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♪♪♪
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- "Oú se trouve le sommeil?
Et se dissimule au delà des monts,
aux confins des vallées jalouses,
'Au creux des golfes profonds tout là-bas,'
répliqua le charmant duc
sur un ton aussi langoureux qu'obscure.
♪♪♪
Sur un ton...
aussi langoureux qu'obscure...
(Soupire)
Sur un ton...
prémonitoire.
Prémonitoire...
Ensuite,
il va caressait violemment sa tempe d'ivoire.
Il défaillit
et glissa sous le voile de l'obscurité.
(Grand soupire)
(Le vent souffle)
♪♪♪
- Tenez, je vous prie. - Merci.
(Les enfants jouent et jasent)
Morgan, regardez.
Croyez-vous qu'elle ait besoin d'aide?
(Les enfants jouent et jasent)
(Les enfants jasent et jouent)
- Seriez-vous...
journaliste?
- Non, j'enseigne...
non, j'écrie.
J'écrie des livres depuis quelques temps.
- Ah, des livres.
- Des livres, oui.
- J'espère qu'il ne manque pas trop de feuilles.
- Ah, ce n'est pas grave. Je garde précieusement
tout ce que j'écrie dans mon imagination.
- Morgan, vous venez?
Nous allons être en retard pour le déjeuner!
- Je vous remercie.
- Excusez-moi.
Les enfants: ♪ Vive les vacances! ♪
♪ On est en vacances! ♪
(Les enfants continuent de chantent et rient)
- Au revoir, Barbara. N'oublie pas ton panier.
- Au revoir, Mlle Shirley!
- Au revoir. Au revoir, Jacob.
Et bon courage pour ton travail chez le forgeron.
- Au revoir, Mlle Shirley. - Au revoir, Amélia.
- Au revoir, Mlle Shirley. - Au revoir, les garçons.
Au revoir, Elizabeth. Au revoir.
- Au revoir, mademoiselle. - Au revoir, Minnie May.
(Soupire)
- Hé, on ne fume pas comme ça.
- Quand on ne connaît rien? On se tait.
Il faut que tu la lèches, sinon le papier se décolle.
- Thhhhpppptt! - Qu'est-ce que tu veux, toi?
- Et bien, ma mère a dit que c'est très mauvais de fumer
et que ça fait décoller les oreilles.
- Ta mère c'est une grosse menteuse.
- Et toi t'es un villain!
Et je le dirai à Mlle Shirley que vous avez fume!
- Si tu le dis, je t'enferme
et je fais vomir mon chien sur toi!
- C'est pas vrai parce que tu m'attraperas pas!
Thhppppttt! Arrêtez! Lâchez-moi!
- On va voir si ça te plaît renfermée, rapporteuse!
- Lâchez-moi, vous m'embêtez!
Je vous dénoncerai tous les deux
et vous verrez ce que la maîtresse vous fera!
Vous êtes des méchants garçons!
- Alors on est bien là-dedans. Qu'est-ce que t'en dis?
- Tu te rappelles ce que son chien va te faire
si tu nous dénonces.
- (Crie et frappe la porte)
(Pleure et frappe la porte) Je veux sortir...
Je veux sortir! (Pleure)
- On t'a enfermée?
- C'est Anthony Pye et Tommy Bell qui ont fait ça
parce que je leur ai dit je les dénoncerais tous les deux.
Ils fumaient des cigarettes
quand Anthony a dit qu'il allait faire vomir
son chien sur moi.
- Il ne fera jamais une chose pareille. Rentre vite chez toi.
Sinon, ta maman va commencer à s'inquiéter.
- J'y vais, Mlle Shirley.
- (Rigole)
(Un chien aboie)
- Bonjour, Mlle Shirley. - Bonjour, M. Pye.
- Vous devez être heureuse que ce soit fini.
J'espère qu'Anthony s'est bien comporté cette année.
- Oh, il a eu de très bonnes notes
et tout le monde l'aime bien à l'école.
Dis donc, la petite Minnie May m'a raconté
que tu avais un nouveau chien de garde.
C'est vrai, Anthony? - C'est tout à fait vrai.
Il n'y a plus un seul renard autour du poulailler,
je vous le garantie. - Hmm.
Le meilleur chien de garde de toute la région.
C'est justement ce que Minnie May disait.
Oh, j'ai trouvé très gentil, tu sais,
que vous vous soyez portés volontaires Tommy et toi
pour me blanchir la remise à la chaux lundi prochain.
On dit que vous êtes de très bons peintres.
Bon là, on se revoit lundi matin à neuf heures.
Bonne pêche. - (Soupire)
- Qu'est-ce que ça veut dire?
Tu m'avais pas dit ça, petit cachetier.
♪♪♪
♪♪♪
(Frapper à la porte)
- Excusez-moi, je sais que vous êtes fermée, Mme Harrison,
mais j'ai promis à Marilla de lui ramasser son courrier ici.
Le facteur a laissé un avis de recommandé
dans la boîte hier.
- Tu as de la chance de nous trouver.
Nous allions nous en aller,
mais je ne crois pas qu'on ait quelque chose.
- Non. Non, madame. Rien pour les Pignons Verts.
- Mais j'ai un avis de recommandé, Mme Sloane.
- Oh, oui, une seconde.
Oh oui, je vois ce que c'est.
Je me rappelle maintenant.
C'est une de ces grosses enveloppes
que vous avez expédiée qui est revenue hier
par courrier recommandé.
Ah, c'est vrai, c'est vrai.
Ou avais-je la tête?
Voilà.Elle était là.
Alors...
Dis donc, je vois de moins en moins sans mes lunettes.
- ça bien l'air d'être toi la destinataire.
Les éditions Curtis c'est une compagnie de Boston.
Et c'était des magasines, des hebdomadaires?
- J'ai peur que ce soit une demande de réabonnement,
quelque chose de ce genre-là.
Merci de votre gentillesse.
Alors je vous souhaite une bonne après-midi
à toutes les deux.
- (Soupire)
- Ah, voilà. - Ah!
- C'est donc pour ça que tu me fais fourbons
chaque fois que je viens te chercher à l'école.
- Gilbert Blythe!
- Tout ce mystère. - (Soupire)
- Tu n'as même plus une minute pur tes amis alors.
- Rends-moi ça tout de suite ou je ne t'adresse plus jamais la parole.
- Bon, si tu le prends comme ça.
- Merci beaucoup.
- Tu sais je suis pas le seul à trouver
que tu es bizarre ces derniers temps
et je ne vois pas pourquoi je m'en cacherais.
Pourquoi tu n'es pas venue à la fête du printemps?
Je t'avais pourtant réservé une table.
- J'avais beaucoup de travail.
J'attendais les corrections de mes examens.
- La commission a corrigé et posté tes examens
avant les miens.
Qu'est-ce que tu me racontes?
- Je te dis la verité! - (Soupire)
- Ecoute, c'est quelque chose de personnel, pardonne-moi.
- Je veux bien le croire, en effet,
si tu ne peux plus tenir tes promesses.
- Seigneur, Marie, Joseph!
Tu as le chic pour abuser de la patience des gens, je te jure!
- Ne monte pas sur tes grands chevaux comme ça, veux-tu?
Moi j'ai pédalé de Carmody jusqu'ici
pour te dire quelque chose
que je viens t'apprendre sur Diana Barry.
- Vous êtes une vraie sangsue, mon cher Gilbert Blythe.
Je t'écoute. Qu'est-ce qui arrive à Diana?
- Uh-uh. Non, je veux d'abord ton secret.
- Tu crois que tu arriverais à le cacher à tes parents?
Ou à Jane Andrews? Ou à Charlie Sloane?
- Ah, oui, parole d'honneur.
- Et tu me promets que tu ne me taquineras jamais avec ça?
- Je ne prendrais pas ce risque.
- (Soupire)
- "Chère Mlle Shirley,
nous sommes au regret de devoir vous renvoyer le manuscrit,
'L'Expiation d'Averil',
mais nous ne pouvons l'accepter aux fins de publication.
Veuillez, je vous prie,
le magasine de la Femme au Foyer."
- Tu sais cette histoire que j'ai écrite au printemps?
Et bien, enfin j'essaie de la faire publier.
- (Halète excité)
Ah, c'est formidable ça! (Sonne la cloche de bicyclette)
Ecoutez la nouvelle! - Arrête de faire, l'idiot.
- L'école publique de Avonlea aura bientôt
un professeur dont le monde entier lira--
- Ce n'est pas encore fait, tête de linotte!
Et n'oublie pas que tu as donné ta parole!
Bon, alors l'histoire de Diana. Je t'écoute.
- Et bien, j'ai de bonnes raisons de croire qu'elle doit -
prendre de très longue vacance d'été paraît t'il.
- C'est tout? Et oú est-ce qu'elle va?
- Tu veux dire avec qui elle s'en va?
- Avec qui, si tu veux?
Je ne vois pas la différence que ça fait.
- J'ai l'impression que pour elle,
c'est Fred Wright la différence justement.
Il l'a demandée en mariage et elle a accepté.
- Ils vont se marier?!
- Charlie Sloane maintient de la bouche même de Fred.
- Notre drôle de petit rondouillard Fred Wright?
Ils se connaissent à peine. C'est idiot.
De la part de Diana, je pense que c'est un geste sentimental.
Ce n'est pas autre chose.
Je ne savais même pas qu'ils se voyaient.
Non, moi tu vois je crois qu'elle a accepté
parce qu'il est le premier à l'avoir demandé.
- Je ne suis pas d'accord.
Fred est un type formidable. - Tant mieux pour lui.
En attendant, il est bien oú il est.
Oú est-ce qu'il a pris le droit de me voler Diana,
ma meilleure amie?
- Mais dis donc, tu es jalousie?
- Non.
Je suis déçue, c'est tout.
Pourquoi faut t'il grandir?
Les gens n'ont même pas le temps de s'en apercevoir,
et hop! Ils sont mariés,
changés.
- Toi aussi tu changeras.
Quelqu'un va tombe très amoureux de toi un de ces jours
et bien, je t'assure que t'aurais le coup de foudre
dans deux tendres mouvements. - Moi?! Pas du tout.
Et je défie quiconque d'arriver à me faire changer.
- Tu y crois ça?
♪♪♪
- Le dernier arrivé au pont est une poule mouillée!
- ça n'a jamais réussi à personne de tricher, Mlle!
- Attention, Gilbert! - Whoa! Ahhh!
- (Rires)
- T'es contente, hein? T'as eu ce que tu voulais.
- (Ton bas) Je t'assure que c'est vrai. Oui, crois-moi.
Je ne sais possible par on en sont d'accord,
mais de toute façon ma décision est prise...
(Anne et Gilbert rigolent)
- Je suis désolée, Diana.
(Rient)
- Excusez-nous...
- Il a plongé dans le ruisseau tout habillé
avec sa bicyclette! (Rigole)
- Et bien, merci pour la promenade, Diana.
- Remercie ta mère pour les crochets, s'il te plaît.
Myra Gillis avait 39 napperons quand elle s'est mariée
et je suis bien décidée en avoir au moins autant qu'elle.
- Il me paraît un peu téméraire
de vouloir monter un ménage avec juste quelques napperons,
mais rassurez-vous, M. Wright,
Diana sera la fille du logis la plus adorable du monde
tant que vous lui permettrez d'être sur un pied d'égalité
avec les Gillis.
- Euh, oui, je l'espère, voilà.
Au revoir, Mesdemoiselles. Gilbert.
- Bien, je vais aller chercher ma bicyclette.
Alors, Anne, séjour, hein?
Au revoir.
- Es-tu te rends compte...
c'est affreux...
je n'ai jamais été aussi humiliée de toute ma vie!
L'attaque la plus mesquine.
Comment tu peux te moquer de moi en public?
- Dans mon esprit, ça n'allait pas si loin.
Je voulais juste te taquiner.
Je suis désolée.
- Il faut toujours que tu sois le centre d'attraction
quand Gilbert Blythe est là
et qu'il y a d'autres personnes!
- Alors là je regrette, c'est faux!
Je t'en prie, faisons la paix.
Je n'ai jamais voulu te chercher querelle.
- (Soupire)
- Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas avertie
pour Fred et toi? Tu avais honte?
- (Pleure)
- J'ai l'impression d'avoir perdu ma meilleure amie.
- (Pleure)
Mais t'étais tellement occupée.
Tu écrivais ton bouquin
et il y avait des histoires des notes d'examen.
C'est arrive... (Pleure)
Il a fait sa demande!
(Rigole) Je suis heureuse! Je suis heureuse!
Je le sais bien.
Seulement ça l'air ridicule de penser
que je suis fiancée à Fred, non?
Tu sais, c'est pas son physique qui compte.
Non, il y a un très grand coeur.
Il est attentionné, si tu voyais ça.
On formera peut-être un petit couple grassouillet plus tard,
mais quelle importance.
- Je suis très heureuse pour toi, tu sais.
- Tu n'as pas l'intention de te marier toi?
- Ah, si, pourquoi pas?
Il faudrait d'abord que je rencontre quelqu'un.
- Ah oui, Gilbert alors?
- Gilbert, ça reste un ami.
Je ne pense pas du tout à lui autrement.
Tu connais mon idéal, je te l'ai déjà dit.
- Il est grand, mince, et d'une beauté irresistible,
et il montre fierté et mélancolie.
Mais va-il que les idéaux changent?
ça s'est déjà vu.
- Pas les miens.
Les hommes qui n'y correspondent pas
sont éliminés de force.
- Et si tu ne rencontres jamais?
- Je mourrai vielle fille, quelle importance.
- Ah, de toute façon tu as bien raison d'être comme ça.
Quand ton livre sera publié,
tu aurais la moitié des hommes du pays à tes pieds, ma chère.
Je suis sûre que tu vas être célèbre.
Si tu pouvais savoir comme j'en serais fière.
Qu'est-ce que tu as?
- Oh...
La Femme au Foyer, ils me l'ont renvoyé.
- Quoi?
L'éditeur est tombé sur la tête.
Quelles raisons ils t'ont donnée?
- Aucune, juste une lettre à la machine
qui me disait qu'elle était refusée.
- Mais c'est ridicule. Ils n'ont pas dû la lire.
Je vais annuler mon abonnement. Je vais leur écrire.
- 'L'Expiation d'une Femme' -
tu comprends, c'est le genre de nouvelle
qui te plonge dans un univers romantique.
Mais tu sais j'aimerais que tu sois sincère.
Il faut me dire...
enfin, il y a peut-être des fautes dans l'histoire.
- (Soupire) Et bien...
je pense à la partie oú Averil confectionne un gâteau...
C'est drôle, on dirait que ça coule pas bien
avec le reste de l'histoire.
- Pourquoi? C'est une des parties
les plus romantiques de toute la nouvelle.
Tout le monde sait qu'il fut un temps
oú les grandes dames pensaient que l'art culinaire
nourrissait aussi leur âme.
- Ecoute, je crois que je vais la relire.
C'est mieux. ça me rafraichira un peu la mémoire
et si tu me permets, après ça
je pourrai peut-être te suggérer quelques corrections.
- Si tu savais à quel point
c'est peut-être décourageant d'essuyer un refus
et au moment oú je suis en train d'écrire
un nouveau récit épic, "La Vengeance de Rosamonde".
Alors celui-là il est encore plus romantique que l'autre.
(Une vache mugit) - Ne te décourage pas,
voyons, ça ne sert à rien. - Anne Shirley!
Je ne supporterai pas ça très longtemps, je te préviens!
J'avais dit à Marilla que je ne voulais plus
que ça se reproduise et ça y est!
La patience est certes une belle vertu,
seulement elle a des limites! Cette fois ça va trop loin!
- Voyons, Rachel, calmez-vous
et expliquez-moi ce qui s'est passé.
- Ah... c'est ça! Calmons-nous!
ça commencé avec les pommes de terre.
Ensuite elle s'en est prise à mes lis,
des lis que Thomas a planté
pour notre 25ième anniversaire de mariage
et aujourd'hui ce sont les choux qu'elle dévorent -
presque tous des choux de concours.
Si Tillie Boulter remporte le ruban rouge
du plus beau choix cette année à l'exposition,
tu peux dire à Marilla que
je viendrai lui demander des comptes.
Elle en sera responsible! - Je suis désolée,
mais la petite Dolly est à moi. Elle n'est pas à Marilla.
C'était Matthew qui m'en avait fait cadeau.
Il l'avait acheté à M. Bell. - Désolée!
Tu peux être désolée, ça ne change rien à l'affaire.
Ta vache s'est permise de piétiner mes légumes
et je vais plus loin. - Je suis désolée,
mais la clôture qui sépare notre pâturage
à votre champ de pomme de terre est en train de s'écrouler
et si elle était un peu mieux entretenue,
Dolly ne l'aurait pas sautée.
- Des grilles de prison ne la retiendrait pas cette culotonne
et je le regrette, mais depuis six mois
mon Thomas a été beaucoup trop malade
pour réparer des clôtures
et je te dirais une chose, petite roquine
à la langue bien pendue,
tu ferais mieux de la réparer toi-même cette clôture
au lieu de ne balader en rêvassant de perdre ton temps
à écrire pour des pauvres revues de pacotille!
- Je préfère employer mon temps de façon profitable
au lieu de le gaspiller en commérages futiles
comme certaines personnes. - (Halètement)
- Je nourrirai aucune rancune à votre égard
puisque les opinions que vous émiez sont bornées.
Mon imagination me permet heureusement
de comprendre ce qu'on doit ressentir
quand on découvre une vache errante
parmi des choux d'exposition.
Dolly sera bien sage à l'avenir.
Elle ne piétinera plus vos choux,
vous avez ma parole. - Ah oui!
Je lui conseille effectivement de ne plus se risquer!
(La vache mugit)
- Whoa, whoa, whoa...
- Et la prochaine fois je souhaite que ton cheval
détruise ton carré de tomates, ma très chère,
et tu sais je m'attends rien de la part de ta fille.
Je t'ai toujours dit qu'elle avait un caractère
qui allait bien avec ses cheveux!
- Oh Seigneur.
- Je serais étonnée qu'elle puisse sortir maintenant
à moins de démolir la clôture.
Je n'avais jamais réalisé que Mme Lynde était aussi folle.
- Il est certain qu'on ne trouve rien
de l'âme soeur en elle.
♪♪♪
- Tu as jeté ton dévolu sur des choses frivoles
et ensuite tu sombres dans un affreux désespoir
lorsque tu les obtiens pas.
- Je sais! Mais... qu'est-ce que tu veux?
Je m'envole sur les ailes de l'anticipation.
C'est comme voler au travers d'un coucher de soleil.
ça fait presqu'oublier l'échec.
- Oui, peut-être,
mais moi je préfère continuer à marcher plutôt
que de voler au travers des couchers de soleil et échouer.
- Ah, ce Martin, il a oublié les vaches dans le pré.
Ecoute, j'ai été aussi polie qu'on peut l'être
dans les circonstances, crois-moi.
Je lui ai exprimé mes regrets
et ça malgré ses remarques désobligeantes.
- Ce que tu dis ne m'étonne pas.
Elle s'y connaît pour taper sur les nerfs des gens,
mais tu aurais mieux fait de te mordre la langue
lorsque tu as vu que nous étions dans notre tort.
- J'aurais surtout dû vendre Dolly an père de Gilbert
quand il me l'a offert le mois dernier.
Je pensais qu'il valait mieux attendre l'encan
et tout liquider en une seule fois.
Martin! Il reste encore deux vaches!
- Enfin, elle s'en remettra.
Elle a les nerfs à fleur de peau depuis quelques temps
et on la comprend.
Thomas ne va pas bien
et le docteur Spencer a dit
que il en n'avait plus pour très longtemps.
- J'espère qu'elle gardera la ferme,
qu'elle ne sera pas obligée de vendre.
Je me souviens comment on se sentait quand Matthew est mort.
- Anne, il y a des mois
que je veux te parler un peu à coeur ouvert.
Tu n'es pas malheureuse ici, c'est vrai, je le sais,
mais je ne me sens jamais très à l'aise
quand je pense enfin... à tout ce que tu as pu abandonner
concernant ton avenir.
- Mais tu le sais,
je ne te laisserai jamais toute seule ici
et si ça peut te rassurer, je suis probablement bien
meilleure professeur qu'écrivain.
- (Rires) Anne, chérie,
tu as été mon réconfort et ma joie
depuis que Matthew a disparu,
mais je me suis juré quand tu as renoncé à la bourse
qu'on t'avait offerte pour rester à la maison
que je te le rendrai avant de mourir.
- Je n'ai jamais regretté d'être restée, franchement.
- M. Barry a presque totalement pris
la ferme en main maintenant,
et ma vue s'est beaucoup améliorée
et je peux me débrouiller avec Martin.
Et puis j'ai pensé qu'une des filles Picard
pourrait venir ici en pension pour le début -
après, on verra -
et ça te permettrait de retrouver un peu des ambitions
si tu en as envie.
Est-ce que ça te conviendrait?
- Ah, Marilla... en fait,
j'ai l'impression qu'on vient de me donner la lune
et que je ne sais pas trop quoi en faire.
- Matthew et moi avons passé 40 ans nos s'occuper de papa.
Je ne pense que je n'ai les jamais dit à personne, mais...
et je n'ai pas honte de l'avouer,
oui, il est arrivé que ce soit à contre coeur quelques fois.
- Tu as eu un petit peu d'amour dans ta vie, j'espère.
- Quand on voit on le dirait pas bien sûr,
mais il ne faut jamais juger uniquement sur l'apparence.
C'est trop dangereux.
- ça serait amusant que M. Blythe se rappelle
avoir été ton prétendant?
- Anne, tu racontes des sottises.
- (Rigole) - Allons, non, je ne rie pas.
On en parle plus, je te dis.
- Ah, je trouve tellement curieux horrible
que Diana épouse ce Fred. - Pourquoi?
Qu'est-ce qu'il y a de si épouvantable?
- Et bien, quand on le regarde,
on est loin de l'élégant jeune homme
que Diana rêvait d'épouser.
Fred est...
est extrêmement bon, c'est certain.
- Il est essentiel qu'il le soit, tu ne trouves pas?
Tu préférerais peut-être épouser un homme méchant?
- Mais non, s'il était manifestement méchant,
sûrement pas,
mais je serais heureuse qu'il le soit sans le montrer,
qu'il le retienne.
- Un jour tu seras plus raisonnable, je l'espère.
- Je pense que Anne Shirley a copié cette histoire.
Je suis presque sûre de l'avoir lue dans un journal
quelque part il y a si longtemps.
- Moi je suis désolée qu'elle se soit mise comme ça
à écrire des nouvelles.
Je ne connais personne originaire de Avonlea
qui aurait fait cela.
- Avez-vous écrit d'autres histoires dernièrement,
Anne Shirley? - Non, Mme Harrison.
- Loin de moi l'idée de vous offenser.
Mabel Sloane m'a dit qu'elle avait vu une autre enveloppe
qui ressemblait un peu à celle que vous avez envoyée,
c'est tout.
- C'était adressée à la compagnie Rolling
qui fait de la levure à Montréal.
J'ai tout de suite pensé que quelqu'un
s'inscrivait au concours pour gagner le prix qu'ils offraient
pour la meilleure histoire
dans laquelle on présenterait leur levure,
mais ça n'était pas votre écriture sur l'enveloppe.
- Et ça ne l'aurais jamais été.
Jamais je ne participerais à un concours aussi déshonorant!
Je n'ai pas de temps à perdre avec ce genre de plaisanteries.
C'est trop ridicule.
- Qu'est-ce que tu veux? Tant pis pour Marilla Cuthbert.
C'est tout ce qu'on récolte
quand on adopte une enfant qui vient de Dieu sait oú
et dont les parents sont-- Ah!
- Ah... ma chère Anne,
ah, toutes mes félicite!
- Tu as une façon bien à toi de faire en sorte
que notre ville devienne renommée.
- Ah oui, c'est gentil...
mais que voulez-vous dire?
Pourquoi est-ce que vous me félicitez?
- (Rigole) Tu fais toujours de la fausse modestie,
tu n'as pas changé.
Déjà à l'école publique tu en faisais.
- En tout cas, les bénéfices que le magasin général
a l'intention de retirer de tout cela
ne seront en aucune façon modestes.
- Et je trouve que ce bleu que tu portes
est tellement en situation pour un jeune auteur.
Au fond, tu as presque l'air jolie avec ça! (Rigole)
- Ne dis pas des choses que tu ne penses pas, Josie.
- J'en ai vu des idiotes, mais jamais comme elle.
- Elle a toujours eu des airs de grandeur cette fille-là!
- Félicitations, mademoiselle.
- Félicitations, mademoiselle. - Ah oui, c'est très pensé!
- Une merveilleuse histoire, Anne! Mes félicitations.
- C'est ton petite Anne Shirley?
- Une telle belle histoire, Anne,
j'espère que ça va marcher.
- Bravo, mademoiselle.
- Félicitations, Mlle Shirley.
- Elle est formidable votre histoire, Mlle Shirley.
J'aime bien la partie qui parle du gâteau.
- Ah...
(Les gens jasent)
- Mon Dieu, qu'est-ce que je vois?
(Les gens jasent et rigolent)
- Ah! Tu es là. Nous t'avons cherchée partout.
Nous ne savions pas oú tu étais.
Mesdames et messieurs, j'aimerais vous présenter
le plus grand auteur que nous ayons eu à Avonlea.
(Les gens murmurent et applaudissents)
Papa, elle est là! Tu veux venir?!
(Les gens murmurent et applaudissents)
- Oh mon Dieu, Mlle Shirley!
- Ah non, mais je ne comprends pas.
- Tu t'es présentée au concours sans nous le dire cachetière.
En attendant, tu as remporté le premier prix!
