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Original subtitles

4ème PARTIE

Ils ont pris position et ce sont déshabillés.

Suivante.

On récupère les vêtements.

Tous les ouvriers sont Juifs, des équipes spéciales.

Qu'est-ce qu'ils deviennent ?

On les élimine en temps voulu.

La sélection. Ceux qui vont travailler, à droite,

Ceux qui bénéficient d'un traitement spécial, à gauche.

L'intérieur d'une chambre avant de relâcher le Zyklon B.

Pendant... Et enfin, après.

Les équipes spéciales entrent et évacuent les corps.

Nous récupérons les dents, les cheveux...

Hoess s'est bien assuré qu'il n'y a pas de chapardage ?

À Maidanek, des hommes sont passés en cour martiale pour vol.

Il a veillé à tout. Photo suivante !

Le crématoire... Ce sont des essais avec des courroies.

Les fosses où sont enterrées les cendres.

Lumière, s'il vous plaît !

Bien, vous avez accompli votre nouvelle mission,

avec votre conscience professionnelle habituelle.

Je voulais vous en parler, si je pouvais être muté à Berlin,

je faciliterai votre travail.

Vous êtes un homme de terrain, ne vous frottez pas aux politiciens.

Restez en Pologne, travailler avec les commandants.

En fait, il s'agit de ma femme. J'ai un problème.

Elle est triste parce que son mari est loin ?

Non, ce n'est pas ça.

Madame Dorf est malade.

Elle a le cœur malade et mes absences ont un effet néfaste.

Amenez-la à l'hôpital, ou en vacances, rien n'est trop beau pour les femmes des SS.

Je vous remercie mon général, mais avec les bombardements,

et les pénuries, je devrais être à Berlin avec elle.

Vous me décevez.

Nos armées sont mises en déroute à Stalingrad,

Les Anglais et les Américains détruisent nos villes,

et vous vous plaignez parce que votre femme est souffrante ?

- J'aurais cru que mon dévouement me... - Major !

Vous avez de la chance de continuer à porter cet uniforme.

Vous avez des ennemis,

- Vous dissimulez vos origines... - C'est faux !

Où est la différence ? Les hommes pensent le contraire.

Je trouve que je ne suis pas traité loyalement.

Continuez à faire votre travail. Il faut que ces camps fonctionnent.

Vous pourrez être muté plus tard... Peut-être !

Les cadavres enterrés à Babiyar doivent être déterrés et brûlés.

Il ne doit rester aucune trace de ces morts.

Cet ordre est prioritaire.

Le crématoire ne remplit pas sa fonction.

Nous suggérons un programme d'incinération en plein-air,

pour détruire tous les corps.

Des bûchers de traverses de chemin de fer, arrosées d'essence,

Devraient se révéler plus efficaces.

Je m'en doutais depuis longtemps.

Ces histoires à propos d'espions, de saboteurs...

- Ces maladies contagieuses... - Où as-tu trouvé ces photocopies ?

Ça n'a pas d'importance !

Tu étais si vindicatif, à propos des gens qui mentaient à ton sujet,

je savais qu'il se passait quelque chose. Qu'en dit Kaltenbrunner ?

- Je retourne en Pologne demain. - Tu n'as pas protesté ?

- Après tout ce que tu as fait ! - Plus rien n'a d'importance,

La Pologne, l'Ukraine...

- Tout s'écroule. - Non, ne dis pas ça !

Kaltenbrunner sait que tu penses ça ? Je comprends que ta carrière piétine.

Tes dernières lettres, ton comportement, prouvent que tu en as assez.

- Tu en as même honte. - En effet, ça m'arrive.

Tu ne dois pas capituler...

Tu dois faire ce qu'on te dit, Jusqu'au bout.

C'est le seul moyen de prouver que tu es dans ton bon droit.

Marta !

Ma douce et tendre Marta...

Je me suis trompé sur ton compte. Je croyais que tu serais folle de rage.

J'ai tout de même supervisé, l'assassinat de femmes et d'enfants !

- Oh, je t'en prie, arrête ! - Ce qui te mets en colère,

c'est que je ne suis pas fier de mon travail !

Il faut en être fier !

Il faut faire ce qu'on te dit, jusqu'au bout.

C'est le seul moyen de faire comprendre que tu as raison.

Te moque pas de moi... Erik !

- Te fiche pas de moi. - Je ne me fiche pas de toi, chérie.

Je suis sidéré de ma propre bêtise.

Évidemment... Je n'ai pas le choix !

Il faut que je me remette au travail avec encore plus d'enthousiasme.

Erik...

J'ai peur, j'ai l'impression qu'on va être punis un jour.

Punis ?

Oui... Tous !

Chérie, tu n'as rien fait de mal...

J'ai toujours été un bon soldat.

Ces lettres...

Ces gens... complètement nus...

Ces chambres à gaz... Ces bûchers funéraires...

C'est pour ça qu'il faut aller jusqu'au bout.

Pour que personne ne puisse savoir.

Que personne ne puisse raconter de mensonges sur toi.

Nous appelons ça des camps de famille. Ils y vont sans appréhension.

- Ils ne se rendent pas compte ? - Certains se révoltent...

Nous les matons rapidement.

Ravissant...

Major... Professeur Pfannenstiel, spécialiste de l'hygiène, à Berlin.

Un spécialiste de l'assainissement, nous aurons besoin de lui.

Je suis à votre disposition, flatté de servir le Führer.

- Mais... où est le... - À l'intérieur.

Et les sujets ?

Il y a un groupe qui attend. Vous allez voir.

Leur séjour doit être aussi agréable que possible,

ce gazon, cette musique... Les familles restent réunies.

Oui, oui, oui. C'est bien charitable.

Nous entrons ?

- Après-vous professeur. - Merci.

Dorf !

- Kaltenbrunner s'est débarrassé de vous ? - Pas du tout.

Il ne veut plus vous voir à Berlin, alors il vous envoie visiter les camps.

On dit que vous n'avez pas l'estomac très solide.

Il l'est suffisamment.

Je ne savais pas, si vous souhaitiez assister à une démonstration.

La chaleur et l'odeur sont parfois difficiles à supporter.

Il y a 46 installations semblables.

C'est très fonctionnel.

Dorf...

Il vous a viré parce que les peintres juifs ont refusé de parler.

Qui vous a dit ça ?

- Certains répandent des calomnies... - Je n'y suis pour rien !

Je les entasse là-dedans, je gaze, je brûle, je fais mon boulot.

- C'est le procédé utilisé ? - On leur dit que c'est pour l'hygiène,

- Douches de décrassage... - Ils n'ont pas de raison de s'y opposer.

- Quel est votre débit quotidien ? - Douze mille.

