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-Comment il va ? -Ils l'ont mis en coma artificiel.
-C'est toi qui l'as trouvé ? -Oui.
-Près de la cuve ? -Hum.
-Il avait pas mis son masque. -Ça sert à rien de le dire.
-Masque et gants, il y arrive pas. -Il est crevé depuis un moment.
La nuit, il arrĂŞte pas de tousser. Enfin, c'est un enfer.
-C'est un costaud, ton père. -Oui.
-Diffusion 2 fois moins fréquente qu'avec un produit classique
et épandage 2 fois moins important. -On s'endort.
"Epandage 2 fois moins important." Il répète.
VoilĂ , c'est mieux, lĂ , c'est plus vivant.
Ensuite ?
-Disparition dans les sous-sols en un temps record.
-En un temps record ! -Non...
-Allez. -En un temps record !
-Voilà . -T'as trop regardé le "Téléachat".
-OK, tu peux la jouer plus sobre. -Oui.
-Mais pas plus, OK ?
-OK, ma chérie.
Il soupire.
Allez.
-C'est tout droit et Ă droite, lĂ -bas.
-D'accord.
-Mets-toi lĂ .
Je suis sûre que tu vas assurer.
Tu seras avec Andrew ? -Oui.
-Ă€ ce soir.
-Chloé, merci.
Bips
-Ça peut plus continuer comme ça.
Il faut faire quelque chose.
-Pour ?
-On va interdire ces produits de merde.
-Et moi ?
-Je l'ai encore fait trop fort. -Et les lobbys, tu fais comment ?
Approche d'une voiture et coups de klaxon
-Je suis un grand garçon, je me défendrai.
C'est quoi encore, cette bagnole ?
-Il est jeune.
-Hello. -Ça va ?
-Ça va.
-Salut. -Salut.
Il reste du café pour moi ?
-C'est quoi, cette caisse ? -C'est un pote qui me l'a prêtée.
Elle déchire, non ?
-Ne roule pas dans une telle caisse, surtout ici, c'est n'importe quoi !
-Oui, t'as raison. Je voulais pas ĂŞtre en retard.
-Tu veux ?
-Non, merci.
-Comment va Michel ? -Toujours dans le coma.
-Ah, merde !
-Guillaume veut interdire les pesticides.
-T'es sérieux ?
Carrément !
Cool. -Oui, Guillaume, c'est Superman.
-D'accord.
Euh...
Du coup, on fait comment ?
-Si je suis nommé rapporteur, je ferai voter un amendement.
-C'est Rostand qui choisit
le rapporteur. -Hum hum.
-Je vais tâter le terrain. -Ne dis rien.
-Sur ? -Les pesticides, pas un mot.
-OK.
-C'est le compte rendu corrigé. -Ah, merci, très bien.
Merci, Jocelyne.
On veut mettre l'accent sur la portée écologique
de l'Edénax.
Des phytosanitaires respectueux de l'homme et de l'environnement.
Euh...
à diffusion 2 fois moins fréquente
qu'un produit classique.
On axe nos visuels sur ce message : une agriculture préservée,
saine... joyeuse...
Non, on va...
on veut montrer...
-Didier a attrapé une méchante grippe,
mais il tenait Ă vous faire
cette présentation.
Il est préférable que tu retournes chez toi.
Je t'assure. Merci.
On va montrer des hommes et des femmes au travail,
visages souriants, une terre riche et fertile, vivante,
beaucoup de verdure, pas d'effets spéciaux.
-Une caution scientifique ? -Bien sûr.
Un scientifique classique qui donnera 2, 3 chiffres.
Les résultats d'études sont exceptionnels,
autant les mettre en avant.
-Ce serait bien que ce soit un scientifique, pas un acteur.
-Oui, il faut insister sur l'authenticité
et mettre en avant la portée écologique du produit.
-Nous aussi, on participe Ă la transition, et cetera.
Halètement
Il souffle.
Il tousse.
-C'était quoi, ce numéro ?
Tu as bu ? Tu as pris des médocs ?
-Tu comprends vraiment rien. -Que devrais-je comprendre ?
-Laisse tomber.
-Tu veux tout faire foirer ? -Lâche-moi.
