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Tu me reconnais ?
Tu me reconnais, oui ou non ? - Oui.
- Je te pose une question, tu réponds, compris ?
- Ouais.
- T'as une bonne caméra, là-dedans.
C'est solide, ça ?
Réponds ! Est-ce que c'est solide ?
- Je sais pas.
Est-ce que c'est
solide ?
C'est solide.
- Ca devait arriver.
Le GPS dans ses chaussures ?
Ils vont vers la frontière.
' T'es juif ?
- Non.
- Tous les avocats sont juifs.
C'est vrai, t'es pas avocat.
T'es quoi, d'ailleurs ?
Flic ? DGSE ?
DGSI ?
- Non...
- Ferme ta gueule, maintenant!
Demande-toi si ton dieu va sauver ta tête.
- Ils seront en Syrie dans 15 min. Ils passent par Guveççi.
- Et nos 2 hommes ?
- En stand-by. Ils peuvent les intercepter.
- Les hommes qui ont escorté Raymond
peuvent essayer de le récupérer.
L'un d'eux était sniper à Beyrouth.
- Ils peuvent faire ça ?
- Ils peuvent les freiner.
- Ils se grillent.
- Ils se grillent.
- Ils font un travail magnifique. - Je sais.
- Henri, votre avis ?
- Vous me demandez si on grille 2 sources
pour sauver un homme ?
- A peu près, oui.
- Pontus et Calais sont à 5 minutes de Guveççi.
- Si le convoi passe en Syrie, on perd Raymond.
- C'est à moi de prendre cette décision ?
- Non, mais je vous demande votre avis.
- Pour mes clandés, je dirais "non".
On ne les grille pas
pour une opération précipitée, dangereuse et aléatoire.
- Ils n'interviennent pas.
- On lâche Raymond ?
- Précipitée, dangereuse, aléatoire.
- Bienvenue au Cham.
- Non. C'est pas mes chaussures, ça.
- Te fatigue pas.
Ils sont high-tech, tes amis.
Envoyons un message.
Apporte le sabre.
Couchez-le.
- Qu'est-ce que tu fais ?
Qu'est-ce que tu fais ?
Arrêtez.
Non...
Non !
Filme avec mon téléphone, toi!
Tiens-le à deux mains. Sinon ça va être flou.
Et mets-toi là.
Tu vois tout?
Oui très bien.
- Attends ! Attends.
C'est ta sœur qui m'a fait venir ici.
Je peux t'obtenir l'immunité, 'm'éviter la prison !
- Arrête de faire l'enfant. - S'il te plaît...
C'est bon? Tu as tout? - J'ai tout.
Raymond gémit.
Non !
Bips
Qu'est-ce que tu fais?
Pardon. C'est pour toi.
- Les chiens !
- Quoi ?
- D'accord. On va faire l'échange.
On va te rendre en entier.
Ou presque.
Raymond hurle.
Cava?
- Cava!
- Où est le Français ?
Musique dramatique
- Il a eu peur, c'est tout.
Lâche ma sœur!
- Pardon.
- Bien. Merci.
On a Raymond.
Pontus et Calais repartent et ton homme rentre.
- Bravo, Marcel.
Musique mélancolique
- Céline...
C'est vous qui avez vu que quelque chose clochait.
Sans vous, Raymond serait aux mains du bourreau.
Vous l'avez sauvé.
- C'est surtout Guillaume Debailly...
- Je sais.
- Désolée, pour tout à l'heure.
- Je ne vous excuse pas, mais je ne suis pas rancunier.
- Vous me dites tout?
- Si ce n'est pas le cas ?
- Mais il va bien ?
- Il est vivant, c'est ce qui compte.
- J'ai rendez-vous avec Marc Lauré.
- Heureux de vous revoir.
Carte et téléphone.
On a fait un badge visiteur.
- Merci.
- Guillaume.
On voulait vous remercier.
- J'ai déjà été remercié.
- Elle est bonne. Normalement,
ce sont les blagues d'Henri.
- Des nouvelles de Raymond ?
- Céline vous a tenu au courant?
Il va bien. Autant que faire se peut.
Il nous revient au moins avec sa tête.
On ne peut pas vous réintégrer.
La confiance a été abîmée.
Vous avez ramené Cyclone,
vous avez sauvé Sisteron et le choix que vous avez fait
à propos de Shapur Zamani était malgré tout pertinent.
