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2ème PARTIE
Docteur !
Ils ne mangent pas assez pour résister à la maladie.
- Nous avons reçu les rations aujourd'hui ? - Encore reportées.
J'en parlerai au Conseil.
Nourrissez seulement ceux qui ont une chance de vivre.
Docteur ! Docteur !
Docteur ! Docteur Weiss ! Docteur Weiss !
- Votre femme, je viens de la voir. - Ma femme ?
Elle est arrivée avec le dernier convoi.
- Je l'ai reconnue toute de suite. - Berta !
Varsovie 1941.
Berta Weiss, vous la connaissez ?
Berta Weiss...
Berta !
- Berta ! - Enfin !
Berta, mon amour, ma chérie.
- Joseph, Joseph ! - Ma chérie !
Viens chérie, je vais te montrer où nous habitons.
Mais il faut que je m'inscrive.
Toujours respectueuse de la loi !
Cela peut attendre. Même dans ce ghetto, la bureaucratie est inefficace.
Par contre, nous avons un café.
Pas tout à fait l'hôtel Adlone,
Dès qu'il y a deux juifs, ils pour parlent...
On n'y sert plus de café depuis longtemps,
mais nous pouvons nous asseoir et bavarder.
Ça nous rappellera quand tu étais étudiant.
Je vous en prie, donnez quelque chose pour mon bébé.
Nous allons prétendre que c'est le cour Fursendham.
Joseph, tu ne dois pas me cacher quoi que ce soit.
- Je te jure que je ne te cacherai rien. - Plus tard.
On se débrouille ici.
- Il y a du travail, une communauté... - Ne me joue pas la comédie.
J'ai vu les mendiants et entendu parler des fusillés.
Ils vont arrêter, Goering lui-même va y mettre fin.
Ce n'est pas gentil de te moquer de moi, Joseph.
- J'en ai trop vu ces dernières années. - Nous sommes tous dans le même cas.
Parle-moi des enfants.
- Ana... - Joseph...
- Ana est morte. - Ana...
- Ana... Mais où ça ? Comment ? - Pneumonie.
- Ça a été rapide, elle n'a pas souffert. - Mais où et comment ?
À l'appartement, elle est tombée malade.
Nous... Nous n'avons pas pu trouver de médicaments.
Elle est morte paisiblement dans son sommeil.
Joseph, pleure si ça t'aide à supporter, mais elle est morte et...
- C'est peut-être mieux ainsi. - Mieux !
La vie est préférable à la mort.
Je n'en suis plus très sûre maintenant.
- Et les hommes ? - Rudi s'est enfui.
J'ai reçu une lettre, il a pu aller à Prague.
Il dit de ne pas nous inquiéter. Tu connais Rudi.
- Rudi, l'indestructible. - Le bagarreur des rues.
J'aurais du passer plus de temps avec lui.
- Et... Karl ? - Karl est toujours à Buchenwald.
Inga a su qu'il était...
aussi bien qu'on peut l'espérer dans ce cas.
Joseph, nous n'avons pas le droit de nous apitoyer sur nos malheurs.
Tu as raison.
Je... Je vais m'arranger pour que tu t'occupes de l'école de musique.
- Moi ? - Oui, bien sûr.
Tu vas être très étonnée par les enfants de Varsovie.
Ils n'ont rien dans l'estomac, mais ils donnent des concerts, ils s'amusent.
Joseph, je crois que je ne t'ai jamais autant aimé.
Je t'aime plus que jamais.
Mon Dieu...
Je te regarde et je vois Ana.
Il ne faut pas.
Allez, viens !
Tu vas me montrer les quartiers chics de la ville.
Halte !
- Sergent Müller ? - Soldat Richter, porte F.
Vous pourriez recevoir une visite ?
- Madame Weiss. - Oui.
Oui Sergent.
Garde... Ouvrez !
Bonjour.
- J'ai reçu ta lettre. - Comment ça va Inga ?
Tu sais pourquoi je suis venue ?
Retourne à ton poste, grouille !
- Viens dans la pièce pour visiteurs. - Je voudrais voir mon mari.
On va en discuter à l'intérieur.
Tu disais dans ta lettre que tu pouvais t'arranger.
La sécurité est renforcée. Je suis muté depuis deux mois, et...
J'ai pensé que je devais faire plaisir à une vieille amie.
Je voudrais voir mon mari. S'il te plaît.
Je ne te fais pas peur ?
Non... Je n'ai pas peur de toi.
Ce n'est pas une pièce pour les visites. C'est ta chambre !
Allons... Assieds-toi.
Tu veux... Une cigarette ?
Du Cognac ? Du café !
De la grande qualité, attention.
- Rien n'est trop bon pour nos soldats. - Je veux voir Karl !
T'es vraiment toujours entêtée !
Comment va-t-il ? J'espère qu'il est toujours tailleur.
Malheureusement non... Ce...
Cet idiot s'est battu avec un prisonnier et il a été puni.
Ils l'ont muté dans la carrière. Il travaille dur, pioche, creuse...
Tu m'as menti !
Je ne pourrai pas le voir.
Ils l'ont fait travailler jusqu'à ce qu'il meure.
- On raconte des tas d'histoires atroces. - Ce sont des calomnies.
Il travaillent, alors, ils sont nourris.
Ne pleure pas.
Ne pleure pas.
Je vais t'aider.
- Tu peux lui donner une lettre ? - Pourquoi pas ?
Et s'il t'en donne une, tu me l'enverras à Berlin ?
Je peux m'arranger.
Nous ne sommes pas des monstres. On a un travail à faire.
- C'est plus qu'un simple travail. - Non, je fais un boulot.
Tu me connais depuis longtemps. J'ai assisté à ton mariage.
J'ai passé une époque difficile, pas de travail pendant des années.
J'avais pas de père assez riche pour aller aux Beaux-Arts.
Je n'étais qu'un ouvrier berlinois. Pas la peine de faire la dégoûtée.
Je ne fais pas la dégoûtée, pas du tout !
Je ne vois pas en quoi tu es différent.
Promets-moi de lui donner mes lettres et de m'envoyer les siennes.
Ouais, d'accord.
Bon... Alors je m'en vais.
Karl n'a pas l'air bien... Le travail en plein air pourrait l'achever.
Quoi ?
Qu'est-ce que tu dis ?
Je vais prendre un énorme risque mais, je peux peut-être convaincre le commandant.
Qu'est-ce que tu peux faire ?
Je crois que je pourrai le faire transférer à l'atelier de dessin.
Je t'en prie !
Il faut que tu essaies. Tu pourras me demander ce que tu voudras.
Bon !
Il faudra que tu apportes tes lettres toi-même.
La Poste ici n'est pas très sûre.
Une semaine de plus à charrier des rochers
et on se retrouvera avec un autre Juif mort.
- Papiers ! - Nous n'en avons pas.
Donnez-nous une chance, nous allons en Yougoslavie, par la Hongrie.
- Amenez-vous ! - S'il vous plaît, nous avons de l'argent.
J'ai dit... Amenez-vous !
Rudy ! Arrête ! Arrête !
Va-t'en ! Va t'en ou on va crever !
