All language subtitles for Mata-Hari _en frances_(Jean-Louis Richard, Jeanne Moreau, Jean-Louis Trintignant, Claude Rich, 1965)

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Original subtitles

Sur la somme moyenne, je suis sûr qu 'il rÚgle sur la percée. Mais oui, c 'est

sérieux, je te dis, des dents sacrées. Tu parles mon oeil.

Elle a été initiée dans un temple. Sa mÚre était javanaise. Javanaise comme

et ta sƓur, elle est javanaise. Tu me fais rigoler, tiens.

Il y a quatre ans à Monte -Carlo, elle était superbe.

Oh, mais c 'est trÚs mal fréquenté cet endroit.

Le soldat écossais est complÚtement sous, c 'est plus long.

Oui, c 'est elle qui m 'a donné les places.

Je la connais, je l 'ai vue comme je te vois toi.

Il n 'y a qu 'Ă  tomber Ă  nez ou Ă  la haie.

C 'est fini, les baisses basses. Les baisses de fichiers.

Les baisses sont prises tout au monde.

C 'est pas pour me vanter, mais je l 'avais bien prédit.

Mesdames et messieurs, la part des baisses.

À partir de demain,

les militaires feront demi -tarif.

Vous ĂȘtes merveilleuses.

Quel fou du public.

Quel foutu théùtre. Je sais pas le théùtre, tu peux t 'enseigner, c 'est

partout. En ce moment, les gens ont autre chose en tĂȘte.

Tiens, j 'ai regardé justement les recettes des variétés. Ils font encore

que nous. Et à l 'aile de Radouillet, ils ont joué devant trois personnes,

pelées et un tontu. Tu comprends, les spectacles, en général, traversent une

crise. Eh bien, moi aussi, je traverse une crise. Alors tu seras bien aimable

me régler ce que tu me dois, sinon je ne danserai pas de ma soeur. Patiente un

peu, Greta. J 'attends une rentrée. Il n 'y a pas un sou dans la caisse. Tu es

la plus belle, Greta. Si le théùtre était à moi, je le vendrais pour te

tout ce que je te dois et mĂȘme plus.

Tu es une princesse, tu es une reine.

La salle est remplie de banquiers et de barons. Mais au lieu de ça, il y a des

russes, des frustes, des troufions. Tu veux que je te dise ? C 'est trop beau

pour eux, voilà la vérité. Ils ne comprennent rien à l 'arindien.

Ah, ma petite Charlotte, dĂ©pĂȘchons -nous, je suis fatiguĂ©e, fatiguĂ©e.

On dit toujours que ce n 'est pas la danse classique. Il faut juger sur d

'autres critĂšres, tu comprends.

Comment ça va aujourd 'hui, Charlotte ? Oh, ça va bien, mademoiselle, comme

chaque fois que j 'ai des nouvelles de mon grand.

Tout de mĂȘme, c 'est pas une vie. Ça fait trois mois qu 'il est dans la mĂȘme

tranchĂ©e, ils n 'ont pas le droit de dire oĂč ils vont.

Pensez donc, ils n 'ont mĂȘme plus de papier Ă  lettres. Le pauvre, il m 'Ă©crit

sur du papier d 'emballage.

Je vais lui faire un colis pour lui envoyer tout ce qui lui manque.

La Croix -Rouge leur a donné des rouleaux de maillol, mais comme ils n

de phonographe, ça ne leur sert à rien.

Je voulais lui acheter un phonographe pour lui envoyer dans le prochain colis,

mais j 'ai regardé les prix tantÎt, c 'est beaucoup trop cher, surtout que le

patron, il ne paie toujours personne.

Tiens. VoilĂ  pour le phonographe de ton fils.

Oh, mais vous non plus, mademoiselle, vous n 'ĂȘtes pas payĂ©e.

T 'en fais pas pour moi, Charlotte.

J 'ai mes fonds secrets.

Ce n 'est que moi, ma toute belle, votre petit Gaston, qui vient vous présenter

ses hommages du soir.

Je sors du cercle un instant et j 'avoue que je suis trĂšs content de moi.

Qu 'est -ce qu 'il y a ? On ne vous a jamais dit qu 'il faut se faire annoncer

quand on entre dans la loge de Matahari ? Alors, sous prétexte que vous avez

couché avec moi hier, vous allez entrer comme ça dans ma loge quand je m

'habille ? Charlotte, raccompagnez monsieur.

Ah, ça, c 'est la meilleure de la soirée.

Tenez, Charlotte, vous allez bien ? Merci, monsieur.

Bonsoir.

Eh bien, qu 'est -ce que j 'ai dit ? Mais qu 'est -ce que c 'est que ça ?

Oh, c 'est le fils de Mme Perrin.

C 'est pour moi, ça ? Oh, merci. Comment tu t 'appelles ? Alphonse.

Oh, mais il y a une carte qui reste.

Au revoir, Alphonse. Au revoir.

Pour ton papa chéri.

C 'est malin.

Je t 'avais dit de ne pas venir au théùtre. Oh, tu m 'as dit aussi de ne

venir chez toi.

Alors, on ne peut plus embrasser son vieux pĂšre, hein ? T 'as honte de moi,

? C 'est ça ? Bon, qu 'est -ce que tu veux ? Ben, écoute... Allons, pressions,

messieurs, dames, on perd.

Ça ne t 'est jamais venu Ă  l 'idĂ©e de travailler, non ? Oui.

Tu pourrais peut -ĂȘtre me faire engager.

Merci. Julien, nous n 'allons pas Ă  la maison maintenant. Conduisez -moi,

attendez.

Rue des Trois FrĂšres.

Charlotte, je ne vais pas chez nous. Prends un fiacre et rentre tout seul.

mademoiselle, je dois vous attendre ? Non, non. Bonne nuit, Charlotte.

Bonne nuit, mademoiselle.

Êtes couchĂ© !

Vous voulez pas que je vous accompagne, mademoiselle ? Non, c 'est pas la peine,

Julien. Attendez -moi lĂ  et laissez tourner le moteur.

