All language subtitles for Joseph L. Anderson - Spring Night, Summer Night .1967._fre

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Original subtitles

Hé !

Carl !

Tu fais quoi, là ?

Tu vas me le rembourser.

Retourne travailler.

Tais-toi, Ben.

Seigneur, nous vous remercions pour la nourriture que nous allons prendre.

Bénissez-nous.

Et veuillez nous donner ce qui nous revient.

- Amen. - Amen.

Jess, où est le sel ?

Sur la cuisinière, je crois.

Si ça te dérange pas de le récupérer...

Il manque de sel.

Me dis pas ça à moi !

J'y vais prendre ce foutu sel.

Surveille ton langage.

Tu fais trop le malin depuis quelque temps, fiston.

Écoute ce que te dit ton père.

Sois plus gentil avec ta mère, compris ?

Mon père m'aurait collé une baffe si j'avais fais ce que t'as fait.

T'es pas assez costaud pour m'empêcher de te le faire aussi.

Et ça compte pour toi aussi.

Le respect se perd dans cette maison.

Tu vois comment ta fille me traite ?

Quand est-ce que tu vas lui enseigner le respect ?

C'est pas à moi de le faire.

Tu t'attends à quoi ? Ton fils arrête pas de l'ouvrir.

Il nous a jamais respectés, ni toi, ni moi.

En plus, c'est même pas mon fils.

Si t'as fini, va retrouver grand-mère.

Et fais-le sortir d'ici.

Viens, on va regarder la télé.

Bonne nuit, fiston.

Chris ?

Chris, débarrasse la table.

Je vais à Straightsville.

Tu m'emmènes pas danser ?

- On est samedi soir. - Non, je vais à Straightsville.

Alors je demanderai à Carl.

Jessie prend son bain.

C'est ma fille, non ?

Prépare-toi si tu veux venir avec moi.

Me dis pas que tu as un rancard ?

Tu comptes monopoliser cette baignoire encore longtemps ?

Pas le temps de prendre un bain.

Je vais me faire du pognon ce soir.

Avec ce vieux machin tout sale ?

N'importe quoi, c'est un vrai guerrier !

Descends de là !

Sors d'ici !

Allez !

Arrête-le ! Non !

Arrête !

Qui m'emmène à mon rendez-vous ?

Alléluia, loué soit le Seigneur.

Faisons pleuvoir le Ciel et chantons les louanges de Dieu tout-puissant

avec l'Hymne 319, "Êtes-vous lavés par le sang ?"

Tu vas rester planté là toute la nuit ?

Faut bouger de là ma petite dame !

Tu veux aller faire un tour ?

Tu penses toujours à partir ?

Ouais. Je vais me barrer.

Faut que tu viennes avec moi.

Je peux pas.

Pourquoi pas ?

Jess, tu comptes t'occuper de toute cette fichue famille pour le reste de tes jours ?

Toutes ces corvées.

T'attends rien d'autre de la vie ?

Il y a rien ici pour toi et moi.

Je suis censée faire quoi ?

Me marier à un glandeur comme Erna Campbell et Sue Jane ont fait ?

Allons boire une bière.

J'ai pas envie d'y aller.

Je viens de poser un lapin à Harold Watt.

Il va penser quoi si j'entre avec toi ?

T'en as rien à fiche de ce que ces péquenauds peuvent penser.

Salut Dolly, salut Tom.

La place est prise ?

Hé ! Tu veux danser avec moi ?

Carl !

Je pose ma bière là.

Pendant un temps, il en pinçait vraiment pour Jessie.

Ils parlent de toi.

Je lui ai dit, mais j'imagine qu'il est pas si stupide.

Et je peux affirmer hors de tout doute que May Roy est pas une coincée !

Jim serait pas prêt à l'affirmer !

Vous deux, c'était du sérieux.

Mais vous vous êtes séparés comme ça.

Il est devenu quoi ? T'avais pas gardé sa photo dans ton portefeuille ?

Celle de la remise des diplômes.

Il est trop bizarre.

C'est ça.

T'as besoin d'un peu d'exercice. Tu te laisses aller.

Hé, tu bois seul ce soir ?

Excusez-moi.

Tu fais quoi ?

Une autre bière !

Je me saoule.

Pourquoi tu te jettes sur ces types comme ça ?

Tu te trompes !

Me mens pas. Je t'ai vu.

J'ai le droit de m'amuser de temps en temps !

Tu vas te calmer, tu m'entends ?

