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- Tu trouves que j'ai changé ?
J'ai changé.
Je connais l'angoisse, maintenant.
Je suis aigre, vieille.
Ici, à Paris, je suis en prison.
Tu sais pourquoi ?
- J'ai entendu dire que tu soutenais Al-Roumi.
Je pense comprendre, oui.
- C'est pour ça que je suis sortie.
Il y avait une condition, évidemment,
que je leur sois utile.
Je le soutiens,
je trahis mon pays, je trahis mes amis.
Ils me tiennent en me tapant dessus
et en faisant pression sur ma famille.
- Je peux t'aider.
- Tu dois m'aider.
C'est pas un service que tu me rends.
- Je sais.
- Je dois partir en tournée avec Al-Roumi.
C'est trop.
Je peux pas, je peux plus.
Tu dois me sortir de là.
- Tu partiras pas.
- J'ai déjà essayé d'arrêter.
Ils me menacent.
Ils sont toujours là, partout. Ma famille, j'ai peur.
- Je sais.
- Evidemment, tu sais. C'est ton métier.
Quand je repense à nos après-midis à Damas
J'ai mal au coeur, maintenant.
Je me demande combien ça va me coûter.
- Je sais.
- Tu t'es déjà retrouvé
dans une arrière-cour, à penser que tu allais être exécuté ?
T'as déjà senti le canon d'un pistolet sur ta nuque ?
Non ! Tu ne sais rien !
Sors-moi de là !
- Elle vient d'arriver. Toute neuve.
- Céline, je voudrais vous parler.
La DGSE est au courant
du rendez-vous avec Nadia El Mansour ?
- Non.
- Vous comptez en parler quand ?
- Je sais pas.
- Vous vous rendez compte de la faute ?
- Quoi ?
- Vous avez organisé une prise de contact
sans que personne ne le sache.
C'est une initiative personnelle ?
Vos supérieurs sont au courant ?
- Vous, vous le savez.
- Ca ne suffit pas, rien à voir avec votre mission.
Vous devez le dire à vos supérieurs.
Vous leur direz qu'elle voulait me voir et que j'y suis allé.
- Je pensais que c'était bien pour vous 2.
- C'est pas à vous de prendre ces décisions seule.
Y a des règles à respecter.
Vous comprenez ?
Même si votre ami est en danger.
Vous devez les respecter.
C'est pour le protéger lui, vous protéger vous.
Pour protéger la boîte.
- OK.
- Apportez-moi de la codéine.
Mon dos me tue.
Allez-y.
- Vous savez que j'ai participé au debriefing
de Nadia El Mansour avec la DGSI.
- Oui.
- Elle m'a demandé d'organiser un rendez-vous
avec Guillaume Debailly.
Ce que j'ai fait.
Elle lui a demandé de la protéger.
- Contre qui ?
- Nadim El Bachir,
un officier supérieur des renseignement syriens.
- Ce salopard est à Paris ?
Vibreur du téléphone
Allô?
Ça va? C'est Shapur.
Ouais, je suis en train de bosser.
Tu viens avec moi au Qatar la semaine prochaine?
Une super conférence à Doha sur la gestion de l'eau.
Mais en vrai, il y aura un bon hôtel, des jacuzzis, des filles...
Et pour moi, il y a quelque chose?
Tu pourras m'écouter me plaindre.
Pleurer parce que Daria est partie,
pleurer parce que les filles et le jacuzzi sont trop froids.
Pourquoi j'irais à Doha? C'est déjà ce que je fais ici.
Si tu es d'accord, j'appelle ton patron et j'organise ça.
Je pars mardi.
- Et le centre de convention - Entrez.
- Ferme la porte, vite.
- On sent rien dans le couloir.
- Technique très élaborée.
- Phénomène m'a dit
que Shapur partait au Qatar,
un congrès sur l'eau.
- On sait. - On y va aussi.
- OK.
Donc, super, donc
Phénomène doit partir avec lui ?
- Surtout pas !
- Ah, d'accord !