- Euh, silence, s'il vous plait, messieurs dames!
Eum... (se racle sa gorge)
Il me fait un grand plaisir
en qualité de fournisseur officiel ici à Avonlea
de levure et autres produits de la compagnie Rollings
de vous lire l'hommage qui suit:
Madame Anne Shirley, les Pignons Verts,
île du Prince-Edouard.
Euh, "Chère madame," - C'est toi!
- "Nous avons le plaisir de vous informer
que votre charmante histoire,
'L'Expiation d'Averil',
a remporté le grand prix de 100 dollars attribué au concurrent
qui nous aura fait parvenir la meilleure histoire
dans laquelle sera mentionné
le nom de notre illustre produit."
(Tout le monde rient)
"Ce prix vous sera remis par M. Charles Lawson
du magasin général de Avonlea."
(Hourras)
"Nous avons prévu la publication de votre nouvelle
dans plusieurs journaux importants
à travers le pays tout entier
et nous la retrouvons également sur un feuillet
que nous distribuerons à notre clientèle.
On vous remercie de l'intérêt que vous avez montré
à encourager notre entreprise
et nous vous prions de croire, chère madame,
l'expression de nos meilleurs sentiments,
Euh, La compagnie Rollings."
(Applaudissements)
- Tu me dédieras cela, n'est-ce pas?
- Tiens.
- Ah, Mlle Shirley va se faire un plaisir
de dédicacer vos feuillets!
Et n'oubliez surtout pas de vous procurer
ce remarquable produit.
- Anne! Excusez-moi.
Pardonne! Oh, je suis folle.
C'est extraordinaire!
J'étais sûre que tu gagnerais le concours
quand j'ai pensé à t'inscrire.
- Diana Barry! - Et alors... Quoi?
C'est une histoire qui mérite d'être lue,
d'être publiée.
- Un autographe pour ma fille, s'il vous plait, mademoiselle.
- Pardon, madame!
Oui, voilà. Je vous remercie.
- Je t'aurais bien dit de l'expédier toi-même évidemment,
mais j'ai saisi que tu n'avais plus assez confiance
dans ton histoire, alors j'ai pris le taureau par les cornes.
Si tu avais échoué tu ne l'aurais jamais su
puisque celles qui n'étaient pas acceptées,
ils ne les renvoyaient pas.
Qu'est-ce que tu as? ça n'a pas l'air de te faire plaisir.
- Oh, je mentirais si je disais que ça ne me fait pas plaisir.
C'est un véritable geste d'amitié
que tu as eu à mon égard et je t'en sais gré,
mais je ne fais nulle part mention...
de levure dans mon histoire.
- Je sais bien, mais je l'ai rajoutée. ça été facile.
Tu sais la scène oú Averil prépare un gâteau?
Et bien, j'en ai profité pour glisser
qu'elle avait mis de la levure Rollings
et c'est pour ça que ça marché. Et ensuite, ici,
au dernier paragraphe,
quand Percival regarde Averil et la prends dans ses bras
et dit, "Oh, ma douce,
les merveilleuses années qui se profilent à l'horizon,
nous verrons bâtir la maison de nos rêves,"
et j'ai ajouté "Maison dans laquelle
nous n'utiliserons plus jamais que la levure Rollings,
la seule valable."
- Oh...
- Viens, j'ai le buggy, je te raccompagne.
Ah, tu te rends compte, cent dollars.
Prissy Grant m'a dit que "Femme canadienne"
n'en payait que cinq par histoire.
- Je ne peux accepter cet argent.
Il te revient de droit.
C'est toi qui as envoyé la nouvelle
et fait les changements.
Je me connais, je sais que je ne l'aurais pas envoyé,
alors prends ce qui t'es dû.
- Arrête, tu m'énerves. ça n'a pas été très compliqué.
Le titre de meilleure amie de la récipiendaire
me suffit, ma chère.
Je suis tellement heureuse pour toi, tu sais.
- Je trouve que tu es l'amie la plus fidèle
et la plus gentille du monde.
ça sera pour ton cadeau de mariage.
- Tu vas quand même pas tout dépenser pour moi.
- Eum, j'ai reçu une lettre de notre professeur,
cette chère Mlle Stacey.
Elle dirige la section du compté de King
pour le ministère de l'éducation.
- Tu parles d'une promotion! Oh!
- Et apparemment, elle m'aurait chaudement recommandée
pour un poste dans un grand collège de Kinsgport.
- Ah, c'est flattant dis donc,
mais tu refuserais, tu n'irais pas là-bas.
- Non. Mais il faut que je lui réponde.
C'est normal parce que elle s'est donné du mal et je ne--
(La vache mugit)
- Ah mon Dieu! Arrête! (La vache mugit)
- Mais qu'est-ce que tu fais?
Tu vas salir toute ta robe! Tu es folle!
Tu vas la... déchirer.
Ah... elle n'arrivera pas à la sortir toute seule cette vache.
(La vache mugit)
Reviens!
Non, je t'en prie!
Pas à ton âge, sois un peu raisonnable!
Relève au moins ta robe! Ecoute!
- C'est le dernier de mes soucis, ma robe!
(La vache mugit)
Il faut que je sorte cette vache de là
avant que Rachel ne la découvre!
♪♪♪
Vas-y toi!
Tu cours plus vite!
Coupe-lui la route!
C'est ça! Magnifique!
Mais attends! Ne lui fais pas peur!
♪♪♪
- Bon, écoute, ce qu'on va faire?
(La vache mugit)
- Il ne faut pas lui donner le temps de réfléchir.
On va la culer jusqu'à notre clôture, tu vas voir.
- Uh-huh.
- Et une fois là, elle repassera chez nous.
Allez, empêche-toi de revenir par ici.
Moi je vais lui courir après.
- Hé, on peut pas continuer plus loin,
c'est tout détrempé! T'es folle!
- De deux mots c'est encore le moindre.
Imagine ce qu'on risque.
Si elle retourne piétiner les choux de Rachel.
♪♪♪
- D'accord, tu peux y aller, je lui bloque le coin.
- Va, ma Dolly.
Allez! Meuh!
Allez, bouge!
Mmm! Que je te prenne, tu vas voir.
Tu ne peux pas essayer de penser
à autre chose aussi qu'aux choux de Rachel!
Ahhhhh!
- (Crie)
- (Se plaint) Oh...
- Tu t'es fait mal aussi--
Les deux: Ahhhh! Ooh...
- Tu m'en veux?
- Tiens, tiens,
notre élégante et illustre Mlle Shirley
est allée au champ quérir de nouvelles idées
en vue de son prochain récit pour... la compagnie Rollings?
- Non, cher ami, je ne suis pas venue ici
pour converser avec les grenouilles.
Ta main, s'il te plaît.
- Tu aurais mieux fait de la vendre le mois dernier
quand papa t'as proposé de l'acheter.
- Il n'est pas trop tard tu sais.
Je la lui vends toute de suite, s'il la veut, tout de suite.
- (Rires)
- Vous pouvez avoir Dolly sur le champ
si j'ose m'exprimer ainsi, M. Blythe,
enfin je me ferais un plaisir de vous la vendre.
- (Rires) D'accord!
Je vais te donner les 20 dollars
que je t'avais déjà offerts.
Gil va la conduire à Carmody tout de suite
et elle ira en ville avec le reste de la cargaison ce soir.
ça tombe bien. Jai promis une Jersey à M. Reed de Brighton.
(Rires)
- Qu'est-ce que Marilla va dire?
- ça ne lui fera rien du tout.
Elle est à moi cette vache de toute façon.
Elle n'aurait sûrement pas rapporté
plus de 20 dollars à l'encan.
Seulement je peux être certaine que Rachel Lynde
va encore faire une crise quand elle va voir son champ.
- Je reviendrai cet après-midi t'apporter ton argent, Anne.
- Tu vois, voilà encore une bonne leçon tiens.
On ne donne jamais sa parole d'honneur
quand il s'agit d'une vache.
M. Blythe: (Rires)
- Comment crois-tu qu'une mère pourrait se sentir
si elle retrouvait son enfant tatouillé de la tête aux pieds
de réclame de levure, tu veux me le dire?
Je l'aimais cette histoire
et je l'ai écrite avec le meilleur de moi-même.
- Tu es fatiguée, c'est tout.
Et tu aurais tort de t'en faire.
ça équivaut à deux mois d'enseignement
ce que tu as gagné.
- Josie Pye et Tilly Boulter en sont malades
de penser à cette argent-là.
- Laisse-les tomber. Ce ne sont que des jalouses.
Il ne se passe jamais rien à Avonlea.
T'es la première qui essaie de faire quelque chose.
Tout le monde ici te dirait
que les pionniers ont le cerveau un peu fêlé.
- Le mien le serait en effet
si j'espérais pouvoir écrire quelque chose de mieux
qu'une réclame de levure.
Cela a étouffé en moi toute parcelle d'ambition.
Je n'écrirai plus jamais d'autres histoires.
- Tu sais, moi à ta place,
je démissionnerais pas tout de suite.
Mais au lieu de metre, dans la bouche de tes personnages,
se parler autant le français dans lequel ils s'expriment,
pourrait être beaucoup plus quotidien.
- Alors tu penses que mon récit est maladroit toi aussi,
en fin de compte?
- "Oh toi la plus pure veuille renoncer à cette jarretière."
Ecoute, on ne parle plus du tout comme ça
et le triste Percival qui reste assis tout le temps à rêvasser
et qu'il ne laisse jamais la fille placer un mot,
c'est aberrant.
Mm-mm. à sa place, je le frapperais.
- La poésie qui est dans lui
lui fait gagner tous les coeurs!
- Si vous voulez mon opinion, Mlle Shirley,
je trouve que vous devriez raconter des histoires
de gens que vous connaissez,
qui parlent le langage de tous les jours
au lieu de ces idylles d'écoliers romantiques.
- ça n'est jamais que votre opinion.
Je ne suis pas votre jument, M. Blythe.
- Non, je voulais te donner un conseil amical et désintéressé.
- Ah oui? Alors j'écoute.
- Sers-toi des cent dollars et raconte l'histoire de gens
pour qui tu éprouves de la sympathie,
des gens d'ici, de Avonlea.
- Si tu comptes être de ceux là, tu te trompes lourdement.
Mon héros qui... qui repasse, et puis quoi encore?
En fin de compte,
tu es à peu près du niveau intellectuel de Charlie,
de Moody, de Fred,
et de tous ces garçons qui ne pensent qu'à...
qu'à se trouver une fille stupide et à l'épouser
pour qu'elle leur fasse la cuisine et le ménage!
- Tu peux pleurer et t'apitoyer sur ton sort tant que tu veux.
C'est pas ça qui te ferait pondre de meilleures nouvelles!
(Soupire)
Tu...
tu viendras quand même chez Fred avec moi mardi?
On est invité. - (Renifle)
- Ah, écoute, n'en veux pas.
Tu veux bien que je te raccompagne?
Je voulais juste te donner un coup de main,
pas autre chose.
Tu sais qu'il y a des fois oú tu m'énerves drôlement.
Ecoute, je te demande pardon.
Tu veux que je le fasse à genoux.
- Laissez-moi placer un mot de temps en temps
avant que je ne vous frappe insolent!
♪♪♪
♪♪♪
- Whoa...
Bonjour, Marilla.
- Tiens, John Blythe.
On ne vous a pas vu énormément ces derniers temps.
- C'est vrai, je n'ai pas grand loisir
pour les mondanités en ce moment.
C'est toujours aussi joli par ici.
- ça n'est plus ce que c'étais. ça pris un coup de vieux,
mais les gens du coin disent que c'est...
encore aujourd'hui le plus bel endroit de la rive nord.
- Et c'est exact.
Après 30 ans, il y a des choses
qui sont telles qu'elles étaient.
Avez-vous vu mon garçon? - Oui.
Anne et lui sont allés se promener à l'étang.
Vous aimeriez peut-être... vous asseoir
en attendant qu'ils reviennent?
- Non merci.
On expédie une cargaison à Charlottetown avant la nuit.
Je vais aller le chercher.
(Le cheval hennit)
- Hé, Anne, on n'a oublié les 20 dollars...
pour la vache.
(La porte claque)
- La pomme ne tombe jamais loin de l'arbre, pas vrai?
Bonjour, Marilla.
♪♪♪
(Frappe à la porte)
- (Pleure)
- Allons, allons... - (Renifle)
- Tu prends les choses trop à coeur, Anne Shirley.
- Si tu savais comme je suis malheureuse,
quelle horrible journée.
ça commencé avec l'histoire de la levure,
ensuite Dolly, et Gilbert.
- Oh, calme-toi, voyons, ce n'est rien.
ça arrive à tout le monde des journées pareilles.
Quand tu étais petite, tu disais tout le temps,
"Mais demain est un jour nouveau,
un jour sans moindre bêtise."
Tu te rappelles pas? (Rires)
Ah, n'empêche que,
qu'est-ce que tu as pu nous en faire des bêtises.
Tu étais spécialiste.
Hmm? - (Pleure)
- J'avais fini par croire que tu étais possédée.
Tu te rappelles quand tu avais teint des cheveux?
(Rires)
Ah, toi...
- Ah, qu'est-ce que j'ai pu la détester
la couleur de mes cheveux!
Tout ça ça vient du fait que
je n'ai jamais vraiment su accepter les critiques.
Je suis trop orgueilleuse.
Cet après-midi, Gilbert m'a donné son opinion sincère
sur ma nouvelle.
Je n'ai pas accepté sa manie de mauvaise humeur
et je n'ai as pu m'empêcher de lui dire des horreurs.
- J'en suis heureuse figure-toi.
Les Blythe ont, hélas, bien souvent une opinion
trop paritée surtout.
- Oh, Marilla, c'est lui qui avait raison
et moi j'ai réagi comme une enfant!
Tu ne peux pas savoir comme j'ai été méchante.
- Disons que je m'en doute.
- Nos rapports ne seront plus jamais les mêmes à présent.
Il pourrait être raisonnable aussi
au lieu de se comporter comme un écolier sentimental.
- C'est parce qu'il t'aime voyons.
- Ah, il m'aime?
Je me demande pourquoi.
- Pourquoi? Parce que les Josie Pye, les Ruby Gillis
et les autres jeunes filles insipides,
ces petites belles qui ont valsé avec lui
ont l'air de moineaux sans cervelle à côté de toi.
- Mais il est...
il est tellement loin de l'homme idéal, tu comprends?
- Tu as créé de toutes pièces dans ton imagination
quelque chose que tu crois être l'amour, Anne.
Tu as oublié qu'il a échangé, sans hésiter,
son poste avec toi à la fin de vos études
de façon à ce que tu puisses rester avec moi?
Qu'il allait te chercher tous les jours avec sa voiture
pour que vous puissiez continuer à étudier ensemble.
Je t'en prie, ne rejette pas une telle chose
pour une chimère qui n'existe que dans ton imagination.
Hmm?
Allez, descends maintenant
et tu vas voir que un bon thé accompagné
d'un deux gâteau aux prunes que j'ai fait aujourd'hui
ça remonte le moral.
- J'ai l'âme toute affligée
et ce ne sont pas des gâteaux aux prunes
qui changeraient quelque chose.
L'univers s'écroule autour de moi.
- Je suis quand même heureuse de constater
que tes états d'âme ne t'ont pas coupé la langue.
♪♪♪
(Cocorico)
- Tu as bien fait de te débarrasser
de cette maudite vache.
Quoi que tu continues à faire les choses
d'une manière tellement impulsive.
Enfin, ce que je souhaite c'est que Rachel
n'ait pas un coup au coeur
en voyait son champ de pommes de terre aujourd'hui.
Hmm.
- J'ai décidé d'écrire à Mlle Stacey
et lui demander plus de détails
sur ce collège de jeunes filles.
- C'est une idée très sage, je trouve.
Cours me chercher quelques oeufs veux-tu?
- Je ne sais pas du tout comment Dolly a pu arriver
à sortir de l'enclos, c'est bizarre.
Il a bien fallu qu'elle casse quelques planches.
(Les oies cancanent)
(Dolly mugit)
Ah non!
Marilla!
Dolly est ici!
- Anne, pour l'amour du ciel
veux-tu me dire qu'est-ce qui t'arrive encore?
- Ah! Qu'est-ce que je vais faire?
Ah! C'est terrible! Et tout est de ma faute!
Il faut que... que j'apprenne à réfléchir un peu avant d'agir.
Si tu voyais ce que j'ai vu! - Oh arrête!
Ce que tu peux être exaspérante!
Qu'est-ce que tu as encore fait?
- J'ai vendu la vache de Rachel Lynde.
Tu sais la Jersey qui ont acheté à Carmody à M. Blythe
et Dolly est là tranquillement bien sage dans l'enclos.
- Ah non, est-ce que tu rêves encore?
- Ah si seulement c'était vrai.
ça n'a rien de rêve je te jure.
ça ressemblerait plutôt à un cauchemar.
- Il n'y a pas d'erreur, c'est Dolly.
- Et la vache de Rachel qui est déjà arrivée à Charlottetown
et moi qui croyais que j'avais fini d'attirer les ennuis,
tu parles, c'est bien le pire de tous ceux
qui m'attendent encore dans ma sinistre vie.
Que ferais-tu toi? - Ce que je ferais?
Je ne vois qu'une seule solution,
prendre le taureau par les cornes et aller chez elle
et il va falloir que tu apprennes à te calmer
et à faire un peu attention aux choses.
- On ne peut pas être plus humilié que je ne le suis.
Quelle horreur!
ça se passerait peut-être mieux
si on lui apportait de tes bons petits gâteaux aux prunes, non?
♪♪♪
Marilla...
Si elle paraît déjà aussi si contrariée,
qu'est-ce que ça va être quand je lui dirai est-ce que j'ai fait?
- Et encore si elle te donne la chance de placer un mot.
- Bonjour, Thomas.
- Bonjour, Marilla. - Bonjour, Rachel.
- Marilla. Anne.
Je suis contente que vous soyez venues.
Je n'avais pas l'intention d'aller moi-même vous voir
après la façon dont j'ai été traitée à ma dernière visite.
- Il semblerait qu'il y a eu, comment dire,
une sorte de malentendu.
Tu vois ce que je veux dire à la suite de cela
et justement-- - Je t'en prie, Marilla,
laisse-moi finir.
Après réflexion, je me suis rendu compte
que j'avais aussi mes torts.
Je n'avais pas le droit d'être aussi dure envers toi.
Je ne suis pas de celles qui ne savent pas
reconnaître leurs erreurs.
Je tiens donc à te présenter des excuses Anne Shirley.
Et je me suis demandé si tu accepterais
de me dédicacer "L'Expiation d'Averil". (Rigole)
C'est incroyable l'argent qu'ils dépensent
pour de pareils mensonges, mais... je l'ai lu à mon Thomas
et nous avons été très touchés.
Je t'en suis reconnaissante, tu sais,
car c'est le seul divertissement
qu'il a eu depuis six mois. - J'ai tellement ri,
j'ai l'impression que ça été bon pour mon coeur.
- Vous m'envoyez extrêmement heureuse.
- Vous prendriez bien un petit thé?
Entrez donc, je vous suis.
- Merci, Rachel.
- Je n'en reviens pas de constater les progrès
que tu as pu faire, Anne, et physiquement aussi.
Je ne peux pas dire que j'ai un faible
pour de si grands yeux clairs et écarquillés.
Je préfère plus de nerfs, plus de couleur,
mais je dois reconnaître que toutes les belles filles
d'Avonlea ont quand même l'air surfaites à côté de toi.
C'est comme les lis de mon jardin
si on les compare à des pivoines écarlates.
Ils sont plus délicats.
Un petit peu de thé, Thomas?
- J'ai pas envie de thé. - Tu vas être mieux ici.
Tu pourras finir ta sieste au frais
et nous ne sommes pas loin.
- J'étais venue pour vous faire un aveu en réalité, Mme Lynde.
C'est à propos de la Jersey. J'ai honte.
- J'ai vu en effet qu'on avait piétiné
mon champ de pommes de terre ce matin,
mais, à present, ça n'a plus d'importance.
- Ah oui, s'il n'avait que cela ce mal ennui. C'est que...
C'est plus grave encore. Je peux vous le dire.
- Quand on se croit à l'abri des surprises c'est une erreur.
Ne me dis pas qu'elle a piétiné les derniers de mes choux!
- ça n'a rien avoir, Mme Lynde.
Ecoutez, je vais tout vous dire,
mais je vous en prie ne m'interrompez pas,
ça me rend nerveuse. - Rachel!
- Arrête de m'interrompre! Fais ta sieste!
- Voilà, hier, j'était avec Diana
et nous avons vu une vache qui se promenait dans votre champ.
Nous avons eu beaucoup de difficulté à la chasser de là.
Nous avons couru. Nous étions fatiguées
et nos robes étaient pleines de boue.
Alors... j'étais tellement contrariée
que j'ai vendu la vache aux Blythe pour 20 dollars.
- Tsk! Tsk! Tsk! Tu as dû être fâchée, Marilla,
elle aurait dû te consulter d'abord.
Enfin, comme mes choux sont sauvés,
il ne s'est rien passé, on a tout oublié.
- Oui, mais voyez-vous ce matin
j'ai trouvé ma Dolly dans son enclos
et apparemment c'était bien elle.
- Dans le champ, c'était ta vache,
et c'est donc ta vache que Anne a vendue à John Blythe.
- Et il l'a mise immédiatement sur le train
avec d'autres bêtes qu'il expédiait.
- Tu constates très vite que notre Jersey
est aussi bonne que la tienne, tu sais,
à moins que tu préfères qu'on te rend les 20 dollars.
- Vingt dollars?! Merveilleux!
Tu apprendras que notre vache nous en a coûté 50
et je n'ai pas du tout l'intention d'accepter
une vache de pacotille en échange.
- Tu admettras quand même que
tu as ta part de responsabilité dans tout cela.
- Anne Shirley, tu n'es qu'une étourdie et une impulsive!
Tu fais ton petit bonhomme de chemin
sans te soucier des autres!
Et bien, en ce monde, on paie ses erreurs, ma chère!
D'ailleurs, ça te sera assez facile maintenant!
- Bravo, c'est facile de tomber comme une furie
à bras raccourcis sur une fille
parce qu'elle a du succès et qu'elle est encore toute jeune.
ça nous permet, en tout cas, de voir
qu'elle est ta vraie nature. - Rachel!
- Oui! Je viens une minute! Cet homme,
si seulement il avait un peu de courage
et un peu de volonté, il pourrait être sur ses pieds!
- Je t'avoue ce qui m'étonne c'est qu'il est tombé malade
sans lui demander sa permission.
Allez viens, on s'en va.
Nous lui paierons ces satané 50 dollars.
- Thomas! (Fracas)
Thomas!
- (Gémit)
- (Halète) Oh! Ne le prenez pas, mon Dieu!
- (Gémit) - Qu'est-ce que tu as?
- Oú est son médicament?
- Dans l'armoire derrière.
- C'est ça? - Oui.
- Rachel... - Oui, dis-moi ce que tu as.
- Je... - Oui, plus fort,
je n'entends rien. Qu'est-ce qu'il y a?
- (Exhale) - (Halète)
Thomas...
(Pleure)
- Ah mon Dieu.
J'ai bien peur qu'on ne puisse plus rien faire.
- Ah non... (Pleure plus fort)
- Ah, je pense que je vais aller chez mon Robert
s'il veut bien de moi.
(Sanglote)
La ferme est hypothéquée.
Il va falloir la vendre.
- Allez, sois courageuse.
Il faut que tu te ressaisisses.
- Ah je n'en suis pas au point d'être une lac,
mais une femme de mon âge ne se fait pas de nouveaux amis
comme lorsqu'elle a 30 ans.
C'est vrai, ça me brise le coeur
de devoir quitter Avonlea!
(Pleure et renifle)
- Est-ce que vous vous sentez un peu mieux aujourd'hui?
- Oui, merci beaucoup, Anne, tu es gentille.
ça c'est mon cadeau
payé avec l'argent provenant de la vente de ta vache Dolly.
Ce n'est pas tellement un cadeau pour la circonstance,
mais tu leur diras que je leur offrirai
une courte pointe comme cadeau de mariage.
- Dis donc, Anne,
tu n'as pas porté ça depuis des siècles.
Tu es ravissante.
- Ah, tu trouves? Merci.
- Gilbert Blythe il va pouvoir être fier.
Il n'est pas en avance on dirait.
- Mets ta veste, il risque de faire froid ce soir.
- Eum, j'y vais toute seule.
Tu ne vois pas d'inconvénient à ce que je prenne la voiture,
Marilla? - Non.
Tu as bien mis aussi mon nom sur la carte, j'espère.
- Bien sûr, voyons.
Allez, je m'en vais.
Au revoir, Rachel. - Amuse-toi bien!
- Et fais attention de ne pas te faire prendre la jupe
dans les roues du buggy, Anne, chérie.
(La porte ferme)
Bien, écoute moi. Je ne peux pas faire autrement
que de dire ce que je pense, tu le sais.
Je sens venir les problèmes et je n'aime pas du tout ça.
La providence les a réunis depuis tout petits.
Tu ne vas as me dire le contraire.
- Et alors ce sont encore des enfants.
- Elle a 18 ans. J'étais déjà mariée moi à cet âge-là.
Anne t'a beaucoup trop imitée. Tu vois le résultat.
ça donne des filtres différents des autres
qui font peur aux garçons.
- Et des idées trop paritées chez un garçon
l'empêcheront sûrement
d'avoir la chance de rencontrer une fille pareille.
(Rient)
- Ah les foins, j'adore ça.
Est-ce que tu te souviens
la fois oú on avait dormi dans la grange?
- Ah oui, et moi qui avait tellement peur
qu'on se fasse attaquer par une chouette...