T'as vraiment picolé ce soir, Carl.

Carl !

Carl !

Merci.

Hé, Carl !

Hé !

Hé Carl, t'étais passé où ?

T'as vu ça ?

T'étais passé où, mon pote ?

À Columbus.

Où ça ? J'entends pas !

Alors éteins-le !

Il redémarrera pas.

J'arrive de Canaan.

Ça me coûtera un bras.

Tu disais que t'étais où ?

À Columbus.

Mais c'est pas loin, Columbus.

T'es parti un bon moment.

Ouais, juste ce qu'il fallait.

On dit que t'as rejoint l'armée, c'est vrai ?

Tu vas rester ou tu retournes là-bas ?

Je sais pas encore.

On espérait que tu reviennes à temps pour occuper la 3e base dans l'équipe.

- J'ai perdu la forme. - On a eu personne de tout l'été.

Je sais pas trop.

Écoute.

On s'entraîne le lundi, si jamais ça t'intéresse.

Fais attention à toi !

Ouais.

Jessie, t'as vu passer ta mère ?

Pas depuis que je suis sortie.

May !

T'es là-dedans ?

Elle est passée où ?

J'imagine qu'elle est partie en ville.

J'y vais aussi.

Il serait temps que tu m'aides un peu.

Un coup de main pour quoi ?

T'aider à ratisser le comté et à crier sur les gens ?

Tu sais de quoi je parle ! Dis-moi qui c'est !

Ça te regarde pas.

Oui, ça me regarde !

Pas question que tu sois une mère sur les allocs !

J'ai ma réputation et je veux pas qu'on rit dans mon dos.

Personne ne rit dans ton dos, en tout cas pas à cause de moi.

Nom d'un chien, Jessie !

Si jamais tu oses encore me claquer la porte au nez...

Eh bien, arrête de me suivre !

Sors de ma chambre !

Je peux aller où je veux ! C'est ma maison !

Le plus tôt tu te marieras, le mieux ce sera !

Et je suis sûre que t'as l'homme parfait en tête !

Peut-être bien !

Tu comptes me dire qui c'est, au moins ?

C'est à toi de me dire qui c'est ! J'attendrai pas pendant encore longtemps !

Retiens pas ton souffle !

Et tu vas où comme ça ?

En ville !

C'est ton excuse pour passer une autre journée sans travailler ?

Alors va en ville ! Prends une semaine entière, pour ce que j'en ai à faire !

Allez ! Venez par là !

Allez !

Sors de là, allez !

J'étais certain de te trouver ici.

Tu commences tôt, tu trouves pas ?

George, voici mon mari, Virgil.

Enchanté.

Tu viens avec moi.

Pourquoi ?

Tu sais pourquoi.

À toi de me le dire.

Hors de question que je reste là à dire à ma femme ce qu'elle est censée faire.

Ta place est à la maison.

Ma place est là où je le décide.

Tu fais une sacrée bonne mère.

Pas étonnant que Carl ait fichu le camp, vu comment tu traites les gosses.

Carl ne s'est jamais comporté comme mon enfant.

Et j'en ai marre d'à quel point sa vraie mère était merveilleuse.

Et nos enfants à nous deux ?

Pas étonnant que notre fille soit tombée enceinte.

Me regarde pas comme ça. J'ai rien à voir là-dedans.

T'as rien fait pour l'en empêcher.

Tu te joins à nous, Virgil ?

Tu viens avec moi.

Virgil cherche toujours qui est le futur mari de Jessie.

Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ?

T'es toujours en ville ! Tu dois bien savoir avec qui elle traîne !

Je la vois pas traîner.

Et en plus, c'est ses affaires.

Je crois pas qu'on puisse y faire grand-chose.

Elle est assez grande pour savoir ce qu'elle fait.

Si elle fait pas attention, elle deviendra comme toi.

C'est une mauvaise chose ?

Si je suis si mauvaise que ça, qu'est-ce qui te fait croire que Jessie est ta fille ?

On dit que t'es pas à la hauteur, Virgil.

Pas comme Carl.

Sale traînée !

Reste en dehors de ça.

Un double.

Je m'excuse.

C'était une blague.

T'as du feu ?

Ouais.

Tu veux savoir qui c'est ?

Paye-moi un verre et je te le dirai.

Merci.

C'est Tom Morgan.

Tom.

De chez Lou.

Carl.

Ça va ?

Ouais, je m'en sors. Comme toujours.

T'étais où ?

À Columbus.

