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Original subtitles

Musique intrigante

Vrombissement du métro

Respiration haletante

- Bonjour. - Ah.

Tu es en retard. - Oui, je sais.

Pardon, M. Culson.

(Avec un accent britannique) - "Coulson", pas "Culson".

Tu ne bois pas ?

- Non. Pas au travail.

- Ah.

Tchin.

- Tout seul ici tout le temps, ça doit pas arranger les choses.

- C'est pour ça que tu devrais venir plus souvent.

- Pourquoi vous ne retournez pas en Angleterre ?

- Plus la force, mon ange.

J'ai eu beaucoup de succès là-bas, tu sais.

- Je sais, vous me l'avez dit cent fois.

- Faut que je le dise pour m'en souvenir.

Wild Fire.

"Traînée de Poudre" en français.

J'ai eu le Booker Prize avec ce roman.

- L'autre jour...

Vous m'aviez dit que vous aviez recommencé à écrire.

- Oui.

Et je viens de finir.

- Ah bon ?

- C'est une comédie pour le théâtre.

Mais ça sera jamais joué.

- Pourquoi ?

- En Angleterre, on dit que je suis has been.

Et en France, on dit que je suis beaucoup trop dark.

Tu veux la lire ?

Ca s'appelle Passwords.

Mots de passe.

C'est très drôle, je trouve. - Vous me la lirez un jour.

- Va chercher mon verre.

Allez.

- C'est bon ?

- Merci, mon ange.

- Pas trop chaud ?

- C'est parfait. C'est parfait.

Viens avec moi.

Prends ma robe de chambre.

Prends tout ce qu'il y a dans la poche.

Prends.

Maintenant, déshabille-toi

et viens avec moi.

Remous

Respiration difficile

Sur mon bureau...

Digoxine.

Vite !

Digoxine !

Gémissements

Soubresaut

Musique intrigante

- Vous m'avez dit que la porte s'ouvrait avec un mot de passe.

Vous m'avez dit de le noter, mais mon stylo n'avait plus d'encre.

- Décidément, quelque chose ne passe pas.

- Arrêtez de vous payer ma tête.

- Ah, votre tête...

Bon, nous allons nous arrêter là pour aujourd'hui.

- Je ne partirai pas sans le mot de passe.

- Levez-vous, Madeleine.

- Le mot !

Rires

Je veux le mot !

- Motus ? - Non.

Je l'ai sur le bout de la langue. - Bouche cousue ?

- Vous m'énervez.

- Ca passera.

Rires

Debout, Madeleine.

Applaudissements

- Bertrand, c'est la dernière, tu dois saluer.

- Mesdames et messieurs, Bertrand Valade !

- Ca se passe bien ? - Si c'est pas ça, un succès...

- Et à part ça ?

Oui, j'attends toujours la suite.

- Régis, pas ce soir.

- Arrête de le protéger. Faudra choisir.

- Tu veux me virer ?

- Dis pas de conneries.

Applaudissements

- J'ai beaucoup aimé l'écriture. Très beau travail.

Je peux avoir un autographe ?

Il y a quelque chose de british dans la musique des mots.

Vous avez vécu en Angleterre ?

- Ouais, c'est un peu vrai.

J'aime les Anglais.

C'est pour qui, la dédicace ? - Pour Thierry.

- Thierry.

Have a good trip, Thierry.

Bonsoir, un verre d'eau, s'il vous plaît.

Merci.

- A la suite.

- Je croyais que t'avais arrêté de boire.

- Tu m'avais promis une nouvelle pièce

à peu près maintenant.

J'ai dû rêver ?

- Je me suis lancé dans un roman.

- Tu déconnes ?

Plus de temps à perdre, Bertrand. Le compteur tourne.

- Parle pour toi.

- Où tu vas ?

- Je rentre.

- Et la fête ? - Quelle fête ?

- Tu peux pas partir comme ça. Je fais quoi, moi ?

- Tu me rejoins.

Si je lui donne pas quelques pages,

faudra rendre son fric. - T'inquiète pas.

- Je fais quoi si j'ai plus un rond ?

- T'attends d'en avoir.

- Comment ?

- Avec moi, tiens.

- Ca ne me dit rien. - Alors au boulot.

C'est quoi, quelques pages ?

- J'ai une idée de comédie. - Je peux savoir ?

- Non, c'est trop tôt.

Je tiens quelque chose.

- "Quelque chose", c'est le titre ? - C'est ça.

J'arrive pas à écrire, ici.

- Chez mes parents, à la montagne ?

Je te rejoindrai à la fin de la semaine.

- Pourquoi pas ?

- Je vais appeler Mme Germain, elle fera les courses.