Quand tous les fours sont allumés et quand l'IG Farben,

n'est pas au téléphone pour demander des Juifs pour ses usines.

Le Major Hoess effectue un travail particulièrement délicat.

Il doit faire preuve d'efficacité et de discrétion.

Je suis au courant, je ne parlerai pas de ma visite.

Les savants apprennent à être discrets.

Professeur, pourriez-vous trouver un moyen d'éviter cette fumée ?

Les Polonais sentent cette odeur à des kilomètres.

Vous parlez d'un secret !

Quel produit utilisez-vous ?

À travers ce trou, on lâche des cristaux de Zyklon B.

Ils se vaporisent au contact de l'air, tout est réglé en quelques minutes.

Nous avons des problèmes de fonctionnement,

il a fallu que nous organisions notre réseau de distribution.

On a créé un service de vente de tout ce que nous récupérons.

Mais...

Il n'y a que les gros pontes, à Berlin, qui voient l'argent.

Professeur...

Vous venez ?

Ils sont merveilleusement calmes.

Nous avons instauré un système de travail à la chaîne.

Mais je n'arrive pas à respecter le quota.

Ils se déshabillent... On récupère tout ce qui a de la valeur...

On les conduit à la douche... On les brûle et on enterre les cendres.

Remarquablement ingénieux !

- Quand vous voudrez... - Allez-y !

Il faut avancer !

Vous voyez, ce sont des douches. Vous en avez pour cinq minutes.

Ça vous décrassera, ça tuera les poux.

Il y a une paroi vitrée professeur, si vous voulez regarder.

Regarder ? Moi ?

Major Dorf...

J'ai déjà eu l'occasion de regarder.

C'est fantastique,

Absolument fantastique !

C'est dantesque... Un tableau vivant !

Et ses brebis...

Les lamentations dans une synagogue.

Dans les gares, rentrez dans les wagons.

Restez bien en ligne.

Les familles ne seront pas séparées pendant le voyage, ni au camp.

- Asseyez-vous là bas et jouez les malades. - Attention, ils vous ont repéré.

- Ne vous inquiétez pas. - Ils viennent par ici !

Berta, file par derrière. Zalman, accompagnez-la.

- Tout le monde debout ! - Ces gens sont malades.

Silence Weiss ! Allez, debout... Vite !

Que se passe-t-il ici ? À quoi jouez-vous ?

C'est une annexe de l'hôpital.

Ils n'ont pas l'air malades. Vous auriez pu me prévenir.

J'ai prévenu... C'est la pagaille dans votre bureau.

C'est pour les empêcher de partir ? C'est un peu trop gros.

J'ai de la fièvre.

- Pas de traces d'autorisation. - Moi non plus, Capitaine.

Démolissez cette baraque ! Brûlez tout !

Embarquez-les tous dans le premier train demain.

Madame Weiss, il faut que vous veniez avec moi.

- Permettez que nous chantions encore. - Malheureusement, non.

- Puis-je parler d'abord à mon mari ? - Il sera peut-être à la gare.

- Madame... Vous revenez demain ? - Bien entendu.

En attendant aujourd'hui, il faut apprendre votre Shakespeare.

Nous avons bien avancé "La Mégère Apprivoisée."

Aaron... Je te confie la classe.

Il faut absolument continuer vos études.

Il faut être instruit, si vous voulez réussir votre vie.

Au revoir mes enfants.

Avancez ! Serrez les rangs !

Avancez !

Hé ! La voilà !

- Madame Lowy... Monsieur Lowy. - Bonjour.

Je... Je crois que nous allons faire le voyage ensemble.

Chaque fois que je prend le train, je me retrouve avec monsieur Lowy.

Effectivement, nous suivons la même route !

Nous sommes partis de Berlin pour Varsovie, et aujourd'hui...

Un camp de famille, en Russie. Non, ne pleure pas chérie.

De toutes façons, nous avions envie de déménager.

La Résistance perd son imprimeur, Qu'est-ce qui va se passer ?

Eva a appris à se servir de la presse.

Ils vont réaliser de grandes choses. Je regrette de passer à côté.

Et mon frère, vous ne savez pas s'ils l'ont embarqué ?

Il s'est sauvé, il se cache chez Alma.

Montez dans les wagons. Ne traînez pas et serrez bien les rangs.

Les familles resteront réunies pendant le voyage et au camp.

Avancez ! Ne traînez pas !

Les familles doivent rester groupées.

Docteur Weiss... Je regrette.

Attendez, ma femme n'est pour rien dans cette histoire.

Elle... Elle donne des cours, elle peut servir d'interprète.

- Vous pouvez faire quelque chose. - N'y comptez pas docteur.

Je risque ma tête.

Tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça.

Je voulais juste faire mes adieux à notre vieil ami.

- Ils me feront ma fête à moi aussi. - On te la fera avant eux.

Montez dans les wagons. Restez bien en rangs.

Montez dans les wagons.

On ne peut pas dire que c'est l'Orient-Express.

Ma chérie, arrête de pleurer !

J'arrive pas à me retenir. J'ai peur mon chéri.

Avancez ! Et restez en rangs !

- Les familles doivent rester groupées. - Tant que nous serons ensemble,

Ils ne peuvent rien contre nous.

Montez dans les wagons...

Aujourd'hui, on change. Treblinka est plein, tu vas à Auschwitz.

Restez groupés !

Avancez ! Et restez en rangs !

Les familles resteront réunies, pendant le voyage et au camp.

"Aie foi en notre Dieu et tu seras récompensé.

"Entends, Ô Israël, le Seigneur est nôtre.

Le Seigneur est Un."

Tu ne pries pas ?

J'ai jamais appris. Et toi ?

Je ne prie plus depuis que ma famille a été tuée.

Puisse le Dieu d'Israël vous protéger.

Rabbin, remonte-nous un peu le moral. Dans la Bible, il y a quelque chose ?

"David dit alors à ses hommes,

que chaque homme prenne son glaive."

Voilà, ça te convient ?

Moi, j'y verrais que du feu !

- Et moi, je me suis déjà fait peur ! - Bon !

Rudi... Cette fois, n'hésite pas.

Il faut tuer, si tu es obligé.

Hé !

QG du bataillon, les lignes sont coupées, j'ai un message pour le Capitaine.

- Quel capitaine ? - J'en sais rien.

On m'a dit de porter ça. Tiens, voilà !

Von Kalt. Il est bien là, non ?

Von Kalt !

Gloz ? Tout va bien ?

- Donne tes clés, on veut les armes. - Ne tirez pas, tenez !

Les munitions sont là-bas !

- Tu lui fais mal ! - T'as beau être sa femme...

Je te vire d'ici si tu l'ouvres encore !