T'as déjà mangé ?

Non. On s'est pas arrêtés.

"On ?"

Le vendeur qui m'a pris avec lui.

T'as eu un accident avec ta Ford ?

Non, je l'ai vendue.

Mais j'en ai pas tiré grand chose.

Tu... tu comptes rester ?

Ça dépend.

Je t'ai ramené quelque chose.

Entre, je vais te faire à manger.

On mange maintenant ?

Lou ?

Virgil !

Tu cherches encore ?

Tom Morgan est par là ?

Parti récupérer des pièces.

Il revient quand ?

Quand il sera là.

T'as affaire à lui ?

Si on veut.

T'as déjà vu Tom et ma fille Jessie traîner ensemble ?

- Non. Oh, je les ai vu danser au Sunset et... - Seul à seul, je veux dire.

Jessie t'as toujours rien dit, hein ?

Elle est évasive.

Allons, me dit pas qu'elle te fait marcher.

Jessie le sait pas ?

J'ai toujours cru que c'était une bonne fille.

Jessie est une bonne fille !

Virgil, je connais Tom Morgan.

Il a dansé avec Jessie. À quelques reprises.

Il m'a dit qu'elle venait pas souvent en ville.

Il y a rien entre les deux. Il me l'aurait dit.

Je le saurais !

Dis-moi tout ce que tu sais !

Du calme !

T'insinuais quoi ?

T'as vu ça ?

Ouais.

Ils ont dû remettre ça !

T'en veux une ?

T'en veux pas deux ?

C'est pour moi.

Tu viens avec nous ?

Tu perds rien pour attendre !

Allez !

Un peu plus par là.

Serre-la plus fort, George.

On bouge plus.

Souriez !

Comme si vous alliez mordre à belles dents.

Il marche comment ce bidule ?

Tiens, essaie. J'ai faim.

George, tu ressembles à Tim Holt sur celle-là.

C'était une star de cinéma, non ?

Je l'ai croisé une fois en Californie.

Pourquoi être revenue ici ?

Si je le savais.

Je me suis bien amusée à Los Angeles pendant la guerre.

Il y avait de beaux soldats en uniforme partout.

Des choses à faire tous les soirs.

Parfois j'étais incapable de me lever pour aller travailler.

T'y es déjà allé, mon petit plouc ?

Pendant la guerre... Juste après la guerre...

Quand les mines roulaient à plein régime,

les hommes savaient comment dépenser leur argent.

Il y avait toujours quelque chose à faire, même la semaine.

On pouvait s'amuser.

À n'importe quelle heure, n'importe quel jour.

Vous vous souvenez pas comment c'était quand on avait les mines.

Il y avait vingt-trois bars juste sur cette rue.

On était pas très riches, mais on s'amusait, vous voyez ?

J'y ai rencontré des types vraiment bien.

On se mettait à boire ici le vendredi après-midi

et on se réveillait à Columbus ou à Cincinnati le lundi.

Des gens de partout venaient à Canaan.

Ils venaient pour passer un bon moment.

Jess ! Tu vas où comme ça ?

Je rentre à la maison.

T'as fait quoi, t'es tombée dans la boue ?

Ouais.

Viens. Je vais te filer quelque chose de propre.

Ça te va ?

Je vais pas porter ta belle robe !

C'est pas ma plus belle, t'en fais pas.

T'as besoin de chaussures ?

Non, ça ira.

Tiens, tu devrais mettre ça aussi.

Oh, j'en ai pas besoin.

Tu l'aimes pas ?

Oui, elle est jolie, mais j'en ai pas besoin.

Allez. Mais la perds pas.

Ça te dit de sortir ce soir ?

J'en avais pas l'intention.

Allez, Jess. Je vais te trouver quelqu'un.

Tu rigoles ? Dans cet état ?

Viens toute seule, alors.

J'ai du travail à faire.

Maman est encore sortie.

De plus, Carl est revenu.

Il était où ?

Il pourrait venir avec toi !

J'ai pas envie d'aller danser.

Ce que t'es devenue barbante !

Tu fais quoi de tes samedis soirs ?

Comme d'habitude.

Tu sais bien que je sortais pas souvent.

C'est pas ça.

T'as l'air fâchée, aigrie.

Si t'avais fait comme je t'avais dit, tu serais pas dans cette situation.

Je veux pas en parler.

Très bien.

Tu disais que Carl était de retour ?

Il est rentré ce matin.

Allez Jessie, il sera ravi de sortir avec toi.

