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Jacques Davidovici, "Neuf mois"
- Mon pÚre est un con. Je le déteste.
Lui aussi me déteste.
Je me demande pourquoi il a fait un enfant.
C'est l'égoïste type qui n'a jamais voulu assumer.
Il disait qu'il était pas mûr à l'époque.
Il a jamais mûri, le con.
- VoilĂ , voilĂ .
Tu veux pas aller un peu plus loin dans cette idée ?
- Mon pÚre est un énorme con ?
- Pauvres mĂŽmes.
Toute la journée, je vois des mÎmes déglingués.
C'est fou, les gens font des enfants
sur un coup de tĂȘte.
T'écoutes pas ce que je dis ?- Si, si.
- T'écoutes pas. Tu comptes.
Tu comptes quoi ?- Rien.
- Etre parent, ça nécessite un travail
de maturation.
C'est une réflexion. Pourquoi je fais un enfant ?
Il faut se le demander avant de faire l'amour.
- 33, 34, 35. Je suis enceinte !
- Quoi ?
On klaxonne.
- Samy !
Fracas
Musique rythmée
- Bon, tu veux pas de l'enfant ?- Je suis déstabilisé.
Une femme crie.
- Georges !
- Ouais ?- Georges !
Georges ?- Ouais !
- Georges !- Eh !
Respirations saccadées
- Je suis enceinte.- Ouais !
-C'est le but !
- Ah, c'est beau.
Oh, le but. A 10 secondes de la fin.
Oh, je vais mourir.
Attends un petit peu, parce que je suis enceinte.
-Ca y est.
C'est fini !
- Ouais ! Ouais.
Pour eux, pour toi,
pour nous, ouais pour tout, on a gagné, on a gagné.
Oh, putain, vous ĂȘtes fortes, les gonzesses pour annoncer ça.
Vous avez le tempo, hein ? Mais alors...
Ils vont grossir, mes copains.
- ArrĂȘte. Georges, arrĂȘte.
Je sais pas ce que j'ai.
J'ai envie de faire l'amour.
- Ah, oui.
Ah, oui !
Musique rythmée
- Ne me touche pas.
- Je sais pas quoi dire, tu m'annonces ça comme ça,
de but en blanc, "Je suis enceinte".
C'est agressif.
Si, parce que tu te rends pas compte, c'est agressif.
- Chéri, il se pourrait bien que j'aie un embryon
qui pousse dans ma matrice, c'est mieux comme ça ?
- Je suis déstabilisé, alors...
- EnlĂšve ton maillot, enlĂšve ton maillot.
- Oui, oui !- Non, arrĂȘte !
- C'est dingue, ça te met dans des états.
C'est pas de ma faute, c'est hormonal.
Je m'en veux d'ĂȘtre comme ça, c'est honteux.
- Non, mais c'est pas toi, c'est hormonal.
- LĂąche-moi, lĂąche-moi. Les enfants.
Non, ils sont dans leur chambre avec la télé à fond.
- Non, je peux pas, je peux pas. Pas ici.
Pas ici ! ArrĂȘte !
Pas comme ça, mais arrĂȘte. ArrĂȘte !
- Mais c'est dingue. T'es Ă fleur de peau.
Juste une petite caresse et...
Elle gémit.
- Ah et puis je m'en fous. Viens, viens.
C'est dingue. Mais viens !
Cris de la foule à la télé
Mais pourquoi tu me pousses ?- Mais... lĂ ...
Ils balbutient.
Je l'ai perdue par lĂ . Je l'ai perdue par lĂ .
- Hein, oui ?- Je l'ai perdue par lĂ .
Je crois qu'elle est sous le canapé.
- Je suis peut-ĂȘtre pas enceinte.
Le changement de temps provoque du retard.
- Si c'était pour foutre le week-end en l'air, t'as gagné.
T'as pas de l'aspirine ?- Non.
- C'est sympa, cette baraque.- Je la trouve trĂšs moche.
- Ah, la vache, mais qu'est-ce qui s'est passé ?
On était inquiets.
- On capote, on décapote, on capote, on décapote.
Finalement, c'est plus simple comme ça, non ?
- T'as vu ma bagnole ?- Donne-moi ça.
- Bon, allez. Je vais aller embrasser Sandra.
- Ah non.
- Elle m'a quitté.
- Merde, depuis quand ?
- Eh bien, ça fait, je pense, une semaine.
Non, mais, le problĂšme, c'est qu'elle voulait...
Ouais, ouais.- Non, attends.
Attends. Tiens-toi bien.
Elle voulait, ce qu'elle voulait,
c'est un enfant.
- Putain.
- Moi, je ne veux pas d'enfants, j'en ai jamais voulu.
- T'as pas une aspirine ? J'ai mal au crĂąne.
- Si, si, attends, j'ai ça.
- Donc, en fait, elle est pas enceinte ?
- Non, elle allait quand mĂȘme pas me faire un enfant dans le dos.
Le coup de poignard, non.
Tu connais Sandra, c'est pas une salope.
- Un Aspro, ça te va ?
- Ah, bah, non, 2, je préfÚre.
- MARC !
- Marc.- Magne-toi, ça caille !
- Oh, Marc...- Marc !
- J'arrive.
Je dois aller faire le feu dans la cheminée.
- Ouais, vas-y. Vas-y.
- Tiens.
On rit au loin.
T'as vu la blonde dehors ?
- Qui c'est ?
- Une copine.
Elle, elle va m'aider Ă passer le cap.
Elle a 18 ans, des petits seins comme des bonbons.
Elle aime le cul. Je te jure, elle aime le cul.
Bon, j'y vais.
Merci. Mais ça va.
T'inquiĂšte pas pour moi.- Oui...
- Ca va. T'inquiĂšte pas.
- Ciao.
Musique angoissante
Il crie.
Elle fait des bĂȘtes ! Elle mange les papas !
- Qu'est-ce qui t'arrive ? Ca va ?
- C'est rien, non, c'est rien. C'est rien.
- Ah ! Qu'est-ce que c'est ?
Qu'est-ce que c'est que ça ?
- Je sais pas, moi. C'est pas Ă moi.
- Ah !
- Elle est lĂ ! Elle est lĂ !
Bonjour, Georges.
Bonjour, Georges. Tu fais quoi, lĂ ?
Ca fait une heure qu'on te cherche.
Dominique crie. Elle est lĂ !
- OĂč ça ?
- Mais lĂ , lĂ !
- Oh, mon bĂ©bĂ©. Mais on ne savait plus oĂč t'Ă©tais.
Faut pas partir comme ça.
- Les enfants, quels soucis. Tiens, toi.
- AĂŻe, c'est pas moi.- Mais oĂč ils sont ?
- Ca fait une heure.
- Je rappelle la gendarmerie.
Ils vont nous prendre pour des cons.
Avance, t'en veux une autre ?- C'est ma soeur et mon beau-frĂšre.
Ils viennent jamais, et avec leurs filles.
- C'est la cata.- Ca va.
- Si, c'est des cons. C'est des beaufs.
C'est des lourds, des cons. Leurs filles aussi.
- C'est la cata.- OĂč elle est partie ?
- Elle était avec toi.- C'est pas vrai.
Reposez-vous, hein ? Reposez-vous.
- Salut.- Caroline !
- C'est la cata.
Un coq chante.
- Je racontais les différences d'arbres avec les fruits.
Je lui disais :
"Le pĂ©chĂ© donne des pĂȘches, le prunier donne
"des prunes, le pommier..."
- Donne des pommes.
- VoilĂ !
Le poirier...
- Donne des poires.
- Et elle a dit :
"Ah, le sapin, il donne des cadeaux."
Le sapin donne des cadeaux...
Ils rient.
- Ca, c'est génial.
- C'est formidable.
- Bien sûr, ces histoires,
ça concerne pas la gamine.
On est des vieux pour elle.
- Crois-moi, t'as dĂ» en sortir aussi.
Tes parents savent
de quoi je parle.
Tintement
- La premiĂšre fois oĂč la petite a vu un chameau, elle a dit :
Maman tu as vu ? La vache va avoir 2 bébés.
Ils rient.
- Bah oui.
A cause des bosses. Le chameau a 2 bosses.
- Le dromadaire, une.
- Vous nous faites chier, lĂ .
Le coq chante.
Eh, oh. Ca va pas, non ?
- Dis quelque chose.- Quoi ?
- C'est vrai, vous m'avez squatté mon week-end, moi.
- Eh, oh, oh, oh. T'es pas chez toi, ici.
- Lui non plus. On est chez mes parents.
- C'est les miens aussi, je te signale.
Qui entretient la baraque,
paie les impĂŽts ?
Georges. Qui paie l'électricité ? Georges !
- Et les canalisations.- Georges.
- Parfaitement.
- Georges !- Et la cuisine ?
- Georges.- Parfaitement.
J'ai installé toute ta cuisine !
- Ca vient de ton magasin.
- Et t'es peintre, t'as refait des peintures ?
- C'est ridicule. J'ai pas d'argent...
- T'en as jamais ! Personne veut tes toiles.
Tintement
T'es comme un mendiant, t'as pas d'enfant, ta vie,
c'est de la merde,
Tu crĂšveras comme un chien.- Comme Van Gogh.
Allez, viens.
Reste pas avec ces beaufs. Viens.
- Ma soeur.
Connasse, quoi.
Ils rient.
- Je veux bien crever comme Van Gogh.
Tu parles, ça, tu vois...
- Avec un peu plus d'argent, parce que quand il est mort,
c'était vraiment la cata.
- Ouais, ouais. Oh, merde !
- Tu peux me donner
le ballon, tonton ?
Dominique crie de surprise.
- Touche encore un cheveu de mes filles et je te déchire.
Je sais pas comment tu t'arranges avec tes copains,
mais on reste 3 jours.
- C'est depuis qu'elle a eu des enfants, ça rend con, hein ?
- Y a pas que sa soeur. Je sais que Marc, tu l'aimes bien.
Mais c'est pas une lumiĂšre. C'est un gros con.
Musique sentimentale
- On s'embrasse ? On s'est pas embrassé du week-end.
Je t'aime, Mathilde.- Moi aussi, Samuel.
Bon, qu'est-ce qu'on fait ?
- On va déjà attendre de savoir si t'es enceinte ou pas.
- Parce que je suis dĂ©stabilisĂ©, quand mĂȘme.
"-Bonjour, je suis partie Ă Dusseldorf.
"J'ai parlé russe
"toute la journée et patati, patatof, passionnant.