Vous allez le tuer, avec ces attaques qui riment à rien.

- Serre les dents ! - On a fait un beau coup !

Le plus beau de toute la guerre. Une mitrailleuse, des grenades,

- des médicaments. - J'en ai rien à foutre des armes,

je veux mon mari !

Il recommence à saigner. Une autre compresse !

Cadeau d'un Mauser... Tu montreras ça à tes enfants.

- Tu la feras plaquer en or. - Je t'en prie !

Je te déteste, je vous déteste tous !

Pour vous, tout ça c'est un jeu, mais...

Mon mari est à moitié mort, et tu plaisantes

avec la balle qui a failli le tuer.

J'en ai assez de ce camp pourri, de cette guerre grotesque.

Tu tues un Allemand ou un Ukrainien, et ça t'avance à quoi ?

On sera tous morts l'hiver prochain.

J'en ai assez... Je ne veux pas rester ici.

Je crois que tu opères aussi bien que mon père.

J'aurais voulu le connaître.

Je t'apporte quelque chose qui te fera dormir.

Helena !

Rudi... Tu aurais pu mourir... Et pour quoi ?

Pour leur montrer qu'on a pas la trouille.

Et qu'ils ne peuvent pas continuer à nous tuer comme ça.

Mais ils nous tuent tous les jours. Ils tuent des millions de Juifs.

Y'en a pas un qui se défend. Tout le monde s'en fout.

- Dis-moi que tu m'aimes. - Oui, je t'aime.

Je t'aime.

Mais ils vont revenir un jour, et...

Mais tu as dit qu'on ne peut pas mourir.

Aujourd'hui, je crois que je me suis trompée.

Nous allons vivre... Je te présenterai à ma famille.

Ils t'aimeront autant que je t'aime.

Alors la prochaine fois que tu... Que tu vas te battre,

Je veux aller avec toi !

Non. Pas ma femme.

Je veux me battre avec toi, Rudi.

Je ne veux plus te quitter.

J'en parlerai à Sasha.

- On y va, Weiss. - Me tapez plus dessus.

Je vais crever, je tiendrai pas.

C'est fini, on t'envoie à Auschwitz.

Est-ce que je peux voir ma femme ?

Une demi-heure, pas plus.

Pas la peine de les chercher. Frey n'a pas tenu le coup.

Je sais, Felscher non plus.

T'as de la chance d'être encore vivant.

Ça y est, ils t'ont libéré... Oh, Karl !

Inga !

- Ils t'ont torturé ! - Je suis toujours vivant.

- Tes mains... - Ils voulaient être sûrs...

Que je ne repeindrai plus.

Inga...

On dit qu'on s'habitue aux coups...

C'est pas vrai.

Chéri, arrête, je t'en prie, ne parle plus.

On s'était crié qu'on irait en Italie, visiter les musées, les églises...

Pour s'aider à supporter.

Frey, lui, rêvait d'aller faire un tour à Florence.

À Arezzo.

Nous irons à Arezzo, pour Frey, après la guerre.

Je ne verrai jamais l'Italie.

Je ne me fais pas d'illusions, pour moi, c'est fini.

- Ils ont décidé de m'envoyer à Auschwitz. - Tu n'iras pas, non.

Et si tu y vas, je pars avec toi.

Mais tu ne peux pas ! Il faut que tu le dises à Karl.

Me dire quoi ?

Karl... J'attends un enfant de toi.

Un enfant !

Notre enfant.

- Il ne faut pas le garder. - Oh si, je le veux.

C'est pour ça que Maria dit qu'il faut que je reste ici.

Il y a eu pas mal d'enfants, nés à Teresenstadt.

Je les ais vus.

Les enfants... Marqués pour le restant de leur vie.

Je t'assure que je pourrai l'élever.

Les femmes protégeront Inga. Nous élèverons toutes le bébé.

Inga...

Si tu m'aimes vraiment...

Il faut que tu le tues avant qu'il puisse voir cet endroit monstrueux.

Je veux le garder.

Je t'en supplie.

Il faut que tu me dises de garder notre enfant.

Je ne veux pas d'enfant !

Tu te rappelles, le rabbin a dit que toute vie est une sanctification.

Une étincelle sacrée.

Il faut que tu l'autorises à avoir cet enfant.

Un enfant que je ne connaîtrai jamais.

Tu le connaîtras... Je te le promets.

Tu lui montreras les dessins,

quand il sera assez grand pour comprendre.

Au revoir... Au revoir mon amour.

Au revoir mon chéri.

Arrêtez !

- Arrêtez ! - On ne fait rien de mal,

on a volé personne. Nous ne sommes que des marchands.

- Revenez avant le couvre-feu. - Bien sûr.

Allez !

Quatre revolvers...

Quatre grenades...

Comment voulez-vous qu'on déclenche une révolution avec ça ?

C'est déjà mieux que rien. Nous sommes combien dans le ghetto, Moïse ?

Je ne sais pas, mettons 50 000.

300 000 sont partis pour Treblinka et Auschwitz.

Si nous arrivons à en tuer... On prendra leurs fusils.

On trouvera peut-être une mitrailleuse.

Je ne suis pas sûr qu'ils soient prêts à nous en faire cadeau.

Je ne suis pas convaincant avec cette arme.

Un Juif armé, cela ne fait pas sérieux.

Monsieur Zalman !

- Les SS ont bloqué toutes les rues. - C'est vrai ?

- Ils soupçonnent quelque chose ? - Vous avez été suivis,

ils fouillent toutes les maisons.

- Qu'est-ce qu'on cherche ? - Il paraît qu'ils ont des revolvers.

Enfonce cette porte !

Attention ! Dès qu'ils passent la tête... On tire ! Cachez-vous !

- Enfonce la porte ! - Vas-y, te gêne pas.

- T'as la trouille ? - La trouille d'un Juif ?

- Plus vite ! Tirons-nous, merde ! - Aaron...

Aaron ! On y va... Mon fusil !

Aaron !

Dieu existe ! Les Juifs se battent ! Prends ça !

On ne reste pas là. Dans les tunnels !

On a failli se faire coincer pendant qu'on chargeait les armes.

On en a tué un paquet. Regardez !

C'est parti ! Plus tôt que prévu, mais c'est parti.

Pas la peine de viser, tu...

Tu pointes le canon et tu arroses devant toi.

- Tu me la donnes ? - Quand tu seras plus grand.

Les voilà !

On va se battre dehors. Zalman, Aaron, venez avec moi.

Prends ça !

Aaron !

Zalman !

Ils meurent comme tout le monde !

Je n'en ai jamais douté. Avant, on avait peur de les tuer.

C'est pas croyable, ils s'en vont !

Des mines ! Quelqu'un s'y connaît en mines ?