- Non, surtout elle y va pas.
- Vous voulez le recruter là-bas.
Vous êtes sympas,
mais il se passe quoi si je dis à mon clandé de partir ?
On travaille ensemble ?
- Oui, bien sûr.
- Pourquoi vous me le dites pas ?
Vous croyez que Phénomène le voit plus ?
- Non, mais, on allait
- J'ai un agent sur le terrain !
Pas au Qatar, en Iran.
Vous pouvez vous éclater,
mais vous le mettez pas en danger, vous m'informez
de tout ce qui le concerne.
- Marie-Jeanne !
Excuse-nous.
On est en plein dedans, c'est un peu chaud.
On aurait dû t'en parler tout de suite.
- It's just business.
On se voit un de ces jours ?
- Oui, mais je t'ai dit, là, c'est
Avec le recrutement, c'est chaud,
mais je t'appelle. - OK.
- Allez.
Je suis une merde.
Je suis bon à rien.
Mais non, tu vas y arriver. Démarre!
Il soupire.
On a encore un peu de temps.
Oui, oui. Si Dieu le veut.
C'est quand même pas compliqué.
Youssef?
Tu as des doutes?
Tu n'es plus sûr de toi?
Non.
Si tu doutes, tu dois me le dire maintenant.
Non, non.
Tu vois?
Tu sais pourquoi tu fais ça?
Pour que ces chiens de juifs lavent le sang de leurs enfants avec leurs larmes.
Non.
Tu fais ça pour rendre gloire à Allah.
Parce que le Très-Haut t'a créé pour que tu lui rendes hommage.
- C'est la préparation de l'attentat
de Jérusalem en mai dernier.
- Y a pas eu d'attentat en mai à Jérusalem.
- Non, et ceci pour 2 raisons :
parce que le Shin Bet était sur le coup,
mais aussi parce que le kamikaze est angoissé.
Il est pas sûr de lui.
Le lendemain de cette leçon, il a disparu.
Pas de kamikaze, pas d'attentat.
- Il nous faut un bon recruteur.
- Pour convaincre un islamiste
de se faire sauter contre un autre islamiste,
il nous faut un pro de l'islam radical.
- Un imam.
Mais on va pas recruter un imam.
Si ? On en connaît ?
Musique de suspense
- Vous n'êtes pas très bavard aujourd'hui.
Qu'est-ce qui vous arrête ?
- J'ai plus grand-chose à dire.
On a fini, non ?
- Ca arrive d'avoir du mal à entamer une séance.
C'est courant.
Ca veut pas dire qu'il y a plus rien à dire.
- Ma fille a besoin d'un psy.
- Prune ?
Comment va-t-elle ?
- Elle, personnellement, ça va.
Mais son ami va très mal.
Il lui mène la vie dure.
- La pauvre.
- Il aurait besoin
d'une bonne psy.
Rien que pour lui.
- Je m'occupe pas des adolescents.
- Il est plus âgé que Prune.
Il est ingérable.
On l'a amené chez des psys
sur recommandation des parents, sans succès.
Il lui faut quelqu'un comme vous
avec d'autres méthodes.
Je peux lui donner votre numéro ?
- Je vais voir ce que je peux faire.
On commence ?
- J'ai quelque chose que j'ai jamais dit.
Ni à vous ni à personne.
Et qui me pèse.
Je suis rentré depuis bientôt un an.
Un an que je suis à Paris.
J'ai toujours pas prévenu mon père.
Il croit que je suis en mission.
Ca fait un an que je suis à Paris
et qu'il n'est pas au courant.
- Votre fille ne lui parle pas ?
- Si.
Je lui ai demandé de mentir.
- Prune doit mentir à votre père ?
- Par omission.
Il vit dans le Sud,
il a plus de contact avec mon ex,
Prune le voit juste à Noël.
Ce n'est pas élégant de la mêler à ça
- Pourquoi vous ne voulez pas qu'il sache ?
- Parce que je veux pas le voir.
Y a quelques mois,
j'ai dit à Henri Duflot
que j'allais le voir dans le Sud,
mais j'ai menti.
