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Le problème, ce n 'est pas l 'hôtel en lui -même, c 'est les dettes. Depuis la
disparition de papa, il tourne en ralentie. On attendait la liquidation.
vivre une aventure qui va nous faire du bien à tous. On va sortir de notre zone
de confort.
Mais je l 'aime bien, ma zone de confort ! Mais regarde ce qu 'il a fait, mon
frère ! Il a traversé tout l 'océan, bon sang ! Il a tout quitté ! Il était
pauvre, il était au chômage.
Antoine, ce n 'est pas si simple de travailler en famille.
On pourrait faire le grand saut.
Qu 'est -ce qui nous retient à Roubaix, en fait ? Nos formidables carrières
pleines d 'avenir ? Nos rendez -vous chez Pôle emploi ? Les lissages
? Attendre que rien n 'arrive ?
Par contre, pour le relancer, il va falloir faire des sacrifices.
Oui, mais ça, ça nous connaît.
Non, mais là, tu mettais une rustine. Là aussi, là aussi, il était comme neuf.
Tu viens nous faire perdre 25 euros. 24 ,90.
Quoi ? C 'est pas 20 fois que c 'est 24 ,90.
D 'ailleurs, c 'est moi qui ai avancé. J 'aimerais bien que tu me rembourse
parce que je suis un peu deux là en ce moment. Je t 'avais dit qu 'on n
'achetait plus rien comme matériel. Il y a un jour dans ta vie où tu vas m
'écouter ? Mais ouais, mais tu vois, quand je suis arrivé dans ce magasin, je
suis tombé sur ce petit tuyau qui me regardait avec ses petits yeux trop
de tuyau.
Je n 'ai pas pu résister. Surtout qu 'à côté de lui, il y avait une
tronçonneuse, tu vois, qui regardait comme ça avec des yeux de tronçonneuse.
Non, je ne pouvais pas laisser tout ça.
Non, mais tu te fous encore de ma gueule, là ? T 'inquiète, chaussette, c
pour te détendre. T 'es une
Hey, salut ! Salut ! Ça va ? Ouais.
Oh là, oh là, oh là, oh là, oh là ! Regarde, dans cette petite atroce, j 'ai
quand même trouvé le jean de mes rêves ! Mais t 'es magnifique, Vanessa. Tu vas
voir, tous les mecs vont tomber amoureux de toi, tu vas finir par l 'adorer,
cette île. Eh, mollo -mollo avec les garçons, hein ? Ça va, chérie ? Tu fais
de ces têtes ? Comme je suis une fille parfaite, maman m 'en a acheté un autre,
même en bleu.
Parfaite, parfaite, c 'est vite, chérie.
Deux jeans, t 'es dingue ou quoi ? Tu crois qu 'on roule sur l 'or ? Ils
arrivent quoi, tous, là ? Vous voulez faire couler la boutique ? Je vous
rapporte le deuxième.
On n 'a pas les moyens.
Quoi ? Putain, mais j 'y crois pas.
Et le shirt qu 'on a pris pour Enzo, on va devoir le rapporter aussi.
Vas -y, garde -le ton fric, espèce de nazi ! Tu me parles pas comme ça,
! Non, mais qu 'est -ce qui te prend ? Attends, Vanessa !
Non, mais l 'être là va redescendre. Mais toi, qu 'est -ce qui t 'a pris de
dévaliser un magasin où on n 'a pas les moyens ? J 'ai pas dévalisé les
magasins, j 'ai voulu faire plaisir à mes enfants, voilà, c 'est tout. Et d
'ailleurs, depuis qu 'on est ici, c 'est la première fois que je vois sourire
Vanessa. Et là, tu viens de tout foutre en l 'air.
Alors maintenant, elle va faire la tête pendant deux mois.
Non, mais c 'est compliqué en ce moment, on peut pas se permettre. Ah, mais je
sais que c 'est compliqué, moi aussi je bosse là. Attends, on a tous envie que
ça décolle. Voilà, mais pour ça, il faut que ça bouge, il faut de l 'emprunt.
D 'ailleurs, au lieu de faire la gueule, t 'as réfléchi à mon idée de cours de
Zumba ? Oui, c'
Ok. Où tu vas là ? Ramenez le seul truc qui faisait plaisir à ma fille déprimée.
Tu veux le faire maintenant ? Mais... Faut que je te le dise.
C 'est ma première fois.
T 'inquiète.
Ça va aller.
J 'en ai ça, merde ! Tu pourrais te tremper, putain ! Ouais, bah, je suis
désolée, mais je reste ici.
Il y a eu un adil politique que je demande tellement j 'ai plus envie de
personne.
Je ressors pas, moi.
Vous n 'avez qu 'à aller à l 'hôtel.
Oh là là ! Je suis trop drôle, moi.
Bon, je vais y aller, moi.
Attends, je viens avec toi.
Ciao, Vanessa.
Il est cool, ton jean.
Ouais, mais il est tout seul.
Quoi ? Rien laisse tomber.
À plus.
T 'es plus non plus bizarre, toi.
Bon alors, t 'as vu l 'inspecteur ? Ouais, c 'est la tuile.
Qu 'est -ce qu 'il y a ? Il faut mettre l 'hôtel aux normes handicapées.
Quoi ? Oh merde, c 'est pas possible.
Combien ? Je dirais dans les 20 000.
Attends, rassure -toi, j 'ai trouvé une solution pour payer la compte des
travaux. Et puis, pour le reste, j 'essaierai de négocier pour payer plus
Attention.
C 'est quoi ta solution ? Voilà, si on se prive de salaire pendant deux mois,
nous permet d 'apporter l 'argent de la compte.
Ah non, mais je peux pas.
Déjà qu 'on vit au minimum avec Chloé et les enfants, je vois pas comment on
peut faire moins.
En plus, Chloé et Akron en ce moment se racontent pas.
Écoute, je sais, mais c 'est la seule solution, sinon on va fermer.
Franchement, vous avez un tour au -dessus de la tête, c 'est le principal,
Non, deux mois, c 'est pas possible.
Écoute, un mois sans salaire, et je m 'occupe d 'une partie des travaux. Mais
non, ça c 'est pas possible, il faut que ce soit fait par un professionnel.
Si c 'est mal fait, on passera pas à l 'inspection. Ça va, deux mois, ça passe
vite, non ? Ouais.
C 'est sûr, quand on se fait entretenir par sa femme, ça passe vite. Quoi ?
Attends, c 'est pour moi que tu dis ça, là ? C 'est n 'importe quoi.