Ça suffit ! Ça suffit !
Vite, cours, dépêche-toi, On ne peut plus rester ici.
Rudi ! Ça ne sert à rien.
- C'est fichu ! - Non !
Il faudra qu'ils nous tuent pour nous arrêter.
Entre nous, je ne sais pas où nous sommes.
- Est-ce que ça a de l'importance ? - Oui.
J'ai pas encore l'intention de mourir.
La confraternité de l'amour !
Kiperstein, c'est quoi cette confraternité ?
C'est pas possible, cette organisation n'existe pas.
Quand j'ai quitté le ministère luthérien, j'ai voulu...
Encourager l'être humain à aimer à travers la foi chrétienne.
- Comment ça s'est terminé ? - Très mal, alors j'ai...
- Signé chez les SS. - Tu viens prêcher la bonne parole ?
Non, non, nous sommes tous convertis à une nouvelle foi.
- Hein, Dorf ? - Une nouvelle foi, oui,
mais nous en sommes les apôtres.
Écoutez Dorf !
- Qui deviendra Saint Pierre ? - Je serais plutôt Saint Thomas.
- Tant que vous n'êtes pas Judas... - Dorf !
Faites attention à lui. Il nous espionne pour Heydrich.
Messieurs... Vous avez été engagés pour un travail difficile et délicat.
Et vous serez surveillés.
Le Capitaine Dorf parcourera le front russe, comme représentant.
Il vendra quoi ? L'extermination ?
Soyez prudent dans vos expression, Blobel.
Vous devrez faire vos rapports à Dorf. Soyez le plus bref possible.
Messieurs, le Führer n'a mentionné aucun ordre par écrit,
Alors, épargnez-moi les phrases pompeuses.
Comment ? Quel morveux...
Ce ne sera pas une tâche facile.
Vous avez plus de mille kilomètres de front, de la Baltique à la mer Noire.
- Avec moins de trois mille hommes ? - En effet.
Notre plan prévoit le recrutement de milices locales.
Ukrainiennes et lituaniennes.
Permettez-moi de vous dire que ce nouveau programme,
ces actions de commando, semblent...
Déboucher sur quelque chose de plus complet, plus détaillé,
- qu'une simple colonisation. - Nous en sommes conscients.
La clé de cette mission, c'est la mobilité.
Quand un secteur est pacifié, vous cherchez,
regroupez les juifs et réglez le problème.
Ne vous inquiétez pas pour l'armée,
les généraux nous craignent, comme les Juifs.
Dorf, lisez leurs décisions militaires.
Instructions réglant l'attitude vis-à-vis des leaders politiques,
selon les ordres du Führer du 30 mars 1941.
Onze catégories de citoyens de l'Union Soviétique,
dont la liste est jointe, feront l'objet de notre juridiction.
Notre juridiction... C'est bien tourné !
Un fossé et une mitrailleuse.
Ces catégories comprennent : Les criminels de droit commun, les Tziganes,
Les officiels soviétiques, les membre du Parti,
les agitateurs, les communistes et tous les Juifs.
- L'armée a reçu cette liste ? - Bien entendu.
Quand le Führer a rédigé cet ordre,
en exposant ses projets, l'armée a été compréhensive.
Vous pouvez compter sur sa complaisance.
Le Führer a insisté sur la guerre contre les russes.
Elle ne sera comparable à aucune autre.
Je vais vous citer ses paroles.
"Nous devons nous montrer plus impitoyables,
et plus implacables que jamais."
Fin de citation.
Les Russes doivent être considérés comme une race inférieure,
destinée à l'esclavage. À peine un cran au-dessus des Juifs.
Et il y aura des exceptions ?
Des cas particuliers ?
Oui, certains éléments dignes de confiance,
les Baltes, les Ukrainiens qui souhaitent travailler avec nous.
Pour les Juifs...
- il y aura des exceptions ? - Aucune.
On ne peut pas être plus clair. C'était l'objet de cette réunion.
Il y a deux ans, l'ambassadeur italien a élevé quelques objections,
sur notre politique juive.
Mussolini était offusqué, et ainsi de suite...
Le Führer lui a répondu que dans 500 ans,
Le nom d'Adolf Hitler sera vénéré pour sa lucidité.
Il aura effacé les Juifs de la surface de la terre.
Russie.
Qu'est-ce qui se passe ?
Je lui ai dit que nous étions Tchèques, que j'ai fait mes études à l’École Lénine.
Ça j'ai compris. Dis-lui que nous sommes Juifs.
- Il veut nous obliger à repartir. - Si repartons, nous sommes morts.
Je sais, mais il dit qu'ils ne sont pas en guerre avec les Allemands.
Dis-lui que les routes fourmillent de chars allemands qui se dirigent vers l'Est.
Je lui ai dit que mon père était un bon communiste.
Embrasse-le, s'il le faut.
- Il demande si tu es un bon communiste. - Oui, bien sûr !
Si ça me permet de sauver ma peau.
Il nous envoie à Kiev !
Demande-lui comment il trouve Kiev.
Il dit que c'est magnifique, une vraie capitale.
Où as-tu trouvé cette idée d’École Lénine ?
C'était le collège de Hertzel !
Tu ne vas pas m'en vouloir d'avoir changé le nom !
Il dit que ce sont des armes russes.
Weinberg, j'en peux plus.
- Faut continuer ! - Mais je ne peux plus !
Hé, ça suffit ! On la ferme !
Et au travail !
Nos amis tziganes...
J'admire leur courage, mais je mets leur intelligence en doute.
Il est peut-être préférable de mourir pour une cigarette.
Éteignez-moi cette cigarette !
Sale pourriture, éteignez-moi cette cigarette !
Éteignez ça !
Kapo... corrige-les !
Dégage ! Kapo, écarte-toi ou tu y passes !
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Tentative d'évasion, deux Tziganes. C'est pas grave.
Vous deux ! Allez chercher les corps !
Grouillez-vous !
Emportez-les au crématorium !
Attendez !
Celui-là vient avec moi !
Tu as entendu ? Toi ! Aide-le !
- Ta femme est une correspondante fidèle. - Elle est venue ?
Toujours à la même date.
Müller... Est-ce que je peux la voir ?
Elle est repartie.
- Tu lui a bien donnée une de mes lettres ? - Comme toujours.
Lis la sienne, allez !
Tout à l'heure, quand je serai seul.
Elle te manque à ce point ?
Müller... Tu peux me faire sortir ?
T'es un vieil ami de la famille d'Inga. Tu sais à quel point elle souffre.
Si tu me déteste parce que je suis Juif, aie pitié d'elle.
Qui te déteste ? Comment peux-tu être sûr qu'elle...
- Qu'elle souffre ? - Je ne comprends pas.
Tu sais, les femmes se débrouillent toujours.
- Est-ce qu'elle t'a dit quelque chose ? - Ce sont les affaires, mon vieux.
Les Juifs ont le sens des affaires.
Tu ne crois pas que je risque ma peau sans être payé ?
Müller... Tu mens !
Pourquoi vient-elle porter les lettres ? Elle pourrait les poster.
L'argent ne change pas de mains.