J'ai pas pu y aller.
- Pourquoi ?
- Parce qu'il me méprise.
C'est un militaire de carrière
et les gradés méprisent ceux qui font mon métier.
Mais c'est pas que ça.
* Il pense que je suis un égoïste,
que je pense qu'à moi.
Que probablement, je suis lâche et menteur.
Il disait tout le temps que je gâchais tout.
Il disait "T'es pas un salopard, mais un salopeur."
Un jour, j'ai demandé pourquoi il pensait ça,
il m'a dit :
"Tu es laid.
"Moralement et physiquement."
* Vous comprenez pourquoi j'ai pas la force de le voir ?
Inspirez.
Expirez.
Asseyez-vous, s'il vous plaît.
Qu'est-ce que vous vouliez me dire de si important?
Le bourreau de Daech qui a décapité l'otage allemand et l'otage japonais...
Debailly monte une opération pour le neutraliser.
Il voudrait qu'on collabore.
Il veut qu'on l'aide à briller dans une opération non autorisée.
Pliez le bras, s'il vous plaît.
Que donne-t-il en acompte?
Le nom et la nationalité du bourreau.
La nationalité, merci, je la connais. C'est un Français.
Sinon, tout ça serait plus officiel.
On l'aiderait à faire le sale boulot...
Pourquoi pas?
Hum !
D'habitude, c'est plutôt le contraire.
Je vais étudier ça.
Ça ne justifie pas notre rendez-vous.
Pourquoi avez-vous appelé?
Excusez-moi.
Elle soupire.
C'est posé à la va-vite.
Ce n'est pas une équipe de professionnels.
C'est Henri Duflot.
Je le reconnais bien.
Vous avez fait du bon travail.
Votre mission est finie.
Vous ne recevrez plus que vos vrais patients.
Si vous appelez ce numéro
et demandez un devis pour repeindre chez vous,
vous pouvez quitter le pays sans que personne le sache.
Vous pouvez appeler n'importe quand, dès que vous le sentez,
et vous quittez le pays dans l'heure.
On appelle ça une carte gold.
- Il y a des machines infernales.
Quand elles sont enclenchées,
on ne peut pas les arrêter.
Inutile de résister.
On a alors 3 options :
se battre inutilement,
fuir,
ou attendre que ça vous rattrape.
Attendre, tranquillement.
Et faire de son mieux
pendant le temps qui reste.
Faire les choses qu'il faut.
Dire les choses qu'il faut.
On frappe à la porte.
Bonjour. - Bonjour.
- Vous voulez un café ? - Oui.
Le dégât des eaux, c'est bon.
Le plombier va passer réparer ça.
Donnez-moi juste le papier des assurances.
- Très bien.
Conversations indistinctes
- Je peux vous parler ?
Je m'excuse, l'autre jour j'ai été un peu vite,
au sujet de la technologie spéciale pour le téléphone.
J'ai lu des articles de geeks,
et en fait, ça peut être un bug.
Un bug spécial, mais un bug.
- Ah bon ? - Pour vérifier,
faut fouiller le téléphone.
- Si vous avez un problème de loyauté, dites-le.
- Je me vois mal chourer son téléphone.
- Vous pouvez pas fouiller à distance ?
- Si.
- Alors ?
Sylvain ?
Merci.
Trouvez-moi ce bug.
Mélodie à la guitare
- L'imam voudrait entre 500 000 et un million de dollars ?
S'il demande 2 millions ?
- C'est qu'il est pas motivé.
- 700 000, max.
Le dernier versement
si c'est un succès. - OK.
- Comment vous l'avez trouvé
cet imam ?
- Ca fait beaucoup de questions pour ne pas autoriser l'opération.
- Hum !
Brouhaha de la foule
Sonnerie du téléphone
- Allô. *- Bonjour,
j'appelle de la part d'Abdallak.
- Oui ?
*- J'aimerais parler à Alger du financement de votre mosquée
dont on me dit le plus grand bien.