- Ça vient des Polonais ? Un cadeau ? - Tu parles !

On a payé une fortune.

- Ils vont se battre avec nous ? - Faut pas y compter.

Le moment venu... On sera seuls devant les Allemands.

Zalman, poste des gardes. La guerre est commencée.

Pas besoin de ça pour savoir qui est qui.

Regardez ça : Mode d'emploi de mines.

Je me demande si le Talmud donne des conseils pour ça.

- Où est Berta ? - Elle est par là.

- Berta ? - Oh, Joseph... Oh...

Oh, Joseph... Oh...

Si tu te fais prendre ici, tu vas être puni.

Ne t'inquiète pas, Lowy m'a falsifié un laissez-passer.

- Tu n'as pas le droit de venir ici ! - J'ai appris à mentir moi aussi !

Alors, comment vas-tu ?

Très bien chéri.

Le bruit court qu'on va nous donner du travail à IG Farben.

Paraît qu'ils manquent de pianistes !

- Joseph... - Berta, ils nous mènent une vie d'enfer,

mais il faut garder confiance, essayer de vivre.

Je pense souvent... aux enfants, à Inga.

- Moi aussi. - Je crois qu'ils sont vivants.

Si l'un de nous... doit mourir ici,

l'autre doit tout essayer pour les retrouver.

Il faudra rester avec eux, les aimer.

- Tu comprends ma chérie ? - Oui Joseph.

C'est parce que nous sommes une famille,

mais surtout parce que nous sommes Juifs.

Qu'ils essayent désespérément de nous détruire.

C'est sûrement parce que nous avons une certaine valeur.

On peut peut-être apprendre quelque chose à quelqu'un.

Avance ! Tu vas avancer, bon Dieu !

Hé, les hommes n'ont pas le droit d'entrer ici !

Je m'en vais...

Trouve-lui une place, elle est dingue. Elle parle pas.

- Que lui avez-vous fait ? - Nous, rien.

Elle est arrivée par le train d'hier.

- Ils ont emmené ses parents à la douche, - Elle les a regardé partir.

À la douche... On connaît.

Occupe-toi d'elle, elle va pas traîner longtemps.

Sofia Alatri, Milan, Italie.

On s'était fait à l'idée d'être un troupeau anonyme.

Nous qui étions des êtres humains, avec des noms,

des maisons, des familles.

C'est la meilleure façon de nous tuer.

On commence par nous déporter...

- Ensuite, on va plus docilement à... - C'est pas vrai !

Ça n'existe pas, c'est pas possible ! C'est seulement pour se doucher.

Pauvre Sofia !

Elle me rappelle Ana. Comment peut-on être aussi cruel.

Ça remonte à loin, m'a dit mon mari.

Quand on ne sait pas quoi faire, on tue un Juif.

Tu peux me parler, ma chérie... Je suis ton amie.

Regarde.

Les photos de mes enfants. Ils sont magnifiques... Comme toi.

Ça c'est Karl... Inga.

Ça c'est Rudi. Il te plairait, Rudi.

Il a vingt-quatre ans aujourd'hui. Il a un charme...

À côté de lui, c'est Ana.

Elle... Elle est plus âgée que toi.

J'ai peut-être plus peur que cette pauvre fille.

- J'ai honte de le montrer. - Vous n'avez pas à avoir honte.

Enfin, peut-être qu'ils nous donneront du travail demain.

Pauvre chérie, tu es gelée.

Tu veux me parler de l'Italie ? De Milan...

Elle ne s'en souvient pas, c'est peut-être mieux comme ça.

Tu es magnifique... Tu ressembles à Ana.

- Allez ! Dehors tout le monde ! - Pourquoi ?

- On va nous donner du travail ? - Sortez ! N'ayez pas peur !

Secouez-vous un peu !

C'est pour aller travailler ? Qu'en pensez-vous ?

Non... Je ne pense pas.

Allons !

Dehors !

Allez ! Allez ! Allez !

- Arrêtez, ce n'est pas nécessaire. - Elle est foldingue.

Laissez-la, elle va venir avec moi.

Avancez ! Avancez !

- Je fais très bien la cuisine. - Avance !

- On peut m'employer comme cuisinière. - Avance !

- Vous nous emmenez où ? - T'occupe pas, avance !

Avancez ! Dépêchons... Dépêchons !

Tu ressembles à Ana.

Réveillez-vous un peu ! Déshabillez-vous entièrement !

Vous allez prendre une bonne douche.

Dépêchez-vous ! J'ai pas que ça à faire !

Allez ! Déshabillez-vous !

Vous allez prendre une bonne douche !

Ça ne va pas être long. Vous reviendrez dans dix minutes.

Inutile de mentir. Je suis Berta Weiss, la femme du docteur Weiss.

Le mari de mon amie est Franz Lowy.

Il travaille comme cantonnier.

Dites-leur ce qui s'est passé.

Avancez ! Avancez !

Les mères, prenez vos enfants dans les bras. Qu'ils respirent profondément.

Ça leur fera du bien...

La désinfection ne prend que dix minutes. Dépêchez-vous !

Avancez ! Par ici !

Viens par ici ! Serre-moi fort, viens !

Ce sera vite fait Sofia, serre-moi fort, c'est tout,

je te protégerai.

Tu vois, c'est une salle de douche normale.

Au revoir Joseph, au revoir mon amour.

- Ça va pas Docteur ? - Si.

J'ai la tête qui tourne un peu.

Vous n'avez pas l'air bien, vous devriez aller à l'infirmerie.

Ça, je ne crois pas.

Tant que nous travaillons, nous restons vivants.

Ce type là-bas est un ingénieur civil, il n'est pas comme les autres.

Il épargne nos vies, tant que nous travaillons.

Non, il prend des risques. Les SS le harcèlent tous les jours,

pour qu'ils se débarrasse des Juifs. Il en cache trois cent.

Vous avez raison...

C'est pas juste de ma part, il semble capable de sentiments.

Ça ne va pas ?

Si, si... Ça va très bien.

Je préfère travailler ici, sinon j'irai aux douches.

- Quel est votre nom ? - Joseph Weiss.

- Docteur Joseph Weiss. - Vous êtes docteur ?

Oui... J'avais un cabinet à Berlin.

Occupez-vous donc du feu.

Allez !

J'en pouvais plus, merci beaucoup.

- Alors, tout va bien ? - Assez bien, merci.

Attendez... Le réveillon de Noël à Berlin, c'est ça.

Exactement, avec Marta et les enfants. Ça me fait plaisir de te revoir.

Tout le plaisir est pour moi, oncle Kurt.

Viens, j'ai du café à l'intérieur, Viens !

Vos routes sont importantes pour nous.