Tu comprends ce que je veux dire ? Le problème avec vous,
C'est que vous espérez toujours avoir quelque chose pour rien.
C'est pour ça qu'on vous méprise !
Je ne veux pas de sa lettre, je n'en enverrai pas d'autre !
Si, Weiss !
La vie pourrait devenir plus pénible si tu refuses.
- J'en ai rien à foutre ! - Au contraire...
Tu ne resteras pas ici toute ta vie,
elle n'aura pas du tout changé à ta sortie.
Essaye d'être malin, pour une fois, écris-lui une lettre dès ce soir.
Je la lirai... Je lui enverrai.
Je ne veux pas lui écrire... Je ne veux plus la voir.
Réfléchis ! Tu as vu ce qui est arrivé aux Tziganes ?
- Je m'en fous !
- Tu préfères devenir le petit ami d'Engelman ?
Il adore les petits jeunes.
Mais, tu es peut-être un peu vieux pour lui !
Müller...
Ça suffit !
Je peux te faire transférer dans l'atelier de dessin.
Non !
- Il me faut cette lettre demain. - Non !
Ça m'étonnerait que tu ne changes pas d'avis.
Vas-y doucement avec mon ami Weiss !
Il a été réquisitionné pour l'atelier de dessin.
C'est un... Un être très sensible.
Allez ! Au boulot ! Grouillez !
Hé... Hé, arrête-toi petit !
Petit chapardeur !
Aaron...
- Tu es encore en retard ! - Excusez-moi, je nettoyais la cour.
Il est passé chez les chrétiens pour piquer à manger.
- Qu'est-ce que j'avais dit ? - Arrêtez ! Aaron, écoute.
Nous t'avons répété cent fois de ne pas franchir le mur.
Ta mère n'aurait pas voulu que tu sois voleur plus tard.
Vous inquiétez pas Madame, je changerai plus tard.
- Vous voulez un œuf ? - Non, merci.
Tu as travaillé pour l'avoir, il est à toi.
Attention les enfants !
Encore une fois !
On reprend depuis le début.
Nous n'apprécions pas les visites pendant les répétitions.
Excusez-moi de vous interrompre. Aaron Feldman est là ?
Aaron...
Joseph... Il a des ennuis ?
Non, rien de grave.
- Aaron, tu me connais. - Vous êtes le mari de la prof.
Vous êtes au Conseil. Vous me connaissez ?
Oui... Qui ne connaît pas Aaron Feldman !
Le rat d'égout, le prince des chapardeurs.
- J'suis pas un chapardeur. - Écoute, mon petit.
Le policier du ghetto t'a vu trois fois dehors.
- La prochaine fois, il t'arrêtera. - Tu parles !
Je lui ai filé un œuf pour qu'il la ferme.
Le problème avec les Nazis c'est qu'ils ne voudront pas d'œuf.
Eux, il faudra qu'ils m'attrapent !
- Tu n'as pas peur ? - Si.
Mais je le ferai quand même.
- Vous allez pas me dénoncer ? - Bien sûr que non.
Et toi, tu ne recommenceras plus !
Concentrons-nous sur ceux qui sont productifs et en bonne santé.
Nous devons essayer de nourrir tout le monde !
Les chapardeurs nous ont bien aidés.
Aujourd'hui les Nazis les tuent sans sommation.
Ils menacent de tuer vingt Juifs pour tout chapardeur surpris.
Ces enfants sont peut-être notre planche de salut.
- Au contraire, ils nous feront tous tuer. - Nous serons tous tués.
Je n'ai pas compris.
J'ai dit : De toutes façons, nous serons tous tués.
- Comment le sais-tu ? - L'épuration a commencé.
Les Nazis se font la main en Russie.
- Il n'y a plus de ghetto. - Qu'est-ce que tu racontes ?
On tue en masse... On fusille tout ce qui est juif.
Ils veulent tuer tous les Juifs qui restent en Europe.
C'est ridicule !
- Comment vous appelez-vous ? - Analevitz.
Je dis devant ce Conseil qu'il faut voler de la nourriture...
Et des fusils et des grenades.
Ne l'écoutez pas, on signerait notre arrêt de mort.
Je vois le tableau... Des Juifs crevant de faim,
Taillant l'armée allemande en pièces ! Analevitz,
les allemands ont balayé l'armée polonaise en un mois,
Ils s'enfoncent en Union Soviétique en anéantissent,
les divisions de Staline.
- Et vous voulez que nous leur résistions ? - Il le faut.
Mon pauvre ami, les Juifs n'ont pas cette attitude !
Nous avons survécu, en nous adaptant.
En donnant un peu, en marchandant...
En nous trouvant un allié, cardinal, prince, politicien.
Vous n'avez pas affaire à un politicien ou à un cardinal,
Les Nazis sont venus pour tuer.
Peu importe notre attitude... Notre obéissance...
Notre soumission, notre travail.
- Ils nous tueront tous. - Ces propos sont déplacés !
Si le conseil est trop lâche pour donner l'ordre, les sionistes s'en passeront !
Nous n'avons pas l'intention de mourir sans combattre.
- Dehors ! - Vous allez tous mourir en étant bien polis.
La casquette à la main,
Vous n'avez aucune autorité, vous ne représentez personne.
Jetez-le dehors !
- Anne Lewtiz ! - Oui.
- Docteur Weiss... mon frère Moïse. - Je vous connais.
Je ne sais pas comment commencer mais... Vous...
- Politiquement... - Je suis sioniste.
- Nous ne le sommes pas. - Ça ne sera pas grave bientôt.
- Ils se foutent de notre politique. - Nous pouvons discuter ?
Oui, mais pas ici.
Il n'y a eu qu'une poignée d'arrêtés, ils viennent d'un village.
Oui... Entendu, on ne fera rien avant votre arrivée.
Manheim ! File dans le ravin,
et dis-leur de ne pas faire de carton avant l'arrivée du Colonel.
Il amène des invités.
Boutonne cette veste et mets ton calot !
Je te rappelle que tu es soldat !
Cinq millions de Juifs en Russie
et on n'est pas trois mille pour tous les fusiller.
- Qu'est-ce que tu veux toi ? - Je viens d'être muté.
- C'est la compagnie C ? - C'est pas un pensionnat !
C'est pas vrai, je leur ai dit d'attendre !
Helms, Hans, Caporal, 72ème d'Infanterie, Compagnie B.
On a pris du galon ! T'a magouillé auprès du pitaine ?
Je me suis battu, c'est tout... Deux ans en Pologne et en Ukraine.
Jamais personne ne demande à être muté ici...
- T'as fait une connerie, je suppose ? - Je me suis endormi pendant la garde.
T'auras tout le temps de dormir...
Ici, on se lève et on se couche avec les poules.
Ils m'ont donné le choix...
Faire mon temps en taule ou être muté dans vos commandos.
Alors, bienvenue chez les SS.
Ne l'ouvre pas à tort et à travers et tout se passera bien.
Tu peux retourner au QG, on va te filer ton équipement.
- Un dernier petit conseil... - Lequel ?
Une fois que les officiers se sont tirés, on se partage tout.
- On se partage quoi ? Je ne comprends pas. - Le pognon, les montres...