- Tu viens, Diana!
Il faudrait qu'on s'occupe des cadeaux.
- Ah, le devoir m'appelle.
(Musique de violon joue)
(Les gens jasent et rient)
- Anne! Oú est-ce que tu vas comme ça?
On risque de tout manger
si tu ne te dépêches pas de revenir.
- Ah, je profitais de la douce fraîcheur de l'air.
- Ah! Je ne t'ai pas présenté mon fiancé!
Harry Inglis de Winnipeg, Anne Shirley.
- Oui, très heureux, mademoiselle.
- Enchanté, monsieur.
Je peux vous assurer que vous avez de la chance.
Oú allez-vous habiter?
- à Montréal. Harry est dans une compagnie minière.
- Oh, arrête d'étaler ta bague comme ça, Jane!
Elle scintille tellement qu'on ne voit qu'elle.
- J'ai beaucoup de plaisir de te revoir, Anne.
On se promène, Harry?
- Ah, si ça vous ennuie pas d'accompagner Jane et Harry,
j'aimerais dire quelque chose à Anne.
Il est vieux le millionnaire de Jane, hein?
Il pourrait être son père.
- Il doit certainement être riche, j'en suis persuadée.
- Ah, ce n'est rien de le dire. Il l'a couverte de bijoux.
Et ensuite il l'amène en Europe pour leur voyage de noces.
- Je suis heureuse que ça lui arrive.
Non, c'est vrai, elle qui a toujours été si discrète.
- Le milieu d'oú elle sortait ne voulait pas sûrement,
en tout cas. Et parle-moi un peu de toi, Anne.
Euh, tu es venue ici avec Gilbert?
- Eum...
- Ah, qu'ils peuvent être ridicules ces deux-là?
Ils vont vouloir se faire concurrence jusqu'à la fin.
Le plus drôle c'est qu'ils ne m'intéressent,
ni un ni l'autre. Euh, bon, dis donc,
il faut qu'on se voit bientôt.
Je veux que tu me raconte tout, hein?
(La musique du violon reprend)
(Applaudissements)
(La musique continue)
- Moi?
Ah, je serais très honorée d'accepter cette danse.
"Vous avez de si beaux yeux violets ma tendre amie."
Oui, je vous remercie.
Vous pouvez m'appeler Cordélia.
"Et quel merveilleux teint de pétales roses, Cordélia."
♪♪♪
- Voulez-vous me permettre?
J'ai une dette envers cette jeune femme.
Voici les 20 dollars que je vous dois.
Vous dansez?
(La musique reprend)
♪♪♪
- Excuse-moi, je suis si maladroite.
J'ai deux pieds gauches. Je suis désolée.
- à quoi est-ce que tu penses?
- Je n'ose pas parler ou faire du bruit
de peur que toute cette beauté ne disparaisse dans la nuit
parce que... j'aurais brisé le silence.
- ça me rappelle l'école quand on faisait des pique-niques.
- Hmm...
J'aimerais que rien de tout cela ne change.
Je voudrais revoir cette époque,
je voudrais la revivre.
J'ai l'impression que rien ne sera plus jamais comme avant.
Pas toi?
- Je ne changerai pas, je le sais.
Je t'en donne ma parole.
D'ailleurs, je voulais te dire quelque chose.
- Je t'en prie, ne dis rien non.
- Qu'est-ce qu'il y a?
Tu m'évites depuis avril; depuis qu'on est diplômé.
- C'était exprès pour que tu ne t'intéresses pas à moi.
Il ne fallait pas que ça se produise.
- Je ne reviendrai pas au Sable Blanc à l'automne.
Je suis accepté à l'école de médecine de Dalhousie,
c'est fait.
- Que je suis fière de toi, tu sais.
- Je suis désolé pour l'autre jour.
Je voulais que tu saches à quel point
ce que tu fais m'intéresse...
Tu dis peut-être
que je ne suis pas assez bien pour toi maintenant,
mais un jour je le serai.
- Ah non, au contraire, tu es trop bien pour moi.
Mais tu auras envie de quelqu'un qui t'adore;
une femme qui se contentera d'être pendue à ton bras
et de tenir ta maison.
Ce n'est pas moi.
- Qu'est-ce que tu dis? Ce n'est pas du tout ce que--
- On se chamaillerait comme deux vieux enfants gâtés,
ce serait horrible...
Je finirais par en être très malheureuse
et nous les serions tous les deux.
- Tout le monde s'y attend.
Tu as dû bien t'en rendre compte.
- ça veut dire qu'on le ferait pour des raisons
qui n'ont aucun intérêt.
Tu crois que... que tu m'aimes.
- Anne!
Il y a très longtemps que je t'aime.
Je peux te le dire.
J'ai besoin de toi. Je t'assure que je serai
très malheureux de partir sans avoir--
- Je te promets que je serai près de toi
si tu as besoin de moi.
Des vrais amis sont toujours l'un près de l'autre
par la pensée.
Nous ne changeons rien, Gil.
Continuons à être les amis que nous avons été.
- Tu triches,
je croyais que nous étions des 'âmes soeurs'.
Tu me le refuserais.
- Hélas...
je ne peux que te le refuser. Je suis désolée.
♪♪♪
(La voiture klaxonne) - Whoa!
- Qu'est-ce que vous faites?! - Bouge de là!
Qu'est-ce qui vous êtes arrivée?
Savez-vous à quel point il est difficile
de remplacer une de ces lanternes?
- Qu'est-ce que vous faisiez au milieu de la route?
C'est votre faute! - Et vous,
qu'est-ce que vous faisiez là toute seule la nuit
et sans éclairage?
- Est-ce que tous les automobilistes
sont aussi insolents que vous?
J'aime me promener toute seule la nuit.
Le premier gentleman venu aurait eu
la décence de s'arrêter!
- Je suis heureux de vous retrouver.
Depuis des semaines, je me demande qui vous êtes au juste.
Je suis navré de ne pas m'être présenté l'autre jour mais je...
- Je n'ai aucune envie de faire votre connaissance, aucune.
- Je parie que personne ne vous a jamais dit
comme vos cheveux roux sont beaux au clair de lune.
- Ah, si, on me le répète souvent.
(Bruit sourd, Anne soupire)
- (Rires)
- Ah!
- Attachez dont votre cheval.
Je vous conduirai oú vous voudrez.
Vous pouvez revenir demain chercher le buggy.
- Il n'en est pas question.
- à votre aise.
J'essayais juste d'être un gentleman.
(Le cheval hennit)
- Ne vous donnez dont ces airs-là.
Vous êtes d'une classe très à part à vous tout seul!
(Chante en exagérant) ♪ Oh promets-moi ♪
♪ Qu'un beau jour ♪
♪ Toi et moi... ♪
(Rigole)
♪ Nous transporterons, ♪
♪ Nous élèverons notre amour ♪
♪ Notre amour si frais ♪
♪ Jusqu'aux étoiles, ♪
♪ Jusqu'aux murs... ♪
- Si la femme du pasteur se met à chanter ce morceau-là
je suis fichue! Je rigolerai toute la soirée!
(Continue le chant exagéré) ♪ ...la foi renouvelle ♪
(Rit de bon coeur)
- Et à l'heure là elle respire,
les boutons de son corset éclatent.
- Arrête, je t'en prie! Je vais être malade! (Rit)
- Alors, là, c'est sérieux.
C'est toi remontant nerveusement
l'allée au bras de ton père;
tes boucles noires vrai joyau de jet,
mains tenues sur la délicate voile de mousseline.
- (Rigole)
- ...la mariée parfaite.
Tu regardes le visage écarlate de Fred
et tu murmures, "Je le fais."
- Ah, t'es méchante!
Ne sois pas comme ça.
- Attends, promets-moi juste une chose.
Rattrape-le au vol...
s'il vient à s'évanouir. - (Rit)
(Bruit sourd) Ahhh! Oh!
- Diana! (Les filles rient)
Diana, pour l'amour du ciel, qu'est-ce que vous faites?
- On a cassé mon lit.
- Diana! Veux-tu répondre?!
- C'est rien, maman! ça va!
On répète juste la marche nuptiale.
- Attention au plafond! Vous allez passer au travers!
Pfft!
(Rigolent)
- Oh, je suis être nerveuse!
Ah, je ne sais pas comment je vais m'en tirer demain.
- Ah, ça va très bien aller.
Tout le monde survie à la cérémonie. C'est après.
- Ah, tu te crois maligne.
Attends que ça t'arrive, mademoiselle.
- Non, j'ai pris la décision de choisir la carrière
au lieu du mari.
Je crois que j'aimerais être une bonne soeur.
ça serait merveilleux. Je serais avec le bon Dieu.
Je serais son fiancé.
Oui, mais je ne suis pas catholique,
et je n'ai pas les qualités requises pour ça.
- Moi je te vois plutôt infirmière.
ça c'est romantique comme profession.
La main sur les fronts fiévreux,
et puis un beau jour c'est un beau malade millionnaire
qui tombe en amour avec toi. Tu le guéris.
Vous allez ensemble faire une croisière.
- Je ne changerai pas ma vie pour la réalité prosaique
que m'offre Gilbert.
Il m'a demandé de l'épouser...
et j'ai refusé.
- Tu as refusé?!
- Bien, oui.
- Anne, tu es folle! Qu'est-ce qui t'as pris?
- Ne me gronde pas, Diana.
Tu me connais pas encore?
- C'est pas vrai! Ecoute, j'ai l'impression de rêver.
Je croyais justement que tu entretenais tous tes idéaux
parce qu'il ne t'avait pas encore demandé en mariage.
Tu lui as vraiment dit non.
Après deux ans de flirt,
c'est scandaleux!
- Tu vas retirer ces paroles immédiatement!
Je n'ai jamais flirté avec Gilbert!
Nous n'avons été que de bons amis, si tu veux savoir.
- Et tu te rends compte que je ne l'ai même pas fréquenté
à cause de toi.
Tu as pu lui dire ça.
- Et alors, puisque je ne l'aime pas.
Ah, bien sûr, il doit me mépriser maintenant
et toi aussi tu dois me mépriser
et je me méprise aussi!
Je me sens humiliée quand je pense à toute cette affaire.
(Pleure) - Ah, ne pleure pas.
Oh, pauvre chérie.
Je n'ai pas le droit de te gronder.
Tout est tellement compliqué dans la vraie vie.
Je comprends que tu t'es réfugiée
dans les histoires d'amour. C'est plus simple.
- (Renifle)
(Musique de l'orgue joue)
- ♪ Promise me that someday you and I... ♪
♪ Will take our love together ♪
♪ To some sky ♪
♪ Where we can be... ♪
- Tes parents arrivent. - Anne, je vais mourir.
Ah, je suis tellement nerveuse.
Je suis sûre que je vais m'évanouir.
- Si tu fais ça, je te traîne
jusqu'au tonneau de pluie pour l'arrosage
et je te plonge la tête dedans.
Et laisse moi voir ça, jolie fille.
- Sois pas inquiète. Tu es magnifique.
- Tout est prêt. J'ai donné le feu vert au pasteur.
Il nous attend.
- Oh chérie, je te perds à jamais! C'est affreux.
(Sanglote)
- Allons, allons, tu deviens trop sentimentale, Elizabeth.
Tu as encore Minne May.
Le jour des noces tu sais que les larmes portent la guigne.
(Les filles rient, Elizabeth pleure)
- ♪ Oh promise me... ♪
(La musique d'orgue continue)
♪ Hearing God's message ♪
♪ While the organ rolls, ♪
♪ Its mighty music ♪
♪ To our very souls, ♪
♪ No love less perfect ♪
♪ Than a life with thee; ♪
♪ Oh promise me, ♪
♪ Oh promise me! ♪
- Ils font un très beau couple.
- Ce n'est pas en punissant le type que tu vas le reconquérir.
- Je me demande pourquoi tout le monde a l'air de croire
que mon coeur doit lui appartenir.
- Diana...
(Applaudissements)
Fred: Il ne faudrait pas...
(Les filles parlent en même temps)
- Excusez-moi. - Je vous en prie.
- Ah, ça va, Anne? - Bonjour. Anne. Bonjour.
- T'as une robe ravissante.
- C'est vrai qu'elle vous va bien.
- C'est vraiment une belle journée.
- Ah oui, ils ont une chance extraordinaire.
Ah oui.
- Je ne savais plus oú me mettre...
(Les gens jasent)
- Bonjour, Anne. - Ah, Moody! Comment vas-tu?
- Bien, merci. - T'as que t'en fond col
en celluloid te vieillit. Tu fait très sérieux.
- Merci, c'est gentil. Et toi tu es ravissante.
Je trouve tu n'as vraiment rien à envier à la mariée.
- (Rigole)
Comme c'est généreux de ta part
d'avoir choisi Josie comme cavalière
car, en fait, je craignais que tu n'aies pas été invité.
- Elle s'inquiète toujours beaucoup à mon sujet.
Est-ce que je me trompe
ou c'est la robe que tu portais l'année dernière
au mariage de Fanny Emerson? Tu connais le dicton,
deux fois demoiselle d'honneur, reste vieille fille.
- (Rigole) En réalité,
ça fait trois fois que je suis demoiselle d'honneur, Josie,
mais toi au fond tu as de la chance.
La seule chose que tu aies jamais revêtu deux fois
c'est ton air revêche.
Alors n'oublie pas de me réserver une valse.
- Non, bien sûr.
Ecoute, j'essayais d'être poli.
- C'est vrai qu'elles sont... - Ah, oui.
Excuse-moi un instant, s'il te plait, Christine.
- Ah, tiens, ça va vous deux? - Oui, oui, ça va.
- Il avait l'air pressé. - Je sais pas oú il allait.
- Attends-moi!
- Je t'en prie laisse-moi.
- Oú est-ce que tu vas? - Je m'en vais.
Marilla a déjà reconduit Rachel qui était malade
et je ne me sens pas très bien moi non plus.
- Je vais te raccompagner.
- Qu'est-ce que tu fais de ton amie?
- Ah, je lui expliquerai. Elle comprendra.
- Elle a l'air d'une jeune femme charmante et accomplie.
Je te félicite.
- Oui, mais ce n'est pas elle qui m'intéresse.
Il y a quelqu'un d'autre, c'est ça?
- Non, personne, tu peux me croire.
Si c'est ça à quoi tu penses, je...
je ne m'intéresse à personne.
(Le cheval hennit)
- Alors il me suffira de savoir...
que tu m'aimes un peu et j'attendrai.
- Tu le sais que je t'aime.
Je t'ai toujours aimé,
mais c'est un amour qui est différent de celui
que tu aimerais me voir éprouver.
Je ne suis pas malheureuse, au contraire.
Je n'ai pas envie de me marier.
- Tu le feras comme tout le monde.
Tu épouseras un idiot qui se mettra au coin du feu
pour te lire Tennyson,
et te construire des châteaux dans les nuages.
Je te connais, tu sais.
- Loin de moi l'idée de te blesser, je te jure,
mais un jour tu comprendras que j'ai eu raison
quand tu seras amoureux de quelqu'un d'autre.
- Oh, tu ne m'as pas blessé.
Non, je... je pensais que tu m'aimais,
mais je me rends compte que je m'étais fait des illusions.
- Je t'en prie.
- Qui que cela puisse être, je souhaite...
qu'il te fasse souffrir. - Tu ne comprends pas--
- Tu reviendras peut-être à la raison.
- Anne!
- Ah, tu as l'air tellement radieuse!
- Tu as l'air de quelqu'un qui a vu un fantôme.
- Gilbert m'a encore parlé.
J'ai l'impression de lui avoir arraché le bras droit.
C'est terrible.
Tu voudrais bien lui parler, s'il te plaît.
Je sais qu'il t'écoutera toi.
- Tu viens, Diana?
- Euh, écoute, je ne sais pas du tout comment ni quand,
mais j'essayerai de le faire.
Au revoir, Anne.
- Au revoir, ma bien aimée.
♪♪♪
(Cries, hourras et applaudissements)
- Et moi, je dis que tu as tort. J'ai trouvé
qu'Anne Shirley était ravissante à côté de Diana.
- Tu veux que je te dise la vérité.
Tu es trop gentille, Christine.
Je n'arrive pas à croire que tu n'as pas remarqué
que Anne a fait tout ce qu'elle a pu
pour rendre Gilbert jaloux.
- C'est vrai, je sais que Gilbert était pris d'elle,
mais je ne crois pas qu'il soit jaloux.
- Elle essaie désespérément de te l'enlever
pour qu'il revienne.
- Je ne pense pas que ce soit cela.
De toute façon, Gilbert et moi sommes simplement des amis.
- Oui, et je crois qu'Anne Shirley a malgré tout
une opinion un peu trop haute d'elle-même.
♪♪♪
- Eh bien,
je croyais que tu serais restée chez les Barry
pour voir les feus de joie.
Pourquoi es-tu revenue si tôt?
- Diana était vraiment une mariée merveilleuse,
mais Fred et elle ont salué tout le monde.
Je me sens anxieuse et fatiguée.
Je ne sais pas...
Peut-être devrais-je accepter l'offre
que j'ai eue pour Kingsport.
J'aimerais bien aller voir un peu ce qui se passe ailleurs.
ça pourrait m'aider à trouver des sujets
de nouvelles au fond. Tu ne penses pas?
- Rachel se sentait un peu démoralisée aujourd'hui
au mariage à l'idée de déménager
chez son fils dans l'ouest, et tout à coup,
il m'est apparu que c'était sûrement elle
que je devais offrir de venir en pension chez moi
plutôt qu'à la fille Picard. Je ne lui ai rien dit.
Je voulais savoir avant ce que tu en pensais.
- C'est à toi d'en prendre la décision, Marilla,
mais tu es sûre? - Il est vrai que...
elle a ses petits défauts, on les connaît,
mais ça fait 45 ans
qu'elle est ma plus proche voisine et...
j'aime encore mieux de l'héberger
que de la voir nous quitter.
- Je t'en prie, ne fais pas à cause de moi enfin
parce que tu as peur de te retrouver seule.
- Mais non, tu es folle. Qu'est-ce que tu racontes?
Je peux très bien supporter Rachel
à condition qu'elle n'entre pas dans ma cuisine.
à nous deux nous serons tout à fait capables
de nous occuper de la ferme si M. Barry nous aide un peu.
- Marilla...
tu dois dire quelque fois qu'il aurait mieux valu un garçon
comme tu désirais plutôt qu'une fille?
Lui il aurait administré la ferme.
ça n'aurait pas été si compliqué.
- Anne Shirley, ce n'est pas aujourd'hui
que je t'échangerais contre tous les garçons du monde.
Que je sache ce n'est pas un garçon...
qui a obtenu une licence en lettres à l'université
et qui a remporté le concours de la compagnie Rollings, hein?
Tu vas me manquer.
Ma fille, va me manquer.
Promets-moi que tu me quitteras pas pour toujours.
♪♪♪
♪♪♪
- Je n'aurais jamais pensé habiter aussi
loin de la route ici aux Pignons Verts,
mais je préfère vivre au fond d'un trou plutôt
que de quitter Avonlea. - Je sais que Anne
vous est très reconnaissante d'être restée.
- On la connaît.
Elle a toujours été du genre à se précipiter
quand elle avait pris une décision.
Heureusement qu'elle va enseigner
dans un collège de jeunes filles.
Je suis raisonnement contre les institutions mixtes
et je le serai toujours.
Quand on voit toutes ces jeunes filles flirter avec les garçons
c'est une véritable honte.
- Elles étudient tout de même un peu, non?
- Hmm! Chère Anne,
ses élèves risquent quand même d'être bien élevées
si le collège est aussi bien équipé qu'elle le dit.
- Il est inconcevable que j'ai oublié quelque chose.
Vous m'avez tellement aidée toutes les deux.
- N'oublie surtout pas la façon dont tu as été élevée.
Va souvent à l'église,
et ne te mets pas à fréquenter n'importe qui.
- Et mets des sous-vêtements plus chauds
dès que tu sens que le temps va se refroidir.
- Et tiens pour acquis que la santé est le plus important--
- Et tu nous donnes de tes nouvelles
dès que tu es installée.
- Au revoir, Anne. - Au revoir.
- Regarde si tes bagages sont bien étiquetés
avant de les mettre sur le train.
- Ah, ne vous inquiétez pas.
Nous la lâcherons pas d'une seconde à la gare.
- Anne, dépêche-toi, tu vas être en retard.
Bon voyage.
- Au revoir, Marilla.
Je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi.
Vous avez été merveilleuses toutes les deux. (Renifle)
Je ne serai sûrement pas longtemps absente.
Dès que je pourrai, je vous écrirai.
Ah... au revoir.
♪♪♪
- Je veux bien t'avouer que je n'aurais jamais cru
qu'une orpheline pouvait devenir aussi mignonne.
Personne ne peut nier qu'elle
est devenue distinguée en grandissant.
- Personne en effet.
Je ne peux pas m'empêcher de la revoir toute petite.
Elle avait un coeur tellement rempli de bonnes intentions.
Elle me déroutait, bien souvent.
Matthew la comprenait mieux.
- C'est tout en ton honneur d'avoir fait d'elle
ce que tu en as fait, tu sais.
- Je ne suis pas sûre qu'elle ait changé à ce point-là.
Je serais portée à dire...
euh, que c'est nous qui avons changé.
♪♪♪
- Si tu savais comme j'ai attendu ce moment, Diana.
Il est arrivé et... j'ai énormément de mal
à supporter cette idée de m'en aller.
- On a accompagné Gilbert
à l'école de médecine l'autre jour.
- Est-ce que... est-ce qu'il a dit quelque chose?
- Je crois qu'il a compris, tu sais.
♪♪♪
(Les gens jasent)
(Les gens jasent)
- Anne! Anne Shirley!
Oh que je suis heureuse!
- Oh! Mlle Stacey!
J'ai l'impression que ça fait des siècles!
- Une nuit complète dans cet affreux train,
tu dois être absolument exténuée.
- Ah, je me fais l'effet d'être un petit provincial de dix ans
qui ne sait plus oú aller.
Par pitié, amenez-moi vite quelque part
que je puisse m'entendre réfléchir.
- J'ai une voiture qui nous attend dehors.
Tu as tes tickets de bagage?
Le cocher va s'en occuper.
- Si vous n'étiez pas venue, je me serais assise là
et j'aurais pleuré toute la journée.
- Si ça peut te rassurer... Ah, crois-moi,
je suis heureuse de te savoir ici. Après tout,
à quoi sert de faire partie du conseil scolaire
si on ne peut pas exercer son influence.
- Non, dites pas vous avez faire ça!
- Oh, si, je l'ai fait!
- J'ai l'intention de continuer à écrire.
Cette charmante vieille ville
sera une magnifique source d'inspiration.
- Je suis certaine que ta jeunesse et ta vitalité
apporteront une énorme contribution à notre collège.
Après tout, tu étais ma meilleure élève à Avonlea.
- J'ai tellement peur de ne pas savoir répondre
à leurs attentes. - (Rit) Quelle sottise.
Ce sont peut-être des jeunes filles de bonnes familles,
mais beaucoup d'entre
elles ne se comportent qu'en enfants gâtées. Tu verras.
- Mon dou Jésus!
C'est vraiment un quartier élégant.
C'est encore plus élégant que j'aurais jamais pu l'imaginer.
(Frapper à la porte)
- Bonjour, madame. - Bonjour.
Voudriez-vous prévenir Mme Pringle
que Mlle Stacey et Mlle Anne Shirley
seraient heureuses de la voir?
Tu te sentiras bien ici, je te le promets.
Cette Mme Pringle s'occupe beaucoup d'anciennes élèves.
ça fait au moins 30 ans qu'elle prend en pension
les professeurs du collège oú tu vas enseigner.
- Bonjour, je suis ravie de vous voir.
Que puis-je faire pour vous? - De même, Mme Pringle.
J'aimerais vous présenter Mlle Anne Shirley
qui arrive de l'île du Prince-Edouard.
- Je suis très heureuse. - Anne est notre nouveau
professeur de français au collège
que vous aurez en pension cette année.
Est-ce que le cocher peut apporter la malle?
- Oh, je vois hélas que vous n'avez pas
reçu ma dernière lettre.
Je ne peux pas prendre votre Anne Shirley cette année.
Je suis désolée.
En dehors, du fait que tout cela commence
à me fatiguer un peu.
Mes filles ont terminé leurs études comme vous le savez
et je dois admettre que je consacre très peu de temps
aux anciennes élèves.
- Mais je ne comprends pas. Nous étions--
- Je suis vraiment désolée.
Je vous souhaite une bonne journée, Mlle Stacey.
- Je nous le souhaite.
ça m'étonne guère.
Tout à fait le style de Mme Pringle!
Adorable même quand elle vous poignarde dans le dos.
Et bien, nous en resterons certainement pas là, hmm?
- Mais que se passe t'il? - Je suppose que Kingsport
est envahi de Pringle et de demi Pringle.
Ce sont des paillards de fond de la ville
et c'est Mme Tom Pringle qui régente toute la tribu.
Je doutais bien qu'ils auraient une dent contre toi.
- Mais pourquoi? Je ne suis qu'une étrangère à leurs yeux.
- Il faut que tu saches qu'une de leurs cousines, Amy Pringle,
a postulé pour obtenir le poste que tu mérites
et qu'elle ne l'a pas eu
parce qu'elle était beaucoup moins qualifiée que toi.
Seulement, lorsque le conseil a annoncé
qu'il avait d'emblée accepté ta candidature,
alors la tribu au complet s'est mise à hurler d'indignation.
Au collège de jeunes filles de Kingsport, s'il vous plaît.
Mais ils ne perdent rien pour attendre!
Ils ne peuvent pas s'opposer à la décision du conseil,
c'est anti démocratique.