-Je m'inquiète pour toi.
Je me trompe ou tu vas faire une connerie ?
-Je vois pas de quoi tu parles. -ArrĂŞte de faire chier.
Ça fait un moment que je te porte à bout de bras.
On t'a offert une promotion que tu méritais pas,
on oublie tes problèmes d'alcool,
alors si tu fais pas un effort, je pourrai rien pour toi.
-C'est une menace ?
-Il faudrait que tu sois raisonnable,
que tu penses Ă tes enfants et Ă Suzanne.
-Dans la majorité,
c'est Rostand qui protège Michelet.
Michelet a pris des positions opposées à celles des écolos,
particulièrement de ton député. -Et ?
-S'il est nommé rapporteur, vous n'existerez pas.
Ton député va perdre en crédibilité.
Déjà que les écolos sont peu. -Je fais du secrétariat, moi.
-Justement, change, mouille-toi. Tu vas voir, c'est plus marrant.
Si c'est Delpierre qui est nommé rapporteur,
vous aurez une place au sein de la commission,
du temps de parole...
Ton député va reprendre de la couleur.
Vous vous opposeriez Ă votre chef ? -Avec vous, oui.
-J'y crois pas.
-Tu dois appeler la secrétaire de Denis.
-Denis ? -Kervalec.
Et si Delpierre veut m'appeler, qu'il m'appelle directement.
Bribes de paroles, brouhaha
-Bonjour. Ça va ?
Il frappe Ă la porte.
-On les neutralisera.
Que risques-tu ? La guerre avec Michelet ?
Bien sûr, elle a déjà commencé en prenant l'initiative...
On déjeune. -Luciani ?
Il soupire.
-Et Lucas ? -Appelle-le vite.
Il va faire chier.
-Rostand ? -Elle arrive en fin d'après-midi.
-Guillaume Delpierre.
Ça concerne le cahier des clauses administratives.
Sonnette
Elle halète.
-Qu'est-ce que tu fous là ? -J'ai quitté Manuel.
-Oh, merde !
Allez, viens, entre.
Bips
-Vous enlevez ça quand ? Je me sens bien, maintenant.
-On doit vous garder
un peu plus longtemps.
-Pourquoi ? Vous avez trouvé quelque chose ?
-Il faut faire
d'autres examens.
-Mais pourquoi ?
-Il y a un nombre de cellules sanguines anormal...
avec des traces de blastes.
-C'est quoi, c'est grave ? -ArrĂŞte un peu.
-Vous avez une leucémie,
monsieur Villeneuve.
C'est un cancer, un cancer du sang.
-Ça se soigne ?
-Il y a des traitements, oui.
Mais il faut affiner le diagnostic, c'est pourquoi on vous garde.
-En gros, je suis mal barré ?
-On va tout faire pour vous sortir de lĂ .
-Docteur.
Est-ce que ce qu'il a,
c'est Ă cause des produits qu'on utilise Ă la ferme ?
-Je peux pas me prononcer.
-Toi et tes questions...
Il soupire.
-Je dis pas que t'as pas l'expérience.
C'est ton 2e mandat.
On peut pas dire que tu sois passif en commission.
Tu peux ĂŞtre chiant. Prends-le pour un compliment.
Seulement, et je dirai pareil Ă Michelet,
c'est une étape-clé pour nous. Les négos vont être compliquées.
-Je connais bien le dossier.
Depuis 6 ans, je cĂ´toie les agriculteurs...
-T'as grandi Ă la campagne, t'es proche d'eux...
Ne fais pas ta réclame.
Si c'est pas Michelet, j'ai un plan B.
-Ah bon, qui ça ?
-Quelqu'un que j'apprécie,
que je connais très bien et en qui j'ai confiance.
Mais j'exclus pas de te proposer pour le rapport sur la prévention
des risques.
On frappe Ă la porte. Oui ?
-M. Michelet est arrivé.
-Parfait. Faites-le patienter.
J'ai lu l'article que tu as signé la semaine dernière
pour la fondation Jaurès. C'est toi ou lui qui l'a rédigé ?
-C'est nous.
-Brillant.
-Bonsoir. -Bonsoir.
-Bonsoir.