On est aussi niques, Antoine.
Tu veux me dire comment tu paies ta baraque, ta belle bagnole, tes bons
Avant, je gagnais bien ma vie.
Je ne demandais rien à Victoire. Oui, mais ça, c 'était avant que notre père
coule la baraque. Parce que maintenant, qui paie si c 'est pas Victoire ? Tu
sais quoi ? Il n 'y a pas de mal à se faire entretenir par sa femme. Mais c
juste que moi, c 'est pas mon cas. Donc, un mois sans salaire, je m 'occupe des
travaux.
Allez, attention, chaud, chaud, chaud.
Allez. Tu sais que le fils de Marjorie lui ressemble comme deux gouttes d 'eau
Johan ? Johan Prie ? Ouais.
Mon copain, là ? J 'y crois pas.
Oh, la pauvre.
Quoi ? C 'est Mélina, son mec l 'a plaqué.
Oh, merde.
Qu 'est -ce qui s 'est passé ? Typique du gros naze.
Il l 'a baisé alors qu 'il en avait rien à foutre d 'elle, et il l 'a plaqué.
Oh, le naze.
Non, mais attendez, peut -être qu 'il lui avait rien promis.
Mais même, elle était amoureuse de lui et il le savait.
Désolée, tu fais pas ça, ça te fait pas. Ouais, plus jamais de ma vie je lui
adresse la parole à ce mec.
C 'est vrai que c 'est pas classe.
Heureusement qu 'il y a encore des mecs comme nous, hein Max.
Bon,
on y retourne tous les deux ? On va bien trouver une chambre tranquille.
Ok.
Bon, moi je vais y aller.
Attends, je t 'accompagne. Ok.
Bon bah, salut.
A plus.
Ça va ? Ouais, ouais, ouais.
Je te jure.
Oh, j 'adore ce canapé, regarde.
Que t 'en penses ? Pour remplacer celui -là ? Pourquoi tu veux le remplacer ? On
vient de l 'acheter.
Et alors ?
Mais je le prends en rouge ou en beige ? Écoute, chérie, c 'est pas le moment de
faire des dépenses.
On traverse une période un peu compliquée à l 'hôtel.
Ah bon ? Mais c 'est grave ? Non, rien, des travaux à faire, mais on a décidé de
se priver de salaire pendant un mois pour les payer, donc le canapé, c 'est
ma priorité.
Mon cœur, je veux pas m 'immiscer dans tes affaires. Cet hôtel, c 'est ton
enfin, votre truc, à Jérémy et à toi, mais vous êtes sûr que vous adoptez la
bonne stratégie ? C 'est -à -dire ? Je sais pas, moi, c 'est tranquille, c 'est
bien, mais...
Ça manque un peu d 'ambiance quand même.
Ça rebute sûrement des clients, ce calme -là. Attends, tu veux quoi ? Que ce
soit le bordel comme du temps de Jacques et qu 'on coule la baraque, c 'est ça ?
C 'était vivant de son temps, voilà. C 'est tout ce que je voulais dire.
Alors, merci pour tes conseils, mais Jacques et moi, on n 'avait pas du tout
même conception de l 'hôtellerie.
D 'ailleurs, il a fait faillite.
Donc, si tu veux mon avis, ma stratégie est meilleure que la sienne.
Voilà.
Donc, il faut faire le doron pendant un moment et c 'est tout.
Comme tu voudras.
Alors, rouge ou beige le canapé ? T 'as entendu ce que je viens de te dire ?
Ah oui, que c 'était la bonne stratégie et que je devais la fermer.
Non, que je ne veux pas acheter le canapé maintenant.
Quand j 'aurai les moyens, je le ferai.
Pourquoi c 'est à toi de le payer ? Oh, mais parce que... parce que c 'est moi l
'homme.
Ah bon ? Mais qu 'est -ce qui te prend ? On n 'est plus en 1950.
Alors oui, c 'est moi qui t 'entretiens en ce moment, et alors ? Mais non, ce n
'est pas toi qui m 'entretiens, enfin.
Pardon ? Bon, alors tu sais quoi, à partir de maintenant, je n 'accepterai
jamais un centime de ta part.
Eh ben, je ne savais pas que tu étais ce genre d 'homme.
Quel genre d 'homme ? Le genre qui a un problème de zizi. J 'ai pas de problème
de zizi, merde ! Vous avez divorcé ?
Ah non, mais tu déconnes, Jérémy. On n 'a déjà pas de sous. On ne peut pas
un mois sans salaire.
Mais c 'est juste un mois.
Et puis, on a un toit sur la tête. Il n 'y a pas à s 'inquiéter. Et la pauvreté
est moins pire au soleil. C 'est ça que tu viens de sortir.
Côte générale, bol, Jérémy.
Ton frère et toi, vous passez votre temps à colmater les brèches.
C 'est quoi encore ça ? Je vous propose plein d 'activités pour se faire de l
'argent et vous refusez tout en bloc.
Franchement, mon amour, laisse tout faire.
Tu n 'as pas à t 'inquiéter.
On fait vraiment tout ce qu 'il faut avec Antoine.
Pardon, mon amour, mais...
Tu connais rien, hein ? Alors franchement, t 'inquiète pas.
Allez, vas -y.
Non ! Pas bonne nuit, non.
Là, on cause, Jérémy.
En fait, c 'est quoi ton problème ? T 'as peur de te fâcher avec ton frère
que t 'es pas du même avis que lui, c 'est ça ? N 'importe quoi.
C 'est juste qu 'il se connaît en hôtellerie, donc je lui fais confiance.
Il était directeur d 'un hôtel qui appartenait à un groupe. Il était pas
proprio. Et puis la clientèle, c 'était pas la même.
Arrête, ça n 'a rien à voir.
Non, je pense vraiment que des cours de cuisine donnés par Vianna, ce serait
super. Des cours de méditation et de yoga par Dom.
Et des cours d 'aquabaïque aussi.
Non, mais tu sais combien ça coûte un aquaïque ? Non, t 'es folle ou quoi ? Je
'ai dit qu 'il fallait qu 'on fasse des économies. Mais voilà, c 'est reparti.
Restrictions, restrictions, taxe -moi la bouche. On dirait le gouvernement, là.
Même les enfants en auront le bol.
Et tu sais quoi ? Dans le fond, les enfants, ils comprennent très bien. Ah
? T 'as vu la réaction de Vanessa ce matin ? Mais Vanessa adore faire la
C 'est une seconde nature chez elle.
Non, non, non, t 'inquiète. Ils comprennent, eux.
