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Original subtitles

- Notre mission est simple,

savoir toutes les choses qu'on nous cache.

Les autres, les ennemis,

les étrangers, les alliés,

tous ceux qui ne sont pas nous.

Ils ne nous disent et montrent pas tout,

et nous voulons savoir.

Alors on fouille,

on fouine,

on écoute, on observe, on recrute.

C'est notre métier,

le renseignement.

Le mensonge est notre métier.

Nous mentons à tous.

C'est pourquoi,

la loyauté

est la valeur absolue.

Sans elle, nous sommes condamnés

à nous bouffer de l'intérieur.

L'année dernière,

nous avons perdu un clandé.

Cyclone.

Qui s'est retrouvé otage de l'Etat Islamique au Sahel.

Cette année,

un autre clandé, Phénomène,

a été arrêtée en Iran pour espionnage, au profit de la CIA.

Si je vous ai réunis tous, aujourd'hui,

c'est pour vous prévenir,

avant les autres,

que je vais évidemment,

présenter ma démission

au directeur général.

Ne vous inquiétez pas pour moi,

je suis proche de la retraite.

Il va y avoir du changement,

il faut du changement.

Bon, déjà...

On s'est mis à jour avec notre quota handicapé.

On n'arrêtait pas de me le reprocher,

on a une activité de bureau et pas d'éclopé.

Ca, c'est fait.

- Comment faire sans vos cravates ?

Rires

- Tenez !

C'est pour vous.

Musique douce

Sur ce...

Je vais annoncer la bonne nouvelle à Moule à Gaufres.

On fera un pot de départ, si vous le voulez, ce soir.

Bienvenue à la maison, Raymond.

- Henri, je refuse votre démission.

Vous ne serez pas le fusible.

Je veux que vous quittiez le Bureau des Légendes.

Momentanément.

Pour l'opération Deep Blue.

La neutralisation de Chevalier.

Malotru est sur le terrain, en électron libre.

Vous le connaissez bien.

Faites-moi cette faveur.

- Il profite de sa cavale pour la mission,

ou de sa mission pour partir en cavale ?

- Qu'importe, ça nous arrange.

Si Malotru est parti rattraper le coup,

ça veut dire qu'on a un agent sur place,

qu'on peut qualifier de renégat si ça devient public.

Vous acceptez ?

- Qui est le fusible, alors ?

Il déplace des objets.

Musique inquiétante

La déloyauté est une bombe à fragmentation.

Elle fait des dégâts insoupçonnés,

bien après avoir été lâchée.

La déloyauté est un cancer.

Vous ne savez pas si vous allez en venir à bout.

Chaque jour, vous pouvez tomber sur une métastase.

J'ai connu...

Des cas de déloyauté dans ma carrière.

Des cas graves...

Qui sont restés dans les mémoires.

Mais ce cas-là...

va entrer dans la légende.

- Ceylanpinar est située en Turquie,

près de la frontière syrienne.

C'est une ville kurde,

contrôlée par les peshmergas.

Guillaume a estimé que c'était plus sûr d'y faire venir Fatiq.

Le point rouge, c'est Guillaume.

Le point bleu, Fatiq.

- Qu'est-ce qui est prévu ?

- Que Guillaume parle à Fatiq pour le remotiver.

- Appelez Guillaume pour savoir comment ça s'est passé.

Vibreur

- Oui ?

*- Bonjour, c'est Chloé.

*- Oui. - Vous avez vu Fatiq ?

*- Oui, il a eu peur.

Il veut plus y aller.

- Vous ne l'avez pas convaincu ?

*- Non.

- Et donc ?

- On n'a plus de caméraman.

Mais on a toujours la caméra.

* Dites à Schnabel de me retrouver.

Son nouveau caméraman l'attend.

- Comment ça ?

Il va y aller ?

- Rappelez-le !

Musique palpitante

Un professeur de français, Paul Lefebvre,

impliqué dans la mort du djihadiste Toufik Boumaza.

- Pardon ?

- Rien, Schnabel va appeler pour la disparition de son cameraman.

Dites-lui que vous lui en envoyez un, là.

Sauf si Guillaume dit autre chose.

- Il va faire quoi ? - Appelez-moi si ça bouge.

Sonnerie de téléphone

...- C'est Schnabel.

Allô ?

*- Mon caméraman s'est barré ! - Quoi ?

*- Il s'est barré avec le matos, je peux rien faire.

- On a un gars à Istanbul,

on vous l'envoie.

*- Je vais pas retourner à Istanbul !

- C'est plus près de Rakka.

Ceylanpinar, vous connaissez ?

- Debailly aurait dû vivre dans les années 1960.

C'est un maître espion.

Il aurait maîtrisé les règles du jeu pendant la Guerre froide.