Merci

pour

les fleurs.

Merci pour les fleurs. Comme c 'est gentil d 'ĂȘtre venu quand mĂȘme.

J 'ai pu me libérer, me voilà.

Je suis si contente que vous ayez... Votre invitation était si charmante,

vraiment, j 'aurais Ă©tĂ© dĂ©solĂ©e. Je me faisais vĂ©ritablement une fĂȘte de rĂ©unir

tous mes amis ce soir.

Malheureusement, notre petite soirée ne sera pas aussi joyeuse que je l 'aurais

souhaitée. Hélas, vous savez que les Boches ont pris Drummond. Oui, je sais,

Allemands ont pris Drummond.

Moi, je les appelle les Boches.

Comme je ne suis pas française, je n 'ai pas de raison de les appeler les

boches. Je ne prends pas parti, je suis javanĂšse, donc je suis neutre.

Ma chérie, lorsqu 'on vit à Paris, on est plus français que les Français.

MÚre, présentez -moi.

Je vous présente mon fils, Absalom. C 'est un garnement.

Mes hommages, madame.

Je peux aller vous chercher une coupe de champagne ? Bien volontiers. Je ne

connaissais pas votre fils, il est trĂšs beau, il vous ressemble beaucoup.

Votre fils ? Ah oui, vraiment.

Bonjour, Ernestine. Bonjour, madame. Merci bien pour les places.

Ah, vous étiez merveilleuse. Mon fiancé vous aime beaucoup. Eh bien, tant mieux.

Je ne le disais pas plus tard qu 'hier, monsieur l 'administrateur, mon cher, il

n 'y a que la faillite qui puisse sauver la comédie française.

Que la faillite.

Vous connaissez tous Pilùtre, l 'acteur du français.

Vous savez, moi, le théùtre, j 'en ai assez.

Assez. Oui, mais le théùtre français n 'a pas assez de Pilùtre.

C 'est comme ma légion d 'honneur. Je l 'attends toujours.

Excusez -moi, monsieur.

C 'est bien vous ? Je m 'en doutais quand j 'ai vu votre photo dans les

journaux. C 'est bien vous ? Vous ne vous souvenez pas de moi ? Arthur, on s

'est rencontrés à Amsterdam.

Amsterdam ? Je n 'y suis jamais allée.

Mais enfin.

Écoutez, je vous en prie, monsieur. Essayez ça sur une autre femme.

Ça, lĂ , c 'Ă©tait tragique, absolument tragique.

Oui,

ma petite cousine du FinistĂšre. La petite Fanny, qui travaille Ă  l

Bonsoir.

Je ne demande rien Ă  l 'existence, rien qu 'un peu de bonheur. Elle fait toute

la journée de la charpie pour nous placer.

Quel courage. Il reçoit des lettres de recommandation par santé.

Alors, vous n 'ĂȘtes pas si souviens -vous ? Non. Et quand nous ne sommes pas

rentrés, il faisait déjà grand jour.

Bonsoir.

Vous avez

vu

mon beau collier ? Il est bien porté, mais il a été bien choisi.

Vous, vous ĂȘtes toujours assez content de vous.

Pourquoi pas ?

Il paraĂźt que dans la vitrine, les boucles d 'oreilles sont les du collier.

Le collier ne dit pas non.

Mais rien de presque.

Croyez -moi, rien de presque.

OĂč vous ĂȘtes -vous hier ce soir ? À des kilomĂštres ? Non, non, pas si loin.

Laissez -moi.

Dites -moi, grand ami.

Oui, ma chérie.

Vous voyez cette jeune fille lĂ  -bas, trĂšs jolie ? Ah, oui.

Pas assez jolie.

C 'est la petite Hortense de Montferrand, la fiancée du capitaine

est à cÎté d 'elle.

Ah, je comprends, je comprends.

Oui, oui, oui.

Sous -titrage ST'

501

En route, Julien.

Je ne sais pas quoi dire.

Alors, ne dites rien.

Dites -moi seulement si vous ĂȘtes bien, ici, avec moi, en ce moment.

Oui.

Je me suis souvent demandé ce que peut éprouver un déserteur.

Je crois que c 'est un peu ça.

Et vous ne regrettez rien ? Rien du tout.

J 'avais une fiancée, je sais que c 'est fini.

Maintenant, je suis lĂ  avec vous, prĂȘt Ă  vous suivre, oĂč vous voudrez.

Oui, j 'ai abandonné mon poste et je vous suis.

Bon, il faut prendre une décision.

Voulez -vous que nous allions danser quelque part ? Voulez -vous que nous

allions souper en ville ?

Je prends le train demain

matin Ă  6 heures.

Je pars au front.

Voulez -vous que je vous raccompagne chez vous ?

Voulez -vous que je vous raccompagne chez vous et peut

-ĂȘtre m 'offrirez -vous un verre ?

Bonsoir Julien, je n 'ai plus besoin de vous.

Bonsoir mademoiselle.

Donnez -moi votre képi.

C 'est trĂšs joli chez vous.

Ça vous plaüt ? Beaucoup, oui.

Ah, mais c 'est le général Fayol, là.

Non ?

Oui, vous le connaissez ? Ah oui, nous, ça passait en revue l 'année derniÚre.

Je l 'admire beaucoup.

C 'est vrai.

Et c 'est vous, lĂ  ? Ah oui.

Mais il y a longtemps, c 'était avant 14.

Vous ĂȘtes trĂšs mignonne.

Oh non, je suis un peu grosse.

Non.

Vous savez, je sais trĂšs bien qui vous ĂȘtes.

Je sais qu 'on vous appelle la danseuse du soleil.

Mais je n 'ai jamais eu l 'occasion de vous voir danser. C 'est dommage.

Ah, c 'est vraiment trĂšs beau ce portrait.

TrĂšs beau.

LĂ , qu 'est -ce que c 'est ? C 'est la salle de bain.

Vous aimez les photos ? Oui, beaucoup.