"Pour toi, la journée est simple. T'as juste à suivre mes pieds.
"Une petite surprise au bout."- Qu'est-ce que c'est, ça ?
-"Bonne journée, et je voulais te dire que le petit tube rouge,
"ça veut dire "positif"."
- Positif ? Ca veut dire quoi "positif" ?
Qu'elle est enceinte ou qu'elle est pas enceinte ?
- Ca va pas, Monsieur ?
- Si, si, j'écoutais ce que tu me disais.
Ta derniÚre phrase était importante.
Tu peux me la redire, s'il te plaĂźt ?
- Mon pĂšre est un salaud !
- C'est excellent.
Je peux pas ĂȘtre pĂšre, je peux pas.
Je vais avoir un enfant pour quoi ?
Pour qu'il me traite d'enfoiré devant un étranger ?
Et ça revient cher, un mÎme.
On serait obligé de déménager.
On n'a pas les moyens. On peut pas, c'est simple.
On ne peut pas.
Mathilde, on n'a pas assez profité notre vie à 2.
On a un moment de bonheur rare.
Faut pas le gĂącher. C'est pas le moment.
Tu vois, moi, je suis complÚtement déstabilisé.
On n'est pas heureux comme ça, tous les 2 ?
Voilà , c'est ça, je vais lui dire tout ça.
- Coucou.- Ah.
- Ca va ?- Ouais.
- J'ai pas pu t'appeler, excuse-moi.
- J'étais trÚs peu à la maison. Il a fait beau à Dusseldorf ?
- Choucroute.- Je lui dis, 1, 2...
- Samuel, j'ai bien réfléchi.
Cet enfant est venu accidentellement,
sans ĂȘtre dĂ©sirĂ© ni par toi ni par moi, soyons francs.
Il est pas né, on commence à s'engueuler.
On n'a pas les moyens d'avoir un enfant en ce moment.
Tu nous vois dans l'appart avec un bébé ?
On serait obligé de déménager. On peut pas avec nos salaires.
Pour mon boulot, c'est vraiment pas le moment.
Malgré tout ça, j'ai envie de le garder.
Je sais que c'est contradictoire,
je le sens déjà vivre en moi.
Je crois que j'ai envie d'un enfant.
Je veux rien t'imposer, je te donne mon avis.
Tu penses quoi ?- Comme toi.
- C'est vrai ?- Mais...
Faut que je lui dise.
- S'il y en a qui deviennent cons avec leurs mĂŽmes,
c'est parce qu'ils ont une forte hérédité pour.
- Je suis hyper lĂąche, lĂ .
Ah, putain.
- A nous de faire en sorte que ce soit comme avant, non ?
- Si, si.
Jacques Davidovici, "Neuf mois"
- Et pire que ça. C'est une métamorphose.
Un tourbillon,
un typhon avec le raz-de-marée, qui déferle, qui détruit tout.
- C'est ça ?- Ouais.
- Sandra est intelligente, si elle tient Ă toi,
elle va revenir parce qu'elle va comprendre.
- Mais c'est pas de l'ordre de la réflexion.
C'est cette connerie de fibre maternelle.
Les hormones, mon vieux. Ca chamboule tout dedans.
Mets-le lĂ -bas. LĂ , tourne.
Pose, lĂ , pose.
- Avant, tu faisais des petites toiles, c'était bien aussi.
- Il est bien, lĂ , non ?
Franchement, t'es l'acheteur, tu l'achĂštes ou non ?
- Ouais.
- T'avais pas un salon ici ?
Il y avait une table avec des fauteuils ici...
- Non, il est pas bien lĂ .
Viens m'aider.- Me voilĂ .
- On va lĂ -bas, au fond. Tu vois, par lĂ .
La femme enceinte, ce n'est plus la mĂȘme.
Y a aucune raison que Sandra y échappe.
Rappelle-toi, Evelyne, la gonzesse de Fabien.
Intelligente, fine, mignonne.
Un beau jour, elle s'est mise Ă l'appeler chouchou.
"Chouchou par-ci, par-lĂ ." J'ai revu Fabien, comme par hasard.
Il a changé. Il est déprimé.
- Enfin, chouchou, c'est con, OK, mais enfin, faut pas exagérer.
- C'est un ensemble, en 3 mois, lui, il n'en pouvait plus.
Tiens, elle va ĂȘtre bien au fond, mets-la lĂ .
Pose-la lĂ .- LĂ ?
- Comme ça. Là .
- Ouais.- Et puis, ils ne font plus l'amour.
Evelyne a insisté pour que Fabien assiste à l'accouchement.
Pour partager ce moment intense. Il a tout vu.
Le sang, les glaires.
Les, les... je te dis pas
ce qu'il a dit...
Vraiment, c'est...- C'est...
L'horreur.
Une boucherie, pour ĂȘtre intense,
ça a été intense.
Depuis, il est totalement... Il est totalement...
Mais alors, il est totalement...- Bloqué ?
- Hein ?- Il est bloqué ?
- Il est totalement bloqué.
- Et sa femme ?
- Elle est bloquée aussi. Mais pas pareil, c'est pire.
Elle, c'est le gosse et rien d'autre.
Fabien, il a l'impression d'avoir été un bourdon, tu vois ?
Il féconde la femelle, elle lui explose le sexe.
- C'est comme les mantes religieuses.
- Non, c'est pire.- Si.
- Pire, parce que chez les mantes religieuses, le mĂąle,
il est bouffé, c'est fini, il est mort.
Fabien est vivant, mais dans quel état.
- C'est incroyable, c'était le couple modÚle.
Maintenant, c'est...
- Oui, mais avec le mÎme, tout a changé.
- Non, là , ça va pas, on va le mettre sur le chevalet.
Viens, on va le mettre là , ça va pas, là .
Prends-le. On le met lĂ .
Déjà physiquement, Evelyne a changé.
Je l'ai vue Ă la piscine, je te raconte pas,
les vergetures, elle en a partout.
Les seins, le ventre, les cuisses. Une véritable piste de ski.
Les kilos qu'elle a gardés, c'est insensé.
Fabien ne peut pas avoir envie d'elle.
Il l'a déjà vue énorme, eh bien là , il la voit fripée.
Ca tue totalement l'érotisme. Non, c'est mort.
Entre eux, tout est mort.
VoilĂ , voilĂ sa place. Regarde.
A cÎté de la statue.
LĂ , vraiment, il se passe quelque chose.
- Oui, oui.- Il va me l'acheter, le mec.
On sonne.
C'est pour moi, ça.
- Bonjour.
- Lolita, Samuel.
- Bonjour.- Bonjour.
Samuel balbutie.
Vous ĂȘtes le modĂšle ?
C'est... elle qui ?- Bon, tu... ?
- Je te laisse. Hein ?
Je te laisse ?- Comme tu veux.
J'attends mon acheteur qui vient
dans une heure et j'ai vraiment besoin
de me préparer, tu vois.
- Je te laisse. Hein ?
Bon, bien... C'est vous, les seins ?
- Au revoir.- Au revoir.
T'avais pas des meubles, ici ? C'est vachement vide ton truc.
- Un soir, je suis rentré, Sandra avait tout pris.
Je m'en fous, je me sens bien. Tu vois ?
Tu sais que tu dois ĂȘtre un bon psychanalyste,
parce que chaque fois que je te vois, je me sens mieux.
Je me sens hyper créatif. Regarde la toile.
Ca fait un an que j'étais dessus.
Depuis que je t'ai vu, je l'ai fini dans la journée.
Tu sais Samuel, t'as de la chance d'avoir une femme comme Mathilde.
Garde-la bien, mon vieux. Fais gaffe.
Allez je t'adore, casse-toi.
- Elle a raison, Mathilde, quel con.
Musique rythmée
- Bonjour, Monsieur.
C'est moche, ce truc.
- Qu'est-ce que tu dis ? C'est joli.
On a pas rendez-vous.
- Si, j'ai travaillé cette semaine. Mon pÚre est un enculé.
- OK, non, je peux pas te voir maintenant.
On se voit demain si tu veux.
- Pas de problĂšme, j'aurai le temps d'approfondir.
Voilà , c'est ça.
Pas trop, pas trop, avance pas trop vite.
Je peux pas ĂȘtre pĂšre, c'est pas pour moi.
Je vais lui faire de la peine, mais je dois lui dire.
AprĂšs, c'est trop tard.
Mathilde ?
Mathilde ?- Coucou.
- Qu'est-ce que tu fais ?- J'en ai marre de ces objets.
Tes crabes, tes moules, je n'en peux plus.
Leur couleur me donne la nausée.
J'ai envie de vert, d'osier, de campagne, du frais.
- On a fait toutes les brocs, t'adorais.
- LĂ , j'en ai marre, je sais pas pourquoi.
On va pas s'attacher, c'est que des objets.
En plus, ils sont moches, ils sont vieux.
- Allez, j'y vais, un, 2, 3.
- Dis, on a parlé de la maternité de l'hÎpital Saint-Judas.
Il paraĂźt qu'ils sont formidables.
L'obstétricien est compétent, les sages-femmes, hyper douces.
Parce qu'il y a la clinique aussi, c'est plus cher,
mais on est plus dorlotĂ© et moi, j'ai envie d'ĂȘtre dorlotĂ©e.
Qu'est-ce que t'en penses ?
- Euh, bien... Je vais te dorloter, moi.
Parce que...
L'hĂŽpital, c'est plus sĂ»r, quand mĂȘme.
Non ? T'as vu celui-lĂ ?
- J'ai juste la place dans le carton.
- Mais pourquoi j'ai dit "hĂŽpital" ? Je supporte pas les hĂŽpitaux !
Il crie.
Air de violon
- Ca te plaĂźt ?
C'est dommage que tu n'aies pas continué d'apprendre le violon.
On jouait de pĂšre en fils dans la famille.
Enfin, c'est comme ça. C'est la nouvelle vie.
Qu'est-ce que tu as ?
Samuel soupire.
- J'ai besoin de ton aide, papa.
Mathilde est enceinte, je sais pas quoi faire,
parce que j'ai pas envie de cet enfant.
Je suis pas mûr pour ça.
Comment te dire, je me sens déstabilisé.
- Tu veux pas répéter
un peu plus fort ?
- Mathilde est enceinte !- Mazel tov !
- Samuel, je suis heureuse, mais je suis heureuse.
Mon fils.
Mon fils.- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Il va se marier. La petite est enceinte !
- MAZEL TOV !
- Mais pourquoi tu me le dis pas ?- Mazel tov.