- J'aurai plus qu'à écrire.

- Personne peut le faire à ta place.

Tu sais ce que m'a dit Laure, hier ?

- Elle tire toujours les cartes ?

- Qu'on était faits l'un pour l'autre.

- C'est effrayant. - Ouais, mais c'est comme ça.

- Alors... - Le chalet ?

- Ouais.

Musique intrigante

"Pensiero Stupendo" (Patty Pravo)

...

- Désolé. Richard Barrot.

Je vous rembourserai la vitre et le volet.

- Le whisky aussi ? - Fallait se réchauffer.

On était mal barrés.

- "On" ? - Eva.

Du whisky ?

"Pensiero Stupendo" (Patty Pravo)

- Richard, qu'est-ce que tu fous ?

J'ai soif.

Vous gênez pas.

- Je suis chez moi. - Et ? Sortez !

Et fermez la porte.

- Vous la trouvez comment ?

Si vous voulez qu'on se la partage...

- Allez-vous-en.

- Pardon ? - Fous le camp.

- Je vais la chercher.

Vous êtes malade ?

Eva, descends !

Musique intrigante

- Qu'est-ce que vous faites ?

- Ca t'ennuie de changer de client ?

- Où est Richard ?

- Dehors, au congélo.

Allez...

- Tu t'es pas loupé.

- Je suis tombé dans l'escalier. - Chute libre ?

Ce serait un titre amusant.

Sinon, t'en es où de ton roman ?

- Figure-toi que c'est devenu du théâtre.

Un type rencontre une fille dans une soirée.

Il essaie de la sauter.

Elle lui éclate un cendrier sur le crâne.

Il se réveille à l'hôpital, il voit sa fiancée

et il fait semblant de pas la reconnaître.

T'as compris ?

C'est l'histoire d'un type qui fait croire qu'il est amnésique.

Il peut tout se permettre, sans mémoire.

- Mouais...

Faut voir.

- Tu verras.

- Caroline et Alban t'attendent.

- Salut, Bertrand.

- Salut.

- T'as glissé ?

- C'est ça.

- Annecy pour rôder la tournée.

Lyon, Grenoble,

Marseille, Toulouse.

- Pourquoi Annecy ? - Demande à Caroline.

On commence dans 15 jours.

Mais va falloir faire quelques coupes.

Bon...

Je vous laisse. - Oui.

Cliquetis du clavier

Sonnerie de téléphone

- Tu me mens et j'en ai marre.

- Je mens pas.

J'étais beurré et j'ai glissé dans l'escalier.

Je me suis évanoui.

- Tu t'es évanoui ?

- Ouais.

Aucun souvenir.

- Tu cuvais.

Les cambrioleurs ont arraché un volet, cassé un carreau,

rien volé. Rien.

C'est ce que Mme Germain m'a dit.

- C'est tout ?

- Non, c'est pas tout. Ne me prends pas pour une conne.

- Tu fais chier.

- OK.

- OK.

Elle fait couler de l'eau.

Sonnerie

Oui, c'est moi.

Denis...

Ah, oui.

Excusez-moi, je confondais avec "Jean-Denis".

Bien sûr, Denis. Comment allez-vous ?

A cette heure-ci ?

Ca va vous coûter bonbon.

Sonnette

- Le Beaulieu, c'est un théâtre très actif.

70 000 spectateurs par saison.

Tu roupilles ?

- Non.

- Caroline, c'est quelqu'un d'entier.

On se parle beaucoup, tu sais.

- Tant mieux.

- Elle t'aime, c'est sûr.

- Alban, j'ai aucune envie de parler de Caroline avec toi.

- Bon... T'as lu les coupes que je te propose ?

- Oui. Je suis d'accord avec tout.

- On dirait que ça te concerne pas.

- Pour moi, Mots de passe, c'est du passé.

- On sent le dialoguiste. - Je te remercie.

- Si tu t'en fous, pourquoi t'es là ?

- Salut.

Un petit souvenir. On avait la même cliente, Mme de Tassin.

- Ah oui.

Elle va bien ?

- Elle est morte.

Toi, tu continues ?

- Non, j'ai arrêté.

- T'as du bol.

Bon, salut. A la prochaine.

- Je suis crevé, je vais me pieuter.

- Quelle heure, demain ?

- T'es pas obligé de venir.

- Quelle heure ?

- 8 h. J'ai rendez-vous avec le régisseur.

- D'accord, je verrai.

Caroline t'a demandé de me fliquer ?

- Te fliquer ? Toi, vraiment ?

- "Qu'est-ce que vous faites ?" Lui :

"Ca t'ennuie de changer de client ?"

Elle : "Et Richard, il est où ?"