Bon, c 'est mort.
Qu 'est -ce qui se passe ? J 'ai pas de préservatif.
Mais j 'en ai, moi.
Non !
Excuse -moi, mais je dois aller m 'occuper d 'Enzo.
Mais tes parents sont là, non ? Ouais, mais je lui ai promis, donc...
On se voit demain, ok ? Bonne nuit.
Alors, comme je n 'y connais rien, Jérémy a quelque chose de très important
vous dire.
C 'est quoi ? Ok, Néphi, on rentre. Dis -moi que c 'est ça, Jérémy, par pitié,
dis -moi que c 'est ça. Non, c 'est pas ça, Nathérie.
En tant que ministre du budget de la famille, il a jugé utile de prendre
quelques mesures qui vont nous demander à tous de faire un effort.
Moi, je suis contente, monsieur.
S 'il vous plaît. Non, non, non, t 'inquiète pas, mon chéri.
Maman exagère. Vous n 'êtes pas du tout concerné.
Tout va bien.
Euh, qu 'est -ce qui passe ? Rien, rien, rien. On va juste devoir vivre un mois
sans salaire. Mais je ne sais même pas pourquoi votre mère vous en parlait.
n 'êtes pas concerné. Vous ne verrez même pas la différence. Ah oui ? Et leur
argent de poche ? Ils vont le cueillir dans les arbres, mon chéri.
Super.
Franchement, Jérémy, si vous êtes en train de faire faillite, vous venez me
? Mais non, non, non, c 'est pas faillite.
On va juste devoir payer des travaux et... Franchement, vous inquiétez pas,
va bien. Tout va super bien.
En fait, à Roubaix, on n 'était pas riches.
Mais là, on est carrément pauvres.
Super opération, ce déménagement.
Top.
Un peu de bicarbonate, de l 'argile verte, c 'est un super truc quasiment
gratos.
C 'est là que tu dis que c 'est complètement fou. Tout ce qu 'on nous
consommer, on n 'en a pas besoin.
Ecoute papa, ne te fatigue pas.
Fabriquer son dentifrice en M, ce n 'est pas une victoire, c 'est un échec.
On fait des ménagements ici d 'ailleurs.
C 'est quoi la prochaine étape ? On fait pousser du chanvre et on fabrique nos
vêtements nous -mêmes tellement on n 'a pas une thune.
Arrête de voir tout en noir.
Vanesse, Vanesse, regarde autour de toi là. Le soleil, la mer.
Les gens.
C 'est quand même... Légit positif dans toute situation, non ? Quel positif ? On
est pauvres ! Jérémy, tu pars stressé ! Cette salle est prise à mourir ! A deux
doigts de tuer quelqu 'un pour mettre un peu de piment dans ma vie ? Ah ouais,
cool.
Ou alors... Me promener nu le soir de pleine lune... En chantant des airs
sataniques ! Ah ouais !
Super, ouais.
Misère.
Excuse -moi, monsieur.
T 'es fâché avec Anaïs ? Non.
Enfin, pas vraiment.
Je connais cette tête.
Il y a un truc qui est plus fun ? C 'est pas moi qui en fais un copain du lycée
qui a un problème avec une fille et je me demandais comment faire pour l 'aider
à y voir plus clair. Je peux peut -être l 'aider, ton copain, à y voir plus
clair.
Tu vois, il sort avec une fille qu 'il aime bien, qu 'il trouve trop cool, mais
il n 'est pas amoureux.
Et elle, elle est amoureuse de lui, elle a envie de faire l 'amour pour la
première fois avec lui.
Et il ne sait pas si c 'est bien de faire ça.
Surtout qu 'en fait, il est amoureux de la meilleure amie de cette fille.
Ah oui, je vois.
Donc en fait, il n 'a pas envie de passer pour un sale type auprès de son
et de mal se comporter avec cette fille. Voilà.
Oui.
Tu devrais lui dire de ne pas coucher avec cette fille.
C 'est important une première fois.
Et puis, il devrait rompre avec douceur pour ne pas qu 'elle se perd d
'illusion.
Mais en même temps, il en a envie.
Il l 'aime bien et il la trouve super jolie.
C 'est un mec, tu vois.
Ah non, je ne vois pas. Il en a envie. Et alors ?
Il peut pas se retenir pour pas faire de mal à cette fille ? Non, en fait, c
'est un petit con, ce mec.
Non, mais pas du tout. Bah si, moi, je trouve.
Enfin, bon.
Heureusement, toi, t 'es pas comme ça.
Hein, mon chéri ? Bon, Antoine, c 'est ridicule.
Viens manger avec nous.
Non ! Vous allez nous expliquer ce qui se passe.
Papa, c 'est vrai que t 'as un problème de zizi ? Quoi ? Mais non, enfin ! Bon.
Votre père a décidé qu 'il ne dépendrait plus de moi financièrement. Voilà.
Pour une raison que j 'ignore, mais bon, allez savoir ce qui se passe dans la
tête des hommes, parfois.
C 'est débile.
Maman gagne plus que toi, et alors ? C 'est beaucoup plus compliqué que ça, d
'accord ? On a eu une conversation avec ta mère et... Et puis c 'est notre
affaire d 'ailleurs, ça vous regarde pas. C 'est ça.
Eh ben c 'est moi.
Antoine, c 'est moi qui fais les courses, j 'ai payé tout ce qu 'il y
les placards ici.
Mais vas -y, serre -toi.
Là, tiens.
En parlant des courses, est -ce que tu peux nous donner notre argent de poche,
'il te plaît ? Non.
Voilà ma chérie. Merci.
Tiens mon grand.
Pas pour moi merci.
T 'es malade ? Vanessa m 'a dit que comme ses parents sont très pauvres, ils
'auraient pas d 'argent de poche ce mois -ci.
Alors j 'ai décidé d 'être solidaire avec eux.
Alors là bravo mon grand. Alors ça, ça c 'est un beau geste tu vois.
Et tu sais quoi ? D 'ailleurs moi aussi, par solidarité avec les rivières qui
traversent une mauvaise face, j 'ai décidé de ne plus dépenser l 'argent de
maman. Bah non, toi t 'as un problème de virilité papa.
Voilà. Ah non ?
Tu rigoles ? Non.
Maman, je peux boire cette canne à pêche ?
Non, mon chéri, va la remettre à sa place.
Allez, s 'il te plaît.
Non, on peut pas, je t 'ai déjà expliqué. Viens, on va la redonner au
Excusez -nous.
Allez, viens.
Va.
T 'es super là, toi.