- Viens que je t'embrasse. Je suis si content, si content.
Il s'exclame.
Air festif au violon et au piano
Air au piano
- Je supporte pas les hĂŽpitaux.
- C'est une maternité, pas la morgue.
- Je me sens pas bien.
Crissement de pneus
SirĂšne
Il parle en langue étrangÚre.
La femme crie.
Musique dynamique
- Chauffeur de taxi, livreur. Si vous avez besoin...
Mazel tov ! Mazel tov !
- La bonne femme, elle est énorme.
- Elle va accoucher.- Ouais, mais elle est énorme.
- Elle doit avoir des jumeaux.- C'est ça, oui c'est ça.
- Ouais, ça doit ĂȘtre ça.- Il y a plein de jumeaux.
- Poussez, poussez.
- C'est pas possible.
- Excusez-moi.
Vous avez vu un taxi avec une femme ?
- Elle est rentrée là .- Merci.
Parce que j'étais au boulot, elle m'a donné un coup de fil.
J'ai les couches, le bonnet...
J'ai rien oublié.
Les petites chaussettes.- Elle a des jumeaux ?
- Elle a des jumeaux ? Mais c'est pas possible.
Il ne manquait plus que ça.
Propos indistincts
Excusez-moi. Bonjour, Madame.
OĂč c'est, les accouchements ?
- Bon... On y va ?
- Mais elle est énorme.
- Bien, alors.
Monsieur, comment vous sentez-vous ?
- Moi ? Moi, ça va.
- Car les gynécologues
s'occupent pas des maris,
c'est une erreur.
La femme enceinte, elle a des problĂšmes, OK, on la traite.
Des maris font la couvade.
- Ah bon ?
C'est quoi ?
- Vous connaissez pas ? C'est incroyable.
Mais moi, ça me tue, ça me tue, ça.
C'est incroyable, on a occulté ce problÚme pendant des siÚcles.
Chez les Ira Karvan Lu...
Le gynécologue siffle.
C'est une tribu
au nord de l'Inde.
AprĂšs l'accouchement, le mari fait quoi ?
Il met les habits
de sa femme et fait
comme s'il souffrait, et le village le plaint
pendant que sa femme bosse.
- Faut ĂȘtre gonflĂ©.
- Pas du tout.
Les hommes ont besoin de droits sur l'enfant,
réservés à la mÚre, ils se rendent malades
pour ça, y a des maris qui grossissent,
qui ont des orgelets, qui ont mal Ă leur dent de sagesse.
- Mais Samuel va trĂšs bien.
- Hein, Samy ?- Oui, oui.
De toute façon,
on m'a arraché les 4.
- C'est parfait.
- VoilĂ .
- Bien.
Monsieur.
Date des derniĂšres rĂšgles.
- Euh...
- 28 janvier.
- Voilà , c'est ça.
- Bien, 28 janvier.
Alors, oui, c'est...
C'est tout nouveau, ça.
Ca vient des States.
C'est un petit...
Alors...
- Monsieur, vous accouchez le 17 novembre,
The 17 of November.
Et l'enfant a été conçu
The 21 of February.
- Putain, mais on va avoir un enfant, alors.
- No objection ?
- Non.
- On réserve la chambre tout de suite pour le 17 novembre.
- Si j'accouche avant ou aprĂšs ?- Il vaudrait mieux pas.
On a peu de chambres, alors si tout le monde accouche
en mĂȘme temps... on prĂ©fĂšre planifier,
quitte Ă provoquer un peu.
- Ah, bon.- VoilĂ .
- Qu'est-ce qui m'a pris de faire l'amour ce jour-lĂ .
C'est pas vrai, le 21 février...
C'était un samedi.
On a fait le mĂŽme samedi, puis hop, voilĂ .
Il soupire.
21 février, j'étais pas là .
J'étais au congrÚs de pédopsychiatrie de Boston.
Putain, la salope. C'est mĂȘme pas moi, le pĂšre.
Je suis angoissĂ©. C'est mĂȘme pas moi, le pĂšre.
Ca fait du mal d'apprendre des trucs comme ça.
- Monsieur, vous vous sentez pas bien ?
- Hein ?
Il balbutie.
- C'est parce que je...- Oui.
- Euh...
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Qu'est-ce que...
- Le 21 février...- Oui.
- J'étais absent.
J'étais au congrÚs de Boston.
Tu te souviens ?
VoilĂ .
Le gynécologue siffle.
- C'est quoi, cette histoire ?
- Je peux vous laisser si vous voulez.
- Non, je vais partir.
- Non !
Vous vous asseyez et vérifiez votre truc !
- Oui, je vais... C'est pas...
- Oui, euh...
Autant pour moi. Le 11 février, vous étiez là ?
- Euh...
- Oui.- Oui ?
- Oui... Oui.
- C'est ça, pourtant je... Je comprends pas.
Il balbutie.
Je viens de comprendre le... Regardez, c'est...
C'est un truc Ă usage double.
LĂ , c'est pour les singes. LĂ , c'est pour la femme.
- Donc...
C'était nouveau, ça vient des States, alors...
J'ai pas eu le temps de...
Oh, putain.
C'est pas vrai, quelle saloperie, ce truc.
Saloperie, saloperie, merde !
Attendez, excusez-moi, j'ai... Josette, oui, Josette.
Rappelez les patients des derniers jours.
Faut qu'ils reviennent !
Excusez-moi.
- Remarquez, elles risquent pas de mettre au monde des singes...
Il toussote.
Vous accouchez le 8 novembre. Hein ? VoilĂ .
Monsieur, si vous voulez vous
déshabiller.
- Moi ?
- Pardon, pardon.
Madame, s'il vous plaĂźt.
Monsieur, passez
dans la salle d'attente.
Ca, c'est un placard Ă balai.
VoilĂ , Monsieur, si voulez bien
me suivre dans la salle d'attente.
Je vous en prie.
Allez-y. VoilĂ .
VoilĂ , oui. TrĂšs bien.
Bien, Madame. Allez-y.
La table est confortable.
C'est tout nouveau.
Ca vient des States.
Ils crient.
- Tu connais pas la derniĂšre ?- Non.
- Le remplaçant du gynéco est une catastrophe.
Une chance qu'il fait pas les accouchements.
- Pardon, dites, vous n'avez pas de chat ?
- Si, mais il est trĂšs propre.- C'est trĂšs dangereux, les chats.
Ca peut donner la toxoplasmose, faut le virer.
- Mais c'est un vieux chat.
- Faut choisir, c'est le chat ou le bébé, attention.
Les chats, c'est super dangereux pour les bébés.
- Ah non, moi, j'accouche pas avec lui.
- Moi, non plus.
Mais t'as entendu, c'est le remplaçant.
Attends, je voulais te demander un truc parce que tu vois,
l'histoire du bébé, tout ça...
Il balbutie.
Je voudrais que ça reste entre nous, car...
- T'as peur que Marc sache et qu'il ne veuille plus te voir ?
- Il a quitté Sandra pour une histoire de bébé.
- Jusqu'au troisiÚme mois, on en parle pas, ça porte malheur.
- Oh ! Qu'est-ce qu'il fout lĂ ?
- Oh.
- Salut.- Regarde qui est lĂ .
- Salut.- Je t'embrasse.
Salut.- Salut.
- Vous ĂȘtes enceinte de combien ?
- Ah non, non, je suis pas enceinte.
- Oh, ils sortent de chez le
gynéco, menteurs.
- Non, pas du tout, parce qu'on s'est perdu
dans les couloirs de l'hĂŽpital.
- Oh, oh.
- Mais si.- Oh, oh.
- Oh. Nausées du premier mois, ça.
Pas de seins, pas de ventre.
Sa premiÚre visite ça ?
- Non.
- Si, si, 4 semaines.
Elle est enceinte, 4 semaines.
Eh, oh, professionnel, moi, 3 grossesses, chouchou.
- Ouais, t'es champion. On dira rien du tout.
- Non, mais vous vous trompez complĂštement parce que Mathilde
a mangé une quiche lorraine pas fraßche.
Mathilde.- Hier.
- Voyez, si.
Euh, Mademoiselle,
le service de gastro ?
- C'est par lĂ .- D'accord, merci.
- On fonce, elle est pas bien du tout.
- Au revoir.
- Je sais pas. Je sais pas.
Je sais pas.
- Ce qu'ils sont lourds.
Comment on s'en est sortis ? Te retourne pas !
- Ils sont peut-ĂȘtre partis.
- Et s'ils sont pas partis. Te retourne pas !
- On va pas rentrer dans la gastro.
- On rentre.- T'as horreur des hĂŽpitaux.
- Eh bien, on rentre.
- On fait quoi avec le chat ?
- Quoi ?- T'as entendu, c'est dangereux.
- C'est l'autre cinglé qui a dit ça.
- J'ai toujours entendu : un chat, c'est dangereux pour un bébé.
Y a des maladies et il peut étouffer le bébé s'il dort dessus.
- Tu vas pas écouter ces conneries.- L'hygiÚne aussi.
Le chat monte partout dans la cuisine.
Je supporterai pas de voir ses poils sur le biberon.
Pas de chat Ă la maison.
- Ca fait 15 ans que je l'ai, je le fais piquer ?
- Mais non.- On est oĂč ?
- Je sais pas, je t'ai suivi.- C'est quoi, ça ?
- Ca va pas, Samy ?- Si, ça va.
- Non, ça va pas du tout.- Ca va pas du tout !
- Respire, respire Ă fond.
- Ce qu'on a vu, c'est un utérus, c'est des tripes ?
- Je sais pas.- Je sais pas ce que c'est.
- Ca va ?- Ca va aller, ça va aller.
C'est terrible ce qu'on a vu.
- Il faut quand mĂȘme que tu rĂ©flĂ©chisses au chat.
- Je t'arrĂȘte. Y a pas de problĂšme avec lui.
T'as dit que ça changerait rien. On changera rien !
Le bébé ira trÚs bien, s'il va pas bien, il se casse.
Et elle avec, merde.
Eh bien, je changerai pas de voiture !
Jacques Davidovici, "Neuf mois"
- Ca vous ennuie de prendre le chat ?
- Penses-tu ? On est tellement heureux pour vous.
Alors, vous allez vous marier ?
- Ah non, on n'est pas pour, ni Mathilde ni moi.
- Ah bon.
- Mais alors, l'enfant va porter quel nom ?
- Son nom. C'est normal.
- Oui, bien sûr.
- Tu vas le nourrir au sein ?