Moi j 'en ai, je vais vous les montrer, venez.

Asseyez -vous lĂ .

Oh, c 'est lourd.

C 'est mon album de famille.

Décidément, il vous plaßt, ce portrait.

Ça, c 'est moi.

Oui, je vous reconnais Ă  votre bouche.

Et lĂ  ? C 'est ma cousine Ginette.

Attendez, on sera mieux ici.

Ah, vous ĂȘtes bien. Qui c 'est, ce lieutenant ? Oh, ça, c 'est personne.

Attendez, il y a des articles.

Des critiques, oui.

Bonnes ? Oui, j 'ai gardé que les bonnes.

Vous ĂȘtes toute petite, lĂ . Oui.

C 'est pas moi.

Celle -lĂ , je l 'aime pas du tout.

Ah non, pourquoi ? Tiens, une critique, je vais la lire.

Ça dĂ©pend de la personne.

Matari est javanaise.

Elle fut dÚs l 'ùge de 14 ans consacrée à Bouddha.

PrĂȘtresse de son dieu, elle danse pour l 'adorer. Et du temple Ă  nos salons,

elle apporte à notre Occident la révélation de l 'art indien.

Toute la sanctuositĂ© est en mĂȘme temps... Bon, attendez, je vais vous

une photographie.

LĂ , cette page.

Comment vous la trouvez ? Ah oui, elle est trĂšs belle.

Dites -moi, capitaine, vous voulez boire quelque chose ? Non, non, merci,

François n 'a pas soif.

N 'oubliez pas, François, que vous ĂȘtes venu pour boire un verre.

Alors, dans ce cas, mais rien d 'alcoolisé.

Vous voulez du thé ? Du thé de Java.

C 'est comme le thé de Ceylan, mais plus amer.

Ah, oui, oui, du thé de Java, volontiers.

Oui,

ça va. Merci.

Vous savez bien.

Ah, mais, le couteau !

Ah,

et si on essayait avec ça ?

Qu 'est -ce qui se passe ? J 'ai renversé le plateau.

Je vais vous aider. Oh non, non, non, laissez.

Ça ne fait rien, nous ne boirons pas.

Je ne connaßtrai pas le goût du thé de Java.

Oh vraiment, je suis désolée, j 'ai cru voir une souris. J 'ai pris peur, j 'ai

laissé tomber le plateau.

Merci.

Mon train.

Ne bouge pas, je vais voir l 'heure.

Mon Dieu.

Nous avons encore le temps.

C 'est injuste, c 'est injuste.

Oh, si je t 'accompagnais Ă  la gare. Non, on n 'a pas le temps. Oh, je t 'en

prie, je suis prĂȘte, j 'en ai pour une minute.

Il n 'y a pas de taxi ? Ils ont été réquisitionnés, probablement qu 'ils

repartis sur la marne.

François, aide -moi à boutonner ma robe.

Par ici !

Tu

sais ce qui m 'arrive, Nesra ? Oui.

Est -ce que c 'est la mĂȘme chose pour toi ? La mĂȘme chose.

Si c 'est la mĂȘme chose pour nous deux, il ne faut pas ĂȘtre triste.

Notre histoire commence.

C 'est impossible, François.

Il ne faut pas parler comme ça.

Je regrette.

Je regrette. Qu 'est -ce que tu regrettes ? Il y a quelqu 'un d 'autre ?

a plusieurs autres.

Combien ? Tu ne peux pas savoir.

Je ne sais peut -ĂȘtre pas, mais je peux deviner.

Non, tu ne peux pas.

J 'ai entendu tellement d 'histoires sur toi, vraies ou fausses, ça m 'est égal.

C 'est pas ça.

Pourquoi nous ne nous sommes pas rencontrés avant la guerre ? Tu as peut

connu beaucoup d 'hommes, mais moi, tu vois, j 'ai connu trĂšs peu de femmes.

Alors ça te ferait une moyenne.

Veux -tu m 'épouser à ma prochaine permission ? Oh non, François.

Non, François.

Je ne veux pas. Je ne veux pas.

Je t 'écris en arrivant.

Tu m 'écriras ? Ne m 'écris pas.

Demain.

Les mains sont fausses.

Ne pleure pas, Marie.

Dans la matinée, une piÚce ennemie à longue portée a lancé une dizaine de

projectiles sur Nancy et ses environs. La piÚce qui tirait a été

immédiatement... L 'ennemi n 'a pas tenté moins de quatre actions

que sur le front de 8 km Ă  l 'endroit de la tour qui nous montait dessus.

Partout, notre tir a dĂ©cimĂ© l 'adversaire et arrĂȘtĂ© net ses environs.

Champagne, l 'ennemi a développé l 'attaque amorcée par l 'hier à la faveur

'un violent bombardement, notamment par obus Ă  gaz sur le camp. Ça n 'a rĂ©ussi

que sur les bords mĂȘme de la Seine. En Artois, la lutte d 'artillerie a Ă©tĂ©

particuliĂšrement intense.

Au cours de la nuit, les Allemands ont prononcé trois sérieuses attaques à la

grenade au nord de la Meuse. Notre infante est solidement installée sur des

positions récemment conquises. Moi, si j 'étais le gouvernement... Bonjour, les

enfants. Bonjour, Julien. Non, n 'en bougez pas.

Bonjour, Charlotte. Ça va ? Bonjour, mademoiselle. Oui, merci. Voilà votre

courrier, mademoiselle.

Merci, Julien. Oh, des fraises. J 'en prends deux.

Voyons, voyons.

Ça, c 'est sĂ»rement une facture.

Ça aussi.

Celle -lĂ , sans aucun doute.

Oh, c 'est encore ce fou qui m 'écrit tous les jours.

Un petit paquet, c 'est sûrement un cadeau.

Elle vendait des petits gĂąteaux qu 'elle pliait bien comme il faut dans un joli

papier blanc entouré d 'un petit ruban.

Oh, mademoiselle, il faut que je vous dise merci.

Mon grand Arsu, son phonographe, il est trĂšs content.