- Bien.
*- Après-demain, 18h, au Jardin d'essai ?
- Si vous appelez de la part d'Abdallak,
vous savez ce qu'il faudra dire ?
*- Je sais, oui.
- Bien.
- Il est rapide.
Aucune chance de localiser l'appel ?
- Aucune chance.
- Comment ça s'est passé avec Nadia El Mansour ?
- Elle est inquiète. Elle a raison.
Elle demande notre protection.
- El Bachir, on est sûr de l'avoir ?
- On fait tout pour.
- Un défecteur des services syriens,
ça vaut de l'or.
- Hum hum.
- C'est quoi l'idée ?
Ca me coûtera moins cher que l'imam ?
- L'idée, c'est de le discréditer.
Imaginez que les Syriens apprennent
qu'il a déposé une demande d'asile politique à la France.
Ils penseront inévitablement qu'il s'est servi de sa mission
pour faire défection.
Qu'il a peut-être imaginé la mission uniquement pour ça.
Nadim El Bachir sera l'homme à abattre.
Il aura besoin de protection.
On lui fera comprendre qu'il peut se tourner vers nous.
- Et comment les Syriens
seront informés de sa demande d'asile ?
- La DGSI prévient parfois
certains leaders de l'opposition en exil,
en cas de défection dans le camp adverse.
Certains de ces leaders
sont écoutés par les services secrets syriens.
- Vous auriez fait fureur pendant la Guerre froide.
Tu as tout? Téléphone? Passeport?
Oui.
Bonne volonté?
Sourire loyal et confiant?
Qu'est-ce qu'il fait, le taxi?
Arrête de faire la gueule.
Rome, Berlin,
Londres... Tu voyages,
tu vois du monde. Plein de gens adoreraient être à ta place.
Je te retrouve à Londres.
- Vous allez où ?
- Roissy, s'il vous plaît.
On prend pas la sortie Roissy ?
- Non.
- On va où ?
- Loin. En sécurité.
Musique mélancolique
Il me faut votre téléphone,
Mme El Mansour.
On vous rendra vos contacts et votre appareil plus tard.
- D'accord.
- Bon alors, voilà.
Va falloir vous occuper.
C'est très, très tranquille par ici.
- Bonjour. - Bonjour.
- Quelqu'un est passé
mettre le chauffage, normalement.
Je vais vous faire visiter.
- Ca ira, merci.
Vous allez rester ici quelque temps, au calme.
On va s'occuper des gens qui font pression sur vous.
- Merci.
Pourquoi vous faites ça ?
Lui, je sais.
Mais qu'est-ce que la DGSE a à gagner ?
Vous avez quelque chose à gagner.
- Pensez pas à tout ça.
Reposez-vous.
Sonnerie de téléphone
- Allô ?
Qu'est-ce que vous faites?
Monsieur Al-Roumi, bonjour, je vous rejoins demain.
Je ne parle pas de toi, je parle de Nadia El Mansour. Où est-elle?
Elle n'est pas là?
Non, elle n'est pas avec moi!
Ecoute, en tout cas, c'est très mauvais, pour toi,
pour nous, et pour elle surtout.
Je m'en occupe.
Retourne à l'hôtel.
*- Bonjour, Nadia El Mansour, laissez-moi un message.
Elle n'est pas repassée à l'hôtel.
Je dois vous conduire à l'Ambassade.
Maintenant? Pourquoi?
La voiture démarre.
Attends.
Allô ?
Pourquoi vous faites ça? Vous croyez que c'est le moment?
Le mieux, c'est que vous veniez à l'Ambassade.
Ce n'est pas le moment de me sanctionner parce qu'elle a disparu.
Je vais la retrouver. Elle a dû avoir un coup de stress. C'est une femme.
Je la ramène, vous voyez si vous voulez encore d'elle, sinon je m'en occupe.
Il ne s'agit pas de ça.
Il s'agit de quoi?
Venez à l'Ambassade, nous discuterons là-bas. Nous vous attendons.