Attends, je vais te donner quelque chose.
Comment ça va ? Ça va et toi ? Très bien.
Bonjour mon grand.
Bonjour.
Tiens. Oh merci ! Non merci.
Mais pardon, je pensais qu 'il... On n 'est pas des mendieux en victoire.
Mais ça n 'a rien à voir.
Monte dans la voiture. Maman ! Monte dans la voiture, je t 'ai dit. Chloé, je
suis désolée, je voulais pas te vexer. Non mais c 'est bon, c 'est pas grave.
Ciao.
Comme tu voudras.
Les bons outils un beau ?
Qu 'est -ce qu 'il dit ? Mais bon... Enfin bref, elle était super vexée,
franchement, je la comprends.
Victoire avait pas à lui offrir ce jouet.
Écoute, moi, je trouve ça plutôt gentil de sa part.
On est une famille, nous tous.
Faire un cadeau à mon gosse, je vois pas où est le problème.
Ouais, mais... C 'était pas le bon moment.
Elle est déjà à cran avec nos problèmes financiers, donc là, elle s 'est sentie
humiliée. Bon, écoute, je comprends que ces différences de niveau de vie soient
difficiles à vivre. Surtout pour nous, hein.
Et Corbi, tu voulais un coup de main pour les en faire ? Non, 100 à moins.
Mais bon, tu me dis ça, mais qu 'est -ce que tu veux que j 'y fasse ? Ce serait
bien que tu demandes à Victoire de faire un peu plus attention devant Chloé.
Parce que c 'est dur de voir dépenser tout ce fric sans compter. Alors que
on est obligés de priver les mômes d 'argent de poche.
Écoute, je ne peux pas demander ça à Victoire.
Pourquoi ? Parce que... Je ne sais pas, tu vois comment elle est.
Elle aime dépenser, se faire plaisir.
Elle vient d 'une famille riche. Elle gagne sa vie.
Elle ne comprendrait pas.
Mais d 'ailleurs, pour moi aussi, c 'est... Ça devient difficile, ces
différences entre elle et moi.
J 'ai l 'impression qu 'elle me considère comme un loser.
Hein ? Mais oui, je gagne beaucoup moins qu 'avant, moins qu 'elle.
Je n 'aime pas ça, les femmes.
Quoi ? Non, mais d 'où tu sors ça, toi ? Si elle te considère comme un loser à
cause de ça, mais franchement, quitte -la.
Ça veut dire quoi ? Non, par contre, si t 'as pas les couilles de lui demander d
'être un peu plus solidaire avec nous, là, tu seras un loser.
Bon, maintenant, à toi de réfléchir là -dessus.
Moi, je vais finir la rampe.
Tu veux un coup de main ? Non, non, c 'est bon, mais va parler à ta femme,
! Bon, et du coup ? Bah, on laissait dans la chambre,
tout passait bien, on s 'embrassait.
Et... Et après, il est parti en prétextant un truc bidon.
Je n 'ai rien compris.
Et depuis, il m 'évite.
Bah, c 'est chelou.
Non, carrément.
Bon, il a dû flipper, quoi. Mais pourquoi ?
C 'est moi qui aurait dû avoir la trouille.
Je sais pas, il a eu la trouille.
C 'était peut -être la première fois. Mais non, non, non, il est pas puto, il
l 'a dit et je le crois.
C 'est bon, hein ? Top.
Ah, dis -moi, Thierry, j 'ai un groupe de touristes allemands qui cherchent un
hôtel où, je cite, ils pourraient faire la fête. Vous comprenez toujours pas ?
Non. Vous devriez y penser pourtant. Tu vois, vous perdez de l 'argent.
J 'ai déjà expliqué. Non.
Et le groupe de japonais ?
Oui, c 'est bon, il confirme. Ah, super.
En fait, t 'étais vraiment obligée d 'acheter un cadeau à Enzo.
Mais je suis désolée, c 'était pas un geste mal intentionné.
Oui, je me doute.
Tu sais, Frédéric, ton élan de générosité envers les rivières, c 'est
super. Oui, tu l 'as déjà dit ce matin.
Oui, mais... je crois que c 'est vraiment ça dont ils ont besoin en ce
Et j 'aimerais que... toi aussi, Victoire, tu...
Tu fasses un peu plus attention, voilà.
Alors, je sais que t 'es pas habitué, je sais que t 'aimes les belles choses,
tu... Mais tu voudrais que j 'arrête de dépenser du fric par solidarité pour les
rivières, c 'est ça ? Voilà.
Et si j 'arrête de dépenser de l 'argent, est -ce que ça les rendra plus
? Non.
Voilà, bon, alors pourquoi je ferais ça ? Franchement, tu sais quoi ? Je ferais
mieux de leur faire un sexe, ça leur rendra plus service.
Tu veux les vexer, c 'est ça ? Franchement, maman, mets -toi à leur
Tu te pavanes avec tes chroniques de marque alors qu 'ils peuvent plus rien s
'acheter. Mais je me pavane pas, enfin ! Mais c 'est dingue, ça ! Est -ce que c
'est de ma faute si j 'ai bon goût ? Bon, ok, d 'accord.
Je vais faire un effort par affection pour eux.
Bravo. Oui, non mais alors attendez, je vais pas changer mon train de vie, hein.
Hors de question.
Par contre, je vais faire semblant, voilà. Comme ça, tout le monde sera
Quoi ? Tu vas jouer aux pauvres ? Mais c 'est dégueulasse.
Ah bah, tu dis rien.
Non, ça me va.
Donc ça peut éviter les tensions entre les rivières et nous.
Voilà, c 'est ma manière à moi d 'être solidaire, puisqu 'on m 'interdit de les
aider.
Ça va, t 'as besoin d 'aide ? Non, c 'est bon, merci.
Sinon, tu comptes arrêter de dire non quand ? Ça, c 'est comme ça, je
pourrais... Ouais, ça va, arrête.
Hello, hello ! Comment ça va, vous deux ? Très bien, merci.
Ça va se dire ? Ouais.
Ça va, toi ?
Dis -moi, c 'est vraiment très joli ce petit haut, ça vient d 'où ? Le bazar
vêtements. Tu connais cette marque ? Non, celui -ci vient de Prima Shop.
Tu sais, c 'est le genre de boutique où t 'as jamais mis les pieds de ta vie.
Oui, et ben tu vois, j 'ai eu tort. Parce que vraiment, c 'est très joli. Je
vais y faire un tour.
Non mais c 'est vrai, j 'ai réfléchi.