J'ai pas envie de sortir avec mon frère.

Prends un bonbon.

Jess ?

Comment on se sent ?

À quoi je dois m'attendre ?

Ça va.

Tu te sens pas un peu bizarre ?

J'ai parfois la nausée le matin.

Ton père te cherche encore un mari ?

On dirait bien.

Tu lui as pas dit encore qui c'est ?

Je lui dirai pas.

C'était qui ?

C'était pas un homme marié, quand même ?

Non. C'est mon secret, compris ?

Il va bien falloir que ça se sache, tu le sais bien.

Peut-être que le père est pas au courant.

Je vois.

Mais sache que t'as personne d'autre à qui en parler.

Et j'ai pas envie d'en parler.

Qu'est-ce qu'il fait chaud ici !

J'imagine que tu sors en ville ce soir ?

Ouais.

Avec qui ?

Tom Morgan.

Tu le fréquentes encore ?

Jess ?

Tu comptes vraiment rester dans le coin pour accoucher ?

M. Roy croit que c'est toi qui as mis Jessie dans le pétrin.

J'ai cru qu'il divaguait, mais il...

Il arrive. Fait comme si de rien n'était.

Je te paye un soda ?

Tu connais ma fille Jessie ?

Oh oui, M. Roy.

On est allés à l'école ensemble.

C'était il y a quelques années.

Et vous vous êtes vus depuis ?

Oui.

Mais pas récemment.

Tu l'as vu fréquenter quelqu'un en particulier ?

Personne en particulier, non.

On dit que ça pourrait être toi.

Comment ?

Que tu fréquentes Jessie !

Non, monsieur.

La dernière fois que j'ai été près d'elle, Carl s'en est pris à moi.

Il est parti pendant plus de cinq mois.

Et ça fait cinq mois que j'ai pas vu Jessie.

T'en es sûr ?

Écoutez, M. Roy, vous faites erreur.

Vous ne l'aidez pas en agissant comme ça, vous savez.

À courir partout comme vous le faites.

- J'ai pas fini. - Si, vous avez fini.

C'est toi et je le sais.

- Jessie vous a jamais raconté ça. - Mais d'autres, oui !

Alors si vous y croyez, faites-moi un procès !

Je vais pas te faire un procès.

- Ça suffit, M. Roy. Rentrez chez vous. - Tu viens avec moi !

Ça suffit, Virgil !

T'es rentré quand ?

T'as vu Jessie ?

T'étais où ?

Columbus.

Elle te plaît ?

Ouais, elle est sympa.

Tu veux monter ?

Aller !

Tu me ramènes ?

Je l'ai achetée avec ma prime de l'armée !

Carl !

Allez ! Allez !

C'était facile pour toi de partir comme ça.

Je suis désolé d'être parti sans rien dire.

Pourquoi t'as pas écrit ?

Au moins pour nous dire où t'étais ?

Je comptais écrire une fois que j'avais trouvé un boulot.

C'est pas une raison.

T'aurais pu revenir plus tôt.

Je pouvais pas.

T'aurais quand même pu écrire.

Tu...

Tu m'as laissée toute seule.

Ce qui est fait est fait. C'était pas entièrement ta faute.

Si, ça l'était.

T'étais soûl.

Je l'étais pas tant que ça.

Je savais ce que je faisais.

J'aurais pu t'en empêcher.

T'es jolie, Jess.

Je suis jolie, ouais.

J'ai rien d'autre à faire que de rester à la maison à m'enjoliver.

Allons, Jess.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Tu savais pas ?

J'ai le choix.

Je peux sortir quand je veux pour me trouver un homme.

Mon corps.

Il est pas joli ?

Pourquoi t'es pas resté pour en profiter un peu plus longtemps ?

Je t'ai dit pourquoi je suis parti.

Et je suis revenu, non ?

Pourquoi t'es pas resté là-bas ?

Je pouvais pas.

Alors pourquoi t'es parti ?

Je sais pas. Il fallait que je m'éloigne.

J'avais peur.

Jess, on se disait toujours tout, avant.

Et il y a quoi a se dire, maintenant ?

J'en ai marre que tu viennes me voir juste quand t'as besoin de quelqu'un.

Je suis revenu parce que je voulais te voir.

Parce que je t'aime.

Je t'aime, tu comprends ?

Je suis revenu pour toi !

Carl, je suis ta sœur !

Peu importe !

De l'amour ?

Et t'as fait quoi pour mériter ce que t'appelles de l'amour ?