Oh, qu 'est -ce qu 'il croit.

Moi, je vais les lui retourner, ces boucles d 'oreilles. Ah, ce gaston, ce

imbécile. Oh, ce qu 'elles sont jolies. Elles ressemblent au collier de

mademoiselle. T 'as deviné, Charlotte.

Ah ben tiens, va chercher le collier dans ma chambre pour voir.

Julien, donnez -moi du sucre.

Non, lĂ , derriĂšre vous.

Merci. Faites -moi une tartine.

Est -ce qu 'il reste de la confiture de Reine -Claude que j 'avais commandée

chez Fauchon ? Oui, je crois, mais... Non, non, ne bougez pas, je sais oĂč elle

est.

Julien, il faudra aller chercher mon col de fourrure aujourd 'hui, il doit ĂȘtre

prĂȘt.

Et puis aussi un paquet de livres chez le maire Rudreau, ils sont au courant.

Bien, mademoiselle. Merci.

Elle était pùtissiÚre dans la rue du Croissant et ses bonnes maniÚres

les passants.

VoilĂ , mademoiselle.

Attendez, je vais vous aider.

AprĂšs tout, ce Gaston, c 'est un

imbécile, mais il sait vivre.

Ma JavanÚse, mon amour, nous sommes montés à l 'attaque avant -hier et j 'ai

blessé par deux éclats d 'obus. L 'un n 'a pas réussi à percer le casque, l

'autre m 'est entré dans la cuisse. En vérité, mon casque m 'a sauvé la vie.

J 'ai causé hier avec un curé bien intelligent. Il m 'a dit sur cette

choses les plus justes. Le bon sens est réfugié dans le cerveau des jolies

femmes comme toi et des vieux prĂȘtres.

Mon ami Berthier a été tué à cÎté de moi. Il était lieutenant depuis quatre

jours.

Je pense sans cesse Ă  notre unique nuit d 'amour et je ne me pardonne pas d

'avoir pu dormir. D 'avoir pu dormir à cÎté de toi. Et je me pardonne encore

moins de t 'avoir laissé dormir.

Par la fenĂȘtre de ma chambre, je regarde le paysage tellement rassurant qui

entoure l 'hĂŽpital.

Je voudrais te décrire chaque maison, chaque arbre, chaque point de bois pour

que tu ne puisses pas résister à l 'envie de venir me voir ici dÚs que

Viens, mon amour, viens m 'embrasser. Je te prends doucement dans mes bras et je

te caresse tandis que tu me regardes en souriant. Et enfin, je prends ta bouche

violemment. Ton François.

Vous allez sortir d 'ici.

Je ne veux pas d 'un guignol dans mon lit.

Vous m 'entendez bien ? Vous allez partir immédiatement. Je ne veux plus

voir dans mon lit.

Vous m 'avez compris ? Charlotte ! Charlotte ! Ah, Charlotte !

Vous allez faire les bagages tout de suite, nous allons Ă  Narbonne. Vous

Julien de préparer la voiture tout de suite.

Fallait voir comme elle sautait, ces deux petites brioches au lait. Votre

bleue n 'Ă©tait pas prĂȘte, mademoiselle. Oh, ça ne fait rien Ă  la guerre comme Ă 

la guerre.

Qu 'est -ce que tu veux ? Eh, ben alors Greta, on part en voyage comme ça et

puis on oublie de laisser des menus chez son vieux pĂšre.

Tiens.

Ah, j 'ai oublié de te dire, je mange deux fois par jour.

Tu pars longtemps ? Je sais pas.

Allez, roulez ! Tu m 'écriras ? Non.

Ça t 'Ă©corchera la gueule de dire non, papa ?

Je voudrais voir le capitaine Lassalle, s 'il vous plaßt. Je suis désolée,

madame, mais l 'heure des visites est passée. Revenez demain avant 11 heures.

Excusez -moi, ma soeur, mais je viens de Paris. Je suis venue exprĂšs, je vous en

prie. Je suis vraiment désolée, madame, mais l 'heure des visites est passée.

Est -ce que vous pouvez au moins me donner de ses nouvelles ? Je suis

madame.

J 'ai parlé à ma mÚre de notre mariage. Elle m 'a évidemment traité de fou.

Mais cela, vois -tu, n 'a aucune importance. Nous nous marierons en

Qu 'est -ce que tu as ? Tu pleures.

Tu ne veux pas qu 'on se marie ? C 'est ce que je désire le plus.

Mais ça me fait peur d 'en parler.

Je sais Ă  quoi tu penses.

Tu penses que je peux mourir à la guerre, c 'est ça ? Oh non, François.

MĂȘme si je devais mourir au front.

Je voudrais que tu portes mon nom.

Non, ne parle pas comme ça.

Si tu meurs, je mourrai aussi, et crois -moi, pas longtemps aprĂšs toi.

D 'ailleurs, ça m 'est égal de mourir.

Vraiment, c 'est la chose qui me préoccupe le moins. Je n 'ai pas peur de

mort, elle fait partie de la vie. C 'est dans le programme, tu comprends ? C

'est dans le programme.

Comment ĂȘtes -vous entrĂ© ? Je vous sens nerveuse, dĂ©tendez -vous.

Qu 'est -ce que vous faites ici ? Je ne voulais vraiment pas vous faire peur.

Sortez de ma chambre.

Pas avant de vous avoir expliqué quelque chose. Faites vite.

Pas avant que vous ne soyez assise.

L 'état -major allemand m 'a chargé d 'une mission pour vous.

Vous n 'obtiendrez rien de moi.

ChÚre madame, les officiers français disent aux jeunes recrues, on est

24 heures sur 24. TrÚs bien, c 'est pareil dans notre métier.

Il n 'y a pas de vacances dans l 'espionnage.

Quiconque cesse d 'ĂȘtre avec nous... devient contre nous. Je connais la

Imaginez que vous avez signé, avec le Késer, un contrat

unilatéral.

VoilĂ  de quoi il s 'agit.