Il séduit sans rien donner en retour.

On ne devine pas ses intentions.

Et quand on croit les connaître,

il parvient à vous faire douter.

Je pense que...

Elle expire fortement.

Il peut vous faire faire n'importe quoi.

C'est une arme terrible, elle s'est retournée contre nous.

- A quel moment exactement,

avez-vous pensé qu'il travaillait pour la CIA ?

- Une partie de moi l'a su au moment où Nadia El Mansour a été libre.

Une autre partie de moi...

ne voulait pas y croire, ne pouvait pas y croire.

J'ai le droit de savoir, merde.

- Okay.

Okay. - Entre.

- On part sur 72 h.

Ils parlent en plusieurs langues.

- Assieds-toi.

Les Américains veulent rendre Omidvar aux Iraniens.

- D'accord.

- C'est le financier occulte

de toutes les opérations extérieures du régime iranien.

Les Américains l'ont depuis 2 ans.

- En échange de Marina ?

- Voilà.

On est en train d'organiser ça, avec eux...

Ca prend du temps de régler les détails, mais ça va marcher.

- Merci.

Musique palpitante

- Schnabel va rejoindre Guillaume.

- On peut entendre ?

- Schnabel a un téléphone satellite,

s'il capte, on peut s'en servir comme micro.

Bruit de moteur et frottement de veste.

- Andréa Schnabel ?

Bonjour, Paul Lefebvre.

Je suis envoyé par Chloé Depoid.

*- Vous avez le matériel ? Je peux le voir ?

*- Tout est là.

Que s'est-il passé avec l'autre caméraman ?

*- Je pense qu'il a eu peur.

Ca devient de plus en plus difficile, de toute façon.

Bientôt, je devrai faire mes reportages tout seul.

- Pourquoi vous le faites pas ?

- Pour qu'on soit sûrs que c'est moi qui suis sur le terrain,

pas un pauvre type qu'on enverrait prendre des risques à ma place.

Vous êtes freelance ? - Oui.

- Depuis combien de temps ?

- Depuis quelques mois seulement.

- C'est vous qu'on envoie ?

- Non, mais je connais mon métier.

On me connaît, à E-media, je travaille pour eux.

J'étais à Istanbul avec eux,

ils m'ont appelé pour un boulot urgent.

- Qui me prouve que vous n'allez pas vous dégonfler ?

- Je vais pas me dégonfler.

C'est une chance de travailler avec vous.

*- Je ne peux pas garantir votre sécurité.

*- J'en ai pas besoin.

- Pourquoi ?

Vous ne voulez plus vivre ?

- J'ai juste plus besoin de garantie.

*- Très bien, allons-y.

Pas la peine de traîner.

Il démarre le moteur.

- Quand il vous rappelle pour prévenir qu'il a le caméraman,

demandez à parler à Guillaume.

Demandez ce qu'il compte faire.

- Excusez-moi !

On sait ce qu'il va faire. C'est lui, le kamikaze.

- Guillaume est tout sauf kamikaze.

Il a un plan.

- Je vois pas lequel.

- Vous n'êtes pas Guillaume.

- Dès notre rencontre, il a été généreux avec moi.

Il m'a donné des conseils.

Il m'a même formée, si on veut.

J'étais étonnée qu'il me fasse profiter de son expérience.

Il a veillé à ce que je ne sois pas dans une situation inconfortable.

Un jour, j'ai failli faire un truc borderline, et...

C'est ce qu'il a fait ?

Il a été borderline ?

On lui reproche quoi ?

- Si vous n'êtes pas au courant, vous n'avez pas à le savoir.

- Vous savez que vous enquêtez sur un homme

qui prend des risques pour nous protéger ?

- De quoi vous parlez ?

- Si vous n'êtes pas au courant, vous n'avez pas à savoir.

- Bonjour.

- Bonjour.

Je savais pas que tu étais là.

- J'ai essayé de prévenir, tu réponds pas à mes appels.

Ca a été ?

Il parle de quoi ?

- De Guillaume.

- Tu sais pourquoi ? - Non.

Il a dû faire un truc.

- Bon...

Je te laisse vaquer.

- Ca va ?

- Ouais... Ouais, super.

- C'est impressionnant.

- Ouais... Non, mais je comprends.

Sois pas mal à l'aise.

Si t'avais un pied en moins... - Ca n'a rien à voir.

Je suis sur une mission.

- Je comprends, laisse tomber. - A l'extérieur.

- Pas de problème.

Il frappe à la porte.

- On se voit ?

- Jamais j'ai eu le sentiment d'être manipulé.

C'est absurde, pour moi.

- Dans tous les métiers, toutes les entreprises,

des intérêts personnels jouent, des intérêts de carrière.

Souvent on instrumentalise les collègues,

on prêche le faux pour savoir le vrai.