- Non, il peut manger des boßtes, ça ira trÚs bien.
- Vous allez vivre des moments magnifiques.
L'eau s'écoule.
- Mathilde.
Qu'est-ce que tu fais ?
Mathilde.
Mathilde vomit.
Elle tire la chasse d'eau.
- Ca va ?- TrĂšs bien.
- Ca va pas, hein ?- Ca va trĂšs bien.
Toute la journée, je dors au lieu de travailler.
Le soir, j'ai des insomnies,
je fais pipi 12 fois par jour et je vomis.
Ca va trĂšs bien.
- Oh, écoute.
- Ne me touche pas, mes seins sont hyper congestionnés.
C'est super douloureux.
- Ca fait 2 mois qu'on n'a pas fait l'amour.
Tu veux que j'aille chercher un peu d'eau de Cologne ?
Pour te mettre sur le visage. Ca va te faire du bien.
- Oui.
Elle renifle.
- T'as fait quoi avec mon parfum ?
- Hein ?
Je l'ai jeté, je ne supporte plus l'odeur.
- Quoi ?
- Ca me donne envie de vomir.
- Rien que la vue de l'odeur...
- T'es cinglée, c'est un parfum à 450 balles.
- Tu peux m'apporter l'eau de Cologne ?
- Tiens.
Il marmonne.
- Quoi ?
- On avait dit qu'on aurait un enfant,
mais que ça changerait rien.
Il soupire.
Quoi ? Qu'est-ce que c'est ?
Elle vomit.
Il vomit.
Musique angoissante
Tu m'as pas dit que tu faisais
la premiÚre échographie aujourd'hui.
- Je te l'ai dit il y a 15 jours en prenant rendez-vous.
Je te l'ai répété la semaine suivante,
il y a 3 jours, avant-hier et hier 2 fois.
- Je me souviens pas du tout.- Ca m'étonne pas.
- C'est pas normal que t'aies soif comme ça.
- J'ai pas soif. C'est pour faciliter l'échographie.
Faut boire un litre et demi avant.
- Ah bon ?
- Je t'en ai parlé aussi la semaine derniÚre.
3 fois.
- Je peux pas rester avec toi, j'ai mes rendez-vous.
- Tu me l'as déjà dit, c'est pas grave.
Détends-toi un peu, t'es tout crispé.
- Pas du tout, j'ai mes rendez-vous. Allez, au revoir.
- Ils vont à l'échographie, là .
- Je rĂȘve.- Salut.
- J'ai envie de faire pipi.
- Pourquoi il te fait boire de l'eau pour l'écho ?
- ParaĂźt qu'il vaut mieux.- Encore un naze.
- C'est bien ici, hein ?
- Vous voulez me laisser passer la premiĂšre ?
Je n'en peux plus.- Moi non plus.
Je vous laisse un quart d'heure.- Merci.
- Y a du monde, hein ?
- Ca va ?
- Pour les peintures du salon,
je voudrais une sorte de blanc, mais trÚs cassé.
- Comme ça ?- Faites voir.
- Oh, lĂ , lĂ .
- Non, plus... chaud.
Parm, cassé parm.
- Ca va ĂȘtre horrible. On cogne.
- Un instant, s'il vous plaĂźt.
- Mais pourquoi il tape, lĂ ?
- Il est sourd ou quoi ?
- Non, ça me semble bien, ça.
Ils sifflent La Marseillaise.
Je sais pas si avec le plafond.- Oui, ça va ĂȘtre horrible.
- Putain, s'il ouvre pas, je lui pĂšte la porte.
- Ils sont énervés, aujourd'hui. J'y vais dans un moment.
Parm, ou alors... parm. Il cogne.
- Ah.
- Bien.
Il faut vous calmer, Monsieur.
- Je te disais ?- Oui.
- On a rendez-vous, ma femme
a bu 2 litres d'eau.
Elle gémit. Elle peut pas attendre.
- Vous énervez pas.
Je vous prends lĂ .
- Pas possible !
- C'est nul.- Oui, j'y vais.
- Je m'excuse, mais ils viennent d'arriver,
nous étions là avant M. et Mme Dulong.
C'est normal, ils étaient là avant.
- Ma femme souffre.
Vous voyez pas ?
- On était là avant.
C'est que...- Soyez gentil.
- Non...- Je peux pas la laisser ainsi.
- Pourquoi ?- C'est chacun son tour.
Nous aussi, on est pressés.
Moi aussi...- Nous aussi.
- Moi aussi !
- Bon.
On se calme.
Je vais prendre les carnets de rendez-vous.
- Bah quoi ?
- Parm, c'est peut-ĂȘtre pas mal, quand mĂȘme.
Elle gémit.
- Ca va aller. Ca va aller.
- Je peux pas attendre.
- Calmez-vous, ça sert à rien...- Je t'assure que c'est trÚs dur.
- Oui, mais enfin, ça sert à rien parce que...
- Je ne peux plus.
Ils sifflent La Marseillaise.
- C'est Ă qui ?
Madame Dulong.
- Ah, non, non.
- Ils étaient là .
- C'est quoi, ça ? C'est tout le monde en mĂȘme temps.
- Non.
C'est chacun son tour. Madame Dulong, 9h30.
- Oui.- Madame Loubin, 9h45.
- C'est nous.- Oui.
- Madame Gaumier, 10h.
- Oui.
- Il est 10h30, putain, putain.
- Vous ĂȘtes chez un mĂ©decin ici, Monsieur.
J'ai un peu de retard.
Y a eu une urgence.
Les plombiers sont en retard,
vous dites rien, je fais quoi ?
- Je ne peux plus !
Toilettes !
Pipi !
- C'est sĂ»r pour le parm ? Ca va ĂȘtre horrible.
Ca me dĂ©range pas, ça va ĂȘtre horrible.
- Fumier.
- Quoi ?- Il fait quoi ?
Ils crient.
- Il est dingue...- Il est dingue !
- Y a pas d'échographie, aujourd'hui.
Elle gémit.
- Ca va aller, ça va aller. Ca va aller.
Il balbutie.
- Allez, viens, viens.
Mais qu'est-ce qu'il fait ?
- Y a mĂȘme pas 2 chiottes ici.
- C'était trop tard.
Ils rient.
- Ah, je veux faire pipi. Je fais pipi.
Elle rit.
- Mais c'est pas possible !
Regarde, t'avais juste Ă ouvrir la porte, regarde !
- Dites donc.- Quoi ?
Non, mais c'est occupé. Ecoutez-moi, écoutez-moi.
Il sifflote.
- Psss, psss.- Ah non, non, non, non.
Elle urine.
Ils rient.
Musique douce
- Au revoir, Mathilde.
On s'appelle.- Oui, avec plaisir.
- Euh... Vous dĂźtes rien Ă Marc.
- On peut se tutoyer, non ?- Eh, quiche lorraine.
- Mais qu'est-ce qu'ils sont cons.
- Au revoir.
- La copine de Fabien, a commencé à s'intéresser à des connes finies
uniquement car elles étaient enceintes.
La caissiÚre du supermarché enceinte devenait agrégée de philo.
Si Sandra avait eu un enfant, ça aurait été pareil.
On aurait fréquenté que des couples
avec des gros ventres, on serait devenu des abrutis.
- Stop, stop. Je t'arrĂȘte.
- Attends, j'ai pas fini.
- Oui, mais c'est pas possible, tu vois, je veux dire...
Je peux pas te prendre en analyse.
T'es un copain, tu me racontes des trucs, tout ça.
Ca va pas, ça va pas du tout.
- Moi, ça me fait du bien.
Je peux tout déballer avec toi,
en confiance.
- Mais c'est pas possible. Tu vois ?
En fait, c'est parce que je peux pas.
- Mais...- Non !
Non, non.
C'est pas efficace.
Tu vois, en fait, faut que tu racontes tout ça
Ă quelqu'un d'autre, Ă quelqu'un, Ă quelqu'un d'autre.
A quelqu'un que...
tu connais pas.
- Ah non, moi, je pourrais pas.- Si.
Si, c'est ça, le vrai travail de l'analyse.
LĂ , ce qu'on fait, c'est faux.
Ca sert Ă rien, c'est du bidon. C'est malsain.
Alors, tu vas appeler ce mec de ma part.
Il est formidable.
- T'es sûr ? Parce que moi...
- Je te le dis !
T'écoutes ce que je te dis, putain ?
Tu me fais confiance !
Merde ! Je te dis de l'appeler !
- OK, te fĂąche pas. Oh, lĂ , lĂ .
C'est pas vrai.
Combien je te dois ?
- Non rien, entre amis, je veux pas te faire payer.
Je me fĂąche pas. En fait, c'est pour toi.
Mais l'analyse, si on paie pas, c'est pas de l'analyse.
- Bah, justement.
Tu vois, justement.
Appelle ce mec de ma part,
il te fera payer, il est formidable.
- Hello, how do you do ?
- Hey, hi, baby.- How do you do ?
- Ca va, chérie ?- Oui.
Laetitia, Samuel, Samuel, Laetitia.
- Bonjour. Au revoir.
Allez, casse-toi.
Ah, les blacks. Je suis mort.
- T'appelles le mec ! Tu l'appelles, hein ?
Oui, alors, toi, tu m'attends, toi.
Oui, alors, parce que...
VoilĂ , viens.
C'est pas possible aujourd'hui, j'avais oublié que tu venais.
Et tu vois, c'est pas possible.
- C'est pas grave, j'ai le temps d'approfondir
parce que j'ai réfléchi,
mon pĂšre n'est ni un con ni un salaud, c'est un lĂąche !
Y a pas pire pour un pÚre.- A la semaine prochaine, c'est ça.
Musique rythmée
- Regarde, ça, c'est sa tĂȘte.
- On voit pas grand-chose, quand mĂȘme.
C'est bizarre parce qu'on dit :
"L'échographie, c'est extraordinaire."
En fait, on voit rien quoi. Enfin, on voit rien...
Si, on voit un haricot, quoi. C'est un gros haricot.
Bon, alors, tu te fais belle.
Ouais, ce soir, je te sors. Je me suis occupé de tout.
Ah, non, non, non.
Tu poses aucune question, c'est une surprise.
- T'as réservé un restaurant ?
- Euh...
C'est une soirée d'enfer, c'est tout ce que je peux dire.
- C'est parce que ce soir, j'ai mes nausées
qui ont repris, je peux rien manger.
Je suis barbouillée. En plus, je suis fatiguée.
Elle soupire.
Samy...