Les affaires... Tout quoi.
Il tombe de son armoire ce péquenot !
Grouillez-vous ! Mettez vos uniformes ! Voilà les officiers !
Cet abruti de major a osé dire...
Cette boucherie quotidienne n'est pas un concept allemand.
Blobel, surveillez votre langage ! Ce n'est pas une boucherie.
Je répète ses paroles, je connais le règlement.
Mission spéciale, répartition plus égale...
Relogement, action juridique contre les Juifs.
Je lui ai dit, comment pas Allemand ?
L'armée régulière baigne jusque-là dans le sang juif.
Le Feldmarshall Von Reichnau lui-même...
m'a demandé de tuer les Juifs avec deux cartouches au lieu de cinq.
Pas allemand !
J'aimerais que vous sachiez que nous apprécions votre travail.
Alors ne me demandez pas l'impossible !
Un million et demi de Juifs fuient vers l'Est.
- On ne peut pas tous les capturer ! - Pourtant il le faut Blobel.
Sergent !
Ils ne sont pas nombreux aujourd'hui, les villages sont nettoyés.
Sergent, ce sont des civils ?
- Qui est-ce Wolf ? - Des Ukrainiens.
Ils viennent assister au spectacle.
Mais le photographe et le cameraman, qui est-ce ?
Ils travaillent pour les archives
- Et cet homme qui prend des notes ? - Je ne sais pas.
- Qui est-ce ? - Un correspondant de guerre italien.
Il a obtenu un laissez-passer spécial du quartier général.
- Ça ne me plaît pas du tout ! - Ça ne vous plaît pas ?
Mais où vous croyez-vous ? À l'opéra ?
On débarrasse la Russie des Juifs ou non ?
Ce n'est pas efficace.
Pas efficace !
Je vais vous montrer ce qui est efficace.
En ligne immédiatement !
Je ne veux pas que les civils assistent au spectacle.
Blobel, je vous demande d'exécuter mes ordres !
Ni protestation, ni révolte... Rien !
Himmler a raison, cette charogne est une race inférieure.
Colonel Blobel, mon rapport sur vos activités, sera négatif.
Pourquoi ?
Les ordres étaient discrétion et discipline.
- Vous orchestrez un carnaval. - Saloperie de bureaucrate.
Il n'est pas question que des civils assistent aux exécutions,
il n'y aura pas de journalistes pour prendre des notes,
Il est interdit de fumer. Interdit de boire.
Et eux, que font-ils ?
- Ils partagent le butin. - Il faut y mettre fin !
Tous les objets laissés par les juifs sont propriété de l'état.
Vous aimez la paperasserie, hein ?
Dites à ces hommes qu'ils n'ont pas le droit à leur cognac.
Il faut respecter la hiérarchie, c'est votre rôle.
Heydrich m'a envoyé sur le front russe,
pour vérifier que ces actions sont menées efficacement,
et discrètement, vous avez échoué sur les deux points.
Je vais vous dire ce que je pense...
Ceux qui sont sur le terrain vous surveillent...
Hollendorf, Nebe, les autres... Les espions nous dégoûtent.
Inutile d'essayer de m'intimider, Blobel.
Je téléphone tous les jours à Heydrich.
- Colonel, groupe suivant ? - Non !
Chassez d'abord les civils,
et dites au photographe et au cameraman de nous foutre la paix.
Sergent, dites-leur que je veux leurs films.
Dégagez ! Allez, rentrez chez vous ! Grouillez !
J'veux plus vous voir !
Arrêtez !
Alors, vous téléphonez tous les jours à Heydrich ?
Blobel... Rendez-moi mon arme.
Un soldat planqué... qui a peur de se salir les mains.
Descendez là dedans et finissez le travail vous-même !
- Ils me semblent tous morts. - On est jamais sûr.
Descendez !
Allons, c'est ridicule !
On a les mains qui tremblent ? On fait dans son pantalon...
Vous allez faire un rapport négatif sur cet ivrogne de Blobel...
Qui n'est pas foutu de respecter les ordres !
Petit morveux !
Descendez là-dedans et achevez-les vous-même !
Vous allez voir, c'est comme les escargots,
quand on a commencé, on ne peut plus s'arrêter.
Demandez aux hommes ce qu'ils en pensent.
Quand on a tué son dixième, aucun problème pour cent.
Une fois à cent, on peut pousser jusqu'à mille.
Celui-ci, tenez !
Bien, bien... Deux coups, c'est parfait.
Von Reichnau le dit, en tous cas.
Capitaine Dorf !
Pour les guerriers zoulous un homme devient un homme,
le jour où il a lavé sa lance dans le sang de l'ennemi.
Pourquoi avez-vous arrêté une infirmière ?
Elle a été arrêtée pour un motif valable.
- Sarah Holnick avait volé. - Elle a franchi le mur,
pour acheter de la nourriture à ses enfants.
Elle connaît la loi, elle n'a pas le droit.
- Je veux qu'on la relâche ! - Ah, oui...
C'est la seule qui puisse s'occuper des enfants.
Vous faites du favoritisme, docteur ?
La feriez-vous libérer si c'était une bonne, une mendiante ?
- Bien sûr. - Alors faites appel pour les huit.
Les huit !
Vous me prenez pour quoi ? Pour un monstre ?
Regardez la petite à droite, elle a seize ans.
- Quel est son crime ? - Elle a volé...
- Pour nourrir son bébé. - Mon Dieu, vous êtes Juif !
J'étais Juif... Je suis converti.
C'est pour ça que j'ai cette place. J'ai l'intention de la garder,
et d'obéir aux ordres pour survivre.
Mais... Usez de votre influence auprès des Allemands.
De quel droit osez-vous dire ça ? Vous et votre frère Moïse...
Vous êtes tous-puissants dans ce conseil de fantoches.
Que faites-vous ? Sinon obéir aux ordres ?
Vous leur donnez des listes de noms. Vous êtes à leur botte.
Vous voulez être un héros ? Allez-y docteur.
Ne vous gênez pas.
Le conseil a lancé un appel aux Allemands, mais...
- Berta, tu n'avais pas à venir. - Je l'ai demandé.
Aaron !
- Rentre maintenant. - Non !
Non, nous leur devons au moins ça.
Nous témoignerons pour la postérité.
Vous pouvez venir avec nous ?
Nous avons oublié les prières.
Les prières sont inutiles aujourd'hui.
Nous allons manquer d'encre.
- Je suis un peu chimiste. - Trouvez-nous des produits,
nous préparerons notre encre du charbon, de l'huile cuite.
Vous imprimez un journal de la résistance.
Le premier paraît aujourd'hui.
Si j'apporte les produits pour l'encre, je serai votre complice.
- Vous préférez être celui du conseil ? - Les membres du conseil, sont vivants.
Ceux qui ne respectent pas la loi, sont fusillés.
- Je ne veux pas être fusillé ! - De toutes façons, vous mourrez.
Il vaut mieux mourir en combattant.
Je ne suis pas convaincu, qu'ils aient l'intention de nous éliminer.
Je ne vois pas l'intérêt que représente un Juif mort.
Laissez-le, on a pas besoin de lui.