Comme nos précautions sanitaires. L'épidémie s'étend à Auschwitz.

Tu parles de ceux qui gardent les prisonniers je suppose.

Ça leur ronge le cerveau... ou l'âme.

Vous jouez encore plus les vertueux outragés, qu'autrefois...

- Tout ce que nous faisons est nécessaire. - Arrête !

Garde tes mensonges pour les Juifs que vous massacrez.

Vous leur mentez jusqu'à la dernière minute.

Pourquoi vous les obligez à se déshabiller entièrement ?

Vous ne pouvez même pas les laisser mourir dans la dignité !

J'ai vu des SS faire des plaisanteries sur ces pauvres femmes nues.

Ce sont des criminels, des ennemis,

s'ils se déshabillent entièrement, c'est une question d'hygiène.

J'ai entendu que le ghetto de Varsovie avait osé se révolter.

Ces pauvres gens malingres, affamés, désarmés,

osent défier la race supérieure.

Ça me redonne confiance dans la divine providence.

On m'a dit que vous utilisiez des Juifs pour les travaux,

alors qu'il y a des russes et des polonais disponibles.

- Et alors ? - Vous n'avez pas le droit.

Les Juifs suivent un traitement spécial.

Nous vous enverrons des soldats russes, costauds et pas très malins.

Non !

Vous accordez des faveurs à des ennemis du Reich.

Les enfants de ces Juifs pourraient se dresser et détruire l'Allemagne.

Moi, je devrais t'étrangler en souvenir de ton père.

Tu veux combien de morts ? Un million ?

- Deux millions ? - Nous sommes obligés de les tuer.

S'arrêter maintenant, serait reconnaître notre culpabilité.

Si nous continuons, nous prouverons que nous nous consacrons à notre mission.

Que tout ce que nous avons fait avait une nécessité morale et historique.

- Essayez de comprendre ! - Je comprends trop bien !

Fous-moi le camp d'ici !

Elles ne sont plus là.

Vous n'avez pas le droit d'entrer !

Pardon... Ma femme et madame Lowy sont parties ?

J'y suis pour rien... J'obéis aux ordres, comme tout le monde.

Les monstres... Les monstres !

Pourquoi on les laisse faire ?

Pourquoi ? Pourquoi jamais personne...

n'a encore osé leur dire non ?

C'est la Pâque mon vieux.

Nous sommes le 19 avril 1943.

J'ai pas oublié.

Malheureusement, nous n'aurons pas de Seder.

Nous aurions pu assister à celui que les SS nous ont proposé hier soir.

Je sais, j'ai entendu leur annonce.

Quelqu'un a accepté ?

- Pas même le prophète Élie ! - J'aurai peut-être dû y aller...

Quand j'étais jeune, c'est mon frère, qui posait les quatre questions.

Peut-être que les SS m'auraient accordé cet honneur...

Possible... Juste avant de te fusiller.

Dieu seul sait où il est, mon pauvre frère.

- Et Berta... - On aurait besoin du docteur.

- Pour soigner les blessés ? - Oui.

- Je serais partisan de tuer les blessés. - C'est toi qui dit ça !

Je suis plus lucide qu'il y a un an.

À ton avis, nous avons combien de soldats avec nous ?

- Près de quatre cents, armés. - Et les autres ?

On peut encore compter sur quelques centaines de courageux.

Mais tout le reste du ghetto... Est terrifié.

Moi aussi.

- J'étais pas fait pour jouer du fusil. - Personne ne l'était.

Tiens, demain c'est l'anniversaire d'Hitler.

Oui.

Himmler a promis de lui faire un cadeau somptueux.

Varsovie va être débarrassée des Juifs pour fêter cet événement.

Les bougies de son gâteau.

Je n'aurai jamais cru qu'un jour, je me résignerai à mourir.

Ça m'est égal.

- Je meurs un fusil à la main. - Attention, éteins !

- Je fais le ménage pour la Pâque. - Éteins ça tout de suite !

Remarque, je ne critique pas, mais je ne sais pas quoi dire.

Ils sont à l'heure, comme toujours.

Joyeuse Pâque à nos amis juifs...

Venez en paix, nous vous organiserons un Seder.

Arrêtez cette bataille ridicule. Déposez les armes.

Ceux qui vous ont entraînés à combattre, vous ont trahis.

Joyeuse Pâque à nos amis juifs...

Venez en paix, nous vous organiserons un Seder.

Ils ne partent pas, ils reviennent en force.

Comme d'habitude, notre police du ghetto marche en tête.

Juste devant les Lituaniens.

- Réserve tes balles pour les Allemands. - T'inquiète pas pour ça.

Un jour je pourrai dire à un SS lituanien, que je lui ai sauvé la vie.

Feu !

En arrière ! En arrière !

En arrière ! En arrière !

Arrosons-les pour fêter leur départ.

Regarde-les détaler.

Zalman, pour la première fois de ma vie je sens couler le sang du roi David,

- dans mes veines. - N'exagère pas !

D'accord, disons, une ou deux gouttes.

Partageons ce qu'il nous reste du vin de Pâque,

- Non, c'est à vous. - Je vous en prie.

Vous en avez besoin.

"Pourquoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres ?

"Toute autre nuit nous aurions pu manger toutes sortes de pains.

"Mais cette nuit, nous mangerons du pain sans levain.

"Toute autre nuit, nous aurions pu manger toutes sortes d'herbes.

"Mais cette nuit, nous ne mangerons que des herbes amères.

"Toute autre nuit, nous mangeons assis ou allongés,

Cette nuit, nous mangerons allongés."

"Nous étions réduits à l'esclavage par le Pharaon d’Égypte,

"et le Seigneur, notre Dieu, de sa main puissante...

Nous entraîna hors d’Égypte..."

Ils reviennent en force !

"Béni soit celui qui a conduit nos ancêtres hors d’Égypte...

"Les enfants de nos enfants seraient toujours opprimés...

"Béni sois-tu, Éternel, notre Dieu, souverain de l'univers..."

"Cette nuit, nous mangerons le pain sans levain et les herbes amères..."

"Puisse atteindre, la maison dans cette ville...

"Nous nous réjouissons de te servir.

"Nous pourrons un jour manger l'agneau pascal,

"dont le sang jaillira et baignera ton autel,

et nous insuffler..."

"Béni sois-tu, Éternel, notre Dieu, qui a pardonné à Israël"

Allez-y !

Feu !

- Emmène-les ! Trouve-leur un abri ! - Prenez l'escalier de secours.

Il faut qu'on parte ! On pourra pas tenir plus longtemps !

- Vous nous couvrez ? - Oui, allez-y, dépêchez-vous !

On va faire un carton, vite !

Économise les cartouches !

