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...
Musique calme
...
Aboiements
- Toi, là !
Là.
---
Tito.
Le chien halète.
Tito.
- Vas-y, speed. - Vous faites quoi, là ?
- Allez, viens !
Musique rap
Rires
Comment on l'a niqué.
- Comment il a failli lui arracher le bras !
- Faut pas le vénère, c'est tout.
- C'est bien ça, Tito ! - Petit Tito.
- Vas-y, monte le son.
---
- Je vais appeler la nounou.
- Quelle nounou ? Vous avez une nounou ?
- Ouais. - Pour planquer le shit de qui ?
C'est quoi, votre délire, les mecs ? Ben, je te parle.
C'est quoi, votre délire ? Explique.
Karim, arrête avec ton portable, putain. - Rodolphe, c'est bon.
Je te dis, t'inquiète.
- Tu dis rien, toi ?
Si on te chope, t'y as pensé ? T'es trop con.
- Daniel croira pas que c'est nous. Les petits font pareil.
- Les petits mettent pas de bananes. Ça pue la merde, ton histoire.
Tu t'es pris pour qui à prendre une nounou ?
Alarme de voiture
Depuis combien de temps vous niquez Daniel ?
- Je sais pas, deux mois...
- Deux mois ? Il est où, le fric ?
- Tu sais, ça va vite.
Des sapes, une meuf par-ci, une meuf par-là...
- Arrête.
- Et il y a sa caisse aussi. - Arrête. Ça vaut rien.
- Qu'est-ce que tu racontes ? - Tu l'as payée combien ?
Oh, tu dis rien ?
On se débarrasse du matos et la noich doit fermer sa gueule.
- Elle a gardé mes neveux... - J'en ai rien à foutre.
Elle s'appelle comment ? - J'arrive pas à le dire.
Salut, ça va ?
- Vous êtes vraiment des guignols.
- Je coupe, tu pèses ?
- Avance, ta mère ! - Il se passe quoi ?
- Assieds-toi !
Bouge pas, toi.
Petite pute de merde. Y a écrit "supermarché", là ?
Tu croyais me couiller encore longtemps ?
Tu voulais plus bosser pour moi, non ?
- Oh, putain.
- Le reste du matos, il est où ?
- Quel reste ?
- Tu pensais que je verrais rien ?
- On a revendu un peu.
- Combien ? - Un peu, c'est tout.
- Il m'en manque pour 30 000 !
- Écoute, on a merdé, mais on va s'arranger.
OK ? - Je veux mon oseille.
- Putain, Daniel, merde !
- Je veux ma thune, t'entends ?
Si tu vas voir les schmits, on te retrouve dans le marais.
Dégage avec tes putes.
Dégage-moi ça.
Hurlements
- Oh, putain de merde.
- Bande de bâtards.
- Viens, viens ! - Avance, toi !
On est dans la merde.
Grillons
Pourquoi tu m'as rien dit ?
Il inspire.
- T'es sûr qu'elle te jettera pas ?
- Tu vois mieux comme solution ?
Comment vous avez pu vous mettre dans cette galère ?
La voiture démarre.
- Qu'est-ce qui se passe ? - Je t'expliquerai.
- Mais c'est quoi ? - Arrête.
Elle est là ? - Ouais.
Dis-moi ce qui se passe. Ça me stresse.
- Tiens.
- Merci. - Charge pas trop.
- Vas-y, partage.
- Tu me verrais si je te faisais pas bédave ?
- Je crois, ouais.
T'as plein d'autres qualités.
Il rit.
...
Aïe.
T'as mal ?
- Oui.
Musique douce
---
Une femme tousse.
- Tu fais quoi, là ?
- Il me faut 3 000 euros.
- 3 000 ? C'est qui, ces types ?
- Arrête, tu les connais pas.
- Je peux savoir qui c'est.
Ça pousse pas dans mon jardin.
- Je sais, merci.
Je te dis que tu les connais pas.
Je te demande de m'aider. Oui ou non.
Soit tu me sauves,
soit c'est non, et je me crève.
Je vais me crever !
Tu veux que je me crève ? Ou m'aider ?
Dis-moi si tu m'aides ou pas !
Putain ! - Arrête ça, Rodolphe !
- Je te jure que je vais le faire.
- Je vais t'aider, arrête ça, Rodolphe.
Il lâche le morceau de verre.
Ta main...
C'est quoi, ce jeu, là ?
- C'est pas un jeu. J'ai l'air de plaisanter ?
Je suis dans la merde.
Je suis dans la merde...
Je suis dans la merde.
Musique douce
---
Grillons ---
--- ---
Brouhaha
---
Qu'est-ce qu'elle fout là, celle-là ?
Tu veux un verre ?
- Je ne veux plus que vous voyiez ma fille.
- C'est quoi, ce plan ? C'est elle qui décide.
- Je reste sa mère. - Je m'en fous.
Au moins, elle s'ennuie pas.
Elle sort, elle s'amuse, elle vit.
- La vraie vie, formidable.
- On va peut-être se marier.
- Pour nous plumer ? La banque m'a appelée...
- Ferme ta gueule, mamie.
Tu te prends pour qui ? Je suis ta pute, moi ?
Tu me fais la morale ? Je te parle des trafics de ton mari ?
Il était pas tout blanc, ton boche, viens pas me casser les couilles.
- Je regrette qu'il soit plus là pour vous casser la gueule.
- Elle est sérieuse, celle-là, ou quoi ?
Bouge pas.
T'es pas à ton bureau, ici. - Ça va.
- T'es cash ? Moi aussi.
Julia m'aime, c'est comme ça. Elle est accro.