On oriente le travail de l'autre.

Ce qui est surprenant,

c'est de répondre aussi fermement par la négative.

- C'est louche ?

- Non.

Surprenant.

Vous voulez trop l'épargner.

Le métier de veilleur consiste à orienter le travail du clandestin ?

- Ouais.

- Vous n'avez jamais fait d'erreur d'orientation ?

- Si... Mais on n'est pas seul.

On réfère à nos supérieurs, on demande conseil.

Henri Duflot, Guillaume Debailly.

- Il peut y avoir conflit,

entre ce que pense le clandestin de la situation,

et les ordres donnés par le référent ?

- Ouais.

- Qui décide au final ?

- Le clandé, toujours.

- Et si on ne le laisse pas décider ?

- C'est celui qui prend des risques qui décide,

en dernière instance.

On accuse Malotru d'avoir manipulé un clandé ?

C'est grotesque.

Musique intrigante

Fracas

On frappe à la porte.

Chocs des pierres

Musique palpitante

Il charge l'arme.

Coup de feu

Le sol tremble.

Il marque un but.

Il proteste.

- Je dois vous montrer un truc.

Un drone américain. Une mission de surveillance.

Il va y avoir des frappes aériennes.

C'est dangereux de se déplacer.

Va falloir patienter encore.

Sonnerie de téléphone

- Chloé Depoid.

Allô ?

*- Vous êtes avec Paul Lefebvre ?

- Oui. *- Passez-le-moi.

- Elle veut vous parler.

- Pas moi.

- Pourquoi ? - J'ai rien à lui dire.

- Il est pas d'humeur, il veut pas vous parler.

*- Passez-le-moi.

- Vous lui avez fait quoi ?

Vous avez baisé ou refusé de baiser ?

- Elle est collante.

Schnabel rit.

Elle pleure.

Tonalité

Chant oriental

- Le patron de Chloé Depoid.

La porte grince.

- Allô ?

*- T'essaies de faire quoi ?

- Le travail.

*- Tu fais quoi, Guillaume ?

- Tu vas pas me croire.

Je suis désolé.

T'es dans une logique qui t'échappe.

Tu fais des tout petits pas.

* Et à la fin... Tu te retrouves loin de chez toi.

- Je sais, mais tu peux t'arrêter, revenir en arrière.

*- Pourquoi m'arrêter ?

Fallait pas m'envoyer Schnabel.

- Tu fais quoi, exactement ? C'est quoi ton plan ?

Guillaume rit.

- J'ai toujours un plan, c'est ça ?

C'est ça qui est bien...

* On peut toujours compter sur moi pour ça.

Ben non...

pour la première fois, j'ai pas de plan.

J'y vais, mais je sais pas où ça va.

*- Tu cherches quoi ?

La rédemption ?

- Je sais pas.

*- Ce que tu as fait ne mérite pas une condamnation à mort.

- Ca mérite quoi ?

- Des mois dans une ferme en Picardie.

*- La Picardie me déprime.

- J'ai lu ce que t'as écrit à ta fille,

que tu ne te suicideras pas.

*- C'est pas un suicide.

- J'annule la mission. Dis à Schnabel de rentrer.

* Qu'il garde l'argent, on annule tout.

Musique mélancolique

Un véhicule approche.

Elle pianote un numéro.

Allô, le bureau des visas ? C'est moi.

C'est Marina Loiseau.

Oui, c'est moi, je me suis échappée, ils ont essayé de me tuer.

Ils vont me retrouver, je suis sur la route de Bandar Abbas.

Je ne sais pas.

C'est une petite station-service.

Je ne sais pas.

Toute petite station-service.

- OK.

Il démarre le camion.

- OK, merci.

- On s'en occupe.

Ouais.

Ouais...

Discussions mêlées

S'il vous plaît.

C'était le poste à Téhéran.

Phénomène a échappé à un assassinat.

Elle nous attend dans une station-service,

le long de la route qui mène à Bandar Abbas.

A 3 heures de Téhéran, environ.

T'as 3 minutes pour trouver la station-service et le numéro.

Musique palpitante

Il soupire.

Sonnerie de téléphone

- Allô ?

Musique mélancolique

- Marina !

Marina Loiseau !

Musique douce

- J'ai une bonne nouvelle...

- Bonjour. - Bonsoir.

- On va avoir besoin de la place.

Vous devez quitter les lieux.

- Besoin d'aide pour vos affaires ?

- Non, je vais le faire... Je vais où ?

- Lamia va vous conduire dans un autre endroit.

- On va où ?

- Ailleurs.

Il m'a demandé de vous remettre ça.

- Prenez vos affaires.

On part.

Maintenant.

J'ai besoin de vos portables.

Musique palpitante

$434.00

- Bonjour. - Bonjour.