Eva ! Le drapeau !

C'est pas croyable, regarde... Les SS qui battent en retraite.

Qu'est-ce que tu en penses, Weiss ?

Nous avons battu les Philistins à plate couture.

Je sais que les maisons sont en ruines, mais essayez de les trouver.

Nous aussi on a besoin de médicaments.

Pas question de se rendre ! Etzvi...

Débrouille-toi pour appeler la résistance polonaise.

Il n'ont jamais rien fait pour nous, ils vont peut-être se décider.

Combien de jours ?

On est le 8 mai, on se bat depuis le 19 avril.

Ça fait vingt jours et on tient le coup.

On n'a pas donné de cadeau d'anniversaire à Hitler.

Oh mais si...

Mais ce n'est pas celui qu'Himmler lui avait promis.

Des milliers de femmes et d'enfants brûlés vifs, meurent dans les décombres.

Des torches humaines se jettent des fenêtres.

Mais nous poursuivrons la lutte.

Nous luttons pour vos vie et votre liberté.

Un jour, nous vengerons Auschwitz, Treblinka...

Belzec et Maidanek.

Vive la liberté.

Mort aux assassins nazis.

Nous lutterons jusqu'au dernier souffle pour vaincre les barbares.

Il faut que tu essaies de passer ça.

- Je vais t'accompagner jusqu'à l'entrée. - D'accord.

Notre dernier morceau de papier...

- Je n'ai jamais été un modèle de courage. - Moi non plus.

J'ai appris quelque chose.

Nous mourrons tous. Alors, compliquons-leur le travail.

Il est mort ! Il l'ont eu... Y'en a partout ! On est encerclés !

Le gaz !

Alors, c'est fichu !

- Les pilules... - Il y en a pas assez pour tous.

Peut-être que certains préfèrent partir.

Ils sont libres de courir leur chance. Quand aux autres...

Je reste !

- Vous voulez essayer de sortir ? - On a peut-être une chance.

Très bien... Alors, je vous conduis.

Zalman...

- Au revoir ! - Au revoir, Moïse.

Dommage qu'on ne se soit pas connus plus tôt.

- On se retrouvera peut-être bientôt. - Il y a des chances.

J'ai un prénom qui convient...

Mais je ne vous conduis pas vers la Terre Promise.

Suivez-moi !

Sortez ! Dehors... Levez les mains !

Avancez ! Dépêchez-vous !

On ne vous fera pas de mal.

Levez les mains ! Contre le mur !

Gardez les mains en l'air !

Alignez-vous contre le mur !

Aaron, donne-moi la main.

Tout le monde se donne la main !

Prêts !

En joue !

Feu !

- Mon dieu ! - Des problèmes ?

C'est horrible, notre rue a été bombardée.

Heureusement, nous étions dans les abris, nous avons été prévenus,

et personne n'a été blessé.

Malheureusement, notre appartement a beaucoup souffert,

Surtout notre superbe piano.

Tant que personne n'a été blessé...

- Un piano peut être remplacé. - Aucune rumeur de Berlin ?

Je ne suis plus dans le secret des dieux.

- Le père Lichtenberg est mort. - Lichtenberg ?

Ah oui, ce prêtre de Sainte-Edwige.

Ma femme dit qu'il est mort dans un camp.

- Vous l'aviez mis en garde, Major. - Oui.

Cette odeur parvient jusqu'ici, impossible de déjeuner.

On y peut rien, on traite douze mille personnes par jour.

J'ai quarante-six fours, et ils n'arrêtent pas.

Vous n'êtes pas le seul à avoir des problèmes,

Je me suis encore battu avec les généraux, hier.

Ils se plaignent que je réquisitionne les trains pour expédier les Juifs.

Hoess, qu'avons-nous convenu pour l'utilisation des Juifs ?

Les travaux ? Ils sont réservés aux polonais et aux russes.

Les Juifs ont droit au traitement spécial.

On m'a dit que des Juifs travaillaient sur les routes.

C'est une erreur, les Juifs ont droit au traitement spécial.

Il y a un type qui vient de Varsovie, il a dit que...

Les Juifs se sont battus trois semaines.

Il a fallu sept mille soldats pour les écraser.

Il connaît nos amis ? Non, il n'a pas participé à la bagarre.

C'est pour ça qu'il est encore vivant.

- Qui a donné l'ordre ? - Le Commandant.

- Pour quelle raison ? - Demandez-lui.

- Ils partent de suite, vous les emmenez. - Oui,

Le Major Hoess a dit que chaque homme serait remplacé.

Halte ! Attention, colonne par deux.

- Où nous emmène-t-on ? - À l'épouillage.

C'est fini, monsieur Lowy.

Nous avons fait une longue route ensemble,

Berlin, Varsovie... Auschwitz... C'était pas des vacances.

Non effectivement.

Vous avez été un ami fidèle, à propos...

Vous avez été un de mes meilleurs patients,

- vous avez toujours payé rapidement... - Emmenez-les !

Pourquoi on continue à leur obéir, nous sommes fichus.

- Oui, qu'ils aillent se faire voir. - En avant... Marche !

Donnez-moi la main, s'il vous plaît,

je suis aussi nerveux qu'un enfant le premier jour d'école.

Monsieur Lowy, vous ne vous êtes jamais occupé de votre vésicule biliaire,

Je vous avais pourtant prévenu il y a longtemps,

- ça remonte à votre première consultation. - Je pensais me faire soigner au printemps.

C'est pas une façon de mourir bien agréable.

- C'est peut-être vraiment un décrassage. - Peut-être.

J'ai été imprimeur toute ma vie, j'ai encore de l'encre sous les ongles.

Enfin, il est possible que ces pamphlets aient servis.

J'en suis certain.

Attends ! Arrête le camion !

- Quelqu'un les a prévenus. - On attaque ?

Non, on dégage, vite... On rentre au camp.

- On peut les descendre. - J'ai dit non !

On rentre !

Helena ! Helena !

Helena ! Hel...

- Je ne parle pas russe. - Tu as compris quelque chose ?

On dirait que vous préparez une offensive.

- Tu t'appelles comment ? - Rudi Weiss.

- Allemand ? - Juif.

On est de l'Armée Rouge, 51ème division.

Weiss... Si t'es un espion...

- Il va falloir qu'on te tue. - Je suis pas un espion.

Si vous préparez une offensive, je veux un fusil,

j'ai été chez les partisans pendant deux ans.

Quel groupe ?

Celui de l'oncle Sasha, il était toubib à Koretz.

Tu as participé à des coups de main ?

On a tendu trois embuscades aux SS ukrainiens à Zitomir,

et on a attaqué leur QG à Kremisch.

On s'est fait piéger en attaquant un convoi de ravitaillement.