Non. "Il est où...

"Il est où, Richard ? Où est Richard ?"

"Où est Richard ?"

Richard.

Non, Robert. "Où est Robert ?"

"Où est Robert ?" Lui...

"Dehors, dans le congélo."

Musique douce

Excusez-moi.

C'est libre ?

- 1 050 euros, monsieur. Merci.

- Merci.

- Mise employés. - Merci.

- Faites vos jeux.

Les jeux sont faits.

Rien ne va plus.

- 4 noir gagne.

Rien au numéro.

Faites vos jeux.

(- Je vais à la caisse.)

- Les jeux sont faits.

Rien ne va plus.

17 noir, impair et manque. Cheval plein.

Faites vos jeux.

- Y a quelqu'un, ici.

- Ca ne vous étonne pas de me voir ? - Pas du tout.

Mon ami est allé se recaver, allez vous asseoir ailleurs.

- C'est vraiment votre ami ?

- Tous les hommes qui paient sont mes amis.

- Alors on peut se revoir ?

- Les jeux sont faits.

Rien ne va plus.

13 noir, impair et manque.

- Vous me portez la poisse.

- Rien au numéro.

Faites vos jeux.

- Bonjour.

Tonalité

*- Bonjour.

C'est Eva. Laissez-moi vos coordonnées.

Bip

- Bonjour.

Bertrand. On s'est vus hier soir au casino.

06 03 10 53 88.

- Il fait beau.

- Pardon ? - Il fait beau.

- Oui.

- Philippe, Théo...

Amenez-le là, par ici.

Voilà, tu le visses.

- Je te présente Mathis, qui fait la régie.

- Salut. - Bertrand.

Bien dormi ?

- Pas vu le temps passer.

Sonnerie de téléphone

Excuse-moi, c'est Caroline.

Allô ?

Tu viens quand ?

*- Pas avant le week-end, j'ai trop de boulot.

- Dommage.

*- On peut se retrouver au chalet, ça te ferait des souvenirs.

- Arrête avec ça.

*- C'est bon, j'arrête.

- T'arrêtes quoi ?

*- De te persécuter. Allez. - Allez.

- Emmène-le côté jardin.

Tu le visses.

Dévisse.

C'est bon.

- Tu vois, ça s'arrange.

- Va falloir changer un peu le décor.

Sonnerie de téléphone

- Pardon, c'est encore Caroline.

*- Vous m'avez appelée ? - Eva ?

*- J'ai du temps à 16 h. Ca va ? - OK.

*- L'adresse : 12 rue de l'Etraz.

- Je note.

*- 16 h.

12 rue de l'Etraz.

- Très bien.

Au revoir.

- Visse-le.

Légèrement... C'est bon.

Pose.

Merci, les gars.

Musique intrigante

Le portail s'ouvre.

- Bonjour. - Bonjour.

- Entrez.

- Merci.

- Je prends votre manteau ?

Vous voulez boire quelque chose ?

- Volontiers.

- C'est ma salle d'attente. Champagne ?

- C'est un forfait ?

- Pardon ?

- La boisson est comprise ? Vous prenez combien ?

- 300, avec la coupe.

Pourquoi vous me regardez comme ça ?

- Vous avez tort de vous maquiller.

- Vous aimez pas ?

- Vous seriez plus belle sans ce barbouillage.

- C'est pas vrai.

Je me sens moche, sans.

Bon, champagne ou pas champagne ?

C'est pour me montrer ça que vous êtes venu ?

Vous l'avez cherché.

- C'est un peu vrai. J'aurais pas dû vous traiter comme ça.

- Je peux être sauvage quand on veut m'humilier.

- C'est comme ça que vous traitez les hommes ?

- Ca peut arriver. Mais ils reviennent.

- Ca vous regarde. Un jour, ils reviendront plus.

Petit rire

- J'ai jamais couru après personne. Je vais pas commencer.

- Pourquoi pas arrêter ?

- Arrêter quoi ?

- Les clients.

- Faut bien vivre.

Sans rancune ?

- Sans rancune.

- C'est juste pour papoter que vous êtes venu ?

Si c'est le cas, vous me faites perdre mon temps.

- C'est grand, ici, pour vous.

- C'est chez une amie de mon mari.

- Votre mari ?

- Oui, mon mari.

- Il fait quoi ?

- Il est marchand d'art.

Il s'appelle Georges.

- Il vit où, Georges ? - Un peu partout.

Il passe son temps à faire le tour du monde.

C'est un expert très réputé.

- Il est au courant de... votre activité ?

- Ca ne vous regarde pas.

- Il faut que je retourne au théâtre.

- Quel théâtre ?