- Bonjour, Henri.

Ils sont partis,

vers la région de Mossoul.

Leurs téléphones sont éteints,

mais le GPS permet de les suivre.

- Ca peut durer longtemps.

On a les images du drone ?

- Pas encore, mais on les aura bientôt.

- Je peux pas croire qu'il va se faire sauter.

- Moi non plus.

- OK... On devrait avoir les images du drone.

Cris des enfants

Musique intrigante

- Toufik Al Azraq Dakine va bientôt venir.

On parle en arabe.

- Il dit qu'on en a pas besoin.

- Comment ça, on n'en a pas besoin ?

- C'est le mieux, acheté directement à Dubaï.

- Je n'ai pas l'habitude de travailler ainsi.

- Les rectangles, ce sont des tentes.

Probablement volées à la Croix Rouge.

A côté, un terrain de sport.

Et à gauche, peut-être une école.

- C'est bien choisi.

Des civils partout, sûrement des enfants.

Intervention impossible sans bain de sang.

Ne parlons même pas d'une frappe aérienne.

Sirène de police

Musique intrigante

- Aleykoum salam, je suis

Andréa Schnabel.

Merci de nous accorder cet entretien.

On a combien de temps ?

- Salam alaykoum.

- Aleykoum salam.

- C'est pas lui, d'habitude.

- Il a eu peur de venir ici.

Paul travaille avec moi en Europe.

- Paul ?

- Paul Lefebvre.

- T'as pas peur ?

- Si...

Mais c'est une grande opportunité pour moi.

- Une grande opportunité ?

C'est peut-être toi, l'opportunité pour moi.

Tu vas finir comme l'avocat.

C'est ça, que tu veux ?

- L'avocat ?

- Oui.

- Je comprends pas.

- T'es professeur ?

- Je l'ai été, à Damas.

- Au lycée français ?

- Oui.

- Tu connais monsieur Noël ?

Le professeur d'histoire.

Ce chien de Noël, qui crache sur les musulmans.

- Je connais pas.

- Tu connais pas monsieur Noël ?

- Non.

Rires

Il parle en arabe.

- Toufik Al Azraq Dakine...

Merci de nous recevoir.

Vous confirmez avoir décapité les otages occidentaux ?

- Je le confirme.

- C'est normal que ça dure plus de 2 heures ?

- Je sais pas.

Les véhicules sont toujours là.

- Une dernière question pour clore cet entretien exceptionnel.

Pourquoi ne pas négocier les otages, plutôt que de les tuer ?

- Nous avions promis de les exécuter,

si nos demandes n'étaient pas acceptées.

Nous tenons toujours parole.

J'ai dit qu'il ne vous arriverait rien. J'ai tenu parole.

- Absolument.

Je crois qu'on a terminé.

Hé !

Attendez un moment !

Musique inquiétante

Qui joue aux échecs ?

C'est du matériel de compétition.

Tu en fais ?

- A un petit niveau.

J'étais à Istanbul quand Andréa m'a appelé.

- Les grands savants de l'Islam disent que c'est haram.

- Je joue pas pour de l'argent.

- Tu joues bien ?

- Je me débrouille.

J'étudie les ouvertures.

- Par exemple ?

- Anderssen contre Kieseritzky,

1851 - Ouais, je connais.

Le gambit du Roi.

Il reste.

- Ca n'était pas l'accord.

- L'accord, c'était toi et ton technicien, pas lui.

Ils parlent en arabe.

Le moteur démarre.

- Un véhicule démarre, non ?

- Oui.

- Et un téléphone qui reste.

- Choisis.

Si t'as les blancs, t'es mon otage.

Je déconne.

On fait une partie, on verra après.

Malheur au vaincu ?

Explosion

- Regardez !

Musique triste

- Je reste combien de temps ?

- Quelques mois.

T'en fais pas, y a plein de trucs à faire.

- Y a la pêche, déjà.

Bip de téléphone

- Oh, merde !

Musique intrigante

- Venez voir.

*- Nous, valeureux soldats du califat,

venons de subir un assaut des ennemis de l'Islam.

La perte qui a été infligée

sera vengée dans le sang de mille infidèles.

Qu'Allah accepte Toufik Al Azraq Dakine parmi les martyrs.

Si le gouvernement français qui ose venir frapper en terre du califat

ne renonce pas à sa politique de répression des musulmans,

s'il n'abolit pas cette loi inique qui interdit le port du hijab,

si nos soldats ne sont pas libérés des prisons françaises,

nous trancherons lentement la tête de ce chien.

- Ce n'était pas confortable.

Ce n'était pas raisonnable.

Ce n'était pas moral.

Ca n'avait pas d'avenir.

Mais je chérirai ces moments pour le restant de mes jours.

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