On parle d'un appel d'offre pour construire un EPR en Iran.
Dans ce cas, Majid Zamani sera le principal conseiller.
Avoir une source auprès de lui sera inestimable.
- Mais je suis viré ?
- Muté, disons.
- Il est hors de question que je retravaille avec toi.
- On a un job pour vous.
- "on" ? - Henri est d'accord.
- Neutraliser ce salopard qui a fait ça à Raymond.
Ca vous intéresse ?
- Oui.
- Vous dirigerez la salle de crise comme avec Cyclone.
- Il me faut l'accès au dossier des clandés.
Mamlouk, le clandestin turc,
le Lybien et probablement le Pakistanais.
- Vous retrouverez votre niveau d'habilitation.
- Merci.
- Vous êtes un excellent agent.
Prouvez-le à nouveau.
- C'est vrai, tu es excellent. C'est ce qui est tragique.
- Henri...
Musique sombre
- Réussissez.
- M. Bidjedi,
la lutte armée ne sert qu'à renforcer Daesh.
Vous le savez. Cette lutte armée n'a plus de sens.
- On peut discuter avec un tueur d'enfants
qui assassine son propre peuple ?
- Je pense que le peuple syrien
est victime de votre obstination suicidaire,
qui a fait naître Daesh.
- Vous êtes le perroquet de Bachar.
- La libération de notre invitée
est-elle un signe d'ouverture de la part du pouvoir syrien ?
Mme El Mansour ?
- J'estime que la plus grande chance, pour la Syrie,
est le dialogue entre le pouvoir et l'opposition.
Je pense que M. Al-Roumi est aujourd'hui le représentant
de cette opposition modérée et intelligible.
- Nous allons nous quitter. Merci à nos invités.
- Merci.
Je t'accompagne avec ma voiture?
Non, merci. Je vais marcher.
A vendredi.
Vendredi?
Le débat à la télévision, avec les députés français. Tu as oublié?
Non, non.
- Merci, madame. - Merci à vous.
Musique mélancolique
Sonnerie de téléphone
C'est Nadim.
C'est bien, Nadia. J'ai écouté l'émission. Très bien.
Tu es avec Al-Roumi?
Non.
Tu devrais. Tu pourrais être plus proche de Al-Roumi.
Te montrer davantage avec lui. Comme un binôme.
Proche jusqu'où?
Ce que tu fais est important pour le pays, pour Bachar, et pour toi.
Et pour ta famille, n'oublie pas.
Je n'oublie pas.
Maquille-toi un peu plus quand tu iras au débat à la télé vendredi.
Al-Roumi t'a trouvée un peu pâle.
- La dernière fois, vous me parliez d'un certain Hachem,
avec qui vous travailliez.
- Oui. Hachem al-Khatib.
- Vous l'avez revu, depuis ? - Non.
Je ne sais même pas s'il est à Paris.
On frappe à la porte.
- Je vous présente Julie Ledel,
de la DGSE, en charge des questions syriennes.
Julie a demandé à participer aux entretiens.
Vous êtes d'accord ?
- Oui.
- Bien.
Cet homme,
vous l'avez revu ?
- Non.
- Vous l'avez reconnu ? - Oui.
C'est Nadim El Bachir.
- Je n'ai pas noté ce que vous m'aviez dit.
Quand vous étiez en Syrie, il vous a contactée ?
Musique douce
- Non.
- Vous voulez un verre d'eau ? Il fait très chaud.
- Merci.
- Des nouvelles de votre famille ?
Vous savez où les joindre, où leur écrire ?
Vous voulez qu'on enquête ?
- Non. Ce n'est pas la peine.
- Je disais ça pour vous aider.
N'ayez pas peur de moi.
Vous avez peur ?
- Comment?
Je comprends pas. Non.
- De nous, je veux dire. Vous avez peur ?
- Non. Non, non.
- Nous sommes là pour vous protéger.
On va s'arrêter là.
- On peut vous aider, vous savez.
- Personne ne peut m'aider.
- Pourquoi vous dites ça ?
- Rien...
Je suis née dans le mauvais pays,
j'ai rencontré les mauvaises personnes.
Comme tous ceux qui passent ici.
- C'est mon téléphone personnel.
S'il y a quoi que ce soit, vous m'appelez.
Vous demandez quand vous pourrez récupérer votre robe noire,
vous raccrochez et je vous retrouverai.
Musique de suspense
- Je peux vous parler ?
