �a.
Ne pense pas � l'avenir. Tu es encore jeune.
- Mais j'ai de l'espoir. - Moi aussi.
Mais la banalit� m'ennuie.
La banalit� ?
Penser � I'avenir, c'est banal ?
Oui.
AIors quel est votre but dans la vie ?
La satisfaction du pr�sent.
Le sabre, et rien d'autre.
Je ne pense qu'� la victoire du championnat national.
Tout le reste n'est que banalit�.
Tu me comprends ?
Oui, j'essaie.
Je ne penserai plus � I'avenir.
Capitaine...
Je veux devenir fort comme vous.
Pour cela, entra�ne-toi.
C'est le seul moyen.
Ces grands magasins !
On y vend de tout.
Mais notre travail est monotone.
C'est bien ainsi.
Un job inteIIectuel nous d�concentrerait.
Eri m'a confi� cette lettre pour vous.
C'est urgent.
Tu la connais ?
M. Kokubu !
Le directeur vous appelle.
Regardez �a !
''Quand le soIeil �claire la mer
''Je pense � toi
''Quand la lune �claire la fontaine
''Je pense � toi''
- Une lettre d'amour ? - Non, G�the.
''Je pense � toi'' ?
Un �tudiant a fum� sur le lieu de travail.
On ne peut fumer que dans la salle de repos.
C'est un grave manquement au r�glement.
Imagine un incendie dans le d�p�t !
Qui a fum� ?
C'est Kagawa.
Il y a des produits inflammables ici !
Sois plus vigilant.
Notre ma�tre nous avait recommand�s au grand magasin.
Nous l'avons d�shonor�.
Sans lui,
plus de job l'ann�e prochaine.
Et sans job, plus de stage !
Kagawa !
Viens ici.
Pourquoi as-tu enfreint le r�gIement ?
C'�tait un simpIe oubli.
Vous l'avez laiss� faire ?
Kagawa, je te donne un bl�me.
40 minutes face au mur !
Pr�parez-vous.
Sauts !
Assouplissements !
Termin� !
En garde !
Cinquante coups !
Kagawa, c'est fini.
Je n'irai ni au stage ni au championnat.
Kokubu nous met trop la pression.
Je ne peux plus le suivre.
Le torchon br�le, on dirait.
Je veux qu'il reconnaisse ses torts.
Si tu d�clares forfait, tu vas le mettre dans l'embarras.
Kokubu br�le toute son �nergie pour gagner.
Mais son r�ve obnubile sa pens�e.
C'est la jeunesse.
On a le m�me �ge !
Toi, tu es plus adulte.
Mais apr�s t'avoir puni devant tous les cadets,
Kokubu t'a-t-il gliss� un petit mot de r�confort ?
Non.
Par exemple, il aurait pu dire :
''C'�tait pour maintenir la discipline. Ne m'en veux pas.''
Il ne l'a pas fait ?
Il n'a pas eu un mot.
Il n'a eu qu'un sourire.
Un sourire ?
Kokubu est comme �a.
Il ne t'a donc rien dit...
C'�tait un sourire d'orgueil.
�a m'�tonnerait.
Quand il clame son indiff�rence pour la banalit�,
il sort son beau sourire.
Ce n'est pas du m�pris, loin s'en faut.
C'est un sourire parfaitement calcul�. C'est de I'orgueil.
Le probI�me est d�licat. Ce n'est pas bon pour Ie club.
Je parlerai � Kokubu.
AIors patiente encore un peu.
Sans toi, on perdra le championnat.
J'ai de l'amiti� pour lui. Qu'il r�fI�chisse � sa conduite !
Ce que je crains,
c'est que votre mise en garde
le conforte dans l'id�e qu'il est entour� de l�ches.
Kokubu ? C'est moi, Kagawa.
On peut se voir ?
Je t'invite chez moi.
J'ai � te parler.
J'arrive.
Kagawa
O� est Kagawa ?
Il est sorti juste un instant.
Attends-le.
Tu as lu ma lettre ?
Je n'aurais pas d� ?
J'�tais g�n�.
C'est moi qui ai demand� � Kagawa de te faire venir.
Je voulais te parler.
Reste un peu avec moi.
Tu es l�che.
- L�che ? - Oui.
Tu as peur de moi ?
Tu me d�testes ?
Ecoute-moi, au moins.
C'est important.
On ne sait jamais.
�a suffit !
Tu restes ici.
Embrasse-moi si tu veux.
Tu es cruelle.
Tu es dur avec moi.
Tu es pIus cruel que moi.
Je crois que j'ai perdu.
En ce moment, je ne pense qu'au championnat.
On danse ?
Raconte ce qui s'est pass�.
Raconte.
Finalement, c'est un homme normal.
Vous �tes tous pareils.
J'ai gagn� mon pari.
Je l'ai s�duit.
C'est vrai ?
Je lui ai propos� de danser.
Il n'a pas voulu.
AIors je me suis tr�mouss�e devant lui.