- Je ne suis pas certaine d'avoir encore bien confiance
en la démocratie.
- Ils ont toujours fait la loi ici.
Il faut le reconnaître.
Ils ont toujours fait ce qu'ils voulaient
politiquement et socialement.
Tout est entre les mains du clan,
la scierie, le chemin de fer,
les usines à gaz, et la fabrique de laine,
mais ce n'est pas pour ça qu'ils vont régenter
notre système d'éducation.
- Tout cela me donne encore plus le trac maintenant.
- (Rigole)
♪♪♪
- La directrice s'appelle Katherine Brooke,
une adorable demoiselle,
un peu intransigeante quelques fois en matière de discipline,
ça lui prend comme ça tout d'un coup,
mais je suis persuadée que nous pourrons atténuer
les petites divergences d'opinion
qui pourraient surgir.
♪♪♪
(Frappe à la porte)
- Oui, entrez.
- Bonjour, Mlle Brooke. - Bonjour, Mlle Stacey.
- Je vous demande pardon de vous déranger,
mais j'avais très hâte de venir vous présenter
notre nouveau professeur, Mlle Anne Shirley,
une des élèves les plus brillantes
que ma carrière m'est donné de rencontrer.
Elle a aussi publié dernièrement
une très jolie nouvelle.
- Bienvenue à Kingsport, Mlle Shirley.
Asseyez-vous, je vous prie.
- Merci. Je suis très heureuse de me trouver ici.
- Mlle Stacey vous a chaudement recommandée
je dois vous le dire.
Je m'attendais toutefois pas
ce que quelqu'un d'aussi douée soit aussi jeune,
un travers que le temps réparera beaucoup trop vite.
- Il semble qu'il y ait eu une sorte de malentendu
pour ce qui concerne l'hébergement de Mlle Shirley,
mais j'ai pensé que vous n'auriez pas d'objection
à ce qu'elle réside ici chez vous
en compagnie de vos pensionnaires.
D'ailleurs elle risque fort de se découvrir
un tempérament de mère poule pour les élèves.
- L'étalage des sentiments maternels
n'a pas sa place dans cette institution, Mlle Stacey.
Nous nous conformons aux règles établies.
- Ce qui bien s-r nous amène quelques fois
à faire une petite exception, Mlle Brooke.
Le gardien peut t'il transporter
les effets de Mlle Shirley?
- Je vais demander qu'on lui prépare une chambre.
- Vous êtes très gentille.
- Elle est dure. Elle se conduit comme un sergent-major.
Vous êtes certaine que je vais réussir
à endurer ses sarcasmes?
- Dans ce qu'elle fait, elle est étonnante.
Tu t'en rendras compte.
Evidemment, elle est dure dur pour la discipline, c'est vrai.
Allez, continue à avoir du cran
et donne le meilleur de toi-même
ne serait-ce que pour les faire mentir.
Tu sais combien je tiens ton talent en haute estime, hein?
- Je ferai tout mon possible pour en être digne,
c'est promis. - Tu es courageuse.
Maintenant je vais te laisser arranger tes affaires
pour que tu sois prête pour demain.
- Ah... - Ah...
- Merci encore pour tout ce que vous avez fait pour moi.
- Nous aurons le temps de nous raconter le reste plus tard.
♪♪♪
- "O montre-moi une femme honnête et scrupuleuse.
ça leur est bien plus grand que celles des diamants,
Mlle Katherine Brooke, directrice."
- à l'avenir, Mlle Shirley,
veuillez essayer de vous rappeler
que vous n'avez pas le droit d'effectuer un seul changement,
aussi mineurs, qu'ils puissent être,
aux conventions en usage dans cette institution.
- Je suis désolée.
Votre citation suscite tant d'inspiration
que j'ai cru qu'elle méritait d'être enjolivée.
- Je me passerais de votre condescendance.
Dites-moi, ce que ces celle a malins
et que ces grands airs cachent, Mlle Shirley?
- Mais rien du tout. J'ai... j'ai simplement cru
que je pourrais ennoblir davantage la citation.
Ah, je suis heureuse que vous écriviez...
votre prénom avec un K.
Katherine avec un K est tellement plus séduisante
qu'avec un vulgaire C
et puis aussi le fait prétentieux, je trouve.
- Nous faisons l'éducation de 50 jeunes filles de familles
parmi les plus privilégiées des provinces maritimes.
Les méthodes que je préconise depuis mon arrivée ici
tendent à bannir le décorum.
L'école publique à laquelle vous êtes habituée
est loin, Mlle Shirley.
Nos étudiantes n'ont pas besoin d'enjolivement.
Je réclame donc de votre part
une simple adhésion aux statuts et règlements
que vous trouverez ci-joint, Mlle Shirley.
Nous donnons à nos étudiantes des exercices sur la matière
au début de chaque classe.
Les heures de repas et de coucher devront être respectées
par nos 15 pensionnaires. Ce serait d'ailleurs vous
qui serez chargée du respect de ces heures.
Il est attendu que cela se fera dans l'ordre
et la discipline les plus strictes.
Vous en êtes responsable.
Tout le collège a l'habitude de m'appeler Brooke.
Vous pourrez en faire autant.
- Euh, oui, Mlle Brooke.
- J'ai entendu dire que vous aviez de remarquables talents.
J'ai hâte de pouvoir les observer.
- Je suis heureuse d'avoir votre approbation.
Cela me donne du courage.
- Pas entière.
C'est une décision du conseil qui vous a amenée ici,
pas la mienne.
(Cloche sonne)
Vous qui venez de la campagne
vous risquez d'être étonnée de voir l'équipement moderne
que nous possédons
grâce à l'énorme soutien financier dont nous bénéficions
et qui nous vient de familles extrêmement aisées.
à l'heure actuelle,
nous sommes le premier collège de la province
à posséder le téléphone.
Les filles: (Chantent) ♪ ...m'en allant promener, ♪
♪ J'ai trouvé l'eau si claire ♪
♪ Que je m'y suis baigné ♪
♪ Il y a longtemps que je t'aime, ♪
♪ Jamais je ne t'oublierai... ♪
- Bienvenues aux nouvelles et aux anciennes.
J'espère mesdemoiselles que vous êtes prêtes à entamer
la première session avec détermination.
Vous connaissez Mlle Picard, mathématiques et sciences;
Mlle Carr, histoire et géographie,
et c'est Mlle Shirley qui sera votre nouveau professeur
de grammaire et de littérature.
Elle s'occupera également de l'internat
qui sera sous sa responsabilité directe.
Pour se faire, Mlle Shirley résidera au collège avec nous
et aura autorité absolue en matière de surveillance.
Mettons-nous donc à l'oeuvre sans plus tarder
et avec toute l'attention requise.
Veuillez vous mettre en rang, à mon signal, je vous prie.
(Sifflet)
Le premier rang vous appelez ça une ligne droite.
Emmeline Harris, un pas sur le côté.
Si vous désirez en faire une habitude,
je me verrai dans l'obligation
de vous retenir après la classe.
Rentrez dans le rang.
Apprenez-vous aussi à réagir aux signaux
de la cloche électrique, je vous prie.
- Je, je préférerais donner un nom à chaque groupe
comme... je ne sais pas...
Tudor, Kent, Windsor.
- Je n'accorde qu'un intérêt relatif aux contes de fée.
Vous apprendrez à vous servir comme tout le monde
de notre système moderne.
- Oh... - Pour la recreation,
je déclencherai la cloche électrique.
(Sifflet très perçant)
La toute première porte au bout du couloir
c'est votre salle de classe.
(Sifflet et rit)
- Vous vous croyez peut-être au dessus des règlements
dans notre société, Mlle Shirley?
- (Se racle sa gorge)
Après vous, mesdemoiselles.
- S'il vous plait, mesdemoiselles,
un peu de silence, je vous prie.
Bonjour à toutes.
Je veux tout d'abord que vous sachiez à quel point
je considère comme un privilège le fait de partager avec vous...
Whoa!
(Les filles rient)
Zut!
Le fait de partager avec vous ma passion pour la littérature
au cours de cette nouvelle année scolaire.
Espérons que je serai plus à l'aise avec Shakespeare
qu'avec les pupitres. (Rit)
(Silence)
Euh...
(Le craie brise)
Très bien. Disions...
que je suis ridicule, et puis ridicule.
J'avais préparé une petite entrée en matière,
mais nous allons l'oublier.
Je m'appelle Anne Shirley
et je suis tout à fait persuadée
que nous deviendrons très vite des amies.
(Voix fortes de la classe avoisinante)
Huit fois sept 56,
huit fois huit 64,
huit fois neuf 72...
(Les voix sont étouffées)
- Je suis originaire d'une petite localité appelée Avonlea
sur l'île du Prince-Edouard
oú j'ai enseigné ces deux dernières années.
C'est mon premier poste dans un établissement privé.
Aussi, je vous saurai gré de me prêter votre concours.
Alors, soyez gentilles,
de répondre à l'appel de votre nom.
Pringle, Myra C.
Pringle, Rebecca A.
(Quelqu'un rigole)
Ce ne sont donc pas vos noms? - Non, mademoiselle.
Il semblera bien que les listes
ont été un peu mélangées, j'en ai peur.
- Ah... je vois. (Les filles rigolent)
Et bien, vous allez vous nommer, c'est tout.
On commence ici, la première de la rangée, s'il vous plaît,
nom de famille, prénom et âge.
- Lummeuse,
Fanny A. Lummeuse. (Quelques filles rigolent)
Il y a deux "m" à Lummeuse.
14 ans.
- Erreur,
Myrtle Erreur.
14 ans.
- Khann - mais ça s'écrit K-h-a deux n.
Alice B. Khann. 14 ans.
(Quelques filles se pouffent de rire)
- Bois,
Wilma A. Bois.
33 ans.
En réalité, je suis envoyée ici par la compagnie Rollings
pour vous demander d'écrire
en vers les étiquettes de nos produits.
(Quelques filles rigolent)
- ça suffit!
Je suis donc tombée sur une classe
dont les parents se sont fourvoyés
dans le choix des prénoms de leur enfants.
- Harris, Emmeline Harris. 13 ans.
Ne croyez pas ce qu'elles vous disent, mademoiselle.
- Que voulez-vous dire?
- Elles vous font marcher parce que ce sont des Pringle.
Elles croient que tout leur est permis.
- Et pourtant elle n'arrive pas à reconnaître une Pringle
à un centimètre malgré ses jumelles.
(Quelques filles rigolent)
- Puisque mesdemoiselles Fanny A. Lummeuse, Myrtle Erreur,
Alice B. Khann et Wilma A. Bois
me semblent se trouver si spirituelles,
elles vont m'écrire cent fois la liste exacte
des noms de mes élèves tout à l'heure après la classe.
ça pourra me servir.
à présent, ouvrez vous livres, mesdemoiselles.
(Quelques filles chuchotent)
(Crie)
(Les filles crient)
- Soit fichu! Je n'en vois!
- Mademoiselle!
Mademoiselle!
(Les filles crient)
(Les filles parlent tous en même temps)
- Emmeline Harris, amenez-là se rafraîchir, s'il vous plaît.
Trempez son mouchoir dans l'eau froide
et appliquez-le-lui sur le visage.
- Oh mon Dieu! (Des filles crient)
(Les filles rient)
(Sifflet) - ça suffit!
Tout le monde assis à sa place, et tout de suite,
et vous restez assises!
Que la coupable ait le courage de se dénoncer?
Votre vrai nom, s'il vous plaît?
- Jen Pringle, Mlle Shirley.
- Serait-ce vous, Jen Pringle?
- Oui, c'est moi.
- Vous resterez en retenue après la classe aujourd'hui.
(Des filles chuchotent)
Et tous les jours de cette semaine.
(Des filles chuchotent) Très bien,
alors veuillez ouvrir votre livre de littérature.
- Je regrette, Mlle Shirley, je ne peux pas.
Ma mère a besoin de moi pour les trois prochains jours.
Je dois l'aider à tenir une stalle
dans une vente de charité. - Et bien, je suis désolée,
mais votre mère va s-rement devoir s'arranger autrement.
- Mais elle a promis à tout le comité organisateur
que je serais présente. - Je m'en fiche.
Vous n'avez d'autre choix que d'obéir.
- Je ne suis pas en mesure de rester.
Je suis désolée.
- Très bien, alors c'est à vous de décider, Jen Pringle,
ou vous restez après l'école toute cette semaine
ou je dois vous administrer un châtiment corporel.
(Quelques filles chuchotent)
- Je choisis le châtiment corporel.
- Ah oui?
Et bien, venez ici, Mlle Pringle.
Les mains tendues en avant.
(Bruit sourd)
(Bruit sourd)
(Bruit sourd)
Ouvrez vos livres de littérature
et étudiez le premier chapitre jusqu'a la fin du cours,
je vous prie.
♪♪♪
(La cloche sonne)
(Les filles jasent)
Est-ce que ça va mieux, Essie?
- Oui, mais je ne suis pas une fanatique des animaux reptiles.
- Moi non plus.
- Vous finirez par vous y faire avec elle, vous verrez.
Elle s'évanouie une fois par semaine.
Le docteur dit que c'est une question de circulation.
- Tu es gentille de me prévenir.
- Et soyez tranquille avec les Pringle. On les connaît.
Il n'y a que leur petite personne
qui les intéresse dans la vie.
Et je dis ça sans arrière pensée
parce que ma mère était une Pringle.
Je voulais juste ajouter que je vous aime beaucoup
et que je trouve que vous avez agi intelligemment avec nous.
♪♪♪
(Des filles jasent)
- Espèce de salle traître. Je sais maintenant
qu'il y a deux sortes de personnes à Kingsport.
Il y a les Pringle et les autres.
- Ma chère, tu es stupide.
Ce que tu racontes m'est tout à fait égal.
Je suis une demi Pringle.
- Quoi? Ta mère n'a pas vécu assez longtemps pour t'éduquer
et en plus, tout le monde dit que ton père
est le plus grand coureur de jupon du pays
ce qui fait pratiquement de toi une orpheline!
- Agghhhhh!
- Que je ne t'entends plus jamais dire du mal de mon père,
tu entend?! (Des filles crient)
T'es un bon-à-rien une grosse dinde!
- C'est un affreux péche-toi ton père! Papa le dit!
- Tu peux fermer ta grande bouche,
tu vas voir, Jen Pringle! - Ahhhh!
(Les filles crient)
- Mes oeils! Mes lunettes!
(Grognements d'effort)
- Voyons! - (Sifflet)
- Cela suffit! Un peu de tenue! Relevez-vous!
Qu'est-ce que c'est que ces manières?
Vous ne pouvez donc pas respecter la moindre bienséance?
Nous ne sommes pas en Turquie dans un bazar!
- Elles essayaient de me renverser avec leur bicyclette.
- La menteuse! Elle a lancé son maillet dans la roue, exprès!
Elle voulait nous faire tomber.
C'est pas vrai, Essie? - C'est toi qui m'as abrutie!
Elle s'est jetée sur moi! - On se tait à present!
J'ai bien envie de vous renvoyer toutes les deux
pour une conduite aussi ignoble.
Personne ne vous a autorisées à faire de la bicyclette
sur le terrain de l'école. Je confisque cet engin immédiatement.
- Mais, mademoiselle, elle n'est pas à moi
cette bicyclette. Elle appartient à mon frère.
- Si tu avais le moindre bon sens,
il ne te l'aurait pas confiée, c'est tout.
- Il sera s-rement injuste de punir ce pauvre garçon.
- Oui, il n'y est pour rien...
- Vous ne comprenez pas le français?
Ou est-ce que vous êtes sourde?
à présent je vous demanderais
de vous faire des excuses réciproques
et de vous comporter en jeunes filles bien élevées.
- Je suis tout à fait prête à te pardonner
ton manque de savoir vivre, Emmeline.
- Et moi tes propos déplacés.
- L'affaire est close, mesdemoiselles.
Et bien, ne restez pas là plantées comme des piquets!
Filez!
Si vous permettez que semble scène se reproduise,
Mlle Shirley, c'est au conseil que vous aurez à faire.
Mettez la sous clé dans la remise.
Allez, dispersez, mesdemoiselles.
- C'est ce que vous cherchiez?
- Jen!
Je suis désolée pour votre paire de lunettes.
Nous la ferons remplacer.
- Ah, si ce n'était que ça...
surtout ce qu'elle a dit à propos de mon père.
- C'est ridicule, il faut oublier ce qu'elle a raconté.
Sinon vous allez gâcher votre journée.
Il n'y a s-rement pas une once de vérité dans tout cela.
- On ne vous a pas causé trop d'ennuis,
au moins, avec cette histoire.
- Ne vous inquiétez pas pour moi.
Brooke n'est qu'un vieux gendarme.
On ne la changera pas.
(Rit) Attention,
n'allez surtout pas dire ça à quelqu'un.
- J'ai failli m'évanouir
quand je l'ai vue arriver comme un grenadier.
- Oh, elle se calmera dans quelques jours
et nous récupérons la bicyclette de votre frère.
Et maintenant, on oublie toute cette histoire.
- Vous auriez d- voir Jen Pringle
la bouche pleine de terre.
Je vous assure qu'elle avait perdu sa fière allure!
(Frappe fort à la porte)
- Oui, je ferme la lumière tout de suite, Mlle Brooke.
(Continue à frapper)
Emmeline: Mademoiselle Shirley!
- Ah, c'est vous.
- Il faut que vous nous aidiez, s'il vous plaît.
Le frère d'Essie a besoin de la bicyclette
pour faire des livraisons demain matin.
Il la tuera si elle ne va pas la lui rendre.
On a essayé d'ouvrir la porte de la remise,
mais on n'y arrive pas.Elle va s-rement encore s'évanouir.
- Que le ciel nous préserve de Mlle Brooke
c'est tout ce que je demande.
- C'est là dedans que le gardien entrepose ses outils.
Si on pouvait y entrer, on pourrait peut-être scier
la chaîne, crocheter la serrure.
- Arrêtez de pleurnicher. ça ne sert à rien.
Emmeline,
vous pourriez vous glisser par la lucarne là-haut?
- Oui, si j'avais une échelle.
- Venez, j'ai une meilleure idée.
Allez-y. Quand vous serez en bas, je vous suivrai.
- J'ai peur. Je sens que je vais m'évanouir.
- Tu aides juste encore un petit peu.
Je suis s-re que ça va aller.
- Si on nous surprend,
ils vont penser qu'on essayait de voler quelque chose,
vous ne croyez pas?
- Notre motif n'a rien de la simple curiosité,
c'est évident. - ça y est.
- Détachez l'autre bout ici et lancez-le vite.
- (Se plaint)
Vous ne devriez pas faire ça. C'est dangereux.
♪♪♪
- J'espère que la lucarne n'est pas verrouillée.
- On a de la chance.
M. McTavish a mis tous ses outils là-dedans.
- Bien, maintenant ce qu'il faudrait--
(Le toit brise) Ahhhhhhhh!
(Fracas)
- Ahhhhhhhh!
(Fracas)
♪♪♪
- Et on prend les draps!
Vous allez me dire que vous pensiez
qu'il y avait le feu peut-être? - Ah...
(La cloche sonne)
- Bonjour.
Bonjour.
Bonjour.
Bonjour à toutes.
(Les filles rigolent)
En toute sincérité,
si vous n'arrivez pas mieux à imiter votre sujet,
je vous conseillerais d'abandonner.
(Quelques filles rigolent)
Ouvrez votre livre de poésie, page 176.
De Tennyson "La Dame de Shalott".
Emmeline, voudriez-vous lire les quatre premières strophes?
Ensuite, nous en discuterons.
- Ah, mais dis donc,
il y a une nouvelle chouchou en classe.
Si nous la clamions,
je suis s-re qu'elle attend cela!
- (Prend une profonde respiration)
"Les saules parlent,
les trembles frémissants,
la douce brise descend du crépuscule
à travers des flots immortels
qui vont coulant vers Camelot."
(La porte ouvre)
- Pourquoi êtes-vous en retard?
- Ma mère a donné trop de travail à ma bonne ce matin.
J'ai d- repriser mes chaussettes.
- Vous apprendrez que ce collège
ne tolère pas les retards,
moi non plus.
Prenez votre dictionnaire et recopiez tout ce
qui a trait à la lettre "G". Bien entendu,
vous devrez rattrapez le cours d'aujourd'hui.
- "C'est alors que débuta sa veillée seule,
loin de sa chambre isolée.
Elle l'attendit la nuit et l'attendit le jour.
Les moissonneurs faisaient virevolter leur faux."
- êtes-vous en train de me dire qu'Emmeline
est la seule responsable de ce regrettable incident?
- J'aimerais que vous comprenez avant tout
que votre fille a une aversion non déguisée
pour la discipline la plus élémentaire.
Voler est voler,
je ne vois pas comment on peut appeler ça autrement.
C'est la go-te d'eau. La suite peut être plus grave.
Je me dois d'employer des mesures disciplinaires.
- Alors j'exige que ce professeur soit aussi renvoyé.
- Je ne demanderais pas mieux, capitaine,
mais je ne peux me substituer au conseil.
- Si vous me le permettez, je serai clair, Mlle Brooke.
Je ne tolérerai pas que ma Emmeline
se fasse renvoyé d'une école ou d'une autre.
Ce qui veut dire que je retire immédiatement ma fille
ainsi que mon soutien financer
de cette institution de troisième ordre!
Voilà.
Vous vous expliquerez avec le conseil, mademoiselle.
- "Jour et nuit elle n'a point de cesse de tisser
sa toile magique aux couleurs chatoyantes.
Elle a entendu murmurer..." Filles: (Se pouffent de rire)
"Qu'elle sera maudite
si elle jette un regarde sur Camelot."
(Les filles rigolent)
- Je vous ai averti au sujet de la nourriture en classe.
Apportez-moi ce paquet, s'il vous plaît.
Vous n'avez pas entendu ce que je viens de dire?
Veuillez le jeter au feu.
- êtes-vous s-re qu'il faille que je vous obéisse?
- Je ne vous le répéterai pas. Vous m'entendez?
- Pourquoi est-ce que tu te sauves?
(Les feu d'artifice explosent) - Ahhhh!
(Tous crient)
- Sortez toute de suite!
(Les feu d'artifice explosent)
Allez dehors!
Allez! Attention!
- Ah non, ma robe est accrochée!
- Voyons! - Je ne peux pas me dégager!
(Grogne)
(Les filles jasent)
- Emmeline!
- Papa!
Papa que je suis heureuse que tu sois là!
- Alors tout de suite à la voiture, jeune fille,
et retire dont ces affreuses lunettes.
Tu ne devrais les porter que pour la lecture, tu le sais.
(L'alarme incendie sonne)
- Arrêtez cette fichue sonnette d'alarme!
- Je te présente Mlle Shirley, la professeure.
- Mademoiselle Shirley...
nous nous sommes déjà rencontrés si je ne m'abuse.
- C'est très juste.
Je m'en souviens.
- (Gémit) - Il n'y a plus de danger.
- Qu'avez-vous encore fait, vous vous en rendez compte.
- Grâce à Mlle Shirley,
le collège entier se meurt de connaitre
vos mesures disciplinaires, Mlle Brooke,
et je suis persuadé que vous saurez relever ce défi.
Suis-moi, Emmeline.
Nous quittons cette institution déplorable une fois pour toute.
- (Grogne) - Mesdemoiselles,
Mesdemoiselles, éloignez-vous de cette automobile!
(Les filles jasent)
(La voiture démarre)
♪♪♪
- Mais qu'est-ce qu'on vient me reprocher en fin de compte?!
- Et bien, Hattie Pringle t'accuse
de lui donner sans relâche des mauvaises notes
uniquement parce que c'est une Pringle.
Là, tu vois, on dit que tu te moques des élèves
lorsqu'elles commettent des erreurs.
- Quoi?
Ah oui, c'est vrai, j'ai éclaté de rire
lorsque la petite Myra Pringle a décrit l'alligator
comme "une sorte d'énorme insecte."
C'était des opinions, qu'est-ce que vous voulez?
- (Rigole) Je continue...
M. James Pringle, le père de Jen, dont tu m'as parlé,
ce plaint qu'il n'y ait pas la moindre discipline au collège
depuis ton arrivée
et il fait courir le bruit que tu saurais...
et je cite: tu saurais "une enfant trouvée".
Voilà...
Et la liste n'en finit plus.
Presque tous les parents Pringle
nous ont écrit pour réclamer,
je devrais dire pour exiger, ta démission.
- Ah, quelles creatures prêtes de préjugés hargneuses!
Il est, hélas, impossible de résister
à ce genre de tactique?!
- Je suis vraiment désolée, Anne. Je me sens responsable.
- Et bien, de la part des 15 autres élèves
qui ne sont pas des Pringle,
je suis déterminée à persévérer.
- (Soupire) Le capitaine Harris a retiré son soutien financier
pour le moins substantiel
et qui portait surtout sur l'hypothèque du college,
et plusieurs autres familles Pringle
menacent d'imiter son geste.
- Oui, je vois.
Alors vous désirez vous aussi que je démissionne?
- Ah non, c'est le conseil qui réclame.
Moi je veux que tu restes et que tu mouches les Pringle
que leur fasses avaler leurs paroles.
Si c'est l'argent qui représente le pouvoir
dans cette institution, et bien, sache, ma chère Anne,
que tu vas rembourser le moindre sou
que le collège aura perdu.
- Mais comment? Devrais-je renoncer à mon salaire?
- Ah non, non, ma chère, non, non, non, non, non.
Je vais insister pour que le conseil t'accorde
une période de sursis au moins jusqu'à Noel.
Entretemps, tu pourrais peut-être envisager de,
comment dire, organiser une énorme soirée de gala
au cours de laquelle on jouerait
une pièce mise en scène par la petite Anne Shirley.