- Raymond va bien. Il est au Val-de-Grâce.
Il ne bougera pas de sitôt. Vous pourrez le voir.
Je vous l'ai déjà dit. - Je suis pas sénile.
- Qu'est-ce que vous voulez ?
- Nadia El Mansour est arrivée à Paris.
Elle a été libérée sous la pression
d'une organisation humanitaire, Woman Save.
- Oui... - Organisation financée par la CIA.
- Admettons. Et alors ?
- Pourquoi les Américains la libèrent-ils ?
- Pourquoi cette question ?
- Je suis curieuse.
C'est un défaut, mais c'est mon métier.
- Vous êtes parano.
- C'est aussi mon métier.
- Crachez-la, votre Valda.
- Si Nadia El Mansour a refusé notre offre,
n'est-ce pas qu'elle travaillait pour les Américains ?
- Possible, oui.
- Je peux rajouter une couche ? - Allez-y.
- Nadia El Mansour travaille pour les Américains,
elle les renseigne sur les négociations
auxquelles elle participe,
elle tombe par hasard sur Guillaume Debailly,
renoue avec lui... - Stop.
- Les Américains ont pu tenter
de recruter Guillaume. - Je vous arrête.
- Les fuites viennent de quelque part.
Sinon, pourquoi vous suivez vos petits points ?
Le reflet dans vos lunettes.
Musique mystérieuse
- Je voudrais voir les déplacements de tous les téléphones.
- Un historique des bornages ? - C'est faisable ?
- Oui. Le logiciel existe déjà.
J'appelle ça "le nuage historique".
C'est sous forme d'animation. Facile à utiliser.
- Parfait.
- Ca va vous permettre de suivre les mouvements
au jour le jour ou d'heure en heure
d'un téléphone, sur une année. Vous vouliez bien ça ?
- Oui. - OK.
J'entre un numéro...
Je lance...
Voilà. On voit que celui-là, chaque jour,
va de chez lui, dans le 9e, à la boîte.
Le week-end, il part
à Rambouillet, dans sa maison de campagne
ou chez sa belle-mère.
Et en août, son téléphone se barre...
dans le Morbihan.
- Pont-Aven, c'est dans le Finistère.
- Dans le Finistère.
C'est ce que vous vouliez ? - Très bien.
Merci.
- Je voulais vous dire
que si vous vérifiez mon numéro, vous verrez
que je fais 2 tours du périph avant de rentrer chez moi.
Inutile de me demander pourquoi.
- D'accord. - Je tenais à vous prévenir.
C'est tout ce que je fais de bizarre.
Soupir de dégoût
- "Les quelques semaines passées à Paris ont été fructueuses.
"Le dossier Caramel est prioritaire.
"Il faut rechercher les bases d'un éventuel recrutement.
"Quelles sont les ambitions de Caramel,
"ses attentes, ses craintes, ses faiblesses ?
"En prenant soin
"de ne pas être trop exposée,
"concentrez votre étude sur cet objectif."
Musique mystérieuse
Ça va, Marina? - Bien, merci.
Ça vient de Paris.
Merci. C'est gentil, Marina.
Viens t'asseoir.
J'espère qu'ils n'ont pas trop fondu.
Je suis sûre que non. Assieds-toi.
Shapur arrive. Il discute avec son père.
Il 'discute' beaucoup avec notre père, en ce moment.
Ils cassent de la vaisselle ensemble, aussi.
Au fait, je suis désolée pour ta grand-mère.
Merci.
C'est difficile de perdre les personnes qui nous relient à l'enfance.
Discussion animée entre hommes
Vous avez un frère?
Non.
Vous avez un père?
Non.
Désolée.
Une porte claque.
Marina a apporté des chocolats de Paris.
C'est gentil.
Mon fils n'a pas votre délicatesse.
Il vous invite et s'en va comme un adolescent.
Ce n'est pas grave.
Mon fils est orgueilleux.
C'est sa grande force, c'est sa grande faiblesse.
Je lui demande de faire une chose qui pourrait servir ses idées et l'Iran.
Mais il est orgueilleux.
Comme sa mère.
Daria a été fouettée.
Ne lui demande pas d'aller baiser la main du mollah qui a ordonné leur arrestation.
Si Shapur ne s'excuse pas, sa carrière est finie.
La sienne ou la tienne?
*- Maman, dis-lui que je suis bien, ici.
*- On est tous malheureux, à cause de toi.