C 'est ridicule l 'argent qu 'on dépense dans des fringues.
Vraiment, moi je comprends pas cette société de consommation. On dépense pour
qui, pourquoi ? On sait même plus.
Moi, j 'ai envie de retrouver le sens des vraies valeurs.
Comme vous, quoi.
C 'est surtout un certain confort qu 'on cherche à retrouver.
Oui, oui. Mais tu sais, je suis sûre qu 'avec Antoine, vous allez vous en
sortir.
Merci.
Bon, je vous laisse retourner à... À plus.
Oui.
Non, mais Victoire a repris ma chope.
Au moins, c 'est un avantage de te faire rire.
C 'est si rare maintenant.
C 'est devenu triste, mon chéri.
Je sais, mais je ne pensais pas que c 'était aussi dur d 'être patron.
Franchement, je me demande si on n 'a pas fait une connerie en venant ici.
Je ne sais pas si on va s 'en sortir.
Parce que l 'argent, on sort, il ne rentre pas assez.
Les employés comptent sur moi pour les faire vivre.
Ça m 'en réveille la nuit.
On va s 'en sortir. Je suis sûre.
Tu sais, on m 'a parlé d 'un humoriste qui était dans le coin. On pourrait le
programmer un soir.
Mais tu t 'arrêtes jamais, en fait.
Voilà, voilà.
Ah ben, tu peux te moquer.
Regarde. Un peu.
J 'ai dit que j 'essayerais.
J 'essaye.
Bravo.
Dis -moi.
T 'as un truc à faire ? Ça dépend.
Mais ça peut attendre.
Ça dépend.
Je vais te montrer.
Je suis désolé.
Je ne sais pas ce qui m 'arrive.
Ah bon ? Moi, je sais ce qui t 'arrive.
Ah bon ?
Toi, tu sais, toi ? Bah, oui.
Quand je t 'ai dit que t 'as un petit problème de... De ? Enfin, Antoine, y a
pas besoin d 'avoir un master en psycho pour savoir ce qu 'il se passe chez toi.
Quoi ? Mais il se passe rien, je suis juste stressé avec l 'hôtel, c 'est
Et c 'est pas le fait de gagner moins que moi qui te fait perdre tes moyens, c
'est pas ça ? N 'importe quoi, mais est -ce que tu peux être tordu, des fois ?
Je suis crevé, c 'est tout.
Eh oui.
Attends, mais c 'est normal, je bosse beaucoup en ce moment.
J 'ai des soucis, les factures, les travaux, enfin tout ça, quoi.
Ben oui.
Vanessa ? Je peux te poser une question discrète ?
Non, je l 'ai pas encore fait.
Mais comment t 'as deviné la question ? Ben, à notre âge, c 'est la question
discrète number one.
Ok.
Et si tu découvrais que le mec avec qui tu l 'as fait pour la première fois n
'était pas amoureux de toi, tu serais blessée ou pas ? Bah,
ça dépend qui est le mec.
Hein ? Bah si c 'est avec Ryan Gosling que je l 'ai fait pour la première fois
et qu 'il n 'est pas amoureux de moi, bah je suis trop contente quand même.
Par contre, si c 'est avec un mec comme toi, là c 'est trop la loose.
Ok, d 'accord.
Merci de ton aide.
Y 'a pas de quoi.
Monsieur et Madame Lafargue, je viens d 'avoir le guide pour la visite du
volcan. Ce sera demain matin à 9h.
Formidable. C 'est normal, on est là pour vous chouchouter. Tout se passe
l 'hôtel du Lagon ? Ah oui, c 'est charmant.
Peut -être un petit peu trop calme pour nous. Ah bon ? C 'est -à -dire, nous,
notre plaisir, c 'est la danse. En Bretagne, où nous vivons, on ne rate
un bal dans la région.
Alors, ici, on est un peu frustrés.
Surtout qu 'aujourd 'hui.
C 'est l 'anniversaire de ma femme.
Arrête, Jean. Non, mais c 'est pas grave. Joyeux anniversaire, madame.
Qu 'est -ce qui vous ferait plaisir ? J 'aurais bien aimé l 'inviter à danser.
Ça va ? Vous le savez pas.
Comme moi ? Ah ben voilà ! On fait un peu d 'ambiance, ça fait plaisir !
Mais
ça va pas être pas de quoi là
! Mais tu vois bien mon péré !
On met de l 'ambiance dans cet hôtel qui remonte cruellement.
Et toi, maman ? Tes gambas, elles vont sauter toutes seules dans la poêle ?
Elles vont aller danser aussi au dîner ce soir ? Allez, Jerem, ces coulettes
cacahuètes, viens danser avec nous, là ! Non, pourquoi ? Antoine, remets la
musique ! Veuillez nous excuser, messieurs, dames, pour le dérangement.
Allez ! Mais on veut continuer, nous ! Non, je suis désolé, c 'est pas
madame. Bon, vous inquiétez pas, rendez -vous sur la plage. J 'arrive de suite
avec la musique, d 'accord ?
Tu peux m 'expliquer ce que tu fais, là ? Je donne du plaisir au client. Tu
connais encore ce mot, plaisir, toi ? Ça me rappelle l 'ambiance qu 'il y avait
du temps de Jacques. C 'était bien, on s 'amusait ici.
Arrête avec ça, Victoire. Mais non, toi, arrête ! Jacques a pas fait faillite
parce qu 'il y avait de l 'ambiance. Il savait pas gérer, c 'est tout. Mais
justement, il y avait du monde au bar du temps de Jacques. Tout le temps ! Les
gens de l 'île venaient se mélanger aux touristes et tout le monde adorait ça.
Ah oui, c 'était un beau bordel, oui. Non, c 'était la fête. C 'était joyeux.
Non, mais c 'est clair que la gestion de Jacques n 'est pas un exemple à suivre,
enfin ! Ah mais oui, mais toi, t 'es un exemple à suivre !
Écoute -toi, je tourne la plage. Tu viens avec moi ? Je te tue.
Pardon ? Il a dit ? Il a dit qu 'on était des couillons.
Tu sais quoi ? On garde notre cap.
On lance lounge.
Ouais.
Chic et zen.
Allez.
Allez.
Arrête de flipper, il va te rappeler.
Il me saoule, là.
Je lui ai déjà envoyé trois messages.
Dis, Paul, c 'est quoi la raison pour qu 'un mec hétéro et célibataire n 'ait
pas envie de coucher avec une fille canon ? Euh... Aucune.
Bah, merci, tu m 'aides beaucoup.