J'ai toujours bien fait mon travail.
Mais, avec un tel matériel...
Attendez ! Essayez de comprendre.
- La logique voudrait que... - La logique ne vaut plus rien.
À tous les Juifs de Varsovie...
Il faut mettre fin à notre apathie.
Refusons cette soumission à l'ennemi.
L'apathie est responsable de notre effondrement moral.
Elle extirpe notre haine pour l'envahisseur.
Elle ronge notre volonté de combattre.
Entendu ! Je marche avec vous.
Dieu vous protège Monsieur Weiss. On a aussi besoin du docteur.
Elle sape les fondements de notre résolution,
car notre position est désespérée.
Notre volonté de donner notre vie pour une cause plus sublime,
que notre existence quotidienne, doit être encouragée.
La jeunesse de notre peuple, doit marcher le front haut.
Ils sont plus courageux que moi, ceux qui impriment ces affiches,
et qui les ont collées ici.
C'est drôle, elles me font penser à notre fils Rudi.
- Pourquoi ? - Si notre fils était ici...
Il les imprimerait et distribuerait des tracts, il refuserait de se rendre.
J'ai l'étrange impression qu'il est sain et sauf.
- J'ai confiance en notre fils. - Moi aussi, Joseph.
J'ai confisqué tous les films que j'ai trouvés.
Qualité déplorable ! Qui a pris ces films ?
Blobel affirme qu'ils étaient destinés à nos archives.
Je ne serais pas étonné, s'il se les réservait.
- Nous devrions garder un dossier. - Vous croyez ?
Notre travail doit être documenté. Pas pour les cinémas de quartier,
mais j'aimerais qu'Himmler voit nos réalisations.
Je peux organiser une séance, avec le Führer.
Pas de problème, ils ne pleurent même pas.
C'est assez incroyable.
On pourrait croire à un rite religieux.
- Nous déchargeons le camion pour du pain. - Dégagez, pas de civils ici !
- S'il vous plaît, une miche de pain. - Dégagez !
Cet hôtel est le QG de l'armée allemande. Pauvre idiot !
- On a faim ! - Tirez-vous, c'est clair ?
J'espère qu'ils vous feront sauter la tête.
Ils sont partout ! Où est l'armée soviétique ?
Et maintenant...
Par ici !
J'peux rien avaler. J'ai mal à l'estomac.
Imagine que tu manges un beefsteak bien saignant.
- Je t'en prie, arrête ! - C'est agréable, merci...
Je nous trouve un dîner et toi tu te plains ! Attends qu'on soit mariés...
Ça ne se passera pas comme ça.
- Ne bouge pas. - Qu'est-ce qu'il y a ?
Des SS.
- C'est pas croyable... - Quoi ?
- Je connais ce type. - Tu connais cet Allemand ?
Les Russes ont fait sauter l'Hôtel Continental !
Retournez au QG du bataillon, ils ont besoin de mécaniciens !
Pour Helms, c'est trop tard
Helms !
- Rudi Weiss, comment es-tu arrivé là ? - T'occupe pas.
On est parents, ce n'est pas croyable,
sa sœur est mariée à mon frère Karl.
La dernière fois que je l'ai vu, c'est au foot. Je me suis fait expulser.
Ce n'était pas ma faute, je n'avais rien contre toi,
De l'eau... À boire s'il te plaît
Helms, écoute... Tu es retourné à Berlin...
- Et tu as vu ta sœur. - Il y a six mois.
Ma famille... Parle-moi de mes parents.
- Ton... Ton frère est à Buchenwald. - Ma mère... Mon père ?
En Pologne, Inga a eu des nouvelles. Ils vont bien.
- Où ça ? - Je ne me rappelle pas.
À Varsovie... Comment veux-tu que je me souvienne.
- Rudi, qu'est-ce que je t'ai fait ? - La nuit de cristal...
Il y a trois ans, avec Müller, vous avez bastonné mon grand-père.
Au contraire... On l'a laissé partir.
On t'a laissé filer.
- Et ma sœur Ana ? - Elle...
- Quoi ? - Elle est morte.
Mais...
- Qu'est-ce qui s'est passé ? - Je ne sais pas.
Il y a un an et demi. Je n'étais pas à Berlin.
Elle est tombée malade, une pneumonie. Une pneumonie, je crois.
Elle est morte à l'hôpital.
- Elle n'avait même pas seize ans. - Je sais... Je sais.
Et tu l'aimais très fort.
- Je devrais le tuer ! - Non, non Rudi !
- Il t'a peut-être dit la vérité. - Bien sûr.
On a même hébergé ta mère et Ana !
Et le docteur Weiss et sa femme vont bien.
Tu portes cet uniforme. Pour moi, c'est toi qui a arrêté Karl,
- et qui a assassiné Ana. - J'obéis aux ordres.
Dites... Sortez-moi d'ici et mettez-moi dans la rue,
que je me traîne jusqu'à un poste de secours.
Je pourrais t'enterrer sous une pile de gravats.
- Vous enterrez bien les Juifs vivants. - Je vous aurai un laissez-passer.
Je vais vous sortir de là. Ça va pas être facile pour les Juifs, à Kiev.
Il a raison.
Je crois qu'on peut lui faire confiance.
Ça devient malsain, ils ont fait sauter la moitié de Kiev.
Abritez-vous !
- Je m'appelle Helms, 22ème division. - Eux, qui est-ce ?
- Ce sont des Juifs. - Fais-les monter dans le camion.
Qu'ils se mettent avec les autres Juifs.
Pourri ! Salaud ! On t'a sauvé la vie !
- Qu'est-ce qu'on va devenir ? - Je ne sais pas.
J'espère vivre assez longtemps pour lui faire la peau.
Personne ne savait que les russes avaient miné la ville ?
Qu'est-ce que vous foutez, toute la journée ?
Vous vous soûlez à la vodka en courant la ballerine.
Les Russes nous ont possédés. Ils ont miné Kiev.
La moitié de la ville est en feu. Nous avons perdu des centaines d'hommes.
Notre service d'espionnage n'a pas été à la hauteur.
Nous étions trop occupés à fusiller les Juifs.
Que fait-on maintenant ?
J'entends déjà Himmler hurler contre les services d'espionnage.
Nous pouvons tout mettre sur le compte des Juifs.
Vous avez vu les Juifs à Kiev ? Des vieilles, des vieux, des enfants...
Ils ne peuvent pas avoir tout fait sauter.
Si, si nous le prétendons...
Nous dégageons la responsabilité de nos services,
et nous donnons à Heydrich ce qu'il souhaite. Une Ukraine sans Juifs.
Nous avons fusillé plus d'une centaine de milliers de Juifs.
Dorf !
Vous parlez à l'homme qui a nettoyé les ghettos de Zitomir, Berdischeff et Uman.
Vous en demandez davantage ?
Rappelez-vous Colonel, quand vous avez tué dix Juifs...
Vous n'avez aucun mal à en tuer cent.
De moins en moins de mal à en tuer mille,
alors ce doit être très facile d'en tuer dix mille.
Il dit que nous allons dans un camp de travail.
Un camp de travail... J'en ai entendu parler.