J'ai honte parce que c'est adorable
tout ce que tu fais pour moi, mais tu sais ce que j'aimerais ?
- Non.- Du fenouil cru.
C'est tout ce qui me donne envie.
- Tu détestes ça, d'habitude. Les goûts anisés.
- Je sais, c'est bizarre, mais lĂ , j'ai besoin de fenouil cru.
Musique rythmée
- Ah, putain.
Ca va ĂȘtre une soirĂ©e d'enfer, hein ?
Il crie.
A 1h du matin, c'est tout ce qu'on trouve, comme fenouil !
- Et c'est pour ça que tu me réveilles ?
Alors que tu sais qu'en ce moment, je suis crevée.
T'es vraiment un égoïste.
Le tonnerre gronde.
Oui, mais moi, je vais le quitter, Dominique.
- Mais non.- Ouais.
- C'est la premiĂšre fois qu'il va ĂȘtre papa.
Faut qu'il s'y fasse. Y a une phase de refus.
Le petit garçon est jaloux du bébé qui va naßtre.
- Eh, oh !
Eh, voilĂ !- Merci, mon gros loup.
- Il est content le kiki du kiki ?- Oui, il est content.
Hop ?
- Ah, bah, non. Je les ai achetés chez Du Gounet.
- Oui, bah, non.
Allez, hop. VoilĂ .
Allez, tu vois ? Allez.
- Je n'irai plus chez Du Gounet.
- A chaque grossesse, il a pris 10 kg.
Ce coup-ci, je l'ai mis au régime. Prends un éclair, ils sont bons.
A la premiÚre, il était trÚs paniqué.
Tout lui paraissait insurmontable. Au début, il était inconscient.
Enceinte ou pas, pour lui, c'était pareil.
Il regarde pas mon ventre, il fumait devant moi.
Il me laissait porter les paquets, le goujat.
C'Ă©tait 6 mois aprĂšs notre mariage. J'arrĂȘtais pas de pleurer.
- C'est dingue, Samuel. C'est exactement ça.
Heureusement qu'on est pas mariés parce que je pleurerais aussi.
- C'est dur, hein ?- Oui...
- Eh bien, profites-en.
Parce que ça, c'est les bons moments.
DÚs qu'ils sentent le bébé bouger dans le ventre,
ils deviennent gonflants, je ne pouvais plus rien faire.
J'avais envie d'une pomme, Ă peine je l'avais dit,
il arrivait avec la pomme coupée en morceaux.
Alors que j'avais qu'une envie : croquer dedans.
A chaque grossesse, ça empirait. Il m'a dégoûtée des pommes.
- Il faut pas lui dire quand tu veux de quelque chose ?
- C'est qu'il s'est amélioré. Maintenant, il anticipe.
Dominique s'exclame.- Ah !
- Une petite pomme.
- Elle est enceinte, il lui faut des pommes, kiki.
Sinon, elle en mange pas.- Oh, les filles, regarde.
- Oh.
- Salut, les titis !
Oh, oh !- Coucou, papa !
- Coucou !- Coucou, papa !
- C'est les titis Ă papa !
Ah, elles sont mignonnes.
- Ca a été, le piano ?- Ouais, ouais.
- Ah, bah, ça va. Ils sont bons, les éclairs ?
Tu viens, on va manger ce qu'il reste.
Je prends le millefeuille si ça te dérange pas trop.
- Non.
- J'aime les filles. Là , c'est un garçon.
- Comment tu sais ?
- Ah, je suis trÚs médium.
C'est une grossesse différente.
Je prends tout devant, le ventre en pointe.
Rien dans le cou, rien dans les fesses.
Ah, pardon.
Je salive depuis hier.
Le docteur dit que ça arrivait comme ça,
ça part au cinquiÚme.
Du ptyalisme.
Ptyalisme.
J'avais jamais fait ça.
C'est la premiĂšre fois.
Alors, je pense que c'est un garçon,
ça nous en fait baver.
Ah, il me tue avec ses pommes.
- Oh, j'en ai marre.
- Mais c'est rien, les nausées.
La femme vomit ses angoisses.
Toujours, c'est rien, t'oublies.
- On nous dit pas ça quand on est jeune.
Sinon, on ferait pas d'enfant.
- Encore, t'es qu'au début, tu peux bouger.
Tu verras au dernier trimestre.
Y a des bonnes femmes, elles ont une mauvaise circulation,
elles ont les pieds qui enflent.
Elles ne peuvent plus mettre leurs chaussures.
J'avais une copine comme ça.
Le téléphone, elle devait prendre un crayon.
T'as des démangeaisons à l'intérieur.
Alors là , ça te gratte, mais tu peux pas te gratter.
Y en a d'autres, elles n'ont plus le droit
de se lever parce que sinon, le bébé tombe.
Paf.
Dominqiue rit.
- Moi, je veux me faire avorter et aprĂšs, je le quitte.
- Tu dis n'importe quoi, là . Tout ça, c'est du bonheur.
Musique légÚre
C'est la plus belle chose du monde.
On crie et gémit.
Georges !
J'adore ça !
J'ai honte ! J'ai honte !
On halĂšte.
- Tu sais ce que j'aime chez toi, quand t'es enceinte ?
- Non.- Ta peau, elle sent la pomme.
- Ah, bien, oui. Bon, il faut que tu lui parles.
- A qui ?
- A Samuel, t'écoutes pas.- Bah, si.
- Entre hommes, vous pouvez parler de ces choses-lĂ .
Parce que lĂ , la petite, elle n'en peut plus.
- Je vais prendre les choses en main.
- T'es gentil.- Ouais.
- J'ai encore envie.- Non, non, non.
Faut que je réfléchisse au problÚme de Samuel.
- Tu veux pas aller me chercher des fraises ?
Allez... hein ? Allez.
Pas de goût, celles-là .
Pas la saison. Je mangerais bien une mangue.
- A la semaine prochaine, Monsieur.
- Oui, d'accord.- Au revoir.
Quelque chose craque.
- Bonjour, Docteur. Vous pouvez me prendre ?
- D'abord, je suis pas docteur, je suis psychanalyste.
Je croyais qu'on se tutoyait.
- Ouais, mais lĂ , j'ai du mal, c'est marrant.
- Bon, bien entrez, asseyez-vous. Mettez-vous Ă l'aise.
Qu'est-ce que tu... que vous faites ?
Faut pas vous allonger. Venez t'asseoir, on va parler.
- Je préfÚre rester allongé. Ca va pas du tout.
- Pourtant, vous avez l'air en pleine forme.
- Non, non, je vais trĂšs mal, au contraire.
Faut pas se fier aux apparences.
C'est l'enfant que Mathilde porte en elle.
- Dominique.
- Qu'est-ce qu'il y a, encore ?
- L'enfant que Dominique
porte en elle.
Ce que tu as dit... Non, c'est vrai.
Pas Mathilde. T'as fait un lapsus.
Merde, "vous", "tu"...
Vous avez fait un lapsus.
Mais oui.
- Oh, oui, oui. Non, bien sûr.
- Oui.
- Non, Dominique, oui.
Je connais Mathilde.
- Je sais.
- Bon, alors ?
- Eh bien, je ne veux pas admettre cet enfant...
Parce qu'il me fait peur.
Il représente l'inconnu.
- Vous avez eu 3 enfants, il n'y a plus d'inconnu.
- Non, non, attends.
C'est déjà assez compliqué comme ça.
Eh bien, voilà , ça y est.
Je ne sais plus oĂč j'en Ă©tais. Putain de merde !
- Vous disiez qu'il représentait l'inconnu.
- Voilà . C'est ça.
Maintenant tu te... Terminé.
Je me disais que si je visualisais cet enfant
dans mes rĂȘves, par exemple,
je pourrais m'habituer Ă lui plus facilement.
- Oui, non, pourquoi pas, oui.- VoilĂ .
Il faut commencer
par le visualiser Ă l'Ăąge oĂč on s'imagine
qu'on aura une super complicité avec lui.
OĂč on sera heureux avec lui.
Je sais pas, quand vous pensez Ă votre enfant,
à cette complicité avec lui,
vous le voyez comment ?
- Je l'ai jamais imaginé.- Mais là , là .
LĂ , lĂ . Quelle image vous vient lĂ ?
Par exemple, maintenant ? VoilĂ , stop.
Quel Ăąge il a ?
- 17, 18.
- Reste lĂ , reste lĂ . Qu'est-ce qu'il fera Ă 18 ans ?
- Je sais pas, peut-ĂȘtre qu'il jouera du violon
parce que j'ai jamais appris,
j'étais trop feignant, alors mes parents...
C'est pas moi, le problĂšme...- Chut...
Eh bien, moi, c'est pareil.
17, 18 ans, moi, je me dis que ça doit ĂȘtre formidable.
Alors, je l'imagine Ă 17, 18, puis Ă 13 ans, 8, 5, etc.
Jusqu'à le visualiser en bébé.
Et je me dis : c'est ce bébé qui deviendra
cet adolescent génial de 18 ans.
C'est magnifique.
Et comme ça, je l'aime. Ce bébé.
- T'as pas besoin de moi, alors.- On se dit "vous".
- Ah oui.
- C'était pour savoir si je faisais pas d'erreur.
Vous avez compris comment il faut faire ?
- Ca me semble bien.
- L'important, c'est visualiser.- OK.
- Merci.
Je te dois combien ?
- Rien du tout. Vraiment, on a parlé un peu.
Tu peux me tutoyer.
- Tiens. Non, non.
- Tu boiras un coup à ma santé.- Je bois jamais.
- Je t'apporterai un fromage.
Le rĂȘve, c'est gĂ©nial, Ă 18 ans, c'est formidable.
Ils jouent du violon et tout le reste.
Ils sont formidables.- D'accord.
- Parce que finalement, pendant la grossesse,
y a pas que des choses terribles.
Y a aussi des petits plus. L'amour, par exemple.
- Ouais.
- Les femmes ont des gros nichons.
Elles sont chaudes. On peut pas les arrĂȘter.
Les hormones.- Ouais.
- C'est le bonheur.
- Ouais.
- On s'éclate.- D'accord.
On sonne.
- Nous, on va au manoir sur la route de Paris,
des fois, avec Dominique, tranquille.
- Ouais.- Ca donne du piment.
- Les hormones.
OK.- On se comprend, hein, Samy ?
- Oui, bah, tiens.
- Tac, tac.
- Tout Ă fait.
- De 5 Ă 7. Tac, tac.
- C'est ça.
Pourquoi ce con, il s'éclate, et pas moi ?