- Mais il faudrait trouver une très bonne pièce
avec beaucoup de rôles intéressants.
- Et un contenu dramatique solide.
Il faudrait que le public en reste époustouflé.
Je crois que tous les parents Pringle
payeraient très volontiers pour voir
le nom de leurs filles sur le programme.
Qu'en dis-tu?
Voyons voir...
nous disons cent billets à $25 chaque,
ça fait exactement, si je sais compter,
la somme au comptant de $2500.
- C'est beaucoup trop $25 pour l'entrée.
Vous croyez que les gens vont débourser une somme pareille?
- Ah oui, et le montant versé
qu'ira dans les tiroirs de l'école.
- Vous êtes vraiment une personne très ingénieuse.
C'est splendide. - (Rigole)
Nous allons montrer aux Pringle la signification
du mot capitalisme.
Encore un moment.
Tu sais... je crois que tu devrais jeter
un petit coup d'oeil sur ce vieux livre.
C'est le relevé d'un journal de bord.
La bibliothécaire et moi sommes tombées dessus par hasard
en fouillant dans les archives.
C'est le journal du capitaine Abraham Pringle,
le fondateur de Kingsport.
Ma chère Anne,
si on veut gagner la partie,
il faut apprendre à connaître ses adversaires.
- Très astucieux.
"Et ainsi, celle qui avait enseigné toute sa vie
repassa une dernière fois devant son cruel portrait
gravé à jamais sur le mur par ses anciennes élèves.
Gertrude entrevit alors l'affreuse solitude
de la vieille dame
tandis qu'elle se retirait silencieusement au jardin.
C'est peu de temps après qu'elles apprirent
que la main de la mort l'avait désignée
et Gertrude fut hantée par la soudaine découverte
qu'elle ne pourrait plus jamais remercier
celle qui, en silence, lui avait tellement donné.
C'était plus qu'elle n'en pouvait supporter."
- (Se mouche bruyamment)
(La cloche sonne)
- Voilà, je voudrais à ce moment du semestre
dédier cette nouvelle à toutes les jeunes demoiselles
qui m'ont rendu si pénible les premières semaines
de mon séjour ici.
Le cours est terminé.
- Ces jeunes filles sortent t'elles en pleurant?
- Parce que je leur ai lu une nouvelle, Mlle Brooke.
- Et bien, ces bouquins, pleurer en classe.
On aura tout vu.
- Mlle Brooke est venue pour discuter de mon idée
de la soirée bénéfice et de la pièce de théâtre.
- Ah! - Je trouve cela scandaleux,
mais mon opinion n'a pas d'intérêt
puisque notre collège a telle besoin d'argent.
- C'est exact.
Et, à vrai dire, j'espérait un peu
que vous m'aideriez pour les répétitions.
- Je ne vois pas ce que vous pouviez espérer
puisque je n'ai rien à voir dans l'élaboration
de ce curieux projet.
- Le plus important est de décider
qui pourra tenir le rôle principal, la reine d'Ecosse--
- Il ne faut surtout pas une godiche dans ce rôle.
Je voudrais pas être associée à quelque chose
qui se vouerait à l'échec.
Jen Pringle est certainement la seule capable de le jouer.
Je n'en vois aucune autre qui ait la personnalité requise.
- (Soupire) Je dois reconnaître
que Jen a un talent étonnant pour le théâtre.
- Voilà, tout est réglé! Pour les répétitions,
nous compterons sur Mlle Brooke et son talent naturel.
Mlle MacKay pourrait construire les décors
tandis que j'irai louer une salle
et engager des musiciens.
Je peux même peut-être convaincre
une soprano de Fredericton de venir chanter bénévolement.
- Si nous faisons un fiasco,
elle risque de devoir chanter devant nos créanciers en plus.
Enfin, je vous aurai prévenues!
- (Rigole)
(Rigolent)
(Jasent)
- Oui, c'est très beau.
- Je vous en gros sûre...
- Bien.
Bon courage!
- C'est une question de vie ou de mort!
- C'est magnifique! Bravo.
- Ressentez-le!
Laissez la reine s'en aller.
Myra, si vous mettez votre bras comme ça,
on ne verra pas votre figure.
- Aidez-moi, ma maîtresse!
- Ayez pitié.
- Soyez indulgents, je suis innocent!
Pardon.
Sauvez-moi, douce dame.
- Me tuerez-vous, m'achèverez-vous aussi?
- Amenez-le! Qu'on les sépare!
- Cette scène est ridicule.
Je n'aime pas du tout qu'on me rabaisse de cette façon.
- Hattie, vous êtes raide comme un piquet.
- Je n'y peux rien moi. Je n'ai pas envie de me faire mal.
Il faut que je fasse attention ou je tombe.
- Vous avez déjà vu Essie s'évanouir, non?
Il faut faire comme elle.
Je suis innocent!
Sauvez-moi, douce dame!
(Sanglote)
La reine ordonne aux gardes de le relâcher,
mais ceux-ci relèvent Rizzio et ils l'amènent.
Ahh!
Allez, Hattie, faites cela.
- Je suis innocent!
Sauvez-moi, pitié!
(Sanglotant)
- Je refuse de jouer avec cette pleurnicharde.
- Je regrette, c'est la seule parmi vous
qui puisse nous faire croire qu'elle est un musicien Italien.
Faites votre possible, Mlle Brooke.
- Oui, mais si le public fiche le camp,
je n'y serai pour rien.
On recommence, Hattie,
et je vous en supplie, détendez-vous.
- Emmeline!
Emmeline!
Qui a t'il? Qu'est-ce que tu fais ici?
- (Pleurant)
- Oh, c'est parce que tu n'es pas de la distribution?
- (Pleurant)
- Je suis désolée pour ce qui s'est passé
avec ton père l'autre jour.
J'espère que je trouverai l'occasion de lui parler
quand les choses se seront un peu passées
et de lui expliquer.
- Il est en voyage.
Il est reparti à Boston. (Renifle)
Il y a si longtemps que je désire jouer
dans une pièce de théâtre.
Je n'ai jamais vraiment eu la chance
de faire quelque chose. (Renifle)
Papa ne me laisserait jamais retourner dans ce collège.
Il va m'obliger à passer le reste de l'année
chez grand-mère toute seule.
- Oh Emmeline...
Je peux peut-être essayer
de trouver un autre exemplaire de la pièce.
Nous répéterons chez toi toutes les deux
et à la session prochaine, ton père te laissera
revenir au collège. Il aurait tout oublié.
- ça m'étonnerait,
et ma grand-mère s'y opposerait, je la connais.
J'ai dû sortir à cachette pendant que tante Pauline
et elle se reposaient.
- Est-ce que quelqu'un peut t'aider dans tes études?
Tu ne vas pas te mettre en retard.
Je pense que je devrais avoir une conversation
avec ta grand-mère.
- Vous feriez cela? - Oui.
Il faut entrer tout de suite à présent.
Il ne faut pas la mettre en colère.
Je te le promets.
Je viendrai chez toi demain et je lui parlerai.
- Nous habitons rue Maplehurst au 10.
Vous n'oublierez pas, hein?
- Bien sûr que non. Allez, file vite!
♪♪♪
(Soupire)
(Son de la sonnette)
- (Soupire)
- Oui?
- Je désirerais parler à Mme Harris.
Je m'appelle-- - Impossible.
Elle est souffrante et ne peut être dérangée.
Au revoir-- - Mais...
puis-je parler à Emmeline Harris dans ce cas?
- Elle lui est interdit de recevoir des visiteurs.
- Est-ce que le capitaine Harris--
- Il habite Boston, mademoiselle.
Il est très rarement ici.
- Voudriez-vous dire à Emmeline que Anne Shirley
est venue la voir? Merci.
♪♪♪
- Ma chère Mme Harris,
Je vous fais parvenir
ce journal de bord ayant appartenu
au capitaine Abraham Pringle
et que j'ai trouvé aux archives municipales.
Il renferme de très beaux hommages
rendus à feu votre mari, le capitaine Harris.
J'espère que vous en apprécierai la lecture
autant que l'ai moi-même pris plaisir.
Je vous prie d'agréer,
Anne Shirley, collège de jeunes filles de Kingsport.
- J'ai une missive pour euh...
une demoiselle Shirley.
- Vous alors vous avez de la chance.
C'est moi Anne Shirley.
Merci.
(Rigole)
Alors comme ça nous nous rencontrerons
demain midi, Mme Harris.
♪♪♪
- (Exhale)
- Mlle Shirley, madame.
- (Chuchote) Maman.
Maman!
- Dieu, ma fille que tu es agaçante.
- (Chuchote) Mlle Shirley.
- Je n'entends rien.
- (Chuchote un peu plus fort) Mademoiselle Shirley!
- Seigneur,
tu ne pouvais pas me le dire toute de suite, voyons!
Voilà dont la infâme Mlle Shirley.
Venue, je suppose,
chercher sa pitance à Maplehurst.
- Comment allez-vous, Mme Harris?
- Plutôt mal je dirais.
Combien voulez-vous pour ce journal?
- Je suis désolée, je n'avais pas l'intention de le vendre.
- Est-ce qu'il serait pertinent de vous offrir de vous asseoir?
- Je crois.
Merci.
- Qui d'autre a eu connaissance de ceci?
- Personne à ce que je sache.
- Très bien, alors je suis prête à négocier.
Nous vous donnerons ce que vous voudrez
si vous nous donniez en retour votre parole
de ne jamais révéler cette...
monstruosité aux autres Pringle.
- Euh, j'espérais seulement vous convaincre de...
m'autoriser à donner des cours privés
à votre petite fille qui, je crois,
ne retournera pas à l'école cette année.
- Oh, et astucieuse en plus...
un chantage tellement mielleux.
Vous désirez un salaire régulier pour vous taire,
c'est cela?
- Je vous demande pardon?
- L'innocence de la colombe,
la ruse du renard.
Vous saviez lorsque vous avez lu cette scandaleuse
introduction du journal de bord de mon époux,
que ce n'était pas vrai, que ça ne pouvait l'être!
Les autres Pringle ne pourront être qu'enchantés de le savoir,
vous vous en doutez,
et faire de notre famille la risée de Kingsport!
- Mais quelle introduction scandaleuse?
- Oh, parce que vous ne l'avez pas lue, c'est cela?
Pauline.
- "Le navire de Josiah Harris fut brûlé
et on leur prit leurs embarcations.
Harris et son équipage se mouraient de faim.
Alors ils décidèrent de manger le corps...
de Jonas Selkirk, qui s'était ôté la vie."
C'est grâce à cela qu'ils survécurent
jusqu'à ce qu'on les secoure.
Je le tiens de la bouche de Harris lui-même.
Il semble croire à une farce d'un goût douteux."
à l'occasion, papa se mettait tellement en colère...
- Pauline! Veux-tu te taire?!
Ce sont des calomnies!
Jamais, au grand jamais, mon mari n'aurait mangé
qui que ce soit, mort ou vivant.
Et laisser en paix ce pauvre Jonah Selkirk.
Abraham Pringle n'a écrit ces stupidités
que pour faire marcher son idiote de femme.
Amy Pringle était célèbre pour sa crédulité.
Tout le monde sait cela.
- Je vous en prie, mademoiselle,
ne montrez ce journal à personne.
Les Pringle pourraient le rendre public, je sais.
Nous ferons ce que vous voulez! (Bruit sourd) Ow!
- Alors, mademoiselle, combien désirez-vous
pour devenir 'tutrice' de ma petite fille adorée?
- Je crois qu'on ne s'est pas très bien comprise.
Je ne suis pas venue vous ennuyer.
J'ai cru que vous sauriez heureuse de lire
les magnifiques éloges faites à votre mari,
mais je n'ai jamais pensé de me mettre à raconter
que c'était un cannibale.
- Ah, il est vrai que...
nous avons tendance à nous montrer un peu méfiants
envers les étrangers à Kingsport.
Nous vous avons peut-être mal jugée au fond.
Evidemment, l'enfant devrait poursuivre ses études,
c'est normal,
mais Pauline n'a hélas pas le temps de lui montrer.
Elle s'occupe de moi.
Vous...
vous ne parlerez à personne de ce malentendu.
Est-ce que je peux compter sur vous?
- Je vais essayer d'oublier très vite tout cela.
- Et vous souhaiteriez commencer quand?
- Et bien, tout de suite. - Hmm.
- Lorsque les deux angles d'un triangle sont égaux,
les côtés opposés à ces angles égaux le sont également.
C'est logique. Regarde.
Pourquoi est-ce que tes lunettes
ne sont pas encore réparées?
- Ma papa dit que c'est pas utile
que je les porte comme ça toute la journée
et ma grand-mère fait semblant d'oublier
parce qu'elle est avare.
- Qui t'as donné celles-là alors?
- La mère supérieure du couvent de Boston
oú j'étais il y a deux ans.
Je ne devrais m'en servir que pour lire de toute façon.
- Tu ne peux tout simplement plus les porter.
Il t'en faut une autre paire.
Tiens, regarde, je t'en ai trouvé un exemplaire.
Tu es heureuse? - Mary Stuart, reine d'Ecosse!
Rien que la vue du nom Mary Stuart
ça me donne de la chaire de poule.
Je ne crois pas qu'elle fait assassiné Darnley, vous?
- Chut!
(Chuchote) Il ne faut surtout pas la réveiller,
je ne vous le conseille pas.
- (Ton plus bas) Je trouve ça tellement dramatique, pas vous?
- C'est vrai, et le défi dans l'oeuvre ce sont les rôles.
- Nous faisions de l'art dramatique
et de la musique au couvent.
Mère supérieure disait que j'avais du talent
pour les deux.
Elle m'a aussi appris à jouer du piano, vous savez.
Malheureusement, grand-mère ne veut pas que j'en joue ici.
Est-ce que je pourrais la lire avec vous?
- Oui, si tu veux.
Je vais lire tous les rôles. Toi tu liras Mary.
Tiens, commence là.
- "Pardonnez le mal commis par ces hommes envers moi,
les actes et les paroles qui m'ont blessée.
Non, je ne supporterai pas
qu'un seul coeur ne soit réconcilié avec le mien
alors que ce dernier sera froid.
Je n'accepterai pas de périr
par une main empreinte de haine,
de couru, ou de mépris à mon égard.
Je veux surtout, une fois que j'aurais abandonné ce monde,
apparenter et intégrer mon âme nouveau."
(Applaudit)
- C'était magnifique!
- Merci de m'avoir amené ici, Mlle Shirley.
- Si tu veux, ça sera notre lieu secret
et tu ne devras en révéler l'existence à personne.
- Ma grand-mère ne me laisse jamais sortir toute seule.
Elle a peur que je me fasse
"enlever par des romanichelles".
- (Rigole)
- Mais je ne crois pas que cela la préoccuperait trop
si on m'enlevait pour de bon.
Elle est tellement soucieuse de sa santé.
- Qu'est-ce que tu racontes?
Souvent les personnes âgées restent à la façon
dont ils ont été élevés.
- Elle me déteste aussi bien.
Elle m'appelle "l'enfant" toute la journée
comme si j'étais "un chien" ou "un chat".
Si je fais le moindre bruit, elle risque de mourir.
C'est pas une grand-mère, c'est un tyran,
et un jour je me sauverai.
Je deviendrais sûrement une grande actrice!
- Pourquoi n'as-tu jamais vécu avec ton père?
- Et bien, c'est quelqu'un de très occupé,
je veux dire, par ses affaires.
J'ai fréquenté deux autres pensionnats
avant d'aboutir dans celui-ci
et si il m'a amenée ici
pour que je sois près de ma grand-mère comme ça.
Il n'avait pas à s'inquiéter pour moi.
- Je suis sûre qu'il croit faire pour le mieux, tu sais.
- Si ce que Jane Pringle a dit de lui
m'a blessée l'autre jour, c'est surtout...
parce que c'est la vérité.
"Cher papa, je désirerais tellement retourner
au collège de jeunes filles de Kingsport."
Non...
"Je voudrais te demander de me permettre
de retourner au collège le prochain semestre.
J'étais la première de ma classe avant de le quitter
et j'espérerais que tu serais fier de mes notes.
(Soupire) Je t'en supplie,
tâche de comprendre qu'il s'agissait d'un malentendu.
J'ai essayé de te rejoindre à Baltimore,
mais tu n'as jamais dû recevoir ma lettre."
(Soupire)
(Frappe à la porte)
- Mlle Shirley vient d'arriver pour votre cours, mademoiselle.
- Merci.
(Halète) Mlle Shirley!
Grand-mère va sûrement vous gronder, vous savez.
- Si nous devons continuer à travailler dans cette pièce,
je ne peux tolérer davantage cette obscurité, je regrette.
J'ai une merveilleuse surprise pour toi.
Mlle Stacey m'a prêté une méthode de piano
du conservatoire de musique.
Tu peux commencer tout de suite!
- Je vous ai dit que je ne pouvais pas.
Grand-mère m'a dit-- - Voyons écoute,
il est temps qu'on rappelle à ta grand-mère
que son beau piano a une excellente sonorité.
(Désaccordé) Ce n'est pas à moi de le faire.
Tu peux commencer avec les exercices élémentaires
pour de délier les doigts.
Tu n'auras pas de professeur tout de suite,
mais c'est un pas dans la bonne direction.
Je vais chercher tes manuels.
Tu peux jouer.
(Elle joue "Barbara Allen")
♪♪♪
♪♪♪
- Pauline!
Viens ici, ma fille!
Nous allons leur répondre immédiatement
pour leur dire que nous refusons.
- Maman veut son papier à lettre, Abigail.
- Pour l'amour du ciel,
qu'est-ce qui fait tout ce tapage?
Jamais je n'ai permis qu'on ouvre mon piano!
(Musique de piano joue)
Allez! ôte-toi de là, enfant!
Qui t'a donné la permission de toucher à ce piano?!
- Je vous demande pardon, madame,
mais on doit permettre à Emmeline
de consacrer un peu de temps à la musique.
- Je n'aime pas les jeunes filles
qui jouent du piano en public.
Elles ont le don de se prendre pour ce qu'elles ne sont pas!
- Vous êtes assurément très clairvoyante, Mme Harris.
Cependant, je veux dire que la plupart
des jeunes filles Pringle suivent des cours privés.
- Oh?
- Vous ne voudriez pas sûrement pas avoir quoique
ce soit à vous reprocher dans l'éducation d'Emmeline.
- Mm. (Marmonne)
Qui vous a donné la permission d'ouvrir ces fenêtres?
- Je voulais juste que votre personnel
voit cette couche de poussière.
Hein! Je crains qu'ils n'aient oublié de frotter.
- Hmm. Donc, comme vous l'entendez,
vous êtes tellement étourdissants, vous les jeunes.
Et de plus, Pauline, qui veut partir et m'abandonner.
- Ce n'est que pour une journée, maman.
- Que pour une journée dit t'elle!
L'idée n'a jamais effleuré personne
que je serais heureuse moi aussi de connaître
une journée hors de cette chaise.
- Tu n'as peut-être plus l'usage de tes jambes, grand-maman,
mais tu n'as certes pas perdu celui de la langue.
- Je te trouve un peu trop insolente!
Sais-tu, petite, que je connais une fille qui est morte
pendant son sommeil après avoir agi de la sorte?
Pauline: (Reniflant)
- Que vous arrive t'il?
- Euh...
Ma cousine germaine Louise
fête son anniversaire de mariage
la semaine prochaine à Fredericton
et j'étais sa dame d'honneur il y a 15 ans.
Je donnerais n'importe quoi pour y aller.
- Oh!
Si je meurs seule alors que tu te promènes,
tu t'arrangeras avec ta conscience.
Ah, je suis un fardeau pour toi, je l'ignore pas.
- Je t'en prie, maman, ne t'énerve pas.
Si tu ne veux pas que j'y aille, tu peux être sûre--
- Je m'énerverai si je veux m'énerver.
J'ai le droit de faire ce que je veux quand même
pour ce qui me reste à supporter de cette affreuse vie
Oh... oh... oh...
Oh mon dos. Mon dos me fait souffrir.
Va tout de suite fermer ces fenêtres, enfant!
Je sens le courant d'air.
Pauline, va me chercher mon afghan
et un coussin pour mes pieds.
Ah, ah... oh...
- Enfin, vous aurez du mal à mettre un frein aux commérages
si Pauline ne se rend pas à l'anniversaire?
- Quoi?
- Je me doute bien qu'au cours de votre longue vie
vous avez appris ce que les ragots ont de dangereux.
- Il n'est pas nécessaire de m'envoyer mon âge
à la figure, je le connais. Il est vrai que notre chère ville
est remplie de cancanières flatteuses.
J'en sais quelque chose.
Et bien, je n'empêcherai Pauline de s'en aller.
Ce sera à sa conscience d'en décider.
- Personne ne sera jamais dupe de cette excuse.
- Mlle Shirley et moi pourrions rester avec toi, si tu voulais.
- Et Pauline pourrait s'arranger pour être revenue
dans la soirée.
- J'ai comme l'impression qu'il y a anguille sous roche.
Pourquoi désirez-vous tant qu'elle y aille
et qu'est-ce que cela cache? - Mais rien du tout.
Je crois que c'est quelque chose
qu'elle a bien méritée, non?
- Oubliez donc vos cajoleries. Prenez un chocolat plutôt.
Oh!
Oh...
Oh ma tête.
Ah! Je ne peux plus discuter.
Je me sens tellement fatiguée.
ça soit signifier que je vais bientôt avoir une attaque.
Ahh...
Ohh...
Très bien, tu as ma benediction. Vas-y.
Mais si tu attrapes une grippe et que tu es malade,
ne viens pas te plaindre.
- Ah merci, maman, merci beaucoup.
Tu es si bonne pour moi!
J'avais tellement envie de revoir ma cousine,
mais je n'ai que cette vieille robe de taffetas à mettre.
Est-ce que tu crois--
- Le taffetas noir est tout à fait approprié
pour un anniversaire de mariage.
Elle s'habillerait tout rouge
celle-là si je lui la laissais faire et elle n'attend
que le jour de ma mort pour ce le permettre.
Tant que je serai de ce monde,
tu t'habilleras de façon décente, Pauline Harris!
- D'accord, maman,
c'est en moi que je vais me contenter d'être heureuse.
Je ne penserai même pas à ce que je porte!
Et je suis sûre que tu t'entendras à merveille
avec Mlle Shirley.
- "Je n'accepterai pas de périr
par une main empreinte de haine,
de couru, de mépris à mon égard,
mais je veux surtout, une fois que j'aurai abandonné ce monde,
apparenter et intégrer mon coeur au nouveau."
(Applaudissent)
- Vous avez toutes été remarquables
et vous méritez beaucoup d'éloges. Pour vendredi,
il faudra savoir votre texte sur le bout des doigts.
J'ai une bonne nouvelle à vous annoncer
avant que vous vous en alliez.
La veuve du capitaine du Josiah Harris
et sa petite fille Emmeline se font un plaisir
de vous inviter toutes à un grand pique-nique demain.
Les filles: (Halètements et bavardages excités)
- Si vous voulez venir,
rendez-vous à Maplehurst à dix heures et demi.
Ah, j'aimerais que vous pensiez à apporter
un petit cadeau à Mme Harris
pour la remercier de vous recevoir.
ça sera tout, merci.
(Bavardage excité)
- C'est bien, bravo! (Rit)
- Elles sont merveilleuses!
- Le vieux journal aura provoqué une réaction immediate
à ce que je vois.
ça prouve aussi que mes anciennes élèves
s'en sortent toujours avec les honneurs.
- Il est peut-être un peu tôt pour le dire.
- Je viens de recevoir un mot de Gilbert Blythe.
- Ah oui?
- Il a commencé ses études de médecine.
- Oui, je le savais. Il parle un peu de lui?
- Ah, tu sais à quel point il est modeste,
mais... j'ai cru comprendre
qu'il était toujours premier de classe.
- Mm...
- Lui aussi il voulait savoir comment tu t'en tirais.
- Vous pouvez lui dire que j'essaie de me conduire
comme une grande fille.
(Elle joue "Barbara Allen")
(Frappe à la porte)
- Oui, entrez.
- Ce n'est que moi, Pauline. - Ah, je vous en prie, entrez.
ça ira, vous croyez?
- Pas tout à fait. (Rigole)
Vous ne pouvez vraiment pas y aller avec cette vieillerie.
Je vais vous prêter ma plus belle robe.
- Ah mon Dieu, non, jamais. Voyons, je suis déjà
assez énervée et maman pourrait changer d'avis.
- Ne soyez pas ridicule.
Retirez-moi votre taffetas, enfilez l'autre en dessous,
et vous vous changerez là-bas, c'est tout.
- Ah, mais je peux pas décevoir maman!
- Vous voudriez pas porter malheur
à un anniversaire de mariage
avec une robe noire quand même, non?
- Non. - Mm-hmm.
- Oh! Non, juste un soupçon. (Rigole)
Maman ne serait pas du tout d'accord.
Fleur de pommier! Comme c'est curieux,
ça me rappelle tellement à Adelaide Pringle ce parfum.
- Qui ça?
- La mère de la petite, la femme de Morgan.
C'était ma cousine germaine du côté de maman.
- Je vois.
Et pourquoi est-ce que votre frère ne vient jamais?
- Ah, parce qu'il est devenu tout le portrait de papa.
Il est toujours en train de commander.
Pas le temps pour qui que ce soit.
Mais c'était un homme tellement robuste
et qu'est-ce qu'il était beau.
Adelaide adorait la musique et les fêtes.
- Et que s'est t'il passé?
- Ce n'est pas...
très charitable de parler d'un mort.
- Mais comment est t'elle morte?