Quand j'en ai besoin, elle m'aide.
Si je la vois plus, je fais comment ?
Tu veux qu'elle me voie plus ?
- Oui.
- Assez pour parler d'argent ?
- Elle serait contente de savoir ça...
- 30 000 euros et je disparais.
Sans argent, je vais nulle part.
Soit t'es le père Noël,
soit tu dégages.
- C'est tout ?
- Tu veux boire un verre ? Fumer ?
C'est ça, casse-toi.
Musique intrigante
---
Aboiements ---
--- Brouhaha
Combien ? - 3 000.
4 000, si c'est la mort.
- 5 000, OK ? - OK.
- T'es sérieux ? - Tu vois mieux, toi ?
- Ça va bien se passer.
- Allez.
Exclamations de la foule
---
- À la gorge, Tito !
Le chien gémit.
- Allez !
Allez !
- Je vois l'argent que tu donnes. - Et alors ?
Il a besoin d'aide et moi, de lui.
- Il m'a demandé du fric pour plus te voir.
- Tu crois m'apprendre un truc ?
- Je comprends pas ce qui te plaît, là-dedans.
Tout ce que...
- Il y a des gars qui aiment baiser une infirme...
- Tu n'es pas une infirme. Ne parle pas de toi, comme ça.
- Je déteste cette jambe, maman. Et cet accident, ce qu'il a fait de moi.
File-moi une taffe.
- T'avais besoin de lui dire pour papa et la prison ?
- Pourquoi ? T'as honte ? - Non...
Je comprends pas pourquoi.
Promets-moi que tu ne le verras plus.
Hein, promets-le-moi.
- Jamais promettre, jamais décevoir.
- Tiens. - J'en veux pas.
- Écoute...
- Maman, arrête !
Musique triste
---
- Tu peux le mettre, là-dedans.
- Dégage, s'il te plaît.
---
Sanglots ---
Un téléphone sonne et vibre.
- Oh, putain ! Quelle casse-couilles.
Je pensais me tirer d'ici grâce à elle.
Putain, elle est encore plus barge que moi.
Ça va ?
- Sans Tito pour faire de l'oseille, on fait comment ?
- Je sais pas.
- L'autre va nous faire la misère. - Fils de pute.
On peut faire un braquage. - T'es sérieux ?
- Je suis prêt, mon frère.
- T'es con ou quoi ? Un braquage...
T'es un gros bouffon.
- Les frères, on fait comment ?
- Toi, vends ta caisse pourrie.
Et toi, tes fringues de bouffon et toutes tes merdes.
- Tu rigoles ou quoi ?
- J'ai l'air ? - Je vais pas les vendre.
- Tu te fous de ma gueule ? - Arrête.
Arrête, Rodolphe !
- Hé, c'est bon !
- Tu me fous dans la merde.
C'est eux ou nous. Tu comprends ?
- Arrête, wesh. - Putain !
- Vous faites quoi, là ? Il vous arrive quoi ?
- Putain.
- Je rigole. - T'es relou !
- C'est bon ! - Arrête, putain.
- Allez, je vais me baquer.
- T'es chaud ? Vas-y, je suis chaud.
Tu fais quoi, Ben ? Viens.
- Ramène ton cul.
Musique douce
Putain de sa mère. Oh, le bâtard.
Rires
- Arrête.
- Ramène ton cul. - Vas-y, viens, Ben.
- Va chez ta mère.
- Laissez-moi passer.
Arrêtez, les gars.
- Casse-toi.
- Putain, mais je rêve.
Prête-moi tes clés, je vais la ramener.
Tu m'attends à la maison ?
Brouhaha Oh, les gars !
- Tu la connais ? - Ouais.
- Ramène plus ça, au quartier.
- Toujours des camés... - C'est bon, ça va 2 minutes.
Qu'est-ce que tu fous, là ? - Tu me rappelles pas.
- J'ai pas que ça à foutre.
Et ta mère m'a soulé avec ses histoires.
- Arrête.
Je m'en fous de ma mère.
- Arrête, pas ici !
T'es complètement défoncée.
- J'ai trouvé 300 euros, dans la maison.
- C'est tout ?
- Ma mère a dit à la banque que j'étais irresponsable.
Je peux pas tirer plus.
Je vais me débrouiller, je te jure, je te promets.
- Pas ici, je t'ai dit. Arrête. Je te raccompagne.
Et couvre-toi, là.
Gémissement
- Je suis un peu dans les vapes.
On a beaucoup fumé ?
- Toi surtout, oui.
T'as pris tous les médocs que je t'avais filés ?
- J'ai mal, ça me fait du bien. - Ouais, c'est ça...
Toutes les excuses sont bonnes.
- Tiens.
- Arrête, pas maintenant.
- Ta bouche dit une chose, mais ta queue...
dit le contraire.
J'ai envie de toi.
- Attends.
Tu me rends fou.
Gémissements
Oh, putain, merde. - Quoi ?
- Regarde !
- Oh, merde.
- Trop bon, trop con. Pourquoi j'ai voulu te ramener ?
Rentre, t'es pas loin. Je vais m'en occuper.
- Non, je vais t'aider. - M'aider à quoi ?
À changer la roue ?
- Comme d'hab, quoi...
On a baisé, t'as ton fric, j'ai mon matos...
- Ça t'allait jusque-là, non ?
Tu veux quoi, de plus ?
Tu te crois irremplaçable ?
Je baise pas pour ma prostate,
je claque des doigts pour des meufs.
Regarde mes yeux, tu vois de l'amour ?
Tu vois de l'amour ?