*- Je suis parti pour vous.
Je vous prépare un royaume.
*- Tu sais,
faut que je te dise : maman est malade.
- Là, c'est un code.
"Maman est malade" veut dire :
"Les flics t'ont identifié. On m'a repérée."
Chevalier sait qu'il est sur écoute et qu'il doit activer
le canal de communication de secours.
*- La dépression, toujours ?
*- Non, pire. Un cancer, peut-être.
*- Depuis combien de temps ?
*- Ca fait 2 semaines.
*- Je ferai des dou'as pour elle. Qu'Allah la protège.
- Le lendemain, le chat sur le site des chiens à perruques a commencé.
- C'est pas un type endoctriné par une secte.
Il maîtrise les techniques de la clandestinité.
Quand Cyclone parle de l'avocat, Matthieu Coujard,
à Yacine Boumaza,
est-ce que celui-ci se doute de quelque chose ?
Est-ce que c'est sa sœur
qui se doute que les flics
sont déjà sur eux ?
En tout cas, elle vient voir Raymond.
Elle vient se faire sa propre idée.
C'est peut-être un vrai avocat, peut-être pas.
Elle appelle son frère, elle utilise un code.
"Maman est malade."
Donc, elle soupçonne d'être écoutée.
Toufik lui avait dit: "Ils vont être malins.
"Ils vont te suivre à la trace.
"On va établir une autre façon de se parler."
Là, qu'est-ce qu'il se dit?
"Le flic veut me piéger ?
"Fais-le venir. On va se faire un flic."
Flics, DGSE, DGSI, il sait pas qui on est.
Il s'en fout.
Mais il dit à sa sœur: "Joue le jeu.
"Fais tout comme il dit.
"Amène-le dans la bergerie. Ca fera un bon otage.
"Ils veulent me tendre un piège ? Très bien.
"Ils veulent se servir de toi comme d'un appât
"et ils pensent m'attraper."
Ils auraient pu intervenir avant,
mais ils ont préféré attendre.
Quand ils ont vu Sisteron,
il savait qu'on ne laisserait pas un de nos agents derrière.
Il joue aux échecs.
C'est dans le premier débrief de Raymond.
Il est inscrit à un club d'échecs.
Ce type est passé entre les mains d'instructeurs professionnels.
C'est pas un simple soldat.
C'est un officier de renseignement,
formé à l'art de la manipulation.
C'est un futur général de Daesh.
- Et il est français.
Musique de suspense
- Allez vous faire un café.
- On a une machine à café.
- Mais le café est dégueulasse.
Comment expliquer qu'un téléphone n'apparaisse nulle part
pendant plusieurs jours ?
- On a retiré la batterie et la carte SIM.
- Non. Le téléphone est utilisé pour téléphoner.
- On peut faire disparaître un téléphone,
avec une technologie spéciale, qui fait disparaître
les données de bornage au fur et à mesure.
Ca tient dans une mallette.
- On sait faire ça, nous ? - Oui.
- Qui d'autre ?
- Les Américains, les Anglais,
les Russes... - Très bien.
Merci.
- Je sais pourquoi il se fait appeler "Deep Blue".
C'est le nom de l'ordinateur qui a battu Kasparov.
Et le pire, tu sais quoi?
C'est grâce à un bug informatique que Deep Blue l'a battu.
Il a fait une erreur.
Incroyable, non ?
C'est quoi, cette tête ?
J'arrive pas à voir si tu souris ou pas.
- C'est pour pas t'embêter avec mes émotions.
- Pourquoi ?
Montre-moi tes émotions. Au contraire...
Je veux pas cette tête de Joconde.
Vas-y.
Pleure. Crie.
Jette-toi à mon cou.
On frappe à la porte.
- Bonjour, Raymond.
Vous nous laissez ? - Bien sûr.
- Comment vous allez ?
- On m'a bourré de "j'aime la vie".
- Les antidépresseurs ?
- Ouais.
Donc, je peux pas vous répondre.
Je suis pas moi-même, à tous les niveaux.
- Je voulais vous dire un truc.
On avait la possibilité d'envoyer
nos agents sur le terrain pour vous aider.
- Les trafiquants ?
- Oui.
Les choses auraient pu tourner autrement.
'Oui?
- On n'a pas voulu les griller et j'étais d'accord.
C'était deux ans d'infiltration qui étaient en jeu.
Je suis responsable de l'état dans lequel vous êtes.