-Prévention des risques, non, mais je vais la tuer.
-Elle m'a fait un peu de gringue.
Je me demande combien elle paie ses assistants.
-Si tu me lâches pour elle, je te pourris la vie, toi.
-Il faudrait peut-ĂŞtre que je prenne ma carte au parti.
C'est qui son plan B ? -C'est elle !
C'est pas elle qui va faire interdire les pesticides.
Elle se fait inviter tous les ans par le MEDEF Ă Marrakech.
-Défends une autre cause. -C'est-à -dire ?
-L'alcool au volant.
JOYEUX ANNIVERSAIRE,
CHLOÉ
JOYEUX
ANNIVERSAIRE
-Ferme les yeux, fais un voeu. -Ça va, papa,
j'ai pas dix ans. -Ma chérie... ferme les yeux.
Fais un voeu.
Applaudissements Bravo.
-Joyeux anniversaire, ma puce. -Merci.
-Bon anniversaire, ma chérie. -Merci, papa.
Réception d'un message
-Désolé, je reviens.
-HĂ©...
Joyeux anniversaire ! -Merci.
Il souffle.
*Bip sonore
C'est bon.
J'ai tout réuni.
Je serai lĂ demain.
-Tu viens, papa ?
On t'attend pour ouvrir les cadeaux.
-J'arrive !
Il souffle.
Sonnerie de téléphone
-AllĂ´ ? Raclement de gorge
Oui, c'est moi.
Oui, mais c'est pas grave.
Oui, non, absolument, oui, je cherche toujours.
D'accord, attendez.
Redites-moi.
D'accord.
Très bien, merci.
Ă€ demain. Oui. Au revoir.
Vacarme de la déchiqueteuse
-Didier ?
Didier ?
Qu'est-ce que tu fais ? -Je me débarrasse de vieux trucs.
Désolé. Je t'ai réveillée ?
-T'as besoin de faire ça là ? -Non, mais j'ai fini.
-Claire.
Mathieu Bowman.
-Enchantée.
-Bernard, tu me sers un café, s'il te plaît ?
Heureux de vous rencontrer.
Je connais bien S. Villard, vous ancien rédacteur en chef.
Il ne tarie pas d'éloges. Je sais qu'il ment facilement,
mais Ă ce point-lĂ , il doit bien y avoir quelque chose de vrai.
Je cherche quelqu'un de très disponible, de réactif.
-Genre qui répond à un appel à 2h. -Exactement.
Ce sont des missions de lobbying que je vous confierais.
-C'est pas mon profil.
-Vous connaissez par coeur les rouages du petit monde
médiatico-politique. Vous avez une manière personnelle
d'y imprimer votre marque. -Pourquoi dites-vous ça ?
-Tout le monde
ne balancerait pas un verre Ă la figure d'un ministre.
J'imagine que vous aviez
de bonnes raisons pour le faire.
On n'encourage jamais assez ceux qui n'ont peur de rien.
Je vous propose
de commencer Ă 150 000 par an avec des bonus
quand tout se passe bien pour un dossier.
Je n'aime pas parler d'argent. J'ai fait préparer
votre contrat... -J'ai pas dit que ça m'intéressait.
-Lisez tout ça tranquillement en finissant votre café.
Je vous laisse ma carte si vous avez des questions.
À très bientôt.
Sonnette
Ouverture de la porte
Bribes de paroles
-Bonjour. Claire Lansel, j'ai rendez vous avec M. Bowman.
-Oui, veuillez me suivre.
Je vous en prie. -Merci.
-Ah, Claire.
Venez, venez, approchez.
Je suis vraiment heureux.
Christophe Maillard, mon plus proche collaborateur.
Claire Lansel,
qui apportera beaucoup. On essaie de suivre de près
l'élaboration de la nouvelle loi cadre pour l'agriculture.
Je vais vous montrer.
On devrait bientĂ´t savoir qui en sera le rapporteur.
Est-ce que vous avez une idée ?
-Michelet, il est très proche de Gosset.
Ou Delpierre, très impliqué dans les questions
agricoles. -Delpierre...
-Député aux affaires économiques.
-Il a posé 3 questions au gouvernement : 1 sur la PAC
et 2 sur le plan Ecophyto 2020.