Tu te prends pour qui ? T'es frigide.
Je manque de me peler le jonc.
Allez, dégage !
- Aïe ! - Casse-toi de là !
- T'es con ou quoi ? - Ta gueule !
- Va te faire foutre.
- Je rêve, putain...
Arrête de rire, s'il te plaît.
- C'est bien fait pour ta gueule.
Elle rit. - Arrête de rire.
Putain, arrête !
Je vais te tuer, arrête.
Tire-toi, connasse, tu me sers à rien.
Ferme ta gueule et dégage.
- Arrête, ta gueule.
- T'es folle, tu veux que je te tape, aussi ?
Putain ! - Fais-le.
- T'as envie de ça ? - Fais-le.
- Ferme ta gueule.
Tu me rends dingue.
Putain, j'ai envie de te défoncer.
- Tais-toi !
- Tu me suis comme un clebs, "Rodolphe, Rodolphe !"
Tu me mets dans la merde.
- Tais-toi.
- J'en peux plus de ta gueule.
Putain ! - Tais-toi !
Gémissements de douleur
- Oh, putain, non...
- Ça va ?
- Oh, merde...
- Fais-moi voir.
Attends.
Regarde-moi. Je t'aime.
Regarde-moi, regarde-moi.
Regarde-moi.
Sanglots
Je suis désolée.
Ça va ? Regarde-moi. Je t'ai dit de me regarder.
Ça va ?
Je t'aime. Pardon, pardon. Reste.
Reste avec moi, tu restes avec moi.
Rodolphe...
Respiration saccadée
Oh, putain.
Musique douce
---
Respiration forte ---
Cris et gémissements ---
--- ---
Respiration forte
Maman !
Maman !
- Qu'est-ce qu'il y a ?
Qu'est-ce que t'as pris ?
Regarde ta tête ! Mais, parle !
Quoi ? - Je sais pas ce que j'ai fait...
Rodolphe... - Mais, quoi ?
Vous vous êtes battus ? T'as mal ?
- Je l'ai frappé, maman.
- Quoi ?
Qu'est-ce que t'as fait ? Qu'est-ce que t'as fait ?
Musique inquiétante
---
Halètements
Musique inquiétante
---
- Je suis dans la merde.
- Quelqu'un vous a vus ?
T'as croisé une autre voiture ?
- Non, je crois pas.
- Non, mais sois précise.
- Non.
On en a pas croisé...
- T'es certaine ?
- Oui !
Putain, je suis dans la merde. - Non !
- Il faut appeler les flics.
- Tais-toi, tais-toi.
- Tu fais quoi, là ? - Rien, tais-toi.
Respiration saccadée
Cri de dégoût
Respiration saccadée
---
Cri d'effort
Soupirs
Mais aide-moi, bon sang !
Allez. - Allez...
Soupirs d'effort
---
- Aïe. - Attends.
Passe.
Gémissements
Voilà.
Ça y est.
Soupirs
---
Cris
- Aïe - Attends, bouge pas.
Soupir - Ça va ?
---
---
...
J'ai eu peur.
- Ça va ? - J'ai eu peur.
Le moteur démarre.
...
Soupirs d'effort
---
Respiration haletante
---
Gémissements
---
Respiration saccadée
---
Musique mélancolique
---
---
Gémissements de douleur
---
Ça va aller ? - J'ai froid.
Coassements
...
- Réveille-toi.
Tes médicaments.
- Non...
- S'il te reste des affaires de ce garçon, tu t'en débarrasses.
Hein, tu as entendu ?
Râle
Ton portable.
Ton portable.
Elle expire fortement.
- Si les flics posent des questions ?
- Je sais pas, on verra.
Et tu enlèves les draps.
La porte se referme.
Soupir
*- Vous êtes bien sur le répondeur de Rodolphe.
- T'es allé pêcher ou quoi, frère ?
T'es sérieux ? Vas-y, ramène-moi ma caisse.
Musique triste
---
- Il t'arrive quoi, là ?
- Ils ont retrouvé le corps de Rodolphe.
*- Sur une plage,
un homme a été retrouvé assassiné.
Il s'agirait de Rodolphe Calavera,
connu des services de police.
L'enquête laisse supposer un règlement de compte entre truands.
- C'était un ami ?
- Si on peut appeler son dealer, un ami...
- Vous vous voyiez en dehors ?
- Je vois rarement un commerçant hors de son commerce.
- Il était pressant quand tu lui devais de l'argent ?
- De plus en plus, oui.
- Si je te dis qu'ils savent qu'il t'a ramenée, ici...
- Je... - Non, tu ne réponds pas à ça.
La police doit répondre, pas toi.
Ils doivent trouver cette preuve.
- Je dis que je l'ai pas revu...
Que je ne sais rien
et que je vois pas en quoi ça me concerne.
- Voilà.
Il faudra être plus convaincante.
- Oh, maman... - Non. Écoute...
Ils n'ont pas de preuve, il n'y a pas de témoin,
ils n'ont rien, tu comprends ? Ils n'ont rien.
Allez...
On recommence.
- Donc...
...
- Pourquoi ton cur bat si fort ?
Je te fais cet effet ?
- Rien, je te dis.
- Si vous avez entendu des trucs...
Rodolphe, c'est pas moi.
Vous allez pas me balancer ?
- On est des balances ?
- Les flics savent rien. Ils sont déjà venus.
- Et alors ?
- Ils en ont rien à foutre.
- Qui l'a buté, alors ?
- Vous le savez ? - Non, je sais pas.
- Bon, je veux mon oseille.
- Ça se trouve pas comme ça.
- Je vous ai habillés, je peux vous foutre à poil.