- Elle... elle s'est enfuie quelque temps
après la naissance de la petite
et elle est morte de consomption.
Les Pringle ont tous blâmé Morgan, y compris maman.
Mais ce n'était pas de sa faute.
Et maman ne veut plus rien autour d'elle
qui pourrait lui rappeler Adelaide.
- Qu'est-ce qui provoque ce genre de réaction?
Pourquoi la plupart des gens de cette ville
ont l'air de se vouer des rancunes si obstinées?
- Oh, les Pringle se sont toujours chamaillés
et de vieilles histoires de famille.
En public, ne sont toujours très polis bien entendu.
- Je dois dire que je n'avais vu un tel comportement.
C'est absolument enfantin.
Quoi qu'il en soit ma chère Pauline Harris,
vous allez au moins être belle
comme un coeur dans l'anniversaire.
- Bonjour, Mme Harris.
- On marche comme si le monde nous appartenait dirait t'on.
- Et c'est vrai.
Entrez donc, Pauline.
- Je suis prête à partir, maman.
- Tu es beaucoup trop fardée, ma fille.
Tu as l'air d'une cocotte.
- Ah non. C'est uniquement parce que je rougis.
- En tout cas, tu ne respires certes pas
la respectabilité avec cette odeur.
- Ah, ce n'est rien ça, tu sais, et ça s'évapore.
- En attendant ça sent fort
et je t'en prie ne me contredis pas toujours.
Tourne. On peut voir.
Est-ce que...
il n'y aurait pas un accroc sous ta manche?
- Euh... non.
- Bien.
N'oublie pas la politesse.
Tu te croises les pieds quand tu t'assieds.
Et tu ne t'assieds pas non plus dans les courants d'air.
Et ne va pas glisser sur les rampes d'escalier.
- Maman!
- Tu l'as bien fait au mariage de la petite Nancy.
- Mais maman, il y a 25 ans, je n'avais pas l'âge de raison.
Enfin pour qui est-ce que tu me prends?
- Ne reste dont pas là à jacasser stupidement.
Tu veux rater ton train?
- Non, maman.
- Et si je ne suis plus de ce monde quand tu reviendras,
n'oublie pas de m'exposer dans ma robe de mariée.
Et fais-en sorte que j'aie les cheveux frisés.
- J'espère que ça va aller, Mlle Shirley.
Elle est tellement puerile!
- Hmph!
- Je n'aurais jamais cru que j'aurais eu la chance
d'aller à Maplehurst.
(Un cheval hennit)
- Essie, Essie Pringle,
descends de là, voyons. C'est la voiture de Mme Harris.
- C'est une idée tellement ridicule.
Je ne suis pas sortie depuis...
et s'il fallait que j'attrape un rhume,
je vous en tiendrai responsable.
- Qu'allez vous chercher?
Je veux simplement que vous profitiez un peu
des merveilleuses couleurs de l'automne.
Nous allons faire une promenade en voiture
et ainsi vous pourrez critiquer tous les gens
qui seront sur votre passage. - Comment cela critiquer?
Voilà une idée bien saugrenue, Mlle Shirley,
c'est très vilain de critiquer. Ce n'est pas charitable.
Voulez-vous m'expliquer ce que cela veut dire?
Je vous avertis que je ne tolérerai
plus de vous m'imposer votre--
- Vous avez des voitures magnifiques
et vous vous en servez pas.
- Faites-les tout de suite remiser.
Elles n'ont pas servi depuis au moins sept ans,
vous vous rendez compte? - C'est tellement raison
de plus pour les dépoussiérer.
Je ne croyais pas que vous étiez si égoiste.
Bonjour, Mesdemoiselles.
Vous êtes ravissantes.
- Vous allez me rentrer tout de suite! Vous entendez?
Mais c'est l'anarchie.
Qui sont ces fomenteurs de trouble? D'oú viennent t'ils?
(Le cheval hennit)
Ah Dieu du ciel, je pense que je vais m'évanouir.
Cet air frais me pénètre jusqu'aux orteils.
- C'est une si belle journée.
Que diriez-vous de pique-niquer avec l'école?
- Je ne mange pas dehors avec le premier venu.
Je ne vis pas en plein air. Je ne suis pas une romanichelle!
Allez, rentrez-moi! - Attention, pas trop fort;
Il y a des Pringle dans le groupe, c'est gênant.
- Vous en êtes sûre? - Oui.
Elles pourraient très bien aller raconter des histoires.
- Si j'attrape froid,
je vous jure que vous me le paierez.
- C'est toi qui a dit que tu voulais une journée de congé
sans fauteuil roulant, grand-- - Veux-tu te taire?
(Un cheval hennit)
- Bonjour, Mme Harris.
Ah-ha, je constate que vous avez l'air en forme.
- Merci, Alec McGuinness. Merci beaucoup.
Oui, de toute façon ce n'est pas grave
que, que je meure ou non,
je vis quand même en sursis sur cette terre
depuis assez longtemps.
♪♪♪
♪♪♪
Quel voisinage charmant,
des jeunes filles adorables.
Vous savez que je ne suis pas d'accord
avec votre tendance à critiquer les gens, ma chère,
mais pourrais-je vous demander
si toute cette chevelure vous appartient?
- (Rit) Oui, absolument.
- Etonnant, dommage qu'elle soit aussi...
mais néanmoins, j'ai l'impression
que le roux revient à la mode, soyez tranquille. (Rit)
- C'est très gentil. (Rit)
- Vous êtes en retard. Qu'est ce qui s'est passé, Jane?
- Ta bonne avait encore trop de travail.
(Les filles rient et jasent)
- Là-bas!
(Les filles rient et jasent)
(Bavardage excité)
(Rient)
- Oh! (Rit) - Oh!
Encore un?
Oh, comme c'est charmant!
Merci, ma petite! - Tiens.
- ça c'est de ma part, Emmeline.
- Ah, Mlle Shirley, ça dû vous coûter cher.
- Et bien,
je t'avoue que j'ai cassé ma tirelire.
- Ah...
Ah, merci, des milliers des millions de fois!
Un jour je vous le rendrai.
- (Rit) N'est-ce pas adorable de la part de ces jeunes filles
de m'offrir des cadeaux?
- (Rit) C'est vrai.
- En définitif ce qui me plaît c'est votre rire.
Il est vrai que celui de Pauline a le don
de me taper sur les nerfs.
- J'espère de tout coeur qu'elle s'amuse bien.
- Elle s'est sûrement empiffrée et rendue malade,
je la connais.
Tout le portrait de son père cette fille. Hmph.
Oui, il n'a jamais su s'arrêter lui.
Je ne crois pas vous avoir... déjà montré sa photo, hein?
- Mon Dieu, il était magnifique cet homme.
- Hmm!
- Il avait des yeux qui exprimaient un tel courage.
- Je crois bien qu'il a été le plus bel homme de Kingsport,
hmm, et il m'adorait.
Nous nous consultions surtout.
C'était une habitude que nous avions remarquée.
Nous n'étions pas toujours d'accord - non.
Il avait ses humeurs
et moi aussi quand j'étais jeune.
(Rient)
Tiens une anecdote,
savez-vous ce qu'il a fait un jour
oú j'ai acheté une robe qui ne lui plaisait pas?
- Euh, non, je ne sais pas du tout.
- Il l'a dévorée.
Il n'en a eu de terribles maux d'estomac,
et ce fut tant pis pour lui.
Il était tellement contrarié
que j'ai négligé de le consulter, le pauvre.
(Rit)
Hmm... Comment a t'il pu partir
et me laisser toute seule infirme comme je suis?
Mourir est le seul acte qu'il ait jamais posé
sans me consulter quand on y pense.
Mais je suis sûre que très bientôt
tu feras en sorte que nous soyons réunis.
Il n'y a jamais eu d'homme
qui arrive à la cheville de tel homme.
Non. Jamais aucun.
Oui.
Il y a, d'ailleurs, tant de dégénérescence à notre époque,
disons-le.
- Et votre fils lui?
- Oh, mon fils...
il s'occupe de ses intérêts, très bien, je crois.
D'aucuns diront qu'il y a là du mérite.
Enfin, son père l'a pourri
et il n'aurait jamais dû épouser sa cousine.
Heureusement, qu'Adélaide Pringle a rendu son âme à Dieu,
chère enfant. Hmph.
Morgan a eu ce qu'il méritait. On est toujours puni.
- Vous avez une attitude très inhumaine
pour une mère, Mme Harris.
- Il est vrai que je ne suis guère renommée
pour ma compassion.
Nous sommes tous comme cela, surtout entre nous.
Ouf.
De toute façon, notre grande famille attend l'argent.
Ils attendent tous que je meure. (Renifle)
- J'aimerais beaucoup que vous sachiez
qu'Emmeline désire uniquement qu'on s'occupe d'elle.
- Et alors?
- S'il vous reste tant soi peu de compassion,
vous pourriez peut-être la lui accorder.
- Les enfants fabulent, c'est dans leur nature.
(Les filles jasent)
- Vous semblez avoir ce qu'on appelle les idées larges.
C'est ce qui ressort le plus de votre personnalité.
- ça je dois dire que c'est le plus beau compliment
qu'on m'est jamais fait.
(Les filles rient et jasent)
- (Rit) Pardon, jeune homme.
Je me demandais si vous nous accorderiez
à mes jeune filles et à moi-même
le plaisir d'une promenade dans votre charrette.
ça serait merveilleux si nous pouvions toutes y
monter en même temps.
♪♪♪
(Des vaches mugient)
(Les filles jasent et rient)
- Maman?
Maman?!
Je vais marcher un peu. Voilà, au revoir.
- Au revoir.
♪♪♪
Maman!
Maman!
Est-ce que ça va?
- Mais oui, voyons. - T-t-tu portes un chapeau!
- Et bien... - Mais il y a--
- Pauline, ma fille, veux-tu te calmer, s'il te plait?
Tu as l'air totalement hystérique.
Tu vas quand même pas hurler parce que j'ai un chapeau.
Mlle Shirley a proposé de déjeuner dehors pour une fois.
Ce fut des plus agréable je dois dire.
- Ah, si tu savais le souci que je me suis fait pour toi.
J'ai passé ma journée sur le qui-vive à m'inquiéter.
- Sois gentille, veux-tu, s'il te plait?
Arrêter de t'agiter. Ce que tu m'énerves.
- Est-ce que vous vous êtes bien amusée, Pauline?
- Ah mon Dieu, je suis comprends.
Ah, Louise t'envoie son bouquet, maman.
Il y avait des fleurs partout.
Il y en avait plein le salon, une splendour--
- Comme à des funérailles ça d'etre vie.
- Et le pasteur a remarié Louise et Maurice.
C'était très émouvant. - On appelle ça un sacrilège.
- Molly et Emily vous envoient leurs meilleurs souvenirs.
Oh, et Emily a le plus adorable bébé du monde.
- Tu en parles comme s'il était à manger.
Pourtant, je ne connais rien plus insignifiant.
- Je ne suis pas du tout d'accord avec vous.
C'est à chaque fois un miracle.
- Moi j'en ai eu deux et je vous promets que...
je n'ai pas vu grand chose de miraculeux
ni chez l'un ni chez l'autre, il faut l'avouer.
- Tu n'as pas été aussi épanouie depuis longtemps.
Vous avez réussi à vous entendre un peu toutes les deux?
- Je l'ai laissée faire à sa tête et tout a très bien été.
N'écoutez pas ce que les Pringle disent.
Je vous trouve très jolie, moi.
- (Rit) Vous êtes trop généreuse.
(Les filles crient)
(Les moutons baa)
Oh qu'est-ce qu'ils ont fait?
- Et bien, voilà, la bergère a perdu
tout son troupeau, la pauvre fille. (Rit)
(Les filles crient)
Bonjour, Mlle Kerr. - Bonjour, chère Madame.
- Après une journée pareille, plus rien ne m'étonnera.
Ah! Fichez-leur la paix.
Ils reviendront au bercail la queue entre les jambes.
(Rit)
(Les moutons baa, les filles crient)
♪♪♪
(Les moutons baa, les filles crient)
- Qu'est-ce que c'est que ça?
Ces bêtes au milieu de la route!
- Papa, tu es venu!
(Chien aboie, les moutons baa)
- Emmeline!
On t'a déjà dit, je crois, de ne pas porter
ces horribles lunettes toute la journée.
Ta vue ne s'améliora jamais si tu continues.
Tu ne comprends pas? - Si, je comprends,
mais Mlle Shirley m'en a offert de nouvelles,
et c'est pour ça-- - Veux-tu entrer?
Rentre tout de suite, s'il te plaît.
- Mais...
- Tout de suite!
Alors, jeune homme, qui a laissé sortir les moutons?
Et ça c'est... c'est votre charrette?
(Les moutons baa)
- Merci. Vous êtes très gentil. Nous nous sommes bien amusées.
- Pourrais-je vous parler un instant, mademoiselle?
- Allez-y, je vous en prie. Je vous rejoindrai là-bas.
- D'accord.
- Ah, oui, monsieur?
- On dirait que chaque fois que nous nous rencontrons
il y a une catastrophe qui se trouve sur ma route.
- Alors vous devriez vous écarter de votre route.
- Je n'aime pas beaucoup
que l'on prenne mes directives à la légère.
J'ai donné des ordres stricts pour que ma fille
n'ait plus aucun lien avec le college
de jeunes filles de Kingsport. C'est clair, non?
(Les moutons baa)
(Rigolent)
Auriez-vous l'obligeance de m'expliquer
ce que vous êtes venue faire ici?
- Nous sommes venues faire un pique-nique, c'est tout.
- Oh? - Auquel votre mère a présidé.
- Qu'est-ce que vous me racontez? Ma mère?
Elle autorisé la sortie de ces voitures
et elle a invité toutes ces jeunes filles?
- Non, ça c'était moi.
Comme elle ne sait rien faire de mieux
que de penser à elle, voyez-vous,
je me suis dit qu'il était temps que quelqu'un l'aide un peu.
- Vous êtes tout à fait...
conforme à ce que l'on peut dire de vous.
- Oui, je vous écoute. - Oh, c'est pas très flatteur.
- Et alors, vous avez peur?
- Les Pringle disent que vous êtes
les plus écervelée de rouquine,
et ils ajoutent que vous avez écrit la nouvelle
la plus ridicule qu'on ait jamais lue,
et qui paraît t'il aurait été publié
par une fabrique de revue?
Que déjà, à la sortie de l'université,
vous étiez une maîtresse d'école...
assez spéciale, selon eux.
- J'ai failli être congédiée du collège
à cause de vous l'autre jour!
Il y a une explication logique derrière toutes choses.
Vous êtes vraiment des gens les plus étroits d'esprit,
egocentriques et querelleurs
qui m'est jamais été donné de rencontrer!
J'empoisonnerais votre clan tout entier si je le pouvais!
Vous ne pouvez pas supporter l'idée de voir
quelqu'un réussir autour de vous.
Je suis bien sûre que vous vous réjouissez tous à l'avance
à la pensée de savoir que vous gagnerez à la fin de l'année.
Et bien, vous en n'avez pas terminé avec moi,
c'est certain! - Whoa, whoa, whoa, whoa...
S'il vous plait, revenez ici.
Vous êtes vexée de ce que les Pringle pensent de vous?
- Je n'ai pas envie d'en discuter
si ça ne vous fait rien. - Euh, je suis désolé.
Vous craignez que ces rumeurs
ne viennent renforcer mes impressions à votre égard?
- Vos impressions? Vous vous flattez d'en avoir?
- Il vous intéressera peut-être d'écouter
ce que j'aurai à dire pour votre défense.
- Vous feriez mieux de regarder autour de vous
au cas oú il y aurait plus intéressant
à écouter que vous-même!
J'ai pris sur moi de m'assurer
que ceci vous serait bien remis à mon propre.
Vous êtes sûrement trop occupé
pour faire parvenir votre nouvelle adresse à votre fille.
Si vous n'étiez pas si égocentrique, monsieur,
vous vous rendriez compte qu'il y a une adolescente
qui vous aime désespérément.
- Allez-vous-en.
- Oh, Morgan! - Bonjour, Pauline.
- Mlle Shirley, attendez!
Bonjour, Morgan!
(Rient)
- Non, mais qu'est-ce que-- - Pas tout de suite.
Mademoiselle Shirley!
Ah, si vous saviez,
grâce à vous, tout à l'heure
maman n'a pas vu de quelle voiture j'étais descendue!
- Mais qu'est-ce que vous avez? On dirait que vous tremblez.
- Ah, c'était merveilleux!
C'est tellement beau il faut que vous raconte!
C'est Isaac Kent qui ma ramenée de là-bas
et ce qui est drôle
c'est qu'il a déjà été un de mes prétendant.
à vrai dire c'est un peu exagéré
parce que enfin il ne s'est jamais déclaré,
mais nous allions souvent nous promener en voiture
tous les deux et...
Il m'a fait un compliment.
Il m'a dit...
"Vos cheveux ressemblent nettement
à des sucettes à la mélasse."
(Rigolent)
J'espère qu'il n'a rien d'inconvénient
à ce qu'il ait dit ça.
- Ah non, c'est n'est pas inconvénient.
- Ah, il a dit qu'il fallait qu'on se promène encore.
Dieu sait ce que maman va dire, mais...
c'est le moindre de mes soucis!
(Rigolent)
Louise et moi nous avons été faire le tour de la maison
et nous nous sommes rappelé
ces merveilleuses vacances d'été, quand...
que nous passions à planter des lilas
il y a déjà très longtemps.
ça va trop vite.
Je n'ai jamais vécu une aussi belle journée.
- Ah, Pauline, ça me fait très plaisir!
- Je souhaite sincèrement vous le rendre un jour.
- Si seulement vous n'aviez pas une vie si compliquée ici.
- Ah... ça m'ennuie quand même pas de revenir à la maison,
et Morgan sera ici quelques semaines pour ses affaires.
Alors, si on pouvait retrouver cette ambiance
du bon vieux temps.
Et puis maman a besoin de moi,
et c'est agréable de ressentir ça, non?
Ah... encore mille merci.
- Non, je vous en prie, gardez-là.
Qui sait si vous en aurez pas encore besoin!
- Je ne sais pas quoi vous dire.
(Rigolent)
Vous ne saurez jamais ce que vous avez fait pour moi.
(Le téléphone sonne)
- Collège de jeunes filles de Kingsport, Mlle Brooke.
Oui, bonjour, Mme Pringle.
La gorge irritée?
Une amygdalite?
Seigneur Dieu, j'espère que ce n'est pas grave.
Ce n'est pas contagieux au moins.
Ah, d'accord.
Non, non, mais...
non, nous comprenons parfaitement.
Si c'est ce que le médecin a dit,
il ne faut pas aller à l'encontre.
Oh, je suis d'accord avec vous, Mme Pringle.
Je vous suis reconnaissante de nous avoir avisés si tôt.
Merci.
Au revoir.
Jen Pringle ne jouera pas ce soir.
- C'est une plaisanterie, vous vous en rendez compte.
Après tant d'efforts...
- Il ne nous reste plus qu'à tout annuler
et rembourser s'il le faut.
- Mais annuler jusqu'à quand?
Nous n'avons pas les moyens de relouer la salle
et puis il y a les musiciens.
Il va quand même falloir que je les paie.
- Et bien, ma chère, je suis désolée,
j'avais dit que c'était de la folie d'essayer
de monter quelque chose à cette époque.
Je n'y suis pour rien. - Jen Pringle n'est sûrement
pas plus malade ni contagieuse que moi.
Je vois dans ce geste un moyen
délibéré de couler la pièce et de se débarrasser de moi.
- Vous voilà bien aigrîte tout à coup!
Vous allez lire le rôle vous-même,
c'est ce que vous voulez faire?
Toute la pièce repose sur Mary Stuart.
J'espère que vous en êtes consciente.
- Nous avons encore le temps de réagir.
Je vais vous quitter une heure.
Ne décidez rien avant mon retour, s'il vous plaît.
(Sonnette sonne)
- Oui, mademoiselle?
- J'aimerais parler au capitaine Harris, je vous prie.
- Je suis désolée. Il est dans on bureau, il travaille,
et il a demandé qu'on ne le dérange sous aucun prétexte.
- Je le comprends aisément, ma chère,
mais il est très important que je le rencontre au plus vite.
(Frappe à la porte) - Entrez!
Je vérifierai la cargaison dans ce temps.
Au plus tard lundi. D'accord.
- Je vous prie de m'excuser de vous interrompre
aussi effrontément, monsieur, mais je serai brève.
Puisque vous avez retiré votre soutien financier au collège,
il nous a fallu suppléer à ce manque
en organisant un spectacle, enfin plutôt un gala,
qui doit avoir lieu ce soir.
J'apprends à l'instant qu'il risque d'être annulé
car Jen Pringle, qui donne le rôle principal,
vient de se déclarer malade.
Emmeline le connaît par coeur. Nous l'avons travaillé.
Ce qui se présente là serait merveilleux pour elle.
Je sais ce que vous pensez de moi, de mes méthodes,
et de l'école, mais je vous supplie de la laisser
jouer avec nous ce soir.
- Si je comprends bien, c'est votre place qui est en jeu?
- J'ai l'intention d'aller jusqu'au bout.
- Vous n'avez pas le droit de vous mêler de nos affaires.
Emmeline est beaucoup trop influençable à mon goût,
mais je dois bien reconnaître...
que je vous dois toutes mes excuses
pour ce que je vous ai dit l'autre jour
et pour les problèmes que cela a pu vous causer.
Vous savez tout.
- Je vous en prie, c'était entièrement de ma faute.
- J'ai peut-être réagi trop vite en retirant
Emmeline de l'école.
Les Pringle ont toujours eu besoin d'asseoir leur autorité.
On peut dire aussi que j'ai pris l'expulsion d'Emmeline
comme une attaque personnelle.
- Mais... je croyais que vous étiez d'accord
avec le point de vue des autres.
- Je ne veux pas être...
dans le même sac que ces gens.
Kingsport est une ville pleine d'embûches, vous savez.
Je vous remercie beaucoup
de votre perspicacité, mademoiselle.
Emmeline peut y aller.
- ça veut dire qu'elle peut jouer?
- Emmeline peut jouer.
- Ah! Je vous en suis très reconnaissante!
Vous avez toute ma gratitude!
(Fracas)
Excusez-moi.
- Mademoiselle Shirley.
Mademoiselle.
Défendez-vous, Emmeline et vous.
Nos chers Pringle vont affuter leurs couteaux.
- D'accord. Merci du conseil!
- "Pardonnez tout le mal accompli
par ces hommes envers moi,
les actes et autres méfaits pour me blesser.
Non, je ne supporterai pas qu'un seul coeur
ne soit pas reconcilié avec le mien
lorsque ce dernier sera froid.
Je n'accepterai pas de périr d'une main empreinte de haine,
de couru, ou de mépris à mon égard,
mais je veux surtout,
une fois que j'aurais abandonné ce monde,
apparenter et intégrer mon âme... au nouveau."
(La musique joue)
(Applaudissements et hourras)
(Applaudissements) - Bravo!
(Applaudissements)
- Nous vous remercions
et surtout un grand merci pour votre, que dire,
pour le chaleureux appui que vous avez su nous manifester.
Merci. J'aimerais à présent vous présenter
notre jeune, brillante et tout nouveau professeur.
Elle a su trouver temps et énergie
pour superviser les moindres détails de ce spectacle
et par une mise en scène intelligente,
elle a permis à vos filles d'exécuter
la magnifique performance à laquelle nous avons assisté.
Mlle Anne Shirley.
(Applaudissements et hourras)
(Fanfare au piano joue)
- Merci beaucoup.
- Mlle Shirley, au nom du conseil de l'éducation
du compté de King,
c'est avec un immense plaisir que je vous remets ce chèque,
fruits de cette soirée, aussi historique qu'émouvante,
établi à l'ordre du collège de jeunes filles de Kingsport.
Il est d'un montant global
et appréciable de $2,500!
(Applaudissements et hourras)
- Merci, mesdames et messieurs.
Je serais parfaitement incapable d'en dire plus
sans avoir à mes côtés
les trois autres piliers de la soirée
à laquelle vous avez assisté.
Mlle Kerr, Mlle MacKay,
et tout particulièrement, notre bienaimée directrice,
Mlle Brooke,
qui ont fait énormément pour la réussite de ce spectacle.
(Applaudissements, fanfare au piano joue)
(Applaudissments et hourras)
(Applaudissements)
C'est avec une inquiétude assez vive
que j'ai commencé mon année ici dans ce beau grand collège
et j'ai une énorme dette envers tout d'abord mes collègues
et ensuite les parents de mes élèves
qui ont tout mis en oeuvre
au cours de mes premières semaines ici
pour que je m'y sente comme chez moi.
J'ai appris aussi à aimer et à respecter
toutes les étudiantes du collège
et parmi elles j'ai trouvé nombre d'âmes soeurs.
Si nous avons su vous toucher ce soir
et vous divertir tant soit peu,
alors nous aurons réussi.
Merci encore à vous tous pour votre grand appui.
(Applaudissements)
Merci beaucoup.
(Chevauchement des discussions)
- C'est gentil.
- Merci pour ce que vous avez fait de ma petite fille.
Elle a réussi son semestre comme ça lui
était encore jamais arrivé.
- Lui enseigner quelque chose est un plaisir.
- Vous êtes gentille. Oh, j'espère qu'ils vont comprendre
à quel point vous êtes précieuse, ma chère.
Je sais que certains Pringle se sont comportés odieusement,
mais je me fiche de ce qu'ils disent.
Vous pourrez prendre pension chez moi quand vous voudrez.
- Merci de votre gentille invitation.
- J'ai eu un professeur tout à fait comme vous
quand j'étais jeune. ça me rappelle--
- Toutes mes felicitations, ma chère!