Ou Rostand, leur chef de groupe.
-Pour le poste de rapporteur ? -Oui.
Elle convoite le ministère de l'Agriculture.
-Ce serait mauvais pour nous. -Pourquoi ?
-Une opportuniste. -On a eu de mauvaises expériences
avec elle par le passé.
-Comme quoi ?
-Elle ne sait pas remercier.
On vous laisse vous installer.
-Oui. Raclement de gorge
-Céline va vous montrer votre bureau.
-Merci. -Merci.
-J'ai entendu des choses sur Rostand.
-Des choses... Quelles choses ?
-Des choses. Je vérifie et je vous fais une note.
-Oui, bien sûr, merci.
Brouhaha, musique
-Mademoiselle, je viens de la part de Mika.
Propos en néerlandais
LĂ -bas ? -Ja.
Pardon.
Bonjour.
Je viens de la part de Mika.
-Ah...
Merci.
Coups de tonnerre
Clapotis de la pluie
-C'est lui, lĂ ?
-Non.
C'est la 1re fois qu'il me fait un coup comme ça.
-Ça fait une heure, là . On y va, non ? Tant pis.
-Fait chier.
Oui, Josyane, c'est Chloé.
Je suis à Asnières. Mon père devait venir me chercher.
Ah bon ?
OK. Merci.
Au revoir.
-Qu'est-ce qu'elle a dit ? -Il est pas venu au bureau.
-Non, c'est génial, tu rigoles. C'est du lourd, j'adore.
C'est qui qui a balancé ?
J'en étais sûre, j'en étais sûre.
Non, il me faut des factures, des documents,
des devis, des trucs concrets.
C'est obligé.
Non, j'ai pas le temps. Je sais pas, 24 heures.
AllĂ´ ? Oui, non... Si, c'est urgent.
Oui, c'est urgent. 24 heures.
Si, si, il me faut tout dans 24 heures.
T'as déjà fait mieux que ça.
OK, allez, on se rappelle demain matin.
Ciao.
-Il est oĂą, papa ? -Bonjour.
-Il devait nous aider à récupérer un frigo.
On l'a attendu 2 heures. -Je sais pas, il a dĂ» oublier.
Il est un peu soucieux. T'as remarqué ?
Ça va passer. -Il est pas allé au bureau.
-T'as appelé Josyane ? -Oui, il y est pas allé.
-Mais tout va bien. -Il a disparu, maman !
Il répond pas au téléphone ! On sait pas où il a été !
-ArrĂŞte de t'en prendre Ă moi. D'accord ? J'y suis pour rien.
-Qu'est-ce qui se passe ? -Elle s'inquiète pour ton père.
-C'est pour ça que tu gueules comme un putois ?
-Tu me les casses !
Elle soupire.
-Ça a l'air trop bon. On bouffe bientôt ?
Soupir
Clapotis de la pluie
Sirène de bateau
Clapotis de la pluie
Sirène de bateau
Gémissements
Difficulté à respirer
Clapotis de la pluie
Gémissements
Clapotis de la pluie
Il souffle.
Clapotis de la pluie
*Tonalité
*Bip sonore
*-Bonjour...
Brouhaha, musique
-Claire ?
Claire.
Raclement de gorge
-Ah, salut, Roland ! Euh, non, pardon.
C'est Romain. -Roland, si tu veux.
-Non, excuse-moi. -Comment tu vas ?
-Bien. -Ça fait un bail.
-Oui. -Je te paie un verre ?
-C'est-Ă -dire que lĂ , j'ai rendez-vous, donc...
Non, mais OK, vite alors. -OK.
-Tu bosses toujours pour ton journal, non ?
-Et toi, toujours le grand amour avec ton député ?
-Ah oui.
Avec des hauts et des bas, mais ça se passe bien.
-Et pour la loi sur la politique
agricole ? -Tu t'informes ou tu bois un pot ?
-Les femmes savent faire deux choses Ă la fois.
Delpierre aura du mal Ă devenir rapporteur.
Face à Michelet ou Rostand, il a pas les épaules.
-Ça, on verra.
-Qu'est-ce qu'il joue ?
Pourquoi il s'avance comme ça ?