Dans le bureau du coffre, Ă  la Citadelle, se trouve un document qui

intéresse beaucoup. Ce sont les plans de la poudriÚre du Sud -Ouest. Nos chefs

les attendent Ă  Barcelone. C 'est trĂšs urgent.

Que dites -vous de cela ? Naturellement, j 'aurais préféré que vous prétiez plus

d 'intĂ©rĂȘt Ă  ce que je vous explique.

Mais tant pis, je continue.

Vous vous demandez probablement comment une femme peut pénétrer dans la

citadelle.

Le commandant de la forteresse, le colonel Pelletier, est un excellent

Il n 'a qu 'une seule faiblesse, le sexe faible.

Bon.

TrĂšs bien.

Un papier.

J 'inscris ici le numéro du bureau du coffre.

DeuxiÚme étage, porte 7.

Et aussi la combinaison du coffre 381 -813.

Et maintenant, pour ce qui est de la clé du coffre.

Et c 'est ici que vous ĂȘtes irremplaçable, chĂšre madame.

Cette clé ne quitte jamais le colonel Pelletier.

Vous voyez ce que je veux dire.

Il la porte constamment sur lui.

Dans quelle poche, je ne sais pas.

À vous de trouver.

Vous connaissez ce jeu d 'enfant.

Tu gÚles, tu chauffes, tu brûles.

Au revoir, madame.

Je refuse la mission. Ne comptez pas

sur moi.

Mais si, j 'y compte.

Mais si.

Ah, j 'oubliais.

Mes amitiés à votre parent malade, le capitaine Lassalle, je crois.

François ! Dites -moi, qu

'est -ce que c 'est que cette hÎte ? J 'ai failli recevoir un échafaudage sur

tĂȘte. Vous pouvez parler au directeur.

Je ne comprends pas, capitaine. Non, je suis désolé. Aujourd 'hui, justement,

les ouvriers ne sont pas là. Tout est fermé. Je ne comprends pas.

Savez -vous que j 'ai le moyen de vous réduire à ma volonté ? Comment ça ? Eh

bien, on me reconnaĂźt volontiers un certain talent d 'hypnotiseur. Je peux

endormir et faire de vous ce que je veux.

Tenez, essayons.

Écoutez ma voix et laissez vos Ă©paules et vos bras bien souples. VoilĂ , comme

ça. Voilà, détendez -vous, fermez les paupiÚres et faites de grands respires.

Des grands quoi ?

Des grands respires. Oui, c 'est un terme technique.

Bon, alors, continuons.

Vous avez bien compris.

Attendez.

VoilĂ .

Tenez, étendez -vous bien.

Écoutez, Ă©coutez ma voix et laissez votre corps mou. Bien mou. Oh non,

vraiment, c 'est pas possible, vous me chatouillez.

Oh, mon Dieu, il est 5 heures, mon ami m 'attend.

À partir d 'aujourd 'hui, je suis votre seul ami.

D 'ailleurs, nous dĂźnons ensemble ce soir. Ah, ne me dites pas non, j 'ai

une table aux coques d 'argent. Non, non, ce soir, c 'est impossible.

Ah, alors demain soir.

Vous ne connaissez pas mon ami, il est tellement jaloux.

Vraiment, je crois qu 'il serait plus prudent que je ne vous revoie plus.

Comment ? Oh, je vous en prie, ne dites pas ça.

En tout cas, pas dans un lieu public.

Il vaut mieux qu 'on ne nous voit pas ensemble.

TrĂšs juste.

Eureka, j 'ai trouvé.

Qu 'est -ce que vous pensez de ça ? Une petite dßnette ?

Intime, demain soir, dans mon bureau Ă  la Citadelle.

Peut -ĂȘtre.

Il n 'y a pas de peut -ĂȘtre, c 'est un ordre. Et on ne discute pas un ordre du

colonel Pelletier.

Et puis, Ă  la Citadelle, on sera tranquille.

Alors, d 'accord pour la Citadelle ? D 'accord pour la Citadelle.

J 'ai fait la connaissance.

Du colonel Pelletier.

Entrez.

Bonjour. Bonjour.

C 'est nouveau, ça ? Oui.

Ça aussi, c 'est nouveau ? Oui.

Ça va, tu ne t 'ennuies pas trop ? Non, pas du tout, pourquoi tu me demandes ça

? La journée s 'est bien passée ? Oui, tu sais, j 'ai fait quelques courses en

ville. Et tu n 'as rencontré personne ? Non, bien sûr, personne.

Et tu n 'as parlé à personne ? Tu n 'as rencontré personne, tu n 'as parlé à

personne. Dis donc, tu m 'espionnes ou quoi ? Écoute, si nous devons commencer

vivre dans le mensonge, il vaut mieux nous séparer.

Mais enfin, je... Je t 'ai vu cet aprÚs -midi à tabler au café avec un colonel.

Oh, celui -lĂ , le colonel Pelletier ? Je n 'y pensais mĂȘme plus.

Il avait l 'air trÚs empressé et toi, trÚs... trÚs conflaisante.

TrÚs empressé. Il m 'a vu autre comme ça.

Je le connais depuis toujours. C 'est un admirateur.

Moi aussi, je suis un admirateur.

On n 'empĂȘche que toi, tu ne m 'as jamais vu danser.

Le colonel Pelletier, lui, il est lĂ  chaque fois que je donne un gala.

C 'est un spécialiste de l 'art indien.

Tu me crois, maintenant ? Oui, je te crois.

Je suis stupide.

Tu sais, tu n 'es pas de tourpeau pour un homme.

Sûrement, je ne suis pas assez bien pour toi.

Ne dis pas de bĂȘtises.

Embrasse -moi.

Oh, tu es fou.

Maintenant, attends.

Tu vas me poser et moi, je vais te porter.

Oh, non.

Attention, on va tomber.

C 'est ce qu 'on va faire. On va les viner ensemble, toutes les deux.

Tu veux un petit tĂȘte -Ă  -tĂȘte dans un petit cabinet particulier ? Hein ? Qu

'est -ce que tu dis de ça ?