Sors de là, j'ai besoin de la voiture.
Tonalité
Allô, Farouk?
Merci, tu décroches! C'est moi, Nadim.
*- Nadim ?
On peut se voir?
Pourquoi?
Parce que je te le demande.
Retrouve-moi au Palais de Tokyo.
C'est trop près de l'Ambassade. Comme avant,
à l'Ile Saint-Louis.
- Préviens Debailly.
- Allô ? Ca s'affole.
Oui, on suit.
T'es marrant, aujourd'hui.
Bien joué.
Quoi?
Joude, la secrétaire de Hussein, m'a dit...
Quoi?
Elle faisait mine d'être choquée.
Mais je te jure, je l'ai senti, elle est comme moi.
Elle t'envie!
Espèce de con, de quoi tu parles?
De la demande d'asile politique!
Quelle demande d'asile politique?
Celle que tu as faite à la France
et qu'ils sont en train d'accepter.
Je n'ai jamais demandé l'asile politique.
C'est quoi, ces conneries?
Arrête, Nadim.
J'ai vu le dossier.
Il est complet, argumenté.
Tu as toujours été le plus malin d'entre nous.
Tu as monté toute cette opération pour ça,
non?
Nadia El Mansour, son recrutement, Paris,
c'était pour revenir demander l'asile?
Tu crois ça? Tu crois que je vais me retourner?
Trahir mon pays? Fuir?
Tu sais ce qu'on fait aux traîtres?
Pourquoi tu m'as pas mis dans la combine?
Tu feras quelque chose pour moi quand ça sera fait, hein?
Mais non, Farouk!
Jamais je ne ferais ça. S'il y a bien quelqu'un qui le sait, c'est toi, merde!
Tu peux me le dire.
Je suis avec toi, tu le sais.
Va-t'en!
Il marmonne.
- Et sa famille ?
- A Damas, il reste sa mère.
A Alep, sa tante et ses deux nièces, mineures.
- Arrêtez ça tout de suite.
N'essayez pas de m'attendrir.
4 personnes à sortir ?
- Au plus vite.
C'est une martyre du régime de Bachar el-Assad,
respectée,
en exil, non compromise.
Mieux, elle a refusé de se compromettre.
Elle a le profil d'une leader.
Dans 6 mois, 1 an, 2 ans max,
elle est une des voix qui comptent en Syrie.
Peut-être même "la" voix qui compte.
On a envie d'être proche d'elle, non ?
- Je m'en occupe.
Impression de déjà-vu...
Vous pouvez tenter de dire que c'est un coup monté.
Dans mon pays, un millimètre de suspicion
égale cent pour cent de chances d'être exécuté.
Chez vous, tout le monde finit par être l'ennemi.
Vous pouvez m'aider?
Je peux vous faire disparaître.
J'ai une femme et deux garçons à Damas.
Je ne peux rien faire pour eux.
Qu'est-ce que vous voulez?
On va vous emmener dans un endroit sûr.
On va vous débriefer pendant deux ans.
Quand on estimera que vous avez tout dit sur tout ce que vous savez,
quand on aura tout recoupé,
on aura le choix:
soit vous remettre à vos amis,
soit vous laisser disparaître dans la nature.
On ne peut pas faire pression sur un mort.
A n'importe quel moment,
vous pourriez avoir un accident de voiture.
Ma famille saurait que je suis vivant?
Pour cela, il faudra être très coopératif.
Si un jour, où que ce soit,
Nadia El Mansour ne se sent pas en sécurité
ou si elle a l'impression d'être suivie,
on vous relâche dans la nature
et on le fait savoir à vos amis à Damas.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Nadim te tournera plus autour.
C'est terminé, ils vont t'oublier.
Ta famille sera en sécurité dans quelques jours.
- Tu es sûr ?
- Tu restes ici
juste le temps que les Syriens tamponnent un dossier
pour dire qu'ils abandonnent l'opération.
- Tu es sûr de tout ce que tu dis ?
- Oui.
Je les connais.
- Je sais, tu es comme eux.