Ensuite, je suis all�e m'allonger sur le lit.
Il est venu tout de suite et m'a serr�e contre lui.
Au d�but, il trembIait un peu.
Sa respiration s'est acc�l�r�e...
Et il m'a embrass�e.
Kokubu ?
Oui. Fougueusement !
Il m'embrassait en r�p�tant : ''Je t'aime, je t'aime...''
Et puis ?
�a m'�tonne quand m�me.
Tu ne me crois pas ?
Ecoute un peu la suite.
Apr�s m'avoir couverte de baisers,
il a fourr� sa main sous ma jupe.
Kokubu a fait �a ?
C'est un novice.
Il n'�tait pIus ma�tre de ses actes.
Il �tait �mu ?
Va savoir. En tout cas, c'�tait ma premi�re fois.
C'est donc un imposteur...
Il se la joue h�ros au c�ur pur.
Mais le vernis a craqu� !
�a reste entre nous, bien s�r.
- Car je regrette. - Pourquoi ?
Il m'a d��ue.
�a prouve que tu as un charme infaillibIe.
Maintenant, Kokubu sait qu'il est ordinaire.
Nous sommes � �galit� !
Je le vaincrai.
Je le vaincrai !
Dormez bien. Demain, les choses s�rieuses commencent.
La natation est interdite.
Car c'est un sport compIet qui fatigue vite Ie corps.
Ne vous baignez pas pendant les pauses.
OubIiez la mer qui est devant vous !
Endurez la chaleur !
Les faibles se trahiront en regardant Ia mer.
J'ai choisi cet endroit expr�s.
La fatigue va inhiber votre app�tit pendant trois jours.
Donc, mangez beaucoup ce soir. Surtout les cadets.
Mais n'ayez crainte.
Votre app�tit reviendra dans quatre jours.
Nous sommes venus ici pour souffrir,
pas pour nous amuser.
Ne l'oubIiez pas.
Debout !
Bonjour !
D�p�chez-vous !
La moiti� va se laver.
L'autre range la chambre. Ne perdez pas de temps.
Mibu !
Ouvre les volets !
Echauffement sur 3 km.
A gauche, gauche !
Du nerf !
Assouplissements !
Mieux que �a.
Flexion, extension !
Prenez vos sabres !
Concentrez-vous ! Bras tendus !
Ecoute le conseil d'un ancien.
Rel�che un peu la pression sur les cadets.
Accorde-leur quelques moments de r�cr�ation.
Ce ne sont pas des gamins.
Au bord de l'�puisement, lIs go�teront une sensation unique.
Plus haut, les fesses !
Plus haut !
Cinq minutes de pause !
Revenez !
Masques !
Bon app�tit.
Les cadets poursuivront l'entra�nement apr�s le d�ner.
Mangez. Forcez-vous.
Je suis mauvais cuisinier.
Pas du tout.
La fatigue inhibe leur app�tit.
�a arrive souvent pendant le stage.
- Kokubu l'avait dit. - Quoi ?
Notre app�tit est revenu.
J'ai confiance.
C'est plus dur que je l'imaginais.
Ce n'est que Ie 7 �me jour. Tu n'as pas tout vu.
Tu parles comme le capitaine.
Ah bon ?
Mais son sourire est plus beau.
Je suis d��u.
Personne n'est malade ?
Parfait. C'est un stage prometteur.
Demain, on entre dans Ia 2�me semaine.
On commence l'entra�nement pratique et le perfectionnement.
Bon courage.
J'ai un t�l�gramme du ma�tre.
Il arrive demain.
Il ne va quand m�me pas venir seul du port.
J'irai I'accueillir avec Yokoyama et Murata.
Il va s�rement apporter un colis plein de victuailles.
Nous br�lons du sang
De la jeunesse
Nous portons en nous
Le feu de la gloire
ll est attis� sans fin
Par la for�t de notre id�al
Bonjour, Ies gars !
Je viens vous encourager. J'ai des colis pour vous.
Merci.
Servez-vous.
J'aime cet endroit rustique.
Je resterais bien pour nager.
Eri, je veux que tu rentres.
Pourquoi ? Je g�ne ?
On s'entra�ne dur. Tu comprends ?
C'est bien toi, �a.
T'en fais pas. J'avais pr�vu de repartir tout de suite.
Je vouIais seuIement te voir.
Bon courage.
Invitez-moi pour f�ter la victoire.
Tu pars d�j� ?
- Reste un peu. - Allez !
Thank you ! Mais...
Je dois aller voir un ami.
En rang !
D�p�chez-vous.
Allez !
Tu es amoureuse de lui ?
Je suis s�r qu'il n'y a rien eu.
A toi d'imaginer.
Pourquoi tu dis �a ?
Parce que Kokubu n'a pas chang�.
Donc, vous n'�tes toujours pas �gaux.
Tu te tra�nes encore derri�re lui.
Gagnez le championnat !
Good luck !
QueIIe chaleur !
C'est insupportable !