- Papa ! Je suis reçu.
J'ai le premier prix de violon.
- Alors, c'est toi ?
C'est magnifique. Je suis fier de toi.
Tiens.
- Le violon de grand-pĂšre ?- Oui, il est Ă toi, maintenant.
Musique onirique
- Mais fais quelque chose ! Il va le casser !
- Donne-moi ça. Donne-moi ça, donne-moi ça.
C'est comme ça, regarde-moi. Regarde-moi.
On fait comme ça. Tu vois ?
On fait comme ça.
- Mais arrĂȘte, c'est insupportable !
- J'essaie de le faire marrer. Il se marre jamais.
Il est con, ce mĂŽme. T'as fait un con.
Grincement du violon
Il crie de fureur
- Le violon de mon papa, il l'a cassé !
Non, c'est moi qui l'ai cassé.
- Samuel...
- Non, il est pas cassé.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- C'est rien, j'ai fait un cauchemar.
Rendors-toi.- T'es pas sympa.
Je venais juste d'arriver Ă m'endormir.
Je suis crevée, moi.
T'en as rien Ă foutre que je sois enceinte.
Quelque chose se fracasse.
- Le violon de papa ?
Il crie.
- Bravo, regarde ça.
Je t'avais dit de faire gaffe. Tu tapes comme un con, toi.
- Je vais quitter Mathilde.- Quoi ?
- Elle est enceinte.- Quoi ?
- Je veux pas d'enfant.- Pourquoi tu le dis pas avant ?
- C'est impossible. Elle vomit, court aux chiottes.
On n'a plus un moment les 2.
On ne fait plus l'amour, c'est la merde.
Si je la quitte, peut-ĂȘtre qu'elle comprendra,
qu'elle se fera avorter et aprĂšs, si c'est possible,
on se remettra ensemble.
Sinon, tant pis. Parce que ça ne l'est plus.
- Quelle merde.- Total !
- Faut parler, putain.
Avec Sandra, on n'a pas assez parlé.
On a fait des conneries.
On a tout gùché et regarde ce que je suis devenu.
- T'étais pas heureux avec tes minettes ?
- Mais ma vie, c'est de la merde. Il faut que tu parles Ă Mathilde.
Dis-lui que tu l'aimes, que t'es heureux avec elle
et que tu veux pas avoir d'enfant maintenant.
Tout de suite ! Plus tu recules, plus c'est dur.
Musique mélancolique
- Il faut que j'achĂšte d'autres soutiens-gorge,
je vais éclater là -dedans.
- Dis-moi, si on se faisait un petit resto ce soir ?
Tu vois, en tĂȘte-Ă -tĂȘte ?
J'ai vu un resto végétarien, vraiment comme t'aimes...
On peut parler un peu...
- Pas ce soir, je vais Ă Bruxelles demain,
je voudrais ĂȘtre en forme, c'est important.
Y aura le ministre, et si ça se passe bien,
je pourrais ĂȘtre interprĂšte au ministĂšre Ă temps complet.
- OK, OK. Mais demain soir, demain soir.
- OK.
Air de violon
- Oh, Samuel, elle est magnifique.
Mais pourquoi ?
- Mathilde.
J'ai l'honneur de te demander...
de te faire avorter.
- Mon amour !
Je suis si heureuse.
Y a si longtemps
que j'attendais ça.
Musique dynamique
On s'exclame.
- Papa, je suis reçu, je suis reçu, papa !
- Mazel tov !
- L'insouciance des mecs, c'est dingue.
Samuel, Samy.
Je t'ai préparé un petit-déj. A ce soir.
- Ouais.
T'oublies pas ce soir, on va au resto.
Un resto, tu sais, un resto russe,
mais trÚs jazz aussi, ça te dirait ?
- D'accord, je sais pas oĂč tu vas trouver ça.
- Si, je crois que j'en connais un.
- A ce soir.- Ouais.
- T'as eu tort de m'allumer, hier soir.
Tu sais quel jour on est, lĂ ?- Non.
- Le 71e jour de la grossesse.
- Et alors ?
- Alors, c'est la fin du délai légal.
Maman ne peut plus avorter.
Je vais naĂźtre et toi, tu seras papa.
Tu l'as dans le cul, papa.
- Mathilde !
Musique rythmée
- On m'a donné un nouveau médicament génial.
Je n'ai plus
du tout de nausées.
Soit j'ai des coups de barre terribles
au milieu de l'aprĂšs-midi, soit j'ai
une pĂȘche dĂ©mente.
Hein ? Non, lĂ , c'est un moment de pĂȘche.
Les moments de pĂȘche seraient invivables.
Exactement, on dirait que je prends de la coke, oui !
Elle rigole.
Ouais.
OK, d'accord, je lui dis. Allez, je t'embrasse.
Ciao.
Dominique t'embrasse.
Ah, mais tiens. Bah, voilĂ .
Elle est super, celle-lĂ .
Ca se voit pas que je suis enceinte, lĂ .
- Non.
On rit.
Le chien jappe.
- Ils se sont bien foutus de ta gueule.
- Ouais, c'est ça.
- Je voulais te dire, les 3 premiers mois,
tu t'es pas rendu compte, mais c'était vachement dur.
Et maintenant, ça va, j'ai une pĂȘche d'enfer.
MĂȘme mes seins ne font plus mal.
On pourrait peut-ĂȘtre faire un petit cĂąlin ce soir.
- Non, non.
On va pas attendre ce soir.
Samy, sois prudent quand mĂȘme, je suis enceinte.
Musique légÚre
- Je déteste les boutons, je m'en fous.
Je m'en fous, je m'en fous.
Qu'est-ce qu'il y a ?
- Il a bougé.
- Qui ?
- Mais comment ça, qui ? Le bébé, il a bougé.
C'est incroyable.
- Mais...- Pousse-toi.
Pousse-toi, pousse-toi. Mets ta main.
Tu vas voir, ça fait des bulles.
Attends.
- Je sens rien.
- Mais oui, il a arrĂȘtĂ©. C'est dommage.
C'est une impression incroyable.
- C'est pas grave, il est encore lĂ quelque temps,
je le sentirai plus tard.
Ce petit bébé-là .- Mais tu crois pas qu'on...
Tu crois pas qu'on va lui faire mal ?
Parce que si moi, je sens tout, il doit tout sentir, lui aussi.
- Non.
- Si, si. Si, si.
Attends, tu vas voir, il va bouger.
Tumulte et gémissements
- Oh, oui, Georges ! Oui, Georges, Georges !
Oui ! J'adore ça, j'adore ça !
Ah ! Ah, oui !
Cris de jouissance
- J'ai honte.
Musique rythmée
- Combien t'as mis là , 10 kg ? Tu régresses.
- Mais je suis crevé.
Je dors pas de la nuit, je fais des cauchemars épouvantables.
- Ah oui, de quel genre ?- J'imagine que je suis papa.
Depuis 2 jours, je rĂȘve que le gamin est pas normal.
Qu'il a un bras en moins, le cerveau atrophié,
des oreilles en trompette,
un bec-de-liĂšvre, je n'en peux plus.
- Prends des vacances.
- Je peux pas laisser Mathilde.
- Non, mais avec elle.
Tu l'amĂšnes en Camargue. C'est hyper beau.
La nature, les étangs, c'est tranquille.
Puis vous faites du cheval. Un petit galop.
Elle tombe et elle avorte.
- Ou tu la pousses dans l'escalier, sans faire exprĂšs.
Faut faire gaffe Ă la tĂȘte.- Je peux pas faire ça.
- Regarde-toi, t'as vu ce qu'elle t'a fait ?
- N'oubliez pas qu'on est le 30, pensez Ă vos cotisations.
- OK.- On est le 30, aujourd'hui ?
- Oui.
- Merde. Merde, merde, merde, merde.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Elle avait l'air bizarre ce matin. Elle fait sa deuxiÚme échographie.
- Elle te l'a pas rappelé ?
- Non, elle m'en a parlé y a 10 jours.
Elle m'a dit que je devais m'en souvenir,
qu'elle me le rappellerait pas, elle me tend des piĂšges !
- Eh, la douche, lĂ , tu prends pas la douche ?
- Quel salaud, quand mĂȘme.
- Vous voulez connaĂźtre le sexe ?
- Oui.- Non.
- Vous l'avez bien ratée.
Elle est partie y a 30 minutes
Ă peu prĂšs.
- C'est parce qu'elle me tend des piĂšges et...
- C'est un garçon.
- Qui ?
- Le bébé. Il a un beau zizi.
- Ah oui ?
- Ca vous va ?
- Hein ? Il a un zizi ?
C'est trĂšs bien. C'est trĂšs bien.
Et les yeux, et les oreilles ?
- Deux yeux, deux oreilles.
10 doigts aussi.
Il est normal. Tenez.
Vous regarderez ça avec votre femme.
Elle l'a oublié. Elle était si émue.
Puis nous oubliez pas, faites-lui plein de bisous.
C'est fragile, une femme enceinte.
Il soupire.
- Mathilde ?
Mathilde ?
Mathilde ?
Mathilde ?
Un coeur bat.
-Comme vous voyez, son petit coeur est normal.
Musique mélancolique
Maintenant, on va aller chercher sa tĂȘte.
Tenez, regardez.
-Ah, c'est son profil. *-Ouais.
-Qu'est-ce qu'il fait ?
-Regardez, il suce son pouce. *-Ah, il suce son pouce !
Ah, c'est fou !
-Et lĂ , y a son petit pied.
-Il est mignon. *-Il a 5 doigts, tout va bien.
Et lĂ , c'est son coeur qui bat, vous le voyez ?
-Il a un petit nez.
On dirait qu'il appelle. Chut, calme-toi, un peu.
- Tu veux ma main dans la gueule ? Elle ne veut plus te voir.
Tu reviens, je te mets un pain, pourriture.
- Tu sais ce qui m'angoisse le plus, en fait ?
- Quoi ?
- C'est de choisir le prénom toute seule.
Dominique rit.
- Y a le calendrier.
- Vous voulez des gĂąteaux ?
J'ai acheté des gùteaux.
- Oui !- Oui.
Il est mignon, hein ?
- C'est un connard.
Je le déteste.
C'est un gamin, mais un connard.- Non, non, t'arrĂȘtes.
Tu sais bien qu'à 6 mois, le bébé entend tout.
Viens manger des gĂąteaux.
- Vas-y toute seule.
Tu sais, cÎté digestion, c'est pas terrible.
Je vais nager un peu, ça va me faire du bien.