-Conviction politique.
Ça existe encore, tu sais. -C'est pas une manoeuvre
pour se mettre en avant ? -Delpierre ? Non.
Tu le connais pas, il est comme ça. -J'ai le sentiment
de tous les connaître. -Parce que nous 2,
on se voit pas assez.
-Mais il sait qu'il a aucune chance ?
-Ah bon ? -Hum.
Ou alors, il est naĂŻf.
-Tu parles de Delpierre ? -Ben, oui.
Bien sûr. De qui d'autre ?
-Ă€ mon avis, il a toutes ses chances.
-Ah, t'es un rĂŞveur, toi aussi ! J'aurais jamais cru.
Bon, allez.
J'y vais.
Euh, juste pour info...
ta braguette est ouverte.
-Merde.
-C'est moi qui t'ai réveillée ? -T'étais où ?
-Nulle part.
J'ai eu envie de rouler. J'aime bien rouler la nuit.
-T'as pas eu tous mes messages ?
-Non, désolé, ma chérie, j'avais éteint mon portable.
-Papa, qu'est-ce qui se passe ?
-C'est rien.
-C'est avec maman, c'est ça ? -Non.
C'est... c'est des problèmes d'adultes...
Rien de grave.
-Je sais qu'il se passe un truc.
-Tu vas prendre froid, lĂ .
-Tu vas oĂą quand tu roules la nuit ?
-N'importe oĂą... au hasard.
Ça me fait du bien.
Je mets de la musique...
Hier, j'ai écouté plusieurs fois
le disque du groupe de rock que t'aimes bien, Red Turtle.
T'as raison. Le 3e morceau, ils l'ont piqué à Beethoven.
-1er mouvement du "Tripelkonzert". -Hum.
Elle fredonne.
Ils fredonnent.
Rires
On frappe Ă la porte. -Oui, entrez.
-Rostand siège bien au conseil d'administration d'Antolia.
-C'est pas illégal.
-Non, mais ils ont financé les travaux dans sa maison.
-C'est bien, ça. -Il y en a pour 200 000E.
-Waouh, très, très bien, ça !
Et pour le poste de rapporteur,
c'est elle ?
-Pratiquement, mais Delpierre se présente.
-On a quoi sur lui ? -Député de base, marié,
un homme sans histoire.
-Il a grandi dans un village près de Béthune,
sa femme vient du milieu associatif,
plus Ă gauche que lui,
et elle est prof de français.
Il a une vie stable, fidèle, ancien DRH
dans une grosse entreprise, député depuis 6 ans.
-Ambitieux ?
-Comme tout le monde.
-T'en penses quoi ?
-Il faut le rencontrer, organiser un déjeuner.
-Non, la nomination
est dans 2 jours. -Il faut se débarrasser
de Rostand. Vous faites fuiter l'info ?
-Hum. -Merci, Claire, beau boulot.
Au fait, Claire, vous aimez
l'opéra ?
-Pas particulièrement. -Vous allez changer d'avis.
J'ai besoin que vous m'accompagniez à une soirée privée.
C'est quel opéra déjà ?
-"La Flûte enchantée". Je viens te chercher à 18h30 ?
-Inutile que tu viennes, Christophe.
Bribes de paroles
-Christophe.
Je suis désolée pour ce soir. -Je connais par coeur son petit jeu.
Il se lasse aussi vite qu'il s'emballe pour la nouveauté.
Brouhaha, bribes de paroles
-Ah, tiens ! -HĂ©...
-La nuit a été courte ? -Mais très agréable.
-C'est celle d'hier soir ? -Non, c'était juste une copine.
Et toi, avec ton mec ? -Rien de spécial.
-T'as pas envie de nouveauté ?
-Depuis le temps qu'on se connaît...
-On se connaît sans se connaître. -Un peu comme tout le monde, quoi.
Comme votre chef de groupe. -T'as des infos sur Rostand ?
Vas-y, balance.
-C'est le genre d'info qui brûle les mains
et ça va vous faire flipper. Je vais garder ça pour moi.
-Allez, arrête, ça va. Qu'est-ce que t'as ?
-Je gagne quoi en échange ? -Un dîner en tête-à -tête.