- J'ai écrit une pièce qui marche fort à Paris.

On va la jouer ce soir ici pour la première fois.

Mots de passe. Ca vous parle ?

C'est le titre de ma comédie.

- Ca alors !

Je pensais pas... - Quoi ?

- Enfin... Vous n'avez pas l'air de travailler dans le spectacle.

- Si ça vous tente, je laisserai une place pour vous.

- Ce n'est pas ennuyeux ?

- J'ai juste besoin de votre nom.

- Eva.

- C'est tout ?

- Eva.

Marlin.

- Alors peut-être à ce soir.

Ca commence à 20h30, essayez de venir 15 minutes à l'avance.

C'est pour le temps perdu.

- Merci.

Vous voulez pas boire de champagne ?

- Une autre fois.

Sonnerie

Eva Marlin, toujours pas venue ?

- Non, monsieur. Son billet est toujours là.

- Merci.

Rires

- Je tombe. - Vous tombez.

Rires

- Ca commence bien.

On a fait le plein.

Musique intrigante

Tonalité

*- Oui ?

- C'est Bertrand.

*- Ah, bonjour.

- Je vous ai attendue.

- Ah bon ?

Mais je ne vous avais rien promis. Je ne pouvais pas.

*- Pourquoi ?

- Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?

Pour mes enfants.

Georges m'a fait une visite surprise.

*- Ah oui.

Georges.

- Ben oui, il devait prendre l'avion pour Singapour.

Sonnette

Un vrai courant d'air.

Mais ça m'arrange. Faut que je vous laisse.

- Comment tu me trouves ?

T'as l'air convaincu.

Qu'est-ce qu'on fait ? T'as faim ?

Ca va pas ?

- Si, si.

- Regarde ce que j'ai trouvé.

C'est du toc.

Elle a un goût de chiotte ta copine.

- C'est pas ma copine, si tu veux savoir.

- Oui, je veux savoir.

- Tu ne me croirais pas.

- T'as raison. Alors ne les amène pas chez moi.

Ca avance ?

J'ai pas le droit de lire ?

- Non, c'est des notes.

- T'en veux ?

- C'est quoi ?

- Je pourrai lire quand ?

- Surprise.

C'est chaud, ton truc.

Cliquetis du clavier

- Tu dors ?

Tu parles en dormant. - Qu'est-ce que j'ai dit ?

- Tout.

- Quoi, tout ?

- Rien du tout.

- Alors ?

Le pauvre mec qui a perdu la mémoire ? T'as continué ?

- Non.

J'ai une meilleure idée.

- Décide vite ou tu te retrouveras au chômage.

- C'est l'histoire d'une prostituée dans une ville de province.

- Passionnant.

- Une professionnelle qui a pignon sur rue.

Elle rencontre un type qui devient fou d'elle.

- T'as baisé avec une pute ?

- Tu me laisses terminer ?

- Vas-y.

- Le type se rend compte qu'elle est froide.

Calculatrice.

Menteuse, égoïste.

Il décide de la battre à son propre jeu.

- Comment ça ?

- Si tu veux savoir, c'est que ça t'intéresse.

- Continue.

- Il veut qu'elle tombe amoureuse.

- Elles sont incapables de ça.

- Justement.

Le public va se dire la même chose.

Va-t-il réussir à la piéger ou non ?

- D'après toi ?

- Je me lance ?

- Un mois.

Je te donne un mois.

Elle s'appelle comment ?

- Eva.

- Choukri.

Marlin.

Loiset.

La porte s'ouvre.

On verrouille la porte.

- T'as mauvaise mine.

- Oh ! T'as vu ta tête ?

Ton estomac, ça va ?

- Le médecin veut que je fasse une fibro, mais c'est le bordel.

Je te raconte pas la liste d'attente.

Un ulcère ici, c'est banal.

- Tu prends quoi ?

- La vie du bon côté.

- Comment tu fais ?

Tu manges, au moins ? - Oui, ça va.

Je cantine.

T'as vu Marion ?

- Oui, on doit déjeuner un de ces quatre.

Elle connaît

un commissaire de police. - Un client ?

- Oui, j'imagine.

- Et alors ?

- Rien, ça peut toujours servir. C'est ce qu'elle dit.

- Oui...

Santini, t'as des nouvelles ? - Oui.

Je lui ai parlé, il est confiant.

- Tant que tu le paies, il l'est.

Jusqu'à quand tu vas faire ça ?

- Faut que j'y aille, j'aime pas rouler la nuit.

Il relit ses mots.

- Elle : "Arrêter quoi ?" Lui : "Ben, les clients."

Elle : "Faut bien que je vive."

Faut bien que je vive...