- Comment s'appelle cet endroit ? - Babiyar.
Qu'est-ce que ça veut dire ?
"Le ravin de Grand-mère".
Ils ne savent pas marcher au pas, ou quoi ?
Des Ukrainiens.
Et ça, là-bas, qu'est-ce que c'est ?
Le cimetière juif de Kiev.
Pratique, n'est-ce pas ?
C'est évidemment, une opération de relogement.
C'est le terme employé et ils nous ont cru.
Étrange cette docilité... Cette coopération.
Cela prouve qu'ils ne méritent pas de vivre.
Les voilà !
Nous pensions en exécuter six mille... On vient de m'apprendre,
Qu'il y a plus de trente mille Juifs dans ce ravin.
Absolument fantastique.
Ne regarde pas !
Des femmes... Des enfants !
Rudi ! Serre-moi fort, s'il te plaît
Jamais personne ne pourra le croire.
On nous traitera de menteurs
Personne ne peut être aussi atroce, C'est impossible.
Conduisez le major à ses quartiers.
Je suis responsable des routes d'Ukraine.
- Il faut que je passe sur cette route. - Pas aujourd'hui...
- Raison de sécurité. - Vous faites des exercices de tir ?
La semaine prochaine, peut-être.
- Des problèmes ? - Le civil veut passer.
- Il dit que je l'empêche de travailler. - Absolument ! Je suis respon...
- Erik ! - Oncle Kurt... Venez !
- D'accord. - Dorf !
Si vous voulez me parler, je serai au QG. On fera un pointage.
- Un pointage ? - Oui, c'est...
- Vous savez... L'administration. - Incroyable ! Quelle allure !
Le major impitoyable.
- À Babiyar, Qu'est-ce qui se passe ? - Des exécutions.
Oui, bien sûr, et tu en es responsable ? Je suppose qu'il en faut un.
Et qui sont les... Les victimes ?
La racaille habituelle. Des saboteurs... qui ont fait sauter Kiev.
Les criminels, le marché noir.
- Des Juifs ? - Certains.
Ceux dans la résistance.
Je suis en Ukraine depuis quelques semaines...
et j'ai entendu dire que vous ne lésinez pas pour éliminer les Juifs.
Seulement quand c'est nécessaire. Nous les installons autre part.
- C'est-à-dire ? - Nous les déplaçons,
- pour pouvoir poursuivre la guerre. - Oui, bien sûr.
Tu as beaucoup changé, Erik.
Tu étais timide enfant, et regarde-toi.
Tu donnes des ordres, établis des programmes.
Tu changes le visage de l'Europe
Tu m'accordes bien trop de pouvoir. Je ne fait qu'exécuter les ordres.
Comme nous tous.
Les routes en sont encombrées. Ils vont tous à Babiyar ?
Et ailleurs...
- Où ils pourront s'établir ? - La majorité, oui.
Les criminels et les espions sont exécutés.
C'est atroce.
C'est la guerre qui est atroce.
Mais... Tous ces civils ?
J'ai hâte de revoir ma famille.
Tu sais, s'il n'y avait pas Marta, les enfants...
Je me demande si je continuerais.
Je crois que personne au monde, ne prend le pouls mieux que toi.
J'ai beaucoup d'entraînement.
Cette vieille habitude, pour qu'il ne soit pas froid.
Les vieux toubibs ont tous leurs manies.
Alors, qu'est-ce que tu entends ?
Du Mozart...
- Pardon ! - Ne te moques pas de moi.
Respire à fond. Ouvre la bouche.
Encore.
- C'est meilleur... Tu te sens mieux ? - Oui.
Je veux reprendre mes cours dès demain.
Quand je ne vais pas à l'école, ils font des bêtises.
Ma chérie...
Nous ne devrions pas mettre nos photos ici.
Joseph... Elles me donnent la force d'espérer.
Quand j'entends les enfants pleurer pour un peu de pain,
Quand je vois leurs corps frigorifiés, quand je vois les vieillards tomber...
Je regarde ces photos et je rêve que quelque part,
nos enfants sont vivants et connaissent le bonheur.
C'est certain, voyons !
Karl a du talent... C'est un créateur, ils peuvent utiliser ses capacités.
Tu vois bien comment ça se passe dans ce ghetto,
je suis médecin, donc je suis utile.
Tous ceux qui peuvent être rentables, vont survivre.
C'est cruel, mais c'est la vérité.
Et nous ne devons pas parler d'Ana.
- Elle ne reviendra jamais. - Non.
Il faut que j'arrête de pleurnicher comme ça.
Quand je serai rétablie et que je retournerai à l'école,
je te promets que je ne pleurerai plus.
C'est mieux comme ça.
Je suis une femme difficile.
J'ai été gâtée par mes parents...
Par toi... Par les domestiques.
Non, Berta. Tu es plus courageuse que la plupart d'entre nous.
Joseph... Tu te souviens l'argent que nous avions cousu dans le manteau ?
- Oui, bien sûr. - Prends-le.
Il ne nous sert pas.
- Pour les enfants, à l'hôpital... - Ma chérie...
Nous pouvons en avoir besoin plus tard.
Entrez !
Docteur, votre frère vient de revenir avec le jeune homme de Vilna.
Merci, j'arrive tout de suite.
- Moïse est allé à Vilna ? - Non, à la gare seulement.
Ce jeune homme a du se faufiler à l'intérieur.
Quelqu'un a envie de venir dans ce ghetto ?
Un messager. Il faut qu'il reparte ce soir.
Je reviens. Je dois assister à une réunion d'état-major.
Ne croyez pas les Allemands au sujet des ghettos et des camps de travail.
Nous écoutons ce qu'il racontent avec incrédulité.
Ils veulent éliminer tous les Juifs d'Europe.
C'est impossible !
- Le processus de représailles ? - Ce ne sont pas des représailles.
Mais un meurtre systématique, l'extermination des Juifs.
Ils étaient 80 000 Juifs dans le ghetto de Vilna.
Aujourd'hui, il en reste 20 000.
- Ça fait 60 000 morts ! - Fusillés par les SS.
Ce n'est pas possible de fusiller 60 000 personnes !
- Je ne vous crois pas. - Comment ont-ils fait ?
Les SS ont arrêté tous les hommes qui pouvaient travailler,
ils les ont emmenés dans la campagne creuser des fosses.
La police lituanienne a encerclé le ghetto,
Personne ne pouvait sortir... ni entrer.
Les Lituaniens ont pris les maisons, fouettant, frappant...
Les Juifs sont sortis.
Certains ont essayé de se cacher... Fusillés sur place.
Les autres conduits en camion jusqu'aux fosses.
Fouillés... Déshabilles... Alignés devant les fosses...
Tués à la mitrailleuse.
Sans rien dire... Sans pleurer... Sans résister.
Vilna est peut-être une exception.
Tous les ghettos subissent le même sort.
Et l'armée allemande... Il y a des officiers honnêtes,
- ils doivent s'y opposer... - Ouvrez les yeux !
Varsovie a la plus grande concentration de Juifs en Pologne.
Votre tour viendra bientôt.