Ma femme s'est fait tuer.

- On est où ici ? - Sobibor, à l'Est de la Pologne.

Ils gazent deux mille Juifs par jour, ici. Ils brûlent les corps.

Les cendres recouvrent tous les champs de la région.

On dit que les SS dorment sur des oreillers bourrés de cheveux de Juifs.

Je lui fais confiance,

il a la tête d'un vrai partisan.

À Babiyar, tous les corps ont été déterrés et brûlés.

- Les 30 000 ? - Plus de 100 000.

Les 33 000, les deux premiers jours, mais depuis...

Ça parait bien loin aujourd'hui.

- Eichmann ? - Je réclame la priorité pour les trains.

L'armée ne peut pas continuer à les réquisitionner.

- Hoess ? - Auschwitz fonctionne...

On est un peu débordés, mais ça fonctionne.

- Dans le plus grand secret ? - Dans la mesure du possible.

Qu'est-ce que c'est ces rapports... Ces rébellions ?

- Des Juifs qui se battent ! - Il n'y a pas de résistance à Varsovie.

Quelques groupes qui ont tous été liquidés.

Il y a eu quelques cas dans les camps mais rien d'important.

Les Juifs semblent vouloir nous faciliter leur extermination.

Restructuration.

Major Dorf... Notre spécialiste de la sémantique,

Nous n'entendons plus parler de vous depuis votre mission à l'Est.

Votre enthousiasme s'essoufflerait-il ?

Je suis plus enthousiaste que le jour où j'ai prêté serment.

Parfait... Parfait.

Messieurs, je suis prêt à écouter vos suggestions

sur la façon de procéder au démantèlement de tous ces camps.

Je n'insinue pas que l'Allemagne puisse être vaincue, comprenez-moi.

- Le démantèlement, Reichführer ? - Oui, notre travail sera bientôt terminé.

Une Europe libérée des Juifs.

Il est vraisemblable que les camps deviendront inutiles.

Pardonnez-moi Reichführer...

- Mais, pourquoi ? - Comment, pourquoi ?

Pourquoi effacer les preuves ?

Pourquoi faire déterrer plus d'une centaine de milliers de cadavres,

pour les brûler, à Babiyar ?

Pourquoi démanteler Auschwitz ?

Ne serait-il pas préférable de les conserver intacts,

d'ériger des monuments pour service rendu à l'humanité ?

Major, vous n'avez pas compris.

- Je n'ai à aucun moment... - Le Führer a dit,

que nous avions été élus pour achever l'œuvre du christianisme,

et défendre la culture occidentale.

Je sais, Major Dorf...

Mais, certains pourraient se méprendre.

Les Juifs vont nous calomnier.

Non ! Il faut que le monde sache la vérité.

Nous devons distribuer les films... Les photographies,

des témoignages...

Nous devons expliquer logiquement et rationnellement,

pourquoi notre mission était une nécessité morale et raciale.

Nous n'avons commis aucun crime...

Nous avons tout simplement suivi...

La logique de l'histoire européenne,

et d'éminents philosophes et hommes d'église,

peuvent témoigner pour nous défendre.

Un dossier peut être établi pour Auschwitz.

Je suis juriste, je saurai le présenter.

Non messieurs. Ni honte, ni excuses.

Ne pleurnichons pas sur les cadavres des Juifs.

Nous devons expliquer clairement au monde,

que nous nous sommes dressés entre la civilisation

et le complot juif, pour dominer le monde.

Pour détruire toute dignité.

Nous sommes les seuls...

Les seuls...

à avoir eu suffisamment de courage...

Le Major a souligné un point intéressant. Il faut que nous soyons convaincus,

que nous avons accompli notre tâche par amour pour notre peuple,

et que nous avons su préserver l'intégrité de nos consciences et de nos âmes.

Nous sommes restés des êtres dignes et humains,

et nous pouvons en être fiers.

Je connais ce type là !

Karl !

Karl Weiss ! L'artiste de Berlin !

On a travaillé à l'atelier de couture de Buchenwald.

Ensuite, ils t'ont envoyé à... Theresenstadt.

Tu te souviens du jour où on s'est battus avec un kapo, pour du pain ?

Tiens ! Tu avais une femme chrétienne.

Elle te faisait parvenir des lettres, par un sergent.

- Inga... - Oui !

Mais ça t'ennuyait un peu, parce que...

Tout est fini maintenant, tu as de la chance d'être en vie.

Les Américains avancent partout en France,

les Russes sont en Tchécoslovaquie, à Budapest.

- Les Nazis sont foutus ! - Mon père...

- On dit qu'ils vont bientôt nous relâcher. - Mon père...

Et ma mère...

On ne peut plus rien pour eux.

Bon dieu, qu'est-ce qu'ils t'ont fait aux mains ?

Papier... Crayon...

Je n'ai trouvé que ça.

Merci.

Je te reconnais Weinberg, tu étais un copain.

C'est exactement ce que je ressens... Depuis longtemps.

Alors, mes bottes sont prêtes ?

J'attends mes bottes !

Qui est-ce ?

- On arrivera pas là-haut. - Laissez-moi essayer.

Nous partons vers l'Est, l'Armée Rouge ne doit pas être loin.

- Tu viens avec nous ? - Non, je dois retrouver ma famille.

- Les Allemands vont t'arrêter. - T'inquiète pas.

- Au revoir Barski. - Merci.

Tous les prisonniers sortent des baraquements.

Je répète, tous les prisonniers sortent des baraquements.

Évacuation générale.

- Weiss ! - Évacuez les baraquements !

Weiss...

Il avait tenu jusqu'au bout.

Tu me pardonnes si je te prends ça ?

Tu n'a plus besoin de ça non plus.

J'étais un intermédiaire sous les ordres d'Heydrich et Kaltenbrunner.

Je transmettais les ordres, j'étais un courrier.

Un courrier...

Si vous me parliez de ces photographies ?

Des exécutions.

C'était probablement des saboteurs... Des résistants.

Probablement.

Vous connaissez les lois de la guerre, c'est triste,

mais il arrive que des innocents se fassent tuer.

Je n'étais pas au courant de ces agissements.

Et ça, Major ?

Je ne suis pas très sûr... Des cadavres, manifestement.

Nous avons vingt-quatre témoins prêts à certifier sous serment,

que vous avez participé à l'organisation des chambres à gaz, à Auschwitz.

Et dans d'autres camps de la mort.

Ils vous auraient vu assister à certaines exécutions.

J'ai pu effectivement assister quelquefois,

en tant qu'envoyé spécial de Berlin, mais je ne prenais pas de décisions.

Elles étaient prises à Berlin.

Les Juifs devaient être exterminés.