- Tu parles tout seul ?

- Oui, j'écris comme ça.

- Tiens, tiens...

- Quoi ?

- C'est plat. Tu vaux mieux que ça.

- Je t'avais dit d'attendre.

- T'avais raison.

C'est trop 1er degré.

- Le 2e degré, ça vient après.

- C'est le 3e qui compte.

- Le 3e ?

- Ben oui.

On va du 1er au 2e. On revient au 1er, c'est le 3e degré.

- C'est du Régis, ça.

- Non.

Mots de passe, c'est ça. C'est toi qui l'as écrit, non ?

Et ça marche, non ?

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Je vais chercher à dîner. Ca mettra peut-être longtemps.

La porte claque.

- C'est Bertrand.

On peut se voir ?

*- Je vais être occupée.

- Je vous invite à dîner. Ca vous dit ?

Alors ?

*- Je dis pas non... Mais je décide le restaurant.

Pour la soirée complète, je prends 500.

- Hors taxes ? *- Quoi ?

- Je plaisantais.

*- 18 h chez moi. On ira avec ma voiture.

- Très bien.

A tout à l'heure.

Musique douce

Jolie robe.

- Merci.

Vous vous attendiez à ce que j'ai l'air d'une poule ?

- C'est vrai. Je reconnais.

Ca veut dire

que je vous connais mal.

- J'aime pas conduire le soir.

Je vois mal.

- Vous voulez que je prenne le volant ?

- Non, non.

- Merci.

- Santé.

- Tenez.

Je crois que c'est à vous.

- Merci. J'y tiens beaucoup. Elle a beaucoup de valeur.

- Ah bon ? - Un cadeau de Georges.

C'est drôle, je viens souvent ici avec lui.

- Il est encore en voyage ? - Ouais, ça n'arrête plus.

C'est monstrueux.

- Et vous ? Vous voyagez beaucoup ?

- Non, moi, j'ai très peur en avion.

- Il ne sait pas ce que vous faites ?

- Vous avez déjà demandé.

- Ca m'intrigue.

- S'il savait, il me tuerait.

Et vous ?

- Si je suis jaloux ?

- Non !

Mais non.

Vous vivez seul ?

- Oui. - Non.

Je ne vous crois pas.

Vous avez bien quelqu'un.

- Non.

Vous êtes obligée de faire ça ?

- On peut parler d'autre chose ?

Monsieur ?

- Madame ?

- Le féra des Tresoms.

- C'est notre classique. - Oui, je sais.

On peut commander ? J'ai très faim.

- Oui...

- Prenez le féra des Tresoms. C'est très bon.

- Féra des Tresoms.

Comme dessert,

le chariot de Savoie, ça vous tente ?

- J'aimerais mieux une autre bouteille.

- Vous êtes sûre ?

- Charmes comment ?

- Charmes-chambertin.

- Ah oui, charmes-chambertin.

J'aimerais bien m'appeler comme ça.

- Eva, c'est votre vrai prénom ?

- Bien sûr que non.

Mais je m'appelle vraiment Marlin.

Qu'est-ce que ça peut vous faire ?

Allez, je vais bientôt être à sec.

- Vous sortez souvent avec vos clients ?

- Au restaurant ?

Ca peut arriver, mais c'est rare.

La plupart du temps, ils sont pressés d'en finir,

et moi aussi.

Avec vous, c'est un peu différent.

- Un peu ?

- Un peu, c'est déjà pas mal.

Vous savez,

j'ai tapé votre nom sur Internet.

- Oui ? - Vous êtes connu.

J'ai regretté de pas être allée au théâtre.

- A cause de Georges.

- Pas du tout.

Au théâtre, j'ai toujours peur de m'endormir.

- Une autre fois. - Oui.

- Charmes-chambertin, 2005, Domaine Castaldie.

- Parfait. - Merci.

- Moi, je suis...

incapable de conduire.

Et vous ?

Demandez si on peut prendre une chambre.

- Oui.

(- Il peut à peine marcher.)

Une porte s'ouvre.

T'es comme les autres. T'es normal.

Y a que ça qui t'intéresse.

Elle s'enferme dans la salle de bain.

(Pars pas.)

(Pars pas.)

(Pars pas...)

(Reste avec moi...)

(Reste avec moi.)

(Pars pas...)

(Ah !)

J'ai la tête en compote.

- On a...

- On a quoi ?

Non, je m'en souviendrais.

Moi, j'ai encore sommeil.

Tu fais quoi ?

- Du café.

T'en veux ? - Non, je veux dormir.

Et mets-toi ça dans la tête : il n'y a que Georges dans ma vie.

- Je t'ai rien demandé.