J 'ai fait la connaissance du colonel Pelletier.

C 'est lui le vieil ami de toujours.

Ce colonel Pelletier dont tu viens de faire la connaissance.

François, écoute.

Je vais t 'expliquer.

Non, je ne crois pas que tu puisses m 'expliquer cela.

Tu vois, Greta, je suis... Je ne regrette rien de ce qui a existé entre

Mais je suis content que tout se termine maintenant.

Pendant qu 'il est encore temps.

Je comprends qu 'Ă  cause de toi, j 'allais beaucoup souffrir.

Et j 'ai horreur de ça.

François ! François !

On

me demande souvent s 'il y a une recette.

Sous -titrage ST'

501

Ah, vous avez confiance, n 'est -ce pas ? Ma diable, je ne suis plus un

godeliro. Voyons, 13 entre nous.

Quel Ăąge croyez -vous que j 'ai ? 46 ans.

Ah, ça on vous l 'a dit.

Vous le saviez ? Non.

C 'est ça.

Vous m 'impressionnez.

Quel personnage important vous faites.

Mais non, c 'est la routine.

Laissez passer la voiture du colonel Pelletier, le colonel Pelletier, le

du colonel Pelletier. Ma parole, vous ĂȘtes le marquis de Carabas.

En tout cas, vous ĂȘtes aussi facile en pluie.

Je vais vous apprendre quelque chose de terrible.

Les Allemands gagneront toujours la guerre contre les Français.

Vous ne parlez pas sérieusement.

C 'est mathématique. Est -ce que vous avez envie d 'aller faire la noce à

Berlin, vous ? Moi ? Oh non, pas spécialement. Eh bien voilà.

Aucun Français n 'a envie d 'aller s 'amuser à Berlin alors que tous les

Allemands rĂȘvent de venir rigoler Ă  Paris.

Effectivement, c 'est troublant.

Mais vous ne mettez pas la tĂȘte Ă  l 'envers.

Maintenant... Si les Américains viennent vous aider, il n 'y en a plus pour

longtemps. Vous croyez vraiment que les Américains vont entrer en guerre ? Je ne

crois pas, j 'en suis sûre.

Eh bien, vous ĂȘtes mieux Ă  enseigner que moi.

Bon, attendez, laissez -moi faire.

Allez, monsieur.

Bravo. Merci.

GrĂące Ă  vous, petite madame, je me crois ce soir Ă  Paris.

Vous savez, je vous ai déjà rencontré juste avant la guerre.

C 'était à une soirée chez les Muras.

Vous ne vous souvenez certainement pas de moi.

Je ne t 'ai pas en uniforme. Je ne suis pas un militaire de carriĂšre, je suis

dans les textiles. Ah oui.

Je vous disais donc que j 'étais avec ma femme. Elle aussi, elle fait sa guerre.

Mais remarquez que je ne l 'espionne pas. Je suis un mari parisien, vous me

suivez. Bon, Ă©videmment, ce n 'est jamais qu 'une femme. Je dirais mĂȘme une

épouse. Tandis qu 'avec vous, on peut parler, nom d 'un petit bonhomme.

Vous ĂȘtes comme un homme, vous.

Comme un homme. Un homme.

Je vais vous endormir.

VoilĂ , non, non, laissez -vous faire, laissez -vous faire.

Détendez -vous, laissez votre corps mou et faites de grands respires, hein.

Oh, mais, colonel, soyez raisonnable.

On peut nous entendre. Nous entendre, ça, c 'est impossible.

Nous sommes au premier étage du bloc F. Au deuxiÚme, il n 'y a personne.

Au rez -de -chaussée, il y a des petits appelés du Loir -et -Cher qui ne sont

jamais montés en ligne.

Tandis que moi, dans trois jours, je remonte lĂ  -haut, tac, tac, tac, tac,

un petit bonhomme.

Trois jours, ben, il n 'y a pas de temps Ă  perdre, hein.

Comme dit le poĂšte, la guerre est longue, mais la vie est courte.

AĂŻe, colonel, colonel ! Pour toi, il n 'y a pas de colonel.

Appelle -moi Émile. É

Il ne faut pas jouer ce petit jeu -lĂ  avec moi. Je ne suis pas un gamin.

Je suis comme les autres hommes. Moi, j 'ai l 'horreur des allumeuses.

Et puis, de toute façon, tu es venu ici, tu savais pourquoi.

Alors, pas d 'histoire, mon petit bonhomme.

... ... ... ... ...

Au revoir

Il ne doit pas ĂȘtre lĂ .

Qu 'est -ce qu 'on fait ? Il n 'y a qu 'Ă  le poser sur le bureau.

Entrez. Bonjour, Julien. Vous ĂȘtes dĂ©jĂ  levĂ© ? Oui, mademoiselle.

Julien, il faut que nous partions immédiatement pour l 'Espagne.

Bien, mademoiselle.

Vous vous occuperez des bagages et je vous retrouve dans le hall, dans un

d 'heure.

Tout est prĂȘt, mademoiselle.

Nous pouvons partir.

Julien ! Julien, c 'est épouvantable ! J 'ai oublié quelque chose, c 'est

terrible. Faites demi -tour immédiatement.

Je pense qu 'il vaut mieux continuer, mademoiselle. Mais enfin, ne discutez

mes ordres, Julien. Je vous dis que j 'ai oublié quelque chose. Faites demi

-tour.

Mais Julien, qu 'est -ce que vous attendez ? ArrĂȘtez -vous.

Ah, tout de mĂȘme.

Faites demi -tour, nous avons perdu assez de temps.

N 'est -ce pas cela, mademoiselle, que vous avez oublié ?

Mais voyons, Julien.

Il est temps que vous le sachiez, mademoiselle, je travaille avec vous.

Comme vous pour les mĂȘmes patrons.

Je suis chargé de la coordination entre vous et vos chefs.

Maintenant, il est temps de partir.

Nos chefs ont pensé qu 'il n 'était pas nécessaire de vous mettre au courant.