Tu veux quoi ? -Ben, comme d'hab.
Les infos avant tout le monde, tout sur la loi agricole.
-Hum.
Ah oui, carrément !
Putain, ça déchire ! -Hum.
On me le dit souvent.
-T'as eu ça comment ? -Une journaliste.
-Ça va sortir ?
-On a l'exclu durant une semaine. Si ça sort, elle est grillée.
-Je vais pas me servir de ça. -Elle va en pisser de rage.
T'as vu comment elle t'a parlé ? -Tu plaisantes ?
-Personne saura d'où ça vient. *Vibreur de téléphone
Il faut faire courir le bruit. -T'as pas un scandale sexuel ?
Ça se vendrait encore mieux. -Tout le monde fait ça.
On répète les bruits de couloir. -Je pourris pas les réputations.
-Elle est pourrie. -Et la fin justifie les moyens.
-Tu fais chier. -La justice
doit régler ça, pas nous.
-Rostand se fait payer son jacuzzi par les plus gros pollueurs
et elle va défendre la nouvelle politique agricole ?
-Inutile de lancer des rumeurs.
-C'est pas des rumeurs.
-Je touche pas à ça. -Tu préfères
t'écraser ? Hein ?
Rapporteur, tu laisses tomber ?
Il va dire quoi,
ton pote, avec sa leucémie ?
-Tiens. -Merci.
J'arrive Ă rien avaler.
-T'as mal quelque part ?
-Un peu partout.
Je dors mal, en plus, Ă cause de ma toux.
Pas la peine
de me regarder comme ça. Il y a déjà Caro.
Je suis pas encore crevé.
-Les chimios
sont très efficaces.
-Je suis allé sur Internet. J'ai regardé ce qu'ils disent
sur les pesticides.
Je comprends pas.
Ils ont droit d'empoisonner les gens ?
Personne ne dit rien ?
-On redéfinit les orientations de la politique agricole.
Je vais déposer un amendement.
Je vais faire interdire les pesticides
les plus toxiques. -C'est ça.
T'y crois ? -Je ferai tout
pour que ça passe.
-Hum.
Je devrais leur coller un procès au cul.
-Ces types ont des armées de juristes.
Ta plainte, elle remonte mĂŞme pas jusqu'Ă eux.
-Qu'est-ce que j'ai Ă perdre ?
-Tout.
-On va vous recevoir, madame, patientez.
Propos mêlés
-Bonjour, madame la présidente.
Bonjour. Ça va bien ?
Bonjour.
-Mesdames et messieurs les députés,
mes chers collègues, on est réunis, entre autres,
pour désigner le rapporteur de la prochaine loi agricole.
Malheureusement, Mme Rostand, sur laquelle on comptait tous,
est appelée à d'autres responsabilités
et juge préférable de renoncer à cette mission.
Son emploi du temps trop chargé
l'empĂŞchant d'en assumer la charge.
Sur sa proposition,
sachant qu'il en a lui-même émis le souhait,
et au regard de son expertise dans le domaine,
je vous propose de nommer M. Guillaume Delpierre,
rapporteur du projet de loi.
Qui approuve ?
M. le député Guillaume Delpierre
est désigné rapporteur du projet de loi agricole.
Je vous remercie. Félicitations !
-Merci.
-Poursuivons l'ordre du jour, vous voulez bien...
qui est, comme vous le savez,
très chargé en ce moment avec les nouvelles réformes.
-Madame Forrest ? -Oui.
-Police judiciaire. -Encore !
Ecoutez, entrez, ne restez pas lĂ .
OĂą faut-il que j'aille le chercher, cette fois-ci ?
-Excusez-moi ?
-Vous venez bien
pour mon mari ? -Oui, vous ĂŞtes au courant ?
-La dernière fois, c'était il y a 2 semaines.
Il boit comme un clochard et s'endort dans sa voiture.
Et quand on le ramasse...
Bref... Il est oĂą, cette fois-ci ?
Soupir
-Il est décédé, madame.
Je suis désolé.
-On l'a retrouvé noyé dans la Seine, à hauteur de Neuilly.
-Ça va aller ? Vous voulez vous asseoir ?
-Vous voulez boire quelque chose ?