Tu as voulu me le dire toi-même.
Tu voudrais que je te remercie ?
- Je te laisse les courses.
- Allons-y.
- Garde-moi ça.
Allahou Akbar.
- Allahou Akbar.
Vous avez pas fait l'erreur
de prendre votre téléphone ?
- Pas de téléphone, pas de micro.
- Dites-moi ce que vous voulez.
- J'ai besoin d'un kamikaze.
- Les occidentaux,
vous êtes toujours plein de surprises.
- Contre un musulman.
- Quel genre de musulman ?
- Un soldat de Daech.
- Je croyais que vous aviez des drones.
Des robots tueurs.
Des téléphones qui explosent à distance.
- Toutes les options ont été explorées.
- Je n'aime pas Daech.
- Vous préférez Al-Qaïda ?
- Ils sont moins sur Twitter,
ils lisent plus le Coran.
Oui.
Musique palpitante
Ma mosquée a besoin de rénovations.
Les fidèles donnent moins
depuis que Daech les sollicite.
J'ai des mosaïques qui tombent,
de l'eau qui s'infiltre
- 500 000.
- Euros ? - Dollars.
- Vous n'êtes pas Américain.
- C'est vrai.
- Sur le compte de Brunei.
La Suisse, c'est devenu n'importe quoi.
- 10% maintenant,
20 quand vous présenterez un candidat viable,
le reste en cas de succès de l'opération.
- 20,
30,
50
Quelque soit l'issue de l'opération.
- 20, 20, 40 et encore 20,
en cas de succès.
A l'aéroport !
La voiture démarre.
- Alors ?
- J'ignore si c'est une bonne
ou une mauvaise nouvelle.
- Ne faites pas de mystère.
- Pas de bug.
J'ai cherché, j'ai rien trouvé.
- Il a pu être réparé ?
- Peu probable.
- Mauvaise nouvelle.
- Désolé. - Allez !
On tape à la porte.
Entre!
Assieds-toi.
Ça fait presque deux ans que tu es là, non?
Et un an que tu m'assistes.
Oui.
Tu es rigoureux,
et discret.
Bois!
- Shoukran.
Je pense que tu es prêt.
Tu es prêt?
Je pense, oui.
Alors, tu vas bientôt partir.
Mais tu devras être rigoureux, comme tu l'as été ici avec moi.
L'islam a beaucoup d'ennemis
et l'ennemi a de nombreux visages.
Ce n'est pas seulement le mécréant ou le sioniste.
Parfois, l'ennemi,
c'est celui qui combat mal notre ennemi
et qui nuit à notre cause.
Tu comprends?
Je crois.
Je suis prêt.
Je vous demande de me laisser me sacrifier.
Je vais y réfléchir.
Je dois aller prier.
Repose-toi aujourd'hui, on se voit demain.
Tu joues bien aux échecs, Fatiq?
Vous connaissez Ronan de Calan?
- Non.
Et Mathias Missoffe?
- No.
Vous êtes française?
Oui, et vous?
Iranien.
Shapur Zamani.
J'ai connu une Mathilde à Paris.
C'est une ville romantique.
Et un prénom romantique.
Ils ne servent jamais d'alcool?
Pas pendant les conférences.
Mais, plus tard, si vous voulez,
je pourrai vous offrir un mauvais whisky à 40 dollars au bar.
C'est quoi, la politique du Qatar sur l'alcool?
Je n'en sais rien, je suis iranien.
- Y a un coup de chaud, faut que tu viennes.
Désolée.
Je vous garde votre place.
Applaudissements
Désolée.
Ça va?
Oui.
Juste un coup de chaud.
Je ne peux pas en parler.
J'espère que ça ira.
Ça a à voir avec l'accord de Genève. C'est pour ça que je n'en parle pas.
Vous avez raison. Il ne faut pas m'en parler.
- Chut !
Si je vous parle encore, ils vont me fouetter.
Applaudissements
- Tu as reçu ?
- Non, pas encore.
Je te présente Shapur Zamani.