Quoi ? Le livre de comptes que ton père avait à l 'époque.
Les recettes du bar représentaient 30 % du chiffre d 'affaires.
Et maintenant ? Je sais pas. Mon oeil.
5%. Laisse -moi m 'occuper du bar, dans un mois les travaux sont payés. Mais
non, Chloé, non ! S 'il te plaît, Jérémy, fais -moi confiance.
Je suis pas comme ton père. J 'ai la tête sur les épaules et j 'ai le sens de
clientèle. Écoute -moi.
J 'ai envie de mettre de la vie dans cet hôtel.
Organiser des soirées, des concerts, et puis ça fera plaisir aux clients, et en
plus, on fera de l 'argent.
J 'en ai marre de rester à l 'accueil et prendre des airs guindés pour faire
chic. Ça me ressemble pas, c 'est pas moi.
Mais non, mais c 'est pas une guinguette, ici.
Ouais, t 'as raison.
C 'est pas une guinguette, c 'est le cancer de la joie, cet hôtel.
Allez,
prends -les. C 'est ton salaire. Je n 'en veux pas.
Enfin, pas maintenant, pas au moment où vous ne vous payez pas.
Mais ne t 'inquiète pas, dès que ça ira mieux, je la prendrai, ma commission.
J 'insiste, prends -les. Je tiens à te payer.
Tu te sens fort, là, non ? Arrête.
Qu 'est -ce que vous faites ? Vous tapez dans la casse ou quoi ? Non, je paye
victoire.
Comment ça ? Oui, c 'est ma commission pour un groupe que j 'ai ramené. Mais
justement, je disais à Antoine que pour une fois, je n 'allais pas la prendre.
Non, mais attendez, j 'ai du mal à comprendre, là. Je bosse ici à plein
je me prise de salaire et toi, tu continues à prendre tes commissions ?
Chloé, tu m 'écoutes ou pas ? Je viens de t 'expliquer que je n 'en voulais pas
de cet argent.
Tous les salariés sont payés, Chloé, tu le sais bien. Victor a un contrat, je ne
vois pas où est le problème.
Ah si, si, je commence à savoir où est le problème.
Attends, Chloé, je viens de te dire que je ne les prends pas.
Non, non, mais c 'est bon, je m 'en fous de ta commission.
Non, mais tu te rends compte ? Elle, elle a un contrat. Moi, je travaille ici
plein temps. Je m 'investis à fond. Et je viens de me rendre compte qu 'en
j 'ai aucun statut. Je suis que la femme du patron. C 'est tout. Et attends, le
pire, le pire, c 'est que je lui propose plein d 'idées. Il n 'en a rien à
faire. On fait des gosses. On les élève en espérant qu 'ils deviennent Victor
Hugo. Et on récolte un Donald Trump. Mais qu 'est -ce qu 'il a dans la tête,
Jérémy ? Merde ! Oh ! Et Chloé, c 'est plus ton contrat que tu devrais avoir,
hein ? Ben quoi ? Tu as bien mis la moitié de ta part de la vente de votre
maison dans cet hôtel.
Oui. Eh bien alors, tu devrais être copropriétaire au même titre que ton
Oh, mais c 'est dingue, ça.
L 'égalité, c 'est pas encore ça.
On vit encore dans un monde de machos. Moi, je te le dis. Mais oui, mais oui, t
'as carrément raison.
C 'est complètement injuste. Et une fois copropriétaire, tu auras droit au
chapitre, comme Jérémy et Antoine.
Allez, Chloé, bats -toi.
Je te signale que les grandes batailles se sont gagnées dans les larmes et le
sang. Bon, on va peut -être pas en arriver là, mais merci.
Allez. Tiens beau, l 'arbre pas, forme de poutre, allez, comme ça même.
Voilà, comme ça.
Viens sur la plage avec moi.
Non, je ne peux pas là.
Viens, je te dis.
Bon alors ? Le problème, c 'est qu 'elle veut qu 'on fasse l 'amour.
C 'est l 'horreur.
Franchement, je compatis, mon pauvre garçon.
Enfin, t 'es dingue ou quoi ? Vas -y, fonce.
T 'as envie ou pas ? Bah ouais.
Bien sûr que j 'en ai envie.
Elle est hyper sympa.
Elle est jolie et tout ça.
Mais je veux pas d 'un truc sérieux.
Et elle est amoureuse.
Toute l 'histoire de ma vie, ça.
Tel père, tel fils.
Elle nous adore.
C 'est tout.
Arrête, papa, t 'es lourd.
Le truc, c 'est que je désespère pas d 'être avec Lucie un jour.
Et si je fais du mal à sa meilleure pote, c 'est mort.
Non, moi, je pense qu 'au contraire, tu peux lui faire que du bien à sa copine.
Je resterai pas avec elle.
Je suis pas amoureux.
Franchement... Tu te prends la tête pour pas grand -chose, là.
Metsu, tu vois la jolie blonde là -bas ? Non, non, mais dis -le -moi.
On va en coucher ensemble.
Je dis pas à moi, hein.
Juste, on se fait du bien, quoi.
C 'est cool.
Non, mais je crois que... notre karma, c 'est de rendre heureuses les femmes.
Non, c 'est vrai. Tu vois, je pense que c 'est notre mission dans la vie.
Anaïs ne l 'a jamais fait.
C 'est important pour elle.
Eh bien, autant que ce soit avec un mec bien, donc autant que ce soit avec toi,
non ? Allez, vas -y, fonce.
Profite de la vie un peu, là.
Enjoy.
Bon, allez, je te laisse. Je vais m 'occuper de la clientèle, moi.
Je suis désolé, ma chérie, mais c 'est pas possible.
Tu peux pas devenir copropriétaire. Et pourquoi ? C 'est pas du tout pour t
'écarter. Mais cet hôtel, c 'est notre héritage à Antoine et à moi.
Et tu vois, c 'est quelque chose qui me rapproche de mes racines. C 'est mon
histoire à moi. Et j 'avais vraiment besoin de ce genre de défi.
Non, mais pour moi aussi, c 'est un défi, c 'est mon histoire, c 'est ma
nouvelle vie.
J 'y ai mis mon argent et c 'est grâce à moi qu 'on est venus ici.
Je sais.
Par contre, on va te faire un contrat. Et d 'ailleurs, on aurait dû le faire
depuis le début. Mais je mérite plus que ça. Je vais investir dans cet hôtel.
Bon, tu sais quoi ?
On va prendre rendez -vous chez le notaire et je vais te mettre sur mon
Comme ça, tout ce qui est à moi sera à toi.