- Merci pour votre généreux soutien.
- Papa! Qu'as-tu pensé?
- Oh ma chérie, tu as été merveilleuse.
Tu as volé le coeur de tout le monde, y compris le mien.
Reviens sur terre maintenant, hein, pour quelques instants.
- J'ai l'impression que je rêve.
- Merci. Tu es très beau, Mlle.
- Oh, vous êtes très gentille.
Emmeline!
Oh, tu as été merveilleuse!
Merci!
- On dirait bien que vous avez réussi à vous rallier
le clan Pringle en entier.
- Je l'espère. Nous dirons que les vents persécuteurs
se sont un peu estompés. - (Rit)
- Enfin, merci, monsieur,
cela a beaucoup d'importance pour moi.
- De ma vie entière je n'oublierai jamais cette soirée.
- Moi non plus, tu sais.
Bonsoir, Emmeline.
- Mlle Shirley, j'aimerais que vous continuiez
à faire travailler ma fille pour qu'elle ne soit pas
trop en retard quand elle retournera au college.
Je suis prêt à vous dédommager.
- à condition que le salaire que vous me verserez
serve d'appui financier au collège.
- Vous me demanderez de renégocier alors.
- C'est cela. - Je suis d'accord!
- Merci!
- Au revoir, Mlle Shirley! - Au revoir, Emmeline.
- Bonsoir.
(Les filles rigolent)
- Mlle Brooke a laissé les lumières allumées.
Elle doit être de bonne humeur. Tous: Ah oui. (Rient)
- Allez vous préparer. Je reviens tout de suite
pour vous dire bonsoir.
(Les filles jasent)
(Le vent souffle dehors)
- Cet anneau autour de la lune est beau, vous ne trouvez pas?
- J'en ai vu des lunes ça fait un bout de temps que j'en vois.
- Vous n'aviez pas encore vu celle-là.
Asseyez-vous
et laissons-là simplement s'infiltrer dans nos coeurs.
Quelle merveilleuse soirée cela a été.
- Ne vous rendez pas ridicule, je vous prie.
- Il y a bien longtemps il y a eu une croyance qui voulait
que quand un homme et une femme s'asseyaient
sous une lune semblable,
un amour mutuel les liait pour toute la vie, pour l'éternité.
- L'amour... (Rit amer)
Si l'advenait que je meure demain,
pas un chat ne le regretterait.
Que voulez-vous au juste, Anne Shirley?
- Devenir votre amie.
- Je n'ai pas une seule amie.
Je n'ai pas votre remarquable talent
pour jouer la grande scène d'étoile -
avoir un sourire pour tout le monde.
- Vous avez dit que vous aimez beaucoup qu'on soit franche?
Je vais donc être franche.
C'est de votre faute si personne ne vous aime.
Katherine Brooke pique comme un hérisson.
- Je sais que les gens me détestent
et que je ne suis pas sociable.
Vous croyez, sans doute, que ça me plaît
d'être toujours laissée de côté
pour tout ce qui est de caractère social.
Je suis navrée.
Je n'ai jamais pu avaler
toutes les rebuffades que j'ai essuyées durant ma triste vie
et je n'en ai pas oublié les auteurs.
Pendant 19 ans,
c'est très long 19 ans,
j'ai dû supporter l'indifférence
d'une famille qui se souciait aussi peu de moi
que de mes parents décédés.
J'ai vécu dans d'affreux pensionnats
oú on gelait en hiver et qui durant l'été puaient.
J'ai porté toutes leurs fringues qui étaient usées.
Seulement voilà, je n'étais pas idiote.
Une fois mes études terminées,
je les ai remboursés jusqu'au dernier sou!
Ah, je suis indépendante aujourd'hui.
L'ennui c'est que je déteste enseigner!
Mais que je ne sais rien faire d'autre.
Quand je vous vois comme ça, pleine d'optimisme,
je me dis combien de temps cela va durer?
Cinq ans peut-être?
Ou même dix? Seulement tôt ou tard,
vous ressentirez à l'intérieur cette...
cette horrible monotonie qui vous ronge.
Préparez-vous à joindre les rangs
des vieilles filles glaciales et insipides
qui ont préféré la profession à la vie, Anne Shirley!
- "Une interprétation particulièrement
convaincante d'Emmeline Harris
dans le rôle fort difficile de la jeune reine.
Le public qui ne s'attendait pas à un tel professionnalisme
s'accordait à dire que de telle comédienne
devrait monter une troupe permanente
et exploiter ce succès." Tous: Ahh!
- "Le conseil scolaire de Kingsport
attend avec impatience leur prochain spectacle."
(Applaudissements, la cloche sonne)
Sur cette note élogieuse,
je vous souhaite de triompher avec le même éclat
lors de l'examen semestriel vendredi.
(Rigolent)
Vous pouvez vous lever.
Emmeline!
- Je désirerais m'excuser pour...
les inconvénients que...
que j'ai pu vous causer.
- Nous sommes toutes très heureuses
que vous avez recouvré si rapidement une bonne santé.
- Oui.
Le docteur a été trop alarmiste c'est certain.
- C'est cela... - Je...
Est-ce que je peux espérer refaire du théâtre
si vous décidez de continuer?
- Nous ne pourrions pas nous passer de vous.
- Ah, je vous en suis reconnaissante.
Ah, ma mère voudrait savoir si vous seriez d'accord
pour l'aider au bazar de l'hôpital
si vous avez le temps?
- Dites à votre mère que j'en serai flattée.
(Rigolent)
- (Rit)
- Bonjour, jeunes filles!
Ah! Anne!
- Qu'est-ce qui vous arrive?
- Le comité était absolument enthousiasmé!
- Ah! - Mais attends,
ils ont été tellement stupéfaits de recevoir
le chèque du capitaine Harris que...
qu'ils désirent renouveler ton contrat pour cinq ans.
- C'est vrai, cinq ans?! - Oui, lis!
- Je ne suis pas sûre de tenir le coup si longtemps.
- Moi je crois que tu devrais écrire un livre là-dessus.
Oh, Mlle Brooke, c'est extraordinaire, non?
- Les auteurs ne songeraient inventer.
J'aurais plutôt peur de la description
qu'elle pourrait faire de nous.
Tenez, c'est arrivé pour vous.
- Merci.
Ah! - Ah...
- (Halète) - Ah mais...
- "Encore mille merci.
Je serais heureux de vous rendre l'appareil.
Accepteriez-vous d'accompagner ma famille
pour un court séjour à Boston
lors de mon retour le mois prochain."
- Mais dis donc...
- "Sincèrement, vôtre, Morgan Harris."
(Rient)
Quelles belles fleurs!
(Le train avance)
(Sifflet de train)
- (Se plaint)
Pauline, ma fille, tu gigotes beaucoup trop.
Et cette boite, qu'est-ce qu'elle fait là?
Non, pas là, oú elle va me tomber sur la tête.
Là c'est aussi dangereux. Remets-là oú elle était.
C'est encore plus prudent.
Et descend le store, il y a beaucoup trop de lumière,
pas trop, juste un peu... (Bruit sourd)
- (Halète) - Ah, Pauline!
Voilà, ça y est maintenant!
Ah, ma tête...
J'ai encore plus mal à la tête qu'avant.
- Excuse-moi, maman.
- (Se plaint) (Frapper à la porte)
- Ah, vous avez pris des couleurs, Mme Harris;
vous devez vous sentir mieux, non?
- Pas du tout, ma chère.
Je suis exténuée avec tous ces tourments et ce mal de train.
J'ai l'estomac à l'envers.
Je me demande pourquoi j'ai écouté vos sornettes
et j'ai accepté de faire ce voyage.
- Nous y sommes presqu'arrivés, rassurez-vous.
Vous aimeriez peut-être manger quelque chose, Pauline?
- Non, nous n'avons pas encore faim.
J'espère que le thé est buvable sur cette machine.
Je boirais de la boue plutôt qu'un thé raté, donc un essai.
- Oui, Mme Harris. Je vais essayer de m'en procurer.
- Et qu'ils nettoient la tasse proprement.
Loin de moi l'idée de faire peur à qui que ce soit,
mais de la manière dont je me sens,
je ne suis pas certaine d'être sur terre
encore bien longtemps,
peut-être à l'heure même pour vous davantage.
(Se plaint)
- (Rigole) Pauvre tante Pauline.
Ah, grand-mère pourra dormir toute la journée
quand nous serons arrivées.
Ah, moi j'ai hâte de voir la maison que papa a achetée.
Il paraît qu'elle est magnifique,
c'est un vrai château.
- J'ai l'impression que nous sommes
tous un peu à l'essai ici.
- Papa a une très haute opinion de vous.
C'est lui qui m'a dit.
- (Sifflet de train)
- Ah, vous voilà. Comment va ma mère?
- Elle nous a autorisés à lui commander un thé.
Par contre se doléances se répandent
à la vitesse de ce train. - (Rit)
- On pourra rester avec toi à Boston, papa,
Mlle Shirley et moi, si ta maison nous plait?
- Mm... Je ne sais pas si la ville est assez passionnante
pour toutes ces élégantes.
- Passer de Avonlea à Kingsport a déjà été une aventure.
Soyez rassuré que ce voyage restera une étape magnifique.
- Moi je suis convaincu vous ferez une impression
aussi grande sur Boston
qu'elle pourra en faire sur vous.
- à condition de ne pas paraître démodée
que je le suis en réalité.
- (Rit)
♪♪♪
- Tout ce charivari!
Ma névrite qui recommence
et tout le monde se fiche bien de ce que je peux souffrir.
- Maman.
- Voilà dont c'est pourquoi tu t'évertues
à gaspiller mon argent, Morgan Harris.
♪♪♪
♪♪♪
♪♪♪
- Et je ne t'ai pas invitée à venir jusqu'ici
pour t'entendre faire une scène.
- Ce n'est pas juste, Morgan.
Je ne trouve pas cela juste du tout.
L'enfant doit retourner vivre avec toi!
Ce sont des frais énormes
que je n'ai aucune raison d'assumer.
sans compter la gêne que cela occasionne!
Et Pauline a déjà suffisamment à faire.
- Ne t'inquiète pas, maman.
- Ne me contredis pas s'il te plait!
- Qu'est-ce que tu demandes plus?
Elle a recommencé aller au collège et d'ailleurs,
je croyais que tu serais heureuse de l'avoir avec toi.
- Je te rappelle que j'ai 79 ans moi, monsieur.
Si tu avais mon âge, tu verrais ce que c'est.
à present, tu as cette immense maison.
Tu l'acquise avec la succession de ton père, non? Hmm?
J'ai le droit de dire ce que je pense.
C'est la moindre des choses.
Tu pourrais aussi te remarier d'ailleurs.
- J'ai pas un tempérament pour ça.
- Hmph! Il n'y a pas une qui voudrait de toi surtout.
- Maman, c'est ma vie privée.
- Je comprends très bien, tu sais.
Mon opinion n'intéresse plus personne.
Je ferais mieux de débarrasser le plancher.
Comme ça vous pourriez avoir le reste de l'argent!
- Pourquoi est-ce que tu dis des choses pareilles?
- Je le dirai si je veux le dire!
Vous n'êtes tous deux que des ingrats!
Voilà ce que vous êtes.
Combien de nuits blanches j'ai passées à vous soigner
quand vous étiez petits?
Combien de fois ai-je cru qu'au petit matin
vous auriez quitté ce monde! Qu'une mère se sacrifie,
les enfants s'empressent de l'oublier.
- Maman, calme-toi. Ce n'est pas bien.
Allez, on va aller se coucher. - Sainte barbe, Pauline!
Mêle-toi de ce qui te regarde s'il te plait!
Et toi, écoute moi bien, Morgan.
Je n'irai pas me coucher
tant que je n'aurai pas entendu ce que je veux entendre.
Tu es un homme que diable,
alors prends tes responsabilités comme telles.
- D'accord!
Je vais m'arranger pour faire le nécessaire dès
que j'en aurai le loisir.
- Ah, voilà qui est mieux, je trouve.
Bonne nuit.
- Bonsoir, Morgan.
- Et en plus il risque de changer d'idée
toutes les deux minutes, une vrai girouette ce garçon.
Tu peux être certaine qu'il va me remettre
cette enfant sous les bras.
Je le vois d'ici.
Qu'est-ce que vous dites du monde de responsabilité
d'un garçon comme mon fils, vous?
Je vous approuve. Bonne nuit, Mlle Shirley.
- Non, je vous en prie, restez assis.
Je voulais simplement vous dire
à quel point cette soirée a été agréable
et vous remercie de m'avoir donné l'occasion de la vivre.
- Je suis désolée pour l'attitude de ma mère.
Dans son état, son seul soulagement est le sarcasme.
C'est son côté Pringle qui resort, j'imagine.
Votre façon en fantaisiste, tout ce qu'on vous a fait voir
m'a étonné, je l'avoue.
- J'ai pris ça comme un défi en fin de compte.
ça été aussi une excellente experience,
mais je dois dire que mes Pignons Verts
me manquent malgré tout.
Observer les lumières de la maison le soir,
qu'abattent sur l'étang...
alors que Marilla m'attend sur la véranda.
Cela doit vous paraître un peu enfantin tout ça.
- Non, vous êtes attachée à votre éducation insulaire.
- ça doit faire un grand vide que de vivre tout seul
dans une si vaste demeure.
- Oh, c'est un investissement à vrai dire.
Je n'y suis pas très souvent.
- Mais qu'est-ce qui vous tient éloigné de Kingsport?
- Et bien, de passionnantes équations que...
que mes affaires m'obligent à résoudre.
- Il s'agirait d'une fuite?
- Non.
J'attends peut-être...
d'avoir une raison d'y retourner.
- J'espère que vous en avez trouvé une.
Je vous suis très reconnaissante
de votre charmante hospitalité.
- Et moi je vous suis reconnaissant...
d'être aussi enjouée et pleine d'entrain.
Bonne nuit.
- Bonne nuit, Morgan Harris.
- Anne Shirley...
Je souhaite que nous nous revoyons souvent
à mon retour à Kingsport.
- (Rigole) Ah oui, voir celui-là?
(Rigolent)
(La porte claque)
(Rigolent)
- Est-ce que tu trouves que ça me vieillit, papa?
- Oui, ma chérie.
- Nous n'arrivons pas à nous décider.
Ils sont tous tellement élégants.
- Vous avez raison.
Nous les prenons tous. - Ah, papa!
- Vous pouvez vous en occuper.
Le voilà donc. Ce célèbre bateau
c'est le prince des Antilles. - Il est magnifique!
- Qu'est-ce que ça veut dire 'mistral', papa?
- C'est le nom d'un vent violent qui souffle
dans le Rhône Vallée.
- Je trouve que ça ne lui va pas du tout.
On aurait dû lui donner le nom d'un vent parfumé
comme le zéphyr.
- Le prochain s'appellera donc le zéphyr en votre honneur.
♪♪♪
♪♪♪
- "...et ce voyage à Boston
me semble être un véritable rêve que je vis.
Emmeline, qui jusque là aurait vécu tellement seule
est devenue une jolie jeune fille épanouie
et j'ai l'impression que le capitaine Harris
peut à présent reconnaître en elle
le trésor qu'il ne se savait pas posséder.
Je suis quelque peu lasse néanmoins
de vivre dans mes malles depuis tout ce temps
et j'ai une folle envie de respirer le parfum de l'été
sur notre belle île.
Vous me manquez terriblement.
Je vous embrasse de tout mon coeur,
Anne."
- Cette petite est épuisée si tu veux mon avis, Marilla.
D'ailleurs, ça m'étonne pas
quand on voit la façon dont les jeunes filles
errent de par le monde de nos jours.
ça me rappelle Satan dans le livre de Job
qui trottine de long à large et qui va et vient.
C'est stupide, je ne crois pas que notre Seigneur
ait jamais désiré cela.
- Il faut pourtant bien...
laisser les choses suivre leur cours.
- Oui, il arrive ce qu'il ne doit pas arriver.
Les riches sont tous de gens très bien, Marilla,
et si Anne préfère le bel inconnu
à ce qu'elle peut trouver à Avonlea,
ça c'est elle que ça regarde.
C'est entre les mains de la providence.
Anne: "J'ai beaucoup apprécié votre présence à Boston.
J'espère que le semestre se poursuit bien à Kingsport
et qu'Emmeline a rattrapé le temps perdu.
Encore mille merci.
Cordialement vôtre, Morgan Harris."
♪♪♪
Ah!
- Anne Shirley.
Comme c'est drôle. Qu'est-ce que tu fais ici?
- Gil! (Rient)
Tu es bien la dernière personne que je m'attendais
à trouver dans un endroit aussi désert.
(Le tonnerre gronde)
- Ah, eum... viens.
Il y a un colloque de l'académie royale
de médecine ici. Je suis délégué.
- Tu dois être drôlement fier.
- Oui, pas autant que je l'ai été de toi
quand j'ai reçu de l'article que Mlle Stacey
sur la pièce que tu as montée.
- Ah, tu es très gentil.
Je suis tellement heureuse de te voir.
- Moi aussi. J'avais très envie de te rencontrer.
Seulement je n'étais pas très certain que de ton côté--
- Gilbert? - Oui?
- Je n'ai pas eu autant de plaisir depuis bien longtemps.
Attends que je regarde un peu.
- Ah oui, est-ce que j'ai l'air d'un futur médecin?
Qu'est-ce que t'en dis? - Non, cher ami,
vous serez pour moi celui que j'ai connu,
le même incorrigible Gil.
Raconte-moi tout. Tu es retourné à Avonlea?
- Euh, non, j'ai passé le plus clair de mon temps
chez les Stuart à Halifax.
Le docteur Stuart est un éminent chirurgien.
D'ailleurs, c'est lui qui s'est arrangé
pour que je sois délégué ici.
Je suis fiancé à sa fille Christine...
et c'est cet été que nous devons nous marier.
- Je suis très heureuse pour toi, tu sais.
- Je crois que c'est pour ça que je voulais tellement te voir...
pour m'excuser d'avoir été si stupide
l'été dernier, tu comprends?
Maintenant, je sais exactement ce que tu voulais m'expliquer,
mais je pensais à ce que je disais. Tu peux en être sûre,
et jamais je ne t'oublierai.
- (Souffle fragile) Tu es devenu tout à fait
comme je l'avais imaginé.
Et tu vois c'est comme ci c'était hier
que nous avions été admis à Queen's
et que nous nous battions pour être les meilleurs.
- Et dis-moi, es-tu écris toujours?
- Pas depuis quelques temps,
j'ai été occupée et...
je crains que les éditeurs ne trouvent rien d'intéressant
à mes histoires.
- Moi je n'abandonnerais pas si vite que ça.
Tu devrais écrire quelque chose qui se passe à Avonlea.
En changeant le nom, bien sûr,
sinon Rachel pourrait croire qu'elle en est l'héroine.
- (Rit)
Avonlea est l'endroit le plus délicieux du monde, mais...
je crains qu'il ne soit pas assez captivant
pour une histoire.
- J'ai l'intention de ramener Christine sur l'île avec moi
et enfin m'y installer.
Le docteur Stuart a beaucoup de relations à Halifax
et il aimerait que nous habitions là, mais...
je ne veux pas qu'on me fasse la charité.
Et nulle part ailleurs j'aurais l'impression d'être chez moi.
- Ah, je suis d'accord.
Ah, une bonne nouvelle, le conseil scolaire du collège
veut m'offrir un contrat de cinq ans.
- Ah, c'est magnifique!
Tu as donc su conquérir les coeurs
de cette bonne vieille ville prospère.
Tu n'y seras pas trop seule.
- Je vais survivre.
- Bon, il faut que je m'en aille.
Mon train est à 17 heures 30.
- Ah non, pas déjà?
- Oh, je voulais t'envoyer...
ce mot.
Enfin, c'est que livré. - Ah, tu es gentil.
- Au revoir, Anne.
- Au revoir, Gil.
- Ah, ne m'oublie pas trop vite.
(Le tonnerre gronde)
- "Félicitations pour ton succès, carotte.
Ton vieil ami, Gilbert."
(Le tonnerre gronde)
- En voiture!
(Coup de sifflet, Sifflet de train)
Gil!
Gil!
(Coup de sifflet)
- Je l'ai lue!
Merci!
Au revoir!
- Au revoir, Anne.
♪♪♪
♪♪♪
♪♪♪
♪♪♪
♪♪♪
♪♪♪
- Mlle Shirley,
venez nous aider à placer les guirlandes et les banderoles?
Je n'ai jamais vu de pareille pagaille.
- Pourquoi? Qu'est-ce qu'il y a, Mme Pringle?
- Elles ont beau faire des efforts,
pas une d'entre elles ne possède l'habilité
de vos petits doigts.
Euh, mesdames,
j'ai demandé à Mlle Shirley de s'occuper de votre table.
Nous pourrions peut-être en faire des rosettes
comme celles-ci et nous n'aurions qu'à les suspendre
avec les guirlandes--
- Ah, nous avons toutes été tellement impressionnées
par votre mise en scène au collège, vous savez.
- Vous êtes gentilles.
- Et surtout par la façon dont vous avez transformé
la petite fille de Morgan Harris.
Il a eu cette fille depuis qu'elle est née.
Il ne s'en est jamais occupée. - Quelle tragédie
cela a été quand Adelaide est morte.
Si vous l'aviez vue c'était une beauté.
La vielle madame Harris et la mère Pringle
sont cousines germaines,
et je sais comment les Harris ont fini
par se couper du reste du monde.
- D'abord, c'est la faute de Morgan
si sa femme s'est enfuie. C'est vrai quand même.
Il a une terrible réputation auprès des femmes.
On dit qu'en réalité il serait mort du chagrin.
- Je suis persuadée qu'après cette histoire,
il s'est senti tellement coupable
qu'il n'a pu supporter la vue de l'enfant.
- Celle qu'il doit avoir du mal à supporter
c'est la vieille Harris, la rançonneuse...
(Rient)
- Enfin, chose certaine,
je sais qu'il courtise Elvira Evans,
la millionnaire du pétrole à Boston.
Elle habiterait depuis deux semaines
à Maplehurst.
C'est ma belle soeur qui me l'a raconté.
- Vous avez rencontré notre cousin Morgan
je crois, Mlle Shirley.
- Oui, nous nous sommes vus à plusieurs reprises.
C'est un homme charmant.
♪♪♪
- Nous allons faire visiter la vieille ville à Mlle Evans.
♪♪♪
(La cloche sonne)
- "Chère Mlle Shirley,
veuillez accepter nos félicitations
pour votre ouvrage intitulé "Esquisses d'Avonlea".
Vous trouverez ci-joint un chèque
au montant de $250,
constituant une avance sur vos droits d'auteur."
(Halète)
- Anne!
Anne.
- Ah, bonjour.
- Je souhaitais vraiment vous rencontrer.
Euh, vous nous avez beaucoup manqué à Maplehurst.
- Il doit vous être sûrement très difficile de vous
soustraire à votre invitée de marque, je le crains.
- Oui, c'est très juste en effet.
- Je comprends tout cela. Ne vous excusez pas.
Au revoir, monsieur.
- Puis-je me permettre de vous accompagner au collège?
- Non merci.
- Qu'est-ce qui vous tracasse tant, mademoiselle?
Vous vous comportez comme une vieille écolière célibataire,
n'ais-je pas raison?
- Et bien, c'est peut-être parce que j'en suis une.
- Je l'ai dit avec admiration! C'était un compliment.
Je suis un grand admirateur de la libre pensée.
De plus j'ai toujours soutenu qu'un mariage trop jeune
était le signe d'une marchandise de second ordre
dont il faut se débarrasser au plus vite.
Vous n'êtes pas d'accord?
- Tout à fait au contraire, je suis de première ordre,
Morgan Harris, et j'ai décidemment des ambitions
plus grandes que le marriage,
qui ne me tracassent pas, comme vous l'insinuez.
Je vais bientôt d'ailleurs être publiée
et j'ai bien peur honnêtement que cela prenne tout mon temps.
- Comment? Mais laissez-moi vous féliciter!
- Au revoir. - Anne!
Anne...
Je suis désolé. Je...
Je n'aurais pas d- faire une invitation aussi équivoque.
Je voulais justement dire à maman
de vous réinviter à Maplehurst.
- C'est un grand honneur que vous me faites,
mais mon emploi du temps est tellement chargé en ce moment
que je ne puis que de le décliner.
- Je suppose que vous assisterez
au bazar de l'hôpital demain soir.
- Oui, c'est normal. J'ai promis de venir aider.
- Je peux donc espérer vous y voir.
Et me ferez vous l'honneur en ce cas
de me réserver une valse
sur votre carnet?
- Bien entendu.
Je vais m'empresser de le noter...
- Merci.
Merci.
- Enfin, s'il m'en reste une de disponible.
- S'il lui en reste...
- Voilà, qu'est-ce que vous en dites?
- Vous ressemblez à une de ces superbes femmes
qu'on voit dans les magasines.
Peut-être qu'un peintre tombera follement
amoureux de vous un jour.
Il voudra faire votre portrait.
- (Rigole)
- Oh, Mlle Shirley!
Je me coifferai exactement comme ça quand j'aurai 18 ans.
- Vous êtes des amours!
Le mimétisme est la forme de flatterie la plus sincère.
Voulez-vous aller voir si ma voiture est arrivée?
à tout de suite!
- Hein. Mon Dieu.
Nous allons rendre visite à la reine peut-être?
- (Soupire) Vous ne serez jamais capable
de dire quelque chose d'un peu gentil?
- Non, moi je n'ai pas votre talent pour déguiser
ce que je ressens.
- Vous me coupez littéralement le souffle
avec vos compliments.