- Je préfère que ce soit clair.

T'as aucune chance.

Si tu veux qu'on fasse l'amour, on peut. Tu m'as payée pour ça.

T'attache pas à moi, c'est tout.

- Tout s'est bien passé ? - Très bien.

Vous pouvez m'appeler un taxi pour Annecy ?

- Je m'en occupe, M. Valade.

S'il vous plaît.

S'il vous plaît. - Merci.

"Je préfère que ce soit clair.

"Michel est tout pour moi, tu n'as aucune chance.

"Si tu veux faire l'amour, on peut. Tu m'as payée pour ça."

Lui : "Je te plais ?"

"Est-ce que je te plais ?"

Sonnerie

"Je sais que je te plais."

*- T'es où ?

- Chez des amis.

*- Qui ça ?

- Tu les connais pas.

*- Tu mens, mais je m'en fous. - C'est toi qui es partie.

*- Je suis pas partie, je t'ai laissé seul.

Tu me manques. Tu reviens quand ?

- En fin de semaine. Peut-être avant.

*- J'ai couché avec Régis.

Elle raccroche.

Musique intrigante

- T'as vraiment couché avec lui ?

- Mais non, ducon.

- Tu veux toujours te marier ?

- "Mots de passe." Très joli titre.

- Et à part le titre ?

- Je n'ai pas intérêt à dire du mal de vous.

- Et votre prochaine pièce ?

- Ca prend forme.

- Une comédie ?

- Pas vraiment.

- J'ai du mal avec les pures comédies.

- Henri est très Tchekhov.

- "Vous le savez déjà,

"votre Cerisaie sera vendue pour dettes.

"La vente est fixée au 22 août,

"mais ne vous inquiétez de rien, chère amie, dormez en paix."

- Henri a une mémoire d'éléphant.

- Je crois que j'aurais bien aimé faire du théâtre.

- Ah oui ?

Comme auteur ? - Non.

Comme comédien, bien sûr.

- Bien sûr.

- Je me dis souvent qu'un bloc opératoire

a quelque chose à voir avec le théâtre.

- Oui, le théâtre des opérations.

- Si on parlait du mariage ?

Quand ?

Juin ? - Tout me va.

Vibreur

Excusez-moi.

- Bon, va pour juin, alors.

- Moi aussi, tout me va.

- C'est de la connerie, ce mariage.

- Je te demande pas d'être témoin. - C'est pour te rassurer ?

Pour le fric ?

T'as envie de me cogner, c'est ça ?

Parfois, je me dis que tu serais capable de tuer quelqu'un.

- C'est tout ?

- Je t'ai filé 20 000 euros d'avance et je vois rien venir.

T'en es où, dans tes travaux pratiques ?

- Eva est en train de s'accrocher.

- Et toi ?

- Quoi, moi ?

- Je suis vraiment con de te payer.

- C'est pas moi qui t'ai forcé.

- T'as pas écrit une ligne, c'est ça ?

Tu te fous de ma gueule depuis le début.

Elle existe, au moins ? Je commence à en douter.

Tonalité

*- Bertrand, c'est toi ?

Pourquoi tu dis rien ? Tu m'entends ?

- On peut se voir quand ?

*- Pas avant demain. J'ai des rendez-vous.

- En fin de matinée ?

*- 17h30, ça te va ?

T'es où ? A Paris ? - A demain.

- Et...

Elle est comment ?

- Qui ça ?

- Ben, elle. Ton Eva.

- Ah, ça t'intéresse.

- Elle a quel âge ?

- Je sais pas, je m'en fous. - Plus vieille que toi ?

- Plus jeune que toi, en tout cas.

Je t'envoie sa fiche ?

On sait jamais.

- Mme Marlin ?

Maître Santini va vous recevoir.

- Georges a effectué la moitié de sa durée d'incarcération.

Il est possible de demander une libération conditionnelle.

- Ca dépend de qui ?

- Du juge d'application des peines.

Si c'est accepté, il sera suivi par un conseiller de probation.

- Il a des chances ?

- Il faudra qu'il trouve un employeur.

- Il a des relations.

- Je n'en doute pas.

Mais hors de question de travailler dans les antiquités.

- Une galerie d'art ?

- Encore moins, madame.

Je connais un imprimeur à Paris.

- Un imprimeur ?

Il n'y connaît rien.

- Photocopies, reprographie, 3D, ça s'apprend vite.

- Vous feriez un boulot comme ça ? - Mme Marlin.

Il faut trouver un employeur

qui accepte quelqu'un qui sort de prison.

Par les temps qui courent, c'est pas évident.

- En liquide, ça vous dérange pas ? - Pas du tout.

Merci.