En fait, je suis chargé de votre protection.

Mais si vous travaillez pour eux, pourquoi n 'avez -vous pas qu 'Ă 

le coffre vous -mĂȘme ?

Ils ont pensé qu 'une femme, enfin, que vous seriez plus qualifiée pour

approcher le colonel Pelletier et lui prendre la clé.

Julien Gilbert, j 'ai été forcé d 'assommer le colonel, il va tout

C 'est pourquoi nous n 'avons pas intĂ©rĂȘt Ă  nous attarder par ici.

Julien, qu 'est -ce qu 'on voit lĂ  -bas ? J 'ai peur que ce soit des ennuis.

On dirait un barrage.

Qu 'est -ce qu 'on va faire ? Il faut passer.

On va toujours essayer.

Couchez -vous au fond de la voiture.

Ça y est ? Oui.

ProtĂ©gez -vous la tĂȘte avec les bras.

Et allons -y.

Vous avez le dossier, il compte l 'avoir demain.

D 'accord.

Excusez -moi de vous avoir fait attendre. Tout est en rĂšgle, vous pouvez

repartir.

La poudriĂšre du Sud -Ouest. Le plan de la poudriĂšre du Sud -Ouest.

Le plan de la poudriĂšre du Sud -Ouest.

Opération terminée.

Mesdames, Messieurs, toutes mes félicitations.

J 'ai tout lieu de me réjouir de l 'opération de cette nuit.

Rapidité, efficacité.

Bien sûr, un peu de sang versé, mais c 'est la guerre.

La destruction de la poudriĂšre du Sud -Ouest est une victoire trĂšs importante

nos services secrets.

Une de nos plus belles réussites depuis le début de la guerre.

Trois jours de munitions pour toute l 'armée française viennent de s 'envoler

fumée. Donc mes remerciements aux uns et aux autres. Et je me tourne tout

particuliĂšrement vers notre auxiliaire la plus gracieuse.

L 'agent H -21, dont une fois de plus la séduction, la séduction foudroyante,

est Ă  la base de toute cette affaire.

Mademoiselle, vous avez gagné là un repos bien mérité.

Quelles sont vos intentions ? OĂč souhaitez -vous aller ?

Je veux rentrer en France.

Mais c 'est pareil.

Je veux revenir en France.

Eh bien, moi, monsieur, je n 'ai pas ce défaut -là. Je trouve le désir de H21

parfaitement légitime. Notre belle amie a fait suffisamment la preuve de son

sang -froid.

Nos services secrets ici vont travailler dÚs ce soir à lui établir de faux

papiers rigoureusement authentiques.

Mademoiselle, conservez ce livre précieusement. Il représente vos frais

voyage. Quant à votre salaire, il vous sera versé à Paris.

À la banque des Pays -Bas oĂč je vais faire dĂ©poser pour vous une grosse somme

'argent.

Ma tari comme espionne est finie.

Elle n 'a plus les nerfs assez solides.

Et si elle doit se faire prendre, je préfÚre que ce soit par messieurs les

Français.

Dans l 'espionnage, nous devons malheureusement travailler de temps Ă 

les femmes.

Mais nous ne devons pas oublier qu 'elles sont moins sûres que les hommes

surtout, elles s 'usent plus vite.

Exactement. Vous transmettrez l 'ordre de paiement adressé à la Banque des Pays

-Bas pour créditer le compte de H21 dans le code que les services français ont

découvert.

Si Mata Hari est assez folle pour aller toucher cet argent Ă  la Banque des Pays

-Bas, nous aurons la preuve que nous n 'avons plus besoin d 'elle.

Ah, mon Dieu ! Vous n 'ĂȘtes pas en Ă©tat d 'affronter tous ces dangers,

mademoiselle. Restons en Espagne ou portons en Suisse. Je connais un moyen

y arriver.

Non, je veux rentrer en France.

Au revoir, François.

Mais qu 'est -ce qu 'elle fout, cette putain d 'ambulance, alors ? C 'est

un coup de la bande Velfo.

Aujourd 'hui, j 'en ai tué 17.

Dis donc, Pou, ça prend un X ou un S ? Un X, mon chou. Dis -donc, t 'as du

? Eh non, j 'ai pas de savon. T 'as des mains comme on l 'a les pieds.

Ah, on casse ! Tiens, lave -la, l 'ambulance.

Eh, dĂ©pĂȘche -toi.

Eh, les gars, dĂ©pĂȘche -toi, nous, elle vient d 'arriver, l 'ambulance.

Bonjour, la salle. Bonjour, Yvette.

Bon quartier.

Allez -y.

Combien de blessés ? Huit. On a que six places.

Ah lĂ  lĂ , ils ne s 'en font pas Ă  l 'arriĂšre.

Dites à propos de la salle, j 'ai amené votre cousine avec moi, elle veut vous

voir. Ma cousine ? Oui, votre cousine.

Alors, chùre cousine, toujours dans les bonnes Ɠuvres ? C 'est une vocation, ma

parole.

On vient soigner les blessés, leur apporter des chocolats et naturellement

sourires.

C 'est moins drĂŽle qu 'Ă  Narbonne, ici, vous savez.

Écoutez -moi, François.

Je suis venue de trĂšs loin pour vous voir et j 'ai le droit de... Vous n

aucun droit.

Il me semble que nous nous étions suffisamment expliqués à Narbonne.

Vous devez me trouver dur, n 'est -ce pas ? C 'est vrai qu 'ici, on ne devient

pas trÚs civilisé.

C 'est terrible, vous savez.

Marquez, je n 'ai plus Ă  ĂȘtre jaloux du colonel Pelletier.

Il a Ă©tĂ© tuĂ© la semaine derniĂšre Ă  la tĂȘte de son rĂ©giment.

Venez avec moi.

Ah, tu verras, c 'est une surprise. Non, dis -moi. Non, non, c 'est une

surprise, viens.

Les Allemands et les Français ont occupé le chùteau, à cÎté, à tour de rÎle.