Dominique.
- Quoi ?
- J'ai peur qu'il sorte pas.
- Oh, bien, t'inquiÚte pas, ça sort.
- Je les ai achetés chez Du Gounet.- Y a tout ce que j'aime, merci.
- Oh. Il a mis son beau costume.
- J'ai rendez-vous pour une cuisine, je suis pas en avance.
Le garçon, on va lui acheter plein de choses.
Eh, oh ?
Oh, lĂ , lĂ . Ca va pas, la petite.
- Fais-la rire, elle en a besoin.- Je suis Ă la bourre.
- T'as toujours des idées drÎles, c'est pour ça que je t'ai épousé.
- Non, je peux pas.- Tu vois, elle est mal.
T'es dégueulasse, merde !
Elle rit.
- Bon... Bah, je suis pas en avance.
Ecoulement de la douche
- Samuel, tu les mets oĂč, les serviettes ?
Musique légÚre
- Qu'est-ce que tu veux ?
J'aurai un petit garçon qui portera mon nom.
- T'es plutĂŽt content, finalement.- Oui.
- C'est la vie moderne.- Bah.
- Alors ? Qu'est-ce que t'en penses ?
- Euh... C'est bien, quoi.
Qu'est-ce que tu veux ?
- Tiens, essaie celui-lĂ .
- Tourne-toi. Tourne-toi, j'essaie l'autre.
- 90C.
- Essaie d'avoir celui-lĂ , je vais te chercher autre chose.
Alors ?
- Bah, viens voir.
- Bon, il te va beaucoup mieux, celui-lĂ .
- Oh...
Musique mélancolique
- Qu'est-ce que t'as ?- J'ai jamais été aussi grosse.
- Oh, c'est normal ! T'es enceinte.
- Tu me tiens ça, biquet ?
- Je retrouverai jamais ma taille.
- T'attends ton retour de couche et zou, le régime.
Regarde-moi, 3 grossesses.
- Ah, j'ai tout perdu. Ma jeunesse, ma taille, mon mec.
C'est la merde, j'en ai marre, c'est moche !
- C'est moche. T'es enceinte, fais avec.
- Et celui-lĂ ?
- Hein ?
- Il te plaĂźt ?
- Non, non. Ca va pas.
- Si je l'appelais Sam ?
- C'est pas possible....
Il balbutie.
- Samuel ?
- Ca va pas fort, en ce moment.- Moi, j'ai une forme d'acier.
Tu sais pas ce qu'il m'arrive ?- Non.
- J'ai déjeuné avec Sandra ce midi.
Tiens-toi bien, elle m'a dit qu'elle peut pas vivre sans moi.
- Et l'enfant, je crois qu'elle voulait un enfant ?
- Oui, mais je crois que j'en veux un, finalement.
Et aprÚs le déjeuner, on a fait l'amour ensemble.
Elle Ă©tait peut-ĂȘtre en ovulation.
Si ça se trouve, je suis papa, mon pote.
Tu dis rien ? C'est dingue, non ?
- Tiens. Tape, tape.
- Sérieux ?
- Je vais lui foutre une bombe dans sa voiture, ça sera...
- Y en a marre de tes conneries !
Tu sais ce que c'est qu'ĂȘtre pĂšre ?
Les angoisses qu'on se paye ? Petit con.
- Qu'est-ce que t'as ? Tu viens encore foutre la merde ?
C'est pas la peine de revenir. Pourriture.
- Ah, t'as bien fait.
On fait l'amour ?- Ah, non.
- Je t'attache Ă la grille.- Non, non.
- Pourquoi ?- J'ai du boulot.
- Ah, bien quoi, je blaguais.
- Non, non, non, non, non.
Ah, non.
Excuse-moi, mais y avait Dominique. Elle est trÚs remontée contre toi.
Musique sentimentale
Ca m'a fait plaisir que tu m'appelles.
Tu me manques.
- T'es con.- Toi aussi, t'es con.
Elle ne parle plus de toi depuis au moins 15 jours.
Elle s'est faite à l'idée. Elle veut l'élever toute seule.
J'ai soif, pas toi ?
- Si on organisait une rencontre ? Mais impromptue, quoi.
Tu vois, tu vas quelque part avec elle et moi,
par hasard, je suis lĂ .
- Ouais, mais faut vraiment que ça fasse "par hasard".
- Oui, oui, par hasard.
Tu vois, moi je suis là , puis toi, t'arrives comme ça,
puis elle est là comme ça.
Pourquoi tu m'as amené là , t'es salaud.
- Elles faisaient des courses, je savais pas qu'elles venaient lĂ .
- Viens, on se casse.- Attends, tu voulais la rencontrer.
- Par hasard, mais faut ĂȘtre prĂȘt, t'es con.
- Toi aussi, t'es con.- Viens la semaine prochaine.
On a rendez-vous ?- Je voulais vous remercier.
Les derniÚres séances l'ont bien aidé.
On est content.- Oui.
- Il faudrait continuer au mĂȘme rythme.
- Je me sens mieux, pas la peine.
- Une séance de temps en temps.
Excusez-moi, j'ai rendez-vous. Merci.
Elle arrive ?- Non.
Elle a mal au bas ventre, elle est chez le gynéco.
- C'est grave ?
- Non, il faut qu'elle évite de bouger.
Elle a le ventre tendu
et le col qui veut s'ouvrir.
- C'est de ma faute.
- Tu l'as pas frappée ?
- Un coup de pied psychologique.
- ArrĂȘte tes conneries, au septiĂšme mois, ça arrive.
Il halĂšte.
Qu'est-ce que t'as ?
- J'ai vachement mal.
SirĂšne
- C'est une appendicite. Bah, ouais.
- C'est pas grave, ça arrive. T'inquiÚte pas, t'inquiÚte pas.
Ca va aller.
- C'est gentil d'ĂȘtre venue.
Comment tu vas ?
- Ca va, j'ai mal aux reins, j'ai mal aux jambes,
j'ai des problĂšmes digestifs, j'ai envie de me gratter.
Puis il a fallu que j'arrĂȘte mon boulot sinon
Ă force de bouger, je risquais de faire
un prématuré entre Berlin et Munich.
J'aurais été obligée de l'appeler Adolf, tout va bien.
- Je voulais te demander...
J'ai eu le temps de réapprendre.
Tu peux pas passer Ă la maison prendre un T-shirt ?
- Samy, ce n'est plus ma maison. J'ai pas envie de...
Je demanderai à Georges, il le fera sûrement.
- Je t'aime, Mathilde.
- T'as tout cassé, Samuel.
- Ouais...
Tu veux un chocolat ?
- Alors ?- Bah, alors...
- Bonjour. Bonjour.
- Bonjour.- Bonjour.
- Je l'ai opéré.
- Ah, bonjour, Docteur, c'était grave ?
- J'ai rien compris.
A l'auscultation, c'était une péritonite et quand on a ouvert,
l'appendice était un peu enflammé, mais sans plus.
Mais je vous vois et je comprends.
- Pourquoi ?
- Votre mari, il vit
bien la grossesse ?
- Bah...
C'est-Ă -dire, on est pas mariĂ©s, on est mĂȘme sĂ©parĂ©s.
- OK.
OK, j'ai compris. C'est une couvade.
- Une quoi ?
- Une couvade. Les mecs !
Je vous l'avais dit, c'est une couvade !
- Tu te rends compte, il a fait une appendicite
pour affirmer sa paternité.
- J'ai eu 3 enfants, mon mari m'a pas fait d'appendicite.
Il a grossi, ça, oui, mais jamais d'appendicite.
A la deuxiĂšme, je me souviens, il m'avait fait une rage de dents.
Fais gaffe, te laisse pas manipuler.
- T'inquiĂšte pas, c'est juste un T-shirt.
Il a quand mĂȘme fait une pĂ©ritonite.
- Ah non, bah non, c'est pas fini.
C'était pour une surprise.
Enfin, c'est frais.
Et puis, y a de l'osier.
- Eh, ils ont livré le landau ?
- Tourne !- Oh, non, c'est la surprise, lĂ .
- Le bébé.
- Ah, vous ĂȘtes cons.
Le gynéco a dit
"pas d'émotions fortes".
- Je crois qu'il s'est retourné.
Il s'est retourné.
Musique douce
Tu sais, je peux pas faire l'amour. Le gynéco me l'a interdit.
- Mon chirurgien aussi, ma cicatrice peut éclater.
Bonne nuit.- Bonne nuit.
Comment on va l'appeler ?
- Euh, David, ouais, David, comme le roi.
- Oh, non. J'aime pas David.
Simon, c'est joli.- Ah, non, Simon... non.
- Dis-moi, tu m'as trompée ?
- Hein ? Moi ?
Non, vraiment, franchement...
Samuel crie de surprise.
Il a bougé !
Attends, c'est incroyable, c'est incroyable.
Y a quelqu'un, lĂ -dedans ?
Attends, eh, c'est alien, c'est alien.
C'est fou !
C'est David ?
Propos entremĂȘlĂ©s
Regarde, c'est David. C'est David.
- Tu vas voir, tu vas voir.- Vas-y, vas-y.
- Simon, Simon ?- Rien, rien.
C'est David ? C'est David ?
Ah, la vache, c'est David.
C'est fou, je vais ĂȘtre papa.
Je veux ĂȘtre papa.- Bien, oui.
- Je vais ĂȘtre papa.
Y a quelqu'un ? Y a quelqu'un ? Y a quelqu'un ? Y a quelqu'un ?
Musique rythmée
- Alors maintenant, on va tous faire le chien.
Les femmes halĂštent.
- ArrĂȘtez, arrĂȘtez.
Regardez Samuel, c'est le seul qui le fait bien.
Il halĂšte.
- Toujours maintenir la tĂȘte du bĂ©bĂ©, comme ça.
Bien savonner, en insistant sur les replis.
- D'accord. D'accord.
Attends, attends, je vais le faire, laisse.
- Je peux prendre le savon ?- Vas-y.
Attention, tu passes le savon au-dessus des yeux, ça tombe.
Je suis le gros dormeur, moi. Moi, je mange et je fais dodo.
Samuel rigole.
- Il est chiant à se marrer tout le temps comme ça.
- T'es jaloux ou quoi ?
- C'est pour le groupe. Il fout une ambiance de merde.
- Vous allez le noyer.- Ta gueule !
J'ai 3 enfants, ils sont vivants, alors, ta gueule.
Quelle ambiance de merde ici. Il est noyé le bébé, hop.