Plus que deux jours de stage.
H�, les gars !
Si on aIIait nager ?
Sans la permission de Kokubu ?
Le bateau va arriver en retard.
Personne ne nous verra.
L'eau est devant nous !
�a ne peut faire que du bien. Je vous l'assure.
Je sais que vous voulez nager.
Kokubu vous fait si peur que �a ?
Je vais vous raconter un truc.
Vous prenez Kokubu pour un dieu.
Mais c'est un homme comme nous.
Son asc�tisme, c'est du bluff.
Il a fourr� sa main sous la jupe d'Eri.
C'est Kokubu, �a.
Voil� pourquoi il l'a chass�e.
Tu en es s�r ?
Il n'a pas � nous faire la morale !
N'est-ce pas ?
Tu as raison.
Allons-y.
- Allons nager. - A l'eau !
Je n'ai pas de maillot.
Nage en slip. C'est la campagne, ici.
D�p�chez-vous !
Qu'as-tu, Mibu ?
Je reste ici.
A ta guise.
Je veux ramener Kokubu � Ia r�alit�.
Il doit apprendre � g�rer l'impr�vu.
Sache que tu n'es pas Kokubu.
Tu es toi-m�me.
Allons-y !
Bonjour !
Tiens.
- C'est pour vous. - Merci.
- Tout Ie monde va bien ? - Oui.
- Aucun malade ? - Non.
Vous allez au temple ?
Montez. J'y vais.
- On monte ? Il reste 1 km. - D'accord.
Merci, monsieur.
Merci.
Ce n'est pas grave.
Ils ne font que se baigner.
Non.
QueIque chose est bris�.
Et c'est irr�versible.
Le ma�tre est arriv� !
D�j� ?
Que fais-tu ?
J'ai nag� avec vous.
Mibu !
Je n'ai pas pu vous arr�ter.
Nous sommes tous responsables.
Ce serait l�che de ma part de jouer le disciple exemplaire.
Plut�t mourir que de me montrer ainsi devant Kokubu.
C'est un stage de quoi, �a ?
De natation ?
Tu leur as permis ?
Je leur avais interdit.
Je suis responsable. Pardonnez-moi.
C'est moi.
Pourquoi ?
J'ai pens�...
qu'ils en avaient envie.
Ah bon.
Kagawa, rentre � Tokyo imm�diatement.
C'est un ordre.
Je m'occupe de tout avec Kokubu. Ne t'inqui�te pas.
Mais tu n'es pas dispens� de championnat.
Ne l'oubIie pas.
D'ici l�, fais des exercices pour garder ta condition.
Quoi qu'il en soit, rentre !
Oui, je rentre.
Vous tous, allez vous rhabiller.
Mibu ?
Dis, Mibu...
Tu as nag� avec Ies autres ?
Oui.
Vraiment ?
Oui.
Toi aussi...
Je suis content de vous.
En dix jours de stage, vous vous �tes m�tamorphos�s.
L'effort se lit sur vous.
Je suis s�r de notre victoire.
N'est-ce pas, ma�tre ?
Mais surtout, ne vous rel�chez pas apr�s le stage.
Comment garder votre condition physique et cette formidabIe tension ?
R�fI�chissez-y individuellement.
Maintenant, buvons.
Eh bien...
Sant� !
R�veillez-vous ! Kokubu a disparu !
Kokubu ! O� es-tu ?
II est mort.
Kokubu est mort !
C'est Ie journal que tenait Kokubu pendant le stage.
Il n'y a rien qui ressembIe � un testament.
Mais iI a consign� ses sentiments avant son suicide.
Le 30 ao�t.
C'est Ie jour de mon arriv�e.
Le jour o� vous �tes partis nager.
Il n'en parle pas dans son journal.
Il �crit seuIement � la fin :
''Je ne sais pas diriger.
''Ou bien on devient fort et droit, ou bien on se suicide.
''Il n'y a pas d'autre alternative.''
Je n'aurais jamais cru qu'il se suiciderait.
Il �tait si fort... Pourquoi a-t-il abdiqu� ?
Et si facilement ?
Kagawa, c'est toi qui as abdiqu�.
En parlant de Kokubu et de moi.
Tu avais pourtant compris.
Tu savais bien que je bluffais !
En v�rit�, il ne m'a jamais touch�e.
Je n'�tais rien pour lui.
Mais moi, je l'aimais !
Kokubu n'a pas abdiqu�.
En se tuant,
il a vouIu sauver sa droiture et sa force.
C'est moi qui ai perdu.
Il est parti trop loin, je ne pourrai plus le vaincre.
J'ai honte.
Je voulais devenir aussi fort que Kokubu.
Mais finalement...
Finalement...
Personne n'a jamais compris Kokubu.
Pas m�me moi.
Kokubu vivait dans la simplicit�. C'�tait son id�al.
Pourquoi l'a-t-on entra�n� vers la mort ?
Pourquoi ne l'avons-nous pas compris ?
Honte � nous.
FIN
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