Pas juste le mien, mais celui de tout le monde !

Tu pouvais pas trouver mieux que moi ?

T'es mon frère ! Tu peux pas m'aimer !

C'est mal !

C'est pas une question de bien ou de mal.

On dirait que tu cherches à te convaincre toi-même.

Je suis sérieux.

Je peux pas.

Et le bébé ?

Je prendrai soin de lui.

On va partir d'ici !

Oh, arrête de rêver.

Tu dis toujours la même chose !

On irait où, hein ? Où ?

Je partirai pas, de toute façon.

Je m'excuse, Jess.

Arrête. C'est tout ce que tu sais dire.

Crois-moi que c'était mieux quand on avait les mines.

On se faisait un beau pactole.

Si j'avais de l'argent, j'ouvrirais une société de transport.

Pour transiter le charbon jusqu'aux centrales.

On voudrait vivre sa vie comme on l'entend, mais...

ça marche pas comme on voudrait.

J'ai essayé d'élever mes enfants correctement, mais...

Carl s'est enfui et Jessie est déjà enceinte.

Il faut qu'elle ait un mari.

Elle peut pas avoir un gamin dans ces conditions. C'est mal.

J'ai eu deux femmes.

Je leur ai offert une bonne vie, autrefois.

Prends Sarah, la mère de Carl.

Elle voulait tellement avoir un enfant.

Elle l'a eu, mais... elle l'a jamais vu.

Elle était amusante.

Et drôle aussi, tu sais ?

Elle avait grandi dans une ferme, mais elle avait peur des poulets.

Tu te souviens d'elle ?

On dira ce qu'on veut sur May, mais c'est une bonne épouse.

C'est une femme bien.

Six enfants.

Une bonne épouse, ouais.

Meilleure que moi.

Elle joue du piano, elle est partie en Californie...

C'est pour ça que j'ai jamais pu faire en sorte qu'elle se range.

Elle en a trop vu.

Une ferme sur une colline, c'est pas un endroit pour elle.

Elle a ses amis, maintenant.

La seule fois que j'ai eu de l'argent, c'est quand j'étais dans l'armée.

Je revenais ici pendant mes perms et je mettais le feu les samedis soirs.

J'étais la star.

T'es déjà allé outremer ?

Quand j'étais dans l'armée... je me suis sacrément amusé.

Là-bas, en tant que soldats, on pouvait

se payer une femme en échange de deux paquets de cigarettes.

Des femmes raffinées.

Je le faisais tout le temps.

J'aurais pu rester dans l'armée.

Je serais retraité à l'heure qu'il est.

J'étais passé sergent les doigts dans le nez.

J'aurais jamais dû revenir.

C'est à qui cette maison ?

Tu veux entrer ?

- C'est pas un souci ? - Non.

T'es déjà venu avant ?

Oui, c'était à mon grand-père.

Je me suis toujours demandée où c'était.

Elle est vide depuis sa mort.

J'ai appris à tirer avec.

C'est lui qui m'a montré.

Jess, parlons encore un peu.

C'est ton grand-père, j'imagine.

Laquelle est ta mère ?

C'est elle.

Elle te ressemble.

- Jess, si on était pas frère et sœur... - Mais c'est le cas.

On l'est à moitié. Peut-être même pas du tout.

Où tu veux en venir ?

Tu le sais. Tout le comté sait que t'es née

juste après que papa se soit marié avec May.

Beaucoup de couples se marient tard.

Tu sais ce que je veux dire. On dit que tu viens pas de mon père.

C'est ça que t'avais derrière la tête tout ce temps ?

À force d'écouter les ragots, on en viendrait à croire

qu'aucun de ses enfants sont les siens ! Même toi !

Tu connais mes sentiments.

Et je crois que tu m'aimes aussi.

Non.

Je me souviens quand tu agissais drôlement comme tel.

- Tu sais comment sont les gens du coin. - Pareils que partout ailleurs.

Non, je me fiche de ce que pensent les gens.

Je vais avoir mon bébé ici.

Je vais l'élever avec ceux de maman, personne saura que c'est le tiens.

Tu vas rester ici et faire les corvées de May pour le reste de tes jours ?

J'en ai assez de tout ça. Toi aussi et tu le sais.

Si on vivait pour une fois, Jess ?

Je vis déjà.

Partons. Allons-nous-en. Allons nous marier.

Il y a une grosse différence entre avoir un enfant et nous marier.

Je vois pas en quoi !