Et quand il a été détruit, les états -majors sont venus s 'installer dans

grange. Attention.

Tu vois lĂ , je dormais dans ce lit il y a Ă  peine deux mois.

OĂč vas -tu ?

C 'est le PC. Ah bon ? La troisiĂšme

compagnie, c 'est comment ? Allez, on va venir les faire.

Rassemblement ! Tu vois ? Je faisais mon lit comme

ça. Et puis ? Avec ce rideau. Oui.

Bien.

Comment as -tu fait pour me retrouver ? Il m 'a fallu du temps.

Il est tard, il faut que je m 'en aille.

Dis -moi que tu es heureux de me retrouver.

Je suis heureux de te retrouver.

Dis -moi que tu attendais ce moment.

J 'attendais ce moment.

C 'est pas vrai, je ne suis pas javalaise.

Je ne suis jamais allée à Java.

Je ne connais rien Ă  l 'art indien.

Je suis née en Hollande et mon pÚre était marinier.

J 'étais une petite paysanne en sabots. Tu n 'étais pas si vilaine avec tes

sabots. Tu vois, François, j 'ai toujours voulu te parler, tu m 'en as

empĂȘchĂ©. Eh bien, vas -y, parle.

D 'abord... Parle, mon amour, parle tout en dessous, parle ton content.

Tu te souviens de la soirée chez la baronne du Maine ? Oui, ma tulipe. Je ne

veux entendre que des choses agréables. Tu vois, tu m 'interromps tout le temps.

Que des choses tendres. Alors la baronne... Bénie soit la baronne, grùce

nous nous sommes connus.

Justement, il faut que je te dise.

Ce n 'est plus ma javanais, c 'est ma hollandaise. Alors va pour la Hollande.

t 'en supplie, je n 'aurai pas la force. Greta, ton moulin va trop vite.

Tu sais que je dépense beaucoup d 'argent.

Tu as raison, c 'est fait pour ça.

Et tu t 'es jamais demandé... Je me suis toujours demandé comment tu faisais

pour avoir une aussi jolie bouche, de si admirables lĂšvres, surtout celle -lĂ .

Oui, en effet, je me suis toujours demandé comment ce petit nez

inaméliorable, comme disent les Espagnols, comment ces petits cheveux là

tempes, et comment cette peau aussi fine en haut du front, tellement délicate qu

'on voit quelques veines courir dessous presque Ă  la surface.

Mais tu es aussi fragile.

Alors j 'aime bien te regarder de trĂšs prĂšs.

Comme en ce moment.

C 'est trÚs émouvant.

Qu 'est -ce qu 'il y a ? C 'est une grenade de main.

Vite, ici ! Des renforts !

Attention, il y a un enceinte !

Vite, les trĂšfles ! Bonsoir. Laisse le fusil prendre les grenades de main.

Vite, s 'il te plaĂźt.

Je n 'ai pas l 'enseigné. Vite, les trÚfles !

Sous -titrage Société Radio -Canada

Sous -titrage ST' 501

Bonjour, ma petite fille. Bonjour, papa.

T 'es pas étonné de me voir ? Ah non, je t 'attendais.

Écoute, papa, j 'ai besoin que tu m 'aides. Il faut que tu me laisses dormir

cette nuit.

Ça fait rien, on se dĂ©brouillera.

Dis donc, tu t 'es pas demandé comment j 'allais survivre ? Moi, j 'ai plus un

radis. Écoute, mon petit papa, aujourd 'hui, je vais toucher une grosse somme d

'argent. Et je te jure que tu manqueras plus de rien.

Et puis, quand la guerre sera finie, on partira tous les deux ensemble dans

notre pays, en Hollande.

Et je te quitterai plus, hein.

Qu 'est -ce qui t 'arrive, ma petite fille ? Au fond, tu l 'aimes bien, ton

vieux pÚre, hein ? Je n 'ai jamais aimé personne d 'autre.

Allez, viens.

Viens boire un verre. Non, je ne peux pas rester.

On peut aller le prendre dehors, si tu veux. Mais non, il faut que j 'aille.

donc, il y a ton chauffeur. Il t 'attend jusqu 'Ă  6 heures au carillon Ă 

Montmartre. Je reviens tout Ă  l 'heure.

Alors, au revoir.

À tout à l 'heure.

À tout à l 'heure. Et n 'oublie pas de ne pas m 'oublier.

Regarde la monnaie. Si, monsieur.

Tu vas me rendre un petit service.

Regarde au bout de la rue.

Tu vois la dame en blanc ? Oui, monsieur.

Tu vas aller Ă  sa rencontre tout de suite et tu lui diras, Madame, il ne

pas aller Ă  la banque.

VoilĂ , c 'est tout.

RépÚte. Madame, il ne faut pas aller à la banque. C 'est ça, vas -y.

Madame, il ne faut pas aller Ă  la banque.

Mais pourquoi me dis -tu ça, mon petit ? Madame, il ne faut pas aller à la

banque.

Vous pouvez repasser.

Merci. Au revoir.

Un petit temps.

Oui, ce n 'est rien.

Vous ĂȘtes bien Marguerite Hazel, dites -moi Tahari.

EspĂšce de cochon, on tripote les femmes dans la rue maintenant ? Laissez tomber

ce truc -là, ça ne marchera pas.

Regardez autour de vous.

C 'est bien, allons -y.

L 'audience est levée.

La prochaine session du tribunal militaire est fixée au 27 juillet.

Ce n 'est pas possible.

Ce n 'est pas possible.

Nous allons demander le pourvoi en cassation.

Si on refuse, j 'irai trouver le président Poincaré. Je me jetterai à ses

Et si Poincaré refuse ?

Rassemblement dans la cour dans dix minutes.

Moi ? Oui.

Ne pleure pas, Marie.

Il parle.

C 'est bon.

Margarita Zell, dite Matahari, a été condamnée à la peine de mort. Par ordre

général commandant de la circonscription militaire de Paris, l 'exécution de la

sentence a été fixée au 15 octobre 1917.

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