- Sympa.
- Pour la sympathie, tu cherches un autre job.
Tu vends des ours en peluche, des bonbons...
- Vas-y, c'est bon.
- Maman, c'est les flics.
- C'est Olivier.
- Je sais pourquoi il est là.
Tu veux un café ?
- Je veux bien.
Comment tu te sens ?
- Mieux, beaucoup mieux.
- Merci.
- Je suis désolée de t'embêter avec cette bague volée,
on l'a retrouvée.
- Tant mieux, vous aviez l'air tellement affolée.
- Je voulais pas t'inquiéter.
En même temps, qui aurait fait ça ?
Personne ne vient jamais, ici.
- On laisse tomber, alors.
- Oui.
C'est trop grand, ici, on sait plus où sont les choses.
- Bon, j'y vais, merci pour le café.
Au revoir, Louise.
La porte claque.
- T'es fière de toi ?
La voiture démarre.
- Ben.
Cris des mouettes
---
- Ben.
Qu'est-ce que tu fous, putain ?
Il t'arrive quoi, là ?
Tu fais peur aux gosses, en plus.
- Ce site vous permettra d'acheminer de plus gros bateaux...
- Comme ce que votre mari avait à Hambourg.
- L'acquisition d'un terrain pareil, c'est...
une opération coûteuse.
- La concurrence est rude.
- M. Keller aurait été dans ce sens.
- Ces contrats doivent partir demain. Sonnerie du téléphone
- Oui, Julia. Non, je suis désolée... - Non !
Oui ? *- Maman, rentre.
- Pourquoi ? *- Rentre, je te dis, vite !
- Ça va, Louise ?
- Je suis désolée, mais je dois y aller.
Qui êtes-vous ?
- Un ami de Rodolphe.
Ce con s'est tiré avec ma caisse.
- Votre voiture n'est pas ici... - Si, justement.
Elle est pas très loin. C'est ce que je disais à votre fille.
Je l'avais traquée au cas où on me la vole.
Flippe pas.
Personne m'a vu venir, ici.
On peut savoir ce que tu fais ? - J'appelle la police.
- Ah non, tu peux pas.
Rodolphe te tapait du pognon.
"La poule aux ufs d'or", il t'appelait.
Une bonne raison de s'en débarrasser...
Vous êtes tranquilles ?
- J'ai rien à voir avec ça.
La police me croira. - Va les voir.
Vas-y et toi, appelle-les.
Je suis sûr que ça va les intéresser.
Je suis pas seul à savoir que vous étiez ensemble.
Les petits qui t'emmerdaient vous ont vus.
Pourquoi ma caisse est là ? C'est quoi, votre excuse ?
Ils m'ont posé plein de questions.
- Qu'avez-vous dit ?
- Je fais pas le boulot de la police.
- Que voulez-vous ?
- 30 000.
Et je me tais.
- C'est ce que vaut Rodolphe ? - Toi, parle pas !
Jeudi, je veux une partie sinon, toi, tu sors dans 20 ans.
Y a une station-service abandonnée avant le péage,
tiens-toi prête pour 11 h.
Un conseil d'ami : fais pas la maligne avec moi.
- Ça va, maman ?
Gémissements
Ça va ?
Regarde-moi.
Je suis désolée, je m'en veux tellement.
- Allez...
- Viens.
Viens.
Musique angoissante
---
- Qu'est-ce que tu fais, là ?
- J'ai décidé de ne pas y aller.
Ce matin, je faisais mon thé,
j'ai regardé autour de moi,
cette théière, ces tasses, ces vases et...
je me disais que si j'y allais, ça ne m'appartiendra plus.
Comme une intuition que ça me serait enlevé.
Ce serait plus à moi, notre maison serait plus notre maison...
- Et maintenant ?
Elle se sert un thé.
Je vais mieux. Je suis sûre que c'est la bonne décision.
Il reviendra pas.
Elle murmure.
Oui, très bien. Merci.
Musique inquiétante
---
- C'est incroyable, c'est Ben. - Qui ?
- Ben Torres, un de nos employés, enfin un CDD.
M. Keller ne l'avait pas gardé.
- Non, je ne suis pas venue.
Mais enfin... Venir ici, comme ça...
- Je savais que ça te plairait.
J'étais déçu que tu ne te souviennes pas de moi.
T'en avais rien à foutre des employés de ton mari ?
J'ai passé un an et demi à charger et décharger
sur tes quais de merde.
Trois CDD de six mois.
C'était pas très légal...
À chaque fois, il faisait croire qu'il allait me prendre
avant de me jeter comme une merde.
- Vous êtes en colère, je comprends.
Vous pensez pas que je peux payer 30 000 euros, comme ça.
- Je crois que ça sera 35 000 euros.
- Quoi ? Vous aviez dit...
- Je sais ce que j'ai dit.
C'était avant que tu me plantes.
T'es pas venue, maintenant, c'est 35 000.
- Pourquoi vous faites ça ?
- Quoi ? - Ça, ce chantage.
- Tu préfères 40 000 ?
Tout ce que je veux, c'est l'argent.
Mais toi, des gens comme toi, vous voulez tout.
Je fais ça parce que je peux le faire.
Me fais pas croire que tu comprends pas.
Elle relance la compteuse de billets.
- Voilà, vos 15 000 euros.
- Merci.
- J'ai besoin de deux signatures, s'il vous plaît.
Une, là.
Et là.
Un scooter se rapproche
- File la thune.
Y a combien ?
- 15 000. - 15 000 ?
Tu te fous de ma gueule ?
- C'est pas rien...