Comment va Marion ?

- Elle va très bien.

Je la vois bientôt. - Transmettez-lui mon bon souvenir.

- Je n'y manquerai pas, maître.

- C'est toi qui as mis le miroir au plafond ?

- Non, c'était là.

Même quand ils sont moches, ils aiment se regarder.

- J'aimerais connaître ton mari.

- Je suis sûre qu'il te plairait.

Georges, tout le monde l'adore.

Ca me met en colère de voir les gens lui courir après.

J'ai envie de leur dire qu'il n'est pas toujours commode.

Il peut être très violent, même.

- Ah bon ?

- Un jour en se réveillant, il m'a assommée.

Il m'a expliqué qu'il avait fait un cauchemar.

Je crois qu'il est un peu fou.

J'attends quelqu'un, faut que tu y ailles.

- Tu aurais pu me prévenir.

- C'est un extra qui jouit très vite.

Tu peux m'attendre là-haut.

Tu fais l'aller-retour, non ?

- Ouais, j'ai un train dans une heure.

- Laisse tomber, on n'aura pas le temps.

- On pourrait être amis. - C'est encombrant.

- Je pourrais t'emmener en voyage. - Où ça ?

- Je sais pas.

Tu connais Venise ?

- Avec Georges, il y a longtemps.

- S'il mourait, tu serais triste ? - Je me tuerais.

Musique intrigante

Sonnerie de téléphone

Vibreur

Sonnerie de téléphone

Vibreur

Oui ?

C'est moi.

Vous êtes qui ?

On se connaît ?

Ca ne me dit rien.

Aujourd'hui, je travaille ailleurs.

Ce soir, si vous voulez.

Deux secondes.

A 19 h, je serai de retour. Ca vous va ?

Vous n'êtes jamais venu chez moi ? On s'est vus où, alors ?

C'est possible.

12 rue de l'Etraz.

D'accord.

A ce soir.

Des cloches sonnent.

- Eva ?

- Oui. - Thierry.

- Vous voulez boire quelque chose ?

- Je n'ai pas trop le temps. On y va ?

- Si ça vous va, on y va.

Non, non.

Je paie mes consommations.

- La 12. - Oui, monsieur.

S'il vous plaît.

- Marion ? T'es où ?

Ben, oui, j'y suis.

- J'ai pas eu le temps de manger.

T'en veux ?

- Non, merci.

- T'as vu Thierry ?

Un rapide, lui.

- Même pas un quart d'heure.

- L'idéal.

- On fait quoi ? - J'ai une petite heure devant moi.

La porte grince.

Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Je ne sais pas.

Depuis ce matin, j'ai l'impression d'être suivie.

Hé !

Sonnette

Vous êtes qui ?

*- Bonsoir, c'est Jean-Louis.

On avait pris rendez-vous.

- Jean-Louis ?

*- Ce matin, au téléphone.

- Vous êtes venu en voiture ?

*- Oui, pourquoi ? - C'est quoi ?

*- Une Clio noire.

- Pourquoi vous m'avez suivie ? Que me voulez-vous ?

*- Vous devez faire erreur. Mais c'est pas grave.

On m'avait dit que vous étiez quelqu'un de sérieux.

Bonne soirée.

- Attendez, je vous ouvre.

Qui vous a parlé de moi ?

- Un ami qui ne veut pas dire son nom.

Il va se marier.

- Beaucoup de mes clients sont mariés.

- Je vous suis ? - Oui.

C'est ma salle d'attente.

- Comme chez le médecin ? - Souvent, je me dis ça.

- Vous prenez combien, docteur ? - 300 avec le champagne.

Payable à l'avance.

Jean-Louis. Vous êtes le premier qui s'appelle ainsi.

Santé.

- Santé.

- Vous n'étiez pas tout à l'heure sur l'autoroute ?

- Non, désolé.

- Bizarre.

- Je suis juste de passage.

Je viens de Belgique.

- Vous êtes belge ? - Pas du tout.

- Bon.

On va pouvoir...

- Pas tout de suite.

- Comment ça ?

- Je peux vous faire une confidence ?

Ca m'excite de parler avec quelqu'un qui m'excite.

Le reste ne m'intéresse pas vraiment.

Je trouve ça assez vulgaire, pour tout vous dire.

- Faut de tout pour faire un monde.

Vous êtes marié ? - Non, quelle horreur.

- Personne à l'horizon ?

- J'ai fait la bêtise de tomber amoureux d'une jeune femme

qui en aime un autre.

C'est d'une banalité...

- Ca arrive.

Vous voulez pas vous déshabiller ?

Ca vous changera les idées.

- J'ai couché avec elle une fois.

Une seule fois.