Plus de tĂ©tĂȘte.
Comment il va prendre la tĂ©tĂ©e s'il n'a plus la tĂ©tĂȘte ?
- J'arrive, j'arrive.
- Je peux te parler, 2 secondes ?
- Ouais, je sais pas, t'as 2 secondes.
- Ouais.
Tu sais, je suis pas prĂȘt Ă faire les ostos, moi.
Je te jure, la vue du sang et tout, ça me...
J'ai peur de pas assurer. Tu sais, le jour J.
Avec Mathilde.
C'est pour ça, je voulais savoir si...
Au cas oĂč, si tu pouvais l'accompagner.
Parce qu'elle a vachement confiance en toi, et moi aussi.
T'es comme mon frĂšre.
- Ca, ça me fait vachement plaisir.- C'est vrai ?
Oui puis, ça te ferait une petite répétition pour ta femme.
Parce que 3 semaines aprĂšs, c'est le tour de qui ?
- Je t'assure, ça me fait vachement plaisir.
Ah putain, ça me fait vachement plaisir.
Musique douce
- Encore 15 jours. Finalement, t'as bien tenu le coup.
- Pardon, les oeufs brouillés au saumon.
- Pour moi.- C'est pour Madame.
- Les oeufs cocotte.
Pour le coq.
- Elle est bizarre, cette serveuse. Elle est agressive un peu, non ?
- Je sais pas.
Elle doit ĂȘtre nouvelle. Du thĂ© ?
Elle acquiesce.
On va rentrer, je dois nettoyer la maison.
Elle est vraiment sale.- Tu trouves ?
- C'est cradingue, c'est insupportable.
- Vous avez terminé ?
- T'avais mĂȘme pas commencĂ©. Mademoiselle !
- Non, non, c'est... regarde. Impeccable.
Comme ça, on sera plus vite à la maison.
- Vous pouvez pas
arrĂȘter de fumer, en zone non-fumeur
et je suis enceinte.
Merde !
Les gens sont vraiment...
- Ecoute...
- C'est un manque de respect, absolument...
- Tes oeufs brouillés, ça te plaßt pas ?
- Je sais pas ce qui se passe. Y a un truc.
- Quoi ?
- Y a un truc qui coule.
- Quoi ? Qu'est-ce qui... ?
Oh, lĂ , lĂ , mais qu'est-ce qui se passe ?
Attention, mes pompes.
Je sais pas, je comprends pas.
- Elle a perdu les eaux, faut y aller.
- Mais oĂč il est, ce con ? Georges et Dominique sont pas lĂ !
Pendant 9 mois, ils m'ont squattĂ© la tĂȘte !
Le jour oĂč j'ai besoin, ils sont pas lĂ , merde !
- Mon petit chat... Mon petit chaton, on va avancer.
- Oui. Allez-y, allez-y. Faites attention, allez-y.
Je réessaye. Allez-y.
- Vous inquiétez pas, on va y aller.
Musique dynamique
- FĂ©licitations.- OĂč ils sont, oĂč ils sont ?
- Vous voulez des fleurs ?- Non !
- Bonjour, Monsieur, vous venez pour quoi ?
- Quoi, on vient pour quoi ? Pour quoi ?
Elle est enceinte ! Elle va accoucher !
- Je vais chercher la sage-femme.- Allez la chercher !
- Samuel, s'il te plaĂźt, calme-toi.
Il halĂšte.
- Tu m'aimes ?- Oui.
- Putain, il est pas lĂ , il est pas lĂ pendant 9 mois.
Connard, connard !
- Il va sortir.- Comment ça, il sort ?
- Il sort !- Comment ça, il sort ?
- Madame, ça va ?
- AH ! NON, PAS LUI !
- Vous inquiétez pas, ça va bien aller.
Enfilez blouse, masque, chapeau.
- Je peux pas, je peux pas.
- Pas d'histoires, on a besoin de tous.
- Je peux pas !
- Putain, vous allez pas me gonfler !
C'est la pleine lune, elles accouchent en mĂȘme temps !
On manque de sages-femmes,
On a pas assez de salles, le titulaire,
putain, il est mĂȘme pas lĂ !
Alors, merde,
vous suivez, sinon je vous pĂšte la gueule !
- Elle va accoucher, lĂ .
- Comment accoucher sans salle ?
- Il y en a une, avec une femme qui a accouché.
- Pas possible.- M'emmerdez pas !
- Non, c'est pas possible ! Mathilde crie.
Mais qu'est-ce qu'il fait lĂ , lui ?
- Ca se voit pas ? Ma femme accouche !
- Elle est due dans 3 semaines.
Ca fait une heure que je te cherche.
- Et tout le monde se connaĂźt ? Bravo, bravo !
Au boulot, au boulot ! Mettez-la sur le lit !
- Tu me parles sur un autre ton,
aujourd'hui, faut pas me faire chier.
Elles gémissent de douleur et ils crient.
Ca fait une heure que je le cherche.
- Viens ici, mon petit chaton.- Ouais.
Attends, attends, je suis lĂ , je suis lĂ .
Elles gémissent.
- Docteur.- Oui ?
- C'est trop tard pour la péridurale.
- Oh merde !
- J'ai envie de baiser.- Quoi ?
- Baiser.- Non, non.
- J'ai juste envie...
Juste un petit peu...- Non, non.
- OK, on va y aller lĂ . C'est bon, ouais.
OK, OK, good, good.
OK, on y va. One, two, three.
Soufflez, soufflez. Good, good, good.
OK, no problem, good, good. No problem.
C'est bientÎt fini, ça va bien se passer.
Tenez, Monsieur,
mettez-vous à cÎté, ça l'aidera.
Vous allez l'aider. C'est bon. C'est bientĂŽt fini. Ca va.
Monsieur, faites le chien, le chien.
Ca va l'aider.- Oui.
- Faites-le aussi.
Il aboie. Le chien, allez.
Le chien.
Ils aboient et elle gémit.
Faites le chien, allez. Faites le chien.
- Ca vient.
Brouhaha
- ArrĂȘte, s'il te plaĂźt.
- On y va, let's go, let's go. Just again.
Yes. One, two, three.
Soufflez, soufflez.
Good. Come on, come on.
- Come on, come on.
- You'll make it ! Come on, it's alright, good.
Come on, one more time. One more time.
One, two, three.
Yes, yes, come on. Come on, you'll make it.
Brouhaha
One more time, one more time.
Push, push, push, push. Push, push it, push it.
Push it, come on, come on.
Yes, yes, yes, yes. Come on !
- Yes, yes !
- Yes !- Yes !
- Yes, yes !- Come on !
Come on, yes. Come on !
- Yes !- Yes, yes, yes, yes, yes. !
- Yes, yes !
- Yes !- Yes, yes, yes !
Good, good. Yes !
- Oh, yes !- Come on, come on !
You'll make it. One more time.
- Yes !
- Qu'est-ce que tu fais ? Qu'est-ce que tu fais ?
- Qu'est-ce que tu fais ?
- C'est génial.
- Tu verrais ta tĂȘte.- Tu fais quoi ?
- C'est pour un souvenir. Ma camĂ©ra, oĂč t'as mis ma camĂ©ra ?
Putain, t'as brisé ma caméra.
Fallait pas me faire chier aujourd'hui.
- Putain, arrĂȘtez, bordel ! Je vous pĂšte la gueule !
- Yes, yes !
- Quoi, quoi ?- Yes !
- Bougez pas, je reviens. Je vous pĂšte la gueule !
OK, senora. Un, dos, tres.
- Yes !
Elles crient et gémissent.
Respirado, respirado. Good, good, respirado.
- Si, si, si !
- Yes !
- Si, si, si !
C'est bon, c'est bon. One more...
Putain, je leur pĂšte la gueule.
- Yes !
- OK, ça va aller. Pas de problÚme.
Oui, oui, OK.
OK, si, si, venga. Venga, venga, si.
Si, bueno, si.
OK c'est bon, ça vient, ça vient.
- Yes, yes, yes !
- Respirado, respirado.
- Saloperie !
- Si, si !- Si, si, si !
- OK, bon. Bueno, bueno.
Poussez, poussez.- Oui, oui.
Le kiki, le kiki. Il est lĂ , le kiki.
Un poupon pleure.
- Una muchacha. Une fille, une girl, oui !
- C'est pas possible, on va l'appeler David.
Il rit.
- C'est pas la vĂŽtre,
c'est la sienne.
- C'est pas possible.
C'est pas une fille, on en a déjà 3.
- 4.- C'est pas possible.
Un poupon pleure.
Mais pourquoi ?- Mais c'est bien aussi, les filles.
- J'avais acheté les cowboys, les voitures, camions, une fortune.
J'ai tout faux, tout faux, tout faux.
- C'est un boy.
- Un boy ?
C'est un boy. C'est un boy.
- Il est mignon.
- Hein ?
- Yes.
- Oui.- Quoi ? Mais... Non !
Yes. Non parce que moi... non.
- Non, non.
- Allez, vous, voilĂ .
Coup de ciseau et gémissement
Le poupon pleure.
- Ah, putain !
J'ai eu un petit gars !
- Fumier ! Oh, le fumier !
Cris et pleurs
- Ils vont me faire chier jusqu'au bout, merde !
Et moi, c'est mes premiers ! What the fuck ?
Il imite la détonation d'un fusil.
- Voilà , c'est ça. Respire.
- Je recommencerai jamais.
- VoilĂ .
- Tu sais... Je suis heureux.
- Bah, oui. C'est qui, le papa ?
- C'est le kiki.- Non, c'est toi.
- C'est moi, le kiki.- Non, c'est toi, le papa.
- C'est moi, le papa.
Ils rient.
Musique dynamique
SirĂšnes
- Oh, oh.
Il klaxonne.
Rugissement
Fracas
Ils crient.
Ah, putain !
Il m'a bousillé ma bagnole !- Mais non, mais non !
Il crie.
Musique dynamique
- Ca ne va plus. Eh ?
Propos incompréhensibles
- Qu'est-ce qu'il dit ?
Mais oĂč tu vas ?
Va dans le taxi, va dans le taxi.
- Aidez-moi !- Faites le chien, faites le chien.
Samuel, fais le chien ! Fais-le !
VoilĂ , faites-le chien ! Faites comme nous, comme nous !
VoilĂ . Le chien, le chien.
Le chien.
Ils crient de douleur.
Un poupon pleure.
Sous-titrage : BLEU OUEST
Musique dynamique
- Ah, bah, mon nez. Bah, c'est mon nez.
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