- Quand je vais sur le terrain, je me ramène une merde.
C'est lamentable.
- Ne dites pas ça.
Dites-moi...
Vous vous rappelez la soirée où on a libéré Cyclone ?
- Oui.
- Guillaume Debailly était en week-end chez son père ?
- Oui.
- Vous l'avez informé de l'évolution de la situation ?
- Oui.
- Vous l'avez appelé sur son téléphone ?
- J'ai fait une autre connerie ?
- Vous n'avez pas fait de connerie.
Vous êtes là à cause de moi.
Et si vous êtes vivant, c'est grâce à Guillaume.
- Je sais, oui.
- Je vous répète la question.
Vous l'avez appelé sur son portable ?
- Oui.
- Il vous a répondu ? Vous avez parlé ?
- Oui.
- Il vous a dit où il était ?
- Non.
- Très bien.
- T'as attendu ?
- Je voulais te dire au revoir.
Musique douce
Au revoir.
- Céline ?
Euh...
A part le pied...
Tout le reste marche.
- Tant mieux.
- Vous venez me parler de Debailly ?
- Oui. - Il vous obsède ?
- Oui, dans un sens.
- On peut commencer des entretiens,
mais un collègue serait plus approprié.
- Non, non.
Je n'ai pas besoin d'être guéri de Guillaume Debailly.
Pourquoi croyez-vous que je viens vous voir ?
- Pour m'extorquer des confidences sur Guillaume,
pour apaiser votre paranoïa.
- Ah oui?
C'est vrai qu'en ce moment, je vois des rats bleus.
C'est une expression maison
pour dire que je suis parano, justement.
- Vous me regardez comme si j'étais un rat bleu.
- C'est vous qui m'aviez dit:
"Il va mal. Il va vous planter." Vous vous souvenez ?
- Oui.
- Eh bien, il m'a planté.
Vous êtes maligne, hein ?
Musique mystérieuse
Quand je vous lance
un appât, vous ne l'attrapez pas.
Vous ne voulez pas savoir comment il m'a planté ?
- Ce qui m'intéresse, c'est que vous me le disiez.
Mais si vous voulez savoir, je ne suis pas curieuse.
- Ce n'est pas votre métier ?
- Non.
- Vous savez quoi ? - Quoi ?
- Ceux qui voient des rats bleus,
ils ont toujours raison.
J'ai donné 30 ans à cette boîte.
Avec, je crois, une loyauté à toute épreuve.
J'y ai cru à mort.
J'y crois encore.
- A quoi ? - A la noblesse
de notre mission.
J'ai donné beaucoup.
Quasiment tout.
Sans regret. Aucun.
Et ma plus grande crainte,
ma plus grande terreur,
celle qui me fait passer les pires insomnies,
les angoisses terribles...
C'est de finir dans l'opprobre.
Le pire, c'est que je sais que je finirai comme ça.
Eh bien, finalement, je...
Je parle de moi.
Je vous dois combien ?
On frappe à la porte.
Tu es à Paris?
Tu es prête?
J'allais appeler Al-Roumi
pour décommander.
Je me sens trop mal.
J'ai de la fièvre, je crois.
De la fièvre?
Tu n'as pas de fièvre.
Prépare-toi. On va être en retard. C'est important, cette émission.
Je n'irai pas, Nadim.
Je ne me sens pas bien, je t'assure.
Tu ne te sens pas bien?
Excuse-moi.
Laisse-moi.
On frappe à la porte.
Nadim, je...
Nadia gémit.
Elle crie.
Tu te maquilles un peu et tu viens.
La porte claque.
Quel est le mal à soutenir Al-Roumi, hein?
Quel est le mal à permettre au président Bachar de se choisir
les interlocuteurs en qui il a confiance, hein?
C'est naturel.
Excuse-moi, il faut que je passe un coup de fil. Je peux?
*- Allô 7
- Bonjour. C'est Mme El Mansour.
*- Bonjour.
- Je vous ai acheté une robe noire.
*- oui.
- Je voulais savoir quand elle sera prête.
*- A quel nom ? - El Mansour.
*- Elle sera prête en fin d'après-midi.
On vous prévient?
- Je veux bien. Merci.
*- C'est entendu, Mme El Mansour.
C'était pour une robe que j'ai achetée.
Paris sera toujours Paris.
- Il est bien que Raymond entende ce qu'on a à se dire.
- Excellente idée. Alors ?