Je peux pas sortir de l'argent comme ça.
- Arrête, t'es blindée.
- Non.
Je peux pas prendre l'argent de la société.
Il me faut... - Je m'en bats les couilles.
Soit tu fais ce que je te dis,
soit ta fille, elle va au trou.
Me prends pas pour un bouffon.
- Attends.
- Merci.
- T'as intérêt à te défoncer.
Y a 12 000.
- C'est beau.
Comment ça se fait que c'était minable ce que j'avais avant ?
Le reste, c'est pour quand ?
- Vite.
Une voiture démarre.
- C'est quoi, la combine ?
- Y a pas de combine.
Cris des mouettes
Cris d'enfants
Tu te rappelles de la plage où on allait avec papa ?
J'ai enterré Tito, là-bas.
C'est tranquille.
Il t'aimait trop.
- Normal, je le nourrissais.
- T'as vu comme elle a grandi ?
- Elle te ressemble de plus en plus.
- Tu trouves ? - Ouais.
Pourquoi tu vas pas la voir ? C'est pas si loin.
Après, elle posera des questions auxquelles tu pourras plus répondre.
- Je mets d'abord de l'argent de côté.
Je veux pas qu'elle croie que son père est un clochard.
Soupirs
...
- Qu'est-ce qui se passe ? - Je suis mieux dans le noir.
- Viens te coucher.
- Parfois, je me réveille dans la nuit, j'ai l'impression qu'il est là.
- Viens te coucher, t'as besoin de te reposer.
Elle sanglote.
- Qu'est-ce que j'ai fait, maman ?
Qu'est-ce que j'ai fait ?
Qu'est-ce qu'on a fait ?
J'ai honte.
J'ai honte...
Qu'est-ce que j'ai fait ?
Elle sanglote.
- Viens te coucher.
Il faut te reposer. - J'ai honte...
--- J'ai tellement honte...
- Il faut que tu dormes.
Je vais te donner un cachet.
Les oiseaux chantent.
---
- C'est tout ce que j'ai pu obtenir.
J'ai essayé jusqu'à 8 000, mais j'ai pas réussi.
- Merci, Patricia.
C'est quand on a besoin d'argent qu'on négocie mal.
Ils le savent.
- Vous avez des ennuis ?
- Non, c'est un collier que je porte presque plus
et comme Julia n'en veut pas...
- Oh, cousine ! Tu veux une taf ? - Non.
Brouhaha
---
Ses pas résonnent.
...
La porte claque.
Souffle du vent
---
Aboiements lointains
- Alors ?
- J'ai coupé la poire en trois.
Y a 7 000.
- T'as quoi ?
- Il reste 15 000, je les veux demain.
- Je pourrai pas.
- Comment ça ?
- Il suffit pas de sortir l'argent.
Il ne faut pas que ça se voie...
- Alors quand ? - À la fin de la semaine.
Comment je peux être sûre qu'après ce sera fini ?
- Tu peux pas.
Tu peux rien me demander.
Ne me déçois pas encore une fois.
Elle s'étouffe.
Ça va ?
Elle tousse.
Vas-y, respire.
Tu sens le bon air ?
C'est pas un spot de fou, sérieux ?
Regarde, ça c'est pour les guetteurs.
Si jamais y a des voitures de flics ou des trucs chelous.
Mais moi...
Je préfère regarder par là.
T'as l'impression que le monde t'appartient, d'ici.
Et la nuit, avec toutes les lumières, je te raconte pas.
On venait tout le temps-là, avec Rodolphe.
- Là-bas, sur l'immeuble, c'est vous ?
- Ouais ! Énorme, hein ?
- Vous avez le droit de faire ça, sur les immeubles ?
- Bah, non.
- J'ai l'habitude de rien demander à personne.
Je suis un sale type, tu vois ?
- Je vois...
- Moi aussi, je demande rien à personne.
Moi aussi, je suis un sale type.
Comment vous atteignez le haut des bâtiments ?
- Je me débrouille, je tague par les balcons, la nuit.
Ça fait un peu d'escalade, mais...
C'est comme si l'immeuble était à moi.
Musique douce
---
Musique intrigante
---
- Salut.
Deux.
---
- Excuse.
Musique entraînante
---
- Salut. - Bonsoir.
- Oh !
- Je m'appelle Stéphane.
- Ouais, je sais.
- Tu sais ?
- Tu veux quoi ? - Vodka, s'il vous plaît.
- Deux vodkas.
---
- À la tienne. - À la tienne.
Une autre, s'il vous plaît !
Merci.
- À la tienne, beau Stéphane. - À la tienne.
--- ---
Putain, c'était loin.
Attends, je vais t'aider.
T'y arrives ? - Oui.
- Oui ? - Ouais.
Arrête, j'ai plus envie. - Pourquoi tu dis ça ?
Viens.
- J'ai pas envie, arrête. Je t'ai dit arrête.
Arrête !
Aïe !
- Chut. - Laisse-moi, arrête. T'es fou ou quoi ?
Arrête ! - Quoi, arrête ?
Ça va pas ou quoi ? Lâche-moi.
- Viens. Ça va, arrête.
- Lâche-moi. - Calme-toi, calme-toi.
- Elle vous demande de la laisser tranquille.
- Tu m'as ramené chez ta mère ?
T'es une putain de tordue, toi.
- Foutez-moi le camp ! - Ça va...
- C'est une putain d'allumeuse.
- Dehors !
- Allez vous faire foutre.
La porte claque.
- T'aurais une cigarette ?
- Viens là.
- C'est trop difficile, maman.
Je suis pas aussi forte que toi.