Zamani, comme Majid Zamani?
C'est mon père.
Mais n'ayez pas peur, elle ne m'a rien dit.
Pourtant, il a essayé de me corrompre.
- Faut qu'on y retourne.
Je suis désolée.
Pas grave...
Ça vous rend tellement mystérieuse...
Vous êtes libre, demain soir?
Oui.
Nous serons plus tranquilles pour parler.
On frappe à la porte.
- Bonjour.
- Bonjour.
Il est pas là, Clément ? Il répond pas.
- Ben non, il est parti.
- Il est parti ?
- Avec Caro, ils sont partis hier soir.
- A Doha ?
- Quelques jours à l'étranger.
Il vous l'a pas dit ?
- Marie-Jeanne.
Ca n'a pas l'air d'aller.
- Je me suis fait des films.
- Ca, je sais ce que c'est.
- Je me dis que je les cherche.
Que je dois aimer ça, les enculeries.
- Si on n'aimait pas ça,
on ferait pas ce métier.
- C'est comme si on disait que les flics adorent les crimes.
- Vous voulez boire un verre ?
- Pas de refus. - Je vous attends.
Mathilde est retenue.
Toujours le coup de chaud?
Elle nous rejoint dès qu'elle peut.
- So
Vous êtes le supérieur de Mathilde?
Oui.
Mais c'est elle qui gère le coup de chaud?
Et c'est moi qui dîne avec vous. Désolé.
C'est parce que ce dîner est très important pour nous.
Shapur, vous réalisez
que vous êtes une chance pour votre pays?
Pourquoi?
L'Iran est tiraillé,
tiré en arrière par des forces rétrogrades, obscurantistes, religieuses.
Il faut le dire.
Mais vous, vous êtes sur l'autre rive.
Vous êtes en avance. Vous êtes l'avenir.
L'Iran de 2020, c'est vous.
Areva aura besoin d'un leader ici, enfin, en Iran,
dès que les dernières sanctions seront tombées.
Mathilde s'est renseignée sur vous.
Vous êtes jeune, brillant, moderne.
Vous avez une envergure internationale.
Vous connaissez très bien le sujet.
Vous avez le profil idéal.
On ne peut pas vous laisser filer. Tous voudront vous avoir.
Vous croyez?
Oui.
Mais vous n'y pensez même pas!
Nous sommes les meilleurs. Vous le savez.
Et surtout, nous vous engageons dès maintenant.
Areva n'est pas encore implanté en Iran.
Areva peut remporter les marchés, va les remporter.
Grâce à vous, en partie.
Comment?
Vous connaissez les dossiers.
Vous êtes à la bonne place.
Mais ce n'est pas moi qui décide.
Bien sûr.
Ni mon père.
Attendez, Shapur,
je vais être très clair.
Je ne vous demande pas d'influencer les décisions.
Surtout pas.
Je n'ai pas ce pouvoir.
Et nous n'en avons pas besoin.
Cela pourrait vous mettre dans une position compromettante.
Ce que nous voulons, c'est vous à la tête d'Areva Iran
puis Areva Moyen-Orient.
Mais donc, mon travail, en attendant?
De la prospective.
De la réflexion stratégique.
Vous pourrez, si vous voulez, nous transmettre des informations
pour nous permettre d'ajuster le tir en vue de l'obtention des marchés.
Ça, c'est notre job, à nous.
C'est une proposition très intéressante.
Mais je ne peux pas l'accepter.
Pourquoi?
Je vous ai écouté jusqu'au bout,
parce que j'aime qu'on me flatte
et parce que j'attendais que Mathilde se joigne à nous.
Mais?
Je flirte,
mais je ne coucherai pas avec vous.
Pourquoi?
Je suis marié.
A l'amour, alors!
Il soupire.
Pourquoi il a refusé ?
"Je suis marié",
qu'est-ce que ça veut dire ?
- Il travaille déjà pour quelqu'un d'autre ?
- Donne-moi ton sac.
Musique palpitante
Envoie ça à la boîte.
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