- Vous voyez, ça vous arrive.

- Elle l'a fait par dépit.

- Par dépit ? Qu'est-ce que ça veut dire ?

- Sans le vouloir. - C'est vous qui le dites.

- Elle est très jeune.

Plus jeune que moi.

- L'âge est pas important si on s'entend bien.

- Vous avez des habitués ?

- Plutôt, oui.

- De tous les âges ?

- Plutôt votre âge. Et des jeunes aussi.

- Très jeunes ? - Des jeunes.

Pas des enfants. Enfin, pas encore.

Vous n'êtes pas un enfant ?

Si ?

Un peu ?

Allez.

- Je vais vous laisser dormir. Vous êtes épuisée.

Je peux vous embrasser ?

- Non, je vous raccompagne.

T'as maigri.

- Ca tombe bien, je prenais du bide.

- Je pense à toi tout le temps.

- J'ai fait ma demande de libération.

- Santini te cherche un boulot.

- N'importe quoi, pourvu que je sorte d'ici.

- La Noce chez le photographe.

C'est quoi, déjà, le nom du peintre ?

C'est un nom composé. J'ai oublié.

- Dagnan-Bouveret. C'est vrai qu'il n'est pas très connu.

Pourquoi tu demandes ?

- Je sais pas.

J'aime bien ce tableau.

- Marlin, fin de parloir.

- Ca va nous faire du bien.

- Hum ? - Ca va nous faire du bien.

- Ah oui. L'air pur.

- Laisse tomber le théâtre. Ca viendra quand ça viendra.

- Je veux aller au bout.

- Si on se marie, il faut un voyage de noces, non ?

- Ouais, ça se fait.

On irait où ?

- T'es jamais allé à Venise ?

- C'est pas un peu cliché ?

- C'est ça qui est bien.

- Ah oui, le troisième degré. - Voilà.

- D'accord pour Venise.

Mais je m'occupe de tout.

- Tout ? Vraiment tout ?

- Tout.

Vibreur

- Oui, Alban ?

Quoi ?

Quand ça ?

Mais la dernière fois que je l'ai vu, il avait l'air...

OK, j'arrive.

Régis a fait un malaise.

Alban dit que c'est grave.

- Il est où ?

- Je vais demander à mon père de passer le voir.

C'est quoi le premier TGV pour Paris ?

- Tu veux que je vienne avec toi ?

- Non.

Coup de sifflet

*- Je t'ouvre.

Je croyais que tu voulais plus me voir ?

Tu me paieras plus tard.

J'ai un bain qui coule, j'en ai besoin.

- T'as beaucoup travaillé ?

- Trois dans la matinée, c'est pas mal.

- Je suis dans les trois ? - Non, t'es le 4e.

Allez, viens ! Viens.

Tu sais, j'ai réfléchi, je suis d'accord.

- D'accord pour quoi ? - Pour Venise.

Je suis très fatiguée.

Ca me fera du bien.

T'as vu ma tête ?

Je me trouve horrible.

- Ca te dirait de passer la nuit au chalet ?

Tu t'en souviens ?

- Si je m'en souviens ?

Et toi ?

- Trou noir.

Musique inquiétante

Musique douce

- C'est fini.

Elle sanglote.

- Bertrand, t'es où ?

Tu peux m'acheter des clopes ?

Et Paris Match.

Merci. T'es un amour.

Musique intrigante

"Pensiero Stupendo" (Patti Pravo)

*- France Bleue Pays de Savoie.

*- Les risques d'avalanche sont très élevés...

Sirènes

- Tu savais qu'elle viendrait !

Tu l'as fait exprès ?

Tu l'as fait exprès ?

Ramène-moi chez moi !

Tu m'entends ?

Tu m'entends ?

*- Caroline. Laissez un message.

- Ramène-moi !

- Monsieur ?

Vous pouvez pas rester. Il y a eu un accident.

Musique intrigante

- Premier et deux.

Les jeux sont faits.

Et rien ne va plus.

Quatre, noir, pair et manque.

Le portail s'ouvre.

- Je prends 600, maintenant.

- Je suis venu te tuer.

Elle rit.

- Tu me feras toujours rire.

Attends-moi là, j'arrive.

- Eva ?

- Donne.

Cri de douleur

- Heureusement que vous l'avez trouvé.

Ca aurait pu être pire.

Musique intrigante

- Ne reviens jamais me voir.

Plus jamais.

Chut...

Musique intrigante

- Tu viens ? Marion nous attend.

* Musique douce

- Il veut voir le tableau.

- Oui, c'est au deuxième...

- C'est qui ?

- Personne.

Musique intrigante

Sous-titrage TITRAFILM

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