Ils ne trouveront pas assez de fosses, de cartouches, de mitrailleuses,
- pour nous tuer tous. - Ils sont ingénieux et déterminés,
il l'ont déjà prouvé. Ils trouveront un moyen.
Dis-nous ce que nous devons faire.
Résistez !
Vous pouvez commencer avec ça.
À tous les Juifs du ghetto...
Ne nous laissons pas conduire à la mort, comme l'agneau à l'abattoir.
Jeunes Juifs, ne croyez pas ceux qui prétendent vouloir votre bien.
Hitler a projeté l'extermination des Juifs. Nous sommes les premiers,
nous sommes faibles et seuls,
mais nous devons résister à l'ennemi.
Plutôt mourir en combattant que par la grâce d'un boucher.
Luttons jusqu'au dernier souffle. Vilna, le ghetto.
Sincèrement, cela nous avancera à quoi ?
Tu as dit qu'ils mourront de toutes façons.
"Ils", docteur Kohn ?
Nous !
À mains nues contre des chars et des canons !
- Vous n'avez pas d'armes ? - Pas encore.
Nous apprenons aux sionistes à obéir et devenir des soldats.
- Ensuite, nous aurons des armes. - C'est typiquement juif...
Pas d'armes, mais déjà une armée.
Les Allemands peuvent sans doute être soudoyés, achetés ?
Ils savent que la guerre est perdue pour eux.
Ils reculent en Afrique.
L'Amérique va envahir l'Europe d'un jour à l'autre.
Nous serons tous morts d'ici-là.
- Berta, tu ne dois pas te lever ! - J'ai entendu, Joseph.
Ce ne sont que des suppositions, personne n'est certain de l'avenir.
Je viens de déchirer le manteau.
Tu pourras payer... Les armes.
Combien ?
Les deux premiers jours, plus de trente-trois mille.
Nous devons pouvoir en éliminer plus de cent mille avant le départ.
- Vous avez renforcé la sécurité ? - Bien sûr.
- Les vêtements ? - Ils sont distribués aux Ukrainiens.
Ils ne posent pas de questions.
- On peut ouvrir les cadeaux, papa ? - Oui, s'il te plaît
Vous connaissez la tradition les enfants.
Après la chanson, vous rangez. Et après, les cadeaux.
- La récompense après le travail. - Comme à l'armée.
Votre père a eu droit à ces longues vacances,
après avoir fait son devoir sur le front russe.
Et maman, a un nouveau piano pour avoir été courageuse pendant mon absence.
C'est magnifique !
- C'est un Berchtein. - J'étais sidérée quand ils l'ont apporté,
je n'arrivais pas à y croire !
- Oui, et il n'a rien coûté. - C'est vrai ?
Il était là, dans un coin de la clinique,
il ne servait plus, il était couvert de poussière.
Le toubib qui en était responsable, me l'a proposé.
- Il te l'a offert ? - Oui, dans l'intérêt du parti.
Il a besoin d'être accordé.
Accorder un piano, ce n'est rien. Le problème c'est d'en avoir un.
On ne dirait pas que tu as eu du mal à l'avoir.
- D'où vient-il ? - Je te l'ai dit, de la clinique.
Il est à des Juifs qui habitaient là, et qui sont partis.
Ah, "qui sont partis..."
Nous avons assez perdu de temps... Ouvrons les cadeaux.
Attention les enfants ! Doucement !
Laisse-les faire, ce n'est qu'une fois par an.
- Des souris blanches... - Maman, j'en veux aussi.
Elles sont belles, je les appellerai Siegried et Woltan.
Tu devras changer un nom car il y a une femelle.
Un garçon et une fille ?
Elles vont vivre ensemble, et auront beaucoup de bébés.
Je voudrais déjà avoir les bébés.
- Et je pourrai te donner les malades. - Peter !
Les enfants sont fatigués.
Nous devrions chanter quelque chose et ensuite monter.
Nous écouterons la messe de minuit à la radio.
Être mariée à un administrateur, l'a rendue efficace !
Ou c'est le contraire...
Marta t'a transmis son efficacité.
Allez les enfants ! Debout !
Prêts ?
Je m'excuse mais quelque chose doit gêner les marteaux.
Il y avait ceci sur les cordes, de vieilles photos.
Des photos ! Fais voir !
- Tu permets... - Oui.
- Qui est-ce ? - Le docteur Weiss ?
Et ses enfants, je suppose.
- Où sont-ils allés ? - Nous ne savons pas.
Je crois qu'on les a déportés, il y a des années.
Laura... Débarrasse-nous de ça !
Nous allons... continuer notre chanson.
Est-ce que Müller aura son arbre généalogique ?
Il l'a entièrement inventé. Qu'est-ce qu'on est devenu !
C'est comme ça que nous survivons.
Il a fait mettre Charlemagne et Frédéric le Grand.
Ils sont jaloux parce que nous, on remonte à Abraham.
Magnifique ! N'oublie pas les deux croisés.
Ils sont là.
Weiss...
Nous serons sûrement amis avant la fin de cette pagaille.
Avec l'entrée des Américains dans la guerre,
J'aurai besoin d'amis juifs pour dire du bien de moi.
Comptez pas sur moi.
Après tout ce que j'ai fait pour toi ?
Ta femme est passé hier avec ta lettre mensuelle.
Tu ne la veux pas ?
- Comme d'habitude elle a dû payer. - Elle n'était pas affranchie...
Elle a dû payer un peu. Elle a largement de quoi.
Sortez Müller ! Allez-vous en !
- Qu'elle ne revienne surtout plus ici ! - Rassure-toi...
Tu vas être transféré...
Toi et Felscher.
Grâce à votre réputation de grands artistes.
Transférés ?
Vous êtes connus un peu partout comme les génies du camp.
Vous irez à Theresenstadt, en Tchécoslovaquie.
C'est le paradis des ghettos.
Ça... Ça me manquera de ne plus jouer le facteur.
Non, Weiss... Écoute...
La situation actuelle est trop extraordinaire.
Lis-la... Montre-toi tolérant avec elle.
Karl, mon chéri, mon mari bien-aimé.
Chaque jour tu me manques davantage... Je prie pour que nous soyons réunis.
On peut toujours espérer...
Je me rends régulièrement auprès des services officiels,
il ne semble n'y avoir aucun moyen de te faire relâcher.
Nous devons supposer que tes parents se portent bien.
Une lettre est arrivée miraculeusement de Varsovie,
Ton père travaillait à l'hôpital, ta mère donnait des leçons de musique.
J'aurais voulu avoir des nouvelles de Rudi, mais il s'est évanoui dans les airs...
Je t'aime Karl, je voudrais tellement te retrouver.
Je t'en prie, comprends-moi mon chéri,
J'ai du faire certaines choses pour que ces lettres arrivent.
Mais mon amour est plus fort que tout.
Ton Inga, qui t'aime.
Qui t'aime...
Ne fais pas cette tête...
On raconte que Theresenstadt n'est pas si terrible.
J'ai toujours voulu connaître la Tchécoslovaquie.
Bonjour Heydrich ! Dorf !
Quelle belle équipe !
Composée d'un demi-Juif et d'un avocaillon berlinois.