- Alors, pour neutraliser Chevalier,
le drone est exclu.
Il se protège derrière les civils.
Quand il passe un appel,
c'est d'une école, d'un marché ou d'un stade.
- Quelle solution ?
- Un kamikaze.
Daesh est détesté par al-Qaïda et les talibans,
tous deux capables de se faire sauter.
On trouve un kamikaze
et on le convainc de tuer les futurs leaders de Daesh.
- Je ne peux pas autoriser cette opération.
Elle ne peut pas être organisée chez nous.
Vous installez la salle de crise au studio de musique.
- J'ai compris.
Excusez-moi. Je vais redemander du thé.
Bonjour.
Bonjour, Shapur.
Je suis venu vous présenter mes respects.
Et mes excuses.
Pourquoi? En quoi m'as-tu offensé, mon fils?
Mon mode de vie.
Et mes excès.
Ils offensent ma religion et mon pays.
Tes excuses...
Viennent-elles de la peur et de l'ambition, ou du fond de ton âme?
Du fond de mon âme.
Tant mieux.
Tente d'être raisonnable, maintenant.
C'est mieux pour toi et pour ton père.
Cri rageur
On frappe à la porte.
Avec deux arguments et trois billets, ta gardienne laisse entrer n'importe qui.
Je viens m'excuser de t'avoir plantée pour le déjeuner, l'autre jour.
Ton père m'a expliqué ce qui s'est passé.
Je ne t'en veux pas.
Qu'est-ce que tu as?
J'ai dû baiser la main de l'enculé qui a fait fouetter Daria!
Pourquoi tu as dû faire ça?
Parce que mon père est un gros lâche.
Il ne veut pas que je me fâche avec les mollahs.
Il a besoin d'eux pour rester en place. Voilà pourquoi!
Et il m'a proposé un poste à ses côtés.
Comme son bras droit.
Qu'est-ce que tu t'es fait à la main?
Rien. J'ai frappé dans les braises.
J'aurais pu en manger une!
C'est un frustré, mon père.
Il voulait un poste à l'AIEA, à l'ONU, n'importe où.
Mais il n'en a jamais obtenu.
Il voulait négocier pour l'Iran à Genève
mais on lui a préféré son ami Jawad Zarif, qui est devenu un héros planétaire.
Et il est là, coincé à Téhéran, à devoir lécher le cul des mollahs.
C'est pathétique.
Ça pue.
Ça pue, chez toi. C'est quoi?
C'est mon frigo.
C'est rien. Je te répare ça.
Tu as été voir un médecin?
Je vais te mettre quelque chose.
D'abord du froid dans ton frigo, ensuite mes brûlures, ok?
Musique de suspense
- "Le conseiller spécial pour les questions atomiques
"a confirmé son intention d'associer Caramel
"aux réunions décisionnelles."
"D'ici une à 3 semaines, on peut espérer voir Caramel
"occuper ses fonctions et ainsi avoir accès
"aux renseignements pertinents."
"Il y a une possibilité de recrutement de Caramel
"en raison de sa volonté d'aider son pays
"à entrer dans la modernité et la mondialisation."
"Caramel peut être sensible
"à l'obtention d'un statut que son père n'a jamais obtenu."
"Une carrière qui lui permettrait de représenter l'Iran."
"Si on promet à Caramel un poste au sein d'une entreprise
"au rayonnement international"
"Caramel aidera son père
"en faisant mieux que lui,
"pour sa famille et son pays."
- "Je préconise d'approcher Caramel sous la couverture
"de cette entreprise prestigieuse.
"Caramel n'aura pas l'impression de trahir,
"si c'est pour aider son père et son pays à être plus audacieux."
"D'autant plus si on lui promet le statut international important
"que le père n'a jamais eu."
Vibreur
- Allô ? *- C'est Céline.
- Oui.
*- J'ai quelque chose à vous dire. On peut se voir ?
- Vous savez où je suis ?
*- Je préfère qu'on se voie ailleurs.
- OK. Où ça ?
*- Au Grand Véfour, à Palais-Royal.
- Très bien.
Il y a des rendez-vous qu'il faut éviter,
des invitations qu'il faut décliner.
Ce sont des pièges.
Vous le sentez.
Vous le devinez.
Si vous y allez quand même,
si vous négligez les alertes qui sonnent en vous,
c'est qu'en fait, vous la désirez vraiment,
cette blessure qui vous attend.
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