- Je suis pas si forte que ça, c'est...
C'est l'instinct... Pour te protéger.
Rien à voir avec la force ou quoi que ce soit de ce genre.
- Comment tu fais pour payer l'autre ?
- Je me débrouille.
Musique calme
---
- J'ai cru que tu m'avais zappé. - Je me suis perdue.
C'est là, hein.
- Y a combien ?
- 3 000.
Je vais où ?
- Tout droit, je te dirai...
- Merde, j'ai dû griller un stop.
- Calme. On fait rien de mal.
- Au pire, tu prends l'amende et tu dis rien.
- Bonjour. - Coupez le moteur.
Je peux voir vos papiers ? Carte grise, permis.
Vous savez pourquoi je vous arrête ? Pour le stop.
- Je sais, on bavardait...
J'ai pas fait attention, c'était trop tard.
- Merci.
Tout va bien, madame ? - Oui, pourquoi ?
- Je vais vous demander de sortir. - Mais pourquoi ?
- Descendez, madame.
- OK, bien reçu, on arrive.
En route.
- On doit y aller.
Vous recevrez un P.-V. à la maison.
---
Elle démarre.
Sirènes de police ---
--- ---
Discussions mêlées ---
--- ---
- OH !
- Ça va, l'équipe ? - Bien, tranquille ?
--- ---
Sonnerie
Sonnerie appuyée
- Putain. Qu'est-ce que tu fous, là ?
- Tes voisins me détestent, j'ai pas trouvé ton nom...
J'ai frappé à toutes les portes. - C'est qui, Ben ?
- C'est rien, c'est une erreur.
- Bonjour. - Bonjour.
Voix lointaines
---
- Bonjour. - Bonjour.
Les Calavera, c'est ici ? - Oui.
- Tu es Greg ?
J'étais une amie de Rodolphe.
- Maman, y a une copine de Rodolphe.
- Bonjour. - Bonjour, mademoiselle.
- Je m'appelle Julia, je veux pas vous embêter.
- Vous ne m'embêtez pas, entrez.
- Merci.
Greg joue aux jeux vidéo.
---
- Vous le connaissiez bien, Rodolphe ? - Oui, un peu.
- La police parle d'un règlement de comptes.
Mais j'y comprends rien. Excusez-moi. Elle sanglote.
C'est comme de la fatigue, on ne peut pas lutter contre.
C'est peut-être la fatigue.
Vous voulez boire quelque chose ?
- Oui...
Quelque chose d'un peu fort, peut-être.
- Asseyez-vous.
Rodolphe nous a trouvé cet appartement.
Il venait nous voir deux ou trois fois par semaine.
Quelquefois, il dormait avec le petit.
- Merci.
Greg continue à jouer aux jeux vidéo.
---
Excusez-moi.
---
- La mère de Rodolphe m'a appelé. Pourquoi t'es là ?
- Quoi ? - Hein ?
- T'es venue jouer les pleureuses ?
- Tu te prends pour qui, toi ?
Musique mélancolique
---
Klaxons
- Il faut plus qu'elle s'approche de la famille de Rodolphe.
Rodolphe en avait rien à foutre de toi.
C'est pour ça que tu l'as buté, non ?
Tu sais comment il t'appelait ? T'étais "l'infirme avec du pognon".
Cri de stupeur - Non, Ben !
Ben ! - Mais lâche-moi, aussi.
- Casse-toi ! - Arrête.
- Je veux plus jamais qu'elle y aille.
Ça me rend ouf.
- Je te remercie de l'avoir ramenée.
...
- Non, allez.
- J'en ai marre.
Je veux arrêter.
Je suis fatiguée.
- T'y arriveras jamais toute seule.
On décroche pas comme ça. Laisse-moi appeler la clinique.
Musique douce
---
Ça me fait plaisir que tu viennes, ici.
C'est vrai, tu viens jamais.
Tu pourrais travailler avec moi.
- Tu trouves pas qu'on passe assez de temps ensemble ?
Et puis, je ferais quoi ? J'y connais rien.
- Moi non plus, j'y connaissais rien et puis...
J'ai appris, voilà.
Et quand, je...
Quand j'arrive plus à me débrouiller avec ces histoires...
de porte-conteneurs ou de navires multifonctions,
je fais semblant.
Ça me gêne pas d'être patronne,
ce qui m'emmerde, c'est ce qu'il y a autour.
Ces chaussures me serrent.
Oh...
Les pieds doivent respirer.
- Maman...
Je vais appeler Olivier.
Je veux être jugée, tu comprends.
- Tu survivras pas, en prison.
Il reviendra pas. Tu vas en prendre pour...
10 ans, 15 ans, je sais pas...
Je serai où, dans 10 ans ?
Ton père n'y est pas resté longtemps, mais...
j'oublierai jamais ces couloirs, ces odeurs...
- Enfin, je l'ai tué, quand même.
- Qu'est-ce que tu en sais ?
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Tu te rappelles de ton état, cette nuit-là ?
Ôte-toi de la tête que tu l'as tué. Oublie.
Tu ne l'as pas tué, c'est ce qu'il faut te dire.
Ça n'est jamais arrivé.
Hein ?
- Bon, alors ?
- J'ai rien, aujourd'hui.
- Tu te fous de ma gueule ?
- J'y arrive plus, c'est trop dur.
C'est trop dur...
J'y arrive plus.
Si j'arrêtais là ? - T'es plus maligne que ça.
Tu te débrouilles mais tu vas trouver. Mardi.
- Je peux pas l'inventer. Faut pas rêver.
- Tu te démerdes. - Oh...
- Tu sauves ta peau et je disparais.