Si on leur avait permis de se rassembler,

leur fortune et leur influence auraient pu détruire l'Allemagne.

C'est pour cette raison, que...

bien que ce soit regrettable,

il fallait aussi exterminer les enfants.

Les enfants...

Oui... Il fallait tuer les enfants, sinon...

Si j'avais le pouvoir, Dorf, je vous logerais une balle dans la tête.

Mais comme on est en démocratie, on va vous juger.

Les Russes et les Polonais vous réclament.

- Je ne comprends pas. - Un procès loyal.

Je préférerais vous filer aux Juifs.

Aux parents de ces enfants, s'ils sont encore vivants.

Vous ne respectez pas mes droits. Je suis juriste.

- Je connais mes droits. - Regardez ça...

Si vous avez des commentaires, appelez-moi.

Je vais chercher une sténo.

Un toubib, vite !

Soyez certaine, chère madame Dorf,

que votre mari est mort en héros, au service du Reich.

Nous, ses amis, nous honorerons sa mémoire,

et nous perpétuerons la grande tradition qu'il incarnait.

- Il n'y a pas de signature. - Il n'y a pas un mot de vrai.

Qu'est-ce que vous dites ?

Marta, Erik s'est suicidé. Les Américains allaient le juger.

Il aurait été exécuté ou condamné à perpétuité.

Vous le détestiez !

- Vous mentez car vous le détestiez. - Non, pas toujours.

Je ne le déteste plus, j'ai été aussi mêlé de trop près à ces monstruosités,

pour me permettre de le juger.

Fous le camp ! Mon père était un héros !

Peter, il ne faut pas fermer les yeux,

- ni toi, ni ta mère, ni Laura. - Tais-toi !

Ton père était un criminel de guerre.

Ses complices qui paradaient en bottes et en uniformes noirs,

N'étaient que des machines à tuer.

Quelles carrières héroïques ! Ils ont fusillé, gazé, torturé,

- Maman, fais-le partir ! - Kurt !

Allez-vous en !

Je ne veux plus jamais vous revoir ici !

Comment osez-vous salir le nom d'Erik !

Vous devriez plutôt prier pour le salut de son âme.

Ma pauvre Marta, je laisse ce soin à d'autres,

Je savais, je n'ai rien fait, j'ai préféré croire les mensonges.

Il faut nous voir tels que nous sommes et reconnaître ce que nous avons fait.

Je ne veux plus me taire.

Au revoir, Marta.

Au revoir, les enfants.

Les enfants...

Il faut allumer un cierge en l'honneur de votre père.

Rudi ? Rudi !

Rudi !

Inga !

Inga !

Le fils de Karl... Je l'ai appelé Joseph.

En souvenir de ton père.

Il ressemble à Karl. Tout le monde le dit.

Je trouve qu'il ressemble plutôt à Churchill !

Tu n'as pas changé... Ça fait bien longtemps !

Ça fait sept ans.

Je me souviens du jour où tu as quitté Berlin.

Tu es parti seul dans la nuit.

Joseph un petit sourire ! Je suis ton oncle Rudi.

Rudi !

Je suis passé par Auschwitz après la libération des camps.

On m'a parlé de Karl. Il a été torturé.

On m'a dit que c'était à cause de dessins.

Je vais te les montrer.

On t'a appris, pour ton père et ta mère ?

Oui.

Ils sont morts là-bas, comme des millions d'autres.

Tu peux me détester, parce que je suis Allemande.

Non, Inga... Je ne te déteste pas.

Je n'éprouve plus rien, ni haine, ni amour,

comme les zombies que j'ai vu dans les camps.

Non, non, pas toi Rudi... Jamais.

Je me suis marié chez les partisans, avec une Tchèque.

Elle a été tuée, j'ai du laisser son corps en Ukraine,

Je n'essaierai jamais d'y retourner.

Ce qui compte, ce sont les heures passées avec elle, quand elle vivait.

Je ne les ai pas assez appréciées.

- Je suis désolée, Rudi. - Qu'est-ce que tu vas faire ?

Je repars pour l'Allemagne, avec lui.

Je ne pense pas y rester très longtemps.

Apprends-lui à... Ne jamais avoir peur.

- Karl dessinait comme ça ? - Ton frère avait du talent.

Nous allons offrir ces dessins, au musée de Prague.

Ils seront les témoignages de ces atrocités.

- Ils l'ont torturé pour ça ! - Si tu l'avais vu...

Ils lui avaient broyé ses mains, si fines.

- Et ça ? - Son dernier dessin.

Un certain Weinberg qui l'avait connu à Buchenwald et Auschwitz, me l'a envoyé.

Il avait les mains broyées ?

Il avait demandé à Weinberg de quoi dessiner,

il est mort peu de temps après.

Il fallait toujours que je le défende dans la rue,

il était maigrichon et il avait toujours la frousse.

- On a déçu papa. - Non, dis pas ça,

je sais que ton père vous aimait très fort tous les deux.

C'est peut-être l'amour qui nous a mis dans le pétrin,

la confiance, la foi dans l'homme...

Je t'en prie, dis pas ça, c'est trop grave.

- Et toi, où tu vas ? - J'en sais trop rien.

Je ne suis plus personne. Pas de papiers...

- Ne famille, ni pays. - Au revoir mon petit frère.

Au revoir Inga.

Maria !

Au revoir Churchill !

- Ils se débrouillent bien ! - Des Juifs grecs.

Leurs familles ont été massacrées à Salonique,

les Nazis avaient tenu à fêter leur départ.

- Tu es Rudi Weiss ? - Comment le savez-vous ?

Il n'y a pas de secret dans les camps libérés, surtout pas chez les Juifs.

Je m'appelle Levin, je suis agent juif pour la Palestine.

- Je connais quelques détails sur toi. - C'est-à-dire ?

Tu étais chez des partisans, on dit que tu t'es évadé de Sobibor...

Que savez-vous encore ?

Tes parents et ton frère ont été tués à Auschwitz,

- ta femme en Ukraine. - Vous savez tout.

Dis Weiss... Tu veux du boulot ?

Puisque vous me connaissez si bien, vous savez que je n'ai pas fini mes études.

Pour ce boulot... T'en n'as pas besoin.

- Il nous faut un berger. - Un berger ?

On a quarante orphelins grecs, comme eux.

Nous avons besoin de les faire passer en Palestine.

Ça t'intéresse ?

Je ne parle pas le grec, ni l'hébreu,

- je ne suis même plus sûr d'être juif. - Tu le seras un jour.

Ce ne sera pas aussi dangereux qu'avec les partisans, mais...

Ce ne sera pas une promenade de santé.

On va t'avoir un passeport.

Hé ! Regarde à qui tu passes !

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