Nos estimations indiquent qu'il y a onze millions de Juifs dans le monde.
La solution finale les concerne tous.
Le Führer a ordonné l'extermination de tous les Juifs.
Attention, Heydrich, surveillez votre langage !
La politique envers les Juifs, se présente ainsi...
Ils seront déportés dans des camps de travail, en Pologne.
Où une usure naturelle due à la faim...
à la fatigue et à la maladie...
fera son effet.
Tous les survivants seront traités en conséquence.
L'action des commandos va donc se développer ?
- Avec d'autres méthodes. - Nous pouvons les connaître ?
- L'utilisation du gaz est envisagée. - Du gaz !
C'est une possibilité.
Allons Général !
Vous savez ce qui s'est passé pour la première élimination.
- De qui ? - Des fous, attardés et estropiés.
- Oui... mais je ne comprends pas. - Vous comprenez très bien !
Le Vatican et les églises ont tous hurlé.
Nous avons du plier, arrêter les gaz.
- Et alors ? - Alors ça va recommencer.
On ne peut pas se mettre les églises à dos. Heydrich !
Je vous en prie, cette saloperie nous entraîne trop loin.
Sincèrement, je représente la branche civile du Reich...
- Sérieusement, je m'inquiète. - Ce ne sont que des Juifs.
Je sais. Ils contrôlent la presse étrangère, les banques...
Et poussent Roosevelt à nous attaquer.
Jamais personne ne lèvera le petit doigt pour protéger les Juifs.
Légalement, nous sommes inattaquables.
Nous éliminons des ennemis de l’État, des espions, des terroristes.
Peu importe qu'ils soient fusillés, gazés ou épuisés au travail.
Ça ne me plaît pas du tout !
Moi aussi, je suis avocat et je veux qu'on m'écoute.
La notion conventionnelle de la justice est morte, Frank.
Rappelez-vous notre Führer quand vous lui opposiez la loi.
- Non, pas du tout. - Dorf, rappelez-lui !
Le Führer a dit...
"Je vais me tenir d'un côté, avec mes baïonnettes,
"vous, vous tiendrez de l'autre, avec vos lois,
nous verrons bien qui va l'emporter."
Si vous voulez vraiment leur extermination...
Vous n'allez pas être déçus.
- Nous avons pris de grandes décisions. - Elles étaient inévitables.
C'était fascinant.
- Vous avez d'autres idées ? - Bien sûr que non.
Nous obéissons à la loi... La loi du Führer.
Et non pas à une notion abstraite...
Comme celle à laquelle Frank se réfère.
- Vous avez la conscience claire ? - J'obéis aux ordres.
Je n'ai pas le droit du juger mes supérieurs.
Pourquoi faudrait-il les juger ?
Dorf... comment vont... votre femme et vos enfants ?
Très bien.
Je me souviens de notre rencontre à Vienne. Il y a combien de temps ?
Déjà trois ans.
J'étais venu vous demander conseil sur une suggestion d'Heydrich.
- Vous ne le regrettez pas ? - Et votre famille, Eichmann ?
Tout va bien... Étant donné les circonstances.
- Cette guerre m'accapare un peu trop. - Ce sont nos familles,
Les femmes et enfants d'Allemagne qui nous donnent courage et détermination.
Évidemment.
Une femme charmante... Des enfants heureux.
Nous leur devons un monde meilleur.
D'où les décisions que nous avons prises aujourd'hui.
Elles étaient nécessaires...
- Pour assurer l'avenir de la race. - Effectivement.
Les générations futures n'auront pas la volonté, ni la force,
d'achever notre œuvre.
Je regarde mes enfants... Et je sais que j'ai pris la bonne décision.
Rudi...
- J'ai froid. - Serre-toi contre moi.
Ça change pas... Je crois que je ne pourrai plus jamais me réchauffer.
Donne-moi tes mains.
Rudi !
Ça ne peut plus durer, on ne peut plus continuer à fuir.
Alors, on aurait du rester à Prague ?
Je sais pas, mais là-bas en tout cas...
J'ai mon appartement, de quoi manger, des amis...
Ils sont tous dans des camps de concentration quelque part.
Je crois que je suis un poids mort, un fardeau.
- Je passe mon temps à pleurnicher. - Chérie...
Moi aussi, j'ai envie de pleurer,
mais... j'ai appris tout petit, à Berlin, à ne jamais pleurer quand on se bat.
Jamais ! Même si tu as très mal...
Parce qu'il y a toujours quelqu'un qui veut te voir pleurer.
Et si tu pleures... T'es foutue !
Il ne reste plus rien, pas même un navet.
Chéri... Qu'est-ce qu'on va devenir ?
Tu veux bien me parler de cette nation juive que les sionistes veulent bâtir ?
Dans ce désert, entouré d'Arabes...
Ce type qui rêve tout haut, comment s'appelle-t-il ?
Hertzel.
Ne te moque pas de moi, s'il te plaît
Je veux te mettre du plomb dans la tête, c'est tout.
Tu crois que tu iras là-bas sans te battre ?
Sans tuer ou te faire tuer ?
J'ai froid. Je ne peux pas parler d'Hertzel quand j'ai froid.
Je vais te chercher à manger
- Ferme les yeux, j'ai un petit cadeau. - Rudi, je t'en prie.
- Ferme les yeux, allez. - Très bien.
Ouvre la bouche.
- Qu'est-ce que c'est ? - Du navet !
- Des vitamines. - Ça va me faire vomir.
Dis-toi que c'est un bon gâteau...
Ou de la brioche que je viens de voler à la boulangerie du coin.
- Arrête, s'il te plaît. - Ce café, quel arôme...
- Je le prendrai avec de la crème. - Monstre !
Nous sommes une famille berlinoise qui mange beaucoup trop.
- Mais on ne vivra jamais à Berlin. - Ni jamais à Prague.
Où ça alors ? Dans ton pays imaginaire ?
En Israël ?
Je ne sais pas, emmène-moi où tu veux, je serai heureuse avec toi.
Moi aussi.
Tout le monde dehors, les mains sur la tête !
- Nous sommes cinquante partisans. - Non, Rudi !
Range ce couteau, ce n'est pas la peine. Ils sont trop nombreux.
Sortez ! Très lentement.
Un seul fusil... J'aurai pu me défendre.
- Où sont-ils vos partisans ? - Ils seront là, en cas de besoin.
Qui êtes-vous ?
Nous sommes Tchèques...
Nous avons pu quitter Kiev, depuis on fuit au hasard.
- Pourquoi ? - Il vous faut une raison ?
Vous êtes Juifs !
Nous aussi.
- Shalom ! - Shalom !
Shalom !
- Des Juifs avec des armes ! - Très peu malheureusement.
Et les cinquante partisans ?
Oncle Sasha a de l'imagination.
Sasha... Je commande la brigade de partisans de Zitomir.
Vous savez...
Vous avez de la chance d'être tombés sur nous,
et pas sur les partisans ukrainiens, ils vous auraient tués.
- Vous avez un fusil pour moi ? - Non.
Pour le moment, nous avons plus de Juifs que de fusils.
Allez, venez ! Nous rentrons au camp. Vous mourrez de faim.
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