- Parce qu'on est frère et sœur ! - Pourquoi t'en es aussi sûre ?

Me fait pas croire que t'as pas entendu ce qu'on raconte !

Je l'ai entendu toute ma vie.

Et May le croit aussi.

Qu'est-ce que tu veux dire ?

On est probablement même pas liés par le sang.

Laisse ma mère tranquille ! T'as aucune raison d'être méchant !

J'essaie pas d'être méchant ! Je me fous de ce que fait May !

Il faut qu'on en ait le cœur net, tu crois pas ?

Je t'en prie, Jess.

D'accord.

T'étais parti où comme ça ?

Je veux te poser une question.

Tu m'as traînée jusqu'ici, alors vas-y.

Je vais pas passer par quatre chemins.

Est-ce que Jessie est la fille de mon père ?

Qu'est-ce qui te fait croire que c'est pas le cas ?

Tu dois bien t'en douter. J'entends des rumeurs depuis que je suis petit.

Les gens racontent toutes sortes de choses.

Je me fiche de ce qu'ils disent, mais pas de ce que t'as à dire.

Dis-le nous tout de suite.

Pourquoi c'est si important ?

- C'est pour ça que tu t'es enfui ! - Dis-le nous, May !

Si t'es si intelligent, alors c'est à toi de me le dire !

Parce que j'en sais rien !

Ça veut dire quoi, ça ? Tu dois bien le savoir !

Je sais pas, bon sang, je... je n'en suis pas sûre.

C'est possible.

Tu sais qui c'est, May.

Carl, je ne le sais pas.

Il faut que tu comprennes que ça pourrait être Virgil.

J'en suis juste pas certaine.

T'aurais pu dire que tu le sais, pour Jessie ! T'as vu ce que t'as fait ?

Regarde ce que toi, t'as fait !

Tu lui as mis les pieds dedans, Carl, il faut que tu l'en sortes !

C'est peut-être ta sœur !

T'es une vraie garce, May !

Et moi j'ai pas de mot pour te décrire, Carl.

J'ai tout entendu.

C'est pas ta faute.

Elle me l'aurait dit un jour ou l'autre, j'aurais fini par savoir.

Ça change rien. Pas si tu m'aimes.

On le saura jamais, hein, Carl ?

On en sera jamais certains.

Peu importe.

Je sais pas quoi faire.

Partons.

J'ai froid.

On pourrait faire du stop tout de suite.

On serait à Columbus en un rien de temps.

Pas question que je m'enfuie.

J'encaisserai tout ici.

Je pourrais m'enrôler.

J'économiserais de l'argent et tu pourrais me rejoindre.

J'ai su que t'étais rentré ce matin.

J'avais besoin de toi cet été.

Il fallait que je parte.

Il fallait que tu partes. Pourquoi ?

Je sais pas. J'ai décidé de rentrer la nuit dernière.

Où es ta caisse ?

Je l'ai vendue à Columbus.

Tu faisais quoi à Columbus ? J'ai besoin de toi !

Je peux pas faire tout le travail tout seul.

- Tu comptais sur ta sœur enceinte ? - Je reste pas.

T'aurais pu envoyer de l'argent.

J'ai pas tant travaillé.

Alors pourquoi t'es revenu ?

J'essaie pas de t'intimider, fiston.

Mais t'aurais pu nous dire que tu partais.

T'aurais pu nous dire où t'étais !

Oui, j'aurais pu.

Demain, toi et moi on va trouver qui a donné des soucis à Jessie !

C'était moi !

De quoi tu parles ?

- C'était moi ! - C'est vrai, ça ?

Oui, c'est vrai !

Ton frère !

T'es mon fils !

C'est peut-être pas le cas.

On vient de parler à May.

Et tu vas croire tout ce que May te dit ?

Tu crois que tout ce qui se raconte dans le coin est vrai ?

Tu crois que je reconnais pas mes propres enfants ?

T'es mon fils !

- Et parle pas comme ça de ta mère ! - Lâche-la !

Quel genre de femme es-tu, hein ?

T'affirmes que c'est pas ton frère après avoir couché avec !

Tu crois que ça arrange les choses ?

Où t'as appris ça ?

Viens, on rentre à la maison !

Revenez ! J'ai pas fini !

Arrête, Carl ! C'est ton père !

Ce maudit ivrogne nous aurait tiré dessus !

Non, je l'aurais pas fait.

Allez, Jess.

Vous croyez partir où comme ça ?

Aidez-moi.

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