Ah mais génial, génial. Je dois attendre que tu meurs pour pouvoir faire
appliquer mes idées. Non mais tu te rends compte que c 'est dégueulasse que
es en train de me faire vivre, là ? J 'ai le sens de la clientèle, mais ça, tu
ne veux pas l 'admettre ? Tu sais, j 'ai vraiment l 'impression de ne pas être
prise en compte.
J 'ai le droit à ce statut de copropriétaire, mais tu me le refuses.
Parce qu 'en fait, tu veux te prouver que tu peux y arriver sans moi. Mais ne
prends pas comme ça ! Et comment tu veux que je le prenne ?
Jamais j 'aurais pensé que tu te comporterais comme un sale macho, parce
'est ce que t 'es, je te ferais dire.
Tu sais quoi ? À partir de maintenant, je vais arrêter de bosser.
Vous me débrouillez sans moi, je suis en grève.
Mais attends, Chloé.
Tu peux pas faire ça, c 'est pas possible, c 'est ridicule.
Bon, allez, on va parler.
Une potiche, ça parle pas.
Putain.
Putain, ça fait chier, quoi. Merde.
J 'ai jamais vu ça.
C 'est 20 minutes commun.
Vous avez été servi, vous ? Nous, ça fait plus d 'une demi -heure qu 'on a
commandé. Qu 'est -ce qui se passe ?
Bonsoir. Tout se passe bien ? Non, justement.
Qu 'est -ce qui se passe, monsieur ? On a commandé et il n 'y a rien qui arrive.
Je vais voir.
Et ça vient.
S
'il
vous plaît, monsieur.
S 'il vous plaît.
Enfin,
qu 'est -ce que vous faites, là ? Viana, les clients attendent.
Mais qu 'ils attendent.
Quoi ? Chloé, tu veux pas prendre des commandes, s 'il te plaît ? On est en
grève. Illimité.
Et pourquoi ? Demande à ton frère.
Ça va, là ? Très bien.
Jérémie, qu 'est -ce qui se passe ? C 'est quoi, cette grève ? T 'as pas vu
? Putain, il est où, il fait chier.
Tu sais faire les samoussas au poulet ? Réponds -moi, il se passe quoi ?
Mais Chloé va devenir copropriétaire, mais j 'ai dit non.
Pourquoi ? Enfin, t 'es sûr ? Ouais, ouais, ouais.
Bah, te voilà, toi, mais t 'étais où ? Euh, il y avait une cliente qui avait
besoin de mes services.
Je ne vais même pas savoir ce que c 'est. Bon, prends le relais.
Il y a deux samoussins à faire et le roulette aussi, t 'as fini.
Et bien là, elle est où, elle ? En grève avec Chloé qui va être copropriétaire.
Mais elle a carrément raison, elle y a droit.
Attends. Ah non, non, non.
Tu ne vas pas t 'y mettre toi aussi, hein ? Si, justement, je m 'y mets, en
grève. Non à la domination masculine.
Il doit bien y avoir un lit de recettes ici, c 'est pas possible. Bon,
débrouille -toi, je vais offrir l 'apéro au client pendant ce temps pour les
faire patienter. Ok.
Camarades grévistes, je vous salue.
Je suis vraiment désolé.
Ils sont bien dans le jus, les deux frangins en toi.
Je vais y aller.
Je peux pas mettre l 'hôtel en péril.
Jérémy, il dort plus la nuit tellement il bosse.
J 'ai pas envie de lui faire du mal, franchement. Je te connais, toi.
T 'es sur le point de craquer, c 'est ça ? Chloé, une grève, c 'est une lutte de
pouvoir. C 'est le premier qui craque qui a tout perdu.
D 'accord ? Allez ! Ouais, c 'est vrai.
Alors ? C 'est vrai, vous avez raison.
Oh, Jérôme.
En même temps, c 'est vrai qu 'elle a mis sa part de la maison.
Ah non !
Ah non, on ne flanche pas.
Non, non.
Ils vont craquer avant nous.
Et Chloé va finir par comprendre.
Par comprendre quoi ? Mais que cet hôtel, c 'est toi et moi.
Non, parce que je la connais.
C 'est une vraie tête de mule. Une fois qu 'au propriétaire, elle va mettre en
oeuvre toutes ces idées -là. Et on n 'est pas du tout d 'accord sur le style
'hôtel qu 'on veut.
Bon,
tu sais quoi ? C 'est ton couple. Je t 'avais géré.
J 'ai assez à faire avec le mien.
Le problème, c 'est que je ne suis pas amoureux d 'elle.
Et j 'ai peur qu 'elle me regarde comme un connard si je couche avec Anaïs.
Et si je la quitte, j 'ai peur qu 'elle me prenne pour un connard aussi.
Vous, monsieur, vous êtes âgé, vous avez de l 'expérience.
Que vous en pensez ? Ok.
Oh non, j 'y arrive pas.
Oh, c 'est moche. Mon Dieu que c 'est moche.
Chérie, tu veux bien aller en cuisine et rapporter des croissants, s 'il te
plaît ? Non, je ne suis pas une priseuse de grève.
Bonjour.
Merci pour ton soutien.
C 'est normal.
Je comprends tout à fait ta démarche. Alors surtout, ne lâche rien.
Je sais pas ce qu 'ils ont en ce moment, les deux frères.
Un problème de pouvoir, sûrement.
Antoine est devenu tellement orgueilleux tout à coup.
Ça lui passera.
En tout cas, sache que si tu as besoin de quoi que ce soit, je suis là.
Merci.
Moi, je retourne bosser. Je dois emmener un groupe d 'Allemands à l 'hôtel
Oasis. Je voudrais pas perdre ma commission.
Attends, tu viens de dire quoi, là ? Comment t 'as pu imaginer faire une
pareille ? Faire quoi ? Emmener des clients à l 'Oasis.
Ah, ça ? Vous m 'avez fait peur.
Ben oui, c 'est un groupe d 'Allemands qui a envie de faire la fête.
Antoine, je t 'en ai parlé pas plus tard qu 'hier. Tu m 'as dit, pas de fête.
Oui, mais ça ne voulait pas dire de les refiler à la concurrence. Mais ils
seraient les deux même à la concurrence. Alors autant que ce soit moi qui prenne
une commission, non ? Non, mais en fait, tu n 'as aucun scrupule.
Mais merde ! Mais remettez -vous en question aussi.
Mais oui.
Vous voyez bien que votre hôtel zen, ça fait fuir les clients.