-Que s'est-il passé ? -L'enquête vient juste de débuter.
Sa voiture était garée sur le pont de Suresnes
et on a retrouvé son corps 3km plus loin.
-Il avait bu ? -Le CHU de Saint-Cloud
procède aux analyses.
Il était dépressif ?
-Non, je sais pas, enfin...
Il boit quelques fois de façon excessive.
-Vous ne savez pas
s'il était dépressif ?
-Non.
On évitait ce genre de confidences.
-Vous l'avez vu quand
la dernière fois ? -Hier matin.
-Il est pas rentré ? -Non.
-C'était habituel ?
-Il dormait souvent Ă son bureau.
C'est ce qu'il me dit. -Vous ne vous parliez pas beaucoup.
-Il faut suivre des démarches administratives.
Pouvez-vous me les indiquer ?
-On pourrait voir son armoire Ă pharmacie ?
-Oui.
VoilĂ . -Merci.
Ce sont des anxiolytiques, ça, madame.
Il en prenait régulièrement ? -Non, c'est à moi.
-Ah...
Raclement de gorge
Il va falloir nous montrer vos ordonnances.
Je prends une boîte pour le légiste.
-Que se passe-t-il ?
Maman, il se passe quoi ?
-Allez, Ă nous.
-Au nouveau rapporteur.
-On s'en fout, du rapporteur. Toi et moi.
Bribes de paroles, musique
-Vas-y, balance. C'est quoi, ton info ?
-On prépare un truc qui va faire du bruit.
-Mais encore ? -C'est un amendement.
On s'attaque aux pesticides, tout ce qui contient
du Lymitrol. Saskia et compagnie, la totale.
C'est du lourd.
-Mais c'est décidé ? -Oui.
Guillaume, il est Ă fond.
Je dois rédiger l'amendement ce soir.
Heureusement, j'ai pas besoin de beaucoup de sommeil.
Quoi ?
-Je dois te dire
un truc. -Tu préfères les femmes ?
-Je suis plus journaliste.
-C'est-à -dire ? Tu fais quoi à l'assemblée ?
-Je suis consultante.
-Pour qui ?
-Bowman.
-C'est une blague ?
-Non.
-T'es vraiment qu'une pute !
-Pourquoi Andrew n'est pas venu lui-mĂŞme ?
-Il est à l'étranger, il sera bientôt là .
-Il a mĂŞme pas fait un signe ? -M. Percy et la direction Europe
m'ont demandé de vous accompagner dans cette épreuve.
On sera à vos côtés,
on fera tout pour vous aider de quelque manière que ce soit.
-Vous pourriez le joindre
pour moi ?
-C'est délicat, il est à l'étranger et les choses sont plus compliquées
qu'il n'y paraît. -C'est-à -dire ?
-On pourrait pas reprendre cette discussion ailleurs ?
-Ma fille peut entendre
ce que vous avez Ă dire.
-C'est une situation pénible. -Si vous avez quelque chose
Ă dire, dites-le.
-Une...
une enquête interne chez Saskia a révélé que M. Forrest empruntait
des sommes assez importantes,
sans l'aval de la direction.
-Il détournait
de l'argent ?
-C'est... -C'est ridicule.
Si une chose est sûre, c'est l'intégrité de Didier.
Puis...
On en avait,
de l'argent. Il en gagnait assez.
Pourquoi il aurait fait ça ?
-Il entretenait une relation avec une jeune femme.
Sans doute assez exigeante.
M. Percy a fait ce qu'il a pu pour arranger les choses.
Votre mari s'est braqué, a disparu plusieurs jours.
On devait réagir. Il allait être mis à pied.
Inévitablement, ça serait devenu public.
C'est sans doute
pourquoi il a... enfin, son geste.
-Son geste ?
-C'est pas mon père, ça. -Mademoiselle Forrest,
je suis désolé, je... -Il nous a pas laissés comme ça.
-Chloé, Cholé, attends.
-Une plainte.
Empoisonnement.
-Je défends Saskia.
-Vous voulez me payer ?
-Des tueurs.
-Regardez les tumeurs.
-Les produits phare
de Saskia.
-T'as vendu ton âme au diable.
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