- Vous essayez toujours de charmer
ceux qui vous entourent en toute occasion,
mais ne vous y trompez pas.
En dépit de vos simagrées et de vos perles
vous ne ferez jamais croire que vous faites partie des murs
même si vous n'hésitez pas de vous donner en spectacle.
Morgan Harris est un homme de la haute société
qui a réussi tandis que vous, ma chère,
n'est que professeur, c'est tout.
- Je ne sais pas ce que vous voulez dire,
mais si je suis très franche je vous plains, Katherine.
Vous éteignez toute étincelle de joie autour de vous.
Je ne me laisserai pas empoisonner par votre rancoeur.
♪♪♪
- Il y a presque trop de monde.
Ah! Mais ça vous va très bien, ma chère.
- Je le laisse. - Je vais aller...
Tout va bien? - Oui.
(Les femmes continuent à parler)
- Vous nous portez chance, Anne Shirley!
Nous n'avons encore jamais vendu autant de billets
pour une vente de charité. - C'est vrai?
Ce qui compte c'est d'apporter toute sa contribution, Mme Pringle.
- Vous ne resterez pas à mener cette table toute la soirée.
J'espère que vous irez danser.
- Promis.
Un verre de punch? - Oui.
♪♪♪
- Ooh. Je crois que c'est la petite Anne.
Elle est très jolie.
- Elvira! Harris. - Bonsoir.
- Ah, Harris!
♪♪♪
♪♪♪
- Vous vous appelez Anne Shirley, n'est-ce pas?
Vous étiez à Queen's?
- C'est cela, j'étais à Queen's.
- Lewis Allen. - Ah...
- Je me souviens que vous aviez décroché la fameuse bourse
et Gilbert Blythe la médaille d'or.
- C'est vrai. Je suis très heureuse de vous rencontrer.
Euh, et que faites-vous à présent?
- Et bien, je suis directeur d'école publique à Richmond.
C'est pas l'endroit le plus exaltant du monde,
mais je me suis bien débrouillé, je crois,
comparé à beaucoup d'autres de Queen's.
- Vous dansez aussi bien que vous vous vantez?
- Mieux.
♪♪♪
♪♪♪
♪♪♪
♪♪♪
- Morgan Harris a carrement éclipsé nos chers Pringle
avec cette Mlle Evans.
- On dit que c'est une peau de vache, une vraie.
Seulement il faudrait des millions.
- Détrompe-toi,
il paraît qu'il aurait besoin de toute sa fortune à lui
pour lui redorer le blason.
- Un mariage de compte conjoint j'ai l'impression.
(Rigolent)
- Anne! Anne!
- Bonsoir, monsieur. Enfin, bonne nuit.
- Bonne nuit?
Vous m'avez promis une danse.
- Je suis navrée.
Mon carnet a été rempli toute la soirée.
Vous n'avez pas à vous sentir obligé
de vous occuper du professeur du collège.
Vous avez sûrement déjà payé très cher vos billets.
- Euh, s'il vous plait, laissez-moi vous expliquer.
- Je vous en prie, ne gâchez pas la soirée
pour votre invitée en provoquant une scène.
- (Les femmes jasent)
- J'ai besoin de te parler. - Excusez-moi.
- Il faut que j'ai trouve Anne.
Je ne peux pas la laisser comme ça.
- Bien sûr, voyons, à bientôt.
- Anne!
Oú allez-vous?
- Je suis pas totalement épuisée.
Je vous en prie ne compliquez pas les choses
en venant me faire des excuses.
- Elvira Evans et moi avons été associés, c'est tout.
Je me suis chargé de la succession
de son père cette année. Il était parfaitement normal
que je l'invite à Maplehurst.
C'était, en quelque sorte,
la conclusion d'une longue transaction.
- Quand on juge à propos de m'exclure,
je le sais tout de suite.
- ça n'a rien avoir. Soyez raisonnable!
- Pourquoi le serais-je?
Je n'ai aucune arrière pensée moi.
- Vous réagissez sans réfléchir comme une girouette.
Vous nous avez tous envo-tés, même ma mère.
Elle vous adore.
Dans ces circonstances,
comment ais-je pu ne pas vous inviter?
- En tout cas, on ne pourra pas m'accuser de l'avoir cherché.
Il est possible que je tienne cela de ma salubre éducation,
mais je n'ai pas envie devenir une fantaisie passagère.
- (Rit) J'aimerais que vous reveniez à Maplehurst.
- à quel titre te devrais-je le faire?
En qualité de gouvernante d'Emmeline peut-être?
ça vous évitera de me le proposer.
- Je ne veux pas vous perdre, Anne Shirley.
- Ah non, lâchez-moi. - Je vous en prie-
Ow! (Gémit de douleur)
- Ah, je suis désolée.
- Ah...
- Ah, comment est-ce que j'ai pu...?
- (Rit) - Mais vous me reteniez de force.
- Je voulais vous demander de m'épouser.
- Qu'est-ce que vous avez dit?
- Je suis amoureux de vous.
- Vous êtes vraiment sérieux. Dois-je vous croire?
- Je vous le jure.
Je sais seulement que...
je ne pourrais pas supporter de vous perdre.
Me feriez-vous le grand honneur
de m'accorder votre main, Anne Shirley?
Anne, qu'est-ce qu'il y a?
- Je suis très attachée à vous et à Emmeline,
mais je ne peux consentir.
- Que voulez-vous dire?
- J'ai pensé pendant cinq délicieuses secondes
que je pourrais vraiment vous épouser.
Je rêve depuis longtemps d'un instant comme celui-ci,
mais à présent,
je... je ne sais comment l'exprimer...
je dois rentrer chez moi.
- Vous pourriez y retourner pour les grandes vacances.
Je louerais une grande maison donnant sur le golfe.
C'est pas pareil, n'est-ce pas?
- Non.
Vous vous êtes vu? Vous allez attraper froid.
Vous êtes sorti sans rien sur le dos.
Nous devrions entrer.
Il me reste encore une valse si j'ai bonne mémoire.
Allez venez.
Nous allons fournir aux commères
une bonne raison de potiner.
(Frappe à la porte)
- Entrez.
Oui, M. McGuinness, qui a t'il?
- Vous devriez venir vite à la maison, mademoiselle.
Tout le monde est bien inquiet.
Euh, cela fera une semaine que Mme Harris est muette.
- ça alors...
Il doit effectivement se passer quelque chose de grave.
- Elle a une mauvaise passe tout de suite
après le départ de papa.
Elle ne veut plus manger ni boire,
et la pauvre tante Pauline malheureuse.
Elle est obligée de tout décider toute seule.
- Dieu merci, vous êtes venue.
Cela me fait un tel bien.
J'ai peur qu'elle ne soit en train de mourir
et c'est de ma faute.
Isaac Kent m'a demandée en mariage... virtuellement.
Il a insisté pour que je prête mon concours
à la chorale de l'église.
Maman le déteste exactement de la même façon qu'il y a 15 ans
quand elle menaçait de lâcher un bull dog sur lui
s'il venait roder dans le coin pour me voir.
Je suis sûre qu'elle ne me le pardonnera pas.
J'ai tellement peur qu'elle me quitte.
(Pleurant)
- Vous devez choisir entre lui et elle, Pauline.
- Je ne crois pas que je pourrais vivre sans lui!
- Et puis s'est passé. Ce qu'il faut c'est de l'accepter!
- Ah, Mlle Shirley...
Vous avez toujours su parler
comment fallait s'y prendre avec maman.
Expliquez-lui tout. Il faut qu'elle me pardonne.
- Ah, vous êtes venue.
- Mme Harris, je vous saurai gré de m'écouter patiemment.
- Je suis toujours patiente, très patiente.
- Il faut que vous sachiez que Pauline
se trouve devant un gros dilemme.
Elle estime qu'elle devrait accepter
ce qu'Isaac Kent lui a demandé,
c'est-à-dire de l'épouser.
- (Rit) Hmm.
Je savais qu'entre cette petite folle et cet homme ridicule,
il se passait des choses innommables!
- Au fond de votre coeur,
vous avez qu'il faut accepter cette situation,
et la vérité c'est que Pauline a besoin de votre bénédiction
si elle veut être heureuse un jour.
C'est moi qui lui ai conseillée de se marier.
Je vous supplie de ne pas le lui interdire.
- Si vous avez fait en sorte
que Pauline en vienne à accepter
cet Isaac Kent,
vous avez accompli plus
qu'il n'était humainement possible.
Au moins je ne serai pas obligée de redescendre
pour l'implorer de l'épouser.
C'est déjà ça. Hmph!
- "Je n'interdirai à mon coeur la moindre joie."
Voilà, c'est la bible, vous l'avez suivie.
- Oh, mais n'oubliez que...
"L'homme engendre le tourment
comme l'aigle vise l'altitude,"
Job cinq, verset sept, Mlle Shirley.
- Pauline?
Viens ici, ma fille.
(Le clocher sonne)
- Personne ne niera que Margaret Pringle Harris
a été de son vivant
l'une des pierres angulaires de notre communauté,
et c'est avec beaucoup de regret
que nous remettons son âme à Dieu.
Bien que nos coeurs soient attristés
par cette immense perte,
n'oublions pas la fugacité de chacune de nos vies
et qui nous sera enjoint de retrouver Margaret
dans la félicité de l'haut delà.
Amen.
- Au revoir. - Au revoir. Merci pour tout.
- Je vous en prie.
- Nous retournons vivre à Boston, Mlle Shirley.
- Pauline se financera prochainement.
Nous avons décidé de nous débarrasser de Maplehurst.
- Tu sais que tu vas me manquer énormément,
mais nous nous reverrons sûrement.
Et je te fais la promesse solennelle
de ne jamais t'oublier,
souviens-toi bien de cela.
- Soyez-en certaine.
Au revoir, Mlle Shirley.
Je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme vous.
- Acceptez toutes mes condoléances, Morgan.
- Maman nous a parlé de vous avant de mourir.
Elle était très attachée à vous.
- Elle n'était pas tout à fait du genre
à faire des compliments.
Cela me touche beaucoup venant de sa part.
- Voudriez-vous reconsidérer les choses?
- Je vous avoue que j'ai failli les reconsidérer...
mais ça ne sert à rien, Morgan.
- Vous me manquerez.
- J'espère que vous l'aurez cette grande maison
sur le golfe un jour...
parce que aussi vous allez me manquer.
♪♪♪
♪♪♪
- Tiens ici, c'est à toi.
- Ah, merci, mademoiselle.
- (Se racle sa gorge)
Je n'avais pas eu l'occasion de vous remercier.
Ce fut une année extrêmement gratifiante.
- Ne soyez pas ridicule, je vous prie.
- Oú allez-vous passer vos grandes vacances?
- Ici dans cette bâtisse insalubre.
Oú voulez-vous que je les passe?
- Pourquoi y restez-vous si ça vous contrarie?
- Pourquoi? Pourquoi? (Soupire)
Ne vous tracassez pas, l'année est finie.
Vous n'avez plus besoin de faire semblant.
Au revoir.
Nous nous reverrons pour le semestre prochain.
- Le semestre prochain je ne serai plus là.
J'ai donné ma démission au conseil et à Mlle Stacey.
J'ai pensé que vous aimeriez peut-être passer vos vacances
avec moi aux Pignons Verts.
à moins que vous n'ayez d'autres projets.
- Voilà qu'on vient me faire la charité.
Je ne suis pas encore tout à fait mûre
pour cela je regrette.
- Que vous vous en rendiez compte ou pas,
c'est une bonne fessée que vous voulez, j'en suis persuadée.
- J'espère que ça vous a soulagée de dire ça.
- Certes. Et d'ailleurs il y a très longtemps
que je voulais vous le dire, croyez-moi,
mais je vous ai offert de venir
parce que la seule idée que vous passiez l'été ici
est tout simplement indécente.
- Vous m'avez invitée parce que vous aviez pitié de moi.
- C'est le sentiment que j'éprouve.
Vous avez rejeté la vie
et c'est la vie aujourd'hui qui vous rejette.
Alors je vous amène ou non?
- Qu'est-ce que vous diriez si j'acceptais?
- Mais je dirais que c'est la première lueur de bon sens
que j'ai jamais décelée chez vous.
- (Rit)
D'accord, j'accepte.
Voilà, alors vous pouvez faire semblant de me dire
que vous êtes ravie et que... je vais bien m'amuser.
- Et bien, oui, je le suis.
Quant à vous amuser,
ça ça dépendra de vous, Katherine.
- Les procès pour meurtre dans ce journal de Boston
que m'a nièce m'envoie sont un peu plus édifiants vraiment.
Ils s'y prouvent que des paiens.
J'espère que Anne n'y remettrait plus jamais les pieds.
Est-ce que tu peux imaginer qu'un nouveau pasteur
persiste à dire qu'il n'est pas persuadé
que tous les paiens seront damnés!
Tu t'en rends compte?
S'ils ne le sont pas, tous les montants d'argent
qui ont été envoyés aux missions étrangères
n'ont servi à rien alors.
- à ta place, je m'en ferais pas autant, ma chère.
Dieu sait si le pauvre monde est rempli de malheureux.
Il serait bien triste d'en arriver à couper les vivres
à tous ces gens qui sont dans le besoin,
qu'ils soient chrétiens ou non.
- Marilla Cuthbert!
Que je ne vois pas acheter des bagnoles
à des colporteurs uniquement pour soulager ta conscience.
Ah... tsk, tsk tsk!
ça c'est un vent qui nous amène la guigne.
Ne cours pas comme ça voyons. Tu vas te tuer!
- Marilla!
- Anne Shirley!
- Je suis de retour, tu vois. Je suis venue pour rester.
- Chère petite ange!
Comment tu as pu me manquer tu sais!
Nous vous attendions que demain.
Comment êtes vous revenues de la gare?
- Comme deux courageuses, à pieds.
Nous avons laissé nos valises à la gare.
Je me suis ennuyée d'ici tout à coup
et je voulais montrer à Katherine tous mes coins secrets.
- Ah, voilà. Bienvenue aux Pignons Verts, mademoiselle.
- Euh, je suis touchée de votre accueil, je vous en remercie.
- Ce que ces fleurs peuvent êtres parfumés.
Absorbe-les, je t'en prie. Quel délice.
- Est-ce que tu vas m'arrêter tes sottises?
C'est de toi dont je veux entendre parler, pas des fleurs.
Je les respire quand je veux.
Vous êtes épuisées après un tel voyage.
Venez donc prendre un thé sur la véranda.
- Ah, allons-y tout doucement, Marilla,
je veux bien t'avouer que j'ai rêvé de cet instant toute l'année.
Je veux qu'il s'épreigne sans se hâter.
- Tout dépend si Rachel trouve qu'elle a son mot à dire.
Dans ce cas tu sauras vite ce qu'il se passe à Avonlea.
- Oh, Anne Shirley,
j'ai tellement de choses à te raconteur!
Si tu savais tout ce qui se passe ici...
- Ah, Rachel, moi aussi j'en ai à vous raconter.
Je suis vraiment très heureuse de vous revoir!
Bonjour!
Rachel, je vous présente Katherine Brooke.
- Très heureuse. - Rachel Lynde.
- Moi, je suis ravi de te rencontrer.
- Entrez, entrez donc.
- Les Pignons Verts n'ont pas changé.
C'est ce qui a de merveilleux
quand on revient chez soi, vous ne trouvez pas?
Katherine?
- (Presqu'aux larmes)
- ça ne va pas?
Est-ce que je peux vous aider?
- Vous ne pouvez pas comprendre.
Au fond, tout a toujours été si facile pour vous,
tandis que moi je suis prise au piège.
Je sais que je m'en sortirai pas, je le sais bien.
- Vous ne me détestez plus. Est-ce que je me trompe?
- Oh, Anne...
La haine doit être une maladie ancrée au fond de moi.
(Pleurant) Je ne pourrai jamais mener une vie normale.
- Si, vous le pourrez
et si tout le monde est libre et indépendant
et vous le serez aussi.
- Quand j'étais petite, il y avait,
je ne l'ai jamais oublié,
une très vieille gravure chez mon oncle suspendue au mur.
ça représentait une dizaine de chameaux tous en file
dans le desert, avec une belle palmeraie.
J'ai toujours rêvé d'aller voir cet endroit,
d'aller admirer...
le Taj Mahal,
les temples de Karnak.
Et je veux aller constater,
je ne veux pas seulement croire,
que la terre est ronde.
Je n'y arriverai jamais avec mon salaire de misère.
Il me faudra donc continuer
à prôner les vertus de la discipline et à discourir
sur les inépuisables ressources du dominion.
(Rit)
- J'ai toujours voulu devenir votre amie,
Katherine avec un "K".
Malgré toutes vos épines,
je sais que se cache la grandeur de l'âme soeur.
- C'est étonnant de voir
que la vie ne vous effraie jamais, Anne Shirley?
Je trouve que c'est bien le tout premier
endroit oú je sois allée
qui ressemble à ce qu'on peut appeler chez soi.
♪♪♪
(Le bébé pleure)
- Oui, unh?
- Oh... - C'est tantie Anne.
Tu la m'aimes? - Oh...
- Dis-moi qu'il n'est pas magnifique.
- Ah oui, c'est le plus beau bébé
que j'ai jamais vu, ma chère Diana.
- Ce sont tous les plus beaux et les plus adorables.
- Avant qu'il naisse, je voulais une fille
pour pouvoir l'appeler Anne,
mais maintenant je n'échangerais pas mon Fred
pour un million de cocottes.
- Et si c'était une fille elle agirait de la même façon.
- Je vous le donne, Katherine?
Vous aimeriez le prendre un peu?
- Non... je n'ai jamais tenu un bébé.
Je ne saurai pas comment faire.
- Ah, comment ça vous n'avez jamais tenu un bébé?
- Ah, ça fait peur.
On a l'impression qu'on pourrait le briser.
(Bébé arrête de pleurer)
- (Rigole) Vous voyez, hein?
Il vous a tout de suite adoptée.
- (Rit)
- Si tu savais comme je suis heureuse de revoir
l'amie que j'ai quittée.
Alors qu'est-ce qui se passe à Avonlea?
- J'ai grandi d'un pouce depuis que vous êtes partie
et cet idiot d'Anthony n'arrive plus à m'attaquer.
Je suis plus forte.
- Tu n'as rien de plus intéressant
à nous raconter Minnie May?
- Vous saviez que Gilbert était mourant?
- Tu peux pas te taire, non?
- Qu'est-ce que ça veut dire?
- Nous ne voulions pas te l'annoncer si brutalement,
c'est ridicule.
- Il a attrapé la scarlatina à la mi-session.
On pense qu'il l'a contractée à l'hôpital de de Halifax.
- Il a d- être trop épuisé par ses études je suppose.
Ils font tout pour le sauver.
Il a une infirmière diplômée avec lui.
♪♪♪
(Le cheval hennit)
- (Renifle)
(Frapper à la porte)
- J'ai ramassé ce paquet pour toi à la poste.
Tiens.
- C'est mon...
mais c'est mon livre.
- Et bien, ne reste pas là écarquiller les yeux!
Ouvre-le, tu verras.
- Oh, Marilla, je n'arrive pas à y croire.
Ils ont accepté mon manuscrit en février dernier
et ils m'ont même avancé $250.
- Ah, j'ai failli ne jamais le savoir.
- ça n'a rien d'une histoire d'amour
ou de quelque chose d'important.
C'est un livre un peu humoristique
sur Avonlea si tu veux.
Je l'ai écrit l'automne dernier.
Regarde.
Mais lis-le-moi... entièrement.
- "à Marilla et Matthew Cuthbert
pour leur amour et leur soutien inébranlable
ainsi qu'à Gilbert qui est le premier à m'inspirer l'idée
de cet ouvrage."
Là tu bats les records.
Tout le monde va croire que je t'y ai poussée.
Ah, la dédicace est très gentile, tu sais.
Je pense surtout à ce qui a trait à Gilbert.
ça tombe bien.
- Dis-moi oú il en est exactement.
- Ah, depuis le début, son cas a été vraiment critique.
Personne a eu de nouvelles cette semaine.
Par contre c'est un Blythe.
Il a une constitution qui jouera en sa faveur.
On les connaît...
si tu le veux, bien sûr.
- Marilla, l'apocalypse existe en chacun de nous,
c'est affreux. (Pleurant)
Comme j'ai été injuste. (Pleurant)
S'il lui arrivait malheur ce que...
Si qu'il savait à quel point je suis attachée à lui...
(Sanglotant)
- Ah voyons...
Allons...
Allez, calme-toi.
- Qu'est-ce que je deviendrais sans lui?
- Tu ne peux rien changer
aux décisions du tout puissant.
- (Quelqu'un siffle dehors)
(Sifflant)
- C'est Jerry Boote.
Il travaille toujours pour M. Blythe!
- Oui.
- ça doit être un signe.
Je préfère savoir même ce qui me dira n'est pas
ce que je souhaite entendre.
Jerry! Jerry!
Attendez-moi!
Est-ce que... vous savez comment va Gilbert?
- Euh, je crains qu'il n'aille pas très bien, hélas.
Les Blythe espèrent qu'il va se rétablir.
Je ne sais pas.
Le docteur pense que il va peut-être passer encore
un mauvais quart d'heure.
- Voulez-vous demander à M. Blythe
s'il veut lui remettre ça de ma part?
- Ah, venez dont avec moi.
Vous lui remettrez vous-même.
♪♪♪
♪♪♪
♪♪♪
- Bonjour, Gil.
C'est moi.
- Anne.
- Je suis venue te demander si tu voulais venir faire
une belle promenade dans la forêt.
- J'aimerais pouvoir le faire.
- En fait, je t'ai apporté mon livre.
J'ai fini par être publiée
et tu vois, ça se passe à Avonlea.
J'ai suivi tous tes conseils
et ce n'est pas écrit dans un jargon
"incompréhensible ni précieux" cette fois-ci.
La préface je l'ai d'abord dédiée à...
Marilla et à Matthew
et ensuite, à toi.
J'avais l'intention de te l'offrir pour ton mariage
et je n'ai pas pu attendre jusque là.
- Il n'y aura plus de...
il n'y aura plus de mariage maintenant.
- Tu vas te remettre, tu le sais.
Tu vas te guérir. (Reniflant)
- J'ai rompu les fiançailles.
ça n'aurait pas été juste pour Christine.
- Oh, Gil... - Il n'y a...
il n'y aurait jamais eu personne que toi.
♪♪♪
(Les oiseaux gazouillent)
- Ah, Anne, l'été a passé si vite,
mon Dieu c'est effrayant.
Celle dont le métier d'enseigner
est l'esclave du temps.
Je n'ai aucune envie de retourner là-bas.
- Ne soyez pas ridicule.
Il y a toujours un autre tournant sur notre route.
- Un tournant sur notre route, pas sur la mienne on dirait.
Je la vois, hélas, ma route toute droite devant moi
jusqu'à l'horizon.
- Regardez-vous un peu, voulez-vous?
Vous avez l'air en pleine santé,
surtout quand vous êtes coiffée comme ça d'ailleurs.
ça vous va beaucoup mieux.
En parlant de ça, j'ai appris
qu'il y avait deux jeunes gens très bien
qui se sont intéressés à vous.
- C'est vrai?
- Oui, et ils viendront au feu de joie ce soir!
- Ah, je ne saurai pas quoi leur dire.
Euh, vous serez gentille de m'aider, hein?
Sinon, ils vont me prendre pour une vieille pimbêche.
- Je vous ai dit que je ne voulais plus
que vous vous sous estimiez.
- Et j'aimerais avoir la moitié de votre assurance.
(Soupire)
Je vais finir par croire qu'ils sont magiques,
vos fameux Pignons Verts.
Bon, le mien est plein.
- Je vous suis.
Je vais m'arranger pour que Marilla ait trois paniers.
- (Les oies cancanent)
- Bonjour, Anne. - Bonjour, Gil.
Tu as l'air en forme, dis donc.
- Oui.
J'ai décidé de ne pas me laisser abattre.
ça aide, je pense.
On fait une petite promenade?
J'ai peur qu'on n'ait plus beaucoup
de ces magnifiques journées. Il faut en profiter.
- J'aimerais bien, oui,
mais Katherine et moi sommes invitées à un feu de joie.
Il faut qu'on parte dans une heure.
C'est la première fête à laquelle je l'amène,
et ça la rend nerveuse. - Ah.
On peut aller jusqu'à l'étang, si tu veux?
J'ai vraiment eu très peur pour toi, tu sais,
jusqu'à ce qu'on apprenne que le plus grave était passé.
- En fin de compte, je crois que j'ai eu de la chance.
Bien sûr, je ne suis pas encore tout à fait remis, mais...
je serai sûrement en forme pour attaquer la session.
C'est merveilleux que tu sois revenue à ce moment-là.
ça m'a beaucoup touché.
J'ai fini ton bouquin.
C'est du très beau boulot.
(Rit) ça m'étonne pas de toi.
- Ils prévoient déjà un deuxième tirage
à la maison d'édition.
Laborieuse a été la délivrance,
mais tu avais raison.
Je ne retourne pas à Kingsport.
Je préfère rester ici et me remettre à écrire.
- Déjà les donzelles t'ont donné du fil à tordre?
- Non.
Je suis allée à la recherche de mon idéal
loin en dehors de moi. Alors qu'au fond,
j'ai découvert que c'est la façon
dont on le nourrit en soit qui importe.
Le rêve le plus cher à mon coeur se trouve ici.
- J'espère que tu continueras à rêver.
Il me reste trois ans pour finir ma médecine.
Mais tu dois savoir...
que même là, il n'y aura pas...
de cités disparues et de châteaux de marbre rose.
- Je ne veux surtout pas de châteaux de marbre rose.
C'est toi que je veux.
♪♪♪
♪♪♪
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