N'oublie pas. Je suis votre meilleur ami.
- Oui.
- Putain.
Klaxon
Tu me surveilles, maintenant ?
- Ça te dérange ?
C'est pas gentil de pas répondre aux messages.
- T'auras tout mardi. - Tu fais comment ?
Il paraît que t'as un plan.
- Non. - C'est quoi, ton plan ?
- Ça te regarde pas. - C'est quoi ?
- Je te rends ton oseille, c'est tout.
- C'est quoi, ton plan ?
- Arrête.
- Tu réponds aux questions.
Klaxon
- Ben ! Qu'est-ce qui se passe ?
- Rien, barre-toi !
- C'est qui ?
C'est qui ? - Je la connais pas.
- Mardi, je veux mon oseille. On est d'accord ?
On est d'accord ? - Ouais.
Voilà, alors maintenant, tu dégages.
- Fils de pute, va !
Gémissements
---
- Lâche-moi.
Lâche-moi, lâche-moi !
Râles
---
Une porte claque.
- Tu rentres sans sonner ?
- Louise, elle est où ?
- Dis-moi.
C'est quoi, ces histoires avec les mecs ?
- C'est pas ton affaire. - Un peu, quand même.
Pourquoi tu me regardes comme ça ?
- Je regarde si tes seins sont beaux comme disait Rodolphe.
- Ils sont pas mal. Contente-toi de les imaginer.
- Laisse tomber.
- Hé, Ben.
Je peux te poser une question ?
- Quoi ?
- Il te reste des trucs de Rodolphe ?
Sur ton téléphone ?
Des vidéos, un message... - Tu te fous de ma gueule ?
Je me rappelle tout de lui, sauf sa voix.
J'ai plus rien.
*- Ça va, le lover ? *- Lâche-moi.
*- Ah, lover !
*- Quand t'auras une meuf, on en reparlera.
Rires
*- Attends deux secondes. *- Arrête.
Rires
*- Elle sait que t'as des jambes...
- Vas-y, arrête-moi ça.
- Je l'aimais.
Je sais qu'il se foutait de moi mais je l'aimais.
- Tu l'as tué comment ?
T'y pensais depuis longtemps ?
Tu l'as pris en traître ou tu l'as regardé dans les yeux ?
Tu vas me répondre ? - Lâche-moi.
Tu me laisses tranquille. - Bouffonne, va.
La porte claque.
- Salut. - Bonjour.
L'argent n'est pas, ici.
- Besoin d'un coup de main ?
- C'est pour eux ?
- Quoi ?
- L'argent, c'est pour ceux que j'ai vu, l'autre jour ?
- Ça change quoi ?
- Ils savent quoi ?
- Rien, je leur dois de l'argent et...
T'es mon seul moyen de les rembourser.
Je suis désolé.
- Sinon, il se passe quoi ?
- Je sais pas.
Il siffle.
- T'as tout lu ?
- Non, j'aurai jamais le temps.
- Ça sert à quoi, alors ?
- J'avais une librairie.
Je vivais au milieu des livres. J'adorais ça.
J'ai dû m'en séparer quand j'ai repris les affaires de mon mari.
- Tu l'as rencontré, où ? - T'es curieux.
À Hambourg.
J'étais prof dans un lycée français.
Mais la France me manquait.
Pas la France mais cette région.
Quand j'ai visité cette maison, je me suis dit que je voulais y vivre.
Mais elle était grande.
Beaucoup trop grande, on était jeunes.
Insouciants.
Julia avait 16 ans, elle parlait à peine français.
Et maintenant, je veux bouger.
Tiens.
- J'ai trouvé ça, chez Rodolphe.
- Je pensais jamais la revoir.
Je l'aimais bien.
Tiens, je te la donne.
- Vraiment ?
Merci.
- Merci, Amine. - Baraak Allahou fik.
- Alors ?
- Voilà.
- D'où tu le sors, ton fric ?
- Ça te regarde pas. - Tu te fous de ma gueule ?
Raconte, d'où il sort, ce fric ?
- Hé, tu fais quoi, là ? Brouhaha
- Attends. - Putain, Daniel.
- Non !
- Ça te plaît ?
- Arrête !
- Bouge pas. Musique de tension
Lâchez-le.
Lâchez-le !
Karim, bouge. - Sales bâtards ! Sales bâtards !
- Tu te fous dans la merde. - Vos armes !
Envoyez vos armes. Vos armes !
Ton arme !
Putain...
- Fais pas ça, putain. - Viens avec moi.
- On va t'arracher les dents jusqu'à ce que tu crèves.
Brouhaha
(- Putain.)
Larsen
--- Musique angoissante
--- ---
---
- Tu m'as fait peur.
- Tu peux me rendre un service ?
- Qu'est-ce qui se passe ?
- On me cherche. Je peux plus rentrer.
Tu peux m'héberger une nuit ou deux ?
S'ils me voient pas, ils croiront que je suis parti.
- Alors ?
Pourquoi tu te planques, ici ?
T'as peur...
- Vas-y, toi... - En fait, t'as peur.
Tu joues le beau mec, mais tu flippes.
T'es que de la gueule.
C'est comme tes histoires de peindre les murs des bars,
de vivre de ça...
C'est des conneries pour épater ma mère qui te croit.
Si tu avais dû avoir un métier, t'en aurais un.
- Tu crois quoi, petite bourge de merde ?
Tu crois qu'il suffit de vouloir et attendre?
- Ouais... Quand on veut, on peut,
c'est quand on peut plus que c'est mort.
Toi, tu préfères jouer les caïds.
Tu veux ressembler à Rodolphe.