Attends, tu ne vas pas te mettre de son côté, là ? Mais bien sûr que si, elle a
raison. Elle n 'a pas à se sacrifier à cause de vous.
Vous perdez des clients à force de ne pas vouloir faire de fête. Est -ce que
vous comprenez ça ? Appelez -le le bonnet nu, cet hôtel, pas le lagon.
Tenez.
L 'argent de mes dernières commissions pour vos travaux.
Je comptais vous le donner.
Non, merci.
Comme vous voudrez.
Dans ce cas, je vais aller offrir le champagne au gréviste avec.
Alors là, tu vois, je suis pas prêt de te le pardonner.
Me pardonner quoi exactement ? D 'être passée à la concurrence ou de faire
bouillir un marmite ? Parce que je crois que c 'est pas très clair dans ton
esprit. Alors, c 'est très précaire. Ce que je vois, c 'est que ma femme me met
des bâtons dans les roues. Et ça, c 'est insupportable.
Jérémy et toi, vous vous mettez des bâtons dans les roues tout seul.
Et à défaut d 'ouvrir les yeux, vous rejetez la faute sur Chloé et moi.
Vous perdez des clients à cause de votre névrosique et zen.
Oui, tu veux quoi ? Tu vas me dire qu 'il faut que j 'ouvre mes chakras, c
ça ? Comme Dominique, peut -être ? Mais oui, ça te ferait peut -être du bien.
Antoine, arrête de douter.
Et arrête d 'avoir peur de ressembler à ton père. T'
Et puis, laisse une chance à Chloé.
Oui, je sais, c 'est moi qui dis ça, mais elle le mérite. Elle a de bonnes
idées. Oui, bah, ça, c 'est le problème de Jérémy.
Alors, tu vois, à force de vouloir éviter le conflit avec ton frère, tu
lâche.
Quoi d 'autre ? Je t 'aime.
Oui, non, non, je comprends bien, monsieur.
Oui. Non mais attendez, je vous promets que dans un mois, on aura l 'argent pour
commencer les travaux.
Non, non, non, s 'il vous plaît. On ne peut pas fermer en attendant.
Non, non, c 'est une question de survie pour nous.
Non mais attendez, vous aviez laissé un délai à mon frère, donc... Eh bien, c
'est parfait.
Très bien, très bien.
Merci beaucoup, monsieur.
Au revoir.
Chloé, s 'il te plaît, il faut que tu reprennes le boulot.
On ne s 'en sort pas, là.
Non, écoute, je te supplie, je te promets que je serai plus sympa, plus
souriant. Je passerai plus de temps avec les enfants.
Bon, écoute, je sais que c 'est dur pour toi, mais tu ne me laisses pas le
choix. Je vais te proposer un deal.
Tu me laisses organiser une soirée.
Si c 'est un succès, vous verrez par vous -même que c 'est bon pour l 'hôtel.
Tu me laisses gérer le bar et je deviens copropriétaire.
Si c 'est un flop, je reprends mon travail comme avant.
Ça te va ?
C 'est OK pour moi.
C 'est OK pour moi aussi.
OK.
Bon, c 'est quoi ton problème à la fin ? Pourquoi tu m 'évites ? Euh... Bah...
En fait, tu sais, moi, je suis un enfant de divorcée.
Et euh... Euh... Et ? Et ça m 'a fait ouvrir les yeux sur le couple.
J 'ai compris que la plupart du temps, ça durait pas.
Bah oui.
Je sais, je suis pas totalement naïve.
Ah, donc... Tu sais que... On risque de plus être ensemble à un moment.
Attends, c 'est pour ça que t 'as pas voulu l 'autre jour ? Oui.
Et c 'est pour ça que tu m 'évites ? Oui.
Faudrait peut -être arrêter de nous prendre pour des quiches. Je te prends
pour une quiche. C 'est bon, le prince Armand, tout ça, on est passé à autre
chose, nous, les filles.
Ok.
Moi, je suis amoureuse de toi.
Tu me plais.
Et je suis bien avec toi, maintenant.
Et je veux que tu sois mon premier mec.
Alors embrasse -moi.
Mais... Embrasse -moi, je te dis.
Il faut reconnaître, hein, qu 'elles ont rassuré.
Allez.
Et d 'ailleurs...
Alors
?
Alors, alors... Alors c 'est super.
Bravo.
C 'est toi qui peux féliciter. Je sais.
Mais tiens aussi pour quelque chose.
Loire, pardon.
Je crois que je veux tellement éviter de faire le même genre que mon père que je
veux tout faire différemment.
Et du coup, je garde pas les bonnes choses.
T 'avais raison.
Eh bien, je suis contente que tu le réalises enfin.
Et puis, je déteste dépendre de toi financièrement.
J 'avoue, j 'avoue.
Est -ce que c 'est grave que ça ? Tu veux pas lâcher l 'affaire avec cette
histoire ? Bah si, c 'est pour ça que je t 'en parle.
Je déteste ça, mais je vais le gérer, je te promets.
Tu veux pas qu 'on s 'équipe sur le moment ? Je crois qu 'il faudrait te
quelque chose dans notre chambre. Ah oui, quoi ? Viens, on va ? Pardon,
bonsoir.
Tu me racontes à la fin ou pas ? C 'était tellement trop bien.
Trop bien, je suis trop contente pour toi.
J 'ai été stupide.
Ouais.
En fait, j 'adore voir l 'hôtel comme ça.
Tu sais, je savais que t 'avais le sens de la fête.
Mais là, je me rends compte que t 'as aussi le sens des affaires.
On a vraiment besoin d 'une associée comme toi.
Donc dès demain, on va chez le notaire.
Je croyais que j 'avais perdu mon Jérémy que j 'aimais.
Alors, mais tu me connais.
Parfois, je peux manquer de confiance en moi.
Je voulais me prouver que je pouvais tout faire tout seul.
C 'était un défi à la con.
J 'ai vraiment besoin de toi.
Et pour tout.
Et c 'est très bien comme ça.
Mais il y a Mao.
Miao Miao ? Mais non, ça veut dire je t 'aime.
C 'est vrai ? Ça fait combien de temps qu 'on n 'a pas...
Une semaine ?
Deux ?
Attends, Chloé,
je te rappelle qu 'on est les patrons, on ne peut pas se barrer comme ça. En
plus, on doit tout ranger après.
Mais on rangera demain.
Je te rappelle que dans trois ans, on graisse les tables pour le petit -déj.
Bon, tu sais quoi ? Madame la directrice, elle, elle va se coucher.
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