Tu lui arrives pas à la cheville, t'es qu'un bouffon.
Embrasse-moi.
- Quoi ?
T'es une malade.
C'est bon, là ?
- Je m'attendais à ça.
Le téléphone sonne.
- Allô ?
*- Mme Keller ? - Oui ?
*- Tout va bien ? - Vous êtes qui ?
*- On cherche Ben.
Ben Torres... - C'est qui, Ben Torres ?
Rires
*- Vous êtes sûre de vous ? - Oui, vous êtes qui ?
On raccroche.
Allô ?
Allô ?
- C'est eux.
Il faut que j'y aille. - Pas question.
Musique angoissante Aboiements lointains
--- ---
- Là, c'est la sécurité, y a plus qu'à tirer.
- J'y arriverai jamais.
- Éteins toutes les lumières.
---
Aboiements lointains
- Je les vois.
- Ben !
(- T'es sûr de toi, là ?)
(- Ouais, je suis sûr.)
- Demande-leur ce qu'ils veulent.
S'ils savent que je suis là, on est morts.
- Vas-y, maman.
- Ben...
- Qui est là ? - Madame Keller ?
- Qu'est-ce que vous voulez ?
- J'ai un truc à vous demander.
- Qui êtes-vous ? Partez !
Craquement de bois
Qu'est-ce que...
- Ouvre, ouvre !
- Je sais pas m'en servir. - Donne-le-moi.
- Non. Ils tambourinent.
- Vas-y.
---
- Partez, partez !
- On cherche Ben. Ben Torres.
- Je connais pas. Restez pas, ici.
- Il a tué quelqu'un, vous le savez ?
- Je planque personne.
J'ai appelé la police, ils vont arriver.
Partez.
Partez !
Partez ! Partez !
La voiture démarre.
- Allez, c'est bon.
C'est fini...
Allez, on rentre.
- Tu les as bien eus, ces enculés.
Merci.
Musique douce
...
- J'avais jamais tué quelqu'un.
C'était lui ou moi.
Je suis désolé.
- Ils vont pas te lâcher.
- Quand je t'ai rencontrée,
j'ai pensé que c'était mon jour de chance.
- Les jours de chance, ça n'existe pas.
Musique mélancolique
---
- Tu t'en vas ?
- Ouais.
La porte s'ouvre.
---
Depuis quand on se connaît avec Rodolphe ?
- Depuis toujours.
- Ça va me faire bizarre de plus te voir.
Tu vas me manquer.
- T'arrêteras quand tes trafics ?
Deux types sont venus, ils cherchaient après toi.
Tu veux finir comme Rodolphe ?
- Ça va s'arrêter, là.
Je m'en vais, maman.
Si les flics viennent, tu donnes ça.
- C'est quoi ? - Tu l'ouvres pas, tu la donnes.
- Tu vas où ? - Je t'appellerai.
- Tu vas voir la petite ?
- Je t'aime.
- Oui ?
La porte claque.
Vibreur
- Oh, putain. *- C'est Louise.
- Je te rappelle.
*- Je me suis inquiétée, pourquoi t'es parti ?
T'es où ? - Plus tard.
Oh !
Qu'est-ce que tu fous, frère ? Ouvre.
Karim !
Cris
Gémissement La portière claque.
- Karim !
- Ben ?
Ben, qu'est-ce qui se passe ?
Ben ! Ben !
- Pourquoi elle te file du fric ?
Un rapport avec la mort de Rodolphe ?
Rends-toi service. Parle, petit enculé.
Tu crois qu'on va pas retourner la voir ?
- Va te faire enculer.
Gémissement
Il s'étouffe.
- Alors enculé, qui est baisé ?
Qui est baisé ? Fils de pute.
Petite pute de merde.
Alors, hein ?
- Ta mère, la pute.
- Alou.
- Non !
Gémissement
- Tu vas fumer pour Bruno.
- Espèce de salope.
- Allez !
- Bonjour. - Qu'est-ce qui me vaut ce plaisir ?
- Je suis venue signaler une disparition.
- Un mineur ?
- Non, un homme jeune. - Depuis combien de temps ?
- Hier.
- Vous vous emballez vite, non ?
- Non, je suis sûre.
Il s'appelle Ben Torres,
il habite dans les immeubles sur l'île de Thau.
Je pense qu'il s'est passé des choses terribles.
- Pardon, Louise, mais quels sont vos liens avec lui ?
- C'est un ancien employé...
Je m'inquiète pour lui, c'est tout.
Il semble perdu mais je...
Peut-être que je me raconte des histoires.
- On va regarder ça, hein ? - Oui...
Gémissements lointaines
---
Musique angoissante
---
Cris indistincts
---
Musique angoissante Vagues
... ---
- On l'a retrouvé ce matin, mort.
Dans un sale état.
C'est à vous, non ?
J'imagine qu'il vous l'a volé.
- Non, je la lui avais donnée.
- Louise, ce garçon était un assassin.
On a trouvé chez sa mère une lettre.
- Comment ?
Musique tragique
- Monsieur,
je voudrais qu'on me comprenne, surtout vous.
Je vous ai menti sur Rodolphe Calavera,
c'était trop tôt.
Je croyais m'en tirer en racontant des conneries.
Je sais que ma liberté ne durera pas.
Vous pouvez m'arrêter demain, la semaine prochaine,
alors je préfère partir.
Oui, j'ai tué Rodolphe Calavera. J'ai jamais voulu le faire.
Je l'aimais.
C'était mon ami.
Musique triste Cris des mouettes
-- ---
---
---
Sous-titrage TITRAFILM
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